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par Jean-François Jagielski

Juin 1983

Juin 83 : L’A.S.E.A.N. avance l’idée d’un « dialogue informel » en vue d’une réconciliation nationale pour débloquer la situation au Cambodge. Hanoi ignore la proposition. Une proposition française de conversation entre Sihanouk et des représentants de Hanoi et Phnom Penh est rejetée par la Chine et les KR. Selon Richer, « tout se passe comme si les parties au conflit, voulant apparaître comme un obstacle à une solution politique, se déclaraient prêtes à parler, quoique fortement décidées à ne pas s’engager dans cette voie. Chacun croit que le temps travaille pour lui. » (Richer, 2009, p. 82)

De leur côté, les Vietnamiens vont entreprendre de faire des ouvertures aux factions de Son Sann (F.N.L.K.P.) et Sihanouk afin de les dissocier des KR avec l’espoir de profiter des profondes divergences et même des conflits entre les trois composantes du G.C.K.D. pour atteindre cet objectif (Regaud, 1992, p. 308).


13 juin 83 : Le versatile Sihanouk offre sa démission de président du G.C.K.G. à Khieu Samphan. Mais le lendemain, ses conseillers expliqueront qu’il s’agit d’un malentendu. Il entend ainsi protester en raison des attaques que l’A.N.S. doit subir de la part des KR et de l’A.N.L.K.P., démenties par Son Sann mais tout à fait vraisemblables dans le climat de confusion qui règne alors (Regaud, 1992, p. 308).


14 juin 83 : Au Laos, 50 officiels sont purgés pour « corruption et activité anti-parti. » (Bui Xuan Quang, 2000, p. 733).


​24 – 26 juin 83 : Réunion de l’A.S.E.A.N. Le retrait des Vietnamiens de la frontière thaïe est toujours exigé. La venue du secrétaire d’État américain, Gorge Schultz, est l’occasion d’affirmer le sens quelque peu en retrait de la politique américaine sur le problème cambodgien : « Vous avez montré le chemin, nous vous suivons […] Les chances de convaincre le Vietnam de changer de position sont plus grandes si le message vient des ses voisins. La sécurité régionale comme le progrès économique sont plus solides s’ils prennent racine dans les initiatives locales. » L’Australie qui a entendu le message fait de son côté une offre de médiation (Bui Xuan Quang, 2000, p. 733 ; Regaud, 1992, p. 269).

​27 juin 83 : Rencontre entre Sihanouk et le président indonésien Suharto. On évoque le problème cambodgien (Bui Xuan Quang, 2000, p. 733).

​28 juin 83 : Le secrétaire d’État américain George Schultz (administration Reagan) est toujours à Bangkok (Thaïlande) pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’A.S.E.A.N. (voir 24 – 26 juin). Il revient à l’issue de cette réunion sur le problème des M.I.A. et d’éventuels prisonniers de guerre qui n’auraient pas été libérés : « Tous les moyens sont-ils bons, aux yeux de la Maison Blanche, pour obtenir des renseignements sur le sort de quelque deux mille cinq cents Américains « disparus en action » pendant la guerre du Vietnam ? Pour ce faire, nous souhaitons d'abord utiliser les canaux officiels, mais nous sommes prêts à nous rallier à toute méthode qui aurait de bonnes chances de se révéler efficace […] Cette affaire des disparus en Indochine est de la plus haute importance pour le président Reagan et pour le peuple américain. » Depuis longtemps Washington fait du règlement de cette question humanitaire une des conditions majeures de la normalisation de ses rapports tant avec Hanoï qu'avec Vientiane (Le Monde du 30 juin 1983).

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