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par Jean-François Jagielski

Janvier 1988

6 janvier 88 : L’U.R.S.S. annonce un retrait complet de ses troupes d’Afghanistan.

Reprise des bombardements de villages thaïs occupés par des Laotiens par l’aviation thaïe (Bui Xuan Quang, 2000, p. 742).


12 janvier 88 : Annonce chinoise indiquant qu’il n’y aura pas de « sommet immédiat » entre Deng Xiaoping et Gorbatchev (Bui Xuan Quang, 2000, p. 742).


20 janvier 88 : Son Sann déclare qu’il y a 1,5 million de colons vietnamiens et qu’il en arrive davantage encore. Les KR affirment à nouveau que la présence de colons vietnamiens au Cambodge représente une menace mortelle pour la survie de la race khmère.


20 - 21 janvier 88 : Sihanouk rencontre pour la deuxième fois Hun Sen en France, cette fois à Saint-Germain-en-Laye (Cambacérès, 2013, p. 306). Pas d’avancée notable. Les entrevues de Fère-en-Tardennois ayant été décevantes (voir 2 - 3 décembre 1987), Sihanouk a recours à l’une de ses méthodes favorites et éprouvées : alors qu’il est en retrait depuis le 7 mai 1987, il démissionnera officiellement de la présidence du gouvernement de coalition le 30 janvier, sans rien en dire, pour mieux mettre en évidence son rôle indispensable (Richer, 2009, p. 87).

A ce jour, rien n’est acté. Hun Sen s’engage à « étudier avec attention » (sans les rejeter) les propositions de Sihanouk : la formation d’un gouvernement bipartite (Sihanouk président, Hun Sen, premier ministre) avant le retrait des Vietnamiens du Cambodge dans un délai de deux ans. Ce gouvernement provisoire s’installerait à Phnom Penh en même temps qu’une force internationale de maintien de la paix. Toutes les familles politiques seraient alors invitées à participer à la future élection d’une assemblée nationale constituante.

Mais des réserves subsistent de la part de Hun Sen. Il souhaite la formation d’un « gouvernement de coalition » après et non avant ces élections. Il refuse le démantèlement de la R.P.C. et de dissoudre son actuel gouvernement « tant que les forces khmères rouges ne seront pas éliminées. » (Le Monde du 23 janvier 1988)


24 janvier 88 : La R.P.K. se déclare disposée à discuter avec Khieu Samphan, mais non avec Pol Pot ou d’autres dirigeants kr. La R.P.K. n’émet aucune objection à ce que Sihanouk devienne le chef de l’État.


26 janvier 88 : Sihanouk déclare qu’il préfère une coalition entre quatre factions (KD, F.U.N.C.I.N.P.E.C., F.N.L.P.K., P.R.P.K.) contre les Vietnamiens plutôt qu’entre deux gouvernements (G.C.K.D. et R.P.K. provietnamienne).


​28 janvier 88 : Entretiens Hun Sen-Nguyen Co Thach (ministre des Affaires étrangères vietnamien) à Hanoi. Ce dernier soutient les discussions en cours.

​30 janvier 88 : Sihanouk annonce sa « démission permanente, irrévocable et irréversible »  de la présidence du G.C.K.D. et désigne son fils Ranariddh pour représenter le F.U.N.C.I.N.P.E.C. au sein du G.C.K.D. Il déclare redevenir « un homme libre ». Il justifie sa décision par l’hostilité de Son Sann envers les pourparlers en cours. Il annule une rencontre prévue avec Hun Sen à Pyongyang (Bui Xuan Quang, 2000, p. 742 ; Le Monde des 2 et 3 février 1988). Le Vietnam continue à refuser tout dialogue avec le prince (Regaud, 1992, pp. 318-319). Pour autant, beaucoup de diplomates occidentaux à Pékin estiment qu'il s'est retiré de la coalition dans le but d'être en mesure de proposer au Vietnam de négocier directement.

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