Février 61 : Advell Harriman est nommé ambassadeur itinérant des États-Unis (Halberstam, 1974, p. 93).
Selon Schlesinger, le sous-secrétaire d’État britannique au Foreign Office, David Ormsby Gore, se rend à Washington et dresse « un tableau sarcastique de la politique américaine au Laos. Les États-Unis avaient fait de leur mieux pour abattre Souvanna Phouma qui représentait le meilleur espoir d’un Laos non communiste ; à sa place, ils avaient misé sur une bande de réactionnaires malhonnêtes. L’impression que donnait Washington toujours pressé de soutenir des dictateurs corrompus en Asie ne pouvaient avoir d’heureux résultats. » (Schlesinger, 1966, p. 307).
Toujours au Laos, après trois tentatives demandant aux Français d’évacuer la base de Seno accordée par les accords de Genève de 1954 (voir juillet 1960 et janvier), Phoumi Nosavan y installe de force un commandement opérationnel de son armée. Il faut une ferme intervention du gouvernement français, avec menace d’une intervention militaire, pour cessent ces provocations. Elles ont toutes été appuyées par les Américains qui n’acceptent pas que la France soutienne le neutralisme de Souvanna Phouma. Ces derniers n’hésitent pas à jouer un jeu provocateur : ils utilisent le terrain d’aviation de la base sans autorisation et envoient des instructeurs pour former les parachutistes de l’armée laotienne au mépris des accords américano-français et du respect de ceux de Genève (Le Page, 2014, pp. 136-137).
19 février 61 : Le roi du Laos, Savang Vatthana, qui, selon Schlesinger « passait la plupart de son temps à essayer de ne pas être compromis dans la politique », publie une déclaration au département d’État américain « qui affirmait une politique de non-alignement et de neutralité ; il demandait à ses trois voisins [Cambodge, Malaisie, Birmanie] de lui servir de caution. » Malgré une lettre de Kennedy adressée à Sihanouk et à la Malaisie, ceux-ci déclinent l’offre. Moscou, Pékin et Souphanouvong s’y opposent. Les Russes continuent à fournir massivement des armes au Pathet Lao au moyen d’un puissant pont aérien. Français et Britanniques restent en dehors de l’affaire et bottent en touche (Schlesinger, 1966, p. 303).