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par Jean-François Jagielski

Novembre 1974

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Novembre 74 : Rencontre entre Ford et Brejnev. Kissinger soulève la question du Vietnam. Il se rend ensuite à Pékin et évoque le même sujet avec les Chinois. Il essuie de la part des uns et des autres un double refus. Considérant que le S-V est condamné, il favorise la question géostratégique de l’influence sino-russe dans le Sud-Est asiatique. Les Chinois soutiennent les Khmers rouges au Cambodge qui marchent sur Phnom Penh alors que les Soviétiques appuient de leur côté le régime de Lon Lol dans l’espoir d’y garder une tête de pont, tout en ayant renouvelé leur soutien aux N-V. Les Soviétiques les poussent à attaquer Ban Met Thuot, une ville située sur un plateau des hauteurs centrales du S-V.

Les premières attaques n-v menées dans la zone du 17e parallèle permettent aux N-V de tester les réactions de l’armée s-v. Elles sont faibles.

A Phnom Penh, les troupes de Lon Lol repoussent une attaque au nord-est de la capitale. Les communistes comptent 558 victimes alors que les troupes républicaines n’en comptent que 16 (Becker, 1986, p. 162).


9 novembre 74 : Dans l’affaire de My Laï, le lieutenant Calley, après avoir vu sa peine ramenée à 10 ans de prison, est mis en liberté provisoire sous caution (Carval in collectif, 1992, p. 230)


11 novembre 74 : Face au blocus économique dont est de plus en plus victime le gouvernement de Lon Lol, John Gunther Dean (ambassadeur américain au Cambodge) transmet la note suivante à sa hiérarchie : « A moins de croire qu’il existe la moindre chance que le Congrès en vienne à comprendre le niveau de ressources requis pour maintenir ce pays à flot, il devient plus qu’impératif que jamais d’entreprendre un effort majeur pour obtenir quelque avancée sur le front des négociations. Il me semble essentiel que nous entamions au moins quelques pourparlers avant que les ressources disponibles ou escomptées ne tombent en dessous du seuil critique. Nous ne pouvons attendre que le dépôt de munitions soit visiblement dégarni, ou que l’inflation galopante ait ruiné la confiance de l’opinion dans la monnaie, pour acheminer ce conflit vers une résolution. Si nous parvenons à lancer des discussions, peut-être deviendrait-il plus facile d’obtenir du Congrès des moyens de préserver, au moins à titre temporaire, la prospérité de ce camp-ci afin qu’il conserve une possibilité de proposer à l’autre camp un compromis. » (cité in Dean, 2011, pp. 144-145)



15 novembre 74 : Les KR destituent les ministres du G.R.U.N.K. absents du Cambodge, c'est-à-dire les sihanoukistes demeurés en Chine (Cesari, 1995, p. 235).


25 – 26 novembre 74 : Alors que Kissinger (secrétaire d’État) est en visite officielle en Chine et a des échanges avec le vice-premier ministre Deng Xiaoping, on évoque durant ces deux jours la question Sihanouk et celle de l’avenir du Cambodge. Aux abois du fait de la situation militaire catastrophique, les Américains se disent prêts à lâcher Lon Lol et à voir en Sihanouk un recours pour établir un gouvernement de coalition nationale qui serait capable de stopper l’avancée des KR. Or à cette époque, Sihanouk tient les Américains, et notamment la C.I.A., comme les principaux responsables de la situation dans laquelle il se trouve. Sachant que le régime de Lon Lol est à l’agonie et la situation militaire presque perdue, la réponse des Chinois demeurera d’une intransigeance totale : la Chine n’interviendra pas auprès des KR et c’est aux Cambodgiens de régler leur sort sur le champ de bataille. Ce refus chinois scelle l’avenir chaotique du Cambodge.  



26 novembre 74 : Mme Nguyen Thi Binh (ministre du G.R.P.) fait savoir à Kurt Waldheim que son gouvernement a nommé Pham Van Ba (délégation n-v à Paris) pour diriger le bureau de liaison de Genève. Jusqu’alors Waldheim a exercé des pressions sur les autorités suisses pour ne pas accorder de visas à cette délégation. Il faudra attendre le 14 janvier 1975 pour que ces visas soient accordés (Aubrac, 2000, p. 396).


28 novembre 74 : Par deux voix de majorité, l’assemblée générale de l’O.N.U. maintient le siège du Cambodge à la République khmère alors que le régime est plus que chancelant.

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​​​​30 novembre 74 : Au Cambodge, Lon Nol réitère pour la troisième fois ses appels des 9 juillet et 9 octobre.

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