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par Jean-François Jagielski

Hu Nim

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Hu Nim : Né en 1934 dans un village de la province cambodgienne de Kompong Cham. D’origine très modeste, il perd son père à l’âge de 6 ans. Il est élevé par sa mère qui est servante dans une famille aisée. Il reçoit un enseignement bouddhique traditionnel. Inscrit à l’école primaire, il fréquente ensuite le collège à Kompong Cham jusqu’en 1950. Il part pour Phnom Penh où il fréquente le lycée Sisowath et commence à mener de brillantes études. En 1952, il obtient son baccalauréat et épouse Kim Lang, fille d’un commerçant aisé qui l’a recueilli et aidé durant ses années de lycée. Il s’installe définitivement à Phnom Penh et devient professeur au lycée Kambujabot. En parallèle, il suit des études de droit et d’économie puis il intègre le ministère de l’Intérieur puis celui du Plan. Il milite alors dans les rangs du Parti démocrate (opposé à Sihanouk).

Il décroche une bourse d’étude et part en 1955 pour la France. Il étudie à la Sorbonne où il obtient une licence en droit puis publie une thèse en 1965 intitulée Les services publiques au Cambodge qui contient des éléments-clés de sa pensée (auto-suffisance nationale, primauté de l’agriculture, nationaliser certains secteurs de l’économie), des thèses que les KR pousseront à l’extrême. C’est à Paris qu’il se rapproche pour la première fois du communisme en fréquentant les cercles marxistes-léninistes khmers aux côtés de Saloth Sar et Khieu Samphan.

Il rentre au Cambodge en 1967, travaille pour les douanes puis pour un cabinet d’avocats. Il collabore à la presse d’opinion et devient journaliste au Pracheachum Serei puis dirige la revue Réalités cambodgiennes. Il entame une carrière politique. Brillant orateur, il est vice-président de l’assemblée nationale en 1961 puis devient secrétaire d’État au Commerce.

Il renoue secrètement avec ses convictions politiques parisiennes et devient proche des milieux communistes chinois. Il traduit en khmer les écrits de Mao et crée en 1964 l’Association d’amitié khméro-chinoise dont il devient le vice-président. Celle-ci est interdite en 1967 par Sihanouk qui proscrit alors la diffusion du Petit Livre rouge au Cambodge. Hu Nim est accusé par le pouvoir d’avoir fomenté avec Kieu Samphan et Hu Youn la révolte paysanne de Samlaut en avril 1967. Il est alors qualifié par Sihanouk de « traître passible du tribunal militaire et du peloton d’exécution ».

Il entre dans la clandestinité le 7 octobre 1967 et rejoint les KR. Se faisant appeler mit Phoas, il n’aura qu’un rôle limité dans leur hiérarchie. Il réapparaît après la chute de Sihanouk en mars 1970 comme l’un des « trois fantômes » dont on croyait qu’il avait été éliminé par sa police. Farouchement opposé à l’abolition de la monnaie décrétée par Pol Pot dès sa prise de pouvoir, aux purges et à la brutalité de la réforme agraire, il demeure comme Kieu Samphan membre « suppléant » du Comité central durant la guerre mais ne sera jamais nommé membre « permanent ». Il occupe toutefois le poste de ministre de l’Information et de la Propagande du G.R.U.N.K.

Il est arrêté le 10 avril 1977, incarcéré et longuement torturé à S 21. Il sera exécuté à Choeung Ek le 6 juillet 1977, après avoir rédigé ses poignantes confessions conservées qu’il termine par un « Je ne suis pas un être humain. Je suis un animal. »

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