1er mai 91 : Un cessez-le feu entre en vigueur à l’appel de la France et de l’Indonésie, les deux co-présidentes de la Conférence de paix pour le Cambodge. Selon le journal Le Monde, 20 jours plus tard, il est à peu près respecté (Le Monde du 22 mai 1991).
3 mai 91 : Visite du sénateur américain John Kerry au nom de la Commission des relations extérieures du Sénat. Il a des entretiens avec Chea Sim. A son retour aux U.S.A., il déclare que son pays devrait disposer d’un bureau de liaison à Phnom Penh et que les KR devraient être exclus du processus de paix.
5 mai 91 : Un rapport de l’U.S.A.I.D. signale une situation alimentaire catastrophique au Cambodge.
14 – 17 mai 91 : Une mission militaire de l’O.N.U. menée par le conseiller militaire du Secrétaire général estime que le respect du cessez-le-feu amorcé le 1er est satisfaisant.
15 mai 91 : L’Indonésie invite Sihanouk à participer à une réunion du Conseil national suprême (C.N.S.) qui doit avoir lieu début juin. Ce dernier accepte.
18 mai 91 :Les KR et le F.N.L.K.P. de Son Sann menacent de reprendre les combats à partir du 5 juin si l’EdC n’accepte pas le plan des 5 membres permanents siégeant à l’O.N.U. (Le Monde du 22 mai 1991).
20 mai 91 : Les autorités de l’EdC célèbrent avec un faste exceptionnel « la journée de la haine » dirigée contre les KR. Chea Sim promet au peuple cambodgien que « le régime du génocide ne reviendra jamais ».
22 mai 91 : Hun Sen accorde une longue interview au journal Le Monde. Il se réjouit du respect de cessez-le-feu en vigueur depuis le 1er mai qu’il entend respecter de son côté. Il annonce vouloir renoncer à ses projets d’offensive vers l’Ouest (Païlin et Thmar-Puok). Il annonce également vouloir faire des propositions lors de la prochaine conférence de Djakarta : « Nous allons proposer qu'après l'intervention d'un cessez-le-feu sur place les unités des camps opposés soient regroupées sur des positions qui comprendront au moins cent hommes et qui seront séparées par une distance supérieure à celle des capacités de l'artillerie. S'il le faut, l'O.N.U. mettra en place des zones-tampons. Il sera interdit de sortir les armes de ces camps, et chaque partie devra remettre à l'O.N.U. la liste de ses armes et de ses effectifs. L'organisation militaire finale du pays sera du ressort d'un futur gouvernement élu.» Il ne croit pas que les factions nationalistes en appellent à un retour des KR. Il constate les progrès opérés dans la reconquête des territoires qu’ils occupaient et estime qu’ils sont militairement affaiblis. Il termine l’entretien en spécifiant : « Mais je dois également leur [à ses partisans] promettre que nous obtiendrons des garanties contre le retour des Khmers rouges. Quitte à proposer des amendements qui ne font pas plaisir à tout le monde. Et vous pouvez écrire que je ne rendrai pas un fusil. Notre Assemblée nationale a voté contre le retour des assassins. C'est un engagement auprès des Cambodgiens. » (Le Monde du 22 mai 1991)
28 – 30 mai 91 : Visite de Danièle Mitterrand au Cambodge. Entretiens avec Hun Sen et Hor Namhong (ministre des Affaires étrangères de l’EdC).
30 mai 91 : Les militaires vietnamiens et cambodgiens estime les forces armées kr à 13 000 hommes (Le Monde du 30 mai 1991).
31 mai 91 ; Un cadre kr qui a fait défection, Chanh Sasmuth, révèle que les KR ont infiltré le commandement militaire de deux factions non-communistes du Gouvernement national du Cambodge (G.N.C.).