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par Jean-François Jagielski

Haldemann Harry Robins

Version datée du 27 mai 2026 à 16:31 par Jean-François Jagielski (discussion | contributions)
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Né le 27 octobre 1926 au sein d’une famille aisée et conservatrice. Il étudie à l’université de Californie de Los Angeles. Il sera diplômé en 1948. C’est à cette époque qu’il rencontre John Ehrlichman (voir sa notice) avec lequel il formera ce que l’on nomme habituellement « le Mur de Berlin » de Nixon, du fait à tous deux de leur origine germanique. Avant d’entrer en politique, il mène un brillante carrière dans la publicité.

Il rejoint l’équipe de Nixon dès les années 1950. Il participe à la campagne présidentielle de Nixon en 1960 et celle pour le poste de gouverneur de Californie en 1962. C’est un admirateur de Nixon mais leurs relations s’arrêtent là : ils ne sont ni intimes ni véritablement amis. En 1968, il est au cœur de la campagne présidentielle durant laquelle il utilise les techniques de marketing de la première partie de sa carrière pour améliorer l’image du candidat. Il possède de hautes qualités intellectuelles, reconnues comme telles par ceux qui l’ont fréquenté.

En janvier 1969, Nixon en fait son chef de cabinet. Il a la réputation d’être un homme froid, direct et efficace, aussi rigide que sa coupe de cheveux militaire. Il disait souvent de lui-même : « Chaque président a besoin d’un salaud, et je suis celui de Nixon. » (Coppolani, 2024, pp. 384-385) Dans ses mémoires, Nixon écrit que, d’un commun accord, les deux hommes ont défini le rôle du secrétaire général comme « plus administratif que lié au cœur des dossiers ». Son efficacité se manifeste notamment par sa capacité à filtrer de manière très rigide celles et ceux qui veulent rencontrer le président : ils ne pouvaient le faire sans passer par lui ou Ehrlichman. Il reconnaitra dans ses mémoires : « En tout état de cause, j’ai vraiment rempli mon rôle « d’enfant de salaud » du président avec talent, à en croire les médias qui couvraient la Maison Blanche […] Je percevais mon poste à la Maison Blanche comme celui d’un manager, et j’étais déterminé à être le meilleur manager qu’un Président n’ait jamais eu. Cela signifiait que je devais être dur. Et je fus dur. » (cité in ibid., p. 385) Il est aussi l’homme qui tempère les humeurs orageuses du président, notamment lorsque celui-ci s’emporte et donne des ordres déraisonnables.

En 1971, après la publication des Pentagon’s Papers, c’est lui qui supervise l’installation du système d’enregistrement systématique et secret dans le Bureau ovale. La chose n’est pas nouvelle, LBJ y avait déjà eu recours à la fin de son mandat mais de façon plus artisanale (c’est lui qui déclenchait les enregistrements). Haldeman est l’un des rares initiés à connaître l’existence de cette pratique qui permet à Nixon de créer des archives audios qui visaient à « surveiller ses ennemis ». Pour lui, c’est aussi un outil de contrôle total de ce qui se dit dans ce même bureau.

Au moment du scandale du Watergate, sans en être l’initiateur, Haldeman a été le principal architecte de la dissimulation des pratiques du président. Un enregistrement du 23 juin 1972 révèlera une discussion entre lui et le président visant à bloquer l’enquête du F.B.I. par le biais de la C.I.A. pour des raisons de « sécurité nationale ». Sous la pression de l’enquête, il sera contraint de démissionner le 30 avril 1973. Pour ce rôle obscur, il sera reconnu coupable de complot, d’entrave à la justice et de parjure en 1975. Il sera alors condamné à 18 mois de prison.

Il publie ses mémoires en 1978 sous le titre The Ends of Power. Il y reconnaît sa responsabilité mais s’avère critique quant à la personnalité de Nixon. Elles offrent un regard brutal sur les coulisses du pouvoir sous l’administration Nixon. Il décède d’un cancer en 1993. Pour respecter ses convictions religieuses, il refuse alors de se faire soigner.

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