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par Jean-François Jagielski

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4 novembre 60 : Suite à la récente attaque sur Kontum (voir 21 octobre), Nhu déclare au journaliste français Jean Lartéguy de ''Paris-Presse'' : « C’est le début d’exécution d’un vaste plan qui tend à couper en deux le Centre-Vietnam à hauteur de Qui Nonh, afin d’isoler Hué et Tourane [Danang] de Saïgon. Nous avons tué le chef politique et militaire chargé de coordonner ce plan. Nous avons pris ses papiers […] Il semble disposer de beaucoup plus d’un régiment, d’une division probablement. Sans doute la 435. » (cité ''in'' Chaffard, 1964, p.184) Ce que ne peut encore percevoir Nhu, c’est que cette bataille marque une sorte de transition entre les actions de guérilla pure et les premières attaques conventionnelles (avec équipement lourd) qui seront menées par la suite en venant du Laos par la piste Ho Chi Minh dans la province de Kontum.
8 novembre 60 : '''Élection de J.F. Kennedy à la présidence des États-Unis.'''
8 novembre 60 : '''Élection de J.F. Kennedy à la présidence des États-Unis.'''


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11 - 12 novembre 60 : '''Putsch des parachutistes au S-V contre Diem''' par les colonels Duong Van Dong et Nguyen Chan Thi, le capitaine Pham Van Lieu, côté militaire. Côté civil, des membres du groupe « Caravelle » (voir introduction 1959) sont impliqués dans le complot : l’avocat Nguyen Van Thi et le docteur Phan Quan Dan. Les putschistes, soutenus par des parachutistes, demandent à Diem de libéraliser le régime, former un nouveau gouvernement afin de lutter efficacement contre les communistes. Diem envoie des émissaires pour négocier et temporiser, ce qui lui permet d’alerter la 7<sup>e</sup> division du colonel Tran Tien Khiem stationnée dans le Delta. Les choses traînent et les conjurés hésitent à passer à l’attaque du palais présidentiel. Au final, les conjurés s’enfuient vers Phnom Penh grâce à un Dakota mis à leur disposition par Nguyen Cao Ky.
11 - 12 novembre 60 : '''Putsch des parachutistes au S-V contre Diem''' par les colonels Duong Van Dong et Nguyen Chan Thi, le capitaine Pham Van Lieu, côté militaire. Côté civil, des membres du groupe « Caravelle » (voir introduction 1959) sont impliqués dans le complot : l’avocat Nguyen Van Thi et le docteur Phan Quan Dan.
 
Les putschistes, soutenus par des parachutistes mais en désaccord sur la tactique à adopter pour mener à bien cette tentative de coup d’État, demandent à Diem de libéraliser le régime, former un nouveau gouvernement afin de lutter efficacement contre les communistes. Celui-ci, réfugié dans un bunker doté de moyens de transmission, envoie des émissaires pour négocier et temporiser, ce qui lui permet d’alerter par radio la 7<sup>e</sup> division du colonel Tran Tien Khiem (filleul du président) stationnée dans le Delta. Les choses traînent, la population saïgonnaise demeure incertaine et les conjurés hésitent à passer à l’attaque du palais présidentiel.
 
Du fait de sa modération, cette tentative de coup d’État non aboutie est plutôt un avertissement au régime incitant Diem à se débarrasser d’un entourage jugé néfaste, les Nhu. Tran Van Don se demande même si cette tentative « était authentique ou s’il s’agissait d’un tour monté par le gouvernement lui-même »… Le palais présidentiel est cerné, la radio est prise, la police de Saigon est contrôlée par les insurgés. Le général Khanh les rejoint. Diem parvient cependant à négocier et les forces de soutien au régime parviennent le 12 à entrer dans la capitale et les heurts avec les conjurés seront très mesurés. On déplorera une trentaine de morts et une centaine de blessé, essentiellement des civils qui s’étaient regroupés autour du palais présidentiel. Les conjurés (et d’autres qui n’avaient pas participé à la tentative de renversement, dont Tran Van Don…) sont arrêtés et mis en résidence surveillée (Tran Van Don, 1985, pp. 106-108 ; Truong Vinh Le, 1989, pp. 59-60 ; Chaffard, 1964, pp. 177-183). Au final, après la venue des renforts gouvernementaux, une autre partie des conjurés (les colonels Nguyen Chanh Thi et Vuong Van Dong et une vingtaine d’officiers) parviendront à s’enfuir vers Phnom Penh grâce à un Dakota mis à leur disposition par le colonel Nguyen Cao Ky.  
 
L’ambassadeur américain Dubrow apporte alors son soutien entier à Diem. Durant le putsch, l’attitude du général américain Mac Garr, qui a pris des ordres à Washington, a été de demander aux colonels de s’entendre avec Diem et d’influer sur le maillon faible du coup de force, le colonel Le Van Ty.
 
Pour Diem, il y a toutefois des leçons à tirer. L’armée n’est pas sûre car, à l’exception du colonel Khiem accouru au secours de son parent, les commandants des autres unités n’ont pas soutenu le gouvernement et se sont retranchés dans une attente passive de la tournure des événements. La population saïgonnaise a observé une attitude identique. Un « comité d’épuration » est créé. Il sera dirigé par un homme de Nhu. Six commissions permanentes vont être instaurées pour traquer les civils et militaires qui se sont compromis. Un autre homme de Nhu, Nguyen Dinh Thuan, est promu au rang de super ministre occupant les fonctions de secrétaire d’État à la Présidence, à la Défense et à l’Information. Ce tour de vis gouvernemental montre que ni Diem ni Nhu ni même les Américains n’ont su tirer la moindre leçon de cet avertissement (Chaffard, 1964, pp. 182-183).  


Du fait de sa modération, cette tentative de coup d’État non aboutie est plutôt un avertissement au régime incitant Diem à se débarrasser d’un entourage jugé néfaste. Tran Van Don se demande même si cette tentative « était authentique ou s’il s’agissait d’un tour monté par le gouvernement lui-même »… Le palais présidentiel est cerné, la radio est prise, la police de Saigon est contrôlée par les insurgés. Le général Khanh les rejoint. Diem parvient cependant à négocier. Certains conjurés (et d’autres qui n’avaient pas participé à la tentative de renversement, dont Tran Van Don…) sont arrêtés et mis en résidence surveillée (Tran Van Don, 1985, pp. 106-108 ; Truong Vinh Le, 1989, pp. 59-60). L’ambassadeur américain Dubrow apporte son soutien à Diem.




13 novembre 60 : Manifestations de soutien des pro-Diem. L’attitude ambiguë du vice-président Nguyen Ngoc Tho pendant le coup d’État lui est reprochée par les Nhu. Une partie de l’armée et des intellectuels sont mécontents du fait des restrictions des libertés. Ils sont parfois soutenus par certains Américains qui n’apprécient guère le régime en place. Mais Diem justifie encore une fois ses méthodes dictatoriales aux yeux des Américains en brandissant la menace communiste (Truong Vinh Le, 1989, p. 63).
13 novembre 60 : Manifestations de soutien des pro-Diem. L’attitude ambiguë du vice-président Nguyen Ngoc Tho pendant le coup d’État lui est reprochée par les Nhu. Une partie de l’armée et des intellectuels sont mécontents du fait des restrictions des libertés. Ils sont parfois soutenus par certains Américains qui n’apprécient guère le régime en place. Mais Diem justifie encore une fois ses méthodes dictatoriales aux yeux des Américains en brandissant la menace communiste (Truong Vinh Le, 1989, p. 63).


 
​17 novembre 60 : Le régime de Diem annonce « un sérieux programme de réformes ». Dans les faits, Diem réutilise le même système que lors du « comité révolutionnaire » de 1955 qui lui avait permis de se débarrasser de Bao Daï. Le gouvernement institue « un Comité du Peuple » sous la direction de Truong Cong Cuu (vice-président de l’assemblée nationale) qui entreprend une purge des opposants modérés et s’en prend à une certaine presse qui avait témoigné une certaine tiédeur envers le régime.
17 novembre 60 : Le régime de Diem annonce « un sérieux programme de réformes ». Dans les faits, Diem réutilise le même système que lors du « comité révolutionnaire » de 1955 qui lui avait permis de se débarrasser de Bao Daï. Le gouvernement institue « un Comité du Peuple » sous la direction de Truong Cong Cuu (vice-président de l’assemblée nationale) qui entreprend une purge des opposants modérés et s’en prend à une certaine presse qui avait témoigné une certaine tiédeur envers le régime.

Dernière version du 19 juillet 2026 à 17:16

4 novembre 60 : Suite à la récente attaque sur Kontum (voir 21 octobre), Nhu déclare au journaliste français Jean Lartéguy de Paris-Presse : « C’est le début d’exécution d’un vaste plan qui tend à couper en deux le Centre-Vietnam à hauteur de Qui Nonh, afin d’isoler Hué et Tourane [Danang] de Saïgon. Nous avons tué le chef politique et militaire chargé de coordonner ce plan. Nous avons pris ses papiers […] Il semble disposer de beaucoup plus d’un régiment, d’une division probablement. Sans doute la 435. » (cité in Chaffard, 1964, p.184) Ce que ne peut encore percevoir Nhu, c’est que cette bataille marque une sorte de transition entre les actions de guérilla pure et les premières attaques conventionnelles (avec équipement lourd) qui seront menées par la suite en venant du Laos par la piste Ho Chi Minh dans la province de Kontum.


8 novembre 60 : Élection de J.F. Kennedy à la présidence des États-Unis.

HCM a un entretien avec Mao et Liu Shao Qi sur la situation militaire en Indochine. Les rapports entre le dirigeant vietnamien et ceux de la Chine continuent à se dégrader. Mao félicite d’abord HCM  sur la situation militaire au S-V et au Laos. Mais l’entretien tourne rapidement à l’aigre lorsque Mao déclare qu’il n’y a rien d’inhumain « à massacrer des réactionnaires lorsque ces derniers massacraient des révolutionnaires. » (cité in Marangé, 2012, p. 296)


11 - 12 novembre 60 : Putsch des parachutistes au S-V contre Diem par les colonels Duong Van Dong et Nguyen Chan Thi, le capitaine Pham Van Lieu, côté militaire. Côté civil, des membres du groupe « Caravelle » (voir introduction 1959) sont impliqués dans le complot : l’avocat Nguyen Van Thi et le docteur Phan Quan Dan.

Les putschistes, soutenus par des parachutistes mais en désaccord sur la tactique à adopter pour mener à bien cette tentative de coup d’État, demandent à Diem de libéraliser le régime, former un nouveau gouvernement afin de lutter efficacement contre les communistes. Celui-ci, réfugié dans un bunker doté de moyens de transmission, envoie des émissaires pour négocier et temporiser, ce qui lui permet d’alerter par radio la 7e division du colonel Tran Tien Khiem (filleul du président) stationnée dans le Delta. Les choses traînent, la population saïgonnaise demeure incertaine et les conjurés hésitent à passer à l’attaque du palais présidentiel.

Du fait de sa modération, cette tentative de coup d’État non aboutie est plutôt un avertissement au régime incitant Diem à se débarrasser d’un entourage jugé néfaste, les Nhu. Tran Van Don se demande même si cette tentative « était authentique ou s’il s’agissait d’un tour monté par le gouvernement lui-même »… Le palais présidentiel est cerné, la radio est prise, la police de Saigon est contrôlée par les insurgés. Le général Khanh les rejoint. Diem parvient cependant à négocier et les forces de soutien au régime parviennent le 12 à entrer dans la capitale et les heurts avec les conjurés seront très mesurés. On déplorera une trentaine de morts et une centaine de blessé, essentiellement des civils qui s’étaient regroupés autour du palais présidentiel. Les conjurés (et d’autres qui n’avaient pas participé à la tentative de renversement, dont Tran Van Don…) sont arrêtés et mis en résidence surveillée (Tran Van Don, 1985, pp. 106-108 ; Truong Vinh Le, 1989, pp. 59-60 ; Chaffard, 1964, pp. 177-183). Au final, après la venue des renforts gouvernementaux, une autre partie des conjurés (les colonels Nguyen Chanh Thi et Vuong Van Dong et une vingtaine d’officiers) parviendront à s’enfuir vers Phnom Penh grâce à un Dakota mis à leur disposition par le colonel Nguyen Cao Ky.

L’ambassadeur américain Dubrow apporte alors son soutien entier à Diem. Durant le putsch, l’attitude du général américain Mac Garr, qui a pris des ordres à Washington, a été de demander aux colonels de s’entendre avec Diem et d’influer sur le maillon faible du coup de force, le colonel Le Van Ty.

Pour Diem, il y a toutefois des leçons à tirer. L’armée n’est pas sûre car, à l’exception du colonel Khiem accouru au secours de son parent, les commandants des autres unités n’ont pas soutenu le gouvernement et se sont retranchés dans une attente passive de la tournure des événements. La population saïgonnaise a observé une attitude identique. Un « comité d’épuration » est créé. Il sera dirigé par un homme de Nhu. Six commissions permanentes vont être instaurées pour traquer les civils et militaires qui se sont compromis. Un autre homme de Nhu, Nguyen Dinh Thuan, est promu au rang de super ministre occupant les fonctions de secrétaire d’État à la Présidence, à la Défense et à l’Information. Ce tour de vis gouvernemental montre que ni Diem ni Nhu ni même les Américains n’ont su tirer la moindre leçon de cet avertissement (Chaffard, 1964, pp. 182-183).  


13 novembre 60 : Manifestations de soutien des pro-Diem. L’attitude ambiguë du vice-président Nguyen Ngoc Tho pendant le coup d’État lui est reprochée par les Nhu. Une partie de l’armée et des intellectuels sont mécontents du fait des restrictions des libertés. Ils sont parfois soutenus par certains Américains qui n’apprécient guère le régime en place. Mais Diem justifie encore une fois ses méthodes dictatoriales aux yeux des Américains en brandissant la menace communiste (Truong Vinh Le, 1989, p. 63).

​17 novembre 60 : Le régime de Diem annonce « un sérieux programme de réformes ». Dans les faits, Diem réutilise le même système que lors du « comité révolutionnaire » de 1955 qui lui avait permis de se débarrasser de Bao Daï. Le gouvernement institue « un Comité du Peuple » sous la direction de Truong Cong Cuu (vice-président de l’assemblée nationale) qui entreprend une purge des opposants modérés et s’en prend à une certaine presse qui avait témoigné une certaine tiédeur envers le régime.

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