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Le scandale du ''Watergate'' qui ternit l’image du président américain et les lois votées au Sénat et à la Chambre des Représentants interdisent désormais toute aide directe au régime du S-V (voir 4 juin). | Le scandale du ''Watergate'' qui ternit l’image du président américain et les lois votées au Sénat et à la Chambre des Représentants interdisent désormais toute aide directe au régime du S-V (voir 4 juin). | ||
16 août – 4 octobre 73 : Malgré leur échec devant Phnom Penh, les KR tentent de s’emparer pour la première fois d’une capitale provinciale, Kompong Cham, au nord-est de Phnom Penh. La ville qui est encerclée par environ 5 000 KR subit alors de très violents bombardements qui l’isole car les pistes de l’aéroport deviennent rapidement impraticables, interdisant la venue de renforts. Des combats particulièrement durs s’y dérouleront jusqu’à sa progressive libération par les forces gouvernementales à partir de mi-septembre. | 16 août – 4 octobre 73 : Malgré leur échec devant Phnom Penh, les KR tentent de s’emparer pour la première fois d’une capitale provinciale, Kompong Cham, au nord-est de Phnom Penh. La ville qui est encerclée par environ 5 000 KR subit alors de très violents bombardements qui l’isole car les pistes de l’aéroport deviennent rapidement impraticables, interdisant la venue de renforts. Des combats particulièrement durs s’y dérouleront jusqu’à sa progressive libération par les forces gouvernementales à partir de mi-septembre. | ||
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Fin août 73 : Au Cambodge, la région 31 (districts de la province de Kompong Cham au nord du Mékong faisant à l’époque partie de la zone de Kompong Thorn) contrôlée par la P.C.K. sous la direction de Ke Pauk est considérée comme un modèle de bonne application des décisions du 20 mai. Ce qui se passe dans la région 31 préfigure ce qui se passera dans l’ensemble du pays à partir de 1975 : discipline de fer, nombreuses exécutions, statues de Bouddha détruites, pagodes sécularisées, moines défroqués, travaux forcés, plus de maisons individuelles mais un habitat collectif, enfants séparés des parents, époux séparés. | |||
Dernière version du 28 juin 2026 à 16:55
Août 73 : Au Cambodge apparaît l’une des premières publications du P.C.K. Elle s’adresse à la jeunesse et porte le nom de Jeunes Révolutionnaires. Elle s’efforce d’« éduquer, de construire et d’inculquer une conscience politique révolutionnaire aux jeunes gens et aux jeunes filles ». Les KR s’appuieront toujours sur la jeunesse dont le premier numéro de cette publication dit qu’elle doit être « la force centrale du mouvement révolutionnaire » mais aussi le fer de lance de leur armée (Becker, 1986, p. 254)
Début août 73 : Kissinger se rend à Pékin où tout est verrouillé, côté chinois, sur la question du Cambodge. Il n’obtiendra rien. Sihanouk a fait savoir publiquement qu’il n’entendait pas le rencontrer puisqu’il allait se rendre en Corée du Nord. Quant à son premier ministre Penn Nouth, il a pris quelques jours de repos à Qingdao (Cambacérès, 2013, p. 191).
7 août 73 : Alors que les bombardements américains atteignent leur apogée, une erreur de navigation fait que des B-52 écrasent de bombes la localité de Neak Luong au Cambodge. Les autorités militaires minimisent cet accident mais un journaliste du New York Times parvient à s’y rendre. Il observe qu’un chapelet de bombes a enfilé la rue principale, anéantissant l’hôpital, tuant 137 personnes et en en blessant 268 (Shawcross, 1979, pp. 292-293).
L’offensive des KR sur Phnom Penh, écrasée sous les bombardements de B-52, s’essouffle à la veille de leur arrêt définitif. Leurs troupes demeureront toutefois aux abords de la capitale cambodgienne.
11 août 73 : De Corée du Nord, Sihanouk demande aux pays qui ont maintenu des relations diplomatiques avec le régime de Lon Lol de les rompre définitivement (Cambacérès, 2013, p. 192-193).
12 août 73 : Dans une interview à la journaliste Oriana Fallaci du New York Times Magazine, Sihanouk, après avoir parlé de ses anciennes frasques sentimentales et artistiques, évoque la situation actuelle du Cambodge : « Quand un homme souffre comme moi pour son pays, qui subit quotidiennement des bombardements par des B-52, croyez-vous qu’il songe à regretter l’existence douce et facile des orchestres de jazz ? » Puis, évoquant les Khmers rouges, il déclare sans illusions : « Je me rends bien compte que quand j’aurai cessé de leur être utile, ils me recracheront comme un noyau de cerise. Mais quelle importance ? […] Ne combattent-ils pas mes ennemis ? » Il propose aux États-Unis un marché simple : laissez tomber Lon Lol et nous discuterons (Dean, 2011, p. 134).
15 août 73 : Nixon et Kissinger manœuvrent pour poursuivre les bombardements au Cambodge (pays non inclus dans l’accord entre Américains et N-V à Paris), avec difficulté, car le Congrès s’y oppose désormais ouvertement (voir 30 juin). Pour autant, à cette date qui marque la fin des bombardements américains massifs, pas moins de 257 465 tonnes de bombes ont été déversées depuis 6 mois sur le pays (Le Japon en avait reçu 160 000 tonnes durant la SGM) (Shawcross, 1979, p. 296). Le journaliste allemand Pierre Scholl-Latour est témoin de cet arrêt : « Dans l’aube grise du 15 août 1973, les derniers bombardiers de l’air américaine, venant du Cambodge, se posèrent sur la base d’Utapao, dans le sud de la Thaïllande […] Les pilotes américains, pris d’assaut à Utapao par les représentants de la presse se contentèrent de déclarer qu’ils avaient fait « du bon boulot ». » (Scholl-Latour, 1981, p. 194) Le Cambodge détient alors le triste record d’être le pays le plus bombardé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. A partir de cette date, toute intervention américaine sur l’ensemble de la péninsule indochinoise est proscrite par décision du Congrès (Cesari, 1995, p. 230).
Le scandale du Watergate qui ternit l’image du président américain et les lois votées au Sénat et à la Chambre des Représentants interdisent désormais toute aide directe au régime du S-V (voir 4 juin).
16 août – 4 octobre 73 : Malgré leur échec devant Phnom Penh, les KR tentent de s’emparer pour la première fois d’une capitale provinciale, Kompong Cham, au nord-est de Phnom Penh. La ville qui est encerclée par environ 5 000 KR subit alors de très violents bombardements qui l’isole car les pistes de l’aéroport deviennent rapidement impraticables, interdisant la venue de renforts. Des combats particulièrement durs s’y dérouleront jusqu’à sa progressive libération par les forces gouvernementales à partir de mi-septembre.
20 août 73 : Au Laos, tentative de coup d’État contre Souvanna Phouma. Elle est à l’initiative d’un ancien officier de l’armée de l’air, le général Thao Ma, sans doute téléguidé par la Thaïlande. Ce dernier estime que l’actuel gouvernement est trop complaisant avec le Pathet Lao. Des discussions ont en effet lieu entre le gouvernement et la mouvance communiste sous le regard bienveillant des Américains. John Gunther Dean, alors chargé d’affaires américain, intervient en protégeant Phouma ainsi que le négociateur du Pathet Lao, Phoumi Vong Vichit. Puis il intervient directement pour mettre fin au coup d’État, faisant savoir aux putschistes que les Américains n’y sont pas favorables (Dean, 2011, pp. 122-124).
Fin août 73 : Au Cambodge, la région 31 (districts de la province de Kompong Cham au nord du Mékong faisant à l’époque partie de la zone de Kompong Thorn) contrôlée par la P.C.K. sous la direction de Ke Pauk est considérée comme un modèle de bonne application des décisions du 20 mai. Ce qui se passe dans la région 31 préfigure ce qui se passera dans l’ensemble du pays à partir de 1975 : discipline de fer, nombreuses exécutions, statues de Bouddha détruites, pagodes sécularisées, moines défroqués, travaux forcés, plus de maisons individuelles mais un habitat collectif, enfants séparés des parents, époux séparés.