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par Jean-François Jagielski

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21 septembre 79 : '''La 34<sup>e</sup> session de l’Assemblée générale de l’O.N.U. décide, malgré l’évocation de leurs crimes, que seuls les Khmers rouges représentent véritablement le KD.''' Cette décision fait polémique dans une partie de la communauté internationale mais, pour autant, aucun changement ne se produira avant septembre 1990, à l'exception de la reconnaissance du G.C.K.D. présidé par Sihanouk le 22 juin 1982.
21 septembre 79 : '''La 34<sup>e</sup> session de l’Assemblée générale de l’O.N.U. décide, malgré l’évocation de leurs crimes, que seuls les Khmers rouges représentent véritablement le KD.''' Cette décision fait polémique dans une partie de la communauté internationale mais, pour autant, aucun changement ne se produira avant septembre 1990, à l'exception de la reconnaissance du G.C.K.D. présidé par Sihanouk le 22 juin 1982.
25 septembre 79 : A New York, Waldheim reçoit Ieng Sary (ministre des Affaires étrangères du KD toujours représenté à l’O.N.U.). Celui-ci élude la responsabilité du régime des KR et oriente son propos sur l’occupation vietnamienne. Il fait l’éloge du dévouement des délégués du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. qui se sont rendus récemment dans la zone occupée par les KR (voir 17 septembre). Walldheim dit que les Nations unies s’efforcent d’apporter une aide au Cambodge et que son succès va aussi dépendre de la coopération des autorités compétentes. Il déplore la poursuite des combats (Shawcross, 1985, pp. 137-138).
Toujours à New York a lieu une seconde réunion au quartier général de l’U.N.I.C.E.F. On y évoque l’actuelle percée avec Ros Saray (ministre de l’Économie) qui est l’un des rares dirigeants de l’actuel gouvernement de Phnom Penh en phase avec les organismes humanitaires. Cette réunion qui a pour but d’informer les pays donateurs des progrès accompli est menée par Henry Labouisse (directeur de l’U.N.I.C.E.F.) et Jean-Pierre Hocké directeur du département des opérations au C.I.C.R. Ils dressent un tableau de la situation au Cambodge et évoque leurs espoirs d’une bonne entente avec le gouvernement de Phnom Penh. Mais ils ignorent, pour l’instant, l’intransigeance de Hun Sen (ministre des Affaires étrangères) exprimée quelques heures plus tôt à Phnom Penh à Jacques Beaumont (voir 26 septembre). Ils font part de leurs projets, soulager 2 250 000 personnes sur une période de 180 jours avec un budget qui peut varier entre 17 et 96 millions de dollars, un budget prévisionnel qui est largement sous-estimé.
Le soir, un communiqué de presse annonce qu’un accord a été trouvé avec Phnom Penh et que des bureaux allaient y être ouverts. Le communiqué ajoute que « les autorités du Kampuchéa démocratique » avaient également accepté une aide. Il rappelle la neutralité des deux organismes onusiens qui n’entendent pas contribuer à l’effort de guerre des belligérants. Il est rapidement transmis à Hanoï puis dénoncé par le gouvernement Heng Sarim qui estime que les propositions sont « destinées à légaliser l’envoi de ravitaillement et de matériel au reste des troupes Pol Pot-Ieng Sary, opposées au peuple kampuchéen. » (Shawcross, 1985, pp. 138-139)




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En Thaïlande, le vice-maréchal de l’air Siddhi, responsable du plan d’aide thaïlandais, dévoile un plan en quatre points : appui au C.I.C.R. et à l’U.N.I.C.E.F. pour envoyer de l’aide de Bangkok à Phnom Penh (mais non pour les organisations privées) ; cet envoi de vivres devra décourager les réfugiés à venir s’installer en Thaïlande ; des centres d’hébergement seront construits pour les « immigrants illégaux » (en plus des camps existants pour les anciens réfugiés) ; les « immigrants illégaux » doivent être réinstallés rapidement hors de Thaïlande, indépendamment des anciens réfugiés. La Thaïlande gèrera elle-même les dépôts de vivres du Programme Alimentaire Mondial et l’armée les transportera à la frontière. La majorité de ces vivres viendront de Thaïlande (Shawcross, 1985, pp. 135-137).
En Thaïlande, le vice-maréchal de l’air Siddhi, responsable du plan d’aide thaïlandais, dévoile un plan en quatre points : appui au C.I.C.R. et à l’U.N.I.C.E.F. pour envoyer de l’aide de Bangkok à Phnom Penh (mais non pour les organisations privées) ; cet envoi de vivres devra décourager les réfugiés à venir s’installer en Thaïlande ; des centres d’hébergement seront construits pour les « immigrants illégaux » (en plus des camps existants pour les anciens réfugiés) ; les « immigrants illégaux » doivent être réinstallés rapidement hors de Thaïlande, indépendamment des anciens réfugiés. La Thaïlande gèrera elle-même les dépôts de vivres du Programme Alimentaire Mondial et l’armée les transportera à la frontière. La majorité de ces vivres viendront de Thaïlande (Shawcross, 1985, pp. 135-137).


28 septembre 79 : Un aide-mémoire émanant du gouvernement de Phnom Penh est glissé sous la porte de François Bugnion (C.I.C.R.) à l’hôtel Samaki de Phnom Penh. Il est le premier document écrit que reçoivent les Occidentaux de la part du gouvernement. Il remercie pour l’aide apportée et confirme l’ouverture de bureaux dans la capitale. Mais à trois conditions : soumettre un programme précis et détaillé des dotations et leur date ; la distribution de l’aide serait confiée au gouvernement ; les organismes onusiens ne doivent pas s’immiscer dans les affaires intérieures cambodgiennes et n’apporter aucune aide « à la clique Pol Pot-Ieng Sary sous le couvert de la prétendue assistance à tous les camps ». Or ce troisième point qui est transmis à Henry Labouisse (président de l’U.N.I.C.E.F.) qui en réfère à Waldheim bloque. On trouve une simple échappatoire qui consisterait pour l’U.N.I.C.E.F. à « mettre une sourdine à ses déclarations d’assistance au Nord-Ouest ». (Shawcross, 1985, pp. 139-140)




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​29 septembre 79 : Second congrès du F.U.N.S.K. à Phnom Penh. Il fait suite au premier constitutif du Front (voir 2 décembre 1978).  Il est présidé par Heng Sarim, Président du Conseil populaire révolutionnaire du Cambodge. 166 délégués ont été réunis. Sarim revient sur la gravité des crimes commis par les KR. Puis il évoque la remise en marche du pays : retour au travail de la population, réunion de la majorité des familles, première rentrée scolaire depuis 5 ans. Il reconnaît que la situation alimentaire demeure préoccupante. L’aide alimentaire internationale demeure une nécessité absolue.
29 septembre 79 : Second congrès du F.U.N.S.K. à Phnom Penh. Il fait suite au premier constitutif du Front (voir 2 décembre 1978).  Il est présidé par Heng Sarim, Président du Conseil populaire révolutionnaire du Cambodge. 166 délégués ont été réunis. Sarim revient sur la gravité des crimes commis par les KR. Puis il évoque la remise en marche du pays : retour au travail de la population, réunion de la majorité des familles, première rentrée scolaire depuis 5 ans. Il reconnaît que la situation alimentaire demeure préoccupante. L’aide alimentaire internationale demeure une nécessité absolue.


Intervention de Hun Sen, ministre des Affaires étrangères provietnamien, très écoutée après la récente décision prise par l’Assemblée générale de l’O.N.U. Seule le République populaire du Cambodge est habilitée à représenter le peuple cambodgien car le régime des KR s’est totalement discrédité tant au Cambodge que devant l’opinion publique internationale. Les KR ont totalement perdu l’initiative militaire et ne font plus que régner l’insécurité à la frontière thaïlandaise (Ruscio, 2008, pp. 128-129).
Intervention de Hun Sen, ministre des Affaires étrangères provietnamien, très écoutée après la récente décision prise par l’Assemblée générale de l’O.N.U. Seule le République populaire du Cambodge est habilitée à représenter le peuple cambodgien car le régime des KR s’est totalement discrédité tant au Cambodge que devant l’opinion publique internationale. Les KR ont totalement perdu l’initiative militaire et ne font plus que régner l’insécurité à la frontière thaïlandaise (Ruscio, 2008, pp. 128-129).
Brian Walker, directeur de l’agence privée britannique Oxfam, est reçu à Phnom Penh par Hun Sen. Ce dernier lui signifie l’interdiction de ravitailler les zones occupées par les KR. Les agences qui entendent le faire ne peuvent demeurer au Cambodge (Shawcross, 1985, p. 142).

Version du 8 janvier 2026 à 10:50

Septembre 79 : Le KR sont affaiblis. Selon Peschoux, leurs troupes se composent de 7 à        10 000 hommes « pour la plupart affamés, épuisés et désorganisés – quand ils ne se battaient pas entre eux, au couteau et à la hache, pour un peu de riz et de médicaments, ou quand les purges ne se poursuivaient pas jusque dans la forêt, en pleine débandade. » Les 500 à 800 000 civils qui les accompagnent volontairement ou par la force les suivent et vivent un véritable calvaire. Seule l’aide de la Chine parviendra à sauver cette armée en déroute (voir janvier 1980) (Peschoux, 1992, p. 50).

Le gouvernement thaï est de plus en plus inquiet devant l’afflux de réfugiés à la frontière. L’ambassade américaine à Bangkok va dans le même sens : entre 100 à 200 000 réfugiés s’y agglutinent, suivi potentiellement par 160 000 autres toujours à l’intérieur. Pour l’instant, ces masses humaines sont contenues par les troupes kr, vietnamiennes et thaïes. Dans les zones contrôlées par les KR, 30 à 60 personnes décèdent chaque jour. Le premier ministre thaïlandais Kriangsak avertit, qu’à moins d’une substantielle aide économique, les réfugiés seront refoulés (Shawcross, 1985, p. 125).


5 septembre 79 : À La Havane, lors la conférence des pays non-alignés, le ministre vietnamien Pham Van Dong déclare à son tour que la situation au Cambodge est « irréversible ». Les Vietnamiens n’entendent absolument pas quitter le pays malgré les diverses pressions internationales.


6 septembre 79 : Les Khmers rouges créent le « Front patriotique et démocratique de la grande union nationale du Kampuchéa » afin de « libérer le pays de l’occupation vietnamienne ». Le programme de ce Front prévoit des élections libres et le rétablissement de la liberté d’expression (multipartisme, liberté de la presse, liberté de culte, etc...). Ils garantissent le rétablissement de la propriété privée, de la libre entreprise et de la monnaie. Sihanouk, à qui ils proposent de prendre la direction de ce Front, refuse, malgré les pressions chinoises (Regaud, 1992, p. 79).

Des centaines de milliers de réfugiés cambodgiens arrivent en Thaïlande dans la région de Tapraya, au nord d’Aranyaprathet.


7 septembre 79 : L’agence maritime vietnamienne autorise l’usage du port de Kompong Som (Shawcross, 1985, p. 128).


9 septembre 79 : Le « Kampuchéa démocratique », qui n’existe plus que de manière abstraite au vu de la situation dans un pays envahi et en déliquescence, obtient cependant la conservation du siège du Cambodge à l’O.N.U. par 71 voix pour (dont celle des U.S.A.),  35 contre et 34 abstentions (Regaud, 1992, p. 181). Ce sont donc les KR qui, malgré leurs pratiques s’apparentant en droit international à un « génocide », auront pendant plus 10 ans le statut de diplomates onusiens (voir 21 septembre). La Thaïlande, craignant la présence vietnamienne à sa frontière, les soutient.

Quatrième vol U.N.I.C.E.F. – C.I.R.C.R. avec 61 tonnes de vivres et médicaments.


11 septembre 79 : Le gouvernement thaï accepte de travailler avec les organisations internationales le long de la frontière et même à l’intérieur du Cambodge. On désigne le vice-maréchal de l’air Siddhi Savestsila pour diriger les opérations. Ce dernier déclare aux journalistes être favorable à un accueil temporaire (qui devait durer bien au-delà de ses espérances…). Selon Shawcross, « pendant toute la durée du drame, l’attitude de la Thaïlande fut déterminée par un mélange de préoccupations humanitaires, politiques, militaires, stratégiques et même parfois commerciales. » Les avis sur la question cambodgienne au sein des instances gouvernementales thaïlandaises seront la plupart du temps très divergentes (Shawcross, 1985, p. 126).


17 septembre 79 : Des membres du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. se rendent pour la première fois dans la zone frontalière tenue par les KR. Le voyage, prévu depuis août par Ieng Sary, se fait dans le plus grand secret avec l’aide de l’armée thaïe pour ne pas heurter le gouvernement de Phnom Penh. L’équipe est composée de François Perez (C.I.C.R.), d’un médecin et une nutritionniste de l’U.N.I.C.E.F. Ils pénètrent en territoire cambodgien et se rendent dans une zone où survivent dans des conditions particulièrement difficiles environ 10 000 personnes dénuées de tout et en état de grave sous-alimentation. Selon Shawcross, « ce spectacle de misère et de mort leur donna la nausée. » (Shawcross, 1985, pp. 129-130)


18 septembre 79 : Peter Batlsenberger (C.I.C.R.) qui était arrivé avec le quatrième vol de ravitaillement et devait remplacer Bugnion à la tête de la mission locale se voit interdit d’entrée par les autorités de Phnom Penh (Shawcross, 1985, p. 128).

Beaumont et Bugnion reçoivent sous peu des visas de sortie. Ils protestent. Une réunion a lieu à l’ambassade du Vietnam avec madame Phan Thi Minh, directrice chargée des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères, qui cherche à se débarrasser des deux délégués. Bugnion (C.I.C.R.) informe Genève : « Majorité du gouvernement toujours absente [voir 5 septembre]. En dépit de nos démarches écrites et verbales, sommes toujours sans nouvelles des futures opérations d’aide et sommes incapables de faire la moindre prédiction quant à leur développement. » Il ajoute : « Depuis le 7 septembre, plusieurs indices semblent démontrer la pression d’une tierce partie [le Vietnam] pour faire expulser la Mission Conjointe [C.I.C.R. – U.N.I.C.E.F.] ou en tout cas pour la faire se réduire à un délégué par organisation. » De son côté, Beaumont (U.N.I.C.E.F.) écrit à New York : « Nous prenons tous assez mal cette longue période « d’attente », sachant que des gens sont en train de mourir et que nous pourrions faire plus. » (Shawcross, 1985, pp. 128-129)



21 septembre 79 : La 34e session de l’Assemblée générale de l’O.N.U. décide, malgré l’évocation de leurs crimes, que seuls les Khmers rouges représentent véritablement le KD. Cette décision fait polémique dans une partie de la communauté internationale mais, pour autant, aucun changement ne se produira avant septembre 1990, à l'exception de la reconnaissance du G.C.K.D. présidé par Sihanouk le 22 juin 1982.

25 septembre 79 : A New York, Waldheim reçoit Ieng Sary (ministre des Affaires étrangères du KD toujours représenté à l’O.N.U.). Celui-ci élude la responsabilité du régime des KR et oriente son propos sur l’occupation vietnamienne. Il fait l’éloge du dévouement des délégués du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. qui se sont rendus récemment dans la zone occupée par les KR (voir 17 septembre). Walldheim dit que les Nations unies s’efforcent d’apporter une aide au Cambodge et que son succès va aussi dépendre de la coopération des autorités compétentes. Il déplore la poursuite des combats (Shawcross, 1985, pp. 137-138).

Toujours à New York a lieu une seconde réunion au quartier général de l’U.N.I.C.E.F. On y évoque l’actuelle percée avec Ros Saray (ministre de l’Économie) qui est l’un des rares dirigeants de l’actuel gouvernement de Phnom Penh en phase avec les organismes humanitaires. Cette réunion qui a pour but d’informer les pays donateurs des progrès accompli est menée par Henry Labouisse (directeur de l’U.N.I.C.E.F.) et Jean-Pierre Hocké directeur du département des opérations au C.I.C.R. Ils dressent un tableau de la situation au Cambodge et évoque leurs espoirs d’une bonne entente avec le gouvernement de Phnom Penh. Mais ils ignorent, pour l’instant, l’intransigeance de Hun Sen (ministre des Affaires étrangères) exprimée quelques heures plus tôt à Phnom Penh à Jacques Beaumont (voir 26 septembre). Ils font part de leurs projets, soulager 2 250 000 personnes sur une période de 180 jours avec un budget qui peut varier entre 17 et 96 millions de dollars, un budget prévisionnel qui est largement sous-estimé.

Le soir, un communiqué de presse annonce qu’un accord a été trouvé avec Phnom Penh et que des bureaux allaient y être ouverts. Le communiqué ajoute que « les autorités du Kampuchéa démocratique » avaient également accepté une aide. Il rappelle la neutralité des deux organismes onusiens qui n’entendent pas contribuer à l’effort de guerre des belligérants. Il est rapidement transmis à Hanoï puis dénoncé par le gouvernement Heng Sarim qui estime que les propositions sont « destinées à légaliser l’envoi de ravitaillement et de matériel au reste des troupes Pol Pot-Ieng Sary, opposées au peuple kampuchéen. » (Shawcross, 1985, pp. 138-139)


26 septembre 79 : Début de l’opération internationale de survie sous l’égide du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. A Hanoï, le Nhan Dan (publication officielle d’État) attaque le projet et dénonce là une volonté de remettre en place le régime de Pol Pot.

A Phnom Penh, Beaumont et Bugnion rencontrent Hun Sen (ministre des Affaires étrangères) qui refuse que la moindre aide soit apportée aux populations des zones occupées par les KR.

En Thaïlande, le vice-maréchal de l’air Siddhi, responsable du plan d’aide thaïlandais, dévoile un plan en quatre points : appui au C.I.C.R. et à l’U.N.I.C.E.F. pour envoyer de l’aide de Bangkok à Phnom Penh (mais non pour les organisations privées) ; cet envoi de vivres devra décourager les réfugiés à venir s’installer en Thaïlande ; des centres d’hébergement seront construits pour les « immigrants illégaux » (en plus des camps existants pour les anciens réfugiés) ; les « immigrants illégaux » doivent être réinstallés rapidement hors de Thaïlande, indépendamment des anciens réfugiés. La Thaïlande gèrera elle-même les dépôts de vivres du Programme Alimentaire Mondial et l’armée les transportera à la frontière. La majorité de ces vivres viendront de Thaïlande (Shawcross, 1985, pp. 135-137).

28 septembre 79 : Un aide-mémoire émanant du gouvernement de Phnom Penh est glissé sous la porte de François Bugnion (C.I.C.R.) à l’hôtel Samaki de Phnom Penh. Il est le premier document écrit que reçoivent les Occidentaux de la part du gouvernement. Il remercie pour l’aide apportée et confirme l’ouverture de bureaux dans la capitale. Mais à trois conditions : soumettre un programme précis et détaillé des dotations et leur date ; la distribution de l’aide serait confiée au gouvernement ; les organismes onusiens ne doivent pas s’immiscer dans les affaires intérieures cambodgiennes et n’apporter aucune aide « à la clique Pol Pot-Ieng Sary sous le couvert de la prétendue assistance à tous les camps ». Or ce troisième point qui est transmis à Henry Labouisse (président de l’U.N.I.C.E.F.) qui en réfère à Waldheim bloque. On trouve une simple échappatoire qui consisterait pour l’U.N.I.C.E.F. à « mettre une sourdine à ses déclarations d’assistance au Nord-Ouest ». (Shawcross, 1985, pp. 139-140)


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29 septembre 79 : Second congrès du F.U.N.S.K. à Phnom Penh. Il fait suite au premier constitutif du Front (voir 2 décembre 1978).  Il est présidé par Heng Sarim, Président du Conseil populaire révolutionnaire du Cambodge. 166 délégués ont été réunis. Sarim revient sur la gravité des crimes commis par les KR. Puis il évoque la remise en marche du pays : retour au travail de la population, réunion de la majorité des familles, première rentrée scolaire depuis 5 ans. Il reconnaît que la situation alimentaire demeure préoccupante. L’aide alimentaire internationale demeure une nécessité absolue.

Intervention de Hun Sen, ministre des Affaires étrangères provietnamien, très écoutée après la récente décision prise par l’Assemblée générale de l’O.N.U. Seule le République populaire du Cambodge est habilitée à représenter le peuple cambodgien car le régime des KR s’est totalement discrédité tant au Cambodge que devant l’opinion publique internationale. Les KR ont totalement perdu l’initiative militaire et ne font plus que régner l’insécurité à la frontière thaïlandaise (Ruscio, 2008, pp. 128-129).

Brian Walker, directeur de l’agence privée britannique Oxfam, est reçu à Phnom Penh par Hun Sen. Ce dernier lui signifie l’interdiction de ravitailler les zones occupées par les KR. Les agences qui entendent le faire ne peuvent demeurer au Cambodge (Shawcross, 1985, p. 142).

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