Aucun résumé des modifications |
Aucun résumé des modifications |
||
| Ligne 1 : | Ligne 1 : | ||
[[Catégorie:Rubriques annexes]] | [[Catégorie:Rubriques annexes]] | ||
<big>'''ETATS-UNIS'''</big> | <big>'''ETATS-UNIS'''</big> | ||
'''Officines civiles et militaires''' | '''Officines civiles et militaires''' | ||
| Ligne 6 : | Ligne 7 : | ||
'''''Commander in chief Pacific'' (C.I.N.C.P.A.C.)''' : Commandement des forces aéronavales du Pacifique commandées par l’amiral Harry D. Felt en 1964. | '''''Commander in chief Pacific'' (C.I.N.C.P.A.C.)''' : Commandement des forces aéronavales du Pacifique commandées par l’amiral Harry D. Felt en 1964. | ||
Version du 16 juillet 2026 à 18:05
ETATS-UNIS
Officines civiles et militaires
Commander in chief Pacific (C.I.N.C.P.A.C.) : Commandement des forces aéronavales du Pacifique commandées par l’amiral Harry D. Felt en 1964.
Civil Operations and Rural Development Support (C.O.R.D.S.) : Programme de pacification des gouvernements du Sud-Vietnam et des États-Unis. Le programme a été créé le 9 mai 1967 et comprenait des composantes militaires et civiles des deux gouvernements. L'objectif de C.O.R.D.S. était d'obtenir le soutien du gouvernement du Sud-Vietnam de sa population rurale qui était largement sous l'influence ou contrôlée par les forces communistes insurgées du Viet Cong et de l'Armée populaire nord-vietnamienne du Vietnam (A.P.V.N.).
Contrairement aux programmes de pacification antérieurs au Vietnam, les C.O.R.D.S. sont considérés par de nombreuses autorités comme une « intégration réussie des efforts civils et militaires » pour combattre l'insurrection. En 1970, 93 % de la population rurale du sud du Vietnam vivaient dans des villages « relativement sûrs » selon les estimations des experts. Les C.O.R.D.S. avaient été étendus à l'ensemble des 44 provinces du Sud-Vietnam et l'insurrection communiste en avait été considérablement réduite. Les critiques, cependant, ont décrit les programmes de pacification des C.O.R.D.S. On parle alors d’« illusion du progrès ». Les C.O.R.D.S. étaient, selon l'estimation de son premier chef, Robert W. Komer, arrivés « trop peu, trop tard. »
A partir de 1968, le programme Phoenix, qui visait à identifier, ficher et « neutraliser » (capturer ou tuer) les membres de l’infrastructure secrète du VC est une émanation des CORDS, une branche du programme de pacification qui s’attache stricto sensu au renseignement. Elle vise à éliminer celles et ceux qui sont considérés comme le moteur de l’insurrection.
Avec le retrait des forces militaires américaines et de nombreux personnels civils, les C.O.R.D.S. ont été supprimés en février 1973. Leurs succès temporaires se sont érodés dès le début des années 1970 car la guerre est alors devenue plus une lutte entre forces militaires conventionnelles du Sud et du Nord Vietnam qu'une guérilla d’insurrection (Colby, 1992, pp. 259-260 et pp. 264-265).
Voir également ci-dessous United States Agency for International Development (U.S.A.I.D.).
Institute for Defense Analyses (Institut des analyses de défense) : Organisation à but non lucratif fondée en 1956 par 5 établissements d’enseignement supérieur dont le M.I.T., le California Institute of Technology et l’université de Stanford. Il vise à fournir une aide scientifique et technique au groupe d’évaluation des systèmes d’armes des chefs d’état-major et aux services de pointe du Pentagone (Advanced Research Projects Agency). Il est composée de 45 universitaires travaillant à l’avant-garde des problèmes de défense (McNamara, 1996, p. 263 note b).
Joint United States Public Affairs Office (J.U.S.P.A.O., Bureau conjoint des affaires publiques des États-Unis) : Lors d'une visite au Sud-Vietnam, Carl Rowan et le général Harold K. Johnson, respectivement directeur de l'Agence d'information des États-Unis (U.S.I.A) et chef d'état-major de l'armée, observent les nombreuses difficultés et l’inefficacité des opérations psychologiques (PSYOPs) du fait de leur manque de coordination. Ils en informent LBJ et lui recommandent d'intégrer toutes les informations étrangères et les activités PSYOP en un seul bureau. Le président approuvera cette recommandation, combinant le Service d'information des États-Unis (U.S.I.S.), le Commandement d'assistance militaire au Vietnam (M.A.C.V.) et l'Agence des États-Unis pour le développement international (U.S.A.I.D.)
Le 14 mai 1965, le J.U.S.P.A.O. est officiellement créé par l'instruction 186 émanant de l'ambassade des États-Unis à Saigon. Le nouveau directeur de l'U.S.I.S. au Vietnam, Barry Zorthian, est désigné comme dirigeant de cet organisme gouvernemental. Zorthian a travaillé avec l'U.S.I.A. sur le continent asiatique comme directeur adjoint de l'U.S.I.S. à New Delhi (Inde) et a été scénariste et directeur de programme pour Voice of America (V.O.A.).
Le titre officiel de Zorthian était coordinateur de la mission des États-Unis pour les opérations psychologiques avec des responsabilités, notamment l'élaboration de directives PSYOP pour tous les éléments de l'armée américaine au Sud-Vietnam. Le but visé du J.U.S.P.A.O. n'était pas seulement de résoudre les conflits et de coordonner les activités des diverses agences impliquées, mais aussi de mettre en œuvre une stratégie globale PSYOP à venir. L'objectif officiel de J.U.S.P.A.O. est de s'appuyer sur le nationalisme anticommuniste dans toute l'Indochine pour soutenir le programme Chieu Hoi visant à briser la volonté de l' A.P.V.N. et du Vietcong et de mettre ainsi un terme au conflit.
Military Assistance Advisory Group (M.A.A.G.) : Prend en charge l’entraînement des troupes sud-vietnamiennes dès le départ des Français de l’Indochine et jusqu’au 8 février 1962, date à laquelle il est absorbé par le M.A.C.V.
National Security Council (N.S.C.) :
Sous Eisenhower
Institué en 1947 sous la présidence d’Eisenhower. Il a pour but, selon l’acte qui le crée : « [...] de conseiller le Président en ce qui concerne l'intégration des politiques intérieures, étrangères et militaires relatives à la sécurité nationale, afin de permettre aux services militaires et aux autres départements et agences du gouvernement de coopérer plus efficacement dans les affaires impliquant la sécurité nationale. »
La composition varie en fonction des priorités de la Maison Blanche. Les réunions du C.N.S. sont composées de plus au moins 7 membres permanents : le directeur du C.N.S. (National Security Adviser), le président, le vice-président, le secrétaire d’Etat, le secrétaire à la Défense, le directeur de la C.I.A. et le chef d’Etat-major des armées (Joint Chiefs of Staff).
A certains moments, en fonction des sujets traités, le nombre de fonctionnaires invités peut atteindre de 40 à 50 participants. Aussi, les réunions du C.N.S. deviennent très vite un forum de discussion et non plus un organe décisionnel.
Le rôle du C.N.S. sous Eisenhower est double :
- Les documents rédigés par les différents départements sont étudiés par le Planning Board, organe du C.N.S. se réunissant deux fois par semaine. Celui-ci a pour objectif de coordonner et souvent de trouver un compromis entre les différents départements. Les propositions issues du Planning Board, sont ensuite discutées lors des réunions du C.N.S.
- Les décisions issues des réunions du C.N.S. sont alors envoyées aux différents départements et agences par le biais du Operations Coordinating Board (O.C.B.), qui se réunit lui une fois par semaine.
Le Conseil de sécurité nationale est une organisation administrative dépendant directement du président des États-Unis. Il a un rôle de conseil, de coordination et parfois d’impulsion sur les sujets de politique étrangère, de sécurité nationale, et plus généralement sur l’ensemble des questions stratégiques. Il n’est pas une instance décisionnelle et ce, dès sa création. En effet, malgré l’instauration d’un système formel de prise de décision en politique étrangère, Eisenhower prend ses décisions souvent en dehors de ce processus, communiquant directement avec ses conseillers. Plus la prise de décision est urgente et importante, moins elle est le résultat d’une décision du C.N.S. C’est en partie le cas dans la prise de décision concernant Dien Bien Phu où Eisenhower prend ses arrêts partiellement en dehors du fonctionnement du C.N.S.
Grâce à la structure du C.N.S., Eisenhower parvient à fortement endiguer les querelles bureaucratiques entre les différentes agences et départements. La bureaucratie jouant un rôle important dans les multiples délibérations qui se tiennent au sein de l’administration, une des tâches du C.N.S. est précisément de réduire ou de contrecarrer les effets pernicieux de cette approche afin d’assurer une certaine rationalité du processus décisionnel. Le C.N.S. sert d’une certaine façon de médiateur entre les différentes bureaucraties. Toutefois, le fait d’avoir la volonté de diminuer les conflits bureaucratiques, ne veut nullement dire que l’administration n’est pas ouverte aux différentes options.
Sous Kennedy
McG. Bundy est nommé au poste de Conseiller à la Sécurité nationale. Celui-ci fait du C.N.S. un ensemble plus compact par rapport à la période Eisenhower. Le Planning Board et l’O.P.C. sont démantelés, ayant comme conséquence que le C.N.S. n’est plus composé que d’une dizaine d’hommes. Bundy se retrouve à la tête de ce qu’on a appelé le « mini département d’Etat » (Little State Department). Pour Kennedy, ce Little State Department, qui se réunit de manière régulière renferme plusieurs avantages :
- il reflète un certain ordre et une certaine régularité ;
- il accroît l’esprit de corps ;
- il facilite une meilleure communication ;
- par le biais de ces réunions et des échanges d’idées, il est plus aisé d’étudier les différentes alternatives.
McGeorge Bundy aménage également une Situation Room à la Maison Blanche, y installant un équipement électronique permettant un accès direct au département d’Etat, au département de la Défense et à la C.I.A. Cette Situation Room permet dès lors une meilleure coordination et un contrôle plus efficace des missions en cours.
Kennedy préférant des réunions ad hoc, informelles au système prôné par Eisenhower, le C.N.S. est donc débarrassé d’une partie de sa lourdeur bureaucratique. En pratique, cela revient à limiter le rôle du Conseil National de Sécurité et à renforcer les pouvoirs du Conseiller à la sécurité nationale, qui devient le bras droit du président.
Ainsi, la formulation de la politique étrangère, de sécurité et de la défense se concentre progressivement entre les mains du conseiller du C.N.S. et du secrétaire à la Défense, au détriment de l’influence des bureaucraties traditionnelles.
Le démantèlement du C.N.S. a également un effet sur le J.C.S. Sous Eisenhower des représentants du J.C.S. étaient assignés au Planning Board et O.C.B. À travers ceux-ci, le JCS pouvait placer sur l’agenda du C.N.S certains points. Par son démantèlement, le J.C.S. perd l’accès direct au président et donc quasi toute influence dans la prise de décision.
A côté des deux secrétaires et du Conseiller à la Sécurité nationale, Kennedy fait surtout appel à ce qu’il considère comme ses hommes de confiance : A. Schlesinger, R. Goodwin, M. Taylor, R. Kennedy et T. Sorensen. Quant à la question du Viêt-nam, Kennedy nomme le Deputy Secretary of Defense Roswell Gilpatric, à la tête d’un groupe de travail qui doit l’informer sur le Vietnam.
Saigon Military Mission (S.M.M.) : Groupe de conseillers américains envoyés dès 1954 au Vietnam, renforcé de 10 membres sous les ordres du lieutenant-général John W. O’Daniel.
Temporary Equipment Recovery Mission (T.E.R.M.) : Militaires américains envoyés à Saïgon au mépris de accords de Genève (non signés par les U.S.A.) et censés aider les Sud-Vietnamiens à récupérer le matériel laissé par les Français. Dans les faits, ils joueront le rôle de conseillers militaires.
United States Agency for International Development (U.S.A.I.D.) et Civil Operation and Revolutionary Develomment Support (C.O.RD.S) : L'Agence des États-Unis pour le développement international (U.S.A.I.D.) et d'autres agences d'aide à l'étranger des États-Unis au Viêt Nam ont été fondées en 1961 sous l'administration Kennedy (1960-1963).
Mais l'aide américaine aux Vietnamiens avait commencé avant 1954. Les Américains ont ensuite continué à soutenir la société civile dans le Sud après 1955, lorsque le Sud-Vietnam a déclaré son indépendance et a élu Ngo Dinh Diem comme président. Diem est resté à la tête de l'État avec l'aide des Américains jusqu'à son assassinat le 2 novembre 1963.
Par tâtonnements au cours des deux décennies suivantes, les tensions croissantes entre le Sud-Vietnam et le Nord-Vietnam communiste, les conflits politiques internes et l'émergence après 1958 d'une insurrection armée sous la direction des communistes dans le Sud ont collectivement poussé les organismes d'aide américains à improviser de nouvelles approches pour relever les défis de l'instabilité sociale, du développement économique et de l'expansion de l'insurrection.
En 1964, la Maison Blanche, par le biais du bureau d’Extrême-Orient, confie à cet organisme la responsabilité principale du programme de pacification civile mais l’Agence a du mal à recruter des hommes pour la servir. On recrute des officiers à la retraite pour cadres ou des volontaires comme John Paul Vann (Sheehan, 1990, p. 587)
En 1967, Johnson cherche à améliorer les opérations anti-insurrectionnelles au Vietnam en coordonnant officiellement un grand nombre de ces programmes d'assistance civile avec les opérations militaires sous l'égide d'une organisation inter-agences sans précédent connue sous le nom de C.O.R.D.S., ou Civil Operations and Revolutionary Development Support. Nixon (1969-1974) a par la suite poursuivi l'effort inter-agences, en utilisant l'acronyme Civil Operations and Rural Development Support (Soutien aux opérations civiles et au développement rural).
Johnson et Nixon ont nommé des civils comme Robert W. Komer (1967-1969) et William E. Colby (1969-1973) à la tête du C.O.R.D.S.
US Military Assistance Command Vietnam (U.S.M.A.C.V.) : Commandement de l'assistance militaire au Sud-Vietnam dirigé par le général Paul D. Harkins. Remplace le M.A.A.G. à partir du 8 février 1962.
FRANCE
Organismes civils et militaires
Bureau central de Renseignements et d’Action (B.C.R.A.) : Créé durant la SGM à Londres par le colonel Passy. C’est une officine de renseignement. Sainteny le signale dès juillet 1945 comme l’un des rares organismes à se préoccuper de la question indochinoise (Sainteny, 1967, p. 44).
Comité d’action pour l’Indochine : Créé le 1er août 1944 par De Gaulle. Il est présidé par René Pleven (commissaire aux Finances) jusqu’au 12 septembre. Il a pour membres : Paul Giaccobi (membre de l'Assemblée consultative provisoire siégeant à Alger), Jean Chauvel (diplomate), Jacques Soustelle (dirigeant des services secret de la France libre), le général Juin (chef d’état-major de la Défense nationale) et le gouverneur La Laurentie (De Folin, 1993, p. 34 ; D’Argenlieu, 1985, p. 35, note 1).
Le 19 août 44, à Alger, De Langlade fait approuver le général Mordant comme chef de la Résistance pour l’Indochine. Ce dernier ne fait pas l’unanimité. Rallié seulement depuis 1943 à la cause gaulliste, il est jugé par beaucoup comme peu susceptible d’être à la hauteur de la tâche. Il arrive en Indochine en voulant pratiquer une épuration sur le mode métropolitain. C’est lui qui a volontairement détruit l’ordre de mission favorable à Decoux que lui avait confié De Gaulle et a empêché De Langlade de rencontrer ce dernier pour lui transmette les mots du Général. C’est même lui qui aurait préparé le dossier d’épuration de Decoux. Mordant devient pourtant « délégué général du Comité d'action pour la libération de l'Indochine » (De Folin, 1993, p. 37).
Le 8 décembre 1944, le comité se réunit à Paris. Sont présents : René Pleven, Paul Giaccobi, Jacques Chauvel, Jacques Soustelle, le général Juin et le gouverneur La Laurentie. De Langlade y est mis en cause pour avoir modifié sciemment un télégramme, contrairement aux directives qu’il avait reçues du Comité, sur le maintien et le rôle de l’amiral Decoux en Indochine. De Langlade est vertement condamné par les membres présents (De Folin, 1993, p. 50). Ces dissensions internes nuisent au comité qui sera remplacé le 13 février 1945 par le Comité interministériel d’Indochine (voir ci-dessous).
Comité interministériel d’Indochine (Cominindo) : Il a été créé le 13 février 1945 en remplacement du Comité d’action pour l’Indochine. C’est une instance politique décisionnelle désormais officiellement gouvernementale, chargée d’organiser la libération et de rétablir la souveraineté française en Indochine. Elle est présidée à Paris par le chef du gouvernement ou le ministre des Colonies, en son absence. Dans les faits, ce sont surtout des représentants des ministres qui y interviennent. C’est souvent à ce comité que le gouvernement fait appel pour débattre et trancher les questions portant sur l’Indochine. Les hauts-commissaires lui rendent comptes mais doivent aussi souvent se heurter à ses silences, ses lenteurs décisionnelles, ses revirements voire ses reproches, notamment lors de la signature des accords du 6 mars 1945.
Les travaux du comité sont préparés par des secrétaires généraux : Paul De Langlade (nommé le 27 février 1945), Labrouquère (nommé du 21 avril 1946), Pierre Messmer (nommé le 9 juillet 1946). Leur nomination est souvent marquée politiquement car ils doivent servir de courroie de transmission entre la pensée gouvernementale et le haut-commissaire. C’est d’ailleurs un marquage politique à gauche qui signe la fin de l’existence du comité décrié par le président du Conseil Léon Blum en décembre 1946.
Le 9 janvier 1947, un décret paru au J.O. préconise sa dissolution. Le 21, Marius Moutet, ministre de la France d’Outre-Mer, critique et met à son tour en cause l’existence du Comité dans un message. Premier reproche : « L’expérience a prouvé que ce système qui tendait à faire participer à la discussion et à la décision le président du Conseil et tous les ministres intéressés a en fait abouti à une dispersion des responsabilités nuisible à une saine gestion administrative. » Second reproche : « un problème simplement technique » devient rapidement dans cette institution « un véritable problème politique ». Le 23, Pierre Messmer annonce à D’Argenlieu qu’il n’a pas repris ses fonctions au sein du Comité fortement remis en question par le nouveau gouvernement dirigé par le socialiste Paul Ramadier. C’est d’ailleurs entre autres lui, un gaulliste, qui déconseillera à Leclerc d’accepter l’offre du poste de haut-commissaire en lui confiant : « Mon Général, faites attention. Mon expérience du secrétariat général du Comité interministériel pour l’Indochine, où j’ai vu passer tout le courrier et où j’ai assisté à toutes les réunions gouvernementales sur le sujet, m’a montré qu’il n’y avait pas de politique indochinoise du gouvernement […] »
Corps expéditionnaire français d’Extrême Orient (C.E.F.E.O.) : Créé par le général Leclerc en juin 1945. Il souffre d’entrée d’effectifs pléthoriques, d’un manque de matériel et de navires pour le transporter en Indochine. De Gaulle lui a donné pour mission d’y « rétablir la souveraineté française » en débarquant en Cochinchine mais avec très peu de moyens puisqu’il dépend de la plus ou moins bonne volonté des alliés à accepter ou non un retour des Français dans la péninsule indochinoise. Or les Américains y sont hostiles. Seuls les Britanniques l’aideront, et ce d’autant plus que le nouveau gouvernement travailliste entend quitter au plus vite le sud du 16e parallèle où les accords de Postdam ont enjoint à son prédécesseur de désarmer les Japonais.
Corps léger d’intervention (C.L.I.) : Créé le 4 novembre 1943 en Algérie, il est dirigé par le lieutenant-colonel Huard. Il est composé de 500 commandos censés aller prêter main forte aux troupes d’Indochine résistant à l’occupation japonaises et dirigées par le général Mordant. À cette époque, le général Blaizot est chargé de négocier son transport auprès du South East Area Command (S.E.A.C.) sans l’obtenir.
Le 19 avril 1944, le C.L.I. passe sous les ordres du général Blaizot. Une seule compagnie est opérationnelle. De plus, ce corps est quasiment dépourvu d’armement, d’habillement, ne dispose d’aucun moyen de transport, se heurte et se heurtera à la mauvaise volonté américaine pour le prendre en charge. Ses effectifs et ses moyens demeurent aussi pléthoriques qu’à sa création. Certains de ses éléments seront parachutés dès 1944 au Laos pour agir aux côtés des Britanniques dans la « Force 136 » contre les Japonais.
Censés préparer un parachutage de forces plus importantes, ils sont pris de court par le coup de force japonais du 9 mars 1945 mais agiront comme éléments retardateurs pour aider la colonne Alessandri dans sa fuite vers la Chine. Le 4 juin, De Gaulle, en position de faiblesse par rapport aux alliés, décide à contrecœur d’affecter le corps expéditionnaire prévu initialement pour la libération de l’Indochine aux opérations du Pacifique contre le Japon. Seul le 5e R.I.C. dépendant du Le Corps léger d’intervention de Blaizot qui se trouve à Ceylan à bord du Richelieu et du Triomphant. Là, il fusionne avec le 5e R.I.C. Les Américains ne manifestent aucun empressement à transporter ces troupes, contrairement aux Britanniques qui le feront. Du 6 au 12 septembre, le C.L.I.-5e R.I.C. (1 700 hommes) débarque en Cochinchine en compagnie d’une division hindoue commandée par le général britannique Gracey et participe à la reconquête du Sud. Ce sont les seules troupes dont dispose Leclerc avant l’arrivée des renforts français.
Direction Générale des Études et Recherches (D.G.E.R.) : Elle est issue de la fusion des deux services de renseignement de la France libre basés à Londres et Alger qui avait donné naissance le 27 novembre 1943 à la Direction générale des services spéciaux (D.G.S.S.). Jacques Soustelle est confirmé à sa tête le 6 novembre 1944. Composée d’environ 10 000 hommes, elle compte parmi ses effectifs certains hommes qui sont des techniciens chevronnés du renseignement et d'autres qui sont de purs néophytes sans la moindre formation.
En 1944, depuis Londres, c’est le colonel Passy qui est le chef activités clandestines françaises pour l’Extrême-Orient. C’est un organisme non militaire dont dépendent le Corps léger d’intervention (C.L.I.), la Section de Liaison française en Extrême-Orient (S.L.F.E.O.) basée à Calcutta dont dépend « Mission 5 » basée à Kunming et dirigée par Sainteny,
Groupement opérationnel du nord-ouest (G.O.N.O.) : Dien Bien Phu et Laï Chau sont placées sous le commandement du G.O.N.O. le 26 novembre 1953. Le 8 décembre, le colonel De Castries prend le commandement du camp retranché de Dien Bien Phu qui prend la dénomination de Groupement opérationnel du Nord-Ouest (G.O.N.O.).
Mission 5 : Poste de commandement de la Résistance installé en Chine du Sud dans la capitale du Yunnan, Cunming. Au printemps 1945, la ville est devenue le bastion de la lutte contre les Japonais. On y trouve l’état-major du général Ho Hing Ching, chef d’état-major général des armées chinoises nationalistes ainsi les services américains qui agissent à ses côtés : le Chinese Combat Command, l’Air Ground Aid Service, l’O.S.S. et la 14e Armée de l’U.S. Air force.
Mission 5 dépend de la Section de Liaison française en Extrême-Orient basée à Calcutta (S.L.D.E.O.). En avril 1945, le commandant Jean Sainteny en prend le commandement à la tête « d’une trentaine d’officiers d’origine et de formation aussi diverses que possible. » (Sainteny, 1967, p. 23) Ces effectifs seront renforcés par la suite avec l’arrivée progressive des reliquats des colonnes Alessandri et Sabattier (Sainteny, 1967, p. 32) Des contacts plus ou moins faciles sont établis entre les groupes de résistance demeurés au Tonkin et les hommes de M 5 (et leurs modestes moyens) nouvellement venus de métropole et qualifiés par les autres de « Français nouveaux ». Il en sera de même avec les hommes de l’armée du Tonkin repliée en Chine (Sainteny, 1967, p. 37-38).
Mission 5 a, selon les mots de Sainteny, pour objectif de :
- multiplier les antennes et moyens d’investigation en territoire ennemi.
- reprendre et développer les contacts avec les populations françaises au Tonkin.
- aider les Français ou alliés à rejoindre la Chine.
- missions de sauvetage de pilotes américains abattus au Tonkin qui permettent en échange aux Français d’obtenir du ravitaillement, des armes, du carburant et des moyens de déplacement
- apporter un concours à l’effort allié par le biais du renseignement ou par des opérations de commandos parachutistes visant à effectuer des destructions en territoire occupé par les Japonais
- ravitailler par des parachutages les unités françaises qui combattent dans la Haute Région tonkinoise. (Sainteny, 1967, p. 32 et pp. 35-41)
Toutes ces actions sont modestes car bridées par les Chinois et les Américains. De plus, faute de matériel, ils dépendent totalement de leur bon vouloir. Sainteny liquide Mission 5 « devenue maintenant sans objet » le 5 octobre 1945 lors d’une venue à Cunming (Sainteny, 1967, p. 112 et p. 116).
Mission coloniale française : Installée à Calcutta sous les ordres de Jean De Raymond. Une mission diplomatique y a été placée par le gouvernement provisoire pour traiter du problème de l'Indochine française occupée par les Japonais. En juillet 1945, tous les hommes qui ont décidé d’agir pour l’Indochine l’ont rejointe : Léon Pignon (adjoint de De Raymond), Jean Cédile, Pierre Messmer (Sainteny, 1967, p. 46). En août, ce groupe fait partie de la délégation militaro-diplomatique qui est envoyée avec le soutien des Britanniques à Cunming. Ses membres rencontrent les troupes dirigées par le général Alessandri repoussées d'Indochine par le coup de force japonais. Leur but est de retourner dans le nord de l'Indochine immédiatement après l'effondrement du Japon et d’y restaurer le plus vite possible une administration française.
Section de Liaison française en Extrême-Orient (S.L.D.E.O.) : Basée à Calcutta. Dirigée par le commandant Léonard en 1945. Dépend de la D.G.E.R.
VIETNAM : avant 1954
Nationalistes vietnamiens
Dai Viet : Créé le 10 décembre 1938 (Marangé, 2012, p. 127).
Rassemblement national vietnamien (Quoc Gia Lien Hiep) : S’est créé fin 1947 à partir de la Cochinchine puis s’étend en Annam, au Tonkin sans réussir à constituer un Front d’union nationale. Il a recueilli l’adhésion de tous les partis et groupement nationalistes, à quelques exceptions près. Il fait toutefois figure d’un véritable parti national. Il assure en février 1948 « un soutien inconditionnel » à Bao Daï. Mais sa cohésion s’avère fragile au fil du temps (nationalisme régional, opposition monarchistes-républicains). C’est une structure qui demeure confuse, divisée, incapable de s’accorder tant sur la réunion de congrès, qu’au sein de l’Assemblée nationale pour être capable d’investir Bao Daï dans ses négociations avec la France (Gras, 1979, p. 210-211).
Viet Nam Quoc Dan Dang (V.N.Q.D.D.) : Parti nationaliste fondé en 1927 par un instituteur, Nguyen Thai Hoc, qui s’inspire du modèle chinois. Il est constitué de rescapés de la révolte des tirailleurs de Yen Bay (février 1930) comme Vu Hong Khanh, Nghiem Ke To ou Vo Quang Phan. Menacé par la Sécurité française, il s’est réfugié au Yunnan d’où il contrôle les Annamites présents dans cette province du sud de la Chine. Son P.C. est à Cunming d’où il anime des sections réparties sur la frontière et le long du chemin de fer du Yunnan. Ses dirigeants sont en relation étroites avec le Kuomintang de Tchang Kaï Check dont ils partagent l’idéologie nationaliste. Le V.N.Q.D.D. est donc logé en Chine en terre amie. Il pense que la victoire des Alliés peut être aussi la sienne et que l’influence de la Chine peut les mener au pouvoir en Indochine où il diffuse une propagande superficielle centrée essentiellement au Tonkin. Ses relations avec le P.C.I. puis le VM seront toujours sulfureuses (Gras, 1979, p. 19).
Dong Minh Hoi (D.M.H., Viet Cach Meng Dong Minh Hoi) : Agrégation de partis nationalistes. Elle se forme à l’été 1942 à Lieu Tcheou (Chine), sous la tutelle du Guomindang, en regroupant tous les partis nationalistes vietnamien en Chine, à l’exception des communistes du P.C.I. Ce semblant d’unité ne sera jamais qu’une façade où chacun jouera son propre jeu. Au départ, la majorité de ses militants appartiennent au V.N.Q.D.D. Le D.M.H. est formé de 7 membres dirigés par Nguyen Hai Than. Il se dote d’une formation militaire qui est initiée à la guérilla en Chine près de Nanning. Pour autant, il ne met en place aucun réseau durable au Tonkin, faute de parvenir à l’unité. Il entre rapidement en conflit avec le P.C.I. en Chine du sud.
Dès 1943, les Chinois lui reprochent son inefficacité et ses tendances pro-japonaises. Ils se tournent alors vers le VM. Nguyen Ai Quoc, libéré de sa captivité par l’influence du général chinois Hsiao Wen (chargé des affaires vietnamiennes et peut-être procommuniste) y est intégré et commence à se faire appeler Ho Chi Minh (« Ho à la volonté éclairée »). Ce dernier est considéré par beaucoup comme plus crédible car parlant le Chinois, l’Anglais et le Français et surtout revendiquant 200 000 partisans au Tonkin. Il en profite pour monter avec succès une opération de noyautage du D.M.H. Le VM débauche des militants alors que ce parti nationaliste est en train de s’étendre au Tonkin. Sous son influence, dès 1943, la Sûreté française décèle un malaise dans la population de Haute-Région et réagit avec efficacité pour le contrecarrer.
Le général Hsiao Wen réunit un nouveau congrès du D.M.H. fin mars 1944, moment où les discordes en nationalistes et communistes éclatent. Pour mieux le noyauter, HCM parvient à se faire élire au comité directeur comme simple membre suppléant.
Communistes
Parti communiste vietnamien (P.C.V.) : Encore nommé Con San Dang. Fondé en février 1930.
Parti communiste indochinois (P.C.I.) : Fondé en octobre 1930, il provient de l’Association de la jeunesse révolutionnaire vietnamienne (Than Nien) créée en 1925 à Canton par Nguyen Ai Quoc, le futur HCM. Ce dernier a émigré en France en 1911 d’où il adhére en 1920 au P.C.F., au moment même de sa création lors du congrès de Tours. Il se rendra à Moscou dès 1923 pour y parfaire sa formation.
Il est une émanation directe du P.C.V. qui prend le nom de P.C.I. à partir d’octobre 1930 sur injonction du Komintern dans le but d'attirer des militants issus de l'ensemble des peuples de l'Indochine française. Or l’immense majorité des membres du P.C.I. sont et seront toujours de nationalité vietnamienne, le Laos et le Cambodge créant leurs propres instances communistes. Dès 1930, le P.C.I. recrute des hommes qui feront parler d’eux et auront tous un avenir politique : Pham Van Dong, Le Duan, Dang Xuan Khu.
Dès 1932, le P.C.I. fomente des troubles qui dégénèrent en rébellion dans le nord de l’Annam. Il est brisé par une dure répression et de nombreuses arrestations par les Français menant certains de ses dirigeant en prison ou au bagne jusqu’en 1935. Le 12 juin 1931, un de ses militants, Nguyen Thai Hoc, capturé et jugé, est guillotiné. Le parti repasse alors dans la clandestinité, faisant une brève apparition officielle entre 1936 et 1939 grâce à l’amnistie décrétée par l’avènement du Front populaire en France. En 1940, il tente à nouveau l’action militaire, et est, encore une fois durement réprimé. Il se réfugie en Chine en 1945, en zone nationaliste. Son comité central s’est replié en 1939 à Kouang Si autour de ses principaux leaders : Vo Nguyen Giap, Pham Van Dong, Hoang Van Hoang, Vu Anh, Phung Chi Kien. Son effectif ne dépasse pas alors les 300 membres. Ce sont pour la plupart des intellectuels issus d’une bourgeoisie de formation française et marxiste. Ils forment un parti dur, efficace, bénéficiant par l’expérience de certains de ses membres de l’organisation communiste. Ils sont toutefois pour l’instant obligés de demeurer et travailler dans la clandestinité en Chine.
Nguyen Aï Quoc, fort de ses expériences précédentes (Russie, Chine), futur organisateur du plénum du P.C.I. à Tsin Tsi en mai 1941 où sera créé le VM, les rejoint en mai 1940 à Cunming (Chine) et prend la direction du parti. Selon Goscha, le parti est en 1945, une structure faible : il manque de membres (5 000 en 1945 pour une population de 23 millions d’habitants), il n’est pas soutenu par les autres pays communistes et ses membres ont beaucoup de mal à communiquer du fait de leur éparpillement géographique. HCM le dissout officiellement mais aussi faussement le 11 novembre 1945 « pour éviter, à l’intérieur et à l’étranger, tout malentendu qui pourrait gêner la libération de notre pays » et « prouver que les communistes étaient disposés à placer les intérêts de la patrie au-dessus de ceux des classes. » (De Folin, 1993, p. 120). Le nombre d’adhérents augment en 1948 suite à une campagne accélérée de recrutement (180 000 contre 50 000 l’année précédente, mais avec seulement 3 000 cadres formés). C’est la preuve pour ses dirigeants de son ouverture à toutes les classes sociales. Il atteint officiellement les 500 000 adhérents en 1950. Dans les faits, on ratisse large, privilégiant le nombre à la qualité. Ce que déploreront certains de ses dirigeants dont Le Duc Tho. Seule 8 % des adhérents sont des femmes et le Sud, plus riche, y est très peu représenté. Il renaît en 1951 sous le nom de Lao Dong et fusionne avec le Lien Viet dont la structure comportait également des élements non-communistes (Gras, 1979, p. 19-20 ; Goscha, 2011, empl. 1139-1565)
Vietminh (V.M.) : Créé du 10 au 19 mai 1941 lors du 8e plénum du P.C.I. à Tsin Tsi, province du Kwang Si (Tonkin), à 100 km au nord de Cao Bang. En sont membres : Nguyen Ai Quoc, Ho Tung Mau, Nguyen Giap, Pham Van Dong, Ha Ba Cang, Dang Xuan Khu. Le futur Ho Chi Minh pense alors qu’il faut ratisser large en rassemblant tous les patriotes, quelle que soit leur classe sociale.
C’est lors de ce plénum qu’est créée la Ligue pour l’indépendance du Vietnam (Vietnam Doc Lap Dong Minh abrégé en Vietminh). Le mot « communiste » est alors abandonné au profit de mots à consonnance plus nationalistes, plus mobilisateurs du fait de l’invasion japonaise. Nguyen Ai Quoc doit être suffisamment souple pour s’adapter aux circonstances, contrôler les masses en vue d’un double combat contre l’occupant français et japonais. Il doit former une armée nationale révolutionnaire de guérilla sur le modèle chinois et assurer avant tout la primauté du politique sur le militaire.
Un nouveau programme de lutte est défini, occultant temporairement la lutte des classes et une révolution agraire au profit d’un front nationaliste qui doit « chasser les fascistes français et japonais, en alliance avec les démocraties en lutte contre le fascisme et l’agression ». Le programme élaboré à Tsin Tsi est fondamental car le VM ne s’en écartera jamais : « chasser les Japonais et les Français », « rendre le Vietnam indépendant » (« Doc Lap »), créer une « alliance avec les démocraties qui combattent le fascisme et l’agression » (Américains, Gaullistes, Chinois), « édifier une République démocratique du Vietnam » (avec une large représentation populaire, contrairement à la plupart des autres mouvements nationalistes qui demeurent groupusculaires) (Franchini 1, 1988, p. 159-160 ; Deroo, Dutrône, 2008, p. 11 ; Devilliers, 1952, p. 97-100).
Surveillé de près par la Sécurité française durant l’occupation japonaise, le mouvement doit assurer sa protection par le biais de cellules secrètes qui se multiplient et essaiment.
À la mi-août 1942, Nguyen Ai Quoc quitte son repaire de Pac Bo et se rend en Chine pour solliciter l’appui du Guomingtang, mais aussi et surtout, celui des communistes chinois. Il est arrêté le 28 août 1942 par les autorités locales chinoises nationalistes à Tsien Sao en tant que communiste et « espion français et japonais ». Il subit une peine d’emprisonnement de plus d’un an. Durant ce temps, Pham Van Dong et Giap poursuivent les activités du VM au Tonkin.
Jusqu’en 1944, le VM se consacre, dans un secret absolu, à une action politique visant à l’encadrement de la population. Ce travail s’effectue plus facilement dans les villes que dans les campagnes où la forte organisation sociale traditionnelle offre de la résistance. Or le Vietnam est et demeure un pays essentiellement rural. Il obtient ses premiers résultats dans la province de Cao Bang où la population thaïe est hostile à celle du Delta. De là, le mouvement s’étend progressivement au Tonkin par le biais de « zones de pouvoir révolutionnaire » dans lesquelles il procède à des processus d’endoctrinement marqués (Gras, 1979, p. 21-24).
SUD-VIETNAM : après 1954
Nationalistes
Can Lao (Can lao Nhan vi Cach mang Dang, Parti personnaliste révolutionnaire des travailleurs) : A été fondé le 8 août 1954. Ses deux dirigeants clés sont Ngo Dinh Diem (d’abord président du Conseil sous Bao Daï puis président de la république s-v à partir de 1955) et Ngo Dinh Nhu (secrétaire général du parti, frère cadet et conseiller du président).
Son idéologie repose sur une doctrine philosophique d’inspiration catholique influencée par le philosophe français Emmanuel Mounier. Elle est opposée tant au capitalisme matérialiste qu’au communisme marxiste. Elle offre donc une troisième voie. Son slogan est : « travail, révolution, personnalisme ». Son anticommunisme et son nationalisme sont tous deux particulièrement virulents.
Ce n’est pas un parti de masse classique mais un appareil de contrôle d’État semi-secret. Il possède une structure pyramidale et dérobée, fonctionnant par cellules qui infiltrent l’armée, la police, l’économie. A sa fondation, il compte environ un million d’adhérents qui cultivent un clientélisme pour obtenir des promotions militaires ou administratives sans nécessairement être très compétents. Il possède également un monopole économique facilitant l’import-export voire le racket et la corruption (voir chronologie, 31 août 1960). Ce monopole économique lui permet de gérer d’énormes fonds financiers pour s’autofinancer et enrichir le clan des Ngo, à l’exception de Diem qui demeure intègre mais cautionne un système dont il connaît les rouages.
En octobre 1955, le parti organise un référendum truqué qui destitue Bao Daï de sa fonction de chef de l’État s-v et place Diem au poste de président de la République.
Entre 1955 et 1960, le Can Lao élimine toute opposition politique interne (sectes, syndicats libres, nationalistes non affiliés). Il ne parvient toutefois pas à se débarrasser de ce qui va devenir l’opposition communiste, à savoir le Vietcong qui contrôle une bonne partie du territoire s-v.
En 1962, le parti revendique 1,3 million d’adhérents. S’y adjoignent des émanations comme la Jeunesse révolutionnaire ou le Mouvement solidaire des femmes dirigé par Madame Nhu, l’épouse du frère de Diem.
De mai à août 1963 se produit l’épicentre de la crise bouddhiste qui va mettre à mal le régime. Cette crise amènera sa chute soutenue par les Américains et se soldera par l’exécution de Diem et Nhu le 2 novembre. Le parti Can Lao est alors immédiatement dissous. Ses membres sont arrêtés ou en fuite.
Communistes
Front National de Libération (F.N.L.) : Le Front National de Libération du Sud-Vietnam qu’on appelle couramment et de manière péjorative le Vietcong (« communiste vietnamien ») est fondé les 19 et 20 décembre 1960 dans la province de Tay Ninh au S-V, un bastion du Caodaïsme.
C’est avant tout un courant anti-diémiste qui réprouve sa politique pro-américaine et son autoritarisme dictatorial. Il se constitue dès 1959. Selon Truong Nhu Tang, un de ses membres fondateurs, « après une période de discussion à bâtons rompus, nous commençâmes à nous réunir en groupes un peu plus protocolaires, parfois à quelques-uns, parfois à huit ou dix. Deux médecins, Duong Hynh Hoa et Phung Van Cun, ainsi que Nguyen Huu Khuong, un propriétaire d’usine, Trinh Dinh Thao, un avocat, et l’architecte Huynh Tan Phat, y jouèrent un rôle actif. Nous fûmes rejoints par Nguyen Van Hieu et Ung Ngoc Ky, qui étaient professeurs de lycée, et par d’autres amis comme Nguyen Long et Tran Buu Kiem. » Ces membres fondateurs forment un « Comité de mobilisation » qui a pour membres Nguyen Van Hieu, Nguyen Long, Huynh Tan Phat et Truong Nhu Tang. Leur but est de « constituer à travers les amis, des parents, des relations qui appartenaient au milieu politique et à celui des affaires, un réseau d’individus qui partageaient notre opinion sur Diem et sa politique. » Truong Nhu Tang précise également que parmi le noyau originel du mouvement, il y avait « des personnes très liées aux sectes, aux partis politiques légaux, au bouddhisme. » Pour augmenter sa force, des contacts sont rapidement pris avec Hanoi par le biais de Nguyen Van Hieu « pour commencer à mettre en place une filière nous apportant le soutien de nos compatriotes du Nord. » Truong Nhu Tang reconnaît que « ce mouvement a, au Sud comme au Nord, Ho Chi Minh comme père spirituel et nous nous tournions vers lui et vers son gouvernement pour en recevoir aide et conseil. » Il précise toutefois que la plupart des membres fondateurs n’appartenaient pas au Lao Dong et qu’ils étaient « peu politisés ou peu marqués idéologiquement. » Ce sont, selon les dires de Tang, des nationalistes plutôt que des politiques. Même si certains d’entre eux comme Phat, Hieu, Ky et Kiem ont rejoint secrètement le Lao Dong depuis 1950-1951 (Truong Nhu Tang, 1985, p. 84-86).
Se pose rapidement un problème de gouvernance, certains membres du « Comité de mobilisation » s’étant désistés. Toujours selon Tang, « nous en arrivâmes, par élimination, à Nguyen Huu Tho, un avocat qui, avec Quan, avait été coprésident du Mouvement de la paix [le Comité Saigon-Cholon de Défense de la Paix et des Accords de Genève], groupe vaguement à gauche, formés par des intellectuels de Saïgon qui avaient tenté d’encourager Diem à tenir des élections sur la réunification, conformément aux accords de Genève. » Or ce dernier a été placé en résidence surveillée par le régime diémiste à Thu Hoa et il faut donc le libérer. La tâche est confiée à Phat qui a gardé des contacts avec d’anciens résistants de cette région. L’opération est ardue et essuie plusieurs échecs. Nguyen Huu Tho ne sera libéré que le 30 octobre 1961.
En attendant cette éventuelle libération durant toute l’année 1959, des cellules de réflexion sont formées qui aboutissent à un programme :
« 1. Susciter un sentiment unitaire dans les différentes classes du peuple, au Sud, quelle que soit leur appartenance sociale ou leurs convictions politiques et religieuses.
2. Renverser le régime de Diem.
3. Obtenir le départ des conseillers américains et la fin de l’ingérence américaine dans le processus d’autodétermination des Sud-Vietnamiens.
4. Défendre et protéger les droits des citoyens vietnamiens, notamment les libertés démocratiques et le respect de la propriété privée.
5. Appliquer un plan octroyant « la terre à celui qui la cultive. »
6. Construire une économie indépendante.
7. Fonder un système d’éducation protégeant les traditions et la culture vietnamienne.
8. Fonder un gouvernement national pluraliste, neutre et non aligné.
9. Unifier le Nord et le Sud, sur la base de l’intérêt mutuel, par la négociation, en excluant la guerre. » (Truong Nhu Tang, 1985, p. 89)
Les 19 et 20 décembre 1960 se tient dans la région de Tay Ninh le congrès général pour la fondation du Front national de libération du Sud-Vietnam, en l’absence de son futur président qui n’a pu être libéré à temps. 60 participants dont une vingtaine dits « délégués secrets », c’est-à-dire des personnalités publiques ne devant être reconnues et qui sont isolées dans des boxes de toile. On vote à l’unanimité l’adoption du manifeste, du programme, du drapeau et du slogan « Libérer le Sud » (Truong Nhu Tang, 1985, p. 84-98).
Les sectes politico-religieuses au Sud-Vietnam
Binh Xuyen : À la différence des autres sectes politico-religieuses, il s’agit moins d’une organisation religieuse que mafieuse et criminelle apparue vers 1925 au sud de Saigon. Elle est issue des générations de pirates qui pillaient et rançonnaient les populations en bandes sur les côtes de la région. L’origine de son nom provient d’un village qui se situait au sud de Cholon, la ville jumelle de Saïgon dont l’immense majorité des habitants est d’origine chinoise.
Durant l’occupation japonaise, les Binh Xuyen se présentent comme des nationalistes et coopèrent avec l’occupant.
Dès août 1945, leur chef, Le Duong se rapproche du VM lors de la constitution d’une armée nationale populaire sous la houlette de Tran Van Giau, commissaire à la guerre pour le Sud qui constitue en même temps le « Comité territorial du Nam Bo », issu du P.C.I. Mais cette armée est embryonnaire, mal armée, divisée entre nationalistes et communistes, donc bien incapable de faire face aux franco-britanniques. Giau fait feu de tout bois en acceptant dans ses rangs 1 200 hommes des Binh Xuyen et leurs chefs : Duong Ba Duong (Le Duong), Duong Van Ha, Muoi Tri et Le Van Vien (dit Bay Vien) qui avaient tous eu des responsabilités dans les troubles qui enflammaient le Sud depuis le 15 août. Les Binh Xuyen demeurent cependant indépendants et même Nguyen Binh, lorsqu’il devient dirigeant du Comité du Nambo, ne parvient ni à les enrôler dans la cause marxiste ni à obtenir leur totale soumission.
Le Duong est tué en février 1946 lors d’un combat. Bay Vien, prend alors sa succession. Délaissant un VM devenu trop envahissant, le nouveau chef des Binh Xuyen entre en contact avec les services français réinstallés au Sud et joue alors une forme de double-jeu.
En 1948, il parvient à échapper de justesse à un attentat organisé dans la Plaine des Joncs par Nguyen Binh devenu dirigeant du Comité du Nambo. Les Binh Xuyen se rallient alors clairement à la lutte anti-vietminh. En échange, le gouvernement vietnamien avec la complicité tacite des Français leur laisse le contrôle du secteur de Cholon (jeux, prostitution, fumeries d’opium, raquette des 600 000 commerçants chinois). Autre volet important de ses subsides, l’organisation possède également des accointances avec le S.D.E.C.E. qui lui attribue, moyennant soutien à la cause française, le monopole pour organiser le trafic de l’opium en mettant notamment à sa disposition ses avions pour rapatrier les cargaisons vers Saïgon. Les Binh Xuyen deviennent alors clairement une force d’appoint contre le VM, lui livrant une guerre sans pitié.
À la tête d’une armée de 3 000 hommes constituée le 13 juin 1948, ralliée à Bao Daï et au principe de l’Union française, Bay Vien devient en 1954 le chef de la police de Saigon-Cholon avec le grade de général. La puissance des Binh Xuyen devient telle qu’au printemps 1955, Diem se voit obligé de les combattre avec ses propres forces armées et s’en débarrasse, sans pour autant les faire disparaître totalement (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, p. 143 ; Toinet, 1998, p. 466-467 ; Cadeau, 2019, pp. 55-57).
Caodaïstes : Secte religieuse créée dans les années 1920 par un fonctionnaire illuminé. Cao Daï désigne un être suprême, symbolisé par un œil dans un losange. Elle produit un culte hyper-syncrétique mêlant des éléments de christianisme, de confucianisme, de bouddhisme et de taoïsme mais également du spiritisme : Victor Hugo, Jeanne d’Arc voire Churchill font partie de son panthéon. La secte a un caractère éminemment millénariste espérant l’avènement d’« un roi juste et éclairé qui rétablirait l’âge d’or disparu ».
Elle est fortement implantée dans le secteur géographique de Tay Ninh proche de la frontière cambodgienne. Elle touche une population d’environ de 100 000 fidèles en 1936 pour atteindre 1,5 million de personnes en 1948. Calquant fidèlement la hiérarchie de la religion catholique, elle possède un pape, 3 archevêques, 72 évêques et 3 000 prêtres qui bénéficient tous du soutien et de la reconnaissance de l’administration coloniale française.
Pendant l’occupation japonaise, les Caodaïstes collaborent. Le 28 juin 1941, préoccupé par l’activité jugée trop pronippone de la secte, l’amiral Decoux envoie le pape Pham Cong Tac en exil à Madagascar. Les Caodaïstes sont alors dirigés par Tran Quang Vinh et enrôlés par la Kempetaï japonaise comme troupes auxiliaires moyennant d’importants subsides qui leur seront versés de 1941 à 1945. De Ce fait, ils participeront aux côtés des Japonais au coup de force du 9 mars contre les Français.
En août 1945, les Caodaïstes devenus profondément nationalistes intègrent le front unifié du Comité du Nambo au côté du VM. Mais dès septembre, pressentant l’hégémonie de ce dernier, ils se désolidarisent du mouvement manifestant désormais un anticommunisme qui laisse facilement les hommes de Massu se réinstaller dans leur fief. Le 30 août 1946, le pape Pham Cong Tac est finalement autorisé par les Français à revenir à Tay Ninh.
Dès janvier 1947, les unités caodaïstes (4500 hommes) signent une convention avec le général Boyer de la Tour et assurent aux côtés du C.E.F.E.O. une pacification anti-vietminh.
Dès février 1949 apparaissent cependant des velléités d’indépendance qui se manifestent par une volonté de contrôler l’ensemble de la zone caodaïste. Des désertions se produisent, certains groupes affirment leur neutralité ou négocient, comme en 1950, un protocole de non-agression avec le VM dans la région de Mytho.
En 1950, la secte se rallie à Bao Daï. En 1951, l’armée caodaïste compte alors moins de 7 000 hommes mais passera à 15 000 fusils en 1954. Elle est utilisée comme force supplétive par les Français et, une partie d’entre elle, adhère à la nouvelle armée vietnamienne dirigée par Bao Daï. Mais cet allié d’un jour demeure turbulent et peu fiable, nécessitant parfois des interventions musclées des autorités françaises.
En juin 1951 et jusqu’en 1952 apparaît une dissidence dirigée par le général Thrinh Minh The qui, avec environ 2 000 hommes, dirige probablement le 31 juillet 1951 l’attentat de Sadec contre le général français Chanson qui avait été chargé de la pacification dans le Sud. Ses motivations demeurent obscures : crainte d’une mise au pas du commandement français ? Influence de l’O.S.S. américaine ? (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, p. 188-189 ; Toinet, 1998, p. 467-468)
Hoa Hao : Secte qui apparaît en 1939 dans une localité du nom de la secte située dans le delta du Mékong. Elle est créée par le maître Huynh Phu So, un « bonze fou » réputé pour ses prophéties et ses guérisons miraculeuses qui propose un bouddhisme teinté de nationalisme populiste. Son discours démagogique et simpliste trouve écho parmi les populations pauvres de Cochinchine et s’étend comme une traînée de poudre dans les provinces de Long Xuen, Chaudoc, Cantho, Sadec, Vinh Long avec des ramifications vers Bentre et Mytho.
Elle compte de 60 000 à 100 000 adhérents en 1940, un nombre qui sera multiplié par 5 en 15 ans. Son gourou prêche le partage des terres, l’égalité pour tous et le soulèvement contre les Français mais avec, dans un premier temps, des interdictions religieuses strictes : ne pas tuer, voler, injurier.
Huynh Phu So est arrêté par l’administration coloniale en 1940 et enfermé dans un asile psychiatrique puis mis en résidence surveillée jusqu’en mai 1941 d’où il est libéré par les Japonais qui le ramène à Saigon. Ses milices armées de vieux fusils, de hallebardes et de piques sont hostiles aux Français, ce qui arrange l’occupant nippon.
En août 1945, la secte rejoint comme les Caodaïstes le front national unifié dont fait partie le VM. Leur union est toutefois brève. Tran Van Giau fait massacrer des éléments hoahao. Pour autant, le « bonze fou », après son départ, entre comme commissaire dans le comité du VM du Nambo dirigé par Nguyen Binh. Mais les bandes haohoa pratiquent avant tout une guerre de pirates qui entre irrémédiablement en conflit avec l’idéologie du VM. Le 8 octobre 45, à Cantho, 15 000 Hoa Hao s’en prennent au VM. Des combats, massacres et représailles ont lieu dans les jours qui suivent. La secte entre alors en dissidence contre le VM sans pour autant se rallier à la France. Binh attire Huynh Phu So dans un guet-apens et le fera exécuter le 17 mars 1947 après un jugement des plus sommaires. Son corps est dépecé et inhumé en trois parties.
Le 18 mai, 2 000 Hoa Hao conduits par le général Tran Van Soaï se rallient aux Français qui leur fournissent armes et argent et leur confie le secteur du Caïvo-Chaudoc. La région est soumise à des taxes sur le riz. Tran Van Soaï refuse à ses troupes (25 000 hommes et 40 000 miliciens d’autodéfense) de rejoindre l’armée vietnamienne. Considérant cette région comme son fief, il s’oppose à tout retour du VM, des forces caodaïstes ou gouvernementales. Il faut là encore attendre le printemps 1955 pour que Diem s’en débarrasse manu militari (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, p. 491 et 501 ; Toinet, 1998, p.469-470).
Unités mobiles de défense des Chrétientés (U.M.D.C.) : Milices chrétiennes. Formée avec le soutien du général Pierre Boyer de la Tour, le lieutenant Jean Leroy crée en août 1947 une milice mobile parmi les catholiques vietnamiens et d'autres groupes religieux situés au Sud dans la province de Bentré. Cette création se place dans le contexte d’une rupture violente entre les forces sudistes de la République démocratique du Vietnam d’une part et les Caodaïstes et Hoa Hao d’autre part.
Financée par l'armée française, cette milice non conventionnelle faite de supplétifs a rapidement compté 3 000 membres. Elle est constituée officiellement le 1er septembre 1948. Sa mission principale est de protéger les communautés religieuses locales hostiles aux forces sudistes de la R.D.V.N. Elle épaule également les commandants de secteur français dans diverses missions : patrouilles, opérations locales, embuscades.
Cependant, Jean Leroy utilise sa milice pour se constituer une sorte de fief personnel. Participant à une véritable œuvre de pacification, on y trouve aussi un accompagnement économique et social. Leroy s’occupe d’économie et améliore le quotidien des populations locales dans le domaine de la pêche, de l’entretien des rizières, du creusement de canaux, de l’exploitation des cocotiers. Parallèlement, il crée des crèches, des hôpitaux et de nombreuses écoles. En 1949, 10 brigades sont constituées.
Cette milice poursuit son existence jusqu’en décembre 1952. A ce moment, les U.M.D.C. se composent de 67 unités. 12 sont rattachées à l’armée française et 55 à l’armée vietnamienne. Après la mort de De Lattre, du fait des progrès du gouvernement vietnamien, certains de ses membres voient d’un mauvais œil l’indépendance militaire et la popularité de cet officier français qui est envoyé par sa hiérarchie à Paris en stage à l’École de Guerre. Les U.M.D.C. redeviennent alors de simples unités supplétives de l’armée vietnamienne intégrées dans leur 17e bataillon. Elles seront finalement dissoutes le 1er mai 1953.