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par Jean-François Jagielski

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3 avril 60 : Au Cambodge, décès du roi Norodom Suramarit. Se pose le problème de sa succession. Le trône peut revenir à 200 prétendants inconnus… Sihanouk qui avait volontairement abdiqué en 1955 est le seul à posséder un prestige suffisant pour prendre la succession de son père mais s’y refuse (voir 9 avril et 5 juin) (Cambacérès, 2013, pp. 113-115 ; Richer, 2009, p. 30). Il fait nommer à la tête du Conseil de Régence son fils, le prince Sisowath Monireth qui assure la succession de son grand-père.
3 avril 60 : Poursuite du mouvement d’insurrection initié par le F.N.L. depuis janvier sous le nom de Dong Koi (voir mars pour Ben Cat), ses troupes s’en prennent à la région de Ben Cat (une quarantaine de kilomètres au nord de Saïgon) où se trouvent de grandes plantations d’hévéas.  Les ouvriers des exploitations appuient les actions de la guérilla par des mouvements de grève, des sabotages de la production et le blocage logistique des forces de l’A.R.V.N. Les troubles se poursuivront durant tout le mois d’avril.
 
Au Cambodge, décès du roi Norodom Suramarit. Se pose le problème de sa succession. Le trône peut revenir à 200 prétendants inconnus… Sihanouk qui avait volontairement abdiqué en 1955 est le seul à posséder un prestige suffisant pour prendre la succession de son père mais s’y refuse (voir 9 avril et 5 juin) (Cambacérès, 2013, pp. 113-115 ; Richer, 2009, p. 30). Il fait nommer à la tête du Conseil de Régence son fils, le prince Sisowath Monireth qui assure la succession de son grand-père.
 




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​22 avril 60 : Pour le 90<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Lénine, Le Duan (secrétaire général du Lao Dong) déclare que l’heure est à l’intensification de la lutte contre le régime diemiste tout en maintenant une coexistence pacifique pour ne pas déplaire à Moscou. De son côté, la Chine conseille à la R.D.V.N. de ne fournir qu’un appui politique à la guérilla au Sud. Mais ce point de vue évoluera dans le courant de l’année (Cesari, 1995, pp. 134-135).
​22 avril 60 : Pour le 90<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Lénine, Le Duan (secrétaire général du Lao Dong) déclare que l’heure est à l’intensification de la lutte contre le régime diemiste tout en maintenant une coexistence pacifique pour ne pas déplaire à Moscou. De son côté, la Chine conseille à la R.D.V.N. de ne fournir qu’un appui politique à la guérilla au Sud. Mais ce point de vue évoluera dans le courant de l’année (Cesari, 1995, pp. 134-135).


26 avril 60 : 18 notables du S-V (médecins, avocats, professeurs, ingénieurs, 10 anciens ou futurs ministres de l’après-Diem dont Phan Khac Suu, Phan Huy Quat, Tran Van Do, Tran Van Tuyen) envoient à Diem une lettre ouverte (dite le '''« manifeste des Dix-huit »''') dans laquelle ils lui signalent la désaffection du peuple au régime et les menaces de révolution si le régime n’évolue pas. Cette lettre ouverte demeurera sans réponse. La plupart des signataires seront emprisonnés (extrait du texte de la lettre ''in'' Fall, 1967, p. 311). Les Ngo doivent donc faire face à une opposition de gauche du F.N.L. et désormais à celle d’une droite modérée composée essentiellement d’intellectuels.
 
 
 
26 avril 60 : 18 notables du S-V (médecins, avocats, professeurs, ingénieurs, 10 anciens ou futurs ministres de l’après-Diem dont Phan Khac Suu, Phan Huy Quat, Tran Van Tuyen, Tran Van Do, l’oncle de M<sup>ame</sup> Nhu) envoient à Diem une lettre ouverte (dite le '''« manifeste des Dix-huit »''') dans laquelle ils lui signalent la désaffection du peuple au régime et les menaces de révolution si celui-ci n’évolue pas. Ils dénoncent la dictature familiale des Ngo et prédisent que « la vérité éclatera en vagues irrésistibles de haine de la part d’un peuple longtemps assujetti à de terribles souffrances, se dressant pour briser les chaînes qui l’enserrent, balayer toute l’ignominie, abattre toutes les injustices qui l’entourent et l’oppriment. » (extrait du texte de la lettre cité ''in'' Fall, 1967, p. 311) Cette lettre ouverte demeurera sans réponse. La plupart des signataires seront emprisonnés. Les Ngo doivent donc faire face à une opposition de gauche du F.N.L. et désormais à celle d’une droite modérée composée essentiellement d’intellectuels.

Dernière version du 19 juillet 2026 à 17:09

Avril 60 : Au Laos, les élections législatives sont truquées aux dépens du Pathet Lao par le général Phoumi Nosavan (voir 2 janvier) qui se sait entièrement soutenu par les Américains (Schlesinger, 1966, p. 299 ; Burchett, 1970, p. 147).

Poursuite des querelles de territoires entre le Cambodge et le S-V au sujet des îles côtières khmères du Golfe de Thaïlande (voir 9 mars). Saigon envoie un ultimatum à Phnom Penh pour que la Cambodge les fasse évacuer. Sihanouk en réfère à l’O.N.U., ce qui empêche Diem de s’en emparer (Cambacérès, 2013, p. 136).

Selon Laurent Césari, c’est à partir de ce mois que De Gaulle « a recommencé à s’intéresser personnellement à l’Indochine ». Il estime notamment que la France doit reprendre le monopole de l’instruction de l’armée laotienne à l’expiration de l’accord franco-américain en septembre. C’est une question de prestige gaullien mais aussi la conviction que la présence d’instructeurs français sera moins provoquante vis-à-vis de la R.D.V.N. et la Chine et plus conforme aux accords de Genève de 1954 (Césari, 2007, p. 128).  


2 avril 60 : Au Cambodge, inauguration du port de Sihanoukville construit avec un financement français. Ce port aura une importance particulière pour l’approvisionnement en matériel militaire du VC pour lequel Sihanouk fermera longtemps les yeux.


3 avril 60 : Poursuite du mouvement d’insurrection initié par le F.N.L. depuis janvier sous le nom de Dong Koi (voir mars pour Ben Cat), ses troupes s’en prennent à la région de Ben Cat (une quarantaine de kilomètres au nord de Saïgon) où se trouvent de grandes plantations d’hévéas.  Les ouvriers des exploitations appuient les actions de la guérilla par des mouvements de grève, des sabotages de la production et le blocage logistique des forces de l’A.R.V.N. Les troubles se poursuivront durant tout le mois d’avril.

Au Cambodge, décès du roi Norodom Suramarit. Se pose le problème de sa succession. Le trône peut revenir à 200 prétendants inconnus… Sihanouk qui avait volontairement abdiqué en 1955 est le seul à posséder un prestige suffisant pour prendre la succession de son père mais s’y refuse (voir 9 avril et 5 juin) (Cambacérès, 2013, pp. 113-115 ; Richer, 2009, p. 30). Il fait nommer à la tête du Conseil de Régence son fils, le prince Sisowath Monireth qui assure la succession de son grand-père.


9 avril 60 : Au Cambodge, un conseil de régence est créé par l'Assemblée nationale. Sihanouk refuse la couronne (voir 3 avril).


19 avril 60 : Giap adresse une note à la C.I.C. dans laquelle il se plaint de l’accroissement permanent du personnel du M.A.A.G. Il signale également cet état de fait à l’U.R.S.S. et la Grande Bretagne, co-présidents de la conférence de Genève, accusant les États-Unis de « transformer le Sud-Vietnam en base américaine pour la préparation d’une nouvelle guerre. » 15 jours après cette réclamation, à la demande de Diem, le nombre de conseillers américains passera de 327 à 658 (Van Geirt, 1972, p. 199).

Au Cambodge, quinzième gouvernement du Sangkum : gouvernement Pho Proeung qui demeurera en place jusqu’au 28 janvier 1961 (Jennar, 1995, p. 157).


​22 avril 60 : Pour le 90e anniversaire de la naissance de Lénine, Le Duan (secrétaire général du Lao Dong) déclare que l’heure est à l’intensification de la lutte contre le régime diemiste tout en maintenant une coexistence pacifique pour ne pas déplaire à Moscou. De son côté, la Chine conseille à la R.D.V.N. de ne fournir qu’un appui politique à la guérilla au Sud. Mais ce point de vue évoluera dans le courant de l’année (Cesari, 1995, pp. 134-135).



26 avril 60 : 18 notables du S-V (médecins, avocats, professeurs, ingénieurs, 10 anciens ou futurs ministres de l’après-Diem dont Phan Khac Suu, Phan Huy Quat, Tran Van Tuyen, Tran Van Do, l’oncle de Mame Nhu) envoient à Diem une lettre ouverte (dite le « manifeste des Dix-huit ») dans laquelle ils lui signalent la désaffection du peuple au régime et les menaces de révolution si celui-ci n’évolue pas. Ils dénoncent la dictature familiale des Ngo et prédisent que « la vérité éclatera en vagues irrésistibles de haine de la part d’un peuple longtemps assujetti à de terribles souffrances, se dressant pour briser les chaînes qui l’enserrent, balayer toute l’ignominie, abattre toutes les injustices qui l’entourent et l’oppriment. » (extrait du texte de la lettre cité in Fall, 1967, p. 311) Cette lettre ouverte demeurera sans réponse. La plupart des signataires seront emprisonnés. Les Ngo doivent donc faire face à une opposition de gauche du F.N.L. et désormais à celle d’une droite modérée composée essentiellement d’intellectuels.

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