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5 octobre 79 : Knud Christensen du C.I.C.R., désigné pour remplacer François Bugnion à Phnom Penh, se voit refuser son entrée au Cambodge dès son arrivée à l’aéroport (Shawcross, 1985, p. 143). | 5 octobre 79 : Knud Christensen du C.I.C.R., désigné pour remplacer François Bugnion à Phnom Penh, se voit refuser son entrée au Cambodge dès son arrivée à l’aéroport (Shawcross, 1985, p. 143). | ||
Les Thaïlandais ravitaillent environ 40 000 personnes, sous contrôle kr, au sud d’Aranyaprathet. A ce moment, on estime à 100 000 le nombre de réfugiés massés aux abords de la frontière khméro-thaïlandaise (Shawcross, 1985, p. 150). | |||
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13 octobre 79 : Après de longues tractations au cours desquelles les autorités en place à Phnom Penh ont vainement tenté de lier l’octroi d’aides humanitaires à la reconnaissance du nouveau régime, la R.P.K. accepte le principe d’une action internationale en vue de lutter contre la famine qui sévit dans le pays. Début d’un pont aérien quotidien qui amène vivres et médicaments de Bangkok à Phnom Penh. Avec les secours arrivent les journalistes et le monde découvre progressivement l’ampleur de la tragédie cambodgienne. | 13 octobre 79 : Après de longues tractations au cours desquelles les autorités en place à Phnom Penh ont vainement tenté de lier l’octroi d’aides humanitaires à la reconnaissance du nouveau régime, la R.P.K. accepte le principe d’une action internationale en vue de lutter contre la famine qui sévit dans le pays. Début d’un pont aérien quotidien qui amène vivres et médicaments de Bangkok à Phnom Penh. Avec les secours arrivent les journalistes et le monde découvre progressivement l’ampleur de la tragédie cambodgienne. | ||
Arrivée à Kompong Som d’un premier bateau de ravitaillement. Il est inspecté le lendemain par les autorités. Le port est complètement dénué de moyens logistiques. Il faut 5 jours pour tout débarquer à dos d’hommes (Shawcross, 1985, p. 147). | |||
François Bugnion (C.I.C.R.), après avoir séjourné à Genève, est de retour à Phnom Penh au moyen d’un avion britannique chargé de ravitaillement. Muni d’un émetteur-radio, celui-ci lui est confisqué par les autorités dès son arrivée (Shawcross, 1985, p. 150). | |||
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Début des liaisons aériennes quotidiennes entre Bangkok et Phnom Penh assurées par un avion du C.I.C.R. | Début des liaisons aériennes quotidiennes entre Bangkok et Phnom Penh assurées par un avion du C.I.C.R. | ||
Réunion houleuse d’une durée de 4 heures en présence de Hun Sen (ministre des Affaires étrangères), François Bugnion (C.I.C.R.), Jacques Beaumont (U.N.I.C.E.F.), Knud Christensen (C.I.C.R., qui a obtenu cette fois un visa d’entrée, voir 5 octobre). Bugnion qui revient de Genève prend la parole et évoque l’aide-mémoire gouvernemental qui lui avait été remis le 28 septembre. Il précise que le C.I.C.R. et l’U.N.I.C.E.F. acceptent les deux premiers points du mémorandum mais que le troisième pose toujours problème par rapport à ce qui a été discuté récemment à Genève. Il rappelle la position thaïlandaise : distribution de secours à Phnom Penh à condition que cela se fasse sous la seule autorité du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. Il fait comprendre à Hun Sen qu’à moins d’accepter la présence des deux instances onusiennes sur la frontière, l’aide occidentale disparaitra dans tout le Cambodge. Le ton monte et Hun Sen déclare alors : « Il est préférable de mourir de famine plutôt que de recevoir une assistance empoisonnée. » Bugnion lui demande de retirer cette parole mais son interlocuteur n’en démord pas. On marque une pause. A la reprise, Hun Sen a une position plus modérée et suggère que la Mission conjointe démarre son programme et que les discussions litigieuses sur le troisième point (la frontière) se poursuivent. Les deux parties font donc des concessions sans qu’un véritable accord soit véritablement trouvé (Shawcross, 1985, pp. 150-152). | |||
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20 octobre 79 : Création d’une association des journalistes de la R.P.K. | 20 octobre 79 : Création d’une association des journalistes de la R.P.K. | ||
Rencontre entre Hun Sen et Guy Stinger (Oxfam). Le premier accepte l’aide du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. bien que les organisations onusiennes aient refusé de ne pas intervenir à la frontière (voir 14 octobre). Il y a donc revirement. Stinger en conclut que l’action de l’Oxfam doit désormais s’orienter sur la question du développement du pays (production agricole, semences et irrigation, vaccination, rétablissement des réseaux d’eau). Toutefois, d’une certaine façon, il y a rupture entre l’agence britannique et celles de l’O.N.U. (Shawcross, 1985, pp. 155-156). | |||
24 octobre 79 : Ouverture du « centre d’accueil » de Sa Keo en Thaïlande qui accueille | 24 octobre 79 : Ouverture du « centre d’accueil » de Sa Keo en Thaïlande qui accueille 31 000 réfugiés. | ||
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Version du 9 janvier 2026 à 07:58
Octobre 79 : En octobre, le nombre de réfugiés cambodgiens dans les camps à la frontière thaïlandaise s’élève entre 150 000 et 200 000 personnes. Il sera de 650 000 fin 1985. Preuve que les Vietnamiens ne parviennent à gagner ni les cœurs ni les esprits. Ces réfugiés sont progressivement regroupés en « sites » placés sous le contrôle des trois composantes de la « coalition » antivietnamienne.
Au « site 2 » situé au pied des monts Dangrek à 2 km de la frontière résident les sympathisants du F.N.L.K.P. de Son Sann. Au « site B » situé au sud de Surin en Thaïlande vivent 50 000 personnes sous le contrôle du F.U.N.C.I.N.P.E.C. sihanoukiste. Au « site 8 », situé à une quarantaine au sud de la ville frontière d’Aranyaprathet, se trouvent des réfugiés sous le contrôle des KR. Ce camp deviendra progressivement l’une des « vitrines » des « nouveaux » KR lorsqu’ils l’ouvriront au C.I.C.R. à la fin des années 1980 (Cambacérès, 2013, p. 274 ; Peschoux, 1992, pp. 94-96).
Déclaration de Deng Xiaoping en vue de protéger la Thaïlande. Il affirme que « si le Vietnam attaque les pays de l’A.S.E.A.N., la Chine se rangera de leur côté. Si le Vietnam attaque la Thaïlande, la Chine se rangera du côté de la Thaïlande. » (Regaud, 1992, p. 172).
5 octobre 79 : Knud Christensen du C.I.C.R., désigné pour remplacer François Bugnion à Phnom Penh, se voit refuser son entrée au Cambodge dès son arrivée à l’aéroport (Shawcross, 1985, p. 143).
Les Thaïlandais ravitaillent environ 40 000 personnes, sous contrôle kr, au sud d’Aranyaprathet. A ce moment, on estime à 100 000 le nombre de réfugiés massés aux abords de la frontière khméro-thaïlandaise (Shawcross, 1985, p. 150).
6 octobre 79 : Alors que Brian Walker (directeur de l’Oxfam) tente toujours de négocier une intervention de son agence dans les zones occupées par les KR, Jacques Beaumont, représentant local de l’U.N.I.C.E.F. apprend que tout le personnel du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. doivent quitter le Cambodge. Il en informe son directeur Henry Labouisse à New York qui transmet à Waldheim. Ce dernier prend contact avec Pham Van Dong (premier ministre vietnamien) et lui rappelle le caractère purement humanitaire de l’intervention des organismes onusiens. François Bugnion (C.I.C.R.), profondément découragé, quitte le Cambodge pour se rendre à Genève (Shawcross, 1985, pp. 143-144).
Le New York Times rend compte de la situation au Cambodge en employant le mot « holocauste » et ajoute : « Nous ne voulons pas avoir à nous dire, si le pire arrive, que nous sommes contentés d’avoir le cœur brisé. » (cité in Shawcross, 1985, p. 145) De son côté, à la même période, la propagande vietnamienne et celle du gouvernement de Phnom Penh affirment que l’aide venue de l’U.R.S.S. et des pays frères avait donné « mille fois plus » que l’Occident. Ce qu’aucun journaliste occidental sur place n’a pu constater…
9 octobre 79 : Alors que les Khmers rouges ont dû céder le pouvoir à la république populaire du Kampuchéa mise en place par les Vietnamiens, Son Sann (ex-premier ministre de 1967 à 1969) fonde en territoire cambodgien le Front national de libération du peuple khmer (F.N.L.P.K.) d’inspiration républicaine, pour s’opposer au régime provietnamien de Phnom Penh sans pour autant cautionner un retour des Khmers Rouges.
Le manifeste du F.N.L.K.P. indique que le Front se donne « pour mission d’unir tous les patriotes, combattants nationaux khmers de toutes tendances politiques, à l’intérieur du pays, pour conjuguer nos efforts, nos moyens et nos actions en vue de chasser les envahisseurs de notre territoire. » Le front s’assigne trois objectifs : libérer le pays de la domination étrangère, empêcher le retour au pouvoir des KR et reconstruire le pays.
Son Sann rencontrera ultérieurement et secrètement Pol Pot. Un accord de non-agression sera conclu. En échange, la Chine s’engage à fournir des armes aux nationalistes. 3 000 armes légères seront fournies dès novembre (Regaud, 1992, p. 82). Agé, inconnu de la plupart des Cambodgiens, peu enclin à être un chef de guerre, Son Sann demeure cependant la seule alternative entre le provietnamien Heng Sarim et les KR jusqu’au retour de Sihanouk et la création de l’A.N.S. en mai 1981. Il est d’entrée soutenu financièrement par la C.I.A., les pays de l’A.S.E.A.N. et quelques pays européens. Politiquement au Cambodge, du moins à ses débuts, le F.N.L.K.P. est soutenu par Sihanouk mais ses partisans sont rapidement marginalisés par d’anciens éléments droitiers partisans de Lon Lol ou d’anciens membres du Parti démocrate qui ont toujours été opposés au prince.
12 octobre 79 : Rencontre entre Pen Sovan (ministre de la Défense de la R.P.K. provietnamienne) et Brejnev à Moscou.
13 octobre 79 : Après de longues tractations au cours desquelles les autorités en place à Phnom Penh ont vainement tenté de lier l’octroi d’aides humanitaires à la reconnaissance du nouveau régime, la R.P.K. accepte le principe d’une action internationale en vue de lutter contre la famine qui sévit dans le pays. Début d’un pont aérien quotidien qui amène vivres et médicaments de Bangkok à Phnom Penh. Avec les secours arrivent les journalistes et le monde découvre progressivement l’ampleur de la tragédie cambodgienne.
Arrivée à Kompong Som d’un premier bateau de ravitaillement. Il est inspecté le lendemain par les autorités. Le port est complètement dénué de moyens logistiques. Il faut 5 jours pour tout débarquer à dos d’hommes (Shawcross, 1985, p. 147).
François Bugnion (C.I.C.R.), après avoir séjourné à Genève, est de retour à Phnom Penh au moyen d’un avion britannique chargé de ravitaillement. Muni d’un émetteur-radio, celui-ci lui est confisqué par les autorités dès son arrivée (Shawcross, 1985, p. 150).
14 octobre 79 : De nouveaux départements sont créés au sein du Conseil Populaire révolutionnaire du Kampuchéa (C.P.R.K.) qui prend de plus en plus les apparences d’un gouvernement classique.
Début des liaisons aériennes quotidiennes entre Bangkok et Phnom Penh assurées par un avion du C.I.C.R.
Réunion houleuse d’une durée de 4 heures en présence de Hun Sen (ministre des Affaires étrangères), François Bugnion (C.I.C.R.), Jacques Beaumont (U.N.I.C.E.F.), Knud Christensen (C.I.C.R., qui a obtenu cette fois un visa d’entrée, voir 5 octobre). Bugnion qui revient de Genève prend la parole et évoque l’aide-mémoire gouvernemental qui lui avait été remis le 28 septembre. Il précise que le C.I.C.R. et l’U.N.I.C.E.F. acceptent les deux premiers points du mémorandum mais que le troisième pose toujours problème par rapport à ce qui a été discuté récemment à Genève. Il rappelle la position thaïlandaise : distribution de secours à Phnom Penh à condition que cela se fasse sous la seule autorité du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. Il fait comprendre à Hun Sen qu’à moins d’accepter la présence des deux instances onusiennes sur la frontière, l’aide occidentale disparaitra dans tout le Cambodge. Le ton monte et Hun Sen déclare alors : « Il est préférable de mourir de famine plutôt que de recevoir une assistance empoisonnée. » Bugnion lui demande de retirer cette parole mais son interlocuteur n’en démord pas. On marque une pause. A la reprise, Hun Sen a une position plus modérée et suggère que la Mission conjointe démarre son programme et que les discussions litigieuses sur le troisième point (la frontière) se poursuivent. Les deux parties font donc des concessions sans qu’un véritable accord soit véritablement trouvé (Shawcross, 1985, pp. 150-152).
19 octobre 79 : L’U.N.I.C.E.F. et le C.I.C.R. lancent un appel à l’aide internationale.
20 octobre 79 : Création d’une association des journalistes de la R.P.K.
Rencontre entre Hun Sen et Guy Stinger (Oxfam). Le premier accepte l’aide du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. bien que les organisations onusiennes aient refusé de ne pas intervenir à la frontière (voir 14 octobre). Il y a donc revirement. Stinger en conclut que l’action de l’Oxfam doit désormais s’orienter sur la question du développement du pays (production agricole, semences et irrigation, vaccination, rétablissement des réseaux d’eau). Toutefois, d’une certaine façon, il y a rupture entre l’agence britannique et celles de l’O.N.U. (Shawcross, 1985, pp. 155-156).
24 octobre 79 : Ouverture du « centre d’accueil » de Sa Keo en Thaïlande qui accueille 31 000 réfugiés.
27 octobre 79 : Le gouvernement de Phnom Penh (provietnamien) refuse d’accéder à une demande de sénateurs américains visant à livrer une assistance urgente aux populations affamées par voie de terre depuis la Thaïlande. La démarche est qualifiée de « manœuvre impérialiste ayant pour but de venir au secours de Pol Pot ». (Deron, 2009, p. 223)