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par Jean-François Jagielski

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Juin 76 : Un numéro de la revue interne du P.C.K. intitulée ''Tung Padevat'' précise : « Nous avons détruit les ennemis de l’intérieur et dispersé beaucoup d’entre eux. Leurs forces sont affaiblies. » (cité ''in'' Biernan, 1998, p. 389) Il est question d’une « lutte constante et incessante entre le révolution et la contre-révolution » décrite en ces termes : « Nous devons partir de l’idée que l’ennemi continuera d’exister  pendant dix, vingt ou trente ans. La lutte nationale est identique à la lutte des classes ; en un mot, la lutte entre la révolution et la contre-révolution sera permanente […] Quand nous sommes forts ils sont faibles, quand ils dont faibles, nous sommes forts. » (cité ''in'' Biernan, 1998, p. 434).
Juin 76 : Un numéro de la revue interne du P.C.K. intitulée ''Tung Padevat'' précise : « Nous avons détruit les ennemis de l’intérieur et dispersé beaucoup d’entre eux. Leurs forces sont affaiblies. » (cité ''in'' Biernan, 1998, p. 389) Il est question d’une « lutte constante et incessante entre la révolution et la contre-révolution » décrite en ces termes : « Nous devons partir de l’idée que l’ennemi continuera d’exister  pendant dix, vingt ou trente ans. La lutte nationale est identique à la lutte des classes ; en un mot, la lutte entre la révolution et la contre-révolution sera permanente […] Quand nous sommes forts ils sont faibles, quand ils dont faibles, nous sommes forts. » (cité ''in'' Biernan, 1998, p. 434).


Nouvelle tentative (réelle ou imaginaire ?) de coup d’État contre Pol Pot. Elle est attribuée à Koy Thuon, ancien dirigeant de la région Nord et des comparses nommés « intellectuels ». Pol Pot les accuse d’être des agents de la C.I.A. infiltrés dans le Parti. En fait, ce sont des modérés qui, à l’instar de Hou Yuon, sont opposés à la collectivisation forcée, à la suppression de la monnaie, à l’instauration des cuisines communes. Cette faction était alliée à des éléments provietnamiens dirigés par Ney Sarann, non encore purgés  (Sikoeun, 2013, pp. 259-260).
Nouvelle tentative (réelle ou imaginaire ?) de coup d’État contre Pol Pot. Elle est attribuée à Koy Thuon, ancien dirigeant de la région Nord et des comparses nommés « intellectuels ». Pol Pot les accuse d’être des agents de la C.I.A. infiltrés dans le Parti. En fait, ce sont des modérés qui, à l’instar de Hou Yuon, sont opposés à la collectivisation forcée, à la suppression de la monnaie, à l’instauration des cuisines communes. Cette faction était alliée à des éléments provietnamiens dirigés par Ney Sarann, non encore purgés  (Sikoeun, 2013, pp. 259-260).
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24 juin 76 : '''Au Vietnam, proclamation officielle de la réunification. Le pays devient la République socialiste du Vietnam dont la capitale est Hanoi'''  (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714).
 
​24 juin 76 : '''Au Vietnam, proclamation officielle de la réunification. Le pays devient la République socialiste du Vietnam dont la capitale est Hanoi'''  (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714).
 
Le Duan, premier secrétaire du P.C.V. encore tout imprégné par la récente victoire militaire, prend la parole lors de la première session de l’assemblée nationale. Il célèbre la fin de « l’agression impérialiste » et proclame l’instauration de la « dictature de prolétariat ». Il impose un même modèle économique au Nord comme au Sud (nationalisation des industries et collectivisation des terres au Sud). Sa priorité économique est de « construire un réseau d’industrie lourde dans le Nord », le Sud devant demeurer un grenier à riz. Il prône sa vision d’une transformation culturelle profonde : il s’agit de « rééduquer » les masses pour forger un nouveau citoyen dévoué au socialisme en éradiquant les anciennes habitudes culturelles du Sud.
 
Selon Becker, l’U.R.S.S. et les pays de l’Europe de l’Est pressentent dès ce moment la rigidité d’un tel plan et le fait que les autorités gouvernementales vietnamiennes se révèleront incapables de reconstruire une société harmonieuse à partir de bases aussi différentes que celles qui existaient jusqu’alors entre le Nord et le Sud (Becker, 1986, p. 346).

Dernière version du 30 janvier 2026 à 11:38

Juin 76 : Un numéro de la revue interne du P.C.K. intitulée Tung Padevat précise : « Nous avons détruit les ennemis de l’intérieur et dispersé beaucoup d’entre eux. Leurs forces sont affaiblies. » (cité in Biernan, 1998, p. 389) Il est question d’une « lutte constante et incessante entre la révolution et la contre-révolution » décrite en ces termes : « Nous devons partir de l’idée que l’ennemi continuera d’exister  pendant dix, vingt ou trente ans. La lutte nationale est identique à la lutte des classes ; en un mot, la lutte entre la révolution et la contre-révolution sera permanente […] Quand nous sommes forts ils sont faibles, quand ils dont faibles, nous sommes forts. » (cité in Biernan, 1998, p. 434).

Nouvelle tentative (réelle ou imaginaire ?) de coup d’État contre Pol Pot. Elle est attribuée à Koy Thuon, ancien dirigeant de la région Nord et des comparses nommés « intellectuels ». Pol Pot les accuse d’être des agents de la C.I.A. infiltrés dans le Parti. En fait, ce sont des modérés qui, à l’instar de Hou Yuon, sont opposés à la collectivisation forcée, à la suppression de la monnaie, à l’instauration des cuisines communes. Cette faction était alliée à des éléments provietnamiens dirigés par Ney Sarann, non encore purgés  (Sikoeun, 2013, pp. 259-260).


20 juin 76 : En Thaïlande, remise aux autorités des dernières bases américaines (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714).


​24 juin 76 : Au Vietnam, proclamation officielle de la réunification. Le pays devient la République socialiste du Vietnam dont la capitale est Hanoi  (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714).

Le Duan, premier secrétaire du P.C.V. encore tout imprégné par la récente victoire militaire, prend la parole lors de la première session de l’assemblée nationale. Il célèbre la fin de « l’agression impérialiste » et proclame l’instauration de la « dictature de prolétariat ». Il impose un même modèle économique au Nord comme au Sud (nationalisation des industries et collectivisation des terres au Sud). Sa priorité économique est de « construire un réseau d’industrie lourde dans le Nord », le Sud devant demeurer un grenier à riz. Il prône sa vision d’une transformation culturelle profonde : il s’agit de « rééduquer » les masses pour forger un nouveau citoyen dévoué au socialisme en éradiquant les anciennes habitudes culturelles du Sud.

Selon Becker, l’U.R.S.S. et les pays de l’Europe de l’Est pressentent dès ce moment la rigidité d’un tel plan et le fait que les autorités gouvernementales vietnamiennes se révèleront incapables de reconstruire une société harmonieuse à partir de bases aussi différentes que celles qui existaient jusqu’alors entre le Nord et le Sud (Becker, 1986, p. 346).

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