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14 juillet 48 : Lors de la manifestation organisée par le P.C.F. ne figure pas le mot d’ordre « Paix au Vietnam » dans les cortèges. Ruscio note que pour l’année 1948, le Vietnam « est souvent absent » des principales préoccupations communistes. La question vietnamienne n’apparaît que dans 16 unes de ''L’Humanité'' cette année-là. Au 16<sup>e</sup> congrès confédéral de la C.G.T., la question n’est évoquée « qu’en trois ou quatre phrases. » Selon André Tollet, secrétaire de la centrale interrogé ultérieurement par l’historien, « beaucoup de camarades, même des responsables, n’avaient pas véritablement compris que le mouvement vietnamien allait bien plus loin que les simples revendications de caractère social, que la question nationale était posée, que la guerre menée par le Vietminh ouvrait donc de larges perspectives […] » (Ruscio, 1985, pp. 232-233). La reprise de la question indochinoise par les communistes français ne se fera que fin 1949, avec l’aboutissement de la conquête de la Chine par Mao. | 14 juillet 48 : Lors de la manifestation organisée par le P.C.F. ne figure pas le mot d’ordre « Paix au Vietnam » dans les cortèges. Ruscio note que pour l’année 1948, le Vietnam « est souvent absent » des principales préoccupations communistes. La question vietnamienne n’apparaît que dans 16 unes de ''L’Humanité'' cette année-là. Au 16<sup>e</sup> congrès confédéral de la C.G.T., la question n’est évoquée « qu’en trois ou quatre phrases. » Selon André Tollet, secrétaire de la centrale interrogé ultérieurement par l’historien, « beaucoup de camarades, même des responsables, n’avaient pas véritablement compris que le mouvement vietnamien allait bien plus loin que les simples revendications de caractère social, que la question nationale était posée, que la guerre menée par le Vietminh ouvrait donc de larges perspectives […] » (Ruscio, 1985, pp. 232-233). La reprise de la question indochinoise par les communistes français ne se fera que fin 1949, avec l’aboutissement de la conquête de la Chine par Mao. | ||
15 juillet 48 : L’ambassadeur de France à Washington fait parvenir à Chauvel (secrétaire général du Quai d’Orsay) un mémorandum : « Le gouvernement américain, très désireux de voir le gouvernement français se maintenir en Indochine et très frappé de voir la confusion régnant sur le territoire, estime que Bao Daï représente la seule chance de règlement qui subsiste actuellement. » (cité ''in'' Valette, 1994, p. 237) | |||
19 juillet 48 : '''Démission du gouvernement de Robert Schuman.''' Lâché par les Socialistes, Schuman donne sa démission sans même que n’ait été posée la question de confiance. | 19 juillet 48 : '''Démission du gouvernement de Robert Schuman.''' Lâché par les Socialistes, Schuman donne sa démission sans même que n’ait été posée la question de confiance. | ||
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26 juillet 48 : '''Le radical-socialiste André Marie devient président du Conseil''' (jusqu’au 28 août 1948). | |||
Gouvernement : Armées : René Mayer (radical-socialiste) ; Affaires étrangères : Robert Schuman (M.R.P.) ; France d’Outre-mer : Paul Coste-Floret (M.R.P.). | Gouvernement : Armées : René Mayer (radical-socialiste) ; Affaires étrangères : Robert Schuman (M.R.P.) ; France d’Outre-mer : Paul Coste-Floret (M.R.P.). | ||
Dernière version du 15 mars 2026 à 17:33
Juillet 48 : Le culte de la personnalité s’accentue autour de la personnalité d’HCM désigné sous le vocable de « président et dirigeant suprême » du Parti.
11 juillet 48 : Bao Daï adresse à Bollaert une lettre qu’il confirme lors de deux entretiens, l’un à Saint-Germain et l’autre, le 17 octobre, à Paris, précisant qu’il refuse de revenir au Vietnam tant que le régime colonial de la Cochinchine n’est pas supprimé et qu’il n’obtient pas de garanties suffisantes sur une réelle indépendance du Vietnam. Il affirme n’avoir été le 5 juin qu’« un témoin et que les clauses contenues dans le Protocole ne sont pas de nature à ramener la paix et à rétablir une entente durable entre nos deux peuples. » (Bao Daï, 1980, p. 208) Le dialogue de sourds entre les deux hommes se poursuit plus que jamais.
14 juillet 48 : Lors de la manifestation organisée par le P.C.F. ne figure pas le mot d’ordre « Paix au Vietnam » dans les cortèges. Ruscio note que pour l’année 1948, le Vietnam « est souvent absent » des principales préoccupations communistes. La question vietnamienne n’apparaît que dans 16 unes de L’Humanité cette année-là. Au 16e congrès confédéral de la C.G.T., la question n’est évoquée « qu’en trois ou quatre phrases. » Selon André Tollet, secrétaire de la centrale interrogé ultérieurement par l’historien, « beaucoup de camarades, même des responsables, n’avaient pas véritablement compris que le mouvement vietnamien allait bien plus loin que les simples revendications de caractère social, que la question nationale était posée, que la guerre menée par le Vietminh ouvrait donc de larges perspectives […] » (Ruscio, 1985, pp. 232-233). La reprise de la question indochinoise par les communistes français ne se fera que fin 1949, avec l’aboutissement de la conquête de la Chine par Mao.
15 juillet 48 : L’ambassadeur de France à Washington fait parvenir à Chauvel (secrétaire général du Quai d’Orsay) un mémorandum : « Le gouvernement américain, très désireux de voir le gouvernement français se maintenir en Indochine et très frappé de voir la confusion régnant sur le territoire, estime que Bao Daï représente la seule chance de règlement qui subsiste actuellement. » (cité in Valette, 1994, p. 237)
19 juillet 48 : Démission du gouvernement de Robert Schuman. Lâché par les Socialistes, Schuman donne sa démission sans même que n’ait été posée la question de confiance.
20 - 25 juillet 48 : Attaque du VM sur la R.C. 3, sur le poste de Phu Tong Hoa (nord de Bac Kan) qui subira de multiples assauts jusqu’au 27. Selon Gras, le poste est attaqué par 5 ou 6 bataillons vietminh, soit environ 3 000 hommes qui parviennent à prendre pied avant d’être repoussés. Selon Giap, l’effectif des attaquants du 11e bataillon « ne dépassait pas les quatre cents » et a été obligé de renoncer, faute de munitions. Une colonne de secours venue de Cao Bang dégage le poste le 28. Les pertes françaises sont lourdes, 50 % de l’effectif. Pour fixer les effectifs français, le VM procède ensuite à l’attaque des postes situés entre Cao Bang et Bac Kan (Gras, 1979, pp. 238-239 ; Cadeau, 2022, pp. 183-184 ; Giap 1, 2003, pp. 203-204).
24 juillet 48 : Dans son discours d’investiture, André Marie, futur président du Conseil, ne prononce même pas le mot « Indochine ». Il se contente de propos vagues et consensuels : « Je salue la libre adhésion à l’Union française du Cambodge et du Laos et je me tourne vers nos territoires d’outre-mer, que nous avons l’ambition de conduire, selon les propres termes de la Constitution, vers la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires. » (cité in Valette, 1994, pp. 211-212)
26 juillet 48 : Le radical-socialiste André Marie devient président du Conseil (jusqu’au 28 août 1948).
Gouvernement : Armées : René Mayer (radical-socialiste) ; Affaires étrangères : Robert Schuman (M.R.P.) ; France d’Outre-mer : Paul Coste-Floret (M.R.P.).
Le gouvernement d’André Marie fait approuver par l’Assemblée nationale, le 19 juillet, la politique du haut-commissaire Bollaert. Marie confirme le même jour son adhésion aux nouveaux accords de la baie d’Along mais il sera contraint de démissionner dès le 27 août.
Fin juillet 48 : Organisation d’un plénum du comité du Parti du Nam Bo sous la présidence de Le Duan et de Pham Hung. On estime que la région est devenue pour les Français « un centre de manœuvres politiques ainsi qu’une position militaire importante. » Ces derniers s’en prennent aux stocks de vivres et d’armement du VM qu’il faut défendre en élargissant le réseau de villages fortifiés et en envoyant des troupes régulières. HCM décide d’y envoyer Le Duc Tho et plusieurs chefs militaires « pour, selon Giap, confronter les expériences des combattants du Nord et du Sud. » On décide d’y poursuivre activement la guérilla sur le principe des « compagnies autonomes – bataillons mobiles » en vue d’une « guerre de mouvement […] dès que les conditions seraient réunies » tout en intensifiant en même temps la lutte politique à Saigon (Giap 1, 2003, pp. 190-191).