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14 avril 76 : '''Penn Nouth remet sa démission de théorique premier ministre. Cette démission sonne le glas du G.R.U.N.K. Pol Pot le remplace officiellement en se faisant désormais connaître sous ce nom''' (Jennar, 1995, p. 169 ; Biernan, 1998, p. 393). Le Cambodge prend le nom de '''Kampuchéa démocratique''' (K.D.) (Cesari, 1995, p. 257). | 14 avril 76 : '''Penn Nouth remet sa démission de théorique premier ministre. Cette démission sonne le glas du G.R.U.N.K. Pol Pot le remplace officiellement en se faisant désormais connaître sous ce nom''' (Jennar, 1995, p. 169 ; Biernan, 1998, p. 393). Le Cambodge prend le nom de '''Kampuchéa démocratique''' (K.D.) (Cesari, 1995, p. 257). | ||
'''Ieng Sary''' (beau-frère de Pol Pot) '''est nommé ministre des Affaires étrangères''' et succède à Sarin Chak (un Khmer Krom, meilleur spécialiste des relations khméro-vietnamiennes, pourtant très méfiant à l’égard du régime d’Hanoï). Sary fait appel à ses anciens camarades du groupe de Paris et protégera par ce biais des futures purges un certain nombre d’intellectuels en les nommant ses collaborateurs : Thioum Prasit (son meilleur camarade en France) devient son plus proche collaborateur ; Ok Sakum ; Chet Choum. Mais d’autres n’auront pas cette chance et nombre de diplomates de la période de guerre sont envoyés dans un camp de travail proche de la capitale. | |||
'''Son Sen est nommé au poste de ministre de la Défense'''. C’est également un ancien membre de l’équipe de Paris (diplômé d’une licence de philosophie en Sorbonne) rentré au pays en 1955. Il a la confiance du régime avec ses 10 années de combat de jungle où il pratique avec succès la guérilla et on lui attribue le succès de la dernière phase qui a précédé la chute de Phnom Penh (Becker, 1986, pp. 200-202). | |||
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19 avril 76 : Le journaliste américain David Aikman co-écrit pour le magazine ''Time'' un article intitulé ''Cambodia : The Khmer rouge : rampant terror'' qui compile une série de témoignages sur les horreurs du régime kr recueillis par des réfugiés cambodgiens à la frontière thaïlandaise. Il étoffera ses recherches sur le même sujet dans un nouvel article en 1978 (voir 31 juillet 1978). | 19 avril 76 : Le journaliste américain David Aikman co-écrit pour le magazine ''Time'' un article intitulé ''Cambodia : The Khmer rouge : rampant terror'' qui compile une série de témoignages sur les horreurs du régime kr recueillis par des réfugiés cambodgiens à la frontière thaïlandaise. Il étoffera ses recherches sur le même sujet dans un nouvel article en 1978 (voir 31 juillet 1978). | ||
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25 avril 76 : Au Vietnam, élection d’une assemblée nationale (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714). Avec un taux de participation de 99 %, 492 députés sont élus (249 pour le Nord, 243 pour le Sud). Seuls les candidats du Front de la Patrie (des communistes) ont pu se présenter. '''Les représentants du G.R.P. ont dû se fondre dans ce moule.''' Leur éviction, amorcée au lendemain de la chute de Saïgon, se confirme ici et sera encore renforcée lors de la première session de cette assemblée (voir juillet 2 juillet). | |||
25 avril 76 : Au Vietnam, élection d’une assemblée nationale (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714). | |||
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Avril 76 : Duch (voir 8 mars) occupe les locaux définitifs de S 21 dans l’ancien collège Pohea Yat et quelques bâtiments annexes situés au sud pour mener les interrogatoires des cadres jugés importants. Le tout est situé dans le quartier de Tuol Sleng à Phnom Penh (Deron, 2009, p. 47). Biernan situe quant à lui chronologiquement ce déménagement au mois de juin 1975 (Biernan, 1998, p. 382)
A l’initiative du Vietnam, et malgré les récentes menaces de Pol Pot à l’égard du Vietnam (voir 31 mars), les partis communistes cambodgien et vietnamien conviennent de négocier un traité sur les frontières (voir 4 – 18 mai) (Biernan, 1998, p. 130). Côté KD, c’est Keat Chhon (devenu simple cadre du ministère des Affaires étrangères) qui mènera jusqu’en juin les négociations avec Toch Kham Doen (Sikoeun, 2013, p. 289).
Tentative d’attentat contre Pol Pot par des militaires de la zone Est. Ils déploient de l’artillerie pour bombarder son Q.G. à Phnom Penh. La tentative est déjouée mais engage le processus des purges à venir (Biernan, 1998, p. 387).
Penn Nouth (ancien premier ministre de Sihanouk et actuel premier ministre sans aucun réel pouvoir de décision) est nommé conseiller du gouvernement du KD (Sikoeun, 2013, p. 120).
Avril-mai 76 : Deux « complots » visant à renverser Pot Pot sont déjoués.
2 avril 76 : La démission de Sihanouk est acceptée par le comité central. Khieu Samphan occupera dès le 16 la fonction de chef de l’État et ce, jusqu’au 6 janvier 1979. Pol Pot est plus que jamais en retrait de la scène politique cambodgienne mais, dans les faits, dirige tout. L’ancien théorique premier ministre Penn Nouth devient « conseiller du Présidium de l’État ». La démission de Sihanouk a été enregistrée et est retransmise en khmer et en français sur les ondes de Radio Phnom Penh. Le texte prononcé par Sihanouk fait état de la nécessité de s’occuper d’affaires familiales (Sihanouk, 1979, p. 262).
4 avril 76 : À Paris, des réfugiés et résidents cambodgiens en France adressent à l’O.N.U., à l’U.N.E.S.C.O., à la Ligue des Droits de I’Homme et à Amnesty International, une motion décrivant les dérives du régime des Khmers rouges. Aucune réaction notable de ces organismes.
7 avril 76 : En Chine, suite à une campagne menée contre lui par la « bande des Quatre », Deng Xiaoping est obligé de démissionner (Biernan, 1998, p. 159).
11 - 12 avril 76 : Première et unique réunion de « l’assemblée des représentants du peuple du Kampuchéa » à Phnom Penh dans l’ancien stade. L’assemblée qui s’est réunie le 11 pour une durée d’une heure élit un comité permanent de 10 membres. Son président est Nuon Chea, numéro 2 au sein de l’Angkar. So Phim, représentant de la zone Est dont on redoute l’implication dans les récentes tentatives de déstabilisation, est écarté. Ta Mok est élu vice-président et Khek Penn second vice-président.
C’est lors de cette réunion que Saloth Sar décide de se faire connaître sous le nom de Pot Pot. Selon Ponchaud, « durant cette session, l'Assemblée a entériné les élections du 20 mars, accepté la demande de démission du prince Sihanouk de sa fonction de chef de l'État ainsi que celle du précédent gouvernement, puis a désigné « un comité permanent » de 10 membres, dont Nuon Chea fut nommé président. Les dix membres de ce comité permanent sont totalement inconnus des observateurs étrangers et des réfugiés khmers. » Toujours selon le même, « l'Assemblée a également procédé à la désignation du présidium de l'État et du gouvernement : Khieu Samphan, leader historique de la révolution khmère, a été nommé « Président du Présidium de l'État », pour une durée de 5 ans. Il a pour charge « de représenter l'État du Kampuchéa démocratique à l'intérieur et à l'extérieur du pays ». Il est assisté de deux adjoints complètement inconnus des observateurs internationaux. Pol Pot a quant à lui été nommé premier ministre. Il demeure, lui aussi, un personnage inconnu, sans doute un combattant des premières heures pour ceux qui l’ont élu. Certains observateurs ont pensé que Pol Pot serait le pseudonyme de Saloth Sar, révolutionnaire depuis 1950 ; pour d'autres, celui de Nong Suon, ancien rédacteur du « Prachéachon », journal communiste des années 1950 ; pour d'autres encore, celui de Rath Samuon, également révolutionnaire de longue date. » (Ponchaud, 1977, pp. 144-145) Le personnage continue à s’auréoler et cultiver à souhait une enveloppe de mystère. Ces deux jours seront la seule et unique réunion de cette assemblée, qui plus est écourtée à deux jours, quoi qu’en dise la radio d’État qui évoque une réunion ininterrompue de trois jours.
14 avril 76 : Penn Nouth remet sa démission de théorique premier ministre. Cette démission sonne le glas du G.R.U.N.K. Pol Pot le remplace officiellement en se faisant désormais connaître sous ce nom (Jennar, 1995, p. 169 ; Biernan, 1998, p. 393). Le Cambodge prend le nom de Kampuchéa démocratique (K.D.) (Cesari, 1995, p. 257).
Ieng Sary (beau-frère de Pol Pot) est nommé ministre des Affaires étrangères et succède à Sarin Chak (un Khmer Krom, meilleur spécialiste des relations khméro-vietnamiennes, pourtant très méfiant à l’égard du régime d’Hanoï). Sary fait appel à ses anciens camarades du groupe de Paris et protégera par ce biais des futures purges un certain nombre d’intellectuels en les nommant ses collaborateurs : Thioum Prasit (son meilleur camarade en France) devient son plus proche collaborateur ; Ok Sakum ; Chet Choum. Mais d’autres n’auront pas cette chance et nombre de diplomates de la période de guerre sont envoyés dans un camp de travail proche de la capitale.
Son Sen est nommé au poste de ministre de la Défense. C’est également un ancien membre de l’équipe de Paris (diplômé d’une licence de philosophie en Sorbonne) rentré au pays en 1955. Il a la confiance du régime avec ses 10 années de combat de jungle où il pratique avec succès la guérilla et on lui attribue le succès de la dernière phase qui a précédé la chute de Phnom Penh (Becker, 1986, pp. 200-202).
Mi-avril 76 : Zang Chunqao, vice-premier ministre chinois, membre permanent du Parti et président du bureau politique de l’A.P.L. séjourne secrètement au KD (Aberdam, 2015, p. 143).
16 avril 76 : L’Assemblée populaire entérine le retrait de Sihanouk. Khieu Samphan est désigné au poste de chef de l’État. Pol Pot sort de l’ombre en étant nommé premier ministre. L’abandon du poste de chef de l’État par Sihanouk va entraîner une vague de répression sur sa famille dont les membres vont être progressivement éliminés en toute discrétion. Sihanouk est alors l’objet de brimades qui le mèneront à un état dépressif : enfermement et isolement au cœur du palais dont les jardins qui ne sont plus entretenus vont servir de parc à bestiaux en 1977 (Sihanouk, 1986, pp. 174-176).
17 avril 76 : Prétextant une invitation officielle pour les festivités de la victoire, une lettre est adressée aux deux fils de Sihanouk (les princes Sihamoni et Narindrapong) leur enjoignant de revenir auprès de leur père. Une fois sur place, les deux enfants sont enfermés avec leurs parents au sein du Palais Royal. L’un d’eux, le prince Narindrapong, est pourtant un fervent soutien des KR et le demeurera au grand dam de son père qui ne parviendra à s’en débarrasser qu’en 1979.
19 avril 76 : Le journaliste américain David Aikman co-écrit pour le magazine Time un article intitulé Cambodia : The Khmer rouge : rampant terror qui compile une série de témoignages sur les horreurs du régime kr recueillis par des réfugiés cambodgiens à la frontière thaïlandaise. Il étoffera ses recherches sur le même sujet dans un nouvel article en 1978 (voir 31 juillet 1978).
22 avril 76 : Réunion du nouveau gouvernement à Phnom Penh. Pol Pot annonce que l’« ancien gouvernement de Front uni [G.R.U.N.K.] » est remplacé par « un gouvernement révolutionnaire purement destiné aux travailleurs-paysans du pur Parti communiste du Kampuchéa. » Il ajoute : « Nous commençons donc à montrer notre visage […] Notre gouvernement n’est pas une coalition comme auparavant. Nous assumons l’entière responsabilité des progrès et des erreurs, du bien et du mal, des bénéfices et des pertes, à l’intérieur du pays et à l’extérieur, pour ce qui concerne nos amis comme nos ennemis. Nous et personne d’autre. »
Le nouveau gouvernement a pour tâche de « forcer les gens à être heureux ». Il s’en prend à l’ancien président du G.R.U.N.K., Sihanouk, considéré comme un « valet » de l’impérialisme américain et soviétique dont il a fallu se débarrasser pour avancer : « Si nous travaillions avec Sihanouk, nous ne pourrions pas prendre de la vitesse. » (cité in Biernan, 1998, pp. 394-395).
25 avril 76 : Au Vietnam, élection d’une assemblée nationale (Bui Xuan Quang, 2000, p. 714). Avec un taux de participation de 99 %, 492 députés sont élus (249 pour le Nord, 243 pour le Sud). Seuls les candidats du Front de la Patrie (des communistes) ont pu se présenter. Les représentants du G.R.P. ont dû se fondre dans ce moule. Leur éviction, amorcée au lendemain de la chute de Saïgon, se confirme ici et sera encore renforcée lors de la première session de cette assemblée (voir juillet 2 juillet).