(Page vide créée) |
Aucun résumé des modifications |
||
| (Une version intermédiaire par le même utilisateur non affichée) | |||
| Ligne 1 : | Ligne 1 : | ||
1<sup>er</sup> juillet 75 : Télégramme de l’ambassadeur de France au Quai d’Orsay portant que le climat politique dans Vietnam réunifié : « […] Les préoccupations principales du pouvoir révolutionnaire sont la rééducation et la chasse aux révolutionnaires obstinés. La rééducation bat son plein dans toutes les provinces pour les officiers et les fonctionnaires, partis pour un mois. Elle se prolonge au-delà des délais prévus […] Quant aux réactionnaires obstinés, ils paraissent assez nombreux si l’on en croit les informations officielles qui, chaque jour, font mention de dénonciations et d’arrestations d’officiers à Saïgon et, en province, d’armes saisies […] À Saigon, où des fusillades éclatent chaque nuit sans qu’on puisse en déterminer la cause, un nouveau communiqué du CMA du 15-7 donne aux personnes détenant des armes un délai de quinze jours pour les remettre. » (cité ''in'' Toinet, 1998, p. 392) | |||
18 juillet 75 : Sarin Chhak, ministre des Affaires étrangère du G.R.U.N.K. et Thiounn Prasith font le voyage à Pyongyang (Corée du Nord) pour demander le retour de Sihanouk au Cambodge mais celui-ci refuse de quitter son exil (Ponchaud, 2005, p. 188). | |||
20 juillet 75 : A cette date, les KR ont tué 300 civils cambodgiens qui ont cherché à traverser la frontière khméro-thaïlandaise depuis deux mois (Deron, 2009, p. 179). | |||
22 juillet 75 : Au Cambodge se tient à Phnom Penh une importante conférence. Elle marque la création de l’armée révolutionnaire du KD sur tout le territoire : les différentes forces armées du territoire font allégeance au pouvoir central. Pol Pot prononce un long discours devant 3 000 représentants des différentes unités militaires et les principaux dirigeants des zones : « Nous avons remporté une victoire totale, définitive et propre, c'est-à-dire que nous l’avons remportée sans aucune aide ni ingérence de l’étranger. Nous avons osé mener la lutte à partir d’une position complètement différente de celle de la révolution mondiale […] Dans le monde entier, depuis l’avènement de la guerre révolutionnaire et depuis la naissance de l’impérialisme américain, aucun pays, aucun peuple ni aucune armée n’a été capable de chasser les impérialistes jusqu’au dernier ni de remporter sur eux une victoire totale. Personne ! » (cité ''in'' Biernan, 1998, pp. 114-115) | |||
Pour de nombreux dirigeants des zones (qui ont dû laisser leurs armes au vestiaire…), cette conférence est leur première rencontre physique avec le mystérieux Pol Pot. Ils lui font allégeance en lui cédant les troupes qu’il leur demande. Cette réorganisation de l’armée donne donc naissance à ce qu’on va appeler un '''Centre''', synonyme de Comité central du P.C.K.D. Celui-ci retracera les limites des différentes zones et leur donnera des directives qu’ils devront strictement respecter sous peine de purges. Ces dernières ne manqueront pas dès que le Centre estimera que les choses ne vont pas dans le sens souhaité (Becker, 1986, pp. 178-179). Leur désir d’autonomie persistera avec certains de leurs dirigeants, chefs militaires prestigieux mais parfois piètres administrateurs, qui auront de mal à se plier aux directives inflexibles (et/ou délirantes…) de l’Angkar Padevat… (Becker, 1986, pp. 180-184) | |||
Dernière version du 25 janvier 2026 à 18:13
1er juillet 75 : Télégramme de l’ambassadeur de France au Quai d’Orsay portant que le climat politique dans Vietnam réunifié : « […] Les préoccupations principales du pouvoir révolutionnaire sont la rééducation et la chasse aux révolutionnaires obstinés. La rééducation bat son plein dans toutes les provinces pour les officiers et les fonctionnaires, partis pour un mois. Elle se prolonge au-delà des délais prévus […] Quant aux réactionnaires obstinés, ils paraissent assez nombreux si l’on en croit les informations officielles qui, chaque jour, font mention de dénonciations et d’arrestations d’officiers à Saïgon et, en province, d’armes saisies […] À Saigon, où des fusillades éclatent chaque nuit sans qu’on puisse en déterminer la cause, un nouveau communiqué du CMA du 15-7 donne aux personnes détenant des armes un délai de quinze jours pour les remettre. » (cité in Toinet, 1998, p. 392)
18 juillet 75 : Sarin Chhak, ministre des Affaires étrangère du G.R.U.N.K. et Thiounn Prasith font le voyage à Pyongyang (Corée du Nord) pour demander le retour de Sihanouk au Cambodge mais celui-ci refuse de quitter son exil (Ponchaud, 2005, p. 188).
20 juillet 75 : A cette date, les KR ont tué 300 civils cambodgiens qui ont cherché à traverser la frontière khméro-thaïlandaise depuis deux mois (Deron, 2009, p. 179).
22 juillet 75 : Au Cambodge se tient à Phnom Penh une importante conférence. Elle marque la création de l’armée révolutionnaire du KD sur tout le territoire : les différentes forces armées du territoire font allégeance au pouvoir central. Pol Pot prononce un long discours devant 3 000 représentants des différentes unités militaires et les principaux dirigeants des zones : « Nous avons remporté une victoire totale, définitive et propre, c'est-à-dire que nous l’avons remportée sans aucune aide ni ingérence de l’étranger. Nous avons osé mener la lutte à partir d’une position complètement différente de celle de la révolution mondiale […] Dans le monde entier, depuis l’avènement de la guerre révolutionnaire et depuis la naissance de l’impérialisme américain, aucun pays, aucun peuple ni aucune armée n’a été capable de chasser les impérialistes jusqu’au dernier ni de remporter sur eux une victoire totale. Personne ! » (cité in Biernan, 1998, pp. 114-115)
Pour de nombreux dirigeants des zones (qui ont dû laisser leurs armes au vestiaire…), cette conférence est leur première rencontre physique avec le mystérieux Pol Pot. Ils lui font allégeance en lui cédant les troupes qu’il leur demande. Cette réorganisation de l’armée donne donc naissance à ce qu’on va appeler un Centre, synonyme de Comité central du P.C.K.D. Celui-ci retracera les limites des différentes zones et leur donnera des directives qu’ils devront strictement respecter sous peine de purges. Ces dernières ne manqueront pas dès que le Centre estimera que les choses ne vont pas dans le sens souhaité (Becker, 1986, pp. 178-179). Leur désir d’autonomie persistera avec certains de leurs dirigeants, chefs militaires prestigieux mais parfois piètres administrateurs, qui auront de mal à se plier aux directives inflexibles (et/ou délirantes…) de l’Angkar Padevat… (Becker, 1986, pp. 180-184)