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Mai 80 : Un « rapport démographique » de la C.I.A. sur le Cambodge affirme qu’il n’y a eu aucune exécution au cours des deux dernières années du régime de Pol Pot. Or en 1977-1978, les exécutions ont fait environ 500 000 morts (Biernan, 1998, p. 555) Bel exemple de désinformation de l’administration américaine qui cependant a disposé très tôt de rapports précis sur ce qui se passait dans le pays par le biais de l’ambassade américaine à Bangkok. | Mai 80 : Un « rapport démographique » de la C.I.A. sur le Cambodge affirme qu’il n’y a eu aucune exécution au cours des deux dernières années du régime de Pol Pot. Or en 1977-1978, les exécutions ont fait environ 500 000 morts (Biernan, 1998, p. 555) Bel exemple de désinformation de l’administration américaine qui cependant a disposé très tôt de rapports précis sur ce qui se passait dans le pays par le biais de l’ambassade américaine à Bangkok. | ||
Début mai 80 : L’agence britannique Oxfam dénonce à son tour les dérives du gouvernement de Phnom Penh, notamment sur les détournements liés à la corruption et l’obligation faite aux paysans de devoir racheter l’aide. Malcolm Harper, dirigeant local de l’agence, écrit au siège social de l’agence : « Je ne pense pas, franchement, que ce gouvernement se soucie du peuple cambodgien. Ils sont maintenant embarqués dans un programme d’endoctrinement politique qui est, selon l’opinion de beaucoup d’entre nous, condamné à l’échec, mais qu’ils essaieront d’imposer par la peur et le favoritisme. » Il confie à son supérieur, Brian Walker qu’il estime sa mission est essentielle mais que, face aux difficultés actuelles, « nous déciderons que le temps est venu de s’en aller et d’envisager de vendre la mèche. Nous n’en sommes pas là mais nous ne devrions pas permettre à un idéalisme fumeux de nous empêcher de lire correctement les signes pour l’avenir. » Désarçonné par de tels propos, le directeur général d’Oxfam décide d’écrire à Hun Sen (ministre des Affaires étrangères) et se joint aux protestations du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. (Shawcross, 1985, pp. 254-256). | |||
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26 – 27 mai 80 : '''Conférence à Genève sur le Cambodge''' sous la présidence d’Andrew Peacock, ministre des affaires étrangères australien. Kurt Waldheim n’y prononce qu’un discours d’accueil. Elle a été demandée de longue date par les organismes humanitaires. 62 nations y participent. Plusieurs délégués des organisations humanitaires et les Américains craignent l’arrivée d’une seconde famine. Ils demandent plus de personnel pour aller travailler au Cambodge. On évoque les problèmes de distribution. Les critiques exprimées alors sont plus pessimistes et sévères que ne l’ont laissé entendre les récents rapports de la Mission conjointe (C.I.C.R. – U.N.I.C.E.F.). 166 millions de dollars supplémentaires seront nécessaires pour l’aide alimentaire et humanitaire. Les promesses de dons ne dépassent cependant pas les 116 millions. Les pays donateurs expriment le souhait que l’U.N.I.C.E.F. garde le rôle d’agence directrice. Ce que James Grant, son directeur, accepte (Shawcross, 1985, pp. 257-258). | |||
Version du 17 janvier 2026 à 17:18
Mai 80 : Un « rapport démographique » de la C.I.A. sur le Cambodge affirme qu’il n’y a eu aucune exécution au cours des deux dernières années du régime de Pol Pot. Or en 1977-1978, les exécutions ont fait environ 500 000 morts (Biernan, 1998, p. 555) Bel exemple de désinformation de l’administration américaine qui cependant a disposé très tôt de rapports précis sur ce qui se passait dans le pays par le biais de l’ambassade américaine à Bangkok.
Début mai 80 : L’agence britannique Oxfam dénonce à son tour les dérives du gouvernement de Phnom Penh, notamment sur les détournements liés à la corruption et l’obligation faite aux paysans de devoir racheter l’aide. Malcolm Harper, dirigeant local de l’agence, écrit au siège social de l’agence : « Je ne pense pas, franchement, que ce gouvernement se soucie du peuple cambodgien. Ils sont maintenant embarqués dans un programme d’endoctrinement politique qui est, selon l’opinion de beaucoup d’entre nous, condamné à l’échec, mais qu’ils essaieront d’imposer par la peur et le favoritisme. » Il confie à son supérieur, Brian Walker qu’il estime sa mission est essentielle mais que, face aux difficultés actuelles, « nous déciderons que le temps est venu de s’en aller et d’envisager de vendre la mèche. Nous n’en sommes pas là mais nous ne devrions pas permettre à un idéalisme fumeux de nous empêcher de lire correctement les signes pour l’avenir. » Désarçonné par de tels propos, le directeur général d’Oxfam décide d’écrire à Hun Sen (ministre des Affaires étrangères) et se joint aux protestations du C.I.C.R. et de l’U.N.I.C.E.F. (Shawcross, 1985, pp. 254-256).
18 mai 80 : La Chine réussit un essai de lancement de missile balistique intercontinental CSS-4 dans le Pacifique Sud (Bui Xuan Quang, 2000, p. 720).
26 – 27 mai 80 : Conférence à Genève sur le Cambodge sous la présidence d’Andrew Peacock, ministre des affaires étrangères australien. Kurt Waldheim n’y prononce qu’un discours d’accueil. Elle a été demandée de longue date par les organismes humanitaires. 62 nations y participent. Plusieurs délégués des organisations humanitaires et les Américains craignent l’arrivée d’une seconde famine. Ils demandent plus de personnel pour aller travailler au Cambodge. On évoque les problèmes de distribution. Les critiques exprimées alors sont plus pessimistes et sévères que ne l’ont laissé entendre les récents rapports de la Mission conjointe (C.I.C.R. – U.N.I.C.E.F.). 166 millions de dollars supplémentaires seront nécessaires pour l’aide alimentaire et humanitaire. Les promesses de dons ne dépassent cependant pas les 116 millions. Les pays donateurs expriment le souhait que l’U.N.I.C.E.F. garde le rôle d’agence directrice. Ce que James Grant, son directeur, accepte (Shawcross, 1985, pp. 257-258).