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3 juillet 79 : Hun Sen, ministre des Affaires étrangères du nouveau régime installé par les Vietnamiens, adresse une lettre au Programme alimentaire mondial (P.A.M.). Après avoir décrit les atrocités du régime précédent et l’hécatombe qu’elles ont provoquées, il signale que sur les 4 millions de survivants souffrent de malnutrition et que la famine menace deux millions et deux cent cinquante mille d’entre eux. Il réclame la livraison de 108 000 tonnes de riz ou de farine ce blé, de l’huile et du sucre. La lettre n’invite aucune des organisations d’aide internationale à se rendre sur place et demande à ce que toutes les modalités de livraison passent par le biais de l’ambassadeur du Cambodge à Hanoï (Shawcross, 1985, pp. 103-104). | 3 juillet 79 : Hun Sen, ministre des Affaires étrangères du nouveau régime installé par les Vietnamiens, adresse une lettre au Programme alimentaire mondial (P.A.M.). Après avoir décrit les atrocités du régime précédent et l’hécatombe qu’elles ont provoquées, il signale que sur les 4 millions de survivants souffrent de malnutrition et que la famine menace deux millions et deux cent cinquante mille d’entre eux. Il réclame la livraison de 108 000 tonnes de riz ou de farine ce blé, de l’huile et du sucre. La lettre n’invite aucune des organisations d’aide internationale à se rendre sur place et demande à ce que toutes les modalités de livraison passent par le biais de l’ambassadeur du Cambodge à Hanoï (Shawcross, 1985, pp. 103-104). | ||
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11 juillet 79 : Le C.I.C.R. et l’U.N.I.C.E.F. envoient deux représentants au Cambodge, François Bugnion et Jacques Beaumont. D’Hanoï, ils devront attendre 6 jours avant de pouvoir se rendre à Phnom Penh via Ho Chi Minh-Ville. Ils sont rejoints par Victor Umbricht, fonctionnaire de l’O.N.U. et sont les premiers représentants de l’organisation internationale à pénétrer dans le pays mais pour une durée très limitée, 48 heures, qui rend tout travail sérieux impossible. Le spectacle qui les attend sur place les marque profondément. Leurs déplacements sont limités, ils ne peuvent se rendre qu’à Kompong Sen, à 45 km de la capitale. Ils rencontrent Hun Sen, ministre des Affaires étrangères souffrant de dysenterie, qui ignore ce qu’est l’O.N.U., puis Heng Sarim qui refuse de prolonger le séjour des représentants. | |||
A son retour à Genève, Umbricht produira un rapport accablant : 45 % de la population a été décimée par les KR, le pays est dans un total dénuement, la famine est « une menace constante ». Il en appelle à « une assistance internationale massive […] si l’on veut éviter une famine généralisée ». Les rapports des deux autres représentants sont de la même teneur (Shawcross, 1985, pp. 107-111). | |||
15 – 19 juillet 79 : Le gouvernement de Heng Sarim organise le procès par contumace de deux dirigeants kr, Pol Pot et Ieng Sary qui sont condamnés à mort. La sentence stipule que « leur responsabilité résulte d’une collusion avec les forces réactionnaires de Pékin et les autres représentants de la réaction internationale. » (Cambacérès, 2013, p. 272 ; participation d’une franco-vietnamienne en qualité de témoin à ce procès citée ''in'' Affonço, 2005, pp. 221-226). | 15 – 19 juillet 79 : Le gouvernement de Heng Sarim organise le procès par contumace de deux dirigeants kr, Pol Pot et Ieng Sary qui sont condamnés à mort. La sentence stipule que « leur responsabilité résulte d’une collusion avec les forces réactionnaires de Pékin et les autres représentants de la réaction internationale. » (Cambacérès, 2013, p. 272 ; participation d’une franco-vietnamienne en qualité de témoin à ce procès citée ''in'' Affonço, 2005, pp. 221-226). | ||
17 juillet 79 : François Bugnion (voir 11 juillet) envoie au C.I.C.R. à Genève un premier rapport avec une demande d’aide alimentaire et médicale qui s’effectuerait par le biais de la Croix-Rouge cambodgienne reconstituée. Le programme d’urgence est estimé à 3 mois avec l’envoi à Phnom Penh d’une équipe de 8 personnes (un délégué, un nutritionniste, un pharmacien, un coordinateur de transport, un administrateur un secrétaire et un radio-opérateur). Les communications se feront en français non codé afin que les autorités en soient informées. Il estime que l’opération allait nécessiter « beaucoup de diplomatie et de persuasion » (Shawcross, 1985, p. 112). | |||
17 - 19 juillet 79 : François Brugnon pour le C.I.C.R. et Jacques Beaumont pour l’U.N.I.C.E.F. effectuent la première mission de reconnaissance à Phnom Penh. | 17 - 19 juillet 79 : François Brugnon pour le C.I.C.R. et Jacques Beaumont pour l’U.N.I.C.E.F. effectuent la première mission de reconnaissance à Phnom Penh. | ||
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31 juillet 79 : Graeme Lean, employé au U.N.H.C.R., rapporte à Leslie Goodyear (adjoint de Waldheim) qu’il est impossible d’estimer le nombre de réfugiés sur la frontière khméro-thaïlandaise et quelle est l’attitude des autorités thaïes à leur égard : « Au risque de me répéter, il n’y a aucun espoir pour l’U.N.H.C.R. de pouvoir offrir un niveau respectable de secours ou de protection, jusqu’à la nomination d’un représentant sur place. » (Shawcross, 1985, p. 86, note 1) A cette date, David Taylor, ancien représentant du H.C.R. sur place, a été victime d’un accident de voiture, évacué sur Bangkok et n’est plus en poste. Il n’a pour l’instant pas été remplacé. | |||
Dernière version du 6 janvier 2026 à 13:26
Juillet 79 : Cyrus Vance (secrétaire d’État) effectue des sondages en vue d’une conférence internationale pour restaurer la neutralité du Cambodge sous l’autorité de Sihanouk. Sunao Sunada (ministre des Affaires étrangères du Japon) s’en entretient au sein de l’A.S.E.A.N. La démarche n’aboutit pas car la coalition redoute que l’occupation du Cambodge par le Vietnam soit reconnue par la communauté internationale (Richer, 2009, pp. 79-80).
Vance admet qu’il y a « une sérieuse menace de famine » dans la zone frontière entre le Cambodge et la Thaïlande où se trouvent environ 200 000 réfugiés. Il débloque une aide humanitaire d’urgence de 7 millions de dollars, tout en critiquant le Vietnam et le gouvernement cambodgien provietnamien pour leur refus de coopérer, les accusant de vouloir détourner cette aide. Sous la pression de différents lobbies, cette aide sera portée à 30 millions. Le Congrès la portera ensuite à 60 millions (Deron, 2009, p. 413).
Juillet – septembre 79 : Sous la poussée de l’armée vietnamienne, l’exode des populations civiles cambodgiennes (entre 500 et 800 000 personnes) vers la frontière thaïlandaise tourne au drame. Entre 20 et 50 % d’entre elles, victimes d’une impréparation totale, meurent de faim ou de maladies dans une zone particulièrement hostile. On déplore alors environ 200 000 morts. Les unités kr qui les accompagnent se désintègrent au fur et à mesure. Elles en viennent à se battre entre elles à la hache ou au couteau pour s’approprier des stocks de riz ou de médicaments. Il faudra attendre la fin de l’année pour que les forces kr se reconstituent (Peschoux, 1992, p. 80).
3 juillet 79 : Hun Sen, ministre des Affaires étrangères du nouveau régime installé par les Vietnamiens, adresse une lettre au Programme alimentaire mondial (P.A.M.). Après avoir décrit les atrocités du régime précédent et l’hécatombe qu’elles ont provoquées, il signale que sur les 4 millions de survivants souffrent de malnutrition et que la famine menace deux millions et deux cent cinquante mille d’entre eux. Il réclame la livraison de 108 000 tonnes de riz ou de farine ce blé, de l’huile et du sucre. La lettre n’invite aucune des organisations d’aide internationale à se rendre sur place et demande à ce que toutes les modalités de livraison passent par le biais de l’ambassadeur du Cambodge à Hanoï (Shawcross, 1985, pp. 103-104).
6 juillet 79 : Leslie Goodyear, chef du protocole aux Nations unies et adjoint de Waldheim avec qui il s’est rendu à de Bangkok, provoque une réunion des ambassadeurs pour discuter de la crise des réfugiés. Il évoque le sort des 45 000 personnes de Preah Vihear. Ilter Turkman (secrétaire adjoint à l’O.N.U.) fait observer que le rapatriement forcé est une « affaire politique délicate qui requiert de la prudence » en vue de ménager les autorités thaïlandaises. L’ambassadeur suédois Oeberg demande ce que l’U.N.H.C.R. faisait en faveur des 45 000 réfugiés du moment. Ilter Turkman reconnaît qu’on n’a pas pour l’instant produit un programme réalisable. L’inaction du haut-commissariat provoquera la consternation des cadres de Bangkok qui écrivent à Genève pour se plaindre de cette situation (Shawcross, 1985, pp. 85-86).
10 juillet 79 : Le représentant du Kampuchéa démocratique à l’O.N.U., Thioum Prasith, écrit à Henry Labouisse (président de l’U.N.I.C.E.F.) et lui signale qu’une visite de sa part à Phnom Penh constituerait une « reconnaissance implicite du régime installé par l’agression vietnamienne […] et qu’elle n’aiderait nullement les enfants kampuchéens, car elle serait utilisée comme élément d’un plan vietnamien destiné à exterminer le peuple kampuchéen. D’autre part, le gouvernement du Kampuchéa démocratique est prêt à accepter l’aide dans le mesure où cela lui permettrait de soigner les souffrances provoquées par l’agression vietnamienne. » (cité in Shawcross, 1985, p. 104) Thioum Prasith rencontrera Labouisse qui lui expliquera que la mission de l’U.N.I.C.E.F. à Phnom Penh sera purement exploratoire, destinée au mères et aux enfants. Il propose à son interlocuteur de mener le même type de mission sur les territoires tenus par les KR. Prasith dit qu’il transmettrait à son gouvernement. Il reverra Labouisse affirmant que si celui-ci voulait se rendre dans la zone contrôlée par les KR, il doit s’adresser à un dénommé So Hong que l’on peut contacter par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères thaï (Shawcross, 1985, p. 105).
11 juillet 79 : Le C.I.C.R. et l’U.N.I.C.E.F. envoient deux représentants au Cambodge, François Bugnion et Jacques Beaumont. D’Hanoï, ils devront attendre 6 jours avant de pouvoir se rendre à Phnom Penh via Ho Chi Minh-Ville. Ils sont rejoints par Victor Umbricht, fonctionnaire de l’O.N.U. et sont les premiers représentants de l’organisation internationale à pénétrer dans le pays mais pour une durée très limitée, 48 heures, qui rend tout travail sérieux impossible. Le spectacle qui les attend sur place les marque profondément. Leurs déplacements sont limités, ils ne peuvent se rendre qu’à Kompong Sen, à 45 km de la capitale. Ils rencontrent Hun Sen, ministre des Affaires étrangères souffrant de dysenterie, qui ignore ce qu’est l’O.N.U., puis Heng Sarim qui refuse de prolonger le séjour des représentants.
A son retour à Genève, Umbricht produira un rapport accablant : 45 % de la population a été décimée par les KR, le pays est dans un total dénuement, la famine est « une menace constante ». Il en appelle à « une assistance internationale massive […] si l’on veut éviter une famine généralisée ». Les rapports des deux autres représentants sont de la même teneur (Shawcross, 1985, pp. 107-111).
15 – 19 juillet 79 : Le gouvernement de Heng Sarim organise le procès par contumace de deux dirigeants kr, Pol Pot et Ieng Sary qui sont condamnés à mort. La sentence stipule que « leur responsabilité résulte d’une collusion avec les forces réactionnaires de Pékin et les autres représentants de la réaction internationale. » (Cambacérès, 2013, p. 272 ; participation d’une franco-vietnamienne en qualité de témoin à ce procès citée in Affonço, 2005, pp. 221-226).
17 juillet 79 : François Bugnion (voir 11 juillet) envoie au C.I.C.R. à Genève un premier rapport avec une demande d’aide alimentaire et médicale qui s’effectuerait par le biais de la Croix-Rouge cambodgienne reconstituée. Le programme d’urgence est estimé à 3 mois avec l’envoi à Phnom Penh d’une équipe de 8 personnes (un délégué, un nutritionniste, un pharmacien, un coordinateur de transport, un administrateur un secrétaire et un radio-opérateur). Les communications se feront en français non codé afin que les autorités en soient informées. Il estime que l’opération allait nécessiter « beaucoup de diplomatie et de persuasion » (Shawcross, 1985, p. 112).
17 - 19 juillet 79 : François Brugnon pour le C.I.C.R. et Jacques Beaumont pour l’U.N.I.C.E.F. effectuent la première mission de reconnaissance à Phnom Penh.
20 – 21 juillet 79 : Conférence à Genève sur le sort des réfugiés (Férier, 1993, p. 164) e Vietnam s’engage à faire un effort pour limiter les départs illégaux ; les pays de l’A.S.E.A.N. acceptent de maintenir un accueil temporaire des boat people ; les pays occidentaux doublent leur quotas d’accueil passant de 125 000 à 260 000 places (compte rendu sur https://www.refworld.org/docid/3ae68f40c.html, consulté le 06/08/25).
31 juillet 79 : Graeme Lean, employé au U.N.H.C.R., rapporte à Leslie Goodyear (adjoint de Waldheim) qu’il est impossible d’estimer le nombre de réfugiés sur la frontière khméro-thaïlandaise et quelle est l’attitude des autorités thaïes à leur égard : « Au risque de me répéter, il n’y a aucun espoir pour l’U.N.H.C.R. de pouvoir offrir un niveau respectable de secours ou de protection, jusqu’à la nomination d’un représentant sur place. » (Shawcross, 1985, p. 86, note 1) A cette date, David Taylor, ancien représentant du H.C.R. sur place, a été victime d’un accident de voiture, évacué sur Bangkok et n’est plus en poste. Il n’a pour l’instant pas été remplacé.