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	<title>Mémoires Indochine - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-08-04T22:25:10Z</updated>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Janvier_1964&amp;diff=5232</id>
		<title>Janvier 1964</title>
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		<updated>2026-07-31T13:41:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début 64 : Au Cambodge, d’importantes manifestations étudiantes soutiennent Sihanouk dans sa lutte contre l’impérialisme américain. L’opposition au régime est à ce moment assez inexistante (Richer, 2009, p. 30).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Janvier 64 : Déplorant les limites qui leur ont été imposées précédemment, les chefs d’état-major interarmes américains interviennent dans un mémorandum pour étendre la guerre : « Les États-Unis doivent être prêts à écarter un grand nombre des restrictions qu’ils s’étaient imposées et qui maintenant limitent nos efforts, et à entreprendre les actions les plus audacieuses qui peuvent présenter de plus grands risques. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Halberstam, 1974, p. 383).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une violente campagne de presse vise le premier ministre Tho, l’un des rares civils appartenant au gouvernement de l’après-Diem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Tra Van Don, « certaines personnalités prestigieuses de la faction des mandarins du parti Daï Viet réclament la formation d’un nouveau gouvernement, dont le premier ministre serait Le Van Kim. » Mais « la faction sudiste » du parti ne le soutient pas et lui barre même la route.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une cabale se monte contre le gouvernement en place. Les généraux Nguyen Van Thieu, Khiem et Khanh l’accusent de « neutralisme », un concept gaullien de non-alignement du S-V que Tran Van Don reconnaît ne pas renier, y compris publiquement, à condition que le N-V y adhère également. Khanh dénonce cette position auprès des Américains et confie à Lodge qu’il a justement participé au coup d’État pour ne pas en arriver là. Décontenancés, les Américains jouent pourtant la carte de la neutralité en soutenant officiellement Minh (Tran Van Don, 1985, pp. 205-207).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, manifestations spontanées de jeunes hostiles aux États-Unis. Nationalisation des banques, des assurances et de tout le secteur de l’import-export. Les entreprises étrangères sont indemnisées (Sihanouk, 1979, p. 237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 janvier 64 : Au Cambodge, exécution de Preap In (Khmer Serei, neveu de In Tam, gouverneur de la province de Takeo, voir 25 novembre 1963). Le film reproduisant avec beaucoup de détails son exécution, réalisé sur ordre de Sihanouk, est diffusé pendant un mois dans toutes les salles de cinéma et ce, à chaque séance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; – 8 janvier 64 : Second congrès du F.N.L. après celui, fondateur, des 19 - 20 décembre 1960. Le nombre de membres du comité central passe de 30 à 64, avec 11 nominations ultérieures. Une source n-v évoque un nombre de 100 membres avec 30 sièges réservés à « des personnalités et organisations qui pourraient adhérer ultérieurement. » (Fall, 1967, pp. 412-413). Huynh Phan Phat, architecte de formation mais aussi résistant chevronné des maquis du Sud depuis la première guerre d’Indochine, prend la tête du secrétariat général et remplace Tran Buu Khiem dont l’épouse a été arrêtée et est détenue. Phat passe pour être favorable à la Chine. Vo Chi Cong, membre du P.P.R., obtient une vice-présidence. Le président Nguyen Huu Tho poursuit une politique d’ouverture amorcée par les 6 propositions émises le 8 novembre 1963.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’instabilité du pouvoir au sein de la junte militaire s-v condamne d’entrée l’amorce d’un dialogue avec le VC, si tant est qu’elle puisse avoir lieu (Lacouture, 1965, pp. 172-173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 janvier 64 : Un rapport de Victor H. Krulak (responsable du groupe interministériel chargé de l&#039; OPLAN 34-A) adressé à Johnson décrit &#039;&#039;&#039;les futures opérations clandestines (34-A)&#039;&#039;&#039; qui auront pour but de provoquer « des démolitions substantielles, des pertes économiques et de harceler l’adversaire. » Le rythme et l’ampleur de ces missions devant s’élever en 3 étapes au cours de 1964 jusqu’à atteindre « des objectifs directement liés à la prospérité économique et industrielle du N-V.» Ni l’opinion publique ni même le Congrès ne connaissent leur existence. Johnson et son administration pratiquent d’entrée une guerre secrète (Halberstam, 1974, p. 426 et 428).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, les troupes demeurées malgré les engagements n-v pris à Genève en 1962 sont estimées entre 40 000 et 50 000 hommes en 1964. Des opérations clandestines de bombardement sur le Laos sont prévues : des groupes de chasseurs-bombardiers T-28 à hélice portant des cocardes laotiennes sont en fait des avions appartenant à l’&#039;&#039;Air America&#039;&#039;, compagnie privée qui dépend directement de la C.I.A. Selon Johnson et son administration, elles doivent préfigurer ce qui se passera au N-V si celui-ci continue ses menées au S-V (voir 23 novembre 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 – 6 janvier 64 : Venue à Phnom Penh d’une mission d’amitié française conduite par le ministre des Armées Pierre Messmer. Elle est mal perçue par les Américains se situant peu après la renonciation de Sihanouk à l’aide économique en provenance des U.S.A. Paris confirme ainsi son appui aux thèses neutralistes défendues par le Cambodge (Chaffard, 1964, p. 293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 janvier 64 : Lors d’un conseil des ministres secret, le ministre français des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville, évoque « une nouvelle phase de la politique française en Asie » liée à la future reconnaissance officielle par la France de la Chine communiste. Même s’il ne faut pas en attendre d’importantes retombées économiques immédiates, De Gaulle conclut le conseil en disant : « Ce qui est sûr, c’est qu’un jour ou l’autre, la Chine sera une grande réalité politique, économique et même militaire. La France doit en tenir compte. » (Journoud, 2011, pp. 143-144).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 janvier 64 : Consciente d’un risque d’intensification du conflit à l’aide de bombardements américains, la R.D.V.N. lance un programme pour familiariser les civils à des mesures de défenses passives (Cesari, 1995, p. 156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 janvier 64 : Le &#039;&#039;Saigon Post&#039;&#039; (journal vietnamien de langue anglaise) dénonce les abus des chefs de districts, chargés de la protection des habitants et nommés par le gouvernement sud-vietnamien. Ils terrorisent ceux qu’ils sont censés protéger et, de cette manière, font le jeu du Vietcong (Halberstam, 1966, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 janvier 64 : Malgré les positions prochinoises adoptées lors du 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; plénum du Lao Dong en décembre 1963, une délégation russe est accueillie à Hanoi. Elle est conduite par Iouri Andropov qui dirige le département des relations avec les partis communistes étrangers. Elle est accueillie par HCM moins écouté et qui fait figure à cette époque de modéré. On aplanit des deux côtés les dissensions en insistant sur l’unité du « camp socialiste » (Marangé, 2012, p. 314).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 janvier 64 : Opération héliportée de vaste ampleur sur l’île de Thanh Phu (dans le Ben Tre, au sud de Mytho) par les forces s-v épaulées par les Américains. Font partie de l’expédition militaire : 50 hélicoptères, 3 000 soldats, 26 chars M-113, 26 unités navales appuyées par l’aviation. Le VC (bataillon 303) laisse se poser les 4 premières vagues puis riposte en abattant ou endommageant les hélicoptères. L’engagement dure deux jours et les troupes s-v commandées par le général Le Van Kim subissent de lourdes pertes (estimées à 600 morts et blessés par le VC). Les troupes du VC parviennent au final à se disperser. Selon le correspondant de l’&#039;&#039;Associated Press&#039;&#039;, ce fut « un des jours les plus sombres de la guerre pour ce qui est des opérations héliportées américaines. » (Burchett, 1965, pp. 296-297).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 janvier 64 : Publication par l’A.F.P. d’un long éditorial sur la politique asiatique de la France présentant ses vues pour le Vietnam : annonce prochaine  de la reconnaissance de la Chine, préconisation d’un cessez-le-feu, du principe de non-ingérence étrangère et d’une réunification graduelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Journoud, depuis la non-reconnaissance officielle par la France du nouveau gouvernement s-v (voir 6 novembre 1963), « la France devint rapidement le bouc émissaire des difficultés et des échecs politico-militaires du nouveau régime, seulement parce qu’elle se faisait l’avocate d’une solution négociée. » Agitateurs autour des établissements scolaires français, campagnes de presse, intimidation en tout genre à l’égard des résidents français sont devenus monnaie courante (Journoud, 2011, pp. 137-138).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport s-v transmis au directeur de la police de la province de Hau Giang (au sud de Can Tho) et intercepté par le S.D.E.C.E. (services secrets français) montre que la population locale, après s’être réjouie du coup d’État pour lequel elle espérait une amélioration de son niveau de vie, a rapidement déchanté et souhaite à court terme la neutralisation du S-V. Les manifestations saïgonaises organisées par les étudiants contre la politique neutraliste de De Gaulle ont soulevé de vives critiques au sein d’une population rurale qui désire la paix et la réunification. Le rapport conclut qu’« il s’agit là de la population de Hau Giang en particulier, et de celle du peuple vietnamien en général. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 140). Selon Journoud, toutes les classes de la société s-v éprouvent à peu près un même sentiment : lassitude à l’égard d’une guerre qui dure depuis plus de 20 ans, désir de paix dont la neutralité est sans doute la clé. Les thèses du F.N.L. ont donc le vent en poupe et l’anti-américanisme comme moteur de la poursuite de la guerre de beaux jours devant lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 janvier 64 : Un mémorandum du général Taylor (président du Comité des Chefs d’état-major) avertit McN que s’il est d’accord avec la mise en place d’opérations clandestines, il n’en pense pas moins que l’efficacité de celles-ci sera limitée et ne pourra être efficiente avant 2 ans. Il déplore que l’initiative des combats vienne toujours du Vietcong, les Américains et S-V jouant le simple rôle de simples « pompiers » : « Nous n’agissons pas, nous nous contentons de réagir, du fait même des limites que nous nous sommes volontairement imposées ». Il préconise « un programme plus offensif », avec « un certain nombre d’opérations [menées] à l’extérieur sur le Sud-Vietnam » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 303-307 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 183-188). xyxy&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil des notables (organe consultatif du gouvernement s-v) sollicite du Conseil militaire révolutionnaire (C.M.R.) et du gouvernement civil la rupture des relations diplomatiques avec la France. Sa motion ne sera toutefois pas suivie (Journoud, 2011, p. 138). Le S-V refusera par la suite l’agrément d’un nouvel ambassadeur de France à Saigon, Roger du Gardier, qui avait été conseillé diplomatique du haut-commissaire en Indochine entre 1948 et 1951, en remplacement de Roger Lalouette. Il est discrédité pour avoir soutenu Diem et s’être trop impliqué au moment du putsch (Journoud, 2011, p. 138).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La revue catholique &#039;&#039;Fides&#039;&#039; évoque des « incidents » et l’existence de rumeurs malveillantes (puits empoisonnés, médecine nocive distribuée dans les dispensaires catholiques, bonzes et bouddhistes enterrés vivants par des chrétiens) évoquant des tensions entre certains bouddhistes « marqués par le propagande communiste » et les catholiques.     « Le nouveau gouvernement n’ignore pas ces choses et s’efforce loyalement de réagir parce qu’il ne veut pas et ne tolèrerait pas une guerre religieuse qui diminuerait le potentiel moral de la nation en face du péril communiste. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, pp. 244-245)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 janvier 64 : Une délégation du Lao Dong dirigée par Le Duan (accompagné de Le Duc Tho et Hoang Van Hoan) part pour Moscou sur invitation du comité central du parti communiste soviétique. Elle fait escale à Pékin où Le Duan rencontre Mao et lui explique espérer maintenir un &#039;&#039;statu quo&#039;&#039; avec les Russes. Ce que lui déconseille vivement Mao qui est entendu. Le jour de son arrivée à Moscou, le 31, Le Duan prononce un discours très critique à l’égard des dirigeants soviétiques. Il rencontre Khrouchtchev qui lui annonce une baisse de l’assistance à la R.D.V.N. (Marangé, 2012, pp. 314-315).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 janvier 64 : McGeorge Bundy (conseiller à la Sécurité nationale) remet une  courte note à LBJ (mémo dit de « la croisée des chemins ») et demande une réunion entre lui, McN (également signataire de la note) et le président. Les 2 signataires pensent que la politique en cours « ne peut conduire qu’à une défaite désastreuse. » Pour forcer les communistes à un changement de politique, il faut « déployer toutes nos ressources tout en empruntant la voie de la négociation. » LBJ ne sait trop que faire. Il restreint les frappes aériennes, rappelle certains non-combattants mais ordonne en même temps une nouvelle patrouille De Soto (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; février) (Prados, 2011, p. 207).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général William Westmoreland, arrivé au Vietnam en 1963, est désigné pour succéder à Paul Harkins, à la tête du &#039;&#039;Military Assistance Command Vietnam&#039;&#039; (M.A.C.V.) Il occupera le poste le 20 juin (Spencer, Tucker, 2000, p. 484).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par un bref communiqué, la France et la R.P.C. (en rupture avec l’U.R.S.S.) annoncent qu’elles vont établir dans les 3 mois des relations diplomatiques mutuelles avec échange d’ambassadeurs. Au préalable, Rusk avait confié à Lodge : « Nous pensons que la guerre peut être gagnée et considérons l’approche française comme une avenue de désastres susceptible de mener au contrôle communiste de tout le Vietnam et de l’Asie du Sud-Est. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 144) De Gaulle voit là, au contraire, un moyen de se mettre d’accord avec les Chinois pour convaincre les Américains de travailler à la réunification d’un Vietnam neutre. Mais ne s’illusionne-t-il pas ? Car, pour Jornoud, « la Chine jusqu’auboutiste de 1964 [qui] n’était plus celle, habile et temporisatrice, de 1954 » (Journoud, 2011, p. 146). Autres illusions gaulliennes : quel poids peut vraiment peser la France au cœur même de la guerre froide ? Et ce peuple n-v, qui se bat depuis plus de 20 ans dans la foi du communisme, a-t-il vraiment l’intention de devenir neutre ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 janvier 64 : Khanh qui a fait courir la rumeur que Minh est neutraliste prévient Harkins qu’il prépare un coup d’État pour le 30 (Cesari, 1995, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 janvier 64 : &#039;&#039;&#039;Premier coup d’État depuis la chute de Diem. Prise du pouvoir par le général Nguyen Van Khanh&#039;&#039;&#039; (opération « Purge »). Il demeurera en place jusqu’au 20 février 1965. Selon l’ancien président de l’assemblée nationale s-v, « pas un seul coup de feu n’a été tiré. C’était une véritable révolution de Palais. » (Truong Vinh Le, 1989, p. 125). C’est en fait le début d’une longue série de coups d’État à venir au S-V suite la mort de Diem… (Sheehan, 1990, pp. 449-450)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Selon McN, les États-Unis « n’avai[ent] ni encouragé ni aidé ce putsch. »&#039;&#039;&#039; (McNamara, 1996, pp. 117-118) &#039;&#039;&#039;mais l’ont avalisé par le soutien inconditionnel d’Harkins (commandant le M.A.C.V. et ancien soutien de Diem) au projet.&#039;&#039;&#039; Même s’il n’a été que tardivement mis dans la confidence, le rôle de l’ambassadeur Lodge demeure ambigu. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a rien fait pour contrarier ce qui se tramait et prévenir les généraux menacés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le seul civil voulu par les Américains de l’ancien gouvernement, le premier ministre Nguyen Ngoc Tho, est arrêté. Accusés d’être favorables au neutralisme gaullien, les généraux ayant participé au putsch contre Diem Tran Van Don (Défense), le Van Kim, Ton That Dinh (Intérieur), Mai Huu Xuan et Nguyen Van Vi (rentré depuis peu de Paris après la chute de Diem) sont également arrêtés et mis en résidence surveillée à Dalat par des hommes de la Garde nationale diligentés par Duong Van Minh, désormais président du nouveau Conseil militaire révolutionnaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Don apprend que ce sont les généraux Nguyen Khanh et Khiem (voir ci-dessous) qui sont en fait à l’origine de ce coup d’État. Khanh n’a pas été impliqué directement dans la chute de Diem et est soutenu par les Américains. Quant au nouveau ministre de l’Intérieur, le général Le Van Kim, il n’aurait même pas été mis au courant de ces arrestations. Les ex-putschistes sont emmenés à Saigon puis vers My Khe, localité proche de Da Nang, dans la résidence de l’homme d’affaires Nguyen Van Buu (Tran Van Don, 1985, pp. 178-180 ; archives déclassifiées de la C.I.A., 30 janvier 1964, TDSDB-3/659,315).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Nguyen Khanh devient très temporairement le nouvel homme fort du régime dont le but est d’instaurer une dictature militaire.&#039;&#039;&#039; Il a bénéficié de la passivité du général Tran Thien Kiem, commandant la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Région militaire, qui a refusé de soutenir Duong Van Minh et a obtenu l’appui d’Harkins (commandant le M.A.C.V.). Une nouvelle junte de généraux proaméricains prend les rênes du pouvoir : Tran Thiem Kiem, Le Van Kim (Intérieur), Do Cao Tri, Nguyen Huu Co, Le Van Nghiem, Pham Xua Chieu, Tran Van Minh, Nguyen Van Thieu (futur président du S-V), Lam Van Phat, Duong Van Duc (Truong Vinh Le, 1989, p. 125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une note du S.D.E.C.E. du 10 mars 1964, le commandant Nhung, l’exécuteur de Diem et Nhu, aurait été assassiné ce jour, sans doute sur ordre de Khanh parce qu’il aurait révélé des informations sur les agissements de ce dernier sous le régime diémiste (Journoud, 2011, p. 468, note 47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 janvier 64 : Tran Van Don et les généraux arrêtés sont informés qu’un Conseil révolutionnaire des forces armées est constitué sous la présidence de Khanh (Tran Van Don, 1985, p. 183). Ils sont transférés et isolés à Tien Xa dans une base de station radar américaine en construction proche Da Nang où ils demeureront trois semaines (Tran Van Don, 1985, p. 184). Ils ignorent les raisons de leur arrestation. On les accusera ultérieurement, en février, « de promouvoir une politique « neutraliste » » (Tran Van Don, 1985, p. 185). Ce concept avait été promu par De Gaulle (voir 29 août 1963) et ces généraux sont tous de formation française. Ils n’inspirent donc pas confiance aux Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une conférence de presse, De Gaulle rappelle qu’il n’y a aucune solution politique en Indochine en dehors de l’influence chinoise et que la neutralisation de la péninsule ne pouvait se faire sans l&#039;accord de la Chine (De Quirielle, 1992, p. 36).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1963&amp;diff=5231</id>
		<title>Décembre 1963</title>
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		<updated>2026-07-31T13:39:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 63 : 16 300 conseillers militaires américains sont présents au Sud-Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN se rend à nouveau au Vietnam. Il tente d’interroger un commandant qui connaît bien la situation mais Harkins et Stilwell (chef d’opération du M.A.C.V.) ne cessent de l’interrompre. McN, furieux, leur demande de laisser parler l’officier subalterne. A son retour, McN rencontre McCone (directeur de la C.I.A.) qui se dit préoccupé par les rapports émanant de Saigon. Ils décident de procéder à une (énième…) analyse émanant conjointement de la C.I.A. et du département de la Défense. Selon Halberstam, « […] Rusk se contenta d’attendre, de laisser venir les évènements […] Dean Rusk avait horreur de s’attaquer aux militaires sur la question de leurs besoins et de leurs exigences, car il craignait une scission Département d’État-Département de la Défense […] » (Halberstam, 1974, pp. 345-346).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un vif débat s’instaure à la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; session du Comité central du Lao Dong.&#039;&#039;&#039; Selon Marangé, « le contenu exact des débats n’est pas connu, mais on sait que le plénum fut extrêmement tendu. » La question des relations du Lao Dong avec les partis communistes chinois et soviétique est posée. &#039;&#039;&#039;Les débats opposent une tendance modérée, pro-russe (HCM dont le rôle est déclinant, le premier ministre Pham Van Dong, peut-être Giap), qui veut éviter un choc frontal avec les U.S.A. en poursuivant la guérilla au Sud à une tendance dure, maoïste (Le Duan, Le Duc Tho, Truong Chin) qui prône la réunification par le combat contre les pays capitalistes et dont le principal adversaire sont les États-Unis.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces positions divergentes sont aussi la conséquence du récent accord de pacification conclu par l’U.R.S.S., la Grande-Bretagne et les U.S.A. le 5 août, accord violemment dénoncé par la Chine. C’est finalement la tendance dure et prochinoise qui l’emporte, celle de Le Duan, sans qu’il y ait toutefois unanimité au sein de l’armée, notamment de la part du général Le Liem. Selon Marangé, ce « fut une victoire en demi-teinte », 10 membres du comité central dont HCM et peut-être Giap n’ayant pas participé à la session de clôture ni au vote des résolutions (Francini 2, 1988, pp. 270-271 ; Marangé, 2012, pp. 312-313). Le Parti connaît alors une vague de purges qui affecte les intellectuels et les étudiants modérés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre 63 : Après la chute de Diem, le Comité inter-sectes pour la défense du bouddhisme adresse à Paul VI le message suivant : « Le bouddhisme vietnamien libéré par la révolution d’une oppression sas précédent dans l’histoire nationale, vous prie d’accepter ses sentiments de reconnaissance pour votre haute intervention en faveur de sa lutte. Nous espérons que votre noble geste sera compris par nos frères catholiques d’ici, auxquels nous adressons l’assurance de notre religieuse sympathie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 242-243, note 44)   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 décembre 63 : Suite à l’annonce de Rusk (voir 21 novembre) et malgré le décès de Kennedy, un contingent de 300 conseillers américains quitte le S-V. Ce retrait des forces américaines n’est que très provisoire même si, officiellement, leur départ définitif et complet est toujours programmé pour décembre 1965 (Chaffard, 1964, pp. 282-283). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 décembre 63 : Le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; écrit : « Pendant les six mois à venir, le nouveau gouvernement [s-v] aura à mener une lutte ardue pour reprendre l’initiative. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1965, p. 294). Ce qu’il ne fera pas, se noyant dans les querelles intestines de l’après-Diem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk se réjouit publiquement de la disparition de 3 ennemis du Cambodge : Ngo Dinh Diem, Kennedy et Sarit Tanarat (premier ministre thaïlandais, décédé la veille). Il invite la population à célébrer leur mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 décembre 63 : De Gaulle reçoit le secrétaire d’État américain Dean Rusk qui déclare que les États-Unis, dans l’intérêt de l’Occident, souhaitent que la France puisse maintenir au Cambodge une fenêtre ouverte sur le « monde libre » (Chaffard, 1964, p. 294). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 - 20 décembre 63 : Arrivant d’Europe où il a assisté à une conférence de l’O.T.A.N., &#039;&#039;&#039;McN et son équipe ont été mandatés par LBJ pour se rendre à Saigon.&#039;&#039;&#039; Le président a en effet de plus en plus de doute sur l’excès d’optimisme des rapports qu’il reçoit et qu’il sait basés sur des statistiques vietnamiennes qu’il suppose erronées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En présence de Lodge, la délégation américaine a un entretien glacial avec les membres de la junte militaire au pouvoir&#039;&#039;&#039; : Minh (chef de l’État), Le Van Kim, le premier ministre Tho, Tran Van Don (ministre de la Défense et chef des armées). Ce dernier observe que McN lui a serré la main avec froideur, ne lui a pas adressé la parole et a détourné le regard lors de son accueil. L’après-midi, lors d’une réunion, le secrétaire à la Défense pose la question : &#039;&#039;&#039;« Qui est le patron ici ? » Personne ne répond, pas même Minh&#039;&#039;&#039;. Selon Don, « cette attitude fit mauvais effet sur MacNamara et les autres Américains présents. » Par la suite, Don apprendra que &#039;&#039;&#039;McN déplore le manque de coordination entre Minh et Lodge car le premier ne se manifeste guère et fait preuve de « nonchalance ».&#039;&#039;&#039; Selon Tran Van Don, c’est ce manque de confiance américain qui sera à l’origine de la disgrâce des 4 généraux lors du coup d’État du 30 janvier 1964 (Tran Van Don, 1985, pp. 204-205). Selon l’hebdomadaire &#039;&#039;Newsweek&#039;&#039; qui rapportera le 5 janvier 1964 les propos du secrétaire à la Défense adressés aux généraux de la junte, McN aurait dit : « La saison des pluies a commencé et la poursuite de l’ennemi est plus aisée qu’elle ne l’a jamais été. Cessez de vous soucier des pertes et battez-vous comme si c’était votre dernière chance. Car il se pourrait que cela soit votre dernière chance… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1965, p. 296)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 décembre 63 : Au Cambodge, Sihanouk, qui supporte de plus en plus mal les critiques formulées, notamment par Douc Rasy. Celui-ci dénonce la politique économique, la corruption du régime et le rejet par Sihanouk de l&#039;aide américaine. Ce dernier déclare que « les attaques contre sa personne sont intolérables. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon, manifestation antigaulliste soutenue par les Américains (Chaffard, 1964, p. 293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 décembre 63 : &#039;&#039;&#039;De retour du Vietnam,&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;McN remet à Johnson un rapport très sombre sur la situation militaire au S-V : « La situation est très inquiétante. »&#039;&#039;&#039; Le nouveau gouvernement Minh est « indécis et hésitant ». De plus, ni Minh ni les généraux qui ont pris le pouvoir « n’ont d’expérience dans le domaine de l’administration et, jusqu’à présent, aucune personnalité marquante ne s’est révélée dans ce domaine. » Les dirigeants des hameaux stratégiques moribonds reçoivent peu de directives car les généraux sont absorbés par leurs questions de querelles politiques. Les rapports entre Lodge et Harkins sont toujours aussi inexistants. Lodge « ne sait pas diriger une administration coordonnée. » Les échanges d’informations entre la C.I.A. et la Défense sont insuffisants. « Le Vietcong a enregistré de grands progrès depuis le putsch [...] J’ai l’impression que depuis juillet la situation dans les campagnes s&#039;est détériorée bien plus que nous le pensions, parce que nos renseignements reposaient par trop sur des rapports déformés fournis par les Vietnamiens. » La situation dans la région autour de Saigon et du delta du Mékong est plus que préoccupante (&#039;&#039;Le dossier de Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 217-218 et pp. 300-303)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suivent les habituelles prescriptions rarement mises en œuvre dans leur plénitude : le gouvernement doit redistribuer ses forces de façon à doubler sa présence dans les provinces ; les opérations de pacification doivent durer dans le temps pour atteindre une réelle efficacité ; les infiltrations d’hommes et de matériel se poursuivent, il faut donc cartographier les frontières afin que l’on ne puisse pénétrer ni au Laos ni au Cambodge ; des sabotages doivent être prévus au N-V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN ne préconise pas d’envoyer plus d’hommes mais estime qu’il faudrait avoir sur place des informateurs fiables pour suivre le déroulement des opérations. Ce que ne fait pas vraiment Lodge qui est désormais sollicité par LBJ pour produire des rapports hebdomadaires détaillés. Pour autant, le secrétaire à la Défense déclare publiquement le même jour : « Nous avons examiné les plans des Sud-Vietnamiens et nous avons toute raison de croire qu’ils réussiront. » (McNamara, 1996, p. 112) En cette fin d’année et dans les premiers mois de 1964, LBJ décide cependant de tenir bon au Vietnam, soutenu en cela par le C.N.S.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 décembre 63 – 3 janvier 64 : Les bouddhistes organisent un grand Congrès à Saïgon dans la pagode Xa Loi, un haut lieu de leur contestation du régime de Diem. Ils se proposent d’unifier tous les courants du bouddhisme en fondant l’Église unie du bouddhisme vietnamien (ou Association du bouddhisme unifié). Les deux grands courants de la religion jusqu’alors rivaux se rapprochent : &#039;&#039;Theravada&#039;&#039; (Petit Véhicule, orthodoxe, issu du Cambodge et populaire au Sud-Vietnam) et &#039;&#039;Mahayana&#039;&#039; (Grand Véhicule), plus social et qui a largement participé aux récents événements de contestation du régime diémiste (Gheddo, 1970, pp. 309-310). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 décembre 63 : Au Cambodge, un banquier d’origine chinoise dénommé Songsakd Kitpanich s’enfuit au S-V à bord d’un avion de tourisme. Il est accusé d’importants détournements de fonds aux dépens de divers organismes d’État. Il est également soupçonné d’être un des responsables du mouvement des Khmers Serei. Un certain nombre de ministres et de secrétaires d’État ont trempé dans l’affaire : Sak Suksaskhan (Intérieur) et Long Boret (Finances). Limogés, ils feront cependant leur retour sous le gouvernement Lon Lol en mars 1970 après la destitution de Sihanouk (Sihanouk, 1979, p. 237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 décembre 63 : Lors d’une réception, LBJ confie aux membres de l’état-major interarmes : « Laissez-moi être élu et vous aurez votre guerre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pericone, 2014, p. 129)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 décembre 63 : Un millier de militaires américains ont quitté le Vietnam sur décision de Kennedy (mais non de Johnson). Il n’y aura plus d’autres départ avant bien longtemps (Chaffard, 1969, p. 346).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 - 31 décembre 63 : Au Cambodge, seizième congrès du Sangkum : approbation du rejet de toutes les aides militaires et civiles américaines. On prononce le renvoi de &#039;&#039;l’United States Operation Mission&#039;&#039; (U.N.S.O.M.) et du &#039;&#039;Military Advisory Assistance Group&#039;&#039; (M.A.A.G.) C’est le début d’une vive et durable tension entre le Cambodge et les U.S.A. (Tong, 1972, pp. 93-94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin 63 : Les très contestés « hameaux stratégiques » sont progressivement abandonnés voire détruits par leurs occupants. C’est ce dont témoigne le secrétaire général du comité central du F.N.L., Huyn Tan Phat,  pour la région de Saigon : « Mais après le putsch qui a renversé Diem en novembre, les gens se sont soulevés et en ont détruit un grand nombre. Fin 1963, plus de cinquante hameaux étaient entièrement démantelés, y compris quelques « hameaux modèles » ; les paysans avaient regagné leur ancien village et s’étaient remis à travailler leurs terres au nez et à la barbe de l’ennemi. Dans tous les autres, ou presque, nous avons pu mettre nos propres organisations en place. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1965, p. 191)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nombre de conseillers militaires américains au S-V s’élève à 23 000 hommes (ils étaient 16 000 sous Kennedy). S’y ajoute le personnel civil : C.I.A., A.I.D., département d’État, entre autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les mémoires de Nixon, les pertes américaines s’élèvent fin 1963 à 612 hommes (Nixon, 1985, p. 81).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Novembre_1963&amp;diff=5230</id>
		<title>Novembre 1963</title>
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		<updated>2026-07-31T13:36:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début novembre 63 : La C.I.A. est informée que Nhu a établi un projet de contrecoup d’État visant à annihiler celui des généraux. Il a fait appel à ses fidèles ou du moins ceux qu’il juge tels : le colonel Tung des Forces spéciales et le général Ton That Dinh (qui a rejoint la conjuration, voir 30 octobre) dont les troupes doivent être massées autour de Saigon. Cette action devrait impressionner les Américains (Halberstam, 1966, pp. 270-271 ; Truong Vinh Le, 1989, p. 98). Dinh, un familier des Ngo, sera reçu ultérieurement par Nhu pour être mis au courant de ce projet. Il est prêt à accepter mais demande le poste de ministre de l’Intérieur. Nhu le lui refuse et se brouille avec le général qui bascule alors définitivement du côté des putschistes (Truong Vinh Le, 1989, p. 98)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En novembre 1963, 57% des personnes interrogées par un sondage Harris aux U.S.A. approuvent la gestion de l’administration Kennedy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 63 : &#039;&#039;&#039;Coup d’État contre Diem et Nhu.&#039;&#039;&#039; L’amiral Felt (commandant des forces navales dans le Pacifique) qui  est venu quelques jours à Saïgon doit repartir à midi. Vers      10 h 00 du matin, Lodge l’accompagne chez Diem. On évoque à demi-mot les rumeurs de coup d’État : Diem se garde bien d’évoquer le projet de contre coup d’État de Nhu ; Lodge et Felt n’évoquent pas ce qui se trame et dont, semble-t-il, ils ignorent l’échéance à court terme (Halberstam, 1966, p. 280).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après le départ de Felt, Diem demande à Lodge de rester pour une brève discussion. L’ambassadeur câblera ensuite à Washington : « Quand je me suis levé pour prendre congé, il [Diem] m’a dit : « Je vous prie de dire au président Kennedy que je suis un allié franc et loyal, que je préfère être franc et régler les questions maintenant plutôt que d’en discuter après que nous aurons tout perdu […] Dites au président Kennedy que je prends toutes ses suggestions avec le plus grand sérieux et que je souhaite les mettre à exécution, mais que c’est une question de choix du moment. » Et Lodge de commenter : « J’ai le sentiment que c’est un nouveau pas dans le dialogue que [Diem] avait ouvert lors de notre entretien à Dalat dimanche [27 août]. Si les États-Unis veulent conclure un accord global, je pense que nous serions en position de le faire […] Il a déclaré en effet : « Dites-nous ce que vous voulez et nous le ferons. J’espère discuter de ce point avec Washington. » &#039;&#039;&#039;Le message de Diem est transmis par Lodge à l’administration mais arrive trop tard car dès 13 h 30 le putsch est déjà en cours d’exécution&#039;&#039;&#039; (MacNamara, 1996, pp. 91-92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers midi a été programmé un repas qui doit regrouper l’ensemble des militaires de haut-rang, putschistes et rebelles, organisé par le général Tran Thien Khiem à l’État-major général. C’est Duong Van Minh qui annonce le déclenchement du coup d’État. Minh demande aux militaires présents de faire allégeance au nouveau régime qui se donne pour nom « Conseil militaire révolutionnaire ». Un seul refuse, le colonel Le Quang Trieu, chef des Forces spéciales de Nhu. Il est arrêté sur le champ et sera fusillé le soir même avec son frère (major) par le futur exécuteur de Diem et Nhu, garde du corps de Minh chargé des basses besognes, Nguyen Van Nhung (Tran Van Don, 1985, p. 171). A 13 h 30, Conein (C.I.A.) les rejoint avec la somme de 40 000 dollars pour motiver les plus récalcitrants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem et Nhu ne réagissent pas immédiatement, croyant au déclenchement de leur contrecoup d’État préparé par Nhu qui avait été codé sous le nom de &#039;&#039;Bravo I&#039;&#039;. Or, en moins de 3 heures, le Q.G. de la police, la radio et l’aéroport tombent aux mains des insurgés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 15 h 00, les putschistes (14 généraux et 10 colonels) se font connaître et lancent un message à la radio appelant Diem à démissionner. Les troupes fidèles au président, stationnées près de là, organisent la défense du palais présidentiel qui résiste sans combats avec le soutien de chars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 16 h 00, Diem téléphone à l’État-major général et invite, comme il l’avait fait en en 1960, les généraux récalcitrants à se rendre au palais pour négocier. Il tombe sur Don qui refuse toute amorce de négociation. Diem a alors son avant-dernière conversation téléphonique avec Lodge. Ce dernier prétend n’être au courant de presque rien mais l’informe que des sauf-conduits lui seront accordés ainsi qu’à son frère, s’il donne sa démission. Lodge l’assure alors pouvoir faire « quelque chose pour [sa] sécurité personnelle ». Les putschistes contactent Diem et lui demande de se rendre, lui et son frère. Tous deux refusent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 20 h 00, nouvel et dernier appel de Lodge qui dit propose au président et à sa famille de partir pour l’étranger. Diem, toujours aussi intransigeant, refuse de quitter ses fonctions. Jusqu’à 22 h 00 parviennent des appels des généraux Do Cao Tri (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; Région) et Nguyen Khanh (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Région) qui, toujours fidèles au régime, proposent d’envoyer des troupes pour sauver la situation à Saigon. Diem refuse, alors que Nhu souhaite quant à lui partir pour Pleiku. Le président le convainc de rester avec lui pour assurer sa sécurité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à 23 h 00 que Diem et Nhu prennent la fuite du palais présidentiel par une porte discrète. Ordre a été donné de ne pas le défendre pour éviter un bain de sang. Un véhicule vient les prendre et les emmène alors à Cholon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 novembre 63 : De là, vers 2 h 30, Diem reprend contact avec les putschistes et leur dit qu’il est prêt à passer le pouvoir à Truong Vinh Le, le président de l’Assemblée nationale. Or ce dernier a pris les devants et s’est réfugié hors de son domicile. Il est donc injoignable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A  6 h 30, toujours aucune réponse des généraux à la proposition. Diem et Nhu se sont réfugiés dans l’église du révérend père Lan. Selon Don, les deux hommes tentent alors de trouver refuge chez le colonel Cao Van Vien (commandant une brigade de parachutistes restée fidèle) mais, jointe par téléphone, son épouse indique que le colonel a été arrêté et que son domicile est surveillé. Toujours selon le même, « ils se rendirent alors chez un homme d’affaires chinois de leurs amis. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Là, à 7 h 00, Diem téléphone à l’état-major général pour indiquer qu’il est prêt à se démettre de ses fonctions mais qu’il souhaite partir avec les honneurs dus à son rang. Il indique cette fois sa position précise. Les deux frères seront arrêtés, emmenés et exécutés dans le véhicule blindé M 113 qui les transporte vers l’État-major général. Selon Tran Van Don, c’est le commandant Duong Hieu Gia qui tira le premier de la tourelle de l’engin blindé sur les deux hommes lors d’un arrêt au passage à niveau du boulevard Duong Hieu Nghia. Le capitaine Nguyen Van Nhung, « un spécialiste de l’assassinat », garde du corps de Minh dépêché à la dernière minute dans le convoi, les achève alors au pistolet mitrailleur et au couteau. La décision d’exécution ne viendrait pas de l’ensemble des conjurés mais des seuls généraux Minh et Hai Huu Xuan. Ce dernier, chef du convoi, aurait prononcé en français à l’arrivée du convoi l’expression « mission accomplie ». La  responsabilité dans l’exécution des Ngo demeurera par la suite un sujet de polémique entre les conjurés qui tenteront de se blanchir avec beaucoup de mauvaise foi (Sur le déroulé du coup d’État, les deux récits les plus précis sont parfois quelque peu divergents sur des points de détail. Côté insurgés, Tran Van Don, 1985, p. 141-173 ; côté diémiste, Truong Vinh Le, 1989, pp. 102-109).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon McN, « quand le président Kennedy apprit la nouvelle, il blanchit littéralement. Jamais je ne l’avais vu aussi bouleversé. » (voir 4 novembre) (McNamara, 1996, p. 93) Pour dégager la responsabilité du gouvernement américain dans la préparation du putsch, Rusk (secrétaire d’État) fera différer la reconnaissance du nouveau régime dirigé par le général Minh (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 216).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déclaration rageuse de Mame Ngo Dinh Nhu de Beverley Hills (Californie) où elle était présente pour subir une intervention chirurgicale. Elle a appris le décès de son mari et de son beau-frère dans le courant de la nuit : « Les États-Unis ont voulu écraser les dirigeants légalement élus par le peuple vietnamien, pour transformer notre pays en satellite […] La trahison ne paiera pas. On ne domine pas un pays avec de l’argent et des marionnettes [...] La révolte a été encouragée pour imposer des pressions sur un petit allié […] Il faudra un jour répondre de tout cela […] Si les miens sont vraiment morts, traitreusement tués avec la bénédiction du gouvernement américain, alors les difficultés des États-Unis au Vietnam ne font que commencer […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 11)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 novembre 63 : Minh et Tran Van Don (devenu ministre de la Défense) se rendent au palais Gia Long qui « avait subi de très gros dégâts ». Don donne l’ordre à un subordonné d’aller « y remettre de l’ordre, de rassembler les papiers officiels dans les bureaux de Diem, Nhu et Vo Hai, chef de cabinet de la présidence. » C’est Don qui récupère dans un premier temps les documents les plus sensibles (Tran Van Don, 1985, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 novembre 63 : Minh donne l’ordre à un de ses subordonnés, le capitaine Dang Van Hoa, de se faire remettre par Vu Van Hai, chef de cabinet de Diem, et Quach Tong Duc, directeur de cabinet de la présidence, tous les papiers et documents officiels (Tran Van Don, 1985, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lodge adresse un télégramme à Washington où il exprime sa satisfaction : le nouveau régime permettra d’écourter la guerre du fait de l’amélioration du moral dans l’armée s-v. Selon lui, Minh est « un homme plein de bonnes intentions » mais il émet des doutes sur la fiabilité de son caractère : sera-t-il pour autant assez fort pour dominer la situation ? (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 216-217)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 16 h 00, Lodge rend une visite de courtoisie au général Minh. Y est évoqué le sort des enfants de Mme Nhu. Ils sont à Dalat chez le général Khanh. C’est finalement Conein (C.I.A.) qui les prend en charge. De son côté, Lodge se charge de les faire diriger vers Rome, le soir même à 21 h 00 (Tran Van Don, 1985, p. 158).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plus jeune des frères Ngo, &#039;&#039;&#039;Ngo Dinh Can&#039;&#039;&#039; s’est réfugié à Hué d’abord dans une institution religieuse catholique puis il demande asile au consulat américain. Lodge n’entend pas cautionner cette solution. Can réoccupe donc son domicile où vit sa mère. Mais une foule hostile encercle l’habitation. La junte militaire est obligée d’assurer temporairement sa protection. Le département d’État américain charge finalement Conein (C.I.A.) de le remettre au nouveau pouvoir à Saigon, à condition qu’il bénéficie d’un bon traitement et qu’il ne soit pas exécuté mais jugé lors d’un procès qui aura lieu en mai 1964 et aboutira quand même à son exécution (voir 9 mai 1964).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un enregistrement déclassifié en 1998 et enregistré dans le Bureau Ovale, Kennedy exprime ses regrets et ses angoisses pour l’avenir du S-V suite à l’assassinat de Diem : « Notre responsabilité est lourde, en partie à cause de notre télégramme début août [en fait du 24], dans lequel nous suggérions ce coup d’État. Je pense que ce câble a été mal préparé et qu’il n’aurait jamais dû être envoyé un samedi […] J’ai été choqué par la mort de Ngo Dinh Diem. Je l’avais rencontré il y a des années avec le juge Douglas [membre de la Cour suprême qui a fait connaître Diem aux U.S.A.]. C’était un personnage extraordinaire. Bien qu’il soit devenu de plus en plus difficile ces derniers mois, il a toutefois réussi à maintenir l’unité du pays pendant dix ans. Les généraux parviendront-ils à rester unis et à établir un gouvernement stable ou bien l’opinion va-t-elle se retourner à Saigon ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 133)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 novembre 63 : Mémorandum de McN à au vice-président Johnson : il importerait d’aider « le peuple et le gouvernement du Vietnam à gagner leur combat contre la conspiration communiste qui est menée et soutenue de l’extérieur. » Le calendrier de pacification joint à ce document prévoit le règlement des problèmes au S-V pour 1965.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ambassadeur américain à Paris, Charles Bohlen, est reçu à l’Élysée. De Gaulle accepte le principe d’une rencontre informelle avec Kennedy en février 1964. Bolhen lui demande son avis sur la situation au Vietnam. De Gaulle lui répond avec sa franchise habituelle : « C’est vous qui avez poussé le président Diem et son équipe et nous n’avions pas eu à nous louer. Cela ne vous a pas réussi. Je ne crois pas que ce que vous entreprenez au Vietnam, par voie d’intervention directe dans ce pays, puisse réussir. Il est regrettable pour l’Amérique que le président Diem et M. Nhu aient été assassinés. Ceux qui les ont remplacés n’auront sans doute pas plus de succès. Notre propre expérience nous a appris que les hommes qui détiennent le pouvoir en vertu de l’ingérence étrangère sont voués à l’échec. Cela est encore plus certain lorsque le rôle qu’on leur assigne est de faire la guerre [...] Je crains que vous ne soyez enlisés dans une vaine entreprise dont il vous sera de plus en plus difficile de vous dégager ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 135)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité national d’action catholique appelle à une expression de neutralité qui est aussi un ralliement au nouveau régime : « Les catholiques doivent vivre en union avec leurs compatriotes et participer aux sentiments de la nation […] Bien que l’Église se tienne en dehors de toute forme de gouvernement, les catholiques ont le devoir de travailler pour le bien commun et donner une contribution positive à la construction du pays, en conformité avec les enseignements sociaux de l’Église. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, pp. 292-293)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Sihanouk exige que cessent les émissions des Khmers Sereï diffusées à partir du Sud-Vietnam et de la Thaïlande, toutes soutenues par la C.I.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 novembre 63 : Nomination par le Conseil militaire révolutionnaire (C.M.R.) au poste de premier ministre de l’ancien vice-président de Nguyen Ngoc Tho. Ce sont les Américains qui ont voulu une gouvernance civile, même si Tho, du fait de ses responsabilités sous Diem, ne fait pas l’unanimité auprès des Bouddhistes. Elle n’est qu’une façade démocratique. Les ministères clés sont tous occupés par des militaires : le général Ton That Dinh prend l’Intérieur (que lui avait refusé Nhu, voir début novembre), le général Tran Tu Oai l’Information, le général Mai Huu Xuan devient directeur général de la Police (Truong Vinh Le, 1989, p. 117-119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les généraux putschistes pensent organiser assez rapidement des élections. Lodge les en dissuade car il est plus important dans l’immédiat de rallier le peuple dans la lutte contre le VC. Il faut parcourir le pays, haranguer les populations et surtout gagner les cœurs (Chaffard, 1969, p. 348). Or, selon Jean lacouture, les nouveaux maîtres du pouvoir « […] se sont enfermés à l’état-major et ne font connaître leurs idées que par la reproduction dans la presse saïgonnaise d’interviews accordées à des journaux de New York ou de Paris. » (Lacouture, 1965, p. 130)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Truong Vinh Le, « après la disparition de Nho Dinh Diem, la liberté – une pleine liberté à l’occidentale – fut rendue à la population, dans un pays en guerre. » On détruit progressivement les réalisations de l’ancien régime (hameaux stratégiques) et l’ordre puritain passé pour promouvoir une société à l’Américaine. La réouverture des boîtes de nuit et autres lieu de plaisir fait jaser car on y voit beaucoup trop les généraux putschistes. Ce qui leur sera reproché par Khanh lors de leur arrestation lors du coup d’État du 31 janvier 1964. Le nouveau pouvoir renoue avec les sectes qui reprennent leurs anciennes habitudes (Truong Vinh Le, 1989, pp. 123-124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La chute de Diem autorise la junte à libérer des bagnes tous les opposants au régime diémiste : les prisonniers politiques, les religieux, les étudiants (voir 11 novembre). D’anciens militaires opposés à Diem sont autorisés à faire leur retour d’exil : les généraux Nguyen Van Vy (ce qui sera reproché à Tran Van Don, voir 9 février 1964) et Duong Van Duc, le commandant Tran Dinh Lan, tous deux partis en France depuis l’échec du coup d’État du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin 1955. Même le lieutenant Pham Phu Quoc qui avait participé à l’attaque du palais de l’Indépendance le 27 février 1962 est à nouveau libre (Tran Van Don, 1985, p. 176-177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France reçoit ce jour-même une lettre circulaire du nouveau gouvernement s-v en vue du maintien des relations diplomatiques que les généraux s-v entendent améliorer. Les Français n’y répondront que le 16 novembre et ce, malgré les pressions négatives d’Étienne Manac’h (directeur de l’Asie-Océanie) et de certains hauts-fonctionnaires du Quai d’Orsay.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le porte-parole du nouveau gouvernement déclare que « la seule issue au Vietnam était l’unité, la liberté et la neutralité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 136). Une manière de dire que la France poursuit avec la junte « des relations diplomatiques courantes sans mettre en œuvre un processus juridique de reconnaissance […] » Ce qui n’est pas pour déplaire aux Américains. Les généraux putschistes, pourtant tous pour la plupart francophiles (Duong Van Minh, Tran Van Minh, Le Van Kim), ont beau tenter d’obtenir par le biais de leur ambassadeur à Paris une reconnaissance officielle, celle-ci ne viendra pas (Journoud, 2011, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 novembre 63 : La radio clandestine du F.N.L. diffuse un programme basé autour de 6 points : abolition de la dictature diémiste ; application d’un régime démocratique ; cessation de l’agression américaine ; réalisation d’une politique économique indépendante pour élever le niveau de vie de la population ; cessation des ratissages et massacres ; mise en place de négociations entre les groupements politiques du S-V pour arriver à un cessez-le-feu et à solutionner les grands problèmes (Lacouture, 1965, p. 171). Ce dernier point qui propose une ouverture vers le nouveau gouvernement restera lettre morte, faute de réponse de la junte (Chaffard, 1969, p. 347).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 novembre 63 : Au Cambodge, Sihanouk annonce des réformes économiques (nationalisation des banques et du commerce extérieur) et renonce à l&#039;aide américaine au nom du neutralisme qui lui est cher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 novembre 63 : Au Cambodge, Sihanouk annonce dans une communication à la nation qu’il a pris « la décision de renoncer à l’aide des États-Unis ». Il estime que cette aide « n’était destinée qu’à servir machiavéliquement la politique et la stratégie anticommuniste des États-Unis, la politique et la stratégie où la paix, l’avenir et le sort même du peuple khmer ne rentrent absolument pas en ligne compte. » Il annonce par ailleurs qu’il fait don à l’État de la plus grande partie de son patrimoine immobilier (Sihanouk, 1979, p. 236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 novembre 63 : Nouveau signe de libéralisation du régime après la chute des Ngo, on accueille sur les quais de Saigon une quarantaine de prisonniers politiques libérés du bagne de Poulo Condore (Lacouture, 1965, p. 110).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 novembre 63 : Kennedy reçoit le sénateur démocrate Morse, opposé à la politique étrangère du président et qui l’a fait savoir. Ce dernier lui confie : « Wayne, je veux que vous sachiez que je comprends parfaitement vos critiques à l’égard de ma politique sur le Vietnam. Mais je veux vous rassurer. J’étudie sérieusement le dossier et je peux vous dire que nos positions ne sont pas si éloignées. Quand j’aurai terminé, j’aurai besoin de votre avis sur le contenu de ma décision. » D’où une impression de vouloir agir rapidement alors que, jusque-là, Kennedy a fait savoir que le plan de retrait complet des Américains ne pourra être mis en place qu’après les élections présidentielles de 1964. Il semble que les mauvaises nouvelles en provenance du Vietnam puissent expliquer cette nouvelle précipitation (Pericone, 2014, p. 119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Norodom Naradipo, fils ainé de Sihanouk et de la princesse Sisowath Monikessa, est officiellement désigné comme successeur de Sihanouk à la tête du Sangkum en cas de décès subit de son père (Sihanouk, 1979, p. 237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 novembre 63 : La plupart des évêques vietnamiens étant à Rome au moment du coup d’État contre Diem pour la seconde session du concile de Vatican 2, Mgr Nguyen Van Binh, archevêque de Saïgon, rend visite au nouveau chef de l’État, le général Duong Van Minh. La photographie de la poignée de main entre les deux hommes est largement diffusée dans les journaux. Elle symbolise le ralliement des catholiques au nouveau régime (Gheddo, 1970, p. 292).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mgr Ngo Dinh Thuc, le frère de Diem, présent à Rome avec les autres évêques vietnamiens échappera ainsi à une très probable exécution. Il demeurera dans la cité pontificale mais entrera par la suite en dissidence avec sa hiérarchie. Il sera le seul de la fratrie des Ngo à avoir survécu au coup d’État.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu et sa fille aînée quittent les États-Unis pour Rome (Italie) où se trouvent ses plus jeunes enfants. Elle ne manque pas de déclarer avant son départ : « Judas a vendu le Christ pour 30 pièces d’argent. Les frères Ngo et les patriotes du Vietnam ont été vendus pour quelques dollars d’aide américaine. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 novembre 63 : Dans une conférence de presse, Kennedy réaffirme les buts de la présence américaine au Vietnam : « intensifier la lutte » et « ramener les Américains au pays ». La victoire finale sur le communisme n’est plus mentionnée comme elle l’avait été dans sa conférence de presse du 12 septembre (Pericone, 2014, p. 119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le pape Paul VI fait parvenir à Pham Dang Lam, nouveau ministre des Affaires étrangères, une lettre qui transmet au Vietnam des vœux de paix et de prospérité (Gheddo, 1970, p 292).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 novembre 63 : Le secrétaire à la Défense américaine McNamara, pensant que l&#039;engagement américain pourra se terminer dès 1965, retire 1 000 conseillers militaires sur les 15 000 présents.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 novembre 63 : Kennedy autorise le commandement militaire de Saigon à rendre publique fin décembre la décision de retrait de 1 000 hommes qui avait été rendue secrète depuis la directive &#039;&#039;National Security Action Memorandum&#039;&#039; 263  (NSAM-263) du 11 octobre. Cette décision jugée trop optimiste sera critiquée par la C.I.A. lors de la future conférence d’Honolulu (voir 20 et 21 novembre). Pour autant, Bundy (conseiller à la Sécurité nationale) ne la retirera pas (Pericone, 2014, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 novembre 63 : Un communiqué du Comité central du F.N.L. réagit à la chute de Diem. Il réclame la suppression des vestiges du régime diémiste (organisations anticommunistes et hameaux stratégiques), l’instauration des libertés démocratiques, l’élimination de l’influence américaine, le lancement de réformes sociales et économiques, l’arrêt des hostilités, un accord de tous les partis en vue de la tenue d’élections libres. L’exigence de réunification du pays est réaffirmée. Elle doit être volontaire, égalitaire et sans annexion (Francini 2, 1988, p. 270).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouveau signe de ralliement des catholiques au nouveau régime (voir 5, 13 et 14 novembre), une lettre pastorale en date du 7, signée de la main de tous les évêques du Vietnam, est lue dans toutes les églises. On y lit : « Au moment où nous préparions cette lettre, nous apprenions les graves événements qui se sont passés dans notre pays. Pour cette raison, nous rappelons la position de l’Église. A l’égard de chaque gouvernement, l’Église demande à ses fils d’être fidèle à leur patrie, de l’aimer, de respecter l’autorité publique, et de coopérer en tout ce qui est nécessaire pour le bien du pays et pour le bien-être de tous les habitants. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 292) Une nouvelle lettre pastorale publiée environ un mois plus tard par trois évêques revenus de Rome ira exactement dans le même sens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 novembre 63 : Lodge déclare que toute idée de neutralisation du S-V lui paraît « absolument fantastique ». Une opinion largement partagée et par Kennedy et par la presse américaine (Chaffard, 1969, p. 338).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 novembre 63 : Au Cambodge, Sihanouk décline définitivement toute aide militaire ou économique en provenance des U.S.A. (Journoud, 2011, p. 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 novembre 63 : &#039;&#039;&#039;Conférence d’Honolulu&#039;&#039;&#039;. Elle entend définir la stratégie et soumettre à Kennedy le plan de Krulak visant à instaurer une guerre clandestine de grande envergure dans le N-V. Sont présents les principaux membres de l’administration (McN, Rusk, Taylor, McCone), Lodge et les principaux chefs militaires dans le Pacifique et au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On dresse d’abord un bilan des opérations de contre-insurrection. Colby (ex-directeur de la C.I.A.) avait déjà essayé de mettre en place une guérilla interne avec des informateurs vietnamiens formés par la C.I.A. mais celle-ci a échoué. L’&#039;&#039;&#039;Opération 34-A&#039;&#039;&#039; (démarrée milieu 1962) s’avère être un échec. Les raids n’ont pas intimidé les dirigeants d’Hanoï et n’ont pas réduit pas la violence des attaques dans le Sud. Les objectifs industriels que Krulak voulaient détruire ne l’ont pas été. Cette tâche était bien trop supérieure aux capacités des équipes de saboteurs s-v. Le seul résultat obtenu a été de faciliter l’élargissement du conflit. En effet, ce sont les raids de l’Opération 34-A  qui provoqueront l’incident du Golfe du Tonkin en août 1964 par le biais des patrouilles De Soto (Sheehan, 1990, p. 446 et pp. 451-452).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation se dégrade dans le delta du Mékong : pas ou peu de hameaux stratégiques ont été développés hormis ceux existant sur le papier ; le delta est désormais presque qu’entièrement contrôlé par le Vietcong. Les positions irréalistes du M.A.C.V. et de Harkins sont enfin critquées. On accepte  d’évoquer le côté négatif des rapports présentés ici, en prétendant cependant que tout allait mieux avant le coup d’État contre Diem (Halberstam, 1974, pp. 335-336).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 novembre 63 : Lodge est à Honolulu avant de se rendre à Washington mais ne pourra jamais faire sur place son rapport négatif sur la situation au S-V du fait de l’assassinat de Kennedy (Halberstam, 1974, p. 336).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rusk (secrétaire d’État) annonce qu’un premier contingent de 300 conseillers quittera le S-V le 3 décembre (Chaffard, 1969, p. 345). Cette décision, comme celle de l’annonce faite fin décembre du retrait de 1 000 conseillers américains est critiquée par la C.I.A. du fait de son optimisme. Bundy (conseiller à la Sécurité nationale) prépare la future directive &#039;&#039;National Security Action Memorandum&#039;&#039; 273 (NSAM-273) qui doit être soumise à Kennedy. Elle prévoit le retrait des 1 000 conseillers et l’intensification des actions contre le N-V. Mais celles-ci doivent être menées par les S-V sans qu’un mot soit écrit sur le rôle à venir des Américains dans ce genre d’opération (Pericone, 2014, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Washinton, Forrestal (conseiller pour l’Asie) est reçu par Kennedy avant son départ pour le Cambodge. Le président veut le revoir à son retour pour discuter « de ce que nous allons faire au Sud-Vietnam […] » Il précise : « Je veux entamer une étude complète sur la manière dont nous nous sommes engagés dans ce pays, sur ce que nous y faisons et même si nous devons toujours y être. » Les circonstances à venir lui interdiront d’avoir réponse à ces questions (Pericone, 2014, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président du Conseil Nguyen Ngoc Tho, éphémère paravent civil du nouveau régime de junte militaire, confie au journaliste français Jean Lartéguy de &#039;&#039;Candide&#039;&#039; au sujet de l’avenir des sectes : « Nous intégrons les combattants des sectes dans l’armée nationale, car nous ne pourrons plus jamais tolérer d’armées privées. La population nous aidera à chasser le Vietcong. J’ai gardé de nombreux liens avec les chefs des sectes. Je les renoue. Les sectes, à leur manière, ont une foi véritable. C’est pour ça que leurs fidèles se battent bien. Les sectes sont contre les communistes, mais elles ne pouvaient se rallier à Diem et à son frère. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, pp. 281-282)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 novembre 63 : &#039;&#039;&#039;Le président Kennedy est assassiné à Dallas.&#039;&#039;&#039; Lyndon Johnson prend immédiatement sa succession en prêtant serment à Dallas dans l’avion qui doit le ramener à Washington avec le corps de Kennedy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Johnson était opposé au coup d’État contre Diem&#039;&#039;&#039; (McNamara, 1996, p. 107 ; Halberstam, 1974, p. 330). Selon Halberstam, Kennedy l’avait peu mis au courant de la situation au Vietnam par simple négligence (Halberstam, 1974, p. 330). A la mort de Kennedy, selon Halbrestam, « sur le Vietnam, son dossier n’est pas clair. » Kennedy n’a jamais clairement établi en public de doutes sur la nécessité d’être présent au Vietnam. Il savait cependant que les programmes de contre-insurrection ne fonctionnaient pas (Halberstam, 1974, p. 336).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
LBJ est favorable à la politique de &#039;&#039;containment&#039;&#039; contre la Chine et l’U.R.S.S. Selon McN, il reprend « une équipe de sécurité nationale qui, même si elle demeurait intacte, était profondément divisée sur le Vietnam. » (McNamara, 1996, p. 108) A Saigon, la situation est la même car « des querelles, de graves dissensions, voire une hostilité déclarée opposaient les civils de l’ambassade et les officiers américains. » (McNamara, 1996, p. 109). LBJ, tout en reprenant quasiment la même équipe, saura au fur et à mesure la modifier en la resserrant au maximum mais en cultivant aussi progressivement un goût du secret et de la dissimulation (Halberstam, 1947, pp. 464-465).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Politburo n-v convoque une session spéciale (9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; plénum) pour décider des mesures à prendre au Sud.&#039;&#039;&#039; Le Lao Dong est divisé sur le plan opérationnel sur la façon de mener la réunification des deux Vietnam. Ce clivage est étroitement lié au schisme sino-soviétique. Se dessine une ligne qui entend privilégier le Nord avant de s’occuper du Sud, en favorisant une forme de coexistence pacifique avec la République s-v avant de se lancer dans une aventure guerrière risquée qui ne manquerait pas de faire réagir les U.S.A. C’est la position des prosoviétiques, celle à laquelle sont plutôt favorables HCM et Giap. Une seconde ligne, plus dure, prochinoise, défendue par Le Duan, envisage la réunification comme une priorité absolue, quels que soit les risques encourus. C’est elle que retient le 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; plénum. Le parti organise alors une longue purge interne dès la fin 1963. &#039;&#039;&#039;La « guerre du peuple » de Giap doit céder le pas à une « guerre civile révolutionnaire » de type maoïste&#039;&#039;&#039; (Guillemot, 2018, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 novembre 63 : LBJ et une partie de son équipe rencontrent l’ambassadeur de Saigon, Henry Cabot Lodge, présent à Washington depuis quelques jours pour participer à des rencontres initialement voulues par Kennedy. Sont présents McN (Défense), Rusk (secrétaire d’État), Ball (sous-secrétaire d’État), McGeorge Bundy (conseiller à la Sécurité nationale) et McCone (directeur de la C.I.A.). Selon LBJ, « Lodge était optimiste. » Il a confiance dans le nouveau gouvernement issu du coup d’État pour mener la guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McCone l’est beaucoup moins : l’activité du Vietcong s’est renforcée après le coup d’État, les auteurs de putsch ont bien du mal à mettre en place un gouvernement d’où les civils sont totalement absents. LBJ est lui-même inquiet. Il critique l’élimination de Diem à laquelle il était lui-même opposé et sait que certains membres du Congrès préconisent un retrait du Vietnam. Le nouveau président reproche à Lodge « trop de dissensions internes » à Saigon et entend que l’ambassadeur et lui seul reste maître à bord. L’équipe américaine à l’ambassade devra être revue et corrigée. Des changements sont prévus à plus ou moins brève échéance : un nouveau chef de la C.I.A. locale, un nouveau directeur de l’U.S.I.A. et même un nouveau commandant en chef à la tête du M.A.C.V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l’on en croit ses mémoires, LBJ fait alors preuve de clairvoyance et surtout d’une forme de réalisme : « Je déclarais à mes conseillers que je pensais que nous avions passé trop de temps et dépensé trop d’énergie à essayer de façonner les autres pays à notre image [...] Nous ne devions pas avoir une attitude trop critique si ces pays ne devenaient pas, en une semaine, des démocraties du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle, modernes et florissantes. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On revient sur le bilan de la conférence d’Honolulu (voir 20 novembre) à laquelle ont participé la plupart des participants du jour. LBJ juge son évaluation « modérément encourageante ». Son entourage est plus optimiste : on estime toujours, comme sous Kennedy, pouvoir retirer la majorité des conseillers militaires avant fin 1965. « La plupart de mes conseillers croyaient qu’en deux ans les Sud-Vietnamiens seraient capables de prendre en charge l’entraînement, l’intendance et les opérations de soutien dont nos forces avaient la responsabilité. » (Johnson, 1972, pp. 62-64). Belle illusion…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 novembre 63 : Trois jours après son investiture, Johnson déclare devant le Congrès américain : « Nous ferons honneur à nos engagements, du Sud-Vietnam à Berlin-Ouest. » (Johnson, 1972, p. 62).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, condamnation à mort d&#039;un Khmer Serei, Preap In, neveu de In Tam, gouverneur de la province de Takeo, qui lui avait octroyé un laissez-passer avec l&#039;accord du premier ministre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 novembre – 25 décembre 63 : Selon les chiffres du F.N.L., 180 attaques des troupes gouvernementales s-v comportant des effectifs de 3 à 7 bataillons échouent. Les contre-attaques reprennent une vingtaine de points d’appui et 82 hameaux stratégiques sont abandonnés ou démantelés. Leurs occupants regagnent leurs anciens villages qui sont alors parfois transformés en villages de « résistance » (Burchett, 1965, p. 294).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​26 novembre 63 : Lors d’un C.N.S., LBJ approuve les décisions de guerre de subversion prises lors de la conférence d’Honolulu contre le N-V et le Laos. On produit le &#039;&#039;National Security Action Memorandum 273&#039;&#039; (NSAM-273) préparé par Bundy (conseiller à la Sécurité nationale) dès la conférence d’Honolulu  (voir 21 novembre) qui assure une poursuite de la politique américaine à l’égard du Vietnam telle que l’avait pensée Kennedy. LBJ s’engage à poursuivre l’aide économique et militaire « contre la conspiration communiste dirigée et aidée de l’extérieur ». L’aide économique et politique doit particulièrement atteindre la région du delta du Mékong qui demeure la plus touchée par l’influence du Vietcong. En continuité avec les décisions du C.N.S. du 2 octobre, 1 000 soldats américains devront avoir quitté le pays pour la fin 1963 (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 217 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 175-177 ; Johnson, 1972, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses mémoires, Johnson confie demeurer cependant inquiet et pas toujours en phase avec l’optimisme de certains : l’assassinat de Diem « avait créé pour les Vietnamiens plus de problèmes qu’il n’en avait résolu ». Rusk et McN sont conscients que le futur retrait des conseillers américains repose sur l’hypothèse d’une stabilisation du régime politique au S-V qui ne se manifeste toujours pas pour l’instant (Johnson, 1972, pp. 65-66).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, LBJ autorise ce jour un élargissement du théâtre de la guerre : de véritables opérations militaires jusqu’à 50 kilomètres en territoire laotien peuvent être menées, là où jusqu’alors existaient de simples maquis dirigés par la C.I.A. (Cesari, 1995, p. 155). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin novembre 63 : Selon Nguyen Huu Tho (président du F.N.L.), « les forces armées de Libération et la population ont détruit 1 662 hameaux stratégiques, balayé des centaines de postes – 401 furent anéantis ou évacué par l’ennemi en Cochinchine, parmi lesquels quelques-uns d’une très grande importance dans les provinces de My Tho, Long An, Ben Tre et Camau. Durant la même période, nos compatriotes et nos troupes ont tué 5 495 soldats et officiers dont 31 Américains et en ont capturé 990 dont 4 Américains. Nous nous sommes emparés de 2 272 armes de tout type, dont 16 mortiers, 47 mitrailleuses, 32 avions et hélicoptères ont été abattus et 30 endommagés. En outre, 6 358 soldats et officiers ont déserté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1965, p. 294)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Octobre_1963&amp;diff=5229</id>
		<title>Octobre 1963</title>
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		<updated>2026-07-31T13:33:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Octobre 63 : 16 732 « conseillers militaires » américains sont au Vietnam alors qu’un plan de désengagement est théoriquement en cours, basé sur les pronostics « fumeux » d’amélioration de M. Micawber (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 109 et 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Kennedy autorise Lodge à « annoncer la suspension de l’aide économique » au gouvernement Diem&#039;&#039;&#039; (revendication des futurs généraux conjurés).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Maison Blanche continue de reprocher à Diem d’être sous l’influence néfaste de son frère Nhu et de sa femme lors de la crise contre les bouddhistes (déclarations maladroites de cette dernière le 8 août à la presse dans lesquelles elle a comparé les immolations de bonzes à des « barbecues »). Les Américains veulent assurément se débarrasser du chef de l’État s-v mais sans trop savoir comment faire et surtout comment le remplacer…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En guise de rétorsion américaine, suspension le programme d’importations commerciales qui alimentaient le budget s-v par le système des « fonds de contrepartie de l’Agence américaine pour le développement international (A.I.D.) ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 63 : &#039;&#039;&#039;Retour de la mission MacNamara-Taylor&#039;&#039;&#039; qui donne lieu à un C.N.S. Kennedy prend connaissance de leurs impressions. Ils préconisent d’exercer des pressions sur le régime en place pour obtenir des réformes mais, en même temps, suggère de prendre contact avec des hommes susceptibles de remplacer Diem, sans que ceux-ci fassent nécessairement partie de l’équipe des futurs putschistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce plan, approuvé par Johnson (vice-président), prévoit l’interruption de toute subvention aux Forces spéciales de Nhu sauf si elles se rangent sous l’autorité des conjurés. Selon Halberstam, Kennedy est conscient des problèmes politiques du S-V mais demeure persuadé de pouvoir les résoudre, d’en avoir le temps et pense même que le temps joue en sa faveur (Halberstam, 1974, p. 323). Les auteurs du rapport estiment que « la sécurité du S-V demeure vitale pour [celle] des États-Unis ». Ils concluent que la situation militaire progresse, mais que les tensions à Saigon sont de plus en plus importantes. Ils estiment également que rien ne permet de conclure qu’un coup d’État sera couronné de succès. Enfin, ils constatent qu’il n’est pas clairement établi que les pressions exercées sur le gouvernement de Saigon porteront leurs fruits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce rapport, ils font également une série de recommandations. Entre autres :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- ne pas encourager un coup d’État dans l’immédiat ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- prendre une série de mesures pour montrer la désapprobation américaine de la politique suivie par Diem (MacNamara, 1996, pp. 86-88 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 168-169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’essentiel des conclusions « présentables » du rapport sont rendues publiques par une déclaration de la Maison Blanche : « la sécurité du Sud-Vietnam est un intérêt majeur des États-Unis » ; le programme militaire fait des progrès ; une assistance américaine est pour l’instant nécessaire mais pourrait s’achever fin 1965 ; 1 000 conseillers pourront être retirés fin 1963 ; la situation politique du S-V demeure « grave » et les États-Unis sont opposés à toute forme de répression ; ils entendent aider le peuple s-v à « lutter contre l’agression […] pour construire une société libre et pacifique. » (Johnson, 1972, p. 688)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’optimisme de McN est pourtant toujours de mise, du moins publiquement : « Nous sommes en train de gagner la guerre et la plus grande partie de l’effort militaire des États-Unis pourra être accomplie d’ici la fin de 1965. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 345, note 1). Il préconise un premier retrait de 1 000 hommes au 31 décembre 1963 et un projet d’un retrait total est évoqué pour la fin de 1965 (Baudron, 2009, p. 431). Selon McN, rétrospectivement, dans ses mémoires, cette question a été vivement débattue au sein du C.N.S., « avec une totale absence de consensus dès qu’il s’agissait de dire « où nous en étions » dans la réalisation de nos objectifs. » Pour autant, à l’époque, McN est toutefois tout à fait favorable à l’annonce publique de bonnes nouvelles : « Nous pourrons dire au Congrès et au peuple que nous avons réellement un plan pour réduire l’exposition du personnel militaire américain aux actions de guérilla au Sud-Vietnam. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy approuve le projet de retrait proposé par le secrétaire à la Défense. Selon lui, « cet acte nous donnera un argument très précieux pour répondre à la conviction très forte de Fullbright [sénateur démocrate favorable à une solution politique] et de quelques autres, qui affirment que nous sommes enlisés en Asie et que nous y resterons pendant des dizaines d’années. » McN lui demande d’annoncer publiquement la décision de procéder à un retrait et ajoute : « Elle serait ainsi irrévocable. » Ce que Salinger fait immédiatement (MacNamara, 1996, pp. 88-89 ; Pericone, 2014, p. 118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journaliste Richard Starnes du &#039;&#039;Washington Daily News&#039;&#039; révèle la présence du chef de l’antenne de la C.I.A. à Saïgon John Richardson dont le rôle est remis en cause par le nouvel ambassadeur Cabot Lodge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 octobre 63 : Le colonel John Richardson (directeur de l’antenne de la C.I.A. à Saïgon), dernier soutien de Diem, est définitivement rappelé à Washington (Chaffard, 1969, p. 330). Ce rappel est lié à une manœuvre de Cabot Lodge (nouvelle ambassadeur américain à Saïgon) qui le juge trop proche de Nhu. La révélation publique de sa présence à Saïgon (voir 2 octobre) a pu également lui être défavorable. De plus, le nouvel ambassadeur juge que la fonction de la C.I.A. est de renseigner et non de mener des actions politiques comme celle qui vient d’être confiée au lieutenant-colonel Conein (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 206 ; Halberstam, 1966, p. 252). Ce renvoi aussi un signal politique et diplomatique de l’administration Kennedy qui entend ainsi montrer que les États-Unis souhaitent prendre leurs distances avec le régime de Diem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 63 : Bundy élabore le &#039;&#039;National Security Action Memorandum&#039;&#039; n° 263 (&#039;&#039;NSAM/263&#039;&#039;). Il préconise  un programme pour former l’armée s-v à assumer la tâche des troupes américaines dès la fin de 1965. Il précise : « Il devrait être possible de retirer la majorité du personnel américain à cette date. » Il constitue la seule source documentaire qui laisse à penser que Kennedy aurait prévu un retrait américain total à cette date (Wainstock, Miller, 2019, p. 37, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy décide retirer 1 000 conseillers d’ici la fin de l’année. Cette décision « ne doit pas être reliée formellement avec Diem » et n’est donc en aucun cas une acte de pression sur le régime (Péricone, 2014, p. 119). Ce pseudo-retrait ne sera en fait qu’un tour de passe-passe purement médiatique, en jouant sur les relèves.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Immolation par le feu d’un bonze sur le marché de Saigon. C’est la sixième depuis juin. « Le 5 octobre, la mission américaine retourne à Washington. Une sixième immolation bouddhiste a eu lieu à Saigon. Trois journalistes américains présents sur les lieux ont été agressés par des hommes en civil. Un pilote de l&#039;armée de l&#039;air sud-vietnamienne a fait défection au Cambodge, attribuant plus tard son acte à la situation politique. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rencontre fortuite entre le lieutenant-colonel Conein (C.I.A., ambassade de Saigon) et le général Minh.&#039;&#039;&#039; Ce dernier déclare qu’il n’a aucune ambition politique particulière mais qu’il pensait, comme les autres chefs militaires sud-vietnamiens, que la guerre serait perdue sans un prompt changement politique. Il préconise 2 plans : le premier prévoit de conserver Diem et d’assassiner ses 2 frères (Nhu et Ngo Dinh Can) ; le second est d’engager la bataille contre les troupes qui resteront loyales à Diem (environ 5 500 hommes) (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 206-207 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 169-171).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un câble adressé à Rusk, Lodge précise : « Ni Harkins ni moi ne faisons confiance au Gros Minh. Je demande donc des instructions à propos de l’entrevue qu’il a demandée à Conein. » Conein doit donner à Minh l’assurance que les Américains ne s’opposeront pas à ses projets. Ils examineront ses plans sauf s’ils prévoient l’assassinat de personnalités. Les U.S.A aideront le futur gouvernement qui doit s’assurer d’un soutien populaire et poursuivre la guerre (Bodard, 1971, doss. Pentagone, p. 172).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tentative d’attentat de Minh contre Nhu. La présence de Tran Van Don aux côtés de Nhu dans le véhicule fait avorter le projet (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remise à Kennedy du rapport écrit de McN et Taylor qui provoque de nouveaux débats. Sans encourager un éventuel coup d’État, le président ordonne à la C.I.A. d’établir des contacts discrets avec « un groupe de dirigeants de substitution » s’il apparaît (MacNamara, 1996, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Maison Blanche adresse à Lodge des instructions : pas de participation directe au projet de putsch mais l’ambassadeur doit être prêt à nouer des contacts avec les conjurés s’ils réussissent (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 208 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, p. 172-173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Radio-Hanoi diffuse le texte d’une lettre que Nguyen Huu Tho, dirigeant du F.N.L., adressée à l’Assemblée générale de l’O.N.U. (voir 11 septembre et 7 octobre). L’agence &#039;&#039;U.P.I.&#039;&#039; de Tokyo la diffuse à grande échelle. C’est la première diffusion internationale d’un texte du F.N.L. Il ne sera toutefois repris que parcimonieusement par la presse mondiale qui ignore encore la véritable portée du mouvement. Qualifiant le régime s-v de fasciste, Nguyen Huu Tho écrit en s’en prenant d’ailleurs moins au régime de Diem qu’aux U.S.A. eux-mêmes : « La profonde crise que traverse actuellement la politique d’asservissement et d’agression des États-Unis au Sud-Vietnam a révélé le visage odieux de ses auteurs. Afin d’éluder ses responsabilités, le gouvernement américain a rejeté toutes les fautes sur ses valets de Saigon, mais il n’a pas pour autant caché ses intentions de poursuivre et d’intensifier cette sale guerre. » Le message ménage donc le régime diémiste appelant à un cessez-le-feu « entre les parties intéressées ». Il appelle aussi à la constitution d’un gouvernement « d’union nationale, démocratique et neutre ». Une proposition modérée qui n’exclut donc pas l’actuel gouvernement du S-V (Chaffard, 1969, pp. 331-332).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 63 : « Le 6 octobre, une mission du Congrès américain arrive à Saigon. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy rappelle à Lodge que si les États-Unis ne souhaitent pas encourager un coup d’État, ils ne désirent pas pour autant s’y opposer et qu’il fallait garder le contact avec les généraux et découvrir leurs plans. Un appui économique leur sera accordé. C’est, dans la bouche du président, un feu vert à peine voilé (Halberstam, 1974, p. 325 ; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 208 et 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McCone (C.I.A.) transmet à Kennedy une note où il déconseille à au président de renverser Diem (Prados, 2011, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 octobre 63 : Diem adopte une attitude provocante en exagérant devant la presse le gel des crédits américains et en accusant les U.S.A. de saboter ainsi l’effort de guerre (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 207).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem se rend à l’assemblée nationale pour y prononcer un discours annuel. Il revient sur la crise bouddhiste « orchestrée par les communistes, avec la complicité d’éléments étrangers. » (Truong Vinh Le, 1989, p. 99)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une demande du F.N.L. et alors que Nguyen Huu Tho, son dirigeant, a envoyé une lettre de revendications le 11 septembre, l&#039;Assemblée Générale des Nations Unies ouvre un débat sur la question des droits de l&#039;homme au Sud-Vietnam, et acceptera le lendemain d&#039;envoyer des observateurs invités par le pays comme l’avait demandé le professeur-diplomate Buu Hoi qui a été envoyé à Washington par Diem pour désamorcer le terrain onusien. Cette décision est contestée par les Russes qui font valoir que seule la C.I.C. est la mieux habilitée à mener l’enquête (Chaffard, 1969, p. 330).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Madame Nhu arrive aux États-Unis.&#039;&#039;&#039; Elle y demeurera jusqu&#039;au 13 novembre. Selon Truong Vinh Le, ce voyage serait lié à une cure de désintoxication (Truong Vinh Le, 1989, p. 98). Il est plus probable que ce voyage ait été aussi un moyen pour Diem de s’en débarrasser pour plusieurs mois, sans pouvoir pour autant parvenir à la faire taire totalement... C’est donc un voyage contraint qui lui permettra très probablement de ne pas partager le futur sort de son mari et de son beau-frère lors du coup d’État à venir. Elle multiplie alors les interventions publiques : &#039;&#039;Overseas Press Club&#039;&#039; les 9-10 octobre, &#039;&#039;Meet the Press&#039;&#039; sur la chaîne NBC le 13, tournée sur les grands campus universitaires et cercles d’affaires (Harvard, Columbia, Chicago, San Francisco) à la fin octobre. Elle y multiplie les déclarations provocatrices et fracassantes. A l’égard des U.S.A. qualifiant les jeunes conseillers de la Maison Blanche d’« immatures » et d’« impérialistes ». A l’égard des bouddhistes qualifiant certains religieux de « voyous en robe » drogués et manipulés par le Vietcong. Comme en Europe, ses déclarations tonitruantes discréditent un peu plus le régime s-v aux yeux de l’administration et de l’opinion publique américaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maurice Couve de Murville (ministre des Affaires étrangères français) se rend à Washington et y rencontre Rusk puis Kennedy pour aplanir les tensions entre la France et les U.S.A. Ce dernier revient sur la déclaration de De Gaulle du 29 août : « Au Vietnam, cependant, une déclaration récente qui appelait ce pays à choisir le neutralité nous a paru venir à un mauvais moment. Vous nous avez donné l’impression que vous vouliez ajouter à nos difficultés dans une région où nous nous heurtons à tant d’obstacles. » Couve s’en défend et l’entretien s’apaise (Journoud, 2011, pp. 130-131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 octobre 63 : « Le 8 octobre. - Le gouvernement vietnamien libère quelques 132 bouddhistes. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A L’O.N.U., Le F.N.L. déclare compter sur l’institution pour amener les U.S.A. à ses propres vues : un retrait de leurs forces et un règlement « par les Vietnamiens entre eux de leurs propres affaires ». Pour autant, la décision d’envoyer à Saigon une commission d’enquête onusienne est contestée par Hanoi qui y voit une machination américaine (issue d’un alignement sur la position de l’U.R.S.S. ?). Or les Russes retirent leur contreproposition de la veille qui réclamait une intervention de la C.I.C. plutôt que celle de l’O.N.U. C’est donc à l’unanimité, sans vote, qu’est acceptée la venue d’une mission onusienne demandée par Buu Hoi, adversaire de la politique américaine mandaté à New York par Diem et Nhu (voir 18 octobre) (Chaffard, 1969, p. 332).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 octobre 63 : La C.I.A. informe le général Minh de la position des États-Unis : pas de soutien direct au projet de coup d’État mais une volonté commune de se débarrasser de Nhu et Diem (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 63 : Le C.N.S. décide par sa directive &#039;&#039;National Security Action Memorandum&#039;&#039; 263 (NSAM-263) d’avaliser le retrait de 1 000 conseillers américains d’ici la fin de l’année qui avait été prise le 5 octobre. Mais cette directive demeurera secrète jusqu’au 16 novembre dans le but de ne pas la présenter comme une manière de faire pression sur Diem (Pericone, 2014, p. 119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 63 : Le Sénat des États-Unis autorise Kennedy à suspendre l’aide économique et financière au gouvernement du S-V (Chaffard, 1969, p. 330).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 63 : « Le 17 octobre. - Ngo Dinh Nhu a déclaré à des journalistes étrangers que les États-Unis avaient entamé un &amp;quot;processus de désintégration&amp;quot; au Vietnam du Sud et qu&#039;ils avaient été accusés à plusieurs reprises de complot de la C.I.A. avec des bouddhistes. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 9)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 - 18 octobre 63 : Attaque par le VC d’une demi-douzaine de postes entourant le village de Loc Ninh (au nord de Saigon, province de Bình Phuoc) qui refusent de se rendre. Face à l’envoi de troupes héliportées, les vietnamiens appliquent la méthode qui leur a réussi lors de la bataille d’Ap Bac. Selon Burchett, lors de ces combats, des troupes s-v refusent de monter à l’assaut malgré les exhortations des conseillers militaires américains (Burchett, 1965, p. 247).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 63 : Le général Harkins informe Diem de l’arrêt du subventionnement des Forces spéciales sud-vietnamiennes (celles-ci étant sous la coupe de Nhu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon d’une mission d’enquête des Nations Unies concernant la crise bouddhiste. Diem l’a acceptée sur demande du prince Buu Hoi, scientifique et diplomate, qu’il avait envoyé à l’O.N.U. pour désamorcer le terrain de la crise religieuse. La mission parviendra à la conclusion qu’il n’y a pas eu de persécution et que la révolte n’a été qu’une affaire purement politique… Or divers témoignages recueillis par des sources différentes soulignent l’implication de la C.I.A. (contre, semble-t-il, l’avis de Nolting) dans l’amplification de la crise. Plusieurs acteurs ont été impliqués dans l’affaire : les services français de renseignement, le prince Buu Hoi lui-même (qui mentionne la présence de la C.I.A. dans la pagode Xa Loi), le chef de la délégation polonaise de la C.I.C. (Journoud, 2011, p. 111 ; Chaffard, 1969, pp. 316-317).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devant un parterre de journalistes étrangers, Nhu accuse une nouvelle fois les États-Unis « d’avoir mis en route un processus de désintégration du Vietnam. » Selon lui, « il faudra beaucoup de sagesse au gouvernement vietnamien pour réparer les dégâts de ces derniers mois. » (Chaffard, 1969, p. 324, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 octobre 63 : La C.I.A. rend compte dans un rapport de l’augmentation des attaques vietcongs et de la diminution de combativité des troupes s-v  (voir 17 - 18 octobre) (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 63 : Conein (C.I.A., ambassade de Saigon) rencontre le général Tran Van Don et l’informe qu’il parle désormais au nom de Lodge. Le chef d’état-major s-v est « tellement circonspect » qu’il décide de vérifier l’information. Ce qu’il fera le 28 à l’aéroport de Tan Son Nhut, en présence de Lodge (Tran Van Don, 1985, p. 127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 octobre 63 : Un rapport du Service des Renseignements et Recherches du département d’État (C.I.A.) s’élève contre l’optimisme de la situation militaire des mois précédents (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy reçoit Arthur Ochs Sulzberger, directeur du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039;. La conversation porte sur le cas Halberstam dont Kennedy souhaite le départ du Vietnam car il juge le reporter  trop impliqué. Le directeur du &#039;&#039;Times&#039;&#039; ne cède pas à cette pression directe du pouvoir exécutif. Halberstam, qui d’ailleurs à cette époque critique beaucoup moins l’engagement américain que la politique suicidaire de Diem, recevra le prix Pulitzer au printemps 1964 pour l’ensemble de son travail au Vietnam (Halberstam, 1966, p. 260 et 266). L’affaire laisse des traces : dans les semaines qui suivent. Le Pentagone organise des tournées brèves de journalistes favorables à l’administration, comme Joseph Aslop ou Margaret Higgins. McN est quant à lui est chargé de mettre au point une politique contrôlée de l’information qui aboutira à la création du J.U.S.P.A.O. (voir 14 mai 1965) (Portes &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Tran Van Don (commandant de l’armée de terre s-v) rencontre Harkins et évoque avec lui les rumeurs de coup d’État qui prennent de l’ampleur au niveau de l’état-major général s-v. Harkins lui dit qu’il ne pourra que désapprouver publiquement ce projet. Par la suite, Don se gardera bien d’évoquer à nouveau cette question avec Harkins qui demeurera dans l’ignorance de la préparation du complot alors que les 2 hommes se croiseront à maintes reprises. Selon Don, Harkins ne l’apprendra que 15 minutes avant son déclenchement, ce qui le rendra furieux. Le général commandant le M.A.C.V. est en total désaccord avec Lodge sur ce point (Tran Van Don, 1985, pp. 130-131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 octobre 63 : Nhu, sachant que l’administration Kennedy veut l’évincer, tient une conférence secrète avec son épouse et son fils aîné, Ngo Dinh Trac, alors âgé de 15 ans. Il veut que ce dernier tienne le rôle de chef de famille au cas où quelque chose lui arriverait. Nhu est inquiet et redoute la découverte des tractations qu’il a entreprises avec les N-V (Tran Van Don, 1985, p. 75)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une ébauche de rapprochement avait en effet été initiée entre Nhu et le N-V suite au message de De Gaulle du 29 août. Truong Vinh Le l’évoque dans un entretien qu’il a eu avec Nhu :      « - Est-il exact, Monsieur le Conseiller, que vous avez des contacts avec le Nord, en vue d’une négociation ultérieure pour le rétablissement de la paix dans notre pays ? Est-ce vrai ? » Il ne dit ni oui ni non, se contentant de sourire encore. » (Truong Vinh Le, 1989, p. 91).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une interview accordée à Lucien Bodard en date du 28 juillet 1966, M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu lui confiera : « Mais ce richard [les U.S.A.] se révélait être un gangster ! Alors, peu à peu nous avons pensé chercher une solution avec l’adversaire communiste. Car ces communistes sont vietnamiens comme nous et nationalistes comme nous. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 299, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 octobre 63 : En vue de réchauffer leurs relations, Diem invite Lodge à venir passer un week-end avec lui dans sa résidence de Dalat le 27. Lodge accepte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 octobre 63 : L’ambassadeur Lodge répond à McGeorge Bundy (sous-secrétaire à la Défense) et évoque la nécessité de laisser se poursuivre les préparatifs en vue du coup d’État contre Diem (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 257-261). Son argumentation est la suivante : « Il y a au moins une chance sur deux que le prochain gouvernement ne pataugera pas et ne trébuchera pas autant que celui d’aujourd’hui. » (MacNamara, 1996, p. 90 ; Le dossier du Pentagone, 1971, pp. 247-249).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 octobre 63 : Report du projet de putsch. Un colonel s-v aurait discuté du complot avec un officier américain et demandé le soutien des U.S.A., sans en avoir été habilité par les généraux comploteurs (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 209). Sont impliqués dans ce projet de coup d’État les généraux Duong Van Minh, Tran Van Dong et Le Van Kim. Ils bénéficient d’un grand prestige dans l’armée s-v mais manquent tous de troupes sûres (Halberstam, 1966, p. 272).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la fête nationale (8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; anniversaire de la Constitution), Diem reçoit tous les Grands Corps dont l’Armée. La population n’est pas au rendez-vous. Après un discours de circonstance, selon Truong Vinh Le, il s’adresse à ses intimes d’un ton ferme disant en substance : « Si j’avance, avancez avec moi. Si je recule, tuez-moi. Si je meurs, vengez-moi. » (Truong Vinh Le, 1989, p. 99).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une mission d’enquête de l’O.N.U. vient d’arriver à Saïgon pour s’informer de la crise bouddhiste. Elle est sévèrement encadrée par les autorités qui contrôlent et filtrent ses déplacements (Chaffard, 1964, p. 273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 63 : Diem a invité Lodge dans sa résidence à Dalat. L’ambassadeur évoque d’entrée la question de la suspension de l’aide américaine. Puis il demande à ce que des réformes politiques soient actées rapidement : libération des Bouddhistes, des étudiants et lycéens arrêtés lors des manifestations, réouverture des écoles. Diem ne répond que par des plaintes et de vagues excuses. A la demande expresse de l’ambassadeur : « Monsieur le Président, vous avez rejeté toutes les suggestions précises que je vous ai faites. Voyez-vous quelque chose que vous soyez capable de faire et qui puisse impressionner l’opinion américaine ? », Diem le fixe d’un air absent et change de sujet de conversation (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 211). Ce moment privilégié qui aurait pu rapprocher les 2 hommes ne fait que les éloigner un peu plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle immolation d’un bonze de 45 ans, Ho Van Dan. Elle a lieu devant une église où des catholiques se rendent à une messe dominicale et sur le parcours de la commission de l’O.N.U. (voir 26 octobre) qui se sont rendus à la pagode An Quang de Cholon. Ayant pris du retard, ses membres n’assistent pas à l’immolation mais se disent péniblement impressionnés par l’événement (Chaffard, 1964, p. 273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 octobre 63 : Au cours d’une inauguration de centrale électrique près de l’aéroport de Saigon, Lodge est abordé par le général Tran Van Don (commandant de l’armée de terre s-v) qui lui demande si Conein (C.I.A.) est vraiment habilité à parler en son nom. A la réponse affirmative de l’ambassadeur, Don lui répond que le projet de putsch ne doit concerner que les Vietnamiens. Selon Don, les généraux ne sont pas encore prêts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, Don rencontre Conein. Ce dernier l’avertit qu’il dispose de fonds pour corrompre les généraux les plus hésitants. Lodge ne doit rien changer à son projet de séjour à Washington prévu pour le 31 afin de ne pas alerter Diem et Nhu de ce qui se trame. Le général Ton That Dinh a finalement rejoint le complot, le rapport de forces militaires est donc enfin favorable aux conjurés (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 211-212 ; Tran Van Don, 1985, p. 128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 octobre 63 : Lodge juge que les U.S.A. se trouvent « engagés » dans le complot et qu’il est trop tard pour changer de tactique (McNamara, 1996, pp. 91-92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN et Taylor (chef d’état-major) continuent à s’inquiéter des différences d’appréciation entre Lodge et Harkins que tout oppose. Ils exposent leurs inquiétudes lors d’un C.N.S. La Maison Blanche donne des instructions à Lodge pour qu’il communique à Harkins, actuellement en séjour à Bangkok, tous les messages concernant l’éventuel putsch. On modifie le protocole habituel. En cas d’absence de l’ambassadeur de Saigon en partance pour Washington comme le prévoit le calendrier, la direction de la Mission américaine à Saigon devra être confiée à Harkins plutôt qu’à Truehart (adjoint de Lodge) comme le prévoit l’usage (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 212).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’inauguration à Dalat de l’Institut de Recherche nucléaire, Diem prend Lodge en aparté. Il évoque avec lui l’allocation mensuelle de 300 000 dollars destinées aux Forces spéciales, supprimée depuis que ces troupes sont concentrées préventivement autour de Saigon sur ordre de Diem par crainte d’un coup d’État plutôt que d’aller combattre le Vietcong là où il le faudrait (Truong Vinh Le, 1989, p. 99).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 octobre 63 : Taylor (chef d’état-major) signale qu’il doute de l’éminence d’un coup d’État. Le général Tran Van Don avait confié à Conein (C.I.A.) qu’il aurait lieu avant le 2 novembre, mais lorsqu’Harkins pose la question à Don, celui-ci fait machine-arrière. Harkins qui a rencontré Don et Minh précise qu’aucun d’entre eux n’a évoqué explicitement la question, ce qui peut aussi s’expliquer par le fait que les 2 généraux considéraient Harkins comme un soutien à Diem (Halberstam, 1974, pp. 326-327 ; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 212-213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Harkins, mis au courant tardivement du projet de putsch (voir 29 octobre), envoie à Taylor  (chef d’état-major) 3 télégrammes pour manifester sa colère. Il lui reproche d’avoir été tenu à l’écart et s’insurge contre un rapport pessimiste de Lodge qui contredit les siens. Il constate que les instructions de Washington sont contradictoires puisqu’elles préconisaient depuis le 5 octobre de ne prendre aucune initiative encourageant le putsch (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 212).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces télégrammes troublent Washington. McGeorge Bundy, secrétaire d’État à la Sécurité nationale, envoie un message à Lodge indiquant que les forces sont à peu près égales entre les troupes soutenant le gouvernement et les potentiels insurgés. Si ces derniers n’ont pas le dessus, il faut les décourager de passer à l’acte pour ne pas entamer la position des U.S.A. au S-V. C’est à Lodge d’aviser mais, s’il est absent, c’est Harkins qui assurera son intérim (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 213 et pp. 261-263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lodge lui répond qu’il faut observer la situation sans pouvoir intervenir directement : le général Don (chef d’état-major s-v) lui a d’ailleurs affirmé le 28 octobre « qu’il s’agissait d’une affaire purement vietnamienne. » Informer Diem serait une « traîtrise [qui] porterait un coup sévère à notre prestige ici et ailleurs » Lodge observe que « les États-Unis essaient de transformer ce pays médiéval en pays moderne » : ils ont réussi militairement et économiquement, mais reconnaît que, politiquement, la tâche est plus ardue (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 octobre 63 : Arrivée de l’amiral Felt (C.I.N.P.A.C.) à Saigon « pour une visite de routine ». Il n’est initialement pas prévu qu’il rencontre Diem. Harkins ne peut donner à Tran Van Don (chef d’état-major s-v) de précisions sur les raisons sur ce refus (Tran Van Don, 1985, p. 129).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion des généraux conjurés « dans un club privé de Cholon ». Ils se répartissent les rôles de la manière suivante en vue du putsch :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Duong Van Minh est désigné responsable des opérations navales aériennes et de la quatrième région militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don est désigné responsable des première, deuxième et troisième régions militaires. Il doit également rallier les élèves des écoles militaires de Quang Trung, Nha Trang et Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ton That Dinh est désigné responsable de l’assaut de la citadelle de Cong Goa (garde présidentielle) et du palais présidentiel Gia Long.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tram Thien Khiem  est désigné responsable des opérations conjointes du quartier général de l’état-major et des unités de réserve. Elles sont censées suppléer les troupes de Dinh en cas d’échec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Van Kim est désigné  assistant de Minh pour les questions politiques et militaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On fixe le jour et l’heure du coup d’État : le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre à 13 h 30. Tous les conjurés seront invités ce jour à midi à un lunch au quartier général de l’état-major (Tran Van Don, 1985, p. 133).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nhu contacte son épouse actuellement présente aux U.S.A. pour y subir une intervention chirurgicale et lui demande de différer son retour au S-V, le temps que la situation se stabilise (Chaffard, 1964, p. 13).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La commission de l’O.N.U. (voir 26 octobre) se rend à Hué (Chaffard, 1964, p. 273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​31 octobre 63 : Finalement Diem déclare à Tran Van Don (chef d’état-major s-v) vouloir recevoir Felt le lendemain si celui-ci demande une audience. Il affirme ne pas être au courant de la venue de l’amiral. La rencontre aura finalement lieu le matin (Tran Van Don, 1985, p. 130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem fait concentrer environ 10 000 hommes autour de Saigon sous les ordres du général Ton That Dinh sans savoir que ce dernier a depuis peu basculé du côté des putschistes (voir début novembre) (Truong Vinh Le, 1989, p. 99). Quatre compagnies de forces spéciales fidèles au régime quittent Saïgon pour prendre part à une opération contre les troupes du F.N.L. pour satisfaire les Américains et peut-être ainsi rétablir une allocation mensuelle de 300 000 dollars qui avait été suspendue au motif de leur inactivité guerrière (Chaffard, 1964, p. 274).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1963&amp;diff=5228</id>
		<title>Septembre 1963</title>
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		<updated>2026-07-31T13:23:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Septembre 63 : La bureaucratie de l’administration Kennedy est plus que jamais divisée. Kennedy essaie d’obtenir des renseignements de Lodge et Harkins en leur adressant des questions précises. C’est Hillsman qui en compose la liste. Le rapport de Lodge est foncièrement pessimiste alors que celui de Harkins dit tout le contraire. En fait, ce dernier évoque plus la teneur des débats qui ont lieu à Washington que les réalités du S-V (Halberstam, 1974, p. 307).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk déclare dans un éditorial du journal &#039;&#039;Réalités cambodgiennes&#039;&#039; : « Le Sud-Vietnam est voué, à une échéance certainement proche, au communisme. Cette issue est aussi inévitable que l’était la défaite française même avant Dien Bien Phu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 279).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début septembre 63 : Nhu continue à jouer double-jeu : il a des contacts avec le F.N.L. et la R.D.V.N. et travaille en même temps à une entente avec Lodge. C’est une partie de poker-menteur dans laquelle chacun cherche à duper l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 63 : « Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre, le Cambodge rompt ses relations diplomatiques avec le Sud-Vietnam. - Trois moines bouddhistes, dont le chef Tri Quang, se réfugient à l&#039;ambassade des États-Unis à Saigon. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, « Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963), p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ambassadeur américain Henry Cabot Lodge et le président Ngo Dinh Diem se rencontrent pour la première fois au palais Gia Long. Les 2 hommes s’apprécient d’autant moins que le premier entend se débarrasser au plus vite du second. Ce que Diem ne peut ignorer avec le départ de Nolting et la récente nomination de ce nouvel ambassadeur qui entend mettre un frein aux scandaleuses dérives du régime des Ngo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 63 : Le journal &#039;&#039;Times of Vietnam&#039;&#039;, contrôlé par les Ngo, attaque publiquement la C.I.A., l’accusant d’avoir des responsabilités directes dans la crise bouddhiste et d’avoir fomenté un coup d’État qui aurait dû avoir lieu le 27 août. L’agence aurait dépensé 24 millions de piastres pour sa réalisation. Nhu est à juste titre persuadé que les Américains ont juré sa perte (Chaffard, 1969, p. 321).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy inaugure une importante campagne de communication sur la guerre du Vietnam (voir 3 et 9 septembre). La politique jugée néfaste de Diem est ici visée. Dans une interview télévisée de la chaîne C.B.S. menée avec Walter Cronkrite, Kennedy déclare en parlant de Diem : « Même dans le meilleur des cas, il ne peut réussir sur une telle base. Nous espérons qu’il s’en rendra compte ; mais en dernière analyse, c’est au peuple et au gouvernement de gagner ou perdre cette bataille. Tout ce que nous pouvons faire, c’est apporter notre aide et nous le faisons manifestement ; mais je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que nous devons nous retirer. Ce serait une erreur. Oui, ce serait une grande erreur. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Johnson, 1972, p. 84). Puis il conclut : « C’est, en dernière analyse… leur guerre. Ce sont eux qui doivent la gagner ou la perdre. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président pense alors que, sans un meilleur soutien populaire à l’égard du gouvernement, la guerre ne peut être gagnée et reconnaît que « dans les deux derniers mois, le gouvernement a perdu le contact avec le peuple. » (Nolting, 1988, p. 130) Kennedy, pour mettre la pression sur Diem, souhaite de possibles changements de politique et de personnel qui peuvent selon lui modifier le cours de la guerre. Le président est également interrogé sur la proposition gaullienne de neutralisation évoquée par le Général le 29 août. Il la rejette publiquement (Johnson, 1972, pp. 86-87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au même moment, Lodge négocie à Saigon le départ des Nhu (Halberstam, 1974, p. 309). Fidèle à la ligne défendue par le président et le vice-président, le nouvel ambassadeur américain rejette lui aussi la proposition de neutralisation gaullienne (voir 29 août et 3 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ministre des Affaires étrangères français Couve de Murville réclame auprès de Roger Lalouette (ambassadeur à Saigon) une attitude d’expectative et de non-ingérence dans les affaires s-v. C’est une forme de rappel à l’ordre du diplomate (Journoud, 2011, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 septembre 63 : De Gaulle revient à la charge et écrit à Kennedy pour lui présenter son idée de neutralisation du Vietnam. Il lui demande d’organiser une nouvelle  conférence de Genève (Portes, 2016, p. 16). Kennedy organise une réunion autour de cette idée (voir 29 août) qui a été évoquée avec lui lors de sa visite officielle à Paris en 1961. Considérant que cela n’a pas fonctionné au Laos, il l’écarte, au regret (rétrospectif…) de McN (MacNamara, 1996, p. 73). LBJ s’aligne tout à fait sur la position présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roger Lalouette (ambassadeur de France à Saigon) remet à Diem le texte de De Gaulle du 29 août et a un long entretien avec Diem qui ne comprend pas que les États-Unis puissent fomenter contre lui un coup d’État : « Il est inconcevable qu’on puisse recourir à de tels agissements. » (Journoud, 2011, p. 126)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir écarté une version plus modérée, Kennedy déclare dans une seconde interview télévisée qu’il est prêt à lâcher Diem et à mettre les S-V devant leurs responsabilités : « Je ne crois pas que la guerre puisse être gagnée si le peuple ne participe pas à l’effort commun et, à mon avis, au cours de ces deux derniers mois, le gouvernement [s-v] a perdu tout contact avec lui. Nous considérons comme extrêmement peu sage la répression contre les bouddhistes […] J’ai l’espoir  que cela deviendra de plus en plus évident aux yeux du gouvernement, et que celui-ci prendra les mesures nécessaires pour recouvrer l’appui populaire […] Avec un changement de politique et peut-être d’hommes, je crois la chose possible. J’aurais tendance à penser que s’il ne procédait pas à ces changements, les perspectives de victoire ne seraient plus très bonnes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Schlesinger, 1966, p. 887)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 septembre 63 : Dans un numéro de &#039;&#039;Fides&#039;&#039; de ce jour, l’archevêque de Saïgon, Mgr Nguyen Van Binh, met en garde les catholiques du S-V alors que certains bouddhistes ont manifesté et manifestent toujours une grande hostilité au régime diémiste : « Nous pratiquons libéralement notre religion dans le Vietnam du Sud, comme peuvent le faire les fidèles des autres confessions religieuses ; réjouissons-nous de cette liberté. Mais n’essayons pas d’en profiter pour accaparer des droits exorbitants et des privilèges. Ne confondons pas l’expansion de la foi avec le développement de l’influence politique et du prestige social. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 188)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrestation par ordre du gouvernement militaire de Saïgon de deux directeurs de journaux catholiques, le &#039;&#039;Song Dao&#039;&#039; (progressiste) et le &#039;&#039;Thu Do&#039;&#039; (anticommuniste mais critique à l’égard du gouvernement) (Gheddo, 1970, pp. 240-241).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 septembre 63 : Le chef d’état-major s-v Tran Van Don porte au palais royal une pétition portant la signature de plusieurs officiers supérieurs demandant la levée de la loi martiale, d’engager une nouvelle politique, de restructurer le gouvernement, de donner des fonctions réelles d’autorité aux généraux et surtout d’éloigner le couple Nhu. Diem rejette obstinément toutes ces propositions (Rignac, 2018, p. 242-243 ; Tran Van Don, 1985, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il écrit au secrétaire général de l’O.N.U. U Thant. Sa lettre révèle un état d’esprit paranoïaque. Il évoque « la soi-disant persécution du bouddhisme [qui] n’est qu’une invention de l’impérialisme ». Selon lui, le bouddhisme a été « noyauté par des agents de l’Ouest comme de l’Est. » Il faut « libérer la hiérarchie bouddhiste de l’influence diabolique d’agents et d’aventuriers étrangers. » (Chaffard, 1969, p. 324) John Meckling, le chargé des relations publiques à l’ambassade américaine, parlera de « déraison absolue et caractérisée » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 325).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 septembre 63 : Le général Ton That Dinh se rend au palais présidentiel espérant avoir un retour au sujet de la lettre des généraux de la veille présentée par Tran Van Don mais n’obtient rien de Diem. Il quitte Saigon pour Dalat (Tran Van Don, 1985, pp. 121-122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nhu déclare qu’il ne quittera pas le pays mais laisse entendre qu’il pourrait peut-être lâcher le gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réunion du Conseil national de Sécurité toujours aussi indécis. On prévoit la venue à Washington des représentants de Saigon et inversement. McN veut envoyer Harriman et (spécialiste de la lutte antiguérilla) ainsi que le conseiller pour les affaires politiques à l’ambassade de Saigon, Joseph A. Mendenhall, bon connaisseur du Vietnam où il est arrivé en août 1949, mais ce dernier ne croit plus en une solution Diem (Nolting, 1988, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ de Krulak et Mendenhall pour le Vietnam. Ils ont des avis divergents sur la situation au S-V (voir 10 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On décide de convoquer ultérieurement Rufus Philipps (spécialiste de la contre-insurrection à l’origine du programme) pour défendre les hameaux stratégiques et John Mecklin, chef de l’U.S.I.A. à Saigon. Phillipps, dont les rapports sont connus d’Harriman, ne croit plus ni aux hameaux ni à l’action des militaires. Harriman a fait circuler ces rapports à Washington. McN en avait pris connaissance le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre, sans réaction de sa part. &#039;&#039;&#039;Philipps provoque alors la première attaque frontale contre les rapports des militaires.&#039;&#039;&#039; Sa voix est écoutée car il a été un des membres de la première équipe de Lansdale et a appartenu à la C.I.A. Il s’est rendu sur le terrain et a reconnu devant le président l’échec des hameaux mais aussi le total décrochage entre Diem, Nhu et la population locale. Il a récemment consulté le rapport d’un de ses subordonnés, Earl Young, qui signalait que 80 % de la province de Long An était tenue par le Vietcong. Ceux qui un temps ont soutenu Diem n’y croient plus (Halberstam, 1974, p. 309 et pp. 312-315).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 – 8 septembre 63 : Attaque par le VC de deux hameaux stratégiques, un poste et trois tours de garde. « Le total des pertes gouvernementales a été de vingt et un tués, neuf blessés et neuf disparus. Quatre membres d&#039;un conseil de village ont été en outre enlevés. D&#039;autre part trois sabotages de la voie ferrée Saigon-Hué sont signalés dans la région de Tuy-Hoa, au Centre-Vietnam. Le plus important a fait trois morts, dont deux militaires de l&#039;escorte, et sept blessés. » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 10 septembre 1963)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 - 10 septembre 63 : Nouveau signe de perplexité dubitative, Kennedy envoie en mission au S-V le général Krulack des &#039;&#039;Marines&#039;&#039; (sur proposition de McN) et le diplomate Joseph Mendenhall, bon connaisseur du pays qui a servi sous les ordres de l’ambassadeur Dubrow. Les deux hommes se détestent cordialement. Le Département d&#039;État leur a envoyé par le biais de l&#039;ambassade de Saigon un câble détaillé contenant un questionnaire censé interroger l&#039;opinion publique vietnamienne dans toutes les couches de la société. Durant cette mission ultra-rapide, et donc forcément plus qu’illusoire au vu de la complexité de la situation au S-V, ils sont tous deux chargés d’établir un rapport qui sera lu par Kennedy et discuté lors d’un C.N.S. houleux (voir 10 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 septembre 63 : « Le 7 septembre. - Des manifestations ont eu lieu parmi les étudiants du secondaire à Saigon. Une agitation sporadique des étudiants et des arrestations ont eu lieu au cours des jours suivants. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 63 : Kennedy réitère dans une interview télévisée à la chaîne NBC sa foi dans la théorie des dominos (MacNamara, 1996, p. 74). A la question de savoir s’il doute de cette théorie, il répond : « Non, j’y crois. J’y crois vraiment. Je pense que le combat décisif est tout proche. La Chine est si vaste, elle apparaît si immense, juste au-delà des frontières, que si l’on perdait le Sud-Vietnam, la guérilla disposerait d’une position géographique améliorée pour donner l’assaut à la Malaisie, mais de plus chacun aurait l’impression que l’avenir du Sud-Est asiatique passe par la Chine et le communisme. Aussi, je crois à cette théorie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Johnson, 1972, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, Les forces gouvernementales neutralistes (celles de Souvanna Phouma) prennent possession de Vientiane. Le représentant du Pathet Lao du gouvernement triparti laotien (Phoumi Vongvichit) est obligé d’aller se réfugier auprès des représentants de la C.I.C. (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 9 septembre 1963).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 63 : Réunion du C.N.S. De retour du S-V, le général Krulak (&#039;&#039;Marines,&#039;&#039; spécialiste de la lutte antiguérilla) et Mendenhall (département d’État, ancien conseiller pour les affaires politiques à l’ambassade de Saigon) ont des avis plus que divergents sur ce qu’ils ont vu et entendu. Le premier estime que la guerre peut être gagnée même si le régime s-v est défaillant. Le second rapporte que la guerre contre le Vietcong est devenue secondaire par rapport à celle qui doit être menée contre le régime de Diem et qu’une guerre civile se profile. Kennedy semble surpris. Il leur demande : « Vous avez bien visité le même pays, n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Krulak répond qu’il a visité les campagnes tenues par l’A.R.V.N. où la situation lui paraît sinon parfaite, du moins normale. Il s’est surtout entretenu avec Lodge et… Harkins. Mendenhall, lui, est demeuré en ville (Saigon, Hué, Da Nang) et y a côtoyé les étudiants et les intellectuels. Il décrit une situation plus que chaotique, contre l’avis de Nolting, ancien ambassadeur à Saigon demeuré un fervent soutien du régime de Diem. Les avis divergents des uns et des autres, dont bon nombre ont une expérience du S-V - Nolting, Mecklin, Phillips (voir 6 septembre), Hilsman - tournent au pugilat verbal entre la vision des militaires et celle des hommes de terrain qui voient les choses différemment. A l’issu de ce C.N.S. (et des suivants…), la perplexité de Kennedy demeure donc pleine et entière…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, les avis divergent également : Harkins et le M.A.C.V. considèrent que la situation est en voie d’être maîtrisée, alors que ceux qui sont sur le terrain (civils et quelques militaires) estiment qu’elle se détériore rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel John Paul Vann estime qu’au printemps, la marge d’erreur du &#039;&#039;body count&#039;&#039; (système informatisé de comptage des morts ennemis cher à McN) est de l’ordre de 40 %. Il constate par ailleurs que la situation se dégrade.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 63 : Le F.N.L. présente à l’O.N.U. un plan de paix en 3 points. Une lettre de Nguyen Huu Tho demande la cessation de l’aide américaine, le retrait des soldats américains et la constitution d’un gouvernement de coalition (Francini 2, 1988, p. 269). Cette lettre ne sera diffusée publiquement que le 5 octobre par l’agence U.P.I. de Tokyo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 septembre 63 : Nouvelle conférence de presse de Kennedy sur le Vietnam. 3 objectifs sont à atteindre : gagner la guerre, contenir le communisme et ramener les Américains au pays (Pericone, 2014, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’ambassadeur de France à Saigon Roger Lalouette quitte le Vietnam&#039;&#039;&#039;. Il a tenté de jouer par l’entremise de Buu Hoi auprès de Nhu la carte neutraliste française (voir 29 août) à laquelle Nhu, dans son ambiguïté habituelle, n’est pas forcément insensible. Lalouette s’est aussi, selon sa hiérarchie, trop impliqué dans les affaires s-v. De ce fait, il s’est attiré les foudres des Américains et de leur presse (Chaffard, 1969, pp. 317-319) Ce rappel de l’ambassadeur français est considéré par les Français comme un moyen pour les apaiser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre 63 : Après avoir eu recours à la pression de la parole présidentielle le 2 septembre, Washington utilise un deuxième levier, économique cette fois, en informant son ambassade à Saigon de différer la décision d’un crédit de 18,5 millions de dollars destiné aux importations du S-V (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers la mi-septembre 63 : Ralliement au projet de putsch des généraux de Mai Huu Xuan, (commandant le centre d’entraînement de Quang Trung, 16 000 hommes), Tran Thien Khiem (proche de Diem et Nhu, leur avait apporté son aide en 1960, responsable de la région de Saigon), Khanh (dans une moindre mesure car considéré comme « inconséquent et fourbe »), Do Cao Tri (commandant le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; Corps d’armée), des colonels Do Mau (Sûreté militaire) et Tran Ngoc Huyen (Académie militaire), du lieutenant-colonel Nguyen Cao Ky (armée de l’air) (Tran Van Don, 1985, pp. 122-125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 63 : « Le 16 septembre. La loi martiale est levée. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 septembre 63 : Long câble de Lodge sur la situation au S-V (MacNamara, 1996, pp. 76-77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une réunion du C.N.S. donne lieu à l’envoi d’instructions de la Maison Blanche à Lodge. On poursuit la politique des demi-mesures et des illusions. On y produit beaucoup de vœux pieux pour mieux différer les problèmes : pas de destitution du gouvernement Diem, « nous devons pour l’instant présent utiliser les genres de pression qui peuvent se présenter, ceci afin d’obtenir des améliorations de la situation – si petites soient-elles. » ; il faut « purifier l’air : Diem doit remettre tout le monde au travail et se concentrer sur la guerre en cours. » ; Lodge est autorisé « à bloquer tout soutien économique et tout moyen de financement » mais en se « souvenant que notre politique n’est pas de couper complètement l’aide économique ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau des préconisations : « un véritable esprit de réconciliation ferait merveille parmi ceux qu’il [Diem] est appelé à diriger ; une attitude de répression sévère ou autocratique ne peut qu’engendrer de nouvelles résistances » ; la liberté de la presse doit être rétablie ; « un sang neuf dans le cabinet » doit être insufflé ; de nouvelles élections doivent être prévues ; on doit toutefois manifester « une attitude de désapprobation à l’égard des récentes actions du gouvernement du Vietnam. » ; on prévoit l’envoi de McN et Taylor au Vietnam avec une « mission à caractère militaire » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 234-237 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 165-167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN et Taylor (Président du Conseil interarmes des chefs d’état-major) demandent en effet à partir sur place mais Lodge et certains membres du département d’État s’y opposent violemment dans la mesure où les précédents voyages de McN ont toujours cautionné la position des militaires. Soutenu par le C.N.S., McN et Taylor passent outre (voir 23 septembre) (Halberstam, 1974, p. 319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 – 25 septembre 63 : M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu est en tournée européenne de relations publiques pour défendre le régime s-v avant de s’envoler pour les États-Unis. A Paris, elle multiplie les interviews devant la presse écrite ou télévisée. Elle est notamment invitée à l’émission &#039;&#039;Cinq colonnes à la une&#039;&#039; où elle profère ses habituelles attaques : contre les États-Unis qu’elle accuse d’ingérence dans les affaires intérieures du S-V et de manipulation de l’opinion publique internationale ; contre le mouvement bouddhiste qui, selon elle, est noyauté par le Vietcong. C’est au cours de cette émission qu’elle affirme que les bonzes qui se sont immolés jusqu’alors ont été « drogués ». Elle rejette également la position neutraliste de De Gaulle estimant qu’une neutralisation du S-V équivaudrait à une capitulation face au communisme. Elle se livre enfin à une défense sans faille du régime. Ces déclarations pleines d’arrogance et de manque d’empathie, ajoutées à celles qu’elle va prononcer aux U.S.A., ont un effet dévastateur pour l’image du régime de Saïgon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 63 : Le journaliste américain Joseph Aslop révèle dans le &#039;&#039;New York Herald Tribune&#039;&#039; la tenue de propos émanant de Nhu qui tendraient à prouver qu’avec l’aide des ambassadeurs français à Saigon (Lalouette) et Hanoi (De Buzon), une véritable négociation est ouverte entre le gouvernement n-v et celui de Diem par le truchement du représentant polonais de la C.I.C., Manelli. Celui-ci reçoit des journalistes et dément avoir abordé cette question avec Nhu lorsqu’il l’a rencontré le 2 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’affaire déclenche une réaction américaine. Robert Mc Closey, porte-parole du département d’État, déclare : « Il serait insensé, et contraire à l’intérêt du Sud-Vietnam, des États-Unis et des autres nations libres, de remettre en négociation ce qui a été acquis par le courage, les efforts et les lourdes pertes en vies humaines du peuple vietnamien. » (Chaffard, 1969, p. 326) L’ambassadeur des États-Unis, Cabot Lodge, commence alors à prendre une série de décisions qui vont mener au coup d’État contre les Ngo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, le diplomate et président indien de la C.I.C., Godburdhun, rend visite à HCM et Diem pour tenter de réétablir des relations entre les deux Vietnam antagonistes. C’est à cette occasion qu’il entend dire de la bouche d’HCM qu’« après-tout, M. Diem est, à sa manière, un patriote. » (Lacouture, 1965, pp. 96-97)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 63 : Dans un câble adressé au département d’État, Lodge entérine (à contrecœur) le fait de ne pas pouvoir envisager le remplacement de l’équipe gouvernementale s-v actuelle, « du moins en ce qui concerne l’avenir immédiat. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem et Nhu pensent que l’adoption des mesures préconisées le 17 « risquerait soit de désintégrer la structure politique sur laquelle ils s’appuient, soit leur faire perdre la face, soit les deux. » C’est donc un accord « du le bout des lèvres » qui est conclu. Selon Minh, « l’armée n’a pas le cœur à la guerre. » Le ministre de la Défense s-v, Thuan, partage cet avis et songe à quitter le pays (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 167-168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 septembre 63 : &#039;&#039;&#039;Mission McN-Taylor&#039;&#039;&#039; : « Le 23 septembre, la mission d&#039;enquête américaine dirigée par le secrétaire d&#039;État McNamara et le général Taylor part pour le Sud-Vietnam. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8) Ils doivent enquêter sur la possibilité de réduire certains projets d’assistance pour marquer leur désenchantement par rapport à la politique menée par Diem et Nhu. Dans les faits, cette aide est déjà réduite car David Bell (U.S.A.I.D. à Saigon) a fait savoir qu’elle a été automatiquement réduite « chaque fois que nous avons un problème avec un gouvernement client. » (Halberstam, 1974, p. 320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 septembre 63 : Interview de McN qui réitère que l’avenir du S-V repose sur l’engagement de son armée (MacNamara, 1996, p. 82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur Sylvester (secrétaire adjoint pour les Affaires publiques), après avoir séjourné à peine 24 heures au S-V, déclare lors d’une conférence de presse que la guerre « allait de mieux en mieux, plutôt que de pis en pis […] Les objectifs envisagés [vont] être atteints dans un délai relativement bref. » 2 jours plus tard, il revient sur ses propos disant que son premier rapport avait été « un peu faussé ». Il avoue alors : « […] mes remarques ont laissé croire que je voulais camoufler la vérité sous de belles paroles. » (Halberstam, 196, p. 247)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 63 : &#039;&#039;&#039;McN et Taylor arrivent à Saigon pour 10 jours&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 2 octobre). McN doit « estimer l’efficacité du combat au Sud-Vietnam contre le Vietcong et évaluer ses chances de succès ». Il estime également devoir répondre clairement à un certain nombre de questions : degré de véracité des rapports contradictoires, évaluer l’importance de l’opposition à Diem (étudiants, armée, administration, population), juger de l’efficacité des hameaux stratégiques, « état de santé mentale de Diem et Nhu », évaluer la réalité du pouvoir politique de Diem, savoir comment influer sur la politique de ce dernier et par quels moyens. Des réunions sont prévues tous les matins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 26, McN rencontre P.J. Honey, maître de conférences sur les questions vietnamiennes de l’université de Londres. Selon ce dernier qui l’a rencontré depuis peu, Diem a vieilli, son agilité mentale a faibli. On le critique dans les milieux civils et militaires. Honey ne préconise pas le départ de Diem et estime à 50 % les chances d’obtenir du mieux. Si les communistes prennent le pouvoir, la perte de crédibilité des U.S.A. ne se fera pas ressentir qu’en Asie (MacNamara, 1996, pp. 83-84). C’est au cours de ce voyage que le secrétaire d’État à la Défense déclare : « Notre politique est de soutenir les dirigeants sud-vietnamiens dans tout ce qui contribue à gagner la guerre, mais de censurer les actes qui contribuent à affaiblir l’effort de guerre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 326) Or désormais, aux yeux des Américains, les actes inconsidérés de Diem et Nhu  les affaiblissent de plus en plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’&#039;&#039;Ossevatore Romano&#039;&#039; (organe officiel du Vatican) publie ce jour une déclaration de sept évêques vietnamiens qui se trouvent à Rome pour participer à la préparation des travaux conciliaires de Vatican 2. Désavouant la répression du régime diémiste à l’égard des bouddhistes, ils déclarent : « Quand un chef d’État prend des mesures coercitives pour des motifs politiques et non religieux, et en vue de la sûreté de l’État, l’Église rappelle les préceptes évangéliques pour que soient évitées la violence et la haine, et son action charitable n’y est pas impliquée : c’est le cas de notre Vietnam […] Bouddhistes et catholiques, également ennemis de la violence et respectueux de la conscience des autres, ne peuvent se heurter sur le plan religieux […] » Les sept prélats sensibles aux critiques dont est victime l’Église catholique du Vietnam à l’étranger invitent à la prudence des analyses faites selon eux à l’emporte-pièce (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, pp. 238-239) Une seule voix discordante chez les catholiques vietnamiens, celle de Mgr Ngo Dinh Tuc, évêque de Hué et frère de Diem, qui prend la parole à plusieurs reprises dans les médias et se rend en Europe et aux U.S.A. pour défendre le régime. Ces prises de parole et ces déplacements déplaisent au nouveau pape Paul VI élu le 23 juin (Gheddo, 1970, p. 240, note 41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 septembre 63 : « Le 27 septembre. Les élections à l&#039;Assemblée nationale, reportées depuis 31 août du fait de la loi martiale, se sont déroulées sans incident dans tout le Sud-Vietnam. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8) Alors que la moitié du S-V est à cette époque occupée par les le Vietcong, le régime diemiste forge ses propres statistiques électorales : sur 6 800 000 électeurs inscrits, il y aurait eu 92 % de votants. Les 123 députés “élus” sont en fait tous représentatifs de l’oligarchie qui règne depuis le début du régime diemiste (Fall, 1968, p. 205). M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu est            « brillamment réélue » malgré son absence (voir 17 – 25 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entretien McN-Richardson (chef de station de la C.I.A. à Saigon). La crise bouddhiste ne fait que cristalliser un mécontentement plus ancien. Diem est intègre mais son entourage (les Nhu) risque de le détruire. Richardson craint un coup d’État militaire mais sait aussi que personne n’est capable de prendre la place de Diem. Il ne reste qu’une seule solution : faire pression sur Diem et forcer les Nhu à partir. McN doit donc être ferme sur ce point précis avec le président s-v (MacNamara, 1996, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 septembre 63 : &#039;&#039;&#039;Rencontre entre Diem, McN et Taylor&#039;&#039;&#039;. Lodge et Harkins sont présents. Habituel très long monologue de Diem sur sa sagesse politique  et les progrès de la situation militaire. McN note dans ses mémoires : « Son assurance sereine me déconcertait. » Puis le secrétaire d’État à la Défense prend la parole : c’est une guerre vietnamienne, les U.S.A. ne peuvent qu’aider ; les troubles politiques et leur répression compromettent l’effort de guerre, il faut donc les stopper rapidement et remédier à leurs causes. Diem se braque, accuse la presse et reproche aux Américains de ne pas comprendre la véritable situation au S-V. Au sujet de la crise bouddhiste, il ne modère pas sa colère et prétend avoir été « trop doux. » Le cas M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu est évoqué : une bonne partie de la mauvaise image du gouvernement aux U.S.A. vient de ses déclarations outrageuses. McN sort une coupure de journal où elle déclare que les sous-officiers américains « se comportaient en petits mercenaires. » Diem, imperturbable, prend sa défense. Quant à l’éviction de Nhu, McN se garde bien d’aborder le sujet avec son interlocuteur (MacNamara, 1996, pp. 85-86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 septembre 63 : McM rencontre le nonce papal, Mgr Asta. Selon le secrétaire à la Défense, le régime de Diem a créé une État policier qui arrête et torture les opposants (étudiants). Il considère que si Nhu prend le pouvoir, il demandera le départ des Américains et passera un accord avec les communistes n-v. McN et le nonce en arrivent à la même constatation : le gouvernement américain n’a pas su parler d’une seule voix, ce qui a ajouté de la confusion à la confusion dans l’esprit des S-V (MacNamara, 1996, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 septembre 63 : Taylor adresse une lettre à Diem résumant le contenu de leur entretien du 29. Diem n’y répondra pas. Le dialogue de sourds se poursuit (MacNamara, 1996, p. 86).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1963&amp;diff=5227</id>
		<title>Août 1963</title>
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		<updated>2026-07-31T13:20:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Août 63 : Halberstam constate que « l’armée [américaine] commen[ce] à fonctionner de plus en plus comme un organe séparé […] en protégeant ses officiers supérieurs. » Il observe, en allant sur le terrain, une nette détérioration de la situation militaire dans le delta du Mékong avec « l’apparition de formidables bataillons vietcong qui déferlaient presque sans opposition », qui plus est, équipés d’armes américaines prises aux S-V. Il publie un article qui est lu par Kennedy et l’impressionne. Le président demande des explications à l’armée en la personne du général Dick Stilwell (chef d’opération à la M.A.C.V.). Ce dernier prépare un épais dossier qui contredit l’article. La publication des dossiers de Pentagone montrera que l’article du journaliste disait vrai, là où le rapport Stilwell-Krulak n’était qu’un tissu de contre-vérités (Halberstam, 1974, p. 317).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saloth Sar (futur Pol Pot) se trouve toujours à cette époque au « bureau 100 » situé à la frontière khméro-vietnamienne, côté vietnamien (Deron, 2009, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 63 : &#039;&#039;&#039;Nomination d’Henry Cabot Lodge au poste d’ambassadeur des U.S.A. au S-V.&#039;&#039;&#039; Ses lettres de créance seront présentées le 26. Il succède à Nolting, discrédité pour ses indulgences à l’égard de Diem. Avec cette nomination, Diem et les Nhu vont être progressivement lâchés par les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 août 63 : Le nouveau pape Paul VI (élu le 23 juin) qui, à l’image de la hiérarchie catholique vietnamienne, ne soutient pas le régime diémiste s’adresse à des étudiants vietnamiens (Gheddo, 1970, p. 241-242, note 44). Selon Gheddo, le Vatican serait intervenu à cette époque par voie diplomatique pour inviter le régime de Saïgon à la modération envers les bouddhistes (&#039;&#039;Ibid.&#039;&#039;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 août 63 : Immolation par le feu d’un bonze à Phan Tiet, petit port au nord de Saigon. Cet acte provoque les réactions sarcastiques de M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu qui appelle à ce qu’il y ait encore beaucoup d’actes de ce genre et qu’elle les applaudirait à l’avance (voir 8 août) (Halberstam, 1966, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accord de pacification conclu par l’U.R.S.S., la Grande-Bretagne et les U.S.A., au grand dam de la Chine. Il porte sur l&#039;interdiction des essais d&#039;armes nucléaires dans l&#039;atmosphère, dans l&#039;espace extra-atmosphérique et sous l&#039;eau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 août 63 : Une seconde lettre (voir 20 juin) est adressée par le vénérable Tich Tinh Kiet, chef suprême du bouddhisme vietnamien, au vice-président Nguyen Ngoc Tho et cette fois également à Diem. Elle dénonce un projet de « mise en scène destinée à créer une situation chaotique, dont on profiterait pour raser la pagode Xa Loi [bastion de la révolte], éliminer les chefs bouddhistes, et du même coup mettre un terme à leur mouvement revendicatif […] A moins que l’on veuille nous obliger, Monsieur le Président, vous que certains considèrent comme trop faible, à céder le place à quelqu’un d’autre [Nhu], pour constituer un nouveau gouvernement qui ignorerait tous les engagements existant avec le bouddhisme […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 août 63 : Le Comité intersectes de défense du bouddhisme dirigé par le bonze Tich Tri Quang, avec l’aval du vénérable Tich Tinh Kiet, fait parvenir un nouveau message à Diem qui s’élève contre le plan d’une opération de répression intense qui prévoirait pour la fin de semaine l’arrestation dans leurs pagodes des principaux chefs religieux (Chaffard, 1964, pp. 265-266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 août 63 : Déclaration de madame Nhu à un correspondant américain disant que l’attitude des moines bouddhistes s’immolant par le feu était un comportement confinant à la folie et qu’elle applaudirait s’il y avait un prochain &#039;&#039;&#039;« barbecue »&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;«&#039;&#039;&#039; 8 août - Dans un discours, M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu qualifie les bouddhistes de traîtres et affirme qu&#039;ils sont sous l&#039;influence des étrangers et des communistes. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7) Ces déclarations intempestives créent une réprobation de l’opinion publique américaine et de violentes critiques à l’égard de l’administration Kennedy dans son soutien de plus en plus hésitant au régime diémiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 août 63 : Un libelle rédigé par les dirigeants bouddhistes et adressé à Diem, s’en prend à Nhu et sa tonitruante épouse : « On a vu, dans le passé, des trônes s’effondrer, des régimes changer de manière douloureuse, uniquement parce que la loi n’a pas été respectée, parce que l’autorité a été mal appliquée, et parce que, parfois, on a laissé les femmes s’immiscer dans les affaires nationales. Les saints ont enseigné qu’il faut d’abord se rendre maître de soi-même, puis de sa famille, avant de vouloir gouverner le pays et le pacifier […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 266).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 août 63 : « 11 août. - Des manifestants antigouvernementaux à Saigon portent des slogans dénonçant Madame Nhu. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 août 63 : Diem promet à l’ambassadeur américain Frederick Nolting qui effectue sa visite d’adieu que la répression envers les bouddhistes va cesser sous peu (Cesari, 1995, p. 153). Or c’est tout le contraire qui va avoir lieu (voir 20 - 21 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 août 63 : « Le 13 août, une jeune fille bouddhiste tente de se suicider dans une pagode de Saigon. - Un jeune moine bouddhiste s&#039;est immolé par le feu près d’Hué. Les chefs bouddhistes ont revendiqué ce suicide et les précédents n&#039;ont pas été sanctionnés par la hiérarchie. Le lendemain, les bouddhistes et les troupes gouvernementales s&#039;affrontent près d’Hué. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une interview au journaliste australien William Burchett, HCM, tout en décriant le régime diémiste et le rôle des Américains, laisse une porte ouverte : « Pour peu que les interventionnistes étrangers se retirent, il semble qu’un cessez-le-feu pourrait être négocié entre les forces diémistes et celle du Front de Libération. » Il s’agit de « créer les conditions permettant au peuple d’élire librement et démocratiquement un gouvernement de son choix. Entre ce gouvernement et celui de la R.D.V.N., des accords pourraient être négociés. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 312) Cet interview est peut-être une réponse aux démarches secrètes entreprises par Nhu depuis juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 août 63 : Diem promet à Nolting (toujours ambassadeur en titre) de chercher la conciliation dans la crise bouddhiste, ce qu’il annoncera dans une conférence de presse le 15 (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 août 63 : L’ambassadeur à Saigon Frederick Nolting quitte définitivement son poste. Son remplaçant, Henry Cabot Lodge, prendra ses fonctions dans la nuit du 22 au 23 août (Halberstam, 1966, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;«&#039;&#039;&#039; Le 15 août. - Diem a déclaré à un correspondant américain que sa politique de conciliation envers les Bouddhistes était « irréversible » » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, « Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963), p. 8).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un article d’Halberstam dans le &#039;&#039;Times Magazine&#039;&#039; décrit et révèle la détérioration de la situation au cours de l’année 1962 dans le delta du Mékong : «  […] le Vietcong communiste prend le pas dans le Delta. C’est d’autant plus inquiétant que son influence persiste malgré les manœuvres américaines entreprises vingt mois auparavant. » (Halberstam, 1966, p. 185)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite à sa précédente lettre pastorale qui remettait en cause les dérives du régime diémiste (voir 16 juin) et constatant que la répression s’est amplifiée, Mgr Nguyen Van Binh, archevêque de Saïgon, entend à nouveau disculper les catholiques en ne cautionnant pas l’attitude du régime à l’égard des bouddhistes. Il écrit dans une nouvelle lettre pastorale : « Certains ont accusé l’Église d’avoir provoqué ces incidents. C’est faux. L’Église ne les a pas provoqués, elle les a au contraire déplorés pour tout le mal qu’ils ont fomenté. » Il déplore les critiques qui ont visé le catholicisme vietnamien à l’étranger : « Ces calomnies […] ne tiennent pas devant la vérité des faits, car la paix religieuse, fondée sur l’esprit de tolérance, régnait au contraire entre chrétiens et bouddhistes […] » Puis il reprend mot pour mot l’argumentaire qu’il développera dans la revue &#039;&#039;Fides&#039;&#039; du 4 septembre (voir cette date) : les catholiques n’ont pas à tirer des privilèges politiques de leur position dans la société s-v (Gheddo, 1970, pp. 236-237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, début des émissions anti-Sihanoukistes de la radio des Khmers Serei financée par la C.I.A. et émettant à partir du Sud-Vietnam et de la Thaïlande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 août 63 : La vague d’immolations de moines bouddhistes se poursuit : « Le 16 août. - Un vieux prêtre bouddhiste s&#039;est suicidé en s’immolant devant une pagode à Hué, apparemment avec l&#039;approbation des chefs bouddhistes. Un couvre-feu strict a été imposé à Huê et à Nha Trang. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 août 63 : Importante manifestation en faveur des Bouddhistes (15 000 personnes selon Halberstam) autour de la pagode Xa Loi à Saigon (Halberstam, 1966, p. 221).  Des discours demandant la démission de Diem sont prononcés. Des milliers de tracts contenant une déclaration contre Diem contenant des exagérations sont alors distribués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 août 63 : Des rumeurs commencent à circuler à Saigon : Nhu aurait l’intention de s’en prendre aux pagodes. Il a fait mobiliser les forces spéciales du colonel Tung et a réuni les généraux. Il leur a reproché de ne pas prendre suffisamment de précautions contre les possibilités d’un éventuel coup d’État. Lui et sa famille doivent pouvoir trouver refuge dans un lieu tenu secret alors que les généraux qui lui sont fidèles doivent tenir Saigon sous le feu de leur artillerie pour éviter les combats de rues. Une première réunion en date du 16 qui portait sur les mêmes questions n’avait pas abouti : à la demande de Nhu aux généraux de rester pour avoir un entretien avec lui, personne n’était resté sur place (Halberstam, 1966, pp. 221-222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 - 21 août 63 : En violation de la parole donnée aux États-Unis de rechercher une conciliation, Nhu (avec l’assentiment de Diem ?) déclenche des raids de nuit contre les pagodes menés par les forces spéciales sud-vietnamiennes. La répression par les forces gouvernementales s’installe : 1 400 personnes sont arrêtées et certaines battues. L’image du régime à l’international s’effrite encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les 20 et 21 août. Des raids sont menés contre des pagodes à Saigon, à Hué et dans d&#039;autres grandes villes côtières peu après minuit, à la suite de la proclamation de la loi martiale. Le gouvernement prétend avoir dissimulé des armes et des preuves de l&#039;implication du Vietcong. Un nombre inconnu de bouddhistes ont été arrêtés. Les États-Unis publient une déclaration déplorant le recours à des mesures répressives. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 63 : Diem nomme le général Tran Van Dong au poste de chef d’état-major des armées. Il décrète, avec l’accord du gouvernement après proclamation l’état de siège (voir 21 juin), l’instauration de &#039;&#039;&#039;la loi martiale&#039;&#039;&#039; et nomme Ton Tan Dinh commandant de la région de Saigon (Prados, 2011, p. 163). Le ministre de la Défense du gouvernement Diem, Nguyen Dinh Thuan, se désolidarise du gouvernement et affirme à l’ambassade américaine qu’en « aucun cas les États-Unis ne devaient consentir à couvrir les agissements de M. et M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu. » Le ministre des Affaires étrangères, Vu Van Mau, démissionne également et se fait raser la tête à l’image des bonzes (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 197 ; Tran Van Don, 1985, p. 118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une habitude rôdée, M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu déclare de manière tonitruante à un journaliste que le gouvernement a écrasé la veille un complot bouddhiste inspiré par les communistes. Elle déclare par ailleurs que « c’était le plus beau jour de sa vie depuis l’anéantissement des Binh Xuyen en 1955. » (Halberstam, 1966, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 20 au 21 août 63 : Nhu (en présence de Diem ?) convoque à 4 h 30 du matin les ministres en conseil extraordinaire : des agents de la C.I.A. profitant de la crise religieuse prépareraient un putsch militaire pour le 27. Il faut donc prendre le contrôle des pagodes avec l’aide des forces spéciales du colonel Le Quang Tu en qui Nhu a plus confiance qu’en celles de l’armée régulière (Chaffard, 1969, p. 313).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don se rend avec Khiem à la pagode Xa Loi et observe l’intervention de la police secrète de Nhu et des forces spéciales : « Ce qui s’y déroulait nous rendit honteux. C’était une véritable boucherie ». Le témoin constate la présence d’« une trentaine de blessés » et l’existence de nombreux disparus (Tran Van Don, 1985, pp. 118-119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les 2 généraux prennent les devants et vont informer les Américains de ce qu’ils ont vu afin que l’armée dont ils sont les représentants soit disculpée de ces actes odieux. Ils leur révèlent que Nhu tente de traiter avec Hanoi. Ils évoquent alors l’éventualité d’une tentative de putsch et cherchent à obtenir l’aval des Américains (voir 24 août) (Chaffard, 1969, p. 314).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 août 63 : « Le 22 août, les États-Unis publient une déclaration déplorant le recours à des mesures répressives. Le ministre des Affaires étrangères du Vietnam, Vu Van Mau, démissionne en signe de protestation. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chef de l’antenne de la C.I.A. à Saigon, John Richardson, favorable à Nhu et soutenant les thèses optimistes d’Harkins, demande à rencontrer Halberstam pour évoquer le coup de force de Nhu (voir nuit du 20 au 21). Il lui déclare : « Ce n’est pas vrai, nous ne savions pas. Nous ne savions vraiment pas, je vous l’assure. » Des entretiens d’Halberstam avec des subordonnés de Richardson montrent pourtant que ce dernier est volontairement resté sourd à leurs avertissements (Halberstam, 1966, pp. 229-230 et p. 242). Parmi eux, certains soutiennent ostensiblement la révolte des bonzes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan et Halberstam mettent en cause dans plusieurs articles la version officielle produite par Nhu incriminant l’armée s-v dans les événements de la nuit du 20 au 21. Ils montrent que c’est Nhu et lui seul qui est à l’origine du coup de force contre les pagodes, une version qui plus est, contestée par les autorités américaines de Saigon. Quant à Diem, il est en position de total retrait (Halberstam, 1966, p. 232). Face à la censure et au blocage des moyens de communication, les deux journalistes seront obligés de ruser pour faire partir leurs papiers non censurés par le biais de vols militaires. Mis au courant, le M.A.C.V. cherchera à entraver ce procédé en interdisant cette pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 22 août 63 : &#039;&#039;&#039;Lodge arrive un peu avant minuit à Saigon pour prendre ses fonctions&#039;&#039;&#039;. C’est un Républicain, ancien candidat à la présidence (1960), choisi par un président démocrate. Kennedy l’a pris parce qu&#039;il savait qu&#039;il accepterait ce poste difficile mais aussi parce que le président veut faire montre d’ouverture politique en cette période d’engagement des États-Unis dans une période électorale. Lodge restera en poste jusqu’au 25 avril 1967. Dès son arrivée, il cherche à entrer immédiatement en contact avec la presse, montrant ainsi dans quel camp il se positionne (Halberstam, 1966, p. 232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant toute la crise bouddhiste, l’ambassadeur adoptera ouvertement une attitude anti-frères-Ngo : il se fait photographier avec une jeune fille bouddhiste près de l’assemblée nationale, il héberge le bonze Thich Tri Quang à l’ambassade américaine et va se faire ouvertement couper les cheveux chez le coiffeur qui avait rasé le crâne du ministre des Affaires étrangères Vu Van Mau en signe de protestation contre l’oppression bouddhiste (Truong Vinh Le, 1989, p. 93).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 août 63 : Tran Van Don demande à rencontrer Conein (C.I.A., ambassade de Saigon). Il lui explique ce qu’il a vu lors de l’attaque des pagodes (voir 20 - 21 août) et disculpe le rôle de l’armée régulière dans l’affaire. Conein est « sidéré par l’opération de Nhu ». Même s’il n’en dit rien dans ses mémoires, c’est sans doute lors de cette entrevue que Tran Van Don donne des assurances à Conein sur l’imminence du coup d’État. Prévu initialement pour le 26, il doit être reporté à une date ultérieure car, le 22, Harkins s’est plaint à Don d’une indiscrétion d’un colonel vietnamien faite à un officier américain. Or, dans la version officielle, les Américains (Harkins) ne sont nullement impliqués dans l’affaire. Dans les faits, les futurs conjurés sont toujours aussi indécis qu’impréparés. Ce que Don ne dit pas dans ses écrits (Tran Van Don, 1985, pp. 120-121 ; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 août 63 : 2 jours après son arrivée à Saigon, Lodge adresse au Département d’État un télégramme faisant le point sur la situation et l’informant du projet de coup d’État qui, selon les futurs conjurés, doit avoir lieu au plus tard le 2 novembre (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 210).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Court-circuitant les dirigeants (dont MacNamara, Taylor, McGeorge Bundy, McCone et même Kennedy, tous partis en congé hebdomadaire) et tous les échelons gouvernementaux et administratifs qui auraient dû en être informés, le quatuor antidiémiste Roger Hilsman (secrétaire d’État adjoint aux affaires d’Extrême-Orient), Averell Harriman (sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques pour le Sud-Est asiatique), Georges Ball (sous-secrétaire d’État) et Roger Forrestal (adjoint d’Harriman, membre du Conseil national de sécurité) rédigent à l’intention de Lodge la réponse suivante : « Le gouvernement américain ne peut tolérer une situation où le pouvoir repose entre les mains de Nhu. Il faut offrir à Diem l’occasion de se débarrasser de Nhu et sa clique […] Si, en dépit de tous vos efforts, Diem demeure inébranlable et refuse, nous devrons alors envisager la possibilité que Diem lui-même ne soit pas maintenu au pouvoir […] » (larges extraits &#039;&#039;in&#039;&#039; McNamara, 1992, p. 64) Ce télégramme met en cause Nhu et non directement Diem qu’il ménage d’ailleurs partiellement : « Nous souhaitons donner à Diem une chance raisonnable de chasser Nhu, mais, s’il s’entête, nous sommes prêts à accepter l’évidente conclusion que nous ne pouvons plus soutenir Diem. » (McNamara, 1992, p. 64) Lodge, qui veut se débarrasser de Diem, ne tiendra pas compte de cette nuance. Kennedy, en week-end à Hyannis Port, fut-il mis au courant de cette initiative dès son origine ou fut-il mis tardivement devant un fait accompli ? Ce point demeure obscur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est Michael Forrestal (membre du Conseil national de sécurité) qui transmet &#039;&#039;&#039;le câble 243&#039;&#039;&#039; à Kennedy lui précisant qu’il a obtenu l’accord de toutes les parties impliquées. Ce qui est faux puisque seuls des subalternes et non leurs dirigeants vont émettre un avis favorable voire réservé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy donne son aval à l’envoi du câble si tout son entourage l’approuve. Ball et Harriman prennent alors contact avec les services concernés mais n’obtiennent que la réponse de « seconds couteaux ». Helms (adjoint de McCone, également absent, directeur adjoint aux plans) donne son aval pour la C.I.A. Roswell Gilparic (secrétaire à la Défense adjoint par intérim, McN étant absent et Colby ayant été court-circuité) approuve pour le compte de la direction civile de son département, pensant ainsi avoir le feu vert de McN. Dean Rusk (secrétaire d’État) aurait exprimé de New-York des réticences verbales mais aurait déclaré qu’il se soumettait à la décision du président (Francini 2, 1988, p. 254 ; MacNamara, 1996, p. 65). Quant à Taylor (conseiller militaire de Kennedy), il n’est informé qu’après l’expédition du télégramme. Il ne donnera cependant pas son approbation, parlant d’« intrigue caractérisée » (MacNamara, 1996, p. 66). Le « câble 243 » est donc envoyé le jour même à Lodge à 21 h 36, heure de Washington. Selon McN, « les parrains du câble étaient bien décidés à le transmettre à Saigon le jour même. » (MacNamara, 1996, p. 65)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby y voit rétrospectivement « un télégramme qui allait lancer le gouvernement américain sur la voie de sa première grande erreur dans la guerre du Vietnam – le renversement du gouvernement de Diem. » (Colby, 1992, pp. 149-151) Nolting estime lui aussi &#039;&#039;a posteriori&#039;&#039; que « le télégramme du 24 août devint un facteur décisif dans l’engagement de notre pays dans la plus longue et la plus inutile de toutes les guerres de l’histoire américaine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rignac, 2018, p. 241)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’emballement se produit avant tout dans la partie du camp américain opposée à Diem. Car les conjurés vietnamiens pèchent quant à eux par leur impréparation et encore plus par leur absence de projet alternatif. Ils sont d’ailleurs loin d’être tous d’accord sur l’avenir du pays et n’ont pas de leader (Rignac, 2018, pp. 242-243).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câblogramme de Rusk à Lodge qui désavoue enfin clairement le régime diémiste. Nhu ayant fait intervenir les forces spéciales contre les pagodes, « le gouvernement des États-Unis ne peut tolérer une situation dans laquelle Nhu détiendrait la réalité du pouvoir. Il faut donner une chance à Diem de se débarrasser de Nhu et de sa coterie, et de les remplacer par des personnalités militaires et politiques moins compromettantes. Si, en dépit de vos efforts, Diem s’entête à refuser, vous devez envisager la possibilité de ne pas lui venir en aide si quelque chose se trame contre lui […] Souhaitons que vous accordiez un délai raisonnable à Diem pour éliminer les Nhu, mais s’il s’obstine nous serons prêt à retirer de ce refus la déduction évidente que nous ne pouvons plus soutenir Diem. L’assurance peut également être donnée à certains généraux appropriés qu’ils disposeront de notre soutien direct à tout moment pendant la vacance du pouvoir central. » L’aide militaire et économique au S-V sera suspendue, ce qu’il faut le faire savoir aux militaires. L’ambassadeur doit également leur faire savoir que les Américains considèrent qu’ils ne sont pas responsables de l’affaire des Pagodes. Rusk donne un feu vert à son subordonné : « Vous noterez que nous vous soutiendrons entièrement dans ce que vous entreprendrez pour parvenir à vos fins. » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 147-149 ; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 222-223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 août 63 : Réponse de Lodge à Rusk (secrétaire d’État) et Hilsman (secrétaire d’État adjoint aux affaires d’Extrême-Orient) au sujet du message de la veille.  Pour l’ambassadeur, Diem n’obtempèrera pas. Il faut cependant ne rien lui dire de la position américaine car Nhu contrôle les forces armées à Saigon. Et Lodge de préciser, « je propose que nous présentions directement nos demandes aux généraux, sans en informer Diem. » &#039;&#039;&#039;Ce sont donc eux qui décideront du maintien ou non de Diem&#039;&#039;&#039;. Ils devront exiger immédiatement la mise en liberté des Bouddhistes et le respect des accords du 16 juin (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 147-149 ; Le dossier du Pentagone, 1971, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les troubles se poursuivent à Saigon : « Le 25 août […] plusieurs centaines d&#039;étudiants sont arrêtés après les manifestations avortées à Saigon. Des manifestations ont également eu lieu au marché central de Saigon ; une fille a été tuée par la balle d&#039;un policier. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 août 63 : &#039;&#039;&#039;L’ambassadeur à Saigon Henry Cabot Lodge présente ses lettres d’accréditation&#039;&#039;&#039; et demeurera en poste jusqu’au 28 juillet 1964. Il convoque d’entrée une réunion à Saigon pour réfléchir à la manière d’organiser le coup d’État contre Diem. Selon McN, « il décida que la main des États-Unis ne devait pas apparaître officiellement, et il confia à la station de la C.I.A. [Conein], qui avait reçu l’ordre de prendre ses directives politiques chez l’ambassadeur, la réalisation de l’opération […] Quand le câble arriva, il l’interpréta exactement dans le sens souhaité par son auteur : comme un ordre du président Kennedy d’encourager l’armée sud-vietnamienne à réaliser un coup d’État (en fait, le télégramme ne lui donnait pas explicitement cette instruction). » (MacNamara, 1996, pp. 66-67) Or, officiellement, les U.S.A. ne doivent pas cautionner les rapports de Harkins avec les futurs généraux putschistes (Minh, Don, Kim, Tran Thien Khiem, Nguyen Khanh) car seuls Conein et la C.I.A. sont habilités à le faire (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy provoque une réunion du C.N.S. et demande si quelqu’un souhaite modifier le « câble 213 » envoyé le 24. Personne ne réagit, faute d’autre solution à proposer (Colby, 1989, p. 151). McN ne dit rien dans ses mémoires de cette réunion avec le président. Il se contente de digresser sur les relations entre Kennedy et la presse (McNamara, 1996, pp. 67-68). L’ex-ambassadeur Nolting conseille à Kennedy de ne rien entreprendre mais se fait rabrouer par Harriman. Le président ne tranche pas et laisse de fait carte blanche à Lodge, tout en reprochant à Forrester d’avoir agi trop vite dans l’envoi du câble 253.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John Richardson (responsable de la C.I.A. à Saigon) transmet à son Q.G. le message suivant : « Durant la phase initiale de l’opération de la prise de pouvoir, nous ne pourrons leur [les généraux complotistes] être d’aucun secours. Le succès ou l’échec dépend uniquement de leur action. Qu’ils ne s’attendent pas à être parachutés. » Dans un autre message adressé à McCone, Richardson précise que Lodge a fait savoir que les Américains n’interviendraient pas et que donc, Harkins ne prendra pas directement contact avec les conjurés. C’est Conein (C.I.A., ambassade de Saigon) qui le fera (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 199 et 234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-Marie Domenach, directeur de la revue &#039;&#039;Esprit&#039;&#039;, adresse une lettre au journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; dans laquelle il remet en cause le « personnalisme » de Diem qui, selon lui, n’a rien à voir avec « celui auquel Emmanuel Mounier a attaché son nom » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 26 août 1963).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 août 63 : Nouvelle réunion à la Maison Blanche dans le cadre d’un C.N.S. où l’on tergiverse plus que jamais. Un rapport de Colby décrit une situation calme à Saigon et une absence d’agitation dans les campagnes. Krulak (conseiller interarmes des chefs d’état-major) décrit un impact limité dans les campagnes et une absence de fléchissement de l’armée s-v. Rusk observe que Lodge ne s’est pas encore pour l’instant entretenu avec Diem. Nolting (ancien ambassadeur à Saigon) constate qu’il sera difficile de séparer Diem de son frère et que les généraux putschistes s-v manquent d’unité et d’autorité réelle au sein de l’armée. Kennedy réagit en disant qu’il ne voit pas d’intérêt à organiser un coup d’État qui a peu de chance de réussir et s’interroge sur les bases d’appui militaire en faveur des futurs putschistes. Il estime « que nous n’avions pas atteint le point de non-retour, où il serait impossible de retarder le coup d’État ». Il préconise donc de s’en remettre à Lodge (voir 29 août) (MacNamara, 1996, pp. 69-70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux multiples querelles de territoires, incursions et violences à l’égard des populations frontalières et de l’existence de la crise bouddhiste, &#039;&#039;&#039;le Cambodge décide de rompre ses relations diplomatiques avec le gouvernement de Diem&#039;&#039;&#039; (Cambacérès, 2013, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 août 63 : 2 nouvelles réunions à la Maison Blanche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; réunion : McN pose la question de l’intérêt du coup d’État. Ball répond qu’il n’y a pas d’autre choix possible. Kennedy l’approuve. Nolting, à son habitude, soutient Diem et émet des réserves sérieuses. Harriman estime que si l’on n’intervenait pas, il faudrait se retirer du Vietnam. Malgré ces dissensions, il est prévu de se revoir le jour même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; réunion : Kennedy demande à ce qu’on consulte au S-V Taylor, Harkins et Lodge sur ce qu’il faut faire (et non sur ce qu’il pensait des décisions qui avaient été prises à Washington le 24…). Il le regrettera ultérieurement (voir 4 novembre). McN, modéré, demande à ce qu’Harkins persuade Diem de changer d’attitude (MacNamara, 1996, pp. 70-71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de Richardson (chef de la C.I.A. à Saigon) à McCone (directeur de l’agence) : « Situation ici a atteint point de non-retour. Saigon est un camp retranché. […] La famille Ngo s’y terre pour livrer un ultime combat. Estimons après mûre réflexion que les généraux ne peuvent plus reculer. » Un entretien entre Conein et le général Khiem révèle qu’une majorité de généraux s-v sont prêts à passer à l’action (sauf Ton That Dinh et Cao). « Il faut bien se rendre compte cependant que leur tentative doit être couronnée de succès et que nous devons faire, de notre côté, tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à réussir. Si cette tentative n’a pas lieu, ou si elle se solde par un échec, nous pouvons dire sans exagération que le Vietnam risque fort d’être perdu à très court terme. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 224-225 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 151-152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août 63 : Taylor, Harkins et Cabot Lodge sont tous d’accord pour dire qu’il faut lâcher Diem. Il y a cependant des nuances. Harkins entend détacher Nhu de Diem. McN demande à ce qu’Harkins persuade Diem de lâcher son frère mais émet plus que des réserves sur l’après-Diem (MacNamara, 1996, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy adresse à Lodge un télégramme secret. Il l’assure d’un soutien total et lui affirme : « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour vous aider à conclure cette opération avec succès. » Mais il se réserve le droit de l’interrompre à tout moment si sa réussite n’est pas sûre : « Si nous nous lançons, c’est pour gagner. Mais il vaudrait mieux changer d’avis que d’échouer. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France entend faire entendre sa voix à ce moment précis. L’ambassadeur de France à Saigon, Roger Lalouette, presse Lodge de ne pas soutenir le coup d’État contre Diem (Rignac, 2018, pp. 245-246 ; MacNamara, 1996, p. 71). Dans un communiqué publié à l’issue d’un conseil des ministres, De Gaulle fait savoir : « Les graves événements qui se déroulent au Vietnam sont suivis à Paris avec attention et avec émotion. L’œuvre que la France a naguère accomplie en Cochinchine, en Annam et au Tonkin, les attaches qu’elle a gardées avec l’ensemble du pays, l’intérêt qu’elle porte à son développement, l’amènent à comprendre particulièrement bien et à partager sincèrement les épreuves du peuple vietnamien. D’autre part, la connaissance que la France a de la valeur de ce peuple lui fait discerner quel rôle il serait capable de jouer dans la situation actuelle de l’Asie pour son propre progrès et au bénéfice de la compréhension internationale dès lors qu’il pourrait déployer son activité dans l’indépendance vis-à-vis de l’extérieur, la paix et l’unité intérieure, la concorde avec ses voisins. Aujourd’hui plus que jamais, c’est ce que la France souhaite au Vietnam tout entier. Il appartient naturellement à son peuple, et à lui seul de choisir les moyens d’y parvenir. Mais tout effort national qui serait entrepris au Vietnam trouverait la France prête, dans la mesure de ses possibilités, à organiser avec ce pays une cordiale coopération. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 285)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;C’est une ancienne position gaullienne déjà développée devant Kennedy lors de sa visite officielle de 1961 qui récuse la division du pays et préconise l’idée de neutralité, de non-intervention, de non-alignement et d’autodétermination des peuples&#039;&#039;&#039;. Elle rompt avec la position séparatiste de Diem soutenue jusque-là officiellement – mais seulement du bout des lèvres – par la France (Journoud, 2011, p. 117-118). &#039;&#039;&#039;De Gaulle inaugure ici, sans toutefois prononcer le mot, sa théorie du neutralisme mais aussi un retour diplomatique de la France au Vietnam depuis son désengagement progressif&#039;&#039;&#039;. Selon Truong Vinh Le, ce message du président français « a donné une certaine crédibilité à toute tentative de rapprochement entre le Nord et le Sud et suscité  assez d’intérêt dans les milieux politiques vietnamiens. Le Conseiller politique [Nhu] en parla ouvertement  aux correspondants de la presse étrangère. » (voir 23 octobre) (Truong Vinh Le, 1989, pp. 91-92). Au S-V, le courant neutraliste ne touche que les milieux urbains et intellectuels. Les campagnes souhaitent la paix mais demeurent « léthargiques », tout en demeurant perméables aux thèses du F.N.L.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si cette déclaration fait beaucoup de bruit au niveau international, elle n’est guère entendue, ne serait-ce que par les 2 principaux États concernés. Pham Van Dong (premier ministre n-v) mettra un mois pour remercier De Gaulle d’avoir réaffirmé les principes de Genève. Diem, sans la rejeter totalement, affirmera que cette proposition n’est guère applicable à la situation présente. Les Américains quant à eux la rejette purement (Francini 2, 1988, pp. 277-278 ; Journoud, 2011, pp. 117-120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câble de Lodge à Rusk : « La voie dans laquelle nous nous sommes engagés – celle du renversement de Diem – est de celle où il est impossible de faire demi-tour sans perdre la face. » Les U.S.A. sont prêts à soutenir publiquement le coup d’État des généraux s’ils le demandent car, selon Lodge, ceux-ci doutent de « notre détermination de voir le coup d’État réussir. » » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 152-155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câble de Rusk à Lodge après la tenue d’un nouveau C.N.S. : Harkins peut prendre directement contact avec les généraux mais sans soutenir ouvertement les conjurés. Le gouvernement américain soutiendra ceux qui chasseront les Nhu. Lodge peut annoncer au moment où il le juge bon que l’aide américaine à l’actuel gouvernement du S-V est suspendue (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 155-156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 août 63 : Câble alambiqué et cousu de fil blanc de Lodge à Rusk, en réponse à un message du secrétaire d’État qui avait « pour but d’étudier les chances d’une tentative visant à séparer Diem et les Nhu. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rusk reproche alors à l’ambassadeur de « mettre Diem et Nhu dans le même sac », là où l’administration américaine prétend (hypocritement…) ne souhaiter que le départ des Nhu. Lodge répond à Rusk avoir saisi la nuance mais que ce départ ne peut être conditionné que par une prise de pouvoir par les généraux. Lodge prétend (faussement…) vouloir conserver Diem si celui-ci entend se débarrasser définitivement de Nhu. Le mieux étant que les généraux fassent la besogne. Mais, de leur côté, ils sont toujours indécis… (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 156-158).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouveau message du nouveau Pape Paul VI (voir 3 août) qui s’adresse cette fois au peuple vietnamien. Il exprime « sa douloureuse préoccupation au sujet des tristes événements qui affligent le cher peuple vietnamien, tandis que l’angoisse devient de jour en jour plus profonde et lancinante ». Il fait le vœu que « tous, dans une généreuse collaboration et dans un mutuel respect des libertés légitimes, s’unissent pour rétablir la concorde réciproque et la fraternité ». Ne soutenant pas le régime de Diem, ce message est censuré par les autorités en place (Gheddo, 1970, p. 241-242, note 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​31 août 63 : Les membres du C.N.S. se réunissent en l’absence de Kennedy pour envisager l’avenir. Sont présents : LBJ, Rusk, McN et Gilpatric (Défense), McGeorge Bundy, Taylor (Président du Conseil interarmes des chefs d’état-major), Murrow (U.S.I.A.), Helms et Colby (C.I.A.), Nolting (qui n’est plus en poste), Hillsman (secrétaire d&#039;État adjoint pour les affaires d&#039;Extrême-Orient), Kattenburg (département d’État) et Krulack (rapporteur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A ce moment précis, l’administration américaine se trouve à la dérive face au cas Diem.&#039;&#039;&#039; Les membres du cabinet entrevoient diverses solutions allant du soutien à Diem (McNamara) au retrait des troupes américaines du S-V, sachant qu’il y a un risque de renvoi de celles-ci par le gouvernement du S-V dans les semaines à venir si le putsch échoue (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 203 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 160-164). Paul Kaltenburg (fonctionnaire du département d’État, président du groupe interministériel de travail sur le Vietnam) condamne la politique de Diem et prône un retrait pur et simple (Halberstam, 1974, p. 303).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câble de Harkins à Taylor (chef d’état-major interarmes). Harkins a vu le général Khiem qui lui a rapporté que &#039;&#039;&#039;« le gros Minh avait cessé de faire des projets et étudiait d’autres possibilités. »&#039;&#039;&#039; Khiem et Khanh ont finalement renoncé au putsch, contrairement à Than mais ce dernier n’est pas soutenu par l’armée. &#039;&#039;&#039;Les généraux ne se sentent pas prêts car ils ne sont pas du tout sûrs d’être suivis par l’ensemble de l’armée s-v.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Harkins a rencontré Nhu qui se prétend toujours  soutenu par Kennedy et se dit prêt à respecter les injonctions américaines. Et Harkins de conclure : « La confusion est donc à son comble : tout le monde soupçonne tout le monde et personne n’est décidé à passer à l’action… Les Orientaux ne sont pas des gens pressés… » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 158-159).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juin_1954&amp;diff=5226</id>
		<title>Juin 1954</title>
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		<updated>2026-07-31T13:16:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juin 54 : Début d’immixtion des Américains dans les affaires indochinoises : envoi par les Américains de l’équipe de l’O.S.S. dirigée par le colonel Lansdale contre le Vietminh. Elle est chargée d’opérer des actions de sabotage et de contre-guérilla. &#039;&#039;&#039;Les États-Unis entrent progressivement dans le conflit franco-vietnamien mais sous le seul sceau de leurs services secrets.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les N-V renforcent la division 308 (voir 6 juin 1948), fleuron de l’Armée populaire n-v (Ruscio, 1992, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin 54 : L’assistant spécial du président américain pour les affaires de sécurité nationale, le général Cutler, mesure les errements de l’ambassadeur Dillon à Paris (voir 30 mai) et réagit en se demandant si ce dernier a bien compris la position de son gouvernement. Il demande à Eisenhower de clarifier les choses à l’égard des Français (De Folin, 1993, p. 269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée à Saigon du colonel de l’armée de l’air Edward G. Lansdale&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 82). Ce futur soutien indéfectible de Diem servira de modèle à Graham Greene dans son roman &#039;&#039;Un&#039;&#039; &#039;&#039;Américain bien tranquille&#039;&#039; (voir cependant la remarque d’Ivan Cadeau 2, 2019, p. 57, note 42 sur la contestation en 1987 par Greene de sa non-connaissance de la personnalité de Lansdale lors de ses séjours en Indochine). Fort de son expérience aux Philippines, il initie d’entrée l’armée s-v à la guerre psychologique et à la propagation de rumeurs visant à déstabiliser le VM (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 81-85). Selon un rapport daté du 30 juin, il est aussi membre de l’O.S.S. (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 43-44). Il crée la &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Saigon Military Mission&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (S.M.M.) qui a l’allure d’une véritable officine de barbouzes (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 81-94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenhower confie à l’un de ses assistants au C.N.S., le général Robert Cutler : « Les États-Unis ne doivent en aucun cas s’engager seuls à soutenir le colonialisme français. Toute action unilatérale des États-Unis dans des situations de ce genre nous serait fatale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 166)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juin 54 : Dulles (secrétaire d’État) enjoint à l’ambassadeur Dillon à Paris de clarifier une fois pour toutes les choses avec les Français (De Folin, 1993, p. 269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juin 54 : &#039;&#039;&#039;Le général Ély,  chef d’état-major des Forces armées, est nommé aux postes de commissaire général à Saigon (en remplacement de Dejean et jusqu’au 2 juin 1955) et de commandant en chef (en remplacement de Navarre)&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, p. 27). C’est donc le retour à une réunification des deux fonctions qu’avait préconisée Ély à son retour de mission, après en être tombé d’accord avec Navarre à Saigon (voir 22 mai). Juin a à nouveau décliné le poste. Selon Ély, Koenig aurait peut-être été sollicité mais a également décliné l’offre (Ély, 1964, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély n’a jamais exercé aucun commandement opérationnel et considère cette nomination « comme la plus grande tuile de sa carrière ». Dans ses mémoires, il est toutefois beaucoup plus circonspect : « On me désignait à des fonctions pour lesquelles je me considérais beaucoup moins préparé. J’exposai mes scrupules à M. Pleven, puis devant son insistance, je m’inclinai [...] [Pleven] m’annonça que le choix du gouvernement s’était porté sur moi. Ce fut une grande surprise ; jamais cette éventualité n’avait frôlé mon esprit […] » Avec une certaine naïveté (feinte ?), il ajoute plus loin : « En désignant le chef d’État-major général, le gouvernement entendait marquer l’importance qu’il attribuait à l’Indochine. » (Ély, 1964, pp. 152-153) Fidèle aux directives gouvernementales reçues le 18 mai et empreint de pessimisme, il demeure, malgré ses discussions avec Navarre (voir 18 mai), un adepte du repli au Nord (Gras, 1979, p. 571). De Chevigné (secrétaire d’État à la Défense) informe Salan que Valluy (en poste à Washington à l’O.N.U.) pourrait devenir un second commandant en chef adjoint. L’information est fausse, le secrétaire d’État n’ayant même pas été mis au courant de la nomination d’Ély… Salan sera donc le seul adjoint d’Ély (Salan 2, 1971, p. 425).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que depuis début mai le Cabinet impérial et Bao Daï protestent contre le projet non avoué de partition du Vietnam, signature d’un nième traité d’indépendance du Vietnam et d’association avec la France entre Laniel et Buu Loc. Il satisfait le souhait des élites (voir 20 mai) qui entendent rencontrer Bao Daï puis se rendre à Genève et veulent la conclusion d’un pacte de défense du Sud-Est asiatique contre le communisme que garantiraient les Américains. Ce traité reconnaît une indépendance totale du pays : la France renonce à toutes les compétences qu’elle conservait en matière administrative et de défense ; le Vietnam devient un sujet de droit international à part entière. En contrepartie, le Vietnam accepte (une nième fois…) de s’associer à la France au sein de l’Union française. La portée de ce traité sera remise sous peu en cause par les résultats des négociations de Genève quant à la partition. Craignant des troubles au sein des unités vietnamiennes, Cogny demande à Dejean (haut-commissaire) de publier un communiqué démentant toute éventualité de partage, ce qu’avait laissé entendre Bidault le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai devant un délégué vietnamien de Genève (Valette, 1994, p. 342).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juin 54 : Le président du Conseil Laniel et le chef du gouvernement vietnamien Buu Loc (en fin de mandat, voir 6 juin) paraphent deux traités. Le premier « reconnaît [une fois de plus…] le Vietnam comme un État pleinement indépendant et souverain investi de toutes les compétences reconnues par le droit international ». Le second affirme « la volonté de la France et du Vietnam de s’associer librement au sein de l’Union française. » Bien qu’opposé au second traité, Bao Daï ne conteste pas la chose, du moins dans l’immédiat (De Folin, 1993, p. 260). &#039;&#039;&#039;Nouveau coup de bluff français, ces deux traités ne seront jamais ni signés ni même ratifiés.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juin 54 : Le commissaire-général Dejean et le général Navarre sont rappelés à Paris. &#039;&#039;&#039;Le général Ély remplace Navarre et cumule désormais les fonctions de commissaire-général et de commandant en chef en Indochine.&#039;&#039;&#039; Le général Salan est son adjoint. Le maréchal Juin a au préalable à nouveau décliné l’offre. Ély part sans le moindre enthousiasme mais accepte par sens du devoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan est reçu par Édouard-Frédéric Dupont qui vient de prendre le portefeuille des États associés. Le général préconise une rétractation du dispositif français vers la Cochinchine qui est validée par le tout nouveau secrétaire d’État (Salan 2, 1971, p. 426).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juin 54 : Ély s’envole de Paris pour Saigon en toute discrétion. Il est attendu à Orly par la maréchale De Lattre, le nouveau commissaire général et commandant en chef en Indochine ayant été le subordonné de son mari lorsqu’il exerçait les fonctions d’Inspecteur général des Armées (Ély, 1964, pp. 152-153). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que l’ambassadeur américain Dillon à Paris et le général Bedell Smith à Genève ont laissé miroiter une intention formelle du gouvernement américain de s’engager en Indochine, le ton est tout à fait différent aux États-Unis. Le général Valluy, représentant à délégation française à l’O.T.A.N. participant aux pourparlers militaires exploratoires du &#039;&#039;Staff Agency&#039;&#039;, constate que les Américains n’ont nullement l’intention d’envoyer des troupes au sol en Indochine (Elgey, 2018, p. 786). L’entente franco-américaine demeure toujours aussi vague que pleine de quiproquos. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, les délégations communistes sont de moins en moins dupes à l’égard de l’épouvantail d’une intervention américaine en Indochine brandi jusqu’alors par Bidault (Elgey, 2018, p. 787).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juin 54 : Dulles comprend que les Français n’ont jamais voulu et ne veulent toujours pas d’un conflit internationalisé. D’où un raidissement de son attitude (voir 9 juin) (Valette, 1994, p. 347). L’ambassadeur à Washington Henri Bonnet le rencontre. Dans une conversation « aussi vive qu’amicale », Dulles a l’impression que la France veut « avoir une option sur le déclanchement d’une action américaine et, si les choses vont mal à Genève ou en Indochine, appeler à la rescousse les forces de son alliée à sa convenance et à l’heure de son choix […] Les États-Unis ne peuvent se prêter à ce jeu. » (Elgey, 2018, p.786)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juin 54 : Arrivée d’Ély à Saigon à 8 h 00. &#039;&#039;&#039;Il prend ses fonctions le 8 à minuit en remplacement de Navarre et Dejean.&#039;&#039;&#039; L’ex-commandant en chef demeure toujours très réticent à l’égard des directives gouvernementales de retrait (voir 18 mai). Il demeure trop optimiste au goût d’Ély mais, selon lui, la situation s’est encore améliorée par rapport au moment de la visite du général en mai. Le nouveau commandant en chef qui pense être souvent absent nomme Salan commissaire-général et commandant en chef par intérim pour toutes les armes (jusqu’au 6 octobre 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély demeure à Saigon les 8 et 9 : il nomme Bordaz au poste de chef de son cabinet civil, le colonel Brohon au poste de directeur de son cabinet militaire. Il rencontre le président du Conseil Buu Loc (démissionnaire), le ministre de la Défense Quat et le général Nguyen Van Hinh chargé de mettre sur pied l’armée vietnamienne. &#039;&#039;&#039;Ély a une entrevue avec le général O’Daniel du M.A.A.G.&#039;&#039;&#039; Il précise dans ses mémoires : &#039;&#039;&#039;« Je lui rappelai que je ne concevais son action que sous l’autorité du commandant en chef aux décisions duquel il devait se conformer.&#039;&#039;&#039; Il connaissait mon opinion sur ce point depuis le mois de mai. » (Ély, 1964, p. 163). En fait, des tensions existent entre la Mission américaine et les Français depuis sa création (voir 10 octobre 1950). Toujours plein d’illusions et empreint d’une certaine forme de naïveté, Ély considère que les futurs accords conclus à Genève, si l’on s’en tient au texte, vont lui donner en Indochine « un régime privilégié par rapport aux États-Unis. » Selon lui, « la France possédait et possède seule le droit d’apporter en permanence une aide militaire sous la forme de troupes ou de cadres instructeurs. » (Ély, 1964, pp. 271-272) Mais il ne sait pas encore que les Américains vont se garder de ratifier les accords de Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan se rend immédiatement à Hanoi pour rencontrer Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin). Ce dernier lui exprime ses craintes concernant un projet d’attaque en tenaille du VM qui viserait la route entre Hanoi et Haïphong. Ély les rejoint et valide un repli sur cette zone considérée comme un axe vital en cas d’une évacuation du Tonkin vers la Cochinchine. On prévoit d’évacuer Nam Dinh et la zone des Évêchés et les ordres de Paris sont clairs, il faut avant tout préserver le corps expéditionnaire (Salan 2, 1971, pp. 426-427).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dulles déclare à nouveau que « les États-Unis n’envisagent pas d’action unilatérale tant que la Chine communiste n’intervient pas ouvertement. » (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dejean a eu vent par le biais de l’épouse du général Nguyen Van Hinh (qui n’est autre que la belle fille de l’ancien président du Conseil, Nguyen Van Tam) d’un projet de coup d’État fomenté par les Américains. Il vise à promouvoir son mari et des personnalités énergiques pour sauver le S-V et contraindre Bao Daï à se retirer. Mais le commandant en chef de l’armée nationale aurait refusé (Valette, 1994, p. 344) C’est l’ébauche d’une longue pratique de complots plus ou moins aboutis qui vont empoisonner la vie politique du S-V jusqu’à sa chute en 1975.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que l’on négocie à Genève, le député gaulliste Gaston Palewski prend la parole à la tribune de l’Assemblée nationale. Il évoque « la menace permanente qui pourrait sortir de la confrontation d’un Vietminh dépendant de la Chine et d’un Vietnam voué aux États-Unis ». Il défend une position dont le gaullisme ne départira pas, y compris après le retour du général aux affaires en 1958. Pour lui, « l’unique espérance de paix, c’est que, dans le cadre de l’unité du Vietnam, subsistent dans les limites qui leur sont assignées non seulement par le hasard des combats mais aussi par la réalité économique, géographique, et politique, les deux formules de l’État Vietnamien » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 286).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 juin 54 : Dulles ayant compris que les Français n’ont jamais voulu et ne veulent toujours pas d’un conflit internationalisé raidit son attitude à leur égard. A Washington, lui et Radford opposent un refus sec aux demandes françaises. L’amiral veut obtenir au plus vite un accord formel sur le rôle politique et militaire des Américains en Indochine. Ces derniers savent que les Français qui ne comptent plus sur eux négocient secrètement avec le VM : ils entendent lâcher la totalité du Tonkin sans même conserver une enclave autour de Haïphong. Or les Américains n’acceptent pas ce fait. C’est ce qui motivera en partie leur refus de signer les accords (Valette, 1994, pp. 347-348). Sur la question du maintien d’enclaves au Nord, Mendès France, pas plus que son prédécesseur, ne cèdera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ouverture à l’Assemblée nationale d’un vaste débat sur le sort de l’Indochine. Il donne lieu à des échanges à couteaux tirés entre Laniel, Bidault et Mendès France. Ces débats aboutiront à la chute du gouvernement le 12 (Elgey, 2018, pp. 790-791).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juin 54 : A Genève, poursuivant sa proposition du 25 mai, la délégation n-v présente secrètement aux Français un partage militaire provisoire de manière à amorcer une coopération ultérieure entre la R.D.V.N. et la France. Ce qui permettrait à cette dernière de conserver ses positions essentielles en Indochine (au Sud), sans avoir besoin de recourir à l’aide américaine (Devillers, 1988, p. 364). Au soir, le ministre de la Défense nationale de la R.D.V.N. Ta Quang Buu reçoit discrètement le colonel Brébillon. Il envisage la possibilité d’un partage du Vietnam à la coréenne avec une coupure entre les deux zones aux alentours d’Hué (Elgey, 2018, pp. 788-789). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély part pour Hanoi. Il fait escale à Nha Trang et Tourane pour rencontrer les dirigeants civils et militaires locaux. Il arrive à Hanoi en fin d’après-midi. Après les officialités d’usage, il rencontre Salan et Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin) (Ély, 1964, p. 165).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dulles annonce à l’ambassadeur de France à Washington Henri Bonnet « que la discussion relative aux &#039;&#039;marines&#039;&#039; est, à l’heure actuelle, vaine et sans objet. » (voir avril). Il n’y aura donc pas d’intervention des troupes américaines au Vietnam. Le général De Brébisson, conseiller militaire de la délégation française à Genève, qualifiera d’ailleurs ce projet « d’irréel » (De Folin, 1993, p. 268). Dulles ajoute qu’il ne peut « donner un chèque en blanc tant que le doute sur les intentions profondes du gouvernement français n’aura pas été dissipé. » (De Folin, 1993, p. 270)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, Eisenhower fait à nouveau savoir qu’il n’y aura pas d’intervention américaine sans autorisation du Congrès. Il sait que celui-ci est plus que réticent à toute intervention extérieure après les déboires de la guerre de Corée (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, la journée est difficile. Molotov accuse les États-Unis d’entraver les négociations de paix et de vouloir intervenir militairement dans le conflit vietnamien. Anthony Eden, d’habitude modéré, dénonce « l’agression » du VM au Cambodge et au Laos et se prononce pour l’évacuation rapide des troupes de ces deux pays (voir 16 juin) (Marangé, 2012, pp. 224-225).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 11 juin 54 : Navarre et Dejean font leur tournée d’adieu durant 2 jours au Cambodge puis au Laos. La réception est particulièrement chaleureuse dans ce dernier pays qui considère que la bataille de Dien Bien Phu l’a sauvé (Navarre, 1979, p. 393)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 20 juin 54 : Donnant raison à Navarre qui sait que les troupes ennemies ont été lourdement affectées après Dien Bien Phu, le VM replie les divisions vietminh 308, 312 et la division lourde 351 dans la région Yen Bay-Phu Tho-Taï Nguyen afin qu’elles puissent se reconstituer. Les divisions 316 et 304 se replient quant à elle dans la région de Than Hoa (Navarre, 1956, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juin 54 : Frédéric Dupont (États associés) est informé de la teneur des discussions de la veille entre le colonel Brébisson et Ta Quang Buu sur la partition du Vietnam. Il entend en informer le président de la République Coty, Laniel et les présidents des Affaires étrangères des Assemblées. Il estime que le débat sur l’Indochine qui a lieu au Palais-Bourbon depuis le 9 doit être ajourné. Bidault, plus que jamais opposé à l’idée de partition, évince Dupont (Elgey, 2018, pp. 789-790).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sous-secrétaire d’État américain Thurston Morton précise la position américaine en déclarant : « Les États-Unis ne seront pas partie à un accord fondé sur l’apaisement, et ils ne reconnaîtront jamais la légitimité d’un contrôle communiste sur n’importe quelle fraction de l’Asie du Sud-Est, pas plus qu’ils n’ont reconnu le contrôle communiste sur la Corée du Nord. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 173)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Los Angeles, Dulles continue à manier le bâton (et le bluff) à l’égard de la Chine en déclarant que toute agression ouverte de la Chine en Asie du Sud-Est serait considérée comme une atteinte à la sécurité nationale des États-Unis et appellerait à une riposte américaine (Marangé, 2012, p. 225).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, une ferme notification américaine est envoyée au gouvernement Laniel vacillant et presque moribond : « Le gouvernement des États-Unis entend, jusqu’à l’issue des négociations en cours, conserver sa liberté d’action. Il souhaite en particulier qu’aucune déclaration devant le Parlement n’ait pour résultat d’engager moralement les États-Unis sans leur assentiment exprès. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 787)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Robert Guillain du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039;, moins enthousiaste que par le passé, dénonce dans un article au vitriol intitulé « L’Indochine au secret » la chape de la censure et se fait soudain plus critique que par la passé lorsqu’il faisait l’éloge du camp retranché de Dien Bien Phu : « Les autorités civiles et militaires sur place n’ont jamais eu de politique de l’information : elles ne connaissent que la police de l’information. Ne fournir à la presse qu’un tableau partiel de la situation, toujours favorable, souvent mensonger ; exiger d’elle qu’elle diffuse les mythes de la pensée officielle […] Avant tout cacher les échecs, nier les erreurs, n’avouer aucune faute. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 206 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 11 juin 1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 - 12 juin 54 : Ély se rend sur le terrain au Tonkin pour rencontrer les commandants locaux (général Agostini, colonel Vanuxem). Il survole la ceinture fortifiée de Haïphong puis se rend dans la ville. Il sait qu’il ne peut laisser en dehors du Delta utile les seules troupes de l’A.N.V.  car il les estime incapables de faire face aux meilleures troupes du VM (Ély, 1964, pp. 165-166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon de 3 télégrammes émanant de Bidault (Affaires étrangères) : le premier cherche à connaître les impressions du nouveau commandant en chef, le second fait état des relations entre militaires français et membres de la commission militaire vietminh sur la question du cessez-le-feu et du futur partage (protection de la zone dite des Évêchés), un troisième signale l’attitude offensive du VM et la question de la protection du corps expéditionnaire. Ély est alors pris entre deux feux : Genève et le Tonkin. Il répond à Bidault : la partition du Vietnam est « sagesse » mais à condition que les U.S.A. l’entérinent ; il faut conserver Hanoi (quitte à s’y battre) et Haïphong le plus longtemps possible. Cogny (commandant les forces françaises au Tonkin) se range à contrecœur au repli sur le Delta utile (Hanoi-Haïphong) prévu pour le 20 juin (Ély, 1964, pp. 166-169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juin 54 : &#039;&#039;&#039;Chute du gouvernement Laniel mis en minorité. Mendès France est appelé par René Coty le 13&#039;&#039;&#039; (Elgey, 2018, p. 797). Il marquera aussitôt sa différence en refusant de négocier la composition de son futur gouvernement avec l&#039;état-major des partis politiques, comme c&#039;était l&#039;usage depuis 1946. Par ailleurs, il refusera de comptabiliser les 99 voix communistes pour s&#039;assurer de la majorité nécessaire à son investiture, gardant ainsi les mains libres vis-à-vis, selon lui, d&#039;un parti inféodé à Moscou. Le départ de Bidault (Affaires étrangères) va débloquer la situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les mises en garde américaines (voir 30 mai, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, 2 et 10 juin), Maurice Schumann (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) conserve toujours l’espoir vain d’une intervention américaine. Pour lui, « l’effet [de cette décision] sur les relations franco-américaines serait catastrophique. » (De Folin, 1993, p. 269)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 – 13 juin 54 : Ély produit une directive qui préconise de se préparer à une vaste manœuvre de rétractation du dispositif français et à un regroupement des forces franco-vietnamiennes dans la zone sud du Delta (zone des Évêchés). Ce sont les prémices de la future opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039; qui, initialement, doit démarrer le 20 mais sera reportée au 30 sur demande de Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin) (Cadeau, 2019, p. 509).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Organisation d’un nouveau rassemblement pour la paix au Vel’d’Hiv. Les manifestations, à l’origine de caractère général, se focalisent de plus en plus sur le Vietnam alors que la Conférence de Genève piétine toujours. Selon les manifestants, elle doit absolument aboutir. Une nouvelle journée d’action est prévue pour le 11 juillet (Ruscio, 1985, p. 306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 – 14 juin 54 : Navarre, sur le départ, prend congé du chef du gouvernement Buu Loc (Bao Daï est en France et s’apprête à le congédier), du ministre de la Défense, le docteur Quat, et du chef d’état-major général de l’armée vietnamienne, le général Hinh (Navarre, 1979, pp. 396-397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juin 54 : Ély se rend au Laos à Louang Prabang. Il est accueilli par le colonel de Crèvecœur, Bréal (haut-commissaire) et le roi. Côté autorités laotiennes, l’accueil est froid. Ély attribue cette attitude au fait que son prédécesseur, Navarre, était ressenti comme le défenseur du pays alors que ce n’est pas forcément son cas. Puis il arrive en fin d’après-midi au Cambodge de Sihanouk où l’accueil est beaucoup plus chaleureux. Il y reste jusqu’au 14 (Ély, 1964, p. 171).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juin 54 : Retour d’Ély à Saigon pour le départ de Navarre et Dejean. Il fait connaissance avec son équipe sur place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Bidault-Mendès France à Paris. Selon le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; : « À sa sortie de l&#039;hôtel Matignon, à 11 h. 30, il a déclaré : &amp;quot; J&#039;ai expliqué l&#039;état d&#039;esprit dans lequel j&#039;aborde ma tâche.  Dans la situation présente, c&#039;est le problème de l&#039;Indochine qui est le centre de toutes les préoccupations. Tout le monde a le devoir de se concentrer sur les responsabilités qui en découlent et sur les deux aspects qu&#039;il comporte : aspect local et militaire, aspect diplomatique et genevois. Sur ces deux points j&#039;ai besoin d&#039;informations précises pour soumettre à l&#039;Assemblée des propositions qui doivent être également précises. Aussi ai-je demandé à M. Laniel de m&#039;autoriser à consulter les chefs militaires qualifiés pour me renseigner [Ély étant en Indochine]. Le président s&#039;y est prêté volontiers, et je lui en suis très reconnaissant. Je verrai donc le général Guillaume et les chefs d&#039;état-major des trois armes. Je verrai également les personnalités militaires les mieux informées de la situation en Indochine.&amp;quot; » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 15 juin 1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Démission de Buu Loc (ancien président du Conseil vietnamien).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juin 54 : &#039;&#039;&#039;Navarre quitte l’Indochine&#039;&#039;&#039; (Navarre, 1956, p. 278). Selon lui, « […] rien n’infirmait le jugement que j’avais porté sur la situation dans mon télégramme du 30 mai. Aucune menace grave n’apparaissait à échéance prévisible. » (Navarre, 1979, p. 376) Pour autant, Ély et Salan vont entamer d’un commun accord un programme de rétractations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély rencontre la presse à Saigon. Il n’a pas oublié les leçons de De Lattre et entend la séduire à son tour (voir 11 juin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les divisions vietminh de Dien Bien Phu ont regagné leurs zones habituelles de repos. La situation générale s’est détendue dans le Delta où il y a moins d’accrochages et de postes attaqués. La liaison Hanoi-Haïphong est à nouveau possible. Même si les prescriptions de Giap demandent d’intensifier l’activité dans le Delta (Gras, 1979, p. 570).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un accord officieux est conclu entre le général O’Daniel (commandant du M.A.A.G.) et le général Ély (haut-commissaire et commandant en chef) entérinant l’entraînement des troupes vietnamiennes par les Américains. Il sera officialisé le 13 décembre (Toinet, 1998, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A Genève, les discussions sur la Corée n’aboutissent pas et sont définitivement stoppées par les Américains.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bidault (Affaires étrangères) propose à la délégation vietnamienne de tenir des réunions entre les conseillers chargés des questions militaires en vue de discuter du regroupement des unités. Il se heurte à un silence. (Cadeau, 2019, p. 516)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, &#039;&#039;La Voix du Peuple&#039;&#039;, une publication dirigée par l’ancien premier ministre Katay, prend parti en faveur de la participation du Pathet Lao aux négociations de Genève. S’ensuit une période de troubles sur cette question (attentats à la grenade, rumeurs de coup d’État) (Deuve, 2003, p. 58).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 juin 54 : Arrivée de Navarre à Paris. Il y observe le règne d’un climat très pessimiste : une « vérité officielle » veut que tout soit perdu en Indochine. Des attaques fusent contre sa personne. Elles émanent selon lui « de M. Laniel et de certains membres de son ex-gouvernement ». Il entre en contact avec Marc Jacquet, ancien secrétaire d’État aux relations avec les États associés qui a été « démissionné » depuis peu du gouvernement Laniel. Malgré les assurances de ce dernier, Navarre ne lui fait cependant guère confiance. Il sera reçu par le nouveau président de la République, René Coty, qui estime que la relève de l’ancien commandant en chef « était aussi injuste qu’indispensable ». Navarre le rassure quant à la situation en Indochine. Il s’étonne que le gouvernement Mendès France n’ait pris aucun contact avec lui depuis son retour. Il apprend « qu’il aurait été délicat de se trouver en présence d’avis opposés de l’ancien et du nouveau commandant en chef. » Il rencontrera également Koenig (ministre de la Défense), Jacques Chevallier (secrétaire d’État à la Guerre, opposé à la persistance du conflit) et le maréchal Juin. Bien peu le soutiennent (Navarre, 1979, pp. 397-399).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir accepté la démission de Buu Loc, &#039;&#039;&#039;Bao Daï nomme Ngo Dinh Diem chef du gouvernement vietnamien puis se retire à Cannes.&#039;&#039;&#039; C’est désormais un anticommuniste hors pair, soutenu par les Américains, qui occupe un poste clé. A cette époque, les soutiens de Diem aux U.S.A. (qui y a séjourné de 1951 à 1953) sont peu nombreux et n’en sont qu’au stade du simple lobbying. Il n’y a pas non plus de preuve tangible d’une influence de l’administration américaine dans le choix de Diem opéré par Bao Daï. Ce dernier a sans doute accompli là un choix tout à fait personnel. Selon les mémoires de Lansdale, « c’était le gouvernement français lui-même, et non simplement l’administration coloniale française, qui avait recommandé à Bao Daï la nomination de Diem. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 54) L’appui politique français au nouveau premier ministre est donc réel (Journoud, 2011, pp. 57-58).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem est assurément soutenu par un front anticolonialiste américain, le même qui avait installé HCM au pouvoir en 1945. Ses membres sont tous des disciples de Roosevelt (major Patti), des anticolonialistes de l’O.S.S. (Lansdale, Sheldon, Donovan, Isaacs ou Knapp), des sénateurs (Mike Mansfield, Robert Humphrey, John Kennedy), des religieux (cardinal Spellman) et des fonctionnaires du département d’État voire des militaires comme le général O’Daniel. Ils sont démocrates ou républicains et appartiennent à la mouvance intellectuelle de la gauche anticolonialiste, parfois proches du mouvement syndical américain qui a des accointances avec le frère de Diem, Ngo Dinh Nhu. Ils se retrouvent tous au sein de l’Association des Amis du Vietnam qui considère Diem comme l’homme providentiel car occidentalisé, progressiste, anticolonial, catholique et anticommuniste. Le personnage-clef de ce lobbying est le professeur Wesley Fishel de la &#039;&#039;Michigan State University&#039;&#039; qui avait rencontré Diem au Japon et l’avait fait appointer à sa faculté. Il fera rencontrer Diem à ces héritiers économiques du New Deal qui veulent élargir cette théorie économique au monde entier et plus particulièrement aux pays qui se libèrent des tutelles coloniales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour à la conférence de Genève, &#039;&#039;&#039;Bidault&#039;&#039;&#039; (Affaires étrangères, en fin de mandat) &#039;&#039;&#039;se résigne enfin au partage du Vietnam&#039;&#039;&#039; (tout comme Pham Van Dong, voir 20 mai). Il met au courant le nouveau commandant en chef, Ély, de la teneur des entretiens militaires et de la ligne de partage envisagée (voir 25 mai) (De Folin, 1993, p. 279).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zhou Enlaï rencontre le ministre des Affaires étrangères britannique Eden, co-président de la conférence de Genève, et lui propose de dissocier les questions du Laos et du Cambodge du problème vietnamien et ce, à l’encontre des souhaits du VM. Il préconise le retrait de toutes les forces étrangères des deux anciens protectorats français. Il ne s’oppose pas au maintien d’un effectif français au Laos pour l’instruction des troupes et se dit favorable au maintien de 2 bases militaires, Seno (contraction de Sud Est – Nord Ouest) et Savannakhet (Nguyen Phu Duc, 1996, pp. 102-103) La seconde base ne sera au final jamais occupée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juin 54 : A Genève, Zhou Enlaï rencontre Bidault avec lequel il a déjà discuté deux fois. Les discussions portent cette fois sur le Laos et le Cambodge. Le premier ministre chinois est d’accord pour reconnaître que la situation est différente de celle du Vietnam mais, selon lui, ces deux unités territoriales ne doivent pas « devenir des bases militaires américaines ». Quant au Pathet Lao, il doit être en mesure de posséder une zone de regroupement. Cette avancée franco-chinoise n’est pas du goût du VM qu’il va falloir persuader (De Folin, 1993, p. 279).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 7 h 00, Ély part pour Paris alors en pleine crise ministérielle. Il y restera jusqu’au 2 juillet. Mendès France a pris durant la nuit la tête du gouvernement et va prendre celle de la délégation française à Genève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 juin 54 : &#039;&#039;&#039;Pierre Mendès France (radical-socialiste) devient président du Conseil&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 8 mars 1952) à une écrasante majorité (419 voix contre 47). Les Gaullistes et Communistes l’ont soutenu mais Mendès a refusé les voix de ces derniers. Le M.R.P. s’est quant à lui abstenu. Dans une conversation avec l’ambassadeur Chauvel (chargé des négociations à Genève), Mendès reconnaitra ultérieurement « que l’affaire d’Indochine, quand il en eut pris la charge, l’avait frappé comme étant toute différente de l’idée qu’il en avait jusque-là. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, pp. 281-282)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement : Armées : P. Koenig puis Jacques Chevallier ; Affaires étrangères : Pierre Mendès France (radical-socialiste) ; Relations avec les États associés : Guy De La Chambre (Républicains indépendants) jusqu’au 23 février 1955 [et non R. Buron, comme l’indique Bodin] (Bodin, 2004, p. 125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son discours d’investiture, Mendès déclare : « Je me présenterai devant vous le 20 juillet et je vous rendrai compte des résultats obtenus. Si aucune solution satisfaisante n&#039;a pu aboutir à cette date, vous serez libérés du contrat qui nous aura liés et mon gouvernement remettra sa démission à M. le président de la République. » Le ton est indéniablement nouveau et a tout pour plaire. C’est donc le nouveau président du Conseil munis du marocain des Affaires étrangères qui reprend en main les négociations genevoises. Elles ont assurément avancé depuis quelque temps : questions militaires, projet de partition du Vietnam (voir 25 mai) et statuts des Laos et Cambodge (voir 17 juin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem est reçu par Bao Daï à Cannes en vue de former le gouvernement du S-V avec le soutien des Américains. L’un et l’autre sont totalement opposés à la partition du Vietnam. Bao Daï reste en France pour soutenir les membres de son gouvernement chargés de négocier avec les Français (Tran Van Don, 1985, p. 86, note 1) Diem nomme Tran Van Do ministre des Affaires étrangères et lui demande de rejoindre immédiatement la conférence de Genève. Ce dernier rejette la création des zones de regroupement, avis qu’il ne fera connaître que le 19 juillet alors que les accords ont déjà pris leur forme définitive. Si la partition est imposée, la France devra accorder en échange une « vraie indépendance hors de l’Union française » au S-V. Diem a rencontré Mendès France à Paris et s’est déclaré « peu rassuré » à la suite de cet entretien (De Folin, 1993, p. 283). Il se plaint au président du Conseil « de ne détenir que les apparences du pouvoir » et demande que « l’on étudie sans délai » des mesures visant à permettre au Vietnam « de déterminer lui-même » sa politique dans tous les domaines (De Folin, 1993, p. 293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély (haut-commissaire et commandant en chef en Indochine) arrive à Paris. Il rencontre Mendès France et l’informe des ordres de rétractation qu’il a donnés. Vu la situation de formation du gouvernement, les échanges sont courts et saccadés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juin 54 : Les représentants des commandants en chef français et vietminh se retrouvent. Plusieurs rencontres ont lieu jusqu’au 20 pour traiter de questions « techniques », notamment celle de l’emplacement de la future ligne de démarcation (Ruscio, 1985, p. 294)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 juin 54 : A Genève, la France et le Vietminh engagent des négociations directes dans le cadre de la conférence (sans consulter l’avis du gouvernement s-v au sujet de la partition). &#039;&#039;&#039;Le principe de la partition du Vietnam est définitivement acté entre la France et le VM contre l’avis de Bao Daï, de Diem et du gouvernement sud-vietnamien.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mendès France n’est pas décidé à négocier à n’importe quel prix et le fait savoir aux Américains. Il confie au sous-secrétaire d’État Bedell Smith « qu’il n’acceptera jamais une capitulation, même déguisée, devant le Vietminh. » (De Folin, 1993, p. 283).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 juin 54 : Après les tentatives de médiation d’Anthony Eden pour arrondir les relations entre les Français et les Américains, Churchill apporte sa pierre à l’édifice. Il écrit à Roosevelt : « J’ai toujours pensé que si les Français avaient l’intention de défendre leur empire en Indochine au lieu de se dégager comme nous l’avons fait en Inde, ils auraient dû introduire le service militaire de deux ans, ce qui leur aurait permis de déployer leur potentiel militaire. Ils n’ont pas  fait cela ; ils ont combattu pendant huit ans avec des troupes locales non fiables, avec des cadres français importants pour la bonne marche de leurs armées métropolitaines, avec la Légion étrangère enfin, largement composée d’Allemands. Le résultat par conséquent, a été inévitable et personnellement je pense que Mendès France, que je ne connais pas, a l’intention de se dégager dans les meilleures conditions. Si tel est bien le cas je pense qu’il a raison. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Roussel, 2007, p. 242)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eté 54 : &#039;&#039;&#039;Début de l’opération américaine &#039;&#039;Exodus&#039;&#039; visant à évacuer 900 000 réfugiés du N-V vers le S-V.&#039;&#039;&#039; Elle doit être terminée avant la date butoir du 18 mai 1955. La France y participe très activement. Selon Ély, « les Français poussaient également les Tonkinois à l’exode pour des raisons sentimentales et politiques. Il leur répugnait d’abandonner à l’ennemi ceux qu’ils avaient aimés au cours de leurs opérations et s’estimaient responsables d’un abandon qu’ils n’avaient pu éviter ; par ailleurs, sur le plan de la propagande politique, un transfert massif de populations était un camouflet pour l’adversaire. » L’échec n’est donc pas permis (Ély, 1964, p. 221).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’évacuation des populations ne peut se faire que par voie aérienne ou maritime, en 2 vagues. La première comprend un total de 330 000 personnes qui sont évacuées entre le cessez-le feu et l’évacuation d’Hanoï (117 000 personnes sont évacuées par voie aérienne, 103 000 par voie maritime). De son côté, la marine américaine évacue 110 000 habitants de la zone du delta du Fleuve Rouge. La seconde vague intervient à partir d’octobre 1954 et s’entendra jusqu’en mai 1955. Au total, on estime le nombre de déplacés entre 800 000 et 1 000 000, estimation haute (Cadeau, 2010, pp. 6-7). Lansdale en est le l’instigateur et le coordinateur. Les bâtiments de la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; flotte évacuent des villages entiers. 65 % des catholiques émigrent vers le Sud. Le gouvernement des U.S.A. consacrera 93 millions de dollars pour leur installation entre 1955 et 1956. Cet afflux de réfugiés constitue assurément un capital électoral pour Diem (Sheenhan, 1990, p. 173). Au sud du 17&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, les réfugiés sont pris en charge par les S-V aidés par les Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juin 54 : A Genève, première rencontre entre les chefs des délégations française et vm depuis la formation du gouvernement Mendès France. Malgré ce changement, Chauvel demeure à son poste de négociateur de la partie française. Mendès a prononcé son éloge à l’Assemblée nationale. Le dialogue reprend (Elgey, 2018, pp. 828-829). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juin 54 : Bao Daï repart de Paris pour Saigon. Il a rencontré au préalable Ély (haut-commissaire et commandant en chef en Indochine) en compagnie de son premier ministre Diem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sous-secrétaire d’État américain Bedell Smith fait un rapport pessimiste à Dulles (qui s’est retiré dès le début de la conférence) : mauvais partage du Vietnam, un Laos à moitié communiste, un contrôle international inefficace et des élections qui, si elles ont lieu dans l’immédiat, seront probablement remportées dans l’immédiat à 80 % des voix par HCM. Il préconise que les U.S.A. n’aient à Genève qu’un rôle de simples observateurs, se dissociant ainsi du résultat des négociations (De Folin, 1993, p. 283).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre entre Zhou Enlaï et Mendès France à Berne à l’ambassade de France sur un conseil de Jean Chauvel. Le premier préconise, à l’opposé des souhaits du VM, de privilégier les questions militaires sur les questions politiques liées à la partition. C’est ce que demandent les Français qui veulent obtenir un cessez-le-feu et remettre à plus tard cet aspect épineux du problème. Le ministre des Affaires étrangères chinois se dit prêt à reconnaître la partition du Vietnam (et donc le gouvernement de Bao Daï), position là encore à l’opposé de celle du VM. Sa principale préoccupation est d’éviter une internationalisation du conflit et de voir les Américains prendre le relai des Français. Dulles qui a pratiqué jusque-là la politique de la chaise vide à Genève est mis au courant par son adjoint, Bedell Smith. Il se contente d’afficher un silence méprisant à l’égard des concessions chinoises, ce que révèleront ultérieurement les &#039;&#039;Pentagon Papers&#039;&#039; (Nguyen Phu Duc, 1996, pp. 103-104 ; Roussel, 2007, pp. 238-239 ; Chauvel, 1973, pp. 74-75).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prémisses de l’opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039; (décidée de Paris par Ély, nouveau commandant en chef et commissaire général) : évacuation des matériels lourds, des familles de fonctionnaires et de militaires, des civils d’une partie du Tonkin vers le Sud, en toute discrétion par voie d’eau terrestre ou maritime (Gras, 1979, p. 573).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juin 54 : Mendès France organise une réunion au Quai d’Orsay. Sont présents Guy De La Chambre (Relations avec les États associés), Alexandre Parodi (secrétaire général aux Affaires étrangères), le général Ély (commissaire général et commandant en chef en Indochine), l’ambassadeur Chauvel (chargé des négociations à Genève) et le diplomate Jacques De Folin. Une négociation à Genève doit être engagée directement avec Pham Van Dong en vue d’« un armistice » qui doit aboutir à un cessez-le-feu assorti de garanties réelles. La division du Vietnam est envisagée au niveau du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, une zone que les Français jugent facilement défensable si le conflit devait reprendre. La zone des Évêchés doit passer sous contrôle militaire neutre. Haïphong devra rester sous contrôle français un certain temps afin d’organiser l’évacuation des populations (De Folin, 1993, pp. 282-283). En cas d’échec des négociations à Genève, Mendès envisage de constituer en Indochine une réserve générale incluant pour la première fois le contingent, le tout équivalant à 3 divisions. Jean Chauvel est chargé de poursuivre les pourparlers avec Pham Van Dong. Officiellement la conférence continue, mais en l’absence des ministres, et tout se passe réellement en coulisse (Roussel, 2007, pp. 240-241).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le secrétaire d’État Foster Dulles annonce au Congrès américain que les U.S.A. vont devoir assumer les responsabilités de la France au S-V. Il faut « fixer une ligne que les communistes ne pourraient traverser, tenir le pays et combattre la subversion avec toute la force que nous avons en fournissant une aide économique et en construisant une puissante force militaire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Toinet, 1998, p. 250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Dinh Diem, le futur président du Conseil du S-V, quitte Paris. Avant son départ, il fait une visite protocolaire à Mendès France. Il a, selon son exigence, en poche le texte d’une ordonnance de Bao Daï qui lui délègue tous les pouvoirs civils et militaires. Le chef de l’État vietnamien demeure en France pour suivre d’Évian ce qui se passe à Genève (Chaffard, 1964, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 - 30 juin 54 : Depuis sa nomination, Ély est et demeure favorable aux rétractations. Mais celles-ci s’avèrent délicates à accomplir, notamment lorsqu’elles sont, une fois de plus, mal pensées. Au cours du repli de la garnison du camp retranché d’&#039;&#039;&#039;Ankhé&#039;&#039;&#039; (Centre-Vietnam, non attaqué ; voir 13 mars) sur Pleiku par la R.C. 19 (opération &#039;&#039;Églantine&#039;&#039;, trop tardive), le &#039;&#039;&#039;G.M. 100&#039;&#039;&#039; (antérieurement affaibli par diverses opérations en février et mars) est à moitié anéanti dans une gigantesque embuscade vietminh comprenant pas moins de 15 000 hommes. C’est une nouvelle sévère défaite en hommes (1 200 tués sur 3 200 engagés) et matériels (90 % des véhicules sont détruits) après Dien Bien Phu, et alors qu’on est en pleine négociation genevoise. L’évacuation d’Ankhé n’était pas d’une absolue nécessité, la place pouvait tenir. Tout s’est encore fait, une fois de plus, avec un manque de réflexion, dans la précipitation et sans la moindre discrétion. Comme le dit le général Gras : « Pour éviter un hypothétique Dien Bien Phu, on avait provoqué un très réel Cao Bang. » Ce nième fiasco n&#039;est pas ébruité en France (Gras, 1979, pp. 571-572 ; Cadeau, 2019, pp. 502-506 ; Navarre, 1956, p. 280)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juin 54 : De retour de France où il a rencontré Bao Daï (voir 18 juin), Diem regagne le territoire vietnamien pour prendre sa fonction de président du Conseil. Il débarque à l’aéroport de Tan Sun Nhut de Saigon. Brève cérémonie. Un accueil est organisé par les autorités militaires françaises mais l’accueil populaire n’est pas au rendez-vous. Diem demeure un homme du Nord, peu connu et peu à l’aise avec la population du Sud. Les premiers contacts entre lui et Salan (commissaire général par intérim) sont détestables : il s’oppose d’entrée au projet d’évacuation de la zone des Évêchés. Côté français, on ne l’apprécie donc guère. Salan précise dans ses mémoires : « Il critique l’armée française et devient si odieux que je dois me retirer pour ne pas le gifler. » (Salan 2, 1971, p. 428) Bao Daï l’a nommé sans grand enthousiasme. Mais les Français ont appuyé sa candidature et surtout, il bénéficie d’un fort soutien américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Churchill (premier ministre) et Eden (Affaires étrangères) arrivent à Washington pour rencontrer Eisenhower. Ils définissent dans un mémorandum 7 points non négociables et minimaux à défendre à la conférence de Genève : intégrité du Laos et du Cambodge qui doivent être évacués par le VM ; préservation de la partie sud du Vietnam avec ligne de partage autour du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle  et maintien d’une enclave dans le Delta (zone des Évêchés) ; absence de régimes communistes au Laos et Cambodge garantie par la présence de forces de sécurité neutres ; possibilité de réunifier le Vietnam par le biais d’élections ultérieures ; possibilité de transférer des population du Nord vers le Sud ; mise en place d’un mécanisme de supervision internationale efficace (De Folin, 1993, p. 284).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début anticipé de l’&#039;&#039;&#039;opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; qui aurait dû avoir lieu le 28 : Ély et Salan, toujours aussi pessimistes, font exécuter des replis de troupes approuvés par le gouvernement précédent mais non nécessaires dans la situation militaire actuelle. Sous la conduite de Vanuxem, les forces vietnamiennes et la population des Évêchés de Phat Diem (Tonkin, sud de Ninh Binh) et de Bui Chu (catholiques et donc favorables à Diem) sont évacuées sous la protection de l’armée française, parfois par voie fluviale et maritime (carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Tertrais, 2004, p. 31). En tout, 4 provinces sont affectées, celles de Nam-Dinh, Phat-Diem, Bui Chu et Thaï-Binh. L’effet de ces replis est mal perçu à Saigon par le catholique Diem. La fermeté de Mendès France à Genève en pâtit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français transmettent à Pham Van Dong de nouvelles propositions : renoncement au plan dit en « peau de léopard » avec, au contraire, des regroupements construits autour de zones de peuplement homogènes. C’est la première fois que cette proposition apparait dans un document officiel (Ruscio, 1992, p. 220).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juin 54 : Salan informe Ély de la possibilité de déclencher l’opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039;. L’ennemi commence à deviner son but, il est donc urgent de l’entamer au plus vite (Ély, 1964, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Anthony Eden est reçu à Washington dans le bureau de Dulles. Il continue à plaider la cause française jugeant que les choix de Mendès France sont les moins mauvais. Le secrétaire d’État américain est plus circonspect mais commence à rejoindre le point de vue de son interlocuteur : «  La partition de facto crée certes des problèmes, particulièrement si elle doit être garantie. Cependant, c’est peut-être la meilleure solution dans les circonstances présentes. » Les U.S.A. ne bloqueront pas les pourparlers et en acceptent bon an mal an leur issue inéducable (Roussel, 2007, p. 242).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​28 juin 54 : Réunion d’un Comité de défense à Paris. Ély y participe. Il est depuis longtemps favorable à l’envoi du contingent en Indochine, y compris lorsqu’il était chef d’état-major des Armées. Le nouveau ministre de la Défense, Koenig, a promis de le soutenir sur ce point et Mendès France n’a pas écarté cette hypothèse en cas d’échec à Genève. Ély présente aux membres du comité une carte du Tonkin fournie par Cogny qui montre le « pourrissement » du Delta. Le document impressionne. Puis il aborde la question des renforts et demande l’envoi de deux nouvelles divisions. Le Comité décide de saisir le conseil des ministres qui doit soumettre au parlement la question de l’engagement du contingent avant le 20 juillet (Ély, 1964, pp. 177-179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​A Genève, les négociations buttent sur l’emplacement d’une éventuelle ligne de démarcation. Les Vietnamiens évoquent deux zones de regroupement entre le 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et le 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, au point de rencontre entre le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Les Français jugent cette annonce totalement inacceptable. Ils indiquent que les discussions à partir de cette base deviennent inutiles (Elgey, 2018, p. 832).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ély déclenche de Paris l’opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; sans en référer à Mendès France comme l’autorisent ses attributions, parce que le temps presse et que l’opération doit demeurer secrète (Ély, 1964, p. 182). C’est aussi une opération d’intoxication du VM qui se déroule durant les négociations de Genève : là où le VM pense à un simple regroupement des forces françaises et des populations civiles, on opère en fait un vaste repli sur 3 axes divergents nord, sud et est (voir croquis 5 &#039;&#039;in&#039;&#039; Ély, 1964, hors-texte). Les opérations ont lieu par voies maritime, fluviale et terrestre sous la direction de Cogny et Salan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 juin 54 : L’accord sur les 7 points (voir 25 juin) est finalisé et signé entre Churchill et Eisenhower (De Folin, 1993, p. 284). &#039;&#039;&#039;Ils tombent d’accord pour fixer la ligne de partage au 17&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, on essaie de sauvegarder le S-V, on assure l’indépendance et l’intégrité du Laos et du Cambodge&#039;&#039;&#039; (Roussel, 2007, p. 242). Même si, aux yeux des Américains, tout n’est pas parfait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Jean Chauvel qui a poursuivi les négociations depuis la rencontre Zhou Enlaï-Mendès France du 23 envoie un câble à ce dernier : « La délégation viêt-minh a tenté sur vous une épreuve de force. Soviétiques et Chinois souhaitent effectivement un accord et interviendront de nouveau si besoin est pour activer les pourparlers. Le Viêt-Minh veut au contraire tenter de retarder la conclusion de ces pourparlers et ne lâcher qu’au dernier moment. Nous devons marquer la plus grande fermeté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Roussel, 2007, p. 241)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accrochages dans la zone des Évêchés entre des éléments de la division 304 qui tournent en faveur des Français et les autorisent à poursuivre le repli voulu de l’opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039;. Ninh Binh est évacuée les 29 et 30 juin ainsi que les garnisons de Phat Diem et sa population civile (Cadeau, 2019, p. 510).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 juin 54 : &#039;&#039;&#039;Déclenchement de l’opération &#039;&#039;Auvergne&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Diem se rend à Hanoï avec Nhu. C’est là qu’il découvre l’ampleur de ce qui se passe au Nord : non seulement les Français se résignent à reconnaître l’autorité des communistes dans les régions qu’ils occupent mais ils entendent abandonner la zone des Évêchés où les catholiques les avaient pourtant soutenus. Le repli a démarré sans qu’il ait été mis au courant. Le président du Conseil songe alors à démissionner. Seuls Nhu, les évêques et surtout les Américains parviennent à l’en dissuader (Chaffard, 1964, pp. 34-35).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Avril_1954&amp;diff=5225</id>
		<title>Avril 1954</title>
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		<updated>2026-07-31T13:14:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Avril 54 : Le gouvernement, Ély (chef d’état-major des Forces armées) et le commandement français commencent à être pris d’affolement, non seulement du fait de la perte imminente de Dien Bien Phu mais par celle de l’ensemble le delta du Tonkin. Ces craintes ne sont pas totalement injustifiées car la chute du camp retranché n’affectera que 5 % de l’effectif du corps expéditionnaire, même si dans ces 5 % se trouvent être les troupes les mieux aguerries du C.E.F.E.O. (De Folin, 1993, pp. 266-267). Les Français demanderont même aux Américains un appui aérien et l’intervention  des &#039;&#039;Marines&#039;&#039; pour défendre le Delta. Mais ces demandes leur seront l’une et l’autre refusées (De Folin, 1993, p. 268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM et Pham Van Dong se rendent à Pékin puis Moscou pour y discuter de ce que la future R.D.V.N. pourrait accepter comme compromis lors de la conférence de Genève. Leur première exigence est que le Vietnam soit reconnu comme un État égal en droit comme le sont le Laos et le Cambodge. Mais cette exigence sera limitée par le fait que la future conférence de Genève marque l’entrée de la Chine sur la scène de la diplomatie mondiale, ce qui suppose des compromis avec les autres délégations. Elle doit donc être pour les Vietnamiens une totale réussite mais ses espoirs seront déçus par l’attitude chinoise (Devillers, 2010, pp. 336-337).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, les troupes régulières de l’A.P.V.N. envahissent, pour la seconde fois (voir avril 1953), le pays pourtant devenu indépendant. Devant cette invasion, Sihanouk prend en personne la tête des forces khmères pour diriger l’opération &#039;&#039;Samakki&#039;&#039; avec le lieutenant-colonel Lon Nol, promu pour l’occasion colonel et chef d’état-major opérationnel. En même temps, le roi charge son premier ministre, Penn Nouth, d’adresser une lettre à HCM lui demandant de retirer ses troupes régulières du Cambodge. Cette lettre n’obtiendra aucune réponse (Tong, 1972, pp. 64-65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’annonce de la conférence de Genève provoque une forte démobilisation dans les rangs de l’armée vietnamienne comme l’observe Nguyen Van Hinh (chef d’état-major) : « Cette annonce a eu également des conséquences immédiates sur le moral des troupes : les désertions – qui ont toujours existé dans notre armée à l’état endémique – se sont multipliées, et la mobilisation annuelle, décrétée justement en avril, a donné des résultats très médiocres […] Beaucoup de Vietnamiens pariaient sur la prochaine victoire du Vietminh, d’autant plus que cela se passait mal à Dien Bien Phu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Maigre, 1994, p. 32)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril 54 : La radio du VM, &#039;&#039;La Voix du Vietnam&#039;&#039;, annonce : « A cinq heures de l’après-midi, le trente mars, les unités populaires soutenues par de l’artillerie lourde et des canons de D.C.A., ont déclenché leur deuxième vague d’attaque contre le système de défense français du côté est de la forteresse. Ce système se composait de cinq positions  fortifiées qui, bâties sur cinq collines défendaient les approches est de l’aérodrome et le poste de commandement ennemi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 325)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre adresse d’Hanoi un télégramme au gouvernement par l’entremise du secrétaire d’État aux États associés Jacquet : « &#039;&#039;&#039;La situation est grave.&#039;&#039;&#039; J’espère encore que du fait des pertes énormes qu’il a subies, l’ennemi ne pourra attaquer aussi vigoureusement. Mais nos propres forces sont diminuées en nombre et épuisées. Leur renforcement est très difficile. &#039;&#039;&#039;La chute du camp retranché, que je fais tout pour éviter, doit donc être envisagée comme possible à plus ou moins brève échéance.&#039;&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 437) Il se plaint également de l’annonce à ses yeux prématurée de la conférence de Genève : « La situation militaire est entièrement dominée par la décision prise par le commandement vietminh, au lendemain de l’annonce de la Conférence de Genève, décision dont nous avons les preuves formelles, de faire pression au moins jusqu’à la fin, c’est-à-dire fin mai et peut-être au-delà […] Cette intensification de la guerre s’appuie sur une augmentation considérable de l’aide chinoise. Elle nous met en difficulté du fait qu’elle aboutit à nous engager prématurément dans une lutte générale […] Il n’est pas douteux que le commandement vietminh cherche à atteindre avant la fin de la conférence des résultats décisifs ou tout au moins assez spectaculaires pour nous amener à traiter selon  ses vues. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, p. 384)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre transmet des instructions à Cogny concernant Dien Bien Phu. Il envisage 2 hypothèses : ou le VM échouera dans sa deuxième attaque ou il y renoncera. Dans tous les cas, il devrait desserrer un temps son étreinte. Le centre de résistance centrale et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; doivent « s’organiser pour durer au maximum dans des conditions difficiles, sachant qu’ils ne pourront compter que sur très peu de renforts et peut-être même sur un ravitaillement restreint. La garnison doit être informée de la situation. » Le commandant en chef estime qu’ « aucun espoir n’est perdu » car la saison des pluies approche. De Castries « doit être informé que tout sera fait pour évacuer ses blessés » et que « des renforts dans la limite d’un bataillon et une batterie de 75 sans recul » arrivent. Cette aide ne pourra être qui limitée « pour n’obtenir qu’une prolongation de la résistance. » (Rocolle, 1968, pp. 449-450)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon du colonel d’aviation Brohon (voir 29 mars). Navarre étant à Hanoi, Brohon reprend un avion en compagnie du commissaire général Dejean. Les 2 hommes rencontrent, en compagnie de Cogny et Bodet, le commandant en chef dans la soirée (Rocolle, 1968, p. 415). Navarre et Brohon doivent se revoir le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 2 avril 54 : Une deuxième attaque sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; échoue (Rocolle, 1968, p. 432).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; tombe le 2 à 8 h 00 malgré une relève. La position complètement bouleversée n’est pas réoccupable, « faute de moyens » (Rocolle, 1968, p. 433).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attaque vers 20 h 00 d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; au nord de la piste par le régiment 88 (division 308). Les légionnaires la repousse, mais le 3, 12 légionnaires (des rescapés de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;…) feront défection et passeront à l’ennemi (Rocolle, 1968, p. 434).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux sections du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. sont parachutées sans problème. Mais l’opération doit être interrompue car, &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; étant en train de tomber, une partie du champ de bataille est trop éclairée par un Dakota &#039;&#039;Luciole&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 453).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 5 avril 54 : Reprise de la guerre des communications par l’aviation française après une pause dommageable accomplie durant le mois de mars. L’intensité des attaques du G.A.T.A.C.-Nord paraît toujours aussi faible que décousue. 2 points sont visés sur le R.P. 41 : le point &#039;&#039;Mercure&#039;&#039; (carrefour de Conoï) est attaqué, 33 tonnes de bombes y sont déversées. Un autre point voisin reçoit 25 tonnes. 6 autres attaques sont menées ailleurs mais avec de faibles moyens. En avril, les bombardiers B-26 ne sont affectés que 22 fois à la guerre des communications, l’essentiel de l’effort étant porté sur Dien Bien Phu mais ils sont également en même temps impliqués dans 58 attaques sur le Delta. La dispersion pour l’aviation de chasse est encore plus importante 184 missions sur la R.P. 41 et la R.P. 13 alors qu’ils sont engagés 259 fois dans Delta et seulement 198 fois sur Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, pp. 441-442).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 avril 54 : A Dien Bien Phu, les durs combats sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; obligent le régiment 102 (division 308) à se retirer. C’est le régiment 174 (division 316) déjà largement éprouvé par de récents combats sur ce même point d’appui qui le relève. Une faible reconnaissance à l’ouest sur &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; (50 hommes) est incapable de reprendre le point d’appui. On n’y ramène que quelques légionnaires rescapés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, le colonel Brohon revoit Navarre, le commissaire général Dejean et le général Bodet pour obtenir une réponse à sa proposition de la veille. Dans un premier temps, la réponse du commandant en chef à l’égard d’une intervention de l’aviation américaine est réservée et même réticente car il craint une réaction de l’aviation chinoise sur les 3 bases aériennes que possède le Tonkin ainsi qu’à Dien Bien Phu qui pourrait être écrasé de bombes avant que n’intervienne les intercepteurs de la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Flotte américaine (Rocolle, 1968, p. 438 ; Pouget, 2024, pp. 481-482). Il n’acquiescera que le 3, tout en hésitant jusque-là (voir cette date).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre câble au gouvernement : « Nous semblons parvenus au point d’équilibre de la bataille […] je saisirai toute occasions de renforcer Dien Bien Phu, quitte à engager mes derniers bataillons parachutistes, si grave soit cette décision […] Mais l’envoi de renforts, même en petite quantité, s’avère très difficile et les troupes sont dans un grand état d’épuisement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 482)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 2 au 3 avril 54 : Dans la nuit, les troupes du VM encerclent et menacent &#039;&#039;Françoise&#039;&#039; (un point d’appui isolé à l’ouest du noyau central du camp retranché) qui tombe après la nouvelle défection de 2 compagnies thaïes (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 163 ; Rocolle, 1968, p. 385).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap est obligé de puiser dans ses réserves. Il fait revenir du nord du Delta le dernier régiment de la division 308 et son état-major qui protégeaient jusqu’alors les instances gouvernementales. Il a par ailleurs demandé à la Chine de lui fournir un troisième régiment de D.C.A. (Rocolle, 1968, p. 436).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième attaque d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;, nouvel échec. A 4 h 00, le 102&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment est relevé par le 98&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;. Ce dernier ne laisse qu’une compagnie sur les pentes est et doit avouer son échec : « Notre succès a été incomplet pour plusieurs raisons. Nous n’avons pas pu connaître en détail le dispositif des fortifications au cœur de la position, surtout l’emplacement du redoutable blockhaus enterré au sommet et les communications directes entre &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; et le camp retranché ; les préparatifs d’assaut se sont révélés insuffisants […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 433).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parachutage de renforts en artilleurs s’effectue avec difficulté. Cette nuit, seuls 74 parachutistes du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. parviennent à toucher terre (Rocolle, 1968, p. 453).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 avril 54 :  A Dien Bien Phu, les troupes du VM attaquent &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; située au nord-ouest de la piste d’atterrissage principale. Les Français contre-attaquent et réoccuperont cette position le 5 (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 164). Une nouvelle trêve est proposée par le VM pour récupérer les blessés d’&#039;&#039;Huguette 7.&#039;&#039; Les brancardiers ne ramènent que 4 cadavres impossibles à identifier. A l’est, &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; tient toujours. 1 500 cadavres vm gisent sur ses pentes. Selon Pouget, « la colline 464 […] commence à avoir une renommée sinistre parmi les troupes de Giap. » (Pouget, 2024, p. 483)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec Ély (chef d’état-major), Navarre, après avoir fait un point sur les difficultés de la situation du camp retranché, semble progressivement pencher en faveur du projet &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. Il écrit alors : « […] J’estime que dans ces conditions, l’intervention dont m’a entretenu le colonel Brohon peut avoir un effet décisif surtout si elle se produit avant l’assaut vietminh […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 439).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre fait une dernière intervention en faveur des blessés de Dien Bien Phu. Il avertit ce jour par radio le VM en annonçant qu’un avion se présentera le 5 à 14 h 00 pour évacuer des blessés. Des journalistes étrangers et des personnalités neutres suivront l’opération à bord d’un autre appareil. Quelques heures après cette annonce, Giap fait saboter par un commando la piste d’atterrissage à l’explosif pour la rendre totalement impraticable (Pouget, 2024, p. 318).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John Foster Dulles (secrétaire d’État) tient une conférence secrète avec plusieurs leaders des deux partis au Congrès dont Lyndon Baines Johnson (pour les Démocrates) et Richard Russel (pour les Républicains). Il leur demande un blanc-seing pour une intervention militaire en Indochine. Lors du débat, l’idée d’intervenir est loin de faire l’unanimité : ce serait l’entrée dans un nouveau conflit selon l’amiral Radford et il n’y a pas d’accord du comité des chefs d’état-major sur ce point précis. Johnson rappelle que la guerre de Corée a été assurée par les États-Unis à 90 % tant en hommes qu’au niveau du financement. Il faut donc s’assurer avant tout de qui participerait à un nouveau conflit d’une telle ampleur (Elgey, 2018, pp. 739-740). Selon Halberstam, « personne, semblait-il, n’avait envie de prendre une vraie responsabilité. Le Président une fois de plus avait utilisé le Congrès comme sonde et avait perçu de graves réserves. Mais comme Dien Bien Phu tenait toujours, la pression ne diminua pas. » (Halberstam, 1974, pp. 169-171)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a deux camps qui s’opposent aux U.S.A., concernant une potentielle intervention en vue d’aider les Français. L’amiral Arthur W. Radford (chef de l’état-major interarmes) et John Foster Dulles (secrétaire d’État) y sont favorables (Halberstam, 1974, pp. 167-168). Ils préconisent une attaque aérienne stratégique massive (60 bombardiers et 150 avions de chasse) visant à briser l’élan des N-V autour de Dien Bien Phu. Le vice-président Nixon est lui aussi toujours favorable à une intervention. Dans le camp de l’opposition à ce projet se trouve le chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Matthew B. Rigway, qui a toujours considéré le conflit indochinois comme essentiellement colonial. Il estime que la région est importante mais non vitale aux intérêts des États-Unis et que les communistes ne pourront maintenir longtemps leur contrôle sur des populations aussi diverses et donc potentiellement hostiles au VM. Il estime également que cette guerre risque d’être coûteuse et que l’effort de mobilisation devra être supérieur à celui de la guerre de Corée (Halberstam, 1974, pp. 172-173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques heures après la réunion avec les membres du Congrès, Dulles convoque l’ambassadeur Henri Bonnet. Il plaide pour la première fois en faveur de l’internationalisation du conflit indochinois en vue de stopper « par quelque moyen que ce soit » la progression du communisme en Asie du Sud-Est. Il évoque alors l’idée d’une coalition qui inclurait la France, les U.S.A., la Grande-Bretagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande et les Philippines. Charge à la France et aux États associés de monter cette coalition (Elgey, 2018, p 741).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 3 au 4 avril 54 : Parachutage d’un troisième bataillon de parachutistes sur Dien Bien Phu (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de Chasseurs parachutistes, 340 hommes) pour compenser les pertes (Navarre, 1979, p. 349). &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; est attaqué sur sa face est. Une contre-attaque du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. accompagné de 2 chars prend le VM à revers. Il se replie laissant 450 cadavres et 50 prisonniers. Le point d’appui est repris à minuit (Pouget, 2024, p. 484).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Hanoi, Navarre envoie un message à Ély : « L’intervention dont m’a entretenu le colonel Brobon peut avoir un effet décisif surtout si elle se produit avant l’assaut viet-minh. » (&#039;&#039;ibid.&#039;&#039;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 avril 54 : Retour à Paris du colonel Brohon mandaté par le gouvernement pour présenter à Navarre le plan d’intervention aérienne américain (&#039;&#039;Vautour&#039;&#039;). Il rencontre Ély. Navarre a émis devant Brohon « un avis réticent », craignant une réaction de l’aviation chinoise. Ce qui surprend le chef d’état-major des Forces armées. Car un courrier que Navarre a transmis la veille à Ély laisse au contraire entendre que le choix du commandant en chef penche désormais dans le sens d’une intervention américaine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un conseil de défense national restreint est réuni. A son issue, Ély télégraphie à Navarre : « […] Gouvernement a présenté à Washington la demande d’intervention que vous avez sollicitée […] Justification concernant Dien Bien Phu que Brohon me rapporte de votre part m’amène à penser que vous avez le sentiment qu’on ne vous suit pas complètement, je peux vous assurer qu’il n’en est rien et que vous êtes pleinement soutenu. Ély. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 488)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour de Brohon, ajouté aux déclarations de Foster Dulles, entraîne donc une réunion du Comité de guerre. Sont présents Laniel (président du Conseil), Pleven (Défense), Reynaud (vice-président du Conseil), Bidault (Affaires étrangères), le maréchal Juin (conseiller militaire du gouvernement) et le général Ély (chef d’état-major des Forces armées) ainsi que les 3 chefs d’état-major. Un avis favorable à l’intervention aérienne américaine se dégage et Laniel demande à s’entretenir à 23 h 30 avec l’ambassadeur américain Dillon à Paris. Ce dernier est saisi de la demande française dès minuit. Elle n’est qu’orale. De son côté, Ély télégraphie cette demande à Valluy (représentant de la France à délégation française à l’O.T.A.N.) qu’il doit transmettre à Radford (chef de l’état-major interarmes) et à Bonnet (ambassadeur de France à Washington) (Ély, 1964, pp. 85-86 ; Laniel, 1957, pp. 84-85). Les Français, acculés, vont un peu vite en besogne en se fiant à cet espoir américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une demande d’intervention française sur Dien Bien Phu par l’aviation américaine, &#039;&#039;&#039;Eisenhower, estimant qu’une intervention unilatérale serait une erreur&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;demande l’aide des Anglais&#039;&#039;&#039; en invoquant auprès d’eux le risque d’un nouveau Munich. Le premier ministre Churchill lui écrira : « Si […] l’Indochine tombe entre les mains des communistes, l’effet final sur notre et votre position stratégique dans le monde peut être désastreux […] » Toutefois, son ministre des Affaires étrangères, Anthony Eden, s’adressant à Dulles, lui a confié : « Je ne croyais pas qu’une intervention moindre que celle de Corée puisse avoir quelque effet en Indochine. » (Schlesinger, 1967, p. 22). Tirant les leçons du récent conflit coréen, &#039;&#039;&#039;les Anglais bottent en touche,&#039;&#039;&#039; refusant de comparer la situation en Indochine à ce qui s’était passé au moment des accords de Munich en 1938. La situation est, à leurs yeux, tout à fait différente : HCM n’est pas Hitler et surtout l’Indochine n’est pas l’Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cabinet français refuse également de soutenir le plan d’intervention de Dulles qui propose à la France et à la Grande Bretagne d’organiser un système de défense collectif en Asie du Sud-Est, prémices de la future O.T.A.S.E. Une hypothétique coalition est envisagée par les Américains. Elle devrait comprendre les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, les États associés, la Nouvelle Zélande, la Thaïlande et les Philippines. Cette proposition américaine ne convient pas aux Français : la situation est particulièrement urgente  au Tonkin et au Laos ; elle risque de provoquer une réaction chinoise ; elle place la France au même niveau que des puissances secondaires de la région et soumet l’intervention américaine à une décision britannique (Lemaire, 2000, p. 62). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès ce jour, le sénateur Kennedy pose la question : « L’Indochine partiellement ou en totalité est-elle absolument indispensable à la sécurité de l’Asie et du monde libre ? » L.B. Johnson, chef de la majorité démocrate au Sénat, déplore une « succession lamentable de revirements, de confusions, de déclarations alarmistes et de digressions ». Il s’inquiète de l’image que l’administration Eisenhower donne à ses partenaires et préconise que les États-Unis se concentrent essentiellement « sur ce qui se passe chez [eux] » (Schlesinger, 1967, p. 26).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, le secrétaire d’État Dulles dénonce devant une commission du Congrès la présence de conseillers chinois à Dien Bien Phu (Valette, 1994, p. 293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, lors d’une cérémonie de ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe organisée par l&#039;Association des anciens du corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient  pour commémorer les morts en Indochine, Laniel (président du Conseil), Pleven (Défense) et De Chevigné (secrétaire d’État à la Guerre) sont violemment pris à partie par des manifestants dont certains sont des vétérans qui arborent leurs décorations obtenues en Indochine. Des Gaullistes sont également présents (voir 9 mai). Le service d’ordre est pléthorique et se laisse rapidement déborder. Les slogans dénoncent l’éviction du général Juin (ancien chef d’état-major devenu simple conseiller militaire) et appellent à la démission du gouvernement. Au cours des échauffourées, Pleven est giflé par un officier de réserve en uniforme participant à la manifestation (Elgey, 2018, pp. 750-751 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 6 mars 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 4 au 5 avril 54 : &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; est attaquée pour la deuxième fois. 5 bataillons vm sont engagés. Le point d’appui est sur le point de tomber. Une contre-attaque est menée par 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. parachuté la veille et qui avait été immédiatement affecté à la défense d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;, à l’opposé de là où ils doivent intervenir. De Castries et Langlais les renforcent la contre-attaque par 2 compagnies du 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. de Bigeard et une compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. qui elles connaissent le terrain. Le 5 à 6 h 00, ils surprennent et écrasent le régiment 165 (constitué de jeunes recrues) avec l’aide de l’aviation (Rocolle, 1968, pp. 434-436). De son côté, Giap est désormais obligé de puiser dans des unités constituées de jeunes recrues non aguerries.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à un Comité de guerre, les Français demandent une intervention de l’aviation américaine. Laniel appelle l’ambassadeur Dillion nuitamment et Maurice Schuman (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) le rencontre. Dillion transmet immédiatement la demande mais ne cache pas à ses interlocuteurs qu’il y a peu de chance qu’Eisenhower prenne une telle décision sans l’autorisation du Congrès qui, quant à lui, attend un très hypothétique soutien d’alliés (Elgey, 2018, p. 742 ; télégramme cité &#039;&#039;in&#039;&#039; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 66-67).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 avril 54 : Au vu de ses pertes, d’un manque momentané de munitions et de réserves de vivres, &#039;&#039;&#039;Giap est obligé de marquer une longue pause de 25 jours à Dien Bien Phu&#039;&#039;&#039;. Il commence cependant à pousser la nuit ses tranchées d’approche et sa D.C.A. au plus près. Au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai, leur étendue atteindra les 400 km (cartes &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1956, p. 227 ; Teulières, 1979, p. 246). Il demande au général Ly chinois Cheng Hou 720 tonnes de munitions, un régiment de D.C.A. avec 67 tubes de 37 mm, 300 camions et quelques orgues de Staline. Il lance également une importante campagne de remobilisation de ses troupes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, la récupération des parachutages de haute altitude devient de plus en plus hasardeuse : un C-119 lâche à haute altitude sa cargaison à 2 km au sud-ouest de &#039;&#039;Claudine&#039;&#039; dans les lignes du VM (Navarre, 1956, p. 225 ; Pouget, 2024, p. 488).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après son télégramme du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; adressé au secrétaire d’État aux États associés teinté d’une teneur très pessimiste, Navarre en s’adressant au même le paraît moins : « […] Si, tout en continuant à agir sur les lignes de communications de l’adversaire et sur ses positions, nous parvenons à renforcer la garnison de Dien Bien Phu et à assurer les approvisionnements et évacuations indispensables, la bataille paraît pouvoir se prolonger encore assez longtemps. Elle ne pourrait, me semble-t-il, tourner en notre faveur que s’il est possible de neutraliser dans des délais assez brefs, par un emploi massif de l’aviation de combat, l’artillerie et la D.C.A. ennemies et à rouvrir ainsi largement la route aérienne, qui seule nous relie aux défenseurs de Dien Bien Phu. En ce qui concerne l’ennemi, il paraît bien établi, d’après l’ensemble des dispositions qu’il adopte encore à l’heure actuelle, que malgré les immenses pertes subies et l’approche de la saison des pluies, il ne songe pas pour l’instant à se retirer. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 437-438). Un courrier dans lequel Navarre fonde des espoirs (sincères ?) par un rétablissement miraculeux de ce qui ne fonctionne pas depuis le début…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant reçu réponse à son télégramme de la veille, l’ambassadeur américain Dillon transmet à Bidault la réponse du secrétaire d’État Dulles qui est &#039;&#039;&#039;une fin de non-recevoir à la demande française&#039;&#039;&#039; : « Ai expliqué à Ély en la présence de Radford pas possible accomplir action de belligérance en Indochine sans entente politique avec France et autres pays. Approbation du Congrès nécessaire. Après consultation au plus haut niveau, confirme cette attitude. USA feront tout possible pour préparer base publique, constitutionnelle et du Congrès pour action unie en Indochine. Toutefois action impossible sauf coalition avec participation active du Commonwealth Br. Entretemps faire tout le possible hors belligérance. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 743 et &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 67-68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Ély (chef d’état-major présent aux U.S.A.) envoie un télégramme à Navarre lui signifiant la prudence quant à l’éventuelle implication des Américains dans le conflit : « […] Gouvernement a présenté à Washington la demande d’intervention que vous avez sollicitée. Avant connaître la réponse et délai je vous demande instamment de ne pas tenir compte de cette demande dans actuelle conduite de la guerre [...] » (voir 6 avril) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 440, note 142)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conférence de presse donnée par Eisenhower qui bluffe en annonçant qu’il n’exclut pas une intervention alliée en Indochine sous commandement américain, réaffirmant ainsi son idée chère de la théorie des dominos. Une vision qui n’est cependant absolument pas partagée par les Britanniques qui l’ont fait savoir. Quant à la France, Bidault (Affaires étrangères) ne voit dans ce type de déclaration qu’un moyen d’écarter « à Genève toutes les chances de solution négociée ». (Valette, 1994, p. 294)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, Dulles continue à dénoncer devant la commission étrangère de la chambre des Représentants le caractère d’intervention directe qu’avait pris l’aide des Chinois dans la future bataille de Dien Bien Phu : présence d’un général chinois dans le haut état-major du VM, de conseillers à divers échelons, de servants au niveau des transmissions et de la D.C.A. Mais, malgré les pressions françaises, l’éventualité d’une intervention américaine demeure et demeurera purement verbale (Navarre, 1956, p. 243 ; Laniel, 1957, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premiers entretiens à Seno entre Navarre et le colonel de Crèvecœur en vue de monter l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; : elle vise à tenter de parachuter une unité aéroportée au Laos devant faire la jonction avec les unités de De Crèvecœur. Le volume des forces serait alors suffisant pour attaquer par la vallée de la Nam Ou où une partie des divisions vm qui participent au siège de Dien Bien Phu. Mais cette solution ne pourrait aboutir que le 20 et suppose que l’on refuse les renforts demandés à grands cris par De Castries et Langlais (voir 11 avril). Elle sera donc abandonnée après le 15 (Rocolle, 1968, p. 461).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny, toujours obsédé par la tenue du Delta, revient sur la nécessité d’y consentir « un effort militaire rigoureux ». Navarre lui répondra le 14 (Rocolle, 1968, p. 487, note 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le conseil des ministres décide, contre l’avis de Sihanouk, que l’armée royale doit cesser de poursuivre la lutte contre le VM aux côtés des Français alors que les troupes du &#039;&#039;Lien Khu 5&#039;&#039; atteignent la frontière nord-est (Rocolle, 1968, p. 458). Navarre décide de s’y rendre (voir 7 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 avril 54 : A Dien Bien Phu, on observe certaines défections de troupes du VM lors des assauts bien qu’elles soient confrontées à de faibles effectifs français tenant les positions. Les commissaires politiques sont obligés, lors de réunions observées de loin par les Français, de remotiver les futurs assaillants (Pouget, 2024, pp. 375-376).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réunion du C.N.S. : il est décidé que les États-Unis n’engageront pas leurs forces tant qu’il y a aucune garantie d’une intervention multilatérale incluant, entre autres, les Britanniques. Après la réponse des Anglais, c’est donc un refus de s’engager aux côtés des Français et une manière de faire endosser la responsabilité de ce refus non aux Américains mais à un groupe de potentiels alliés qui n’existent que sur le papier. Au cours du même C.N.S., Eisenhower juge la France comme « une puissance militaire décadente » (David, 2007, p. 11)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Débat très serré au Congrès américain sur la question indochinoise.&#039;&#039;&#039; Depuis la guerre de Corée, Eisenhower s’est engagé à le consulter pour engager son pays dans un conflit. Les débats au cours de cette journée montrent que les élus sont très peu au fait des réalités et du problème indochinois. C’est à cette occasion que le sénateur du Massachusetts et futur président, J. F. Kennedy, sans doute plus réaliste que les autres, déclare : « Ma conviction est que l’aide américaine, quelle que soit son ampleur, ne peut vaincre un ennemi qui est partout et nulle part, un « ennemi » du peuple qui bénéficie clandestinement de la sympathie et du soutien de tout le peuple. Pour les États-Unis, intervenir unilatéralement et envoyer des troupes dans le terrain le plus difficile du monde, sur lequel les Chinois peuvent envoyer des effectifs illimités, créerait une situation encore plus difficile encore que celle que nous avons connue en Corée […] Le moment est venu d’étudier, de discuter, et de revoir […] (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les représentants du Congrès établissent trois conditions à une éventuelle intervention :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- L’engagement de l’Angleterre et d’autres alliés (Australie, Nouvelle-Zélande, Philippines et Thaïlande). Mais chacun sait que la Grande Bretagne, devenue pacifiste après la guerre de Corée, y sera opposée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le maintien des forces françaises jusqu’à la victoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- L’accord de l’indépendance totale aux États associés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette position conforte Eisenhower dans sa conviction que seule une intervention multilatérale, répondant aux conditions du Congrès, demeure la meilleure option. De plus, la France rejette la plupart des propositions du Congrès, notamment la troisième. Face à ces conditions jugées inacceptables, deux analyses s’imposent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eisenhower n’a jamais eu l’intention d’intervenir (thèse défendue par Kissinger).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Jacques de Folin (De Folin, 1993, pp. 250-251) pense que si le gouvernement propose, le Sénat dispose. Le colonialisme français a fait et fait toujours l’objet de dures critiques au Sénat américain. Le raisonnement américain est le suivant : les contraintes générées par le maintien de l’Union française empêcheront tout gouvernement vietnamien d’affirmer véritablement son indépendance. Dans ces conditions, il est impossible de rassembler les vrais nationalistes anticommunistes et donc de prétendre rivaliser avec HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains font connaître dans la soirée leur position aux Français quant aux éventuels bombardements. Ces derniers savent désormais que si intervention il y a, celle-ci ne sera pas aussi rapide qu’ils l’espéraient et qu’il n’y aura de ce fait aucun effet de surprise (Ély, 1964, p. 87). Une réunion du conseil des ministres français s’apprête à demander à nouveau une intervention de l’aviation américaine. Mais, après bien des tergiversations, la séance est suspendue sans avoir, une fois de plus, pris la moindre décision (Lemaire, 2000, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informé depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; du projet de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; pour laquelle il demeurait jusqu’alors réservé et même réticent, Navarre fait savoir à Ély qu’il l’accepte finalement (Rocolle, 1968, p. 440, note 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély envoie à Navarre un télégramme dans lequel il suggère pour hâter l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; que les Américains fournissent immédiatement 15 bombardiers B-29 qui seraient pilotés par des équipages français. Cette suggestion sera rapidement abandonnée : il n’y a pas en Indochine de pilotes et d’équipages capables d’accomplir une telle mission (Rocolle, 1968, p. 444). Navarre lui répondra le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 6 au 7 avril 54 : 11 C-119 parachutent vivres et munitions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 avril 54 : A Dien Bien Phu, débandade, désarmement et dispersion de supplétifs de la 12&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de tirailleurs thaï (qui avait lâché &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;, voir 17 mars) suite à la blessure du commandant de cette unité sur &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039;. Certains d’entre eux rejoignent les lignes ennemies (Rocolle, 1968, p. 385, note 110).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap réunit son état-major. Il estime, du fait des difficultés du moment et des fautes de commandement (notamment lors de l’attaque infructueuse d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; qui avait fait échouer celle de &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039;), devoir encore différer l’attaque générale. Il manque d’effectif et a été récemment obligé de recourir à des unités peu aguerries. Le réapprovisionnement de son artillerie est en cours. Il doit donc revoir sa tactique. Côté français, les choses sont encore plus préoccupantes. Les effectifs des unités encore opérationnelles sont maigres. On compte ce jour 590 blessés graves et un nombre encore plus important de blessés légers. Les 2 adversaires ont besoin de souffler (Rocolle, 1968, pp. 436-437).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle donne une conférence de presse durant laquelle il dénonce la C.E.D. Il évoque également l’Indochine : le conflit doit cesser pour favoriser une détente internationale et limiter les pertes (Rocolle, 1968, pp. 40-41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenhower prononce au cours d’une conférence de presse la phrase dans laquelle il prédit que si l’Indochine basculait, le reste de l’Asie du Sud-Est « tomberait très vite » comme une &#039;&#039;&#039;« rangée de dominos&#039;&#039;&#039; ». Il estime que « les conséquences possibles de cette perte seraient incalculables pour le monde libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; McNamara, 1992, p. 45) Ce qu’on nommera désormais « la théorie des dominos » prend corps, désignant le communisme comme un bloc monolithique (mais l’est-il vraiment ?) à contrer et à abattre en s’opposant farouchement aux guerres de libération nationale. Dans le Sud-Est asiatique, c’est la Chine communiste qui est perçue – à tort ou à raison – comme une menace potentielle capable de s’immiscer dans le conflit et de le faire basculer comme cela s’était produit en Corée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Mac Arthur adressée à Dulles démontre que les études du Pentagone pour dégager Dien Bien Phu au moyen d’armes atomiques tactiques (3 bombes) est envisageable. Cela suppose l’accord des Français. Cette note renvoie Dulles à cette lourde responsabilité (voir 5 mars et 30 avril) que les Français ont écarté (De Folin, 1993, p. 260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dulles répond à nouveau négativement à la demande française d’intervention aérienne, faute de soutien britannique  (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 67-68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre répond au télégramme d’Ély de la veille : « Je suggère que &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; soit exécuté au moins pour commencer sous cocardes françaises ou sans aucune cocarde. C’est un genre d’intervention qui correspond exactement à celui que pratiquent les Chinois. Il ne doit donc pas poser de problème politique international. Les équipages devant être sans insigne de grade ou nationalité et sans papiers […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 444) Le commandant en chef ira même plus loin dans ses propositions (voir 12 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à ses déclarations (voir 6 avril), le jeune sénateur démocrate Kennedy produit une note qui analyse les raisons de l’échec des Français en Indochine : « Jeter de l’argent, du matériel et des hommes dans la jungle d’Indochine sans avoir au moins une perspective éloignée de succès serait dangereusement inutile et illusoire. Je suis sincèrement convaincu que quel que soit le montant d’une aide américaine à l’Indochine, on ne vaincra pas un ennemi qui est à la fois partout et nulle part, où c’est « l’ennemi du peuple » qui possède la sympathie et le soutien caché de ce même peuple. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 234) Des propos qu’il oubliera lorsque, sous sa présidence, il mettra en branle l’engagement certes hésitant mais aussi irrémédiable des Américains dans la guerre du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, le général américain Partridge (commandant en chef de l’armée de l’Air dans le Pacifique) demande au gouvernement français l’autorisation de rencontrer Navarre dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Sihanouk qui demeurera en place jusqu’au 17. Du fait des récents événements (voir 5 avril), Navarre et Dejean s’y rendent et rencontrent le nouveau chef du gouvernement (Rocolle, 1968, p. 459).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 7 au 8 avril 75 : A Dien Bien Phu, installation d’une nouvelle antenne chirurgicale rendue possible par le largage de 8 personnels médicaux (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 avril 54 : Nivelle entend renforcer le camp retranché en donnant l’ordre de faire parachuter le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. (commandant Lisenfelt) en prévision d’une attaque du VM annoncée par des interceptions radio et devenant possible à partir du 10 avril (Rocolle, 1968, p. 462). 167 parachutistes sans brevet ont été lâchés ce jour (Pouget, 2024, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profitant de la pause opérée par le VM, De Castries entend améliorer la situation à l’est. Il demande à Cogny le renfort d’un bataillon de parachutistes. Il convoque Langlais et Bigeard en vue de reprendre &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; avant le redémarrage de l’offensive du VM (Pouget, 2024, pp. 494-495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon du colonel Gentil de la section technique de l’armée. Il pense pouvoir provoquer des pluies artificielles au nord du camp retranché sur la R.P. 41 pour entraver le ravitaillement du VM. Bien que sceptique, Navarre autorise l’utilisation d’un Junker de la marine pour effectuer des essais (Pouget, 2024, p. 495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amiral Radford continue à préparer l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. Un contact est pris entre Navarre et l’amiral Auboynau pour caler cette hypothétique opération. 2 porte-avions américains seront envoyés dans le Golfe du Tonkin (voir 10 avril). On a réclamé des appareils de radioguidage jugés indispensables pour que l’aviation américaine puisse intervenir avec efficacité (Rocolle, 1968, p. 443). La mise en place de toute cette infrastructure est toutefois bien trop tardive pour contrer l’approvisionnement du VM : Giap est en train de réalimenter son artillerie grâce aux livraisons chinoises en vue de son troisième assaut du 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, à 11 h 00, Navarre reçoit le vice-amiral américain Hopwood (chef d’état-major de la flotte du Pacifique). Il est chargé d’étudier les conditions d’intervention de la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; flotte en cas d’une menace chinoise. Il est plus réticent lorsque le commandant en chef français évoque avec lui les finalités de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 8 au 9 avril 54 : Il reste à Hanoi 2 bataillons de parachutistes en réserve. Seule une partie du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. est parachutée sur Dien Bien Phu du fait des mauvaises conditions météorologiques. Bien que n’étant plus utilisée depuis le 28 mars, le VM lance un commando pour dynamiter à nouveau la piste d’aviation (Pouget, 2024, p. 495 et p. 497).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 avril 54 : Libération en début d’après-midi d’un officier du VM porteur d’une proposition française pour rendre des blessés. Il est suivi d’un convoi d’ambulances qui attendra jusque   16 h 00. L’officier est intercepté à 800 m au sud d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Le commandant vm d’un régiment envoie un message radio indiquant devoir attendre des instructions de sa hiérarchie. 195 tonnes de matériel ont été parachutées depuis la nuit précédente dont seulement 6 jugées irrécupérables. Pouget estime alors le nombre de blessés su camp retranché à 1 500 (Pouget, 2024, pp. 497-498.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, Pleven (Défense) qui a eu « des échos inquiétants » sur la tenue de l’aviation en Indochine propose à Navarre de remplacer le général Lauzin (commandant l’aviation en Indochine). Navarre adresse une note à Ély dans laquelle il évoque l’éventuelle relève de Lauzin. Estimant qu’« en pleine bataille [ce] serait un geste spectaculaire mais plus nuisible qu’utile », il renonce à cette solution préférant faire confiance à son adjoint le général d’aviation Bodet qui demeure son homme de confiance à Hanoi. Selon Pouget, le commandant en chef demande « l’envoi immédiat […] d’un commandant de bombardement de grande classe » qui avait été précédemment décidé mais, au final, n’est jamais arrivé (Rocolle, 1968, pp. 322-323 ; Pouget, 2024, p. 496).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le C.I.C.R., qui avait été saisi par Bidault (Affaires étrangères) depuis le 27 mars du non- respect des conventions concernant les blessés, adresse un message aux 2 belligérants pour les inviter à respecter conjointement le personnel et les véhicules couverts par « le signe de la Croix-Rouge ». (Rocolle, 1968, p. 451, note 177) Cette demande concernant les blessés demeurera la plupart du temps un vœu pieu pour les 2 belligérants : le VM connaît l’engorgement des services sanitaires et en use ; les Français poursuivent leurs bombardements aériens quelle que soit la nature du convoi. Côté français, une tentative de trêve échoue ce même jour en tentant de se débarrasser d’une soixantaine de blessés du VM bien encombrants. La question des blessés demeure encore plus problématique pour les défenseurs du camp retranché qui ne peuvent les évacuer et arrivent de ce fait à un point de saturation extrême.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 9 au 10 avril 54 : Parachutage de la seconde partie du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. (commandant Liesenfelt, 302 légionnaires) (Rocolle, 1968, p. 462). Échec de la contre-attaque du VM sur &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 avril 54 : Des renforts bien tardifs sont promis par le gouvernement français au camp retranché. Ils arriveront mais trop tard. Selon Navarre, leur qualité est très variable d’une unité à l’autre, faute d’un temps d’entraînement nécessaire (Navarre, 1956, p. 106). Il ne reste au Tonkin qu’un seul bataillon de réserve, le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C., dans l’attente de l’arrivée du 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. venu de métropole mais qui n’arrivera à Saigon que le 24. Un autre bataillon, le 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., formé par la Légion, a été rassemblé en France et doit partir pour l’Indochine. Demeurent également 2 bataillons de parachutistes vietnamiens (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N.). Ils sont peu confirmés et surtout peu sûrs. Langlais avait fait savoir que « si [l’un d’eux] arrivait, il serait désarmé et transformé en coolies. » (Rocolle, 1968, p. 462).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait du récent renfort du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., De Castries ordonne la reprise d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 318-319) par les légionnaires et une compagnie du 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. de Bigeard. Ce dernier commande directement la manœuvre à partir d’&#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039;. Une grande partie de la position sera reprise à partir du 12. Pourtant, il devient particulièrement difficile de tenir &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; dont un combattant donne la description suivante : « Il est devenu impossible de creuser des organisations dans un terrain ameubli par les explosions. D’autre part, toute tentative de creusement amène la découverte de nombreux cadavres sommairement enterrés. Des défenses en superstructure ont été élevées la nuit précédente avec des sacs de caï-phen [roseaux]. Ces organisations sont rapidement détruites dans la journée par des tirs de mortiers et des 57 mm sans recul, les sacs de caï-phen, en effet, glissent les uns sur les autres et ne permettent pas la consolidation des ouvrages. Aucun réseau de fil de fer ne subsiste. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 520) Avant la nuit, une relève des troupes d’assaut est accomplie au sommet d’&#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039; par les 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnies du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM donne réponse à la restitution de prisonniers de la veille par une contre-proposition : les blessés français seraient rendus au nord de &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; et les blessés vm au sud de &#039;&#039;Claudine&#039;&#039;. De Castries répond en demandant que l’échange ait lieu en un seul point (Pouget, 2024, p. 499). Cette proposition sera rejetée le 11 par le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Lauzin (commandant de l’Air en Extrême-Orient) envoie « pour répondre à certaines critiques qui auraient été faites à l’emploi du bombardement en Indochine » (voir 9 avril) une directive au G.A.T.A.C.-Nord pour améliorer l’efficacité des bombardements par B-26 en créant « un commandant de sous-groupement de bombardement » (Rocolle, 1968, p. 317, note 172). Nouvelle prise de décision bien tardive visant à limiter l’habituelle dispersion (voir 24 février) et, plus encore, la faiblesse des attaques aériennes menées depuis le début de la bataille par un nombre pléthorique d’avions, qui plus est, conduits par des pilotes de bombardiers qui souffrent pour certains d’un manque d’expérience (voir Rocolle, 1968, pp. 318-319, notamment note 174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée dans le golfe du Tonkin de 2 porte-avions américains, le &#039;&#039;Boxer&#039;&#039; et l’&#039;&#039;Essex&#039;&#039;, positionnés par l’amiral Hopwood, chef d’état-major de la flotte américaine du Pacifique, en vue d’une éventuelle intervention dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 443).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 10 au 11 avril 54 : Vers 18 h 00, le VM se lance à l’assaut d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;. Les 2 compagnies du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. tiennent grâce aux maigres renforts envoyés par Bigeard (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P.) qui contre-attaquent et repoussent l’ennemi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la troisième nuit consécutive, 220 légionnaires sont à nouveau parachutés en renfort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ à 4 h 45 de Bao Daï en avion particulier pour la France (Pouget, 2024, p. 500).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 avril 54 : N’ayant pu obtenir des renforts le 31 mars au moment des attaques d’&#039;&#039;Éliane&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; et sentant qu’il y a, selon Bigeard, « du flottement à Hanoï » (querelle entre Navarre et Cogny, voir nuit du 30 au 31 mars), l’atmosphère dans le camp retranché est de plus en plus électrique envers l’état-major de Cogny et sa bureaucratie. Le lieutenant-colonel Langlais envoie ce jour un télégramme incendiaire au colonel Sauvagnac (commandant les troupes aéroportées depuis le départ du général Gilles). Sauvagnac a en effet refusé d’envoyer des renforts si les hommes n’étaient pas en possession du diplôme de brevetés parachutistes. Langlais lui écrit : « Réservé colonel Sauvagnac. Reçois votre message 21/77 en rentrant de la position &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; prise hier et contre-attaquée toute la nuit. Il me prouve que vous n’avez pas encore compris la situation à Dien Bien Phu. Stop. Je répète qu’il n’y a plus ici ni G.O.N.O., ni Groupement Aéroporté, ni légionnaires, ni Marocains, mais seulement 3 000 combattants dont les piliers sont les paras. Qui, au prix d’un héroïsme et de sacrifices inouïs, tiennent tête à quatre divisions de Giap. Le sort de Hanoï et de la guerre d’Indochine se joue à Dien Bien Phu. Stop. Devriez comprendre que la bataille ne peut être alimentée que par renforts parachutés brevetés ou non. Stop. Le colonel De Castries à qui j’ai montré votre message demandera et obtiendra du Généchef tout ce que vous me refusez. Stop. Signé Langlais et ses six chefs de bataillon. Stop et fin. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bigeard, 1997, p. 163 ; Rocolle, 1968, pp. 406-407 ; Pouget, 2024, p. 501) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap relève de son commandement le colonel responsable de l’attaque manquée d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;. Ce dernier aurait peut-être été fusillé pour cette faute. Le point d’appui continue cependant à recevoir des tirs d’artillerie vm venant de &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039;. A l’ouest, attaque d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; qui échoue (Pouget, 2024, p. 501).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 avril - 19 juillet 54 : Au Cambodge, opération de l’armée nationale sur Kratié en vue de l’élimination des groupes vietminh opérant à l&#039;est et au nord de la province.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 - 12 avril 54 : Dulles (secrétaire d’État américain) se rend au Royaume-Uni pour promouvoir son plan d’intervention allié. Les Anglais avait promis d’« examiner la proposition » américaine mais persistent dans leur refus d’intervenir dans le conflit indochinois. Dulles propose de réunir une conférence regroupant 9 pays qui pourrait avoir lieu à Washington le 20 avril. Elle n’aura jamais lieu, le secrétaire d’État essuyant un nouveau refus des Britanniques motivé par la crainte que l’intervention américaine provoque une escalade avec la Chine. Churchill confiera ultérieurement à son médecin que la Grande Bretagne ayant abandonné les Indes, il ne voyait pas pourquoi il prêterait la main aux Français en Indochine (Lemaire, 2000, p. 64). Un manque de consensus politique, une opinion publique américaine réticente et deux refus successifs des Britanniques motiveront les Américains à mettre un terme définitif au plan &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; à la fin du mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 avril 54 : A Dien Bien Phu, malgré une importante supériorité numérique, retrait d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; des 2 bataillons vm qui s’y sont battus toute la nuit. Les 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnies du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. qui y ont résisté sont fondues en une seule compagnie, renforcée par la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la même unité. Elles occupent la position. Les Français ont largué un quatrième bataillon de parachutistes en renfort, le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., qui réoccupe un point d’appui de l’est. Des artilleurs ont été également parachutés. A l’ouest, &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; est pris en tenaille par les boyaux d’approche du VM. La situation des blessés devient critique et les pluies de la mousson compliquent encore plus leur évacuation (Navarre, 1956, p. 226 ; Pouget, 2024, pp. 502-503).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Largage d’une troisième unité médicale parachutiste (voir 16 – 17 mars). Elle renforce immédiatement les moyens du noyau central du camp retranché (Rocolle, 1968, p. 305).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre fait suite au télégramme d’Ély du 5 et à ses suggestions du 7 au sujet du projet de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; en proposant d’autres modalités d’exécution : « […] Le nombre d’appareil pourrait être de quinze à vingt afin de ne pas faire trop grand effet de masse. Il n’y aurait pour des quadrimoteurs, volant de nuit à haute altitude, pratiquement aucun risque de repérage pour l’ennemi ou de panne entraînant atterrissage ou perte d’un appareil. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 444) Il reviendra sur ce point le 22 mais cette solution sera rejetée par l’amiral Radford partisan d’un tout ou rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï lance de France un appel à la mobilisation. Sa portée ne peut être que très modérée voire totalement inefficace. Selon Lemaire, « la moitié des jeunes gens concernés s’enfuirent dans les régions vietminh, tandis que 40 % de l’autre moitié échapperont au recrutement (Lemaire, 2000, p. 62). Selon Navarre, parmi le contingent du printemps 1954, 90 % des recrues sont de potentiels insoumis (Navarre, 1956, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, le général américain Trapnell, commandant du M.A.A.G., cède la place au général O’Daniel (Pouget, 2024, p. 503). La passation effective de pouvoir aura lieu le 8 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 13 au 14 avril 54 : A Dien Bien Phu, la piste d’aviation principale est coupée par une tranchée vm (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144 ; témoignage de la difficile progression de cette unité de sabotage &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 470-471).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM, parvenu à &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;, poursuit l’encerclement du point d’appui &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; au moyen de boyaux d’approche (Rocolle, 1968, p. 470).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 avril 54 : A Dien Bien Phu, le terrain d’aviation a été coupé en son tiers sud « par des tranchées à l’explosif à hauteur de &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et à mi-distance de &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039;. » (Rocolle, 1968, p. 470, note 232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de De Castries à Cogny. Il estime que le « sort du G.O.N.O. sera joué avant le 10 mai, quels que soient les règlements sur l’entraînement de saut. » Il fait un point sur les effectifs tenant l’ouest et l’est du camp, un peu plus de 3 000 hommes, réserves comprises. Il évoque les difficultés du côté des &#039;&#039;Huguette&#039;&#039; et entend faire réparer la piste d’atterrissage qui jouxte ces points d’appui fortement menacés. La zone centrale est sans cesse harcelée par les canons de 105 (P.C., batteries, dépôts) (Pouget, 2024, pp. 506).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse irritée de Navarre au télégramme de Cogny du 5 : il n’y a pas de déséquilibre entre les forces engagées dans le Delta et ailleurs (Rocolle, 1968, p. 487, note 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de la future opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; visant à apporter une hypothétique aide au camp retranché, on forme un groupement de 4 bataillons parachutables sous les ordres du lieutenant-colonel Godard. Il s’agit de troupes formées de 2 sous-groupements (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillons laotiens à l’ouest ; 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon laotien et 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de la Légion à l’est) qui ont été gardées en réserve et sont censées aider celles du colonel De Crèvecœur et celles du lieutenant-colonel Trinquier qui occupent différents maquis au Laos. Ces troupes doivent intervenir entre la vallée de la Nam Ou et le massif calcaire qui ferme la plaine de Dien Bien Phu au sud. Outre le temps de mise en place d’un tel dispositif, leur progression s’avèrera potentiellement lente, le groupement Godard ne disposant pas d’un nombre de coolies nécessaire. Différents aléas (retards, positionnement des troupes du VM, manque de moyens aériens pour acheminer ces renforts) feront que cette opération, aussi lente qu’hasardeuse, avortera rapidement, bien incapable au vu de ses faibles moyens de contrarier l’encerclement du camp retranché (Rocolle, 1968, pp. 496-500). De &#039;&#039;Condor&#039;&#039;, on passera alors à &#039;&#039;Ariane&#039;&#039; (voir 30 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après Londres, Foster Dulles (secrétaire d’État américain) se rend à Paris pour y présenter son plan d’intervention alliée et l’idée d’une alliance pour la défense du Sud-Est asiatique. Les Français n’y sont guère favorables avant la conférence de Genève, voulant ménager la susceptibilité chinoise et fondant toujours leurs espoirs en une paix des braves négociée. Français et Britanniques sont sur ce point sur une même longueur d’onde (Ély, 1964, p. 89 ; Lemaire, 2000, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Venue à Saigon du général américain Partridge, commandant des forces aériennes américaines en Extrême-Orient. Il n’est pas au courant de l’hypothétique opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (voir 8 avril). Il est venu là pour une mission de conseil mais sera mis dans la confidence progressivement par les Français. Il se rend à Hanoï puis survole Dien Bien Phu à haute altitude (voir 20 avril) (Rocolle, 1968, pp. 443-444). Visite du ministre des Affaires étrangères australien Casey.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 14 au 15 avril 54 : &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; qui ne possède pas de point d’eau est de plus en plus difficilement ravitaillée. Les patrouilles de ravitaillement mettent des heures pour arriver à destination et sont la plupart du temps décimées avant d’atteindre leur but. Les tranchées du VM étouffent peu à peu ce point d’appui isolé (Pouget, 2024, pp. 378-379).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 avril 54 : A Dien Bien Phu, le 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. ne parvient pas à s’approcher de la tranchée qui assure la rupture de la piste d’atterrissage. Les légionnaires ne parviennent pas à reprendre le triangle &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;, &#039;&#039;5&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; où se sont fortifiées les troupes du VM (Pouget, 2024, pp. 507).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre arrive à Hanoi à 15 h 45 et y demeurera jusqu’au 18 (Rocolle, 1968, p. 487, note 21 ; Pouget, 2024, p. 508).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conseil des ministres, diverses promotions sont accordées aux défenseurs de Dien Bien Phu : De Castries devient général de brigade, Langlade et Langlais sont promus au grade de colonel, Seguin-Praxis et Bigeard à celui de lieutenant-colonel (Navarre, 1979, p. 350). Ce qui fait grincer certaines dents dans l’armée d’Indochine (voir 24 avril)… Les nouveaux galons de De Castries, parachutés à haute altitude, se retrouvent en zone vietminh…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre de Ély à Navarre lui indique qu’il a dans le général américain O’Daniel (futur dirigeant le M.A.A.G., voir 8 juin) est « un admirateur » du plan Navarre et du choix de Dien Bien Phu : « Le général O’Daniel  peut donc beaucoup vous aider et, à la faveur de cette compréhension établie entre vous et lui, contribuer grandement à une plus juste appréciation par Washington de nos difficultés et de nos besoins en Indochine […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 66, note 119)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean Chauvel (diplomate de l’équipe du ministre des Affaires étrangères Bidault) chargé à Genève de négocier pour la France adresse à Navarre et Dejean (commissaire général) un questionnaire afin de recueillir leur avis respectif. A Navarre, il demande quelles seraient les conséquences d’un échec de la conférence de Genève sur le plan opérationnel, quels territoires pourraient être abandonnés au VM pour aboutir à un cessez-le-feu et comment un tel partage pourrait être assuré. Navarre lui répondra le 20 (Rocolle, 1968, pp. 489-490).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite à Seno des entretiens avec le colonel De Crèvecœur (voir 5 avril) en vue de monter l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;. Navarre se rend à Hanoi pour en examiner les détails (Rocolle, 1968, p. 461).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-avril 54 : Navarre fait état de tentatives d’« une offre secrète très sérieuses » de négociation de la part du VM par le biais par le biais des services spéciaux. Celle-ci n’aboutira pas (Navarre, 1979, p. 386).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Navarre, ce n’est qu’à ce moment que le gouvernement français consulte le commandant en chef et le commissaire général Dejean sur les conditions dans lesquelles ils jugent possible de conclure un armistice à Genève. Navarre est alors assailli, selon ses termes, de questions « formulées dans un grand désordre et souvent contradictoires. » Se pose alors la question du potentiel regroupement des forces militaires : regroupées ou sous forme de « peaux de léopard » ? (Navarre, 1979, pp. 389-390)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 avril 54 : A Dien Bien Phu, 7 coolies sur les 35 partis parviennent à &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039; munis de 5 jerrycans. Ce maigre ravitaillement opéré dans des conditions très difficiles ne permet de fournir qu’un demi-litre d’eau aux combattants là où il en faudrait 2 par hommes et par jour en climat tropical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM a poussé une nouvelle tranchée d’ouest en est entre &#039;&#039;Huguette 5&#039;&#039; et &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;. Elle atteint la piste d’aviation. De &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039;, les légionnaires adoptent la même méthode en direction de &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; et les 2 réseaux de tranchées qui sont voués à se couper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français ne récupèrent ce jour que moins de la moitié des 215 tonnes de ravitaillement largué (Pouget, 2024, pp. 508-509).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre envoie à Marc Jacquet (États associés) un message dans lequel il précise : « […] Une très grande lassitude se manifeste dans les unités adverses, dont certaines donnent la nette impression d’être à bout moralement et physiquement. » Giap, conscient de ce fléchissement du moral, évoque alors des « tendances droitières [qui] restent graves et limitent en partie la portée de nos victoires […] » (voir 27 avril) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 482)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une intervention d’une personnalité vietnamienne appartenant aux milieux nationalistes œuvrant en faveur d’un armistice à Dien Bien Phu, Navarre qui a été mis au courant de cette démarche, demande à Ély (chef d’état-major) s’il doit donner suite à cette initiative. Paris lui donnera cette autorisation mais avec prudence, supposant qu’il peut s’agir d’une tentative du VM reposant sur des conditions inacceptables visant à impressionner l’opinion publique française et affaiblir le gouvernement vietnamien. Les choses tournent rapidement court (Rocolle, 1968, pp. 459-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’adressant à Ély, le commandant en chef donne des indications sur la baisse du moral dans le camp retranché : « Situation Dien Bien Phu me préoccupe surtout par son aspect moral. Je ne sais si ennemi tentera assaut général ou cherchera seulement à resserrer notre espace vital pour nous rendre la vie intenable. Cette dernière hypothèse est presque plus redoutable que la première, car je crains que dans quelque temps la garnison, privée de renforts, surchargée de blessés et insuffisamment ravitaillée, ne voie son moral s’effondrer progressivement. Des signes avant-coureurs apparaissent déjà. Tout doit être fait pour remonter ce moral. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 757)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion à Hanoi pour trouver des solutions à l’encerclement du camp retranché. Sont présents Navarre et Cogny. Les généraux Cogny et Deschaux et le colonel Sauvagnac sont entendus. Navarre écarte l’idée d’une action sur la R.P. 41 qui prévoyait l’enlèvement du col des Meo faute d’effectifs parachutables nécessaires et de moyens logistiques adéquats pour réaliser une telle opération. Cogny suggère alors une idée qui lui est chère : déboucher du Delta pour intercepter les convois adverses en marchant sur Phu Doan. Mais cela suppose la mobilisation de 4 G.M. et une action qui mettrait au moins 3 semaines pour être réalisable. Cogny avait lui-même reconnu qu’une telle opération, éloignée du Dien Bien Phu, n’aurait qu’un effet indirect sur la libération du camp retranché. Faute de mieux, on en revient finalement au projet &#039;&#039;Condor&#039;&#039; (Rocolle, 1968, pp. 462-464).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’un C.N.S. américain, Eisenhower déclare : « Nous ne sommes pas préparés maintenant pour agir pour Dien Bien Phu et seulement pour cette bataille, mais si nous pouvons monter ensemble un programme de coalition pour le Sud-Est asiatique [future O.T.A.S.E.], alors nous pouvons croire que la bataille est aux deux tiers gagnée. » (Toinet, 1998, p. 249)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Nixon (vice-président) fait savoir publiquement qu’il est favorable à une intervention américaine à Dien Bien Phu (&#039;&#039;Vautour&#039;&#039;).&#039;&#039;&#039; Les préparations techniques sont donc entreprises en ce sens par certains états-majors américains locaux (Ély, 1964, p. 90). Eisenhower se désolidarise toutefois rapidement de ce propos (Coppolani, 2024, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 16 au 17 avril 54 : Ravitaillement en eau d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; par 5 compagnies de la Légion. Une tentative de creusement d’un puits sur place échoue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coup de main du VM sur &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; au moment d’une relève d’unités. Les 2 officiers bretons ayant observé que le VM écoute leurs conversations radio communiquent désormais en langue gaélique pour mener à bien cette relève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
80 légionnaires sont largués dont 60 parachutistes. L’opération réussit : seul un breveté se fait une entorse (Pouget, 2024, pp. 509-510).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 avril 54 : Au vu des difficultés et des pertes occasionnées pour ravitailler &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; en eu eau, vivres et munitions et où demeurent environ 150 hommes, De Castries décide de l’évacuation du point d’appui qui est de plus en plus enserré par les tranchées du VM (Pouget, 2024, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Transmission par Ély (chef d’état-major) du télégramme de la promotion de De Castries et ses adjoints avec les félicitations de Pleven (voir 15 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une réunion à la citadelle d’Hanoi qui a lieu à 11 h 00, lettre de Cogny à Navarre donnant son approbation pour l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;. Il revient sur sa suggestion de la veille : lancer une opération vers Dien Bien Phu à partir du Delta sur les lignes de communication du VM (Rocolle, 1968, pp. 487-488, note 22). Selon Pouget, « il s’agit de l’opération étudiée par le colonel de Crèvecœur et qui consiste à pousser quatre bataillons de Laotiens des bases aéroterrestres de Muong Sai vers Muong Khoua à quatre jours de marche de Dien Bien Phu. En cas de réussite, les trois derniers bataillons en réserve à Hanoi seraient largués en tête de colonne dans la cuvette de Sop Nao où Langlais et Vaudrey se sont tendu la main à Noël. » (Pouget, 2024, p. 510)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Envoi d’une lettre de Navarre à De Castries. Évoquant l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;, le commandant en chef lui demande de renoncer à réclamer des renforts en parachutistes pour maintenir au complet un groupement aéroporté susceptible d’intervenir pour mener à bien l’opération de sauvetage du camp retranché (&#039;&#039;Condor&#039;&#039;) (Rocolle, 1968, p. 501, note 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ramassage des 237 tonnes de ravitaillement largué dans la journée devient de plus en plus une opération meurtrière pour les récupérateurs (Pouget, 2024, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 17 au 18 avril 54 : Évacuation d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039;. Intervention du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. pour ouvrir la voie. Il se heurte aux tranchées du VM. Au matin, il ne peut reprendre une deuxième ligne et doit se replier vers 4 h 00. La mission sera confiée à Bigeard qui n’est pas convaincu du succès de l’opération au vu des pertes prévisibles qui risquent d’être supérieures un nombre d’hommes à sauver (150 hommes) (Pouget, 2024, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 - 18 avril 54 : A Paris, la perspective d&#039;une implication militaire américaine s&#039;éloignant, René Pleven (Défense) propose de négocier un cessez-le-feu directement avec le Vietminh, le temps d&#039;évacuer les nombreux blessés. Mais le général Ély (chef d’état-major des Forces armées) et Georges Bidault (Affaires étrangères) s&#039;y opposent pour ne pas faire preuve de faiblesse à la veille de la conférence de Genève. Joseph Laniel se range finalement à leur avis (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 avril 54 : A Dien Bien Phu, à 6 h 30, Bigeard lance, sans conviction, une attaque visant à dégager &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039;. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. et 2 compagnies du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. se heurtent à une vive résistance sur la première tranchée vm. Il renonce dès 7 h 30. Le capitaine Bizard qui commande le point d’appui est informé et décide de tenter une sortie vers &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039;. 60 hommes sur 120 y parviendront (Pouget, 2024, p. 512). Au final, les troupes vm prennent le contrôle d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; âprement disputé depuis le 13 (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ambassadeur de Grande Bretagne aux U.S.A., Roger Markins, téléphone au domicile personnel de Foster Dulles. Il l’informe qu’il n’est pas habilité par son gouvernement à participer à la conférence du 20 avril. Les Britanniques veulent que le conflit indochinois soit discuté à Genève et nulle part ailleurs pour donner toutes les chances à une solution négociée. Dulles est furieux (Elgey, 2018, pp. 756-757).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Penn Nouth qui demeurera en place jusqu’au 31 juillet (Jennar, 1995, p. 148).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 18 au 19 avril 54 : Impossibilité provisoire pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère de relever le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Régiment étranger d’infanterie sur &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 512).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril 54 : Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère  parvient finalement à pénétrer sur &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;. Le VM a creusé une position défensive entre &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 513).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 avril 54 : A Dien Bien Phu, parachutage de 93 hommes dont la plupart sont des légionnaires non brevetés. Un tiers d’entre eux ont été malencontreusement largués en zone vm entre &#039;&#039;Claudine&#039;&#039; et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 514).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre répond sur les questions opérationnelles que le diplomate Jean Chauvel (chargé des négociations françaises à Genève auprès de Bidault) lui a adressées le 15. Il envisage l’hypothèse d’un échec de la conférence. Dans ce cas, il prévoit « une intensification considérable de la guerre en Indochine ». Selon le commandant en chef, celle-ci a démarré dès l’annonce de la conférence de Genève, annonce qu’il a toujours déplorée. Il observe « une recrudescence très importante de l’activité opérationnelle viet, mais sans qu’il y ait de changement notable dans les méthodes et les moyens ». Dans le Nord-Ouest, il constate « une transformation complète de la guerre » grâce à l’aide chinoise (apport en artillerie, D.C.A., transports automobiles et  transmissions) et prédit qu’il en sera de même dans toute l’Indochine si la conférence échoue. Il faut donc faire « une autre guerre » avec « un autre corps de bataille ». Cela nécessite beaucoup plus d’aviation avec « une infrastructure beaucoup importante que l’actuelle ». Il n’a d’autre part aucun espoir « que l’armée vietnamienne puisse apporter une contribution sérieuse avant de longs mois ». Il estime que « l’échec de Genève aboutira donc à peu près inévitablement à une internationalisation de la guerre ». Ce dont les Français ne veulent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vm, il juge que « le corps de bataille aura besoin d’un temps assez long pour se reconstituer […] Il est donc peu probable qu’il puisse entrer en campagne avant l’hiver. » Un échec à Genève supposerait toutefois un renforcement du corps expéditionnaire de 9 à 10 G.M., sans quoi on se dirigera inévitablement vers une internationalisation du conflit qui aboutirait à « la fin de l’influence française en Indochine [qui serait] un trait définitif tiré sur cent ans d’efforts et huit ans de sacrifice. » (Rocolle, 1968, pp. 490-492). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (délégué à l’O.T.A.N.) fait savoir aux Français que, selon l’amiral américain Radford (chef de l’état-major interarmes), l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; peut être déclenchée dans les 48 heures après une prise de décision politique américaine (Ély, 1964, p. 90). Or celle-ci ne viendra jamais.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Partridge, commandant des forces aériennes américaines en Extrême-Orient, présent en Indochine depuis le 14, envoie à Saigon le général Caldera (chef de l’aviation de bombardement américaine en Extrême-Orient) et 8 officiers d’état-major pour mettre au point les détails d’exécution de l’hypothétique opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. Ce travail d’étude sera terminé le 23. Ses concepteurs estiment qu’il faudra 72 heures de délai avant que les bombardements américains ne s’abattent sur la R.P. 41 (Rocolle, 1968, pp. 443-444). On mise toujours sur une hypothétique intervention américaine mais on se heurte à des délais de mise en œuvre nécessaires trop tardifs alors que le VM réapprovisionne en hommes et matériels le siège de Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français réitèrent une demande (orale) d’intervention des forteresses volantes B-29 auprès de Dulles. Ce dernier réunit au Département d’État l’amiral Radford (chef de l’état-major interarmes) et 8 membres du Congrès appartenant aux deux formations politiques principales. Ces derniers, excédés par les tergiversations et les mensonges des Français (le plan Navarre présenté aux Américains ne se cantonnait pas à la seule bataille de Dien Bien Phu mais allait en fait bien au-delà), refusent une implication de l’aviation américaine (Chauvel, 1973, p. 45 ; David, 2007, p. 9 ; Rocolle, 1968, p. 448, nous suivons ici la chronologie de ce dernier et non celle des auteurs précédents).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A six jours de l’ouverture de la conférence de Genève, Foster Dulles organise à Washington une réunion visant à mettre en œuvre une action commune en Indochine. Ont été invités des représentants de la France, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande, des Philippines, de la Thaïlande et des trois États associés. La Grande Bretagne bien qu’invitée ne participe pas (cf. 18 avril) (Elgey, 2018, p. 756).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 avril 54 : A Dien Bien Phu, &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;, qui a été difficilement relevé, est de plus en plus isolé : la liaison avec &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039; est désormais impossible. Le VM a, depuis son échec devant &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039;, renoncé aux attaques frontales et privilégie l’isolement, l’encerclement et l’étouffement des points d’appui un à un au moyen de réseaux de boyaux (Pouget, 2024, pp. 515-516).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée au gouvernement français à la veille de la conférence de Genève, Navarre écrit : « Il est trop tard maintenant et les pertes adverses ont été trop lourdes pour que les divisions vietminh libérées envahissent le Nord-Laos ou rentrent dans le Delta avec des possibilités offensives sérieuses. La chute de Dien Bien Phu n’aurait plus de conséquences très graves maintenant, dans la mesure où la France et le Vietnam se laisseraient, à cette occasion, aller au découragement ou à l’abandon. » Dès cette date, l’idée d’une défaite complète et totale du camp retranché est donc envisagée par le commandant en chef (Navarre, 1956, p. 260, note 1). Pour autant, Navarre indique déjà dès ce jour une idée qui lui sera chère et qu’il défendra – à juste titre – après la défaite de Dien Bien Phu : « Le Corps de bataille vietminh aura besoin d’un temps assez long pour se reconstituer […] Il est donc peu probable qu’il puisse entrer en campagne, refait et modernisé, avant le milieu de l’hiver [...] » (Navarre, 1956, p. 272, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre de Navarre adressée Ély (chef d’état-major) lui signale « le problème posé par le comportement du général Cogny ». Dans ce courrier, Navarre écrit de son subordonné : « […] Selon sa conception, j’aurais dû accepter tous les revers, si graves soient-ils, où que ce soit : Laos – Plateaux – &#039;&#039;Atlante&#039;&#039;, pour conserver dans le delta des forces qui auraient permis de n’y courir aucun risque, même minime […] » Navarre demandera le remplacement du commandant des forces françaises du Tonkin dès après la chute de Dien Bien Phu. En vain. Le chef d’état-major de la Défense nationale lui répondra sur ce sujet le 28 (Navarre, 1956, p. 267, note 1 ; cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 488).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 21 au 22 avril 54 : On poursuit les tentatives de dégagement d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; mais on se heurte aux derniers 100 m qui permettraient de le ravitailler (Pouget, 2024, p. 516).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 ou 22 avril 54 : Nomination de Lai Van Sang, l’un des commandants militaires des Binh Xuyen, à la tête de la police de Saïgon. Un accord financier et politique permet à Bao Daï de vendre cette charge (ainsi que des licences de jeux et l’autorisation de la vente d’opium) à la secte mafieuse en échange de la somme d’environ 40 millions de piastres (environ un million de dollars de l’époque). Les Binh Xuyen participent au financement du train de vie de l’empereur, notamment grâce à l’argent des jeux (Cadeau 2, 2019, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 avril 54 : Réunion du comité militaire du front. On y définit le rythme prudent des 2 futures attaques car Giap n’envisage pas l’assaut final en une seule attaque : du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 5 mai, il faudra conquérir les derniers points d’appui ; du 6 au 10 mai, on consoliderait les résultats obtenus et on entamerait la préparation de la phase suivante, la conquête des dernières positions tenues par les Français (Rocolle, 1968, p. 459-460). Fidèle à sa tactique initiale, Giap estime que les combats pourront durer jusqu’à fin juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Cogny à Navarre. Il évoque la dégradation de la situation à Dien Bien Phu et revient inlassablement sur le point qui l’obsède depuis le début de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039; : « Chute de Dien Bien Phu aurait répercussions graves delta. » (Rocolle, 1968, p. 487-488, note 22). Navarre lui répondra le 24.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé conjointement par Navarre et Dejean à Paris, on lit : « Depuis 5 avril, la situation à Dien Bien Phu s’est considérablement aggravée. » (cité in Elgey, 2018, p. 757)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eden (Affaires étrangères) et Dulles (secrétaire d’État) se rendent à un conseil de l’O.T.A.N. et y rencontrent Bidault (Affaires étrangères). C’est au cours de cette journée que Dulles aurait proposé de livrer &#039;&#039;&#039;2 bombes atomiques&#039;&#039;&#039; à la France pour agir sur les arrières du VM. La proposition sera à nouveau rejetée par les Français (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 22 au 23 avril 54 : Nouvelle tentative de dégagement et de ravitaillement &#039;&#039;d’Huguette 1&#039;&#039; qui se heurte aux défenses du VM et ne parvient pas à dégager le point d’appui. Il est en fait asphyxié de toutes parts. A 2 h 30, il ne répond plus. Un rescapé rejoint la colonne de secours et informe le commandement qu’il est définitivement tombé. A 4 h 00, un bataillon vm venant d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; attaque la colonne de secours qui ne peut que se replier (Pouget, 2024, pp. 516-517).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 avril 54 : A Dien Bien Phu, abandon par les Français de la moitié de la piste d’aviation principale. Le VM peut rapprocher sa D.C.A. et rendre les parachutages de plus en plus aléatoires (Rocolle, 1968, p. 479).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Castries réunit ses colonels en vue de contre-attaquer et de reconquérir &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; qui est tombé et désormais complètement défendu par un puissant réseau de tranchées d’approche. Sans la maîtrise de ce point d’appui crucial, la zone des parachutages est de plus en plus réduite. L’opération échoue en fin d’après-midi malgré un soutien aérien qui a été pris à partie par la D.C.A. &#039;&#039;Huguette 5&#039;&#039; subit la même menace d’encerclement. Les dépôts du camp retranché en vivres et munitions n’ont plus que 2 jours de stock d’avance (Pouget, 2024, pp. 518-519).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre adresse un télégramme à Ély (chef d’état-major) avant la reconquête infructueuse d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; : « […] Il ne faut pas se dissimuler que ni le renforcement de la garnison par parachutages, ni l’opération de dégagement (opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;) très limitée par possibilités support aérien ne donnent de grandes chances de sauver le camp retranché et ne peuvent guère, au prix de sacrifices supplémentaires, que prolonger la résistance. J’estime qu’à moins d’imprévu le camp retranché ne pourrait être sauvé que par une opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; massive ou par un cessez-le-feu […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 487, Pouget, 2024, p. 517).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français réitèrent une demande (toujours orale) d’intervention des forteresses volantes B-29 auprès de Dulles en prétendant que tout n’est pas perdu à Dien Bien Phu. Le secrétaire d’État américain qui est à Paris pour préparer la conférence de Genève ne se laisse pas convaincre. Il écrit à Eisenhower : « […] J’ai dit à Bidault qu’une intervention des B-29 telle qu’elle était proposée [voir ci-dessous] me semblait hors de question dans les circonstances présentes, mais que j’allais faire un rapport urgent de tout cela au président et que j’en discuterai avec l’amiral Radford immédiatement auprès de celui-ci à Paris demain soir. Bidault donne l’impression d’un homme au bord de l’effondrement. Son état mental à la séance de ce matin était nettement meilleur qu’hier mais il a été pénible de le voir présider le conseil à la longue séance de cet après-midi. Il est de toute évidence épuisé, il tient des propos imprécis et décousus […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 448-449, note 172).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre reconnaît qu’il n’y a plus que 2 alternatives, ou demander un cessez-le-feu ou une intervention de l’aviation américaine massive. Il suggère à nouveau, comme solution intermédiaire, d’envoyer des bombardiers B-29 avec des équipages français mêlés à des pilotes américains, civils ou militaires, incorporés temporairement dans la Légion étrangère. Bidault (Affaires étrangères) transmet ce message de Navarre à Dulles (Lemaire, 2000, p. 65 ; Rocolle, 1968, p. 445). Cette proposition sera à nouveau rejetée par les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 23 au 24 avril 54 : Parachutage de 72 volontaires (Pouget, 2024, p. 520).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 avril 54 : A Dien Bien Phu, l’échec de la reconquête d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; oblige De Castries à remanier son dispositif de défense. On prévoit l’abandon du point d’appui &#039;&#039;Opéra&#039;&#039;, désormais trop avancé car situé à l’est de la piste d’atterrissage, au niveau d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;. Le « drain » de la piste d’atterrissage est organisé en site défensif mais devient rapidement un bourbier sous l’effet des pluies de mousson. Demeurent en état de combattre sur les différents points d’appui encore tenus 3 620 hommes face à 35 000 hommes des troupes du VM. A la veille de la troisième offensive, on se bat donc désormais à 10 contre 1 (Pouget, 2024, pp. 521-522).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les antennes chirurgicales sont engorgées. Elles comptent 416 blessés couchés et 176 autres assis. D’autres blessés dont le nombre est sans doute supérieur à ceux-ci demeurent dans les postes de secours des bataillons où ils reçoivent un minimum de soins. Beaucoup d’hommes reprennent le combat en première ligne après avoir reçu un traitement des plus sommaires. &#039;&#039;Éliane 10&#039;&#039; devient le point d’appui où sont concentrés les blessés (Rocolle, 1968, pp. 479-480).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse irritée de Navarre au télégramme du Cogny du 22 : « Je connais situation critique delta mais la considère pas plus critique et ne considère pas certain que chute de Dien Bien Phu aurait sur elle répercussion plus grave que sur reste Indochine […] » Pour autant, ce même jour, Cogny réaffirme auprès de Navarre la primauté du Tonkin et réclame la constitution d’une masse de manœuvre dans le Delta (Rocolle, 1968, p. 487-488, note 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une polémique entre Navarre et De Castries transpire dans la presse nationale au sujet de la récente promotion de ce dernier et certaines fuites. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; en fait état : « Le général De Castries a adressé au général Navarre un télégramme protestant contre les « diverses histoires » qui ont circulé à propos de sa récente promotion. Le commandement a publié à ce sujet le communiqué suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1 Le général De Castries déclare sur l&#039;honneur n&#039;avoir eu aucun contact personnel avec la presse et n&#039;avoir chargé qui que ce soit d&#039;en avoir ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 Mme De Castries, peu au courant des problèmes militaires, a manifesté probablement une certaine lassitude personnelle, exploitée par un correspondant de presse avide de sensationnel ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 Le général de Castries connaissait dès le 24 mars la proposition exceptionnelle faite en sa faveur, mais ne pensait pas qu&#039;une nomination puisse intervenir avant la fin de la bataille ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 Le général de Castries se déclare comblé par une promotion aussi rapide, mais préférerait qu&#039;elle soit annulée plutôt que de savoir que le moindre doute subsiste quant aux circonstances dans lesquelles elle a été prononcée. » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 24 avril 1954) Les petites querelles de préséance au sein du C.E.F.E.O. ont décidément la vie dure…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM reçoit un arrivage important de munitions à Son La (à l’est de Dien Bien Phu) qui seront acheminées sur la base de Tuan Giao dès le lendemain. A ce moment, le VM a refait son stock de munitions jusqu’alors défaillant grâce à l’aide massive de la Chine. Et ce, d’autant plus, qu’il récupère de plus en plus d’obus provenant des parachutages français malencontreux du fait de la réduction des zones de largage. La troisième offensive du VM sur le camp retranché semble possible à partir du 27 mais sera reportée au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai suite à l’épuisement temporaire des troupes d’assaut (Rocolle, 1968, p. 483-484). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel reçoit Foster Dulles (secrétaire d’État) à Matignon. Ce dernier confirme que les U.S.A. n’agiront en Indochine qu’en présence d’alliés. Le président du Conseil demande aux Américains non un état de belligérance mais une intervention limitée, simple réplique à l’implication chinoise avérée à Dien Bien Phu (Laniel, 1957, pp. 87-88). C’est sans doute à cette occasion qu’aurait été évoqué à nouveau (voir 5 mars, 7 et 22 avril) le recours à l’utilisation de 2 bombes atomiques, information qui sera à nouveau confirmée dans une interview que donnera a postériori Georges Bidault le 7 novembre 1968. Le ministre des Affaires étrangères aurait écarté cette solution jugée par lui comme inadéquate à la situation du camp retranché qui est d’ailleurs déjà perdu à ce moment (Wainstock, Miller, 2019, p. 135, note 5 ; Pouget, 2024, pp. 522-523).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les divergences se poursuivent au sein du gouvernement français. Lors d’un conseil des ministres, seul Paul Reynaud (vice-président du Conseil) demande si la délégation française à Genève ne doit pas demander un cessez-le-feu dès l’ouverture de la conférence le 26. Il propose que cette initiative ne vienne pas de la France mais soit suggérée par d’autres puissances… Bidault (Affaires étrangères) et la majorité des autres ministres exigent quant à eux un armistice garanti et contrôlé (Rocolle, 1968, p. 483-484). Les suggestions des uns et des autres sur la question du cessez-le-feu n’auront d’ailleurs aucun sens au moment de l’ouverture de la conférence puisque la délégation du VM ne rejoindra Genève que le 4 mai… Quant aux discussions sur ce point, elles ne seront véritablement entamées que le 10.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Pouget, Bidault adresse à Dulles une demande destinée à relancer &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; estimant qu’une intervention massive de l’aviation américaine peut encore sauver le camp retranché (texte de la demande cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 762). Cette demande est transmise à l’ambassade de France à Washington pour être communiquée au gouvernement américain. La réponse d’Eisenhower transmise par Bedell Smith demeurera inchangée : les U.S.A. ne peuvent s’engager en Indochine qu’avec l’autorisation du Congrès (Pouget, 2024, pp. 523-524). Dulles opposera un nouveau refus d’intervention de son pays dès le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En soirée, avant de s’envoler pour Genève, Foster Dulles transmet à Bidault une lettre de lui signifiant, cette fois par écrit, une fin de non-recevoir à la demande française d’intervention des États-Unis&#039;&#039;&#039; : « […] l’appui aérien immédiat et massif des États-Unis impliquerait une belligérance. [Cette décision] devrait être précédée par une autorisation du Congrès. Une telle autorisation ne saurait être obtenue en l’espace de quelques heures et, à mon avis, ne saurait être obtenue du tout, excepté dans le cas d’un accord politique auquel participeraient d’autres nations ayant des intérêts directs et vitaux dans le Sud-Est asiatique […] Même l’attaque aérienne massive que vous me proposez ne pourrait pas, à ce stade, permettre de lever le siège de Dien Bien Phu […] Nous croyons qu’il est dans la nature de nos pays de réagir vigoureusement aux échecs temporaires et de les surmonter. Il peut en être ainsi dans la conjoncture présente si nos pays en ont la ferme volonté. Nous croyons que vous pouvez compter sur nous comme nous espérons pouvoir compter sur vous […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, pp. 760-761)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 avril 54 : A Dien Bien Phu, Le VM poursuit ses travaux de siège en direction d’&#039;&#039;Huguette 4&#039;&#039; et &#039;&#039;5&#039;&#039;. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère relève le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de chasseurs parachutiste sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Il se regroupe autour des troupes de Bréchignac sur &#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 524).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des avions français bombardent le village thaï de Noong Nhai, au sud, proche d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; occasionnant 444 victimes dans la population civile (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM reçoit un important ravitaillement chinois en carburant. Il est immédiatement dirigé vers la base logistique de Tuan Giao (200 véhicules transportant 2 400 fûts d’essence) (Rocolle, 1968, p. 485).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déclaration de Bao Daï, toujours en France, précisant à nouveau que « le Vietnam n’a pas toutes les assurances concrètes que son unité et son indépendance de partenaire librement associé sont complètement garanties. » (De Folin, 1993, p. 293) Les résultats de la conférence de Genève confirmeront ses craintes tout à fait justifiées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite à une réunion du cabinet britannique pour examiner la demande française, arrivée à Orly en fin d’après-midi du ministre des Affaires étrangères Anthony Eden en transit pour se rendre à Genève. Les Britanniques signifient à nouveau aux Français et aux Américains qu’ils s’opposent à l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; : « Le gouvernement anglais n’est pas prêt à prendre avant Genève le moindre engagement au sujet d’une action militaire en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 525 ; Wainstock, Miller, 2019, p. 138)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré la notification américaine de la veille signifiant une non-intervention, Bidault transmet à l’ambassadeur des États-Unis une première requête écrite (les 2 précédentes n’ont été qu’orales) en faveur d’une intervention de l’aviation américaine à Dien Bien Phu. (David, 2007, p. 9) Or, il est déjà bien trop tard pour changer la donne au vu de la situation militaire du camp retranché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le colonel Godard part de la base de la Nam Bac avec le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de parachutistes laotiens. Il se dirige vers Muong Khoua afin de se rapprocher de Dien Bien Phu (Pouget, 2024, p. 525).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 – 30 avril 54 : Violentes averses de mousson qui se poursuivront jusque début mai. Dès le 30, les tranchées sont emplies de boue (Rocolle, 1968, p. 517). L’activité de l’aviation est donc une fois de plus réduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 avril 54 : Cogny signale à Navarre l’apparition d’une mutinerie à Dien Bien Phu, sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. De Castries demande à Cogny l’autorisation de réunir une cour martiale. Cogny en réfère à Navarre qui juge que seul De Castries peut prendre cette décision qu’il couvrira si nécessaire. Les choses rentrent dans l’ordre sous l’impulsion du lieutenant-colonel Lalande, commandant &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Navarre, 1979, p. 347, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les antennes chirurgicales à Dien Bien Phu sont submergées. Elles comptent 2 322 blessés triés et ont pratiqué 759 interventions chirurgicales (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reprise progressive d’une troisième phase offensive du VM à Dien Bien Phu. Dans le camp retranché, il ne demeure que 4 200 hommes en état de combattre : 3 000 dans la partie centrale du camp et 1 200 sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (au sud) sur un total initial compris entre 10 à 12 000 hommes. Environ un millier d’entre eux ont baissé les armes et se terrent sans combattre aux abords du cours d’eau qui traverse le camp et sont appelés les « rats de la Nam Youn ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’artillerie est désormais réduite à 19 obusiers de 105, 1 canon de 155 et 15 mortiers de 120. Les stocks de munitions sont en baisse vertigineuse faute d’approvisionnement régulier pouvant être réceptionné. Il ne reste que 3 chars capables de combattre dont 2 complètement isolés sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 321-322). Les parachutages comptent désormais pas moins de 30 % de pertes. À ce moment de la bataille, l’aviation a perdu 6 appareils et 93 ont été touchés par la D.C.A. vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Navarre, Cogny écrit : « […] Estime  durée résistance Dien Bien Phu deux à trois semaines avec renforcement, sous réserve adversaire poursuit tactique actuelle sans lancer attaque générale. Stop. Si renforcement stoppé maintenant délai huit jours en raison chute du moral […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 488, note 25). Bien que la situation soit définitivement perdue, de maigres renforts seront parachutés jusqu&#039;à la fin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre télégraphie ce même jour à Cogny : « Estime qu’aussi bien honneur militaire qu’espoir même sans certitude issue favorable justifie sacrifices supplémentaires. Stop. Or issue favorable peut être espérée du fait conférence Genève, qui peut amener soit cessez-le-feu soit intervention américaine en cas d’échec. Stop. Suis donc décidé à prolonger au maximum  résistance Dien Bien Phu. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 489) Les espoirs exprimés dans le processus nécessairement long de la conférence de Genève (qui démarre ce jour sur la seule question coréenne…) ou une éventuelle aide américaine montrent à quel point Navarre s’illusionne, non sans une bonne dose de mauvaise foi… (voir ci-dessous)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre télégraphie à Ély (chef d’état-major) : « Général Cogny estime à 2 ou 3 semaines, s’il n’y a pas d’attaque générale, possibilités résistance Dien Bien Phu sous réserve envoi régulier de renforts […] De mon côté compte leur donner espoir événement favorable en leu annonçant opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; qui, pour multiples raisons, ne peut être déclenchée que vers le 10 mai. Il n’y a pas avantage à la déclencher trop tôt car elle ne peut apporter qu’un soulagement relatif et moral retombera quand peu efficacité aura été constaté […] Si solution cessez-le-feu était adoptée il y aurait avantage à la réaliser dès que possible car notre position morale sera beaucoup plus forte si Dien Bien Phu tient toujours. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p.p. 526-527)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély télégraphie à Navarre : « Toujours rien de définitif pour &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. » (Rocolle, 1968, p. 445)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée de Bidault (Affaires étrangères) pour l’&#039;&#039;&#039;ouverture de la conférence de Genève dans son volet coréen&#039;&#039;&#039;. Cette partie de la conférence se terminera le 15 juin, sans résultat puisqu’elle n’aboutira à la signature d’aucun traité de paix concernant la Corée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir reçu l’ambassadeur de France, pour dissiper toute équivoque, Churchill annonce publiquement à la Chambre des communes la décision de son cabinet de ne pas intervenir pour sauver Dien Bien Phu : « Le gouvernement de sa majesté n’est pas disposé à prendre un engagement quelconque au sujet d’une action militaire en Indochine avant de connaître les résultats de Genève. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers et Lacouture, 1969, p. 111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, à 20 h 00, Pleven (Défense) reçoit le général Norstad  (adjoint aux forces aériennes pour le pour le commandement suprême des Forces alliées en Europe) et lui demande une nouvelle aide pour l’aviation : un quatrième groupe de B-26 déjà accordé mais non livré (faute de personnel militaire français capable de les piloter et les entretenir) ; 20 Privateer supplémentaires pour la marine ; le prêt de 20 C-119 (Pouget, 2024, p. 527).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 26 au 27 avril 54 : Nouveau parachutage sur Dien Bien Phu de 52 volontaires (Pouget, 2024, p. 527).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 avril 54 : A Dien Bien Phu, les observations de la nuit montrent que le VM s’installe dans la plaine : un projecteur de D.C.A. est installé entre le centre et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. A l’ouest, tentative d’infiltration entre &#039;&#039;Claudine&#039;&#039; et &#039;&#039;Lily&#039;&#039; (petit point d’appui situé au nord-ouest de &#039;&#039;Claudine&#039;&#039;). Tentative pour dégager &#039;&#039;Isabelle 5&#039;&#039; au sud. Désormais 70 % des parachutages à haute altitude tombent hors de la zone de réception. Pour autant, 88 tonnes sont à nouveau larguées dont 25 tombent hors limites (Pouget, 2024, pp. 527-528).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la chute de moral des combattants depuis mi-avril, Giap ouvre « une campagne de mobilisation morale et de rectification des tendances droitières ». Des opérations de propagande vantent aux combattants, dont la plupart sont des paysans, les bienfaits de la réforme agraire mise en application le 4 décembre 1953, les incitant ainsi à accomplir un dernier effort. Bien que prêt depuis le 26 mars avec la reconstitution de 30 bataillons (15 000 hommes), Giap est toujours obligé de temporiser au vu de ses pertes pour reprendre la troisième et ultime offensive (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai). Son armée compte ce jour 6 600 tués et 12 000 blessés depuis la première attaque du 13 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, Bidault (Affaires étrangères) rencontre son homologue soviétique Molotov, afin d’obtenir un cessez-le-feu. Celui-ci refuse d’intervenir auprès du VM mais informe la presse de la requête française (Lemaire, 2000, p. 65 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 28 avril 1954). Il est convenu que l’U.R.S.S. reconnaîtra aux 3 délégations des États Associés le droit de siéger à la conférence. De son côté, la France admet la représentation de la R.P.C. et d’une délégation du VM, sous réserve de l’accord du Vietnam (Pouget, 2024, pp. 528-529).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une dépêche de l’A.F.P. : « &#039;&#039;&#039;Le gouvernement britannique n&#039;est pas disposé à s&#039;engager par avance à donner une aide militaire en Indochine avant de connaître les résultats de la conférence de Genève&#039;&#039;&#039;, a déclaré Sir Winston Churchill cet après-midi aux Communes. « Nous ne sommes liés par aucun nouvel engagement de caractère militaire ou politique », a ajouté Sir Winston Churchill au milieu des acclamations. M. Eden a bien fait comprendre à ses collègues à Genève que si on arrive à un accord le gouvernement britannique est prêt à les soutenir à fond pour aider à réaliser une paix stable en Extrême-Orient. Le premier ministre répondait à des questions sur les conversations qui viennent d&#039;avoir lieu à Paris entre MM. Bidault, Eden et Dulles. » (citée &#039;&#039;in Le Monde&#039;&#039; du 28 avril 1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 27 au 28 avril 54 : Tentative de parachutage de renforts sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; vers 2 h 00. Seul un stick est largué car le mauvais temps interrompt l’opération (Pouget, 2024, p. 530).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 - 28 avril 54 : Selon Rocolle, « […] c’est aux environs des 27-28 avril que la résistance de Dien Bien Phu prit seulement la physionomie d’une survie. » (Rocolle, 1968, p. 391)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 avril – 3 mai : A Genève, poursuite de laborieuses tractations qui ont pour seul objet d’admettre à la table de conférence les représentants du VM et ceux des États associés (Rocolle, 1968, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 avril 54 : A Dien Bien Phu, pluies de mousson. Le secteur de commandement (P.C., hôpital, batteries d’artillerie) est soumis à des tirs directs de 75 sans recul. Un char réussit à détruire quelques blockhaus face au « drain ». Parachutage de 80 tonnes d’approvisionnement dont 35 % tombe dans les lignes ennemies. Les réserves en vivres et munitions sont faibles (Pouget, 2024, pp. 530-531).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la lettre de Navarre du 21, Ély (chef d’état-major des Forces armées) signale la difficulté de trouver un remplaçant à Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin). Ce dernier est donc maintenu provisoirement, « la solution de son remplacement, selon Navarre, devant être réglée dans les plus brefs délais. » (Navarre, 1956, p. 267, note 1) Dans cette réponse écrite, Ély approuve la décision du commandant en chef de ne pas remplacer Cogny et précise : « […] Je crois comprendre par votre lettre, et le président Pleven et moi-même vous approuvons, que vous ne désirez pas changer en pleine bataille le commandant des forces terrestres du Nord Viet Nam. Vous avez d’ailleurs adopté provisoirement la solution Bodet […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 428-429, note 113) Rien donc ne changera au niveau du commandement malgré les vives tensions entre le commandant en chef et son subordonné jusqu’à la fin de la bataille. L’habile Cogny demeurera d’ailleurs dans ses fonctions après l’éviction de Navarre le 3 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély télégraphie à Navarre : « Il se confirme que l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; n’a plus guère de chance d’avoir lieu dans les délais correspondants aux possibilités de résistance de Dien Bien Phu […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 445)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Foster Dulles (secrétaire d’État) provoque une réunion des potentiels alliés à Washington pour une intervention sur Dien Bien Phu. Les Britanniques confirment à nouveau leur refus et attendent la tenue de la conférence de Genève (Laniel, 1957, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, une reconnaissance de la colonne Godard parvient à 4 kilomètres au sud de Nga Na Song, localité située à 35 km au nord-est de Muong Khoua (Pouget, 2024, p. 531).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 avril 54 : A Dien Bien Phu, poursuite des pluies de mousson. Le VM poursuit pourtant ses travaux d’approche. 22 tonnes de ravitaillement sont larguées au-dessus d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Pouget, 2024, pp. 531-532).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Geneviève De Gallard reçoit la Légion d’honneur des mains de De Castries (Rocolle, 1968, p. 464-465). Les prostituées annamites du camp retranché reconverties en infirmières n’auront pas droit à la même reconnaissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la défection des Britanniques (voir 27 avril), &#039;&#039;&#039;Eisenhower abandonne définitivement le projet de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (voir 6, 7 et 8 avril). Lors d’une conférence de presse, il réaffirme que les U.S.A. n’ont pas l’intention d’engager des troupes en Indochine sans une action collective internationale et l’approbation du Congrès. Il compare la ligne de la politique étrangère américaine à une crète entre deux extrêmes : l’inaction face au communisme et une intervention massive non concertée. Il précise qu’aucune aide extérieure ne peut être efficace si elle ne répond aux aspirations locales des peuples d’Indochine. Il refuse de spéculer sur l’issue des négociations à Genève pour ne pas affaiblir la position des alliés. Il exprime l’espoir d’un règlement pratique plutôt qu’idéal, estimant qu’avec les communistes une solution totalement satisfaisante sera difficile à obtenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 29 au 30 avril 54 : 83 volontaires sautent sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; mais 20 d’entre eux ne parviennent pas à atteindre le point d’appui et se perdent (Pouget, 2024, p. 532).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 avril 54 : A Dien Bien Phu, tentative de coup de main du VM sur la face nord-ouest de &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039;. Échec. Du fait de la météo, l’aviation n’intervient que l’après-midi : 222 tonnes d’approvisionnement ont été larguées en 24 heures (Pouget, 2024, pp. 532-533).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à l’avortement de l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; (voir 14 avril), Navarre tente d’imaginer une autre solution, une variante de l’opération &#039;&#039;Xénophon&#039;&#039; qu’il dénomme &#039;&#039;Ariane&#039;&#039; (ou &#039;&#039;Albatros&#039;&#039;, selon Pouget, 2024, p. 533). Celle-ci consisterait à effectuer une sortie du camp vers le Laos (vallée de la Nam Ou) où l’attendrait un groupement de recueil. Les blessés seraient abandonnés sur place (voir 2 mai). Navarre télégraphie alors à Ély (chef d’état-major) : « […] C’est pourquoi vous demande à nouveau me tenir informé dans toute mesure possible des négociations en cours. Si cessez-le-feu peut être espéré dans délai raisonnable, ferai tout pour prolonger résistance ; dans cas contraire, m’orienterai peut-être vers sortie garnison si réalisable. » Ce projet demeurera à l’état de projection purement spéculative car ce qui reste des forces du camp retranché est et sera bien incapable de forcer l’étau du VM (Rocolle, 1968, p. 500, note 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discussion au niveau du C.N.S. américain sur l’éventuelle utilisation d’armes atomiques tactiques (voir 5 mars ; 7 et 22 avril) pour dégager Dien Bien Phu. Les membres s’interrogent sur son efficacité et surtout ses répercussions : acceptation française ? Acceptation par la coalition ? Réaction chinoise ? Eisenhower et Nixon, même s’ils n’excluent pas totalement (et uniquement verbalement) cette option, demeurent persuadés que les armes conventionnelles demeureront plus efficaces (De Folin, 1993, p. 260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évoquant ce qui se passe à Genève, Ély transmet à Navarre le message suivant : « [La] publicité donnée par Molotov à la question de l’évacuation des blessés de Dien Bien Phu a maintenant posé la question devant l’opinion mondiale. J’estime dans ces conditions que le meilleur moyen pour tenter ce douloureux problème est de provoquer une nouvelle demande de trêve du général De Castries à ses adversaires. Si ceux-ci ne modifient pas leur attitude, leur position morale se trouvera nécessairement affaiblie à Genève. S’ils répondent, nos efforts ici n’auront pas été entièrement vains. » Or cela suppose une remise en état de la piste d’aviation et l’établissement d’un trêve de 6 à 7 jours. Mais également, en contrepartie, l’arrêt des actions aériennes offensives françaises (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai) (Lemaire, 2000, p. 65 ; Rocolle, 1968, p. 495, note 47). On en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations entre Navarre et Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin) continuent à se dégrader (voir 21 avril). Navarre évoque dans ses mémoires une lettre de remontrances adressée à l’intéressé : « Non seulement le devoir d’un chef, dans les moments difficiles, est de donner lui-même l’exemple de la discipline et du sang froid mais qu’il se doit de l’exiger de ses subordonnés. Je l’avais averti que je le tiendrais personnellement responsable de la persistance de l’atmosphère autour de lui. » (voir 21 avril) (Navarre, 1979, pp. 369-370).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre n’a toujours pas abandonné l’espoir (illusoire…) d’obtenir un cessez-le-feu préalable aux négociations de Genève. Il écrit à Ély (chef d’état-major) : « […] Je considère qu’un cessez-le-feu présente des risques graves, mais l’aboutissement des négociations s’il a lieu nous placera forcément devant ce problème. Nous ne pouvons pas l’éluder […] C’est  pourquoi, tout en ne me dissimulant pas  ces inconvénients, je conclus à un cessez-le-feu préalable, surtout s’il pouvait être conclu avant la chute de Dien Bien Phu […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 493, note 40).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu des déclarations de Molotov à la presse au sujet de la demande de cessez-le-feu français (voir 27 avril), Bidault (Affaires étrangères) estime pouvoir mettre au pied du mur les délégations russe et vm en faisant demander par De Castries la mise en place d’une trêve à Dien Bien Phu. Or jusqu’alors toutes les demandes françaises se sont heurtées à une stricte fin de non-recevoir. Le VM, à deux doigts de la victoire, n’entend absolument pas autoriser l’accès à la piste d’aviation d’ailleurs en grande partie détruite (Rocolle, 1968, p. 495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Nuit du 30 avril eu 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 54 : Largage de 43 volontaires et 24 tonnes de ravitaillement (Pouget, 2024, p. 533).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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	<entry>
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		<title>Septembre 1945</title>
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		<updated>2026-07-31T13:08:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Septembre 45 : &#039;&#039;&#039;La guerre s’installe, principalement en Cochinchine&#039;&#039;&#039;. Du fait de la réoccupation rapide par le corps expéditionnaire français de cette région, la guérilla vm du Sud ne dispose que de peu de temps pour se préparer militairement et est confrontée rapidement aux forces motorisées de l’armée française. Le VM sudiste se retrouve donc dans une position militaire bien plus défavorable qu’au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. De plus, les sudistes ont du mal à maintenir une présence étatique sur un territoire jugé comme étant une colonie et donc contesté par la France (Goscha, 2002, pp. 34-35). La guerre en Cochinchine va rapidement et durablement s’appuyer sur &#039;&#039;&#039;une forme de terrorisme vietminh&#039;&#039;&#039; (mais pas seulement…) qui crée un climat d’insécurité et d’anarchie permanent visant à miner l’autorité française et/ou nationaliste : nombre de Vietnamiens sont alors considérés comme &#039;&#039;Viet Gians&#039;&#039; (traîtres vietnamiens) qu’il faut éliminer physiquement. Ce terrorisme se manifeste par des attentats en tout genre : exécutions et assassinats anonymes (responsables français, fonctionnaires, notables, chefs de provinces ou de régions mais aussi des opposants nationalistes), destructions à l’explosif de biens français (dont certaines plantations d’hévéas mais de manière sélective), jets de grenades dans les lieux publics, enlèvements, torture, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouvel État vietnamien n’attend pas la proclamation de sa future constitution (voir 8 novembre 1946) pour organiser administrativement le pays. Il renomme, sans pour autant le faire disparaître, l’ancien découpage géographique colonial : le Tonkin devient le &#039;&#039;Bac Bo&#039;&#039;, l’Annam le &#039;&#039;Trung Bo&#039;&#039; et la Cochinchine le &#039;&#039;Nam Bo&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un sondage de l’I.F.O.P. interroge les Français sur le sort de l’Indochine : 63 % des sondés répondent que la colonie sera laissée à la France. 12 % seulement en doutent et 25 % ne savent pas (Ruscio, 1985, p. 74 ; Ruscio, 1992, p. 50 ; Journoud, 2011, p. 38). Un climat de méconnaissance du problème indochinois est largement partagé par une large partie de l’opinion publique française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Le général de brigade Raoul Salan, délégué militaire du haut-commissaire D’Argenlieu, s’installe à Hanoï.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Instauration d’un couvre-feu à Hanoi par le gouvernement vietnamien. Il ne durera que quelques semaines. Les partis politiques ayant collaboré avec les Japonais durant la période d’occupation sont interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alessandri et Pignon (futur conseiller politique de Sainteny) avertissent la D.G.E.R. de Calcutta de consolider et non d’amoindrir la position de Sainteny à Hanoi. Alessandri en tant que délégué général du G.P.R.F. ne lui attribue pourtant qu’une fonction d’« observateur » : « Vous ne devez pas engager de négociations mais vous devez recueillir tous renseignements propres à servir de base à l’ouverture de négociations futures. » (Devillers, 1988, p. 80) La France libre peine toujours à installer un interlocuteur français accrédité avec des attributions claires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le major Patti (O.S.S.) rend compte à sa hiérarchie : « Le gouvernement provisoire annamite en Indochine a la pleine administration et il est si bien organisé que plusieurs tentatives des Français de parachutages dans le pays, à partir de Calculta, ont été déjouées. Les parachutistes, bien que convenablement traités, sont retenus prisonniers [voir 25 août]. Selon le Premier ministre [Ho Chi Minh], si les Français tentaient de revenir, les Annamites seraient décidés à maintenir leur indépendance même au prix de leur vie […] Entre temps, cependant, le Premier ministre avait promis au représentant de l’O.S.S. à Hanoï que les Européens n’auraient à souffrir d’aucune violence jusqu’à ce que les Chinois prennent le contrôle de la zone. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Signature de la capitulation du Japon.&#039;&#039;&#039; Le général Leclerc représente la France à la signature de la capitulation du Japon sur le cuirassier américain &#039;&#039;Missouri&#039;&#039;. L’acte de reddition confie aux Japonais le maintien de l’ordre en Indochine : « Les forces japonaises doivent préserver et sauver de tous dommages les biens militaires et civils. » Elles doivent également libérer tous les prisonniers (De Folin, 1993, p. 89 et 104). Le général américain MacArthur également présent lors de cette signature conseille à Leclerc d’amener un maximum de troupes en Indochine (De Folin, 1993, p. 100).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hanoï, le Vietminh proclame l’indépendance de la République Démocratique du Vietnam (R.D.V.N.) lors d’une « Fête de l’Indépendance ».&#039;&#039;&#039; En se présentant pour la première fois en public comme l’homme fort du Vietnam, HCM lit la déclaration d’indépendance sur la place Pugnier (Ba Dinh), devant une foule que Sainteny estime à « plusieurs centaines de milliers de manifestants » (Sainteny, 1967, p. 90). Le texte rédigé par HCM s’inspire directement de la déclaration d’indépendance des États-Unis de 1776 et de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « Tous les hommes naissent égaux. Le Créateur nous a donné des droits inviolables, de droit de vivre, le droit d’être libre et le droit de réaliser notre bonheur […] Les hommes naissent libres et égaux en droit. » Mais la suite de la déclaration se veut violente et revendicative à l’égard des Français. Après avoir dénoncé « les traités que la France a signés au sujet du Vietnam », elle déclare : « Les impérialistes français ont violé la terre de nos ancêtres […] Ils nous ont privé de toute liberté […] Ils nous ont imposé des lois inhumaines […] Ils ont institué trois régimes politiques différents dans le Nord, dans le Centre et dans le Sud du Vietnam pour détruite notre unité nationale, historique et ethnique […] Ils ont construit plus de prisons que d’écoles […] Ils nous ont exploité jusqu’à la moelle […] La vérité est que nous avons repris notre indépendance des mains des Japonais et non des Français […] Tout le peuple du Vietnam, animé d’une même volonté, est déterminé à lutter jusqu’au bout contre toute tentative d’agression de la part des colonialistes français [...] » (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 421-423 ; Marangé, 2012, pp. 531-533).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’entrevue De Gaulle-Truman du 22 août aux États-Unis, les Américains et leurs alliés prévoient pour la première fois, mais avec certaines réserves, de rétablir une domination française en Indochine. Moindre mal car c’est aussi la seule issue possible face à une situation plus que chaotique et anarchique qui s’installe dans tout le Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès le 2 septembre, &#039;&#039;&#039;un climat insurrectionnel particulièrement violent s’installe à Saigon&#039;&#039;&#039;, notamment dans les quartiers habités par les « petits Blancs » et les métis qui sont les premières victimes de la fureur populaire dans une ville où les Japonais, contrairement à la convention d’armistice signé ce jour, ne font pas régner l’ordre ou, pire, encouragent sciemment ces mouvements de violence à caractère raciste (Francini 1, 1988, pp. 210-212). Le jour même de la déclaration d’indépendance, la manifestation vire à l’émeute après que des coups de feu aient été tirés place de la cathédrale et un prélat, le père Tricoire, assassiné. Les Français servent de bouc-émissaires. On déplore une dizaine de tués, plusieurs centaines de blessés, une centaine de maisons sont brûlées, des édifices publics saccagés. Certains Français sont arrêtés arbitrairement et jetés en prison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han reçoit à Cunming (Yunnan) la délégation japonaise partie le  26 août. Il leur ordonne de maintenir l’ordre au nord de l’Indochine avant son arrivée (voir 14 septembre), de délivrer les prisonniers alliés et de ne transférer désormais qu’aux Chinois les pouvoirs qu’ils détenaient jusque-là (Pedroncini, 1992, p. 43). Malgré cette demande, les Japonais mettent et mettront une réelle mauvaise volonté à réaliser cette injonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à HCM, contrairement à sa déclaration du 2 septembre où il s’engage à « ne pas pactiser avec les Français », il entame rapidement des négociations secrètes avec eux en vue de se débarrasser au plus vite des Chinois (Guillemot, 2018, p. 122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon se tient un « défilé de l’indépendance ». Mal contrôlé, il dégénère sous l’influence de bandes de la pègre de Cholon et de groupes de Binh Xuyen. Des coups de feu sont tirés aux abords de la cathédrale et de maisons françaises. Un prêtre et au moins quatre Français sont tués. Le VM procède à des arrestations. Les personnes arrêtées sont emmenées vers le stade municipal, jugées par un tribunal populaire et exécutées sommairement d’une balle dans la tête ou par noyade dans le Mékong (Valette, 1994, p. 44). Le désordre s’installe durablement dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Signe tension entre les Français et les Américains, le major Patti (O.S.S.) rend à nouveau compte à sa hiérarchie de l’attitude de Sainteny : « Les Français sont une fois de plus en train de devenir belliqueux et ils reprochent aux Alliés de ne pas être à leur côté. Des troubles semblent se préparer, et ils pourraient bien éclater après que l’Armistice (?) ait été signé en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 3 septembre 45 : Après la capitulation des Japonais, la confusion règne. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; rendra compte de cette situation : « Dans les milieux autorisés français, on ne possède pas de renseignements permettant de caractériser avec une précision certaine l’état de la situation en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 septembre 45 : Les responsables de l’O.S.S. en Chine basé à Kunming, Heppner et Helliwell (sous l’autorité du général Wedemeyer, chef d’état-major de Tchang Kaï Check) donnent l’ordre à Patti de « ne plus agir comme médiateur, comme intermédiaire ou comme organisateur de réunions entre Français, Annamites et Chinois. » (Pedroncini, 1992, p. 62). Patti est entré en semi-disgrâce depuis la mort de Roosevelt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la première séance du nouveau gouvernement, HCM fait une déclaration empreinte d’autocritique : « Nos amis et moi, nous ne sommes pas encore habitués au travail administratif. Nous travaillons tout en étudiant et nous étudions tout en travaillant. Certainement nous commettons des fautes, mais nous les corrigerons. Nous avons le courage de réparer nos fautes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Giap 1, 2003, p. 215, avec erreur sur l’année). Selon Giap, il est également question de lutte contre l’analphabétisme de la population jugée comme « une des méthodes utilisées par les colonialistes pour dominer notre peuple. » On décrète un enseignement du &#039;&#039;quoc ngu&#039;&#039; que les enfants doivent maîtriser dès l’âge de 8 ans (Giap 1, 2003, p. 225).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 septembre 45 : Le major Archimedes Patti quitte Hanoi pour se rendre 5 jours en Chine (voir 3 septembre). &#039;&#039;&#039;C’est une convocation qui vise à modérer les initiatives d’un Patti trop entreprenant&#039;&#039;&#039; et jugé par sa hiérarchie comme étant trop pro-vietminh. En 36 jours de présence à Hanoi, il a rencontré 5 fois HCM et Giap à 4 reprises différentes (Pedroncini, 1992, p. 60-61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Directives de De Gaulle à D’Argenlieu qui remettent en cause les accords de Postdam dont la France avait été exclue&#039;&#039;&#039; : « Votre commandement est indépendant des théâtres d’opération alliées […]  Sur le plan territorial, il ne saurait être question d’admettre le partage de l’Indochine en deux zones de commandement allié. » Les troupes françaises doivent pouvoir circuler « sans négociations spéciales auprès des autorités de Kandy ou de Nankin. Vos efforts doivent tendre à faire disparaître la ligne de démarcation du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle nord [...] D’autre part, au fur et à mesure de l’arrivée des troupes françaises en Indochine, vous chercherez à obtenir le départ des forces chinoises et anglaises […] » Selon les directives adressées ce jour même par D’Argenlieu à Leclerc, l’arrivée des troupes françaises doit donc coïncider au départ des Britanniques et des Chinois (Bodinier, 1987, pp. 160-161 ; Turpin, 2005, p. 117 et 155, note 16 ; Valette, 1994, pp. 37-38). Ce sera vrai pour les Britanniques, mais beaucoup moins pour les Chinois…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un long rapport de Cédile (commissaire de la République au Sud) adressé à Leclerc (voir 17 septembre), « depuis le 4 septembre à 17 heures, l’armée japonaise assure en fait l’ordre à Saigon. Nous n’avons aucune difficulté avec eux. Ils obéissent et exécutent  les ordres. » (Bodinier, 1987, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 septembre 45 : Patti est amené à rendre des comptes par sa hiérarchie suite à ses initiatives jugées intempestives. Il s’abrite derrière de soi-disant « directives spéciales de la Maison Blanche du mois d’avril », qu’il évoque dans ses mémoires mais sans les citer et qui n’ont pu être retrouvées dans les archives. Elles pourraient simplement être des conseils émanant du général William Donovan, chef de l’O.S.S. à Washington, qui dateraient du début 1945, donc de l’ère de Roosevelt et qui ne sont plus en phase avec celles de l’administration Truman (Pedroncini, 1992, p. 62).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’amiral Thierry d’Argenlieu quitte Paris pour Kandy&#039;&#039;&#039; (île de Ceylan, actuel Sri Lanka). Durant son voyage qui durera jusqu’au 8, il va rédiger à bord de l’avion &#039;&#039;Bir Hakem&#039;&#039; des instructions que Devillers jugent « à la fois littéraires et irréelles. » (voir 8 septembre) (Devillers, 1988, p. 88-90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée à Saigon à l’aéroport de Than Son Nhut d’un premier détachement britannique de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue&#039;&#039;&#039; en provenance de Singapour (Malaisie) (Pedroncini, 1992, p. 392).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny envoie de Hanoi un télégramme à Pignon (son conseiller politique) qui se trouve à Kandy. Il déplore l’attitude agressive que la France a à l’égard du gouvernement d’Hanoi. Il estime : « Il ressort des derniers télégrammes que Paris semble décidé à prendre attitude agressive sans que toutes possibilités entente avec Masque [le VM] aient été épuisées. Cependant tenu étroitement au courant de évolution politique, je puis affirmer que : 1°) Tous les espoirs ne sont pas épuisés 2°) Masque souhaiterait notre collaboration  pour caler population dont réaction les dépasse. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 150)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 - 11 septembre 45 : Sainteny déplore dès le 5 l’attitude agressive de Paris à l’égard du nouveau gouvernement vietnamien « alors que tous les espoirs d’entente ne sont pas épuisés » et que « le Vietminh souhaite collaboration. » (Pedroncini, 1992, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lui et son équipe subissent cependant les pressions conjuguées des Japonais, des Vietnamiens et des Américains visant à leur faire quitter le palais du gouverneur général à Hanoi. Les Vietnamiens veulent occuper les locaux et, pour arriver à leurs fins, leur coupe les vivres. Les Français seront donc contraints au départ le 11 (Sainteny, 1967, pp. 94-97).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 septembre 45 : Alors que le corps expéditionnaire français devrait être en train de débarquer, le ministre de la Guerre français demande à De Gaulle d’engager les négociations immédiates pour équiper toutes les troupes françaises en matériel britannique. Selon l’un des membres de l’état-major de Leclerc, il faut agir au plus vite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, la situation en Indochine demeure préoccupante. Comme l’indique rétrospectivement le capitaine Duplay, membre de l’état-major de Leclerc : « Il fallait donc agir au plus vite sans essayer de se raccrocher à des projets périmés. Dès cette époque, l’organisation du corps expéditionnaire allait revêtir les caractères qui lui donnent sa plus grande originalité : improvisation, vitesse, activité, et aussi le manque de moyens     appropriés. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 33)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour semer encore un peu plus la zizanie au Nord-Vietnam, le général chinois Lou Han (voir 11 septembre) qui soutient les partis nationalistes prochinois déclare dans la presse que « la Chine venait apporter l’indépendance à l’Indochine » (Sainteny, 1967, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 - 12 septembre 45 : Arrivée d’autres éléments britannique d’une division hindoue. Elles ont été prélevées en Birmanie (Tucker, 2000, p. 151). Arrivent également une compagnie du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. français venant de Ceylan (actuel Sri Lanka) pour se substituer à l’ancien Corps léger d’intervention (C.L.I.). Au total arrivent en renfort le nombre assez dérisoire de 120 hommes (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 septembre 45 : Création du premier état-major de l’armée vietnamienne sous la direction de Hoang Van Thaï, membre du P.C.I. proche de Giap. Il comporte des sous-divisions responsables de questions tactiques : cartographie, logistique, renseignement (appelé « 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau »), médecine. On y recrute des transfuges européens et japonais. Fin 1945, sur les 15 membres de cet état-major, seuls 3 d’entre eux seront membres du P.C.I. Cet embryon d’armée n’est pas comme en Chine une armée de paysans. Son recrutement est varié. Une organisation géographique est établie. Elle reprend celle des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; : zones 1, 2 et 3 pour le &#039;&#039;Bac Bo&#039;&#039; (Tonkin) ; zones 4,5 et 6 pour le &#039;&#039;Trung Bo&#039;&#039; (Annam) ; zones 7, 8 et 9 pour le &#039;&#039;Nam Bo&#039;&#039; (Cochinchine).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc  produit de Kandy (Ceylan) une note à l’intention de D’Argenlieu. Elle pose le problème du commandement bicéphale voulu par De Gaulle autour des personnalités de l’amiral et du général. Selon Leclerc, il n’y a pas de solution politique pour l’instant en Indochine, il est donc urgent d’attendre. Le problème militaire, prioritaire aux yeux de son auteur, « revêt déjà toute sa complexité, puisqu’il consiste à mener à pied d’œuvre les troupes nécessaires, à arracher péniblement l’accord de nos alliés. » Ceux-ci veulent « n’avoir affaire qu’à un seul homme » afin de ne pas retomber dans les errements du passé. Leclerc en conclut : « Pendant de nombreuses semaines, c’est moi-même qui vais supporter le poids principal des responsabilités. Il est donc indispensable que je dispose des pouvoirs adaptés. » Il déplore le choix du Général qu’il a dû « encaisser ». D’Argenlieu lui répondra le 11 (D’Argenlieu, 1985, pp. 418-419).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour de Tokyo après la signature de la reddition japonaise, Leclerc produit un long mémorandum de Kandy (Ceylan) adressé au colonel de Guillebon (chef de l’état-major du corps expéditionnaire des forces d’Extrême-Orient) à destination de De Gaulle. Peu de choses positives dans ce rapport. La rencontre avec McArthur lui a montré qu’« il est en apparence très francophile ». Mais il n’est désormais plus commandant en chef et Tchang Kaï Check « est maintenant indépendant. Son chef d’état-major américain Wedemeyer qui est d’ailleurs en mauvais termes avec McArthur, ne nous aime pas. » Les relations avec la Chine sont toujours tendues : blocage de l’avion d’Alessandri, « propagande xénophobe et révolutionnaire » sur les unités françaises repliées en Chine, « tentatives d’emprise économique sur le chemin de fer du Tonkin ». Il faut donc se débarrasser au plus vite des troupes d’occupation. Or il y a des blocages au niveau gouvernemental : « les Français ne se rendent absolument pas compte des réalités ». La question de la suppression du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle n’est pas traitée diplomatiquement et ne peut l’être « qu’à l’échelon « gouvernement » ». Leclerc a pu constater que beaucoup de matériel américain était présent aux Philippines mais, pour les acheminer, McArthur attend des ordres de Washington qui ne viennent pas… Les bateaux français pouvant transporter Massu et sa 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. sont en attente car les Britanniques veulent donner priorité au débarquement des troupes de Gracey à Saigon, et ce jusqu’au 20 octobre. Les pièces de rechange et les munitions de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. équipée à l’américaine sont également en attente. Leclerc entend donner priorité au débarquement de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. Il estime qu’elle possède une qualité nettement supérieure à la brigade de Madagascar qui doit encore être étoffée par « des renforts européens ». Il évoque la question du débarquement au Tonkin (Haïphong) qui doit être programmée à partir de Saigon. Le problème qui se pose aux Français est le suivant : « Qu’on amène des troupes suffisantes et la solution des problèmes sera facile, qu’on ne les amène pas et on ne s’en sortira pas. » (Bodinier, 1987, pp. 161-171).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc produit un second mémorandum adressé à De Gaulle pour dénoncer l’inertie des services gouvernementaux à Paris : « Il serait temps que l’on comprenne que rien ne sert de se décharger sur des subordonnés de problèmes qui ne se peuvent traiter qu’à l’échelon « gouvernement ». » (Bodinier, 1987, p 163) Au passage, il épingle D’Argenlieu : « […] l’arrivée prématurée de l’amiral D’Argenlieu [à Chandernagor] a été mal vue par les Anglais car leur propre gouverneur de Birmanie n’arrivera pas avant deux mois. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’adresse aussi à D’Argenlieu demeurant toujours à Chandernagor, lui rappelant un précepte qui lui est cher : « La solution des problèmes politiques concernant l’Indochine sera malheureusement du domaine de l’avenir pendant de longues semaines en raison de la lenteur des opérations alliées […] Pendant cette période d’attente, le principal écueil consistera en déclarations prématurées, avant d’être en contact avec la réalité des faits. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 136). Une manière de dire à D’Argenlieu de demeurer silencieux et d’attendre que la situation militaire soit éclaircie avant de venir faire de la politique dans la péninsule… Le général revient aussi sur sa subordination à l’amiral qu’il vit mal : « Il eut été préférable de concentrer entre les mains d’un même homme les pouvoirs civils et militaires […] Le général De Gaulle, pour des motifs de politique intérieure, n’a pas voulu le faire malgré les services que je lui ai rendus depuis cinq ans. J’ai « encaissé » le fait pour les motifs suivants : estime profonde que j’ai pour votre personne, intérêt supérieur immédiat du pays, enfin probité vis-à-vis des volontaires pour l’Extrême-Orient puisque je sais que beaucoup parmi eux ne seraient pas venus si je m’étais récusé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 57)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, il s’adresse par lettre de Kandy à son ami René Pleven (commissaire aux Affaires étrangères et vieil ami de Leclerc). Le ton est aussi franc que vif : « Savez-vous que Paris s’obstine à répondre pour des questions de &#039;&#039;shipping&#039;&#039; et autres : débrouillez-vous sur place avec les Anglais et les Américains, alors que ceux-ci répondent avec netteté : seuls des ordres de notre Gouvernement comptent ? Par conséquent, c’est de Paris, par des accords politiques que ces problèmes peuvent être résolus, etc. J’ai estimé la question tellement grave que j’ai écrit quelques lignes directement au Général, afin qu’une décision soit prise. Si vous le pouvez, appuyez en ce sens. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 122) Il ajoute dans ce même courrier et en le déplorant : « J’ai essayé, en alertant Paris à temps, pendant que le général De Gaulle était à Washington, de supprimer cette terrible occupation du Tonkin et du Laos par les Chinois, qui peut être pour nous source de difficultés très grandes. Je n’ai reçu aucune réponse à mes télégrammes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 116) Au passage, il ré-épingle (voir ci-dessus) l’arrivée prématurée de D’Argenlieu à Chandernagor : « Ici le travail commençait à tourner, en particulier les Alliés se félicitaient  de savoir enfin à qui s’adresser pour les problèmes de cette malheureuse Indochine. Patatras ! J’apprends par eux l’arrivée cet après-midi de l’amiral D’Argenlieu avec 61 Français. Cette arrivée provoque l’arrêt chez nos bons Alliés, car ils savent parfaitement qu’avant deux mois il n’y a pas d’activité simultanément possible pour un Commandement supérieur et pour un Haut-commissaire. Nous allons donc retomber dans le drame de déclarations politiques prématurées, impatiences funestes, etc… »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 127)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 septembre 45 : Réunion de travail à bord du &#039;&#039;Bir Hakeim&#039;&#039; en vol pour Kandy (Ceylan). D’Argenlieu y instruit ses projets pour l’Indochine. Au vu de la situation chaotique au Tonkin et en Annam, il faut prendre des contacts avec « les divers partis nationalistes ». Des commissaires représenteront le haut-commissaire auprès des gouvernements locaux. Il faut mettre en action au plus vite la déclaration du 24 mars. Le VM se sent incapable de prendre la responsabilité du pays et « requiert l’assistance de la France pour de l’y acheminer. » L’amiral reviendra sur ce point précis dans son instruction du 15 en estimant que le VM n’est qu’un « parti » et non un « gouvernement ». Les autochtones doivent « occuper des postes administratifs importants. » « La France continuant à prêter son concours de nation agissante et protectrice, garde des prérogatives indiscutables : primauté de juridiction et primauté d’honneur. » « Nous ne devons pas oublier que nous revenons en Indochine avec un esprit de service et non de domination. » L’œuvre des prédécesseurs (colonialistes…) « doit être poursuivie et perfectionnée et non pas dénigrée, encore moins tenue pour rien. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 416-417).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée de D’Argenlieu à Kandy&#039;&#039;&#039; à 18 h 30. &#039;&#039;&#039;Il a produit durant le voyage des « instructions politiques »&#039;&#039;&#039; dans une première note dont Sainteny est très probablement le destinataire (l’annexe 5 de ce document reproduite partiellement &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 421-422 ne le désigne pas nommément mais Sainteny, 1970, p. 71 évoque ce premier contact avec l’amiral; voir également Devillers, 1988, pp. 88-90). Elle résume la pensée politique de l’amiral pour l’avenir. Il faut reconstituer en Indochine une forme de « protectorat »,  même si, officiellement, ce mot « doit être écarté » : « Il s’agit de reconstituer une véritable protection de la France à l’égard des populations indochinoises, c’est à dire permettre à celles-ci de se mûrir politiquement et de se développer économiquement en s’appuyant sur la France, dans le respect de leurs traditions et de leurs aspirations propres [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 89). Il a précisé au préalable : « Nous avons […] à discuter loyalement avec les représentants qualifiés des populations indochinoises pourvu que ce soit dans le calme et en dehors de tout chantage ou de toute menace […] C’est dans cet esprit que nous avons à entrer en contact avec le parti Vietminh […] puis avec tous les autres partis. Mais il s’agit de s’informer réciproquement, non de négocier. Nous ne pourrions négocier qu’avec un gouvernement. Or le Vietminh est un parti et non un gouvernement […] nous ne pouvons d’avantage parler d’indépendance. Nous n’y sommes d’ailleurs pas autorisés […] Nous devons pratiquer une politique d’émancipation administrative et politique. » La question de la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; est également à proscrire. Il faut agir prudemment, « éviter la lenteur autant que la précipitation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 151-152) A l’évidence, D’Argenlieu s’efforce d’ignorer que depuis les 27 et 28 août un gouvernement a proclamé à Hanoi une république qui exige la totale indépendance du Vietnam… Pas un mot sur son existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu est accueilli par Leclerc à Kandy. Il s’est arrêté là pour préparer la reconquête de Saigon et surtout y rencontrer Mountbatten. L’amiral et le général britannique évoquent ensemble ce qu’ils considèrent comme  les « décisions fâcheuses » de la conférence de Postdam. L’entrevue sera brève, Mountbatten partant dès le lendemain pour Singapour. Avec Leclerc, D’Argenlieu évoque la question du débarquement des troupes françaises qui ne pourra avoir lieu avant la mi-octobre faute de transports alliés disponibles (D’Argenlieu, 1985, pp. 40-42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM instaure par décret le suffrage universel. Il appelle à la tenue d’élections nationales prévues  initialement pour le 23 décembre en vue de former une assemblée constituante, un gouvernement officiel et l’élaboration d’une constitution (voir 6 janvier 1946). La date pour ces élections devra toutefois être revue par un nouveau décret en date du 18 décembre sous la pression des partis prochinois qui estiment ne pas disposer de suffisamment de temps pour faire campagne (Fall, 1960, p. 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, le VM est en train de bouleverser totalement l’ordre social : le mandarinat est supprimé, remplacé par des « Comités populaires » noyautés par les communistes. HCM se débarrasse de ses ennemis en les faisant assassiner. Le chef trotskiste (Tha Thu Tan), l’ancien chef de cabinet de Bao Daï (Pham Quynh), les nationalistes profrançais et le frère de Diem (Ngo Dinh Khoi, chef de la province de Quang Nam, enterré vivant) sont exécutés. Selon De Folin, le régime instauré est tout sauf une « Démocratie populaire », car dans les faits, elle est bien plus dure que ses homologues européens. Paris feint de l’ignorer (De Folin, 1993, p. 118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de la section coloniale de l’état-major général de la Défense nationale sur la « situation en Indochine en date du 8 septembre 1945 » affirme : « Au Tonkin, le parti Viet-Minh, nationaliste sur le plan extérieur, communiste à l’intérieur, s’appuyant sur une organisation assez puissante de bandes armées (25 000 hommes, dit-on) et sur les facilités que lui ont toujours accordées les Chinois, s’est efforcé de constituer un gouvernement à Hanoi […] En résumé : le rétablissement de notre souveraineté en Indochine va se heurter, en Cochinchine comme au Tonkin, à l’hostilité d’intellectuels, à l’hostilité d’intellectuels nationalistes inspirés depuis longtemps par Moscou. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 147-148, note 200)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, deux officiers supérieurs, l’un britannique, l’autre français (commandant Gallois) sont envoyés à Phnom Penh. L’Anglais invite les Japonais à ne plus s’immiscer dans les affaires cambodgiennes (voir 9 août). Le Français, quant à lui, est là pour rétablir le contact avec le gouvernement royal. Or, le ministre des Affaires étrangères pro-japonais, Son Ngoc Thanh, devenu chef du gouvernement, n’accepte de négocier que si la France reconnaît préalablement l’indépendance du pays (Gras, 1979, pp. 54-55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Entrée des troupes chinoises au Tonkin,&#039;&#039;&#039; avec leurs protégés vietnamiens, des hommes du V.N.Q.D.D., du Dong Minh Hoi et du Daï Viet. Ces troupes sont environ au nombre de 150 000 hommes, commandés par le général Lou Han, sorte de « seigneur de la guerre » au passé sulfureux qui considère que l’occupation du Tonkin est une opportunité pour l’enrichir à titre personnel. Selon d’Argenlieu, « ne réclame-t-il pas du Haut-commissaire un tribut mensuel de cinquante millions de piastres, au cours officiel de 17 francs, soit neuf cents millions, pour ses frais de général en chef ?… » (D’Argenlieu, 1985, p. 97). Lou Han est peu fidèle aux idéaux du Guomintang. Son degré de corruption n’est un mystère pour personne. Un des dirigeants de la Banque d’Indochine le décrit comme « l’un des hommes les  plus riches de la terre » (Salan 1, 1970, p. 285). En l’envoyant au Tonkin, Tchang Kaï Chek s’est débarrassé d’un de ses généraux sur lequel il a peu d’autorité. Ces soldats, venus en très net sureffectif pour désarmer 30 000 Japonais, se comporteront plus comme des pillards que comme une troupe de pacification (Valluy 1, 1967, pp. 30-31). Le VM qui contrôle alors plus ou moins la région laisse faire et est obligé de composer. Les Chinois chassent progressivement les comités populaires du VM en les éliminant physiquement et installent au fur et à mesure de leur avancée leurs propres comités administratifs, épaulés par les membres du V.N.Q.D.D., du D.M.H. et du &#039;&#039;Phuc Quoc&#039;&#039; qui les accompagnent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évoquant les Chinois, HCM confie à l’un de ses familiers, Nguyen Long Bang : « Ce ne sont pas des gens à qui faire confiance, loin de là. Ils vivront à nos crochets et nous feront tout le mal qu’ils pourront […] Il faudra avoir le courage de tout supporter, savoir ruser et rester toujours sur nos gardes. Tout devra être calculé, ce qu’on leur cèdera, comme ce qu’on leur refusera. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 77) Tous vont mettre en coupe réglée une région déjà éprouvée par la famine de l’hiver 1944-1945 (De Folin, 1993, pp. 117-118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le major Archimedes Patti est de retour à Hanoi mais sait que désormais ses jours sont comptés. Le général Gallagher, chef du M.A.A.G. qui vient juste d’arriver, estime que « Patti parle trop et d’une manière insinuante auprès des Annamites, des Français et des Japs […] Personnellement, je ne l’aime pas tellement et j’ai l’impression qu’il s’efforce d’élargir son champ d’action et de se donner de l’importance. » Il conseille de le faire relever de ses fonctions rapidement (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre) (Pedroncini, 1992, pp. 62-63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc renonce partiellement à utiliser la brigade de Madagascar (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; Brigade d’Extrême Orient). Ses effectifs sont refondus car l’emploi de troupes malgaches ou noires en Indochine est toujours jugé inopportun tant pour des raisons politiques que raciales. Seuls les éléments blancs, soit 1 000 hommes et 200 tirailleurs indochinois, seront acheminés après avoir été complétés par des renforts blancs. L’argumentation de Leclerc repose sur plusieurs critères : xénophobie des Indochinois à l’égard des troupes noires ; ne pas prêter flanc aux critiques américaines qui dénoncent le colonialisme français ; empêcher la diffusion d’idées nouvelles et révolutionnaires parmi les troupes noires (Bodinier, 1987, p. 29 ; Cadeau, 2019, pp. 151-152). Du fait de ces réticences envers les troupes noires, dès le début de la constitution du C.E.F.E.O., la pénurie en effectif est donc déjà présente avant qu’elle ne devienne durable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 – 13 septembre 45 : Leclerc se rend à Singapour pour acter la reddition des forces japonaises du Sud-Est asiatique (Pedroncini, 1992, p. 392).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 45 : Les troupes chinoises prennent progressivement la place des Japonais à Hanoi et Haïphong (Pedroncini, 1992, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny fait savoir que « les Vietminh seraient prêts à envoyer un délégué à Calcutta [auprès de la D.G.E.R.] mais insistent surtout sur Paris. Nous avons là, me semble-t-il, une excellente occasion de gagner du temps. Je dirais en sorte ici que les Vietminh puissent en tirer avantage et n’y voient pas une reconnaissance de fait. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une  note à l’intention du directeur de la D.G.E.R. précise : « Il ne faut pas cependant se dissimuler le dynamisme de la force naissante du Viet-Minh. Le Viet-Minh est un front politique dont l’élément communiste est le parti agissant. Il est actuellement antichinois. A Hanoi et Saigon, il détient un pouvoir de fait et le gouvernement annamite se serait effacé devant lui. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 147-148). Cette note sera transmise à Bidault (ministre des Affaires étrangères).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 45 : Le congrès du parti communiste indochinois (P.C.I.) proclame : « Le Parti prend à lui seul la direction du front vietminh. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu de Kandy adressée à Leclerc suite à la note du général en date du 7 qui posait le problème d’une gouvernance bicéphale voulue par De Gaulle en Indochine. L’amiral y fixe le rôle de chacun et surtout rappelle le sien : « […] Les pouvoirs  civils et militaires dès cette période initiale sont concentrés entre les mains d’un homme. Le décret d’État portant création et organisation du Haut-commissariat, ainsi que mes instructions rédigées et signées par le général De Gaulle, en font foi. J’en assume toute la responsabilité. Tel est mon clair devoir. Au reste, quand vous me connaîtrez mieux vous saurez que ma conception du commandement, pareille à la vôtre je l’augure, s’accompagne d’une disposition habituelle et ferme à laisser mes collaborateurs la plus large initiative pour atteindre, dans leur sphère propre, les buts assignés avec les moyens mis à leur disposition. » L’avenir montrera que les choses vont être plus délicates et complexes qu’elles ne sont exposées ici (D’Argenlieu, 1985, pp. 419-420). Les querelles de préséance entre l’amiral et le bouillant général ne font en fait que commencer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, toujours à Hanoi, est à la fois inquiet et un peu trop optimiste. Il observe : « Mon impression est que la faillite du G.R.A. [gouvernement provisoire annamite] est certaine. Déjà la lassitude s’empare de la population, qui mesure l’inexpérience et l’incapacité de ses membres. Certains milieux restés profrançais réagissent. Avec le départ des Japs, l’occupation chinoise, la misère consécutive à l’incurie du G.R.A., le mouvement anti-français se calmera de lui-même. Nous devons attendre […] mais ne recourir qu’à des manœuvres politiques. » Il recommande de ne pas évoquer sur les ondes le projet d’envoi du corps expéditionnaire (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de renseignement de la D.G.E.R. poursuit les recherches pour tenter de mieux cerner le personnage trouble d’HCM (voir 18 septembre) : « Le dénommé Ho, chef du Viet-Minh en relations avec les Américains, est bien Hô Chi Minh, vrai nom Nguyen Ai Quoc, alias Ho Coc Tsing, alias Pru Cri, est vraisemblablement le chef du Viet Minh pour toute l’Indochine. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 148)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 septembre 45 : Ouverture de la &#039;&#039;&#039;conférence des « Cinq grands » à Londres&#039;&#039;&#039;. Sont invités les ministres des Affaires étrangères des U.S.A. (Byrnes), de la Grande Bretagne (Noel-Baker), de l’U.R.S.S. (Molotov), de la Chine (Ouang Chi Tchich) et de la France (Bidault). Elle fait suite à celle Postdam (voir (voir 17 juillet – 2 août) à laquelle les Français n’avaient pas été invités et où avait été décidé sans leur consentement l’occupation du Vietnam par les Anglais et les Chinois. (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; des 12, 13 août 1945) Concernant l’Indochine, selon Marangé, Français et Britannique concluent à Londres un accord sur la restauration de l’autorité française en Indochine. (Marangé, 2012, p. 147) Pour autant, Truman n’a pas abandonné les préoccupations de son prédécesseur quant au sort des populations indochinoises. D’où l’attitude déconcertante pour les Français de l’O.S.S. à Hanoi incarnée en la personne d’Archimedes Patti ou du général Wedemeyer (chef d’état-major de Tchang Kaï Check) à Chunking (siège de l’O.S.S. dirigé par le colonel Richard Heppner) qui continuent à mener à l’égard des Français la politique anticolonialiste préconisée par Roosevelt (Pedroncini, 1992, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Retour de D’Argenlieu en provenance de Kandy à Chandernagor&#039;&#039;&#039; (Inde, près de Calcutta, ancienne possession française) &#039;&#039;&#039;où il prend ses fonctions&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 91).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon par avion des premiers renforts des toutes premières troupes britanniques (80&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; brigade de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne composée de Gurkhas) et des premiers éléments français (5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., effectif d’une compagnie soit 120 hommes). En théorie, leur unique mission est de désarmer les 70 000 Japonais au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, sachant qu’ils ne sont pas assez nombreux (2 500 hommes) pour s’occuper d’autres tâches qu’ils devront cependant assumer. Selon un rapport de Leclerc, « le plan anglais comportait l’occupation successive de cinq régions, centrées respectivement sur Saigon, Mytho, Nha Trang, Phnom Penh et Dalat. L’arrivée de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue devait être échelonnée sur un mois environ. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 186) Mais le chaos qui règne à Saigon retardera ce déploiement et celui-ci sera rapidement et nécessairement restreint géographiquement (voir 21 septembre). Ces troupes s’occupent donc de rétablir dans un premier l’ordre dans une ville en totale ébullition. Selon un militaire français, on voit « des banderoles rédigées en anglais [qui] proclament l’indépendance et souhaitent la bienvenue aux Britanniques. Partout une profusion de drapeaux rouges frappés de l’étoile jaune d’où émergent quelques drapeaux alliés. Aucun drapeau français. Aucun Blanc dans les rues. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, p. 145).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la convention d’armistice, le maintien de l’ordre reste dévolu aux Japonais et non aux Britanniques mais ce sont eux qui seront finalement contraints d’accomplir la tâche (Francini 1, 1988, p. 235). Le peu de troupes françaises débarquées ne peut maintenir à lui seul l’ordre : ces soldats sont désormais considérés comme des occupants, des « Français 45 » qui amalgament trop rapidement la population locale en résistants-gaullistes ou collaborateurs-vichystes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La colère gronde dans la communauté française et c’est Jean Cédile (commissaire de la République au Sud) qui en fait les frais. Il personnifie à lui seul le retour raté de la France : on l’accuse de mollesse à l’égard du VM, d’indécision, de n’avoir pas fait oublier son arrivée ridicule (voir 24 août) et d’être, selon la population française locale, un pur « Français 45 » (Francini 1, 1988, p. 238 ; voir le rapport de Cédile à Leclerc &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 180-181).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alors que les troupes britanniques (20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue du général  Devey et deux compagnies du C.L.I.) arrivent, une très grande tension règne dans la capitale de Cochinchine&#039;&#039;&#039; entretenue par le Comité du Nam Bo, les ultranationalistes en recherche de vengeance, les sectes caodaïstes et Hoa Hao (vieilles ennemies du Vietminh), les trotskistes (autres ennemis des VM et dont leur leader, Ta Thu Tau, a été assassiné par eux), les prisonniers revanchards de Poulo Condor libérés par les nippons, les Japonais voire des bandes voyous soutenus par ces derniers (Binh Xuyen). Saigon est une véritable poudrière au bord de l’explosion (voir le rapport de Cédile du 10 octobre). Les Alliés demandent au général Terauchi d’ordonner le désarmement général. Mais les Japonais y mettent peu d’entrain, laissant pourrir la situation. Les Européens (25 000 personnes) et les Annamites de nationalité française (considérés comme « Vietgian », « traitres à la patrie ») s’en sentent d’autant plus menacés, eux, mais aussi les métis, aussi détestés. Des bandes armées défilent dans les rues de Saigon, s’observant, du moins pour l’instant (Francini 1, 1988, pp. 236-237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, qui a dû quitter le palais du gouverneur général d’Hanoi sous la pression des Japonais, Vietnamiens, Chinois et Américains, doit s’installer dans un « modeste immeuble » de la ville (Sainteny, 1967, p. 104).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après celui du 5, le VM prend un nouveau décret qui interdit les partis appartenant à l’alliance du Daï Viet (pro-japonais). Progressivement leurs membres seront éliminés physiquement (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 181).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Le général britannique Gracey atterrit à Saigon&#039;&#039;&#039; avec les premiers officiers de la Commission de contrôle alliée qu’il commande. Il est également le chef des forces alliées en Indochine (&#039;&#039;Allied Land Forces Indo China&#039;&#039;) et répond, à ce titre, aux ordres du général Slim. Sa mission est particulièrement lourde : prendre le commandement du Q.G. de l’armée japonaise au Sud, désarmer et concentrer ses troupes, procéder au rapatriement des prisonniers de guerre et mettre en place une administration civile. Il est avant tout venu avec l’idée qu’il est temporairement là pour aider les Français à reprendre le contrôle de l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, contrairement aussi à l’idée que se fait Mountbatten (commandant suprême des forces alliées dans le Sud-Est asiatique) du rôle des Anglais en Indochine (voir 22 septembre). Ce dernier, peu convaincu par le sens de la mission imposée par la conférence de Postdam, n’a d’ailleurs envoyé qu’un contingent très mesuré de troupes britanniques au Vietnam. Gracey se déclare responsable du maintien de l’ordre jusqu’à l’arrivée des Français (De Folin, 1993, p. 105 ; Cadeau, 2019, pp. 129-130). Les premières troupes anglaises sont constituées de Gurkhas hindous appartenant à la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division. Ils sont acclamés, selon Valluy, aux cris de « A bas la France, vivent les Alliés libérateurs ! » (Valluy 1, 1967, p. 19) Au total, les Britanniques ne disposeront que de 15 000 hommes au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle pour contrôler 70 000 Japonais et accomplir la lourde tâche qui leur est confiée (D’Argenlieu, 1985, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement provisoire vietnamien publie une série de décrets dont l’un donne à son service de Sûreté « le droit d’arrêter tout individu dangereux pour la sûreté de la République du Vietnam » (Fall, 1960, p. 44). L’État vietnamien se dote de tribunaux d’exception (tribunaux révolutionnaires). Selon Tran Van Chieu, ils « sont destinés à juger tous les coupables accusés d’atteinte à l’indépendance de la République Démocratique du Vietnam. Ils sont composés d’un juge militaire et de deux assesseurs, dont le premier est un délégué ou commissaire politique, et le second un magistrat de carrière. Le Délégué de la République Démocratique doit appartenir à l’armée. Il n’y a pas de législation spéciale pour la défense de l’accusé qui peut se défendre lui-même ou choisir un défenseur. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 50 ;  Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 181-182)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A son retour de Singapour où il a participé le 13 à la signature de la reddition japonaise, Leclerc n’a toujours eu aucune réponse de De Gaulle à son message du 22 août. Ce dernier ne considère que D’Argenlieu est son seul interlocuteur pour l’Indochine. Mais Leclerc a reçu un autre message lui ordonnant de se rendre à Saigon au plus vite, quels que soient les moyens dont il dispose. Or ces moyens sont assez dérisoires. Ce message n’est toutefois pas pour déplaire à Leclerc qui se n’apprécie guère à Kandy ni Mountbatten (qui ne partage pas ses idées) ni son état-major qui ne semble rien faire pour aider la cause française. Leclerc se sent seul et le fait savoir durement à D’Argenlieu : « Amiral, vous m’aviez promis votre concours : or, un mois après mon arrivée rien n’a pu encore être fait […] Si j’échoue, le peuple français en connaîtra les raisons. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 114-115)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, excédé par les silences de sa hiérarchie, transmet à la D.G.E.R. de Calcutta le télégramme suivant a faire suivre dans la capitale française : « Il est inadmissible que Paris ne comprenne pas les cris d’alarme que je vous transmets depuis trois semaines et que le gouvernement provisoire de la République française se refuse, soit à investir de pouvoirs suffisants un Français quelconque déjà sur place, soit à risquer un avion porteur d’une personnalité ayant sa confiance auprès des Alliés et qui s’opposerait officiellement à cette entreprise de spoliation générale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 200). Il envoie un de ses proches, Roland Sadoun (alias Robert Sauvagnac), à Chandernagor. Ce dernier fait un rapport alarmant à D’Argenlieu sur ce que vivent les Français civils et militaires au Tonkin. Il est écouté. Selon Sadoun, « il [D’Argenlieu] me donna le sentiment d’aborder les problèmes d’Indochine avec lucidité, ce qui ne fit que renforcer ma surprise devant certaines positions qu’il adoptera plus tard. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 200)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Arrivée et installation du général chinois Lou Han à Hanoi&#039;&#039;&#039; avec la 62&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée chinois du Quangsi et les 59&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 60&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armées du Yunnan, soit pas moins de 150 000 hommes pour désarmer les 30 000 Japonais prisonniers au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Pedroncini, 1992, p. 43). Les Chinois ne manifesteront aucune intention de renverser le gouvernement vietnamien mais un rapport de Leclerc signale que leur arrivée « s’est heurtée à des résistances parfois assez sérieuses de la part des troupes du Vietminh » et qu’ « elle a été accompagnée de sévices et de violences tant vis-à-vis des Français que des Annamites. » (Bodinier, 1987, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, le directeur des Affaires politiques du ministère des Colonies depuis 1943, Henri De La Laurentie, donne une conférence de presse et a des entretiens avec des directeurs de journaux dont le contenu est aux antipodes de ce que veulent remettre en place D’Argenlieu et De Gaulle en Indochine (voir 8 et 16 septembre). Il leur confie : « Ce que les Indochinois désirent, c’est que la France considère enfin que l’Indochine n’est plus une colonie […] » et précise que « le Gouvernement  a clairement manifesté qu’il entendait bien que les rapports entre la France et l’Indochine ne soient plus de Métropole à colonie, mais tendent à l’égalité […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 91) Pour lui, « ce qui est essentiel, c’est que nous comprenions parfaitement ce qu’il y a d’aspiration nationale légitime dans la thèse du parti Vietminh. » Ce genre de déclarations publiques lui vaut les foudres de De Gaulle (Pedroncini, 1992, p. 151). Pour autant, il ajoutera encore : « Quelles que soient  l’allure du Viet-Minh, quelles que soient ses compromissions avec les Japonais et les autres, indiscutablement la seule politique qui s’offre au gouvernement aujourd’hui est, je ne dis pas de traiter expressément avec l’aspiration nationale qu’il représente. Si ce n’est pas par ses chefs qu’elle est représentée, ce sera par d’autres, mais ce sera avec cette aspiration nationale qu’il conviendra à la France de traiter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 151)  Ces déclarations, pourtant réalistes, mettront à nouveau dès le lendemain de leur publication De Gaulle en fureur. La Laurentie est recadré vertement et doit finalement rentrer dans le rang de la pensée gaullienne. Il cherchera toutefois, sans démissionner, à quitter ses fonctions (voir 11 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des conflits armés éclatent entre le VM et les Hoa Hao à l’extrême Sud de la péninsule où la secte contrôle 6 provinces. Un des dirigeants de la secte, qui s’était rallié au VM, vient d’être condamné à mort (Bodinier, 1987, p. 177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 septembre 45 : D’Argenlieu produit de Chandernagor de nouvelles instructions politiques  en vue de « la réinstallation de l’autorité française en Indochine » qui rééditent avec le même myopie que celles du 8 septembre. Selon lui, pressentant sans doute certaines difficultés à venir, « il serait inadmissible que chacun d’entre nous puisse suivre une politique qui lui soit personnelle parce qu’il la croit meilleure. » La déclaration du 24 mars demeure un cadre « qui ne doit pas être considérée comme ayant fixé de manière immuable les nouvelles institutions de l’Indochine. » Mais ce cadre ne peut être négocié « qu’avec un gouvernement, or le Vietminh est un parti et non un gouvernement. » En cela, l’amiral fait à nouveau preuve d’un total manque de clairvoyance en niant la proclamation le 29 août d’un gouvernement provisoire dirigé par le seul VM et celle de l’indépendance du 2 septembre. D’Argenlieu entend entrer « en contact avec les autres partis politiques annamites », imiter les modèles laotien et cambodgien car le régime qu’il propose « est exactement celui du protectorat », même si ce mot, trop connoté par le passé, doit être « écarté »… Le mot « indépendance » doit lui aussi être banni car le Vietnam manque de « maturité politique ». Tout au plus peut-on pratiquer « une politique « d’émancipation » administrative et politique ». Tout en s’efforçant de nier la réunification du Vietnam accordée dès le 9 mars par les Japonais et incarnée par la mise en place de Bao Daï : « Il convient de ne pas  parler prématurément de la fusion Tonkin-Annam-Cochinchine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 170) D’Argenlieu entend ici mener à bien la stratégie colonialiste rôdée du « diviser pour mieux régner » : « l’émancipation administrative […] doit tendre à l’organisation de gouvernement locaux proprement indochinois […] ». Son propos a des relents colonialistes : « Il ne s’agit pas de critiquer aveuglément l’œuvre antérieure de la France, mais de la continuer en la perfectionnant compte tenu des éléments nouveaux de la situation. » La question de la réunification ne peut pas être abordée tant que le pays sera occupé et « c’est seulement un assemblée consultative largement représentative des populations qu’il conviendra de saisir d’un tel problème […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 171-175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Alessandri précise dans un télégramme : « Gouvernement annamite Hanoi sous totale emprise du Viet-Minh » (Turpin, 2005, p. 147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Embarquement à Marseille des 2 200 hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. de Massu réclamée à cor et à cris par Leclerc (voir 28 août et 7 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 45 : Lettre de De Gaulle à D’Argenlieu (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 63-64) transmise par le biais de Leclerc. Le général Alessandri et son détachement doivent arriver au plus vite à Hanoi. Le Général enjoint ensuite à D’Argenlieu : « Ne prenez et ne laissez prendre à l’égard des gens du Vietminh aucun engagement quelconque. » Il précise par ailleurs : « Quand du côté allié on vous proposera de « bons offices », refusez catégoriquement. Nous ne traitons pas de nos sujets [sic] par le truchement de l’étranger. » Ni les Chinois, ni les Britanniques (qui « gardent une attitude hypocrite » en ne fournissant pas de moyens de transport aux Français), ni même les Américains n’ont à s’immiscer dans ce qui demeure aux yeux de De Gaulle une chasse gardée purement française. Il précise, en pressant un peu l’amiral : « En attendant, il faut être sur place, dès que possible, c&#039;est-à-dire tout de suite pour Leclerc et fin octobre pour vous. » Enfin, le Général ajoute : « Je fais tout, personnellement, pour hâter l’envoi des moyens personnel et matériel. Mais cela durera longtemps […] » Beaucoup d’exigences gaulliennes mais toujours aussi peu de moyens… Leclerc ne remettra cette lettre à son destinataire que le 3 octobre et D’Argenlieu y répondra de Chandernagor le 5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Kandy, Leclerc envoie son chef du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, le colonel Repiton-Preneuf, à Chandernagor pour assurer la liaison avec D’Argenlieu. Dans une lettre qu’il confie à son adjoint, il prend soin de mentionner : « Je suis sûr que vous trouverez dans ma démarche aucun mobile personnel, aucune arrière-pensée, et que vous réserverez à Repiton bon accueil. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 128) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 septembre 45 : Le Vietminh décrète une grève générale qui sera suivie partiellement. Elle est accompagnée de violences contre les Français (arrestations arbitraires, violences contre les Vietnamiens francophiles). Ces exactions sont loin d’être dues au seul VM. Les conséquences directes en seront qu’il n’y aura plus d’eau ni d’électricité à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, Cédile estime dans un rapport adressé à Leclerc que « la situation à Saigon, qui fut à un moment grave et même angoissante, évolue vers le calme. » Les Japonais ont installé « un service d’ordre important » (voir 4 septembre) et les premiers contingents britanniques sont arrivés. Des pillages ont cependant toujours lieu ici et là. Cédile mentionne une rencontre qui a eu lieu avant l’insurrection du 2 septembre avec des membres du comité du Nam Bo : « Je me suis heurté à des gens absolument butés sur le mot « indépendance » ». Seul ce mot peut débloquer la situation même si des concessions aux Français sont envisageables : « notre pays garderait une situation privilégiée et largement dominante. » Des discussions strictement secrètes se poursuivent car les interlocuteurs de l’auteur de ce rapport « craignent d’être désavoués par la population. » (Bodinier, 1987, pp. 176-177)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Signature sans cérémonie à Hanoi de l’acte de capitulation des Japonais en présence des Chinois (Bodinier, 1987, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme de Jacques Soustelle (ministre de l’Information) fait réponse à un courrier de Leclerc dans lequel ce dernier se plaignait de la trop grande importance accordée selon lui aux nationalistes vietnamiens dans les moyens d’information français. Dans sa réponse, Soustelle se défend et déplore toujours un manque d’information : « Nous n’avons pas accordé une importance exagérée au Vietnam. Vous devez vous rendre compte que d’innombrables messages d’agences américaines et anglaises, souvent conçus dans un esprit antifrançais manifeste, retracent chaque jour les activités des nationalistes indochinois. Force-nous était donc de ne pas paraître ignorer ce sujet […] Je vous demande donc instamment de tout mettre en œuvre pour que le ministère de l’Information reçoive en abondance des nouvelles précises et dignes de foi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 60-61)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 45 : Au Sud, face à une situation plus que chaotique, le lieutenant-colonel Dewey de l’O.S.S. (« un idéaliste rooseveltien » selon Franchini) s’efforce en vain de jouer les médiateurs. Il organise secrètement une rencontre entre l’actuel président du Comité de libération du Nam Bo (Pham Van Bach, successeur de Tran Van Giau), les leaders locaux du Vietminh (Tran Van Giau, Duong Bach Mai) et le syndicaliste Nguyen Van Tao. Tous sont d’accord pour dire qu’il est trop tard pour ne pas voir la situation dégénérer car la présence de militaires français à Saigon est considérée comme une véritable provocation. Dewey en informe Cédile. Celui-ci considère que le Vietminh ne représente pas toute l’opinion du peuple en Cochinchine et, qu’en l’état, il est bien incapable de maintenir l’ordre. Il ne peut s’en remettre qu’à Gracey pour protéger la communauté française (Francini 1, 1988, pp. 238-239 ; Bodinier, 1987, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à la D.G.E.R. (voir 11 septembre), une note de la Direction des Affaires politiques du ministère des Colonies (Direction Indochine) s’interroge toujours sur la véritable identité d’HCM : « On peut se demander si nos services de liaison en Indochine, en l’absence de renseignements absolument certains, ne se sont pas trop hâtés pour annoncer que Hô Chi Minh s’identifiait avec le fameux Nguyen Ai Quoc. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 148) Des informations (ou désinformations…) émanant de la délégation annamite en France prétendaient que le dirigeant était, selon eux, mort de tuberculose en 1934.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fidèle à l’esprit de la déclaration du 24 mars, De Gaulle déclare à T.V. Soong (beau-frère de Tchang Kaï Check et ministre des Affaires étrangères) : « Je ne puis évidemment arrêter en détail ma politique tant que la situation sur place sera aussi confuse qu’elle l’est. J’en sais assez cependant pour être sûr que l’administration directe ne pourra être rétablie. Dès lors, le but à atteindre, c’est l’association de la République française avec chacun des pays dont se compose l’Union. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 50)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le général chinois Lou Han arrive à Hanoï et installe son Q.G. dans les locaux du gouvernement général d’Indochine&#039;&#039;&#039; (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 18 au 19 septembre 45 : Le général britannique Slimes ayant fait savoir que le maintien de l’ordre à Saïgon ne faisait pas partie de sa mission, le capitaine Jacques part récupérer des armes à la Pyrotechnie en vue de réarmer les Français. Il les distribuera le lendemain. Cédile n’a pas été mis au courant de cette initiative et ne la connaitra que le 21 (Valette, 1994, p. 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 1945 : Après bien des entraves provoquées par les Chinois, &#039;&#039;&#039;retour de Chine du général Alessandri&#039;&#039;&#039; (commandant des forces françaises stationnées en Chine du Sud) &#039;&#039;&#039;et de son conseiller, Léon Pignon&#039;&#039;&#039;, qui rejoignent l’équipe de Jean Sainteny à Hanoi (Varga, 2009, p. 282). Sainteny confie à Pignon « le soin de reconstituer les services administratifs et politiques ». (Sainteny, 1967, p. 121) Il informe Calcutta que « le G.R.A. [Gouvernement révolutionnaire annamite] ne cache plus son désir d’entente. » Il a fait savoir qu’il souhaitait une rencontre avec D’Argenlieu. Lui et Pignon n’y sont pas opposés et voient même là un moyen de s’opposer « au mouvement annamite prochinois qui cherche à exploiter l’arrivée des Chinois et les difficultés croissantes du Vietminh », ce qui, selon eux, ne peut être que bénéfique aux Français (Devillers, 1988, pp. 93-94)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle se plaint auprès de T.V. Soong (beau-frère de Tchang Kaï Check et ministre des Affaires étrangères) du comportement abusif des troupes de Lou Han et des difficultés faites au général Alessandri pour accomplir son retour en Indochine. Son interlocuteur lui promet de « faire cesser cet état de choses et de retirer ses forces d’Indochine. » Début d’une duperie qui durera jusqu’au départ des troupes chinoises qui n’aura lieu qu’un an plus tard, le 18 septembre 1946 (Gras, 1979, p. 74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français observent une intense activité américaine en Cochinchine grâce à la mise en place d’une ligne aérienne entre Calcutta et Saigon. Un rapport de Leclerc signale : « Une dizaine d’agents de l’O.S.S. se trouvent à Saigon où ils s’occupent officiellement des quelques prisonniers de guerre et internés américains dont le faible nombre ne justifie pas, semble-t-il, une mission aussi importante. » (Bodinier, 1987, p. 188) La récente venue de De Gaulle aux U.S.A. n’a donc visiblement en rien réglé ce problème récurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme La Laurentie (voir 24 août), Sainteny continue à jouer les pacificateurs (voir 5 septembre) : « Le G.R.A. [Gouvernement révolutionnaire annamite] ne cache plus son désir d’entente. Il insiste particulièrement pour qu’une conférence avec l’Amiral ait lieu avec prolongement et aboutissement à Paris. Pignon, qui a pris contact avec eux, est d’accord avec moi pour que cet engagement soit pris. J’insiste pour que nous maintenions le G.R.A. en selle en négociant, ce qui enlèvera ses chances de succès au mouvement annamite prochinois qui cherche à exploiter l’arrivée des Chinois et les difficultés croissantes du Viet-Minh. C’est la France qui doit être bénéficiaire de cette situation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 150-151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 septembre 45 : Face au désordre qui règne à Saigon (manifestations nationalistes), le général Gracey fait afficher une proclamation menaçante (voir 20 - 21 septembre) (Pedroncini, 1992, p. 392). Cédile, débordé, demande au général britannique de réarmer les militaires ex-prisonniers français. Malgré une directive datant du lendemain qui lui interdit de s’immiscer dans les affaires indochinoises, Gracey accepte (Devillers, 1988, p. 94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise (dirigée par Lu Quoc Chang, 16 000 hommes) est arrivée au Laos fin août. Théoriquement elle est uniquement là pour désarmer les Japonais. Le 20, un de ses détachements se rend à Luang Prabang sous les ordres du général Peng Tso Hi. Le 23 est organisé un banquet au cercle chinois, banquet où ont été invités le commandant Imfeld (commissaire de la République au Laos) et ses officiers. Ces derniers sont rapidement cernés et désarmés. Le général chinois exige d’eux le désarmement des unités franco-laotiennes. Imfeld doit céder. Le lendemain, les Français sont relâchés et reçoivent des excuses mais leurs armes demeurent confisquées (Gras, 1979, p. 83). La 93e division demeurera au Laos (Cadeau, 2019, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM signe le texte de loi n° 53 accordant la nationalité vietnamienne à toute personne née d’un père vietnamien. C’est, selon Goscha, un moyen « pour bloquer toute tentative coloniale d’attiser les antagonismes, réels ou supposés, entre les minorités et l’État central qui prétendait gérer l’intégrité du territoire. » (Goscha, 2011, empl. 926).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport à D’Argenlieu, Cédile (commissaire de la République au Sud) écrit : « Je sais qu’ils [les VM] sont loin de représenter l’unanimité du pays. Ils sont tout de même à sa tête et ont des moyens d’action non négligeables. Leur grand désir  serait d’envoyer l’un d’entre eux à Paris pour discuter avec le gouvernement de ce que nous pourrions appeler les « modalités d’application de la déclaration du 24 mars 1945 ». » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée depuis peu à Hanoï en provenance de Chine du général américain &#039;&#039;&#039;Douglas Gallagher&#039;&#039;&#039;. Il est venu prendre la tête de la &#039;&#039;United States Military Advisory Section&#039;&#039; auprès de la mission chinoise d’occupation. Admirateur d’HCM avec lequel il entretient des relations très cordiales, il irrite les Français et tout particulièrement Jean Sainteny qui l’accuse de vouloir favoriser le démantèlement de l’Empire colonial français cher à l’ancienne administration Roosevelt. Gallagher œuvrera au Tonkin jusqu&#039;à ce qu’il soit lâché par l’administration Truman qui entend, en Europe, se rapprocher des Français. Ce sera la fin de ce qu’on a l’habitude d’appeler la « parenthèse enchantée » entre les Américains et le VM. Il quittera ses fonctions le 12 décembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il envoie ce jour un rapport qui va dans le sens de ce que voulait entendre l’administration Roosevelt : « Le parti annamite, le Vietminh, conduit par Ho Chi Minh qui en est le Premier ministre, est définitivement en selle, et Ho Chi Minh est un vieux révolutionnaire, plusieurs fois prisonnier politique, un produit de Moscou, un communiste […] Son groupe est un amalgame de partis moins importants. Il y a peut-être quelques factions plus petites de bandits, mais elles sont négligeables, c’est lui la force dominante. Ils visent maintenant à leur indépendance, et il m’a dit, quant à la décision des grandes puissances en ce qui concerne la permission donnée à la France de revenir ou non, que son parti s’attendait à combattre, qu’ils étaient armés, bien approvisionnés, et qu’ils résisteraient à tous les efforts français pour dominer l’Indochine libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soutenu depuis le début par les catholiques et les bouddhistes, le gouvernement HCM prend un décret qui punit de peines sévères ceux qui s’en prennent aux églises et aux pagodes et troublent les pratiques religieuses (Gheddo, 1970, p. 52).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 septembre 45 : Le général Gracey fait afficher la « Proclamation numéro 1 » dans laquelle il s’attribue la responsabilité du maintien de l’ordre au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. À Saigon, la situation est toujours plus que chaotique : sabotages, vols, actes de vandalisme (Francini 1, 1988, p. 240 ; De Folin, 1993, p. 105). Gracey fait connaître ses intentions de rétablir les Français à Saigon. Il proclame &#039;&#039;&#039;une loi martiale&#039;&#039;&#039; qui concerne toute l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle  : « […] A) Aucune démonstration, aucun défilé ne sera autorisé. B) Aucun meeting public n’aura lieu. C) Aucune arme de quelque type que ce soit, y compris bâtons, lances de bambou, etc., ne sera portée, sauf par les Britanniques et soldats alliés, et par d’autres forces de police possédant une  autorisation spéciale décernée par moi-même. D) Le couvre-feu déjà imposé par mes ordres, par les autorités japonaises entre 21 h 30 et 5 h 30 à Saigon et Cholon sera maintenu et strictement renforcé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 53-54) La presse vietnamienne est interdite. Des tribunaux militaires sont instaurés et peuvent aller jusqu’à prononcer des peines de mort (Francini 1, 1988, p. 240 ; De Folin, 1993, p. 105). Avec cette « proclamation », le général Gracey outrepasse son mandat et s’immisce dans les affaires intérieures de la Cochinchine, alors que ses ordres lui interdisaient de se mêler du maintien de l’ordre. Il tente ainsi de favoriser le retour des Français (Cadeau, 2019, p. 146).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme approuvé par De Gaulle précise que le « gouvernement ne peut se prononcer actuellement sur la forme qu’il donnera le moment venu, à sa reconnaissance du droit des peuples de l’Indochine à participer à leur gouvernement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 114) Une fois de plus, la métropole, déconnectée des réalités, s’enferre dans son immobilisme colonialiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mountbatten fait savoir à Leclerc que Londres envisage « dans le plus bref délai, le retrait des troupes anglaises d’occupation. L’Angleterre et son nouveau gouvernement travailliste ne veulent à aucun prix être engagés dans des complications intérieures et internationales du fait de la situation troublée en Indochine et de l’intervention des troupes anglaises dans une affaire purement franco-annamite. » Londres envisage de ne plus envoyer de renforts au général Gracey et de laisser les Français gérer eux-mêmes le désarmement des Japonais. Le plan initialement prévu d’extension de la présence des troupes britanniques est donc sérieusement revu à la baisse (voir 12 et 25 septembre) (Bodinier, 1987, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han installe son Q.G. à Hanoi (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 25 septembre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 septembre 45 : Les Britanniques n’ayant qu’un faible effectif de 1 800 hommes sont inquiets de l’anarchie qui règne en Cochinchine. Ils rétablissent l’ordre à Saigon (réoccupation des bâtiments publics). Ils réarment les prisonniers français du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. (environ 1 500 hommes) de la caserne Martin-des-Pallières retenus par les Japonais depuis le 9 mars. Cédile n’avait pas jugé bon de libérer jusqu’alors, jugeant la situation trop explosive (Francini 1, 1988, p. 240).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu quitte Chandernagor pour Calcutta afin de se rendre à New Delhi pour y rencontrer le vice-roi lord Wavel. L’amiral voit là « le moment opportun de compléter ainsi nos données sur les arêtes de la politique anglaise en matière indochinoise. » (D’Argenlieu, 1985, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une conférence est présidée par l’amiral Mountbatten à Kandy en présence de Leclerc. Son chef d’état-major, le général Lecomte, en a établi un compte rendu : Mountbatten estime que Gracey a outrepassé ses ordres à Saigon. Leclerc, après avoir décrit la situation chaotique qui y règne, entre en colère et défend ce qu’a fait Gracey jusqu’alors, demandant à ce qu’on le maintienne en poste jusqu’à son arrivée. Au final, Mountbatten, bon an mal an, donne raison à Leclerc et Gracey. Les relations entre Leclerc et Mountbatten s’améliorent progressivement, alors que celles entre Leclerc et Gracey sont sous le signe de l’entente cordiale (De Folin, 1993, p. 106).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réarmement par les Britanniques des 1 500 hommes survivants du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. détenus par les Japonais. Ils sont épuisés (Bodin, 1996, p. 15). Selon Ruscio, le nombre de soldats français aurait pu atteindre les 2 000 hommes (Ruscio, 1992, p. 54). Leclerc, faute d’effectifs disponibles, n’autorise ce réarmement qu’à contrecœur, sachant que ces hommes humiliés et mal traités depuis le 9 mars seront plus enclins à se venger qu’à pacifier. L’avenir lui donnera raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 - 23 septembre 45 : Les Français, 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. poursuivent la réoccupation des principaux bâtiments publics à Saigon (commissariats de police, Sûreté, Trésor, Hôtel de Ville) et y font à nouveau flotter le drapeau français. Les hommes du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., enfermés depuis le 9 mars et réarmés depuis peu, se comportent mal à l’égard des Vietnamiens, commettant des violences et emprisonnant un millier de personnes. Ils sont rapidement réintégrés dans leurs casernes sur ordre de Cédile et du général britannique Gracey (De Folin, 1993, p. 107). Un rapport du 5 octobre décrivant le comportement des Français indiquera : « Des civils français exaltés se sont laissés aller à d’inutiles brimades  sur les Annamites […] A noter la défaillance générale de tous les Français d’Indochine, qui ne réalisent pas la gravité de la situation et ont seulement des vues vindicatives. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161) Le Vietminh (Comité de Libération du Nam Bo) est contraint de fuir car il considère ces actions comme des actes de guerre. Certaines troupes françaises sont donc rapidement désarmées et Gracey demande aux Japonais d’assurer à nouveau l’ordre dans la ville. Ce que ces derniers, à leur habitude, ne feront que très mollement (Francini 1, 1988, p. 240).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM, les caodaïstes, les Binh Xuyen migrent vers le sud et le sud-ouest de la Cochinchine au fur et à mesure que le corps expéditionnaire franco-anglais reprend les villes et les axes de communication (Goscha, 2002, p. 34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 septembre 45 : D’Argenlieu arrive à New Delhi pour y rencontrer le vice-roi, lord Wavel. Ce dernier indique qu’il « n’a pas à se mêler des affaires d’Indochine » qui sont du ressort de Mountbatten, commandant du S.E.A.C., qui doit appliquer les décisions qui ont été prises lors de la conférence de Postdam. Le seul point qui intéresse vraiment le vice-roi est que les troupes de Gracey sont en majorité des Gurkhas, recrutés au Népal ou en Inde. Selon Wavel,  « cet emploi ne doit impliquer à ses yeux aucune collusion sur le plan politique pour ou contre les autochtones. » La situation étant délicate en Inde pour les Britanniques qui y préparent leur départ, ces troupes doivent assurer au plus vite le désarmement des 60 000 Japonais au Sud et se retirer pour revenir rapidement en Inde (D’Argenlieu, 1985, pp. 56-57). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Britanniques, dépassés, accélèrent les choses et provoquent le &#039;&#039;&#039;débarquement par surprise des premiers éléments français à Saigon.&#039;&#039;&#039; Conjointement, ils s’emparent du centre de la ville avec l’accord du général Gracey et l’aide des 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. Le contrôle de la ville est finalement repris (Marangé, 2012, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Sainteny-HCM. Selon une source chinoise, le VM a fait connaître dès le 18 août les exigences qui sont au cœur de cet entretien : « 1. Le gouvernement français reconnaît le gouvernement vietminh. 2. Celui-ci reconnaît la souveraineté française pendant une période de 5 à 10 ans. Après cela, le gouvernement français accordera l’indépendance au Vietnam. 3. Pendant cette période de 5 à 10 ans, le Vietnam jouit de son autonomie interne. Le gouvernement français peut nommer du personnel à diverses administrations pour éviter l’invasion étrangère [des Chinois] 4. La France aura priorité dans l’industrie et le commerce. 5. Des Français pourraient être conseillers dans la diplomatie vietnamienne. » (Pedroncini, 1992, pp. 154-155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant rencontré Mountbatten, Leclerc envoie un télégramme à De Gaulle : « Parlant officiellement l’amiral Lord Louis Mountbatten renouvelant sa demande vous suggère de faire une déclaration nette et détaillée promettant formellement autonomie de l’Union indochinoise. Autonomie à l’instar du nouveau statut de la Birmanie qui a reçu promesse de l’indépendance […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 184, note 14) D’Argenlieu s’y opposera, avec l’approbation de De Gaulle (voir 26 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Confirmant le soutien des catholiques à la cause de l’indépendance, 4 évêques catholiques vietnamiens adressent au pape Pie XII une lettre lui demandant de soutenir leur cause : « Notre peuple a demandé à des quatre évêques d’offrir à Votre Sainteté l’hommage de son profond respect et d’implorer sa bénédiction […] en faveur de notre indépendance, qu’il a acquise et qu’il entend maintenir à n’importe quel prix […] Nous évêques vietnamiens, prions Votre Sainteté […] et tous les catholiques du monde, spécialement la France, de soutenir la décision prise pour notre chère patrie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 49) Une grande manifestation de soutien à l’indépendance et au régime du gouvernement HCM est organisée à Hanoï. Elle rassemble environ 40 000 fidèles accompagnés de leurs prêtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;En réaction au coup de force des Français, les Vietnamiens organisent une grève générale à Saigon ordonnée par le VM.&#039;&#039;&#039; Des groupes attaquent l’aéroport, incendient le marché central et attaquent les prisons. Les Anglais entendent se retirer au plus vite et demandent aux Français d’envoyer en urgence des  troupes. En commun, ils réoccupent les bâtiments publics occupés jusque-là par le VM. Giap considère dans ses mémoires que cette action des Français marque la véritable date du début de la guerre d’Indochine (Giap 1, 2003, p. 27). D’Argenlieu confiera de son côté ultérieurement à un correspondant du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; : « Lundi 24 septembre 1945, la guerre d’Indochine commence. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains hésitent à intervenir et n’émettent pas d’objections à ce que les Français récupèrent le matériel militaire américain qui avait été confié aux Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, des collaborateurs de Sainteny sont arrêtés et molestés en réaction aux événements. La période troublée est favorable aux rumeurs. La communauté européenne est menacée. Mais l’heure est à l’indépendance, même l’Église catholique vietnamienne y est favorable (Mgr Ngo Dinh Tu, frère de Diem) et soutient pour un temps le VM (De Folin, 1993, p. 117). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une rencontre a lieu entre HCM et le général américain Gallagher (voir 20 septembre). Ils évoquent la question des relations avec les Chinois et les Français. Ho lui confie qu’il se refuse à tout contact avec ces derniers. Sainteny doit rester cloîtré chez lui (Valette, 1994, p. 30). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon, le général Gracey (commandant les forces britanniques), outrepassant son mandat car persuadé que l’ordre doit être rétabli du fait d’infiltrations du VM non contrôlées par les Japonais, ordonne en fin de journée le nettoyage du quartier ouest de la ville. Cette action participera aux violences que va connaître la cité Héraud le lendemain (Valette, 1994, p. 45). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 24 - 25 septembre 45 : Suite à des provocations françaises, des bandes fanatisées de caodaïstes et de Binh Xuyen attaquent (avec la complicité du VM ?) les quartiers français de Saigon en coupant toutes les télécommunications. À 7 h 00, au moins 150 personnes sont exécutées dans des conditions atroces (Dalloz, 2006, p. 166 ; Devillers, 2010, pp. 42-43) et 200 otages sont pris, qu’on ne reverra jamais &#039;&#039;&#039;(massacres de la cité Héraud).&#039;&#039;&#039; Gracey mobilise ses troupes pour rétablir l’ordre. Les Japonais ne bougent pas. La caserne du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. est prévenue à 6 h 00 mais Cédile lui a donné l’ordre de ne pas intervenir du fait de son comportement précédent (voir 20 - 21 septembre). Ils n’interviendront qu’à 11 h 00 donc trop tard pour endiguer les massacres. Cédile, dont le prestige est déjà atteint auprès de la communauté française, gère mal l’affaire, plus préoccupé selon certains de négocier avec le VM que de protéger les ressortissants français. Ceux-ci s’en souviendront et exprimeront à son égard une rancune tenace (rapport de police sur ces événements : https://www.entreprises-coloniales.fr/inde-indochine/Massacres_cite_Heraud.pdf)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En métropole, ces événements ont peu de retentissement face à une opinion sous informée (De Folin, 1993, pp. 107-108 ; Francini 1, 1988, p. 242). Selon Philippe Devillers, il n’en est pas de même à Saigon : « Quoiqu’il en soit, la cité Héraud va désormais peser lourd sur les relations franco-vietnamiennes. Pour les Français de Saigon, il ne peut plus être question  de négocier ni même de discuter avec ces « Vietminh, tous des assassins, des bandes, des pirates, des bagnards, etc. Il n’y a plus qu’une solution : les écraser. » » (Pedroncini, 1992, p. 154) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 septembre 45 : Lettre de De Gaulle à Leclerc : « Votre mission est de rétablir la souveraineté française à Hanoï et je m’étonne que vous ne soyez pas encore là-bas. » C’est ce qu’avait prescrit le Général dans une lettre qu’il avait adressée à D’Argenlieu le 16 septembre (De Folin, 1993, p. 128). Jusqu’à cette date, Leclerc ne dispose que d’environ 2 500 hommes (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Leclerc-Salan à Kandy. Le premier déclare : « Mon plan vise à la nouveauté, trop de bouleversements se sont produits, il est impossible de maintenir l’ordre ancien. Il faut trouver une solution souple qui permette de sauvegarder ce qui doit l’être. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 187). Ce qui n’est absolument pas la position de D’Argenlieu, toujours en résidence à Chandernagor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès sa présence à Kandy, Leclerc envisage la reconquête du Tonkin et le fait savoir dans un rapport adressé à De Gaulle : « Dès que nous disposerons d’effectifs satisfaisants, nous les pousserons vers les points et centres importants qui doivent nous donner le contrôle du pays sans qu’on puisse préciser, pour le moment,  les modalités exactes de cette action. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 58) Il précise toutefois : « C’est toujours la danse sur la corde raide en attendant nos troupes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 67)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alessandri et Pignon demeurant au Tonkin, &#039;&#039;&#039;Sainteny, toujours sans directives, part pour Chandernagor rencontrer une première fois D’Argenlieu.&#039;&#039;&#039; Venant d’Hanoi, il l’informe de la situation chaotique au Nord. Le courant passe bien entre les deux hommes et D’Argenlieu dit de son interlocuteur : « À l’écouter, première impression favorable. Sainteny est quelqu’un. J’apprécie la netteté, la clarté, la fermeté de son exposé, et aussi l’aisance, la simplicité de ses réponses. Il discerne d’instinct l’essentiel de l’accessoire. » Pour autant, Sainteny estime que sa mission est terminée depuis l’arrivée du général Alessandri et de Pignon, son conseiller politique, au Tonkin. D’Argenlieu lui demande toutefois de la poursuivre sa mission car Alessandri lui semble « trop mêlé au régime de Decoux sous l’occupation japonaise pour réussir auprès des Chinois ». Quant à Pignon, il manque d’autorité. Selon D’Argenlieu, c’est aussi l’avis de Giaccobi, ministre de la France d’Outre-mer (D’Argenlieu, 1985, pp. 60-61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Chinois réclament à la Banque d’Indochine le versement de 40 millions de piastres pour frais d’occupation qui, selon eux, incombent à la France (Gras, 1979, p. 74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap (ministre de l’Intérieur) réquisitionne les ateliers et le matériel nécessaire à l’industrie d’armement. Le VM doit faire face à un double problème : le Vietnam est un pays essentiellement agricole et est donc peu industrialisé ; les ateliers devront être de petites tailles car immédiatement déplaçables en cas de conflit avec les Français (Giap 1, 2003, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à sa rencontre avec Mountbatten du 21, Leclerc observe dans un rapport « un changement très net dans l’attitude et la politique générale des Britanniques : L’Amiral Mountbatten m’a fait connaître que les plus récentes instructions venues de Londres lui imposaient d’envisager, dans les plus brefs délais, le retrait des troupes anglaises d’occupation. » Le nouveau gouvernement travailliste (voir 5 juillet) n’entend pas gérer durablement la situation chaotique qui règne en Indochine dans ce qu’il estime être « une affaire purement franco-annamite ». L’engagement du général Gracey auprès des Français n’est plus de mise et ses troupes ne seront pas renforcées. Même le désarment des Japonais passera au second plan à partir de novembre. Ce qui pose un problème pour Leclerc au vu de son faible contingent actuellement sur place : « Mon idée de manœuvre à cet égard sera la suivante : aussi longtemps que les forces françaises seront très faibles, il importe que la responsabilité entière du maintien de l’ordre soit assurée par les Anglais sinon nous courons le risque de voir se produire des événement analogues à ceux de Syrie. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Fall, le P.C.F. fait savoir au VM par l’intermédiaire de sa section de Saigon qu’une indépendance « prématurée » du Vietnam risquerait de « ne pas être dans la ligne des perspectives soviétiques » car elle « embarrasserait » l’U.R.S.S. dans ses efforts pour gagner la France en tant qu’alliée. Toujours selon le même, « c’est sans doute dans ces « perspectives » qu’il faut comprendre l’ultra-nationalisme des paroles de M. Thorez et aussi le fait qu’il ne se soit pas désolidarisé du budget militaire de 1947 [19 mars 1947] qui était en fait le premier budget de guerre pour l’Indochine. » (Fall, 1960, p. 117).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Appel de 4 évêques vietnamiens au pape Pie XII pour qu’il bénisse l’indépendance vietnamienne. Ce qui vaudra temporairement aux catholiques de la zone des Évêchés d’être ménagés par le VM pour leur engagement aux côtés du mouvement indépendantiste. La dégradation des relations se produira fin 1949- début 1950 (Fall, 1960, pp. 165-166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 45 : Les militaires français et britanniques reprennent, autant que faire se peut, le contrôle de Saigon. On déplore alors environ 300 morts français ou vietnamiens francophiles. La ville est en état de siège, ce qui n’empêche pas Tran Van Giau de mener un politique de terre brûlée : tout ce qui appartient aux Français ou à leur administration doit être détruit (centrale électrique, usine du service des eaux,  marché, etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au massacre de la cité Héraud, Giap publie un « avis à la population française » où il exprime « l’indignation unanime du peuple vietnamien ». Il ajoute : « Le gouvernement provisoire de la République du Vietnam n’usera pas de représailles contre les Français d’ici. Il a encore une fois prescrit le calme à la population vietnamienne, mais il ne tolèrera aucun acte de provocation, aucune tentative contre la sécurité d’indépendance du pays. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 154)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu a pris connaissance du télégramme de Leclerc du 23 septembre évoquant avec Mountbatten la question de l’« autonomie de l’Union indochinoise ». Il  envoie à son tour un télégramme à De Gaulle : « […] au sujet du paragraphe 6, ne crois pas nécessaire ni même indiqué si décidez de faire nouvelle déclaration d’aller au-delà déclaration 24/3. En effet, celle-ci  est à peine encore connue du public. Certaines personnalités Viet-Minh ayant eu connaissance déclaration se sont montrées très agréablement surprises [...] » (cité in Bodinier, 1987, p. 184) Visiblement, D’Argenlieu pratique l’art de la désinformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 septembre 45 : Assassinat à Saigon du lieutenant-colonel américain Dewey, chef de l’O.S.S. dans le Sud, près de l’aéroport de Than Son Nhut (voir 18 septembre). Il est difficile de savoir si cet assassinat est intentionnel ou s’il s’agit d’une simple méprise, l’homme ayant pu être pris pour un Britannique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc envoie au ministère des Affaires étrangères un télégramme de Kandy pour « protester énergiquement » contre l’attitude des Américains. D’une part, une déclaration du général Gallecher (représentant américain auprès de Lou Han) prétend que les Français veulent restaurer un protectorat. D’autre part, les représentants de l’O.S.S. ont reçu l’ordre de ne plus prêter assistance aux prisonniers français du camp de Vinh qui « subissent sévices et tortures ». Leclerc dénonce également des interventions américaines malveillantes au Laos (Bodinier, 1987, p. 193).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hanoi, cérémonie organisée par les Vietnamiens pour la reddition de la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée japonaise. Toutes les autorités sont conviées au palais du gouverneur général. Le général Alessandri (ex-commandant des forces françaises stationnées en Chine du Sud, délégué du haut-commissaire)  apprenant que l’on a retiré les couleurs françaises et l’attribution du numéro 114 dans l’ordre de préséance refuse d’y assister. Selon le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039;, « les Chinois expliquent cette absence du drapeau français en affirmant que seuls les pavillons des grandes puissances ayant assisté à la conférence de Potsdam devaient figurer à la cérémonie. » (Sainteny, 1967, p. 122 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 2 octobre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tchang Kaï Check déclare ne pas vouloir que la Chine s’immisce dans les affaires intérieures du Vietnam. Or avec l’arrivée du général Lou Han et de son armée d’occupation, c’est tout le contraire qui va se produire : les Chinois favoriseront l’installation au Tonkin des partis qui leur sont inféodés : le D.M.H. et le V.N.Q.D.D. (Cesari, 2013, p. 32).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 septembre 45 : Du fait de l’absence de Sainteny parti pour Chandernagor le 25, le général Alessandri rencontre HCM et Hoang Minh Giam (secrétaire général du G.R.A.) en compagnie de son  conseiller politique, Léon Pignon, à Hanoi. Il lui annonce que D’Argenlieu est prêt à recevoir un représentant du gouvernement provisoire sous certaines conditions. Selon un télégramme de Pignon qui rend compte de l’entrevue, HCM a affirmé que la campagne actuelle de violence « cesserait quand indépendance [serait] acquise. Il garantit [une] entente pour nos intérêts économiques, culturels et militaires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 95)  Mais Pignon demeure prudent : « Mon impression est qu’il n’existe pas de solution amiable à situation actuelle. » Les entrevues se poursuivront cependant et aboutiront aux accords Ho Chi Minh-Sainteny du 6 mars 1946. Sainteny prendra le relais mais les discussions achopperont toujours sur deux questions-clés, celle de l’unité du Vietnam et de son indépendance (Varga, 2009, p. 282 ; Sainteny, 1967, p. 52 et 162 ; Pedroncini, 1992, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alessandri et Pignon dépeignent HCM comme « une forte et honorable personnalité, [à] l’allure ascétique. » Sainteny dit de lui : « De tous les révolutionnaires de Hanoi, le plus accommodant et le plus réaliste, celui qui repousse les solutions de force et cherche l’entente avec la France, c’est Ho Chi Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 133). Nombre de ses interlocuteurs semblent toutefois ignorer sa détermination en faveur de l’indépendance, qu’il dissimule sous des aspects ouverts car il sait que ses forces ne sont pas pour l’instant suffisantes pour obtenir plus (De Folin, 1993, p. 133).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette époque, HCM se sait faible. Il est, de plus, isolé diplomatiquement. Son gouvernement n’est reconnu par aucune capitale étrangère. Il est assez peu soutenu tant par les Russes, les Américains, les Chinois (Tchang Kaï Chek) ou les Britanniques. Du fait de cette faiblesse, le réalisme lui impose de s’entendre au mieux avec la France dirigée par des équipes issues de la Résistance ou du P.C.F. Il ouvre donc des négociations secrètes avec les Français pour contrer les Chinois mais fait à chaque fois valoir deux conditions incontournables : l’indépendance et réunification du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu envoie de Chandernagor à Paris une « Note sur le Viet-Minh (en réponse à la question posée par le général De Gaulle sur sa nature à la suite de la conférence de M. Laurentie ») dans laquelle il insiste particulièrement sur la nature communiste du   mouvement : « Le Viet-Minh tel qu’il existe provient d’un noyau constitué en 1941 par Nguyen Ai Quoc, alias Ho Chi Minh, vieux révolutionnaire annamite communiste, aujourd’hui président du G.R.A. [gouvernement révolutionnaire annamite] à Hanoi ; le noyau dont l’armature a été fournie par le P.C.I., présente effectivement une certaine cohésion par l’emploi des cadres et des méthodes du P.C.I. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 63)  L’amiral, qui a ce jour n’a jamais rencontré le moindre membre du VM puisqu’il réside toujours à Chandernagor, doute à tort de sa représentativité et voit en lui un « front national » regroupant des tendances diverses et opposées : « traiter uniquement avec le Viet-Minh serait aujourd’hui une erreur […] cela ne signifie pas qu’il ne faille ne pas prendre contact avec le Viet-Minh. Il est formé d’éléments tellement divers que des ententes locales et limitées peuvent se réaliser. Mais il faut absolument se garder de voir dans le Viet-Minh une force cohérente et organisée, ayant en main tous les pays annamites, soit matériellement, soit politiquement, et capable de faire respecter un traité qui serait passé avec elle. » Selon lui, il faut « entrer d’avantage en contact avec les différentes tendances, extérieures (certaines ont été évincées parce que profrançaises), aussi bien qu’intérieures au Viet-Minh. C’est pour nous le seul moyen d’agir dans le concret et aussi le seul d’éviter un regroupement autour d’un noyau, alors que ce regroupement ne pourrait se faire que contre nous. Il apparaît de plus en plus, sur place, combien grave il eût été d’agir comme si le Vietminh était le représentant unique et qualifié des populations annamites. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 149-150) Le ministère des Affaires étrangères et la D.G.E.R. partagent cet avis. Une campagne contre le VM est lancée par des gens qui le connaissent très mal, ne sont pas sur place, ne répondent pas toujours aux observations ou demandes de ceux qui y sont et se construisent un jugement aussi péremptoire qu’approximatif en lisant des rapports…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Gracey et Cédile (commissaire de la République pour le Sud) se rendent à Singapour où ils rencontrent Mountbatten et le secrétaire d’État à la Guerre anglais, Lawson. Pour Mountbatten, les Japonais doivent conserver la responsabilité du maintien de l’ordre que, dans les faits, ils n’assument pas… Ce sont les Britanniques qui aideront les Français en cas de besoin par le maintien de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne et ce, jusqu’à ce que Leclerc et ses troupes débarquent. Gracey et sa division sont donc confirmés. Leur rôle est théoriquement purement défensif mais dans la réalité toute latitude leur est laissée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voulant intervenir le moins possible dans les affaires françaises, les Anglais demande à Cédile de reprendre les négociations avec les Vietnamiens (Francini 1, 1988, pp. 243-244).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Sihanouk à l&#039;amiral français Thierry d&#039;Argenlieu, haut-commissaire pour l&#039;Indochine, proposant de négocier les termes de l&#039;indépendance du Cambodge : « […] Le Cambodge a recouvré son indépendance après les événements du 9 mars 1945, indépendance sanctionnée par &#039;&#039;Krom&#039;&#039; n° 3-NS promulgué le 13 mars 1945. Nous sommes disposés à traiter avec la France et à accepter d’avoir avec elle des relations amicales d’ordre politique, économique et culturel, relations qui, toutefois, ne doivent pas être de nature à porter atteinte à l’indépendance de notre patrie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Tong, 1972, p. 39) Les Français, accaparés par la situation explosive au Vietnam, laisseront traîner les choses à souhait au Cambodge en pratiquant la sourde-oreille jusqu’en 1953…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Gallagher (voir 20 septembre) rencontre HCM. Les deux hommes évoquent les relations avec les Chinois et les Français. HCM prévient son interlocuteur qu’il ne veut avoir aucun contact avec ces derniers. Sainteny doit rester cloîtré chez lui (Valette, 1994, p. 30).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Arrivée du général Leclerc à l’aéroport de Saigon.&#039;&#039;&#039; Il est accueilli par le major-général anglais Gracey (commandant la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue) et le colonel Cedille (commissaire de la République au Sud). A 16 heures, il se met immédiatement au travail dans le palais du Gouvernement général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 septembre 45 : La 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne (Gurkhas) est désormais au complet après son débarquement entier (De Folin, 1993, p. 106). Le rapport des forces évolue alors en faveur des Franco-Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux toujours retenu en résidence surveillée et gardé par les Japonais dans la plantation de Loc Ninh apprend son futur transfert vers la France (Decoux, 1949, p. 466).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​31 septembre 45 : Sainteny a de plus en plus de mal à s’imposer à Hanoi faute d’une reconnaissance officielle de sa fonction par le gouvernement français. Japonais, Chinois, Vietnamiens et Américains veulent l’évincer. Il télégraphie à Calcutta : « Ma mission doit être officialisée et non désavouée comme elle paraît l’être actuellement, ce dont le Vietminh, les Japs et les Alliés s’empressent de tirer avantage aux dépens de la France. » (Sainteny, 1967, p. 92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le nationaliste pro-japonais Song Ngoc Thanh fait nommer au poste de directeur de la police nationale le futur maréchal Lon Lol (celui qui destituera Sihanouk en 1970) (Cambacérès, 2013, p. 52).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Août 1945</title>
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		<updated>2026-07-31T13:06:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Août 45 : Au Laos, profitant du vide politique laissé par la capitulation japonaise, le P.C.I. donne l’ordre de mettre en place des comités révolutionnaires. Selon HCM, « la sécurité du Vietnam révolutionnaire indépendant ne sera jamais assurée si le Laos n’est pas dans la sphère d’influence, et, mieux, étroitement lié. » (cité in Deuve, 1995, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début août 45 : Reconstitution de l’unité du Vietminh par le ministre des Affaires étrangères, &#039;&#039;&#039;Tran Van Chuong.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’entrée, pour le VM, la décision de lancer l’insurrection générale s’élabore, sans consulter ni les Russes ni les Chinois. Cette pratique a un double avantage. Celle d’être diplomatiquement autonome et indépendant. Elle permettra également aux communistes vietnamiens de toujours entretenir de plus ou moins bonnes relations avec ces deux pays et d’obtenir une aide des deux parties, y compris lorsque les relations entre la Chine et l’U.R.S.S. se dégraderont.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais qui mesurent la popularité grandissante du VM dans la population agissent de moins en moins contre lui. On négocie pour ménager l’ordre et soutenir ainsi Bao Daï et son gouvernement projaponais (Pedroncini, 1992, p. 41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps expéditionnaire français est constitué de deux divisions. La 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C., équipée d’un matériel usagé, peut être envoyée en Indochine dans un délai de un mois. La 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.E.O., qui sera transformée en 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. le 14, doit l’être quant à elle pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre (Bodinier, 1987, p. 32). Elle sera renforcée par des éléments la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. à partir du 16.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 45 : Sainteny, ayant fait le point sur les demandes du VM (voir 25 juillet), demande à Calcutta d’agir sur Paris pour que De Gaulle désigne un représentant de la France capable de lui indiquer les limites à accorder dans les concessions et quels sont les engagements pouvant être considérés par lui comme acceptables (Devillers, 1988, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’attitude de la population française en Indochine à l’égard de la Résistance française antijaponaise demeure dans une expectative attentiste. Une note de situation sur l’Indochine issue de la plume de Jean Royère à Kunming observe : « Dans l’ensemble, 80 % de la population française se dit « gaulliste », mais d’un gaullisme un peu particulier. En effet, d’une part, l’action des « partisans » se borne à des discussions sous le manteau, d’autre part, bon nombre d’entre eux approuvent toujours la politique intérieure de Pétain et considèrent avec méfiance le Gouvernement d’Alger (pour des éléments de gauche) […] La plupart des « gaullistes » se trouvent parmi les non-fonctionnaires. Dans l’administration, la majorité reste neutre et se trouve placée entre la crainte d’être révoquée après la libération et celle d’être internée si elle manifeste des sentiments anti-vichystes. Parmi les hauts-fonctionnaires, une minorité apparaît collaborationniste […] La Légion est toujours active […] Le sentiment général est plutôt pro-américain. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 61) Selon Turpin, « le problème fondamental que devait résoudre le G.P.R.F. est qu’il y avait indéniablement une étroite communauté de vue entre l’amiral Decoux et les Français d’Indochine quant à la politique à mener vis-à-vis des Japonais. » (ibid.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Paul Mus (agent des services spéciaux de la France libre qui connaît parfaitement l’Indochine pour y avoir vécu) écrit une « Note sur la crise morale indochinoise » encore plus pessimiste : « Malaise, reconnaît-on mais ce terme est un euphémisme quand les nationaux de ce pays que nous venons de perdre nous réclament l’indépendance totale ou ne désavouent pas ceux qui la réclame et quand ils se refusent à nouer des relations avec l’administration française. Nous sommes devant une crise de croissance et, ce qui la caractérise, c’est que l’élite indochinoise s’en est aperçue plus vite et plus complètement que nous. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 50)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 août 45 : &#039;&#039;&#039;Fin de la Conférence de Postdam&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 202). La partition du Vietnam en 2 zones d’occupation est actée : au Nord par les Chinois, au Sud par les Britanniques. Le Français n’ont pas été invités et, pour l’instant, n’ont pas été mis au courant de cette partition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 août 45 : &#039;&#039;&#039;Première bombe atomique américaine sur Hiroshima.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny n’ayant obtenu satisfaction à sa demande du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; revient à la charge. Les dirigeants du VM sont « désireux d’avoir affaire à des négociateurs habilités à discuter avec eux les bases d’un accord qu’ils souhaitent définitifs. » Il espère la venue d’administrateurs de la mission coloniale de Calcutta (De Raymond, Pignon ou Messmer) car il a le sentiment que des portions du territoire tonkinois vont être libérées et que des décisions rapides, énergiques et grosses de conséquences vont devoir être prises sans retard  (Devillers, 1988, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 août 45 : Le vice-amiral Thierry D’Argenlieu apprend de la bouche de Gaston Palewski l’intention de De Gaulle de le nommer haut-commissaire en l’Indochine (voir 13 août). Ce poste est demeuré vacant depuis le 9 mars avec la capture de l’amiral Decoux par les Japonais. D’Argenlieu acceptera dès le lendemain de cette annonce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Chennault, commandant la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée de l’air basée en Chine, et qui a toujours adopté une position francophile contre l’avis de son supérieur le général Wedemeyer et des Chinois, est contraint de quitter l’Indochine (Sainteny, 1953, p. 30, note 1). Les Français perdent avec lui l’un de leur très rare appui américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM rejette définitivement les derniers liens avec le « Gouvernement Républicain provisoire du Vietnam » basé en Chine (voir 25-28 mars 1944). Sous l’effet d’un « noyautage » progressif, 11 de ses membres sur 14 appartiennent désormais au VM ou au P.C.I. Il contrôlera tout le N-V dès la défaite des Japonais (voir 13 août) (Fall, 1960, p. 38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 août 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu accepte le poste de « haut-commissaire » en Indochine.&#039;&#039;&#039; Il a refusé l’appellation de « gouverneur général » qui symbolise trop, selon lui, la période coloniale. Selon Cadeau, le titre de « haut-commissaire a l’avantage de signifier une relation directe avec le chef du gouvernement. » (Cadeau, 2019, p. 139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement nationaliste de Tran Trong Kim, qui n’a pas su faire face au chaos (voir 9 - 10 mars) et s’est avéré rapidement dépassé par la situation alors que les Japonais sont en pleine déroute, présente sa démission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï obtient des Japonais la rétrocession de la Cochinchine, ce qui rétablit l’unité du Vietnam (Marangé, 2012, p. 145). Des gouverneurs sont nommés pour le Nord et le Sud. Il y a donc un retour de la réunification du pays mais octroyée par des Japonais qui sont en train de perdre la guerre. Pour autant, Bao Daï n’oubliera jamais ce don des Japonais et demeurera à jamais intransigeant sur la question de la réunification de son pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’U.R.S.S. déclare la guerre au Japon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 août 45 : &#039;&#039;&#039;Deuxième bombe atomique américaine sur Nagasaki.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, après le coup de force des Japonais du 9 mars, la situation est demeurée calme. Le pays ne connaît pas les passions nationalistes de son voisin vietnamien et vit dans une forme d’attentisme. Les Japonais ont transféré le pouvoir à Sihanouk qui doit l’exercer avec un gouvernement sous le contrôle d’un « conseiller suprême » nippon. Les Japonais ont cependant fait nommer au poste de ministre des Affaires étrangères un khméro-vietnamien de la communauté Khmère Krom (minorité cambodgienne de Cochinchine), Son Ngoc Thanh. Ce dernier avait dû se réfugier en 1942 à Tokyo tant il s’était compromis avec les Japonais. &#039;&#039;&#039;Par un coup d’État, à la veille de leur capitulation, les Japonais obligent Sihanouk à remettre le pouvoir aux nationalistes sous la direction de leur protégé&#039;&#039;&#039; qui fait arrêter le premier ministre Ung Hy et le remplace. Ses partisans se rendent en force chez Sihanouk qui doit renoncer à toute forme de pouvoir. Sentant le danger lié à la situation précaire des Japonais, le roi temporise (Gras, 1979, pp. 54-55 ; Cambacérès, 2013, pp. 49-50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, les Japonais libèrent un grand nombre de prisonniers politiques que les Français avaient emprisonnés ou envoyés au bagne. Ces derniers reprennent rapidement leurs activités subversives en se dirigeant vers les villes, ce qui va sérieusement compliquer la tâche des autorités coloniales (Devillers, 1988, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les demandes pressantes de Sainteny pour obtenir de nouveaux interlocuteurs audibles côté français (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) et des instructions claires pour négocier, le colonel Roos (commandant la D.G.E.R. à Kunming) se contente de lui donner l’ordre « de descendre si possible sur Hanoi. » (Turpin, 2005, p. 118) C’est faire preuve d’un optimisme exagéré car les Chinois ne l’entendent pas de cette oreille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 août 45 : &#039;&#039;&#039;HCM lance un ordre d’insurrection général&#039;&#039;&#039; qui n’est pas contré par les Japonais. Il n’y a pas à proprement dire de bain de sang (Cadeau, 2019, p. 122), même si des morts et des blessés sont à déplorer dans les jours à venir (Ngo Van Chieu, 1955, pp. 34-35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français sont tardivement mis au courant des décisions de la Conférence de Postdam et les accueillent avec stupeur (Francini 1, 1988, p. 224). Un rapport de l’état-major de Leclerc en date du 25 septembre spécifiera : « C’est en arrivant ici que le général [Leclerc] a appris les clauses de Postdam et la coupure de l’Indochine en deux, de la bouche de Mountbatten. Et ce dernier lui a même confié : si Roosevelt vivait encore vous ne rentreriez pas en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 115, note 9)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archimedes Patti (major dans l’O.S.S.) déclare à ses subordonnés : « Les Chinois ont toute latitude pour rentrer en Indochine quand il leur semblera bon. Ne vous en mêlez pas. Notez qu’en tant qu’Américain, il est dans notre intérêt de rester impartiaux. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Georges Bidault (Affaires étrangères) à René Massigli (ambassadeur de France à Londres) : « L’emploi de la bombe atomique et l’entrée en guerre de l’U.R.S.S., en faisant prévoir une fin très prochaine du conflit, ont donné à cette préoccupation [retour d’une souveraineté française en Indochine] un caractère d’extrême urgence. Il importe donc que vous fassiez valoir chaque fois que vous en aurez l’occasion que la rapide reprise en main administrative de l’Indochine par les autorités françaises permettra seule d’éviter des désordres préjudiciables à la conduite des opérations de guerre en Extrême-Orient […] Il serait d’un égal intérêt pour le fondement d’une paix durable en Asie, qu’une administration compétente et forte, agissant en coopération complète avec les Alliés, y fut réinstallée […] Un effort particulier sera tenté auprès des Américains, en vue de la résolution la plus rapide de ces problèmes à l’occasion de la prochaine visite du général De Gaulle à Washington. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin 2005, p. 114, note 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Thanh est nommé premier ministre de par la volonté de l’occupant japonais (Sihanouk, 1979, p. 231).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 août 45 : Leclerc est mis au courant par Juin (chef d’état-major) de sa nomination comme commandant supérieur des troupes en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM fait savoir qu’il est prêt à se rendre à Kunming pour entrer en contact avec les Français et leur demander de préciser leur position. Une équipe américaine se charge de rapporter à Kunming les demandes des Vietnamiens pour les transmettre à Sainteny à Mission 5. Ils demandent le suffrage universel pour l’élire un parlement, l’indépendance dans laps de temps de 5 à 10 ans, que l’on accorde aux Indochinois les libertés définies par la récente charte des Nations Unies (Devillers, 1988, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Roos, commandant la D.G.E.R. à Kunming, informe Mountbatten de l’envoi de 6 équipes de reconnaissance clandestines sur Hanoi (dirigée par Messmer), Saigon (dirigée par Cédile), Vinh, Sept Pagodes, Hué et Phnom Penh. Ces opérations, menées avec des « bouts de chandelles » et une bonne dose d’improvisation, faute de mieux, se solderont toutes par des échecs (Turpin, 2005, p. 118-119, note 35). Messmer sera très critique sur les compétences de son supérieur et de son équipe. Ils pensent, à tort, appliquer au Tonkin où les populations sont hostiles au retour des Français, ce qui avait fonctionné au moment de la Libération en métropole (Turpin, 2005, p. 120, note 49).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soulèvement populaire à Ha Tinh (sud-est de Vinh) (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 août 45 : Après son échec à rencontrer des autorités compétentes lors de sa visite à Paris, Sainteny adresse aux autorités françaises un nouveau télégramme d’alerte : « En fait Chinois préparent nettement curée au Tonkin et multiplient embûches pour s’opposer à l’intervention des troupes Alessandri et nos commandos […] Suis inquiet constater Calcutta comme Paris ne semblent pas comprendre gravité situation. Je répète Chinois soutenus par certains grands chefs américains s’évertuent à nous éloigner Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1967, p. 49). Il réitèrera son alerte le 13, toujours en vain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Promulgation de l’ordre d’insurrection du VM dans la zone libre. Attaque de plusieurs postes dans la région de Thaï Nguyen qui est libéré (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 août 45 : &#039;&#039;&#039;Le Parti communiste indochinois&#039;&#039;&#039; (P.C.I.) organise une « conférence nationale » dans le village de &#039;&#039;&#039;Tran Tao&#039;&#039;&#039; (Moyenne Région, près de Tuyen Quang) et &#039;&#039;&#039;décide de s’emparer du pouvoir&#039;&#039;&#039; du fait du départ éminent des Japonais, avant l’arrivée des Alliés, afin que ceux-ci se trouvent devant un fait accompli. A cette époque, le P.C.I. n’est constitué que de 5 000 membres pour une population de 23 millions d’habitants au Vietnam. C’est dire sa faiblesse, d’autant plus qu’il ne bénéficie d’aucun soutien communiste étranger. De plus, il a également été victime de la répression coloniale depuis ses débuts. Dans un premier temps, il a beaucoup de mal à réunir ses membres et à les faire communiquer entre eux. HCM n’en constitue pas moins un &#039;&#039;&#039;« Comité de libération du peuple vietnamien »&#039;&#039;&#039; constitué de 14 membres tous communistes : Giap, Pham Van Dong, Chu Van Tan, Nguyen Luong Bang, Duong Duc Hien, Cu Huy Can, Nguyen Van Xuyen en font partie (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Francini 1, 1988, pp. 202-203). Le Comité décide de « s’emparer du pouvoir des mains des fascistes japonais avant l’arrivée des Alliés » et lance un appel à l’insurrection générale. Les Japonais, soucieux de contrecarrer le retour des Français et de pratiquer le politique du pire, sont tout disposés à lui céder le pouvoir (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Truong Chinh (voir rubrique « acteurs politiques ou militaires »), « pendant ce congrès historique, le parti communiste indochinois soutient une politique extrêmement claire : provoquer l’insurrection des masses afin de désarmer les Japonais avant l’arrivée des forces en Indochine ; arracher le pouvoir des mains des Japonais et de leurs hommes de paille et enfin accueillir en représentant du pouvoir les forces alliées venues désarmer les troupes japonaises stationnées en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 22-23)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission Thomas (groupe de résistance français) accompagne, sans prendre part aux combats, des troupes vietminh conduites par Giap. Elles s’emparent de la garnison japonaise de Thaï Nguyen (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 15-16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle reçoit D’Argenlieu et lui annonce sa nomination officielle au poste de « haut-commissaire »&#039;&#039;&#039; et non de « gouverneur général », fonction qui l’aurait obligé de passer ses communications avec le gouvernement par le biais du ministère des Colonies. Il lui confie qu’il ne veut pas nommer Leclerc commandant en chef autonome. Même si ce dernier est plus prestigieux dans sa carrière militaire, c’est l’amiral qui doit occuper cette fonction pour « prévenir tout conflit d’autorité en rassemblant tous les pouvoirs en la personne du Haut-commissaire » (voir 15 août) (D’Argenlieu, 1985, p. 29). Ce choix assez maladroit de De Gaulle au niveau des prérogatives n’empêchera pas l’existence rapide de fortes tensions entre les deux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un document non retrouvé dans les archives et fixant les attributions de chacun a été rédigé le 13 par Leclerc et d’Argenlieu. L’expression « commandant en chef » y figurait-elle ? Probablement. Ce qui est sûr, c’est que ce document a été retoqué par De Gaulle dès le lendemain de sa rédaction. Une copie du décret du 2 mai 1939 a été retrouvée dans les papiers de Leclerc. Elle précise que « les commandants en chef sur les théâtres d’opérations coloniaux [reçoivent] directement du gouvernement leurs directives pour la conduite des opérations militaires. » (Pedroncini, 1992, pp. 89-90)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 août 45 : Le 11 mars, Bao Daï a proclamé l’indépendance de l’Annam et du Tonkin. La Cochinchine est demeurée jusqu’alors sous domination japonaise. Cette fois, avec l’accord des Japonais (voir 11 juin), Bao Daï annonce l&#039;annexion de la Cochinchine, colonie française, à une république du Vietnam  qui est proclamée ce jour à Saigon. Le chef de l’État y nommera le 19, soit 4 jours après la capitulation japonaise, Nguyen Van San, au rang de vice-roi. Le gouverneur japonais Fujio Minoda lui transmettra brièvement les pouvoirs, avant l’arrivée en force du Vietminh ce même jour (Pedroncini, 1992, p. 40). Par le bais de cette passation de pouvoir, les Japonais tentent de rallier, malgré leur départ inéluctable, tous les pronippons : Caodaïstes, Hoa Hao et même les trotskystes (Devillers, 2010, p. 54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle déclare à nouveau vouloir « rétablir la souveraineté de la France dans les territoires de l’Union indochinoise » (De Folin, 1993, p. 128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, les Japonais cèdent le pouvoir à des organisations anticoloniales qui leur étaient auparavant hostiles, notamment aux nationalistes du Front national unitaire (F.N.U.). Celui-ci appelle à une vaste manifestation prévue pour le 21 en faveur de l’indépendance. Pour rallier ces forces nationalistes tout en leur mentant, Tran Van Giau, chef du Comité exécutif provisoire et futur dirigeant le Comité du Nam Bo (voir 25 août), cherchera à les convaincre du fait que les alliés ont reconnu le VM et que l’arrangement conclu avec les Japonais ne peut que nuire à l’indépendance (Marangé, 2012, p. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Kandy (Ceylan), le général américain McArthur est investi du commandement suprême des forces alliées (Pedroncini, 1992, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Donovan, dirigeant l’O.S.S. à Washington, donne l’ordre d’envoyer 6 équipes au N-V placées sous la responsabilité du major Archimedes Patti. Du fait de tergiversations, ordres et contre-ordres, ces équipes ne partiront au final que le 22 août (Pedroncini, 1992, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Thanh devient président du conseil des ministres. Son gouvernement pro-japonais demeurera en place jusqu’au 16 octobre (Jennar, 1995, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième quinzaine d’août 45 : Le G.P.R.F. soumet aux Britanniques plusieurs memoranda portant sur les affaires civiles relatifs au stationnement des troupes britanniques au sud de 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ils seront approuvés par De Gaulle le 29 septembre (voir 8 octobre) (Turpin, 2005, p. 153). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 août 45 : &#039;&#039;&#039;Reddition du Japon qui signe un armistice.&#039;&#039;&#039; A ce moment, environ 70 000 Japonais occupent l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Vietminh lance immédiatement un ordre de soulèvement général qui sera surtout suivi dans les grandes villes. Hanoi et Saigon sont aux premières loges.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence française en Indochine se résume à 22 groupes de résistance disposant d’environ 3 200 partisans et 21 stations-radio basées dans les hautes régions du Laos et du Tonkin (Turpin, 2005, p. 92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ambassadeur des États-Unis à Paris informe officiellement (mais tardivement…) le ministre des Affaires étrangères Georges Bidault de la décision majeure de la conférence de Postdam concernant le Vietnam, à savoir son partage en deux parties au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, avec une zone d’occupation chinoise au Nord et une autre britannique au Sud (Pedroncini, 1992, p. 92, texte cité p. 367).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains fournissent une quantité d’armes limitée au VM par le biais d’un membre de l’O.S.S., le major Allison Thomas (Cesari, 2013, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 – 30 août 45 : Une vingtaine d’équipes de la D.G.E.R. du colonel Ross sont parachutées au Vietnam (Sainteny à Hanoï ; Cédile à Saïgon), Laos (colonel Imfeld) et Cambodge (commandant Gallois) (Valette, pp. 39-40). Leurs destinées seront diverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 août 45 : &#039;&#039;&#039;Capitulation du Japon&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, pp. 125-126). Le général japonais Tsushihashi remet ses pouvoirs politiques au délégué impérial tonkinois Phan Ke Toai, un personnage tout acquis au VM. Le général Terauchi, commandant en chef de l’armée du Sud, donne l’ordre à toutes les troupes japonaises d’Asie du Sud-est de cesser le combat (Pedroncini, 1992, pp. 41-42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création en métropole d’un groupement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. sous le commandement du lieutenant-colonel Massu (2 200 hommes avec un escadron équipé de blindés légers et d’automitrailleuses). Cette unité ne sera débarquée en totalité que le 15 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un « Congrès national du peuple » se réunit à Tan Trao (Tonkin)&#039;&#039;&#039;. Des centaines de délégués du VM convoqués, seule une soixantaine arrive à destination. Ils élisent un &#039;&#039;&#039;Comité de Libération nationale,&#039;&#039;&#039; véritable gouvernement provisoire. HCM est élu président à l’unanimité (Francini 1, 1988, p. 203). &#039;&#039;&#039;C’est le signal pour lancer l’insurrection générale préparée de longue date et entamer une marche sur Hanoi où le VM espère s’emparer du pouvoir et négocier en position de force avec les Alliés. On parle alors de « moment opportun » pour s’emparer du pouvoir. Des ordres sont envoyés en ce sens aux membres du VM et du P.C.I. au Tonkin, en Annam et en Cochinchine&#039;&#039;&#039; (Marangé, 2012, p. 146). C’est lors de ce congrès qu’HCM exhibe une photographie de lui-même en compagnie de général américain Chennault laissant ainsi entendre qu’il bénéficie de l’appui des Américains (Cesari, 2013, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny ne parvient pas à rejoindre Hanoi par avion comme le lui avait demandé le colonel Roos, commandant la D.G.E.R. Les Américains de l’O.S.S. et les Chinois le bloqueront d’un commun accord jusqu’au 22 (Francini 1, 1988, pp. 225-226 ; Sainteny, 1967, pp. 60-69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’averti depuis fin juillet de la partition de l’Indochine en deux zones d’occupation, &#039;&#039;&#039;De Gaulle réagit tardivement pour constituer une équipe de gouvernance pour l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Après une révision laborieuse des textes d’attribution de fonctions (voir 13 et 14 août) et une réunion du Comité de Défense, &#039;&#039;&#039;il nomme l’amiral Thierry D’Argenlieu au poste de haut-commissaire en Indochine et commandant en chef du C.E.F.E.O.&#039;&#039;&#039; L’instruction précise :   « Il a pour première mission de rétablir la souveraineté française dans les territoires de l’Union indochinoise. » Du fait de son titre de haut-commissaire, il dépend dans ses attributions uniquement du seul chef du gouvernement (D’Argenlieu, 1985, p. 27). Il entrera en fonction le 31 octobre et occupera le poste jusqu’au 5 mars 1947. L’homme connaît la région puisque De Gaulle l’avait nommé haut-commissaire pour le Pacifique dès 1941.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle nomme également ce même jour le général Leclerc au poste de « général commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient […] chargé, sous l’autorité du haut-commissaire, de prendre toutes les mesures tendant au rétablissement de cette souveraineté. »&#039;&#039;&#039; Leclerc n’accepte cette fonction qu’à contre-cœur, il aurait préféré être nommé au Maroc. Il est pour l’instant le plus haut gradé et a d’entrée du mal à accepter ce statut de subalterne. De plus, leur conception de la mission qui leur est confiée diffère. Le général, contrairement à D’Argenlieu, comprendra vite que la solution est de trouver un compromis politique avec les Vietnamiens. D’Argenlieu lui s’en tiendra aux paroles de De Gaulle, à la déclaration du 24 mars qui entend mettre en œuvre le strict rétablissement de la souveraineté française. Pour complexifier encore un peu plus les choses, jusque-ici, les deux hommes ignorent l’un comme l’autre les décisions qui ont été prises à Postdam et qui sont restées secrètes jusqu’au 15, notamment la partition en deux zones d’occupation, chinoise au Nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et britannique au Sud. Ils ne découvriront cette situation que le 22 août (De Folin, 1993, pp. 95-96). Dans sa &#039;&#039;Chronique d’Indochine&#039;&#039;, évoquant sa conception des choses, D’Argenlieu écrit : «  Il y faut […] inaugurer la pensée politique, administrative, économique, sociale, enclose dans la déclaration du Gouvernement provisoire du 24 mars 1945 ». « Pensée politique » que les mémoires de l’amiral énoncent « &#039;&#039;nouvelle&#039;&#039; [car] pour ces motifs sérieux et concrets, je ne suis pas d’humeur à assumer un gouvernement général de l’Indochine dans le style d’un passé révolu. » (voir 8 août) (D’Argenlieu, 1985, pp. 27-28). Dans les faits, il demeurera quand même l’homme d’un « passé révolu » qui saisit mal l’ampleur des bouleversements qu’ont introduit en Indochine la défaite française de 1940, l’occupation de la péninsule et la proclamation japonaise d’indépendance de l’Indochine. A sa décharge, il est vrai que D’Argenlieu ne fait qu’appliquer strictement les ordres qu’il reçoit de De Gaulle (Cadeau, 2019, p. 142). Mais il ne fait et ne fera rien pour les contrarier lorsque ceux-ci s’avèreront peu en phase avec la réalité indochinoise du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien marquer la hiérarchisation des rôles entre l’amiral et le général, De Gaulle ne recevra pas Leclerc qu’il n’a pourtant pas vu depuis le 18 juillet mais le seul D’Argenlieu. Il l’avait d’ailleurs nommé vice-amiral en décembre 1944, c&#039;est-à-dire l’équivalence dans la Marine des quatre étoiles de Leclerc (Pedroncini, 1992, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création d’un « groupement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. » sous les ordres du lieutenant-colonel Massu qui est destiné à constituer l’avant-garde du futur corps expéditionnaire français (voir début août). Il comprend un escadron de chars légers, un escadron d’automitrailleuses, un bataillon d’infanterie et une compagnie du Génie (2 200 hommes) (Bodinier, 1987, p. 32).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les parachutages ratés de représentants par la D.G.E.R. en Indochine (Messmer et Cédile), la série des tentatives ratées du retour des Français prend une nouvelle forme avec l’envoi d’une jonque armée sur Haïphong, le &#039;&#039;Frézouls&#039;&#039;. Les Japonais s’opposent purement et simplement à son débarquement (Turpin, 2005, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chef du gouvernement Bao Daï, Tran Trong Kim, publie un texte profondément anticolonialiste : « Les peuples du Vietnam refusent d’être assujettis à nouveau à la France sous la contrainte de qui ils ont longtemps souffert. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 20)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 - 22 août 45 : Boqué un temps par les Chinois et les Américains, Sainteny ne renonce pourtant pas et parvient à rejoindre tant bien que mal Hanoi en trompant la vigilance des uns et des autres. Suite à la capitulation japonaise, son équipe navale sous les ordres du lieutenant de vaisseau Blanchard est présente à Haiphong avec deux patrouilleurs pour y montrer les couleurs françaises (Sainteny, 1967, pp. 77-78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’O.S.S. accepte finalement d’intégrer quatre Français (dont Sainteny) dans la &#039;&#039;Mercy Team&#039;&#039; de Patti (officiellement venue avec une mission de recherche des corps des Américains tués en Indochine mais qui est, dans les faits, une organisation d’espionnage). Ils sont sous uniforme américain et ont pour consigne de ne pas aider à une reprise par la force de l’Indochine. Leur départ a lieu le 22 août (Francini 1, 1988, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 août 45 : &#039;&#039;&#039;Retour discret d’Ho Chi Minh A Hanoï en vue de former un gouvernement.&#039;&#039;&#039; Une manifestation de 20 000 personnes, théoriquement appelée à soutenir le gouvernement Tran  Trong Kim mis en place par les Japonais, se transforme en manifestation de soutien au VM. Depuis le balcon du théâtre d’Hanoï, le drapeau impérial est jeté à bas et remplacé par celui du VM (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Francini 1, 1988, p. 203). Les différentes manifestations qui suivront entraîneront la mort de 15 Français, d’autres seront blessés, molestés ou pillés (Gras, 1979, p. 33).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï fait une déclaration dans laquelle il proclame que « l’empereur se déclare toujours prêt à mettre les intérêts de son peuple au-dessus de son trône. Il invite donc les chefs du front du Vietnam à former un nouveau gouvernement. » (voir 25 août) (Cadeau, 2019, pp. 123-124)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité de Défense nationale français décide d’envoyer un corps expéditionnaire de 55 000 hommes accompagnés ultérieurement de troupes supplémentaires, non comprises les troupes qui sont déjà en Extrême-Orient : le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. à Ceylan et les 5 000 hommes d’Alessandri repliés en Chine (Bodinier, 1987, p. 32). Il aurait dû débarquer en théorie en trois échelons : entre le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et le 15 septembre, pour le 15 octobre et pour le 15 novembre. &#039;&#039;&#039;Mais, dans les faits, ce débarquement sera reporté de 6 mois,&#039;&#039;&#039; faute de moyens de transport et des dotations matérielles nécessaires. Seuls deux groupes de transport et un groupe de chasse sont envoyés sur place, ainsi qu’une escadre commandée par l’amiral Auboyneau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première lettre de D’Argenlieu à Leclerc : « La volonté du gouvernement provisoire de la République française est de faire du neuf, mais dans l’ordre et selon la raison. La déclaration du 24 mars 1945 et le message du général De Gaulle du 14 août doivent être compris et interprétés en ce sens […] La réorganisation administrative nécessite de l’épuration. Vous estimerez comme moi qu’elle doit frapper haut, fort, vite et peu […] Vous aurez à vous assurer de la personne des amiraux Decoux et Béranger, du général Aymé et de leur retour en France sans délai par avion. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 32-33 ; Pedroncini, 1992, p. 93) Cette missive montre combien l’amiral, qui n’arrivera que le 31 octobre en Indochine, perçoit mal la réalité des choses. D’une part, la déclaration du 24 mars est un texte complètement dépassé au vu de ce qui se passe en Indochine. D’autre part, en s’en prenant à Decoux, l’amiral semble vouloir y mener une épuration à la française, mesurant mal combien l’occupation japonaise a exacerbé  le nationalisme du peuple vietnamien, rendant ainsi les choses bien plus complexes et différentes qu’elles le sont en métropole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au soir, réunion des forces nationalistes non communistes qui ont créé récemment un Front des partis nationalistes. Elle est censée trouver une solution à l’avancée du VM. Mais aucun accord n’est trouvé : certains prônent de former une résistance pour s’opposer aux Français et au VM ; d’autres pensent qu’il est encore temps de conclure un accord avec le VM afin d’éviter « un bain de sang ». La division des forces nationalistes constitue un élément déterminant de leur future défaite face à la détermination du VM (voir 16 août) (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 août 45 : &#039;&#039;&#039;Leclerc quitte la France pour l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Il connaît mal la situation, n’a jamais entendu parler du VM que les Français eux-mêmes cernent mal, pensant même pouvoir atterrir à Saigon alors que la ville est en pleine ébullition (De Folin, 1993, p. 96).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï fait parvenir au président Henry Truman une lettre dans laquelle il stipule que « […] le peuple vietnamien ne veut plus, ne peut plus supporter aucune domination ni aucune administration étrangère […] » Il demande aux Américains de faire passer ce message auprès de De Gaulle qui doit se rendre sous peu aux États-Unis et y rencontrer le président américain (Brocheux, 2003, p. 164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, par l’entremise de Sainteny (délégué de De Gaulle au Tonkin et dans le Nord-Annam) et de Léon Pignon (son conseiller politique), &#039;&#039;&#039;HCM envoie&#039;&#039;&#039;, selon une source chinoise, &#039;&#039;&#039;un second message aux Français abordant 5 points qui lui paraissent cruciaux&#039;&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le gouvernement français doit reconnaître le gouvernement vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le gouvernement vietminh doit reconnaître l’autorité de la France sur le Vietnam pour une durée de 5 ans au-delà de laquelle le gouvernement français concédera l’indépendance au pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pendant cette période de transition, le Vietnam sera autonome pour gérer ses affaires intérieures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La France jouira de privilèges dans le domaine de l’industrie et du commerce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les Français pourront avoir un rôle de conseillers des Vietnamiens au niveau des relations extérieures (Devillers, 1988, pp. 383-384, note 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoï, ne pouvant tenir le rapport de force, les nationalistes remettent entièrement le pouvoir au VM (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Cadeau, 2019, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général japonais Tsuchihaschi, commandant la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée à Saigon, fixe le début du cessez-le-feu au 21 à 6 h 00 (Pedroncini, 1992, p. 42). Il retoque la demande de l’amiral Decoux, détenu à Loc Ninh depuis le 9 mars, demandant à rejoindre Saigon au plus vite et pouvoir y rejouer un rôle politique. Le Japonais se réfugie derrière « l’absence d’instructions du commandant en chef du Théâtre d’opérations, l’amiral Mountbatten ». Ce dernier ordonne de laisser les choses en état jusqu’à l’arrivée des Alliés (Turpin, 2005, p. 131 ; Decoux, 1949, p. 340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 - 20 août 45 : Différents messages pressants de Bao Daï et de l’impératrice Nam-Phuong sont adressés à Truman, Georges VI, Tchang Kaï Chek et De Gaulle. Ils demandent tous la reconnaissance de l’indépendance du Vietnam. L’empereur s’adresse aux Français dans un message radio diffusé puis par le biais d’une lettre adressée à De Gaulle le 19.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 août 45 : &#039;&#039;&#039;Le Vietminh entre à Hanoï et prend le pouvoir. La République démocratique du Vietnam est proclamée au Nord.&#039;&#039;&#039; Les bâtiments publics occupés par le gouvernement de Bao Daï sont pris d’assaut, à l’exception de la Banque d’Indochine gardée et protégée par les Japonais. Le 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée japonaise envoie des blindés et des soldats pour maintenir l’ordre mais se garde bien d’intervenir dans le déroulement des événements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement révolutionnaire est proclamé dans le palais du résident général. Le Vietminh revendique le soutien des Alliés, tout en jouant habilement une politique de division : les Américains contre les Français, les Français contre les Chinois, les Chinois contre les Américains. &#039;&#039;&#039;Il a obtenu&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;l’abdication mais aussi le soutien de Bao Daï&#039;&#039;&#039; qui déclare :             « Mieux vaut être citoyen d&#039;un pays indépendant que d&#039;être roi d&#039;un pays esclave. » Le gouvernement d’HCM lui attribue à Hanoï un rôle de « conseiller suprême », sous le simple nom de « citoyen Vinh Thuy ». Sa nomination sera officiellement entérinée le 10 novembre. Mais Bao Daï sait aussi se méfier d’HCM dont il écrit dans ses mémoires : « C’est un très grand comédien ! Tour à tour paternel, affectueux, jouant de son aspect fragile […] J’avais en face de moi derrière le masque, un militant marxiste endurci par trente ans de lutte […] Un combattant plein de ruse. Capable de toutes les patiences et de toutes les duplicités, apte à toutes les feintes, implacable à l’heure de la décision. Toujours prêt aux embrassades pour mieux vous étouffer. » (Bao Daï, 1980, pp. 85-86) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Radio du Vietnam diffuse trois messages de Bao Daï : tous les fonctionnaires doivent préserver l’indépendance ; une proclamation au peuple vietnamien où l’empereur déclare préférer perdre son trône plutôt que de le garder dans un pays asservi ; une adresse à De Gaulle. Dans son message à ce dernier, il demande « de reconnaître franchement l’indépendance du Vietnam et de renoncer à toute idée de rétablir ici la souveraineté ou une administration française sous quelque forme que ce soit. Nous pourrions si facilement nous entendre et devenir des amis si vous vouliez cesser de prétendre redevenir nos maîtres. » (cité &#039;&#039;in extenso&#039;&#039; in Devillers, 2010, pp. 417-418 ; Devillers, 1988, pp. 69-70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des mouvements populaires antifrançais voient le jour lors des mouvements de manifestations vietnamiennes (Francini 1, 1988, pp. 203-204). Toutefois, en Cochinchine, bien qu’ayant organisé des manifestations les 19 et 20 août, le VM doit composer avec les mouvements nationalistes et leur assise populaire, appuyés par les Japonais (voir 21 août). Le VM se fond dans Front national unifié, tout en s’efforçant grâce à l’action de Tran Van Giau (chef du Comité exécutif provisoire au Sud) de se distinguer des nationalistes (Cadeau, 2019, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain MacArthur nouvellement investi du commandement suprême des forces alliées (voir 14 août) demande de surseoir à tout débarquement de forces dans les territoires encore tenus par les Japonais jusqu’à leur reddition. Il craint que certains grands responsables militaires nippons ne déposent pas les armes sans la certitude d’un accord de leur empereur. Cet ordre américain imprévu met le général Mountbatten en fureur et va peser très lourd pour l’avenir de l’Indochine en laissant la place au VM (Pedroncini, 1992, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 45 : Le consul général japonais Nishimura rencontre un délégué du VM et lui déclare que son mouvement succède au gouvernement Bao Daï pour exercer l’autorité administrative au Nord-Vietnam. Ce délégué vietnamien demande aux Japonais de céder tous les pouvoirs émanant du gouvernement général et de fournir des armes et des munitions aux troupes du nouveau gouvernement démunies (Pedroncini, 1992, p. 42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny et 4 membres de Mission 5 (dont Sainteny) accompagnent la première mission de l’O.S.S. à Hanoi en présence du major Patti (Devillers, 1988, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï adresse un message à Truman. Il affirme que le Vietnam ne peut, sans risque pour la paix du monde, être replacé sous un régime colonial. Le président américain doit exercer une pression sur De Gaulle. Il demande à son interlocuteur de transmettre son message à Staline, Attlee (Grande Bretagne, nouveau premier ministre) et Tchang Kaï Check (Devillers, 1988, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Kunming, le général Alessandri (délégué du gouvernement) informe le gouvernement français sur la situation et demande, en l’absence de De Gaulle parti pour les U.S.A., des éclaircissements au Quai d’Orsay, notamment sur le mot « indépendance » sachant « qu’aucun autre mot ne peut le remplacer » aux yeux des Vietnamiens. De Gaulle et Bidault seront mis au courant de cette demande le 26 (Devillers, 1988, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août 45 : A Saigon, grande manifestation organisée par les mouvements nationalistes (pro-japonais, trotskystes, sectes, etc…) auquel s’est joint le VM au sein d’un Front national unifié. Ce dernier essaie, sous la houlette de Tran Van Giau, de se distinguer du reste en arguant de son intégrité : il n’a jamais collaboré ni avec les Japonais ni avec les Français. Il se vante de plus de bénéficier de l’appui des Américains au Tonkin qui auraient vendu des centaines d’avions de guerre, de blindés et de navires (Cadeau, 2019, pp. 124-125). La fausse propagande et le noyautage, notamment des Jeunesses d’avant-garde (embryon de la future armée au Sud), faisant le reste…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août – 2 septembre 45 : 8 trains spéciaux acheminent 2 200 hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. dans 5 camps situés dans la région de Marseille d’où ils seront embarqués pour l’Indochine (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 – 22 août 45 : Le Vietminh parvient à mettre la main progressivement sur le sud et le centre de la péninsule indochinoise (voir septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 ou 23 août 45 : Après avoir quitté Tran Tao, &#039;&#039;&#039;HCM arrive clandestinement à Hanoï&#039;&#039;&#039; où il est presque un inconnu. Ce n’est que le jour de la proclamation officielle d’indépendance du 2 septembre que cet homme de l’ombre entrera vraiment dans la vie publique vietnamienne (Deroo, Dutrône, 2008, p. 17 ; Francini 1, 1988, p. 207 ; De Folin, 1993, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 août 45 : &#039;&#039;&#039;Leclerc arrive à Kandy (Inde, Ceylan) au Q.G. de l’amiral britannique Mountbatten commandant le &#039;&#039;South East Asia Command&#039;&#039; (S.E.A.C.).&#039;&#039;&#039; Rongeant son frein, il y demeurera toutefois jusqu’au 29 septembre. Leclerc n’approuve ni ne désapprouve le projet français de retour en Indochine. Il le trouve irréaliste au vu de ce que les Anglais sont en train de faire avec leurs propres anciennes colonies mais également du fait des moyens assez dérisoires dont disposent les Français tant en hommes qu’en matériels. C’est de la bouche de Mountbatten que Leclerc apprend l’issue de la conférence de Postdam, à savoir le partage de l’Indochine entre Chinois et Britanniques au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il sait également plus ou moins qu’une très grande confusion y règne actuellement. Il demande à De Gaulle, en route pour les U.S.A., d’intervenir auprès des Américains pour s’opposer à ce partage. Mais ce qu’il ignore pour l’instant, c’est que ces derniers refuseront pour ne pas mécontenter Tchang Kaï Chek. C’est également lors de cette entrevue avec Mountbatten que Leclerc découvre l’existence de l’ordre du général américain MacArthur du 19 qui interdit tout débarquement de troupes étrangères avant la signature de la capitulation japonaise (voir 2 septembre). Dès le soir de son arrivée, Leclerc envoie à De Gaulle un message le mettant au courant des problèmes du moment et à venir : la coupure de l’Indochine en deux zones d’occupation, l’entrée des Chinois au Nord, les grands retards à prévoir pour un retour de la France en Indochine. Pour lui compliquer encore un peu plus la tâche, il ne dispose pour l’instant sur place d’aucun moyen de transmission propre. Ses messages transitent par le &#039;&#039;War Office&#039;&#039;, puis le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; à Londres avant d’atteindre le ministère des Affaires étrangères français qui transmet à De Gaulle… S’il obtient d’ailleurs une réponse à ses questions, ce qui ne sera pas toujours le cas. Notamment pour ce message du 22 qui restera sans réponse… (Pedroncini, 1992, p. 113)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Chine, Hurley (ambassadeur américain) et Wedemeyer (chef d’état-major de Tchang Kaï Chek, commandant des forces américaines) sont pour l’instant ignorants du relatif revirement de l’administration Truman à l’égard du rôle des Français en Indochine. Ils ne le découvriront que le 5 octobre. Ils poursuivent donc sur place, à l’image du major Patti et de l’O.S.S., la politique intransigeante de Roosevelt. Staline, lui, ne trouve rien à redire au retour des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au N-V, les Français sont persuadés que leur retour sera bien accueilli. Ils vont vite déchanter. &#039;&#039;&#039;Sainteny et sa mission française arrivent&#039;&#039;&#039; à Hanoi dans un avion affrété par l’O.S.S. au sein d’un groupe de 16 personnes dirigées par le major &#039;&#039;&#039;Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;. Officiellement, en guise de couverture, l’Américain vient pour s’occuper du sort des sépultures de soldats américains. Sainteny quant à lui vient pour mener une mission humanitaire concernant les prisonniers et apporter son soutien aux populations françaises durement éprouvées depuis des semaines. Ce dernier n’a aucun titre officiel, aucune lettre de créance ni même un ordre de mission précis. Les Japonais comprennent mal les prétentions de cette délégation, et ce d’autant plus que le Japon n’a jamais été officiellement en guerre contre la France. Ils emmènent les Français vers le centre-ville d’Hanoi où les accueille une foule hostile. Les rues de la ville sont recouvertes de calicots proclamant en plusieurs langues : « L’Indépendance ou la mort », « Le Vietnam aux Vietnamiens », « Mort à l’impérialisme français », « A bas le colonialisme français » (Sainteny, 1967, p. 76 et  p. 100). Sainteny se rend à l’hôtel Métropole pour y rencontrer des Français qui vivent depuis des semaines dans la terreur. Bien qu’il sache qu’il va être enfermé dans ce qu’il nomme une « cage dorée », il parvient à s’installer au palais du Gouverneur général d’où il sera étroitement surveillé et même retenu, d’abord par les Japonais puis par les Vietnamiens. Son équipe a toutefois emmené quelques moyens de transmission. Ce qui est sûr c’est que les Japonais entendent laisser la France à l’écart du jeu politique qu’ils veulent conduire avec le VM (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 17-18). Hanoi est plongé en pleine révolution vietminh. Plus de 20 000 Français sont en quelque sorte pris en otages, « menacés, maltraités, assaillis, assassinés parfois ». Sainteny s’assigne pour but de les défendre, d’affirmer en même temps la présence officielle de la France. Au vu de la faiblesse de ses moyens, il tente de s’entendre, autant que faire se peut, et avec le VM et avec les Américains. Le chef de l’O.S.S. pour le nord de l’Indochine, &#039;&#039;&#039;le major&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;Patti, soutient quant à lui ouvertement l’insurrection vietminh.&#039;&#039;&#039; Il aurait peut-être même prêté sa main à la rédaction de la future déclaration d’indépendance du 2 septembre dans la partie où elle s’inspire de la constitution américaine. Mal informé des nouvelles directives de l’administration Truman à l’égard des Français, il est le représentant d’un anticolonialisme cher à Roosevelt qui prédomine toujours à cette époque. Patti applique à la lettre les accords de Postdam. Ils ne reconnaissent aucunement la souveraineté française en Indochine. A Hanoi, le major a donc à l’égard de Sainteny une attitude plus qu’équivoque voire même hostile (Sainteny, 1967, pp. 59-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Sud, création du comité du Nam Bo&#039;&#039;&#039; à Saigon par le Vietminh. La situation en Cochinchine est sans doute encore plus complexe qu’ailleurs. Les mouvements nationalistes soutenus par les Japonais comptent sauvegarder l’indépendance, mais à leur profit. Puissants, ils devancent ici le VM qui est divisé et ne comprend pas forcément les démarches des Nordistes (Francini 1, 1988, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vm, HCM quitte Tran Tao pour arriver clandestinement à Hanoï où il forme le gouvernement provisoire. Il commence à rédiger la future déclaration d’indépendance (voir 2 septembre). Giap quitte Hanoi et se rend à Hué pour participer au coup de force visant à destituer Bao Daï.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de William J. Donovan, directeur de l’O.S.S. à Washington, précise que « le Vietminh est un parti communiste à 100 % » (Ruscio, 1985, p. 64). Cette observation n’interrompt nullement pour l’instant les bonnes relations entre les Américains et le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 – 25 août 45 : &#039;&#039;&#039;De Gaulle arrive le 22 aux U.S.A. pour y rencontrer Truman&#039;&#039;&#039;. Ils auront plusieurs entretiens durant ce séjour. Le deuxième, celui du 24, portera principalement sur la question de l’Indochine qui fait débat entre les deux pays depuis l’ère Roosevelt. Évoquant l’avenir de l’Indochine, le Général affirme sa volonté « d’acheminer ces pays vers la libre disposition d’eux-mêmes ». Mais, à ses yeux, la France reste et entend rester seule juge du bon moment. Truman lui assure « que son gouvernement ne fera pas opposition au retour de l’autorité et de l’armée française en Indochine. » Entendant cela, De Gaulle répond   sèchement : « Bien que la France n’ait rien à demander en une affaire qui est la sienne, je note avec satisfaction les intentions que vous exprimez. » On aborde la question du transport des troupes françaises vers la colonie qui pose toujours problème. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 24 rapporte les désidératas français : « Une très haute personnalité française de Washington a déclaré : « En, fait, nous avons les forces et le personnel nécessaires pour occuper et administrer l&#039;Indochine dès que le pool allié de navigation voudra bien mettre à notre disposition nos propres navires. » »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses mémoires, suite à la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août 45), De Gaulle reviendra sur ce qui achoppe. Il déplore devant Truman « des dispositions que nos alliés sont en train de prendre sans nous avoir même consultés ». Les points de discorde sont évoqués : les futures occupations britannique et chinoise du Vietnam, le rôle ambigu des chargés de mission du général Weldemeyer (commandant les forces américaines en Chine) qui sont plus que disposés à « prendre contact avec le pouvoir révolutionnaire. » On se sépare en bon terme, même si, selon De Gaulle, « l’Amérique suivait une route qui n’était pas identique à la nôtre. » (De Gaulle, 2000, pp. 799-800) Pour les Français, les résultats de cette rencontre demeurent très mitigés car De Gaulle sait que les U.S.A. ne contribueront jamais qu’&#039;&#039;a minima&#039;&#039; au retour de la France en Indochine et ce, avant que n’émerge clairement conflit entre l’Est et l’Ouest en Corée en 1950 (De Folin, 1993, pp. 71-72 ; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 37). La visite du chef de l’État français se clôt le 25, avant qu’il ne se rende au Canada. Il sera de retour en France le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 août 45 : Au Sud, Tran Van Giau (commissaire à la guerre communiste) constitue le &#039;&#039;&#039;« Comité territorial du Nam Bo »&#039;&#039;&#039; issu d’un P.C.I. affaibli car ayant subi la répression de la Sûreté française dès 1940. Le Duan, récemment libéré du bagne de Poulo Condore, en est l’un des dirigeants. Il est épaulé par Pham Hung pour les affaires policières. Le Comité dépend du jeune gouvernement central d’Hanoi mais demeure faible en effectif et surtout divisé entre communistes, trotskystes et nationalistes. Ces derniers seront progressivement éliminés physiquement par les communistes (Goscha, 2002, pp. 33-34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Giau se charge d’autre part de constituer &#039;&#039;&#039;une armée nationale populaire&#039;&#039;&#039;, pour l’instant embryonnaire, mal armée, surtout divisée et bien incapable de faire face aux franco-britanniques. Il fait feu de tout bois en acceptant  dans ses rangs 1 200 hommes des Binh Xuyen et leurs chefs : Duong Ba Duong, Duong Van Ha, Muoi Tri et Bay Vien qui avaient leur part de responsabilité dans les troubles apparus depuis le 15 août (Gras, 1979, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Insurrection du Vietminh à Hué (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 août 45 : De Gaulle, sur le point de quitter les U.S.A., donne une conférence de presse à Washington. Il reprend, sans la citer explicitement, une partie du contenu de sa déclaration du 24 mars : « L’Indochine doit avoir un Gouvernement indochinois, composé d’Indochinois et aussi de Français d’Indochine et présidé par le Représentant de la France. L’Indochine doit avoir un Gouvernement composé de représentants des pays variés qui composent l’Indochine qui ne sont pas tous de la même race, de la même religion ni au même degré de développement. Néanmoins, cet ensemble de pays qui composent l’Indochine doit avoir un Parlement qui vote un budget de l’Indochine et l’Indochine doit avoir une vie économique propre et régler elle-même ses questions de douane. En résumé, il y aura un Gouvernement indochinois, un Parlement indochinois et un régime économique propre à l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 136 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 27 août 1945) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel &#039;&#039;&#039;Jean Cédile&#039;&#039;&#039; est parachuté en Cochinchine, près de Saigon. Représentant du Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.), il a été nommé commissaire de la République pour la Cochinchine et a en charge de remettre en place les structures administratives et politiques de la colonie française. Il est immédiatement fait prisonnier par les Japonais qui l’humilient en le dépouillant de ses vêtements et le ramènent à Saigon (Francini 1, 1988, p. 228). Il arrive en Indochine sans la connaître. Il y arrive également avec l’esprit d’un résistant quelque peu borné qui préfère mener une épuration dans l’administration Decoux plutôt que de tenir compte des compromis que l’amiral a dû faire face aux Japonais. Ses premiers contacts avec les milieux français considérés par lui comme potentiellement collaborationnistes ne seront donc pas bons (De Folin, 1993, pp. 94-95). Il mettra en place, avec de faibles moyens, un Comité d’accueil et de défense des intérêts français au rayonnement limité (Cadeau, 2019, p. 144 et p. 589, note 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seconde rencontre De Gaulle-Truman à Washington (voir 22 août). Le premier réaffirme la volonté de la France de recouvrer tous ses droits en Indochine (Francini 1, 1988, p. 210 et 229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le général Leclerc se rend de Kandy&#039;&#039;&#039; (Ceylan) &#039;&#039;&#039;à Calcutta&#039;&#039;&#039; (Inde) où se trouve un poste de la Direction Générale des Études et Recherches (D.G.E.R., sous les ordres de De Gaulle). Il y étudie la reprise en main de la situation au S-V (débarquement anglais), le parachutage au Tonkin et en Annam des futures troupes françaises. Celles-ci sont plus que dispersées. Il y a le Corps léger d’intervention de Blaizot, les troupes d’Alessandri stationnées en Chine (Yunnan), des troupes se trouvant encore à Madagascar ou en métropole mais aussi à Shangaï, à Tianjin, à Kandy même. Leclerc demeure conscient que la reconquête ne pourra être accomplie que par des troupes françaises car il considère qu’« aucun allié ne nous aidera réellement à réoccuper l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 153). Il doit par ailleurs négocier leur venue avec les Britanniques qui sont les seuls à posséder les moyens de transport nécessaires (Francini 1, 1988, p. 234). Durant le séjour de De Gaulle à Washington, Leclerc lui fait parvenir ce 24 août le télégramme suivant : « Je demande que ce télégramme soit transmis d’extrême urgence au général De Gaulle à Washington pour que les États-Unis prennent position avant l’armistice. Je peux vous assurer que la non-acceptation par toutes les nations unies des mesures suggérées pourrait entraîner les conséquences les plus graves, en particulier un conflit armé avec les troupes chinoises installées en territoire français. En tout état de cause, si le président des États-Unis ne croit pouvoir obtenir du maréchal Tchang Kaï Chek ce que nous demandons, il est nécessaire que les nations reconnaissent la souveraineté française sur toute l’Indochine. Il appartiendra alors au Gouvernement français de faire valoir ses droits par les moyens qui conviendraient. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 115) Or de Gaulle n’est pas parvenu à convaincre Truman de modifier les clauses de l’accord de Postdam concernant l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de la direction d’Asie du Quai d’Orsay montre à quel point les autorités gouvernementales françaises ignorent la situation en Indochine et s’illusionnent par excès de confiance : « […] il existe des mouvements sérieux d’indépendance locale de tendances antifrançaises et proaméricaines. Ces mouvements céderont naturellement devant un retour de représentants d’une France victorieuse, puissante et riche au moins de la considération de ses grands alliés ! » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 98) Selon De Folin, l’illusion se prolongera jusqu’au 30 septembre comme le montre un ensemble de télégrammes échangés entre le ministère des Affaires étrangères et celui des Colonies. Seul La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) joue (comme Sainteny, voir 5 septembre) la carte de la modération. En cela il s’oppose à De Gaulle et D’Argenlieu. La Laurentie écrit alors : « Sans prétendre qu’il faille dès aujourd’hui prononcer le mot indépendance […], il est possible d’admettre qu’avant même l’arrivée du Haut-Commissaire, nos représentants reçoivent pour instructions de poursuivre les entretiens avec le Viet-Minh et s’engagent à ne rien faire contre lui, charge pour lui de n’entreprendre aucune négociation avec nos alliés. Je pense que c’est le minimum que nous devrons faire pour sauvegarder notre position et je suis persuadé que l’on commettrait une faute grave en n’agissant pas ainsi. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tchang Kaï Check exprime dans une déclaration la position de la Chine. Cette dernière ne revendique aucune visée territoriale au Vietnam et souhaite que le peuple vietnamien accède progressivement à l’indépendance conformément à la Charte des Nations Unies (Pedroncini, 1992, p. 175). Mais, derrière cette déclaration de bonnes intentions, se dissimulent en fait les faiblesses d’un pouvoir central confronté à des exécutants militaires particulièrement indociles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 août 45 : A Hué, &#039;&#039;&#039;abdication de Bao Daï.&#039;&#039;&#039;  2 représentants officiels du VM, Tran Huy Lieu et Cu Huy Can, arrivent de Hanoi et se rendent au palais impérial. Lors d’une brève cérémonie, Bao Daï leur remet les sceaux impériaux. Au sommet de la citadelle, le pavillon impérial du palais est remplacé par le drapeau rouge avec au centre une étoile d’or à 5 branches (Fall, 1960, p. 39 ; Dang Van Viet, 2004, pp. 81-84). L’empereur accepte la démission du cabinet de Trong Kim et demande au VM de former un nouveau gouvernement (Pedroncini, 1992, p. 42). Il rédige alors son acte d’abdication : « […] Nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver un certain regret à la pensée de Nos vingt ans de règne, durant lesquels Nous avons été dans l’impossibilité de rendre aucun service appréciable à Notre pays. Malgré cela, et fort de Nos convictions, Nous avons décidé d’abdiquer et nous passons le pouvoir au gouvernement républicain démocratique […] » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 419-420 ou Guillemot, 2018, pp. 118-119)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édit d’abdication de Bao Daï est affiché dans la ville (Marangé, 2012, p. 148). HCM fait preuve d’habilité pour légitimer le nouveau gouvernement. A cette époque, le leader vietnamien ratisse large et tente de concilier tous les courants favorables à l’indépendance. L’ex-empereur deviendra « conseiller suprême » de ce nouveau gouvernement, avec le titre de « citoyen Vinh Tuy ». Il déclarera ultérieurement dans une publication américaine : « Indépendance pour la Patrie, Bonheur pour le Peuple. Pour ces huit mots, et pendant quatre-vingts ans, tant de nos frères et sœurs ont sacrifié leur vie dans la jungle, les forêts ou les prisons que, comparée aux sacrifices de ces milliers de héros et d’héroïnes, mon abdication n’est qu’une très petite chose. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 40) &#039;&#039;&#039;Le VM proclame alors l’établissement d’un nouveau gouvernement provisoire : le gouvernement de la République démocratique du Vietnam (R.D.V.N.)&#039;&#039;&#039; (Pedroncini, 1992, p. 42). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, Bao Daï reconnaît le &#039;&#039;&#039;Comité de Libération du Nam Bo&#039;&#039;&#039; (émanation du P.C.I.) sous la direction de &#039;&#039;&#039;Tran Van Giau&#039;&#039;&#039; qui prend possession avec habilité de Saigon et d’une bonne partie du S-V (voir 23 août). Le comité s’installe dans le palais du gouverneur général à Saigon. 7 de ses 9 membres sont communistes. En fait, ce comité est d’entrée noyauté par le P.C.I. : Tran Van Giau est nommé président et chargé des affaires militaires, Duong Bach Mai de la Sécurité d’État et Nguyen Van Tao de l’Intérieur. Les sectes n’y sont pas représentées, pas plus d’ailleurs que les trotskystes. Une énorme foule nationaliste défile en ordre dans les rues de Saigon (De Folin, 1993, p. 89). Comme le remarque Marangé, dans l’ancienne colonie française, « la prise de pouvoir fut plus violente, plus précaire et plus éphémère » car le VM y est moins implanté qu’au Nord. D’abord du fait de la répression coloniale en 1940-1941 mais également parce qu’il doit composer avec le Front national unitaire (F.N.U., nationaliste, qui a reçu le pouvoir des Japonais), les trotskystes, les Caodaïstes et les Hoa Hao qui ont tous un poids politique en Cochinchine (Marangé, 2012, pp. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains désireux de voir Sainteny quitter Hanoi au plus vite l’invitent à rejoindre Kunming en empruntant un de leur avion. Celui-ci, lucide, et y voyant clairement une volonté de l’écarter, décline l’invitation (Sainteny, 1967, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pierre Messmer, qui a été nommé commissaire de la République pour le Tonkin et l’Annam, est parachuté mais est fait immédiatement prisonnier par le Vietminh dans la région d’Hanoi.&#039;&#039;&#039; Selon Sainteny, Messmer et ses deux compagnons (dont l’un, le capitaine Brancourt, décédera) ne doivent leur vie sauve qu’à leur capacité à marcher plus de quarante heures dans le Delta inondé. Toujours selon Sainteny, « ils furent sauvés par les troupes chinoises descendant sur Hanoi qui les recueillirent exténués. » (Sainteny, 1967, p. 85). Messmer parviendra à s’enfuir ultérieurement. De retour en France, il confiera à De Gaulle que la situation en Indochine n’est guère rattrapable, à l’exception de Saigon (Francini 1, 1988, p. 205). Il constate rapidement combien la situation a changé avec la prise de pouvoir du VM : « Dans les villages où nous sommes passés, le Vietminh, efficace et bien organisé, est le maître. Crainte ou conviction, la population lui obéit sans murmure. Il a suffi de quelques semaines pour effacer soixante ans de colonisation française dont l’empreinte semble n’avoir été ni profonde ni solide. Sur le terrain, une chose est certaine, la déclaration gouvernementale du 24 mars 1945 qui définit la nouvelle politique française est complètement dépassée. » (Messmer, 1992, p. 157)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin du séjour de De Gaulle à Washington&#039;&#039;&#039;. Il n’a rien obtenu de Truman concernant la division de l’Indochine en deux zones d’occupation décidée à Postdam, chinoise au nord et britannique au sud. Lors d’une conférence de presse avant son départ, il déclare cependant :    « La position de la France en Indochine est très simple. La France entend retrouver sa souveraineté sur l’Indochine. Bien entendu, ce rétablissement sera accompagné d’un régime nouveau, mais pour nous cette souveraineté est une question capitale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 50) ll quitte alors les États-Unis pour se rendre au Canada et sera de retour à Paris le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Insurrection à Saïgon (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 août 45 : HCM qui vient d’arriver à Hanoi secrètement rencontre pour la première fois discrètement &#039;&#039;&#039;Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;. Ils auront ensemble  5 entretiens durant toute la durée du séjour de Patti. Ho désire connaître les dispositions américaines envers le nouveau pouvoir vietnamien. Patti lui explique qu’il n’est pas diplomate, ce qui est aussi une manière de lui signifier que le soutien américain à l’égard du VM ne peut être que mesuré. Mesuré mais cependant réel du point de vue de Patti (Deroo, Dutrône, 2008, p. 18). L’important étant à cette époque, alors que ces militaires américains ne sont nullement habilités à traiter officiellement avec le nouveau gouvernement vietnamien, que ceux-ci donnent l’impression aux populations locales d’asseoir la réputation du nouveau régime d’un faire-valoir du gouvernement américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour marquer l’événement, Giap organise ce jour une cérémonie d’accueil en l’honneur du major Patti en présence d’HCM, avec exécution des hymnes nationaux, présentation des drapeaux et photographies de presse (Cesari, 2013, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny demande à Patti de faire pression pour libérer et armer les soldats français prisonniers des Japonais toujours enfermés dans la citadelle d’Hanoï en vue d’assurer la protection des quartiers européens. Le major lui signifie un refus : selon les ordres de Roosevelt et de son successeur Truman, ce sont les Japonais qui doivent maintenir l’ordre jusqu’à l’arrivée des Alliés (Cesari, &#039;&#039;ibid.&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han, futur responsable militaire de l’occupation du Tonkin (voir 28 août), demande à l’état-major japonais d’envoyer une délégation à son Q.G. situé dans le Yunnan (voir 2 septembre) (Pedroncini, 1992, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny et sa délégation sont étroitement pris en charge par les Japonais. Selon un câble de sa main, « conduits à la liaison qui prétend nous protéger contre armée Jap et population annamite. Bien traités mais aucune liberté. Après négociations laborieuses conservons la disposition, nos armes et transmission. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 156)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assassinat à Hué par le VM de Ngo Dinh Khoi et de son fils&#039;&#039;&#039;. Cet ancien gouverneur anticommuniste de la province de Quang Nam est le frère aîné de Ngo Dinh Diem. Ce dernier éprouvera désormais une haine farouche contre les communistes qu’il exprimera dès sa prise de pouvoir au S-V le 26 octobre 1955.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 août 45 : La présence de Sainteny à Hanoi (sous protection rapprochée japonaise) préoccupe suffisamment le VM pour qu’HCM lui envoie pour un premier contact une délégation dirigée par Nguyen Vo Giap (nouveau ministre de l’Intérieur) et Duong Duc Hien (ministre de l’Éducation nationale). L’entretien a lieu en présence de Patti, initiateur de cette rencontre, qui a lieu à la demande d’HCM mais sans que ce dernier soit présent. Cédile assiste peut-être à cet entretien (Turpin, 2005, p. 160). Giap fait part des aspirations du peuple vietnamien. Il évoque l’arrivée de ses troupes en ville et la nécessité de devoir installer un gouvernement dont les aspirations ne sont pas excessives. Sainteny trouve en effet les demandes de son interlocuteur raisonnables et réaffirme que les anciennes pratiques coloniales sont révolues. Il demande un retour à l’ordre, rappelle que le pays est toujours sous souveraineté française et précise que si les Vietnamiens veulent se débarrasser trop rapidement des Français, ils auront les Chinois. Selon lui, Paris jugera ce « gouvernement provisoire » sur ses actes. Pour Sainteny et les Français, le temps presse, sachant que depuis l’abdication de Bao Daï, c’est le Vietminh soutenu par les Américains qui a la réalité du pouvoir (Francini 1, 1988, pp. 228-229 ; Sainteny, 1970, pp. 69-70 ; Sainteny, 1967, pp. 81-85 ; compte rendu succinct de cette entrevue dans un câble de Sainteny cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le soir, le VM proclame à Hanoi la création d’un « gouvernement provisoire de libération nationale »&#039;&#039;&#039; dont la composition sera rendue publique le 29. Presque tous ses membres sont communistes. Sainteny rend compte par radio à Calcutta (D.G.E.R.) et demande des instructions qu’il n’obtiendra pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Pleven, qui assure l’intérim de De Gaulle à Paris depuis son départ le 22 pour les U.S.A., juge que la lettre adressée au chef du gouvernement provisoire par Bao Daï est celle d’un monarque discrédité qui « cherche une réhabilitation tardive en faisant le jeu des Japonais ». Tout en ajoutant cependant qu’il fallait « permettre à un personnage comme Bao Daï de reculer sans perdre entièrement la face. » On ne doit pas continuer « à l’employer » mais on doit toutefois laisser une porte ouverte (voir 28 août). Selon cette note, « il serait mauvais de laisser Bao Daï et le gouvernement annamite s’enfermer dans des formules sans échappatoire possible car, en pareil cas, le conflit entre eux et nous serait ouvert sur le plan le plus dangereux pour notre action future. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 149 ; message de Pleven cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 159). Bao Daï, discrédité par son attitude envers les Japonais, n’obtiendra aucune réponse de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 août 45 : &#039;&#039;&#039;Les troupes chinoises du général Lou Han pénètrent au Tonkin en vue d’occuper le nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; selon trois axes : celui de Langson-Hanoi, celui de la Rivière Claire et celui de Laokay-Hanoi (Pedroncini, 1992, p. 174). Pas moins de 180 000 hommes ont pour mission de désarmer les 70 000 Japonais comme l’a prévu la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août 45). Elles appartiennent à l’armée de Tchang Kaï Chek, mais ce dernier les contrôle mal. La nomination de Lou Han, et non celle du général Zhang Fa Kui, bon connaisseur des affaires vietnamiennes, n’est en fait qu’un moyen pour Tchang Kaï Check pour se débarrasser des troupes yunnanaises qui soutiennent le gouverneur Long Yun, lui-même récalcitrant aux ordres du gouvernement central chinois. Au Tonkin comme au Laos, l’attitude de ces troupes est d’entrée plus qu’ambiguë voire même hostile à l’égard des Français (voir 6 mars 1946) car elles se comportent immédiatement plus comme une troupe d’occupation que comme une armée venue désarmer les Japonais. Les Chinois viennent avec dans leurs bagages le chef de leurs services secrets, Siao Wen, un fidèle du Guomintang particulièrement anticommuniste. Il est l’adjoint de Lou Han et un fervent soutien du V.N.Q.D.D., du D.M.H. et du Daï Viet, les trois principaux partis nationalistes prochinois. Wen va mener avec leur aide une lutte féroce contre le VM à Hanoi : recrutement dans la pègre, assassinats, enlèvements, extorsion de fonds (De Folin, 1993, pp. 119-120). L’occupation, qui ne devait être que temporaire, ne se terminera au N-V officiellement que par les accords de Chongqing du 28 février 1946 et par un autre pour le Laos qui sera signé le 15 mars de la même année. Mais, dans les faits, le dernier régiment chinois ne quittera le Vietnam que le 18 septembre 1946. L’armée d’occupation chinoise est nationaliste et soutient ouvertement les partis nationalistes vietnamiens prochinois. Au retour des Français après mars 1946, le général Salan entendra à de nombreuses reprises les slogans de cette armée d’occupation prononcés « chaque lundi à 11 heures » devant la citadelle d’Hanoi : « Nous sommes un peuple fier et indépendant, la première race du monde, nous avons chassé les diables d’étrangers. Notre gouvernement est celui du peuple. Tout doit être subordonné à la subsistance du peuple en toute égalité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 242)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un Gouvernement provisoire est formé qui remplace le Comité de Libération nationale, le Gouvernement révolutionnaire annamite (G.R.A.). Il est présidé par HCM&#039;&#039;&#039;. La domination vietminh y est écrasante : Giap est nommé à l’Intérieur, Pham Van Dong aux Finances, Chu Van Cau à la Défense, Pham Huy Lien à la Propagande (Francini 1, 1988, p. 207 et pp. 228-229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour clandestin des Français en Indochine est toujours aussi mal improvisé. Un commando français de 6 membres de la Force 136 mandatés par Paris, la mission &#039;&#039;Lambda&#039;&#039;, est parachuté près de Hué. Il a pour mission de rencontrer Bao Daï et de lui demander de ne prendre aucune décision avant d’avoir reçu des agents français. Mais ce commando arrive trop tard (voir 25 août). De plus, 4 de ses membres ont été tués et 2 arrêtés (Pedroncini, 1992, pp. 148-149 ; Devillers , 1988, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, toujours surveillé de près par les Japonais, assaille la D.G.E.R de Calcutta de télégrammes désespérés : « Nous sommes devant une manœuvre conjuguée alliée en vue d’évincer les Français d’Indochine […] Il faut qu’enfin on comprenne que l’Indochine du Nord à cette heure n’est plus française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 79)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport rédigé à Kandy et adressé à D’Argenlieu, constatant que la situation est « mauvaise » tant au Tonkin qu’en Cochinchine, Leclerc écrit : « L’idée principale que vous avez d’ailleurs pu lire dans tous mes télégrammes est que nous n’avons qu’un moyen et un seul de restaurer la souveraineté française en Indochine, c’est d’avoir sur place une force armée. Ne voyez pas là le réflexe du militaire uniquement militaire, jamais je n’ai senti mieux que ces jours derniers combien toutes les arguties et discussions diplomatiques se ramènent en fait à l’absence ou la présence des forces. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 150-151). Si cette conception toute militaire effraie pour l’instant D’Argenlieu, De Gaulle lui la partage tout à fait (voir 27 octobre). D’ailleurs sur le fonds, Leclerc, D’Argenlieu et De Gaulle sont pour l’instant sur une même longueur d’onde. Leclerc pose alors la question de la présence de l’amiral en Indochine : « Il y a deux solutions : ou vous arrivez le plus tôt possible ou seulement quand nous aurons pris pied solidement en Cochinchine. » Il évoque les avantages d’une présence de l’amiral : « Les Alliés constatent au plus tôt que le Général De Gaulle tient à être représenté non seulement par un chef militaire mais aussi pas un haut-commissaire politique. » Mais aussi les inconvénients et notamment la faiblesse de l’organisation matérielle qui font « que vous ne serez plus à Paris pour arracher les décisions […] ». Et de conclure : « A vous, Amiral, de peser le pour et le contre et de choisir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 153).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc apprend la nouvelle de l’embarquement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. de Massu (qui n’aura lieu en fait que le 15 septembre) et précise au colonel de Guillebon (chef de l’état-major du corps expéditionnaire des forces d’Extrême-Orient) : « C’est bien TOUT le corps expéditionnaire qu’il faut. Faites ce qui est possible pour obtenir à tout prix le &#039;&#039;shipping&#039;&#039; sinon nous perdons l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 120)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note interrogative du ministère de l’Information : « De qui dépendra l’Information en Indochine ? Nous entendons bien que notre Département devra lui faire tenir un matériel aussi abondant que possible. Mais sous quelle autorité seront placés là-bas les différents organismes d’Information et de Propagande ? Les Colonies ? L’information ? L’autorité militaire ? Il nous semble que l’Armée prétendra commander la première, et que les Colonies demanderont à prendre la suite […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Villatoux, 1994, p. 104)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août 45 :  Entrée du premier régiment de l’armée de libération du VM à Hanoi (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous la pression de l’arrivée imminente des Chinois, &#039;&#039;&#039;formation à Hanoï d’un second « gouvernement provisoire de la République démocratique du Vietnam ».&#039;&#039;&#039; Il est politiquement plus représentatif que l’ancien Comité de libération du peuple vietnamien mais demeure présidé par HCM qui s’est également arrogé les Affaires étrangères. Les postes stratégiques, Défense, Intérieur, Propagande, Éducation et Jeunesse, sont aux mains de communistes (composition de ce gouvernement &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 69, note 46). Le Vietminh est, dès cette époque, majoritairement contrôlé et dominé par les communistes. Sur les 10 ministres du Comité de libération du peuple vietnamien, il y avait au moins 7 communistes et sur les 15 membres de ce deuxième gouvernement provisoire, 9 au moins le sont également. De timides ouvertures ont cependant dû être ménagées aux nationalistes indépendantistes et à leurs protecteurs chinois : branche indochinoise du Parti socialiste français, un membre du V.N.Q.D.D. et certains membres non affiliés à un parti (Fall, 1960, pp. 38-39).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un souci de se rendre populaire, le nouveau gouvernement abolit ce jour la taxe sur les produits vendus. Il prendra d’autres mesures de ce type : abolition de l’impôt sur le revenu (7 septembre), abolition des impôts professionnels (14 septembre). Ces mesures mettront rapidement le gouvernement face à une situation financière désastreuse qui ne sera redressée et corrigée que par la suite (Fall, 1960, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bao Daï vêtu à l’impériale lit à Hué devant une assemblée réunie pour l’occasion par le VM l’édit de son abdication&#039;&#039;&#039;. Il déplore que son règne n’ait apporté « aucun service appréciable » et termine sa déclaration par un « Vive l’indépendance du Vietnam ! Vive notre république démocratique ! » (Marangé, 2012, p 148). Puis dans une proclamation adressée « au monde entier », il déclare : « Dorénavant, nous sommes heureux d’être un citoyen libre dans un pays indépendant ! » Le VM transformera cette phrase en slogan : « Nous préférons devenir simple citoyen indépendant que roi esclave. » (Sainteny, 1967, p. 110 et p. 276)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, aux abois mais bien seul, estime que « l’attitude alliée à l’égard de la France nous mène à une perte de face totale […] Je dois passer par Patti pour tout […] J’insiste sur le fait  qu’à l’heure actuelle l’attitude alliée est plus nuisible que celle du Viet-Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 120)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 août 45 : Le secrétaire d’État Dean Acheson indique à l’un de ses correspondants diplomatiques en poste à New Dehli : « Ce n’est pas la politique de ce gouvernement que d’aider les Français à rétablir par la force leur contrôle sur l’Indochine. Nous ne sommes prêts à voir la France rétablir son contrôle dans ce pays que si les affirmations françaises d’obtenir le soutien des populations d’Indochine s’avèrent justes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM entame la rédaction du texte de la déclaration d’indépendance qui sera prononcé le 2 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 août 45 : &#039;&#039;&#039;Retour de De Gaulle à Paris&#039;&#039;&#039; après son voyage aux U.S.A. et une visite au Canada (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 31 août et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny continue à se débattre dans son dialogue de sourds avec la D.G.E.R. de Calcutta : « Je vous demande de comprendre la chance exceptionnelle que nous avons d’être en place au cœur même de l’administration française en Indochine. Ma mission doit être officialisée et non désavouée comme elle paraît l’être actuellement, ce dont le Vietminh, les Japs et les Alliés s’empressent de tirer avantage aux dépens de la France. La question de personne n’importe pas : si vous me jugez non qualifié, dites-moi à qui je dois repasser le commandement. Il faut tout faire pour qu’une situation acquise et maintenue difficilement ne soit pas abandonnée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 80)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cédile et le capitaine de frégate Jolivet de Riencourt se rendent à Loc Ninh où Decoux est détenu. L’entrevue est orageuse, notamment lorsqu’on évoque avec lui le précédent malheureux de la libération de la Syrie. Selon Cédile, l’amiral était « combatif, interrompant sans cesse  nos explications  par des remarques plus que désobligeantes sur la France libre et le général De Gaulle, les Anglais, les retards des forces alliées à intervenir en Indochine (il insista beaucoup sur ce dernier point, accusant l’E.M. de Kandy d’incompétence, de désordre, etc.). Il attaqua violemment la Résistance en Indochine, notamment Mordant, De Langlade, Mus. » Le représentant du G.P.R.F. voit là un homme « déçu de ne pas recevoir des félicitations (qu’il pensait que nous devions lui apporter de la part du gouvernement) […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 132 ; voir également D’Argenlieu, 1985, pp. 423-424 ; Decoux, 1949, pp. 341-347). Decoux demande à nouveau à pouvoir rejoindre Saigon et ne reçoit, selon ses mémoires, qu’une réponse « évasive et équivoque ». Discrédité, il ne sera pas entendu et ce, jusqu’à son rapatriement en France, le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juin_1945&amp;diff=5222</id>
		<title>Juin 1945</title>
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		<updated>2026-07-31T12:59:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juin 45 : Le colonel américain Simpson demande au département d’État un rapport sur l’avenir de l’Asie. Le document mentionne que les Français auraient « de graves difficultés à surmonter cette opposition et à rétablir le contrôle français » (Halberstam, 1974, p. 104).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, constitution d&#039;un groupe khmer issarak à Battambang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de synthèse intitulée « Activités antifrançaises dans le deuxième territoire militaire d’octobre 1943 à mai 1945 » datant de juin 1945 donne de nombreuses indications sur la véritable nature du VM. Des renseignements qui faisaient jusqu’alors cruellement défaut aux Français. Elle indique que le mouvement a réussi à obtenir une adhésion massive de la population : « La masse de la population des régions où s’exerçait l’activité du parti du Viet-Minh a adhéré en bloc au parti et l’a aidé avec tous ses moyens […] Il y a des documents Viet-Minh partout. » Le rédacteur indique que cette adhésion a été obtenue par la contrainte et une intense propagande. Il note cependant : « Avec des idées nouvelles, une politique plus large et plus conciliante que par le passé, nous devrions donc parvenir à une entente avec les grands chefs du Viet-Minh. » Le document dresse un portrait de son principal leader, HCM : « C’est un homme d’une soixantaine d’années, très cultivé, très lettré, profondément antifrançais et nationaliste et fondateur du P.C.I., dirigeant probable de l’actuel parti Viet-Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 58) Pour autant, nombre de responsables français, y compris des membres de la D.G.E.R., se plaignent toujours d’être mal informés ou tributaires d’informations confuses (les différentes dénominations d’HCM ou des confusions dans le discernement des différentes factions nationalistes).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juin 45 : De Gaulle, en position de faiblesse par rapport aux Alliés, décide à contrecœur d’affecter le corps expéditionnaire prévu pour la libération de l’Indochine aux opérations du Pacifique contre le Japon (Gras, 1979, p. 42). Seul le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. dépendant du Corps léger d’intervention de Blaizot (C.L.I.) se trouve à Ceylan à bord du &#039;&#039;Richelieu&#039;&#039; et du &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 223). Les Américains ne manifestent aucun empressement à transporter ces troupes, contrairement aux Britanniques qui le feront ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juin 45 : Alors qu’en métropole tout semble trompeusement serein, une note de La Laurentie (directeur des affaires politiques au ministère des  Colonies) pousse un nouveau cri d’alarme pour l’Indochine : « Nous sommes en pleine crise coloniale. Les sentiments de déception, de désaffection, de défiance ou de haine se décèlent sur tant de points que cela forme un dangereux ensemble. Le contrepoids est léger : l’apathie des masses ne saurait balayer le nationalisme qui, un peu partout, naît ou s’affirme. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 51)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juin 45 : &#039;&#039;&#039;Nommé par De Gaulle, le général Leclerc est chargé de mettre sur pied un Corps expéditionnaire pour l’Extrême-Orient&#039;&#039;&#039; (C.E.F.E.O.). Il envoie son chef d’état-major à Washington prendre un premier contact avec les Américains. En même temps, il détache dans toutes les unités en formation des officiers qu’il a choisis dans sa division et qui vont diriger, accélérer l’instruction de la troupe. La 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. est désignée pour être la deuxième division nécessaire au corps expéditionnaire, ajoutée à la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le département d’État informe ses missions diplomatiques en Chine de la teneur de ses entretiens avec Bidault (ministre des Affaires étrangères) sur l’Indochine et donc le fait que les États-Unis ne contestent plus la souveraineté de la France sur la péninsule (Cesari, 2013, p. 30). Ce qui n’empêchera pas les U.S.A. de soutenir lors de la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août) sa réoccupation en établissant deux zones militaires, chinoise au Nord et britannique au Sud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juin 1945 : Le général de brigade &#039;&#039;&#039;Alessandri est nommé commandant supérieur des troupes françaises réfugiées en Chine&#039;&#039;&#039; en remplacement du général Sabattier (Bodinier, 1987, p. 107).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour satisfaire le nouveau gouvernement vietnamien pro-japonais, le commandant nippon de la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée, le général Tsuchihaschi en poste à Saigon, rencontre Bao Daï à Hué et lui affirme que le Japon ne voit aucune objection à l’annexion par le Vietnam de la Cochinchine et de trois villes sous administration directe des Français (voir 20 juillet). Concernant la Cochinchine, le processus de proclamation de son indépendance (voir 14 août) sera toutefois retardé à cause de protestations du gouvernement cambodgien qui réclame la possession de ce territoire (voir 25 juin) (Pedroncini, 1992, p. 40). Une partie de la Cochinchine est en effet l’objet d’anciens litiges frontaliers avec le Cambodge qui vont d’ailleurs longuement perdurer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juin 45 : &#039;&#039;&#039;Le général Sabattier quitte Kunming et le commandement des troupes françaises en Chine&#039;&#039;&#039;. &#039;&#039;&#039;Le général Alessandri prend sa succession.&#039;&#039;&#039; Sabattier sera remercié pour ce qui a été fait jusque-là par De Gaulle qu’il rencontrera à Paris. Dans les faits, on le congédie poliment (Francini 1, 1988, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juin 45 : &#039;&#039;&#039;Création du Corps expéditionnaire d’Extrême Orient (C.E.E.O.)&#039;&#039;&#039; : 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (général Valluy) et 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (général Nyo). De Gaulle nomme &#039;&#039;&#039;Leclerc commandant en chef du corps expéditionnaire français&#039;&#039;&#039; en Indochine (en remplacement de Blaizot). Leclerc accepte cette fonction sans enthousiasme et ce, d’autant plus, qu’il sait qu’il va se retrouver sous l’autorité militaire de D’Argenlieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mountbatten offre au général Blaizot (encore commandant du C.E.F.E.O.) « deux divisions anglaises à ajouter aux deux divisions françaises prévues pour assurer la libération de l’Indochine, le tout sous commandement français. » De Gaulle estime que ces renforts arrivent « un peu tard ». Il se dit en mauvais terme avec les Anglais et rejette la proposition. Ces deux divisions anglaises seront donc finalement remises au général américain MacArthur (De Folin, 1993, pp. 84-85).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juin 45 : Signature de la charte des Nations Unies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette occasion, lors d’une rencontre entre Stettinius (secrétaire d’État) et Bidault (Affaires étrangères), le premier assure au second que son pays ne remettra pas en cause la souveraineté de la France en Indochine, même si cette question ne fait l’unanimité aux U.S.A. (Wainstock, Miller, 2019, p. 58).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk affirme les droits du Cambodge sur une partie de la Cochinchine (voir 11 juin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 juin 45 : HCM de son maquis du Haut-Tonkin est approché par un membre du réseau anglo-américain Gordon qui vient lui donner son accord pour un parachutage d’une mission militaire américaine O.S.S.-A.G.A.S. L’&#039;&#039;Air Ground Air Service&#039;&#039; (A.G.A.S.) est l’organisme chargé de récupérer les aviateurs américains qui ont été abattus. Il est décidé de préparer une opération commune au nord-ouest d’Hanoi (Devillers, 1988, p. 62).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mai_1945&amp;diff=5221</id>
		<title>Mai 1945</title>
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		<updated>2026-07-31T12:57:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mai 45 : La France ne dispose que de 5 700 hommes de l’armée régulière indochinoise en Chine dont une partie est désarmée, malade ou épuisée. C’est une armée pléthorique. Les groupes d’action français ont été anéantis (dont le groupe Dampierre) ou ont dû repasser en Chine (groupe du lieutenant Seguin ou du lieutenant-colonel Vicaire) (Francini 1, 1988, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM établit son P.C. à Tran Tao (60 km de Hanoi, district de Son Duong) et se lance à la conquête du delta tonkinois. Il y fait circuler des tracts avec un programme en 10 points : distributions aux pauvres des biens des riches, suffrage universel, redistribution des terres, abolition des impôts, égalité pour tous. Le VM contrôle à cette époque 6 provinces du &#039;&#039;Viet Bac&#039;&#039;, soit environ un million de personnes (De Folin, 1993, pp. 80-81) Giap évoque alors « un essor dans la lutte anti-japonaise dans tout le pays, le déclanchement de la guérilla localisée, la création du pouvoir révolutionnaire dans diverses régions de l’édification d’une base pour la lutte anti-japonaise. Par sa direction, le Parti imprima au mouvement révolutionnaire un bond à la fois hardi et sûr. » (Giap, 1966, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mai 45 : Giap ouvre les premières écoles politico-militaires en Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truman fait savoir à Georges Bidault (Affaires étrangères) qu’il n’y a jamais eu de déclaration officielle américaine s’opposant à un retour de la France en Indochine et à la reconnaissance de sa souveraineté sur la péninsule. Pour autant, le nouveau président américain n’a pas abandonné les préoccupations de Roosevelt sur le sort des populations indochinoises (voir 12 avril) (Pedroncini, 1992, p. 57). Bidault déplore l’exclusion de son pays des futures conférences préparatoires (notamment celle de Postdam, voir 17 juillet – 2 août) et rappelle son opposition à la décision américaine prise sous Roosevelt de voir l’Indochine passer sous mandat international (voir 3 avril 1944) (Cesari, 2013, p. 25).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 mai 45 : Le nom « Vietnam » remplace celui d’Indochine dans la terminologie officielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mai 45 : Le groupement du Fleuve Rouge commandé par le général Alessandri arrive à la frontière chinoise à Szé Mao (Sainteny, 1967, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mai 45 : Ho Chi Minh constitue un comité de libération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux est informé par les Japonais d’avoir à se tenir prêt pour se rendre le lendemain vers « une destination inconnue » (Decoux, 1949, p. 338).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mai 45 : &#039;&#039;&#039;Naissance du premier gouvernement vietnamien&#039;&#039;&#039; mais sans ministre de la Défense (compétence qui demeure entre les mains des Japonais). Il est composé de modérés (médecins, hommes de loi, professeurs) qui ne sont pas de fervents pro-japonais. Son autorité s’étend sur l’Annam et le Tonkin, celui-ci étant rattaché à l’empire d’Annam depuis fin avril 1945. Bao Daï fait part de son désir de gouverner pour le peuple. Le nouveau gouvernement tente des réformes fiscales et administratives qui n’auront pas le temps d’aboutir. La langue française est abolie des écoles primaires. (Cadeau, 2019, p. 109).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Conférence de San Francisco&#039;&#039;&#039; (qui prépare la naissance de l’O.N.U.). Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères) a un entretien avec Truman et réaffirme la volonté des Français de se battre contre la Japon. Stettinius (secrétaire d’État) fait savoir de nouveau à Bidault qu’« aucune déclaration officielle ne mettra en question la souveraineté française sur l’Indochine. » (De Folin, 1993, p. 71) Au cours d’une rencontre entre Bidault et Stettinius, ce dernier réaffirme (voir 13 avril) que « les États-Unis n’ont jamais remis en cause, même indirectement, la souveraineté française en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 34-35) Bidault est « soulagé ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parti à 4 h 00 du matin de Saïgon, Decoux apprend qu’il est dirigé vers une plantation d’hévéas à Loc Ninh (135 km au nord de la capitale, frontière cambodgienne), futur lieu d’une détention qui va durer cinq mois (Decoux, 1949, p. 338).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 11 mai 45 : Création d’un Corps de liaison administrative pour l’Extrême-Orient (C.L.A.E.O.) Selon la Direction de l’Indochine au ministère des Colonies, il a une double mission : suivre l’avancée des troupes et assurer la liaison entre les populations libérées et les libérateurs ; opérer la relève administrative de l’ancien personnel de la colonie. Il n’entrera en fonction qu’après le coup de force japonais du 9 mars, mais avec de nombreux retards, faute d’une préparation active (Turpin, 2005, pp. 108-109).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mai 45 : De Gaulle nomme le général Sabatier (ex-commandant de la Division du Tonkin) au commandement des troupes françaises réfugiées en Chine. Il doit réorganiser les troupes, coordonner l’action de la France avec les forces chinoises et préparer le retour des forces françaises après la défaite du Japon. Nommé par le gouvernement de Vichy à la tête de la division du Tonkin et ayant servi sous l’amiral Decoux, Sabatier n’est pas apprécié par l’entourage de De Gaulle. On le désigne ici par défaut. Le colonel Ross (commandant la D.G.E.R. à Kunming) lui reprochera notamment d’avoir accepté de créer un service de renseignement en Indochine sous l’autorité du général américain Weldmeyer (conseiller militaire de Tchang Kaï-check) (Valette, 1994, pp. 38-39). Sabatier sera écarté dès après la capitulation japonaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mai 45 : En vue de liquider la concurrence nationaliste pro-chinoise, le VM crée un « détachement d’honneur d’élimination des traîtres » dirigé par Nguyen Khang. Il opèrera à la mi-juin en exécutant une quinzaine d’opposants nationalistes (Goscha, De Tréglodé, 2006, pp. 190-191).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mai 45 : Après avoir été reçu par le général d’aviation américain Chennault le 29 mars, HCM rencontre pour la première fois &#039;&#039;&#039;le major Patti&#039;&#039;&#039; de l’O.S.S. qui l’appuiera (Devillers, 1988, p. 59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mai 45 : Premier tableau complet de la vie politique vietnamienne dressé par un Français. Son auteur est Louis Arnoux qui avait commencé sa carrière dans les services de renseignements et a été chef de la Sûreté indochinoise sous Decoux. Il établit le premier rapport nourri capable de cerner la véritable nature du VM qui échappait largement jusqu’alors aux Français : « Mai 1941. En Chine, un congrès est tenu à Tsin Tsi (Kouang Si) sous la direction de Nguyen Ai Quoc, en mai 1941. Le leader qui dissimule sa véritable identité et se fait appeler Nguyen Tat Thanh (actuellement Ho Chi Minh) réussit à grouper autour de lui  la majeure partie des anciens émigrés (certains le sont depuis 1929 ou plus) et la plupart des rebelles de Lang Son. » Selon l’auteur du rapport, Nguyen Ai Quoc a su habilement tenir compte de la poussée nationaliste et a renoncé à évoquer clairement la dimension communiste de son mouvement (Ruscio, 1985, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mai 45 : Le général Juin rencontre le général Marshall et l’amiral Leahy. Ces derniers confirment qu’aucune opération de grande envergure n’est programmée en direction de l’Indochine dans un avenir proche. La demande française de participer à d’éventuelles opérations alliées en Indochine n’a donc pas lieu d’être (Turpin, 2005, p. 93). Même la participation de la France à la guerre contre le Japon est repoussée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mai 45 : Le général Wedmeyer (chef d’état-major de Tchang Kaï Chek et commandant les forces américaines en Chine) et Hurley (ambassadeur des U.S.A. en Chine) se plaignent conjointement des initiatives de Mountbatten en Indochine : « Votre décision de mener des opérations sans l’accord du &#039;&#039;généralissimo&#039;&#039; [Tchang Kaï Chek] est une violation de notre compromis. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 62).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Juin renouvelle son offre aux Alliés de mettre un corps expéditionnaire français à leur disposition. Un mémorandum leur sera remis le 29. La participation française se manifesterait par l’envoi de deux divisions blanches : le C.L.I. et la brigade de Madagascar mis à la disposition du S.E.A.C. Cette proposition adressée au C.C.S. n’aboutira pas (voir 19 juillet) (Bodinier, 1987, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mai 45 : &#039;&#039;&#039;Le Comité d’Indochine désigne le général Leclerc comme chef du corps expéditionnaire&#039;&#039;&#039;. Ce dernier le constitue en France pour renforcer les faibles troupes françaises présentes en Indochine. Il est constitué de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. renforcée d’autres troupes diverses : le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. (1 200 hommes), la brigade de Madagascar (7 000 hommes mais pas tous aptes), une brigade marine d’Extrême-Orient (2 400 hommes), les 5 000 hommes repliés en Chine (reliquats de la brigade Alessandri, désarmés…). Comme le fait observer l’un des membres du Comité quelque peu désabusé : « Si nous manifestons une force suffisante et avec de sûres intentions, nous pouvons effacer l’impression désastreuse d’un récent passé. Dans le cas contraire, c’est l’aventure. » (Bodinier, 1987, pp. 25-26). Un problème supplémentaire se pose : la nécessité d’utilisation modérée de troupes noires car une forte présence de ce type de forces serait très mal perçue par les Annamites. Sachant que, de plus, les troupes noires sont peu favorables à un engagement en Extrême-Orient qui les éloignerait encore plus de chez eux. Il faut donc composer avec des moyens que la France ne possède pas vraiment et des variables ethniques complexes…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mai 45 : Le Corps léger d’intervention, devenu 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., débarque à Ceylan. Il ne dispose alors que de 948 hommes (Pedroncini, 1992, p. 85).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mai 45 : De Chunking, le général Sabattier (commandant les troupes françaises en Chine) envoie une note à son gouvernement qui va dans le sens de la pensée gaullienne. « Il est bien évident que le problème Indochine est présentement avant tout un problème militaire. L’Indochine doit être reprise par les armes. Plus grande sera la part de la France dans l’effort nécessaire pour chasser les Japonais d’Indochine plus affermi seront, vis-à-vis des Indochinois et des Alliés, ses droits au rétablissement de sa souveraineté dans le pays. » Selon les affirmations reçues, les Japonais opposent les Indochinois aux Français en les accusant d’avoir accaparé les réserves alors que le Nord connaît la disette. L’attitude des autorités chinoises demeure ambiguë. Malgré leurs déclarations bienveillantes sur le retour des Français, elles entretiennent « officiellement et clandestinement des relations en Chine et en Indochine avec des pirates, des révolutionnaires, des communistes et des nationalistes annamites ». La situation au Tonkin demeure particulièrement chaotique. Des efforts de propagande sont faits pour laisser croire à la défaite des Japonais mais des chefs de « bandes » assez incontrôlables ne coopèrent pas et terrorisent « les petits fonctionnaires indigènes qui ne s’éloign[ent] pas de nous ». Quand on renonce à la force, « l’action politique » s’avère inefficace. Les Japonais arment ces « bandes », entretiennent un climat violent et veulent même créer une armée indochinoise. « C’est au gouvernement français qu’il appartient à l’occasion d’apprécier les dangers qui peuvent, qui pourront se présenter d’un côté comme de l’autre, de choisir et éventuellement de décider. » (Bodinier, 1987, pp. 143-147)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 mai 45 : Hurley (ambassadeur des U.S.A. en Chine) télégraphie à Truman un message lui indiquant que Mountbatten contrarie « la politique américaine » et veut « rétablir l’impérialisme français. » (De Folin, 1993, p. 62)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 mai 45 : Au Cambodge, Son Ngoc Thanh, un pro-japonais exilé, rentre à Phnom Penh et devient ministre des Affaires étrangères.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1945&amp;diff=5220</id>
		<title>Mars 1945</title>
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		<updated>2026-07-31T12:52:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 45 : De Gaulle convoque l’ambassadeur des États-Unis en France, Jefferson Gaffery, pour discuter de l’aide américaine qu’on lui refuse (transport des troupes françaises vers l’Indochine) et celle des Britanniques qu’on lui promet mais qui n’arrive pas. Le Général, pour obtenir ce qu’il désire, joue déjà la carte de la guerre froide, arguant du fait que cette absence d’aide pour l’Indochine sera mal perçue par les Français car « nous ne voulons pas devenir communistes » (Halberstam, 1974, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après le coup de force japonais, la Direction Générale des Études et Recherches (D.G.E.R.) demande à Sainteny de rejoindre Calcutta où se trouve sa base commandant le théâtre d’Extrême-Orient. Il s’y rend donc et y rencontre le commandant Léonard, chef de la Section de Liaison française en Extrême-Orient (S.L.F.E.O.) qui lui donne les instructions nécessaires pour sa future affectation. Lors d’une escale au Caire, il rencontre le colonel Passy, chef de la D.G.E.R. en Extrême-Orient qui décide de l’affecter à la Mission militaire française dite « Mission 5 » à Kunming (Chine du Sud, capitale du Yunnan disposant d’un aérodrome et situé à 270 km de la frontière avec le Tonkin) où se trouve différents états-majors alliés : celui du général des armées chinoises du général Ho Ying Ching et les services américains en liaison avec lui : &#039;&#039;Chinese Combat Command&#039;&#039; (C.C.C.), &#039;&#039;Air Ground Aid Service&#039;&#039; (A.G.A.S.), &#039;&#039;Office Strategic Services&#039;&#039; (O.S.S.), 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée de l’air (&#039;&#039;US Air Force&#039;&#039;) dirigée par le général francophile Chennault (Sainteny, 1967, p. 19).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais ont formé et forment 20 000 caodaïstes dans 3 formations dont l’une, sous la direction de Trinh Minh The, est entraînée à la guérilla dans un camp japonais situé au Laos (Isoart, 1982, p. 155). Certaines sectes reçoivent donc leur actuelle et future formation militaire des Japonais qui en font d’excellentes troupes qui poseront problème aux Français tant qu’elles ne leur seront pas ralliées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mars 45 : Les services de renseignement français et la police informent une première fois les généraux Mordant et Aymé (chefs de la résistance) à Hanoi de l’imminence du coup de force japonais (Toinet, 1998, p. 61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mars 45 : Certains signes laissent présager le coup de force japonais à venir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré l’avertissement par deux Chinois fréquentant une ferme de jeux de Cao Bang où ils se trouvent en contact avec des agents de la Kempeitaï (police militaire japonaise) et qui évoquent une attaque japonaise imminente, l’information jugée trop incertaine n’est pas retenue par les autorités françaises (Franchini 1, 1988, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce même jour, le colonel Renuci, attaché militaire en Australie, est convoqué par le chef d’état-major des forces locales. Deux prisonniers japonais utilisés par les services de renseignement français ont intercepté une conversation indiquant clairement que l’attaque japonaise se déroulera le 9  (Zeller, 2021, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, Decoux ne voit rien venir. En déplacement à Dalat, il donne son accord pour une réunion prévue le 9 en vue de signer un accord avec les Japonais sur les livraisons de riz par l’Indochine au Japon pour l’année 1945 (Decoux, 1949, p. 326).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mars 45 : Retour de Decoux de Dalat à Saïgon. Il apprend que l’ambassadeur japonais Matsumoto entend avoir un entretien avec lui à l’issue de la réunion prévue le 9 (voir 5 mars) (Decoux, 1949, p. 326).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Sabattier (commandant de la division du Tonkin) laisse le général Allessandri libre de ses mouvements. Il peut quitter sa base si les forces japonaises menacent d’anéantir rapidement les siennes (voir 10 mars) (Zeller, 2021, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 45 : La Sûreté française au Tonkin transmet un nouveau message d’alerte : le colonel Robert, commandant la subdivision de Langson, secteur clé de la résistance, serait l’objet d’une surveillance étroite de la part d’agents nippons. Par précaution, la garnison du Tonkin est consignée alors qu’un groupe mobile du secteur qui effectue des manœuvres est mis en alerte (Zeller, 2021, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite de l’opération d’enfumage japonais. Decoux voit l’ambassadeur Matsumoto qui évoque la réunion prévue le 9 et, à son issue, leur entrevue « pour reparler de la question des dépenses militaires ». (Decoux, 1949, p. 326)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 45 : La Sûreté française à Hanoi transmet un nouveau signe de l’éminence de l’agression japonaise. Le général Sabattier (commandant de la division du Tonkin) prescrit un exercice d’alerte des troupes et rejoint son P.C. secret à Phudoan (proche d’Hanoi). Il n’est pas pris au sérieux par les généraux Aymé et Mordant (chefs de la Résistance en Indochine) qui ne voient là qu’une énième rumeur. Ils enjoignent à Sabattier à ne renforcer l’effectif de la citadelle d’Hanoi qu’au cinquième et à annuler l’exercice d’alerte. Ce que Sabattier refuse judicieusement de faire. Il gagnera dès le lendemain son P.C. clandestin de Phu Doan non sans avoir déclenché au préalable des exercices d’alerte destinés à riposter à une potentielle attaque des Japonais (Franchini 1, 1988, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les généraux Aymé et Mordant, commettant l’un comme l’autre une grave erreur d’appréciation, ne prennent pas au sérieux un rapport de la Sécurité de Hanoi leur annonçant le coup de force japonais. Pourtant, il y a eu des signes avant-coureurs : les effectifs de l’armée japonaise sont passés de 8 000 hommes en janvier 1945 à 65 000 à ce moment précis (De Folin, 1993, p. 57). Aymé et Mordant estiment à tort que seul un débarquement allié pourrait déclencher une réaction militaire des Japonais. On envisage même, côté français, l’hypothèse d’une opération d’intoxication de l’O.S.S. : on pousserait les troupes d’Indochine à l’état d’alerte pour provoquer une réaction des Japonais qui conduirait &#039;&#039;in fine&#039;&#039; l’éradication des Français d’Indochine comme le veut Roosevelt (Zeller, 2021, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 45 : Suite à leurs défaites aux Philippines et en Birmanie, par crainte d’un coup de force français et allié, les Japonais ont, depuis novembre et décembre 1944, considérablement renforcé leur présence en Indochine. &#039;&#039;&#039;Ultimatum et coup de force des Japonais&#039;&#039;&#039; (opération &#039;&#039;Meigo&#039;&#039;) dans une stupéfaction générale des autorités françaises en Indochine, de l’armée et des populations civiles franco-vietnamiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux reçoit à 18 heures l’ambassadeur Matsumoto qui évoque avec lui les déclarations de De Gaulle sur un retour des Français dans la péninsule. A 19 heures, l’ambassadeur déclare vouloir obtenir un renforcement des accords de défense commune contre la menace américaine. Decoux tergiverse. L’ambassadeur sort alors un ultimatum sous forme d’un aide-mémoire demandant à l’amiral de placer l’armée, la police et l’administration française sous la coupe japonaise. Avant même le terme de l’ultimatum, les Japonais cernent le palais gouvernemental et des opérations sont lancées au Tonkin (Franchini 1, 1988, pp. 185-186 ; Decoux, 1949, pp. 328-336).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’opération &#039;&#039;Meigo&#039;&#039; vise les principales villes du Vietnam : Hanoi, Haïphong, Langson, Hué, Tourane Qui Nhon ainsi que d’autres points jugés stratégiques, notamment certains axes de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 20 heures, les premiers coups de feu éclatent à Hanoi et l’assaut de la citadelle où sont cantonnées des troupes françaises est donné à 20 h 10. Les généraux Mordant, Aymé, Delsuc et l’amiral Béranger sont faits prisonniers. Puis c’est le tour de Decoux et de son équipe d’être internés à Loc Ninh dans une plantation située à 150 km au nord de Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Langson, le général Lemonnier refuse de se rendre à un « dîner d’amitié » offert par le commandant japonais de la place à 18 h 30. Les officiers français qui s’y rendent sont faits prisonniers à 20 h 00 et seront exécutés le lendemain. Au même moment, les Japonais attaquent la citadelle où les Français résistent toute la nuit (250 morts et 350 blessés européens). Les prisonniers seront froidement exécutés. Le général Lemonier qui refuse de signer une reddition le sera à son tour le 10 par décapitation au sabre (Toinet, 1998, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Tonkin, les actes des Japonais sont particulièrement violents : attaques de garnisons françaises (Hanoi, Haïphong, Langson), viols, pillages, décapitation au sabre, y compris celles d’officiers français qui ont résisté. 400 soldats prisonniers sont décapités à Dong Dan (De Folin, 1993, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune aide ne peut venir des Alliés : les Britanniques sont à 2 500 km de là et se contenteront de parachuter quelques armes aux Français. Seuls les Américains, présents en Chine avec la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; &#039;&#039;US Air Force&#039;&#039;, sont capables d’intervenir. Or le général Wedemeyer qui est à la tête des forces américaines en Chine est absent. C’est le général Chennault qui assure l’intérim mais il ne peut intervenir sans ordre. Wedemeyer demeure avant tout le chef d’état-major d’un Tchang Kaï Check qu’il ne faut pas froisser. Les Américains sont liés à la volonté du dirigeant nationaliste chinois qui n’est, comme eux, pas favorable à un retour des Français. Revenant sur la non-intervention des Américains, Chennault écrira plus tard : « Le gouvernement américain était intéressé à voir les Français éjectés d’Indochine par la force, car le problème de la séparation d’avec leur colonie aurait été ainsi rendu plus facile après la guerre […] J’ai exécuté les ordres donnés à la lettre […] » &#039;&#039;&#039;La position de l’O.S.S. est quant à elle totalement francophobe, quitte à choisir de soutenir provisoirement le Vietminh&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, pp. 216-217 et 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur toute la durée de l’opération &#039;&#039;Meigo&#039;&#039;, Zeller estime que le « bilan demeure difficile à établir ». Il l’évalue à 2 650 militaires français et environ 500 civils tués. Il peut paraître modeste mais il l’est moins si on le rapporte à la population française qui occupe alors l’Indochine (Zeller, 2021, p. 12).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le résident supérieur Berjoan est arrêté. Son secrétaire est abattu. Militaires, fonctionnaires et civils résistants sont gardés par les militaires japonais ou emprisonnés dans les geôles de la Kempeitaï. Certains seront torturés et exécutés (Cambacérès, 2013, p. 43-44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 10 mars 45 : &#039;&#039;&#039;Les Japonais décapitent l’administration française (opération &#039;&#039;Mei&#039;&#039;)&#039;&#039;&#039;. Mais la liquidation de l’administration par ce coup de force laisse un vide contraire aux souhaits des Japonais qui s’étaient jusque-là toujours appuyés sur le cadre administratif français mis en place depuis 1940. Les hauts-fonctionnaires ont été arrêtés. Les cadres français de moindre importance ont été ou écartés par les Japonais ou ont déserté leurs postes. Voulant combler ce vide, les Japonais vont créer une illusion en proclamant une apparence d’indépendance, ce qui permet aux nationalistes vietnamiens de combler tant bien que mal le vide créé par l’opération &#039;&#039;Mei&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Mordant (chef de la résistance en Indochine) n’a rien vu venir malgré les signes avant-coureurs, ce qui lui sera reproché. Seuls les généraux Sabattier (commandant de la division du Tonkin) et Alessandri ont eu vent de ce qui se tramait et ont mis leurs troupes en état d’alerte au Tonkin. Sabattier se rend dans la région de Dien Bien Phu (disposant d’un aéroport) et de Son La. Il y rencontre le colonel Dewavrin (chef de la D.G.E.R.) et le commandant De Langlade avec l’espoir de demander de l’aide aux alliés. Le commandant de la division du Tonkin est alors nommé délégué général en remplacement de Mordant (arrêté par les Japonais) et installe son P.C. à Phong Saly au Laos. Il y tient trois semaines avant de passer avec ses troupes en Chine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général &#039;&#039;&#039;Sabatier&#039;&#039;&#039;, commandant la Division du Tonkin qui se méfiait des Japonais, ne se laisse pas surprendre. Il parvient à quitter Hanoï vers 21 heures et prend la tête d’une colonne d’environ 5 700 hommes pour aller se réfugier en Chine. Il entame alors une longue marche avant de pouvoir franchir la frontière chinoise fin avril début mai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouverneur-général Decoux a transféré son allégeance de Pétain à De Gaulle. Il est destitué par les Japonais qui le remplacent par le général Tsuchihashi (commandant la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division à Saigon). Les ressortissants français sont presque tous regroupés dans les villes principales. De violents combats ont lieu, dans des conditions désastreuses pour les Français. L’armée française est vaincue et sera internée dans des camps comme celui de Hoabinh, dit de mort lente (Zeller, 2021, pp. 159-169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Tsuchihaschi publie deux déclarations. L’une est ferme, l’autre beaucoup plus modérée. Cette dernière laisse entendre que « la population française peut donc, en ayant confiance en l’armée japonaise et en s’abstenant d’actions irréfléchies, continuer à vivre tranquillement. » (Zeller, 2021, p. 135-136) C’est un leurre. Les civils français sont regroupés dans des centres urbains surveillés qui deviennent de véritables ghettos. Certains tombent sous les coups de l’impitoyable Kempeitaï (la « Gestapo japonaise ») et subissent exécutions, tortures et détention arbitraire dans des « cages à tigres » (Franchini 1, 1988, pp. 186-188 ; Zeller, 2021, pp. 135-157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population vietnamienne réagit peu au coup de force japonais. Selon Gras, « la masse, elle, notamment dans les villages, restait étrangère à l’événement. Elle était stupéfaite. Il lui paraissait inimaginable que les Français qui s’étaient montrés si habiles et si rusés avec les Japonais, aient pu être liquidés si rapidement. » Il en va différemment dans les villes où le &#039;&#039;&#039;Daï Viet&#039;&#039;&#039;, parti nationaliste pro-japonais apparu au début de la guerre, se reconstitue et voit là une occasion unique pour s’opposer au retour des Français (Gras, 1979, p. 17).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bao Daï est pressenti par les Japonais pour former un gouvernement&#039;&#039;&#039;. Diem refuse le rôle de premier ministre par son silence, peut-être aussi parce qu’écarté par les Japonais (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 50). &#039;&#039;&#039;Tran Tong Kim forme donc le nouveau gouvernement&#039;&#039;&#039; vietnamien. Ce dernier est confronté à une grave crise économique et sociale, ainsi qu’à la &#039;&#039;&#039;famine au Tonkin&#039;&#039;&#039; provoquée par des inondations dues à trois typhons mais aussi par la suppression des moyens de transport entre le Sud et le Nord. Le nouveau gouvernement ne possède ni administration, ni police, ni armée. Pour autant, Kim cherche à nuire à la présence française en supprimant tout ce qui peut rappeler la colonisation (humiliations, abolition des symboles, regroupements). Au Sud, les sectes caodaïstes et hoa hao, soutenues par les Japonais, ressurgissent avec leurs formations paramilitaires et leurs habituelles violences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, 1 500 soldats français du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. sont internés dans la caserne Martin-des-Pallières. Contrairement au futur acte de reddition du Japon, ils ne seront libérés que le 21 septembre par le général américain Gallagher car le colonel Cédile, futur commissaire de la République au Sud, s’opposera dans un premier temps à cette libération (De Folin, 1993, p. 90 et p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 12 mars 45 : En l’absence d’HCM toujours en Chine (voir février 1945), le Comité permanent du VM se réunit  à Dinh Bang (province de Bac Ninh) et déclare que le Japon est « l’unique ennemi de la révolution vietnamienne », manière de contenter les Alliés au moment où il s’apprête à prendre le pouvoir (Gras, 1979, p. 30).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 13 mars 45 : &#039;&#039;&#039;Massacre des rescapés la garnison française de Langson par les Japonais&#039;&#039;&#039; (460 tués, voir 9 mars). Les Américains restent sourds aux demandes de secours et n’interviennent pas. Selon le témoignage ultérieur du général américain Chennault « des ordres parvinrent de ne fournir ni armes ni munitions aux troupes françaises quelles que puissent être les circonstances. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1967, p. 74)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 45 : La brigade du &#039;&#039;&#039;général Alessandri&#039;&#039;&#039;, accrochée à plusieurs reprises par les Japonais, amorce son repli vers la Chine au moyen de trois colonnes différentes (voir 18 - 27 mars, 3 avril). En manœuvres à l’ouest de Hanoi, elle a pu échapper au coup de force japonais. L’objectif, dans un premier temps, est de « gagner rapidement la région située entre le Fleuve Rouge et la Rivière Noire, y reconstituer le groupement pour lui rendre une valeur combative et ensuite se porter dans la Haute Région ». Cette dernière permettrait de développer une activité de guérilla contre les Japonais. Mais le pays est pauvre et les bases de ravitaillement insuffisantes. La brigade est obligée de se scinder en trois groupes qui se dirigent donc vers la Chine par des parcours différents pour y reprendre le combat aux côtés des nationalistes. Un groupe doit cependant abandonner ses véhicules et son armement lourd au passage de la Rivière Noire qui forme un obstacle à sa retraite. Les troupes indochinoises lui appartenant sont démobilisées faute de nourriture. Certaines désertent. Ne restent au final que 1 500 européens dont la plupart appartiennent à la Légion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proclamation japonaise « d’appuyer entièrement les aspirations à l’indépendance des peuples indochinois si longtemps opprimés jusqu’aujourd’hui ». Deux officiers japonais se rendent auprès de Bao Daï pour lui dire que l’action japonaise va dans le sens de la libération de l’Annam. Masayuki Yokoyama (ambassadeur du Japon promu conseiller suprême du royaume d’Annam) vient demander à l’empereur d’abolir le traité de protectorat du Laos et du Cambodge, ce qu’il fait immédiatement, n’ayant d’autre choix face à cet ultimatum (Franchini 1, 1988, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bidault, ministre des Affaires étrangères du G.P.R.F. (M.R.P.), demande l’aide « immédiate » des troupes et de l’aviation américaine basées en Chine. Il réclame également la négociation d’« un accord de débarquement », en vue d’aider les troupes françaises alors que celles-ci sont pourtant loin de la mer (De Folin, 1993, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giaccobi, ministre des Colonies, estime que « le loyalisme parfois touchant dont on fait preuve les populations d’Indochine, le courage et le patriotisme de tous les Français de là-bas trouveront leur récompense […] Bientôt notre drapeau flottera à nouveau sur Hanoï, Hué et Saïgon, libres comme Strasbourg et Metz. » (Valette, 1994, p. 35) Pour le gouvernement provisoire français, la libération de l’Indochine doit ressembler à celle de la France, même si les choses y sont totalement différentes…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Chennault de l’&#039;&#039;U.S. Air Force&#039;&#039;, rare militaire américain favorable aux Français, fait dans un premier temps parachuter de l’aide aux troupes françaises mais doit y renoncer sur ordre de son supérieur, le général Wedemeyer (De Folin, 1993, p. 68 ; Sainteny, 1967, pp. 27-28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les studios de Radio Saigon sont investis par les Japonais. La speakerine est sommée de diffuser un message : « Les forces japonaises stationnées en Indochine française, convaincues par le manque de sincérité des autorités locales de l’impossibilité d’une défense conjuguée du pays, ont décidé d’assurer à elles seules cette défense […] Cette décision a été prise à la suite du refus par les autorités françaises de participer à la défense en commun du pays. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Zeller, 2021, p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le 10 mars au soir, le commandement militaire japonais signifie à Sihanouk que son pays est désormais indépendant. Bien que sachant que cette situation très provisoire, le roi promulgue alors rapidement des ordonnances. Il s’attribue dans un premier temps la présidence du Conseil. Il nommera ensuite un premier ministre (Ung Hy) et un nouveau gouvernement. Il abolit les conventions et traités du protectorat français. Les Japonais ont fait revenir d’exil  un homme lige, le nationaliste Son Ngoc Thanh (voir 20 juillet 1942), qui est nommé ministre des Affaires étrangères mais dont le rôle se limite en fait aux seules relations avec le Japon (Cambacérès, 2013, pp. 46-47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors le Tonkin connaît déjà les prémices d’une famine, les Japonais saisissent toutes les jonques et convois de riz et s’emparent de tous les stocks d’Hanoï, Vinh et Bac Giang. De leur côté, les forces du VM laissent piller les stocks provinciaux et tolèrent que les villages qu’ils tiennent soient bien pourvus alors d’autres connaissent la disette (Valette, 1994, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mars 45 : Se rangeant aux côtés des Japonais, Bao Daï proclame l’indépendance et abroge les protectorats français de 1885 (Tonkin, Annam). Toutefois la Cochinchine demeure sous domination japonaise (voir 14 août). Il déclare : « Vu la situation mondiale et celle de l&#039;Asie en particulier, le gouvernement du Vietnam proclame publiquement qu&#039;à dater de ce jour le traité de protectorat avec la France est aboli et que le pays reprend ses droits à   l&#039;indépendance. » (Bao Daï, 1980, p. 104 ; Devillers, 1952, p. 125). Pour autant, l’empereur et son entourage n’ont aucune réelle illusion quant à l’éventualité d’une victoire japonaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, devenu chef de l’État promu par les Japonais, adresse plusieurs lettres aux Alliés, leur demandant de reconnaître l’indépendance. S’adressant à De Gaulle, après avoir évoqué la période de l’Occupation en France comparable à celle du Vietnam, il écrit : « Je vous prie de comprendre que le seul moyen de sauvegarder les intérêts français et l’influence spirituelle de la France en Indochine est de reconnaître et de renoncer à toute idée de rétablir ici la souveraineté et une administration sous quelle forme que ce soit. Nous pourrions si facilement nous entendre et devenir des amis si vous vouliez cesser de prétendre à redevenir nos maîtres. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 149 ; larges extraits cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 35-37). De Gaulle ne lui répondra pas, pas plus que Roosevelt. Mais, de ce jour, Bao Daï perdra la confiance du Général. Après avoir songé à Ngo Dinh Diem que les Japonais écartent et qui se récuse, il formera un premier gouvernement le 5 avril dirigé par Tran Trong Kim qui ne résistera pas au départ des Japonais. Ceux-ci adoptent la même politique au Cambodge de Norodom Sianouk et au Laos de Sisavang Vong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais ayant fait proclamer l’indépendance du Vietnam par Bao Daï, il en résulte la réunion des trois &#039;&#039;ky&#039;&#039;, le Tonkin, l’Annam et surtout la Cochinchine (voir 11 juin). HCM, plutôt que d’éliminer l’ex-empereur, le nomme « Conseiller suprême du gouvernement républicain » sous le nom et titre de « Citoyen prince Nguyen Vinh-Thuy ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le futur gouvernement nationaliste de Tran Trong Kim (voir 17 avril) proclamera l’unité vietnamienne des 3 &#039;&#039;ky&#039;&#039;, ce qui est totalement à l’opposé du projet français d’Union française et de fédération autour de 5 entités géographiques différentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mars 45 : La colonne Capponi (1 500 hommes dont 500 Européens) qui fait partie de la brigade Alessandri reçoit un parachutage d’armes à Tuyen Quang (Toinet, 1998, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.P.R.F. confirme Mordant dans ses fonctions de délégué général, ignorant que celui-ci a été interné par les Japonais dès le 9. Son successeur, le général Sabattier, ne sera désigné que le 23 au même poste (Turpin, 2005, p. 91). Pour l’instant, les ordres qui viennent de Paris tombent donc dans le vide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, devant l’Assemblée consultative, on procède à Paris au vote à l’unanimité d’une résolution d’inspiration typiquement gaullienne « assurant les populations indochinoises dont elle connaît le fidèle attachement à la France, ainsi que leurs courageux défenseurs de sa fraternelle affection dans les heures particulièrement difficiles qu’ils traversent. »  Giacobbi, le ministre des Colonies, voit là « la dernière épreuve qu’il nous restait à subir. » Confiant et persuadé que les choses vont se passer en Indochine comme en métropole, il ajoute : « Mais bientôt, notre drapeau flottera sur Hanoi, Hué et Saigon, libre comme à Strasbourg et à Metz. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au coup de force des Japonais, les instances dirigeantes du VM estiment dans une directive que « les conditions d’insurrection ne sont pas mûres. » On préfère attendre le moment où les forces japonaises seront obligées à se regrouper pour faire front à un éventuel débarquement allié. Si ce n’était pas le cas, on table sur une éventuelle révolution au Japon conduisant à une démoralisation des troupes d’occupation propice au déclanchement d’une vaste insurrection du peuple vietnamien (Giap, 1966, p. 78).  L&#039;ordre d&#039;insurrection dans la zone libre ne sera donné que le 12 août.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars 45 : &#039;&#039;&#039;L’état-major de l’armée nippone déclare restituer son indépendance au Cambodge&#039;&#039;&#039; jusqu’alors sous protectorat français. Sihanouk se voit imposer par les nippons la présence d’un nationaliste, Son Ngoc Thanh (ministre des Affaires étrangères), revenu de Tokyo où il était exilé (voir 10 août). Sihanouk, peut-être contraint et forcé, dénonce le protectorat. Il organise une grande réception en l’honneur des Japonais où il se félicite d’appartenir « à l’ère de coprospérité de la Grande Asie orientale ». Il signe une série d’ordonnances pour rétablir le calendrier cambodgien et l’alphabet khmer tous deux supprimés par l’autorité française. Il fait également libérer d’anciens opposants au régime de protectorat (Cadeau, 2019, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle convoque l’ambassadeur américain à Paris et lui reproche en termes violents la position des U.S.A. Il joue déjà auprès de son interlocuteur la seule carte que les Américains puisse alors entendre en Indochine comme en Europe, celle de l’anticommunisme : « Comme je l’ai dit à M. Hopkins quand il était ici, nous ne comprenons pas votre politique. Voulez-vous par exemple que nous devenions un des États d’une fédération dominée par les Russes ? Les Russes continuent d’avancer rapidement, comme vous le savez. Si l’opinion publique, ici, se rend compte que vous êtes contre nous en Indochine, ce sera une déception terrible et qui sait à quoi cela peut nous mener ? Nous ne voulons pas devenir un pays communiste et tomber dans l’orbite russe. Mais j’espère que vous n’allez pas nous y pousser. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 37)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’en prenant à Bao Daï, &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; écrit : « Le bruit court que l’empereur d’Annam aurait proclamé l’indépendance (!?) de son pays et se serait placé sous la protection des Japonais. Attendons pour nous prononcer. Ce qui est sûr, c’est que la grande majorité  des Annamites, Tonkinois, Cochinchinois, Laotiens, Cambodgiens haïssent les impérialistes nippons et luttent pour la libération de l’Indochine avec les troupes [françaises] restées fidèles. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 79)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme d’Henri Bonnet (Ambassadeur de France à Washington) révèle aux Français que les Américains font volontairement traîner l’épineuse question des futurs théâtres d’opérations entre les États-Unis et la Grande Bretagne dans le Pacifique : « La délimitation des théâtres d’opérations britannique et américain n’est pas encore faite, les Américains ayant mis très peu d’empressement à y procéder. Le Commandement britannique s’impatiente. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 96)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte de la future déclaration du 24 mars est remis à De Gaulle. Il a largement été rédigé par Henri De La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies). Mais il est aussi le résultat d’un compromis entre tendances divergentes de différents ministères (voir 18 mai). Il est probablement retravaillé par De Gaulle et De Langlade. Il sera entériné par le conseil des ministres le 23 (Turpin, 2005, p. 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nonobstant la volonté de Roosevelt à ne pas aider les Français en Indochine, le très francophile général d’aviation Chennault basé en Chine autorise l’attaque par quelques avions américains des positions japonaises près de Langson. En mai, les troupes en retraite vers la Chine recevront elles aussi des largages de ravitaillement au cours de leur retraite (Fall, 1968, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mars 45 : L&#039;amiral américain Leahy confirme à l&#039;amiral Fénard qu’aucune action américaine n&#039;est envisagée pour l&#039;Indochine (De Folin, 1993, p. 35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à une situation catastrophique et au manque total d’appui des Alliés, message radiodiffusé de De Gaulle : « Quelles que soient les conditions dans lesquelles se trouve placée la résistance indochinoise, il est essentiel qu’elle se dresse et qu’elle combatte. Il y va, dans une appréciable mesure, de la victoire rapide et totale des Nations Unies en Extrême-Orient. Il y va de l’honneur de la France. Il y va de l’avenir de l’Indochine française. Oui, de l’avenir de l’Indochine française, car, dans l’épreuve de tous et dans le sang des soldats, est scellé en ce moment un pacte solennel entre la France et les peuples de l’Union indochinoise. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 85 ; Isoart, 1982, p. 44). Un appel à une résistance désespérée aux accents typiquement gaulliens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 45 : Roosevelt demande à Charles Taussing (conseiller du département d’État américain pour les Caraïbes) de lui donner son avis sur les questions coloniales en vue de la prochaine session des Nations-Unies. Selon les notes de Taussing, parlant des populations d’Extrême-Orient qui le préoccupent : « Notre but [celui des Américains] doit être de les aider à obtenir l’indépendance : un milliard cent millions d’ennemis potentiels représentent un danger […] Il [Roosevelt] dit que non, qu’il n’avait pas changé d’avis : l’Indochine française et la Nouvelle-Calédonie devaient être retirées à la France et placées sous tutelle. » Roosevelt accepte que la France assume provisoirement les obligations d’un conseil de tutelle à condition que l’indépendance soit l’objectif final (Halberstam, 1974, pp. 101-102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mars 45 : Au Laos, la situation est totalement différente de ce que connaissent le Vietnam et le Cambodge. Le prince héritier, Savang Vatthana, ordonne un soulèvement général contre l’occupant japonais. Les troupes françaises seront soutenues dans leur repli en cours par le prince Bou Oum, seigneur de la région de Champassak, qui apporte également son soutien à la résistance française au printemps et à l’été 1945. Les Japonais entendent réagir contre cette opposition (voir 4 avril) (Cadeau, 2019, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 45 : L’O.S.S. entre en contact avec le VM par le biais du lieutenant &#039;&#039;&#039;Charles Fenn&#039;&#039;&#039;. Par son biais, Ho rencontrera le général Chennault pour la première fois le 29. HCM a su se faire apprécier des Américains depuis peu en ramenant personnellement à Kunming un aviateur américain dont l’appareil avait été abattu au-dessus du Tonkin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fenn&#039;&#039;&#039; a désormais le feu vert de l’ambassade des U.S.A. pour soutenir le mouvement communiste lui promettant un encadrement (voir 16 juillet) mais en lui fournissant très peu armes qui lui seront parachutées en mai. Les Américains envoient donc auprès du VM des armes et des instructeurs dans une base vietminh située dans la Haute-Région. Suite à ce premier contact, &#039;&#039;&#039;HCM aura des contacts en avril avec le major Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;, simple officier subalterne, antifrançais, mais dirigeant l’O.S.S. en Indochine. Le premier séduit le second. En échange, le VM effectue quelques missions de renseignements et de sabotage mais en se gardant bien de s’opposer frontalement aux Japonais. Fall, en évoquant ce moment, parle d’« une résistance d’opérette ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 45 : &#039;&#039;&#039;Bao Daï quitte Hanoï&#039;&#039;&#039; à l’aide d’un Dakota de l’armée américaine pour rejoindre Tchang Kaï Chek à Chungking (capitale provisoire du gouvernement nationaliste chinois). Il poursuit sa route et &#039;&#039;&#039;se rend à Hong-Kong&#039;&#039;&#039; où il va acquérir la réputation d’« empereur des boites de nuits » très peu préoccupé par le sort de ce qui est en train et va se passer au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La colonne Seguin, l’un des éléments de la brigade Alessandri, quitte Cho Don. Elle atteint Bao Lac le 22 et se heurte au VM. Attaquée d’autre part par les Japonais, elle parvient cependant à passer la frontière chinoise le 3 avril (Toinet, 1998, p. 66).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première manifestation nationaliste vietnamienne à Saigon. Elle regroupe entre 3 000 et 50 000 Vietnamiens selon les sources. Il semblerait que l’on y voit pour la première fois l’apparition du drapeau jaune à bandes rouges du futur S-V (Cadeau, 2019, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Sihanouk sous la tutelle des Japonais. Il se maintiendra jusqu’au 13 août (Jennar, 1995, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 - 27 mars : La colonne Caponni (voir 12 mars), autre élément de la brigade Alessandri, est accrochée par les Japonais les 22 et 23 et encerclée le 27 avant d’atteindre Houang Sou Phi à la frontière chinoise (Toinet, 1998, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 45 : Roosevelt donne l’ordre d’aider la brigade Alessandri (voir 10 mars). Cette décision marque une certaine mais tardive inflexion du président américain dans sa conception anticolonialiste à l’égard de l’Indochine. Sans véritablement remettre en cause les convictions du président américain, elle est, selon De Folin, observable depuis fin 1944 (voir 25 mars)  (De Folin, 1993, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 45 : Le département de la Défense américain interdit la fourniture d’armes aux soldats français demeurés en Indochine. Pendant leur retraite vers la Chine après le coup de force des Japonais du 9, les soldats d’Alessandri ne recevront que des parachutages de vivres et de médicaments (Cesari, 2013, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre l’O.S.S. est autorisée à collaborer avec tous les groupes antijaponais, français ou autochtones, pour obtenir des informations sur l’Indochine. Pour autant, les États-Unis ne fournissent aucune caution politique à l’une ou l’autre de ces formations (Cesari, 2013, p. 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mars 45 : L’Inspecteur de la Garde indochinoise de Pontich rencontre Giap à Cho Ra et lui livre des armes en échange d’une collaboration de ses troupes contre les Japonais (Deroo, Dutrône, 2008, p. 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 45 : Le G.P.R.F. prend enfin la mesure de ce qui se passe en Indochine, et notamment de l’arrestation dès le 9 de Mordant par les Japonais (voir 12 mars). &#039;&#039;&#039;Le général Sabattier est officiellement nommé délégué général du gouvernement et commandant en chef en Indochine&#039;&#039;&#039;, décision sans véritable portée au vu de la situation (De Folin, 1993, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conseil des ministres entérine le texte de la déclaration du 24 mars, fruit de longs débats et compromis (Turpin, 2005, p. 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 et 28 mars 45 : Le lieutenant-colonel Reul (résistance française contre les Japonais) obtient un accord avec des chefs locaux du VM en échange de la remise d’armes. Ces petits arrangements locaux demeureront décevants pour les Français (Deroo, Dutrône, 2008, p. 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 45 : Négligeant complètement le fait que l’indépendance du Vietnam ait été accordée par les Japonais, le gouvernement gaulliste publie une charte promettant à l’ensemble de l’Indochine une vague autonomie politique et économique dans un cadre fédéral accordée par un nouveau texte, la « &#039;&#039;&#039;Déclaration du gouvernement en date du 24 mars 1945 relative à l’Indochine »&#039;&#039;&#039; (reproduite &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 412-413 et Bodinier, 1987, pp. 141-143). Elle est inspirée des principes de la conférence de Brazzaville de janvier - février 1944 et de la déclaration de De Gaulle sur l’Indochine du 8 décembre 1943 (voir cette date). Selon De Folin, « toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’Empire, toute constitution, même lointaine, de &#039;&#039;self-government&#039;&#039; dans les colonies était à écarter. » (De Folin, 1993, p. 82) Le texte a été élaboré et rédigé par le gouverneur La Laurentie, directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies et Léon Pignon, haut fonctionnaire dans le même ministère et futur haut-commissaire. La Laurentie n’a jamais été véritablement convaincu par sa teneur. Selon Pignon, « l’élaboration de la déclaration du 24 mars a été longue et difficultueuse ; elle a été remise sur le chantier au moins sept fois et dans une large mesure elle constitue un compromis entre des tendances assez divergentes. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 100 et Isoart, 1982, p. 48, note 157) C’est un texte important et durable qui sera défendu bec et ongles par D’Argenlieu jusqu’à son départ le 5 mars 1947. Et au-delà, avec des nuances, par tous les gouvernements de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République jusqu’en 1954.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est plus question de colonie ni d’Empire mais d’un « &#039;&#039;&#039;État fédéral »&#039;&#039;&#039; dans lequel sont garanties les libertés démocratiques fondamentales, une autonomie douanière et économique, l’égalité de tous les « citoyens indochinois » devant l’emploi et l’accès à un enseignement primaire obligatoire. Il y est aussi question pour la première fois d’une « &#039;&#039;&#039;Union française dont les intérêts à l’extérieur seront représentés par la France »&#039;&#039;&#039;, pour l’instant juridiquement inexistante et qui devra être définie par une constitution à venir (celle qui ne verra le jour que le 27 octobre 1946). Cette « &#039;&#039;&#039;Fédération indochinoise&#039;&#039;&#039; » sera dirigée par un « Gouverneur général » français. A l’heure des puissantes aspirations à l’indépendance totale et de la réunification du Vietnam, on ressuscite les « cinq pays » de l’Indochine française (Tonkin, Annam, Vietnam, Laos et Cambodge) qui auront leurs gouvernements et parlements respectifs mais seront élus au suffrage restreint mais n’auront, de fait, qu’un un rôle purement consultatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ce texte sera rejeté d’entrée tant par les nationalistes que par le Vietminh&#039;&#039;&#039;, au Nord comme au Sud, car le maintien d’un gouverneur général nommé par Paris, sans responsabilité devant le Parlement « ne laisse d’inquiéter par les relents proconsulaires de son pouvoir. » Selon Francini, « La discordance est manifeste entre l’idée métropolitaine et la réalité indochinoise. » (Francini 1, 1988, pp. 214-215) De Folin note avec justesse : « On [à Paris] était loin d’avoir compris le mouvement nationaliste et anticolonialiste qui couvait un peu partout dans l’Asie du Sud-Est asiatique et qu’avaient attisé les Japonais. » (De Folin, 1993, p. 82)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La brigade Alessandri (voir 10 mars) rejointe par les troupes du général Sabattier est épuisée et se déplace vers le nord dans la région de Dien Bien Phu, renforcée par sa garnison et celle de Laichau. Les deux généraux sont rejoints par De Langlade et le colonel Passy (D.G.E.R.) qui leur donne l’ordre irresponsable venu de Paris de tenir la région en vue de passer à l’offensive, nouvelle preuve des illusions gaullistes. Subissant la pression des Japonais et du fait de nombreuses pertes, les rescapés se réfugient en Chine avec environ 5 700 hommes qui, sur ordre de De Gaulle, passent sous l’autorité de Tchang Kaï Chek (De Folin, 1993, pp. 56-57). Sainteny qui les a rencontrés note : « L’état de ces hommes est indescriptible. Ce qu’ils racontent de leur souffrance est à peine croyable, et l’épopée qu’ils viennent de vivre prend corps à nos yeux, grâce aux bribes de phrases que nous parvenons à leur arracher. » (Sainteny, 1967, p. 27) Ils sont d’entrée mal reçus : les Chinois les désarment dès leur arrivée. Le haut-commandement chinois les accueille officiellement, mais les commandants ou administrateurs locaux cherchent à entraver leur installation et à leur nuire par des tracasseries administratives en tout genre (Sainteny, 1967, p. 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle reproche une nouvelle fois aux Américains par le biais de leur ambassadeur Cafferey l’absence d’aide matérielle : « Il semble clair que votre gouvernement ne désire pas aider nos troupes en Indochine. Rien n’a encore été parachuté. » L’ambassadeur objecte la distance. De Gaulle lui répond : « Non, là n’est pas la question. C’est une question politique, je pense. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 55)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une rumeur infondée annonçant le massacre en France de 8 000 étudiants vietnamiens, des bandes armées munies d’armes blanches molestent des Français à Saigon. La riposte japonaise est vive et la foule dispersée sans ménagement. Le sang coule. Cette vive réaction entraîne un retour au calme dans la ville qui se poursuivra jusqu’à la reddition des Japonais (Cadeau, 2019, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 45 : Un officier américain équipé d’un émetteur radio est parachuté pour aider les troupes françaises en repli vers la Chine. A deux reprises, il fait intervenir l’aviation américaine contre les Japonais lancés à la poursuite des Français (voir 19 mars) (De Folin, 1993, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 – 31 mars 45 : Les Américains débarquent sur l’île japonaise d’Okinawa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 45 : Lettre du général Leclerc (futur commandant en chef lors de la reconquête de l’Indochine) visant à justifier l’accord du 24 mars et la nécessité « de trouver un gouvernement annamite » face à l’anarchie qui règne en Indochine et à l’hostilité à l’égard du retour des Français. Sans cet accord « imparfait », la reconquête du Tonkin lui paraît impossible (Brocheux, 2003, pp. 167-168). Leclerc qui a déjà pris la mesure de ce qui se passe en Indochine confiera un peu plus tard à Salan (délégué militaire pour l’Indochine du Nord) : « Mon plan vise à la nouveauté, trop de bouleversements se sont produits, il est impossible de maintenir l’ordre ancien. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mars 45 : Un rapport de Paul Mus (alors agent de la France libre à Hanoi, très bon connaisseur de l’Indochine), rédigé début mars et arrivé à cette date au ministère des Relations extérieures ne mentionne toujours pas l’existence du nom « Vietminh ». Il évoque des communistes vietnamiens avec lesquels il suggère de prendre des contacts afin de mener une lutte commune contre les Japonais (Ruscio, 1985, p. 57) Les composantes du VM demeurent toujours mal connues des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 mars 45 : Le général Sabattier, délégué général du gouvernement et commandant en chef en Indochine depuis la capture du généraux Mordant et Aymé par les Japonais, reçoit un ordre de De Gaulle lui enjoignant de tenir la portion du Tonkin dans le secteur de Dien Bien Phu. Le colonel Passy (chef de la D.G.E.R.) et le commandant Langlade le rencontrent à l’aéroport de la localité. Les ordres de résistance émanant de Paris paraissent toujours aussi inapplicables (De Folin, 1993, p. 81 ; Toinet, 1998, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après une première prise de contact avec les Américains (voir 17 mars), &#039;&#039;&#039;HCM est reçu par le commandant de l’aviation en Chine du Sud, le général Chennault&#039;&#039;&#039;, commandant la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; &#039;&#039;Air Force&#039;&#039; en Chine. C’est à cette occasion qu’est prise une photographie qu’Ho arborera souvent par la suite pour montrer ses bonnes relations avec les Américains (Devillers, 1988, p. 59 ; photographie reproduite &#039;&#039;in&#039;&#039; Marangé, 2012, p. 145). Il sera recruté comme « agent de renseignement n°19 » sous le pseudonyme de « Lucius ». Outre la fourniture de renseignements contre les Japonais, il recevra pour mission de récupérer les aviateurs américains tombés dans les zones contrôlées par une filière d’évasion vers la Chine tenues par le VM (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 13-14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mars 45 : Les légionnaires et artilleurs du groupement Prugnat appartenant à la brigade Alessandri passent la frontière chinoise (Sainteny, 1967, p. 31).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1945&amp;diff=5219</id>
		<title>Mars 1945</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1945&amp;diff=5219"/>
		<updated>2026-07-31T12:52:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 45 : De Gaulle convoque l’ambassadeur des États-Unis en France, Jefferson Gaffery, pour discuter de l’aide américaine qu’on lui refuse (transport des troupes françaises vers l’Indochine) et celle des Britanniques qu’on lui promet mais qui n’arrive pas. Le Général, pour obtenir ce qu’il désire, joue déjà la carte de la guerre froide, arguant du fait que cette absence d’aide pour l’Indochine sera mal perçue par les Français car « nous ne voulons pas devenir communistes » (Halberstam, 1974, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après le coup de force japonais, la Direction Générale des Études et Recherches (D.G.E.R.) demande à Sainteny de rejoindre Calcutta où se trouve sa base commandant le théâtre d’Extrême-Orient. Il s’y rend donc et y rencontre le commandant Léonard, chef de la Section de Liaison française en Extrême-Orient (S.L.F.E.O.) qui lui donne les instructions nécessaires pour sa future affectation. Lors d’une escale au Caire, il rencontre le colonel Passy, chef de la D.G.E.R. en Extrême-Orient qui décide de l’affecter à la Mission militaire française dite « Mission 5 » à Kunming (Chine du Sud, capitale du Yunnan disposant d’un aérodrome et situé à 270 km de la frontière avec le Tonkin) où se trouve différents états-majors alliés : celui du général des armées chinoises du général Ho Ying Ching et les services américains en liaison avec lui : &#039;&#039;Chinese Combat Command&#039;&#039; (C.C.C.), &#039;&#039;Air Ground Aid Service&#039;&#039; (A.G.A.S.), &#039;&#039;Office Strategic Services&#039;&#039; (O.S.S.), 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée de l’air (&#039;&#039;US Air Force&#039;&#039;) dirigée par le général francophile Chennault (Sainteny, 1967, p. 19).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais ont formé et forment 20 000 caodaïstes dans 3 formations dont l’une, sous la direction de Trinh Minh The, est entraînée à la guérilla dans un camp japonais situé au Laos (Isoart, 1982, p. 155). Certaines sectes reçoivent donc leur actuelle et future formation militaire des Japonais qui en font d’excellentes troupes qui poseront problème aux Français tant qu’elles ne leur seront pas ralliées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mars 45 : Les services de renseignement français et la police informent une première fois les généraux Mordant et Aymé (chefs de la résistance) à Hanoi de l’imminence du coup de force japonais (Toinet, 1998, p. 61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mars 45 : Certains signes laissent présager le coup de force japonais à venir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré l’avertissement par deux Chinois fréquentant une ferme de jeux de Cao Bang où ils se trouvent en contact avec des agents de la Kempeitaï (police militaire japonaise) et qui évoquent une attaque japonaise imminente, l’information jugée trop incertaine n’est pas retenue par les autorités françaises (Franchini 1, 1988, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce même jour, le colonel Renuci, attaché militaire en Australie, est convoqué par le chef d’état-major des forces locales. Deux prisonniers japonais utilisés par les services de renseignement français ont intercepté une conversation indiquant clairement que l’attaque japonaise se déroulera le 9  (Zeller, 2021, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, Decoux ne voit rien venir. En déplacement à Dalat, il donne son accord pour une réunion prévue le 9 en vue de signer un accord avec les Japonais sur les livraisons de riz par l’Indochine au Japon pour l’année 1945 (Decoux, 1949, p. 326).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mars 45 : Retour de Decoux de Dalat à Saïgon. Il apprend que l’ambassadeur japonais Matsumoto entend avoir un entretien avec lui à l’issue de la réunion prévue le 9 (voir 5 mars) (Decoux, 1949, p. 326).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Sabattier (commandant de la division du Tonkin) laisse le général Allessandri libre de ses mouvements. Il peut quitter sa base si les forces japonaises menacent d’anéantir rapidement les siennes (voir 10 mars) (Zeller, 2021, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 45 : La Sûreté française au Tonkin transmet un nouveau message d’alerte : le colonel Robert, commandant la subdivision de Langson, secteur clé de la résistance, serait l’objet d’une surveillance étroite de la part d’agents nippons. Par précaution, la garnison du Tonkin est consignée alors qu’un groupe mobile du secteur qui effectue des manœuvres est mis en alerte (Zeller, 2021, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite de l’opération d’enfumage japonais. Decoux voit l’ambassadeur Matsumoto qui évoque la réunion prévue le 9 et, à son issue, leur entrevue « pour reparler de la question des dépenses militaires ». (Decoux, 1949, p. 326)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 45 : La Sûreté française à Hanoi transmet un nouveau signe de l’éminence de l’agression japonaise. Le général Sabattier (commandant de la division du Tonkin) prescrit un exercice d’alerte des troupes et rejoint son P.C. secret à Phudoan (proche d’Hanoi). Il n’est pas pris au sérieux par les généraux Aymé et Mordant (chefs de la Résistance en Indochine) qui ne voient là qu’une énième rumeur. Ils enjoignent à Sabattier à ne renforcer l’effectif de la citadelle d’Hanoi qu’au cinquième et à annuler l’exercice d’alerte. Ce que Sabattier refuse judicieusement de faire. Il gagnera dès le lendemain son P.C. clandestin de Phu Doan non sans avoir déclenché au préalable des exercices d’alerte destinés à riposter à une potentielle attaque des Japonais (Franchini 1, 1988, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les généraux Aymé et Mordant, commettant l’un comme l’autre une grave erreur d’appréciation, ne prennent pas au sérieux un rapport de la Sécurité de Hanoi leur annonçant le coup de force japonais. Pourtant, il y a eu des signes avant-coureurs : les effectifs de l’armée japonaise sont passés de 8 000 hommes en janvier 1945 à 65 000 à ce moment précis (De Folin, 1993, p. 57). Aymé et Mordant estiment à tort que seul un débarquement allié pourrait déclencher une réaction militaire des Japonais. On envisage même, côté français, l’hypothèse d’une opération d’intoxication de l’O.S.S. : on pousserait les troupes d’Indochine à l’état d’alerte pour provoquer une réaction des Japonais qui conduirait &#039;&#039;in fine&#039;&#039; l’éradication des Français d’Indochine comme le veut Roosevelt (Zeller, 2021, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 45 : Suite à leurs défaites aux Philippines et en Birmanie, par crainte d’un coup de force français et allié, les Japonais ont, depuis novembre et décembre 1944, considérablement renforcé leur présence en Indochine. &#039;&#039;&#039;Ultimatum et coup de force des Japonais&#039;&#039;&#039; (opération &#039;&#039;Meigo&#039;&#039;) dans une stupéfaction générale des autorités françaises en Indochine, de l’armée et des populations civiles franco-vietnamiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux reçoit à 18 heures l’ambassadeur Matsumoto qui évoque avec lui les déclarations de De Gaulle sur un retour des Français dans la péninsule. A 19 heures, l’ambassadeur déclare vouloir obtenir un renforcement des accords de défense commune contre la menace américaine. Decoux tergiverse. L’ambassadeur sort alors un ultimatum sous forme d’un aide-mémoire demandant à l’amiral de placer l’armée, la police et l’administration française sous la coupe japonaise. Avant même le terme de l’ultimatum, les Japonais cernent le palais gouvernemental et des opérations sont lancées au Tonkin (Franchini 1, 1988, pp. 185-186 ; Decoux, 1949, pp. 328-336).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’opération &#039;&#039;Meigo&#039;&#039; vise les principales villes du Vietnam : Hanoi, Haïphong, Langson, Hué, Tourane Qui Nhon ainsi que d’autres points jugés stratégiques, notamment certains axes de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 20 heures, les premiers coups de feu éclatent à Hanoi et l’assaut de la citadelle où sont cantonnées des troupes françaises est donné à 20 h 10. Les généraux Mordant, Aymé, Delsuc et l’amiral Béranger sont faits prisonniers. Puis c’est le tour de Decoux et de son équipe d’être internés à Loc Ninh dans une plantation située à 150 km au nord de Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Langson, le général Lemonnier refuse de se rendre à un « dîner d’amitié » offert par le commandant japonais de la place à 18 h 30. Les officiers français qui s’y rendent sont faits prisonniers à 20 h 00 et seront exécutés le lendemain. Au même moment, les Japonais attaquent la citadelle où les Français résistent toute la nuit (250 morts et 350 blessés européens). Les prisonniers seront froidement exécutés. Le général Lemonier qui refuse de signer une reddition le sera à son tour le 10 par décapitation au sabre (Toinet, 1998, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Tonkin, les actes des Japonais sont particulièrement violents : attaques de garnisons françaises (Hanoi, Haïphong, Langson), viols, pillages, décapitation au sabre, y compris celles d’officiers français qui ont résisté. 400 soldats prisonniers sont décapités à Dong Dan (De Folin, 1993, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucune aide ne peut venir des Alliés : les Britanniques sont à 2 500 km de là et se contenteront de parachuter quelques armes aux Français. Seuls les Américains, présents en Chine avec la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; &#039;&#039;US Air Force&#039;&#039;, sont capables d’intervenir. Or le général Wedemeyer qui est à la tête des forces américaines en Chine est absent. C’est le général Chennault qui assure l’intérim mais il ne peut intervenir sans ordre. Wedemeyer demeure avant tout le chef d’état-major d’un Tchang Kaï Check qu’il ne faut pas froisser. Les Américains sont liés à la volonté du dirigeant nationaliste chinois qui n’est, comme eux, pas favorable à un retour des Français. Revenant sur la non-intervention des Américains, Chennault écrira plus tard : « Le gouvernement américain était intéressé à voir les Français éjectés d’Indochine par la force, car le problème de la séparation d’avec leur colonie aurait été ainsi rendu plus facile après la guerre […] J’ai exécuté les ordres donnés à la lettre […] » &#039;&#039;&#039;La position de l’O.S.S. est quant à elle totalement francophobe, quitte à choisir de soutenir provisoirement le Vietminh&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, pp. 216-217 et 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur toute la durée de l’opération &#039;&#039;Meigo&#039;&#039;, Zeller estime que le « bilan demeure difficile à établir ». Il l’évalue à 2 650 militaires français et environ 500 civils tués. Il peut paraître modeste mais il l’est moins si on le rapporte à la population française qui occupe alors l’Indochine (Zeller, 2021, p. 12).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le résident supérieur Berjoan est arrêté. Son secrétaire est abattu. Militaires, fonctionnaires et civils résistants sont gardés par les militaires japonais ou emprisonnés dans les geôles de la Kempeitaï. Certains seront torturés et exécutés (Cambacérès, 2013, p. 43-44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 10 mars 45 : &#039;&#039;&#039;Les Japonais décapitent l’administration française (opération &#039;&#039;Mei&#039;&#039;)&#039;&#039;&#039;. Mais la liquidation de l’administration par ce coup de force laisse un vide contraire aux souhaits des Japonais qui s’étaient jusque-là toujours appuyés sur le cadre administratif français mis en place depuis 1940. Les hauts-fonctionnaires ont été arrêtés. Les cadres français de moindre importance ont été ou écartés par les Japonais ou ont déserté leurs postes. Voulant combler ce vide, les Japonais vont créer une illusion en proclamant une apparence d’indépendance, ce qui permet aux nationalistes vietnamiens de combler tant bien que mal le vide créé par l’opération &#039;&#039;Mei&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Mordant (chef de la résistance en Indochine) n’a rien vu venir malgré les signes avant-coureurs, ce qui lui sera reproché. Seuls les généraux Sabattier (commandant de la division du Tonkin) et Alessandri ont eu vent de ce qui se tramait et ont mis leurs troupes en état d’alerte au Tonkin. Sabattier se rend dans la région de Dien Bien Phu (disposant d’un aéroport) et de Son La. Il y rencontre le colonel Dewavrin (chef de la D.G.E.R.) et le commandant De Langlade avec l’espoir de demander de l’aide aux alliés. Le commandant de la division du Tonkin est alors nommé délégué général en remplacement de Mordant (arrêté par les Japonais) et installe son P.C. à Phong Saly au Laos. Il y tient trois semaines avant de passer avec ses troupes en Chine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général &#039;&#039;&#039;Sabatier&#039;&#039;&#039;, commandant la Division du Tonkin qui se méfiait des Japonais, ne se laisse pas surprendre. Il parvient à quitter Hanoï vers 21 heures et prend la tête d’une colonne d’environ 5 700 hommes pour aller se réfugier en Chine. Il entame alors une longue marche avant de pouvoir franchir la frontière chinoise fin avril début mai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouverneur-général Decoux a transféré son allégeance de Pétain à De Gaulle. Il est destitué par les Japonais qui le remplacent par le général Tsuchihashi (commandant la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division à Saigon). Les ressortissants français sont presque tous regroupés dans les villes principales. De violents combats ont lieu, dans des conditions désastreuses pour les Français. L’armée française est vaincue et sera internée dans des camps comme celui de Hoabinh, dit de mort lente (Zeller, 2021, pp. 159-169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Tsuchihaschi publie deux déclarations. L’une est ferme, l’autre beaucoup plus modérée. Cette dernière laisse entendre que « la population française peut donc, en ayant confiance en l’armée japonaise et en s’abstenant d’actions irréfléchies, continuer à vivre tranquillement. » (Zeller, 2021, p. 135-136) C’est un leurre. Les civils français sont regroupés dans des centres urbains surveillés qui deviennent de véritables ghettos. Certains tombent sous les coups de l’impitoyable Kempeitaï (la « Gestapo japonaise ») et subissent exécutions, tortures et détention arbitraire dans des « cages à tigres » (Franchini 1, 1988, pp. 186-188 ; Zeller, 2021, pp. 135-157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La population vietnamienne réagit peu au coup de force japonais. Selon Gras, « la masse, elle, notamment dans les villages, restait étrangère à l’événement. Elle était stupéfaite. Il lui paraissait inimaginable que les Français qui s’étaient montrés si habiles et si rusés avec les Japonais, aient pu être liquidés si rapidement. » Il en va différemment dans les villes où le &#039;&#039;&#039;Daï Viet&#039;&#039;&#039;, parti nationaliste pro-japonais apparu au début de la guerre, se reconstitue et voit là une occasion unique pour s’opposer au retour des Français (Gras, 1979, p. 17).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bao Daï est pressenti par les Japonais pour former un gouvernement&#039;&#039;&#039;. Diem refuse le rôle de premier ministre par son silence, peut-être aussi parce qu’écarté par les Japonais (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 50). &#039;&#039;&#039;Tran Tong Kim forme donc le nouveau gouvernement&#039;&#039;&#039; vietnamien. Ce dernier est confronté à une grave crise économique et sociale, ainsi qu’à la &#039;&#039;&#039;famine au Tonkin&#039;&#039;&#039; provoquée par des inondations dues à trois typhons mais aussi par la suppression des moyens de transport entre le Sud et le Nord. Le nouveau gouvernement ne possède ni administration, ni police, ni armée. Pour autant, Kim cherche à nuire à la présence française en supprimant tout ce qui peut rappeler la colonisation (humiliations, abolition des symboles, regroupements). Au Sud, les sectes caodaïstes et hoa hao, soutenues par les Japonais, ressurgissent avec leurs formations paramilitaires et leurs habituelles violences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, 1 500 soldats français du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. sont internés dans la caserne Martin-des-Pallières. Contrairement au futur acte de reddition du Japon, ils ne seront libérés que le 21 septembre par le général américain Gallagher car le colonel Cédile, futur commissaire de la République au Sud, s’opposera dans un premier temps à cette libération (De Folin, 1993, p. 90 et p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 12 mars 45 : En l’absence d’HCM toujours en Chine (voir février 1945), le Comité permanent du VM se réunit  à Dinh Bang (province de Bac Ninh) et déclare que le Japon est « l’unique ennemi de la révolution vietnamienne », manière de contenter les Alliés au moment où il s’apprête à prendre le pouvoir (Gras, 1979, p. 30).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 13 mars 45 : &#039;&#039;&#039;Massacre des rescapés la garnison française de Langson par les Japonais&#039;&#039;&#039; (460 tués, voir 9 mars). Les Américains restent sourds aux demandes de secours et n’interviennent pas. Selon le témoignage ultérieur du général américain Chennault « des ordres parvinrent de ne fournir ni armes ni munitions aux troupes françaises quelles que puissent être les circonstances. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1967, p. 74)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 45 : La brigade du &#039;&#039;&#039;général Alessandri&#039;&#039;&#039;, accrochée à plusieurs reprises par les Japonais, amorce son repli vers la Chine au moyen de trois colonnes différentes (voir 18 - 27 mars, 3 avril). En manœuvres à l’ouest de Hanoi, elle a pu échapper au coup de force japonais. L’objectif, dans un premier temps, est de « gagner rapidement la région située entre le Fleuve Rouge et la Rivière Noire, y reconstituer le groupement pour lui rendre une valeur combative et ensuite se porter dans la Haute Région ». Cette dernière permettrait de développer une activité de guérilla contre les Japonais. Mais le pays est pauvre et les bases de ravitaillement insuffisantes. La brigade est obligée de se scinder en trois groupes qui se dirigent donc vers la Chine par des parcours différents pour y reprendre le combat aux côtés des nationalistes. Un groupe doit cependant abandonner ses véhicules et son armement lourd au passage de la Rivière Noire qui forme un obstacle à sa retraite. Les troupes indochinoises lui appartenant sont démobilisées faute de nourriture. Certaines désertent. Ne restent au final que 1 500 européens dont la plupart appartiennent à la Légion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proclamation japonaise « d’appuyer entièrement les aspirations à l’indépendance des peuples indochinois si longtemps opprimés jusqu’aujourd’hui ». Deux officiers japonais se rendent auprès de Bao Daï pour lui dire que l’action japonaise va dans le sens de la libération de l’Annam. Masayuki Yokoyama (ambassadeur du Japon promu conseiller suprême du royaume d’Annam) vient demander à l’empereur d’abolir le traité de protectorat du Laos et du Cambodge, ce qu’il fait immédiatement, n’ayant d’autre choix face à cet ultimatum (Franchini 1, 1988, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bidault, ministre des Affaires étrangères du G.P.R.F. (M.R.P.), demande l’aide « immédiate » des troupes et de l’aviation américaine basées en Chine. Il réclame également la négociation d’« un accord de débarquement », en vue d’aider les troupes françaises alors que celles-ci sont pourtant loin de la mer (De Folin, 1993, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giaccobi, ministre des Colonies, estime que « le loyalisme parfois touchant dont on fait preuve les populations d’Indochine, le courage et le patriotisme de tous les Français de là-bas trouveront leur récompense […] Bientôt notre drapeau flottera à nouveau sur Hanoï, Hué et Saïgon, libres comme Strasbourg et Metz. » (Valette, 1994, p. 35) Pour le gouvernement provisoire français, la libération de l’Indochine doit ressembler à celle de la France, même si les choses y sont totalement différentes…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Chennault de l’&#039;&#039;U.S. Air Force&#039;&#039;, rare militaire américain favorable aux Français, fait dans un premier temps parachuter de l’aide aux troupes françaises mais doit y renoncer sur ordre de son supérieur, le général Wedemeyer (De Folin, 1993, p. 68 ; Sainteny, 1967, pp. 27-28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les studios de Radio Saigon sont investis par les Japonais. La speakerine est sommée de diffuser un message : « Les forces japonaises stationnées en Indochine française, convaincues par le manque de sincérité des autorités locales de l’impossibilité d’une défense conjuguée du pays, ont décidé d’assurer à elles seules cette défense […] Cette décision a été prise à la suite du refus par les autorités françaises de participer à la défense en commun du pays. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Zeller, 2021, p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le 10 mars au soir, le commandement militaire japonais signifie à Sihanouk que son pays est désormais indépendant. Bien que sachant que cette situation très provisoire, le roi promulgue alors rapidement des ordonnances. Il s’attribue dans un premier temps la présidence du Conseil. Il nommera ensuite un premier ministre (Ung Hy) et un nouveau gouvernement. Il abolit les conventions et traités du protectorat français. Les Japonais ont fait revenir d’exil  un homme lige, le nationaliste Son Ngoc Thanh (voir 20 juillet 1942), qui est nommé ministre des Affaires étrangères mais dont le rôle se limite en fait aux seules relations avec le Japon (Cambacérès, 2013, pp. 46-47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors le Tonkin connaît déjà les prémices d’une famine, les Japonais saisissent toutes les jonques et convois de riz et s’emparent de tous les stocks d’Hanoï, Vinh et Bac Giang. De leur côté, les forces du VM laissent piller les stocks provinciaux et tolèrent que les villages qu’ils tiennent soient bien pourvus alors d’autres connaissent la disette (Valette, 1994, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mars 45 : Se rangeant aux côtés des Japonais, Bao Daï proclame l’indépendance et abroge les protectorats français de 1885 (Tonkin, Annam). Toutefois la Cochinchine demeure sous domination japonaise (voir 14 août). Il déclare : « Vu la situation mondiale et celle de l&#039;Asie en particulier, le gouvernement du Vietnam proclame publiquement qu&#039;à dater de ce jour le traité de protectorat avec la France est aboli et que le pays reprend ses droits à   l&#039;indépendance. » (Bao Daï, 1980, p. 104 ; Devillers, 1952, p. 125). Pour autant, l’empereur et son entourage n’ont aucune réelle illusion quant à l’éventualité d’une victoire japonaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, devenu chef de l’État promu par les Japonais, adresse plusieurs lettres aux Alliés, leur demandant de reconnaître l’indépendance. S’adressant à De Gaulle, après avoir évoqué la période de l’Occupation en France comparable à celle du Vietnam, il écrit : « Je vous prie de comprendre que le seul moyen de sauvegarder les intérêts français et l’influence spirituelle de la France en Indochine est de reconnaître et de renoncer à toute idée de rétablir ici la souveraineté et une administration sous quelle forme que ce soit. Nous pourrions si facilement nous entendre et devenir des amis si vous vouliez cesser de prétendre à redevenir nos maîtres. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 149 ; larges extraits cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 35-37). De Gaulle ne lui répondra pas, pas plus que Roosevelt. Mais, de ce jour, Bao Daï perdra la confiance du Général. Après avoir songé à Ngo Dinh Diem que les Japonais écartent et qui se récuse, il formera un premier gouvernement le 5 avril dirigé par Tran Trong Kim qui ne résistera pas au départ des Japonais. Ceux-ci adoptent la même politique au Cambodge de Norodom Sianouk et au Laos de Sisavang Vong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais ayant fait proclamer l’indépendance du Vietnam par Bao Daï, il en résulte la réunion des trois &#039;&#039;ky&#039;&#039;, le Tonkin, l’Annam et surtout la Cochinchine (voir 11 juin). HCM, plutôt que d’éliminer l’ex-empereur, le nomme « Conseiller suprême du gouvernement républicain » sous le nom et titre de « Citoyen prince Nguyen Vinh-Thuy ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le futur gouvernement nationaliste de Tran Trong Kim (voir 17 avril) proclamera l’unité vietnamienne des 3 &#039;&#039;ky&#039;&#039;, ce qui est totalement à l’opposé du projet français d’Union française et de fédération autour de 5 entités géographiques différentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mars 45 : La colonne Capponi (1 500 hommes dont 500 Européens) qui fait partie de la brigade Alessandri reçoit un parachutage d’armes à Tuyen Quang (Toinet, 1998, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.P.R.F. confirme Mordant dans ses fonctions de délégué général, ignorant que celui-ci a été interné par les Japonais dès le 9. Son successeur, le général Sabattier, ne sera désigné que le 23 au même poste (Turpin, 2005, p. 91). Pour l’instant, les ordres qui viennent de Paris tombent donc dans le vide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, devant l’Assemblée consultative, on procède à Paris au vote à l’unanimité d’une résolution d’inspiration typiquement gaullienne « assurant les populations indochinoises dont elle connaît le fidèle attachement à la France, ainsi que leurs courageux défenseurs de sa fraternelle affection dans les heures particulièrement difficiles qu’ils traversent. »  Giacobbi, le ministre des Colonies, voit là « la dernière épreuve qu’il nous restait à subir. » Confiant et persuadé que les choses vont se passer en Indochine comme en métropole, il ajoute : « Mais bientôt, notre drapeau flottera sur Hanoi, Hué et Saigon, libre comme à Strasbourg et à Metz. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au coup de force des Japonais, les instances dirigeantes du VM estiment dans une directive que « les conditions d’insurrection ne sont pas mûres. » On préfère attendre le moment où les forces japonaises seront obligées à se regrouper pour faire front à un éventuel débarquement allié. Si ce n’était pas le cas, on table sur une éventuelle révolution au Japon conduisant à une démoralisation des troupes d’occupation propice au déclanchement d’une vaste insurrection du peuple vietnamien (Giap, 1966, p. 78).  L&#039;ordre d&#039;insurrection dans la zone libre ne sera donné que le 12 août.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars 45 : &#039;&#039;&#039;L’état-major de l’armée nippone déclare restituer son indépendance au Cambodge&#039;&#039;&#039; jusqu’alors sous protectorat français. Sihanouk se voit imposer par les nippons la présence d’un nationaliste, Son Ngoc Thanh (ministre des Affaires étrangères), revenu de Tokyo où il était exilé (voir 10 août). Sihanouk, peut-être contraint et forcé, dénonce le protectorat. Il organise une grande réception en l’honneur des Japonais où il se félicite d’appartenir « à l’ère de coprospérité de la Grande Asie orientale ». Il signe une série d’ordonnances pour rétablir le calendrier cambodgien et l’alphabet khmer tous deux supprimés par l’autorité française. Il fait également libérer d’anciens opposants au régime de protectorat (Cadeau, 2019, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle convoque l’ambassadeur américain à Paris et lui reproche en termes violents la position des U.S.A. Il joue déjà auprès de son interlocuteur la seule carte que les Américains puisse alors entendre en Indochine comme en Europe, celle de l’anticommunisme : « Comme je l’ai dit à M. Hopkins quand il était ici, nous ne comprenons pas votre politique. Voulez-vous par exemple que nous devenions un des États d’une fédération dominée par les Russes ? Les Russes continuent d’avancer rapidement, comme vous le savez. Si l’opinion publique, ici, se rend compte que vous êtes contre nous en Indochine, ce sera une déception terrible et qui sait à quoi cela peut nous mener ? Nous ne voulons pas devenir un pays communiste et tomber dans l’orbite russe. Mais j’espère que vous n’allez pas nous y pousser. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 37)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’en prenant à Bao Daï, &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; écrit : « Le bruit court que l’empereur d’Annam aurait proclamé l’indépendance (!?) de son pays et se serait placé sous la protection des Japonais. Attendons pour nous prononcer. Ce qui est sûr, c’est que la grande majorité  des Annamites, Tonkinois, Cochinchinois, Laotiens, Cambodgiens haïssent les impérialistes nippons et luttent pour la libération de l’Indochine avec les troupes [françaises] restées fidèles. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 79)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme d’Henri Bonnet (Ambassadeur de France à Washington) révèle aux Français que les Américains font volontairement traîner l’épineuse question des futurs théâtres d’opérations entre les États-Unis et la Grande Bretagne dans le Pacifique : « La délimitation des théâtres d’opérations britannique et américain n’est pas encore faite, les Américains ayant mis très peu d’empressement à y procéder. Le Commandement britannique s’impatiente. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 96)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le texte de la future déclaration du 24 mars est remis à De Gaulle. Il a largement été rédigé par Henri De La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies). Mais il est aussi le résultat d’un compromis entre tendances divergentes de différents ministères (voir 18 mai). Il est probablement retravaillé par De Gaulle et De Langlade. Il sera entériné par le conseil des ministres le 23 (Turpin, 2005, p. 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nonobstant la volonté de Roosevelt à ne pas aider les Français en Indochine, le très francophile général d’aviation Chennault basé en Chine autorise l’attaque par quelques avions américains des positions japonaises près de Langson. En mai, les troupes en retraite vers la Chine recevront elles aussi des largages de ravitaillement au cours de leur retraite (Fall, 1968, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mars 45 : L&#039;amiral américain Leahy confirme à l&#039;amiral Fénard qu’aucune action américaine n&#039;est envisagée pour l&#039;Indochine (De Folin, 1993, p. 35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à une situation catastrophique et au manque total d’appui des Alliés, message radiodiffusé de De Gaulle : « Quelles que soient les conditions dans lesquelles se trouve placée la résistance indochinoise, il est essentiel qu’elle se dresse et qu’elle combatte. Il y va, dans une appréciable mesure, de la victoire rapide et totale des Nations Unies en Extrême-Orient. Il y va de l’honneur de la France. Il y va de l’avenir de l’Indochine française. Oui, de l’avenir de l’Indochine française, car, dans l’épreuve de tous et dans le sang des soldats, est scellé en ce moment un pacte solennel entre la France et les peuples de l’Union indochinoise. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 85 ; Isoart, 1982, p. 44). Un appel à une résistance désespérée aux accents typiquement gaulliens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 45 : Roosevelt demande à Charles Taussing (conseiller du département d’État américain pour les Caraïbes) de lui donner son avis sur les questions coloniales en vue de la prochaine session des Nations-Unies. Selon les notes de Taussing, parlant des populations d’Extrême-Orient qui le préoccupent : « Notre but [celui des Américains] doit être de les aider à obtenir l’indépendance : un milliard cent millions d’ennemis potentiels représentent un danger […] Il [Roosevelt] dit que non, qu’il n’avait pas changé d’avis : l’Indochine française et la Nouvelle-Calédonie devaient être retirées à la France et placées sous tutelle. » Roosevelt accepte que la France assume provisoirement les obligations d’un conseil de tutelle à condition que l’indépendance soit l’objectif final (Halberstam, 1974, pp. 101-102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mars 45 : Au Laos, la situation est totalement différente de ce que connaissent le Vietnam et le Cambodge. Le prince héritier, Savang Vatthana, ordonne un soulèvement général contre l’occupant japonais. Les troupes françaises seront soutenues dans leur repli en cours par le prince Bou Oum, seigneur de la région de Champassak, qui apporte également son soutien à la résistance française au printemps et à l’été 1945. Les Japonais entendent réagir contre cette opposition (voir 4 avril) (Cadeau, 2019, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 45 : L’O.S.S. entre en contact avec le VM par le biais du lieutenant &#039;&#039;&#039;Charles Fenn&#039;&#039;&#039;. Par son biais, Ho rencontrera le général Chennault pour la première fois le 29. HCM a su se faire apprécier des Américains depuis peu en ramenant personnellement à Kunming un aviateur américain dont l’appareil avait été abattu au-dessus du Tonkin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fenn&#039;&#039;&#039; a désormais le feu vert de l’ambassade des U.S.A. pour soutenir le mouvement communiste lui promettant un encadrement (voir 16 juillet) mais en lui fournissant très peu armes qui lui seront parachutées en mai. Les Américains envoient donc auprès du VM des armes et des instructeurs dans une base vietminh située dans la Haute-Région. Suite à ce premier contact, &#039;&#039;&#039;HCM aura des contacts en avril avec le major Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;, simple officier subalterne, antifrançais, mais dirigeant l’O.S.S. en Indochine. Le premier séduit le second. En échange, le VM effectue quelques missions de renseignements et de sabotage mais en se gardant bien de s’opposer frontalement aux Japonais. Fall, en évoquant ce moment, parle d’« une résistance d’opérette ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 45 : &#039;&#039;&#039;Bao Daï quitte Hanoï&#039;&#039;&#039; à l’aide d’un Dakota de l’armée américaine pour rejoindre Tchang Kaï Chek à Chungking (capitale provisoire du gouvernement nationaliste chinois). Il poursuit sa route et &#039;&#039;&#039;se rend à Hong-Kong&#039;&#039;&#039; où il va acquérir la réputation d’« empereur des boites de nuits » très peu préoccupé par le sort de ce qui est en train et va se passer au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La colonne Seguin, l’un des éléments de la brigade Alessandri, quitte Cho Don. Elle atteint Bao Lac le 22 et se heurte au VM. Attaquée d’autre part par les Japonais, elle parvient cependant à passer la frontière chinoise le 3 avril (Toinet, 1998, p. 66).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première manifestation nationaliste vietnamienne à Saigon. Elle regroupe entre 3 000 et 50 000 Vietnamiens selon les sources. Il semblerait que l’on y voit pour la première fois l’apparition du drapeau jaune à bandes rouges du futur S-V (Cadeau, 2019, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Sihanouk sous la tutelle des Japonais. Il se maintiendra jusqu’au 13 août (Jennar, 1995, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 - 27 mars : La colonne Caponni (voir 12 mars), autre élément de la brigade Alessandri, est accrochée par les Japonais les 22 et 23 et encerclée le 27 avant d’atteindre Houang Sou Phi à la frontière chinoise (Toinet, 1998, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 45 : Roosevelt donne l’ordre d’aider la brigade Alessandri (voir 10 mars). Cette décision marque une certaine mais tardive inflexion du président américain dans sa conception anticolonialiste à l’égard de l’Indochine. Sans véritablement remettre en cause les convictions du président américain, elle est, selon De Folin, observable depuis fin 1944 (voir 25 mars)  (De Folin, 1993, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 45 : Le département de la Défense américain interdit la fourniture d’armes aux soldats français demeurés en Indochine. Pendant leur retraite vers la Chine après le coup de force des Japonais du 9, les soldats d’Alessandri ne recevront que des parachutages de vivres et de médicaments (Cesari, 2013, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre l’O.S.S. est autorisée à collaborer avec tous les groupes antijaponais, français ou autochtones, pour obtenir des informations sur l’Indochine. Pour autant, les États-Unis ne fournissent aucune caution politique à l’une ou l’autre de ces formations (Cesari, 2013, p. 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mars 45 : L’Inspecteur de la Garde indochinoise de Pontich rencontre Giap à Cho Ra et lui livre des armes en échange d’une collaboration de ses troupes contre les Japonais (Deroo, Dutrône, 2008, p. 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 45 : Le G.P.R.F. prend enfin la mesure de ce qui se passe en Indochine, et notamment de l’arrestation dès le 9 de Mordant par les Japonais (voir 12 mars). &#039;&#039;&#039;Le général Sabattier est officiellement nommé délégué général du gouvernement et commandant en chef en Indochine&#039;&#039;&#039;, décision sans véritable portée au vu de la situation (De Folin, 1993, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conseil des ministres entérine le texte de la déclaration du 24 mars, fruit de longs débats et compromis (Turpin, 2005, p. 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 et 28 mars 45 : Le lieutenant-colonel Reul (résistance française contre les Japonais) obtient un accord avec des chefs locaux du VM en échange de la remise d’armes. Ces petits arrangements locaux demeureront décevants pour les Français (Deroo, Dutrône, 2008, p. 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 45 : Négligeant complètement le fait que l’indépendance du Vietnam ait été accordée par les Japonais, le gouvernement gaulliste publie une charte promettant à l’ensemble de l’Indochine une vague autonomie politique et économique dans un cadre fédéral accordée par un nouveau texte, la « &#039;&#039;&#039;Déclaration du gouvernement en date du 24 mars 1945 relative à l’Indochine »&#039;&#039;&#039; (reproduite &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 412-413 et Bodinier, 1987, pp. 141-143). Elle est inspirée des principes de la conférence de Brazzaville de janvier - février 1944 et de la déclaration de De Gaulle sur l’Indochine du 8 décembre 1943 (voir cette date). Selon De Folin, « toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’Empire, toute constitution, même lointaine, de &#039;&#039;self-government&#039;&#039; dans les colonies était à écarter. » (De Folin, 1993, p. 82) Le texte a été élaboré et rédigé par le gouverneur La Laurentie, directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies et Léon Pignon, haut fonctionnaire dans le même ministère et futur haut-commissaire. La Laurentie n’a jamais été véritablement convaincu par sa teneur. Selon Pignon, « l’élaboration de la déclaration du 24 mars a été longue et difficultueuse ; elle a été remise sur le chantier au moins sept fois et dans une large mesure elle constitue un compromis entre des tendances assez divergentes. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 100 et Isoart, 1982, p. 48, note 157) C’est un texte important et durable qui sera défendu bec et ongles par D’Argenlieu jusqu’à son départ le 5 mars 1947. Et au-delà, avec des nuances, par tous les gouvernements de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République jusqu’en 1954.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’est plus question de colonie ni d’Empire mais d’un « &#039;&#039;&#039;État fédéral »&#039;&#039;&#039; dans lequel sont garanties les libertés démocratiques fondamentales, une autonomie douanière et économique, l’égalité de tous les « citoyens indochinois » devant l’emploi et l’accès à un enseignement primaire obligatoire. Il y est aussi question pour la première fois d’une « &#039;&#039;&#039;Union française dont les intérêts à l’extérieur seront représentés par la France »&#039;&#039;&#039;, pour l’instant juridiquement inexistante et qui devra être définie par une constitution à venir (celle qui ne verra le jour que le 27 octobre 1946). Cette « &#039;&#039;&#039;Fédération indochinoise&#039;&#039;&#039; » sera dirigée par un « Gouverneur général » français. A l’heure des puissantes aspirations à l’indépendance totale et de la réunification du Vietnam, on ressuscite les « cinq pays » de l’Indochine française (Tonkin, Annam, Vietnam, Laos et Cambodge) qui auront leurs gouvernements et parlements respectifs mais seront élus au suffrage restreint mais n’auront, de fait, qu’un un rôle purement consultatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Ce texte sera rejeté d’entrée tant par les nationalistes que par le Vietminh&#039;&#039;&#039;, au Nord comme au Sud, car le maintien d’un gouverneur général nommé par Paris, sans responsabilité devant le Parlement « ne laisse d’inquiéter par les relents proconsulaires de son pouvoir. » Selon Francini, « La discordance est manifeste entre l’idée métropolitaine et la réalité indochinoise. » (Francini 1, 1988, pp. 214-215) De Folin note avec justesse : « On [à Paris] était loin d’avoir compris le mouvement nationaliste et anticolonialiste qui couvait un peu partout dans l’Asie du Sud-Est asiatique et qu’avaient attisé les Japonais. » (De Folin, 1993, p. 82)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La brigade Alessandri (voir 10 mars) rejointe par les troupes du général Sabattier est épuisée et se déplace vers le nord dans la région de Dien Bien Phu, renforcée par sa garnison et celle de Laichau. Les deux généraux sont rejoints par De Langlade et le colonel Passy (D.G.E.R.) qui leur donne l’ordre irresponsable venu de Paris de tenir la région en vue de passer à l’offensive, nouvelle preuve des illusions gaullistes. Subissant la pression des Japonais et du fait de nombreuses pertes, les rescapés se réfugient en Chine avec environ 5 700 hommes qui, sur ordre de De Gaulle, passent sous l’autorité de Tchang Kaï Chek (De Folin, 1993, pp. 56-57). Sainteny qui les a rencontrés note : « L’état de ces hommes est indescriptible. Ce qu’ils racontent de leur souffrance est à peine croyable, et l’épopée qu’ils viennent de vivre prend corps à nos yeux, grâce aux bribes de phrases que nous parvenons à leur arracher. » (Sainteny, 1967, p. 27) Ils sont d’entrée mal reçus : les Chinois les désarment dès leur arrivée. Le haut-commandement chinois les accueille officiellement, mais les commandants ou administrateurs locaux cherchent à entraver leur installation et à leur nuire par des tracasseries administratives en tout genre (Sainteny, 1967, p. 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle reproche une nouvelle fois aux Américains par le biais de leur ambassadeur Cafferey l’absence d’aide matérielle : « Il semble clair que votre gouvernement ne désire pas aider nos troupes en Indochine. Rien n’a encore été parachuté. » L’ambassadeur objecte la distance. De Gaulle lui répond : « Non, là n’est pas la question. C’est une question politique, je pense. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 55)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une rumeur infondée annonçant le massacre en France de 8 000 étudiants vietnamiens, des bandes armées munies d’armes blanches molestent des Français à Saigon. La riposte japonaise est vive et la foule dispersée sans ménagement. Le sang coule. Cette vive réaction entraîne un retour au calme dans la ville qui se poursuivra jusqu’à la reddition des Japonais (Cadeau, 2019, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 45 : Un officier américain équipé d’un émetteur radio est parachuté pour aider les troupes françaises en repli vers la Chine. A deux reprises, il fait intervenir l’aviation américaine contre les Japonais lancés à la poursuite des Français (voir 19 mars) (De Folin, 1993, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 – 31 mars 45 : Les Américains débarquent sur l’île japonaise d’Okinawa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 45 : Lettre du général Leclerc (futur commandant en chef lors de la reconquête de l’Indochine) visant à justifier l’accord du 24 mars et la nécessité « de trouver un gouvernement annamite » face à l’anarchie qui règne en Indochine et à l’hostilité à l’égard du retour des Français. Sans cet accord « imparfait », la reconquête du Tonkin lui paraît impossible (Brocheux, 2003, pp. 167-168). Leclerc qui a déjà pris la mesure de ce qui se passe en Indochine confiera un peu plus tard à Salan (délégué militaire pour l’Indochine du Nord) : « Mon plan vise à la nouveauté, trop de bouleversements se sont produits, il est impossible de maintenir l’ordre ancien. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mars 45 : Un rapport de Paul Mus (alors agent de la France libre à Hanoi, très bon connaisseur de l’Indochine), rédigé début mars et arrivé à cette date au ministère des Relations extérieures ne mentionne toujours pas l’existence du nom « Vietminh ». Il évoque des communistes vietnamiens avec lesquels il suggère de prendre des contacts afin de mener une lutte commune contre les Japonais (Ruscio, 1985, p. 57) Les composantes du VM demeurent toujours mal connues des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 mars 45 : Le général Sabattier, délégué général du gouvernement et commandant en chef en Indochine depuis la capture du généraux Mordant et Aymé par les Japonais, reçoit un ordre de De Gaulle lui enjoignant de tenir la portion du Tonkin dans le secteur de Dien Bien Phu. Le colonel Passy (chef de la D.G.E.R.) et le commandant Langlade le rencontrent à l’aéroport de la localité. Les ordres de résistance émanant de Paris paraissent toujours aussi inapplicables (De Folin, 1993, p. 81 ; Toinet, 1998, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après une première prise de contact avec les Américains (voir 17 mars), &#039;&#039;&#039;HCM est reçu par le commandant de l’aviation en Chine du Sud, le général Chennault&#039;&#039;&#039;, commandant la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; &#039;&#039;Air Force&#039;&#039; en Chine. C’est à cette occasion qu’est prise une photographie qu’Ho arborera souvent par la suite pour montrer ses bonnes relations avec les Américains (Devillers, 1988, p. 59 ; photographie reproduite &#039;&#039;in&#039;&#039; Marangé, 2012, p. 145). Il sera recruté comme « agent de renseignement n°19 » sous le pseudonyme de « Lucius ». Outre la fourniture de renseignements contre les Japonais, il recevra pour mission de récupérer les aviateurs américains tombés dans les zones contrôlées par une filière d’évasion vers la Chine tenues par le VM (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 13-14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mars 45 : Les légionnaires et artilleurs du groupement Prugnat appartenant à la brigade Alessandri passent la frontière chinoise (Sainteny, 1967, p. 31).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Avril_1944&amp;diff=5218</id>
		<title>Avril 1944</title>
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		<updated>2026-07-31T12:48:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Avril (ou juin ?) 44 : Le général Mordant reçoit une lettre de De Gaulle datée du 29 février. Aucun enthousiasme du destinataire à sa réception (Franchini 1, 1988, p. 177). Selon De Folin, « aujourd&#039;hui, la personnalité de Mordant est universellement critiquée pour la manière dont il a mené la Résistance en 1944 et 1945. C&#039;était un esprit étroit, susceptible et jaloux. Son ralliement à de Gaulle demeure récent [1943]. Il aurait été le premier à préparer des dossiers d&#039;« épuration » et le jugement qu&#039;il portait sur Decoux venait essentiellement de rivalités personnelles [voir 24 mars]. » (De Folin, 1993, p. 37)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant l’arrivée de Mordant, il existe des noyaux de résistance en Indochine dont la mission est de recevoir les parachutages d’armes et d’amener en Chine les pilotes alliés abattus. Vu leur faiblesse, ces réseaux combattent peu car ils n’ont et n’auront jamais qu’un équipement rudimentaire (voir 17 août et 6 novembre). Ils sont assez divisés et improvisés. De plus, ils sont férocement pourchassés par la Kempetaï japonaise qui les torture et les exécute  lorsqu’elle les arrête (environ 300 morts dans ses rangs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 avril 44 : Roosevelt ordonne la publication de l’accord de Yalta sur les mandats. Les Français découvrent qu’ils ne sont plus que de simples mandataires, ce qui ne peut qu’entraîner un rejet de leur part. Dès cette époque, Roosevelt entend libérer l’Indochine de l’emprise coloniale française et n’est pas favorable à un retour militaire des deux grandes puissances coloniales en Asie du Sud-Est que sont la France et la Grande Bretagne (Cesari, 2013, pp. 21-22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril 44 : Un état-major français réduit est mis en place pour le Corps léger d’intervention (C.L.I.) du général Blaizot. Une seule compagnie est opérationnelle. De plus, ce corps est quasiment dépourvu d’armement, d’habillement, ne dispose d’aucun moyen de transport, se heurte et se heurtera à la mauvaise volonté américaine pour le prendre en charge (Bodinier, 1987, p. 20). Ses effectifs et ses moyens demeureront longtemps pléthoriques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 avril 44 : Deux Vietnamiens, Pham Biet Te et Le Duc Ninh, se présentant comme délégués de la « Ligue Vietminh » en Chine du Sud sont reçus par J. Royère, consul de France à Kunming. D’après ce qu’en rapporte ce dernier, elle « groupe presque tous les partis de tendance nationaliste et démocratiques existant actuellement sur le territoire de l’union et […] représente, de ce fait, la grande majorité du peuple indochinois ». Ses buts sont « la démocratisation  de l’Indochine immédiatement après sa libération et son indépendance dans un avenir aussi rapproché que possible ». Royère précise qu’il ignore tout de la personnalité de ses interlocuteurs. Ignorant l’existence du VM, il n’écarte pas la possibilité d’avoir été contacté par des agents du V.N.Q.D.D. Il estime qu’il serait très utile de demander à Hanoi : « 1) l’importance réelle de la Ligue pour l’Indépendance de l’Indochine ; 2) quels sont les partis qu’elle groupe ; 3) quels sont ses dirigeants. » Sollicité de fournir des précisions, le consul avouera qu’il sait peu de choses. Le nom même d’un des délégués demeure incertain (Pham Bien Te ou Pham Viet Tu ?). La conclusion de son échange avec le général Peschkoff est quelque peu désabusée : « Nous n’avons pu, à vrai dire, obtenir aucun renseignement précis su la Ligue pour l’Indépendance de l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 55-56 ; Devillers, 1988, p. 40 ; Turpin, 2005, p. 81) Pour les autorités de la France libre, le VM demeure un inconnu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’armée japonaise du Sud transfère son état-major de Singapour à Manille en vue de diriger les opérations aux Philippines. Le faible nombre de troupes demeurées en Indochine est chargé d’approvisionner en riz et produits nécessaires celles qui y combattent (Pedroncini, 1992, p. 39).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1944&amp;diff=5217</id>
		<title>Mars 1944</title>
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		<updated>2026-07-31T12:46:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 44 : De Gaule fixe sur le papier la composition du corps expéditionnaire français composé de trois échelons :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; échelon : 15 000 hommes disponibles à l’automne 1944.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; échelon : 50 000 hommes à mettre sur pied dès la libération de la métropole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; échelon : une force destinée à combattre jusqu’à la défaite du Japon (Bodinier, 1987, p. 20).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM participe à un second congrès du Viet-Cach aux côtés de Pham Van Dong. Malgré les critiques exercées contre le Vietminh, un &#039;&#039;&#039;Gouvernement républicain provisoire du Vietnam est créé dont HCM fait partie&#039;&#039;&#039; (Deroo, Dutrône, 2008, p. 13).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre entre le général américain Wedmeyer et Mountbatten sur la question des opérations alliées en Indochine. Ce qui aurait dû éclaircir la situation ne se produit pas. Wedmeyer comprend que Mountbatten n’entreprendra des opérations qu’avec son accord préalable et Mountbatten prétendra que l’on a décidé qu’il devait simplement informer Wedmeyer des opérations du S.E.A.C. (Isoart, 1982, p. 196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 44 : Decoux adresse des commentaires défavorables dans le dossier du général Mordant qui bloquent sa promotion au grade supérieur : « Agissant sur des officiers généraux surtout pour restreindre leur activité, peu accessible à ses subordonnés en raison de son particularisme inquiet et méfiant, sa versatilité peut, au surplus, l’amener à commettre des maladresses. En bref, le général Mordant ne me paraît pas avoir dans les circonstances présentes, la ferme volonté et le rayonnement voulu pour faire l’unanimité derrière lui sur la voie du devoir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Zeller, 2021, p. 57). Ce rapport va être à l’origine d’une franche inimitié entre l’amiral et le général qui se détestent cordialement, sauf en public…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 44 : Roosevelt informe de département d’État qu’il souhaite toujours placer la péninsule indochinoise sous mandat mais qu’il accepte que la France en soit le mandataire (Cesari, 2013, p. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​25 – 28 mars 44 : Après la création du &#039;&#039;Dong Minh Hoi&#039;&#039; (voir 10 octobre 1942), un nouveau congrès se réunit à Lieu Tchéou au cours duquel est élaboré le programme d’un &#039;&#039;&#039;« Gouvernement républicain provisoire du Vietnam » dont fait partie le Vietminh.&#039;&#039;&#039; Ce dernier était resté jusque-là très indépendant du D.M.H. avec l’établissement de ses propres groupes de guérilla et ses propres services de renseignement au Vietnam. Les divergences fondamentales sont toutefois surmontées. Zhang Fakui parvient une nouvelle fois à imposer le point de vue chinois. Le VM demeure minoritaire dans le nouveau gouvernement. HCM y détient un simple portefeuille. Le programme du nouveau gouvernement est succint : liquidation de la mainmise française et japonaise au Vietnam ; indépendance du Vietnam avec l’aide du Guomindang. La plupart des formations nationalistes de ce gouvernement, divisées et se contentant de demeurer en Chine, ont été peu impliquées au Vietnam. HCM est le seul ministre de ce gouvernement provisoire à se porter volontaire pour entrer dans le pays en 1944. Le  VM, plus encore que le P.C.I., est aussi le seul à posséder des réseaux d’agents et des bases capables de mener des actions de guérilla avec quelques chances de succès, notamment au nord du Vietnam (région de Cao Bang). Il recrutera dès ce moment en vue de former l’A.P.V. (voir 22 décembre), notamment les Vietnamiens des unités françaises qui seront liquidées par le coup de force japonais du 9 mars 1945 (Fall, 1960, p. 18).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1943&amp;diff=5216</id>
		<title>Décembre 1943</title>
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		<updated>2026-07-31T12:44:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 43 : &#039;&#039;&#039;Un « rapport mensuel sur la situation générale de la province de Cao Bang » mentionne pour l’une des toutes premières fois l’existence côté français du VM, soit pas moins de deux années et demie après la fondation du mouvement en mai 1941&#039;&#039;&#039; : « […] e) à Hoa An et Ha Quang : activité nationaliste du Parti Viet-Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 54-55)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre 43 : Le texte du directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies La Laurentie du 8 novembre est débattu lors d’un Comité du Pacifique. Il vise à élaborer des réformes politiques et administratives pour l’Indochine, une fois la métropole libérée. Il est approuvé par René Pleven (commissaire aux Colonies), René Massigli (commissaire aux Affaires étrangères) puis soumis pour approbation au C.F.L.N. qui le publiera le 8 décembre. Il n’y est absolument pas question d’indépendance mais d’un vague changement de « statut politique » qui doit assurer une plus grande liberté aux différents territoires et exprimer « un caractère libéral des institutions plus accentué. » Le tout devant obligatoirement s’inscrire « au sein de la communauté française ». Pleven en donnera le ton de ce texte sur &#039;&#039;Radio Alger&#039;&#039; le 24 décembre (Turpin, 2005, p. 74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 décembre 43 : Déclaration de De Gaulle dans laquelle il affirme des « relations d’amitié et de bon voisinage avec la Chine. » (De Folin, 1993, pp. 73-74)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le second anniversaire de la déclaration de guerre de la France libre au Japon, le Comité d’Alger proclame son intention de restaurer les droits de la France en Indochine à la fin de la guerre. Pour prévenir toute critique des États-Unis, il est précisé que « la France  entend donner un nouveau statut à l’Indochine à l’intérieur de la communauté française » (voir son prolongement dans la déclaration de De Gaulle du 24 mars 1945) (Franchini 1, 1988, p. 174 ; Isoart, 1982, p. 194). La déclaration du C.F.L.N. prévoit notamment de doter la péninsule indochinoise d’une autonomie douanière et fiscale et d’y instaurer le libre-échange (Cesari, 2013, p. 26).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle prononce donc une déclaration à Brazzaville sur l’Indochine&#039;&#039;&#039; (à ne pas confondre avec son discours d’ouverture de la conférence de Brazzaville du 30 janvier 1944 ; Brazzaville en Afrique-Équatoriale française est, à cette époque, la capitale de la France libre depuis 1940). Il affirme alors la détermination de la France à lutter pour la libération de l’Indochine et déclare aux souverains et populations demeurées « fidèles et loyales » : « […] la France entend donner au sein de la communauté française, un statut politique nouveau, où, dans le cadre de l’organisation fédérale, les libertés des divers pays de l’Union seront étendues et consacrées ; où le caractère libéral des institutions sera, sans perdre la marque de la civilisation et des traditions indochinoises, accentué ; où les Indochinois, enfin auront accès à tous les emplois et fonctions de l’État. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 411) Il ajoute : « Au demeurant, il appartient à la nation française et il n’appartient qu’à elle de procéder le moment venu aux réformes impériales de structure qu’elle décidera dans sa souveraineté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 76) Dans l’esprit du chef de la France libre, la décolonisation n’est donc pas à l’ordre du jour, ni même l’idée d’une forme de &#039;&#039;self government&#039;&#039; en Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 décembre 43 : Hanoi subit un bombardement américain qui provoque 492 morts (Zeller, 2021, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 décembre 43 : Après avoir instauré le 3 décembre 1941 un Conseil fédéral d’Indochine (voir cette date), Decoux instaure cette fois un Grand Conseil fédéral d’Indochine qui se réunit pour la première fois ce jour. Il regroupe une soixantaine de membres tant français qu’autochtones avec une légère majorité pour ces derniers. Ses membres sont nommés par le gouverneur général sur proposition de « divers groupements indochinois » qui transmettent un avis aux chefs de l’administration locale (Decoux, 1949, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 décembre 43 : Sur &#039;&#039;Radio Alger&#039;&#039;, René Pleven (commissaire aux Colonies) déclare : « Est-il possible, est-il même concevable que la France estimant sa mission terminée en Indochine remette le sort des peuples de la péninsule aux mains des autochtones ? Cette éventualité ne peut être envisagée car elle est irréalisable. La France a assumé en Indochine une triple mission qui n’est pas achevée. Elle doit aider chaque État à parcourir son destin, garantir la vie de la Fédération qui sans elle disparaîtrait, prendre le souci de ses propres nationaux. Or une telle tâche n’a pas de fin. Par l’effet de l’œuvre accomplie, les Français ont autant de titres que les indigènes à rester en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​​Fin 1943 : Churchill ne fait aucune opposition pour accueillir à Ceylan chez Mountbatten l’avant-garde du Corps expéditionnaire d’intervention (C.L.I.) qui sera épaulée par la Force aérienne 136, basée également à Ceylan, et créée pour participer à des opérations conjointes. C’est elle qui aidera la brigade Alessandri au moment de son repli après le coup de force japonais du 9 mars 1945. De Gaulle, de par son habituelle intransigeance, sera assez peu reconnaissant à l’égard du premier ministre britannique (De Folin, 1993, p. 74-75).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1941&amp;diff=5215</id>
		<title>Juillet 1941</title>
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		<updated>2026-07-31T12:43:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 41 : Les positions de la France libre se durcissent en Indochine et se manifestent par une propagande anti-vichyste. L’Indochine est à cette époque l’une des rares colonies françaises à n’avoir pas rejoint les F.F.L. De Gaulle adresse un courrier à Tchang Kaï Chek et lui propose « de chasser les Japonais du continent asiatique, comme le seront en Europe les Allemands et les Italiens. » (Toinet, 1998, p. 51).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une agitation en Nouvelle-Calédonie, De Gaulle nomme un fidèle, le capitaine de Vaisseau Thierry D’Argenlieu, au poste de haut-commissaire de France dans la Pacifique (Isoart, 1982, p. 7). Fonction de haut-commissaire qu’il assurera par la suite en Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juillet 41 : Decoux acquiert la certitude que les Japonais vont demander plus et notamment la mise à leur disposition de bases militaires dans le Sud. Il en alerte le gouvernement (Decoux, 1949, pp. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juillet 41 : Nouvel ultimatum japonais qui imposera les futurs accords Darlan-Kato (voir 29 juillet). L’ambassadeur japonais Sotomatsu Kato (ambassadeur du Japon à Vichy) reconnaît « la souveraineté française et le maintien de l’intégrité territoriale en Indochine » mais Vichy se voit contraint d’autoriser l’accès à toute l’Indochine aux troupes nippones, y compris au Sud (De Folin, 1993, p. 28). L’armée japonaise obtient 8 nouvelles bases aériennes en Cochinchine et au Cambodge et la possibilité d’y faire stationner jusqu’à 40 000 hommes. En échange du maintien de l’administration française et de ses services (armée, police), celle-ci doit pourvoir au logement et à l’approvisionnement en riz des troupes nippones (Cadeau, 2019, p. 78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 juillet 41 : L’ambassadeur des États-Unis à Vichy est mis au courant des nouvelles exigences japonaises. Son gouvernement ne réagit pas (Decoux, 1919, p. 153). Un mémorandum français du 5 mars 1942 déplorera cette absence totale de soutien justifiant ainsi l’accord franco-japonais du 29 juillet (cité partiellement &#039;&#039;in&#039;&#039; Decoux, 1949, p. 155). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juillet 41 : L’ambassadeur américain, l’amiral Leahy transmet à Pétain et Darlan un message verbal du président Roosevelt qui ne va pas par quatre chemins : « Si le Japon gagne, les Japonais prendront l’Indochine. Si les Alliés gagnent, c’est nous qui le prendront. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1968, p. 152) Il rapporte dans ses mémoires : « Il fallait dire franchement [aux Français] que si la Japon était vainqueur, les Japonais s’emparerait de l’Indochine, mais si les Alliés gagnaient la guerre, nous en prendrions possession. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 37) A six mois de Pearl Harbour, d’une manière ou d’une autre, l’Indochine n’est plus française aux yeux des Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juillet 41 : Le Japon lance un nouvel ultimatum à la France, l’obligeant à être neutre en cas de conflit. Decoux est, une fois de plus, mis devant un fait accompli et n’a aucune marge de manœuvre (Toinet, 1998, pp. 46-47). Selon Decoux, « j’appris du général nippon [Sumita] qu’à la suite d’une démarche officielle et pressante du gouvernement japonais auprès du gouvernement français, celui-ci venait d’accepter le principe de l’octroi aux forces impériales de nouvelles facilité dans le sud de l’Indochine [...] Je ne tardai pas à recevoir de Vichy la confirmation de ces nouvelles graves. » (Decoux, 1949, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juillet 41 :  Une rencontre entre Roosevelt et l’ambassadeur japonais à Washington, l’amiral Kicihisaburo Nomura, a lieu. Le président propose une neutralisation de l’Indochine. En échange, les États-Unis reconnaitraient au Japon le droit d’acquérir des matières premières et des fournitures. Ce qui ne résout pas les 2 principaux problèmes des Japonais : leurs besoins en pétrole venu d’Indonésie (voir 26 juillet) et la nécessité de couper la voie d’approvisionnement par le chemin de fer entre Haïphong et le Yunnan tenu par les nationalistes chinois. La tentative de négociation n&#039;aboutit pas (Fall, 1968, p. 149).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juillet 41 : Une convention militaire locale est signée à Hanoï. Le Gouvernement général doit prendre en charge doit prendre en charge le cantonnement des nouvelles troupes japonaises qui doivent arriver (Decoux, 1949, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juillet 41 : Roosevelt décide de geler les biens japonais aux U.S.A. pour contrer leur volonté de s’implanter en Indochine avec la demande de nouvelles bases aériennes et le droit d’y implanter 50 000 hommes (Wainstock, Miller, 2019, p. 40 ; Cesari, 2013, p. 20).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juillet 41 : &#039;&#039;&#039;Le gros de l’armée japonaise débarque à Cam Ranh et Saigon (50 000 hommes).&#039;&#039;&#039; Elle occupe progressivement toute l’Indochine (Isoart, 1982, p. 144).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyant que le gouvernement de Vichy ne peut guère résister aux exigences japonaises, Roosevelt gèle tous les avoirs japonais aux U.S.A. et surtout met en place un embargo sur les exportations de pétrole à destination du Japon (Fall, 1968, p. 148).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​29 juillet 41 : &#039;&#039;&#039;Accords Darlan-Kato&#039;&#039;&#039; (ambassadeur du Japon à Vichy) qui intègre l’Indochine dans le système militaire japonais sous prétexte de « défense en commun de l’Indochine française ». C’est un accord de dupes pour les Français pour  lequel Decoux n’a d’ailleurs pas été consulté par Vichy. Ces accords donnent la possibilité aux Japonais d’utiliser 8 aérodromes (Siem Reap, Phnom Penh, Kompong Trach, Tourane, Nha Trang, Bien Hoa, Saigon, Soctrang) et deux bases navales au Vietnam et Cambodge. Le gouvernement français doit fournir aux forces nippones 4 500 000 piastres pour ces nouvelles implantations. L’occupation japonaise s’étend donc au Sud-Annam, à la Cochinchine mais aussi au Cambodge (Toinet, 1998, p. 46-47 ; Valette, 1993, p. 126-131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’occupation japonaise est jusque-là demeurée faible (environ 35 000 hommes). On occupe les voies et les points stratégiques mais l’administration française demeure en place car les Japonais ne veulent assurer ni les missions de police ni les tâches administratives. Les Américains qui ont laissé faire considèrent cependant l’occupation de ces voies comme un acte d’hostilité de la France à leur égard. Ce marché de dupes ne leur plaît gère estimant que ces accords laissent une importante partie de l’Empire français aux Japonais (voir 24 juillet) (Toinet, 1998, p. 47). En juillet, la situation change encore et les Japonais débarquent 40 000 hommes dans le Sud de l’Indochine (Pedroncini, 1992, p. 37).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mai_1941&amp;diff=5214</id>
		<title>Mai 1941</title>
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		<updated>2026-07-31T12:42:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;6 mai 41 : Signature à Tokyo d&#039;un traité de commerce franco-japonais. Les négociations ont été particulièrement longues et difficiles. Les navires de commerce japonais obtiennent une clause de nation la plus favorisée. Les Japonais obtiennent des concessions agricoles, minières  et hydro-électriques. Du point de vue douanier, les Japonais obtiennent pour certains produits des exemptions de droit. On convient de volumes d’échange qui seront négociés chaque année jusqu’au 31 décembre 1943. Toutefois Decoux estime qu’on en est arrivé à un « moindre mal » par rapport aux exigences de départ (Decoux, 1949, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mai 41 : « Étrange médiation » du Japon qui impose à la France un traité signé à Tokyo favorable aux Thaï : le Cambodge perd la province de Battambang et une partie importante des provinces de Siem Reap, Kompong Thom et Stung Treng, à l&#039;exception du complexe des temples ; le Laos perd quant à lui deux territoires sur la rive droite du Mékong (Franchini 1, 1988, p. 156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une convention de paix (et non un traité) est signée entre la France et la Thaïlande sous la pression des Japonais. La France exprime ses réserves du fait de la contrainte subie et d’importantes pertes de territoires au Laos et au Cambodge (voir 19 janvier) (De Folin, 1993, p. 28 ; Valette, 1993, p. 99). L’Union indochinoise se voit amputée de 70 000 km&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;. Le Japon sort donc gagnant de ce conflit. Il obtient des bases navales et aériennes en Thaïlande et a imposé le 6 mai à l’Indochine un accord économique et financier (exploitation et exportation des richesses minérales et énergétiques en provenance de l’Union) (Cadeau, 2019, p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 - 19 mai 41 : &#039;&#039;&#039;8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; plénum du P.C.I. à Tsin Tsi&#039;&#039;&#039;, province du Kwang Si (Tonkin), à 100 km au nord de Cao Bang. Y participent : Nguyen Ai Quoc, Ho Tung Mau, Vo Nguyen Giap, Pham Van Dong, Ha Ba Cang, Dang Xuan Khu. C’est à cette occasion qu’a lieu la première rencontre entre le futur HCM et Giap. Ce dernier a déjà la réputation d’être l’un des meilleurs organisateurs du P.C.I. (Fall, 1960, p. 183).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Ai Quoc pense qu’il faut rassembler tous les patriotes, quelle que soit leur classe sociale. &#039;&#039;&#039;C’est lors de ce plénum qu’est créé le Front de lutte pour l’indépendance du Vietnam&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;Vietnam Doc Lap Dong Minh&#039;&#039; qui sera abrégé en &#039;&#039;&#039;Vietminh&#039;&#039;&#039;). Le mot « communiste » est abandonné au profit de mots d’ordre plus nationalistes, plus mobilisateurs au vu de l’invasion japonaise. Nguyen Ai Quoc doit être suffisamment souple pour s’adapter aux circonstances, contrôler les masses en vue d’un combat contre une double occupation française et japonaise. Il doit former une armée nationale révolutionnaire sur le modèle chinois de guérilla et assurer avant tout la primauté du politique sur le militaire. Un nouveau programme de lutte est défini, occultant la lutte des classes et mettant en sourdine la future révolution agraire au profit d’un front nationaliste qui doit « chasser les fascistes français et japonais, en alliance avec les démocraties en lutte contre le fascisme et l’agression ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme élaboré à Tsin Tsi est fondamental car le VM ne s’en écartera jamais : « chasser les Japonais et les Français », « rendre le Vietnam indépendant » (« &#039;&#039;Doc Lap&#039;&#039; »), faire une « alliance avec les démocraties qui combattent le fascisme et l’agression » (Américains, Gaullistes, Chinois), « édifier une République démocratique du Vietnam » (avec une large représentation populaire, contrairement à certains autres mouvements nationalistes demeurés groupusculaires). On renonce temporairement à la révolution agraire car, selon Giap, « lutter, c’était élargir et consolider la solidarité », sans heurter qui que ce soit par des réformes qui auraient pu diviser le mouvement. La grande union nationale prônée par le futur Ho Chi Minh n’est pas une tactique de circonstance mais une stratégie à long terme qui ne prendra fin qu’avec l’avènement du Lao Dong le 3 mars 1951 (Franchini 1, 1988, p. 159-160 ; Deroo, Dutrône, 2008, p. 11 ; Devillers, 1952, pp. 97-100 ; Giap 1, 2003, p. 21 ; Giap, 1966, pp. 70-71 et p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM se dote également d’un programme de politique sociale basée sur 10 points avec respect des libertés fondamentales qui visent à gommer l’aspect purement communiste du mouvement pour ratisser large : abolition des impôts personnels, égalité des sexes, droit de réunion, protection sociale en cas d’accident, journée de travail de 8 heures, minimum salarial (Marangé, 2012, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mai 41 : Nguyen Van Cu, secrétaire général du P.C.I. qui a succédé à Le Hong  Phong (arrêté et emprisonné en septembre 1939), est fusillé. Il avait été arrêté en juin 1940 (Van Tien Dung, 1979, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 mai 41 : Huynh Phu So, chef des Hoa Hao, est placé par les Français en résidence surveillée à Bac Lieu (Guillemot, 2018, p. 102).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=5213</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2026-07-31T12:40:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Études historiques, mémoires, témoignages, souvenirs :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral relevé par The New York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Livre noir. Faits et preuves des actes d’agression du Vietnam contre le Kampuchéa&#039;&#039;, Paris, Éditions du Centenaire, 1979, 87 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consultable sur : http://editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/brochures/e100/kampuchea_livre-noir.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Affonço Denise, &#039;&#039;La digue des veuves&#039;&#039;, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, 264 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancel Guillaume, &#039;&#039;Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2021, 257 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, &#039;&#039;Où le mémoire s’attarde&#039;&#039;, Paris, Odile Jacob, 2000 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1996), 466 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent, &#039;&#039;Mon septennat 1947-1954&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1970, 606 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent,  &#039;&#039;Journal du septennat, 1950&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2003, 796 p. [noté Auriol 4. Ce volume contient un cd-rom qui regroupe l’ensemble du Journal de 1947 à 1954 noté Auriol 1 (1947), 2 (1948), 3 (1949), 4 (1950), 5 (1951), 6 (1952) et 7 (1953-1954)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, &#039;&#039;Le dragon d&#039;Annam&#039;&#039;, Paris, Plon, 1980, 381 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barron John et Paul Anthony, &#039;&#039;Un peuple assassiné. L’histoire du génocide communiste au Cambodge&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1978 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1977), 251 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Becker Elizabeth, &#039;&#039;Les larmes du Cambodge. L’histoire d’un auto-génocide&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1986, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bigeard Marcel, &#039;&#039;Pour une parcelle de gloire&#039;&#039;, Paris, Édition°1, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1975), 448 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bizot François, &#039;&#039;Le Portail&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 2000, 398 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;Les dossiers du Pentagone,&#039;&#039; Paris, Presses de la Cité, 1971, 282 p. (noté Bodard doss. Pentagone, 1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. L’enlisement. L’humiliation. L’aventure&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1997, 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2004, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;Le retour de la France en Indochine (1945-1946). Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1987, 405 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1947. Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1989, 412 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bollenot Vincent, &#039;&#039;« Signalé comme suspect ». La surveillance coloniale en France 1915-1945&#039;&#039;, Paris, CNRS Éditions, 2025, 378 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boyer de la Tour Pierre, &#039;&#039;De l’Indochine à l’Algérie. Le martyre de l’armée française&#039;&#039;, Paris, Les Presses du Mail, 1962, 381 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brocheux Pierre, &#039;&#039;Ho Chi Minh. Du révolutionnaire à l’icône,&#039;&#039; Paris, Payot, 2003, 338 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brun Olivier, &#039;&#039;Roger Wybot (1912-1997) : genèse d’un contre-espionnage français modernisé&#039;&#039;, thèse, Sorbonne Université, 2024, 809 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Tin, &#039;&#039;Followinh Ho Chi Minh, The Mémoirs of a North Vietnamiese Colonel,&#039;&#039; Londres, 1995 (traduction française : &#039;&#039;1945-1999 Vietnam, la face cachée du régime&#039;&#039;, Paris, Éditions Kergour, 1999, 304 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Xuan Quang, &#039;&#039;La troisième guerre d’Indochine 1975-1999. Sécurité et géopolitique en Asie du Sud-Est,&#039;&#039; 2000, L’Harmattan, 824 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried G., &#039;&#039;La seconde résistance. Vietnam 1965&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1965, 355 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;Pourquoi le Vietcong gagne&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1968, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;La seconde guerre d’Indochine. Cambodge et Laos 1970&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1970, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burns Sigler David, &#039;&#039;Vietnam battle chronology. U.S. Army and Marine Corps combat operations 1965-1973&#039;&#039;, Londres, Jefferson (N. C.) &amp;amp; McFarland, cop., 1992, 184 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saïgon 1940-1956&#039;&#039;, Paris Perrin, 2019 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 668 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;Cao-Bang 1950. Premier désastre français en Indochine&#039;&#039;, Paris, Perrin-Ministère des Armées, 2022, 394 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre de Corée&#039;&#039;, Paris, Perrin, 2016 (1ère éd. 2013), 367 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cambacérès Jean-Marie, &#039;&#039;Sihanouk, le roi insubmersible,&#039;&#039; Paris, Le Cherche Midi, 2013, 460 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chanda Nayan, &#039;&#039;Les frères ennemis. La péninsule indochinoise après Saigon&#039;&#039;, Paris, Presses du C.N.R.S., 1987, 371 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cao Xuan Huy, &#039;&#039;En mars, fusils brisés&#039;&#039;, Paris, Riveneuve, 2021, 243 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caputo Philip, &#039;&#039;Le bruit de la guerre&#039;&#039;, Paris, Williams Alta, 1979, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), &#039;&#039;Deux actes de la guerre d’Indochine. Hanoi : juin 1940. Dien Bien Phu : mars-mai 1954&#039;&#039;, Paris, Plon, 1959, 180 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;L’Indochine en guerres 1945-1993&#039;&#039;, Paris, Belin, 1995, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Les Grandes puissances et le Laos 1954-1964&#039;&#039;, Arras, Artois Presses Université, 2007, 374 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Le problème diplomatique de l’Indochine 1945-1957&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2013, 420 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Indochine, dix ans d’indépendance&#039;&#039;, Paris, Calman-Lévy, 1964, 295 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Les deux guerres du Vietnam. De Valluy à Westmoreland&#039;&#039;, Paris, La Table ronde, 1969, 459 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chandler David P., &#039;&#039;Pol Pot. Frère n° 1&#039;&#039;, Paris, Plon, 1993, 343 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel Jean, &#039;&#039;Commentaires, tome 3, De Berne à Paris (1952-1962)&#039;&#039;, Fayard, 1973, 370 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif, &#039;&#039;L’opinion américaine devant la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Presse de l’université de Paris-Sorbonne, 1992, 248 p. (noté : auteur de la communication &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean Cazemajou, Jean-Michel Lacroix dir.), &#039;&#039;La guerre du Vietnam et l’opinion publique américaine (1961-1973)&#039;&#039;, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1991, 199 p. (noté Cazemajou, Lacroix, 1991)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Spencer C. Tucker dir.), &#039;&#039;The encyclopedia of the Vietnam War. A political, social and military history,&#039;&#039; New-York, Oxford University Press, 2000, 578 p. (noté Spencer, Tucker, 2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Ivan Cadeau, François Cochet, Rémy Porte dir.), &#039;&#039;La Guerre d’Indochine. Dictionnaire&#039;&#039;, Paris, Perrin &amp;amp; Ministère des Armées, 2021, 1000 p. (noté Cadeau, Cochet, Porte, 2021)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean-François Sirinelli dir.), &#039;&#039;Dictionnaire historique de la vie politique française&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1995, 1254 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1946&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1947, 626 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1947&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1948, 395 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1948&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1949, 474 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1949&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1950, 488 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1950&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1951, 437 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1951&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1952, 784 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1952&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1953, 653 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Guy Pedroncini dir.), &#039;&#039;Leclerc et l’Indochine 1945-1947. Quand se noua le destin d’un empire&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 433 p. (noté Pedroncini, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Brocheux dir.), &#039;&#039;Du conflit d’Indochine aux conflits indochinois&#039;&#039;, Bruxelles, 2000, 178 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Dao Tannh Huyen, Dang Duc Tue, Nguyen Xuan Mai, Pham Hoai Thanh, Pham Hoang Nam, Pham Thuy Huong dir.), &#039;&#039;Dien Bien Phu vu d’en face. Paroles de Bo Doi&#039;&#039;, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010, 271 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Journoud, Cécile Menétrey-Monchaud dir.), &#039;&#039;Vietnam, 1968-1976. La sortie de guerre&#039;&#039;, Bruxelles, 2011, P.I.E. Peter Lang, 378 p. (La publication est accompagnée d’un DVD reproduisant les interventions de 7 diplomates représentant les diverses nations impliquées dans la partie américaine du conflit)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Christopher Goscha, Benoît De Tréglodé dir.), &#039;&#039;Naissance d’État-Parti. Le Viêt Nam depuis 1945 The Birth of a Party-State. Vietnam since 1945&#039;&#039;, Paris, 2004, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby William, Vietnam, &#039;&#039;Histoire secrète d’une victoire perdue&#039;&#039;, Paris, Perrin, 1992, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, &#039;&#039;Nixon&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2013), 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corvisier André, &#039;&#039;Dictionnaire d’art et d’histoire militaires&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1988, 884 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coste Philippe, &#039;&#039;A l’ombre des Khmers rouges. Souvenirs d’une ambassade peu ordinaire (1991-1993)&#039;&#039;, Ginkoéditeur, 2022, 204 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1987, 316 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2006, 283 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dang Van Viet, &#039;&#039;Souvenirs d’un colonel vietminh 1945-2005&#039;&#039;, Paris, Indo Éditions, 2004, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dean John Gunther, &#039;&#039;Au cœur de la guerre froide. Le combat d’un ambassadeur américain pour la paix&#039;&#039;, Paris, François-Xavier de Guibert, 2011, 255 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2009)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debré François, &#039;&#039;Cambodge. La révolution dans la forêt&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1976, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux (amiral), &#039;&#039;A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945)&#039;&#039;, Paris, Plon, 1949, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deron Francis, &#039;&#039;Le procès des Khmers rouges. Trente ans d’enquête sur le génocide cambodgien&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2009, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deroo Éric, Dutrône Christophe, &#039;&#039;Le Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 239 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Despuech Jacques, &#039;&#039;Le trafic des piastres&#039;&#039;, Paris, Éditions des Deux Rives, 1953, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;Le royaume du Laos 1949-1965. Histoire événementielle de l’indépendance à la guerre américaine&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 2003 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;La guerre secrète au Laos contre les communistes (1955-1964)&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1995, 311 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Histoire du Vietnam de 1940 à 1952,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1952, 479 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Paris Saigon, Hanoi. Les archives de la guerre 1944-1947&#039;&#039;, Paris, Gallimard-Julliard, 1988, 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Vingt ans et plus avec le Vietnam 1945-1969&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2010, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe et Lacouture Jean, &#039;&#039;Viet Nam. De la guerre française à la guerre américaine,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1969, 430 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doan Van Toai, &#039;&#039;Le goulag vietnamien&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1979, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Domenach Jean-Luc, &#039;&#039;Chine : l’archipel oublié&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1992, 689 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;L’Indochine dans la tourmente&#039;&#039;, Paris, Plon, 1964, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 1, Service historique de la Défense, 2011, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 2, Service historique de la Défense, 2012, 136 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elgey Geneviève, &#039;&#039;Histoire de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République de 1945 à 1957. La modernisation de la France, l’Europe en marche, la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, 2018, Robert Laffont, 1303, p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Les deux Vietnam&#039;&#039;, Paris, Payot, 1967, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Vietnam. Dernières réflexions sur une guerre&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1968 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1967), 351 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Rue sans joie. Indochine (1946-1962)&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2020 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1961), 453 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Le Viet-Minh. La République démocratique du Vietnam 1945-1960&#039;&#039;, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques n°106, Paris, Armand Colin, 1960, 377 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Férier Gilles, &#039;&#039;Les trois guerres d’Indochine&#039;&#039;, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1993, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Folin (De) Jacques, &#039;&#039;Indochine (1940-1945). La fin d’un rêve,&#039;&#039; Paris, Perrin, 1993, 361 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fonde Jean-Julien, &#039;&#039;Traitez à tout prix… Leclerc et le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1971, 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fournier Ismaël, &#039;&#039;Stratégie américaine et guerre hybride au Vietnam : les succès contre-insurrectionnels américains et le spectre militaro-hybride qui engendra l’impasse militaire au Vietnam 1960-1972&#039;&#039;, thèse, Québec, Université de Laval, 2019, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Continental Saigon&#039;&#039;, Éditions des Équateur, 2015 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1976), 320 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 1,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 439 p. (noté Franchini 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 2,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 453 p. (noté Franchini 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gaulle (De) Charles, &#039;&#039;Mémoires&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2000, 1505 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gheddo Piero, &#039;&#039;Catholiques et bouddhistes au Vietnam, Paris&#039;&#039;, Asaltia, 1970, 422 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. italienne, 1968)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gigon Fernand, &#039;&#039;Les Américains face au Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1965, 267 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gilard François, &#039;&#039;Lettres d’Indochine 1946-1948&#039;&#039;, s.l., Éditions Les Deux Sœurs, 2022, 399 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goebel Michael, &#039;&#039;Paris, capitale du tiers monde. Comment est née la révolution anticoloniale (1919-1939)&#039;&#039;, Paris, Éditions La Découverte, 2017 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 447 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher, &#039;&#039;Vietnam. Un État né de la guerre 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 558 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gras Yves, &#039;&#039;Histoire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 599 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravel Mike (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Defense Department History of the Viet-nam War,&#039;&#039; 5 vol., Boston (Mass.), Beacon Press, 1971 (édition complète)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grintchenko Michel, &#039;&#039;L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2008, 700 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grimaud Maurice, &#039;&#039;En mai fais ce qu’il te plait&#039;&#039;, Paris, Stock, 1977, 345 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Guillemot François, &#039;&#039;Viêt-Nam, fractures d’une nation. Un histoire contemporaine de 1858 à nos jours&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 385 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haing Ngor, &#039;&#039;Une odyssée cambodgienne&#039;&#039;, Paris, Fixot Fillipacchi, 1988 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1987), 388 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;En plein bourbier&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1966, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;The Best and the Brightest&#039;&#039;, New York, Random House, 1972 (traduction française : &#039;&#039;On les disait les meilleurs et les plus intelligents&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1974, 591 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hamel Bernard, &#039;&#039;De sang et de larmes&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1977, 281 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hammond William H., &#039;&#039;Public affairs. The military and the media 1962-1968,&#039;&#039; Washington, Center of military Army, 1990, 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélie de Saint Marc, &#039;&#039;Mémoires. Les Champs de&#039;&#039; braises, Paris, Perrin, 2002 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1995), 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hémery Daniel, &#039;&#039;Ho Chi Minh. De l’Indochine au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1990, 192 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Herr Michael, &#039;&#039;Putain de mort&#039;&#039;, Paris, le Livre de poche, 1980, 286 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, &#039;&#039;L’Indochine française 1940-1945&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1982, 244 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jennar Raoul M., &#039;&#039;Les clés du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Maisonneuve &amp;amp; Larose, 1995, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Johnson Lyndon B., &#039;&#039;Ma vie de président&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1972, 721 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, &#039;&#039;De Gaulle et le Vietnam,&#039;&#039; Paris, Tallandier, 2011, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kane Salomon, &#039;&#039;Dictionnaire des Khmers rouges,&#039;&#039; La Courneuve, ISAREC Aux lieux d’être, 2007, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Karnow Stanley, &#039;&#039;Viet-nam : A History&#039;&#039;, New York, Penguin Books, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition : 1983, traduction française : &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039;, France Loisirs, 1985, 437 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben, &#039;&#039;Le génocide au Cambodge 1975-1979, Race, idéologie et pouvoir&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1998, 730 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 1, Paris, Fayard, 1979, 736 p. (noté Kissinger 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 2, Paris, Fayard, 1979, 1584 p. (noté Kissinger 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;Sortie de crise. Kippour 1973, Vietnam 1975&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2003, 548 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Knöbl Kuno, &#039;&#039;Victor Charlie Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1967, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Le Vietnam entre deux paix&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1965, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Survive le peuple cambodgien&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1978, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Langlais Pierre, &#039;&#039;Dien Bien Phu&#039;&#039;, Paris, Presse Pocket, 1969 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1963), 252 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel Joseph, Le drame indochinois. De Dien Bien Phu au pari de Genève, Paris, Plon, 1957, 140 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lattre de Tassigny (De), &#039;&#039;La ferveur et le sacrifice. Indochine 1951&#039;&#039;, Paris, Plon, 1988, 473 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, Le « petit livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, Paris, L’Harmattan, 1996, 263 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, &#039;&#039;Pourquoi les Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Vendémiaire, 2013, 350 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Luciolli Esmeralda, &#039;&#039;Le mur de Bambou. Le Cambodge après Pol Pot&#039;&#039;, Paris, Médecins sans frontières - Régine Deforges, 1988, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mao Tse-Toung, &#039;&#039;Écrits militaires de Mao Tse-Toung&#039;&#039;, Pékin, s.e., 1964, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marangé Céline, &#039;&#039;Le communisme vietnamien&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 2012, 611 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McNamara Robert S., &#039;&#039;In Retrospect. The Tragedy and Lessons of Vietnam&#039;&#039;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
New York, Random House, 1995 (traduction française : &#039;&#039;Avec le recul. La tragédie du Vietnam et ses leçons,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1996, 389 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meslin Denis, &#039;&#039;Rouges et noirs&#039;&#039;, URA Éditions, 2020, 93 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer Pierre, &#039;&#039;Après tant de batailles. Mémoires&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul, &#039;&#039;Viêt-Nam. Sociologie d’une guerre&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1952, 380 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Phu Luc, &#039;&#039;Vietnam. Pourquoi les États-Unis ont-ils perdu la guerre ?&#039;&#039;, Paris, Godefroy de Bouillon, 1996, 418 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Agonie de l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1956, 337 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Le temps des vérités&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Mémoires Richard Nixon&#039;&#039;, Montréal, Stanké, 1978, 800 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Plus jamais de Vietnam&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1985, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, &#039;&#039;Journal d’un combattant Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1955, 230 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nolting Frederick, &#039;&#039;From trust to tragedy. The political memoirs of Frederick Nolting, Kennedy’s ambassador to Diem’s Vietnam&#039;&#039;, New York, Westport (Connecticut), London, Praeger, 1988, 161 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Penycate John, Mangold Tom, &#039;&#039;Les tunnels de Cu Chi&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1986, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pericone Laurent, &#039;&#039;Guerre du Vietnam : la faute à Kennedy ?,&#039;&#039; Paris, Économica, 2014, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peschoux Christophe, &#039;&#039;Les « nouveaux » Khmers rouges 1979-1990&#039;&#039;, Paris, l’Harmattan, 1992, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pham Thanh Tam, &#039;&#039;Carnet de guerre d’un jeune Viêt-Minh à Diên Biên Phu 21 février-28 août 1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 191 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, &#039;&#039;Cambodge année zéro&#039;&#039;, Paris, éditions Kailash, 2005, 273 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, 1977)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Les États-Unis et la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexes, 2008 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1993), 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;La fin de la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2016, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Lyndon Johnson. Le paradoxe américain,&#039;&#039; Paris, Payot, 2007, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prados John, &#039;&#039;La guerre du Vietnam,&#039;&#039; Paris, Perrin, coll. Tempus, 2011, 1 179 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quirielle François, &#039;&#039;A Hanoi sous les bombes. Journal d’un diplomate français 1966-1969&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 1992, 241 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Raymond Louis, &#039;&#039;Les événements d’Indochine, septembre 1944-décembre 1946 : entre discours et contre-discours&#039;&#039;, Rennes, Mémoire de 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; année I.E.P. Rennes, 2013, 223 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regaud Nicolas, &#039;&#039;Le Cambodge dans la tourmente. Le troisième conflit indochinois 1978-1991&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1992, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Richer Philippe, &#039;&#039;Le Cambodge de 1945 à nos jours&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationales des Sciences politiques, 2009, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rigal-Cellard Bernadette, &#039;&#039;La guerre du Vietnam et la société américaine&#039;&#039;, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1991, 276 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rignac Paul, &#039;&#039;Ngo Dinh Diem. Une tragédie vietnamienne,&#039;&#039; La Chaussée d’Ivry, Atelier Fol’fer, 2018, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rocolle Pierre, &#039;&#039;Pourquoi Dien Bien Phu ?&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1968, 604 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roussel Éric, &#039;&#039;Pierre Mendès France&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2007, 608 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;La guerre française d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexe, 1992, 279 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Les communistes français et la guerre d’Indochine&#039;&#039; 1944-1954, Paris, 1985, L’Harmattan, 422 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Cambodge, an 1. Journal d&#039;un témoin&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 203 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1967, 285 p. [1ère éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Amiot-Dumont, 1953, 260 p. [1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Face à Ho Chi Minh,&#039;&#039; Paris, Seghers, 1970, 211 p. (rééd. Éditions Atlanta, s.l., s.d, 216 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le sens d’un engagement&#039;&#039;, tome 1, Paris, Presses de la Cité, 1970, 443 p. (noté Salan 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le Viêt-Minh mon adversaire&#039;&#039;, tome 2, Paris, Presses de la Cité, 1970, 479 p. (noté Salan 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salisbury Harrison E., &#039;&#039;Un Américain à Hanoï derrière les lignes Viet-cong&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1967, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sarin Ith, &#039;&#039;Regrets for the Khmer Soul,&#039;&#039; 1973 (consultable sur &#039;&#039;&#039; https://www.mekongriverpress.com/regrets-for-the-khmer-soul )&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schell Jonathan, &#039;&#039;Le village de Ben Suc&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1967, 188 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Les 1 000 jours de Kennedy&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1966, 948 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Un héritage amer : le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1967, 253 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scholl-Latour Pierre, &#039;&#039;La mort dans la rizière. 30 ans de guerre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Hachette, 1981, 428 p. (1ère éd. allemande 1980)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Une tragédie sans importance. Kissinger, Nixon et l’anéantissement du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Le poids de la pitié&#039;&#039;, Paris, Balland, 1985 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheehan Neil (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Complete and Unabridged Series as Published by the New York Times&#039;&#039;, New York, Bantam Books, 1971 (édition partielle, traduction en français : &#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral révélé et publié par The New-York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan Neil, &#039;&#039;L’innocence perdue. Un américain au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1990, 941 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Chroniques de guerre… et d’espoir&#039;&#039;, Paris, Hachette-Stock, 1979, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Prisonnier des Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Plon, 1986, 433 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Snepp Franck, &#039;&#039;Sauve qui peut. La chute de Saigon et la fuite des Américains racontée par un haut responsable de la CIA au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 467 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stien Louis, &#039;&#039;Les soldats oubliés. De Cao bang aux camps de rééducation du Vietminh&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1993, 333 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suong Sikoeun, &#039;&#039;Itinéraire d’un intellectuel khmer rouge&#039;&#039;, Paris, Cerf, 2013, 542 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Szymusiak Molyda, &#039;&#039;Les pierres crieront. Une enfance cambodgienne 1975-1982&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 1984, 272 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tertrais Hugues, &#039;&#039;Atlas des guerres d’Indochine 1940-1990&#039;&#039;, Autrement-Ministère de la Défense-Mémorial de Caen, 2004, 63 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Teulières  André, &#039;&#039;La guerre du Vietnam 1945-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1979, 256 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thierry Argenlieu (D’) Georges, &#039;&#039;Chronique d’Indochine 1945-1947,&#039;&#039; Paris, Albin Michel, 470 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Todd Olivier, &#039;&#039;Cruel avril. 1975, la chute de Saigon,&#039;&#039; Paris, Robert Laffont, 1987, 480 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toinet Raymond, &#039;&#039;Une guerre de trente-cinq ans. Indochine – Vietnam 1940-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1998, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tong André, &#039;&#039;Sihanouk,&#039;&#039; l&#039;&#039;a fin des illusions&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 1972, 234 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don, &#039;&#039;Les guerres du Vietnam&#039;&#039;, s.l., Vertiges Publications, 1985, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Nhu Tang, &#039;&#039;Mémoires d’un Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1985, 348 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Tra (général), &#039;&#039;A History of the Bulwark B-2 Theater&#039;&#039;, 1983 (version dactylographiée, 147 p., consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Vinh Le, &#039;&#039;Vietnam, où est la vérité ?&#039;&#039; Paris, Lavauzelle, 1989, 327 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, &#039;&#039;De Gaulle, les gaullistes et l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2005, 666 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;Indochine 1940-1945. Français contre Japonais&#039;&#039;, Paris, SEDES, 1993, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;La guerre d&#039;Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 1994, 416 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Geirt Jean-Pierre, &#039;&#039;La piste Ho Chi Minh&#039;&#039;, Paris, Librairie Jules Tallandier, 1972, 340 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Tien Dung (général), &#039;&#039;Et nous prîmes Saïgon&#039;&#039;, Paris, Le Sycomore, 1979, 215 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vanuxem (colonel), &#039;&#039;1951. Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Société de Production littéraire, 1977, 209 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Villatoux Marie-Catherine et Paul, « La guerre psychologique en Indochine (1945-1955) », Revue historique des Armées, n° 213, 1998, pp. 104-115&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Guerre du peuple, armée du peuple&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1967, 190 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954&#039;&#039;, tome 1 : La résistance encerclée, Fontenay-sous-Bois, 2003, 319 p. (noté Giap 1, 2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954,&#039;&#039; tome 2 : Le chemin menant à Dien Bien Phu, Fontenay-sous-Bois, 2004, 308 p. (noté Giap 2, 2004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wainstock Dennis, Miller Robert L., &#039;&#039;Indochine et Vietnam. 35 années de guerre 1940-1975,&#039;&#039; Paris, Le nouveau Monde éditions, 2019, 326 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yathay Pin, &#039;&#039;L’utopie meurtrière. Un rescapé du génocide cambodgien témoigne&#039;&#039;, Bruxelles, Éditions complexe, 1989, 414 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zeller Guillaume, &#039;&#039;Les cages de la Kempetaï. Les Français sous la terreur japonaise en Indochine, mars-août 1945&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2021, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Articles :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aberdam Marie, « Visites guidées au Kampuchéa démocratique (1975-1978) », Relations internationales, n° 162, 2015, pp. 139-156&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, « Mes rencontres avec Ho Chi Minh et le Vietnam (1946-1982) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 349-356 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baulon Jean-Philippe, « Les trois guerres de Robert MacNamara au Vietnam (1961-1968) et les errements de la raison dans un conflit irrégulier », Institut de Stratégie Comparée,  Stratégique, n° 93-94-95-96, 2009, pp. 425-444 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « L&#039;utilisation des autochtones dans le corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient (1945-1954) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 81, n° 303, 1994, pp. 137-159 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « 1949 En Indochine, un tournant ? » Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 236, 2009, pp. 135-154 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bouilleaux Geoffrey, « La guerre secrète n’aura pas lieu ! L’armée française face à l’arrivée des Américains en Indochine, 1950-1953 », Bulletin de l’Institut Renouvin, n° 53, 2021, pp. 157-173 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « 1954-1956, le départ du corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient », Revue historique des armées, n° 258, 2010, pp. 1-16 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Punir les lampistes ? Les commissions d’enquête des batailles de Cao Bang et Dien Bien Phu », Armée de terre, Inflexions, n° 45, 2020, pp. 67-70 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « La question des sépultures des morts de la guerre d’Indochine suivi du Rapport de la mission du capitaine Belmont à Dien Bien Phu du 8 au 23 juin 1955 », Revue historique des armées, 2016, pp. 92-111 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Sud-Vietnam, printemps 1955 : la « guerre des sectes » à travers les archives du Service historique de la Défense », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 273, 2019, pp. 49-68 (consultable en ligne ; noté Cadeau 2 dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), « L&#039;Union française, son concept, son état, ses perspectives »,  Politique étrangère, n° 4, 1953, pp. 233-266 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, « La négociation sur l’Indochine à la conférence de Genève (1954) », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 7-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « Nixon, Kissinger et la guerre civile au Cambodge », Relations internationales, n° 175, 2018, pp. 63-78 (consultable en ligne ; noté Coppolani A dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « La guerre américaine au Cambodge, 1969-1975 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 271, 2018, pp. 45-70 (consultable en ligne ; noté Coppolani B dans la chronologie) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cournil Laure, Journoud Pierre, « Une décolonisation manquée : l&#039;Armée nationale du Vietnam, de la tutelle française à la tutelle américaine (1949-1965) » Outre-mers, tome 98, n° 370-371, 2011, pp. 67-81 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courtois Stéphane, « Le génocide de classe : définition, description, comparaison », Les Cahiers de la Shoah, n° 6, 2002, pp. 89-122 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, « L’opposition du M.R.P. à la guerre d’Indochine », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 43, 1996, pp. 106-118 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David François, « L’alliance franco-américaine et la guerre d’Indochine, laboratoire d’une rupture 1953-1954 », Revue historique des armées, n° 246, 2007, pp. 77-87&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David Michel (lieutenant-colonel), « Tonkin 1950 : la naissance d’un maquis anti-vietminh », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 45-56 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Davieau-Pousset Sophie, « Maurice Dejean, diplomate atypique », Relations internationales,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
n° 162, 2015, pp. 79-94 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, « La politique française et la seconde guerre du Vietnam », Politique étrangère, n° 6, 1967, pp. 569-604 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debouzy Marianne, « Les marches de protestation aux États-Unis (XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles) », La Découverte, Le Mouvement social, n° 202, 2003, pp. 15-41 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Escobar Rodrigez Adriana Maria, « Les mémoriaux du régime du Kapuchéa démocratique », Vingtième Siècle, n° 137, 2018, pp. 114-136 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gorin Valérie, « Les mouvements de vétérans et les enjeux mémoriels de la guerre du Vietnam aux États-Unis (1982-1995) », Carnet de bord en sciences humaines, n° 12, 2006, pp. 16-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « L’aide militaire chinoise au Viet-minh (1949-12954) », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « « La guerre par d’autres moyens » : réflexions sur la guerre du Viêt Minh dans le Sud-Vietnam de 1945 à 1951 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 206, 2002, pp. 29-57 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « Une guerre pour l’Indochine ? Le Laos et le Cambodge dans le conflit franco-vietnamien (1948-1954) », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 211, 2003, pp. 29-58 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., “The Maritime Nature of the Wars for Vietnam (1945-1975) : A Geo-Historical Reflection”, War &amp;amp; Society, 2005, n° 24/2, pp. 53-92 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gosha Christopher E., « L’aide chinoise au Vietminh (1949-1954), Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1966, le discours de Phnom Penh » &#039;&#039;in&#039;&#039; Jeanneney Jean-Noël, Guérout Jeanne (dir.), &#039;&#039;L’histoire de France vue d’ailleurs&#039;&#039;, Paris, Les Arènes, 2016, 597 p., pp. 556-569&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « La guerre de décolonisation la plus violente du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ? », L’Histoire, n° 499, septembre 2022, pp. 32-39&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grosser Pierre, « La politique indochinoise de Pierre Mendès France après les accords de Genève »,  Relations internationales, n) 146, 2011, pp. 59-75 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gunn Geoffrey, « La grande famine vietnamienne de 1944-1945 : un réexamen », https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/la-grande-famine-vietnamienne-de-1944-1945-un-reexamen.html , mars 2015, n.p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hanhimäki Jussi M., « La négociation dans les combats : la conférence de Paris et la fin de la guerre du Viêt-Nam », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 53-72 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Huret Romain, « La rumeur de Pinkville. Les commissions d&#039;enquête sur le massacre de My Laï (1969-1970) », Le Mouvement Social&#039;&#039;,&#039;&#039; n° 222, 2008, pp. 129-152 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam », Annuaire de Droit international, vol. 18, 1972, pp. 101-121 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « Les accords de Genève (1954) et de Paris (1973) », Les Cahiers de l&#039;Institut d&#039;Histoire du Temps Présent, n° 34, 1996, pp. 227-237 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jalabert Laurent, « Aux origines de la génération 1968 : les étudiants français et la guerre du Vietnam »,Vingtième Siècle, n° 55, 1997. pp. 69-81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le rôle d&#039;une « tierce-partie » dans l&#039;ouverture d&#039;une négociation de paix. La France et la guerre du Vietnam (1965-1969), Hypothèses, 2001, pp. 141-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Diplomatie informelle et réseaux transnationaux. Une contribution française à la fin de la guerre du Vietnam », Relations internationales, n° 138, 2009, pp. 93-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le CAT/Air America dans les guerres d’Indochine ou le rôle d’une compagnie aérienne privée secrètement tenue par la CIA (1950-1975), Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 238, 2010, pp. 129-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « A l’ombre de la protection gaullienne ? L’exil en France des déserteurs américains de la guerre du Vietnam », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 280, 2020, pp. 65-80 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « De la naissance de l’OTASE à l’accord de paix sur le Cambodge : la France, la Grande Bretagne et la sécurité en Asie du Sud-Est pendant la Guerre froide », Relations internationales, n° 168, 2017, pp. 29-45 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben &amp;amp; Owen Taylor, « Bombs over Cambodia », &#039;&#039;The Walrius&#039;&#039;, octobre 2006 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lemaire Marc, « Le sort des blessés de Dien Bien Phu dans le concert des nations », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 57-66 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « Le Tonkin, laboratoire de la « pacification » en Indochine ? », Revue historique des armées, 2007, n° 248, pp. 1-11 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « La base de Séno, la France et l’Asie du Sud-Est », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 255, 2014, pp. 123-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Couriard Daniel, « Les socialistes et le début de la guerre d’Indochine (1946-1947) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 31, n° 2, avril-juin 1984, pp. 334-353 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Louaas Irvin, « La collaboration franco-caoïste au début de la guerre d’Indochine (1945-1948) : un « pacte avec le diable » ? », I.R.I.C.E., Bulletin de l&#039;Institut Pierre Renouvin, 2015, n° 41, pp. 75-87 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mantoux Stéphane, « Les « morts vivants » à Cam Ne. Le premier « Zippo raid » de la guerre du Vietnam », Revue historique des armées, n° 268, 2012, pp. 1-10 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Le Cambodge des Khmers rouges : de la logique de guerre totale au génocide », Presses de Sciences Po, Vingtième Siècle, 2003, n° 77, pp. 3-18 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Khmers contre Khmers : penser les massacres perpétrés par le Khmers rouges », Sens-Dessous n° 28, 2021, pp. 15-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul,  « L&#039;Indochine en 1945. Quelques souvenirs et une opinion »,  Politique étrangère, n° 4, 1946, pp. 349-374 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pernot François, « L’armée de l’Air en Indochine et le problème chinois », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 100-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, « Cambodge : deux ans après la libération. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 8, n° 4, L&#039;Asie socialiste, 1977, pp. 143-156 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Porée Anne-Laure, « S21. La vie ordinaire des bourreaux », L’Histoire, hors série n° 107, 2025, pp. 95-100&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodier-Cormier Béatrice, « Services d’information en Indochine et stratégies de conquête des opinions publiques » &#039;&#039;in&#039;&#039; Hervé Coutau-Bégarie, &#039;&#039;Les médias et la guerre&#039;&#039;, Paris, Économica, 2005, pp. 775-791&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rousseau Sabine, « Christianisme français et engagement politique à travers les guerres d’Indochine et du Vietnam (1945-1975) », Chrétiens et sociétés, n° 7, 2000, pp. 75-98 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tenenbaum Élie, « Les déplacements de populations comme outil de contre-insurrection : l’exemple du programme de hameaux stratégiques au Sud-Vietnam », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 239, 2010, pp. 119-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Tréglodé Benoît, « Du côté vietnamien. Mobilisation de masse ! », &#039;&#039;L’Histoire&#039;&#039; n° 499, septembre 2022, pp. 48-51&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, « Cao Bang, automne 1950 : autopsie d’un désastre », Revue historique de l’Armée, n° 220, 2000, pp. 25-34&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, « Les opérations de l’automne 1947 dans le Haut-Tonkin : les incertitudes d’une stratégie », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 240, 2010, pp. 63-79 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 1967, pp. 15-38 (noté Valluy 1, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 novembre 1967, pp. 196-216 (noté Valluy 2, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1er décembre 1967, pp. 356-375 (noté Valluy 3, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1967, pp. 507-528 (noté Valluy 4, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Varga Daniel, «  Léon Pignon, l&#039;homme-clé de la solution Bao Daï et de l&#039;implication des États-Unis dans la Guerre d&#039;Indochine », Outre-mers, tome 96, n° 364-365, 2009, pp. 277-313 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nanh Tri, « La politique agraire du Nord-Vietnam », Tiers-Monde, tome 1, n° 3, 1960, pp. 353-372 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wagner Sarah, « The making and unmaking of an unknown soldier », Social Studies of Sciences, 2013, pp. 1-26 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zervoudakis Alexander, « Vinh Yen », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 54-65 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Zhai Quiang, Dutrône Christophe, Goux Valérie, « Les conseillers militaires chinois et la guerre d’Indochine en 1950 », Revue historique des armées, n° 220, 2000, pp. 3-14 (consultable en ligne)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1971&amp;diff=5212</id>
		<title>Juillet 1971</title>
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		<updated>2026-07-26T09:26:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 71 : A Chulaï où stationnent 13 000 &#039;&#039;GI’s&#039;&#039;, 150 &#039;&#039;freaks&#039;&#039; (soldats marginalisés) organisent un rassemblement pour la paix et glorifient l’usage de la marijuana. L’armée réagit en lançant une campagne contre les drogues. Les réseaux de dealers, multiples, ne peuvent toutefois pas être efficacement combattus tant la corruption est étendue à tous les niveaux de l’armée. En 1973, une enquête des services américains montrera qu’une filière militaire utilisait même le transport des cadavres de &#039;&#039;GI’s&#039;&#039; pour acheminer de la drogue vers les U.S.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, conférence de deux semaines réunissant plus de 60 cadres du P.C.K. à Phnom Santuk qui débouche sur la nomination d&#039;un nouveau comité central d&#039;où sont absents les « Khmers-Hanoi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En provenance du Cambodge, Ieng Sary (KR, beau-frère de Saloth Sar) arrive à Pékin avec pour titre celui de Haut-Représentant des combattants de l&#039;Intérieur. Alors que le G.R.U.N.K. a toujours été scindé entre la faction qui combat au Cambodge et celle de la Chine, il rejoint la capitale chinoise pour mieux contrôler l’action politique de Sihanouk et du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le magazine &#039;&#039;Life&#039;&#039; publie un article intitulé « Confessions of the « Winter Soldiers » ». Il fait référence à une série d’entretiens menés par les V.V.A.W. en début d’année sur les crimes de guerre commis au Vietnam d’ailleurs évoqués par John Kerry dans son intervention devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 22 avril (Gorin, 2006, p. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet 71 : Éditorial du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; intitulé « Un peuple informé » : « Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, le gouvernement fédéral a essayé, par l’intermédiaire de la Cour [voir 24 juin] d’interdire la publication de documents dont, prétendait-il, la diffusion dans le public causerait un « dommage irréparable » à la sécurité de la nation. Le &#039;&#039;Times&#039;&#039;, appuyé en la circonstance par l’immense majorité de la presse américaine, soutient au contraire qu’il est dans l’intérêt national de publier ces informations qui portaient d’ailleurs sur l’histoire du conflit et non sur les opérations en cours. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 665-667)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelles propositions publiques n-v par la bouche de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh du G.R.P. Elle reprend les propositions de la réunion secrète du 26 juin mais y ajoute ce que Kissinger qualifie de « troc » : la libération des prisonniers contre le retrait américain, en éludant le reste du contenu des discussions du 26. Elle reprend l’idée d’un gouvernement de coalition auquel les Américains sont opposés (Kissinger 2, 1979, p. 1 079). &#039;&#039;&#039;Ces nouvelles déclarations mettent Kissinger en porte-à-faux avec Nixon sur l’utilité des négociations secrètes où, ce qui est convenu un jour, est contredit peu de temps après par des déclarations publiques de la part des N-V.&#039;&#039;&#039; Dans ses mémoires, Kissinger en revient lui-même à mettre en doute leur utilité, tant les N-V les utilisent pour en faire un outil de surenchère permanente et un moyen qui leur permet de manipuler l’opinion publique américaine et le Congrès en émoi (Kissinger 2, 1979, p. 1 075). Le stratagème n-v s’avère et s’avèrera particulièrement efficace (voir 6, 15 et 23 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger part pour Saigon et rend ostensiblement visite à Ky, Minh et au chef de l’opposition bouddhiste pour montrer que les U.S.A. sont ouverts au futur choix des urnes. Selon ses dires (dont on ne peut que douter…), il leur affirme que la position américaine en faveur d’un pluralisme politique en vue des élections présidentielles d’octobre est totale. Dans les faits, seul Thieu est considéré par les Américains comme le seul et unique recours face au chaos politique qui règne comme habituellement au S-V. Ce qu’il reconnaît d’ailleurs clairement dans ses mémoires : « Mais ni Nixon ni moi n’étions disposés à jeter Thieu dans la gueule du loup [...] Nous ne considérions pas que le maintien de l’échafaudage politique de Saigon était une faveur faite à Thieu, mais un impératif dicté par notre intérêt national. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 090)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juillet 71 : Kissinger se rend au S-V. Ce voyage n’est en fait qu’un prétexte pour pouvoir se rendre ensuite en Chine amorcer ce que l’on va nommer une « diplomatie triangulaire » (voir 9 - 11 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juillet 71 : Kissinger est reçu par Thieu. Il le met au courant de l’avancée des discussions avec Le Duc Tho qui semble plus conciliant sur la question du retrait américain. Il promet plus d’hélicoptères et d’armement. Comme l’observe Nguyen Phu Duc, « n’étant pas venu à Saigon pour négocier [mais pour aller en Chine…], il voulait seulement faire plaisir à ses hôtes. » (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 267)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 71 : Dans une interview au &#039;&#039;New York Times&#039;&#039;, Le Duc Tho reprend la proposition du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh : le retrait américain contre la libération des prisonniers qui pourrait faire l’objet d’un accord séparé (en contradiction donc avec ses 9 points du 26 juin qui devaient être considérés comme « un tout intégral »). Selon Kissinger, malgré certaines avancées, « le Congrès et la presse, à l’unisson, proclamèrent que le gouvernement laissait passer une nouvelle occasion sans précédent de faire la paix. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 079)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 11 juillet 71 : &#039;&#039;&#039;Première visite de Kissinger en Chine (mission &#039;&#039;Polo&#039;&#039;)&#039;&#039;&#039;. Prétextant se rendre au S-V puis au Pakistan, il s’y rend secrètement sans en avoir averti l’allié s-v. Le caractère secret du voyage semble même irriter quelque peu les Chinois. C’est le premier processus américain pour impliquer directement la Chine dans la question de la paix au Vietnam. Kissinger confie secrètement à Zhou Enlaï : « Nous sommes prêts à retirer toutes nos forces du Sud-Vietnam à une date précise et à laisser la réalité façonner l’avenir politique […] Nous voulons simplement disposer d’un délai raisonnable ». Kissinger se plaint de l’attitude de Le Duc Tho. Chou comprend que Kissinger demande l’aide de la Chine pour assouplir la position n-v. Toutefois, cette demande d’intervention n’empêchera pas le ministre des Affaires étrangères chinois de se rendre peu après à Hanoi pour réaffirmer son total soutien au N-V (Hanhimäki, 2008, pp. 60-61 ; Portes, 2016, p. 57 ; Kissinger 2, 1979, pp. 796-843). La question de la médiation chinoise sera donc limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juillet 71 : Kissinger est à Paris. Le Duc Tho a fait savoir à la presse qu’il désirait le rencontrer. Kissinger est une nouvelle fois obligé de ruser de manière assez rocambolesque avec les journalistes pour se rendre au rendez-vous de négociations devenues au fil du temps de moins en moins secrètes… Le principal point de friction demeure le remplacement de Thieu et son équipe. Les N-V considèrent que les élections présidentielles d’octobre peuvent fournir l’occasion aux Américains de s’en débarrasser. Guère d’avancée lors de cette séance quoiqu’en dise Kissinger dans ses mémoires. On promet de se revoir le 26 (Portes, 2016, p. 72 ; Kissinger 2, 1979, pp. 1 082-1 084).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juillet 71 : Nixon rend publique la rencontre entre Zhou Enlaï et Kissinger à Pékin qui a eu lieu du 9 au 11 juillet. Il annonce sa venue en Chine avant mai 1972 (Nixon, 1978, p. 398). Les S-V découvrent la chose car ils n’ont pas été mis au courant par Kissinger lors de sa récente visite à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle pression sur l’administration. Averell Harriman (ancien chef de la délégation américaine à Paris sous LBJ) déclare dans le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; que M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh a offert aux U.S.A. « une chance raisonnable » d’en finir avec le conflit (Kissinger 2, 1979, p. 1 080).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diplomatie n-v, tout en refusant de prendre parti dans le conflit sino-soviétique, cherche désormais plutôt l’appui des Russes. Selon Marangé, les N-V « s’efforcèrent de préserver leur indépendance [diplomatique], en pratiquant le secret pendant la guerre, puis, après le renversement du régime sud-vietnamien, en mettant en œuvre une politique étrangère diversifiée. » (Marangé, 2012, p. 345)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 71 : Du fait de l’annonce de la visite de Nixon en Chine, Hanoi informe Le Duc Tho et Xuan Thuy que le moment n’est pas venu de faire progresser les négociations tant que l’on en saurait pas plus sur la portée de ce rapprochement (Marangé, 2012, p. 340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 juillet 71 : Mao conseille aux N-V de maintenir un statut quo au S-V et d’accepter la partition entre les deux Vietnam (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 273). Ce n’est absolument pas ce que veulent les Nordistes, d’où un certain refroidissement dans les relations sino-vietnamiennes au bénéfice des Russes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juillet 71 : Suite aux déclarations de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, le magazine &#039;&#039;Life&#039;&#039; publie : « Nous espérons que le président Nixon saisira cette chance. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 080)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​26 juillet 71 : Reprise des négociations secrètes. Toujours le même blocage sur le remplacement de Thieu. Les N-V suggèrent aux Américains de le renverser ou de l’assassiner… avec la complicité des N-V si nécessaire… Et Kissinger de conclure dans ses mémoires : « La paix était toujours aussi loin de portée que jamais. »  (Kissinger 2, 1979, pp. 1 085-1 086)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 juillet 71 : Le journaliste d’investigation américain Fred Banfman (voir partie « documents et témoignages») qui avait été exclu du Laos en février par les autorités gouvernementale sous la pression des Américains intervient lors d’une audition devant des membres de la chambre des Représentants au cours de laquelle l’ambassadeur américain Sulllivan déclare que « la politique des États-Unis consiste délibérément à éviter de frapper les villages habités. » Ayant reçu un droit de réponse par le sénateur Kennedy, Banfman le contredit en se basant sur le millier de témoignages qu’il a recueilli sur place depuis 1967. Il dénonce le rôle néfaste de la C.I.A. et les bombardements massifs (avec utilisation de bombes à sous-munitions) dont le pays a fait l’objet depuis le déclenchement de la guerre secrète en 1961. Il publiera l’année suivante un ouvrage intitulé &#039;&#039;Voices from the Plain of Jars : life under an air war&#039;&#039;. Son témoignage devant la commission aura toutefois assez peu d’impact dans le déroulé du conflit.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1971&amp;diff=5211</id>
		<title>Juillet 1971</title>
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		<updated>2026-07-26T09:22:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 71 : A Chulaï où stationnent 13 000 &#039;&#039;GI’s&#039;&#039;, 150 &#039;&#039;freaks&#039;&#039; (soldats marginalisés) organisent un rassemblement pour la paix et glorifient l’usage de la marijuana. L’armée réagit en lançant une campagne contre les drogues. Les réseaux de dealers, multiples, ne peuvent toutefois pas être efficacement combattus tant la corruption est étendue à tous les niveaux de l’armée. En 1973, une enquête des services américains montrera qu’une filière militaire utilisait même le transport des cadavres de &#039;&#039;GI’s&#039;&#039; pour acheminer de la drogue vers les U.S.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, conférence de deux semaines réunissant plus de 60 cadres du P.C.K. à Phnom Santuk qui débouche sur la nomination d&#039;un nouveau comité central d&#039;où sont absents les « Khmers-Hanoi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En provenance du Cambodge, Ieng Sary (KR, beau-frère de Saloth Sar) arrive à Pékin avec pour titre celui de Haut-Représentant des combattants de l&#039;Intérieur. Alors que le G.R.U.N.K. a toujours été scindé entre la faction qui combat au Cambodge et celle de la Chine, il rejoint la capitale chinoise pour mieux contrôler l’action politique de Sihanouk et du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le magazine &#039;&#039;Life&#039;&#039; publie un article intitulé « Confessions of the « Winter Soldiers » ». Il fait référence à une série d’entretiens menés par les V.V.A.W. en début d’année sur les crimes de guerre commis au Vietnam d’ailleurs évoqués par John Kerry dans son intervention devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 22 avril (Gorin, 2006, p. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet 71 : Éditorial du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; intitulé « Un peuple informé » : « Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, le gouvernement fédéral a essayé, par l’intermédiaire de la Cour [voir 24 juin] d’interdire la publication de documents dont, prétendait-il, la diffusion dans le public causerait un « dommage irréparable » à la sécurité de la nation. Le &#039;&#039;Times&#039;&#039;, appuyé en la circonstance par l’immense majorité de la presse américaine, soutient au contraire qu’il est dans l’intérêt national de publier ces informations qui portaient d’ailleurs sur l’histoire du conflit et non sur les opérations en cours. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 665-667)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelles propositions publiques n-v par la bouche de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh du G.R.P. Elle reprend les propositions de la réunion secrète du 26 juin mais y ajoute ce que Kissinger qualifie de « troc » : la libération des prisonniers contre le retrait américain, en éludant le reste du contenu des discussions du 26. Elle reprend l’idée d’un gouvernement de coalition auquel les Américains sont opposés (Kissinger 2, 1979, p. 1 079). &#039;&#039;&#039;Ces nouvelles déclarations mettent Kissinger en porte-à-faux avec Nixon sur l’utilité des négociations secrètes où, ce qui est convenu un jour, est contredit peu de temps après par des déclarations publiques de la part des N-V.&#039;&#039;&#039; Dans ses mémoires, Kissinger en revient lui-même à mettre en doute leur utilité, tant les N-V les utilisent pour en faire un outil de surenchère permanente et un moyen qui leur permet de manipuler l’opinion publique américaine et le Congrès en émoi (Kissinger 2, 1979, p. 1 075). Le stratagème n-v s’avère et s’avèrera particulièrement efficace (voir 6, 15 et 23 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger part pour Saigon et rend ostensiblement visite à Ky, Minh et au chef de l’opposition bouddhiste pour montrer que les U.S.A. sont ouverts au futur choix des urnes. Selon ses dires (dont on ne peut que douter…), il leur affirme que la position américaine en faveur d’un pluralisme politique en vue des élections présidentielles d’octobre est totale. Dans les faits, seul Thieu est considéré par les Américains comme le seul et unique recours face au chaos politique qui règne comme habituellement au S-V. Ce qu’il reconnaît d’ailleurs clairement dans ses mémoires : « Mais ni Nixon ni moi n’étions disposés à jeter Thieu dans la gueule du loup [...] Nous ne considérions pas que le maintien de l’échafaudage politique de Saigon était une faveur faite à Thieu, mais un impératif dicté par notre intérêt national. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 090)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juillet 71 : Kissinger se rend au S-V. Ce voyage n’est en fait qu’un prétexte pour pouvoir se rendre ensuite en Chine amorcer ce que l’on va nommer une « diplomatie triangulaire » (voir 9 - 11 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juillet 71 : Kissinger est reçu par Thieu. Il le met au courant de l’avancée des discussions avec Le Duc Tho qui semble plus conciliant sur la question du retrait américain. Il promet plus d’hélicoptères et d’armement. Comme l’observe Nguyen Phu Duc, « n’étant pas venu à Saigon pour négocier [mais pour aller en Chine…], il voulait seulement faire plaisir à ses hôtes. » (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 267)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 71 : Dans une interview au &#039;&#039;New York Times&#039;&#039;, Le Duc Tho reprend la proposition du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh : le retrait américain contre la libération des prisonniers qui pourrait faire l’objet d’un accord séparé (en contradiction donc avec ses 9 points du 26 juin qui devaient être considérés comme « un tout intégral »). Selon Kissinger, malgré certaines avancées, « le Congrès et la presse, à l’unisson, proclamèrent que le gouvernement laissait passer une nouvelle occasion sans précédent de faire la paix. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 079)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 11 juillet 71 : &#039;&#039;&#039;Première visite de Kissinger en Chine (mission &#039;&#039;Polo&#039;&#039;)&#039;&#039;&#039;. Prétextant se rendre au S-V puis au Pakistan, il s’y rend secrètement sans en avoir averti l’allié s-v. Le caractère secret du voyage semble même irriter quelque peu les Chinois. C’est le premier processus américain pour impliquer directement la Chine dans la question de la paix au Vietnam. Kissinger confie secrètement à Zhou Enlaï : « Nous sommes prêts à retirer toutes nos forces du Sud-Vietnam à une date précise et à laisser la réalité façonner l’avenir politique […] Nous voulons simplement disposer d’un délai raisonnable ». Kissinger se plaint de l’attitude de Le Duc Tho. Chou comprend que Kissinger demande l’aide de la Chine pour assouplir la position n-v. Toutefois, cette demande d’intervention n’empêchera pas le ministre des Affaires étrangères chinois de se rendre peu après à Hanoi pour réaffirmer son total soutien au N-V (Hanhimäki, 2008, pp. 60-61 ; Portes, 2016, p. 57 ; Kissinger 2, 1979, pp. 796-843). La question de la médiation chinoise sera donc limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juillet 71 : Kissinger est à Paris. Le Duc Tho a fait savoir à la presse qu’il désirait le rencontrer. Kissinger est une nouvelle fois obligé de ruser de manière assez rocambolesque avec les journalistes pour se rendre au rendez-vous de négociations devenues au fil du temps de moins en moins secrètes… Le principal point de friction demeure le remplacement de Thieu et son équipe. Les N-V considèrent que les élections présidentielles d’octobre peuvent fournir l’occasion aux Américains de s’en débarrasser. Guère d’avancée lors de cette séance quoiqu’en dise Kissinger dans ses mémoires. On promet de se revoir le 26 (Portes, 2016, p. 72 ; Kissinger 2, 1979, pp. 1 082-1 084).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juillet 71 : Nixon rend publique la rencontre entre Zhou Enlaï et Kissinger à Pékin qui a eu lieu du 9 au 11 juillet. Il annonce sa venue en Chine avant mai 1972 (Nixon, 1978, p. 398). Les S-V découvrent la chose car ils n’ont pas été mis au courant par Kissinger lors de sa récente visite à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle pression sur l’administration. Averell Harriman (ancien chef de la délégation américaine à Paris sous LBJ) déclare dans le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; que M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh a offert aux U.S.A. « une chance raisonnable » d’en finir avec le conflit (Kissinger 2, 1979, p. 1 080).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diplomatie n-v, tout en refusant de prendre parti dans le conflit sino-soviétique, cherche désormais plutôt l’appui des Russes. Selon Marangé, les N-V « s’efforcèrent de préserver leur indépendance [diplomatique], en pratiquant le secret pendant la guerre, puis, après le renversement du régime sud-vietnamien, en mettant en œuvre une politique étrangère diversifiée. » (Marangé, 2012, p. 345)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 71 : Du fait de l’annonce de la visite de Nixon en Chine, Hanoi informe Le Duc Tho et Xuan Thuy que le moment n’est pas venu de faire progresser les négociations tant que l’on en saurait pas plus sur la portée de ce rapprochement (Marangé, 2012, p. 340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 juillet 71 : Mao conseille aux N-V de maintenir un statut quo au S-V et d’accepter la partition entre les deux Vietnam (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 273). Ce n’est absolument pas ce que veulent les Nordistes, d’où un certain refroidissement dans les relations sino-vietnamiennes au bénéfice des Russes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juillet 71 : Suite aux déclarations de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, le magazine &#039;&#039;Life&#039;&#039; publie : « Nous espérons que le président Nixon saisira cette chance. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 080)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​26 juillet 71 : Reprise des négociations secrètes. Toujours le même blocage sur le remplacement de Thieu. Les N-V suggèrent aux Américains de le renverser ou de l’assassiner… avec la complicité des N-V si nécessaire… Et Kissinger de conclure dans ses mémoires : « La paix était toujours aussi loin de portée que jamais. »  (Kissinger 2, 1979, pp. 1 085-1 086)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 juillet 71 : Le journaliste d’investigation américain Fred Banfman qui avait été exclu du Laos en février par les autorités gouvernementale sous la pression des Américains intervient lors d’une audition devant des membres de la chambre des Représentants au cours de laquelle l’ambassadeur américain Sulllivan déclare que « la politique des États-Unis consiste délibérément à éviter de frapper les villages habités. » Ayant reçu un droit de réponse par le sénateur Kennedy, Banfman le contredit en se basant sur le millier de témoignages qu’il a recueilli sur place depuis 1967. Il dénonce le rôle néfaste de la C.I.A. et les bombardements massifs (avec utilisation de bombes à sous-munitions) dont le pays a fait l’objet depuis le déclenchement de la guerre secrète en 1961. Il publiera l’année suivante un ouvrage intitulé &#039;&#039;Voices from the Plain of Jars : life under an air war&#039;&#039;. Son témoignage devant la commission aura toutefois assez peu d’impact dans le déroulé du conflit.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Juillet 1971</title>
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		<updated>2026-07-26T09:22:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 71 : A Chulaï où stationnent 13 000 &#039;&#039;GI’s&#039;&#039;, 150 &#039;&#039;freaks&#039;&#039; (soldats marginalisés) organisent un rassemblement pour la paix et glorifient l’usage de la marijuana. L’armée réagit en lançant une campagne contre les drogues. Les réseaux de dealers, multiples, ne peuvent toutefois pas être efficacement combattus tant la corruption est étendue à tous les niveaux de l’armée. En 1973, une enquête des services américains montrera qu’une filière militaire utilisait même le transport des cadavres de &#039;&#039;GI’s&#039;&#039; pour acheminer de la drogue vers les U.S.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, conférence de deux semaines réunissant plus de 60 cadres du P.C.K. à Phnom Santuk qui débouche sur la nomination d&#039;un nouveau comité central d&#039;où sont absents les « Khmers-Hanoi ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En provenance du Cambodge, Ieng Sary (KR, beau-frère de Saloth Sar) arrive à Pékin avec pour titre celui de Haut-Représentant des combattants de l&#039;Intérieur. Alors que le G.R.U.N.K. a toujours été scindé entre la faction qui combat au Cambodge et celle de la Chine, il rejoint la capitale chinoise pour mieux contrôler l’action politique de Sihanouk et du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le magazine &#039;&#039;Life&#039;&#039; publie un article intitulé « Confessions of the « Winter Soldiers » ». Il fait référence à une série d’entretiens menés par les V.V.A.W. en début d’année sur les crimes de guerre commis au Vietnam d’ailleurs évoqués par John Kerry dans son intervention devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 22 avril (Gorin, 2006, p. 21).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet 71 : Éditorial du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; intitulé « Un peuple informé » : « Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, le gouvernement fédéral a essayé, par l’intermédiaire de la Cour [voir 24 juin] d’interdire la publication de documents dont, prétendait-il, la diffusion dans le public causerait un « dommage irréparable » à la sécurité de la nation. Le &#039;&#039;Times&#039;&#039;, appuyé en la circonstance par l’immense majorité de la presse américaine, soutient au contraire qu’il est dans l’intérêt national de publier ces informations qui portaient d’ailleurs sur l’histoire du conflit et non sur les opérations en cours. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 665-667)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelles propositions publiques n-v par la bouche de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh du G.R.P. Elle reprend les propositions de la réunion secrète du 26 juin mais y ajoute ce que Kissinger qualifie de « troc » : la libération des prisonniers contre le retrait américain, en éludant le reste du contenu des discussions du 26. Elle reprend l’idée d’un gouvernement de coalition auquel les Américains sont opposés (Kissinger 2, 1979, p. 1 079). &#039;&#039;&#039;Ces nouvelles déclarations mettent Kissinger en porte-à-faux avec Nixon sur l’utilité des négociations secrètes où, ce qui est convenu un jour, est contredit peu de temps après par des déclarations publiques de la part des N-V.&#039;&#039;&#039; Dans ses mémoires, Kissinger en revient lui-même à mettre en doute leur utilité, tant les N-V les utilisent pour en faire un outil de surenchère permanente et un moyen qui leur permet de manipuler l’opinion publique américaine et le Congrès en émoi (Kissinger 2, 1979, p. 1 075). Le stratagème n-v s’avère et s’avèrera particulièrement efficace (voir 6, 15 et 23 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger part pour Saigon et rend ostensiblement visite à Ky, Minh et au chef de l’opposition bouddhiste pour montrer que les U.S.A. sont ouverts au futur choix des urnes. Selon ses dires (dont on ne peut que douter…), il leur affirme que la position américaine en faveur d’un pluralisme politique en vue des élections présidentielles d’octobre est totale. Dans les faits, seul Thieu est considéré par les Américains comme le seul et unique recours face au chaos politique qui règne comme habituellement au S-V. Ce qu’il reconnaît d’ailleurs clairement dans ses mémoires : « Mais ni Nixon ni moi n’étions disposés à jeter Thieu dans la gueule du loup [...] Nous ne considérions pas que le maintien de l’échafaudage politique de Saigon était une faveur faite à Thieu, mais un impératif dicté par notre intérêt national. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 090)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juillet 71 : Kissinger se rend au S-V. Ce voyage n’est en fait qu’un prétexte pour pouvoir se rendre ensuite en Chine amorcer ce que l’on va nommer une « diplomatie triangulaire » (voir 9 - 11 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juillet 71 : Kissinger est reçu par Thieu. Il le met au courant de l’avancée des discussions avec Le Duc Tho qui semble plus conciliant sur la question du retrait américain. Il promet plus d’hélicoptères et d’armement. Comme l’observe Nguyen Phu Duc, « n’étant pas venu à Saigon pour négocier [mais pour aller en Chine…], il voulait seulement faire plaisir à ses hôtes. » (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 267)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 71 : Dans une interview au &#039;&#039;New York Times&#039;&#039;, Le Duc Tho reprend la proposition du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh : le retrait américain contre la libération des prisonniers qui pourrait faire l’objet d’un accord séparé (en contradiction donc avec ses 9 points du 26 juin qui devaient être considérés comme « un tout intégral »). Selon Kissinger, malgré certaines avancées, « le Congrès et la presse, à l’unisson, proclamèrent que le gouvernement laissait passer une nouvelle occasion sans précédent de faire la paix. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 079)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 11 juillet 71 : &#039;&#039;&#039;Première visite de Kissinger en Chine (mission &#039;&#039;Polo&#039;&#039;)&#039;&#039;&#039;. Prétextant se rendre au S-V puis au Pakistan, il s’y rend secrètement sans en avoir averti l’allié s-v. Le caractère secret du voyage semble même irriter quelque peu les Chinois. C’est le premier processus américain pour impliquer directement la Chine dans la question de la paix au Vietnam. Kissinger confie secrètement à Zhou Enlaï : « Nous sommes prêts à retirer toutes nos forces du Sud-Vietnam à une date précise et à laisser la réalité façonner l’avenir politique […] Nous voulons simplement disposer d’un délai raisonnable ». Kissinger se plaint de l’attitude de Le Duc Tho. Chou comprend que Kissinger demande l’aide de la Chine pour assouplir la position n-v. Toutefois, cette demande d’intervention n’empêchera pas le ministre des Affaires étrangères chinois de se rendre peu après à Hanoi pour réaffirmer son total soutien au N-V (Hanhimäki, 2008, pp. 60-61 ; Portes, 2016, p. 57 ; Kissinger 2, 1979, pp. 796-843). La question de la médiation chinoise sera donc limitée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juillet 71 : Kissinger est à Paris. Le Duc Tho a fait savoir à la presse qu’il désirait le rencontrer. Kissinger est une nouvelle fois obligé de ruser de manière assez rocambolesque avec les journalistes pour se rendre au rendez-vous de négociations devenues au fil du temps de moins en moins secrètes… Le principal point de friction demeure le remplacement de Thieu et son équipe. Les N-V considèrent que les élections présidentielles d’octobre peuvent fournir l’occasion aux Américains de s’en débarrasser. Guère d’avancée lors de cette séance quoiqu’en dise Kissinger dans ses mémoires. On promet de se revoir le 26 (Portes, 2016, p. 72 ; Kissinger 2, 1979, pp. 1 082-1 084).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juillet 71 : Nixon rend publique la rencontre entre Zhou Enlaï et Kissinger à Pékin qui a eu lieu du 9 au 11 juillet. Il annonce sa venue en Chine avant mai 1972 (Nixon, 1978, p. 398). Les S-V découvrent la chose car ils n’ont pas été mis au courant par Kissinger lors de sa récente visite à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle pression sur l’administration. Averell Harriman (ancien chef de la délégation américaine à Paris sous LBJ) déclare dans le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; que M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh a offert aux U.S.A. « une chance raisonnable » d’en finir avec le conflit (Kissinger 2, 1979, p. 1 080).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diplomatie n-v, tout en refusant de prendre parti dans le conflit sino-soviétique, cherche désormais plutôt l’appui des Russes. Selon Marangé, les N-V « s’efforcèrent de préserver leur indépendance [diplomatique], en pratiquant le secret pendant la guerre, puis, après le renversement du régime sud-vietnamien, en mettant en œuvre une politique étrangère diversifiée. » (Marangé, 2012, p. 345)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 71 : Du fait de l’annonce de la visite de Nixon en Chine, Hanoi informe Le Duc Tho et Xuan Thuy que le moment n’est pas venu de faire progresser les négociations tant que l’on en saurait pas plus sur la portée de ce rapprochement (Marangé, 2012, p. 340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 juillet 71 : Mao conseille aux N-V de maintenir un statut quo au S-V et d’accepter la partition entre les deux Vietnam (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 273). Ce n’est absolument pas ce que veulent les Nordistes, d’où un certain refroidissement dans les relations sino-vietnamiennes au bénéfice des Russes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juillet 71 : Suite aux déclarations de M&amp;lt;sup&amp;gt;me&amp;lt;/sup&amp;gt; Binh du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, le magazine &#039;&#039;Life&#039;&#039; publie : « Nous espérons que le président Nixon saisira cette chance. » (Kissinger 2, 1979, p. 1 080)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​26 juillet 71 : Reprise des négociations secrètes. Toujours le même blocage sur le remplacement de Thieu. Les N-V suggèrent aux Américains de le renverser ou de l’assassiner… avec la complicité des N-V si nécessaire… Et Kissinger de conclure dans ses mémoires : « La paix était toujours aussi loin de portée que jamais. »  (Kissinger 2, 1979, pp. 1 085-1 086)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 juillet 71 : Le journaliste d’investigation américain Fred Banfman qui avait été exclu du Laos en février par les autorités gouvernementale sous la pression des Américains intervient lors d’une audition devant des membres de la chambre des Représentants au cours de laquelle l’ambassadeur américain Sulllivan déclare que « la politique des États-Unis consiste délibérément à éviter de frapper les villages habités. » Ayant reçu un droit de réponse par le sénateur Kennedy, Banfman le contredit en se basant sur le millier de témoignages qu’il a recueilli sur place depuis 1967. Il dénonce le rôle néfaste de la C.I.A. et les bombardements massifs (avec utilisation de bombes à sous-munitions) dont le pays a fait l’objet depuis le déclenchement de la guerre secrète en 1961. Il publiera l’année suivante un ouvrage intitulé &#039;&#039;Voices from the Plain of Jars : life under an air war&#039;&#039;. Son témoignage devant la commission aura toutefois assez peu d’impact dans le déroulé du conflit.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1970&amp;diff=5209</id>
		<title>Mars 1970</title>
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		<updated>2026-07-26T09:21:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 70 : Sondage analysant l’évolution de l’opinion publique américaine sur le le conflit au Vietnam : pour 32 %, contre 58 %, sans opinion 10 % (Nouilhat &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Lon Nol fait massacrer nombre de résidents vietnamiens dans tout le pays. Il organise une campagne de calomnie (par affiches et haut-parleurs) contre la personne de Sihanouk. L’un de ses fils de Sihanouk, le prince Norodom Ranariddh, est arrêté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saloth Sar (futur Pol Pot) fait une deuxième visite secrète à Pékin, au moment même où a lieu le putsch de Lon Lol (Deron, 2009, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au S-V, adoption tardive, malgré les réticences de l’assemblée nationale, de la loi dite « la Terre aux Laboureurs » : un million d’hectares sont redistribués (avec compensation de l’État aux propriétaires) dans le delta du Mékong où, du fait des déplacements de populations, les terres abondent. Dans les régions où le F.N.L. a déjà procédé au partage des terres, celui-ci est confirmé. Ailleurs, la surface maximale des terres est fixée à 15 hectares (Cesari, 1995, p. 203). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mars 70 : Une déclaration du C.N.S. sur la base des données rapportées par les différents départements est rendue publique. Un compte-rendu complet de l’engagement américain au Laos est établi. Il n’est que partiellement objectif : départements et agences omettent de fournir à Kissinger une série d’informations pour se protéger. La controverse concerne notamment le nombre de morts américains au Laos. Dans la déclaration est mentionné qu’aucun américain n’y a perdu la vie, sauf au sein des équipes de reconnaissance qui contrent les infiltrations venant de la piste HCM. Cette affirmation est fausse. Des révélations venues de certains départements démontrent qu’un petit nombre d’Américains non-combattants y a perdu la vie (voir 27 février). Des fuites se produisent. La presse et le Congrès en font leurs choux-gras, ce qui décrédibilise un peu plus l’administration. Nixon, qui n’a plus vraiment confiance dans le C.N.S., va de ce fait encore plus cultiver l’art du secret et de la dissimulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon ordonne que l’aviation américaine appuie les incursions s-v au Cambodge (Coppolani, 2024, p. 512).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mars – avril 70 : La presse américaine révèle que la compagnie &#039;&#039;Air America&#039;&#039; est émanation de la C.I.A. et qu’elle a activement participé depuis les années 1960 à la guerre secrète au Laos sous couvert d’activités humanitaires menées par l’U.S.A.I.D. en pratiquant le soutien aéroporté aux troupes hmongs du général Vang Pao (voir octobre 1962).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 70 : Au Cambodge, l’annonce de la venue en visite officielle de Pham Van Dong invité par Sihanouk en février met le feu aux poudres. Plus d’un millier de Cambodgiens manifestent dans la province frontalière de Svay Rien contre un camp militaire vietcong. Ses occupants ripostent et ouvrent le feu. L’armée khmère est obligée d’intervenir. On déplore des morts des deux côtés dont on ne publiera jamais le décompte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, Sihanouk confie à des proches qu’une bonne partie de son pays est occupé « par les Vietminh et les Vietcong. Nous avons fait des prisonniers mais je les rends, tout en conservant les armes. » (Tong, 1972, pp. 163-164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 - 11 mars 70 : Au Cambodge, manifestations hostiles soutenues par le gouvernement Lon Lol dans la région occupée de Svay Rieng puis à Phnom Penh devant les ambassades du N-V et du V-C qui sont prises d’assaut (Kissinger 1, 1979, p. 478). Ces manifestations n’ont rien de spontanées. Selon Nguyen Phu Duc et Sihanouk, elles sont  pilotées par la C.I.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Duc mentionne un rapport ultérieur de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain qui impliquerait l’action de l’agence dans les événements mais sans citer clairement sa source (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 283 ; Sihanouk, 1979, p. 252). La prudence s’impose donc sur cette affirmation qui nous paraît non démontrée (voir 12 mars). Des centaines de Vietnamiens sont massacrés lors de ces manifestations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 70 : Sihanouk rencontre le délégué du G.R.P. à Paris, Mai Van Bo, pour ce qui devait être une visite de courtoisie. Sihanouk réclame une fois de plus le départ des Vietnamiens de son pays. Son interlocuteur lui affirme qu’il n’est pas personnellement au courant de cette occupation mais se charge de transmettre le message à son gouvernement… (Tong, 1972, pp. 169-170)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 70 : Reçu à l’Élysée par Georges Pompidou, Sihanouk est obligé d’évoquer à sa sortie avec la presse l’occupation d’une partie du Cambodge par les Vietnamiens. Il évoque l’implantation d’infirmeries et même d’hôpitaux, les Vietnamiens refusant d’hospitaliser leurs blessés dans les structures cambodgiennes. Il évoque la présence de 40 000 soldats en novembre 1969, un chiffre en baisse depuis sur intervention auprès des Chinois. Il justifie les manifestations de Svay Reng (voir 8 mars) vécues comme « des éclaboussures de la guerre du Vietnam ». Il se garde bien d’évoquer le nombre de civils khmers tués par les Vietnamiens (Tong, 1972, pp. 164-165).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion à la Maison Blanche du &#039;&#039;Washington Special Action Group&#039;&#039; (conseil de crise). On traite prioritairement de la situation au Laos puis, secondairement, de celle au Cambodge. Kissinger veut savoir si une insurrection communiste comparable à celle du Laos peut survenir au Cambodge. Le représentant de la C.I.A. juge que c’est possible mais « peu probable, compte tenu de la vigueur des sentiments nationalistes et opposés aux communistes ». Nixon ordonne cependant un déploiement de l’agence sur le territoire cambodgien (Coppolani B, 2018, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 11 au 12 mars 70 : De Paris, Sihanouk reçoit de nombreux avis divergents sur la situation au Cambodge. Certains lui conseillent de rentrer immédiatement. D’autres de retourner à Mougins et d’attendre que la situation se calme. Il écrit dans un premier temps aux Soviétiques et Chinois qui l’attendent, pour s’excuser de devoir reporter deux visites prévues de longue date. Mais finalement il se rétracte et maintient son calendrier initial (Tong, 1972, pp. 166-167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mars 70 : Sirik Matak, nouveau premier ministre autoproclamé, annonce la rupture d’un accord commercial avec le VC portant sur les fournitures en armement qui transitent par le Cambodge. Il renforce l’armée cambodgienne d’un effectif de 10 000 hommes. De nouvelles émeutes hostiles au régime de Sihanouk se produisent (Kissinger 1, 1979, p. 478). En son absence (voir 7 janvier), alors que Sihanouk fait une escale à Moscou, Lon Lol lance de sa propre initiative un ultimatum aux troupes n-v et vietcong (comprises entre 40 à 60 000 hommes), les sommant de quitter le Cambodge dans les 72 heures, un délai absolument irréalisable (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 282).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk condamne les manifestations et blâme le gouvernement et l&#039;assemblée nationale. Celle-ci exprime son soutien aux manifestants. Avec l&#039;appui de la reine-mère, le gouvernement veut envoyer une délégation pour expliquer la situation à Sihanouk. Celui-ci annonce qu&#039;il ne la recevra pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le soir, dans une interview adressée à l’O.R.T.F., Sihanouk indique les raisons du détour qu’il va accomplir avant de rentrer au Cambodge : « Il faut que Moscou et Pékin disent au Vietminh et au Vietcong de se retirer du Cambodge. S’ils ne le faisaient pas, ils ne devront pas se plaindre que nous passions dans le camp américain. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Tong, 1972, p. 168)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars 70 : Le ministère des Affaires étrangères du Cambodge annonce aux ambassades n-v et vietcong que le territoire cambodgien devra être évacué au plus tard le 15 mars. Pour autant, Sihanouk ne rentre pas directement à Phnom Penh mais observe son programme de visites prévu de longue date avec escales à Moscou puis Pékin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le parlement cambodgien destitue Sihanouk et nomme Cheng Heng chef d’État intérimaire.&#039;&#039;&#039; Selon Kissinger qui a eu un récent entretien avec Jean Sainteny, ce dernier a rencontré Sihanouk à Paris alors que sa destitution était déjà pressentie. Mais celui-ci aurait décidé de ne pas rentrer directement à Phnom Penh car, selon Tong, le prince aurait déclaré à Paris : « Il faut que Moscou et Pékin disent au Vietminh et au Vietcong de se retirer du Cambodge. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Tong, 1972, p. 121)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans cette affaire, les U.S.A., préoccupés par la situation au Laos, ne réagissent pas avec suffisamment de vigueur et de rapidité, sans doute faute d’informations. Selon les mémoires de Kissinger, la C.I.A. n’est jusqu’alors pas officiellement présente au Cambodge (Kissinger 1, 1979, pp. 478-481).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La presse cambodgienne condamne à l’unanimité l’occupation du pays par les troupes communistes. Le &#039;&#039;Bulletin du contre-gouvernement&#039;&#039; pro-sihanoukiste écrit : « Tout en approuvant les manifestations devant les ambassades, nous ne pensions pas qu’elles aient pu prendre une telle tournure, il faut que le Vietcong quitte au plus tôt notre territoire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Tong, 1972, p. 169)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mars 70 : Après un départ discret de Paris, Sihanouk arrive à Moscou où il sera reçu par Kossyguine, ministre des Affaires étrangères. L’accueil est froid. Le chef de l’État cambodgien demeurera cependant à Moscou jusqu’au 18.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 70 : Expiration de l’ultimatum lancé par Lon Lol pour l’évacuation du Cambodge par les troupes n-v et du VC. Il sera toutefois prolongé. Le premier ministre demande l’aide de l’artillerie s-v pour attaquer les sanctuaires communistes situés à la frontière khméro-vietnamienne (Francini 2, 1988, p. 365).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mars 70 : &#039;&#039;&#039;Seconde rencontre de négociations secrètes amorcées le 21 février.&#039;&#039;&#039; Kissinger propose à Le Duc Tho qu’aucun des deux camps n’exerce de pression militaire dans toute l’Indochine durant les négociations secrètes. Son offre est rejetée. Kissinger met alors sur la table un calendrier mensuel de retrait américain portant sur 16 mois. Il est rejeté par Le Duc Tho qui rappelle à son interlocuteur que Nixon avait parlé de 12 mois dans son discours du 3 novembre 1969 (Kissinger 1, 1979, p. 463). Tho accuse les U.S.A. d’avoir fomenté les émeutes autour des ambassades n-v au Cambodge, ce que récuse Kissinger. Le représentant n-v déclare une fois de plus qu’il considère ce pays comme partie intégrante du conflit d’Indochine (Kissinger 1, 1979, p. 485-486).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelles manifestations antivietnamiennes au Cambodge. Une réunion entre Cambodgiens, N-V et Vietcong est prévue. Elle a pour but d’évoquer l’évacuation des troupes vietnamiennes du pays. Côté cambodgien, la délégation est conduite par Ky Soth (directeur politique au ministère des Affaires étrangères), le commandant Kim Eng Kouroudeth, le capitaine Neang San et Men Soul Phao (fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères). Le G.R.P. est représenté par son ambassadeur à Phnom Penh, Vo Anh Tuan, accompagné de deux secrétaires d’ambassade, Nguyen Ba Dun et Nguyen Hoang Kink. La R.D.V. a délégué Tran Van Tuoc, chargé d’affaires ainsi que trois secrétaires de son ambassade : Nguyen Dang Khoa, Pham Manh Diem et Nguyen Van Kang.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Cambodgiens rappellent que d’octobre 1969 au 15 mars 1970, on a dénombré 277 incidents dont 220 dans la seule province de Rattanakiri. Ils ont causé 15 morts et 137 blessés côté cambodgien. Les autorités cambodgiennes ont demandé à plusieurs reprises à ce que les troupes vietnamiennes quittent le territoire, mais en vain. Les Vietnamiens font la sourde oreille et éludent totalement l’objet de la réunion, se contentant de flétrir « la politique d’agression des impérialistes américains ». Puis ils rappellent avoir respecté « une politique d’amitié et de bon voisinage », conforme aux accords de Genève de 1954. Tran Van Thuoc évoque avec indignation la mise à sac de son ambassade le 11 qu’il qualifie de « violation du droit international quant à l’immunité des représentations diplomatiques » et demande des dédommagements. Les occupants deviennent dans sa bouche des victimes… Les représentants du G.R.P. font preuve de la même mauvaise foi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque les Cambodgiens reviennent à la charge, les Vietnamiens prétextent avoir des problèmes de liaison téléphonique avec leur gouvernement. Ils estiment que cette réunion n’est qu’un « premier contact » et que la date pour une seconde ne pourra qu’être « assez éloignée » du fait de ces actuels problèmes de liaison… Cette seconde réunion n’aura jamais lieu du fait du départ précipité des occupants des deux ambassades vietnamiennes juste avant le déclenchement des hostilités (voir 29 mars) (Tong, 1972, p. 193-199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’affaire de My Laï, remise du rapport Peers (voir 24 novembre 1969) au secrétaire aux armées, Resor. Seuls des extraits insignifiants sont remis à la presse. Seymour Hersch du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; parviendra à se procurer une copie complète du rapport en 1972 et la publiera deux ans avant l’autorisation officielle. Cet acte n’a cependant que peu d’échos tant dans l’opinion publique que dans la presse américaine (Carval &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, p. 230). xyxy&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 70 : Dans l’affaire de My Laï (voir 16 mars 1968), le général Peers tient une conférence de presse pour annoncer les conclusions de son enquête. Dans un propos liminaire, il affirme sa grande tristesse mais sa fierté indéfectible envers l’armée américaine qu’il continuera à servir loyalement. Ses travaux confirment point par point toutes les accusations de massacre de civils à My Laï (Huret, 2008, p. 137). Le rapport, très précis, qualifie ce massacre de « tragédie majeure ». Il pointe aussi les défaillances de l’armée américaine au moment des faits : manque de formation et inexpérience des unités impliquées, pression du &#039;&#039;body count&#039;&#039;, action dans une zone fortement infectée par le VM où les civils ne coopèrent pas avec les Américains, erreurs des services de renseignement qui avaient indiqué que les civils auraient dû se rendre au marché tôt le matin dans un des hameaux du village et que seul le VC aurait dû être présent au moment de l’arrivée des Américains. Le rapport pointe ensuite les responsabilités de l’état-major qui a couvert l’affaire en établissant de faux rapports (colonel Henderson) alors qu’il était parfaitement au courant de l’existence du massacre (Carval &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, pp. 231-234). Le général Peers propose au final des sanctions à l’égard de 14 militaires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, deux membres du cabinet dont la colonel Oum Manorine (chef de la police) restés fidèles à Sihanouk tentent de faire arrêter Lon Lol. Ils sont écartés. Le général met l’armée en état d’alerte, protège les ministères et fait fermer l’aéroport de Phnom Penh (Shawcross, 1979, p. 122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk est à Moscou. Ses entretiens  avec Kossyguine (ministre des Affaires étrangères) se déroulent dans une ambiance assez froide (voir janvier). Les dirigeants soviétiques proposent, selon un télégramme adressé à la reine-mère, « une aide multiforme pour rétablir l’ordre et la neutralité chez nous. » Ce que Sihanouk refuse se réservant « le droit d’agir ou de réagir selon ma conscience de Khmer, et ce qu’[il] estime être les intérêts à moyen et long terme de [sa] patrie et de [son] peuple. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk refuse également une nouvelle fois comme à Paris de recevoir une délégation venue du Cambodge et composée de Yem Sanbaur (un modéré, deuxième vice-président du Conseil) et de Norodom Kantol (président du Haut-Conseil du Trône proche de la reine-mère). Un communiqué final est produit au terme du séjour : il n’est même pas question du retrait des forces vietnamiennes du Cambodge. L’escale moscovite n’a donc servi à rien (Tong, 1972, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 70 : Au matin, le chargé d’affaires américain, Mike Rives, est convoqué au ministère de la Défense cambodgien. Il est reçu par un colonel qui lui lit un communiqué informant les États-Unis que le nouveau gouvernement du Cambodge persiste dans la voie de la neutralité. Rives demande à ce que le Département d’État « évite tout commentaire officiel et toutes conjectures sur les événements, jusqu’à ce que la situation se soit clarifiée. » Jusqu’après que ce message ait été transmis, la plupart des communications entre Phnom Penh et le monde extérieur sont coupées (Shawcross, 1979, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Renversement de Sihanouk au Cambodge&#039;&#039;&#039;. Fermeture de l’aéroport de Phnom Penh pour éviter toute tentative de retour de ce dernier. Quittant Moscou, sur la route de l’aéroport pour la Chine, &#039;&#039;&#039;Sihanouk apprend sa destitution votée&#039;&#039;&#039; à l’unanimité par l’assemblée nationale élue le 11 septembre 1966. Mais cette éviction s’est faite sous la contrainte. Alors que des chars encerclent le bâtiment et que des soldats armés occupent l&#039;hémicycle, les deux chambres du Parlement réunies à huis-clos, votent, sous la menace directe de l’armée, à l&#039;unanimité et par appel nominal, la destitution de Norodom Sihanouk de ses fonctions de Chef de l&#039;État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’y a donc pas à proprement parler de coup d’État. Selon Coppolani, ce renversement n’a officiellement pas été directement fomenté par les États-Unis au profit du général Lon Lol car les Américains sont surpris par la tournure que prennent les choses (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril). Selon le même, l’implication directe de la C.I.A. n’a pas été démontrée en faveur de la destitution de Sihanouk (Coppolani A, 2018, pp. 67-68). Toujours selon le même, il n’y aura pas de ferme soutien des Américains à l’égard de Lon Lol. A l’image de ce qui s’est passé au S-V après la chute de Diem, ils l’accepteront, faute de mieux : « Immédiatement après son arrivée au pouvoir, Henry Kissinger et William Rogers, le secrétaire d’État, s’entendirent pour adopter une position de neutralité. Leurs échanges téléphoniques témoignent, aussi, qu’il n’y a pas eu d’intervention des États-Unis pour propulser Lon Lol au pouvoir. Ils s’interrogeaient, désormais qu’il y était, sur sa capacité à y demeurer. » Kissinger, dans ses échanges avec Nixon, ne présentera pas le général cambodgien comme un fervent anticommuniste et il sait l’homme corrompu, trempé dans des trafics divers avec les communistes. Il pourra cependant être celui d’un rapprochement avec les S-V (Coppolani B, 2018, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Haute Cour de justice prononce une condamnation à mort de Sihanouk pour haute trahison. Cheng Heng est nommé chef de l’État par intérim. Le gouvernement Lon Nol est remanié et demeurera en place jusqu’au 21 avril 1971 (Jennar, 1995, p. 163).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’écoutant pas les Soviétiques dont il dénigrera ultérieurement le rôle (voir décembre), Sihanouk quitte Moscou et part ce jour-même pour Pékin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premier rapport de la C.I.A. sur la situation au Cambodge intitulé « Possibilités de coup d’État à Phnom Penh ». Il mentionne que le régime de Lon Lol est favorable aux Occidentaux. Il indique que les manifestations du 11 ont été organisées par Sirik Matak et Lon Lol qui ont alors décidé de s’en prendre à Sihanouk et ses partisans. L’armée a été mise en état d’alerte pour préparer un coup d’État contre Sihanouk si ses partisans refusaient de soutenir ou de faire pression sur le nouveau gouvernement (Shawcross, 1979, p. 120). Selon ce rapport, les manifestations du 11 mars auraient « fait l’objet de luttes, en coulisse, entre partisans et détracteurs de Sihanouk. » Sirik Matak et Lon Lol décident d’un commun accord de la destitution de Sihanouk. Selon le même rapport, « du 11 au 17 mars, Sirik Matak a dirigé le gouvernement. Le coup d’État représente un revirement du lent grignotage clandestin du pouvoir de Sihanouk depuis six mois […] Lon Lol semble avoir cru que Sihanouk, pendant son séjour à Paris, avait décidé de renverser le gouvernement. » Il estime donc que « le moment était favorable pour éliminer Sihanouk ». (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Shawcross, 1979, p. 123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouveau gouvernement a fait rapidement fermer le port de Sihanoukville aux fournitures en provenance de Chine et d’U.R.S.S. qui approvisionnaient les N-V et le VC (Kissinger 1, 1979, p. 481). Selon Ponchaud, du matériel et des soldats américains débarquent ce jour-même à l’aéroport de Phnom Penh (Ponchaud, 2005, p. 186).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 70 : Arrivée de Sihanouk à Pékin. Il est accueilli par Zhou Enlaï en chef d’État non destitué, accueilli par les ambassadeurs ou chargés d’affaires de 41 États dont la France et la Grande Bretagne. Après avoir brièvement pensé retourner en France, il est finalement logé dans les locaux de son ancienne ambassade d’où il fustige désormais « les instruments de l’impérialisme américain. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il semble que les Chinois aient, dans un premier temps, hésité à conserver cet hôte embarrassant. Ils ont demandé à l’ambassadeur de France, Étienne Manac’h, si la compagnie &#039;&#039;Air France&#039;&#039; pouvait ramener Sihanouk directement à Phnom Penh mais la démarche n’aboutit pas suite à un refus de l’intéressé (Shawcross, 1979, pp. 125-126). Au final, sur un conseil de son ami Zhou Enlaï qui lui déconseille de rentrer dans l »immédiat au pays, Sihanouk opte pour reprendre la lutte à partir du territoire chinois. Une décision du bureau politique du P.C.C. est votée le soir même en ce sens. Elle autorise Sihanouk à communiquer avec la presse et à mener une vie publique sur le territoire chinois (Kissinger 1, 1979, p. 479 ; Cambacérès, 2013, p. 162).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zhou Enlaï lui demande s’il entend mener « la lutte jusqu’au bout ». A la réponse affirmative de l’intéressé, le premier ministre chinois lui confie : « Le président Mao Tsé Toung m’a donné pour instruction de vous assurer que nous vous appuierons totalement. » Sihanouk aura d’autant plus besoin de ce soutien que les ralliements sur sa personne sont quasi-inexistants car la plupart des ambassadeurs se sont ralliés au nouveau gouvernement. L’ambassadeur du Cambodge en Chine a la difficile tâche d’annoncer officiellement la destitution du chef de l’État. Il essuie une des célèbres colères de Sihanouk (Tong, 1972, p. 175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Proclamation de l&#039;état d&#039;urgence au Cambodge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon préconise dans un rapport « un plan d’aide maximal aux éléments pro-américains au Cambodge », sans en prévenir son administration, à l’exception de la C.I.A. qui doit officiellement ouvrir un bureau à Phnom Penh le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril. Ce plan est confié à Richard Helms (directeur de la C.I.A.) mais sa mise en œuvre traîne du fait des tergiversations au sein de l’agence, ce qui provoque à deux reprises la colère de Nixon (Kissinger 1, 1979, p. 482-483 ; Coppolani B, 2018, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En prévision de l’attaque américano-sud-vietnamienne (opération &#039;&#039;Ultimate Victory&#039;&#039; du 30 avril), l’état-major des forces du F.N.L. et les membres du G.R.P. opèrent les premiers replis de leurs installations de la zone du Bec de Canard vers la région de Kratié au Cambodge. Selon le dirigeant du F.N.L. Truong Nhu Tang, « d’importants éléments des 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;, 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; divisions vinrent dans la région [du Bec de Canard] afin d’assurer notre sécurité si nous étions contraints à un déplacement, quel qu’il fût. » Les Américains procèdent dès lors à de vastes opérations secrètes de bombardement par B-52 sur le Cambodge. Pour autant, l’ensemble des dirigeants du F.N.L. et du G.R.P. parvient à Kratié presque miraculeusement indemnes (Truong Nhu Tang, 1985, pp. 189-190). Selon Truong Nhu Tang, c’est à partir de cette installation à Kratié que vont apparaître les premières dissensions politiques entre Nordistes et Sudistes (Truong Nhu Tang, 1985, pp. 200-213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouveau régime de Phnom Penh organise un grand rassemblement au stade olympique devant 10 000 personnes. Sihanouk y est conspué et humilié dans un pur spectacle de propagande (Cambacérès, 2013, p. 160). A Phnom Penh, la chute de Sihanouk est accueillie avec enthousiasme par ses habituels détracteurs,  les jeunes et les étudiants en particulier, ainsi que par beaucoup d&#039;intellectuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des dizaines de milliers de jeunes s&#039;engagent dans l&#039;armée dont les effectifs passent en 9 mois de 35.000 à 150.000 hommes. Mais leur inexpérience au combat face aux KR aguerris par des années de lutte fragilise d’entrée cette armée de pacotille (voir le témoignage du lieutenant Tao &#039;&#039;in&#039;&#039; Debré, 1976, pp. 155-168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 70 : &#039;&#039;&#039;Revirement de Sihanouk en Chine qui demande un référendum national dans son pays en qualifiant sa destitution d’illégale.&#039;&#039;&#039; Il attribue les troubles à une collusion entre la C.I.A. et « les traîtres » qui l’ont déposé. Contrairement à ses positions antérieures, il en vient même désormais à justifier la présence des N-V au Cambodge, déclarant qu’ils « résistaient à l’impérialisme américain ». Aux yeux des Américains, Sihanouk n’est désormais plus neutraliste mais procommuniste puisque soutenant l’avancée n-v qui occupe déjà un quart du pays (Kissinger 1, 1979, p. 484 et p. 501).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Préparation par Kissinger et Nixon d’une conférence de presse  qui sera prononcée le 21 sur la situation au Cambodge. Le retour de Sihanouk y est publiquement préconisé mais le personnage est qualifié d’« imprévisible » et d’« insaisissable ». Prononçant un nième vœu pieu, Nixon souhaite que les N-V respectent la neutralité du pays (Kissinger 1, 1979, pp. 481-482).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les États-Unis reconnaissent le régime de Lon Nol-Sirik Matak.&#039;&#039;&#039; La France ne rompt pas les relations diplomatiques avec Phnom Penh, tout en soutenant officieusement Sihanouk.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Larges incursions au Cambodge de troupes sud-vietnamiennes encadrées par des forces américaines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mars 70 : Arrivée secrète à Pékin du premier ministre nord-vietnamien Pham Van Dong, afin d’apporter le soutien de Hanoi à Sihanouk. Tous deux rencontrent Zhou Enlaï. Il est question d’une entente entre Sihanouk et les KR. Saloth Sar, alias Pol Pot, venu incognito à Pékin, rencontre Dong qui lui conseille également de s’entendre avec un Sihanouk même déchu. Ce dernier ignore la présence secrète de Sar à Pékin. Sihanouk et Sar ne se rencontreront donc pas. Pour autant, les Chinois continuent à avancer leurs pions. Pour eux, « l’Indochine devait devenir un vaste et unique champ de bataille. » (Coppolani A, 2018, p. 69)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de la C.I.A. met en évidence une sorte de statut quo entre les forces de Lon Lol et les troupes communistes vietnamiennes du fait de négociations qui ont lieu à Phnom Penh. Les Américains estiment que « si les négociations avec le gouvernement Lon Lol n’aboutissent pas, alors le Vietcong et l’armée nord-vietnamienne aideront les Khmers rouges à déclencher une guérilla contre le gouvernement cambodgien, semblable à celle du Laos. » (Shawcross, 1979, p. 126)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk reconnaît finalement sa défaite devant les journalistes : « Il n’est absolument pas dans mes intentions de chercher à retrouver le pouvoir que j’ai en fait perdu, ni à conserver le titre, devenu dérisoire, de chef de l’État du Cambodge […] oui, désormais, j’appartiens au passé et je le sais. » Mais il changera d’avis dès le lendemain…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 70 : De Pékin, Sihanouk rencontre les chefs communistes vietnamiens et laotiens pour créer un « front uni » cambodgien anti-américain. Il lance un appel diffusé par Radio Pékin et Radio Hanoi en faveur d’une lutte armée anti-américaine des communistes vietnamiens, laotiens et cambodgiens (Kissinger 1, 1979, p. 484).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Il annonce la création du Front uni national du Kampuchéa (F.U.N.K.) et d’un gouvernement en exil, le Gouvernement royal d&#039;union nationale du Kampuchéa (G.R.U.N.K.). Sihanouk en sera le chef d&#039;État, Penn Nouth le premier ministre et Khieu Samphan (KR) le vice-premier ministre, ministre de la Défense et commandant en chef des forces armées.&#039;&#039;&#039; On parle alors de « l’instauration d’une société nouvelle débarrassée de toutes les tares qui empêche l’épanouissement du peuple travailleur et progressiste en favorisant son exploitation inhumaine. » Bien que d&#039;inspiration royaliste, le G.R.U.N.K. participera donc à l&#039;insurrection aux côtés des Khmers rouges (voir 21 mars) contre le gouvernement républicain de Lon Lol lors de la guerre civile cambodgienne, mettant ainsi un premier doigt dans l’engrenage de la future dictature des KR. L’appel est largement entendu, provoquant une vague de désertions dans l’armée républicaine, notamment à Kratié.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans que Sihanouk le sache, Saloth Sar est alors présent à Pékin. Sans révéler sa présence, Zhou Enlaï le met au courant de la teneur de l’appel. Le dirigeant chinois confie à son interlocuteur : « Les communistes cambodgiens devraient penser à la situation générale du pays et ne pas s’appesantir sur les querelles passées. Le prince Sihanouk est un patriote et il jouit d’une bonne réputation internationale. Vous devriez coopérer pour former un gouvernement uni contre l’ennemi commun. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sar ne cherchera pas pour autant à rencontrer Sihanouk. Il se contente de rédiger un message de soutien au F.U.N.K. qui sera publié le 26, prétendument d’une base de résistance située au Cambodge. Il ne le signe pas personnellement mais l’attribue à Kieu Samphan, Hou Yuon et Hu Nim dont on croyait qu’ils avaient été assassinés sur ordre de Sihanouk tous les trois en 1967 (voir 24 mars) (Cambacérès, 2013, p. 164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une déclaration qui sera retransmise par Radio-Pékin et Radio-Hanoi diffusée au Cambodge, Sihanouk accuse le régime de Lon Lol-Sirik Matak de haute-trahison et en décrète la dissolution. Parallèlement à la formation du G.R.U.N.K., il en appelle à la convocation d’une assemblée consultative comprenant « toutes les tendances patriotiques progressistes et anti-impérialistes ». Il proclame publiquement la création d’une armée de libération nationale, le Front uni national du Kampuchéa (F.U.N.K.) pour libérer le pays et organiser sa reconstruction après la victoire obtenue (Burchett, 1970, pp. 70-71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 70 : À Pékin, réapparition des trois députés khmers rouges entrés en clandestinité  le 7 octobre 1967 (Hou Youn, Hu Nim et Khieu Samphan), qui annoncent leur adhésion au F.U.N.K. et leur soutien inconditionnel à Sihanouk. On les croyait alors d’anciennes victimes de la police de Sihanouk d’où leur surnom de « trois fantômes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pogroms antivietnamiens incités par le régime de Lon Lol. Plusieurs dizaines de milliers de Vietnamiens se réfugient alors au S-V (Deron, 2009, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 – 25 mars 70 : Les Chinois réunissent près de Canton un sommet indochinois composé de représentants du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Officiellement, il s’est tenu dans la jungle, « à la frontière entre la Chine et le Vietnam ». En fait, il a lieu dans un luxueux site de villégiature chinois célèbre pour ses eaux chaudes. La Chine entend ainsi prouver la solidarité nouvelle des peuples indochinois (Cambacérès, 2013, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 70 : Zhou Enlaï encourage Sihanouk et Pham Van Dong à créer un « Front uni  des trois peuples indochinois » qui se concrétisera du 23 au 25 avril (Ponchaud, 2005, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mars 70 : Hou Youn, Hu Nim et Khieu Samphan signent une déclaration de « soutien sans réserve » à Sihanouk (Ponchaud, 2005, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un climat de guerre civile s’installe au Cambodge. A Kompong Cham, plus de 10.000 personnes manifestent en faveur de Sihanouk. Deux députés, dont un frère de Lon Nol, sont tués et dépecés sur place, leur foie étant rôti et mangé par leurs agresseurs selon une vieille coutume guerrière cambodgienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 – 28 mars 70 : L’appel de Sihanouk du 23 (largement entendu) et sa destitution ont provoqué le déclenchement de puissantes manifestations de soutien à son égard au Cambodge. Elles sont violemment réprimées par le gouvernement de Lon Lol sur la route entre Phnom Penh et Kompong Cham (troisième ville du pays et fief de Sihanouk), dans cette cité et dans les faubourgs de la capitale. Les opposants s’emparent, dès l’appel de Sihanouk du 23, d’armes et rejoignent la clandestinité. &#039;&#039;&#039;On entre alors dans un véritable processus de guerre civile&#039;&#039;&#039; (Burchett, 1970, pp. 73-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 70 : Les forces de l&#039;A.R.V.N. attaquent avec le soutien logistique des Américains (hélicoptères) des bastions communistes le long de la frontière, côté cambodgien. Les forces communistes se dispersent alors à l’ouest du Cambodge tout en armant les KR (Francini 2, 1988, p. 366).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le personnel des ambassades du Nord-Vietnam et du G.R.P. qui avaient été l’objet des violentes manifestations du 11 au 16 mars quitte Phnom Penh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation au Laos est tout aussi critique. Les N-V ont atteint Long Thieng, dernier point fort avant Vientiane. Le gouvernement laotien lance une contre-offensive avec l’aide des Thaï et parvient à repousser l’agresseur grâce à la libération d’un aéroport à Sam Thong qui permettra aux Américains de débarquer du matériel militaire dès le 31 (Kissinger 1, 1979, pp. 473-474).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 - 28 mars 70 : A Phnom Penh, Siem Reap, Kompong Cham et Takeo, manifestations hostiles au nouveau régime républicain de Lon Lol. La répression de ces manifestations au nouveau régime fait plusieurs centaines de morts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mars 70 : Au Cambodge, la situation est toujours très tendue avec un climat de guerre civile suite à la destitution de Sihanouk. 40 000 paysans khmers, chams et montagnards déferlent sur Kompong Cham et saccagent des maisons qui n’arborent pas son effigie. Ils brûlent le palais de justice, encerclent la préfecture, réquisitionnent les moyens de transport pour aller à Phnom Penh. L’armée gouvernementale ne réagit pas faute d’ordres. Les insurgés se dirigent ensuite sur la capitale où ils sont enfin bloqués par l’artillerie des forces gouvernementales (Ponchaud, 2005, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les forces vietcong et nord-vietnamiennes attaquent l&#039;armée gouvernementale cambodgienne.&#039;&#039;&#039; Très vite, la présence militaire des communistes vietnamiens va s&#039;étendre à de nombreuses provinces. La province de Svay Rieng est sous le contrôle des Vietnamiens et sous celui du F.U.N.K. L’armée cambodgienne doit défendre les restes du territoire menacé d’invasion. Elle continue à recruter à tour de bras des recrues motivées mais peu expérimentées au combat (Tong, 1972, pp. 200-201).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 mars 70 : Jack Fosie, correspondant du &#039;&#039;Los Angeles Times&#039;&#039;, rend compte des combats de rue de Kompong Cham (voir 26 – 28 mars ; 29 mars) qui entretiennent à la guerre civile au Cambodge : « C’est là le pays de Sihanouk, où le peuple est d’une loyauté à toute épreuve envers ce prince à qui on vient d’enlever ses fonctions de chef d’État. La foule bat à mort deux députés (voir 26 mars) qui étaient revenus ici pour expliquer à leurs électeurs pourquoi ils avaient voté le renversement de Sihanouk. » Pour riposter à la violence, selon Burchett, « des troupes envahissent la ville et tirent dans la foule le vendredi matin, faisant 26 morts, selon l’estimation du gouverneur de la province, et 62 blessés […] La province […] semblait en effervescence. » Le mouvement s’étend également dans les campagnes et, toujours selon Burchett, « dans tout le pays »,  notamment « entre la capitale et la frontière vietnamienne. »  (Burchett, 1970, pp. 74-75).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la répression, Sihanouk conseille aux insurgés de mettre fin à ces manifestations pour passer à une résistance armée où les rejoignent une partie des soldats de Lon Lol avec armes et bagages, ainsi que des étudiants des universités de Battambang et Siem Rap. Ces troupes mal aguerries seront ultérieurement massacrées dans les combats auxquels elles vont participer. &#039;&#039;&#039;Un climat de guerre civile s’est désormais définitivement installé au Cambodge.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mars 70 : Les N-V et le Vietcong qui ont groupé près de 40 000 hommes au Cambodge lancent des dizaines d’offensives au S-V, occasionnant 138 morts côté américain (Kissinger 1, 1979, p. 485 ; Coppolani B, 2018, p. 55).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:1964&amp;diff=5208</id>
		<title>Catégorie:1964</title>
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		<updated>2026-07-26T09:19:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Généralités :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les U.S.A. espèrent venir à bout de la résistance n-v en pratiquant une guerre clandestine, des bombardements (au Laos) ou sabotages sur les pôles industriels n-v  mais ces opérations n’entament nullement les N-V : HCM et son premier ministre Pham Van Dong ne sont pas engagés dans une « guerre limitée » (formule américaine) mais dans une guerre totale (Sheehan, 1990, pp. 452-453). Dans les faits, les Américains, sans jamais nettement l’avouer, sont aussi entrés dans ce type de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Halberstam, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre au vu du caractère de Johnson qui était un homme d’action aimant les choix et les actes. Selon Halbertam, 1964 « fut donc une année de perdue ; des occasions de négociations politiques possibles, de réévaluation des attitudes américaines, de convaincre peut-être le public américain que tout cela n’en valait pas la peine, que les Vietnamiens eux-mêmes ne s’intéressaient pas tant que ça à la guerre. Au lieu de cela, on s’en tint à la même ligne. Les gens de la Maison Blanche ne croyaient pas que le temps travaillait contre eux et ils décidèrent de ne rien faire pour le Vietnam en 1964, mais de garder leurs options ouvertes. » (Halberstam, 1974, p. 341). La conservation par LBJ de la presque totalité de l’équipe Kennedy renforçant ce choix qui est en même temps un non-choix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1964 est aussi une année électorale aux États-Unis, d’où l’apparition des différentes dissimulations de LBJ sur l’engagement progressif du pays dans la guerre et ce, tant au niveau de l’opinion publique que du Congrès. C’est dès 1964 que le sénateur Morse va qualifier le conflit de « MacNamara war’s », sentant à juste titre qu’une bonne partie de ce qui est annoncé publiquement par les dirigeants n’est que la partie émergée d’un iceberg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De 1964 à 1972, 2 150 000 Américains font leur service militaire, soit 8 % des classes qui sont en âge de le faire. Seule une minorité d’entre eux partira pour le Vietnam et 550 000 n’effectueront que des tâches administratives ou de soutien. L’obligation du service militaire n’est que théorique car les exemptions sont nombreuses, le plus souvent à cause du niveau d’étude, de la situation familiale (les pères sont exclus) et des taux de Q.I. La durée du service militaire est d’un an, l’engagement volontaire est individuel. Les sursis étudiants sont maintenus jusqu’en 1967 puis attribués au cas par cas, ce qui favorise une forme d’injustice sociale et géographique (états pauvres du Sud) face à la conscription. Un jeune disposant de diplômes universitaires en cours n’a que 40 % de chances de partir au Vietnam, celui qui a fini ses études 64 % et celui qui les abandonnées 70 %. Le conscrit qui part au Vietnam est donc généralement jeune (autour de 19 ans), sous-diplômé et sans enfant. Alors que les Noirs ne constituent que 11 % de la population américaine, ils forment 31 % des troupes de combat en 1965 et subissent 20 % des pertes jusqu’en 1966. Face à cette injustice, un rééquilibrage sera établi en 1970. Pour autant, les Noirs représenteront 13,7 % des pertes, soit proportionnellement à leur représentativité démographique, 30 % de plus que les Blancs. Le cas des hispaniques est tout à fait comparable. La conscription obligatoire ne sera supprimée qu’en 1973, au moment du départ des Américains. (Portes, 2008, pp. 171-173)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​En 1964, l’A.R.V.N. compte 73 000 déserteurs (après plus de 6 jours d’absence) (Toinet, 1998, p. 217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1961 et le déclenchement de la guerre secrète au Laos, les États-Unis ont investi 545 millions de dollars. Cet afflux d’argent dans un pays particulièrement pauvre bouleverse l’économie et alimente la corruption.&lt;br /&gt;
----{{Année|date=1964}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Année]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:1964&amp;diff=5207</id>
		<title>Catégorie:1964</title>
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		<updated>2026-07-26T09:19:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Généralités :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les U.S.A. espèrent venir à bout de la résistance n-v en pratiquant une guerre clandestine, des bombardements (au Laos) ou sabotages sur les pôles industriels n-v  mais ces opérations n’entament nullement les N-V : HCM et son premier ministre Pham Van Dong ne sont pas engagés dans une « guerre limitée » (formule américaine) mais dans une guerre totale (Sheehan, 1990, pp. 452-453). Dans les faits, les Américains, sans jamais nettement l’avouer, sont aussi entrés dans ce type de guerre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Halberstam, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre au vu du caractère de Johnson qui était un homme d’action aimant les choix et les actes. Selon Halbertam, 1964 « fut donc une année de perdue ; des occasions de négociations politiques possibles, de réévaluation des attitudes américaines, de convaincre peut-être le public américain que tout cela n’en valait pas la peine, que les Vietnamiens eux-mêmes ne s’intéressaient pas tant que ça à la guerre. Au lieu de cela, on s’en tint à la même ligne. Les gens de la Maison Blanche ne croyaient pas que le temps travaillait contre eux et ils décidèrent de ne rien faire pour le Vietnam en 1964, mais de garder leurs options ouvertes. » (Halberstam, 1974, p. 341). La conservation par LBJ de la presque totalité de l’équipe Kennedy renforçant ce choix qui est en même temps un non-choix.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1964 est aussi une année électorale aux États-Unis, d’où l’apparition des différentes dissimulations de LBJ sur l’engagement progressif du pays dans la guerre et ce, tant au niveau de l’opinion publique que du Congrès. C’est dès 1964 que le sénateur Morse va qualifier le conflit de « MacNamara war’s », sentant à juste titre qu’une bonne partie de ce qui est annoncé publiquement par les dirigeants n’est que la partie émergée d’un iceberg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De 1964 à 1972, 2 150 000 Américains font leur service militaire, soit 8 % des classes qui sont en âge de le faire. Seule une minorité d’entre eux partira pour le Vietnam et 550 000 n’effectueront que des tâches administratives ou de soutien. L’obligation du service militaire n’est que théorique car les exemptions sont nombreuses, le plus souvent à cause du niveau d’étude, de la situation familiale (les pères sont exclus) et des taux de Q.I. La durée du service militaire est d’un an, l’engagement volontaire est individuel. Les sursis étudiants sont maintenus jusqu’en 1967 puis attribués au cas par cas, ce qui favorise une forme d’injustice sociale et géographique (états pauvres du Sud) face à la conscription. Un jeune disposant de diplômes universitaires en cours n’a que 40 % de chances de partir au Vietnam, celui qui a fini ses études 64 % et celui qui les abandonnées 70 %. Le conscrit qui part au Vietnam est donc généralement jeune (autour de 19 ans), sous-diplômé et sans enfant. Alors que les Noirs ne constituent que 11 % de la population américaine, ils forment 31 % des troupes de combat en 1965 et subissent 20 % des pertes jusqu’en 1966. Face à cette injustice, un rééquilibrage sera établi en 1970. Pour autant, les Noirs représenteront 13,7 % des pertes, soit proportionnellement à leur représentativité démographique, 30 % de plus que les Blancs. Le cas des hispaniques est tout à fait comparable. La conscription obligatoire ne sera supprimée qu’en 1973, au moment du départ des Américains. (Portes, 2008, pp. 171-173)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​En 1964, l’A.R.V.N. compte 73 000 déserteurs (après plus de 6 jours d’absence) (Toinet, 1998, p. 217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis 1961 et le déclenchement de la guerre secrète au Laos, les États-Unis ont investi 545 millions de dollars. Cet afflux d’argent dans un pays particulièrement pauvre bouleverse l’économie et alimente la corruption.&lt;br /&gt;
----{{Année|date=1964}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Année]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1963&amp;diff=5206</id>
		<title>Septembre 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:18:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Septembre 63 : La bureaucratie de l’administration Kennedy est plus que jamais divisée. Kennedy essaie d’obtenir des renseignements de Lodge et Harkins en leur adressant des questions précises. C’est Hillsman qui en compose la liste. Le rapport de Lodge est foncièrement pessimiste alors que celui de Harkins dit tout le contraire. En fait, ce dernier évoque plus la teneur des débats qui ont lieu à Washington que les réalités du S-V (Halberstam, 1974, p. 307).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk déclare dans un éditorial du journal &#039;&#039;Réalités cambodgiennes&#039;&#039; : « Le Sud-Vietnam est voué, à une échéance certainement proche, au communisme. Cette issue est aussi inévitable que l’était la défaite française même avant Dien Bien Phu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 279).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début septembre 63 : Nhu continue à jouer double-jeu : il a des contacts avec le F.N.L. et la R.D.V.N. et travaille en même temps à une entente avec Lodge. C’est une partie de poker-menteur dans laquelle chacun cherche à duper l’autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 63 : « Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre, le Cambodge rompt ses relations diplomatiques avec le Sud-Vietnam. - Trois moines bouddhistes, dont le chef Tri Quang, se réfugient à l&#039;ambassade des États-Unis à Saigon. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, « Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963), p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#039;ambassadeur américain Henry Cabot Lodge et le président Ngo Dinh Diem se rencontrent pour la première fois au palais Gia Long. Les 2 hommes s’apprécient d’autant moins que le premier entend se débarrasser au plus vite du second. Ce que Diem ne peut ignorer avec le départ de Nolting et la récente nomination de ce nouvel ambassadeur qui entend mettre un frein aux scandaleuses dérives du régime des Ngo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 63 : Le journal &#039;&#039;Times of Vietnam&#039;&#039;, contrôlé par les Ngo, attaque publiquement la C.I.A., l’accusant d’avoir des responsabilités directes dans la crise bouddhiste et d’avoir fomenté un coup d’État qui aurait dû avoir lieu le 27 août. L’agence aurait dépensé 24 millions de piastres pour sa réalisation. Nhu est à juste titre persuadé que les Américains ont juré sa perte (Chaffard, 1969, p. 321).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy inaugure une importante campagne de communication sur la guerre du Vietnam (voir 3 et 9 septembre). La politique jugée néfaste de Diem est ici visée. Dans une interview télévisée de la chaîne C.B.S. menée avec Walter Cronkrite, Kennedy déclare en parlant de Diem : « Même dans le meilleur des cas, il ne peut réussir sur une telle base. Nous espérons qu’il s’en rendra compte ; mais en dernière analyse, c’est au peuple et au gouvernement de gagner ou perdre cette bataille. Tout ce que nous pouvons faire, c’est apporter notre aide et nous le faisons manifestement ; mais je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que nous devons nous retirer. Ce serait une erreur. Oui, ce serait une grande erreur. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Johnson, 1972, p. 84). Puis il conclut : « C’est, en dernière analyse… leur guerre. Ce sont eux qui doivent la gagner ou la perdre. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président pense alors que, sans un meilleur soutien populaire à l’égard du gouvernement, la guerre ne peut être gagnée et reconnaît que « dans les deux derniers mois, le gouvernement a perdu le contact avec le peuple. » (Nolting, 1988, p. 130) Kennedy, pour mettre la pression sur Diem, souhaite de possibles changements de politique et de personnel qui peuvent selon lui modifier le cours de la guerre. Le président est également interrogé sur la proposition gaullienne de neutralisation évoquée par le Général le 29 août. Il la rejette publiquement (Johnson, 1972, pp. 86-87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au même moment, Lodge négocie à Saigon le départ des Nhu (Halberstam, 1974, p. 309). Fidèle à la ligne défendue par le président et le vice-président, le nouvel ambassadeur américain rejette lui aussi la proposition de neutralisation gaullienne (voir 29 août et 3 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ministre des Affaires étrangères français Couve de Murville réclame auprès de Roger Lalouette (ambassadeur à Saigon) une attitude d’expectative et de non-ingérence dans les affaires s-v. C’est une forme de rappel à l’ordre du diplomate (Journoud, 2011, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 septembre 63 : De Gaulle revient à la charge et écrit à Kennedy pour lui présenter son idée de neutralisation du Vietnam. Il lui demande d’organiser une nouvelle  conférence de Genève (Portes, 2016, p. 16). Kennedy organise une réunion autour de cette idée (voir 29 août) qui a été évoquée avec lui lors de sa visite officielle à Paris en 1961. Considérant que cela n’a pas fonctionné au Laos, il l’écarte, au regret (rétrospectif…) de McN (MacNamara, 1996, p. 73). LBJ s’aligne tout à fait sur la position présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roger Lalouette (ambassadeur de France à Saigon) remet à Diem le texte de De Gaulle du 29 août et a un long entretien avec Diem qui ne comprend pas que les États-Unis puissent fomenter contre lui un coup d’État : « Il est inconcevable qu’on puisse recourir à de tels agissements. » (Journoud, 2011, p. 126)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir écarté une version plus modérée, Kennedy déclare dans une seconde interview télévisée qu’il est prêt à lâcher Diem et à mettre les S-V devant leurs responsabilités : « Je ne crois pas que la guerre puisse être gagnée si le peuple ne participe pas à l’effort commun et, à mon avis, au cours de ces deux derniers mois, le gouvernement [s-v] a perdu tout contact avec lui. Nous considérons comme extrêmement peu sage la répression contre les bouddhistes […] J’ai l’espoir  que cela deviendra de plus en plus évident aux yeux du gouvernement, et que celui-ci prendra les mesures nécessaires pour recouvrer l’appui populaire […] Avec un changement de politique et peut-être d’hommes, je crois la chose possible. J’aurais tendance à penser que s’il ne procédait pas à ces changements, les perspectives de victoire ne seraient plus très bonnes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Schlesinger, 1966, p. 887)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 septembre 63 : Dans un numéro de &#039;&#039;Fides&#039;&#039; de ce jour, l’archevêque de Saïgon, Mgr Nguyen Van Binh, met en garde les catholiques du S-V alors que certains bouddhistes ont manifesté et manifestent toujours une grande hostilité au régime diémiste : « Nous pratiquons libéralement notre religion dans le Vietnam du Sud, comme peuvent le faire les fidèles des autres confessions religieuses ; réjouissons-nous de cette liberté. Mais n’essayons pas d’en profiter pour accaparer des droits exorbitants et des privilèges. Ne confondons pas l’expansion de la foi avec le développement de l’influence politique et du prestige social. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 188)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrestation par ordre du gouvernement militaire de Saïgon de deux directeurs de journaux catholiques, le &#039;&#039;Song Dao&#039;&#039; (progressiste) et le &#039;&#039;Thu Do&#039;&#039; (anticommuniste mais critique à l’égard du gouvernement) (Gheddo, 1970, pp. 240-241).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 septembre 63 : Le chef d’état-major s-v Tran Van Don porte au palais royal une pétition portant la signature de plusieurs officiers supérieurs demandant la levée de la loi martiale, d’engager une nouvelle politique, de restructurer le gouvernement, de donner des fonctions réelles d’autorité aux généraux et surtout d’éloigner le couple Nhu. Diem rejette obstinément toutes ces propositions (Rignac, 2018, p. 242-243 ; Tran Van Don, 1985, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il écrit au secrétaire général de l’O.N.U. U Thant. Sa lettre révèle un état d’esprit paranoïaque. Il évoque « la soi-disant persécution du bouddhisme [qui] n’est qu’une invention de l’impérialisme ». Selon lui, le bouddhisme a été « noyauté par des agents de l’Ouest comme de l’Est. » Il faut « libérer la hiérarchie bouddhiste de l’influence diabolique d’agents et d’aventuriers étrangers. » (Chaffard, 1969, p. 324) John Meckling, le chargé des relations publiques à l’ambassade américaine, parlera de « déraison absolue et caractérisée » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 325).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 septembre 63 : Le général Ton That Dinh se rend au palais présidentiel espérant avoir un retour au sujet de la lettre des généraux de la veille présentée par Tran Van Don mais n’obtient rien de Diem. Il quitte Saigon pour Dalat (Tran Van Don, 1985, pp. 121-122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nhu déclare qu’il ne quittera pas le pays mais laisse entendre qu’il pourrait peut-être lâcher le gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réunion du Conseil national de Sécurité toujours aussi indécis. On prévoit la venue à Washington des représentants de Saigon et inversement. McN veut envoyer Harriman et (spécialiste de la lutte antiguérilla) ainsi que le conseiller pour les affaires politiques à l’ambassade de Saigon, Joseph A. Mendenhall, bon connaisseur du Vietnam où il est arrivé en août 1949, mais ce dernier ne croit plus en une solution Diem (Nolting, 1988, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ de Krulak et Mendenhall pour le Vietnam. Ils ont des avis divergents sur la situation au S-V (voir 10 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On décide de convoquer ultérieurement Rufus Philipps (spécialiste de la contre-insurrection à l’origine du programme) pour défendre les hameaux stratégiques et John Mecklin, chef de l’U.S.I.A. à Saigon. Phillipps, dont les rapports sont connus d’Harriman, ne croit plus ni aux hameaux ni à l’action des militaires. Harriman a fait circuler ces rapports à Washington. McN en avait pris connaissance le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre, sans réaction de sa part. &#039;&#039;&#039;Philipps provoque alors la première attaque frontale contre les rapports des militaires.&#039;&#039;&#039; Sa voix est écoutée car il a été un des membres de la première équipe de Lansdale et a appartenu à la C.I.A. Il s’est rendu sur le terrain et a reconnu devant le président l’échec des hameaux mais aussi le total décrochage entre Diem, Nhu et la population locale. Il a récemment consulté le rapport d’un de ses subordonnés, Earl Young, qui signalait que 80 % de la province de Long An était tenue par le Vietcong. Ceux qui un temps ont soutenu Diem n’y croient plus (Halberstam, 1974, p. 309 et pp. 312-315).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 – 8 septembre 63 : Attaque par le VC de deux hameaux stratégiques, un poste et trois tours de garde. « Le total des pertes gouvernementales a été de vingt et un tués, neuf blessés et neuf disparus. Quatre membres d&#039;un conseil de village ont été en outre enlevés. D&#039;autre part trois sabotages de la voie ferrée Saigon-Hué sont signalés dans la région de Tuy-Hoa, au Centre-Vietnam. Le plus important a fait trois morts, dont deux militaires de l&#039;escorte, et sept blessés. » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 10 septembre 1963)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 - 10 septembre 63 : Nouveau signe de perplexité dubitative, Kennedy envoie en mission au S-V le général Krulack des &#039;&#039;Marines&#039;&#039; (sur proposition de McN) et le diplomate Joseph Mendenhall, bon connaisseur du pays qui a servi sous les ordres de l’ambassadeur Dubrow. Les deux hommes se détestent cordialement. Le Département d&#039;État leur a envoyé par le biais de l&#039;ambassade de Saigon un câble détaillé contenant un questionnaire censé interroger l&#039;opinion publique vietnamienne dans toutes les couches de la société. Durant cette mission ultra-rapide, et donc forcément plus qu’illusoire au vu de la complexité de la situation au S-V, ils sont tous deux chargés d’établir un rapport qui sera lu par Kennedy et discuté lors d’un C.N.S. houleux (voir 10 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 septembre 63 : « Le 7 septembre. - Des manifestations ont eu lieu parmi les étudiants du secondaire à Saigon. Une agitation sporadique des étudiants et des arrestations ont eu lieu au cours des jours suivants. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 63 : Kennedy réitère dans une interview télévisée à la chaîne NBC sa foi dans la théorie des dominos (MacNamara, 1996, p. 74). A la question de savoir s’il doute de cette théorie, il répond : « Non, j’y crois. J’y crois vraiment. Je pense que le combat décisif est tout proche. La Chine est si vaste, elle apparaît si immense, juste au-delà des frontières, que si l’on perdait le Sud-Vietnam, la guérilla disposerait d’une position géographique améliorée pour donner l’assaut à la Malaisie, mais de plus chacun aurait l’impression que l’avenir du Sud-Est asiatique passe par la Chine et le communisme. Aussi, je crois à cette théorie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Johnson, 1972, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, Les forces gouvernementales neutralistes (celles de Souvanna Phouma) prennent possession de Vientiane. Le représentant du Pathet Lao du gouvernement triparti laotien (Phoumi Vongvichit) est obligé d’aller se réfugier auprès des représentants de la C.I.C. (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 9 septembre 1963).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 63 : Réunion du C.N.S. De retour du S-V, le général Krulak (&#039;&#039;Marines,&#039;&#039; spécialiste de la lutte antiguérilla) et Mendenhall (département d’État, ancien conseiller pour les affaires politiques à l’ambassade de Saigon) ont des avis plus que divergents sur ce qu’ils ont vu et entendu. Le premier estime que la guerre peut être gagnée même si le régime s-v est défaillant. Le second rapporte que la guerre contre le Vietcong est devenue secondaire par rapport à celle qui doit être menée contre le régime de Diem et qu’une guerre civile se profile. Kennedy semble surpris. Il leur demande : « Vous avez bien visité le même pays, n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Krulak répond qu’il a visité les campagnes tenues par l’A.R.V.N. où la situation lui paraît sinon parfaite, du moins normale. Il s’est surtout entretenu avec Lodge et… Harkins. Mendenhall, lui, est demeuré en ville (Saigon, Hué, Da Nang) et y a côtoyé les étudiants et les intellectuels. Il décrit une situation plus que chaotique, contre l’avis de Nolting, ancien ambassadeur à Saigon demeuré un fervent soutien du régime de Diem. Les avis divergents des uns et des autres, dont bon nombre ont une expérience du S-V - Nolting, Mecklin, Phillips (voir 6 septembre), Hilsman - tournent au pugilat verbal entre la vision des militaires et celle des hommes de terrain qui voient les choses différemment. A l’issu de ce C.N.S. (et des suivants…), la perplexité de Kennedy demeure donc pleine et entière…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, les avis divergent également : Harkins et le M.A.C.V. considèrent que la situation est en voie d’être maîtrisée, alors que ceux qui sont sur le terrain (civils et quelques militaires) estiment qu’elle se détériore rapidement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel John Paul Vann estime qu’au printemps, la marge d’erreur du &#039;&#039;body count&#039;&#039; (système informatisé de comptage des morts ennemis cher à McN) est de l’ordre de 40 %. Il constate par ailleurs que la situation se dégrade.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 63 : Le F.N.L. présente à l’O.N.U. un plan de paix en 3 points. Une lettre de Nguyen Huu Tho demande la cessation de l’aide américaine, le retrait des soldats américains et la constitution d’un gouvernement de coalition (Francini 2, 1988, p. 269). Cette lettre ne sera diffusée publiquement que le 5 octobre par l’agence U.P.I. de Tokyo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 septembre 63 : Nouvelle conférence de presse de Kennedy sur le Vietnam. 3 objectifs sont à atteindre : gagner la guerre, contenir le communisme et ramener les Américains au pays (Pericone, 2014, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’ambassadeur de France à Saigon Roger Lalouette quitte le Vietnam&#039;&#039;&#039;. Il a tenté de jouer par l’entremise de Buu Hoi auprès de Nhu la carte neutraliste française (voir 29 août) à laquelle Nhu, dans son ambiguïté habituelle, n’est pas forcément insensible. Lalouette s’est aussi, selon sa hiérarchie, trop impliqué dans les affaires s-v. De ce fait, il s’est attiré les foudres des Américains et de leur presse (Chaffard, 1969, pp. 317-319) Ce rappel de l’ambassadeur français est considéré par les Français comme un moyen pour les apaiser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre 63 : Après avoir eu recours à la pression de la parole présidentielle le 2 septembre, Washington utilise un deuxième levier, économique cette fois, en informant son ambassade à Saigon de différer la décision d’un crédit de 18,5 millions de dollars destiné aux importations du S-V (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers la mi-septembre 63 : Ralliement au projet de putsch des généraux de Mai Huu Xuan, (commandant le centre d’entraînement de Quang Trung, 16 000 hommes), Tran Thien Khiem (proche de Diem et Nhu, leur avait apporté son aide en 1960, responsable de la région de Saigon), Khanh (dans une moindre mesure car considéré comme « inconséquent et fourbe »), Do Cao Tri (commandant le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; Corps d’armée), des colonels Do Mau (Sûreté militaire) et Tran Ngoc Huyen (Académie militaire), du lieutenant-colonel Nguyen Cao Ky (armée de l’air) (Tran Van Don, 1985, pp. 122-125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 63 : « Le 16 septembre. La loi martiale est levée. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 septembre 63 : Long câble de Lodge sur la situation au S-V (MacNamara, 1996, pp. 76-77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une réunion du C.N.S. donne lieu à l’envoi d’instructions de la Maison Blanche à Lodge. On poursuit la politique des demi-mesures et des illusions. On y produit beaucoup de vœux pieux pour mieux différer les problèmes : pas de destitution du gouvernement Diem, « nous devons pour l’instant présent utiliser les genres de pression qui peuvent se présenter, ceci afin d’obtenir des améliorations de la situation – si petites soient-elles. » ; il faut « purifier l’air : Diem doit remettre tout le monde au travail et se concentrer sur la guerre en cours. » ; Lodge est autorisé « à bloquer tout soutien économique et tout moyen de financement » mais en se « souvenant que notre politique n’est pas de couper complètement l’aide économique ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau des préconisations : « un véritable esprit de réconciliation ferait merveille parmi ceux qu’il [Diem] est appelé à diriger ; une attitude de répression sévère ou autocratique ne peut qu’engendrer de nouvelles résistances » ; la liberté de la presse doit être rétablie ; « un sang neuf dans le cabinet » doit être insufflé ; de nouvelles élections doivent être prévues ; on doit toutefois manifester « une attitude de désapprobation à l’égard des récentes actions du gouvernement du Vietnam. » ; on prévoit l’envoi de McN et Taylor au Vietnam avec une « mission à caractère militaire » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 234-237 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 165-167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN et Taylor (Président du Conseil interarmes des chefs d’état-major) demandent en effet à partir sur place mais Lodge et certains membres du département d’État s’y opposent violemment dans la mesure où les précédents voyages de McN ont toujours cautionné la position des militaires. Soutenu par le C.N.S., McN et Taylor passent outre (voir 23 septembre) (Halberstam, 1974, p. 319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 63 : Le journaliste américain Joseph Aslop révèle dans le &#039;&#039;New York Herald Tribune&#039;&#039; la tenue de propos émanant de Nhu qui tendraient à prouver qu’avec l’aide des ambassadeurs français à Saigon (Lalouette) et Hanoi (De Buzon), une véritable négociation est ouverte entre le gouvernement n-v et celui de Diem par le truchement du représentant polonais de la C.I.C., Manelli. Celui-ci reçoit des journalistes et dément avoir abordé cette question avec Nhu lorsqu’il l’a rencontré le 2 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’affaire déclenche une réaction américaine. Robert Mc Closey, porte-parole du département d’État, déclare : « Il serait insensé, et contraire à l’intérêt du Sud-Vietnam, des États-Unis et des autres nations libres, de remettre en négociation ce qui a été acquis par le courage, les efforts et les lourdes pertes en vies humaines du peuple vietnamien. » (Chaffard, 1969, p. 326) L’ambassadeur des États-Unis, Cabot Lodge, commence alors à prendre une série de décisions qui vont mener au coup d’État contre les Ngo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette époque, le diplomate et président indien de la C.I.C., Godburdhun, rend visite à HCM et Diem pour tenter de réétablir des relations entre les deux Vietnam antagonistes. C’est à cette occasion qu’il entend dire de la bouche d’HCM qu’« après-tout, M. Diem est, à sa manière, un patriote. » (Lacouture, 1965, pp. 96-97)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 63 : Dans un câble adressé au département d’État, Lodge entérine (à contrecœur) le fait de ne pas pouvoir envisager le remplacement de l’équipe gouvernementale s-v actuelle, « du moins en ce qui concerne l’avenir immédiat. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem et Nhu pensent que l’adoption des mesures préconisées le 17 « risquerait soit de désintégrer la structure politique sur laquelle ils s’appuient, soit leur faire perdre la face, soit les deux. » C’est donc un accord « du le bout des lèvres » qui est conclu. Selon Minh, « l’armée n’a pas le cœur à la guerre. » Le ministre de la Défense s-v, Thuan, partage cet avis et songe à quitter le pays (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 167-168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 septembre 63 : &#039;&#039;&#039;Mission McN-Taylor&#039;&#039;&#039; : « Le 23 septembre, la mission d&#039;enquête américaine dirigée par le secrétaire d&#039;État McNamara et le général Taylor part pour le Sud-Vietnam. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8) Ils doivent enquêter sur la possibilité de réduire certains projets d’assistance pour marquer leur désenchantement par rapport à la politique menée par Diem et Nhu. Dans les faits, cette aide est déjà réduite car David Bell (U.S.A.I.D. à Saigon) a fait savoir qu’elle a été automatiquement réduite « chaque fois que nous avons un problème avec un gouvernement client. » (Halberstam, 1974, p. 320)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 septembre 63 : Interview de McN qui réitère que l’avenir du S-V repose sur l’engagement de son armée (MacNamara, 1996, p. 82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur Sylvester (secrétaire adjoint pour les Affaires publiques), après avoir séjourné à peine 24 heures au S-V, déclare lors d’une conférence de presse que la guerre « allait de mieux en mieux, plutôt que de pis en pis […] Les objectifs envisagés [vont] être atteints dans un délai relativement bref. » 2 jours plus tard, il revient sur ses propos disant que son premier rapport avait été « un peu faussé ». Il avoue alors : « […] mes remarques ont laissé croire que je voulais camoufler la vérité sous de belles paroles. » (Halberstam, 196, p. 247)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 63 : &#039;&#039;&#039;McN et Taylor arrivent à Saigon pour 10 jours&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 2 octobre). McN doit « estimer l’efficacité du combat au Sud-Vietnam contre le Vietcong et évaluer ses chances de succès ». Il estime également devoir répondre clairement à un certain nombre de questions : degré de véracité des rapports contradictoires, évaluer l’importance de l’opposition à Diem (étudiants, armée, administration, population), juger de l’efficacité des hameaux stratégiques, « état de santé mentale de Diem et Nhu », évaluer la réalité du pouvoir politique de Diem, savoir comment influer sur la politique de ce dernier et par quels moyens. Des réunions sont prévues tous les matins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 26, McN rencontre P.J. Honey, maître de conférences sur les questions vietnamiennes de l’université de Londres. Selon ce dernier qui l’a rencontré depuis peu, Diem a vieilli, son agilité mentale a faibli. On le critique dans les milieux civils et militaires. Honey ne préconise pas le départ de Diem et estime à 50 % les chances d’obtenir du mieux. Si les communistes prennent le pouvoir, la perte de crédibilité des U.S.A. ne se fera pas ressentir qu’en Asie (MacNamara, 1996, pp. 83-84). C’est au cours de ce voyage que le secrétaire d’État à la Défense déclare : « Notre politique est de soutenir les dirigeants sud-vietnamiens dans tout ce qui contribue à gagner la guerre, mais de censurer les actes qui contribuent à affaiblir l’effort de guerre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 326) Or désormais, aux yeux des Américains, les actes inconsidérés de Diem et Nhu  les affaiblissent de plus en plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’&#039;&#039;Ossevatore Romano&#039;&#039; (organe officiel du Vatican) publie ce jour une déclaration de sept évêques vietnamiens qui se trouvent à Rome pour participer à la préparation des travaux conciliaires de Vatican 2. Désavouant la répression du régime diémiste à l’égard des bouddhistes, ils déclarent : « Quand un chef d’État prend des mesures coercitives pour des motifs politiques et non religieux, et en vue de la sûreté de l’État, l’Église rappelle les préceptes évangéliques pour que soient évitées la violence et la haine, et son action charitable n’y est pas impliquée : c’est le cas de notre Vietnam […] Bouddhistes et catholiques, également ennemis de la violence et respectueux de la conscience des autres, ne peuvent se heurter sur le plan religieux […] » Les sept prélats sensibles aux critiques dont est victime l’Église catholique du Vietnam à l’étranger invitent à la prudence des analyses faites selon eux à l’emporte-pièce (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, pp. 238-239) Une seule voix discordante chez les catholiques vietnamiens, celle de Mgr Ngo Dinh Tuc, évêque de Hué et frère de Diem, qui prend la parole à plusieurs reprises dans les médias et se rend en Europe et aux U.S.A. pour défendre le régime. Ces prises de parole et ces déplacements déplaisent au nouveau pape Paul VI élu le 23 juin (Gheddo, 1970, p. 240, note 41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 septembre 63 : « Le 27 septembre. Les élections à l&#039;Assemblée nationale, reportées depuis 31 août du fait de la loi martiale, se sont déroulées sans incident dans tout le Sud-Vietnam. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8) Alors que la moitié du S-V est à cette époque occupée par les le Vietcong, le régime diemiste forge ses propres statistiques électorales : sur 6 800 000 électeurs inscrits, il y aurait eu 92 % de votants. Les 123 députés “élus” sont en fait tous représentatifs de l’oligarchie qui règne depuis le début du régime diemiste (Fall, 1968, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entretien McN-Richardson (chef de station de la C.I.A. à Saigon). La crise bouddhiste ne fait que cristalliser un mécontentement plus ancien. Diem est intègre mais son entourage (les Nhu) risque de le détruire. Richardson craint un coup d’État militaire mais sait aussi que personne n’est capable de prendre la place de Diem. Il ne reste qu’une seule solution : faire pression sur Diem et forcer les Nhu à partir. McN doit donc être ferme sur ce point précis avec le président s-v (MacNamara, 1996, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 septembre 63 : &#039;&#039;&#039;Rencontre entre Diem, McN et Taylor&#039;&#039;&#039;. Lodge et Harkins sont présents. Habituel très long monologue de Diem sur sa sagesse politique  et les progrès de la situation militaire. McN note dans ses mémoires : « Son assurance sereine me déconcertait. » Puis le secrétaire d’État à la Défense prend la parole : c’est une guerre vietnamienne, les U.S.A. ne peuvent qu’aider ; les troubles politiques et leur répression compromettent l’effort de guerre, il faut donc les stopper rapidement et remédier à leurs causes. Diem se braque, accuse la presse et reproche aux Américains de ne pas comprendre la véritable situation au S-V. Au sujet de la crise bouddhiste, il ne modère pas sa colère et prétend avoir été « trop doux. » Le cas M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu est évoqué : une bonne partie de la mauvaise image du gouvernement aux U.S.A. vient de ses déclarations outrageuses. McN sort une coupure de journal où elle déclare que les sous-officiers américains « se comportaient en petits mercenaires. » Diem, imperturbable, prend sa défense. Quant à l’éviction de Nhu, McN se garde bien d’aborder le sujet avec son interlocuteur (MacNamara, 1996, pp. 85-86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 septembre 63 : McM rencontre le nonce papal, Mgr Asta. Selon le secrétaire à la Défense, le régime de Diem a créé une État policier qui arrête et torture les opposants (étudiants). Il considère que si Nhu prend le pouvoir, il demandera le départ des Américains et passera un accord avec les communistes n-v. McN et le nonce en arrivent à la même constatation : le gouvernement américain n’a pas su parler d’une seule voix, ce qui a ajouté de la confusion à la confusion dans l’esprit des S-V (MacNamara, 1996, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 septembre 63 : Taylor adresse une lettre à Diem résumant le contenu de leur entretien du 29. Diem n’y répondra pas. Le dialogue de sourds se poursuit (MacNamara, 1996, p. 86).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1963&amp;diff=5205</id>
		<title>Août 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:16:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Août 63 : Halberstam constate que « l’armée [américaine] commen[ce] à fonctionner de plus en plus comme un organe séparé […] en protégeant ses officiers supérieurs. » Il observe, en allant sur le terrain, une nette détérioration de la situation militaire dans le delta du Mékong avec « l’apparition de formidables bataillons vietcong qui déferlaient presque sans opposition », qui plus est, équipés d’armes américaines prises aux S-V. Il publie un article qui est lu par Kennedy et l’impressionne. Le président demande des explications à l’armée en la personne du général Dick Stilwell (chef d’opération à la M.A.C.V.). Ce dernier prépare un épais dossier qui contredit l’article. La publication des dossiers de Pentagone montrera que l’article du journaliste disait vrai, là où le rapport Stilwell-Krulak n’était qu’un tissu de contre-vérités (Halberstam, 1974, p. 317).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saloth Sar (futur Pol Pot) se trouve toujours à cette époque au « bureau 100 » situé à la frontière khméro-vietnamienne, côté vietnamien (Deron, 2009, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 63 : &#039;&#039;&#039;Nomination d’Henry Cabot Lodge au poste d’ambassadeur des U.S.A. au S-V.&#039;&#039;&#039; Ses lettres de créance seront présentées le 26. Il succède à Nolting, discrédité pour ses indulgences à l’égard de Diem. Avec cette nomination, Diem et les Nhu vont être progressivement lâchés par les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 août 63 : Le nouveau pape Paul VI (élu le 23 juin) qui, à l’image de la hiérarchie catholique vietnamienne, ne soutient pas le régime diémiste s’adresse à des étudiants vietnamiens (Gheddo, 1970, p. 241-242, note 44). Selon Gheddo, le Vatican serait intervenu à cette époque par voie diplomatique pour inviter le régime de Saïgon à la modération envers les bouddhistes (&#039;&#039;Ibid.&#039;&#039;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 août 63 : Immolation par le feu d’un bonze à Phan Tiet, petit port au nord de Saigon. Cet acte provoque les réactions sarcastiques de M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu qui appelle à ce qu’il y ait encore beaucoup d’actes de ce genre et qu’elle les applaudirait à l’avance (voir 8 août) (Halberstam, 1966, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Accord de pacification conclu par l’U.R.S.S., la Grande-Bretagne et les U.S.A., au grand dam de la Chine. Il porte sur l&#039;interdiction des essais d&#039;armes nucléaires dans l&#039;atmosphère, dans l&#039;espace extra-atmosphérique et sous l&#039;eau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 août 63 : Une seconde lettre (voir 20 juin) est adressée par le vénérable Tich Tinh Kiet, chef suprême du bouddhisme vietnamien, au vice-président Nguyen Ngoc Tho et cette fois également à Diem. Elle dénonce un projet de « mise en scène destinée à créer une situation chaotique, dont on profiterait pour raser la pagode Xa Loi [bastion de la révolte], éliminer les chefs bouddhistes, et du même coup mettre un terme à leur mouvement revendicatif […] A moins que l’on veuille nous obliger, Monsieur le Président, vous que certains considèrent comme trop faible, à céder le place à quelqu’un d’autre [Nhu], pour constituer un nouveau gouvernement qui ignorerait tous les engagements existant avec le bouddhisme […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 265)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 août 63 : Le Comité intersectes de défense du bouddhisme dirigé par le bonze Tich Tri Quang, avec l’aval du vénérable Tich Tinh Kiet, fait parvenir un nouveau message à Diem qui s’élève contre le plan d’une opération de répression intense qui prévoirait pour la fin de semaine l’arrestation dans leurs pagodes des principaux chefs religieux (Chaffard, 1964, pp. 265-266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 août 63 : Déclaration de madame Nhu à un correspondant américain disant que l’attitude des moines bouddhistes s’immolant par le feu était un comportement confinant à la folie et qu’elle applaudirait s’il y avait un prochain &#039;&#039;&#039;« barbecue »&#039;&#039;&#039;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;«&#039;&#039;&#039; 8 août - Dans un discours, M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu qualifie les bouddhistes de traîtres et affirme qu&#039;ils sont sous l&#039;influence des étrangers et des communistes. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7) Ces déclarations intempestives créent une réprobation de l’opinion publique américaine et de violentes critiques à l’égard de l’administration Kennedy dans son soutien de plus en plus hésitant au régime diémiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 août 63 : Un libelle rédigé par les dirigeants bouddhistes et adressé à Diem, s’en prend à Nhu et sa tonitruante épouse : « On a vu, dans le passé, des trônes s’effondrer, des régimes changer de manière douloureuse, uniquement parce que la loi n’a pas été respectée, parce que l’autorité a été mal appliquée, et parce que, parfois, on a laissé les femmes s’immiscer dans les affaires nationales. Les saints ont enseigné qu’il faut d’abord se rendre maître de soi-même, puis de sa famille, avant de vouloir gouverner le pays et le pacifier […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 266).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 août 63 : « 11 août. - Des manifestants antigouvernementaux à Saigon portent des slogans dénonçant Madame Nhu. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 août 63 : Diem promet à l’ambassadeur américain Frederick Nolting qui effectue sa visite d’adieu que la répression envers les bouddhistes va cesser sous peu (Cesari, 1995, p. 153). Or c’est tout le contraire qui va avoir lieu (voir 20 - 21 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 août 63 : « Le 13 août, une jeune fille bouddhiste tente de se suicider dans une pagode de Saigon. - Un jeune moine bouddhiste s&#039;est immolé par le feu près d’Hué. Les chefs bouddhistes ont revendiqué ce suicide et les précédents n&#039;ont pas été sanctionnés par la hiérarchie. Le lendemain, les bouddhistes et les troupes gouvernementales s&#039;affrontent près d’Hué. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une interview au journaliste australien William Burchett, HCM, tout en décriant le régime diémiste et le rôle des Américains, laisse une porte ouverte : « Pour peu que les interventionnistes étrangers se retirent, il semble qu’un cessez-le-feu pourrait être négocié entre les forces diémistes et celle du Front de Libération. » Il s’agit de « créer les conditions permettant au peuple d’élire librement et démocratiquement un gouvernement de son choix. Entre ce gouvernement et celui de la R.D.V.N., des accords pourraient être négociés. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 312) Cet interview est peut-être une réponse aux démarches secrètes entreprises par Nhu depuis juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 août 63 : Diem promet à Nolting (toujours ambassadeur en titre) de chercher la conciliation dans la crise bouddhiste, ce qu’il annoncera dans une conférence de presse le 15 (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 août 63 : L’ambassadeur à Saigon Frederick Nolting quitte définitivement son poste. Son remplaçant, Henry Cabot Lodge, prendra ses fonctions dans la nuit du 22 au 23 août (Halberstam, 1966, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;«&#039;&#039;&#039; Le 15 août. - Diem a déclaré à un correspondant américain que sa politique de conciliation envers les Bouddhistes était « irréversible » » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, « Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963), p. 8).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un article d’Halberstam dans le &#039;&#039;Times Magazine&#039;&#039; décrit et révèle la détérioration de la situation au cours de l’année 1962 dans le delta du Mékong : «  […] le Vietcong communiste prend le pas dans le Delta. C’est d’autant plus inquiétant que son influence persiste malgré les manœuvres américaines entreprises vingt mois auparavant. » (Halberstam, 1966, p. 185)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite à sa précédente lettre pastorale qui remettait en cause les dérives du régime diémiste (voir 16 juin) et constatant que la répression s’est amplifiée, Mgr Nguyen Van Binh, archevêque de Saïgon, entend à nouveau disculper les catholiques en ne cautionnant pas l’attitude du régime à l’égard des bouddhistes. Il écrit dans une nouvelle lettre pastorale : « Certains ont accusé l’Église d’avoir provoqué ces incidents. C’est faux. L’Église ne les a pas provoqués, elle les a au contraire déplorés pour tout le mal qu’ils ont fomenté. » Il déplore les critiques qui ont visé le catholicisme vietnamien à l’étranger : « Ces calomnies […] ne tiennent pas devant la vérité des faits, car la paix religieuse, fondée sur l’esprit de tolérance, régnait au contraire entre chrétiens et bouddhistes […] » Puis il reprend mot pour mot l’argumentaire qu’il développera dans la revue &#039;&#039;Fides&#039;&#039; du 4 septembre (voir cette date) : les catholiques n’ont pas à tirer des privilèges politiques de leur position dans la société s-v (Gheddo, 1970, pp. 236-237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, début des émissions anti-Sihanoukistes de la radio des Khmers Serei financée par la C.I.A. et émettant à partir du Sud-Vietnam et de la Thaïlande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 août 63 : La vague d’immolations de moines bouddhistes se poursuit : « Le 16 août. - Un vieux prêtre bouddhiste s&#039;est suicidé en s’immolant devant une pagode à Hué, apparemment avec l&#039;approbation des chefs bouddhistes. Un couvre-feu strict a été imposé à Huê et à Nha Trang. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 août 63 : Importante manifestation en faveur des Bouddhistes (15 000 personnes selon Halberstam) autour de la pagode Xa Loi à Saigon (Halberstam, 1966, p. 221).  Des discours demandant la démission de Diem sont prononcés. Des milliers de tracts contenant une déclaration contre Diem contenant des exagérations sont alors distribués.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 août 63 : Des rumeurs commencent à circuler à Saigon : Nhu aurait l’intention de s’en prendre aux pagodes. Il a fait mobiliser les forces spéciales du colonel Tung et a réuni les généraux. Il leur a reproché de ne pas prendre suffisamment de précautions contre les possibilités d’un éventuel coup d’État. Lui et sa famille doivent pouvoir trouver refuge dans un lieu tenu secret alors que les généraux qui lui sont fidèles doivent tenir Saigon sous le feu de leur artillerie pour éviter les combats de rues. Une première réunion en date du 16 qui portait sur les mêmes questions n’avait pas abouti : à la demande de Nhu aux généraux de rester pour avoir un entretien avec lui, personne n’était resté sur place (Halberstam, 1966, pp. 221-222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 - 21 août 63 : En violation de la parole donnée aux États-Unis de rechercher une conciliation, Nhu (avec l’assentiment de Diem ?) déclenche des raids de nuit contre les pagodes menés par les forces spéciales sud-vietnamiennes. La répression par les forces gouvernementales s’installe : 1 400 personnes sont arrêtées et certaines battues. L’image du régime à l’international s’effrite encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Les 20 et 21 août. Des raids sont menés contre des pagodes à Saigon, à Hué et dans d&#039;autres grandes villes côtières peu après minuit, à la suite de la proclamation de la loi martiale. Le gouvernement prétend avoir dissimulé des armes et des preuves de l&#039;implication du Vietcong. Un nombre inconnu de bouddhistes ont été arrêtés. Les États-Unis publient une déclaration déplorant le recours à des mesures répressives. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 63 : Diem nomme le général Tran Van Dong au poste de chef d’état-major des armées. Il décrète, avec l’accord du gouvernement après proclamation l’état de siège (voir 21 juin), l’instauration de &#039;&#039;&#039;la loi martiale&#039;&#039;&#039; et nomme Ton Tan Dinh commandant de la région de Saigon (Prados, 2011, p. 163). Le ministre de la Défense du gouvernement Diem, Nguyen Dinh Thuan, se désolidarise du gouvernement et affirme à l’ambassade américaine qu’en « aucun cas les États-Unis ne devaient consentir à couvrir les agissements de M. et M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu. » Le ministre des Affaires étrangères, Vu Van Mau, démissionne également et se fait raser la tête à l’image des bonzes (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 197 ; Tran Van Don, 1985, p. 118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une habitude rôdée, M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu déclare de manière tonitruante à un journaliste que le gouvernement a écrasé la veille un complot bouddhiste inspiré par les communistes. Elle déclare par ailleurs que « c’était le plus beau jour de sa vie depuis l’anéantissement des Binh Xuyen en 1955. » (Halberstam, 1966, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 20 au 21 août 63 : Nhu (en présence de Diem ?) convoque à 4 h 30 du matin les ministres en conseil extraordinaire : des agents de la C.I.A. profitant de la crise religieuse prépareraient un putsch militaire pour le 27. Il faut donc prendre le contrôle des pagodes avec l’aide des forces spéciales du colonel Le Quang Tu en qui Nhu a plus confiance qu’en celles de l’armée régulière (Chaffard, 1969, p. 313).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don se rend avec Khiem à la pagode Xa Loi et observe l’intervention de la police secrète de Nhu et des forces spéciales : « Ce qui s’y déroulait nous rendit honteux. C’était une véritable boucherie ». Le témoin constate la présence d’« une trentaine de blessés » et l’existence de nombreux disparus (Tran Van Don, 1985, pp. 118-119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les 2 généraux prennent les devants et vont informer les Américains de ce qu’ils ont vu afin que l’armée dont ils sont les représentants soit disculpée de ces actes odieux. Ils leur révèlent que Nhu tente de traiter avec Hanoi. Ils évoquent alors l’éventualité d’une tentative de putsch et cherchent à obtenir l’aval des Américains (voir 24 août) (Chaffard, 1969, p. 314).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 août 63 : « Le 22 août, les États-Unis publient une déclaration déplorant le recours à des mesures répressives. Le ministre des Affaires étrangères du Vietnam, Vu Van Mau, démissionne en signe de protestation. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chef de l’antenne de la C.I.A. à Saigon, John Richardson, favorable à Nhu et soutenant les thèses optimistes d’Harkins, demande à rencontrer Halberstam pour évoquer le coup de force de Nhu (voir nuit du 20 au 21). Il lui déclare : « Ce n’est pas vrai, nous ne savions pas. Nous ne savions vraiment pas, je vous l’assure. » Des entretiens d’Halberstam avec des subordonnés de Richardson montrent pourtant que ce dernier est volontairement resté sourd à leurs avertissements (Halberstam, 1966, pp. 229-230 et p. 242). Parmi eux, certains soutiennent ostensiblement la révolte des bonzes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan et Halberstam mettent en cause dans plusieurs articles la version officielle produite par Nhu incriminant l’armée s-v dans les événements de la nuit du 20 au 21. Ils montrent que c’est Nhu et lui seul qui est à l’origine du coup de force contre les pagodes, une version qui plus est, contestée par les autorités américaines de Saigon. Quant à Diem, il est en position de total retrait (Halberstam, 1966, p. 232). Face à la censure et au blocage des moyens de communication, les deux journalistes seront obligés de ruser pour faire partir leurs papiers non censurés par le biais de vols militaires. Mis au courant, le M.A.C.V. cherchera à entraver ce procédé en interdisant cette pratique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 22 août 63 : &#039;&#039;&#039;Lodge arrive un peu avant minuit à Saigon pour prendre ses fonctions&#039;&#039;&#039;. C’est un Républicain, ancien candidat à la présidence (1960), choisi par un président démocrate. Kennedy l’a pris parce qu&#039;il savait qu&#039;il accepterait ce poste difficile mais aussi parce que le président veut faire montre d’ouverture politique en cette période d’engagement des États-Unis dans une période électorale. Lodge restera en poste jusqu’au 25 avril 1967. Dès son arrivée, il cherche à entrer immédiatement en contact avec la presse, montrant ainsi dans quel camp il se positionne (Halberstam, 1966, p. 232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant toute la crise bouddhiste, l’ambassadeur adoptera ouvertement une attitude anti-frères-Ngo : il se fait photographier avec une jeune fille bouddhiste près de l’assemblée nationale, il héberge le bonze Thich Tri Quang à l’ambassade américaine et va se faire ouvertement couper les cheveux chez le coiffeur qui avait rasé le crâne du ministre des Affaires étrangères Vu Van Mau en signe de protestation contre l’oppression bouddhiste (Truong Vinh Le, 1989, p. 93).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 août 63 : Tran Van Don demande à rencontrer Conein (C.I.A., ambassade de Saigon). Il lui explique ce qu’il a vu lors de l’attaque des pagodes (voir 20 - 21 août) et disculpe le rôle de l’armée régulière dans l’affaire. Conein est « sidéré par l’opération de Nhu ». Même s’il n’en dit rien dans ses mémoires, c’est sans doute lors de cette entrevue que Tran Van Don donne des assurances à Conein sur l’imminence du coup d’État. Prévu initialement pour le 26, il doit être reporté à une date ultérieure car, le 22, Harkins s’est plaint à Don d’une indiscrétion d’un colonel vietnamien faite à un officier américain. Or, dans la version officielle, les Américains (Harkins) ne sont nullement impliqués dans l’affaire. Dans les faits, les futurs conjurés sont toujours aussi indécis qu’impréparés. Ce que Don ne dit pas dans ses écrits (Tran Van Don, 1985, pp. 120-121 ; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 août 63 : 2 jours après son arrivée à Saigon, Lodge adresse au Département d’État un télégramme faisant le point sur la situation et l’informant du projet de coup d’État qui, selon les futurs conjurés, doit avoir lieu au plus tard le 2 novembre (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 210).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Court-circuitant les dirigeants (dont MacNamara, Taylor, McGeorge Bundy, McCone et même Kennedy, tous partis en congé hebdomadaire) et tous les échelons gouvernementaux et administratifs qui auraient dû en être informés, le quatuor antidiémiste Roger Hilsman (secrétaire d’État adjoint aux affaires d’Extrême-Orient), Averell Harriman (sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques pour le Sud-Est asiatique), Georges Ball (sous-secrétaire d’État) et Roger Forrestal (adjoint d’Harriman, membre du Conseil national de sécurité) rédigent à l’intention de Lodge la réponse suivante : « Le gouvernement américain ne peut tolérer une situation où le pouvoir repose entre les mains de Nhu. Il faut offrir à Diem l’occasion de se débarrasser de Nhu et sa clique […] Si, en dépit de tous vos efforts, Diem demeure inébranlable et refuse, nous devrons alors envisager la possibilité que Diem lui-même ne soit pas maintenu au pouvoir […] » (larges extraits &#039;&#039;in&#039;&#039; McNamara, 1992, p. 64) Ce télégramme met en cause Nhu et non directement Diem qu’il ménage d’ailleurs partiellement : « Nous souhaitons donner à Diem une chance raisonnable de chasser Nhu, mais, s’il s’entête, nous sommes prêts à accepter l’évidente conclusion que nous ne pouvons plus soutenir Diem. » (McNamara, 1992, p. 64) Lodge, qui veut se débarrasser de Diem, ne tiendra pas compte de cette nuance. Kennedy, en week-end à Hyannis Port, fut-il mis au courant de cette initiative dès son origine ou fut-il mis tardivement devant un fait accompli ? Ce point demeure obscur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est Michael Forrestal (membre du Conseil national de sécurité) qui transmet &#039;&#039;&#039;le câble 243&#039;&#039;&#039; à Kennedy lui précisant qu’il a obtenu l’accord de toutes les parties impliquées. Ce qui est faux puisque seuls des subalternes et non leurs dirigeants vont émettre un avis favorable voire réservé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy donne son aval à l’envoi du câble si tout son entourage l’approuve. Ball et Harriman prennent alors contact avec les services concernés mais n’obtiennent que la réponse de « seconds couteaux ». Helms (adjoint de McCone, également absent, directeur adjoint aux plans) donne son aval pour la C.I.A. Roswell Gilparic (secrétaire à la Défense adjoint par intérim, McN étant absent et Colby ayant été court-circuité) approuve pour le compte de la direction civile de son département, pensant ainsi avoir le feu vert de McN. Dean Rusk (secrétaire d’État) aurait exprimé de New-York des réticences verbales mais aurait déclaré qu’il se soumettait à la décision du président (Francini 2, 1988, p. 254 ; MacNamara, 1996, p. 65). Quant à Taylor (conseiller militaire de Kennedy), il n’est informé qu’après l’expédition du télégramme. Il ne donnera cependant pas son approbation, parlant d’« intrigue caractérisée » (MacNamara, 1996, p. 66). Le « câble 243 » est donc envoyé le jour même à Lodge à 21 h 36, heure de Washington. Selon McN, « les parrains du câble étaient bien décidés à le transmettre à Saigon le jour même. » (MacNamara, 1996, p. 65)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby y voit rétrospectivement « un télégramme qui allait lancer le gouvernement américain sur la voie de sa première grande erreur dans la guerre du Vietnam – le renversement du gouvernement de Diem. » (Colby, 1992, pp. 149-151) Nolting estime lui aussi &#039;&#039;a posteriori&#039;&#039; que « le télégramme du 24 août devint un facteur décisif dans l’engagement de notre pays dans la plus longue et la plus inutile de toutes les guerres de l’histoire américaine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rignac, 2018, p. 241)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’emballement se produit avant tout dans la partie du camp américain opposée à Diem. Car les conjurés vietnamiens pèchent quant à eux par leur impréparation et encore plus par leur absence de projet alternatif. Ils sont d’ailleurs loin d’être tous d’accord sur l’avenir du pays et n’ont pas de leader (Rignac, 2018, pp. 242-243).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câblogramme de Rusk à Lodge qui désavoue enfin clairement le régime diémiste. Nhu ayant fait intervenir les forces spéciales contre les pagodes, « le gouvernement des États-Unis ne peut tolérer une situation dans laquelle Nhu détiendrait la réalité du pouvoir. Il faut donner une chance à Diem de se débarrasser de Nhu et de sa coterie, et de les remplacer par des personnalités militaires et politiques moins compromettantes. Si, en dépit de vos efforts, Diem s’entête à refuser, vous devez envisager la possibilité de ne pas lui venir en aide si quelque chose se trame contre lui […] Souhaitons que vous accordiez un délai raisonnable à Diem pour éliminer les Nhu, mais s’il s’obstine nous serons prêt à retirer de ce refus la déduction évidente que nous ne pouvons plus soutenir Diem. L’assurance peut également être donnée à certains généraux appropriés qu’ils disposeront de notre soutien direct à tout moment pendant la vacance du pouvoir central. » L’aide militaire et économique au S-V sera suspendue, ce qu’il faut le faire savoir aux militaires. L’ambassadeur doit également leur faire savoir que les Américains considèrent qu’ils ne sont pas responsables de l’affaire des Pagodes. Rusk donne un feu vert à son subordonné : « Vous noterez que nous vous soutiendrons entièrement dans ce que vous entreprendrez pour parvenir à vos fins. » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 147-149 ; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 222-223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 août 63 : Réponse de Lodge à Rusk (secrétaire d’État) et Hilsman (secrétaire d’État adjoint aux affaires d’Extrême-Orient) au sujet du message de la veille.  Pour l’ambassadeur, Diem n’obtempèrera pas. Il faut cependant ne rien lui dire de la position américaine car Nhu contrôle les forces armées à Saigon. Et Lodge de préciser, « je propose que nous présentions directement nos demandes aux généraux, sans en informer Diem. » &#039;&#039;&#039;Ce sont donc eux qui décideront du maintien ou non de Diem&#039;&#039;&#039;. Ils devront exiger immédiatement la mise en liberté des Bouddhistes et le respect des accords du 16 juin (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 147-149 ; Le dossier du Pentagone, 1971, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les troubles se poursuivent à Saigon : « Le 25 août […] plusieurs centaines d&#039;étudiants sont arrêtés après les manifestations avortées à Saigon. Des manifestations ont également eu lieu au marché central de Saigon ; une fille a été tuée par la balle d&#039;un policier. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963)”, p. 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 août 63 : &#039;&#039;&#039;L’ambassadeur à Saigon Henry Cabot Lodge présente ses lettres d’accréditation&#039;&#039;&#039; et demeurera en poste jusqu’au 28 juillet 1964. Il convoque d’entrée une réunion à Saigon pour réfléchir à la manière d’organiser le coup d’État contre Diem. Selon McN, « il décida que la main des États-Unis ne devait pas apparaître officiellement, et il confia à la station de la C.I.A. [Conein], qui avait reçu l’ordre de prendre ses directives politiques chez l’ambassadeur, la réalisation de l’opération […] Quand le câble arriva, il l’interpréta exactement dans le sens souhaité par son auteur : comme un ordre du président Kennedy d’encourager l’armée sud-vietnamienne à réaliser un coup d’État (en fait, le télégramme ne lui donnait pas explicitement cette instruction). » (MacNamara, 1996, pp. 66-67) Or, officiellement, les U.S.A. ne doivent pas cautionner les rapports de Harkins avec les futurs généraux putschistes (Minh, Don, Kim, Tran Thien Khiem, Nguyen Khanh) car seuls Conein et la C.I.A. sont habilités à le faire (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy provoque une réunion du C.N.S. et demande si quelqu’un souhaite modifier le « câble 213 » envoyé le 24. Personne ne réagit, faute d’autre solution à proposer (Colby, 1989, p. 151). McN ne dit rien dans ses mémoires de cette réunion avec le président. Il se contente de digresser sur les relations entre Kennedy et la presse (McNamara, 1996, pp. 67-68). L’ex-ambassadeur Nolting conseille à Kennedy de ne rien entreprendre mais se fait rabrouer par Harriman. Le président ne tranche pas et laisse de fait carte blanche à Lodge, tout en reprochant à Forrester d’avoir agi trop vite dans l’envoi du câble 253.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John Richardson (responsable de la C.I.A. à Saigon) transmet à son Q.G. le message suivant : « Durant la phase initiale de l’opération de la prise de pouvoir, nous ne pourrons leur [les généraux complotistes] être d’aucun secours. Le succès ou l’échec dépend uniquement de leur action. Qu’ils ne s’attendent pas à être parachutés. » Dans un autre message adressé à McCone, Richardson précise que Lodge a fait savoir que les Américains n’interviendraient pas et que donc, Harkins ne prendra pas directement contact avec les conjurés. C’est Conein (C.I.A., ambassade de Saigon) qui le fera (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 199 et 234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-Marie Domenach, directeur de la revue &#039;&#039;Esprit&#039;&#039;, adresse une lettre au journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; dans laquelle il remet en cause le « personnalisme » de Diem qui, selon lui, n’a rien à voir avec « celui auquel Emmanuel Mounier a attaché son nom » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 26 août 1963).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 août 63 : Nouvelle réunion à la Maison Blanche dans le cadre d’un C.N.S. où l’on tergiverse plus que jamais. Un rapport de Colby décrit une situation calme à Saigon et une absence d’agitation dans les campagnes. Krulak (conseiller interarmes des chefs d’état-major) décrit un impact limité dans les campagnes et une absence de fléchissement de l’armée s-v. Rusk observe que Lodge ne s’est pas encore pour l’instant entretenu avec Diem. Nolting (ancien ambassadeur à Saigon) constate qu’il sera difficile de séparer Diem de son frère et que les généraux putschistes s-v manquent d’unité et d’autorité réelle au sein de l’armée. Kennedy réagit en disant qu’il ne voit pas d’intérêt à organiser un coup d’État qui a peu de chance de réussir et s’interroge sur les bases d’appui militaire en faveur des futurs putschistes. Il estime « que nous n’avions pas atteint le point de non-retour, où il serait impossible de retarder le coup d’État ». Il préconise donc de s’en remettre à Lodge (voir 29 août) (MacNamara, 1996, pp. 69-70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux multiples querelles de territoires, incursions et violences à l’égard des populations frontalières et de l’existence de la crise bouddhiste, &#039;&#039;&#039;le Cambodge décide de rompre ses relations diplomatiques avec le gouvernement de Diem&#039;&#039;&#039; (Cambacérès, 2013, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 août 63 : 2 nouvelles réunions à la Maison Blanche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; réunion : McN pose la question de l’intérêt du coup d’État. Ball répond qu’il n’y a pas d’autre choix possible. Kennedy l’approuve. Nolting, à son habitude, soutient Diem et émet des réserves sérieuses. Harriman estime que si l’on n’intervenait pas, il faudrait se retirer du Vietnam. Malgré ces dissensions, il est prévu de se revoir le jour même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; réunion : Kennedy demande à ce qu’on consulte au S-V Taylor, Harkins et Lodge sur ce qu’il faut faire (et non sur ce qu’il pensait des décisions qui avaient été prises à Washington le 24…). Il le regrettera ultérieurement (voir 4 novembre). McN, modéré, demande à ce qu’Harkins persuade Diem de changer d’attitude (MacNamara, 1996, pp. 70-71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de Richardson (chef de la C.I.A. à Saigon) à McCone (directeur de l’agence) : « Situation ici a atteint point de non-retour. Saigon est un camp retranché. […] La famille Ngo s’y terre pour livrer un ultime combat. Estimons après mûre réflexion que les généraux ne peuvent plus reculer. » Un entretien entre Conein et le général Khiem révèle qu’une majorité de généraux s-v sont prêts à passer à l’action (sauf Ton That Dinh et Cao). « Il faut bien se rendre compte cependant que leur tentative doit être couronnée de succès et que nous devons faire, de notre côté, tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à réussir. Si cette tentative n’a pas lieu, ou si elle se solde par un échec, nous pouvons dire sans exagération que le Vietnam risque fort d’être perdu à très court terme. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 224-225 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 151-152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août 63 : Taylor, Harkins et Cabot Lodge sont tous d’accord pour dire qu’il faut lâcher Diem. Il y a cependant des nuances. Harkins entend détacher Nhu de Diem. McN demande à ce qu’Harkins persuade Diem de lâcher son frère mais émet plus que des réserves sur l’après-Diem (MacNamara, 1996, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy adresse à Lodge un télégramme secret. Il l’assure d’un soutien total et lui affirme : « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour vous aider à conclure cette opération avec succès. » Mais il se réserve le droit de l’interrompre à tout moment si sa réussite n’est pas sûre : « Si nous nous lançons, c’est pour gagner. Mais il vaudrait mieux changer d’avis que d’échouer. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France entend faire entendre sa voix à ce moment précis. L’ambassadeur de France à Saigon, Roger Lalouette, presse Lodge de ne pas soutenir le coup d’État contre Diem (Rignac, 2018, pp. 245-246 ; MacNamara, 1996, p. 71). Dans un communiqué publié à l’issue d’un conseil des ministres, De Gaulle fait savoir : « Le gouvernement français suit avec émotion les graves événements qui se déroulent au Vietnam. L’œuvre que la France y a naguère accomplie, les attaches qu’elle a gardée avec l’ensemble du pays l’amène à comprendre et à partager sincèrement les épreuves du peuple vietnamien. La connaissance que la France a de ce peuple lui fait deviner quel rôle il serait capable de jouer dans la situation actuelle de l’Asie, dès lors qu’il pourrait déployer son activité dans l’indépendance vis-à-vis de l’extérieur, la paix et l’unité intérieure, la concorde avec ses voisins. Tout effort national qui serait entrepris au Vietnam trouverait la France prête à organiser avec ce pays une cordiale coopération. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Quirielle, 1992, p. 35)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;C’est une ancienne position gaullienne déjà développée devant Kennedy lors de sa visite officielle de 1961 qui récuse la division du pays et préconise l’idée de neutralité, de non-intervention, de non-alignement et d’autodétermination des peuples&#039;&#039;&#039;. Elle rompt avec la position séparatiste de Diem soutenue jusque-là officiellement – mais seulement du bout des lèvres – par la France (Journoud, 2011, p. 117-118). &#039;&#039;&#039;De Gaulle inaugure ici, sans toutefois prononcer le mot, sa théorie du neutralisme mais aussi un retour diplomatique de la France au Vietnam depuis son désengagement progressif&#039;&#039;&#039;. Selon Truong Vinh Le, ce message du président français « a donné une certaine crédibilité à toute tentative de rapprochement entre le Nord et le Sud et suscité  assez d’intérêt dans les milieux politiques vietnamiens. Le Conseiller politique [Nhu] en parla ouvertement  aux correspondants de la presse étrangère. » (voir 23 octobre) (Truong Vinh Le, 1989, pp. 91-92). Au S-V, le courant neutraliste ne touche que les milieux urbains et intellectuels. Les campagnes souhaitent la paix mais demeurent « léthargiques », tout en demeurant perméables aux thèses du F.N.L.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si cette déclaration fait beaucoup de bruit au niveau international, elle n’est guère entendue, ne serait-ce que par les 2 principaux États concernés. Pham Van Dong (premier ministre n-v) mettra un mois pour remercier De Gaulle d’avoir réaffirmé les principes de Genève. Diem, sans la rejeter totalement, affirmera que cette proposition n’est guère applicable à la situation présente. Les Américains quant à eux la rejette purement (Francini 2, 1988, pp. 277-278 ; Journoud, 2011, pp. 117-120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câble de Lodge à Rusk : « La voie dans laquelle nous nous sommes engagés – celle du renversement de Diem – est de celle où il est impossible de faire demi-tour sans perdre la face. » Les U.S.A. sont prêts à soutenir publiquement le coup d’État des généraux s’ils le demandent car, selon Lodge, ceux-ci doutent de « notre détermination de voir le coup d’État réussir. » » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 152-155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câble de Rusk à Lodge après la tenue d’un nouveau C.N.S. : Harkins peut prendre directement contact avec les généraux mais sans soutenir ouvertement les conjurés. Le gouvernement américain soutiendra ceux qui chasseront les Nhu. Lodge peut annoncer au moment où il le juge bon que l’aide américaine à l’actuel gouvernement du S-V est suspendue (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 155-156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 août 63 : Câble alambiqué et cousu de fil blanc de Lodge à Rusk, en réponse à un message du secrétaire d’État qui avait « pour but d’étudier les chances d’une tentative visant à séparer Diem et les Nhu. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rusk reproche alors à l’ambassadeur de « mettre Diem et Nhu dans le même sac », là où l’administration américaine prétend (hypocritement…) ne souhaiter que le départ des Nhu. Lodge répond à Rusk avoir saisi la nuance mais que ce départ ne peut être conditionné que par une prise de pouvoir par les généraux. Lodge prétend (faussement…) vouloir conserver Diem si celui-ci entend se débarrasser définitivement de Nhu. Le mieux étant que les généraux fassent la besogne. Mais, de leur côté, ils sont toujours indécis… (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 156-158).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouveau message du nouveau Pape Paul VI (voir 3 août) qui s’adresse cette fois au peuple vietnamien. Il exprime « sa douloureuse préoccupation au sujet des tristes événements qui affligent le cher peuple vietnamien, tandis que l’angoisse devient de jour en jour plus profonde et lancinante ». Il fait le vœu que « tous, dans une généreuse collaboration et dans un mutuel respect des libertés légitimes, s’unissent pour rétablir la concorde réciproque et la fraternité ». Ne soutenant pas le régime de Diem, ce message est censuré par les autorités en place (Gheddo, 1970, p. 241-242, note 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​31 août 63 : Les membres du C.N.S. se réunissent en l’absence de Kennedy pour envisager l’avenir. Sont présents : LBJ, Rusk, McN et Gilpatric (Défense), McGeorge Bundy, Taylor (Président du Conseil interarmes des chefs d’état-major), Murrow (U.S.I.A.), Helms et Colby (C.I.A.), Nolting (qui n’est plus en poste), Hillsman (secrétaire d&#039;État adjoint pour les affaires d&#039;Extrême-Orient), Kattenburg (département d’État) et Krulack (rapporteur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A ce moment précis, l’administration américaine se trouve à la dérive face au cas Diem.&#039;&#039;&#039; Les membres du cabinet entrevoient diverses solutions allant du soutien à Diem (McNamara) au retrait des troupes américaines du S-V, sachant qu’il y a un risque de renvoi de celles-ci par le gouvernement du S-V dans les semaines à venir si le putsch échoue (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 203 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 160-164). Paul Kaltenburg (fonctionnaire du département d’État, président du groupe interministériel de travail sur le Vietnam) condamne la politique de Diem et prône un retrait pur et simple (Halberstam, 1974, p. 303).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Câble de Harkins à Taylor (chef d’état-major interarmes). Harkins a vu le général Khiem qui lui a rapporté que &#039;&#039;&#039;« le gros Minh avait cessé de faire des projets et étudiait d’autres possibilités. »&#039;&#039;&#039; Khiem et Khanh ont finalement renoncé au putsch, contrairement à Than mais ce dernier n’est pas soutenu par l’armée. &#039;&#039;&#039;Les généraux ne se sentent pas prêts car ils ne sont pas du tout sûrs d’être suivis par l’ensemble de l’armée s-v.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Harkins a rencontré Nhu qui se prétend toujours  soutenu par Kennedy et se dit prêt à respecter les injonctions américaines. Et Harkins de conclure : « La confusion est donc à son comble : tout le monde soupçonne tout le monde et personne n’est décidé à passer à l’action… Les Orientaux ne sont pas des gens pressés… » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 158-159).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juin_1963&amp;diff=5204</id>
		<title>Juin 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:13:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juin 63 : Le lieutenant-colonel John Paul Vann, statisticien de formation, rentre aux États-Unis et s’en prend aux chiffres du M.A.C.V. d’Harkins sur la question des pertes de l’A.R.V.N. qui sont bien plus faibles que celles annoncées par l’armée américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lui, l’A.R.V.N. se bat peu ou mal, le poids de la guerre est soutenu par des milices locales mal équipées dont les soldats sont tués en dormant sur leurs positions défensives (Halberstam, 1966, pp. 78-91). .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vann se fait entendre aux échelons les plus élevés du Pentagone, notamment par le général Barksdale Hamlett (chef d’état-major adjoint de l’armée) qui organise une entrevue entre lui et les chefs d’état-major interarmes. Il reçoit comme consigne de ne pas mettre en cause Harkins et donc indirectement Taylor qui à la tête de l’état-major interarmes (voir 8 juillet) (Halberstam, 1974, pp. 240-241).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Tran Van Don (ministre de la Défense s-v) se rend en Thaïlande. Au contact de personnes étrangères, il se rend compte que la presse internationale est très hostile au régime de Diem depuis le suicide du bonze Thich Quang Duc. De retour au S-V, il constate « la rapide dégradation du climat politique. » Il songe alors à « élaborer minutieusement notre projet de coup d’État. » (Tran Van Don, 1985, pp. 113-114)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nhu prend des contacts discrets non avec des membres du F.N.L. mais avec des sympathisants, sans véritablement s’engager tout à fait. C’est ce révèlera M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu dans une interview accordée à Lucien Bodard le 18 juillet 1966 : « C’est moi qui ai dit à mon mari : Reçois des émissaires communistes qui veulent te voir et négocier avec toi […] Nous avons pris alors des contacts importants et secrets. » Propos qu’elle reconfirmera dans une autre interview, cette fois avec Pierre Dumayet, le 13 février 1964 : « Mon mari recevait des maquisards, sur leur demande. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, pp. 310-311, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juin 63 : Le gouvernement fait interdire l’accès aux bouddhistes de la radio d’Hué. S’ensuit une nouvelle manifestation devant ses locaux. Les tentatives de dispersion par les pompiers échouent. L’intervention de l’armée avec des véhicules blindés ne fait qu’accroître la détermination des manifestants et les fortes tensions depuis l’affaire du 8 mai. S’ensuivent des explosions qui provoquent 7 morts et de nombreux blessés. L’origine de ces explosions ne sera jamais clairement déterminée par l’enquête officielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une réunion à la Maison Blanche, LBJ (vice-président) continue à travailler sur un projet de résolution pour le Congrès dont il espère un appui qui lui donnerait un accord en vue d’un engagement encore plus massif des U.S.A. au Vietnam (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 286).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le correspondant à Saigon de l’agence de presse de l’U.P.I., Neil Sheenhan, au vu des dernières déclarations du conseiller principal de Diem (voir 12 mai) écrit : « Nhu a fait connaître la répugnance du gouvernement de Diem à suivre les avis des militaires américains, chose dont beaucoup de conseillers militaires se sont plaint depuis plus d’un an [voir 11 janvier]. » Puis il cite les propos de Nhu : « Je ne pense pas qu’ils [les Américains] soient capables de nous donner des conseils dans les questions de guerre subversive […] Je crains que les Américains ne sachent pas faire mieux que nous. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 308, note 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En visite à Pékin en l’absence d’HCM, Le Duan, premier secrétaire du Lao Dong, et certains membres du gouvernement s’alignent de plus en plus sur les positions extrémistes chinoises (Marangé, 2012, p. 309).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juin 63 : M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu accuse, lors d&#039;une conférence de presse, les États-Unis d&#039;être derrière les manifestations bouddhistes. Cette accusation provocatrice d’une rare stupidité irrite profondément Kennedy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juin 63 : Publication par M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu d’une déclaration violente, en contradiction avec la volonté d’apaisement voulue par le gouvernement s-v. Elle y affirme, sans avoir consulté Diem, que les bouddhistes subissent l’influence des communistes et promet de sévères représailles (Halberstam, 1966, p. 204).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juin 63 : &#039;&#039;&#039;Retour de l’ambassadeur Nolting à Saigon.&#039;&#039;&#039; Diem demande à le voir au plus vite car il se sait soutenu par l’ambassadeur (Nolting, 1988, p. 113). L’adjoint de l’ambassadeur des U.S.A. qui a assuré l’intérim, William C. Truehart, a adopté à l’égard de Diem une ligne plus dure que celle de Nolting lorsque ce dernier était absent. Il a prévenu Diem que si la crise bouddhiste n’était pas rapidement résolue, les États-Unis se verraient dans l’obligation de se dissocier de sa politique (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion interministérielle en vue du vote d’une résolution du Congrès américain : 5 questions embarrassantes sont alors évoquées : Cette résolution sera-t-elle un chèque en blanc pouvant aller jusqu’à une guerre déclarée ? Quel genre de forces cette autorisation pourrait engager ? Quel changement dans la situation justifie cette résolution ? Les objectifs peuvent-ils être obtenus sans l’emploi de la force ? Est-ce que le Sud-Est asiatique a tant d’importance pour les intérêts nationaux des U.S.A. ? (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 286)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juin 63 : &#039;&#039;&#039;Immolation par le feu du moine bouddhiste Thich Quang Duc à Saigon&#039;&#039;&#039; dans le périmètre de l’ambassade du Cambodge pour protester contre la politique de répression de Diem. Des journalistes étrangers ont été prévenus que « quelque chose d’important devait avoir lieu » mais seuls Halberstam (&#039;&#039;New York Times&#039;&#039;) et Malcom Browne (&#039;&#039;Associated Press&#039;&#039;) se sont rendus sur place. La scène et sa mise en scène sont filmées. Les images de cette immolation par le feu feront rapidement le tour du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces immolations de bonzes seront par la suite annoncées à la presse, filmées, mises en scène et viseront à troubler l’opinion publique américaine et mondiale en créant des martyrs. L’impact au États-Unis heurtera profondément les valeurs puritanistes de la nation. Le gouvernement s-v essaie de discréditer maladroitement ces opérations en prétendant que les bonzes ont été drogués à la morphine pour atténuer la douleur des immolations (Halberstam, 1966, pp. 205-206). C’est d’ailleurs une thèse que Diem fait sienne qualifiant l’acte d’« affaire ennuyeuse » tout en refusant toute concession au nom de la lutte contre le communisme. Car il demeure absolument persuadé que le mouvement bouddhiste est indiscutablement infiltré par le VM (Truong Vinh Le, 1989, pp. 86-87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juin 63 : Truong Vinh Le, président de l’Assemblée nationale, rencontre Diem. Il lui propose la médiation de l’assemblée nationale pour résoudre la crise bouddhiste. Diem rejette la proposition. Le le trouve « las, dégoûté par le travail de sabotage de ses amis américains qui ne cessaient de lui causer des embarras. Il [Diem] aurait voulu remettre la barre de la barque gouvernementale à son frère Nhu, qu’il demanda de voir. Il aurait voulu abandonner les pouvoirs, se retirer de la vie publique, mais il pensait qu’après son départ, le pays serait livré aux communistes. » (Truong Vinh Le, 1989, p. 89).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juin 63 : Au Laos, les troupes du Pathet Lao attaquent la ville d’Attropeu (au sud-est, proche de la frontière sud-vietnamienne), preuve que, contrairement à ce qu’affirment la droite laotienne (Phoumi Nosavan) et les Américains, le Sud-Laos est aussi « pourri » que le Nord (Chaffard, 1964, p. 216).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juin 63 : Johnson (vice-président) se sachant à la veille des conventions politiques pour les futures élections présidentielles recule devant les répercussions électorales d’une escalade au Vietnam. Il en fait de même pour sa demande de résolution au Congrès (voir 3 juin). C’est d’ailleurs la politique voulue par Kennedy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une réunion le 15, McGeorge Bundy transmet à McN (Défense) et Rusk (secrétaire d’État) des instructions présidentielles qui décident de différer la décision de faire connaître publiquement un engagement plus fort des U.S.A. (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 286).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 juin 63 : « Accord de compromis conclu par Diem et la délégation bouddhiste sur les cinq demandes des bouddhistes. Des émeutes éclatent à Saigon malgré l&#039;annulation des funérailles de Quang Duc [voir 18 juin]. Un mort et plusieurs arrestations. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, « Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963) », p. 7).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création d’un comité mixte entre représentants du gouvernement et bouddhistes, placé sous la présidence du vice-président Nguyen Noc Tho, lui-même bouddhiste (Rignac, 2018, p. 231) Le gouvernement s-v refuse d’assumer ses responsabilités dans l’affaire de Hué (voir 8 et 9 mai) : on annonce la création d’une commission composée exclusivement de membres du gouvernement dont le ministre de l’Intérieur Bui Van Luong, dépêché à Hué, mais qui n’ose pas communiquer à Diem les résultats d’un rapport mettant clairement en cause la faute des troupes gouvernementales (Halberstam, 1966, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La signature par Diem d’un compromis apaisant provoque la colère de M&amp;lt;sup&amp;gt;ame&amp;lt;/sup&amp;gt; Nhu qui l’accuse d’être un « poltron » (Halberstam, 1966, p. 207). Cette dernière exaspère de plus en plus Diem par ses attaques contre les Américains et ses déclarations intempestives dans les médias (voir 7 et 8 juin) (Truong Vinh Le, 1989, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au marasme auquel doit faire face le gouvernement de Diem considéré à l’étranger comme un « gouvernement catholique », Mgr Nguyen Van Binh, archevêque de Saïgon qui ne soutient guère les dérives du régime en place, prend à nouveau ses distances. Dans une lettre pastorale, il rappelle que « par conséquent, l’Église catholique se reconnaît sans mandat dans le domaine du pouvoir purement temporel, comme elle ne peut admettre d’ingérence dans le domaine des choses divines qui lui est propre […] Chacun a le droit d’honorer Dieu selon la juste règle de sa conscience et de professer sa propre religion dans sa vie publique et privée […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, pp. 234-235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 juin 63 : Le vénérable Tich Tinh Kiet, chef suprême du bouddhisme vietnamien, écrit au vice-président de la République s-v Nguyen Ngoc Tho. Il lui signale que les autorités policières ne tiennent aucun compte des promesses de libéralisation du régime contenue dans le compromis. Il s’inquiète : « Des rumeurs inquiétantes circulent selon lesquelles on envisagerait de fabriquer de faux documents en vue de nous accuser de collusion avec le Vietcong, de faire assassiner ou kidnapper des dirigeants bouddhistes, d’isoler les principales pagodes et de détacher la communauté des fidèles bouddhistes des bonzes et bonzesses […] Alors commencerait une répression impitoyable […] » Il s’élève également contre la tentative gouvernementale de créer un bouddhisme dissident à la botte du pouvoir en favorisant l’Association générale des bouddhistes vietnamiens (Chaffard, 1964, pp. 264-265).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 juin 63 : Diem décrète l’état de siège et confie le pouvoir à l’armée. S’ensuit une vague massive d’arrestations arbitraires. Pour autant ont lieu des manifestations d’intellectuels opposés au régime en place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juin 63 : Dans une lettre adressée à Diem, le vénérable Tich Tinh Kiet (chef suprême du bouddhisme vietnamien) le remercie d’avoir prêté attention aux désirs des bouddhistes et d’avoir « approuvé le communiqué conjoint que l’opinion publique a accueilli comme un règlement satisfaisant des problèmes qui se posaient après l’anniversaire de Bouddha, et qui s’est conclu dans un esprit de liberté et d’équité. » (Gheddo, 1970, p. 219, note 20) Ce qui n’empêchera pas la tenue de manifestations bouddhistes hostiles au gouvernement et les immolations de bonzes par le feu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, la droite du Sangkum combat les réformes proposées par les progressistes du gouvernement. Motion de méfiance contre le secrétaire d’État à la Santé publique  Hou Yuon qui est obligé de démissionner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 24 au 25 juin 63 : Au Laos, la base française de Seno (voir avril et 25 septembre 1956) qui aurait dû être évacuée par les Français à la date du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai est investie par l’armée laotienne sur ordre de Souvanna Phouma qui, victime de la faction de droite de son gouvernement, estime par une argumentation peu crédible que la France favorise le &#039;&#039;Neo Lao Hak Sat&#039;&#039; (N.L.H.S., proche du Pathet Lao, voir janvier 1956) et la R.D.V.N. Les Français n’entreront pas dans les querelles intra-laotiennes que va provoquer cet acte (Le Page, 2014, p. 140 ; détails de la querelle laotienne &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, pp. 218-220). Avec ce retrait, les Français se retirent définitivement de l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​27 juin 63 : &#039;&#039;&#039;Kennedy acte le remplacement de Nolting (jugé trop complaisant à l’égard des Ngo) par le Républicain Lodge&#039;&#039;&#039; (soutenu par Harriman devenu sous-secrétaire d’État aux Affaires d’Extrême-Orient et hostile à Diem). Lodge n’étant pas immédiatement disponible, le remplacement ne pourra avoir lieu avant le 15 août (il sera effectif le 25) (Rignac, 2018, p. 239). Le futur ambassadeur suit des cours de contre-insurrection avant de prendre ses fonctions (Halberstam, 1974, p. 297). Cette nomination est avant tout politique, Lodge étant républicain. Elle ne vise qu’à contrer les attaques de ce parti contre la politique de Kennedy au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin Juin 63 : En prévision d’un coup d’État, les Ngo renforcent les dispositifs de sécurité autour du palais présidentiel : interdiction des rues proches de la résidence, renforcement de la surveillance, mise en alerte des polices secrètes, éloignement de la capitale d’unités militaires douteuses (Halberstam, 1966, p. 210).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mai_1963&amp;diff=5203</id>
		<title>Mai 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:09:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mai 63 : Sur les conseils de Nhu, Diem évoque publiquement sa volonté de voir le nombre de conseillers militaires américains diminuer. Ils sont plus de 16 000 à cette époque (Cournil, Journoud, 2001, p. 78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Saloth Sar, Ieng Sary et Son Sen prendre le maquis pour échapper à la police de Sihanouk durant 8 ans. &#039;&#039;&#039;Ils y créent l’Angkar&#039;&#039;&#039; (« l’Organisation ») et sont rejoints par 90 % des cadres du P.T.K. Tous vont s&#039;installer dans la province de Kompong Cham (district de Krauchhmar), avec So Phim, où ils resteront sous  la protection des communistes vietnamiens dans un lieu dont le nom de code est « Bureau 100 » situé à la frontière vietnamo-cambodgienne, côté vietnamien, dans la région de Tay Ninh. Son Sen et Nuon Chea passent également dans la clandestinité et se cachent à Phnom Penh. Seuls Khieu Samphan et Hu Youn retournent enseigner. A cette époque, le nombre de futurs KR perdus au milieu des forêts est assez anecdotique. Vorn Vet le reconnaît lorsqu’il déclare : « Sihanouk est plus fort que la révolution. » (Richer, 2009, p. 32)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mai-juin 63 : &#039;&#039;&#039;L’opposition bouddhiste au régime de Diem devient violente&#039;&#039;&#039; (voir Chronologie crise bouddhiste (8 mai – 24 octobre 1963) d’après l’Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, « Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19, 1963) », pp. 7 - 11). Certaines pagodes ont pu être infiltrées par des agents communistes. On y découvre des stocks d’armes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’un des chefs de la révolte bouddhiste est le bonze Trich Tri Quang semble manier l’agit-prop. Le personnage est trouble. Selon Rignac, il n’est guère évident de le définir : communiste infiltré ? Ou agent communiste manipulé par les Américains en vue de se débarrasser de Diem ? (Rignac, 2018, p. 230) Selon Journoud, « le suicide de Thich Quang Duc aurait été encouragé, sinon provoqué, par la C.I.A. Le fait que le bonze Thich Quang Duc, considéré comme l’âme de la révolte, se fût réfugié chez un diplomate américain de Saigon, puis à l’ambassade des États-Unis, aurait offert un nouvel exemple de l’implication américaine. » (Journoud, 2011, pp. 110-111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Répression par le régime en place contre les étudiants et les lycéens à Saigon (Sheehan, 1990, pp. 400-402 et pp. 419-427).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 63 : Au Cambodge, visite officielle du président de la République Populaire de Chine, Liu Shaoqi et du maréchal Chen Yi, ministre des Affaires étrangères, dans le cadre des fréquentes visites diplomatiques entre la Chine et le Cambodge. Mais cette visite revêt une signification plus large : elle montre à ceux que Sihanouk nomme « nos deux incorrigibles voisins » (le S-V et la Thaïlande) qu’il bénéficie de l’appui d’un puissant allié (Becker, 1986, p. 108 ; Chaffard, 1964, pp. 234-235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, fin de l’existence officielle de la base de Seno (voir avril et 25 septembre 1956). Toutefois les choses vont traîner (voir nuit du 24 au 25 juin). Une note de Pierre Messmer (chef de cabinet du ministre des Armées) précisera le 27 juin : « Il faut le plus vite possible de Seno notre détachement. Nous nous plaçons dans la situation paradoxale d’un homme qui veut partir mais attend qu’on le mette dehors ! » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Le Page, 2014, p. 139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mai 63 : Mgr Ngo Dinh Thuc, archevêque du diocèse de Hué, fête à Saïgon son jubilé sacerdotal en présence de son frère Diem. Parmi les messages de félicitations qui affluent, il en manque un, celui de Tich Tinh Khiet, président de l’Association des bouddhistes vietnamiens. Il avait été sollicité pour le faire par un autre frère de Diem, Ngo Dinh Can, responsable du Can lao et seigneur de guerre responsable de la police politique de la région du Centre Vietnam. Pour autant, le dirigeant bouddhiste ne l’avait pas fait. Ce qui provoquera le 8 les rétorsions gouvernementales qui vont déclencher la crise bouddhiste à Hué dans laquelle Can a sa part de responsabilité (Chaffard, 1964, pp. 259-260). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mai 63 : Lors d’une réunion de travail, McN reconnait que « 50 à 60 % des armes dont dispose le Vietcong sont d’origine américaine. » (Pericone, 2014, p. 78) Ou elles ont été prises ou elles ont été revendues par des militaires de l’armée s-v ou encore proviennent d’un trafic d’armes florissant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au S-V, une ordonnance gouvernementale rappelle la loi qui interdit de porter des bannières religieuses non accompagnées du drapeau national. C’est ce non-respect qui va mettre le feu aux poudres lors des processions bouddhistes réprimées par le pouvoir en place (Gheddo, 1970, p. 217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mai 63 : Manifestation contre une interdiction des autorités locales de Hué, à la demande du frère de Diem, Mgr Thuc, d’orner les pagodes de drapeaux bouddhistes, alors que le 5 mai les catholiques avaient pu orner les églises de drapeaux aux couleurs pontificales. &#039;&#039;&#039;Les troupes gouvernementales sud-vietnamiennes du colonel Dang Sy ouvrent le feu contre la manifestation bouddhiste. On déplore 9 tués et 14 blessés. Cet acte marque le début de la crise bouddhiste&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 195). Les pagodes bouddhistes au S-V, contrairement à l’Église catholique, sont toujours régies par l’Ordonnance n° 10 promulguée par Bao Daï le 6 août 1950 et sont soumises de ce fait à un contrôle administratif (Nguyen Phu Duc, 1996, pp. 69-70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un attentat a lieu dans la station radio d’Hué. Il pourrait être l’œuvre du capitaine Scott de la C.I.A. (Journoud, 2011, p. 110).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM fait une allocution devant l’assemblée nationale n-v. Il qualifie les hameaux stratégiques de camps de concentration et d’enfer. Il évoque la distance qui sépare les États-Unis du Vietnam et déplore l’inutilité du massacre. Il termine son allocution sur la détermination du peuple vietnamien à défendre son pays et en appelle à son inévitable victoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mai 63 : Les autorités s-v essaient de maquiller l’affaire de Hué de la veille en convoquant une conférence de presse spéciale. On affirme que le Vietcong a assassiné 9 bouddhistes à Hué (voir 15 mai) (Halberstam, 1966, p. 190). Le pouvoir s-v ne reviendra jamais sur cette version des faits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Constitution d’un Comité de lutte bouddhique qui remet une pétition en 5 points au gouvernement pour obtenir un statut identique à celui de la religion catholique. Les victimes du 8 mai devront recevoir réparation et des sanctions devront être prises contre les auteurs des violences (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mai 63 : A Hué, la pagode Tu-Dam organise un meeting de protestation des bouddhistes du Centre Vietnam. Ils adoptent une motion qu’ils adressent au gouvernement. Elle s’appuie sur 5 points qui demeureront inchangés jusqu’à la fin de la crise : suppression de l’interdiction des emblèmes bouddhistes ; garantie à la religion bouddhiste d’avoir un statut identique à celui dont bénéficient les catholiques en vertu de l’ordonnance gouvernementale n°10 ; cessation immédiate des persécutions ; véritable reconnaissance de la liberté de culte et de propagande ; indemnisation des victimes de la répression du 8 mai et sanctions contre les responsables des massacres (Chaffard, 1964, p. 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mai 63 : &#039;&#039;&#039;Visite au Sud-Vietnam du vice-président Johnson et de son épouse&#039;&#039;&#039;. C’est une occasion de montrer que les U.S.A. soutiennent la lutte de Diem contre le communisme. Kennedy les a fait accompagner de propres membres de sa famille : Jean Kennedy et Stephen Smith. Au dire de tous, la visite de Johnson a été un succès diplomatique important qui s&#039;est terminé par un communiqué conjoint dans lequel Diem a été hautement félicité par le vice-président et a reçu la promesse d’une augmentation en soutien moral et matériel américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son rapport de visite, le vice-président écrira que le Sud-Vietnam était beaucoup plus stable que ne le suggéraient les médias américains. Les responsables américains s’appuient trop sur les opinions d&#039;intellectuels vietnamiens mécontents et la propension à la panique émanant des milieux politiques de Washington ne fait qu&#039;empirer les choses. Il déclare que la déstabilisation du pays ne se produirait que si Diem était assassiné par les communistes ou chassé du pouvoir par un coup d&#039;État. Johnson conclut son rapport en déclarant qu&#039;il n&#039;y avait pas, pour l’instant, d&#039;autre alternative réaliste à Diem et qu&#039;il n’y a que lui qui puisse tenir la barre du pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem est impressionné par la manière chaleureuse et amicale du vice-président. Cependant, après la visite de Johnson, le dirigeant sud-vietnamien déclare à Nolting qu&#039;« il existe de profondes différences entre les peuples vietnamien et américain, dans les coutumes, les perspectives, la formation politique et la philosophie. » Il ajoute : « J&#039;espère que nous pourrons trouver un pont entre les cultures orientale et occidentale. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mai 63 : Nhu donne une interview au &#039;&#039;Washington Post&#039;&#039; dans laquelle il demande un retrait des conseillers. Les Américains réagissent et l’obligent à se rétracter sous le prétexte que ses propos auraient été mal interprétés (voir 18 mai) (Rignac, 2018, p. 239). Le dossier du Pentagone note : « Poussé par Nhu, Diem se plaignait du zèle des conseillers américains et de leur trop grand nombre. Ils créent un climat colonialiste. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 195)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mai 63 : « Réunion insatisfaisante à Saigon entre Diem et une délégation de dirigeants bouddhistes qui ont présenté cinq demandes [voir 10 mai], dont des excuses et une indemnisation pour les victimes de Hué. Diem a offert son &amp;quot;aide&amp;quot;, mais a insisté sur le fait que les décès étaient dus à des grenades lancées par des terroristes vietnamiens. » (Union Calendar n° 371, 88&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Congress, 1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Session, report n° 893, “Report of the special study mission to Southeast Asia (October 3-19)”, 1963, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mai 63 : Diem et Nolting signent une déclaration commune pour un accord américano-vietnamien concernant la conduite de la guerre contre-insurrectionnelle. Selon Rignac, il s’agit d’un accord « où la préservation de la « face » compte autant, sinon plus, que la réalité factuelle. » (Rignac, 2018, p. 238)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mai 63 : Tentant de plus ou moins rattraper la déclaration de Nhu (voir 12 mai), le ministre de l’Information s-v adresse une lettre au &#039;&#039;Washington Post&#039;&#039; prétextant « un exemple d’un malentendu incroyable ou de la pire mauvaise foi. » (Chaffard, 1969, p. 308, note 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​23 mai 63 : &#039;&#039;&#039;Nolting part en congés aux U.S.A.&#039;&#039;&#039;, estimant à tort que la situation au S-V est stabilisée. C’est William Trueheart (que l’ambassadeur n’apprécie guère) qui assure l’intérim. Nolting ne sait pas à ce moment précis qu’il a été décidé au sein de l’administration américaine qu’il soit remplacé par Lodge (voir 27 juin). A peine arrivé à New-York, une lettre de son adjoint le met au courant du désir de Diem de le voir revenir au plus vite (Nolting, 1988, pp. 111-112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 mai 63 : HCM énonce les conditions d’une paix envisageable dans une interview à &#039;&#039;La Pravda&#039;&#039;. Il demande la fin de l’intervention étrangère, le retrait des forces américaines, le respect des accords de Genève, la fin des hameaux stratégiques, un cessez-le-feu et la tenue d’élections libres (Journoud, 2011, p. 109).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 mai 63 : A 14 h 00, tous les supérieurs et dirigeants bouddhistes déclenche une grève de la faim sur l’ensemble du territoire s-v (Chaffard, 1964, p. 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1963&amp;diff=5202</id>
		<title>Mars 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:05:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 63 : Au Cambodge, Saloth Sar (futur Pol Pot), nouveau dirigeant du Parti ouvrier du Kampuchéa (P.O.K.) quitte Phnom Penh pour se réfugier dans la jungle sous la menace de la répression sihanoukiste. Il rejoint une base du VC du côté vietnamien de la frontière qui deviendra le « bureau 100 » en 1964. A cette époque, le mouvement communiste cambodgien demeure groupusculaire. Selon Cambacérès, cela est dû à la politique progressiste de Sihanouk qui prône la lutte pour l’indépendance, le neutralisme, de bonnes relations avec la Chine, le Vietnam du Nord et l’U.R.S.S. et l’avènement d’un « socialisme bouddhique » (Cambacérès, 2013, pp. 145-146).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 63 : le sous-secrétaire d’État Chester Bowles remet à Kennedy un rapport dans lequel il indique que l’adversaire lui paraît dangereusement sous-estimé comme cela avait été le cas par les Français au moment de Dien Bien Phu. Il critique « un régime vietnamien impopulaire, sans racines suffisantes dans la population » qui lui paraît voué à l’échec (Journoud, 2011, p. 107).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem, sous l’influence de Nhu, a réclamé un allègement progressif des effectifs américains stationnés au S-V (soit environ 14 000 hommes à l’époque). Le comité des chefs d’état-major (J.C.S.) approuve une réduction d’effectif de 1 500 hommes prévue pour la fin 1965. Diem, en bon nationaliste, est de plus en plus sensible à cette question par ailleurs habilement exploitée par ses adversaires n-v et du F.N.L. C’est aussi un moyen de se débarrasser des critiques américaines sur sa politique et une manière de conforter son pouvoir (Journoud, 2011, p. 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​8 mars 63 : Au Cambodge, Sihanouk convoque 34 personnalités de gauche parmi lesquelles Keat Chhon, Keng Vannsak, Khieu Samphan, Tep Chhieu Keng, Hu Nim, Hou Youn, Chau Seng, Saloth Sar, Ieng Sary, Son Sen, Thiounn Prasith, Ok Sakun, auxquels il propose de faire partie d&#039;un cabinet plus homogène de gauche (à l&#039;exception toutefois notoire du premier ministre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tous refusent car ils savent que la liste des 34 a été élaborée par Lon Nol en vue de les faire assassiner. Sihanouk fait alors publier la liste de ces hommes qui sont désormais recherchés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 63 : Le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; publie une lettre ouverte adressée à Kennedy signée par 62 personnalités américaines (dont un prix Nobel) « pour la fin de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud Vietnam » (Chaffard, 1964, p. 257).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=F%C3%A9vrier_1963&amp;diff=5201</id>
		<title>Février 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:04:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Février 63 : Diem demande à Harkins (commandant le M.A.C.V.) de révoquer le lieutenant-colonel John Paul Vann qui s’est compromis avec la presse américaine après l’affaire d’Ap Bac. Harkins réunit une commission chargée de vérifier dans un premier temps le rapport de Vann. Or celui-ci est presqu’irréprochable. Plusieurs généraux de l’état-major américain conseillent à Harkins de temporiser et d’éviter l’éviction de Vann qui risque de faire grand bruit dans les médias. Pour autant, l’affaire n’en restera pas là (voir 8 juillet) (Halbertstam, 1966, pp. 163-164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge éclatent des manifestations étudiantes et lycéennes à Battambang et au lycée Sisovath de Phnom Penh contre Sihanouk et le gouvernement du Sangkum. Ce dernier est obligé de démissionner. De Chine, Sihanouk désigne les fauteurs de troubles de l’opposition communiste en faisant publier la liste de 34 personnalités « subversives » sur laquelle figure les noms de Saloth Sar, Ieng Sary et Son Sen. Ils prendront le maquis en mai vers le « bureau 100 » situé à la frontière khméro-vietnamienne (Richer, 2009, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saloth Sar (futur Pol Pot) est confirmé à la tête du Parti des travailleurs du Kampuchéa (P.T.K.) dont il fera changer le nom en Parti communiste du Kampuchéa (P.C.K.) en septembre 1966 (Deron, 2009, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 février 63 : L’ambassadeur américain à Saigon (Nolting) qui jusque-là avait entièrement soutenu Diem, l’invite ouvertement au cours d’une courte allocution à être plus sincère au sujet « des revers et des échecs subis par le gouvernement. » La presse pro-diemiste réagit immédiatement avec violence : &#039;&#039;Times of Viet-Nam&#039;&#039; accuse le secrétaire d’État Dean Rusk « d’aider indirectement les guérillas communistes du Vietcong » par son insistance à vouloir défendre la liberté d’expression au S-V (Sheehan, 1990, p. 428).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 février 63 : La presse américaine annonce que le premier hélicoptère américain a été abattu. En fait, l’armée américaine en a déjà perdu d’autres, notamment à Ap Bac. Mais, pour l’instant, rien n’a filtré du récent fiasco dans la presse américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-février 63 : Au Cambodge, à Siem Reap, la découverte du corps d&#039;un lycéen battu à mort provoque des manifestations de lycéens et d&#039;étudiants contre les brutalités et la corruption de la police. Un commissariat est mis à sac. Le Sangkum et Sihanouk sont vivement critiqués. Les ministres remettent leur démission. Sihanouk s’empresse de dénoncer une conspiration de gauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 février 63 : Ton That Tieu, chef du bureau de presse de Diem adresse, après la défaite d’Ap Bac, une lettre au &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; qui accuse « les armes américaines défectueuses et le mauvais matériel radio américain, comme étant la cause de la mort de nombreux soldats vietnamiens tués sans nécessité. » Diem et Nhu font monter les enchères et jouent visiblement la carte de la provocation à l’égard des Américains (Van Geirt, 1972, p. 214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 - 22 février 63 : Au Cambodge, Congrès du Parti des travailleurs du Kampuchéa (P.T.K.). Saloth Sar (le futur Pol Pot) le renomme et prend la tête du Parti ouvrier du Kampuchéa (P.O.K.) lors d’un « congrès » communiste « national » restreint qui se tient dans un appartement de Phnom Penh. Sar datera de ces 2 jours la fondation du Parti communiste du Kampuchéa mais gardera longtemps cette date secrète. Il l&#039;emporte (sans vote) sur So Phim pour obtenir le poste de secrétaire général. Les autres membres du bureau politique sont Ieng Sary, Nuon Chea, So Phim et Vorn Veth. Ta Mok entre au Comité central.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parti est très affaibli après l’assassinat de son prédécesseur Tou Samouth, probablement exécuté par le pouvoir sihanoukiste (voir 20 juillet 1962). Pour autant, Sar se débarrasse rapidement des vétérans de l’aile de formation vietnamienne du mouvement. Il ne tardera pas à quitter la ville pour rejoindre dès mars, dans la forêt, la « base 100 » située à la frontière khméro-vietnamienne (Cambacérès, 2013, p. 145 ; Deron, 2007, pp. 25-27 et p. 156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 février 63 : Le sénateur américain Mike Mansfield, chef de la majorité parlementaire démocrate, remet un rapport au gouvernement qui conseille de réduire l’engagement des U.S.A. au S-V. Les S-V ne doivent pas se défausser sur les Américains de la responsabilité à mener la guerre (Cesari, 1995, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 février 63 : Lors d’une réunion du P.C.C., Liu Shao Qi critique le refus d’HCM de s’opposer clairement à Khrouchtchev. Il affirme que si le dirigeant vietnamien hésite à lutter contre le « révisionnisme » soviétique, c’est parce qu’il est un « droitier » auquel il reproche de n’avoir jamais mis en place une réforme agraire du temps de l’occupation française dans les territoires libérés par la VM (Marangé, 2012, p. 308). Le Vietnam devient un point de cristallisation du récent refroidissement des relations sino-soviétiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux U.S.A., remise officielle (voir 18 décembre 1962) au département d’État du rapport critique à l’égard du régime de Diem produit par le sénateur Mike Mansfield. &#039;&#039;&#039;Il constitue la première critique officielle d’un haut membre du Congrès à l’égard de l’engagement américain au Vietnam.&#039;&#039;&#039;  Après avoir rendu honneur au travail de Diem durant la période de transition vers l’indépendance, le sénateur observe que l’« on doit convenir que les coutumes politiques sur lesquelles on s’est appuyé jusqu’à présent au Vietnam du Sud sont, à maints égards autoritaires. Bien que les plans pour les hameaux stratégiques soient conçus sur une formule démocratique [!...], on ne peut pas dire de façon certaine comment ils évoluent dans la pratique. L’évolution des habitudes du gouvernement central, jusqu’à présent, n’est pas rassurante à cet égard. » Puis il se penche sur la question de l’engagement américain : « Cette intensification [de l’engagement], cependant, nous a inévitablement conduit à un point où le conflit au Vietnam pourrait devenir une source de plus grande préoccupation et de plus grande responsabilité pour les États-Unis que pour le gouvernement et le peuple du Vietnam du Sud. Dans les circonstances actuelles, cette voie pourrait impliquer des pertes de vie et de ressources américaines d’une ampleur qui n’aurait que peu de relation avec les intérêts des États-Unis ou même ceux du peuple vietnamien. » Il fait alors référence à ce qui va devenir un leitmotiv : les S-V et eux-seuls doivent « fournir des efforts supplémentaires qui peuvent être nécessaires pour la survie de la République du Vietnam. » Ce qu’avaient déjà dit et redit les Français… Puis il aborde la question cruciale de l’intérêts des U.S.A. à entrer dans « un conflit avant tout américain, devant être livré par les Américains [...] &#039;&#039;&#039;Le fait devrait demeurer que la guerre au Vietnam n’est pas une guerre américaine, dans les circonstances actuelles.&#039;&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, pp. 255-257)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​​Fin février 63 : Truong Vinh Le, président de l’Assemblée nationale s-v, se rend à Paris. Diem qui n’apprécie pas la position neutraliste de la France a tout fait pour retarder cette entrevue et ne l’a autorisée que 3 jours avant le départ de l’intéressé. Truong Vinh Le rencontre De Gaulle grâce à l’entremise de son ami, l’ambassadeur français à Saigon Lalouette.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le début de l’entretien est glacial. Évoquant Diem, il observe que de Gaulle n’apprécie ni son attitude pro-américaine ni sa durable politique antifrançaise. L’atmosphère se détend un peu lorsque le représentant s-v évoque l’attachement sincère de son pays aux liens économiques et culturels avec la France. Il tente d’expliquer à De Gaulle que Diem n’est ni proaméricain ni antifrançais et qu’il souhaiterait rencontrer le Général. De Gaulle refusera cependant toujours de rencontrer Diem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Vinh Le est ensuite reçu par le premier ministre Georges Pompidou puis à l’Assemblée nationale. Pour lui plaire, des perquisitions ont été faites durant son séjour dans les milieux n-v par les autorités françaises. Le président de l’assemblée nationale s-v, optimiste, y voit « un geste d’amitié de la part du Gouvernement français envers nous. » (Truong Vinh Le, 1989, pp. 74-78 ; Journoud, 2011, p. 106).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
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		<title>Janvier 1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:03:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début 63 : Les tensions entre Diem et l’administration américaine s’amplifient : du côté américain, on lui reproche de ne pas accomplir les réformes politiques, militaires et économiques qui s’imposent, tant dans les campagnes que dans les villes du S-V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem supporte mal le zèle des nombreux conseillers américains qu’il trouve envahissants. Selon le dossier du Pentagone, « poussé par Nhu, Diem se plaignit du zèle des conseillers américains et de leur trop grand nombre. Ils créent un climat colonialiste. » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 195) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains n’apprécient pas l’influence du frère de Diem, Nhu, ni la répression menée contre les Bouddhistes dont de nombreux bonzes vont s’immoler par le feu au moment de la crise. Le gouvernement américain et les conseillers de Kennedy demeurent divisés sur la position à adopter à l’égard de Diem qui doit faire face à des tentatives de putsch dans sa propre armée. L’ambassadeur Cabot Lodge sera hostile dès sa nomination en août au maintien de Diem à la tête du S-V (William Colby, 1989, pp. 142-170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy est mécontent de son équipe à Saigon et des rapports qu’il en reçoit : optimisme, simplisme, manque de nuances, ignorance du sort des populations locales. Il émet des réserves sur la compétence de Nolting (voir fin 62) (Halberstam, 1974, p. 246). L’ambassadeur ne bénéficie plus de la confiance de tous à Saigon : son adjoint Trueheart l’accuse de déloyauté ; Rufus Phillips, des hameaux stratégiques, met en doute sa compétence ainsi que Meckling de l’U.S.A.I.D. (Halberstam, 1974, p. 297). Concernant Truehart, Nolting rédigera dans les derniers temps de ses fonctions un rapport préjudiciable à son adjoint, allant même jusqu’à mettre en cause sa loyauté. Selon Halberstam, « c’était violent et cela faillit détruire la carrière de Truehart. » (Halberstam, 1974, p. 298)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Janvier 63 : Les U.S.A. fournissent 130 000 armes aux différentes factions qui défendent le S-V. Le VC en récupère lors de ses actions de guérilla. Ce qui permet à HCM de doubler ou tripler l’effectif de son armée régulière et des unités provinciales dans le Sud qui avoisinent alors les 23 000 hommes (Sheehan, 1990, p. 372).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours annuel de Kennedy au Congrès sur l’état de la nation : « Le fer de lance de l&#039;agression au Sud-Vietnam est émoussé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 67)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, premières manifestations de lycéens à Siem Reap. Ils protestent contre les brutalités policières et la corruption. Mais le mouvement s’en prend rapidement au pouvoir autoritaire de Sihanouk. Des manifestants et des policiers sont tués. Le régime perd le soutien des lycéens (Becker, 1986, pp. 106-107).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 janvier 63 : Lors de &#039;&#039;&#039;la bataille d&#039;Ap Bac&#039;&#039;&#039; (20 km au nord-est de My Tho dans le delta du Mékong) les forces de l&#039;[http://www.laguerreduvietnam.com/pages/glossaire-le-nam-speak/de-la-lettre-a-a-la-lettre-e/la-lettre-a.html A.R.V.N.] sont battues malgré la présence de l’encadrement américain. Les Vietcongs, avec à peine 200 hommes encerclés, parviennent à s’échapper au moment où l’artillerie s-v bombarde ses propres troupes. &#039;&#039;&#039;C’est la première victoire des troupes du F.N.L. qui n’est plus obligé d’abandonner le Delta où elles étaient en difficulté.&#039;&#039;&#039; 5 hélicoptères sont abattus. On déplore 3 morts et 8 blessés du côté des conseillers militaires américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sud-Vietnamiens et Américains auront tendance à se rejeter les uns sur les autres les erreurs commises ce jour-là (description détaillée de ces combats et de l’engagement du lieutenant-colonel John Paul Vann &#039;&#039;in&#039;&#039; Sheehan, 1990, pp. 255-326 ; version vue côté vietcong &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1965, pp. 98-102). La seule déclaration américaine un peu détaillée sur la bataille  viendra du Général Harkins, qui confie aux journalistes, sur les lieux même de la bataille et alors que tout prouve le contraire, que la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division de l’A.R.V.N. avait certes subi des pertes inhabituelles mais qu’elle semble avoir été capable d’encercler les Vietcong. Un porte-parole du service d&#039;information américain à Saigon s&#039;entretiendra également avec la presse, pratiquant une parfaite langue de bois et faisant d’une cuisante défaite une pseudo-victoire (Hammond, 1990, p. 33).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 janvier 63 : L’ambassadeur Nolting donne une tardive conférence de presse sur la bataille d’Ap Bac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 janvier 63 : Arrivée à Saïgon de l’amiral Harry D. Felt, commandant en chef des forces navales du Pacifique (Chaffard, 1964, p. 198).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 646 hommes de l’intendance américaine se trouvent alors au S-V. Arrivée des premiers hélicoptères de combat, des patrouilles de reconnaissances aériennes et de dragueurs de mines (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 109).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 janvier 63 : L’amiral Felt (commandant les forces navales du Pacifique), de retour du Vietnam pour Washington, reconnaît à demi-mots l’amertume des conseillers militaires confrontés à ce qu’ils considèrent comme une forme d’ingratitude des S-V : « C’est comme dans une famille, quand le père est parfois déçu par son fils ou son épouse […] Mais d’une façon générale, nous nous entendons bien. C’est le contraire qui est exceptionnel. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 306, note 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 janvier 63 : Dans son message sur l’état de l’Union, Kennedy déclare : « Au Vietnam, le fer de lance de l’agression [communiste] est émoussé. » Ce message reflète l’optimisme trompeur qui règne toujours début 1963 à la Maison Blanche au sujet du Vietnam. Il est relayé par les militaires, notamment l’amiral Felt (commandant les forces navales du Pacifique) qui, de retour du Vietnam, prédit une victoire dans un délai de trois ans (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 194).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​15 janvier 63 : Retour de Hilsman et Forrestal (collaborateurs d’Harriman) du Vietnam (voir 28 décembre 1962). Ils rapportent des avis négatifs tant sur le régime de Diem que sur le nombre de tués dans les rangs vietcong ou le bilan des hameaux stratégiques. Forrestal prévoit quant à lui une guerre longue et coûteuse (Halberstam, 1974, pp. 245-246). Ils estiment, dans une annexe ajoutée à leur rapport adressée à Kennedy, que la politique américaine est une politique de pas à pas qui n’est fondée sur aucun véritable dessein politique. Ils constatent également les malentendus entre civils et militaires américains qui sont impliqués au Vietnam et le manque de coordination entre les différents départements et agences qui y agissent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​17 janvier 63 : Un télégramme de l’ambassadeur de France au N-V, Roger Lalouette, évoque un HCM « inquiet des manœuvres de la faction sinophile [qui a] brusquement décidé de donner un énergique coup de barre pour se rapprocher de Moscou » en procédant à des remaniements ministériels. C’est en fait une simple manœuvre pour gagner du temps (Marangé, 2012, p. 305).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:1963&amp;diff=5199</id>
		<title>Catégorie:1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:01:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Généralités :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Année du coup d’État contre Diem (positions des dirigeants américains) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Favorables au renversement : Averell Harriman (sous-secrétaire d’État aux affaires politiques) ; Roger Hilsman (successeur d’Harriman au poste de sous-secrétaire d’État aux affaires politiques) ; Georges Ball (sous-secrétaire d’État) ; Roger Forrestal (adjoint d’Harriman, membre du Conseil national de sécurité) ; Henry Cabot Lodge (ambassadeur à Saigon à compter du 25 août 1963).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Défavorables : William Colby (directeur du département Extrême-Orient à la C.I.A.) ;  Maxwell Taylor (conseiller militaire spécial de Kennedy à la sécurité, chef de l’état-major combiné) ; Frederick E. Nolting (ambassadeur à Saigon jusqu’au 25 août 1963) ; Lyndon Johnson (Vice-Président, peu ou pas consulté d’après les sources).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réticents : Kennedy (Président) qui approuve a posteriori le télégramme du 24 août mais qui éprouve des craintes concernant la succession de Diem ; Robert MacNamara (secrétaire d’État à la Défense) ; Dean Rusk (secrétaire d’État) qui accepte finalement se de plier à la décision présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Année de la mort de Kennedy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​De janvier à juillet, voire même encore jusqu’à l’automne 1963, règne une forme d’optimisme au sein de l’administration américaine. On n’hésite même pas à établir des plans afin de préparer un retrait du Vietnam pour fin 1965 - début 1966. Pourtant, la situation s’altère progressivement. L’illusion d&#039;une réussite est entretenue par de faux rapports du M.A.C.V., de la C.I.A.  Mais aussi par le fait que le N-V ne respecte pas les promesses faites à Genève en 1962 au sujet de la neutralité du Laos (absence de troupes n-v sur son territoire, progrès tactiques du V.C.). En fait, la situation politique est plus que critique au S-V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Occupation géographique du Laos en 1963 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces du Pathet Lao (environ 15 000 hommes) occupent la majeure partie du Nord-Laos à l’est du Mékong. Elles s’étendent également vers le sud-est jusqu’au sud d’Attropeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces de droite (Phoumi Nosavan, environ 40 000 hommes) contrôlent la vallée du Mékong et sa partie ouest bordant la frontière thaïlandaise. Elles tiennent Paksé, Savannakhet, Takkek, Paksane, Vientiane, Louang Prabang et les principaux axes routiers. Elles détiennent également des enclaves (Seno, Saravane, vallée du Se Bang) ainsi que des maquis méos entre Louang Prabang et Sam Neua ravitaillés par les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces neutralistes du général Cong Le (5 à 6 000 hommes) ne détiennent que des enclaves dispersées : Phong Saly au Nord, montagnes autour de la plaine des Jarres, positions autour de Van Vien (Chaffard, 1964, pp. 217-218).&lt;br /&gt;
----{{Année|date=1963}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Année]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Catégorie:1963</title>
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		<updated>2026-07-26T09:01:29Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Généralités :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Année du coup d’État contre Diem (positions des dirigeants américains) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Favorables au renversement : Averell Harriman (sous-secrétaire d’État aux affaires politiques) ; Roger Hilsman (successeur d’Harriman au poste de sous-secrétaire d’État aux affaires politiques) ; Georges Ball (sous-secrétaire d’État) ; Roger Forrestal (adjoint d’Harriman, membre du Conseil national de sécurité) ; Henry Cabot Lodge (ambassadeur à Saigon à compter du 25 août 1963).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Défavorables : William Colby (directeur du département Extrême-Orient à la C.I.A.) ;  Maxwell Taylor (conseiller militaire spécial de Kennedy à la sécurité, chef de l’état-major combiné) ; Frederick E. Nolting (ambassadeur à Saigon jusqu’au 25 août 1963) ; Lyndon Johnson (Vice-Président, peu ou pas consulté d’après les sources).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réticents : Kennedy (Président) qui approuve a posteriori le télégramme du 24 août mais qui éprouve des craintes concernant la succession de Diem ; Robert MacNamara (secrétaire d’État à la Défense) ; Dean Rusk (secrétaire d’État) qui accepte finalement se de plier à la décision présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Année de la mort de Kennedy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​De janvier à juillet, voire même encore jusqu’à l’automne 1963, règne une forme d’optimisme au sein de l’administration américaine. On n’hésite même pas à établir des plans afin de préparer un retrait du Vietnam pour fin 1965 - début 1966. Pourtant, la situation s’altère progressivement. L’illusion d&#039;une réussite est entretenue par de faux rapports du M.A.C.V., de la C.I.A.  Mais aussi par le fait que le N-V ne respecte pas les promesses faites à Genève en 1962 au sujet de la neutralité du Laos (absence de troupes n-v sur son territoire, progrès tactiques du V.C.). En fait, la situation politique est plus que critique au S-V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Occupation géographique du Laos en 1963 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces du Pathet Lao (environ 15 000 hommes) occupent la majeure partie du Nord-Laos à l’est du Mékong. Elles s’étendent également vers le sud-est jusqu’au sud d’Attropeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces de droite (Phoumi Nosavan, environ 40 000 hommes) contrôlent la vallée du Mékong et sa partie ouest bordant la frontière thaïlandaise. Elles tiennent Paksé, Savannakhet, Takkek, Paksane, Vientiane, Louang Prabang et les principaux axes routiers. Elles détiennent également des enclaves (Seno, Saravane, vallée du Se Bang) ainsi que des maquis méos entre Louang Prabang et Sam Neua ravitaillés par les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces neutralistes du général Cong Le (5 à 6 000 hommes) ne détiennent que des enclaves dispersées : Phong Saly au Nord, montagnes autour de la plaine des Jarres, positions autour de Van Vien (Chaffard, 1964, pp. 217-218).&lt;br /&gt;
----{{Année|date=1963}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Année]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1962&amp;diff=5197</id>
		<title>Décembre 1962</title>
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		<updated>2026-07-26T09:00:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 62 : Un retrait de 1 000 militaires américains est acté. Il est officiellement annoncé par la Maison Blanche. Dans les faits, il s’agit d’une manipulation comptable compensée par les rotations de troupes. Les annonces de désengagement devront être démenties par la suite (&#039;&#039;Les Dossiers du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Tran Van Don rejoint Saigon et prend le poste de commandant de l’armée de terre s-v. Le général Minh est écarté. On lui confie le poste de conseiller militaire du président. Selon Don : « Cela revenait à lui octroyer des vacances de longue durée : il ne conseillait personne et n’avait ni responsabilité ni autorité. » (Tran Van Don, 1985, p. 112)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre 62 : Conférence de presse de Kennedy durant laquelle il déclare : « Nous ne voyons pas le bout du tunnel, mais je dois dire que je ne le crois pas plus sombre qu’il y a un an, et, à certains points de vue, il est même plus clair. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 décembre 62 : Mémorandum de Roger Hilsman (directeur du Bureau de Renseignements et Recherches du département d’État) à Rusk (secrétaire d’État). Il constate que l’optimisme de Diem, « d’ailleurs partagé par bon nombre de responsables américains au Sud-Vietnam apparaît pour le moins prématuré. Il serait plus juste de dire que la situation s’est dégradée moins vite que prévu », grâce à l’aide américaine et à la mise en place des hameaux stratégiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les observations américaines, l’armée s-v a repris des initiatives mais le Vietcong « n’est pas affaibli le moins du monde ». Il a même renforcé ses effectifs estimés à 23 000 combattants renforcés par 100 000 irréguliers et sympathisants. Il contrôle 20 % des villages et 9 % de la population rurale. Son influence a également augmenté dans les régions urbaines (subversion, terrorisme, propagande).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« L’évolution de la situation politique intérieure est beaucoup plus délicate. » Certes Diem est plus populaire « dans les cercles intellectuels et l’élite civile » et « est devenu de plus en plus conscient de l’importance de la paysannerie dans l’effort de contre-insurrection. » Mais des personnalités civiles et militaires envisagent toujours la mise en place d’un coup d’État. Les idées neutralistes, antiaméricaines et procommunistes sont toujours d’actualité. Le Vietcong « s’est manifestement préparé à un conflit de longue durée ». Le conflit sera donc long (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 185-187 ; Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 139-142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 décembre 62 : Lors d’une conférence de presse, Kennedy évoque la gravité de la situation au Vietnam. Il insiste sur l’intensification de la violence parlant d’une « guerre de guérilla d’une férocité croissante ». Parlant de la semaine qui a précédé cette conférence, il évoque 500 assassinats, attaques et attentats à la bombe. Il précise que la présence américaine se limite à la présence de « groupes d’entraînement » (&#039;&#039;training groups&#039;&#039;) qui assurent un soutien logistique et justifie leur augmentation par la hausse des attaques. Il termine son intervention par une pointe de pessimisme : « Nous ne voyons pas encore la fin du tunnel. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1964, p. 198).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 décembre 62 : Kennedy annonce à Diem l’envoi de deux escadrilles d’hélicoptères avec 400 hommes supplémentaires et 33 hélicoptères H-21.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 décembre 62 : Au Laos, suite aux récents accords de Genève (voir 23 juillet), confirmation de l’abandon progressif par les Français de la base de Seno. Son évacuation totale doit être effectuée au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 1963 (Le Page, 2014, pp. 138-139). La récupération des locaux par les Laotiens s’avère complexe car chaque faction entend se l’approprier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 décembre 62 : Au S-V, le révolutionnaire  Nguyen The Truyen, figure historique de l’anticolonialisme et ancien candidat à la vice-présidence de la République aux élections de 1961, adresse au secrétaire d’État à l’Intérieur une requête intitulée « Pour la libération de tous les détenus nationalistes, pour la rénovation policière du Sud-Vietnam, pour la création  du secrétariat à la guerre politique ». Il s’agit d’un véritable programme politique en faveur de la démocratisation et de la refonte du régime pour lutter plus efficacement contre la subversion communiste. Selon Guillemot, « le nationalisme non communiste se fracture un peu plus. » (Guillemot, 2018, p. 163)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 décembre 62 : De retour de mission au S-V, le sénateur démocrate Mike Mansfield remet à Kennedy un rapport confidentiel exprimant ses vives réserves à l’égard du régime de Diem. Ce rapport sera officiellement remis au département d’État le 25 février 1963. Il constitue l’une des premières critiques publiques émanant de l’une des hautes figures du Congrès sur l’engagement américain au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 décembre 62 : Le gouvernement de Saigon annonce la réalisation de 4 077 hameaux stratégiques sur les 11 182 prévus. Selon une habitude bien rôdée, ces chiffres ont été falsifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 décembre 62 : Après son séjour au S-V (voir novembre), le sénateur Mansfield remet à la Maison Blanche un rapport attendu de Kennedy qui y sera sensible. Ce rapport stigmatise le caractère impopulaire et dictatorial du régime diémiste. Il condamne également l’engagement américain qui vire à la guerre alors que, selon l’auteur du rapport, les intérêts de sécurité des U.S.A. n’y sont pas engagés. Mansfield propose au final une neutralisation de la région (Journoud, 2011, p. 107).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 décembre 62 - 15 janvier 63 : Après le sénateur Mansfield, Kennedy, toujours dans le doute sur les décisions à prendre, dépêche au Vietnam deux collaborateurs d’Harriman, &#039;&#039;&#039;Roger Hilsman et Mickaël Forrestal&#039;&#039;&#039; pour y voir plus clair. Ils font escale à Honolulu pour rencontrer l&#039;amiral Felt (commandant des forces américaines du Pacifique) puis poursuivent leur voyage au Laos, en Thaïlande et en Indonésie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin 62 : Selon Burchett, « fin 1962, le Front était dans une situation critique. » Le F.N.L., toujours assez mal armé, a dû rétracter ses forces et abandonner la zone populeuse mais dégagée du delta du Mékong où interviennent facilement les troupes aéroportées américano-sud-vietnamiennes (Burchett, 1965, p. 97). Seule la victoire d’Ap Bac (voir 2 janvier 1963) leur redonnera confiance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin 1962 - début 1963 : Les analystes du dossier du Pentagone produisent un optimisme démesuré par rapport à l’engagement des U.S.A. Celui-ci est dû à un certain nombre de rapports inadéquats émanant des services de renseignements qui, la plupart du temps, dont mal informés de la situation réelle.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Octobre 1962</title>
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		<updated>2026-07-26T08:58:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Automne 62 : La situation de l’armée s-v s’améliore sous l’impulsion des conseillers américains dont le nombre a fortement augmenté. Le matériel américain (hélicoptères) permet une plus grande mobilité des troupes. L’armée de l’air s-v bénéficie elle aussi d’une instruction. Selon le vice-président LBJ, « même s’il n’y avait pas retournement complet de situation, on allait dans la bonne direction. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Johnson, 1972, p. 82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le dossier du Pentagone, la décision d’envoyer des missions de soutien au combat et des conseillers militaires n’a jamais vraiment été réfléchie par l’administration américaine. A cette époque, selon la même source, cette décision est « prise par défaut », Kennedy étant surtout obsédé par la question de devoir ou non envoyer des troupes combattantes au sol (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Octobre 62 : Contrairement aux affirmations de désengagement futur émises par McN (voir 23 juillet), le nombre de militaires américains au Vietnam atteint 16 732 hommes. Un retrait théorique de 1 000 hommes est prévu pour octobre mais n’aura lieu qu’en décembre (&#039;&#039;Les Dossiers du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au S-V, tentative par l’assemblée nationale de libéraliser le régime en amendant la constitution afin que les parlementaires puissent reprendre la main. Les ministres seraient désormais admis à l’assemblée pour s’expliquer. Ni Diem ni les ministres n’y sont favorables. Cette mesure est rapidement mise dans les cartons et n’aboutira que lors de la crise de 1963 (Truong Vinh Le, 1989, pp. 72-73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le dirigeant du F.N.L., Nguyen Huu Tho, réaffirme l’indépendance de son mouvement par rapport au Nord&#039;&#039;&#039; : « […] nous ne saurions admettre que nos compatriotes du Nord nous imposent ou nous suggèrent tel ou tel régime économique et social […] Aucune des deux zones ne doit chercher à peser sur les décisions de l’autre, à s’immiscer dans les affaires intérieures de l’autre, sous quelque forme que ce soit. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 285).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, dans le cadre de la guerre secrète, début de l’installation d’une base secrète dans la vallée de Long Cheng (au nord-est de Vientiane) sous l’égide de la C.I.A. On y installe dans de le plus grand secret l’ébauche d’une piste d’atterrissage qui sera capable d’accueillir les avions et les hélicoptères de la compagnie &#039;&#039;Air America&#039;&#039; appartenant à la C.I.A. Au fil des mois une véritable ville secrète va voir le jour. A son apogée, elle sera capable d’accueillir plus de 40 000 résidents et un aéroport très fréquenté qui n’apparaît sur aucune carte mais sera capable d’assurer plus de 400 rotations aériennes par jour en 1965 avec l’arrivée massive de soldats américains au Sud-Vietnam. Cette base servira également de soutien logistique aux troupes hmongs du général Vang Pao qui vont entrer en lutte contre les forces communistes du Pathet Lao, notamment dans les combats qui vont être menés dans la plaine des Jarres (ou plateau de Thanh Ninh figurant sur l’une des cartes de ce site). Ses hommes seront formés à Long Cheng par une unité d’élite thaïlandaise, ce qui permet aux Américains de demeurer relativement discrets. Pour masquer leur présence militaire dans la région, les Américains auront aussi recours à une couverture humanitaire par le biais de l’U.S.A.I.D. (dispensaire de Sam Tong). La base servira également de plaque tournante dans le trafic d’opium.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre 62 : 7 mois après le plan de pacification mis en place autour des « hameaux stratégiques », Diem annonce à l’assemblée nationale : « […] actuellement, la population vivant en sécurité et dans l’esprit de la révolution à l’intérieur des hameaux stratégiques déjà édifiés (3 074) ou prêts à être terminés (2 679), se monte à 7 267 517 âmes. La réalisation a été fixée à 600 hameaux par mois. Ainsi, à la fin de 1962, 9 253 000 personnes, soit les deux tiers de l’ensemble de la population, vivront dans des hameaux stratégiques. » L’annonce de ces chiffres est, selon une habitude établie au S-V, totalement déconnectée de la réalité et clairement falsifiée (voir 11 avril 1963) (Fall, 1967, p. 428).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 62 : Aux Nations Unies, le représentant de la Thaïlande revendique les provinces cambodgiennes de Battambang, Kompong Thom et Siem Reap. Poursuite d’un long litige frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 62 : Au Cambodge, dix-neuvième gouvernement du Sangkum : gouvernement Norodom Kantol qui demeurera en place jusqu’au 25 décembre 1964 (Jennar, 1995, p. 159).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les accords de Genève pour le Laos, date butoir à laquelle les forces étrangères doivent quitter le pays. A l’exception des Français qui conserve la base de Seno que leur avaient accordé les accords de Genève de 1954. Mais à cette époque, l’existence de cette base, alors en pleine décadence (voir 16 juillet 1959), est fortement compromise par manque de soutien financier. C’est, à cette époque, le pro-américain Phoumi Nosavan, ministre des Finances laotien, qui doit en assurer la survie... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 octobre 62 : Nouvelle déclaration aussi optimiste que mensongère de McN à la presse : « Je pense qu’il est trop tôt pour dire que la situation s’est retournée, ou pour prédire l’issue finale, mais des progrès impressionnants ont été faits au cours de l’année écoulée […] Nous sommes enchantés des avancées qui nous ont été rapportées. Qu’on les mesure en termes de comparaison entre le pourcentage de pertes subies par les forces sud-vietnamiennes et par les agresseurs communistes, ou à l’aune de tous les autres critères que nous avons utilisés, ces progrès sont absolument manifestes. » Même rétrospectivement, dans ses mémoires, McN prétend avoir cru au contenu des déclarations d’Harkins confirmées par la C.IA., le département d’État et les médias… (McNamara, 1996, p. 58)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 octobre 62 : Diem déclare devant l’assemblée nationale s-v : « Ce n’est plus devant une guérilla que nous nous trouvons, mais devant une véritable guerre […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Lacouture, 1965, p. 83)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 octobre 62 : Le chef de l&#039;état-major interarmées sud-vietnamien, le général Le Van Ty, ordonne à tous les correspondants américains visitant les unités sur le terrain de soumettre leurs questions par écrit aux commandants des unités s-v. Ceux-ci doivent fournir des réponses écrites approuvées par leur hiérarchie. Certains commandants militaires s-v feront du zèle et interpréteront cette directive comme interdisant l’accès des journalistes de la presse internationale aux terrains d’opérations. Ce sera le cas pour la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division qui sera engagée à Ap Bac début 1963. Le département d’État réagit et demande à l’ambassadeur Nolting la suspension de cette directive qui sera finalement abrogée le 11 décembre par Ty (Hammond, 1990, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 octobre 62 – 28 octobre 62 : Crise des missiles à Cuba. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 62 : Un article du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; remet en cause l’optimisme officiel prôné par Saigon et Washington (voir 6 février) : « Dans l’effort continuel pour juger de la bonne marche de la guerre et des résultats obtenus par l’aide américaine toujours croissante, il semble qu’il y ait tendance à prendre pour acquis des résultats encore non obtenus et à discréditer les rapports pessimistes. Après tout, déclare-t-on, comment peut-on vraiment juger ce genre de guerre ? En même temps, cette tendance amène à choisir les preuves capables d’attester que tout va bien. Ainsi, au cours des derniers mois, un flot de VIP a si bien humé les directives officielles de prudent optimisme que chacun de ces personnages, soutenu par l’optimisme de son voisin, a trouvé le moyen de se montrer toujours plus optimiste que son prédécesseur. Disons toute suite que, sur le théâtre des opérations, l’optimisme est infiniment plus réduit qu’à Saigon et Washington et que plus on est proche de la guerre, plus on s’éloigne de l’optimisme officiel. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Halberstam, 1966, pp. 137-138)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​25 octobre 62 : Diem et Nhu s’en prennent à un nouveau journaliste américain, James Robinson de &#039;&#039;NBC News&#039;&#039;, considérant qu’il offense la famille Ngo. Le frère du président déclare  à un visiteur américain peu de temps après le départ forcé de Robinson pour Hongkong que « le régime de Diem avait l&#039;intention d&#039;expulser tout correspondant qui oserait dénigrer soit la famille Ngo ou la capacité du Sud-Vietnam à gagner la guerre. » (Hammond, 1990, pp. 24-29)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, l&#039;aviation s-v bombarde certains villages frontaliers.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1962&amp;diff=5195</id>
		<title>Juillet 1962</title>
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		<updated>2026-07-26T08:56:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 62 : &#039;&#039;&#039;Poursuite de la dégradation des relations entre Diem et les journalistes américains&#039;&#039;&#039;. Le président s’en prend à Homer Bigart. Le journaliste américain publie dans le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; un compte-rendu incisif sur sa politique appelant à réévaluer l’aide américaine. Si les U.S.A. ne parviennent pas à réformer le régime en place, ils vont être confrontés à 2 alternatives tout aussi indésirables l&#039;une que l&#039;autre. Soit remplacer Diem par une junte militaire, soit engager clairement des troupes américaines pour soutenir les perspectives déclinantes du Sud-Vietnam (Hammond, 1990, pp. 24-29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Échange épistolaire entre Nguyen Huu Tho (dirigeant du F.N.L.) et l’ancien président du Conseil Tran Van Huu, ancien président du Conseil (voir 27 avril 1950), neutraliste favorable aux accords de Genève de 1954, actuellement en exil à Paris. Tho lui expose les grandes lignes du programme du Front, insistant sur l’idée d’une neutralité à la laotienne (voir 16 février - 3 mars). Il demande à son correspondant dans quelle mesure il pourrait apporter son concours à cette cause, voyant en lui une solution de rechange à Diem (Chaffard, 1969, p. 260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saloth Sar (futur Pol Pot) devient chef du Parti des travailleurs du Kampuchéa (P.T.K.) en remplacement de Tou Samouth assassiné par la police sihanoukiste (Deron, 2009, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet 62 : Les Américains amorcent leur retrait des troupes de &#039;&#039;Marines&#039;&#039; de Thaïlande suite à un accord qui va être signé à Genève le 23 juillet entre les 14 nations qui reconnaissent la neutralité du Laos, accord que l’U.R.S.S. et les N-V vont signer (Kissinger 1, 1979, p. 467).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général W. B. Bosson est chargé de créer une école de guerre spéciale à Fort Bragg (Caroline du Nord). 250 officiers et un millier de sous-officiers y reçoivent un enseignement sur la guerre non conventionnelle, la guerre psychologique et la contre-guérilla. On peut s’interroger sur l’efficacité de ce type d’écoles qui vont se multiplier pour atteindre le nombre de 27. Le général Shoup du &#039;&#039;Marines Corps&#039;&#039;, clairvoyant, déclarera de Saïgon : « Les Américains sont trop impatients dans leur désir d’en finir avec la guérilla au Sud-Vietnam. Il n’y a pas de panacée qui élimine les communistes d’ici du jour au lendemain. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Toinet, 1998, p. 274) Les faits et les rapports à venir (lorsqu’ils ne seront pas arrangés…) lui donneront parfaitement raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juillet 62 : Un des premiers rapports de la C.I.A. critique la mise en place des « hameaux stratégiques » affirmant « quels que soit [leurs] mérites, [ils] pêche[nt] par un contenu trop flou et [un] manque d’applicabilité aux problèmes quotidiens. » Ce qui n’empêchera pas Harriman (adjoint au secrétaire d’État aux Affaires d’Extrême-Orient) ou Hilsman de se montrer très optimistes quant à leur avenir (Tenenbaum, 2010, p. 133).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 juillet 62 : Une première et vaste opération héliportée nocturne est menée par les troupes s-v du colonel Cao près de la frontière cambodgienne. Elle est présentée dans les rapports officiels américains comme une victoire. Or celle-ci est plus que relative : le débarquement a été fait au milieu d’un bataillon vietcong et les S-V ne sont parvenus pas à cerner le VC qui s’échappe. John Vann (conseiller commandant la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division américaine couvrant la région nord du Delta) a joint par radio le colonel Cao pour parachuter un bataillon en vue de  couper la retraite. Ce conseil n’est pas exécuté pour de sombres querelles de personnalités au sein du commandement s-v (Halberstam, 1966, pp. 136-137).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le F.N.L. fait référence à l’accord qui va être signé au Laos (voir 23 juillet) pour défendre une position neutraliste identique au S-V : « […] du moment  que les forces antagonistes du Laos ont pu trouver une issue raisonnable, la population du Sud-Vietnam doit pouvoir, elle aussi arriver à une solution adéquate. » &#039;&#039;&#039;Le Front énonce 4 points&#039;&#039;&#039; qui pourraient aboutir à une situation semblable au S-V : &#039;&#039;&#039;retrait des Américains ; cessez-le-feu entre les parties intéressées ; gouvernement d’union nationale préparant des élections libres ; neutralité du S-V, du Laos et du Cambodge.&#039;&#039;&#039; Mais Diem et les Américains rejettent cette proposition « judicieuse, conforme à la raison et au cœur » qu’Hanoi ne condamne pas, pas plus d’ailleurs que la Chine ou l’U.R.S.S. (voir 12 juin) (Chaffard, 1969, p. 264).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Tou Samouth, secrétaire général du Parti ouvrier du Kampuchéa (P.O.K.), est arrêté, torturé puis assassiné par la police cambodgienne. L’ordre d’exécution proviendrait ou de Sihanouk ou sans doute plus certainement de son ministre de la Défense, Lon Lol. Il sera remplacé par Saloth Sar (le futur Pol Pot) lors du congrès des 21 - 22 février 1963. Ce dernier rejoindra dès lors la « base 100 » dirigée par les Vietnamiens à la frontière khméro-cambodgienne dans la région de Tay Ninh (Cambacérès, 2013, pp. 144-145 ; Deron, 2009, pp. 25-27).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 juillet 62 : Tran Van Huu (ancien président du Conseil neutraliste), pressenti par les N-V et le F.N.L. pour être une alternative à Diem, rencontre Sihanouk à Genève. Le dirigeant cambodgien, lui-même neutraliste, estime que Huu est l’homme qui pourrait rassurer l’Occident. Il l’a appuyé auprès de représentants de l’opposition en exil mais ceux-ci n’ont qu’un rôle modeste tant sur le plan local qu’international (Chaffard, 1969, pp. 270-271).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​23 juillet 62 : &#039;&#039;&#039;Signature à Genève du traité de paix pour le Laos&#039;&#039;&#039; que 14 nations reconnaissent « neutre » (dont les deux Vietnam, la Thaïlande et les U.S.A.). Dans les faits, cette neutralité restera un vœu pieu dans les deux camps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les négociations ont duré plus d’un an (voir 16 mai 1961) et aboutissent à la formation d’un gouvernement de coalition tripartite dirigé par un triumvirat : chef du gouvernement, prince Souvanna Phouma (neutraliste) ; prince Boun Oum (droite laotienne pro-américaine) ; prince Souphanouvong (Pathet Lao pro-nord-vietnamien). Cette fragile coalition s’écroulera cependant dès avril 1963 avec le retour des intrusions n-v facilitées par l’accélération de l’utilisation de la piste HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un protocole est signé par toutes les puissances prévoyant l’évacuation des troupes étrangères, décision que ni N-V ni les Américains ne respecteront. De la même manière, selon Kissinger, seuls 40 des 6 à 7 000 soldats n-v qui y résident quitteront le pays. Les Américains en évacueront officiellement de leur côté 666 (même s’ils étaient bien plus nombreux que cela…) (Kissinger 1, 1979, p. 467). Les Américains maintiennent leurs bases secrètes, notamment celle de Long Cheng, quoiqu’en dise Kennedy dans ses déclarations publiques durant lesquelles il exhibe des cartes falsifiées. Il concentre alors des forces aériennes en Thaïlande et autorise des bombardements secrets sur le Laos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les Américains, la destinée du Laos est délibérément abandonnée au profit de celle du Vietnam. C’est ce qu’affirme clairement mais avec une certaine naïveté Taylor, le conseiller militaire de Kennedy : « Le sort du Laos sera réglé au Vietnam. » Pour autant, les Américains (Harriman, chef de la délégation à Genève pour le Laos) ont été, tout comme en 1954, étrangement absents du processus de discussion avec une Chine qui était favorable à une partition du pays. Quant à Rusk, il se contente de demeurer à Washington et ne vient à Genève que pour la cérémonie de clôture des accords (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 113-116). Selon Chaffard, pour les Américains, la neutralisation du Laos n’est « qu’un moyen circonstanciel pour couper d’Hanoi les maquis [sud-]vietnamiens. » (Chaffard, 1969, p. 288) C’est à l’évidence une grave erreur d’appréciation tactique qui n’empêchera jamais ni l’existence, ni la persistance, ni l’augmentation au fil du temps des infiltrations n-v. Et ce, d’autant plus, que cet accord autorise le gouvernement laotien à interdire au cas par cas le contrôle de sa neutralité par les équipes internationales de la C.I.C. : la piste HCM demeure donc ouverte (Brocheux, 2000, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Conférence à Honolulu. McNamara établit un premier plan de désengagement américain au S-V et une baisse de l’aide financière.&#039;&#039;&#039; Présent, Harkins déclare à McN : « Il est hors de doute que nous sommes en train de gagner. Si nos programmes se poursuivent, nous pouvons nous attendre à une baisse d’activité vietcong. » Moins euphorique, McN estime quant à lui à 3 ans la durée pour soumettre le Vietcong (McNamara, 1996, p. 59 et 61). Plus réaliste, il évoque un risque d’une lassitude de l’opinion publique américaine et une augmentation des pressions politiques intérieures du fait de l’accumulation des pertes (&#039;&#039;Les Dossiers du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui n’empêche toutefois pas le secrétaire à la Défense de faire des déclarations publiques tout à fait mensongères à la presse : « Notre aide militaire au Vietnam est en train de se révéler payante. Les Sud-Vietnamiens commencent à frapper les rebelles vietcong là où cela leur fait le plus mal – en ralliant le peuple à la cause gouvernementale […] Les forces armées vietnamiennes sont en train de passer à l’offensive contre le Vietcong, en prenant de plus en plus fréquemment l’initiative […] Les indicateurs sont encourageants, et nous cherchons désormais à soutenir cette dynamique. » (McNamara, 1996, pp. 58-59) Ce type de fausse affirmation est toutefois contredit par certains membres de l’administration qui en ont informé Kennedy (voir 11 février).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​24 juillet 62 : Dans le cadre du plan Staley (voir juin), arrivée à Saigon du général américain Arthur G. Trudeau, chef du service de recherche et de développement de l’armée américaine. Il a la réputation d’être un &#039;&#039;trouble shooter&#039;&#039;. Sa venue est liée à l’expérimentation de matériels, d’armes et de tactiques pour la pratique de la contre-guérilla au S-V et au Laos. Il travaille en liaison avec les forces spéciales américaines chargées d’instruire les troupes s-v à Nha Trang (Chaffard, 1969, pp. 370-371).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Juin 1962</title>
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		<updated>2026-07-26T08:55:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Été 62 : Rompant avec leurs engagements sur la neutralisation en cours du Laos, les Américains réintroduisent sous des couvertures variées des observateurs et des conseillers militaires du fait des infiltrations vers le S-V (Chaffard, 1969, p. 289).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Juin 62 : Le conseiller politique de l’ambassade américaine à Saigon, Joseph Medenhall, a un entretien avec le vice-président vietnamien Tho. Il déplore que « la plupart des morts  dans cette guerre ne sont pas des combattants vietcongs mais bien des civils tués par des forces gouvernementales. » Il ajoute : « Si tous ces morts étaient des Vietcongs, alors la guerre serait déjà finie… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pericone, 2014, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juin 62 : Un rapport de la C.I.C. observe des violations dans les deux camps des accords de Genève de 1954 : « Il est prouvé que du personnel armé et non armé, des armes et du matériel ont été envoyé de la zone Nord à la zone Sud dans le but d’appuyer, d’organiser et de déployer des activités hostiles, y compris des attaques armées contre les forces armées et le gouvernement de la zone Sud. » Le rapport note également que le S-V a fait venir du matériel de guerre et du personnel américain « dans des proportions interdites » (Chaffard, 1964, p. 246, note 1). L’essentiel de l’armement du F.N.L. provient de caches datant de 1954 et d’ateliers clandestins fonctionnant dans le maquis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juin 62 : Au Cambodge, élections législatives. Comme en 1958, les candidats du Sangkum (qui ne sont pas plus nombreux que le nombre de sièges à pourvoir) ont été choisis par Sihanouk. Ce choix a été le résultat d&#039;une sélection parmi 314 candidats. Il n&#039;y a plus aucun autre parti en compétition. Le Sangkum remporte donc tous les sièges. Khieu Samphan (futur KR) est élu parmi les représentants de la province de Kandal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juin 62 : &#039;&#039;&#039;Accord définitif pour la constitution d’un gouvernement de coalition au Laos&#039;&#039;&#039;. Souvanna Phouma est premier ministre et obtient le portefeuille de la Défense. Souvanouvong du Pathet Lao devient vice-premier ministre et ministre de l’Économie et du Plan. Phoumi Nosavan fait partie de l’équipe gouvernementale où il obtient le ministère des Finances. Un neutraliste pro-Pathet Lao, Quinim Pholsena, dirige les Affaires étrangères. Comme l’affirme Burchett, « sur la papier, les accords semblaient satisfaisants. Restait à savoir comment cela marcherait. » Les Soviétiques et les N-V auraient aimé que cette réunion des Quatorze nations puisse examiner le cas du S-V mais les Américains s’y opposent fermement (Chaffard, 1969, pp. 262-263 ; Burchett, 1970, pp. 168-169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juin 62 : Au Cambodge, le secteur frontalier du temple de Preah Vihear est demeuré sous occupation thaïlandaise malgré la restitution des territoires occupés depuis 1941 par le traité de Washington du 17 novembre 1946. En octobre 1961, le Cambodge avait décidé de porter l’affaire devant la Cour internationale de La Haye. Elle rend son verdict ce jour-même en déclarant que cette zone se trouve en territoire khmer. Malgré cette décision qui exaspère les Thaïlandais, la zone frontière demeurera en permanence une zone de friction, attisée par des agents de la C.I.A. qui coordonnent les actions. La Thaïlande, avec le soutien les Américains, demeurera sourde aux propositions de Sihanouk de 1964 et 1966 en vue d’établir un pacte de non-agression, de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays et de régler une fois pour toutes la reconnaissance des frontières (Cambacérès, 2013, pp. 139-140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​24 juin 62 : Création d’un gouvernement d’union nationale au Laos sous la direction du prince Souvanna Phouma avec affirmation d’une totale neutralité du pays. Il est désormais soutenu financièrement (ainsi que les forces irrégulières méo dirigées par le général Van Pao) par les Américains qui veulent y maintenir un gouvernement neutre, capable de mettre fin aux infiltrations n-v par la piste HCM (Kissinger 1, 1979, p. 467). C’est une nouvelle illusion des Américains.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mai_1962&amp;diff=5193</id>
		<title>Mai 1962</title>
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		<updated>2026-07-26T08:54:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mai 62 : Kennedy fait envoyer 5 000 &#039;&#039;Marines&#039;&#039; en Thaïlande pour faire face à la menace n-v au Laos. Les U.S.A., suite aux accords de Genève de 1954 concernant le Laos, établissent le retrait de leur personnel, soit 666 hommes. Selon Kissinger, les N-V n’entendent pas respecter pas l’accord et n’évacuent que 40 hommes sur les 6 000 présents sur le territoire laotien. Avec l’intensification de l’utilisation de la piste HCM, ils concentrent leur troupe au sud du pays (Kissinger 1, 1979, p. 467). &#039;&#039;&#039;A cette époque, la moitié de la superficie du Laos est occupée par les forces communistes du Pathet Lao&#039;&#039;&#039; (Rignac, 2018, pp. 160-161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN se rend pour la première fois au Vietnam (Baulon, 2009, p. 430). A la fin de son voyage, il déclare aux journalistes : « Je n’ai vu que des progrès et des signes d’espoir de progrès encore plus grands dans l’avenir. » En bon technocrate, il se réfugie derrière les rapports falsifiés d’Harkins : « Chaque mesure quantitative dont nous disposons indique que nous allons gagner la guerre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pericone, 2014, p. 63)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, arrestation de presque tous les dirigeants du Pracheachon dont Non Suon (qui restera en prison jusqu&#039;en 1970) et Keo Meas. Chou Chet, le rédacteur en chef du journal &#039;&#039;Pracheachon&#039;&#039; est également arrêté de même que son confrère de Pancha Shila accusé d&#039;avoir imprimé un poème du XVIII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle invitant les fonctionnaires de la cour à ne pas maltraiter les gens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’armée nationale s-v saisit sur les Plateaux des stocks de matériels militaires chinois à destination du F.N.L. Une importante contrebande maritime en provenance de Singapour ou de l’île chinoise d’Hainan est alors monnaie courante (Chaffard, 1964, p. 247).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 62 : Nomination de John Mecklin à la tête l’&#039;&#039;United States Information Agency&#039;&#039; (U.S.I.A.) à Saigon. Cette agence a la charge de relayer l’information officielle et de gérer les relations avec les journalistes. Elle est entièrement placée sous l’autorité de l’ambassadeur américain au S-V, Nolting.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mai 62 : Au Laos, rompant un cessez-le-feu qui n’a jamais été appliqué, le Pathet Lao attaque les troupes repliées de Phoumi Nasaran qui avaient été repoussées en janvier après avoir elles-mêmes attaqué vers le Nord. Les troupes de Nosavan (7 000 hommes) se réfugient dans une vallée située à une quinzaine de kilomètres à l’est de Nam Tha « dans une situation du type de celle de Dien Bien Phu » (Burchett, 1970, p. 164). Selon Schlesinger, le VM  a appuyé la contre-offensive du Pathet. Kennedy hésite et fait finalement appel à des renforts thaïlandais le 15. La progression du Pathet Lao vers la frontière thaïlandaise est donc stoppée mais les troupes de Nasaran, durablement bloquées et bien que ravitaillées et renforcées par un pont aérien américain, demeurent cernées (Schlesinger, 1966, pp. 466-467). La tentative de sauvetage par une colonne de secours prise elle-même dans une embuscade échouera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-mai 62 : Fortes dissensions entre les militaires s-v (soutenus par Diem et Nhu) et l’administration Kennedy. Elle porte sur 4 points : l’utilisation du napalm et des défoliants, les &#039;&#039;free-zones&#039;&#039; (zones où l’aviation américaine bombarde au jugé et dans lesquelles les troupes tirent à vue) et l’utilisation d’appareils à réaction. Selon des rapports de l’armée s-v, la débauche de moyens de destruction heurte la population et la pousse dans les bras du Vietcong (Halberstam, 1974, p. 247).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​24 mai 62 : Un article d’un correspondant du journal britannique &#039;&#039;Times&#039;&#039; à Washington intitulé « La C.I.A. responsable de la crise au Laos » accuse l’agence d’être à l’origine de la défaite de Nam Tha (voir 6 mai) : « L’administration est maintenant convaincue que la C.I.A. s’est encore amusée à ses petits jeux favoris et porte une lourde responsabilité dans la situation créée au Laos […] Il semble que les agents de la C.I.A. qui pullulent au Laos se sont délibérément opposés à l’objectif officiel américain de mettre sur pied un gouvernement neutre. On croit savoir qu’ils ont poussé le général Phoumi Nosavan à la concentration de ses troupes et que c’est cela qui amena la riposte immédiate et brutale du Pathet Lao. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1970, pp. 167-168)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=F%C3%A9vrier_1962&amp;diff=5192</id>
		<title>Février 1962</title>
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		<updated>2026-07-26T08:52:44Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Février 62 : Averell Harriman (ambassadeur itinérant) est désigné par Rusk (secrétaire d’État) pour gérer le conflit au Laos. Il est le chef de la délégation américaine lors des négociations de Genève en cours. Pour parvenir à un résultat, il persuade Washington de couper les fonds financiers de la C.I.A. qui faisaient tenir le général Phoumi Nosavan et son armée (Schlesinger, 1966, p. 406).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, les Français commencent à réfléchir à l’évacuation des installations d’écoute de la base de Seno (voir avril et 25 septembre 1956) (Le Page, 2014, p. 139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kennedy fait entrer le général du corps des &#039;&#039;Marines&#039;&#039; Victor Krulack à l’état-major interarmes en créant un poste de conseiller en matière de guerre subversive dans laquelle le président fonde toujours de nombreux espoirs (Pericone, 2014, p. 19).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 février 62 : &#039;&#039;&#039;Institution par décret du programme des hameaux stratégiques au Sud-Vietnam&#039;&#039;&#039; (voir 12 janvier). Les Américains le nommeront &#039;&#039;Sunrise&#039;&#039;. Sa mise en place est confiée à Nhu qui, selon Halberstam, « essaya d’en faire son fief personnel » (Halberstam, 1974, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans faire confiance à Nhu, pas plus que Nhu ne faisait confiance aux Américains, ces hameaux sont rapidement vivement critiqués. Prévus au départ pour regrouper les populations rurales en vue d’éviter leur contamination par le Vietcong, ils doivent faire bénéficier ces populations de mesures politiques, sociales et économiques en leur faveur et d’une protection physique. Ils sont initialement prévus pour atteindre le nombre de 16 000, un nombre qui ne sera en réalité jamais atteint. Ils atteindront au mieux le nombre de 8 000.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les faits, ils deviennent du fait de la volonté de Diem un moyen de contrôler la population là où les Américains espéraient et souhaitaient que ce programme puisse fidéliser la population rurale au régime sud-vietnamien. Le concept n’est d’ailleurs pas nouveau, il avait déjà été mis en place par les Français sous le nom de « villages protégés » ou « agrovilles », sans donner le moindre résultat probant (Salan 2, 1971, pp. 216-217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur demande de McNamara, les Américains créeront à partir de 1967 par le biais de la C.I.A., un « système d’évaluation des hameaux », le &#039;&#039;Hamlet Evaluation System&#039;&#039; (H.E.S.) pour mesurer leur situation politique, économique et sécuritaire. Ce système bureaucratique et fantaisiste va noter les hameaux selon un code de lettres qui leur attribue une note selon leur degré de fidélité au régime en place (Colby, 1992, pp. 199-200). Mais ce programme va également permettre à l’armée s-v de s’engager le moins possible dans les combats car Diem veut la ménager, vivant dans la crainte permanente d’un coup d’État militaire (Sheehan, 1990, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem promulgue un décret lançant l’opération &#039;&#039;Sunrise&#039;&#039; (voir 22 mars) avec l’appui des U.S.A. Il vise à reconquérir les cœurs et les esprits en apportant aux populations un bien-être matériel. L’opération doit refouler le paupérisme, berceau du communisme, notamment par le biais de ces hameaux stratégiques confiés à Nhu (Pericone, 2014, p. 67). Ce programme se juxtapose à bien d’autres (&#039;&#039;Delta Plan&#039;&#039;, &#039;&#039;Hai Yen 2&#039;&#039; ou &#039;&#039;Sea Swalow 2&#039;&#039;) formant un enchevêtrement assez utopique en termes de projet de société dont les finalités et la portée demeurent somme toute aussi obscures  que bureaucratiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 février 62 : La presse américaine fait savoir qu’un premier hélicoptère américain a été abattu au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Début des déclarations publiques et mensongères de McN&#039;&#039;&#039; : « Les mesures prises par le gouvernement sud-vietnamien pour faire échec à la très grave crise de subversion et d’agression, d’agression clandestine, contre ce pays, commencent à se révéler efficaces […] L’impact combiné des opérations qu’ont lancées les Sud-Vietnamiens eux-mêmes et de celle qu’ils nous ont demandé d’entreprendre est en voie de conduire, je crois, une amélioration de la situation, mais il est encore beaucoup trop tôt pour prédire l’issue finale. » (McNamara, 1996, p. 58) Les renseignements dont dispose le secrétaire d’État à la Défense disent tout le contraire de ce qu’il déclare ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 février 62 : &#039;&#039;&#039;Le [http://www.laguerreduvietnam.com/pages/le-commandement-americain.html M.A.A.G. présent au Vietnam depuis 1950] devient l’&#039;&#039;U.S. Military Assistance Command Vietnam&#039;&#039; (U.S.[http://www.laguerreduvietnam.com/pages/le-commandement-americain.html M.A.C.V].), commandement de l&#039;assistance militaire au Sud-Vietnam qui est dirigé par le général Paul Harkins, commandant-adjoint des forces américaines dans le Pacifique. Son chef d’état-major est le général Wede, commandant les &#039;&#039;Marines&#039;&#039; dans la zone Pacifique. Ses effectifs sont d’environ 4 000 hommes. Basé près de l’aéroport de Tan Son Nhut, on le dénomme aussi « le Pentagone Oriental ». La présence de cette nouvelle instance dirigeante est bien le signe tangent de l’engagement militaire américain au Vietnam.&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Harkins commence à falsifier dès sa création les rapports du M.A.C.V. en les teintant d’optimisme&#039;&#039;&#039; (Sheehan, 1990, pp. 161-162). Il devient rapidement la bête noire des journalistes hostiles à Diem : Neil Sheehan et David Halberstam correspondants à Saigon de l’&#039;&#039;United Press International&#039;&#039; au Vietnam, Homer Bigart du  &#039;&#039;New York Times&#039;&#039;, François Sully de  &#039;&#039;Newsweek&#039;&#039;, Malcolm Browne et Peter Arnett de l&#039;&#039;&#039;Associated Press&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les rapports falsifiés d’Harkins seront également contestés par les militaires de terrain : le colonel Wilbur Wilson (III&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; corps couvrant la région s’étendant au nord et à l’ouest de Saigon), le colonel Daniel Dan Porter (IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Corps, couvrant le reste du delta du Mékong), le lieutenant-colonel John Paul Vann (VII&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division, couvrant la région nord du Delta) et le lieutenant-colonel Fred Ladd (21&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division, occupant le secteur sud du Delta).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leurs rapports sont hiérarchiquement bloqués mais certains d’entre eux utiliseront, dès la mi-juillet, les journalistes présents au Vietnam et se rendant sur le terrain pour faire passer leurs messages : Sheenhan et Halberstam, en autres. Ce dernier écrit : « Il ne fallut pas longtemps pour qu’une version de la guerre et du régime [celui de Diem] infiniment plus pessimiste ne commençât à apparaître dans la presse américaine. » Le rôle des journalistes sera contesté par Harkins, leur reprochant une bonne dose de sensiblerie. Mais certains, dans un premier temps, furent sensibles au discours officiel et lénifiant de la M.A.C.V. : Joseph Aslop et Marguerite Higgins du &#039;&#039;Time&#039;&#039; et du &#039;&#039;New York Herald Tribune&#039;&#039; (Halberstam, 1974, p. 238 et pp. 241-242 ; Halberstam, 1966, pp. 186-187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 février 62 : Débarquement à Saigon de deux compagnies de support aérien portant à 4 000 le nombre de soldats américains présents au S-V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 février 62 : Un rapport adressé à Kennedy par Forrestal (membre du C.N.S., conseiller du conseiller à la Sécurité nationale McGeorge Bundy) indique que le président doit s’attendre « à une guerre longue et coûteuse ». Ce rapport indique que « personne ne sait combien des 20 000 Vietcongs tués l’année dernière étaient d’innocents ou du moins de récupérables villageois ni si le programme des hameaux stratégiques procure suffisamment d’avantages au gouvernement pour contrebalancer les sacrifices qu’il réclame ou si la masse silencieuse réagit aux entraves imposées au népotisme dictatorial de Diem. » Le même document stipule que le recrutement du Vietcong est si important au S-V que la guerre peut se prolonger, sans même le secours des infiltrations venant du Nord qui sont pourtant grandissantes (&#039;&#039;Les Dossiers du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 février 62 : Diem crée un Comité interministériel en charge des hameaux stratégiques. Nhu, jugé « architecte et force motrice » du projet, y joue un rôle déterminant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 février 62 : Le Comité national du Parti républicain a demandé depuis le début du mois des comptes à l’administration Kennedy sur l’engagement américain au Vietnam. Lors d’une conférence de presse, le président est obligé de reconnaître que « notre assistance a augmenté en réponse aux requêtes du gouvernement de Saigon. » Il concède aussi que les « conseillers » ont le droit d’utiliser leurs armes s’ils sont attaqués mais, jouant sur les mots « soldats » et « conseillers », s’empresse d’ajouter : « Nous n’avons pas envoyé de troupes de combat, au sens général de ce mot. » (Pericone, 2014, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 février – 3 mars 62 : &#039;&#039;&#039;Congrès des maquisards du Front national de libération (F.N.L.).&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Récemment libéré, Nguyen Huu Tho&#039;&#039;&#039; fait son autocritique avant d’être admis au poste de responsabilité suprême. &#039;&#039;&#039;Il est désormais élu président du F.N.L.&#039;&#039;&#039; Il fait l’historique de son passé et précise : « J’ai pu penser un moment que j’avais tout de même contribué, dans une certaine mesure, à la lutte de notre peuple. Je m’aperçois à présent que quelles que soient mes propres épreuves, elles pèsent encore bien peu à côté de tant de douleurs et de deuils endurés par nos compatriotes sous le régime de Ngo Dinh Diem. Cela m’incite à multiplier d’avantage mes efforts. » Revenant sur son passé, il regrette ses compromissions « sous le régime colonialiste » français qui ménageait les intellectuels. Ce n’est qu’en 1947, alors qu’il a été fait prisonnier par le VM, qu’il a ouvert les yeux. On l’a même arrêté comme agent communiste alors qu’il ne l’était pas. L’arrivée au pouvoir de Diem et la mise en place de sa dictature l’ont incité à se révolter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, celui qui se considère comme un patriote-bourgeois, fait à nouveau l’éloge de ses convictions neutralistes : « De nos jours, le monde est divisé en deux camps, occidental et oriental. Nous ne voulons appartenir à aucun d’entre eux. » Il suffit « d’appliquer une politique de neutralité active [qui] nous empêchera d’être entraînés dans un conflit entre les deux blocs et enlèvera aux Américains tout prétexte pour intervenir dans nos affaires intérieures. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Tho est reconduit le 3 par acclamation comme président du F.N.L. Il est épaulé par 5 vice-présidents dont l’un est membre du Parti populaire révolutionnaire (P.P.R.) d’obédience marxiste, nouvellement créé le 15 janvier. Un Comité central de 55 personnes est élu, la moitié de ses membres appartiennent à la mouvance communiste mais 22 places sont réservées à des ralliements ultérieurs. Le Comité central de l’armée populaire de libération est quant à lui dominé par les communistes.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais le programme du F.N.L. demeure modéré et ce, avec l’accord d’Hanoi : il faut « établir un gouvernement d’union nationale et de large démocratie ; instaurer l’indépendance nationale et les libertés démocratiques ; améliorer les conditions de vie du peuple ; pratiquer une politique étrangère de neutralité ; réunifier le pays par des voies pacifiques ». Contrairement au congrès de décembre 1960, la question de la réunification des deux zones n’est pas mentionnée dans les comptes rendus (Chaffard, 1964, pp. 189-193 ; Chaffard, 1969, pp. 249-259 ; Fall, 1967, p. 412 ; Lacouture, 1965, pp. 75-76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 février 62 : Envoyé par son frère au Vietnam, Robert Kennedy (Attorney General, ministre de la Justice) fait une déclaration aux journalistes à Saigon. Le &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; du 19 février rapporte ses propos : « Nous allons gagner au Vietnam. Nous y resterons jusqu’à ce que nous ayons gagné […] La lutte du Vietnam pour préserver son indépendance face à l’agression communiste est importante, elle concerne tous les pays libres [...] Il s’agit d’une nouvelle forme de guerre mais il s’agit d’une guerre au sens propre du mot. Il ne s’agit pas d’une guerre où sont engagées des divisions entières, mais plutôt où l’on utilise la terreur, l’assassinat, l’embuscade et l’infiltration […] Le peuple américain assistera le Vietnam en cette période de troubles, jusqu’à ce que le peuple vietnamien ait les moyens de développer son pays, dans la paix, la dignité et la liberté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Johnson, 1972, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers le 20 février 62 : McN est entendu devant le Congrès. Nouvelle série de contre-vérités. Il se garde bien d’évoquer l’engagement des avions et des hélicoptères américains dans les récentes missions de combat (voir 11 décembre 1961 ; 13 janvier ; 7 février). Il affirme, même s’il n’en pense pas un mot, que la coopération avec le régime de Diem est efficace et que le président s-v est en train d’élargir sa base politique (Pericone, 2014, pp. 60-61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​27 février 62  : &#039;&#039;&#039;Deux pilotes s-v attaquent à la bombe le palais de l’Indépendance&#039;&#039;&#039; (ancien siège du Gouvernement général) &#039;&#039;&#039;où réside Diem&#039;&#039;&#039; qui occupera par la suite le palais Gialong (ancienne résidence des gouverneurs de Cochinchine). C’est une deuxième tentative de coup d’État après celui, avorté, des 11 et 12 novembre 1960. Diem qui a pu se réfugier dans une partie souterraine du palais s’en sort indemne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Potentiellement, il vise également le couple Nhu. Madame Nhu est d’ailleurs assez grièvement blessée par une chute alors qu’elle entendait aller récupérer ses enfants. Le palais présidentiel est sérieusement endommagé. Toutefois une des bombes n’aurait pas fonctionné. Les commanditaires ne seront jamais retrouvés. Un des pilotes, Nguyen Van Cu, se réfugie au Cambodge. Le second, Pham Phu Phoc, atteint par un tir de D.C.A. est obligé d’atterrir en catastrophe sur la Rivière de Saigon et est arrêté. Une partie de l’armée s-v n’apprécie donc pas Diem, ce qui prouve aux Américains que ce dernier ne contrôle pas toute son armée. Pour ménager une partie de celle-ci, le pilote capturé sera épargné par le président (Rignac, 2018, pp. 195-196 ; Truong Vinh Le, 1989, pp. 67-68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Tran Van Don, dès cette époque, les différents services d’espionnage américains « nous présentaient des agents pour connaître nos intentions quant à l’éventualité d’un coup d’État contre Diem. Nous observâmes une prudente réserve à l’égard des Américains. Nous ne faisions pas confiance aux services d’espionnage américains, qui avaient de multiples branches opérationnelles qui se concurrençaient, se jalousaient et connaissaient des dissensions internes. En outre, nous étions convaincus qu’un coup d’État contre Diem devait rester une affaire strictement vietnamienne. » Sur ce point précis, la position des futurs conjurés demeura la même jusqu’à la chute de Diem et Nhu en novembre 1963 (Tran Van Don, 1985, pp. 108-109).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Juillet 1961</title>
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		<updated>2026-07-26T08:47:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 61 : Le colonel Edward Lansdale soumet au général Taylor (conseiller militaire de Kennedy) un compte rendu des actions clandestines américaines dans le N-V et des pénétrations au Laos (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 119 et pp. 159-167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les termes de « hameaux stratégiques » apparaissent pour la première fois dans le &#039;&#039;Bulletin officiel d’information&#039;&#039; du Sud-Vietnam. Cette terminologie n’est pas introduite par Thompson lui-même mais il la reprendra pour la fondre avec celle de « Nouveaux Villages » qu’il avait appliquée à la Malaisie. Thompson, dirigeant la &#039;&#039;British Advisory Mission&#039;&#039; au Vietnam, juge la situation au Vietnam bien pire que celle de la Malaisie. Il estime cependant qu’on peut y appliquer le même remède s’appuyant sur la création de 11 000 hameaux censés contenir les trois quarts voire la totalité de la population rurale (Tenenbaum, 2010, pp. 129-130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le gouvernement fait état de persécutions religieuses et racistes frappant les Khmers Kroms. L&#039;O.N.U. ouvre une enquête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au N-V, la résolution du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; plénum du comité central du Lao Dong stipule qu’il faut « consolider et développer activement les coopératives agricoles et fermes d’État ». La collectivisation forcée se heurte toujours aux pratiques ancestrales de l’économie familiale. Selon Guillemot, « malgré l’aide étatique, la progression de riz ne progresse quasiment pas entre 1960 et 1975, alors que la population du Nord augmente de près de 12 millions d’habitants entre 1955 et 1975. » (Guillemot, 2018, p. 171) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un C-47 américain est abattu au-dessus de Ninh Binh (zone des Évêchés). Il transportait un commando s-v qui devait être parachuté en Haute-Région dans l’une des zones tenues par les minorités hostiles au régime n-v (Chaffard, 1964, p. 250). Ce genre d’incursion est fréquent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 61 : Les forces spéciales américaines intervenant au N-V passent de 340 à 805 hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juillet 61 : Au Laos, accord de la Plaine des Jarres (Conférence de Na Mone) qui parvient laborieusement à un compromis aussi fragile que provisoire pour fixer une ligne de cessez-le-feu. Un gouvernement de coalition serait dirigé par la tendance neutraliste du prince Souvanna Phouma. Les deux vice-présidences reviennent à gauche au prince Souphanouvong et à droite au général Phoumi Nosavan et au prince Boun Oum  (Chaffard, 1969, p. 262). Ce premier accord n’aboutit pas (voir 8 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 juillet 61 : Lors d’une réunion en comité restreint à la Maison Blanche, le sous-secrétaire d’État Alexis Johnson présente deux options militaires : une opération terrestre au Sud-Laos avec des forces laotiennes, thaïlandaises, s-v et américaines ; une opération aéronavale américaine sur Hanoi et Haïphong. Rostow (membre du C.N.S.) et Taylor (conseiller militaire présidentiel) défendent pour la première fois l’option de bombardement de la piste HCM. Kennedy rejette toutes ces options, jugeant ces plans non aboutis et leurs estimations trop optimistes à l’expérience de celles du passé. Il s’appuie sur les mises en garde de De Gaulle (voir 31 mai) qui, selon Salinger (porte-parole à la Maison Blanche) ont impressionné le président américain (Journoud, 2011, pp. 100-101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Visite par le ministre de l’Intérieur s-v Bui Van Luong d’un hameau stratégique modèle dans la province de Vinh Long. C’est à partir de cette visite que les médias s-v vont tenter de populariser le concept. La presse saïgonnaise rendra compte de cette visite dès le lendemain.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Juin 1961</title>
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		<updated>2026-07-26T08:45:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juin 61 : 1 500 soldats n-v s’infiltrent au S-V. Dans les mois qui suivent, le rythme atteindra 500 à 1 000 hommes par mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux accords américano-vietnamiens signés lors de la visite du vice-président Johnson (voir 13 mai), les Américains mettent en place un plan cohérent et progressif appelé &#039;&#039;&#039;« plan Staley »&#039;&#039;&#039; qui sera revu et corrigé par le général Taylor (conseiller militaire de Kennedy)  et que le F.N.L. nomme « plan Staley-Taylor ». Il s’inscrit dans la lutte antirévolutionnaire et de contre-guérilla au N-V avec infiltration de commandos, installation de bases clandestines, sabotages, élimination des cadres communistes et libération progressive du N-V à partir de zones pacifiées (Chaffard, 1969, p. 369). Selon Tram Nam Trung, membre du comité exécutif du F.N.L. pour la province de An Xuyen évoquant le « plan Staley-Taylor » : « ses objectifs essentiels étaient les suivants : création d’un no man’s land le long du 17&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et des frontières avec le Laos et le Cambodge en détruisant tous les villages de cette bande de territoire et en vaporisant des produits chimiques qui anéantiraient la jungle afin de nous couper du monde extérieur. » Selon Burchett, on prévoit alors l’installation de 16 000 « hameaux stratégiques » où seraient concentrés les deux tiers de toute la population du Sud. (Burchett, 1965, p. 85)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, en vue de l’établissement d’une guerre secrète, d’un commun accord James William Lair (C.I.A.) et le général hmonh Vang Pao décident d’installer une base secrète dans la vallée de de Long Cheng au nord de Vientiane (voir octobre 1962). Elle portera le nom de code de &#039;&#039;Lima Site 20 A&#039;&#039; (&#039;&#039;LS-20A&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin 61 : De Gaulle fait savoir à Kennedy qu’il est opposé à l’intervention américaine qui ne pourrait que renouveler les erreurs françaises du passé. Il ne rend toutefois pas cette position publique et ne s’oppose pas à une intervention militaire des États-Unis si ceux-ci la jugent nécessaire (Journoud, 2011, p. 98).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juin 61 : Le premier ministre Pham Van Dong fait part de l’amélioration des relations franco-nord-vietnamiennes à l’ambassadeur De La Boissière : « Nous sommes bien disposés à l’égard de la France et nous désirons que nos relations s’améliorent entre les deux pays […] Votre politique a été à la remorque des Américains, mais le général De Gaulle a la volonté et les moyens d’une politique nationale. Il faut que vous réalisiez où sont vos vrais intérêts. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Quirielle, 1992, p. 35)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 – 4 juin 61 : Rencontre tendue entre Khroutchtchev et Kennedy à Vienne. La question du &#039;&#039;&#039;Laos&#039;&#039;&#039; est abordée. Le premier secrétaire du P.C. soviétique rappelle son soutien aux « luttes de libération nationale ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 juin 61 : Lettre de Diem à Kennedy réclamant des instructeurs américains pour la formation de l’armée sud-vietnamienne qui doit passer de 170 000 à 270 000 hommes. La Maison Blanche octroie alors les instructeurs pour 30 000 hommes supplémentaires (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​​22 juin 61 : Pour le Laos, signature d’un accord à Zurich dans le cadre de la Conférence de Genève entre Souvanna Phouma et le prince Boun Oum en vue de la formation d’un gouvernement de coalition (voir 12 juillet) (Burchett, 1970, p. 162).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​24 juin 61 : Nhu est reçu (brièvement…) par le premier ministre français Michel Debré. Il rappelle l’attachement du S-V à la France. Il rassure son interlocuteur en l’assurant de la modération de l’influence des U.S.A. sur le gouvernement sv. De Gaulle, de son côté, a toujours repoussé les sollicitations pour inviter Diem à Paris, malgré l’admiration de ce dernier pour le Général, exception faite des positions neutralistes du moment (Journoud, 2011, p. 87).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1961&amp;diff=5189</id>
		<title>Mars 1961</title>
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		<updated>2026-07-26T08:44:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 61 : Au S-V, du fait du retour de l’insécurité dans le delta du Mékong et de la conscription militaire décrétée par le gouvernement de Saïgon, environ 1 400 Khmers Krom (en majorité des hommes) se dirigent vers le Cambodge. Sihanouk s’empare de l’affaire pour dénoncer « le génocide dont sont victimes 600 000 Khmers au Sud-Vietnam ». 900 d’entre eux renteront dans leurs villages en mai 1963 (Brocheux, 2000, p. 18).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 61 : Déclaration de Dean Rusk (secrétaire d’État) qui affirme que les maquisards du F.N.L. « étaient dirigés, ravitaillés, renforcés et instruits par le Nord-Vietnam avec un mépris total des accords de Genève. » (Knöbl, 1967, p. 358, note 36)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 61 : Une commission spéciale américaine décide d’accroitre encore l’aide militaire à l’armée royale laotienne (Schlesinger, 1966, p. 304).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Printemps 61 : &#039;&#039;&#039;Kennedy ordonne secrètement d’envoyer au Vietnam 400 membres des Forces spéciales et 400 autres conseillers militaires.&#039;&#039;&#039; Cet ordre enfreint les accords de Genève qui fixait à 685 le nombre de soldats dont la présence était autorisée (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 107). Contrairement à ce que lui avait dit Eisenhower au sujet de Laos (voir 19 janvier), le nouveau président se focalise également sur le Vietnam estimant que le N-V constitue un État tampon entre les troupes américaines et la Chine, tout en ayant une préoccupation principale, celle de ne pas déclencher de guerre avec ce pays (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais selon Schlesinger, Kennedy n’oublie pas pour autant le Laos : « Pendant ses deux premiers mois de présidence, il consacra plus de temps au Laos qu’à quoi que ce soit d’autre. » Il crée « une commission spéciale du Laos » censée court-circuiter « ce problème de la lenteur de la machinerie gouvernementale ». Contrairement aux usages de l’administration Eisenhower, l’ambassadeur Winthrop Brown est sollicité quotidiennement et rappelé pour consultation à Washington « soumis au classique mitraillage de questions de Kennedy. » (Schlesinger, 1966, p. 302)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 61 : &#039;&#039;&#039;Frederick E. Nolting est nommé ambassadeur des U.S.A. à Saigon&#039;&#039;&#039; en remplacement d’Elbridge Dubrow qui avait des relations tendues avec Diem. Il présentera ses lettres d’accréditation le 10 mai. Il avoue ne pas savoir pourquoi Rusk a pensé à lui pour ce poste (Nolting, 1988, p. 11). Il demeurera en fonction jusqu’au 15 août 1963. Cette nomination vise en fait à rapprocher l’administration Kennedy de Diem, ce que fera mieux Nolting en acquiesçant à tous ses désidératas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sujet du Laos où la situation paraît bloquée tant du point de vue diplomatique que militaire (voir début février et 19 février) pour les Américains, Kennedy déclare qu’« une petite minorité soutenue par des hommes et du matériel étranger » essaient de contrer le concept de neutralité du Laos. Il précise : « […] nous sommes décidés à soutenir le gouvernement et le peuple laotiens dans leur résistance contre cette tentative. » (Schlesinger, 1966, p. 302)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 61 : Le secrétaire d’État Rusk prend contact avec le ministre des Affaires étrangères soviétique, Andreï Gromyko, sur la question de la neutralité du Laos. On ne parvient pas à un accord, du moins en apparence (Schlesinger, 1966, p. 304).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 61 : Kennedy convoque un C.N.S. sur la question du Laos. Au préalable, il a invité Walter Lippmann (journaliste qui a fait connaître l’expression « guerre froide ») et Schlesinger à déjeuner. Selon ce dernier, « il était très préoccupé par le Laos. » Il déplore la trop grande implication des U.S.A. en Asie du Sud-Est mais estime « qu’il devait faire face à la situation telle qu’elle était. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa position demeure ferme : « Nous ne pouvons accepter et nous n’accepterons pas une humiliation manifeste au Laos. » Il ne se prononce pas cependant pour une intervention unilatérale et directe des U.S.A., « pour un pays dont les habitants n’avaient visiblement aucune envie de se battre pour eux-mêmes. » Il ne comprend pas et ne partage pas la position des Soviétiques concernant la neutralisation du pays. Il confie à ses 2 interlocuteurs qui ne lui sont pas d’un grand secours : « Si je décidais de ne rien faire, je pourrais être un président extrêmement populaire. » Mais telle n’est pas son intention…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le C.N.S. discute sur le fait d’envoyer un petit contingent de troupes américaines au Laos dans la vallée du Mékong. Rostow défend ce projet mais les chefs d’état-major s’y opposent craignant une réplique du VM envahissant le Laos et une intervention de la Chine (au vu de ce qui s’est passé en Corée). Ils préconisent ou une intervention massive de l’ordre de 60 000 hommes, avec appui aérien (voire l’utilisation d’armes nucléaires) ou rien. Kennedy n’est pas favorable à une intervention limitée du fait de la complexité de la situation internationale du moment : Berlin, Cuba, le Congo. Ce C.N.S., pas plus d’ailleurs que celui du lendemain, n’aboutit à aucune prise de décision claire. On espère toujours explorer la voie diplomatique avec les Russes (Schlesinger, 1966, pp. 304-305).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 61 : Face à une situation de guerre civile (voir 19 janvier et mai), Kennedy, lors d’une conférence de presse où sont exposées trois cartes du Laos montrant les infiltrations communistes, lance un avertissement concernant ce pays où plus de 6 000 soldats n-v sont engagés : « Le Laos est loin de l’Amérique, mais le monde est petit […] Si le Laos perd son indépendance et sa neutralité, la sécurité de toute l’Asie du Sud-est sera compromise. La sécurité du Laos est notre sécurité à tous. Sa neutralité doit être respectée par tous. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Kissinger 1, 1979, p. 467) Selon Schlesinger, le président dénonce « plus de 1 000 sorties aériennes [soviétiques] dans la zone des combats depuis décembre. » Si ces attaques devaient continuer, « ceux qui soutiennent un Laos franchement neutre devront envisager une riposte. » Tout en affirmant clairement la nouvelle position des États-Unis : « Si dans le passé, il y a pu avoir des motifs de se méprendre sur notre désir d’un Laos véritablement neutre, il ne doit pas y avoir de doutes maintenant. » S’adressant plus particulièrement au peuple américain, il déclare : «  La sécurité de l’ensemble du Sud-Est asiatique serait en danger si le Laos perdait son indépendance et sa neutralité. Sa propre sécurité marche de pair avec la nôtre à tous, dans une neutralité respectée par tous […] Je sais que chaque Américain sera désireux de voir son pays respecter ses engagements jusqu’à ce que la liberté et la sécurité du monde libre et de nous-mêmes soient assurées. » Mais derrière la fermeté de ses propos publics se dissimulent des doutes et une grande perplexité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 61 : Lors d’une conférence de l’O.T.A.S.E. à Bangkok, Rusk obtient l’envoi de troupes thaïlandaises, du Pakistan et des Philippines. Les Français s’abstiennent (Schlesinger, 1966, p. 306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 mars 61 : Un « avis » des services de renseignements américains brosse &#039;&#039;&#039;un tableau très sombre de la situation au S-V&#039;&#039;&#039; : « Plus de la moitié de la région rurale au sud et au sud-ouest  de Saigon de même que quelques régions au nord se trouvent soumises à un contrôle communiste rigoureux. Quelques-unes de ces régions sont en effet inaccessibles à toute autorité gouvernementale qui n’est pas immédiatement soutenue par des forces armées efficaces. Les forces du Vietcong encerclent Saigon et ont commencé récemment à se rapprocher de la ville […] Il y a eu une tendance grandissante dans les milieux officiels et l’armée à mettre en question les capacités de Diem en tant que chef dans la période actuelle. Beaucoup de personnes estiment qu’il est incapable de rallier le peuple au combat contre les communistes, du fait de son attitude quasi dictatoriale, de la tolérance qu’il témoigne à l’égard de la corruption répandue jusque dans son entourage immédiat et de son refus de détendre un système rigide de contrôle. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 114)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin mars 61 : Averell Harriman (ambassadeur itinérant), électron libre de la diplomatie américaine, s’arrange  pour rencontrer à New Dehli Souvanna Phouma sans en avertir l’administration. L’entretien se passe bien, Phouma étant sûr d’être suivi par 90 % de la population laotienne qui est, selon lui, prête à adhérer à un projet neutraliste. Harriman dont la vieille expérience avec les Soviétiques est appréciée à la Maison Blanche est écouté avec la plus grande attention par Kennedy. Une venue de Phouma à Washington est programmée pour les 19 et 20 avril mais sera contrariée par l’absence de Rusk (censé se rendre en Géorgie) et surtout par le fiasco militaire de la Baie des Cochons (voir 17 - 20 avril). Phouma repart finalement pour Moscou (Schlesinger, 1966, p. 308).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Cat%C3%A9gorie:1961&amp;diff=5188</id>
		<title>Catégorie:1961</title>
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		<updated>2026-07-26T08:40:20Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Généralités :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les mesures prises par l’administration américaine en 1961 et 1962 sont des demi-mesures, qui paraissent souvent en contradiction avec leurs objectifs. La politique menée se caractérise par un mélange de naïveté, de négligence et d’insouciance. Nous sommes devant une administration qui schématise de manière beaucoup trop simple une problématique éminemment complexe. En lisant les documents et les ouvrages abordant cette époque, l’impression qui en ressort est que l’administration américaine analyse le problème comme un problème secondaire, sans essayer de vraiment le comprendre, persuadée que le Vietcong est insignifiant et convaincue que les choses se solutionneront par elles-mêmes. Toutefois, l’administration Kennedy met un doigt dans l’engrenage en initiant &#039;&#039;&#039;une guerre secrète au Laos&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations dans le bloc communiste continuent à se dégrader. Selon Halberstam, « en 1961, le schisme dans le monde communiste était très apparent : Khrouchtchev avait retiré de Chine ses techniciens et ses ingénieurs. » (Halberstam, 1974, p. 148)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Halberstam, « […] l’administration Kennedy ne remit en cause aucune des conceptions d’Eisenhower sur l’Asie (des conceptions que Dulles avait taillées sur mesure pour le groupe McCarty au Sénat) ; au contraire, l’équipe Kennedy allait plutôt pousser et moderniser les moyens de réaliser cette politique. » (Halberstam, 1974, p. 148)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Selon le même, « il n’y eut aucune tentative valable, quand la nouvelle administration entra en fonction, d’analyser la position de Ho Chi Minh en termes du peuple vietnamien et en termes du monde communiste dans son ensemble, d’établir ce que représentait Diem, de déterminer si la théorie des dominos était en fait un concept valable&#039;&#039;&#039;. Chaque fois que la théorie des dominos était envoyée aux experts du renseignement pour estimation, ils renvoyaient des réponses qui reflétaient leurs doutes sur sa valeur, mais au plus haut niveau du gouvernement on ne touchait pas à la théorie des dominos. »&#039;&#039;&#039; (Halberstam, 1974, p. 149) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains, enfermés dans leur anticommunisme, peinent à percevoir l’aspect plus nationaliste que communiste de la personnalité d’HCM. Un anticommunisme qui empêche l’administration Kennedy de voir le Vietnam tel qu’il est et qui n’a aucun atome crochu avec l’&#039;&#039;american way of live&#039;&#039; qu’on entend lui imposer au Nord comme au Sud.&lt;br /&gt;
----{{Année|date=1961}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Année]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Catégorie:1961</title>
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		<updated>2026-07-26T08:39:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;Généralités :&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les mesures prises par l’administration américaine en 1961 et 1962 sont des demi-mesures, qui paraissent souvent en contradiction avec leurs objectifs. La politique menée se caractérise par un mélange de naïveté, de négligence et d’insouciance. Nous sommes devant une administration qui schématise de manière beaucoup trop simple une problématique éminemment complexe. En lisant les documents et les ouvrages abordant cette époque, l’impression qui en ressort est que l’administration américaine analyse le problème comme un problème secondaire, sans essayer de vraiment le comprendre, persuadée que le Vietcong est insignifiant et convaincue que les choses se solutionneront par elles-mêmes. Toutefois, l’administration Kennedy met un doigt dans l’engrenage en initiant une guerre secrète au Laos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations dans le bloc communiste continuent à se dégrader. Selon Halberstam, « en 1961, le schisme dans le monde communiste était très apparent : Khrouchtchev avait retiré de Chine ses techniciens et ses ingénieurs. » (Halberstam, 1974, p. 148)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Halberstam, « […] l’administration Kennedy ne remit en cause aucune des conceptions d’Eisenhower sur l’Asie (des conceptions que Dulles avait taillées sur mesure pour le groupe McCarty au Sénat) ; au contraire, l’équipe Kennedy allait plutôt pousser et moderniser les moyens de réaliser cette politique. » (Halberstam, 1974, p. 148)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Selon le même, « il n’y eut aucune tentative valable, quand la nouvelle administration entra en fonction, d’analyser la position de Ho Chi Minh en termes du peuple vietnamien et en termes du monde communiste dans son ensemble, d’établir ce que représentait Diem, de déterminer si la théorie des dominos était en fait un concept valable&#039;&#039;&#039;. Chaque fois que la théorie des dominos était envoyée aux experts du renseignement pour estimation, ils renvoyaient des réponses qui reflétaient leurs doutes sur sa valeur, mais au plus haut niveau du gouvernement on ne touchait pas à la théorie des dominos. »&#039;&#039;&#039; (Halberstam, 1974, p. 149) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains, enfermés dans leur anticommunisme, peinent à percevoir l’aspect plus nationaliste que communiste de la personnalité d’HCM. Un anticommunisme qui empêche l’administration Kennedy de voir le Vietnam tel qu’il est et qui n’a aucun atome crochu avec l’&#039;&#039;american way of live&#039;&#039; qu’on entend lui imposer au Nord comme au Sud.&lt;br /&gt;
----{{Année|date=1961}}&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Année]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1960&amp;diff=5186</id>
		<title>Décembre 1960</title>
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		<updated>2026-07-26T08:38:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 60 : Face à l’escalade des combats au S-V, Sihanouk signe un traité d’amitié et de non-agression entre le Cambodge et la Chine (Becker, 1986, p. 333).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début décembre 60 (première semaine) : Durant deux semaines, réunion d’une centaine de membres de ce que l’on va désormais nommer à partir du 20, le F.N.L., dans la zone D, au nord du Delta, un  très ancien sanctuaire du VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Soviétiques parachutent secrètement des armes et des vivres au-dessus du Laos. Ces opérations secrètes se poursuivront jusqu’en avril 1961 (Marangé, 2012, p. 297).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 décembre 60 : Au Laos, le roi démet Souvanna Phouma (Cesari, 1995, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 - 16 décembre 60 : Au Laos, chute de Vientiane. Le général pro-américain et pro-thaïlandais Phoumi Nosavan a fait progressivement avancer ses troupes sur Vientiane pour renverser le gouvernement Souvanna Phouma qui avait été remis en place depuis le 8 août. Il prend la ville le 13 avec les complicités de la C.I.A. et de l’armée thaïlandaise (sur l’intervention de cette dernière, voir Chaffard, 1964, p. 212, note 1). Les combats provoquent environ 600 morts et de nombreuses destructions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Phoumi Nosavan réunit 40 membres de l&#039;assemblée nationale transportés de Luang Prabang à Savannakhet via &#039;&#039;Air America&#039;&#039;, la compagnie aérienne de la C.I.A. Ils votent le renversement de Phouma qui s’est réfugié au Cambodge dès les premiers combats. L’acte de destitution est signé par le roi. Le prince Boun Oum forme alors un nouveau gouvernement dont Nosavan est l&#039;homme fort. L’un comme l’autre demeurent des hommes de paille de la C.I.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à ces combats et à cette défaite, les hommes du capitaine Kong Le se replient en bon ordre et sans pertes vers la plaine des Jarres faisant leur jonction avec les forces du Pathet Lao (voir 4 janvier 1967). Selon Schlesinger, « […] ses troupes quittèrent Vientiane dans des camions américains chargés de matériels des États-Unis […] » (Schlesinger, 1966, p. 301).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 décembre 60 : Les dossiers du Pentagone font état d’un câblogramme de Dubrow (ambassadeur américain à Saigon) à Christian A. Herter (secrétaire d’État) : « Le régime de Diem est menacé par deux dangers distincts mais connexes : celui qui serait la conséquence d’une série de manifestations ou de tentative de coup d’État est le plus évident. » L’autre danger, « le plus sérieux est cependant l’extension graduelle du contrôle vietcong sur les campagnes, extension qui, si elle devait se poursuivre et s’amplifier, signifierait la perte du Vietnam libre au profit des communistes. » Les U.S.A. doivent agir rapidement pour sauver le gouvernement. Il faut avoir une discussion avec Diem et créer « un choc psychologique nécessaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vice-président Tho (sudiste) doit quitter le ministère de l’Économie pour prendre celui de l’Intérieur. L’armée, vacillante, doit posséder son propre ministère car celui qui existe a été noyauté par Nhu. « Le bruit court que M. et Mme Nhu provoquent une dissensions croissante dans le pays et mettent sérieusement en danger la position du gouvernement Diem. » Nhu et Tran Van Tuyen (services secrets) doivent être écartés et affectés « à un poste d’ambassadeur à l’étranger. » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 109-114)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 - 20 décembre 60 : &#039;&#039;&#039;Formation du &#039;&#039;Front National de Libération&#039;&#039; du Sud-Vietnam (F.N.L.)&#039;&#039;&#039; qu’on appelle couramment et de manière péjorative &#039;&#039;&#039;le Vietcong&#039;&#039;&#039; (« communistes vietnamiens »). Il a été fondé dans la province de Tay Ninh au S-V (Truong Nhu Tang, 1985, pp. 84-98), peut-être près du village de Suo Dai (Knöbl, 1967, p. 102) ou de Tan Lap (Cesari, 1995, p. 135). La date de sa création n’est pas sans rappeler celle du déclenchement de l’insurrection à Hanoi du 19 décembre 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Son futur président sera Nguyen Huu Tho&#039;&#039;&#039;, un avocat pour l’instant retenu en résidence surveillée (voir 31 octobre 1961). Formé par les Français, non ouvertement communiste à ses débuts, il est l’ancien vice-président du Comité Saigon-Cholon de Défense de la Paix et des Accords de Genève (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 1954). Il a connu des périodes d&#039;incarcération sous la domination française et en connaît toujours sous le régime de Diem en tant qu’opposant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ses débuts, le F.N.L. regroupe des communistes et des non-communistes (bourgeois, nationalistes, catholiques, travailleurs et paysans). Pour l’instant, les communistes se font discrets et jouent la carte neutraliste. La liste des premiers dirigeants n’est pas rendue publique car on attend des ralliements de partis et d’organisations politiques dont la liste sera publiée ultérieurement (voir Knöbl, 1967, p. 376). Le mot d’ordre du mouvement est : « Indépendance, Démocratie, Paix, Neutralité ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon son futur président Nguyen Huu Tho, le programme du F.N.L. repose sur les points suivants : pas de confiscation systématique des terres mais une redistribution équitable ; maintien du droit à la propriété « sauf à l’égard des traîtres » ;  liberté des entreprises industrielles, y compris étrangères (« nous ne sommes pas opposés aux investissements étrangers, dans une certaine mesure ») ; respect des libertés démocratiques : libertés de parole, de réunion, de circulation des personnes et des biens. L’organisation militaire est axée sur les « unités d’autodéfense » locales, « les groupes de guérilla locaux » et « l’armée régulière » (Burchett, 1965, p. 83-84 ; Manifeste et programme du Front national de libération du Sud Vietnam cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Truong Nhu Tang, 1985, pp. 323-332).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les faits, le F.N.L. s’avèrera être au fil du temps une émanation du Lao Dong (Parti des Travailleurs) dont l’objectif est de « libérer le Sud » (résolution adoptée à Hanoi le 5 septembre) (Rignac, 2018, pp. 163-167). Il possède un bras armé, les Forces armées populaires de libération (F.A.P.L., nommées par les S-V et Américains par un terme péjoratif, « Vietcong »). Elles sont structurées sous forme d’unités régulières hiérarchisées, de forces provinciales et locales adossées aux villages. C’est une armée qui a un appareil politique géographiquement hiérarchisé : hameaux, villages, districts, provinces (Prados, 2011, pp. 152-153). Selon Knöbl, « au sens habituel du mot, il ne s’agit pas  d’un parti mais plutôt d’un réservoir de « toutes les forces révolutionnaires, progressistes et nationales du peuple vietnamien » » (Knöbl, 1967, p. 103).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 décembre 60 : A l’appel de l’Inde et de la Chine, l’U.R.S.S. propose à la Grande Bretagne (co-présidente de la conférence de Genève) de réunir une conférence pour rétablir la paix au Laos (Cesari, 1995, pp. 140-141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin 1960 : Dans les derniers moments de l’administration Eisenhower, Lansdale retourne au Vietnam. Il y découvre la puissance du Vietcong et de ses guérillas. Il perçoit l’isolement de Diem, l’influence de Nhu et du clan familial des Nguyen. Il constate une absence de dialogue entre Diem et l’ambassadeur Elbridge Dubrow.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au retour, il rédige un rapport très pessimiste mais qui néglige complètement les réalités de ce qu’il a pu observer, croyant que l’influence des conseillers américains allait influencer Diem dans une bonne direction à l’américaine. Ce rapport sera transmis à Rostow (futur membre du C.N.S. et directeur de la planification politique du département d’État) « qui était précisément à la recherche de quelque chose dans ce genre-là. » Kennedy, à la veille de prendre la présidence, feuillette le rapport et dit à Rostow : « Walt, ça va être le pire qu’on n&#039;ait encore jamais vu […] Mettez-vous au travail là-dessus. » Ce rapport provoque une réaction positive de Kennedy à l’égard de Lansdale. Il lui proposera le poste d’ambassadeur au Vietnam. Mais Rusk et certains membres du département à la Défense s’y opposeront (Halberstam, 1974, pp. 155-156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les U.S.A. inondent le Laos d’argent, accordant 300 millions de dollars à un pays faiblement peuplé (2 habitants au km²). Chaque habitant reçoit en moyenne 150 dollars de revenu annuel, soit près du double du revenu normal d’un Laotien. Mais, selon Schlesinger, 85 % de cet argent en provenance des U.S.A. bénéficie à l’armée royale « équipée depuis 1959 à l’américaine ». Mais l’instruction qui a été donnée aux troupes demeure conventionnelle et donc peu adaptée au type de conflit à mener. Cette manne financière va être dilapidée, engendrant « une inimaginable corruption » dans l’armée. Le fossé se creuse alors encore plus entre les villes qui bénéficient de cet argent et les campagnes qui demeurent pauvres. Le Pathet Lao y règne alors en maître (Schlesinger, 1966, p. 298).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1960&amp;diff=5185</id>
		<title>Août 1960</title>
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		<updated>2026-07-26T08:36:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Août 60 : L’&#039;&#039;Infantery Journal&#039;&#039; affirme : « Les plans communistes ont été pour la plupart déjoués par la puissance militaire sud-vietnamienne. Les conseillers américains ont été l’objet de menaces et même d’attaques de la part des forces armées communistes. Le fait même que ces attaques aient eu lieu prouve bien que l’aide américaine est efficace. » Manière de reconnaître qu’il y a des pertes dans les rangs des conseillers militaires américains (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1968, p. 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 60 : Au Cambodge, Khieu Samphan, directeur du journal d’opposition &#039;&#039;L’Observateur&#039;&#039; qui avait été molesté par la police (voir 13 juillet) est cette fois arrêté avec 17 autres personnes dont pratiquement tous sont des éditorialistes de la presse de gauche. Les 4 journaux d&#039;opposition sont désormais interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 août 60 : Au Cambodge, Sihanouk s’en prend au journal communiste &#039;&#039;Le Pracheachon&#039;&#039;, qui face aux résultats du récent référendum (voir 5 juin) et à la nomination du nouveau « chef de l’État » (voir 12 juin) a mené une campagne d’opposition. Le tout a provoqué une crise politique. Sihanouk menace de se retirer de la vie politique et de dissoudre le Sangkum (Tong, 1972, p. 142). Désormais se développe une opposition au régime autocratique de Sihanouk, y compris au sein même du Sangkum.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 - 9 août 60 : Au Laos, un « faux » coup d&#039;État est organisé par un capitaine de parachutistes inconnu, Kong Le. C’est une connaissance de Souphanouvouong, et de son bras droit, le colonel Singkapo Chunmali Sikhot, un membre du comité central du Neo Lao Haksat qui commande les forces armées du Pathet Lao. Pour autant, l’homme n’est pas inféodé au Pathet Lao et est soutenu par les Américains. Dans les faits, le roi rappelle Souvanna Phouma et le remet au pouvoir. Un faux coup d’État donc, avec effusion de sang (6 morts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant le général Phoumi Nosavan, soutenu par les États-Unis et la Thaïlande, ne désarme pas et promet dès le mois d&#039;août de reprendre la capitale : ses troupes, menaçantes, avanceront sur Vientiane jusqu’au 11 décembre (voir 13 - 16 décembre). Mais Phouma intègre Nosavan dans son gouvernement, le nommant même vice-président et ministre de l’Intérieur. C’est un ralliement de façade : Nosavan cherche simplement à gagner du temps pour renforcer ses troupes, regroupées à Savannakhet et armées là-bas par les Américains. Cependant provisoirement rassurés et en attente de mieux, les États-Unis reconnaissent le nouveau gouvernement Phouma. Mais avec l’espoir de mettre en place leur homme, Nosavan, qui compte sur l’appui des Thaïlandais massés à la frontière pour prendre Vientiane (Burchett, 1970, pp. 148-150).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM suggère de faire preuve d’un esprit de conciliation mais essuie les sèches remontrances de Mao au sujet de propos proférés par Ho contre l’attitude agressive des États-Unis jugés trop mesurés. Selon Marangé, « l’autorité d’Ho Chi Minh commença à être contestée par les dirigeants chinois au début de la guerre civile au Laos. » (Marangé, 2012, p. 295)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 août 60 : Au Laos, le capitaine Kong Le déclare dans un meeting public : « De nombreux gouvernements ont promis une politique neutraliste et n’ont jamais tenu leur promesse. Mon groupe et moi-même sommes décidés à tout sacrifier, y compris nos vies, pour assurer la paix et la neutralité de notre nation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Burchett, 1970, p. 158)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 août 60 : Le prince Souvanna Phouma devient pour la seconde fois premier ministre du Laos. Il lance un appel aux États-Unis et à l’Union soviétique pour qu’ils neutralisent le Laos et le Cambodge, seule solution à ses yeux pour apporter la paix dans le Sud-Est asiatique (Van Geirt, 1972, pp. 199-200).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 60 : Attaque par le Vietcong contre un des avant-postes de l’A.R.V.N. situé à Hiep Duc (province de Quang Nam, Centre-Vietnam). Il contrôlait la route et le fleuve qui reliait la côte aux montagnes. C’est un poste isolé qui ne peut être couvert par l’artillerie. L’arrivée de renforts s-v oblige l’occupant à quitter la position. Le commandant du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; corps, Tran Van Don, note alors : « La situation n’était pas d’une extrême gravité, mais elle démontra que le Vietcong disposait de réelles forces de combat au Centre-Vietnam, qui pourtant était renommé pour son absence d’activités communistes. » Les autorités locales « tentèrent de cacher ce fait. » (Tran Van Don, 1985, pp. 102-103).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 août 60 : Au Cambodge, inauguration à Phnom Penh de l&#039;hôpital de l&#039;amitié khméro-soviétique (et donc financé par l&#039;U.R.S.S.), le plus grand, à cette date, de toute l&#039;Asie du Sud-Est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 août 60 : Un article du &#039;&#039;New York&#039;&#039; &#039;&#039;Herald Tribune&#039;&#039; (Paris) évoque sous la plume de Dennis Bloodworth la corruption qui gangrène le S-V par le biais du Can Lao : « La corruption est partout. Un homme d’affaires qui est bien introduit dans le parti Can Lao (parti de Ngo Dinh Nhu) obtient toujours très facilement autorisations de commerce et licences d’importation mais le Parti prélève sa part. Des adversaires du régime affirment catégoriquement qu’un système « 60/40 » fonctionne maintenant, par lequel les maisons de commerce versent 40 % de leurs bénéfices au Parti, en échange des facilités qui leur sont consenties. » (cité in Chaffard, 1964, p. 137, note 1).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=F%C3%A9vrier_1960&amp;diff=5184</id>
		<title>Février 1960</title>
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		<updated>2026-07-26T08:31:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Février 60 : Au Laos, suite au coup d’état de décembre 1959, préparation des élections truquées d’avril. Depuis janvier, un gouvernement de transition est dirigé par un homme de paille, Kou Abhay.  C’est en fait le général pro-américain et pro-thaïlandais Phoumi Nosavan (ministre de la Défense) qui dirige le pays avec le soutien de l’armée. Le gouvernement prépare les élections législatives d’avril en modifiant les règles électorales pour contrer le Pathet Lao : hausse prohibitive des frais de candidature, redécoupage des circonscriptions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prince Souphanouvong et les principaux cadres pro-pathet lao demeurent emprisonnés à Vientiane (ils ne s’évaderont qu’en mai). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission d’assistance militaire américaine (programme &#039;&#039;Project Hotfood&#039;&#039;) accroît son soutien à l’armée royale laotienne.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1959&amp;diff=5183</id>
		<title>Août 1959</title>
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		<updated>2026-07-26T08:29:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Août 59 : HCM se rend à nouveau en Chine. Les promesses chinoises de fourniture de matériel militaire non tenues par Chou En Laï entraîneront par la suite un certain refroidissement des relations entre les deux hommes jusqu’à la visite au N-V du ministre des Affaires étrangères chinois en mai 1960 (Marangé, 2012, pp. 286-287).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 - 5 août 59 : Sihanouk se rend à Saïgon en vue d’apaiser les vives tensions entre les deux pays (voir 20 janvier). Il s’entretient avec Diem. On revient sur les vieilles querelles territoriales entre les deux pays au sujet du delta du Mékong. Sihanouk propose d’abandonner les prétentions cambodgiennes sur la région. Mais Diem demeure intransigeant et revendique certaines îles côtières cambodgiennes. En fait, il n’accepte toujours pas la position neutraliste cambodgienne. L’échec de cette entrevue aboutira à une tentative d’attentat au colis piégé qui visera le palais royal de Phnom Penh le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 août 59 : Des élections législatives ont eu lieu au Sud-Vietnam. Elles aboutissent à une victoire écrasante mais, une fois encore, truquée par le président Ngo Dình Diem et son gouvernement. Truong Vinh Le devient le président de l’Assemblée nationale (Truong Vinh Le, 1989, pp. 49-51). Le régime a remporté la totalité des 123 sièges de l&#039;Assemblée nationale, sauf 2, occupés par 5 partis politiques progouvernementaux et des candidats indépendants également pro-gouvernementaux. La tenue des élections a permis une certaine libéralisation du régime en termes de liberté d&#039;expression, mais le régime de Diem continue à maintenir plus que jamais un contrôle rigide et frauduleux du processus électoral.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les efforts considérables déployés pour empêcher un petit nombre de candidats de l&#039;opposition de se présenter aux élections, grâce notamment à l&#039;utilisation de soldats de l&#039;armée venus en autocar pour remplir les urnes afin de soutenir les candidats progouvernementaux, 2 candidats indépendants de l&#039;opposition ont été élus : Phan Quang Dan et Phan Khac Suu. Cependant, lors de la première session inaugurale de l&#039;Assemblée nationale, Dan et un autre député indépendant, Nguyen Tran, ne sont pas autorisés à  siéger. Ils sont arrêtés et accusés de fraude électorale. Sous la pression des Américains, l’une des rares tentatives pour libéraliser le régime politique au S-V échoue donc totalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 août 59 : Au Cambodge, poursuite des intimidations à l’égard des représentants du pouvoir. Un colis piégé envoyé au palais royal tue le prince Vakrivan, directeur du protocole, ainsi que deux serviteurs. Sihanouk et la reine ne sont pas sur place. L&#039;attentat peut être attribué ou aux Khmers Serei ou à Sam Sary (père de Sam Rainsy, voir 20 janvier, 21 février et 3 mars). Le roi fait arrêter l’opposant pro-sud-vietnamien Sam Rainsy, actuel président du P.S.R., ancien vice-premier ministre, et son épouse (Cambacérès, 2013, pp. 135-136).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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