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	<title>Mémoires Indochine - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-09-22T01:56:59Z</updated>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mai_1954&amp;diff=5370</id>
		<title>Mai 1954</title>
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		<updated>2026-09-19T06:15:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mai 54 : Défaite au Cambodge des Khmers issaraks (communistes) qui perdent 500 hommes. Pour autant, le mouvement n’est pas moribond, toujours soutenu par le VM et la Thaïlande. Bangkok demeure le refuge de leur chef politique et militaire, Pok Chhum, à la tête de 1 200 hommes (Gras, 1979, pp. 231-232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’A.N.V. compte désormais 250 000 hommes mais 50 000 d’entre eux déserteront après la défaite de Dien Bien Phu (Toinet, 1998, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
68 % des Américains sont toujours hostiles à un engagement de leurs troupes en Asie (Ruscio, 1992, p. 203)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 54 : A Dien Bien Phu, le réseau des tranchées d’approche établi par le VM atteint les 400 km (Navarre, 1979, p. 350). Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère exécute un coup de main sur les travaux du VM sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; : 2 blockhaus détruits et 1 endommagé. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. chasse les troupes du VM des abords sud-ouest d’&#039;&#039;Huguette 5&#039;&#039; (Pouget, 2024, pp. 533-534).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les largages sanitaires continuent à tomber la plupart du temps dans les positions tenues par le VM (voir 6 mai).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouveau message du colonel Langlais au colonel Sauvagnac (commandant des forces aéroportées au Tonkin). Il est encore plus « corsé » que le précédent (voir  11 avril) : « […] Général en chef a bon dos quand vous vous retranchez derrière lui comme vous l’avez fait pour envoi personnel non breveté en me refusant tout renfort. Stop. En toute gravité  et pour la dernière fois, je vous demande de vous mettre à la place de tous nos camarades d’Hanoi sans lesquels et malgré vous nous gagnerons cette bataille. Stop. Le message dont je transmets copie à tous mes chefs de bataillons sera le dernier que je vous adresse. Stop et fin. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 391 et plus longuement p. 534).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre répond avec scepticisme et réalisme à Ély concernant son message du 30 avril au sujet d’une éventuelle trêve en faveur des blessés (voir également 27 avril) : « Demander au Viet Minh une trêve de cette durée [de 6 à 7 jours] et &#039;&#039;a fortiori&#039;&#039; l’usage d’une partie du terrain qu’il contrôle n’est plus lui réclamer l’exercice d’un droit reconnu, mais une faveur qu’il peut refuser avec des motifs très valables, par exemple le répit que cela donnerait aux défenseurs. Il serait tout au moins en droit de nous demander certaines contreparties telles que l’arrêt de nos actions aériennes sur ses communications. C’est donc dans une sorte de cessez-le-feu intéressant une assez importante région que nous nous engagerions […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 495-496) Or rien n’aboutira dans le sens voulu par Bidault ou Ély (voir 5 mai).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, Bidault (Affaires étrangères) affirme devant un délégué vietnamien : « La question d’un règlement politique reposant sur un partage du territoire n’a été évoquée, au cours des entretiens tripartites, ni par nous, ni par les Américains, ni par les Anglais. Ce serait contraire aux intentions du gouvernement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 342) Il évoque des élections générales libres sous contrôle international qui permettraient de rétablir l’unité du pays. Or chacun sait qu’un tel processus donnerait une écrasante victoire au VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, Pleven (Défense) réunit Laniel et Maurice Schumann (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) pour entendre Jacques Guillermaz (expert militaire et diplomatique de la délégation française à Genève). Ce dernier évoque une partition du Vietnam au niveau du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Schumann et Bidault (qui a été averti de l’entretien) estiment que la France ne peut prendre une telle initiative au vu des engagements qu’elle a pris envers l’État du Vietnam. Lui et lui seul peut en faire la demande (Cesari, 2013, p. 220).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 2 mai 54 : &#039;&#039;&#039;Troisième offensive du VM&#039;&#039;&#039; (cartes &#039;&#039;in&#039;&#039; Tertrais, 2004, p. 28 ; Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. XXV). Violents tirs de préparation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’est, vers 20 h 35, les divisions 312 et 316 attaquent &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; (qui tombe) et &#039;&#039;4&#039;&#039; (qui résiste en partie) en vue d’enlever &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039; situé dans la vallée qui tombe vers 2 h 00. &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; parvient à tenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’ouest, la division 308 attaque &#039;&#039;Huguette 5&#039;&#039; (qui, ancienne zone de parachutage, tombe à minuit) et entame les positions françaises d’&#039;&#039;Huguette 4&#039;&#039; qui résistent en partie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sud, &#039;&#039;Isabelle 5&#039;&#039; tombe à 2 h 00.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français se battent à 1 contre 9 : un régiment vm se bat généralement contre une position défendue par une simple compagnie. Giap dispose d’au moins 14 000 combattants là où De Castries peut encore compter sur 2 000 à 3 000 hommes dont certains sont blessés (Rocolle, 1968, p. 518 ; Pouget, 2024, p. 535).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 mai 54 : Au vu de la gravité de la situation, Navarre quitte Saigon pour rejoindre Hanoi où il convoque une réunion qui a pour but d’y remédier autant que faire se peut. Sont présents Cogny, le colonel Crèvecœur (commandant des forces françaises au Laos) et les principaux commandants des forces françaises au Tonkin. Navarre décide d’un projet intitulé opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039;, une variante de &#039;&#039;Condor&#039;&#039; visant à rompre l’encerclement du camp retranché. Elle pourrait être réalisée par les troupes de Dien Bien Phu en combinaison avec les unités de commando basées au Laos. Il estime, mais à tort, que l’opération peut être montée en 2 ou 3 jours. Selon lui, le VM n’ayant pas de logistique au Laos ne peut être réactif pour la contrer. Cette sortie du camp suppose de laisser les blessés sur place (voir ci-dessous). Bien trop tardive, et un peu fumeuse dans sa conception, cette initiative n’aboutira pas tant les coups de butoir du VM sont désormais forts. Par ailleurs, le colonel de Crèvecœur calculera dès le lendemain qu’un tel dispositif ne pourra être mis en place avant le 15 mai car le groupement du lieutenant-colonel Godard doit d’abord être renforcé de 2 bataillons de parachutistes comme il l’avait été prévu pour &#039;&#039;Condor&#039;&#039; (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 213 ; Rocolle, 1968, p. 503).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parachutage nocturne d’un cinquième bataillon (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon parachutiste colonial) sur Dien Bien Phu. Du fait du rétrécissement de la zone de réception et le risque qu’ils soient parachutés en zone vm, seule la moitié d’entre eux sont largués (Navarre, 1979, p. 351). Dans les derniers temps du camp sont parachutées des troupes qui sautent pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reprise au matin entre 8 h 00 et 10 h 00 d’&#039;&#039;Isabelle 5&#039;&#039;. Du fait du bouleversement du terrain, il est impossible de s’y maintenir. Seuls des éléments de surveillance y sont laissés (Rocolle, 1968, pp. 522-523)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concernant l’abandon des blessés du camp retranché en vue de l’opération &#039;&#039;Ariane&#039;&#039;, Navarre télégraphie à Ély : « […] Si gouvernement  voyait objection d’ordre politique ou moral du fait abandon des blessés prière faire connaître toute urgence. N’envisagerai plus l’opération si un cessez-le-feu était dans perspectives immédiates Genève. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 501, note 63)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, Chauvel (chargé français des négociations) informe son homologue soviétique Gromyko que Bao Daï accepte la présence de la délégation du VM à la conférence (Pouget, 2024, p. 538).  Quant à Bidault (Affaires étrangères), il se fixe pour l’instant un objectif aussi limité qu’illusoire : le gouvernement « ne se propose pas, dans le temps présent, de rechercher ici [à Genève] les bases d’un règlement politique, mais seulement un cessez-le-feu dans le cadre d’un armistice qui nous donne les garanties jugées comme nécessaires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 338)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Genève de la délégation vietnamienne dirigée par Nguyen Quoc Dinh. Elle précède de 48 heures celle du VM (voir 4 mai) (Elgey, 2018, p. 768).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 2 au 3 mai 54 : Parachutage de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (lieutenant Edme) malgré de mauvaises conditions météorologiques et une puissante riposte de la D.C.A. 100 canons de 37 mm et environ 400 mitrailleuses lourdes entrent en action (Rocolle, 1968, p. 523, note 136 : Pouget, 2024, p. 538-539).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mai 54 : A Dien Bien Phu, les légionnaires font sauter sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; qui tient toujours un blockhaus vm. La 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. gagne &#039;&#039;Éliane 3&#039;&#039; au pied d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. 45 tonnes d’approvisionnement sont larguées, mais seuls 10 % sont récupérables (Pouget, 2024, p. 539).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny, toujours très attaché à la défense du Delta, demande à Navarre de pouvoir poursuivre à Dien Bien Phu « la résistance sur place jusqu’à épuisement des moyens […] entretenus jusqu’à l’extrême limite des possibilités » pour réaliser « le prolongement de la durée de fixation du Corps de bataille vietminh » qu’il estime « d’une importance capitale pour la sauvegarde du Delta. » Il ajoute : « Le prolongement de la résistance de Dien Bien Phu pendant les prochaines semaines (si possible jusqu’au 20 mai au moins) aurait à cet égard une valeur inappréciable. » (Navarre, 1979, p. 356)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au matin, Foster Dulles quitte Genève, manière de marquer la position américaine à l’égard de la future conférence.&#039;&#039;&#039; Il délègue sa place au général Bedell Smith, son adjoint. Il avait invité la veille de son départ Bidault à dîner. Mais ce dernier était retenu par un autre engagement. Jean Chauvel (diplomate chargé des négociations genevoises) s&#039;est rendu seul au dîner. Après celui-ci, Dulles s’entretient avec le diplomate français. Les U.S.A. ne croient pas à un arrangement lors de cette conférence. Le secrétaire d’État, encore plein d’illusions, demande au diplomate si les Français se sentent capables de tenir les deux deltas pendant 2 ans, le temps que les États-Unis réunissent des forces capables d’assurer la reconquête. Dulles nourrit l’espoir que l’intransigeance du VM soit telle que la conférence n’aboutisse à rien. Selon lui, il sera alors temps d’aviser (Chauvel, 1973, p. 49).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Abandon définitif du projet d’opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; au vu  des délais trop importants pour la monter (voir 2 mai).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Minh (Front Uni Issarak), soutenu par le VM, demande à ce que le Gouvernement royal du Cambodge soit officiellement présent à la conférence de Genève. Le bloc communiste et en particulier la Chine (qui redoute une partition du Cambodge et l&#039;installation de bases américaines sur son sol) ne soutient pas cette demande. Les forces du Front Uni Issarak comptent alors environ 3 500 soldats et contrôlent un tiers du territoire cambodgien. Mais seul Sihanouk sera considéré comme représentant légitime du Cambodge à la conférence. Les autres factions cambodgiennes seront écartées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 2 au 3 mai 54 : Parachutage de la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (capitaine Pouget) (Rocolle, 1968, p. 523, note 136). Sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;, les contre-attaques vm sont repoussées. &#039;&#039;Hugette 4&#039;&#039; tombe à 3 h 45 Pouget, 2024, pp. 539-540).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 mai 54 : A Dien Bien Phu, une tentative pour reprendre &#039;&#039;Huguette 4&#039;&#039; avec des troupes françaises hétéroclites échoue. La 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. larguée la nuit précédente s’installe sur &#039;&#039;Éliane 3&#039;&#039; en vue de contre-attaquer &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Selon Pouget, « tous les abris et les blockhaus d’armes du P.A. &#039;&#039;Éliane 3&#039;&#039; sont occupés par 300 blessés environ. » (Pouget, 2024, p. 540)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny transmet à De Castries des informations concernant l’opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; (alors que celle-ci a été abandonnée la veille par Navarre). Le commandant du G.O.N.O. a tout pouvoir dans le choix de ses moyens et des dates pour effectuer un retrait du camp retranché après en avoir reçu l’ordre. Il doit alors effectuer les destructions nécessaires. A Dien Bien Phu, le commandement est très sceptique quant aux chances d’une telle opération. On divise toutefois les rescapés encore valides et en état de se battre en 3 groupes : les parachutistes, les légionnaires et les Nord-Africains, la garnison d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; au sud. La retraite doit s’effectuer le 7 à 20 h 00. Prévision stérile : la prise du P.C. de De Castries et de son état-major interviendra vers 17 h 30 (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 213-214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Navarre à Ély revenant sur les espoirs vains du commandant en chef quant à la question d’un éventuel cessez-le-feu : « […] M. Dejean m’a montré un télégramme indiquant que M. Bidault s’orientait vers un cessez-le-feu dans le cadre d’une convention d’armistice. S’il s’agit d’une convention discutée à Genève dans tous les détails avant cessation des hostilités, elle aboutira certainement après la chute de Dien Bien Phu et nous auront perdu à quelques jours près un atout essentiel pour la recherche de garanties que je crois illusoires. Je pense donc que cette convention devrait être discutée ici, le cessez-le-feu étant ordonné aussitôt l’entente réalisée sur l’essentiel et les détails étant réglés ensuite […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 505, note 75) A cette date, ce qui est sûr, c’est que Giap ne veut ni d’un « cessez-le-feu », ni d’une « cessation des hostilités », ni même d’une « convention d’armistice » mais une victoire écrasante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, Navarre et Dejean examinent à nouveau une étude sur les modalités d’un cessez-le-feu en Indochine (Pouget, 2024, p. 540).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La délégation du VM rejoint Genève.&#039;&#039;&#039; Pham Van Dong (vice-premier ministre) réclame d’entrée l’admission de représentants du Pathet Lao et des Khmers issaraks (Rocolle, 1968, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 4 au 5 mai 54 : Nouveau parachutage de seulement 74 hommes du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (Rocolle, 1968, p. 523, note 136 ; Pouget, 2024, p. 540). Du fait de la réduction des drop-zones, seule la moitié de cette unité peut être larguée sans risque de tomber dans les positions ennemies (Navarre, 1956, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 – 5 mai 54 : Passant outre aux désirs de Laniel, l’Assemblée nationale inscrit à son ordre du jour un débat sur l’Indochine. Les attaques fusent contre le ministère qui n’est pas renversé du fait de la tenue de la conférence de Genève. On pressent que ce ministère qui n’a pas su gagner la guerre ne saura pas non plus gagner la paix (Elgey, 2018, p. 769).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mai 54 : La 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (capitaine Pouget) relève sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère et y rejoint la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (lieutenant Edme) qui s’y trouve depuis la veille (Pouget, 2024, p. 541).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;, la sape de mine visant à faire sauter ce point d’appui est en voie d’achèvement. Une tonne d’explosif est amenée. Le VM se prépare à l’assaut final.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrée en lice des orgues de Staline chinois dans la soirée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la dernière quinzaine d’avril, Navarre avait adressé à Paris des demandes. Il se situe dans l’hypothèse où la conférence de Genève (qu’il a toujours dénigrée) se solderait par un échec. Il lui faut donc prévoir mener une « autre guerre ». Si l’on n’obtient pas de cessez-le-feu immédiat, il n’est pas favorable à ce qu’on attende la fin des pourparlers pour que l’on renforce le Corps expéditionnaire. La question a été soumise au ministre de la Défense et au Comité de Guerre fin avril. Réponse est donnée ce jour : dans l’absolu, il est nécessaire de renforcer le corps expéditionnaire de trois divisions d’ici octobre (mais cette décision ne sera pas retenue au final…) ; l’arrivée de deux groupes de bombardiers est prévue mais elle suppose de faire appel au contingent ; il est également prévu de maintenir les forces actuelles de l’aéronavale. Toutes ces demandes ne pourront être satisfaites que par des ponctions au niveau européen où la situation est déjà tendue, qui plus est, dans une situation qui se dégrade également en Afrique du Nord. Le Comité estime qu’en cas d’échec des négociations à Genève, la France ne sera pas en mesure de faire face. Le conflit devra donc s’internationaliser. Pour l’instant, Navarre devra se contenter pour poursuivre les combats avec 2 bataillons de parachutistes, un G.M. algérien, 3 escadrons de chars légers, 1 groupe de bombardiers B-26 et une cinquantaine d’hélicoptères. L’« épicerie » qu’évoquait Ély le 13 novembre 1953 est plus que jamais d’actualité… D’où la nécessité pour les chefs d’état-major d’envisager, faute de moyens, « certaines rétractations de notre dispositif » (autour de Hanoi et du réduit d’Haïphong) pour sauver le corps expéditionnaire et envisager par la suite une partition du Vietnam (Ély, 1964, pp. 117-122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, à 10 h 00, Navarre se réunit à la Citadelle avec Bodet et Cogny pour étudier le projet &#039;&#039;Albatros&#039;&#039;. A 12 h 15, il s’envole pour Seno puis Saigon (Pouget, 2024, p. 541).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, Bidault (Affaires étrangères) tente en vain de rencontrer la délégation du VM pour obtenir une trêve en faveur des blessés du camp retranché. Il se heurte, comme à Dien Bien Phu, à une fin de non-recevoir qui se maintiendra jusqu’à la reddition (voir 10 mai) (Rocolle, 1968, p. 496).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dulles dénonce devant la commission des Affaires étrangères du Sénat la participation chinoise qui ressemble terriblement à une intervention directe dans le conflit indochinois. Un espoir illusoire d’intervention de l’aviation américaine renaît une nouvelle fois côté français (Chauvel, 1973, p. 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un état récapitulatif du G.O.N.O. transmis à Cogny mentionne les pertes à ce jour :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         1142 tués auxquels s’ajoutent 429 blessés qui ont succombé dans les postes sanitaires&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         1 606 disparus&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         1 161 déserteurs&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         4 436 blessés&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Demeurent en théorie 6 136 hommes valides mais dont un nombre non négligeable est blessé. Ont combattu à Dien Bien Phu depuis le 13 mars 15 090 hommes (Rocolle, 1968, p. 548)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 5 au 6 mai 54 : Parachutage d’une fraction de la 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. et de la compagnie de commandement. Tentative des troupes du VM pour prendre un blockhaus situé à l’ouest d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 523, note 136 ; Pouget, 2024, p. 541).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mai 54 : Aménagement par le VM d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039;  suite à leur récente conquête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’après-midi, les guetteurs d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; signalent une attaque venant de l’est. Les tirs de l’artillerie français ne les arrêtent pas. A 17 h 00, la position est écrasée par les tirs de préparation et des tirs directs vm qui visent les embrasures des derniers blockhaus. A 20 h 00, &#039;&#039;Claudine 5&#039;&#039; subit le même sort (Pouget, 2024, pp. 541-542).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans y croire un instant, Navarre télégraphie à Ély : « &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; ne sera exécuté qu’à la toute dernière extrémité quand tout espoir serait perdu de pouvoir tenir jusqu’à une éventuelle cessation des hostilités. Crois, en effet, que notre position serait bien meilleure dans ce cas si Dien Bien Phu tenait toujours […] Date exacte et modalités seront fixées en fonction situation d’une part G.O.N.O., d’autre part détachement recueil actuellement en place mais que je fais renforcer par deux bataillons et par maquis. Difficulté principale résultera certainement dans forcement investissement constitué par véritable lacis de tranchées et blockhaus […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 506, note 81)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Intervention très tardive mais pour une fois soutenue de l’aviation de bombardement : 46 bombardiers B-26 sont engagés pour protéger les parachutages accompagnés d’une intervention de 60 avions de chasse (Rocolle, 1968, p. 526)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait des largages de plus en plus difficiles (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai) et du rapprochement des bombardements vers le centre du camp où se trouvent des structures sanitaires, le médecin-chef du G.O.N.O. signale : « Situation blessés extrêmement précaire par suite inondation et éboulements nombreux abris. Plus de place disponible. Besoins urgents tous médicaments : mes stocks détruits. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dulles explique au C.N.S. qu’il faut « renforcer la main des Français à Genève en accentuant l’incertitude des communistes quant à une intervention américaine. » Simple bluff diplomatique, peu crédible, Dulles ayant quitté la conférence dès le 3 (De Folin, 1993, pp. 265-266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le ministre des Affaires étrangères, Georges Bidault adresse une lettre à Bao Daï l’assurant que la France ne cautionnerait pas à Genève la partition du Vietnam&#039;&#039;&#039; : « Le gouvernement français ne se propose pas, dans le temps présent, de rechercher ici un règlement politique définitif. Notre tâche consiste, comme l’a prévu le communiqué de Berlin, à établir la paix en Indochine. Notre but est donc d’obtenir un cessez-le-feu dans le cadre d’un armistice les garanties nécessaires aux trois États d’Indochine, à la France et aux puissances alliées dont les intérêts généraux sont solidaires des nôtres dans l’Asie du Sud-Est. Cet armistice ne doit pas préjuger le règlement définitif dont l’examen pourra être abordé par la suite, lorsque les conditions de paix et de liberté pour la tenue d’élections générales, seront réunies. Dès maintenant, je suis cependant en mesure de confirmer à Votre Majesté que rien ne serait plus contraire aux intentions du gouvernement français que de préparer l’établissement, aux dépens de l’unité du Vietnam, de deux États ayant chacun une vocation internationale […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 336-337 et Elgey, 2018, pp. 764-765). Fausse déclaration de bonnes intentions : les Français n’ont qu’une hâte, se sortir de l’imbroglio indochinois par le biais de la conférence de Genève, quitte à accepter la partition du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un article de Claude Bourdet, &#039;&#039;France Observateur&#039;&#039; demande : « Le M.R.P. est-il le parti du crime ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Dalloz, 1996, p. 106) Les démocrates-chrétiens ayant en effet été jusqu’alors le principal soutien au conflit indochinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 6 au 7 mai 54 : Après une légère accalmie du 3 au 6, &#039;&#039;&#039;Giap lance sa quatrième et dernière offensive&#039;&#039;&#039; sur le centre du camp retranché. Sont d’abord visés à l’est les points d’appui &#039;&#039;Éliane 2, 4&#039;&#039; et &#039;&#039;10&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, p. 318-319) totalement écrasés par l’artillerie et, depuis peu, les orgues de Staline chinois. A 18 h 00, &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; et &#039;&#039;4&#039;&#039; sont submergés. Vers 23 h 00, le VM déclenche une mine de 1 000 kg d’explosifs sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; qui sera totalement submergé le 7 à  5 h 00. &#039;&#039;Claudine 5&#039;&#039; tombe à son tour. La perte d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; à     5 h 00 va entraîner celle d’&#039;&#039;Éliane 3&#039;&#039; et &#039;&#039;10&#039;&#039;. On renonce à larguer la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. sur ordre du colonel Langlais (Pouget, 2024, p. 542-543).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La décision d’opérer une seconde tentative de sortie nommée opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; (voir 2 mai), avec abandon des blessés, est programmée mais avorte rapidement sous l’assaut des orgues de Staline et face à l’épuisement général des troupes françaises (Ély, 1964, p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mai 54 : &#039;&#039;&#039;Fin de la bataille de Dien Bien Phu&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 9 h 30, les combats s’arrêtent sur &#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 10 h 00, conversation téléphonique techniquement difficile entre De Castries et Cogny concernant l’opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; qui devrait avoir lieu la nuit suivante. Cogny donne son autorisation verbale. Il la confirmera ensuite par télégramme : « Confirme autorisation verbale donnée ce jour à 10 h 00 jouer &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; pour centre résistance central et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 535-536, note 182). Dans la matinée, le lieutenant-colonel De Seguin Pazzis (chef d’état-major de De Castries) entre en liaison radio avec le colonel Lalande (commandant le point d’appui &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;) et l’informe que l’opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; devrait être déclenchée sous peu (Rocolle, 1968, p. 544). Il n’en sera rien. A 16 h 00 une nouvelle conversation entre les 2 hommes offrira 2 options à Lalande : une résistance extrême ou une tentative de sortie. Il opte pour la seconde mais devra s’incliner en constatant vers 20 h 00 que toute percée des lignes vm est impossible (Rocolle, 1968, pp. 545-547).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers midi, réunion au P.C. du colonel Langlais : les lieutenants-colonels Bigeard et Lemeunier estiment que toute tentative de sortie est impossible au vu de l’état d’épuisement de leurs troupes. Ils en informent De Castries vers 13 h 00 (Rocolle, 1968, pp. 536-537).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A midi, les troupes du VM bordent la rivière Nam Youn par l’est (régiments 102 et 88 de la 308 ; régiments 98, 174 et 176 de la 316).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’après-midi, intervention aérienne est presqu’aussi importante que la veille : 25 bombardiers B-26 et de 16 chasseurs de l’aéronavale malgré des conditions météo défavorables qui ont contrarié le soutien d’&#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039; et &#039;&#039;10&#039;&#039; le matin (Rocolle, 1968, p. 536).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 15 h 30, dernière réunion entre De Castries, Bigeard, Langlais et De Pazzi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 16 h 00, conversation téléphonique avec le général Bodet qui fixe le cessez le feu à 17 h 00.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 17 h 00, l’ordre de cessez-le-feu est donné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le VM, c’est presque une victoire inespérée et inattendue : Giap est absent ce jour-là de son P.C. et l’ordre de l’assaut final n’est donné que tardivement (Rocolle, 1968, p. 486). Toute la résistance française sur les &#039;&#039;Éliane&#039;&#039; est tombée. Vers midi, le régiment 141 s’empare d’&#039;&#039;Éliane 12&#039;&#039; et vers 14 h 00 d’&#039;&#039;Éliane 11&#039;&#039; atteignant ainsi les rives de la Nam Youm où se terraient jusqu’alors les déserteurs (« Rats de la Nam Youm »). Vers 15 h 00, seuls une poignée de légionnaires du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.L.E. tiennent encore &#039;&#039;Éliane 3&#039;&#039; avec quelques tirailleurs marocains qui font défection vers 16 h 00. À 17 h 30, la position centrale et le P.C. de De Castries tombent (témoignage de cette reddition &#039;&#039;in&#039;&#039; Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 231 ; Rocolle, 1968, pp. 540-542). Selon Navarre, « il n’y a pas capitulation mais cessation progressive du combat, à mesure que les points d’appui sont submergés. » Le commandant en chef a en effet donné des ordres à De Castries pour qu’il en soit ainsi et a chargé Cogny de les lui transmettre. Ce dernier le fera scrupuleusement (« pas de drapeau blanc »), quitte à mettre de côté le sort des blessés du fait de la mise en place d’un simple cessez-le-feu (Navarre, 1979, p. 351, note 1 ; derniers échanges radio entre De Castries et Cogny &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 539-540 ou Pouget, 2024, pp. 433-435). Vers 20 h 00 à &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;, l’opération &#039;&#039;Albatros&#039;&#039; (voir ci-dessus) échoue également : selon Navarre, seules « quelques dizaines d’isolés rejoignirent nos positions au Nord-Laos. » (Navarre, 1956, p. 242)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On compte alors, selon Navarre, 16 000 tués et blessés côté français ; 1 500 morts et 1 600 disparus ; 9 500 prisonniers dont 5 000 sont blessés. 36 avions ont été abattus ou détruits au sol. 150 ont été atteints par des tirs de D.C.A. 79 aviateurs sont morts ou portés disparus (voir 19 mai pour les évaluations de Cogny) (Navarre, 1956, p. 235). Toujours selon le même, les pertes du VM sont estimées entre 8 et 10 000 tués, non compris les coolies (Navarre, 1956, p. 229). Cadeau revoit ces chiffres à la hausse, évoquant quant à lui 22 000 tués et blessés. Les chiffres officiels vietnamiens sont toujours à ce jour nettement minimisés par l’historiographie officielle : 4 020 tués, 792 disparus et 9 118 blessés (Cadeau, 2019, p. 497).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La perte du camp retranché est plus une immense défaite psychologique qu’une véritable débâcle du corps expéditionnaire : seul 5 % de son effectif est perdu ainsi que 3,3 % des 450 000 hommes des armées des États associés. A Paris, au moment de la conférence de Genève, c’est pourtant comme après la défaite de Cao Bang l’affolement dans les milieux politiques et militaires tout comme dans la presse (Gras, 1979, p. 569).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mai 54 : Reddition à 1 h 00 du point d’appui &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 321-322), le plus au sud, qui tombe en dernier. A 1 h 30, &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; a envoyé son dernier message à Hanoi : « Sortie manquée. Ne peux plus communiquer avec vous. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les colonnes de prisonniers français sont mises en route vers les camps d’internement situés au nord. Cette marche se transformera en calvaire du fait de l’épuisement des troupes et de leurs blessés dont beaucoup mourront au cours de cette marche forcée. Les officiers supérieurs du camp retranché seront les seuls à bénéficier d’un transport en camion Molotova (Bigeard, 1997, p. 182). Selon le rapport sur l’interrogatoire des blessés de Dien Bien Phu, la rancœur parcourt les rangs : « […] D’une façon générale, tous les rescapés pensent (et ceci depuis le mois de mars au moins) que le général De Castries et son état-major ont été des incapables sur toute la ligne. Les seuls éloges vont au colonel De Langlais et aux officiers de tous les bataillons (sauf officiers vietnamiens). » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 542, note 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre reçoit une lettre d’Ély (chef d’état-major) : « A aucun moment il ne m’est venu à l’idée de nos dirigeants politiques ou militaires de discuter les décisions qui avaient abouti à l’installation du camp retranché. En ce qui me concerne, vous le savez, j’ai tenu à vous couvrir entièrement dès que vous avez pris la résolution de défendre Dien Bien Phu. Les discordances, s’il y en a eu, n’ont pu provenir que de la presse, avec Hanoi [Cogny…] comme origine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, p. 370).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre assume ses responsabilités et commence sa défense : Dien Bien Phu est une défaite tactique mais une victoire stratégique : le Laos a été sauvé ; le corps de bataille vm a été saigné à blanc et est bien incapable d’aller plus loin avant plusieurs mois ; le Delta, toujours défendable, a été épargné. Selon Cadeau, ce point de vue est sinon totalement, du moins partiellement admissible (Cadeau, 2019, p. 498). Ce qui n’empêchera pas le commandant en chef de devenir dès ce jour le principal bouc-émissaire qui sera évincé de son commandement dès le 3 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Début de la conférence de Genève pour la partie indochinoise&#039;&#039;&#039; au lendemain même de la défaite (Laurent Cesari, 2008, p. 7-24 ; Gras, 1979, pp. 563-569). Elles se poursuivront jusqu’au 20 juillet (voir chronologie détaillée dans la suite).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux phases la marquent. Du 9 mai au 18 juin, le ministre des Affaires étrangères, Georges, Bidault dirige la délégation française peu après la démission du gouvernement Laniel, fortement critiqué. Du 18 juin au 21 juillet, ce sera Pierre Mendès France qui prendra sa succession suite à un nouveau changement de gouvernement. Selon De Folin, malgré cette situation chaotique, les deux hommes ont œuvré « dans la même direction » et « il y eut une unité d’action assez remarquable » (De Folin, 1993, p. 273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont présents aux négociations : la Chine (jusque-là en mal de reconnaissance internationale et qui fait ici son entrée dans la diplomatie internationale), les U.S.A., le Royaume-Uni, la France, l’U.R.S.S, ainsi que les États associés : Cambodge, Laos, l’État du Vietnam et la République démocratique du Vietnam et, à titre de consultant, l’Inde (Cesari, 2008, p. 7).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’entrée apparaissent de nombreuses querelles procédurières pour la répartition des présidences tournantes, chaque camp voulant affaiblir l’autre (Cesari, 2008, pp. 8-9). Le conflit sino-américain en Corée, dont les négociations se sont terminées depuis le 15 juin par un échec, structure autant la conférence que la guerre franco-vietminh. Les deux puissances communistes sont plus ou moins unies mais veulent négocier ; les U.S.A. et les États associés souhaitent au contraire l’éviter. John Foster Dulles (secrétaire d’État) a quitté la conférence dès le 3 mai, soit 5 jours avant l’ouverture du débat sur l’Indochine avec l’espoir de le faire échouer car il veut qu’aucun territoire ne devienne communiste. Il espère ainsi à miner l’alliance sino-soviétique. La direction de la délégation américaine échoit alors au simple sous-secrétaire d’État, le général Walter Bedell Smith (Cesari, 2008, p. 9).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les États associés refusent toute concession aux mouvements communistes rebelles (Pathet Lao, Khmers issaraks). Les U.S.A., chef de coalition et principal bailleur de fonds, ainsi que les puissances occidentales s’opposent donc aux négociations alors que le combattant principal, une France très affaiblie, veut mettre fin au plus vite aux opérations (Cesari, 2008, p. 9).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 8 mai, au lendemain de la chute de Dien Bien Phu, Pham Van Dong adopte d’entrée à Genève une position intransigeante : l’Indochine est un champ de bataille unifié et il refuse donc de séparer le sort du Cambodge et du Laos de celui du Vietnam dont il refuse la partition. Sûr de sa victoire après la récente défaite française, il demande la tenue d’un cessez-le-feu sur place et l’organisation rapide d’élections, toutes deux supervisés par la France et la R.D.V.N. Or les positions de ces deux pays paraissent inconciliables. Zhou Enlaï joue alors les médiateurs sur la question des prisonniers de Dien Bien Phu et obtient le retrait de la R.D.V.N. de la négociation d’avec les États associés, appuyé en cela par Molotov. Un accord sera obtenu à l’arraché le 10 juillet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concessions, avancées et refus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, c’est le nouveau président du Conseil qui sera élu le 19 juin, Pierre Mendès France va reprendre les choses en main dès le 18 et fixera impérativement le terme des négociations au 20 juillet, avec menace de démission en cas d’échec des négociations (Cesari, 2008, p. 18). C’est un pari risqué mais qui lui paraît nécessaire pour limiter les « faiblesses conciliatrices » qu’espérait le bloc communiste. Mendès confie à ses négociateurs que la mise en place d’un armistice inacceptable risquerait de remettre le feu aux poudres à moyen terme, y compris au niveau mondial.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chinois et Russes font donc de nouvelles concessions, mais sans consulter la R.D.V.N., pour conclure dans les délais imposés par les Français. L’idée d’une partition au niveau du 17&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle sera acceptée par HCM (non présent, représenté par Pham Van Dong). Les Chinois, sans doute moins belliqueux et pro-nord-vietnamiens que ne le pensent les Américains, accepteront de reporter un processus électoral visant à l’autodétermination en juillet 1956. Eisenhower reconnaitra plus tard que si ces élections avaient eu lieu immédiatement, HCM aurait gagné avec 80 % des voix au Nord comme au Sud (Sheenhan, 1990, p. 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Côté américain, les États-Unis qui ne croient pas au succès de cette conférence ne signeront pas les accords&#039;&#039;&#039;. Face à la « déclaration finale », le sous-secrétaire d’État Bedell Smith précisera le 21 juillet : « […] mon gouvernement n’est pas disposé à s’associer à une déclaration commune des membres de la Conférence comme celle qui est énoncée […] Le gouvernement des États-Unis […] prend acte des accords conclus à Genève les 20 et 21 juillet […] » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 80). Les États-Unis estiment que les conditions qui seront préétablies par les Anglais, Français et Américains, lors d’une réunion le 25 juin, n’auront pas été remplies à la table des négociations sur 7 points dont les principaux sont : préserver l’intégrité et l’indépendance du Laos et du Cambodge tout en assurant le retrait des forces vietminh de ces pays ; préserver au moins la partie Sud du Vietnam, et si possible une enclave dans le Delta au Nord ; la supervision internationale de l’accord et celle des transferts de populations ne sont pas en l’état satisfaisantes. Les U.S.A. se résigneront à l’idée de partition mais commencent penser substituer dès lors l’anticommuniste Diem à Bao Daï (Cesari, 2008, p. 22). Ils ne s’engageront pas à participer au suivi du traité prévu par l’article 13 et se refuseront de participer aux consultations prévues pour maintenir les accords (Cesari, 2008, p. 23). Ce qui leur permet d’envoyer rapidement une équipe dirigée par le colonel Lansdale pour mener une guerre clandestine en vue de lutter contre le N-V par des actes de sabotage (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin) (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 29-32 et pp. 81-94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vietnamien, Pham Van Dong devra céder sous la double menace russe et chinoise de lui couper les vivres s’il voulait poursuivre leurs revendications de non-partition et le refus d’élections pour juillet 1956. Un double projet combattu tant par le Vietminh que par Bao Daï (Cesari, 2008, pp. 17-18).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France va donc imposer sa volonté d’un État du Vietnam (qui avait juridiquement concédé sa représentation militaire à la France), tout comme la Chine et l’U.R.S.S. ont imposé la leur à la R.D.V.N.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On crée des commissions internationales de contrôle de l’armistice (C.I.C.) présidées par l’Inde (neutraliste), le Canada (pro-occidental) et la Pologne (procommuniste) avec donc au moins deux pays peu favorables à la France car anticolonialistes. L’U.R.S.S. et la Grande-Bretagne assureront la co-présidence. L’article 13 de la déclaration prévoit des consultations entre les anciens participants pour étudier le respect des accords en cas de saisie des commissions de la C.I.C. Cet article sera rejeté par les Américains qui laisseront aussi entendre qu’ils chercheront à entraver la consultation de 1956, ce que confirmera Dulles en privé dès le 24 juillet 1954 et publiquement le 30 août 1955.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’issue de cette conférence, le Vietnam est partagé provisoirement en deux zones distinctes de part et d’autre du 17&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ce choix a été imposé par la France et sera arrêté le 23 juin, non au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle comme prévu initialement. On entend créer une zone démilitarisée : la D.M.Z. Elle doit se maintenir jusqu’aux hypothétiques élections de 1956 (carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Tertrais, 2004, p. 35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc convenu entre l’Est et l’Ouest que le Vietnam constitue une zone politiquement et militairement neutralisée, où, du moins en théorie, les grandes puissances s’abstiendront d’intervenir. Il en est de même, toujours en théorie, pour le Laos et le Cambodge. Le gouvernement Bao Daï-Diem refusera d’entrée l’idée de partition du Vietnam et comptera sur la France pour l’appuyer, bien que celle-ci n’ait pas tenu les engagements écrits de Georges Bidault du 6 mai (Devillers, 1967, p. 70). Les N-V n’ont toutefois pas renoncé à la réunification des deux Vietnam. Pham Van Dong déclarera lors de la conférence : « Nous gagnerons l’unité du Vietnam comme nous avons gagné la paix. Aucune force au monde ne nous en détournera […] Peuple du Vietnam, compatriotes du Sud, la victoire est à nous ! » (Rignac, 2018, p. 112)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre, qui n’avait été mis clairement au courant de l’existence de cette conférence que lors de la visite de la mission Pleven (voir 9 - 25 février), estime quant à lui avoir « été tenu complètement à l’écart des négociations ». Un « représentant du commandant en chef » a bien été nommé mais non habilité à correspondre directement avec lui ni à faire partie du comité des experts militaires. Selon Navarre, tout a été mené de bout en bout par le seul Quai d’Orsay (Navarre, 1956, p. 308).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans &#039;&#039;L’Express&#039;&#039;, l’écrivain François Mauriac, désabusé, constate à l’issue de cette conférence : « Pensée amère, pensée empoisonnée : cette histoire à la fois criminelle et inepte, cette histoire de dix ans écrite à l’encre rouge, l’a été par des chrétiens [du M.R.P.]. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Dalloz, 1996, p. 106)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mai 54 : Ély (chef d’état-major des Forces armées) adresse une lettre à Navarre dans laquelle il l’appuie et le couvre clairement : « A aucun moment il n’est venu à l’idée de nos dirigeants politiques ou militaires de discuter des décisions qui avaient abouti à l’installation du camp retranché. En ce qui me concerne, vous le savez, j’ai tenu à vous couvrir entièrement dès que vous avez pris la résolution de défendre Dien Bien Phu. Les discordances, s’il y en a eu, n’ont pu provenir que de la presse, avec Hanoi [Cogny] comme origine. » La faute, si faute il y a eu, n’est attribuable qu’à « notre échec », un échec où le gouvernement en place et le commandement militaire ont aussi, pour une bonne part, leurs responsabilités respectives (Ély, 1964, pp. 108-109 ; Navarre, 1956, p. 268, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux jours après la chute de Dien Bien Phu et au lendemain de la commémoration de la victoire du 8 mai, De Gaulle quitte Colombey-les-deux-Églises et se rend à Paris pour aller se recueillir à titre privé et très brièvement sur la tombe du Soldat inconnu. Il avait au préalable annoncé sa venue (Elgey, 2018, p. 752). Nombre de gaullistes l’attendent mais sans doute moins que ce que le Général espérait. Après son départ, la manifestation dégénère et se transforme en manifestation contre le gouvernement Laniel. Cette tentative de retour n’a donc pas coïncidé avec une sortie de la « traversée du désert ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mai 54 : Cogny déclare à la presse qu’il ne croit pas à une grave menace du VM sur le Delta avant le mois de septembre (Navarre, 1979, p. 372, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel réclame à nouveau une intervention américaine en Indochine auprès de Dulles qu’il rencontre le soir même. Ce dernier se retranche en lui répondant qu’une résolution du Congrès est nécessaire, sachant que l’opinion publique américaine y est, depuis la guerre de Corée, très défavorable (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 40).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier, les désertions ont touché 6 600 hommes au sein des troupes franco-vietnamiennes. Elles atteindront 25 000 hommes entre le 11 mai et la signature du cessez-le-feu le 21 juillet (Ruscio, 1992, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A Genève, le VM fait connaître pour la première fois ses conditions de&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;paix&#039;&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 494). Ce n’est donc qu’à ce moment précis que la question du cessez-le-feu peut être abordée. Elle ne sera définitivement réglée et mise (en relative) application que le 21 juillet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de cette date, Pham Van Dong qui depuis le départ des négociations a rejeté le regroupement de territoire proposé par les Français, propose l’établissement de vastes zones au Vietnam qui tend à un partage à la coréenne. Ce dont ne veut pas entendre parler Georges Bidault du fait des engagements pris à l’égard de Bao Daï sur le non-partage du pays (Elgey, 2018, p. 797).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant réponse à une requête de Nguyen Quoc Dinh, délégué représentant le Vietnam à la conférence, concernant les blessés du camp retranché, Pham Van Dong fait savoir que son gouvernement accepterait de restituer tous les blessés graves et qu’il suffisait que Navarre et Giap règlent ensemble les modalités de ce rapatriement (Rocolle, 1968, p. 496). Ce n’est donc qu’une fois la reddition obtenue que le VM accorde une trêve en faveur des blessés, un geste qu’attendait l’opinion internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le journal &#039;&#039;Le Figaro&#039;&#039; du jour, un rédacteur observe : « Les combattants de Dien Bien Phu sont morts parce que nous n’avons pas su faire la guerre, parce que nous n’avons pas su ni la vouloir, ni la refuser. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Vallette, 1994, p. 6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mai 54 : &#039;&#039;&#039;Navarre télégraphie à Ély&#039;&#039;&#039; (chef d’état-major des Forces armées) &#039;&#039;&#039;: « En plein accord avec le général Cogny, je suis opposé à toute rétractation effectuée dès maintenant et &#039;&#039;a priori&#039;&#039;. »&#039;&#039;&#039; (Navarre, 1979, p. 372, note 1). &#039;&#039;&#039;Il pose également la question de sa légitimité&#039;&#039;&#039;. Il faut « que le chef qui va commander en Indochine pendant les semaines à venir, qu’il s’agisse de négocier un armistice ou de continuer la guerre, ait une autorité incontestée […] Si le Gouvernement entend me laisser à mon poste, il doit m’aider à maintenir mon autorité dans ces circonstances difficiles […] Si, pour des raisons politiques ou autres, il ne croit pas devoir le faire, j’estime qu’il doit me remplacer sans délai, car il n’est pas possible que je reste dans une situation équivoque, en quelque sorte en sursis, c&#039;est-à-dire sans autorité. » (Navarre, 1979, p. 395) Ély ne répondra pas par écrit mais donnera sa réponse lors de sa visite du 18 mai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le secrétaire d’État américain Dulles annonce de Londres qu’il est prêt à se passer des Anglais pour mettre au point une coalition mais que ses projets « d’action collective » ne sont pas abandonnés. Il oublie un peu rapidement la position isolationniste d’Eisenhower, certes non dénuée d’ambiguïté jusqu’alors (voir 12 mai). Revenant sur la théorie des dominos, il déclare à des journalistes : « Si les États du Vietnam, de Laos et du Cambodge sont compris dans ce pacte de sécurité collective, je sens qu’il serait convenable d’employer la force pour faire échouer des attaques comme celles qui sont en cours. Ces États, selon la théorie des dominos, font partie d’une chaîne de sécurité. Aussi essayent-ils de créer une situation en Asie du Sud-Est où la situation de domino ne s’appliquera pas. Le problème de sauvetage de l’Asie du Sud-Est serait beaucoup plus complexe s’ils étaient perdus. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 346)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Palais-Bourbon, nombre d’orateurs demandent le départ d’un gouvernement qui a été incapable de mener une guerre et sera donc aussi incapable de négocier la paix. Face aux attaques, à la stupeur générale, Laniel se plonge dans le mutisme (Elgey, 2018, p. 780). Pour autant, le président du Conseil obtiendra un vote de confiance très serré le 13.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; écrit : « Les responsabilités des gouvernants qui se sont succédé depuis sept ans, et parmi eux, au premier rang, ces chefs de file de la trahison nationale que sont les dirigeants du M.R.P. apparaissent comme écrasantes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Dalloz, 1996, p. 106)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mai 54 : En l’absence de Bidault retenu à Genève, Laniel (président du Conseil), Maurice Schumann (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) lancent des discussions avec l’ambassadeur américain Dillon pour faire résonner le « tonnerre » américain (menace d’intervention), même si chacun sait que ce n’est qu’une forme bluff diplomatique (voir 24 mai) (De Folin, 1993, p. 266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Instructions d’Eisenhower envoyées à Dulles concernant les négociations de Genève : « La position des États-Unis dans les pourparlers sur l’Indochine à la Conférence de Genève est celle d’une nation qui se trouve concernée sans être, cependant, belligérante ni partie dans les négociations. » Les U.S.A. n’approuvent ni le cessez-le-feu ni l’armistice. Un retrait américain des pourparlers à tout moment est dès lors envisageable (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mai 54 : Arrivée de Foster Dulles (secrétaire d’État) à Paris. Il évoque dans un communiqué de réaliser, dans le cadre de la Charte des Nations Unies, une défense collective une défense collective destinée à « assurer la liberté, la paix et la sécurité dans l’ensemble de la région de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental ». Ce sont les prémices de la future O.T.A.S.E. Commentaire du diplomate français Jean Chauvel : « Cela nous faisait une belle jambe. » (Chauvel, 1973, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création d’une mission d’information regroupant les généraux Salan et Pélissié et dirigée par Ély (chef d’état-major des Forces armées) pour se rendre en Indochine. Elle quittera Paris le 15 et arrivera à Saigon le 18 (Salan 2, 1971, p. 422).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre écrit à Ély (chef d’état-major) et émet 2 hypothèses : ou le conflit s’internationalise rapidement ou la France doit faire face à des conditions difficiles en attendant une paix avec l’adversaire, voire l’entrée en lice de forces amies qui ne pourront être que tardives. Il exprime comment il voit les choses pour la période 1954-1955 : assainir la situation au sud du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle ; tenir le bastion Hanoi-Haïphong voire mieux ; conserver le Nord-Laos tant qu’il n’est pas attaqué en force ; l’abandonner dans le cas contraire. En conclusion, Navarre se demande si la chose est réalisable « compte tenu de nos pertes et du retard dans la mise sur pied de l’armée vietnamienne » (Ély, 1964, pp. 126-127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM amorce un repli de ses forces vers le Delta. Selon Navarre, une tentative de négociation en vue d’une restitution des blessés graves échoue du fait d’une exigence vietnamienne : une renonciation française à toute action aérienne sur les routes de repli de ses unités (Navarre, 1956, p. 263). Cependant, à la conférence de Genève, un accord est trouvé pour assurer l’évacuation des blessés (Chauvel, 1973, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que fortement affaibli, le gouvernement Laniel se maintient avec une très courte majorité de 2 voix. Il tombera le 12 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 - 15 mai 54 : Lors d’un nouveau Comité de Défense français (voir celui du 5 mai), marqué cette fois par la défaite de Dien Bien Phu et l’ouverture de la conférence de Genève, on décide de l’envoi de 5 bataillons, d’un escadron de chars et d’unités de D.C.A. (en prévision d’une attaque chinoise ?) en plus de ce qui avait été prévu en avril.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour ce qui est du retrait, les avis paraissent plus partagés à Paris comme à Saigon : certains préconisent un retrait rapide (Ély, Salan), d’autres pensent qu’au contraire il faut le différer (Navarre, Cogny et le commissaire général Dejean). Ces dissensions, latentes – Ély parle de « longues séances qui furent un peu agitées » – se confirmeront le 18 mai (extraits du compte rendu de ce Comité cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, pp. 771-775). Navarre reçoit donc, « pour la première fois » depuis sa prise de commandement, ce qu’il ne se prive pas de rappeler dans &#039;&#039;L’Agonie de l’Indochine&#039;&#039;, « une directive opérationnelle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On prévoit, en accord  avec Navarre et Cogny, comme objectif principal, primant toute autre considération, la sauvegarde du corps expéditionnaire et sa non-dispersion. 2 autres prescriptions sont adressées à Navarre : assainir la situation dans le Centre et le Sud en vue, si nécessaire, d’un repli au sud du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle ; opérer dans le Delta tonkinois des rétractations « dans un premier temps sur le « Delta utile » (zone Haïphong-Hanoi) et, s’il y avait lieu, dans un deuxième temps, sur le réduit Haïphong (directive citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039;  Laniel, 1957, pp. 106-107).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre fait savoir à Ély que si les deux premiers points lui conviennent, il n’est pas de même pour le troisième. Pour lui, l’abandon des zones sud et ouest du Delta est inconcevable. La zone des Évêchés est une zone de recrutement pour l’armée vietnamienne, cette manière de faire serait une forme d’abandon de la guerre et aurait des conséquences dramatiques au niveau des négociations qui se déroulent à Genève. L’hypothèse que le VM puisse déclencher une offensive générale à partir du 20 juin apparaît au commandant en chef plus qu’hasardeuse, idée qu’il défendait déjà avant la défaite, le 21 avril. Cogny, cette fois, soutient  son supérieur (Navarre, 1956, pp. 268-271 ; Ély, 1964, p. 132).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Selon Gras, vu de Paris, la situation paraissait beaucoup plus catastrophique qu’elle ne l’était réellement&#039;&#039;&#039; (Gras, 1979, p. 570). Ces décisions alarmistes ne font qu’entériner les échanges antérieurs qui ont eu lieu entre Navarre et Ély (chef d’état-major des Forces armées). Pour le second, maintenir la situation dans le delta tonkinois s’avère difficile, il faudra lâcher certaines zones. On arrive à peine à maintenir les liaisons entre Hanoi et Haïphong, or, c’est là un axe essentiel qu’il faut préserver en cas d’attaque chinoise. Pour le premier, on doit certes envisager une rétractation mais pas aussi importante que celle préconisée par Ély et le Comité de défense .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité de défense nationale désigne les généraux Ély, Salan (ex-commandant en chef qui n’apprécie pas son successeur) et Pélissié (armée de l’Air) pour se rendre à Saigon et y rencontrer Navarre (voir 18 mai) (Ély, 1964, pp. 121-124 et pp. 127-131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mai 54 : Le gouvernement américain transmet à Douglas Dillon, son ambassadeur à Paris, les conditions de son éventuelle participation à la guerre. Ils tiennent en &#039;&#039;&#039;7 points&#039;&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         La France et les États associés doivent demander une assistance aux États-Unis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         Une même demande doit être adressée à l’Australie, la Nouvelle Zélande et la Grande Bretagne, avec un simple acquiescement pour cette dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         Les Nations Unies doivent couvrir le tout : le Laos et le Cambodge doivent demander l’envoi d’observateurs onusiens pour déceler toute tentative d’intrusion ou d’agression communiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         Le gouvernement français doit réaffirmer le caractère total de l’indépendance des États associés, celle-ci pouvant aller jusqu’à la rupture d’avec l’Union française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         Les Français s’engagent à ne pas retirer leurs troupes en attendant les renforts américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         Des arrangements doivent être conclus entre la France et les U.S.A. pour l’organisation du commandement et de l’entraînement des troupes vietnamiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         La demande française doit être approuvée par le Parlement français (au vu de l’habituelle « valse » des gouvernements…). (Elgey, 2018, p. 778, note 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée au Président du Conseil Laniel, Eisenhower ajoutera ultérieurement encore une autre condition (voir 10 juin) (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 45). Outre la faible chance de réalisation d’une telle coalition, les Américains savent pertinemment que, côté français, certaines de leurs exigences sont inacceptables. Ils s’engagent donc ainsi à peu de frais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Navarre, c’est à la mi-mai que le gouvernement français, sous la pression de la presse, perd son sang-froid et analyse, selon lui, mal les conséquences de la défaite de Dien Bien Phu au Tonkin. Des rumeurs naissent durant la deuxième quinzaine de mai et semblent relayées exagérément par les médias. Navarre rend Cogny et son entourage immédiat responsables du « pessimisme » ambiant, à ses yeux non justifié, qu’il qualifie d’« immense vague de panique » (Navarre, 1956, p. 265).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Tonkin, la population et les élites s’inquiètent du contraste entre les attaques répétées du VM dans le Delta et l’immobilisme des troupes franco-vietnamiennes et de leur désarroi. Les débats à Genève sont suivis avec la crainte d’émergence de compromis fatals pour l’unité du pays. Chacun se souvient du régime de terreur qu’avait connu le Tonkin en 1945-46 (Valette, 1994, p. 342).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mai 54 : Suite à la défaite de Dien Bien Phu, Navarre porte un jugement sévère sur le comportement de l’armée vietnamienne : « Absolument rien n’avance. Le recrutement est absolument tari dans le Sud et très difficile dans le Nord. Les désertions augmentent tous les jours. Des mutineries, des incidents graves ont lieu dans les bataillons légers. Les accords avec les confessionnels [sectes religieuses] n’avancent pas. Les conflits entre autorités civiles et militaires sont toujours aussi aigus et portent de plus en plus sur des questions de personnes ou d’intérêts particuliers. On peut se demander si la France a intérêt, avant la conférence de Genève, à se lier par des accords à un régime sur lequel il est difficile de faire fonds. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 341)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mai 54 : Churchill (premier ministre britannique) déclare devant le parlement anglais qu’il est opposé à toute intervention en Indochine avant la tenue de la conférence de Genève (Nguyen Phu Duc, 1996, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mai 54 : Les généraux Ély (chef d’état-major des Forces armées), Salan (ex-commandant en chef) et Pélissié (armée de l’Air) partis le 15, arrivent à Saigon pour tenter de rétablir une situation militaire délicate (voir 13 mai). Ils y resteront jusqu’au 23. Ils sont reçus par Navarre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce dernier se sait en sursis (voir 3 juin), même si Ély lui « affirma que l’affaire de Dien Bien Phu, si grave qu’elle fût, avait été parfaitement comprise par le Gouvernement qui [lui] gardait toute sa confiance […] » (Navarre, 1979, p. 370). Ély remet au commandant en chef les directives du Conseil des chefs d’état-major des 14 et 15 mai. L’objectif principal, « primant tout autre considération », est la préservation du corps expéditionnaire. Il faut également assainir la situation dans le Sud et le Centre, en défendant le 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre approuve ces 2 directives mais estime que la décision des rétractations au Tonkin est prématurée au regard de la situation actuelle et réelle. C’est, selon lui, la porte ouverte à une offensive du VM sur le Delta et un aveu de faiblesse alors qu’on est en train de négocier à Genève. Il n’envisage de prendre cette décision qu’en cas d’échec des pourparlers genevois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il estime que, dans l’hypothèse où le corps de bataille vietminh venant de Dien Bien Phu se porte sur le Delta, il ne pourra être actif qu’à partir du 20 juin. C’est ce qu’il avait déjà confié au préalable par télégrammes à Ély (Ély, 1964, p. 124). Les faits lui donneront raison (voir 15 juin), même si Ély et Salan le jugent trop optimiste (Ély, 1964, p. 134 et p. 136). Navarre préconise simplement le renforcement de la zone par ses troupes et celles de l’Armée nationale vietnamienne (A.N.V.) qui ont conservé leur tenue au feu. Ély, pessimiste, acquiesce, tout en ne renonçant pas à l’idée de repli sur le Delta utile (zone Hanoi-Haïphong) (Gras, 1979, p. 570).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mai 54 : Les membres de la mission se rendent au Tonkin 48 heures pour y rencontrer Cogny (commandant les forces françaises au Tonkin) qui leur fait bonne impression : grande autorité, état-major solide et soudé. Prudents, les membres ne cherchent pas à savoir où il en est dans ses relations avec Navarre estimant que cette question est prématurée. Ils observent que la zone de pacification que doit contrôler le commandant du Tonkin est bien trop vaste au vu de ses faibles moyens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny s’attend à une attaque du VM dès que les troupes engagées sur Dien Bien Phu seront reconstituées vers le 15 juin et opérationnelles, probablement début juillet. Pour autant, il est sur la même longueur d’onde que son supérieur sur la question de ne pas précipiter le repli. Au Tonkin tout est relativement calme pour l’instant, même si la situation demeure préoccupante. De retour sur Saigon, les membres rencontrent le colonel De Crèvecœur qui commande les maquis au Laos puis certains commandants de secteurs (Ély, 1964, pp. 136-141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan obtient de Cogny un bilan de la bataille de Dien Bien Phu : la garnison comportait 14 450 hommes ; il y a 1 500 tués et 3 000 blessés. Pour le reste, ce sont des prisonniers. La valeur du matériel abandonné ou détruit est évaluée à 17 milliards 150 millions de francs. Les pertes globales du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier au 7 mai ont été de 16 000 hommes dont 450 officiers et 2 500 sous-officiers, soit 6 fois supérieures à celles de 1953. Salan observe qu’à Saigon, « la population [lui] donne le sentiment de subir le même vent de panique [qu’il] avai[t] constaté en décembre 1950 après les affaires de Cao Bang et Langson. » Il critique l’attitude distante du commissaire général Dejean. Malgré quelques tensions antérieures, il affirme que ses relations avec Navarre demeurent correctes (Salan 2, 1971, pp. 422-423).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la défaite des Français, ralliement d’une partie des troupes caodaïstes qui soutenaient Bao Daï à l’A.N.V. Le « pape » Pham Cong Tac signe un accord qui permet à une partie de ses forces de la rejoindre. Il conserve toutefois le commandement de l’autre partie de ses forces appelées « forces caodaïstes libres ». Les « forces caodaïstes nationalistes » sont dirigées par les généraux Trinh Minh The et Nguyen Thanh Phuong. Elles forment une dissidence relative au mouvement général de la secte (Cadeau, 2019, p. 54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mai 54 : Zou Enlaï parvient à faire accepter à Pham Van Dong la partition du Vietnam mais il faudra attendre le 16 juin pour que les choses soient officialisées (Cadeau, 2019, p. 516).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les chefs d’état-major combinés américains, face à la demande d’intervention française en Indochine, considèrent que « l’Indochine ne présente aucun objectif militaire décisif » et préconisent « un soutien aérien et naval assuré de l’extérieur […] » qui demeure toutefois tout à fait hypothétique (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 40). L’amiral Radford au nom des &#039;&#039;Joint Chiefs of Staff&#039;&#039; précise donc que l’éventuelle participation militaire américaine se cantonnera uniquement à l’aviation et la marine. Les forces terrestres demeureront fournies par la France et surtout les États indochinois. La formation militaire des troupes de ces derniers reviendra aux Américains. L’engagement américain demeure toujours aussi ambigu que prudent : le commandant en chef demeure français (général Ély) mais les effectifs du M.A.A.G. sont renforcés et atteindront rapidement les 2 250 personnes (Valette, 1994, p. 346).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM annonce vouloir libérer Geneviève De Galard (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039;, 20 mai 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon les mémoires de Navarre, certains journaux décrivent « le moral des populations comme profondément atteint et en proie à une « psychose qui pourrait se transformer en panique ». Or, selon lui, cette « psychose » n’existe absolument pas (ce qui est plus que discutable, voir 15 mai). « Le calme des populations du Delta était au contraire parfait. » Toujours selon le même, la chute de Dien Bien Phu n’a pas affecté le moral des populations tonkinoises. Il n’observe chez les Français aucun départ précipité (Navarre, 1979, p. 369). Il est vrai qu’on avait déjà observé une attitude tout à fait différente dans l’armée française et les milieux politiques, la presse et la population en métropole après l’affaire de Cao Bang fin 1950.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une délégation de notables vietnamiens qui doit partir pour Genève (et obtenir, en France, une audience avec Bao Daï) rencontre le haut-commissaire Dejean : « Ils espèrent vivement que les conversations interalliées en cours permettront un pacte défensif du Sud-Est asiatique destiné à permettre l’exécution d’un éventuel armistice ou à envisager, en cas d’échec de la conférence de Genève, la reprise des hostilités. Ils préfèreraient une internationalisation de la guerre à un partage ou à un compromis qui ne serait qu’un prélude au triomphe des communistes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 343) L’option américaine est déjà dans les esprits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mai 54 : Salan, pessimiste, préconise une rétraction du dispositif français et de couvrir la route Saigon-Haïphong. Le commissaire général Dejean et Navarre « acceptent mal, tout en les trouvant logiques ». Ély demande à ce que différentes hypothèses soient étudiées (voir 22 mai). Les membres de la mission continuent à rencontrer les commandants de secteur sur le terrain (Ély, 1964, p. 135)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mai 54 : Les membres de la mission Ély-Salan ont une entrevue avec le commissaire général Dejean. Ils constatent que les rapports entre Dejean et Navarre ont toujours été bons, même dans les moments les plus difficiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre aborde la question de l’organisation du pouvoir avec les membres de la mission. Il pense que les pouvoirs civils et militaires devraient revenir à un officier-général, notamment si le conflit s’internationalise (Ély, 1964, p. 145). Un accord entre le commandant en chef et les membres de la mission est trouvé. Il permet d’attendre les résultats de Genève : repli sur le Delta du corps expéditionnaire sans abandonner les zones sud et ouest mais confiées aux troupes vietnamiennes ; un barrage doit être constitué au niveau de la zone montagneuse du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle en cas de repli ; la zone &#039;&#039;Atlante&#039;&#039; doit être conservée dans la mesure du possible et passer sous commandement vietnamien en attendant des renforts venus de métropole (Navarre, 1956, pp. 274-275).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, meeting populaire à Vientiane pour appuyer à Genève la position du gouvernement royal visant à exclure le Pathet Lao des négociations. Une pétition présentée à l’assemblée nationale, au Conseil du Roi, à la présidence du Conseil et à diverses ambassades rappelle l’existence du roi, d’une assemblée nationale élue, d’une indépendance totale et dénonce : « […] la présence d’un soi-disant gouvernement du Pathet Lao à la Conférence de Genève est inadmissible. Ce gouvernement fantoche ne peut réclamer aucun droit sur le Laos. Le Vietminh est un agresseur, donc ennemi du peuple lao. Il n’a aucune voix dans les affaires du Laos. L’intégrité du Laos doit être respectée et garantie par toutes les nations libres. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Deuve, 2003, p. 52) Cette pétition, rédigée en français, est contestée par l’opposition (ancien ministre Katay et représentants du Sud-Laos) (Deuve, 2003, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mai 54 : Ély (chef d’état-major des Forces armées), Salan (ex-commandant en chef)  et Pélissié (Armée de l’Air) repartent pour Paris à 7 h 00. Pas d’avion particulier mais un vol commercial qui rencontre d’ailleurs des problèmes techniques et est retenu 12 heures à Karachi (Ély, 1964, p. 146).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Navarre, à peine les membres de la mission débarqués à Orly, que les rumeurs s’emballent à Paris. Toujours selon ce dernier, « une dépêche reproduite par une bonne partie de la presse annonçait une « attaque imminente de Hanoi », soi-disant dévoilée par un message intercepté par nous, de Giap à ses troupes. » Toujours selon le même, on décrit une « bataille de Phuly », prélude à la conquête du Delta, là où se produisent en fait les habituelles opérations de déstabilisation ou de « pourrissement » du VM  (Navarre, 1956, p. 266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec Bedell Smith, Georges Bidault (Affaires étrangères) évoque la menace américaine comme un moyen de pression contre les communistes dans le cadre des négociations en cours : « Il est important de ne rien faire qui puisse contrarier le succès des travaux de Genève : autrement dit, il faut préparer la foudre, mais se garder de la faire tomber pendant la conférence et se contenter de laisser entendre au loin quelques roulements de tonnerre qui avertissent nos adversaires des risques que leur fait encourir une persistante intransigeance. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, pp. 778-779) Dulles veut au contraire mettre « la foudre » en place le plus tôt possible pour rendre la menace crédible. Même si tout cela ressemble plus à la poursuite d’un bluff diplomatique qu’à une réelle volonté d’intervenir. D’où la naissance d’un deuxième malentendu franco-américain, après celui de l’opération avortée &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mai 54 : Entrevue à Paris entre Bidault (Affaires étrangères), Dulles (secrétaire d’État) et Eden (Affaires étrangères britanniques). Les U.S.A. ne s’engageront que si les Anglais en font autant ou si les Chinois intervenaient directement dans le conflit. Cette dernière éventualité est peu probable car le VM a suffisamment d’hommes pour mener les combats. Les Britanniques n’entendent pas s’engager et attendent les résultats de la conférence de Genève. Selon le diplomate Chauvel qui assiste à l’entretien, Dulles demande de façon informelle à Bidault : « Voulez-vous deux bombes ? » L’offre est à nouveau rejetée par les Français (Chauvel, 1973, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un comité de défense national traite de la question de défense du Laos.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mai 54 : Ély (chef d’état-major des Forces armées) remet à Laniel (président du Conseil) un rapport non rédigé. Selon Salan, seul Ély l’a rédigé. Les autres membres l’auraient simplement approuvé oralement. Ély précise qu’il s’agit de simples notes télégraphiques, sans doute dues aux piètres conditions du voyage de retour (voir 23 mai). Malgré les recommandations que comportent ces notes, celles-ci ne seront pas suivies d’effet, notamment sur la question de la nécessité d’envoi de renforts. Selon Salan, concernant Navarre, on y voit figurer la phrase :         « De même que l’on ne change pas de cheval au milieu du gué, de même on ne change pas de commandant en chef dans la tourmente. » Ély précise que ces notes furent tapées en 4 exemplaires dont un pour le président du Conseil et un autre adressé au ministre de la Défense. Aucune autre diffusion… Aucune déclaration de presse n’est faite, comme l’avait exigé Ély de la part des membres de la mission. Du moins en théorie car, une fois de plus, il va y avoir des fuites…  Un article de &#039;&#039;L’Express&#039;&#039; intitulé « Tout sur l’Indochine » paraît. Il est nettement inspiré par les conclusions du rapport Ély-Salan. L’hebdomadaire sera saisi. Une information sera même ouverte contre X (voir 28 mai) (Salan 2, 1971, pp. 424-425 ; Ély, 1964, pp. 147-148).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Elgey, après son retour de mission en Indochine en compagnie d’Ély, Salan aurait largement contribué à la rédaction de cet article en échangeant indirectement par le biais du colonel Méric avec le rédacteur en chef du magazine, Pierre Viansson-Ponté. Sans qu’une information judiciaire soit ouverte, une perquisition menée le 28 mai et une saisie de lettres à la rédaction du magazine (alors favorable à Pierre Mendès France) montreront que Marc Jacquet, secrétaire d’État aux États associés gaulliste, est également mêlé cette publication. Ainsi mis en cause, il devra quitter ses fonctions le 30 mai (Elgey, 2018, p. 781).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Saigon, Navarre donne les ordres d’exécution décidés le 22 avec les membres de la mission Ély. Le commissaire général Dejean est présent et le gouvernement vietnamien mis au courant. Ce dernier donne son accord (Navarre, 1956, p. 277).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Genève, Pham Van Dong accepte l’idée de partition et propose un partage du Vietnam fondé sur un échange de territoires d’un seul tenant basé sur les superficies, les populations, les intérêts politiques et économiques. C’est donc un renoncement à l’unité des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; émanant du VM. Or, face à cette proposition, Bidault s’était engagé par écrit face à Bao Daï à empêcher ce partage (voir 6 mai). La partie de poker menteur se poursuit… Les discussions se déroulent jusqu’au 13 juin avec, côté vietminh, l’idée d’une ligne de partage située pour l’instant au niveau du 18&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (De Folin, 1993, p. 278).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mai 54 : Navarre a reçu d’Ély deux nouvelles directives de fermeté le 20 et le 22 qui sont approuvées le 26 par le Comité de défense nationale : « Le commandant en chef doit veiller à éviter qu’Hanoi devienne un nouveau Dien Bien Phu. C’est sur place qu’il doit se déterminer en fonction des événements militaires. C’est à lui qu’appartient le choix de l’heure et des moyens pour se replier d’Hanoi si la situation l’exige. » (Laniel, 1997, pp. 107-108) Le gouvernement, suivant en cela le pessimisme de la mission Ély, décide donc d’axer la défense sur le Delta.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mai 54 : Dulles continue à bluffer en laisser planer, avec un certain succès, le doute quant à l’hypothétique éventualité d’une intervention américaine en faveur des Français dans le but de peser sur les négociations de Genève contre le bloc communiste. Dans une conférence de presse, il déclare que « les États-Unis seraient prêts à se battre et à user de la force pour mettre fin aux attaques qui se préparent en Asie du Sud-Est. » Il réitèrera ce genre de déclaration publique le 10 juin (De Folin, 1993, pp. 271-272).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Navarre, un numéro de &#039;&#039;France-Observateur&#039;&#039; divulgue le contenu du compte rendu du comité de défense du 24 mai indiquant la liste détaillée des renforts prévus pour le Laos (Navarre, 1956, p. 309, note 2). &#039;&#039;&#039;C’est ce qu’on nommera l’« affaire des fuites ».&#039;&#039;&#039; Ces fuites, mal endémique de la première guerre d’Indochine, se poursuivent donc. Le secrétaire d’État aux relations avec les États associés dont l’entourage est soupçonné d’indiscrétion en fera les frais (voir 28 mai).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, après Vientiane (voir 22 mai), second meeting d’opposition à Luang Prabang à une représentation du Pathet Lao à Genève. Des rumeurs de coup d’État se propagent. Elles émanent de milieux pro-américains : une formation dirigée par Tiao Pethsarath (ex-vice-roi en exil en Thaïlande) prétend fédérer tous les clans laotiens (Deuve, 2003, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mai 54 : Pour lutter contre la diffusion de fuites concernant des documents sensibles, le journal &#039;&#039;L’Express&#039;&#039; est perquisitionné. Ses dirigeants, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Viansson-Ponté, sont inculpés pour divulgation du contenu du rapport Ély-Salan. De son côté, Pleven (Défense) inflige 60 jours d’arrêt au colonel Meric (entourage de Salan), supposé être à l’origine des indiscrétions. Mêlé à l’affaire, le secrétaire d’État gaulliste Marc Jacquet (États associés) sera démis de ses fonctions le 30 mai. Une enquête est diligentée contre le Secrétariat général permanent à la Défense nationale (classée ultérieurement sans suite). Le 27 juin, le magazine &#039;&#039;L’Express&#039;&#039; bénéficiera quant à lui d’un non-lieu puisqu’officiellement il n’y a toujours pas de guerre en Indochine, donc de révélations de secrets touchant à ce conflit qui n’est toujours pas considéré comme une guerre (Laniel, 1957, pp. 93-95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président du Conseil Tam, pourtant francophile, s’inquiète : « Le « Vietnamien moyen » considère que depuis décembre dernier, la France cherche à abandonner les nationalistes vietnamiens pour traiter avec le Vietminh. » Il ne croit pas à un résultat ni rapide ni probant de la conférence. Bao Daï étant absent de Genève, des bruits circulent affirmant qu’il ne rentrerait plus au Vietnam (Valette, 1994, p. 343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mai 54 : A Genève, mise en place d’un comité chargé de la question du regroupement des populations au Vietnam. Début d’un dialogue de sourds entre les parties (Cadeau, 2019, p. 517).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 mai 54 : Laniel et Maurice Schumann (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) persistent à espérer qu’en cas d’intervention chinoise, l’urgence de la situation dispenserait les Américains de passer par la procédure du Congrès. Le département d’État reproche à l’ambassadeur américain à Paris Dillon d’entretenir vainement cet espoir et de « rester dans ce malentendu » car « le Président ne pourrait agir sans autorisation du Congrès. » Selon De Folin, « l’ambassadeur a une lourde responsabilité dans la confusion qui règne à Paris » du fait de ses erreurs d’analyse et d’un manque de courage pour évoquer clairement la position de retrait américaine (De Folin, 1993, p. 269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre adresse un (dernier) tableau d’ensemble au gouvernement français : « L’effort rebelle s’est beaucoup ralenti, sauf au Centre-Vietnam où l’ennemi engage quelques nouvelles formations. L’incertitude subsiste sur les intentions du Vietminh de déclencher ou non une attaque sur le Delta. Cette attaque est possible à partir du 20 juin, date à laquelle le corps de bataille, de retour de Dien Bien Phu, peut être mis à pied d’œuvre. Si elle a lieu, le rapport de forces et le regroupement en cours permettent de l’envisager avec confiance. Il semble que la décision d’attaquer ou non n’ait pas encore été prise par le commandement vietminh et dépende pour beaucoup de l’idée qu’il se fera de notre détermination. » (Navarre, 1956, p. 278 ; texte intégral de ce télégramme &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, pp. 457-458)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel démissionne le secrétaire d’État gaulliste Marc Jacquet mêlé à l’affaire des fuites de &#039;&#039;L’Express&#039;&#039; (voir 28 mai) (Laniel, 1957, pp. 95-96). Nomination d’Édouard Frédéric-Dupont aux États associés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fin mai 54 : Un sondage montre que 68 % des Américains sont opposés à l’envoi de troupes en Indochine. La presse partage la même opinion (Chaffard, 1964, pp. 29-30).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Avril_1954&amp;diff=5369</id>
		<title>Avril 1954</title>
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		<updated>2026-09-19T06:13:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Avril 54 : Le gouvernement, Ély (chef d’état-major des Forces armées) et le commandement français commencent à être pris d’affolement, non seulement du fait de la perte imminente de Dien Bien Phu mais par celle de l’ensemble le delta du Tonkin. Ces craintes ne sont pas totalement injustifiées car la chute du camp retranché n’affectera que 5 % de l’effectif du corps expéditionnaire, même si dans ces 5 % se trouvent être les troupes les mieux aguerries du C.E.F.E.O. (De Folin, 1993, pp. 266-267). Les Français demanderont même aux Américains un appui aérien et l’intervention  des &#039;&#039;Marines&#039;&#039; pour défendre le Delta. Mais ces demandes leur seront l’une et l’autre refusées (De Folin, 1993, p. 268).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM et Pham Van Dong se rendent à Pékin puis Moscou pour y discuter de ce que la future R.D.V.N. pourrait accepter comme compromis lors de la conférence de Genève. Leur première exigence est que le Vietnam soit reconnu comme un État égal en droit comme le sont le Laos et le Cambodge. Mais cette exigence sera limitée par le fait que la future conférence de Genève marque l’entrée de la Chine sur la scène de la diplomatie mondiale, ce qui suppose des compromis avec les autres délégations. Elle doit donc être pour les Vietnamiens une totale réussite mais ses espoirs seront déçus par l’attitude chinoise (Devillers, 2010, pp. 336-337).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, les troupes régulières de l’A.P.V.N. envahissent, pour la seconde fois (voir avril 1953), le pays pourtant devenu indépendant. Devant cette invasion, Sihanouk prend en personne la tête des forces khmères pour diriger l’opération &#039;&#039;Samakki&#039;&#039; avec le lieutenant-colonel Lon Nol, promu pour l’occasion colonel et chef d’état-major opérationnel. En même temps, le roi charge son premier ministre, Penn Nouth, d’adresser une lettre à HCM lui demandant de retirer ses troupes régulières du Cambodge. Cette lettre n’obtiendra aucune réponse (Tong, 1972, pp. 64-65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’annonce de la conférence de Genève provoque une forte démobilisation dans les rangs de l’armée vietnamienne comme l’observe Nguyen Van Hinh (chef d’état-major) : « Cette annonce a eu également des conséquences immédiates sur le moral des troupes : les désertions – qui ont toujours existé dans notre armée à l’état endémique – se sont multipliées, et la mobilisation annuelle, décrétée justement en avril, a donné des résultats très médiocres […] Beaucoup de Vietnamiens pariaient sur la prochaine victoire du Vietminh, d’autant plus que cela se passait mal à Dien Bien Phu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Maigre, 1994, p. 32)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril 54 : La radio du VM, &#039;&#039;La Voix du Vietnam&#039;&#039;, annonce : « A cinq heures de l’après-midi, le trente mars, les unités populaires soutenues par de l’artillerie lourde et des canons de D.C.A., ont déclenché leur deuxième vague d’attaque contre le système de défense français du côté est de la forteresse. Ce système se composait de cinq positions  fortifiées qui, bâties sur cinq collines défendaient les approches est de l’aérodrome et le poste de commandement ennemi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 325)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre adresse d’Hanoi un télégramme au gouvernement par l’entremise du secrétaire d’État aux États associés Jacquet : « &#039;&#039;&#039;La situation est grave.&#039;&#039;&#039; J’espère encore que du fait des pertes énormes qu’il a subies, l’ennemi ne pourra attaquer aussi vigoureusement. Mais nos propres forces sont diminuées en nombre et épuisées. Leur renforcement est très difficile. &#039;&#039;&#039;La chute du camp retranché, que je fais tout pour éviter, doit donc être envisagée comme possible à plus ou moins brève échéance.&#039;&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 437) Il se plaint également de l’annonce à ses yeux prématurée de la conférence de Genève : « La situation militaire est entièrement dominée par la décision prise par le commandement vietminh, au lendemain de l’annonce de la Conférence de Genève, décision dont nous avons les preuves formelles, de faire pression au moins jusqu’à la fin, c’est-à-dire fin mai et peut-être au-delà […] Cette intensification de la guerre s’appuie sur une augmentation considérable de l’aide chinoise. Elle nous met en difficulté du fait qu’elle aboutit à nous engager prématurément dans une lutte générale […] Il n’est pas douteux que le commandement vietminh cherche à atteindre avant la fin de la conférence des résultats décisifs ou tout au moins assez spectaculaires pour nous amener à traiter selon  ses vues. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, p. 384)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre transmet des instructions à Cogny concernant Dien Bien Phu. Il envisage 2 hypothèses : ou le VM échouera dans sa deuxième attaque ou il y renoncera. Dans tous les cas, il devrait desserrer un temps son étreinte. Le centre de résistance centrale et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; doivent « s’organiser pour durer au maximum dans des conditions difficiles, sachant qu’ils ne pourront compter que sur très peu de renforts et peut-être même sur un ravitaillement restreint. La garnison doit être informée de la situation. » Le commandant en chef estime qu’ « aucun espoir n’est perdu » car la saison des pluies approche. De Castries « doit être informé que tout sera fait pour évacuer ses blessés » et que « des renforts dans la limite d’un bataillon et une batterie de 75 sans recul » arrivent. Cette aide ne pourra être qui limitée « pour n’obtenir qu’une prolongation de la résistance. » (Rocolle, 1968, pp. 449-450)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon du colonel d’aviation Brohon (voir 29 mars). Navarre étant à Hanoi, Brohon reprend un avion en compagnie du commissaire général Dejean. Les 2 hommes rencontrent, en compagnie de Cogny et Bodet, le commandant en chef dans la soirée (Rocolle, 1968, p. 415). Navarre et Brohon doivent se revoir le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrevue à Moscou de Kroutchev, Molotov, Zhou Enlaï, HCM et Pham Van Dong. On se met facilement d’accord sur le futur processus de négociation défini par l’U.R.S.S. &#039;&#039;&#039;mais beaucoup moins sur l’idée de partition du Vietnam&#039;&#039;&#039;. Pham Van Dong, futur négociateur de la R.D.V.N. à Genève, revendiquera juste après la victoire de Dien Bien Phu la totalité du Vietnam lors de l’amorce des négociations. Quant à HCM, il ne considèrera jamais cette partition que comme un pis-aller temporaire (voir 22 juillet) (Cesari, 2013, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 2 avril 54 : Une deuxième attaque sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; échoue (Rocolle, 1968, p. 432).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; tombe le 2 à 8 h 00 malgré une relève. La position complètement bouleversée n’est pas réoccupable, « faute de moyens » (Rocolle, 1968, p. 433).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attaque vers 20 h 00 d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; au nord de la piste par le régiment 88 (division 308). Les légionnaires la repousse, mais le 3, 12 légionnaires (des rescapés de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;…) feront défection et passeront à l’ennemi (Rocolle, 1968, p. 434).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux sections du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. sont parachutées sans problème. Mais l’opération doit être interrompue car, &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; étant en train de tomber, une partie du champ de bataille est trop éclairée par un Dakota &#039;&#039;Luciole&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 453).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 5 avril 54 : Reprise de la guerre des communications par l’aviation française après une pause dommageable accomplie durant le mois de mars. L’intensité des attaques du G.A.T.A.C.-Nord paraît toujours aussi faible que décousue. 2 points sont visés sur le R.P. 41 : le point &#039;&#039;Mercure&#039;&#039; (carrefour de Conoï) est attaqué, 33 tonnes de bombes y sont déversées. Un autre point voisin reçoit 25 tonnes. 6 autres attaques sont menées ailleurs mais avec de faibles moyens. En avril, les bombardiers B-26 ne sont affectés que 22 fois à la guerre des communications, l’essentiel de l’effort étant porté sur Dien Bien Phu mais ils sont également en même temps impliqués dans 58 attaques sur le Delta. La dispersion pour l’aviation de chasse est encore plus importante 184 missions sur la R.P. 41 et la R.P. 13 alors qu’ils sont engagés 259 fois dans Delta et seulement 198 fois sur Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, pp. 441-442).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 avril 54 : A Dien Bien Phu, les durs combats sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; obligent le régiment 102 (division 308) à se retirer. C’est le régiment 174 (division 316) déjà largement éprouvé par de récents combats sur ce même point d’appui qui le relève. Une faible reconnaissance à l’ouest sur &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; (50 hommes) est incapable de reprendre le point d’appui. On n’y ramène que quelques légionnaires rescapés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, le colonel Brohon revoit Navarre, le commissaire général Dejean et le général Bodet pour obtenir une réponse à sa proposition de la veille. Dans un premier temps, la réponse du commandant en chef à l’égard d’une intervention de l’aviation américaine est réservée et même réticente car il craint une réaction de l’aviation chinoise sur les 3 bases aériennes que possède le Tonkin ainsi qu’à Dien Bien Phu qui pourrait être écrasé de bombes avant que n’intervienne les intercepteurs de la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Flotte américaine (Rocolle, 1968, p. 438 ; Pouget, 2024, pp. 481-482). Il n’acquiescera que le 3, tout en hésitant jusque-là (voir cette date).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre câble au gouvernement : « Nous semblons parvenus au point d’équilibre de la bataille […] je saisirai toute occasions de renforcer Dien Bien Phu, quitte à engager mes derniers bataillons parachutistes, si grave soit cette décision […] Mais l’envoi de renforts, même en petite quantité, s’avère très difficile et les troupes sont dans un grand état d’épuisement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 482)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 2 au 3 avril 54 : Dans la nuit, les troupes du VM encerclent et menacent &#039;&#039;Françoise&#039;&#039; (un point d’appui isolé à l’ouest du noyau central du camp retranché) qui tombe après la nouvelle défection de 2 compagnies thaïes (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 163 ; Rocolle, 1968, p. 385).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap est obligé de puiser dans ses réserves. Il fait revenir du nord du Delta le dernier régiment de la division 308 et son état-major qui protégeaient jusqu’alors les instances gouvernementales. Il a par ailleurs demandé à la Chine de lui fournir un troisième régiment de D.C.A. (Rocolle, 1968, p. 436).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Troisième attaque d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;, nouvel échec. A 4 h 00, le 102&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment est relevé par le 98&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;. Ce dernier ne laisse qu’une compagnie sur les pentes est et doit avouer son échec : « Notre succès a été incomplet pour plusieurs raisons. Nous n’avons pas pu connaître en détail le dispositif des fortifications au cœur de la position, surtout l’emplacement du redoutable blockhaus enterré au sommet et les communications directes entre &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; et le camp retranché ; les préparatifs d’assaut se sont révélés insuffisants […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 433).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le parachutage de renforts en artilleurs s’effectue avec difficulté. Cette nuit, seuls 74 parachutistes du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. parviennent à toucher terre (Rocolle, 1968, p. 453).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 avril 54 :  A Dien Bien Phu, les troupes du VM attaquent &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; située au nord-ouest de la piste d’atterrissage principale. Les Français contre-attaquent et réoccuperont cette position le 5 (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 164). Une nouvelle trêve est proposée par le VM pour récupérer les blessés d’&#039;&#039;Huguette 7.&#039;&#039; Les brancardiers ne ramènent que 4 cadavres impossibles à identifier. A l’est, &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; tient toujours. 1 500 cadavres vm gisent sur ses pentes. Selon Pouget, « la colline 464 […] commence à avoir une renommée sinistre parmi les troupes de Giap. » (Pouget, 2024, p. 483)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec Ély (chef d’état-major), Navarre, après avoir fait un point sur les difficultés de la situation du camp retranché, semble progressivement pencher en faveur du projet &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. Il écrit alors : « […] J’estime que dans ces conditions, l’intervention dont m’a entretenu le colonel Brohon peut avoir un effet décisif surtout si elle se produit avant l’assaut vietminh […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 439).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre fait une dernière intervention en faveur des blessés de Dien Bien Phu. Il avertit ce jour par radio le VM en annonçant qu’un avion se présentera le 5 à 14 h 00 pour évacuer des blessés. Des journalistes étrangers et des personnalités neutres suivront l’opération à bord d’un autre appareil. Quelques heures après cette annonce, Giap fait saboter par un commando la piste d’atterrissage à l’explosif pour la rendre totalement impraticable (Pouget, 2024, p. 318).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
John Foster Dulles (secrétaire d’État) tient une conférence secrète avec plusieurs leaders des deux partis au Congrès dont Lyndon Baines Johnson (pour les Démocrates) et Richard Russel (pour les Républicains). Il leur demande un blanc-seing pour une intervention militaire en Indochine. Lors du débat, l’idée d’intervenir est loin de faire l’unanimité : ce serait l’entrée dans un nouveau conflit selon l’amiral Radford et il n’y a pas d’accord du comité des chefs d’état-major sur ce point précis. Johnson rappelle que la guerre de Corée a été assurée par les États-Unis à 90 % tant en hommes qu’au niveau du financement. Il faut donc s’assurer avant tout de qui participerait à un nouveau conflit d’une telle ampleur (Elgey, 2018, pp. 739-740). Selon Halberstam, « personne, semblait-il, n’avait envie de prendre une vraie responsabilité. Le Président une fois de plus avait utilisé le Congrès comme sonde et avait perçu de graves réserves. Mais comme Dien Bien Phu tenait toujours, la pression ne diminua pas. » (Halberstam, 1974, pp. 169-171)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a deux camps qui s’opposent aux U.S.A., concernant une potentielle intervention en vue d’aider les Français. L’amiral Arthur W. Radford (chef de l’état-major interarmes) et John Foster Dulles (secrétaire d’État) y sont favorables (Halberstam, 1974, pp. 167-168). Ils préconisent une attaque aérienne stratégique massive (60 bombardiers et 150 avions de chasse) visant à briser l’élan des N-V autour de Dien Bien Phu. Le vice-président Nixon est lui aussi toujours favorable à une intervention. Dans le camp de l’opposition à ce projet se trouve le chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Matthew B. Rigway, qui a toujours considéré le conflit indochinois comme essentiellement colonial. Il estime que la région est importante mais non vitale aux intérêts des États-Unis et que les communistes ne pourront maintenir longtemps leur contrôle sur des populations aussi diverses et donc potentiellement hostiles au VM. Il estime également que cette guerre risque d’être coûteuse et que l’effort de mobilisation devra être supérieur à celui de la guerre de Corée (Halberstam, 1974, pp. 172-173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques heures après la réunion avec les membres du Congrès, Dulles convoque l’ambassadeur Henri Bonnet. Il plaide pour la première fois en faveur de l’internationalisation du conflit indochinois en vue de stopper « par quelque moyen que ce soit » la progression du communisme en Asie du Sud-Est. Il évoque alors l’idée d’une coalition qui inclurait la France, les U.S.A., la Grande-Bretagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande et les Philippines. Charge à la France et aux États associés de monter cette coalition (Elgey, 2018, p 741).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 3 au 4 avril 54 : Parachutage d’un troisième bataillon de parachutistes sur Dien Bien Phu (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de Chasseurs parachutistes, 340 hommes) pour compenser les pertes (Navarre, 1979, p. 349). &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; est attaqué sur sa face est. Une contre-attaque du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. accompagné de 2 chars prend le VM à revers. Il se replie laissant 450 cadavres et 50 prisonniers. Le point d’appui est repris à minuit (Pouget, 2024, p. 484).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Hanoi, Navarre envoie un message à Ély : « L’intervention dont m’a entretenu le colonel Brobon peut avoir un effet décisif surtout si elle se produit avant l’assaut viet-minh. » (&#039;&#039;ibid.&#039;&#039;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 avril 54 : Retour à Paris du colonel Brohon mandaté par le gouvernement pour présenter à Navarre le plan d’intervention aérienne américain (&#039;&#039;Vautour&#039;&#039;). Il rencontre Ély. Navarre a émis devant Brohon « un avis réticent », craignant une réaction de l’aviation chinoise. Ce qui surprend le chef d’état-major des Forces armées. Car un courrier que Navarre a transmis la veille à Ély laisse au contraire entendre que le choix du commandant en chef penche désormais dans le sens d’une intervention américaine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un conseil de défense national restreint est réuni. A son issue, Ély télégraphie à Navarre : « […] Gouvernement a présenté à Washington la demande d’intervention que vous avez sollicitée […] Justification concernant Dien Bien Phu que Brohon me rapporte de votre part m’amène à penser que vous avez le sentiment qu’on ne vous suit pas complètement, je peux vous assurer qu’il n’en est rien et que vous êtes pleinement soutenu. Ély. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 488)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour de Brohon, ajouté aux déclarations de Foster Dulles, entraîne donc une réunion du Comité de guerre. Sont présents Laniel (président du Conseil), Pleven (Défense), Reynaud (vice-président du Conseil), Bidault (Affaires étrangères), le maréchal Juin (conseiller militaire du gouvernement) et le général Ély (chef d’état-major des Forces armées) ainsi que les 3 chefs d’état-major. Un avis favorable à l’intervention aérienne américaine se dégage et Laniel demande à s’entretenir à 23 h 30 avec l’ambassadeur américain Dillon à Paris. Ce dernier est saisi de la demande française dès minuit. Elle n’est qu’orale. De son côté, Ély télégraphie cette demande à Valluy (représentant de la France à délégation française à l’O.T.A.N.) qu’il doit transmettre à Radford (chef de l’état-major interarmes) et à Bonnet (ambassadeur de France à Washington) (Ély, 1964, pp. 85-86 ; Laniel, 1957, pp. 84-85). Les Français, acculés, vont un peu vite en besogne en se fiant à cet espoir américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une demande d’intervention française sur Dien Bien Phu par l’aviation américaine, &#039;&#039;&#039;Eisenhower, estimant qu’une intervention unilatérale serait une erreur&#039;&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;demande l’aide des Anglais&#039;&#039;&#039; en invoquant auprès d’eux le risque d’un nouveau Munich. Le premier ministre Churchill lui écrira : « Si […] l’Indochine tombe entre les mains des communistes, l’effet final sur notre et votre position stratégique dans le monde peut être désastreux […] » Toutefois, son ministre des Affaires étrangères, Anthony Eden, s’adressant à Dulles, lui a confié : « Je ne croyais pas qu’une intervention moindre que celle de Corée puisse avoir quelque effet en Indochine. » (Schlesinger, 1967, p. 22). Tirant les leçons du récent conflit coréen, &#039;&#039;&#039;les Anglais bottent en touche,&#039;&#039;&#039; refusant de comparer la situation en Indochine à ce qui s’était passé au moment des accords de Munich en 1938. La situation est, à leurs yeux, tout à fait différente : HCM n’est pas Hitler et surtout l’Indochine n’est pas l’Europe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cabinet français refuse également de soutenir le plan d’intervention de Dulles qui propose à la France et à la Grande Bretagne d’organiser un système de défense collectif en Asie du Sud-Est, prémices de la future O.T.A.S.E. Une hypothétique coalition est envisagée par les Américains. Elle devrait comprendre les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, les États associés, la Nouvelle Zélande, la Thaïlande et les Philippines. Cette proposition américaine ne convient pas aux Français : la situation est particulièrement urgente  au Tonkin et au Laos ; elle risque de provoquer une réaction chinoise ; elle place la France au même niveau que des puissances secondaires de la région et soumet l’intervention américaine à une décision britannique (Lemaire, 2000, p. 62). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès ce jour, le sénateur Kennedy pose la question : « L’Indochine partiellement ou en totalité est-elle absolument indispensable à la sécurité de l’Asie et du monde libre ? » L.B. Johnson, chef de la majorité démocrate au Sénat, déplore une « succession lamentable de revirements, de confusions, de déclarations alarmistes et de digressions ». Il s’inquiète de l’image que l’administration Eisenhower donne à ses partenaires et préconise que les États-Unis se concentrent essentiellement « sur ce qui se passe chez [eux] » (Schlesinger, 1967, p. 26).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, le secrétaire d’État Dulles dénonce devant une commission du Congrès la présence de conseillers chinois à Dien Bien Phu (Valette, 1994, p. 293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, lors d’une cérémonie de ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe organisée par l&#039;Association des anciens du corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient  pour commémorer les morts en Indochine, Laniel (président du Conseil), Pleven (Défense) et De Chevigné (secrétaire d’État à la Guerre) sont violemment pris à partie par des manifestants dont certains sont des vétérans qui arborent leurs décorations obtenues en Indochine. Des Gaullistes sont également présents (voir 9 mai). Le service d’ordre est pléthorique et se laisse rapidement déborder. Les slogans dénoncent l’éviction du général Juin (ancien chef d’état-major devenu simple conseiller militaire) et appellent à la démission du gouvernement. Au cours des échauffourées, Pleven est giflé par un officier de réserve en uniforme participant à la manifestation (Elgey, 2018, pp. 750-751 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 6 mars 1954).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 4 au 5 avril 54 : &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; est attaquée pour la deuxième fois. 5 bataillons vm sont engagés. Le point d’appui est sur le point de tomber. Une contre-attaque est menée par 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. parachuté la veille et qui avait été immédiatement affecté à la défense d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;, à l’opposé de là où ils doivent intervenir. De Castries et Langlais les renforcent la contre-attaque par 2 compagnies du 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. de Bigeard et une compagnie du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. qui elles connaissent le terrain. Le 5 à 6 h 00, ils surprennent et écrasent le régiment 165 (constitué de jeunes recrues) avec l’aide de l’aviation (Rocolle, 1968, pp. 434-436). De son côté, Giap est désormais obligé de puiser dans des unités constituées de jeunes recrues non aguerries.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à un Comité de guerre, les Français demandent une intervention de l’aviation américaine. Laniel appelle l’ambassadeur Dillion nuitamment et Maurice Schuman (secrétaire d’État aux Affaires étrangères) le rencontre. Dillion transmet immédiatement la demande mais ne cache pas à ses interlocuteurs qu’il y a peu de chance qu’Eisenhower prenne une telle décision sans l’autorisation du Congrès qui, quant à lui, attend un très hypothétique soutien d’alliés (Elgey, 2018, p. 742 ; télégramme cité &#039;&#039;in&#039;&#039; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 66-67).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 avril 54 : Au vu de ses pertes, d’un manque momentané de munitions et de réserves de vivres, &#039;&#039;&#039;Giap est obligé de marquer une longue pause de 25 jours à Dien Bien Phu&#039;&#039;&#039;. Il commence cependant à pousser la nuit ses tranchées d’approche et sa D.C.A. au plus près. Au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai, leur étendue atteindra les 400 km (cartes &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1956, p. 227 ; Teulières, 1979, p. 246). Il demande au général Ly chinois Cheng Hou 720 tonnes de munitions, un régiment de D.C.A. avec 67 tubes de 37 mm, 300 camions et quelques orgues de Staline. Il lance également une importante campagne de remobilisation de ses troupes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, la récupération des parachutages de haute altitude devient de plus en plus hasardeuse : un C-119 lâche à haute altitude sa cargaison à 2 km au sud-ouest de &#039;&#039;Claudine&#039;&#039; dans les lignes du VM (Navarre, 1956, p. 225 ; Pouget, 2024, p. 488).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après son télégramme du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; adressé au secrétaire d’État aux États associés teinté d’une teneur très pessimiste, Navarre en s’adressant au même le paraît moins : « […] Si, tout en continuant à agir sur les lignes de communications de l’adversaire et sur ses positions, nous parvenons à renforcer la garnison de Dien Bien Phu et à assurer les approvisionnements et évacuations indispensables, la bataille paraît pouvoir se prolonger encore assez longtemps. Elle ne pourrait, me semble-t-il, tourner en notre faveur que s’il est possible de neutraliser dans des délais assez brefs, par un emploi massif de l’aviation de combat, l’artillerie et la D.C.A. ennemies et à rouvrir ainsi largement la route aérienne, qui seule nous relie aux défenseurs de Dien Bien Phu. En ce qui concerne l’ennemi, il paraît bien établi, d’après l’ensemble des dispositions qu’il adopte encore à l’heure actuelle, que malgré les immenses pertes subies et l’approche de la saison des pluies, il ne songe pas pour l’instant à se retirer. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 437-438). Un courrier dans lequel Navarre fonde des espoirs (sincères ?) par un rétablissement miraculeux de ce qui ne fonctionne pas depuis le début…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant reçu réponse à son télégramme de la veille, l’ambassadeur américain Dillon transmet à Bidault la réponse du secrétaire d’État Dulles qui est &#039;&#039;&#039;une fin de non-recevoir à la demande française&#039;&#039;&#039; : « Ai expliqué à Ély en la présence de Radford pas possible accomplir action de belligérance en Indochine sans entente politique avec France et autres pays. Approbation du Congrès nécessaire. Après consultation au plus haut niveau, confirme cette attitude. USA feront tout possible pour préparer base publique, constitutionnelle et du Congrès pour action unie en Indochine. Toutefois action impossible sauf coalition avec participation active du Commonwealth Br. Entretemps faire tout le possible hors belligérance. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 743 et &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 67-68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Ély (chef d’état-major présent aux U.S.A.) envoie un télégramme à Navarre lui signifiant la prudence quant à l’éventuelle implication des Américains dans le conflit : « […] Gouvernement a présenté à Washington la demande d’intervention que vous avez sollicitée. Avant connaître la réponse et délai je vous demande instamment de ne pas tenir compte de cette demande dans actuelle conduite de la guerre [...] » (voir 6 avril) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 440, note 142)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conférence de presse donnée par Eisenhower qui bluffe en annonçant qu’il n’exclut pas une intervention alliée en Indochine sous commandement américain, réaffirmant ainsi son idée chère de la théorie des dominos. Une vision qui n’est cependant absolument pas partagée par les Britanniques qui l’ont fait savoir. Quant à la France, Bidault (Affaires étrangères) ne voit dans ce type de déclaration qu’un moyen d’écarter « à Genève toutes les chances de solution négociée ». (Valette, 1994, p. 294)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, Dulles continue à dénoncer devant la commission étrangère de la chambre des Représentants le caractère d’intervention directe qu’avait pris l’aide des Chinois dans la future bataille de Dien Bien Phu : présence d’un général chinois dans le haut état-major du VM (Ly Chen You), de conseillers à divers échelons, de servants au niveau des transmissions et de la D.C.A. Mais, malgré les pressions françaises, l’éventualité d’une intervention américaine demeure et demeurera purement verbale (Navarre, 1956, p. 243 ; Laniel, 1957, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premiers entretiens à Seno entre Navarre et le colonel de Crèvecœur en vue de monter l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; : elle vise à tenter de parachuter une unité aéroportée au Laos devant faire la jonction avec les unités de De Crèvecœur. Le volume des forces serait alors suffisant pour attaquer par la vallée de la Nam Ou où une partie des divisions vm qui participent au siège de Dien Bien Phu. Mais cette solution ne pourrait aboutir que le 20 et suppose que l’on refuse les renforts demandés à grands cris par De Castries et Langlais (voir 11 avril). Elle sera donc abandonnée après le 15 (Rocolle, 1968, p. 461).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny, toujours obsédé par la tenue du Delta, revient sur la nécessité d’y consentir « un effort militaire rigoureux ». Navarre lui répondra le 14 (Rocolle, 1968, p. 487, note 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le conseil des ministres décide, contre l’avis de Sihanouk, que l’armée royale doit cesser de poursuivre la lutte contre le VM aux côtés des Français alors que les troupes du &#039;&#039;Lien Khu 5&#039;&#039; atteignent la frontière nord-est (Rocolle, 1968, p. 458). Navarre décide de s’y rendre (voir 7 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 avril 54 : A Dien Bien Phu, on observe certaines défections de troupes du VM lors des assauts bien qu’elles soient confrontées à de faibles effectifs français tenant les positions. Les commissaires politiques sont obligés, lors de réunions observées de loin par les Français, de remotiver les futurs assaillants (Pouget, 2024, pp. 375-376).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réunion du C.N.S. : il est décidé que les États-Unis n’engageront pas leurs forces tant qu’il y a aucune garantie d’une intervention multilatérale incluant, entre autres, les Britanniques. Après la réponse des Anglais, c’est donc un refus de s’engager aux côtés des Français et une manière de faire endosser la responsabilité de ce refus non aux Américains mais à un groupe de potentiels alliés qui n’existent que sur le papier. Au cours du même C.N.S., Eisenhower juge la France comme « une puissance militaire décadente » (David, 2007, p. 11)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Débat très serré au Congrès américain sur la question indochinoise.&#039;&#039;&#039; Depuis la guerre de Corée, Eisenhower s’est engagé à le consulter pour engager son pays dans un conflit. Les débats au cours de cette journée montrent que les élus sont très peu au fait des réalités et du problème indochinois. C’est à cette occasion que le sénateur du Massachusetts et futur président, J. F. Kennedy, sans doute plus réaliste que les autres, déclare : « Ma conviction est que l’aide américaine, quelle que soit son ampleur, ne peut vaincre un ennemi qui est partout et nulle part, un « ennemi » du peuple qui bénéficie clandestinement de la sympathie et du soutien de tout le peuple. Pour les États-Unis, intervenir unilatéralement et envoyer des troupes dans le terrain le plus difficile du monde, sur lequel les Chinois peuvent envoyer des effectifs illimités, créerait une situation encore plus difficile encore que celle que nous avons connue en Corée […] Le moment est venu d’étudier, de discuter, et de revoir […] (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les représentants du Congrès établissent trois conditions à une éventuelle intervention :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- L’engagement de l’Angleterre et d’autres alliés (Australie, Nouvelle-Zélande, Philippines et Thaïlande). Mais chacun sait que la Grande Bretagne, devenue pacifiste après la guerre de Corée, y sera opposée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le maintien des forces françaises jusqu’à la victoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- L’accord de l’indépendance totale aux États associés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette position conforte Eisenhower dans sa conviction que seule une intervention multilatérale, répondant aux conditions du Congrès, demeure la meilleure option. De plus, la France rejette la plupart des propositions du Congrès, notamment la troisième. Face à ces conditions jugées inacceptables, deux analyses s’imposent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eisenhower n’a jamais eu l’intention d’intervenir (thèse défendue par Kissinger).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Jacques de Folin (De Folin, 1993, pp. 250-251) pense que si le gouvernement propose, le Sénat dispose. Le colonialisme français a fait et fait toujours l’objet de dures critiques au Sénat américain. Le raisonnement américain est le suivant : les contraintes générées par le maintien de l’Union française empêcheront tout gouvernement vietnamien d’affirmer véritablement son indépendance. Dans ces conditions, il est impossible de rassembler les vrais nationalistes anticommunistes et donc de prétendre rivaliser avec HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours aux États-Unis, réunion du N.S.C. durant laquelle &#039;&#039;&#039;Eisenhower&#039;&#039;&#039;, selon le compte rendu, &#039;&#039;&#039;« se refuse à croire que la perte de l’Indochine impliquerait celle de toute l’Asie du Sud-Est. »&#039;&#039;&#039; Il rappelle que « lors des réunions précédentes, le Conseil n’est pas parvenu à cette conclusion. » Bedell Smith (sous-secrétaire d’État) présente alors le rapport de ses services : il s’agit pour lui et eux de « créer un pacte régional en vue d’empêcher la perte de l’Indochine, et si celle-ci ne peut être évitée, de prévenir toute nouvelle avancée communiste en Asie du Sud-Est. » Eisenhower approuve aussitôt « l’idée d’un organisme de défense du Sud-Est asiatique [future O.T.A.S.E.], même en cas de perte de l’Indochine. De toute manière, la création de cet organisme est préférable à une entrée en guerre en catastrophe. » Son vice-président, Nixon, n’approuve pas ce choix et estime que la lutte contre le communisme prime sur tout. Il n’est cependant pas entendu (Cesari, 2013, pp. 221-222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains font connaître dans la soirée leur position aux Français quant aux éventuels bombardements. Ces derniers savent désormais que si intervention il y a, celle-ci ne sera pas aussi rapide qu’ils l’espéraient et qu’il n’y aura de ce fait aucun effet de surprise (Ély, 1964, p. 87). Une réunion du conseil des ministres français s’apprête à demander à nouveau une intervention de l’aviation américaine. Mais, après bien des tergiversations, la séance est suspendue sans avoir, une fois de plus, pris la moindre décision (Lemaire, 2000, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informé depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; du projet de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; pour laquelle il demeurait jusqu’alors réservé et même réticent, Navarre fait savoir à Ély qu’il l’accepte finalement (Rocolle, 1968, p. 440, note 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély envoie à Navarre un télégramme dans lequel il suggère pour hâter l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; que les Américains fournissent immédiatement 15 bombardiers B-29 qui seraient pilotés par des équipages français. Cette suggestion sera rapidement abandonnée : il n’y a pas en Indochine de pilotes et d’équipages capables d’accomplir une telle mission (Rocolle, 1968, p. 444). Navarre lui répondra le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 6 au 7 avril 54 : 11 C-119 parachutent vivres et munitions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 avril 54 : A Dien Bien Phu, débandade, désarmement et dispersion de supplétifs de la 12&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de tirailleurs thaï (qui avait lâché &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;, voir 17 mars) suite à la blessure du commandant de cette unité sur &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039;. Certains d’entre eux rejoignent les lignes ennemies (Rocolle, 1968, p. 385, note 110).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap réunit son état-major. Il estime, du fait des difficultés du moment et des fautes de commandement (notamment lors de l’attaque infructueuse d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; qui avait fait échouer celle de &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039;), devoir encore différer l’attaque générale. Il manque d’effectif et a été récemment obligé de recourir à des unités peu aguerries. Le réapprovisionnement de son artillerie est en cours. Il doit donc revoir sa tactique. Côté français, les choses sont encore plus préoccupantes. Les effectifs des unités encore opérationnelles sont maigres. On compte ce jour 590 blessés graves et un nombre encore plus important de blessés légers. Les 2 adversaires ont besoin de souffler (Rocolle, 1968, pp. 436-437).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle donne une conférence de presse durant laquelle il dénonce la C.E.D. Il évoque également l’Indochine : le conflit doit cesser pour favoriser une détente internationale et limiter les pertes (Rocolle, 1968, pp. 40-41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenhower prononce au cours d’une conférence de presse la phrase dans laquelle il prédit que si l’Indochine basculait, le reste de l’Asie du Sud-Est « tomberait très vite » comme une &#039;&#039;&#039;« rangée de dominos&#039;&#039;&#039; ». Il estime que « les conséquences possibles de cette perte seraient incalculables pour le monde libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; McNamara, 1992, p. 45) Ce qu’on nommera désormais « la théorie des dominos » prend corps, désignant le communisme comme un bloc monolithique (mais l’est-il vraiment ?) à contrer et à abattre en s’opposant farouchement aux guerres de libération nationale. Dans le Sud-Est asiatique, c’est la Chine communiste qui est perçue – à tort ou à raison – comme une menace potentielle capable de s’immiscer dans le conflit et de le faire basculer comme cela s’était produit en Corée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Mac Arthur adressée à Dulles démontre que les études du Pentagone pour dégager Dien Bien Phu au moyen d’armes atomiques tactiques (3 bombes) est envisageable. Cela suppose l’accord des Français. Cette note renvoie Dulles à cette lourde responsabilité (voir 5 mars et 30 avril) que les Français ont écarté (De Folin, 1993, p. 260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dulles répond à nouveau négativement à la demande française d’intervention aérienne, faute de soutien britannique  (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 67-68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre répond au télégramme d’Ély de la veille : « Je suggère que &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; soit exécuté au moins pour commencer sous cocardes françaises ou sans aucune cocarde. C’est un genre d’intervention qui correspond exactement à celui que pratiquent les Chinois. Il ne doit donc pas poser de problème politique international. Les équipages devant être sans insigne de grade ou nationalité et sans papiers […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 444) Le commandant en chef ira même plus loin dans ses propositions (voir 12 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à ses déclarations (voir 6 avril), le jeune sénateur démocrate Kennedy produit une note qui analyse les raisons de l’échec des Français en Indochine : « Jeter de l’argent, du matériel et des hommes dans la jungle d’Indochine sans avoir au moins une perspective éloignée de succès serait dangereusement inutile et illusoire. Je suis sincèrement convaincu que quel que soit le montant d’une aide américaine à l’Indochine, on ne vaincra pas un ennemi qui est à la fois partout et nulle part, où c’est « l’ennemi du peuple » qui possède la sympathie et le soutien caché de ce même peuple. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 234) Des propos qu’il oubliera lorsque, sous sa présidence, il mettra en branle l’engagement certes hésitant mais aussi irrémédiable des Américains dans la guerre du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, le général américain Partridge (commandant en chef de l’armée de l’Air dans le Pacifique) demande au gouvernement français l’autorisation de rencontrer Navarre dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Sihanouk qui demeurera en place jusqu’au 17. Du fait des récents événements (voir 5 avril), Navarre et Dejean s’y rendent et rencontrent le nouveau chef du gouvernement (Rocolle, 1968, p. 459).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 7 au 8 avril 75 : A Dien Bien Phu, installation d’une nouvelle antenne chirurgicale rendue possible par le largage de 8 personnels médicaux (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 avril 54 : Nivelle entend renforcer le camp retranché en donnant l’ordre de faire parachuter le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. (commandant Lisenfelt) en prévision d’une attaque du VM annoncée par des interceptions radio et devenant possible à partir du 10 avril (Rocolle, 1968, p. 462). 167 parachutistes sans brevet ont été lâchés ce jour (Pouget, 2024, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profitant de la pause opérée par le VM, De Castries entend améliorer la situation à l’est. Il demande à Cogny le renfort d’un bataillon de parachutistes. Il convoque Langlais et Bigeard en vue de reprendre &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; avant le redémarrage de l’offensive du VM (Pouget, 2024, pp. 494-495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon du colonel Gentil de la section technique de l’armée. Il pense pouvoir provoquer des pluies artificielles au nord du camp retranché sur la R.P. 41 pour entraver le ravitaillement du VM. Bien que sceptique, Navarre autorise l’utilisation d’un Junker de la marine pour effectuer des essais (Pouget, 2024, p. 495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amiral Radford continue à préparer l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. Un contact est pris entre Navarre et l’amiral Auboynau pour caler cette hypothétique opération. 2 porte-avions américains seront envoyés dans le Golfe du Tonkin (voir 10 avril). On a réclamé des appareils de radioguidage jugés indispensables pour que l’aviation américaine puisse intervenir avec efficacité (Rocolle, 1968, p. 443). La mise en place de toute cette infrastructure est toutefois bien trop tardive pour contrer l’approvisionnement du VM : Giap est en train de réalimenter son artillerie grâce aux livraisons chinoises en vue de son troisième assaut du 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, à 11 h 00, Navarre reçoit le vice-amiral américain Hopwood (chef d’état-major de la flotte du Pacifique). Il est chargé d’étudier les conditions d’intervention de la 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; flotte en cas d’une menace chinoise. Il est plus réticent lorsque le commandant en chef français évoque avec lui les finalités de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 8 au 9 avril 54 : Il reste à Hanoi 2 bataillons de parachutistes en réserve. Seule une partie du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. est parachutée sur Dien Bien Phu du fait des mauvaises conditions météorologiques. Bien que n’étant plus utilisée depuis le 28 mars, le VM lance un commando pour dynamiter à nouveau la piste d’aviation (Pouget, 2024, p. 495 et p. 497).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 avril 54 : Libération en début d’après-midi d’un officier du VM porteur d’une proposition française pour rendre des blessés. Il est suivi d’un convoi d’ambulances qui attendra jusque   16 h 00. L’officier est intercepté à 800 m au sud d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Le commandant vm d’un régiment envoie un message radio indiquant devoir attendre des instructions de sa hiérarchie. 195 tonnes de matériel ont été parachutées depuis la nuit précédente dont seulement 6 jugées irrécupérables. Pouget estime alors le nombre de blessés su camp retranché à 1 500 (Pouget, 2024, pp. 497-498.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, Pleven (Défense) qui a eu « des échos inquiétants » sur la tenue de l’aviation en Indochine propose à Navarre de remplacer le général Lauzin (commandant l’aviation en Indochine). Navarre adresse une note à Ély dans laquelle il évoque l’éventuelle relève de Lauzin. Estimant qu’« en pleine bataille [ce] serait un geste spectaculaire mais plus nuisible qu’utile », il renonce à cette solution préférant faire confiance à son adjoint le général d’aviation Bodet qui demeure son homme de confiance à Hanoi. Selon Pouget, le commandant en chef demande « l’envoi immédiat […] d’un commandant de bombardement de grande classe » qui avait été précédemment décidé mais, au final, n’est jamais arrivé (Rocolle, 1968, pp. 322-323 ; Pouget, 2024, p. 496).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le C.I.C.R., qui avait été saisi par Bidault (Affaires étrangères) depuis le 27 mars du non- respect des conventions concernant les blessés, adresse un message aux 2 belligérants pour les inviter à respecter conjointement le personnel et les véhicules couverts par « le signe de la Croix-Rouge ». (Rocolle, 1968, p. 451, note 177) Cette demande concernant les blessés demeurera la plupart du temps un vœu pieu pour les 2 belligérants : le VM connaît l’engorgement des services sanitaires et en use ; les Français poursuivent leurs bombardements aériens quelle que soit la nature du convoi. Côté français, une tentative de trêve échoue ce même jour en tentant de se débarrasser d’une soixantaine de blessés du VM bien encombrants. La question des blessés demeure encore plus problématique pour les défenseurs du camp retranché qui ne peuvent les évacuer et arrivent de ce fait à un point de saturation extrême.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 9 au 10 avril 54 : Parachutage de la seconde partie du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. (commandant Liesenfelt, 302 légionnaires) (Rocolle, 1968, p. 462). Échec de la contre-attaque du VM sur &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 avril 54 : Des renforts bien tardifs sont promis par le gouvernement français au camp retranché. Ils arriveront mais trop tard. Selon Navarre, leur qualité est très variable d’une unité à l’autre, faute d’un temps d’entraînement nécessaire (Navarre, 1956, p. 106). Il ne reste au Tonkin qu’un seul bataillon de réserve, le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C., dans l’attente de l’arrivée du 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. venu de métropole mais qui n’arrivera à Saigon que le 24. Un autre bataillon, le 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., formé par la Légion, a été rassemblé en France et doit partir pour l’Indochine. Demeurent également 2 bataillons de parachutistes vietnamiens (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N.). Ils sont peu confirmés et surtout peu sûrs. Langlais avait fait savoir que « si [l’un d’eux] arrivait, il serait désarmé et transformé en coolies. » (Rocolle, 1968, p. 462).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait du récent renfort du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., De Castries ordonne la reprise d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 318-319) par les légionnaires et une compagnie du 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. de Bigeard. Ce dernier commande directement la manœuvre à partir d’&#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039;. Une grande partie de la position sera reprise à partir du 12. Pourtant, il devient particulièrement difficile de tenir &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; dont un combattant donne la description suivante : « Il est devenu impossible de creuser des organisations dans un terrain ameubli par les explosions. D’autre part, toute tentative de creusement amène la découverte de nombreux cadavres sommairement enterrés. Des défenses en superstructure ont été élevées la nuit précédente avec des sacs de caï-phen [roseaux]. Ces organisations sont rapidement détruites dans la journée par des tirs de mortiers et des 57 mm sans recul, les sacs de caï-phen, en effet, glissent les uns sur les autres et ne permettent pas la consolidation des ouvrages. Aucun réseau de fil de fer ne subsiste. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 520) Avant la nuit, une relève des troupes d’assaut est accomplie au sommet d’&#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039; par les 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnies du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM donne réponse à la restitution de prisonniers de la veille par une contre-proposition : les blessés français seraient rendus au nord de &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; et les blessés vm au sud de &#039;&#039;Claudine&#039;&#039;. De Castries répond en demandant que l’échange ait lieu en un seul point (Pouget, 2024, p. 499). Cette proposition sera rejetée le 11 par le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Lauzin (commandant de l’Air en Extrême-Orient) envoie « pour répondre à certaines critiques qui auraient été faites à l’emploi du bombardement en Indochine » (voir 9 avril) une directive au G.A.T.A.C.-Nord pour améliorer l’efficacité des bombardements par B-26 en créant « un commandant de sous-groupement de bombardement » (Rocolle, 1968, p. 317, note 172). Nouvelle prise de décision bien tardive visant à limiter l’habituelle dispersion (voir 24 février) et, plus encore, la faiblesse des attaques aériennes menées depuis le début de la bataille par un nombre pléthorique d’avions, qui plus est, conduits par des pilotes de bombardiers qui souffrent pour certains d’un manque d’expérience (voir Rocolle, 1968, pp. 318-319, notamment note 174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée dans le golfe du Tonkin de 2 porte-avions américains, le &#039;&#039;Boxer&#039;&#039; et l’&#039;&#039;Essex&#039;&#039;, positionnés par l’amiral Hopwood, chef d’état-major de la flotte américaine du Pacifique, en vue d’une éventuelle intervention dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 443).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 10 au 11 avril 54 : Vers 18 h 00, le VM se lance à l’assaut d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;. Les 2 compagnies du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. tiennent grâce aux maigres renforts envoyés par Bigeard (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P.) qui contre-attaquent et repoussent l’ennemi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la troisième nuit consécutive, 220 légionnaires sont à nouveau parachutés en renfort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ à 4 h 45 de Bao Daï en avion particulier pour la France (Pouget, 2024, p. 500).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 avril 54 : N’ayant pu obtenir des renforts le 31 mars au moment des attaques d’&#039;&#039;Éliane&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; et sentant qu’il y a, selon Bigeard, « du flottement à Hanoï » (querelle entre Navarre et Cogny, voir nuit du 30 au 31 mars), l’atmosphère dans le camp retranché est de plus en plus électrique envers l’état-major de Cogny et sa bureaucratie. Le lieutenant-colonel Langlais envoie ce jour un télégramme incendiaire au colonel Sauvagnac (commandant les troupes aéroportées depuis le départ du général Gilles). Sauvagnac a en effet refusé d’envoyer des renforts si les hommes n’étaient pas en possession du diplôme de brevetés parachutistes. Langlais lui écrit : « Réservé colonel Sauvagnac. Reçois votre message 21/77 en rentrant de la position &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; prise hier et contre-attaquée toute la nuit. Il me prouve que vous n’avez pas encore compris la situation à Dien Bien Phu. Stop. Je répète qu’il n’y a plus ici ni G.O.N.O., ni Groupement Aéroporté, ni légionnaires, ni Marocains, mais seulement 3 000 combattants dont les piliers sont les paras. Qui, au prix d’un héroïsme et de sacrifices inouïs, tiennent tête à quatre divisions de Giap. Le sort de Hanoï et de la guerre d’Indochine se joue à Dien Bien Phu. Stop. Devriez comprendre que la bataille ne peut être alimentée que par renforts parachutés brevetés ou non. Stop. Le colonel De Castries à qui j’ai montré votre message demandera et obtiendra du Généchef tout ce que vous me refusez. Stop. Signé Langlais et ses six chefs de bataillon. Stop et fin. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bigeard, 1997, p. 163 ; Rocolle, 1968, pp. 406-407 ; Pouget, 2024, p. 501) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap relève de son commandement le colonel responsable de l’attaque manquée d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;. Ce dernier aurait peut-être été fusillé pour cette faute. Le point d’appui continue cependant à recevoir des tirs d’artillerie vm venant de &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039;. A l’ouest, attaque d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; qui échoue (Pouget, 2024, p. 501).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, &#039;&#039;L’Humanité-Dimanche&#039;&#039; est saisie sur décision gouvernementale. En gros titre : « Le cours du sang versé en Indochine monte à la Bourse de New-York ». (cité in Ruscio, 1985, p. 343, article)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 avril - 19 juillet 54 : Au Cambodge, opération de l’armée nationale sur Kratié en vue de l’élimination des groupes vietminh opérant à l&#039;est et au nord de la province.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 - 12 avril 54 : Dulles (secrétaire d’État américain) se rend au Royaume-Uni pour promouvoir son plan d’intervention allié. Les Anglais avait promis d’« examiner la proposition » américaine mais persistent dans leur refus d’intervenir dans le conflit indochinois. Dulles propose de réunir une conférence regroupant 9 pays qui pourrait avoir lieu à Washington le 20 avril. Elle n’aura jamais lieu, le secrétaire d’État essuyant un nouveau refus des Britanniques motivé par la crainte que l’intervention américaine provoque une escalade avec la Chine. Churchill confiera ultérieurement à son médecin que la Grande Bretagne ayant abandonné les Indes, il ne voyait pas pourquoi il prêterait la main aux Français en Indochine (Lemaire, 2000, p. 64). Un manque de consensus politique, une opinion publique américaine réticente et deux refus successifs des Britanniques motiveront les Américains à mettre un terme définitif au plan &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; à la fin du mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 avril 54 : A Dien Bien Phu, malgré une importante supériorité numérique, retrait d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; des 2 bataillons vm qui s’y sont battus toute la nuit. Les 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnies du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. qui y ont résisté sont fondues en une seule compagnie, renforcée par la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la même unité. Elles occupent la position. Les Français ont largué un quatrième bataillon de parachutistes en renfort, le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., qui réoccupe un point d’appui de l’est. Des artilleurs ont été également parachutés. A l’ouest, &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; est pris en tenaille par les boyaux d’approche du VM. La situation des blessés devient critique et les pluies de la mousson compliquent encore plus leur évacuation (Navarre, 1956, p. 226 ; Pouget, 2024, pp. 502-503).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Largage d’une troisième unité médicale parachutiste (voir 16 – 17 mars). Elle renforce immédiatement les moyens du noyau central du camp retranché (Rocolle, 1968, p. 305).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre fait suite au télégramme d’Ély du 5 et à ses suggestions du 7 au sujet du projet de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; en proposant d’autres modalités d’exécution : « […] Le nombre d’appareil pourrait être de quinze à vingt afin de ne pas faire trop grand effet de masse. Il n’y aurait pour des quadrimoteurs, volant de nuit à haute altitude, pratiquement aucun risque de repérage pour l’ennemi ou de panne entraînant atterrissage ou perte d’un appareil. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 444) Il reviendra sur ce point le 22 mais cette solution sera rejetée par l’amiral Radford partisan d’un tout ou rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï lance de France un appel à la mobilisation. Sa portée ne peut être que très modérée voire totalement inefficace. Selon Lemaire, « la moitié des jeunes gens concernés s’enfuirent dans les régions vietminh, tandis que 40 % de l’autre moitié échapperont au recrutement (Lemaire, 2000, p. 62). Selon Navarre, parmi le contingent du printemps 1954, 90 % des recrues sont de potentiels insoumis (Navarre, 1956, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, le général américain Trapnell, commandant du M.A.A.G., cède la place au général O’Daniel (Pouget, 2024, p. 503). La passation effective de pouvoir aura lieu le 8 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 13 au 14 avril 54 : A Dien Bien Phu, la piste d’aviation principale est coupée par une tranchée vm (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144 ; témoignage de la difficile progression de cette unité de sabotage &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 470-471).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM, parvenu à &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;, poursuit l’encerclement du point d’appui &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; au moyen de boyaux d’approche (Rocolle, 1968, p. 470).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 avril 54 : A Dien Bien Phu, le terrain d’aviation a été coupé en son tiers sud « par des tranchées à l’explosif à hauteur de &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et à mi-distance de &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039;. » (Rocolle, 1968, p. 470, note 232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de De Castries à Cogny. Il estime que le « sort du G.O.N.O. sera joué avant le 10 mai, quels que soient les règlements sur l’entraînement de saut. » Il fait un point sur les effectifs tenant l’ouest et l’est du camp, un peu plus de 3 000 hommes, réserves comprises. Il évoque les difficultés du côté des &#039;&#039;Huguette&#039;&#039; et entend faire réparer la piste d’atterrissage qui jouxte ces points d’appui fortement menacés. La zone centrale est sans cesse harcelée par les canons de 105 (P.C., batteries, dépôts) (Pouget, 2024, pp. 506).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse irritée de Navarre au télégramme de Cogny du 5 : il n’y a pas de déséquilibre entre les forces engagées dans le Delta et ailleurs (Rocolle, 1968, p. 487, note 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre de la future opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; visant à apporter une hypothétique aide au camp retranché, on forme un groupement de 4 bataillons parachutables sous les ordres du lieutenant-colonel Godard. Il s’agit de troupes formées de 2 sous-groupements (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillons laotiens à l’ouest ; 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon laotien et 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de la Légion à l’est) qui ont été gardées en réserve et sont censées aider celles du colonel De Crèvecœur et celles du lieutenant-colonel Trinquier qui occupent différents maquis au Laos. Ces troupes doivent intervenir entre la vallée de la Nam Ou et le massif calcaire qui ferme la plaine de Dien Bien Phu au sud. Outre le temps de mise en place d’un tel dispositif, leur progression s’avèrera potentiellement lente, le groupement Godard ne disposant pas d’un nombre de coolies nécessaire. Différents aléas (retards, positionnement des troupes du VM, manque de moyens aériens pour acheminer ces renforts) feront que cette opération, aussi lente qu’hasardeuse, avortera rapidement, bien incapable au vu de ses faibles moyens de contrarier l’encerclement du camp retranché (Rocolle, 1968, pp. 496-500). De &#039;&#039;Condor&#039;&#039;, on passera alors à &#039;&#039;Ariane&#039;&#039; (voir 30 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après Londres, Foster Dulles (secrétaire d’État américain) se rend à Paris pour y présenter son plan d’intervention alliée et l’idée d’une alliance pour la défense du Sud-Est asiatique. Les Français n’y sont guère favorables avant la conférence de Genève, voulant ménager la susceptibilité chinoise et fondant toujours leurs espoirs en une paix des braves négociée. Français et Britanniques sont sur ce point sur une même longueur d’onde (Ély, 1964, p. 89 ; Lemaire, 2000, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Venue à Saigon du général américain Partridge, commandant des forces aériennes américaines en Extrême-Orient. Il n’est pas au courant de l’hypothétique opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; (voir 8 avril). Il est venu là pour une mission de conseil mais sera mis dans la confidence progressivement par les Français. Il se rend à Hanoï puis survole Dien Bien Phu à haute altitude (voir 20 avril) (Rocolle, 1968, pp. 443-444). Visite du ministre des Affaires étrangères australien Casey.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 14 au 15 avril 54 : &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; qui ne possède pas de point d’eau est de plus en plus difficilement ravitaillée. Les patrouilles de ravitaillement mettent des heures pour arriver à destination et sont la plupart du temps décimées avant d’atteindre leur but. Les tranchées du VM étouffent peu à peu ce point d’appui isolé (Pouget, 2024, pp. 378-379).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 avril 54 : A Dien Bien Phu, le 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. ne parvient pas à s’approcher de la tranchée qui assure la rupture de la piste d’atterrissage. Les légionnaires ne parviennent pas à reprendre le triangle &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;, &#039;&#039;5&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; où se sont fortifiées les troupes du VM (Pouget, 2024, pp. 507).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre arrive à Hanoi à 15 h 45 et y demeurera jusqu’au 18 (Rocolle, 1968, p. 487, note 21 ; Pouget, 2024, p. 508).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conseil des ministres, diverses promotions sont accordées aux défenseurs de Dien Bien Phu : De Castries devient général de brigade, Langlade et Langlais sont promus au grade de colonel, Seguin-Praxis et Bigeard à celui de lieutenant-colonel (Navarre, 1979, p. 350). Ce qui fait grincer certaines dents dans l’armée d’Indochine (voir 24 avril)… Les nouveaux galons de De Castries, parachutés à haute altitude, se retrouvent en zone vietminh…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre de Ély à Navarre lui indique qu’il a dans le général américain O’Daniel (futur dirigeant le M.A.A.G., voir 8 juin) est « un admirateur » du plan Navarre et du choix de Dien Bien Phu : « Le général O’Daniel  peut donc beaucoup vous aider et, à la faveur de cette compréhension établie entre vous et lui, contribuer grandement à une plus juste appréciation par Washington de nos difficultés et de nos besoins en Indochine […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 66, note 119)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean Chauvel (diplomate de l’équipe du ministre des Affaires étrangères Bidault) chargé à Genève de négocier pour la France adresse à Navarre et Dejean (commissaire général) un questionnaire afin de recueillir leur avis respectif. A Navarre, il demande quelles seraient les conséquences d’un échec de la conférence de Genève sur le plan opérationnel, quels territoires pourraient être abandonnés au VM pour aboutir à un cessez-le-feu et comment un tel partage pourrait être assuré. Navarre lui répondra le 20 (Rocolle, 1968, pp. 489-490).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite à Seno des entretiens avec le colonel De Crèvecœur (voir 5 avril) en vue de monter l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;. Navarre se rend à Hanoi pour en examiner les détails (Rocolle, 1968, p. 461).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-avril 54 : Navarre fait état de tentatives d’« une offre secrète très sérieuses » de négociation de la part du VM par le biais par le biais des services spéciaux. Celle-ci n’aboutira pas (Navarre, 1979, p. 386).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Navarre, ce n’est qu’à ce moment que le gouvernement français consulte le commandant en chef et le commissaire général Dejean sur les conditions dans lesquelles ils jugent possible de conclure un armistice à Genève. Navarre est alors assailli, selon ses termes, de questions « formulées dans un grand désordre et souvent contradictoires. » Se pose alors la question du potentiel regroupement des forces militaires : regroupées ou sous forme de « peaux de léopard » ? (Navarre, 1979, pp. 389-390)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 avril 54 : A Dien Bien Phu, 7 coolies sur les 35 partis parviennent à &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039; munis de 5 jerrycans. Ce maigre ravitaillement opéré dans des conditions très difficiles ne permet de fournir qu’un demi-litre d’eau aux combattants là où il en faudrait 2 par hommes et par jour en climat tropical.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM a poussé une nouvelle tranchée d’ouest en est entre &#039;&#039;Huguette 5&#039;&#039; et &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;. Elle atteint la piste d’aviation. De &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039;, les légionnaires adoptent la même méthode en direction de &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; et les 2 réseaux de tranchées qui sont voués à se couper.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français ne récupèrent ce jour que moins de la moitié des 215 tonnes de ravitaillement largué (Pouget, 2024, pp. 508-509).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre envoie à Marc Jacquet (États associés) un message dans lequel il précise : « […] Une très grande lassitude se manifeste dans les unités adverses, dont certaines donnent la nette impression d’être à bout moralement et physiquement. » Giap, conscient de ce fléchissement du moral, évoque alors des « tendances droitières [qui] restent graves et limitent en partie la portée de nos victoires […] » (voir 27 avril) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 482)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une intervention d’une personnalité vietnamienne appartenant aux milieux nationalistes œuvrant en faveur d’un armistice à Dien Bien Phu, Navarre qui a été mis au courant de cette démarche, demande à Ély (chef d’état-major) s’il doit donner suite à cette initiative. Paris lui donnera cette autorisation mais avec prudence, supposant qu’il peut s’agir d’une tentative du VM reposant sur des conditions inacceptables visant à impressionner l’opinion publique française et affaiblir le gouvernement vietnamien. Les choses tournent rapidement court (Rocolle, 1968, pp. 459-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’adressant à Ély, le commandant en chef donne des indications sur la baisse du moral dans le camp retranché : « Situation Dien Bien Phu me préoccupe surtout par son aspect moral. Je ne sais si ennemi tentera assaut général ou cherchera seulement à resserrer notre espace vital pour nous rendre la vie intenable. Cette dernière hypothèse est presque plus redoutable que la première, car je crains que dans quelque temps la garnison, privée de renforts, surchargée de blessés et insuffisamment ravitaillée, ne voie son moral s’effondrer progressivement. Des signes avant-coureurs apparaissent déjà. Tout doit être fait pour remonter ce moral. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 757)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion à Hanoi pour trouver des solutions à l’encerclement du camp retranché. Sont présents Navarre et Cogny. Les généraux Cogny et Deschaux et le colonel Sauvagnac sont entendus. Navarre écarte l’idée d’une action sur la R.P. 41 qui prévoyait l’enlèvement du col des Meo faute d’effectifs parachutables nécessaires et de moyens logistiques adéquats pour réaliser une telle opération. Cogny suggère alors une idée qui lui est chère : déboucher du Delta pour intercepter les convois adverses en marchant sur Phu Doan. Mais cela suppose la mobilisation de 4 G.M. et une action qui mettrait au moins 3 semaines pour être réalisable. Cogny avait lui-même reconnu qu’une telle opération, éloignée du Dien Bien Phu, n’aurait qu’un effet indirect sur la libération du camp retranché. Faute de mieux, on en revient finalement au projet &#039;&#039;Condor&#039;&#039; (Rocolle, 1968, pp. 462-464).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’un C.N.S. américain, Eisenhower déclare : « Nous ne sommes pas préparés maintenant pour agir pour Dien Bien Phu et seulement pour cette bataille, mais si nous pouvons monter ensemble un programme de coalition pour le Sud-Est asiatique [future O.T.A.S.E.], alors nous pouvons croire que la bataille est aux deux tiers gagnée. » (Toinet, 1998, p. 249)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Nixon (vice-président) fait savoir publiquement qu’il est favorable à une intervention américaine à Dien Bien Phu (&#039;&#039;Vautour&#039;&#039;).&#039;&#039;&#039; Les préparations techniques sont donc entreprises en ce sens par certains états-majors américains locaux (Ély, 1964, p. 90). Eisenhower se désolidarise toutefois rapidement de ce propos (Coppolani, 2024, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 16 au 17 avril 54 : Ravitaillement en eau d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; par 5 compagnies de la Légion. Une tentative de creusement d’un puits sur place échoue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coup de main du VM sur &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; au moment d’une relève d’unités. Les 2 officiers bretons ayant observé que le VM écoute leurs conversations radio communiquent désormais en langue gaélique pour mener à bien cette relève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
80 légionnaires sont largués dont 60 parachutistes. L’opération réussit : seul un breveté se fait une entorse (Pouget, 2024, pp. 509-510).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 avril 54 : Au vu des difficultés et des pertes occasionnées pour ravitailler &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; en eu eau, vivres et munitions et où demeurent environ 150 hommes, De Castries décide de l’évacuation du point d’appui qui est de plus en plus enserré par les tranchées du VM (Pouget, 2024, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Transmission par Ély (chef d’état-major) du télégramme de la promotion de De Castries et ses adjoints avec les félicitations de Pleven (voir 15 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une réunion à la citadelle d’Hanoi qui a lieu à 11 h 00, lettre de Cogny à Navarre donnant son approbation pour l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;. Il revient sur sa suggestion de la veille : lancer une opération vers Dien Bien Phu à partir du Delta sur les lignes de communication du VM (Rocolle, 1968, pp. 487-488, note 22). Selon Pouget, « il s’agit de l’opération étudiée par le colonel de Crèvecœur et qui consiste à pousser quatre bataillons de Laotiens des bases aéroterrestres de Muong Sai vers Muong Khoua à quatre jours de marche de Dien Bien Phu. En cas de réussite, les trois derniers bataillons en réserve à Hanoi seraient largués en tête de colonne dans la cuvette de Sop Nao où Langlais et Vaudrey se sont tendu la main à Noël. » (Pouget, 2024, p. 510)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Envoi d’une lettre de Navarre à De Castries. Évoquant l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;, le commandant en chef lui demande de renoncer à réclamer des renforts en parachutistes pour maintenir au complet un groupement aéroporté susceptible d’intervenir pour mener à bien l’opération de sauvetage du camp retranché (&#039;&#039;Condor&#039;&#039;) (Rocolle, 1968, p. 501, note 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ramassage des 237 tonnes de ravitaillement largué dans la journée devient de plus en plus une opération meurtrière pour les récupérateurs (Pouget, 2024, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 17 au 18 avril 54 : Évacuation d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039;. Intervention du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. pour ouvrir la voie. Il se heurte aux tranchées du VM. Au matin, il ne peut reprendre une deuxième ligne et doit se replier vers 4 h 00. La mission sera confiée à Bigeard qui n’est pas convaincu du succès de l’opération au vu des pertes prévisibles qui risquent d’être supérieures un nombre d’hommes à sauver (150 hommes) (Pouget, 2024, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 - 18 avril 54 : A Paris, la perspective d&#039;une implication militaire américaine s&#039;éloignant, René Pleven (Défense) propose de négocier un cessez-le-feu directement avec le Vietminh, le temps d&#039;évacuer les nombreux blessés. Mais le général Ély (chef d’état-major des Forces armées) et Georges Bidault (Affaires étrangères) s&#039;y opposent pour ne pas faire preuve de faiblesse à la veille de la conférence de Genève. Joseph Laniel se range finalement à leur avis (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 avril 54 : A Dien Bien Phu, à 6 h 30, Bigeard lance, sans conviction, une attaque visant à dégager &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039;. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. et 2 compagnies du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. se heurtent à une vive résistance sur la première tranchée vm. Il renonce dès 7 h 30. Le capitaine Bizard qui commande le point d’appui est informé et décide de tenter une sortie vers &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039;. 60 hommes sur 120 y parviendront (Pouget, 2024, p. 512). Au final, les troupes vm prennent le contrôle d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; âprement disputé depuis le 13 (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ambassadeur de Grande Bretagne aux U.S.A., Roger Markins, téléphone au domicile personnel de Foster Dulles. Il l’informe qu’il n’est pas habilité par son gouvernement à participer à la conférence du 20 avril. Les Britanniques veulent que le conflit indochinois soit discuté à Genève et nulle part ailleurs pour donner toutes les chances à une solution négociée. Dulles est furieux (Elgey, 2018, pp. 756-757).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Penn Nouth qui demeurera en place jusqu’au 31 juillet (Jennar, 1995, p. 148).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 18 au 19 avril 54 : Impossibilité provisoire pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère de relever le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Régiment étranger d’infanterie sur &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 512).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril 54 : Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère  parvient finalement à pénétrer sur &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;. Le VM a creusé une position défensive entre &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 513).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 avril 54 : A Dien Bien Phu, parachutage de 93 hommes dont la plupart sont des légionnaires non brevetés. Un tiers d’entre eux ont été malencontreusement largués en zone vm entre &#039;&#039;Claudine&#039;&#039; et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 514).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre répond sur les questions opérationnelles que le diplomate Jean Chauvel (chargé des négociations françaises à Genève auprès de Bidault) lui a adressées le 15. Il envisage l’hypothèse d’un échec de la conférence. Dans ce cas, il prévoit « une intensification considérable de la guerre en Indochine ». Selon le commandant en chef, celle-ci a démarré dès l’annonce de la conférence de Genève, annonce qu’il a toujours déplorée. Il observe « une recrudescence très importante de l’activité opérationnelle viet, mais sans qu’il y ait de changement notable dans les méthodes et les moyens ». Dans le Nord-Ouest, il constate « une transformation complète de la guerre » grâce à l’aide chinoise (apport en artillerie, D.C.A., transports automobiles et  transmissions) et prédit qu’il en sera de même dans toute l’Indochine si la conférence échoue. Il faut donc faire « une autre guerre » avec « un autre corps de bataille ». Cela nécessite beaucoup plus d’aviation avec « une infrastructure beaucoup importante que l’actuelle ». Il n’a d’autre part aucun espoir « que l’armée vietnamienne puisse apporter une contribution sérieuse avant de longs mois ». Il estime que « l’échec de Genève aboutira donc à peu près inévitablement à une internationalisation de la guerre ». Ce dont les Français ne veulent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vm, il juge que « le corps de bataille aura besoin d’un temps assez long pour se reconstituer […] Il est donc peu probable qu’il puisse entrer en campagne avant l’hiver. » Un échec à Genève supposerait toutefois un renforcement du corps expéditionnaire de 9 à 10 G.M., sans quoi on se dirigera inévitablement vers une internationalisation du conflit qui aboutirait à « la fin de l’influence française en Indochine [qui serait] un trait définitif tiré sur cent ans d’efforts et huit ans de sacrifice. » (Rocolle, 1968, pp. 490-492). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (délégué à l’O.T.A.N.) fait savoir aux Français que, selon l’amiral américain Radford (chef de l’état-major interarmes), l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; peut être déclenchée dans les 48 heures après une prise de décision politique américaine (Ély, 1964, p. 90). Or celle-ci ne viendra jamais.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Partridge, commandant des forces aériennes américaines en Extrême-Orient, présent en Indochine depuis le 14, envoie à Saigon le général Caldera (chef de l’aviation de bombardement américaine en Extrême-Orient) et 8 officiers d’état-major pour mettre au point les détails d’exécution de l’hypothétique opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. Ce travail d’étude sera terminé le 23. Ses concepteurs estiment qu’il faudra 72 heures de délai avant que les bombardements américains ne s’abattent sur la R.P. 41 (Rocolle, 1968, pp. 443-444). On mise toujours sur une hypothétique intervention américaine mais on se heurte à des délais de mise en œuvre nécessaires trop tardifs alors que le VM réapprovisionne en hommes et matériels le siège de Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français réitèrent une demande (orale) d’intervention des forteresses volantes B-29 auprès de Dulles. Ce dernier réunit au Département d’État l’amiral Radford (chef de l’état-major interarmes) et 8 membres du Congrès appartenant aux deux formations politiques principales. Ces derniers, excédés par les tergiversations et les mensonges des Français (le plan Navarre présenté aux Américains ne se cantonnait pas à la seule bataille de Dien Bien Phu mais allait en fait bien au-delà), refusent une implication de l’aviation américaine (Chauvel, 1973, p. 45 ; David, 2007, p. 9 ; Rocolle, 1968, p. 448, nous suivons ici la chronologie de ce dernier et non celle des auteurs précédents).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A six jours de l’ouverture de la conférence de Genève, Foster Dulles organise à Washington une réunion visant à mettre en œuvre une action commune en Indochine. Ont été invités des représentants de la France, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande, des Philippines, de la Thaïlande et des trois États associés. La Grande Bretagne bien qu’invitée ne participe pas (cf. 18 avril) (Elgey, 2018, p. 756).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 avril 54 : A Dien Bien Phu, &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;, qui a été difficilement relevé, est de plus en plus isolé : la liaison avec &#039;&#039;Huguette 2&#039;&#039; est désormais impossible. Le VM a, depuis son échec devant &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039;, renoncé aux attaques frontales et privilégie l’isolement, l’encerclement et l’étouffement des points d’appui un à un au moyen de réseaux de boyaux (Pouget, 2024, pp. 515-516).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée au gouvernement français à la veille de la conférence de Genève, Navarre écrit : « Il est trop tard maintenant et les pertes adverses ont été trop lourdes pour que les divisions vietminh libérées envahissent le Nord-Laos ou rentrent dans le Delta avec des possibilités offensives sérieuses. La chute de Dien Bien Phu n’aurait plus de conséquences très graves maintenant, dans la mesure où la France et le Vietnam se laisseraient, à cette occasion, aller au découragement ou à l’abandon. » Dès cette date, l’idée d’une défaite complète et totale du camp retranché est donc envisagée par le commandant en chef (Navarre, 1956, p. 260, note 1). Pour autant, Navarre indique déjà dès ce jour une idée qui lui sera chère et qu’il défendra – à juste titre – après la défaite de Dien Bien Phu : « Le Corps de bataille vietminh aura besoin d’un temps assez long pour se reconstituer […] Il est donc peu probable qu’il puisse entrer en campagne, refait et modernisé, avant le milieu de l’hiver [...] » (Navarre, 1956, p. 272, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre de Navarre adressée Ély (chef d’état-major) lui signale « le problème posé par le comportement du général Cogny ». Dans ce courrier, Navarre écrit de son subordonné : « […] Selon sa conception, j’aurais dû accepter tous les revers, si graves soient-ils, où que ce soit : Laos – Plateaux – &#039;&#039;Atlante&#039;&#039;, pour conserver dans le delta des forces qui auraient permis de n’y courir aucun risque, même minime […] » Navarre demandera le remplacement du commandant des forces françaises du Tonkin dès après la chute de Dien Bien Phu. En vain. Le chef d’état-major de la Défense nationale lui répondra sur ce sujet le 28 (Navarre, 1956, p. 267, note 1 ; cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 488).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 21 au 22 avril 54 : On poursuit les tentatives de dégagement d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; mais on se heurte aux derniers 100 m qui permettraient de le ravitailler (Pouget, 2024, p. 516).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 ou 22 avril 54 : Nomination de Lai Van Sang, l’un des commandants militaires des Binh Xuyen, à la tête de la police de Saïgon. Un accord financier et politique permet à Bao Daï de vendre cette charge (ainsi que des licences de jeux et l’autorisation de la vente d’opium) à la secte mafieuse en échange de la somme d’environ 40 millions de piastres (environ un million de dollars de l’époque). Les Binh Xuyen participent au financement du train de vie de l’empereur, notamment grâce à l’argent des jeux (Cadeau 2, 2019, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 avril 54 : Réunion du comité militaire du front. On y définit le rythme prudent des 2 futures attaques car Giap n’envisage pas l’assaut final en une seule attaque : du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 5 mai, il faudra conquérir les derniers points d’appui ; du 6 au 10 mai, on consoliderait les résultats obtenus et on entamerait la préparation de la phase suivante, la conquête des dernières positions tenues par les Français (Rocolle, 1968, p. 459-460). Fidèle à sa tactique initiale, Giap estime que les combats pourront durer jusqu’à fin juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Cogny à Navarre. Il évoque la dégradation de la situation à Dien Bien Phu et revient inlassablement sur le point qui l’obsède depuis le début de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039; : « Chute de Dien Bien Phu aurait répercussions graves delta. » (Rocolle, 1968, p. 487-488, note 22). Navarre lui répondra le 24.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé conjointement par Navarre et Dejean à Paris, on lit : « Depuis 5 avril, la situation à Dien Bien Phu s’est considérablement aggravée. » (cité in Elgey, 2018, p. 757)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eden (Affaires étrangères) et Dulles (secrétaire d’État) se rendent à un conseil de l’O.T.A.N. et y rencontrent Bidault (Affaires étrangères). C’est au cours de cette journée que Dulles aurait proposé de livrer &#039;&#039;&#039;2 bombes atomiques&#039;&#039;&#039; à la France pour agir sur les arrières du VM. La proposition sera à nouveau rejetée par les Français (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 22 au 23 avril 54 : Nouvelle tentative de dégagement et de ravitaillement &#039;&#039;d’Huguette 1&#039;&#039; qui se heurte aux défenses du VM et ne parvient pas à dégager le point d’appui. Il est en fait asphyxié de toutes parts. A 2 h 30, il ne répond plus. Un rescapé rejoint la colonne de secours et informe le commandement qu’il est définitivement tombé. A 4 h 00, un bataillon vm venant d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; attaque la colonne de secours qui ne peut que se replier (Pouget, 2024, pp. 516-517).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 avril 54 : A Dien Bien Phu, abandon par les Français de la moitié de la piste d’aviation principale. Le VM peut rapprocher sa D.C.A. et rendre les parachutages de plus en plus aléatoires (Rocolle, 1968, p. 479).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Castries réunit ses colonels en vue de contre-attaquer et de reconquérir &#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; qui est tombé et désormais complètement défendu par un puissant réseau de tranchées d’approche. Sans la maîtrise de ce point d’appui crucial, la zone des parachutages est de plus en plus réduite. L’opération échoue en fin d’après-midi malgré un soutien aérien qui a été pris à partie par la D.C.A. &#039;&#039;Huguette 5&#039;&#039; subit la même menace d’encerclement. Les dépôts du camp retranché en vivres et munitions n’ont plus que 2 jours de stock d’avance (Pouget, 2024, pp. 518-519).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre adresse un télégramme à Ély (chef d’état-major) avant la reconquête infructueuse d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; : « […] Il ne faut pas se dissimuler que ni le renforcement de la garnison par parachutages, ni l’opération de dégagement (opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039;) très limitée par possibilités support aérien ne donnent de grandes chances de sauver le camp retranché et ne peuvent guère, au prix de sacrifices supplémentaires, que prolonger la résistance. J’estime qu’à moins d’imprévu le camp retranché ne pourrait être sauvé que par une opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; massive ou par un cessez-le-feu […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 487, Pouget, 2024, p. 517).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français réitèrent une demande (toujours orale) d’intervention des forteresses volantes B-29 auprès de Dulles en prétendant que tout n’est pas perdu à Dien Bien Phu. Le secrétaire d’État américain qui est à Paris pour préparer la conférence de Genève ne se laisse pas convaincre. Il écrit à Eisenhower : « […] J’ai dit à Bidault qu’une intervention des B-29 telle qu’elle était proposée [voir ci-dessous] me semblait hors de question dans les circonstances présentes, mais que j’allais faire un rapport urgent de tout cela au président et que j’en discuterai avec l’amiral Radford immédiatement auprès de celui-ci à Paris demain soir. Bidault donne l’impression d’un homme au bord de l’effondrement. Son état mental à la séance de ce matin était nettement meilleur qu’hier mais il a été pénible de le voir présider le conseil à la longue séance de cet après-midi. Il est de toute évidence épuisé, il tient des propos imprécis et décousus […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 448-449, note 172).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre reconnaît qu’il n’y a plus que 2 alternatives, ou demander un cessez-le-feu ou une intervention de l’aviation américaine massive. Il suggère à nouveau, comme solution intermédiaire, d’envoyer des bombardiers B-29 avec des équipages français mêlés à des pilotes américains, civils ou militaires, incorporés temporairement dans la Légion étrangère. Bidault (Affaires étrangères) transmet ce message de Navarre à Dulles (Lemaire, 2000, p. 65 ; Rocolle, 1968, p. 445). Cette proposition sera à nouveau rejetée par les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Bao Daï, se sentant exclu de ce qui se trame sur ce qui va se dire à Genève sur le projet de partition du Vietnam, demande à René Coty (président de la République et du Haut Conseil de l’Union française) de réunir le comité permanent du Haut Conseil avant le départ de Bidault pour la Suisse dans le cadre de la conférence sur la Corée. Cette démarche était prévue par les textes de l’Union : sur demande d’un État associé, ce comité pouvait être réuni une fois par mois. Pour autant, Coty fait la sourde oreille. Ce qui oblige Bao Daï à réagir dès le 26 (Cesari, 2013, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 23 au 24 avril 54 : Parachutage de 72 volontaires (Pouget, 2024, p. 520).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 avril 54 : A Dien Bien Phu, l’échec de la reconquête d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039; oblige De Castries à remanier son dispositif de défense. On prévoit l’abandon du point d’appui &#039;&#039;Opéra&#039;&#039;, désormais trop avancé car situé à l’est de la piste d’atterrissage, au niveau d’&#039;&#039;Huguette 1&#039;&#039;. Le « drain » de la piste d’atterrissage est organisé en site défensif mais devient rapidement un bourbier sous l’effet des pluies de mousson. Demeurent en état de combattre sur les différents points d’appui encore tenus 3 620 hommes face à 35 000 hommes des troupes du VM. A la veille de la troisième offensive, on se bat donc désormais à 10 contre 1 (Pouget, 2024, pp. 521-522).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les antennes chirurgicales sont engorgées. Elles comptent 416 blessés couchés et 176 autres assis. D’autres blessés dont le nombre est sans doute supérieur à ceux-ci demeurent dans les postes de secours des bataillons où ils reçoivent un minimum de soins. Beaucoup d’hommes reprennent le combat en première ligne après avoir reçu un traitement des plus sommaires. &#039;&#039;Éliane 10&#039;&#039; devient le point d’appui où sont concentrés les blessés (Rocolle, 1968, pp. 479-480).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse irritée de Navarre au télégramme du Cogny du 22 : « Je connais situation critique delta mais la considère pas plus critique et ne considère pas certain que chute de Dien Bien Phu aurait sur elle répercussion plus grave que sur reste Indochine […] » Pour autant, ce même jour, Cogny réaffirme auprès de Navarre la primauté du Tonkin et réclame la constitution d’une masse de manœuvre dans le Delta (Rocolle, 1968, p. 487-488, note 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une polémique entre Navarre et De Castries transpire dans la presse nationale au sujet de la récente promotion de ce dernier et certaines fuites. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; en fait état : « Le général De Castries a adressé au général Navarre un télégramme protestant contre les « diverses histoires » qui ont circulé à propos de sa récente promotion. Le commandement a publié à ce sujet le communiqué suivant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1 Le général De Castries déclare sur l&#039;honneur n&#039;avoir eu aucun contact personnel avec la presse et n&#039;avoir chargé qui que ce soit d&#039;en avoir ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 Mme De Castries, peu au courant des problèmes militaires, a manifesté probablement une certaine lassitude personnelle, exploitée par un correspondant de presse avide de sensationnel ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 Le général de Castries connaissait dès le 24 mars la proposition exceptionnelle faite en sa faveur, mais ne pensait pas qu&#039;une nomination puisse intervenir avant la fin de la bataille ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 Le général de Castries se déclare comblé par une promotion aussi rapide, mais préférerait qu&#039;elle soit annulée plutôt que de savoir que le moindre doute subsiste quant aux circonstances dans lesquelles elle a été prononcée. » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 24 avril 1954) Les petites querelles de préséance au sein du C.E.F.E.O. ont décidément la vie dure…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM reçoit un arrivage important de munitions à Son La (à l’est de Dien Bien Phu) qui seront acheminées sur la base de Tuan Giao dès le lendemain. A ce moment, le VM a refait son stock de munitions jusqu’alors défaillant grâce à l’aide massive de la Chine. Et ce, d’autant plus, qu’il récupère de plus en plus d’obus provenant des parachutages français malencontreux du fait de la réduction des zones de largage. La troisième offensive du VM sur le camp retranché semble possible à partir du 27 mais sera reportée au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai suite à l’épuisement temporaire des troupes d’assaut (Rocolle, 1968, p. 483-484). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel reçoit Foster Dulles (secrétaire d’État) à Matignon. Ce dernier confirme que les U.S.A. n’agiront en Indochine qu’en présence d’alliés. Le président du Conseil demande aux Américains non un état de belligérance mais une intervention limitée, simple réplique à l’implication chinoise avérée à Dien Bien Phu (Laniel, 1957, pp. 87-88). C’est sans doute à cette occasion qu’aurait été évoqué à nouveau (voir 5 mars, 7 et 22 avril) le recours à l’utilisation de 2 bombes atomiques, information qui sera à nouveau confirmée dans une interview que donnera a postériori Georges Bidault le 7 novembre 1968. Le ministre des Affaires étrangères aurait écarté cette solution jugée par lui comme inadéquate à la situation du camp retranché qui est d’ailleurs déjà perdu à ce moment (Wainstock, Miller, 2019, p. 135, note 5 ; Pouget, 2024, pp. 522-523).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les divergences se poursuivent au sein du gouvernement français. Lors d’un conseil des ministres, seul Paul Reynaud (vice-président du Conseil) demande si la délégation française à Genève ne doit pas demander un cessez-le-feu dès l’ouverture de la conférence le 26. Il propose que cette initiative ne vienne pas de la France mais soit suggérée par d’autres puissances… Bidault (Affaires étrangères) et la majorité des autres ministres exigent quant à eux un armistice garanti et contrôlé (Rocolle, 1968, p. 483-484). Les suggestions des uns et des autres sur la question du cessez-le-feu n’auront d’ailleurs aucun sens au moment de l’ouverture de la conférence puisque la délégation du VM ne rejoindra Genève que le 4 mai… Quant aux discussions sur ce point, elles ne seront véritablement entamées que le 10.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Pouget, Bidault adresse à Dulles une demande destinée à relancer &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; estimant qu’une intervention massive de l’aviation américaine peut encore sauver le camp retranché (texte de la demande cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 762). Cette demande est transmise à l’ambassade de France à Washington pour être communiquée au gouvernement américain. La réponse d’Eisenhower transmise par Bedell Smith demeurera inchangée : les U.S.A. ne peuvent s’engager en Indochine qu’avec l’autorisation du Congrès (Pouget, 2024, pp. 523-524). Dulles opposera un nouveau refus d’intervention de son pays dès le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En soirée, avant de s’envoler pour Genève, Foster Dulles transmet à Bidault une lettre de lui signifiant, cette fois par écrit, une fin de non-recevoir à la demande française d’intervention des États-Unis&#039;&#039;&#039; : « […] l’appui aérien immédiat et massif des États-Unis impliquerait une belligérance. [Cette décision] devrait être précédée par une autorisation du Congrès. Une telle autorisation ne saurait être obtenue en l’espace de quelques heures et, à mon avis, ne saurait être obtenue du tout, excepté dans le cas d’un accord politique auquel participeraient d’autres nations ayant des intérêts directs et vitaux dans le Sud-Est asiatique […] Même l’attaque aérienne massive que vous me proposez ne pourrait pas, à ce stade, permettre de lever le siège de Dien Bien Phu […] Nous croyons qu’il est dans la nature de nos pays de réagir vigoureusement aux échecs temporaires et de les surmonter. Il peut en être ainsi dans la conjoncture présente si nos pays en ont la ferme volonté. Nous croyons que vous pouvez compter sur nous comme nous espérons pouvoir compter sur vous […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, pp. 760-761)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 avril 54 : A Dien Bien Phu, Le VM poursuit ses travaux de siège en direction d’&#039;&#039;Huguette 4&#039;&#039; et &#039;&#039;5&#039;&#039;. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demie brigade de la Légion étrangère relève le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de chasseurs parachutiste sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Il se regroupe autour des troupes de Bréchignac sur &#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 524).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des avions français bombardent le village thaï de Noong Nhai, au sud, proche d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; occasionnant 444 victimes dans la population civile (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM reçoit un important ravitaillement chinois en carburant. Il est immédiatement dirigé vers la base logistique de Tuan Giao (200 véhicules transportant 2 400 fûts d’essence) (Rocolle, 1968, p. 485).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déclaration de Bao Daï, toujours en France, précisant à nouveau que « le Vietnam n’a pas toutes les assurances concrètes que son unité et son indépendance de partenaire librement associé sont complètement garanties. » (De Folin, 1993, p. 293) Les résultats de la conférence de Genève confirmeront ses craintes tout à fait justifiées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite à une réunion du cabinet britannique pour examiner la demande française, arrivée à Orly en fin d’après-midi du ministre des Affaires étrangères Anthony Eden en transit pour se rendre à Genève. Les Britanniques signifient à nouveau aux Français et aux Américains qu’ils s’opposent à l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; : « Le gouvernement anglais n’est pas prêt à prendre avant Genève le moindre engagement au sujet d’une action militaire en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 525 ; Wainstock, Miller, 2019, p. 138)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré la notification américaine de la veille signifiant une non-intervention, Bidault transmet à l’ambassadeur des États-Unis une première requête écrite (les 2 précédentes n’ont été qu’orales) en faveur d’une intervention de l’aviation américaine à Dien Bien Phu. (David, 2007, p. 9) Or, il est déjà bien trop tard pour changer la donne au vu de la situation militaire du camp retranché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le colonel Godard part de la base de la Nam Bac avec le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de parachutistes laotiens. Il se dirige vers Muong Khoua afin de se rapprocher de Dien Bien Phu (Pouget, 2024, p. 525).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 – 30 avril 54 : Violentes averses de mousson qui se poursuivront jusque début mai. Dès le 30, les tranchées sont emplies de boue (Rocolle, 1968, p. 517). L’activité de l’aviation est donc une fois de plus réduite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 avril 54 : Cogny signale à Navarre l’apparition d’une mutinerie à Dien Bien Phu, sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. De Castries demande à Cogny l’autorisation de réunir une cour martiale. Cogny en réfère à Navarre qui juge que seul De Castries peut prendre cette décision qu’il couvrira si nécessaire. Les choses rentrent dans l’ordre sous l’impulsion du lieutenant-colonel Lalande, commandant &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Navarre, 1979, p. 347, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les antennes chirurgicales à Dien Bien Phu sont submergées. Elles comptent 2 322 blessés triés et ont pratiqué 759 interventions chirurgicales (Lemaire, 2000, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reprise progressive d’une troisième phase offensive du VM à Dien Bien Phu. Dans le camp retranché, il ne demeure que 4 200 hommes en état de combattre : 3 000 dans la partie centrale du camp et 1 200 sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (au sud) sur un total initial compris entre 10 à 12 000 hommes. Environ un millier d’entre eux ont baissé les armes et se terrent sans combattre aux abords du cours d’eau qui traverse le camp et sont appelés les « rats de la Nam Youn ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’artillerie est désormais réduite à 19 obusiers de 105, 1 canon de 155 et 15 mortiers de 120. Les stocks de munitions sont en baisse vertigineuse faute d’approvisionnement régulier pouvant être réceptionné. Il ne reste que 3 chars capables de combattre dont 2 complètement isolés sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 321-322). Les parachutages comptent désormais pas moins de 30 % de pertes. À ce moment de la bataille, l’aviation a perdu 6 appareils et 93 ont été touchés par la D.C.A. vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Navarre, Cogny écrit : « […] Estime durée résistance Dien Bien Phu deux à trois semaines avec renforcement, sous réserve adversaire poursuit tactique actuelle sans lancer attaque générale. Stop. Si renforcement stoppé maintenant délai huit jours en raison chute du moral […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 488, note 25). Bien que la situation soit définitivement perdue, de maigres renforts seront parachutés jusqu’à la fin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre télégraphie ce même jour à Cogny : « Estime qu’aussi bien honneur militaire qu’espoir même sans certitude issue favorable justifie sacrifices supplémentaires. Stop. Or issue favorable peut être espérée du fait conférence Genève, qui peut amener soit cessez-le-feu soit intervention américaine en cas d’échec. Stop. Suis donc décidé à prolonger au maximum résistance Dien Bien Phu. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 489) Les espoirs exprimés dans le processus nécessairement long de la conférence de Genève (qui démarre ce jour sur la seule question coréenne…) ou une éventuelle aide américaine montrent à quel point Navarre s’illusionne, non sans une bonne dose de mauvaise foi… (voir ci-dessous)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre télégraphie à Ély (chef d’état-major) : « Général Cogny estime à 2 ou 3 semaines, s’il n’y a pas d’attaque générale, possibilités résistance Dien Bien Phu sous réserve envoi régulier de renforts […] De mon côté compte leur donner espoir événement favorable en leu annonçant opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; qui, pour multiples raisons, ne peut être déclenchée que vers le 10 mai. Il n’y a pas avantage à la déclencher trop tôt car elle ne peut apporter qu’un soulagement relatif et moral retombera quand peu efficacité aura été constaté […] Si solution cessez-le-feu était adoptée il y aurait avantage à la réaliser dès que possible car notre position morale sera beaucoup plus forte si Dien Bien Phu tient toujours. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p.p. 526-527)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély télégraphie à Navarre : « Toujours rien de définitif pour &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;. » (Rocolle, 1968, p. 445)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour dissiper toute équivoque, Churchill annonce publiquement à la Chambre des communes la décision de son cabinet de ne pas intervenir pour sauver Dien Bien Phu : « Le gouvernement de sa majesté n’est pas disposé à prendre un engagement quelconque au sujet d’une action militaire en Indochine avant de connaître les résultats de Genève. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers et Lacouture, 1969, p. 111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, à 20 h 00, Pleven (Défense) reçoit le général Norstad (adjoint aux forces aériennes pour le pour le commandement suprême des Forces alliées en Europe) et lui demande une nouvelle aide pour l’aviation : un quatrième groupe de B-26 déjà accordé mais non livré (faute de personnel militaire français capable de les piloter et les entretenir) ; 20 Privateer supplémentaires pour la marine ; le prêt de 20 C-119 (Pouget, 2024, p. 527).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée de Bidault (Affaires étrangères) pour l’ouverture de la conférence de Genève dans son volet coréen.&#039;&#039;&#039; Cette partie de la conférence se terminera le 15 juin, sans résultat puisqu’elle n’aboutira à la signature d’aucun traité de paix concernant la Corée. Bao Daï, qui avait en vain demandé une réunion du comité permanent du Haut Conseil de l’Union française avant le départ de Bidault pour la Suisse (voir 23 avril), réagit publiquement ce jour par le biais d’un communiqué : le Vietnam ne s’estime pas lié aux décisions qui vont être prises à Genève (projet de partition) qu’il juge contraires à la liberté et l’unité du pays (Cesari, 2013, pp. 215-216).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 26 au 27 avril 54 : Nouveau parachutage sur Dien Bien Phu de 52 volontaires (Pouget, 2024, p. 527).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 avril 54 : A Dien Bien Phu, les observations de la nuit montrent que le VM s’installe dans la plaine : un projecteur de D.C.A. est installé entre le centre et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. A l’ouest, tentative d’infiltration entre &#039;&#039;Claudine&#039;&#039; et &#039;&#039;Lily&#039;&#039; (petit point d’appui situé au nord-ouest de &#039;&#039;Claudine&#039;&#039;). Tentative pour dégager &#039;&#039;Isabelle 5&#039;&#039; au sud. Désormais 70 % des parachutages à haute altitude tombent hors de la zone de réception. Pour autant, 88 tonnes sont à nouveau larguées dont 25 tombent hors limites (Pouget, 2024, pp. 527-528).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la chute de moral des combattants depuis mi-avril, Giap ouvre « une campagne de mobilisation morale et de rectification des tendances droitières ». Des opérations de propagande vantent aux combattants, dont la plupart sont des paysans, les bienfaits de la réforme agraire mise en application le 4 décembre 1953, les incitant ainsi à accomplir un dernier effort. Bien que prêt depuis le 26 mars avec la reconstitution de 30 bataillons (15 000 hommes), Giap est toujours obligé de temporiser au vu de ses pertes pour reprendre la troisième et ultime offensive (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai). Son armée compte ce jour 6 600 tués et 12 000 blessés depuis la première attaque du 13 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, Bidault (Affaires étrangères) rencontre son homologue soviétique Molotov, afin d’obtenir un cessez-le-feu. Celui-ci refuse d’intervenir auprès du VM mais informe la presse de la requête française (Lemaire, 2000, p. 65 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 28 avril 1954). Il est convenu que l’U.R.S.S. reconnaîtra aux 3 délégations des États Associés le droit de siéger à la conférence. De son côté, la France admet la représentation de la R.P.C. et d’une délégation du VM, sous réserve de l’accord du Vietnam (Pouget, 2024, pp. 528-529).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une dépêche de l’A.F.P. : « &#039;&#039;&#039;Le gouvernement britannique n&#039;est pas disposé à s&#039;engager par avance à donner une aide militaire en Indochine avant de connaître les résultats de la conférence de Genève&#039;&#039;&#039;, a déclaré Sir Winston Churchill cet après-midi aux Communes. « Nous ne sommes liés par aucun nouvel engagement de caractère militaire ou politique », a ajouté Sir Winston Churchill au milieu des acclamations. M. Eden a bien fait comprendre à ses collègues à Genève que si on arrive à un accord le gouvernement britannique est prêt à les soutenir à fond pour aider à réaliser une paix stable en Extrême-Orient. Le premier ministre répondait à des questions sur les conversations qui viennent d&#039;avoir lieu à Paris entre MM. Bidault, Eden et Dulles. » (citée &#039;&#039;in Le Monde&#039;&#039; du 28 avril 1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 27 au 28 avril 54 : Tentative de parachutage de renforts sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; vers 2 h 00. Seul un stick est largué car le mauvais temps interrompt l’opération (Pouget, 2024, p. 530).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 - 28 avril 54 : Selon Rocolle, « […] c’est aux environs des 27-28 avril que la résistance de Dien Bien Phu prit seulement la physionomie d’une survie. » (Rocolle, 1968, p. 391)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 avril – 3 mai : A Genève, poursuite de laborieuses tractations qui ont pour seul objet d’admettre à la table de conférence les représentants du VM et ceux des États associés (Rocolle, 1968, p. 494).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 avril 54 : A Dien Bien Phu, pluies de mousson. Le secteur de commandement (P.C., hôpital, batteries d’artillerie) est soumis à des tirs directs de 75 sans recul. Un char réussit à détruire quelques blockhaus face au « drain ». Parachutage de 80 tonnes d’approvisionnement dont 35 % tombe dans les lignes ennemies. Les réserves en vivres et munitions sont faibles (Pouget, 2024, pp. 530-531).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la lettre de Navarre du 21, Ély (chef d’état-major des Forces armées) signale la difficulté de trouver un remplaçant à Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin). Ce dernier est donc maintenu provisoirement, « la solution de son remplacement, selon Navarre, devant être réglée dans les plus brefs délais. » (Navarre, 1956, p. 267, note 1) Dans cette réponse écrite, Ély approuve la décision du commandant en chef de ne pas remplacer Cogny et précise : « […] Je crois comprendre par votre lettre, et le président Pleven et moi-même vous approuvons, que vous ne désirez pas changer en pleine bataille le commandant des forces terrestres du Nord Viet Nam. Vous avez d’ailleurs adopté provisoirement la solution Bodet […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 428-429, note 113) Rien donc ne changera au niveau du commandement malgré les vives tensions entre le commandant en chef et son subordonné jusqu’à la fin de la bataille. L’habile Cogny demeurera d’ailleurs dans ses fonctions après l’éviction de Navarre le 3 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély télégraphie à Navarre : « Il se confirme que l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; n’a plus guère de chance d’avoir lieu dans les délais correspondants aux possibilités de résistance de Dien Bien Phu […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 445)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Foster Dulles (secrétaire d’État) provoque une réunion des potentiels alliés à Washington pour une intervention sur Dien Bien Phu. Les Britanniques confirment à nouveau leur refus et attendent la tenue de la conférence de Genève (Laniel, 1957, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, une reconnaissance de la colonne Godard parvient à 4 kilomètres au sud de Nga Na Song, localité située à 35 km au nord-est de Muong Khoua (Pouget, 2024, p. 531).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Genève, alors que Bidault, Dulles et Eden sont arrivés, la composition de la conférence sur l’Indochine n’est toujours pas fixée. &#039;&#039;&#039;Bao Daï, mécontent de ce qui se trame, part pour Cannes sans déléguer d’autorité ni nommer de représentant à Genève&#039;&#039;&#039; (Cesari, 2013, p. 216).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 avril 54 : A Dien Bien Phu, poursuite des pluies de mousson. Le VM poursuit pourtant ses travaux d’approche. 22 tonnes de ravitaillement sont larguées au-dessus d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Pouget, 2024, pp. 531-532).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Geneviève De Gallard reçoit la Légion d’honneur des mains de De Castries (Rocolle, 1968, p. 464-465). Les prostituées annamites du camp retranché reconverties en infirmières n’auront pas droit à la même reconnaissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après la défection des Britanniques (voir 27 avril), &#039;&#039;&#039;Eisenhower abandonne définitivement le projet de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (voir 6, 7 et 8 avril). Lors d’une conférence de presse, il réaffirme que les U.S.A. n’ont pas l’intention d’engager des troupes en Indochine sans une action collective internationale et l’approbation du Congrès. Il compare la ligne de la politique étrangère américaine à une crète entre deux extrêmes : l’inaction face au communisme et une intervention massive non concertée. Il précise qu’aucune aide extérieure ne peut être efficace si elle ne répond aux aspirations locales des peuples d’Indochine. Il refuse de spéculer sur l’issue des négociations à Genève pour ne pas affaiblir la position des alliés. Il exprime l’espoir d’un règlement pratique plutôt qu’idéal, estimant qu’avec les communistes une solution totalement satisfaisante sera difficile à obtenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 29 au 30 avril 54 : 83 volontaires sautent sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; mais 20 d’entre eux ne parviennent pas à atteindre le point d’appui et se perdent (Pouget, 2024, p. 532).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 avril 54 : A Dien Bien Phu, tentative de coup de main du VM sur la face nord-ouest de &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039;. Échec. Du fait de la météo, l’aviation n’intervient que l’après-midi : 222 tonnes d’approvisionnement ont été larguées en 24 heures (Pouget, 2024, pp. 532-533).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à l’avortement de l’opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; (voir 14 avril), Navarre tente d’imaginer une autre solution, une variante de l’opération &#039;&#039;Xénophon&#039;&#039; qu’il dénomme &#039;&#039;Ariane&#039;&#039; (ou &#039;&#039;Albatros&#039;&#039;, selon Pouget, 2024, p. 533). Celle-ci consisterait à effectuer une sortie du camp vers le Laos (vallée de la Nam Ou) où l’attendrait un groupement de recueil. Les blessés seraient abandonnés sur place (voir 2 mai). Navarre télégraphie alors à Ély (chef d’état-major) : « […] C’est pourquoi vous demande à nouveau me tenir informé dans toute mesure possible des négociations en cours. Si cessez-le-feu peut être espéré dans délai raisonnable, ferai tout pour prolonger résistance ; dans cas contraire, m’orienterai peut-être vers sortie garnison si réalisable. » Ce projet demeurera à l’état de projection purement spéculative car ce qui reste des forces du camp retranché est et sera bien incapable de forcer l’étau du VM (Rocolle, 1968, p. 500, note 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discussion au niveau du C.N.S. américain sur l’éventuelle utilisation d’armes atomiques tactiques (voir 5 mars ; 7 et 22 avril) pour dégager Dien Bien Phu. Les membres s’interrogent sur son efficacité et surtout ses répercussions : acceptation française ? Acceptation par la coalition ? Réaction chinoise ? Eisenhower et Nixon, même s’ils n’excluent pas totalement (et uniquement verbalement) cette option, demeurent persuadés que les armes conventionnelles demeureront plus efficaces (De Folin, 1993, p. 260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évoquant ce qui se passe à Genève, Ély transmet à Navarre le message suivant : « [La] publicité donnée par Molotov à la question de l’évacuation des blessés de Dien Bien Phu a maintenant posé la question devant l’opinion mondiale. J’estime dans ces conditions que le meilleur moyen pour tenter ce douloureux problème est de provoquer une nouvelle demande de trêve du général De Castries à ses adversaires. Si ceux-ci ne modifient pas leur attitude, leur position morale se trouvera nécessairement affaiblie à Genève. S’ils répondent, nos efforts ici n’auront pas été entièrement vains. » Or cela suppose une remise en état de la piste d’aviation et l’établissement d’un trêve de 6 à 7 jours. Mais également, en contrepartie, l’arrêt des actions aériennes offensives françaises (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai) (Lemaire, 2000, p. 65 ; Rocolle, 1968, p. 495, note 47). On en est loin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations entre Navarre et Cogny (commandant des forces françaises au Tonkin) continuent à se dégrader (voir 21 avril). Navarre évoque dans ses mémoires une lettre de remontrances adressée à l’intéressé : « Non seulement le devoir d’un chef, dans les moments difficiles, est de donner lui-même l’exemple de la discipline et du sang froid mais qu’il se doit de l’exiger de ses subordonnés. Je l’avais averti que je le tiendrais personnellement responsable de la persistance de l’atmosphère autour de lui. » (voir 21 avril) (Navarre, 1979, pp. 369-370).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre n’a toujours pas abandonné l’espoir (illusoire…) d’obtenir un cessez-le-feu préalable aux négociations de Genève. Il écrit à Ély (chef d’état-major) : « […] Je considère qu’un cessez-le-feu présente des risques graves, mais l’aboutissement des négociations s’il a lieu nous placera forcément devant ce problème. Nous ne pouvons pas l’éluder […] C’est  pourquoi, tout en ne me dissimulant pas  ces inconvénients, je conclus à un cessez-le-feu préalable, surtout s’il pouvait être conclu avant la chute de Dien Bien Phu […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 493, note 40).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu des déclarations de Molotov à la presse au sujet de la demande de cessez-le-feu français (voir 27 avril), Bidault (Affaires étrangères) estime pouvoir mettre au pied du mur les délégations russe et vm en faisant demander par De Castries la mise en place d’une trêve à Dien Bien Phu. Or jusqu’alors toutes les demandes françaises se sont heurtées à une stricte fin de non-recevoir. Le VM, à deux doigts de la victoire, n’entend absolument pas autoriser l’accès à la piste d’aviation d’ailleurs en grande partie détruite (Rocolle, 1968, p. 495).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Nuit du 30 avril eu 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 54 : Largage de 43 volontaires et 24 tonnes de ravitaillement (Pouget, 2024, p. 533).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1954&amp;diff=5368</id>
		<title>Mars 1954</title>
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		<updated>2026-09-19T06:08:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 54 : Côté vietminh, 51 000 hommes sont concentrés autour de Dien Bien Phu (28 bataillons d’infanterie, 3 régiments d’artillerie, 4 bataillons de D.C.A. légère (12,7), 1 bataillon de D.C.A. moyenne de 37 mm, un régiment de génie). Au cours de la bataille, la D.C.A. vietminh sera renforcée de 4 bataillons armés de canons russes modernes de 37 mm (64 pièces). Giap a engagé ses meilleures troupes : soit 28 bataillons d’infanterie (7 appartenant à la division 316, 3 à la division 304, 9 à la divisions 308 et 9 également à la 312 ; la division lourde, la 351, est au complet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, 12 bataillons d’infanterie (en sous-effectifs), 2 groupes d’artillerie de 105, 1 batterie de 155, 3 batteries de 185, 2 compagnies de mortiers et 10 chars, ainsi que des troupes vietnamiennes (au total, entre 11 à 12 000 hommes). Le ravitaillement du camp dépend désormais entièrement du pont aérien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle déclare : « L’Affaire d’Indochine est virtuellement terminée. Il reste à trouver un procédé dans la forme […] Il est entendu que la France ne gardera pas l’Indochine […] (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodin, 1996, p. 255)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le rapporteur de le Commissions des Finances à l’Assemblée nationale, André Pineau, estime à 78,25 % la part de l’aide américaine dans le financement du conflit pour le budget 1954 (Ruscio, 1992, p. 130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement de ton dans la presse française au sujet de la bataille en cours : « Le thème de l’héroïsme prend peu à peu le relai de celui de la certitude de la victoire. » (Ruscio, 1985, pp. 338-339, article)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début mars 54 : A ce moment précis, le commandement français est certain de l’existence d’un projet de puissante offensive du VM. Selon Navarre, des documents vm saisis affirment qu’il s’agit de « faire pression sur la Conférence de Genève » (Navarre, 1956, p. 182, note 1). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que la situation soit plus que compromise à Dien Bien Phu, le gouvernement français continue à autoriser l’envoi de renforts sur le camp retranché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 54 : De Castries observe un resserrement du VM autour du camp retranché : une sortie vers l’ouest trouve le contact avec l’ennemi immédiatement en bordure du camp, ce qui n’était pas le cas une semaine avant car une patrouille avait pu s’aventurer à 10 km au-delà du camp retranché (Pouget, 2024, pp. 250-251).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre adresse un télégramme à Marc Jacquet (secrétaire d’État aux États associés) : « La campagne est arrivée à un nouveau tournant. Stop. Au Haut Laos, en effet, la division 308 qui, depuis une semaine, avait replié ses éléments envoyés au contact de Muon Saï et de Luang Prabang et s’était regroupé au nord de la Nam Bac, remonte décidément vers le Nord en direction générale de Dien Bien Phu. Stop. Elle semble devoir, vers le 5 mars, reprendre sa place dans le dispositif d’investissement du camp retranché. Stopali […]  Cette action est possible à partir du 10 mars et peut consister soit en une attaque de force, soit en une tentative d’étouffement par l’artillerie et la D.C.A. […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 272, note 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de cette date, début de l’intervention de la &#039;&#039;Civil Air Transport&#039;&#039; de l’ancien général américain francophile Claire Chennault (ancien commandant de la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; &#039;&#039;US Air Force,&#039;&#039; voir mars 1945) reconverti dans le mercenariat. Il fournit 12 équipages confirmés (surnommés depuis 1945 les &#039;&#039;tigres volants&#039;&#039;) qui effectueront 500 missions de bombardement en Haute Région. Un équipage sera abattu et leurs C-119 seront touchés 41 fois par le D.C.A. (Rocolle, 1968, p. 301, note 130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prince Buu Loc, chef du gouvernement vietnamien nommé par Bao Daï, se rend en France pour négocier la nouvelle « indépendance » du Vietnam, au sein de l’Union française. Mais Bao Daï et son gouvernement la rejettent en l’état, du fait du cadre contraignant de l’Union française. D’où une nième situation d’impasse (voir 25 avril) (De Folin, 1993, pp. 292-293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; - 9 mars 54 : Grand débat sur l’Indochine à l’Assemblée nationale française. Alors que la situation est de plus en plus désespérée autour du camp retranché, le gouvernement se montre cette fois disposé à la négociation. Le 5 mars, Laniel affirme devant l’Assemblée sa volonté « de régler le conflit par voie de négociation », tout en poursuivant l’envoi de renforts sur Dien Bien Phu et en réclamant l’aide américaine car, si négociation il y a, les Français n’entendent la mener eux aussi qu’en position de force.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 mars 54 : Le « Comité spécial » américain pour l’Indochine créé par Eisenhower (voir 8 janvier) se réunit et en arrive au fait que « les États-Unis pourraient envisager une action collective directe [la formation d’une coalition] dans le Sud-Est asiatique en vue de maintenir leurs intérêts vitaux. » Ce projet prend le nom d’&#039;&#039;&#039;« opération Vautour »&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, p. 247). Il consisterait en une intervention de bombardiers lourds B-29 basés aux Philippines qui opéreraient de nuit pour briser l’encerclement de Dien Bien Phu (Ély, 1964, pp. 82-83).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général parachutiste Gilles qui avait participé à la conquête puis commandé jusqu’au 7 décembre 1953 le camp retranché de Dien Bien Phu est rapatrié en France. L’homme est âgé et malade. Il avait participé jusqu’alors en compagnie de Navarre à plusieurs visites de la base aéroterrestre (Rocolle, 1968, p. 235, note 106).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mars 54 : Nouvel indice de resserrement du VM autour du camp retranché (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars), une compagnie du 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. tombe dans une embuscade à 400 m au nord-est de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 251).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre d&#039;un contrat signé avec les autorités américaines, la &#039;&#039;Civil Air Transport&#039;&#039; (C.A.T., désormais propriété de la C.I.A.) fournit 24 pilotes pour opérer aux côtés des Français à bord de 12 C-119 (&#039;&#039;Packets&#039;&#039;) qui sont entretenus et pilotés secrètement par le personnel de l&#039;&#039;&#039;US Air Force&#039;&#039;. Navarre précise que ces pilotes appartiennent à l’escadre des « Tigres volants » (16 avions) du général Chenault et qu’un contrat privé avait été passé avec ce dernier (Navarre, 1956, p. 230). Ces pilotes américains procéderont au transport de troupes mais également à des actions de bombardement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 mars 54 : Quatrième et dernière inspection de Navarre à Dien Bien Phu depuis la Noël 1953. Il est accompagné de Cogny. Selon le premier, « […] j’avais interrogé plusieurs commandants d’unités et constaté chez eux une confiance absolue. » Le colonel De Castries, commandant de la base, déclare quant à lui : « Ce sera dur mais nous tiendrons si vous avez en réserve deux ou trois bataillons de renfort à m’envoyer. » Quant à Cogny, il déclare au commandant en chef : « Nous sommes venus ici pour contraindre le Viet à se battre. Il ne faut rien faire pour les détourner d’attaquer. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1956, pp. 240-241 ; Navarre, 1979, pp. 337-338). Cogny profite de la visite de Navarre pour lui demander des renforts sur le Delta qu’il estime plus menacé qu’au printemps 1953. Navarre ignore cette demande qui ne fait pas partie de ses priorités du moment (Rocolle, 1968, p. 332). Le commandant en chef propose au contraire d’envoyer 3 bataillons supplémentaires à Dien Bien Phu. Cogny estime que les moyens aériens actuels ne permettent pas de les transporter. Quant à De Castries, il ne les souhaite pas, faute de place. Face à cet optimisme, Navarre renonce donc pour l’instant à renforcer le camp retranché (Rocolle, 1968, p. 342).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les reconnaissances envoyées les 4 et 5 mars montrent que le VM occupe des points sur lesquels il ne s’est pas encore installé au nord du camp retranché. Les accrochages aux abords immédiats sont de plus en plus fréquents depuis le début du mois (Rocolle, 1968, p. 272 ; Pouget, 2024, p. 251).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 4 au 5 mars 54 : Des commandos vm s’introduisent dans l’aéroport de Gia Lam à Hanoi et détruisent une dizaine d’avions (5 Dakota et 5 appareils civils de transport assurant le pont aérien) et un dépôt de carburant (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 142 ; Rocolle, 1968, pp. 344-345).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mars 54 : Intervention de Laniel à l’Assemblée nationale. Ses exigences sont irréalistes. Pour que la France accepte un cessez-le-feu, le VM doit évacuer en totalité le Cambodge et le Laos, une bonne partie de l’Annam (regroupement des unités vm dans des zones délimitées) et accorder l’existence de zones démilitarisées qui doivent être créées autour du Delta. Il demande qu’au Sud soit créé un dispositif de sécurité destiné à empêcher les unités vm de se regrouper ou de se renforcer pendant la suspension d’armes. Des exigences dénoncées par Mendès France qui accuse le chef du gouvernement de vouloir impliquer encore plus les U.S.A. dans le conflit et de dénoncer : « La conférence de Genève ce n’est pas la route qui conduit à un arrangement en Indochine. C’est une habile diplomatie pour travestir une politique qui conduit à la continuation de la guerre. » Pour autant, un vote de confiance est accordé au chef du gouvernement (Rocolle, 1968, pp. 39-40 ; Elgey, 2018, p. 730 ; Cesari, 2013, p. 220).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux sénateurs américains de passage à Paris évoquent avec Pleven un recours à des bombes atomiques tactiques. Pleven leur répond que l’on manque d’objectifs tactiques convenables au Vietnam pour ce genre d’action. Si le recours à l’arme atomique a bien été évoqué tant par les Américains que les Français, ce projet, irréalisable dans le contexte vietnamien, n’est jamais resté qu’à l’état de discussions stériles (voir 7 avril) (De Folin, 1993, pp. 259-260). Navarre confirmera dans ses mémoires que « l’emploi de la bombe atomique n’a jamais été envisagé. » (Navarre, 1956, p. 244, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 6 au 7 mars 54 : Le VM attaque cette fois l’aérodrome de Cat Bi proche d’Haïphong et détruit une dizaine d’avions : 4 bombardiers B-26 et 5 &#039;&#039;Criquets&#039;&#039; d’observation (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 142 ; Rocolle, 1968, p. 345).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 54 : Navarre, moins optimiste qu’à ses débuts, pense à nouveau renforcer encore la garnison du camp retranché de 3 bataillons. De Castries, appuyé par Cogny, les refuse. Le premier déclare : « Ce sera dur, mais nous tiendrons. » Le second, qui niera plus tard cette affirmation : « Il ne faut pas inciter l’ennemi à renoncer à son attaque, que toute la garnison espère et dont on attend la victoire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Laniel, 1957, pp. 42-43)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour d’Indochine où il avait été missionné, Pleven (ministre de la Défense) déclare : « Militairement, il est incontestable que l’adversaire n’a pu jusqu’ici atteindre ses objectifs essentiels. Dien Bien Phu n’a toujours pas été attaqué. Il peut encore l’être, mais notre commandant en chef, le général Navarre, dont l’esprit de décision et le sang-froid s’imposent à tous a pleine confiance que cette campagne d’hiver se terminera sans résultat positif pour l’adversaire, malgré les efforts qu’il aura déployés. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chauvel, 1973, p. 43) Selon le commandement français, le VM commence à souffrir d’une crise d’effectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 54 : Navarre produit une directive sur l’intérêt de multiplier et substituer dans le Delta les camps retranchés au système des postes (Rocolle, 1968, p. 339, note 236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier ministre Buu Loc poursuit à Paris un cycle de négociations pour obtenir l’indépendance du Vietnam mais, sous la pression des nationalistes, qui espèrent son échec, sa démission ainsi que celle de Bao Daï pour former une nouvelle Assemblée nationale constituante (Gras, 1979, p. 542).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 – 11 mars 54 : 24 canons de 105 mm et des pièces de D.C.A. sont installés par le VM sur les pentes de la cuvette de Dien Bien Phu (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 54 : Une estimation de l’état-major d’Hanoi évalue les possibilités de l’artillerie vietminh à 5 à 6 jours de tir de « neutralisation générale » sur Dien Bien Phu. Elle néglige les approvisionnements en provenance de Chine et la capacité du VM à ravitailler ses pièces par le biais de pistes camouflées (Navarre, 1956, p. 218). La dotation en munition d’artillerie sera doublée en avril. A l’issue de la bataille, les estimations françaises parleront de plus de 200 000 obus tirés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 54 : De Castries informe Cogny par télégramme de l’imminence d’une attaque : « […] Hypothèse à retenir me semble devoir être attaque Dien Bien Phu. VM poussant progressivement bases de départ au plus près contre sens de résistance […] » (Rocolle, 1968, p. 273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement de la R.D.V.N. accepte officiellement de participer à la conférence de Genève (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 10 au 11 mars 54 : A Dien Bien Phu, poursuite de la mise en place des canons de 105 mm dans leurs casemates. Les premiers tirs de réglage sur la piste d’atterrissage commencent au matin du 11. Un avion-cargo est détruit (Pouget, 2024, p. 251).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 et 17 mars 54 : Le groupe de travail américain et le « Comité spécial » estiment que si une action est envisagée (opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;), elle doit se faire dans un contexte multilatéral, en accord avec les alliés (dont les Britanniques qui sont plus que réticents après la guerre de Corée). Toutefois, ils n’excluent pas de leurs propos une action unilatérale à laquelle les Français vont longtemps se raccrocher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mars 54 : En réponse au télégramme de De Castries de la veille, Cogny lui répond que « les probabilités d’action vers le 13 mars se confirment ». (Rocolle, 1968, p. 273)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue de Genève, sur une idée de Pleven, le gouvernement français décide, lors d’un Comité de défense nationale, de créer un bien tardif &#039;&#039;&#039;Comité de guerre restreint.&#039;&#039;&#039; Il est chargé de suivre les opérations sous l’autorité directe du président du Conseil (Laniel), des principaux ministres, secrétaires d’État et dirigeants militaires (Défense, Affaires étrangères, Affaires d’Indochine, États associés, chef d’état-major des Forces armées). Étape nécessaire que Navarre avait réclamée pour contrer l’habituelle et catastrophique dispersion décisionnelle  mais qui arrive à un moment où les jeux sont faits, tant du point de vue militaire (Dien Bien Phu) que diplomatique (Gras, 1979, p. 543 ; Ély, 1964, p. 28 ; Navarre, 1979, p. 286).  Selon Laniel, au cours de cette réunion, Pleven (ministre de la Défense) ne partage pas l’optimisme des chefs militaires rencontrés lors de sa précédente mission. Tout le monde désire l’attaque sur Dien Bien Phu, lui « ne la souhaite pas. » Selon lui, le camp retranché n’est déjà plus évacuable. Il a trouvé l’armée « usée » et une situation qui « reposait sur des conditions assez fragiles. » Il considère la future conférence de Genève comme « le moyen honorable de mettre fin » au conflit et d’éviter tout malentendu avec les Américains : une solution militaire ne pouvant être envisagée avant longtemps, il est souhaitable de trouver une solution diplomatique. Il est aussi nécessaire, selon Ély, d’informer les Américains « pour renseigner très exactement nos alliés sur les perspectives militaires réelles. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le comité décide d’envoyer le général Ély, chef d’état-major des Forces armées, à Washington&#039;&#039;&#039; (voir 20 - 26 mars) pour évoquer la question des aides et surtout connaître la réaction des Américains en cas d’intervention aérienne ou terrestre des Chinois (De Folin, 1993, p. 248 ; Ély, 1964, pp. 59-60 ; Laniel, 1957, pp. 79-81). Selon Navarre, lors de la visite de la commission Pleven en Indochine ni lui ni le commissaire général Dejean n’ont été clairement mis au courant du projet de la future conférence de Genève qui paraît pourtant être pour le gouvernement français l’unique porte de sortie honorable (Navarre, 1956, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Dien Bien Phu, le VM commence à harceler régulièrement la piste d’atterrissage par des tirs d’artillerie. Un avion &#039;&#039;Curtis-Commando&#039;&#039; affrété pour le ravitaillement est détruit. Il en sera de même le lendemain  pour un &#039;&#039;Morane&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 345). L’action en cours de l’artillerie vm sur la piste d’atterrissage est en train de contredire totalement ce qui avait été établi par les prévisions des états-majors qui avaient fait, du moins sur le papier, de cette piste un sanctuaire totalement inatteignable dans un rayon de 8 kilomètres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse une lettre aux troupes de Dien Bien Phu : « Votre mission est de la plus haute importance, difficile mais très glorieuse. Je vous souhaite de grandes victoires. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 – 12 – 13 mars 54 : Le VM creuse des tranchées non loin des centres de résistance du nord du camp retranché ainsi qu’au sud (&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;). Les tirs de harcèlement interrompus depuis le 20 février reprennent. La D.C.A. se manifeste (Rocolle, 1968, p. 265 et p. 272).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mars 54 : Les Français sont informés des intentions du VM : l’attaque se portera à partir du 13 et visera les positions isolées, &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 319-320), &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 319-320) et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 321-322). Selon Navarre, « […] l’ennemi comptait s’emparer de l’ensemble du camp retranché en cinq à sept jours. » (Navarre, 1956, p. 221) Giap est en fait en train de revoir ses plans et d’établir une tactique plus prudente (voir 25 janvier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette date, depuis le 23 novembre 1953, la garnison de Dien Bien Phu compte 151 tués, 88 disparus et 798 blessés (Cadeau, 2019, p. 626, note 9).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la veille de l’attaque de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, Cogny se rend pour la dernière fois à Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 273, note 47). Il assiste à une action locale d’une compagnie du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. (parachutistes) sur un mamelon voisin de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; où le VM creuse des tranchées d’approche pour installer ses canons sans recul et ses mortiers. Soutenue par l’aviation et l’artillerie du camp retranché, l’opération cette fois réussit. Lors d’une audition devant la commission d’enquête du 10 juin, Cogny déclarera : « Je me suis fait expliquer les contre-attaques, j’ai circulé sur le terrain, j’ai fait la contre-attaque avec Castries et le commandant responsable, avec Langlais et d’autres officiers […] J’ai suivi les cheminements sur le terrain pour voir les possibilités de débouché et les dangers de feu qui pouvaient se révéler […] Nous avions tout étudié en détail […] ». Mais lors d’une déposition en date du 10 octobre devant la commission d’enquête dirigée par Catroux, il reconnaitra avoir seulement demandé où se trouvaient les réserves… (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 297, note 113). Ce sera la dernière visite d’un haut-gradé à la base aéroterrestre. De Castries le rassure mais à peine l’avion de Cogny s’est-il envolé que l’artillerie lourde du VM s’abat sur l’aéroport. 2 Morane sont détruits. De Castries annonce à ses supérieurs que le VM attaquera le 13 à 17 h 00  (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars 54 : &#039;&#039;&#039;A Dien Bien Phu, dès le matin, l’artillerie du VM concentre ses feux sur &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; Le point d’appui est encerclé comme la veille. Vers midi, le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. et les chars rouvrent la route. Ce premier bombardement intensif va se poursuivre toute la journée en s’accroissant. Dès 17 h 30, c’est un déluge de feu, une préparation avant l’assaut. A ce moment précis, les Français peuvent opposer 12 bataillons aux 28 bataillons du VM. (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144). Le camp retranché compte alors 10 813 hommes. 4 277 seront parachutés en renfort jusqu’au 7 mai (Rocolle, 1968, p. 548). Les Français bénéficient d’un plus grand nombre de canons mais le VM dispose d’un arsenal important de mortiers et de canons sans recul (Rocolle, 1968, p. 343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dispersion des forces au moment de l’attaque de Dien Bien Phu (combinée avec l’opération &#039;&#039;Atlante&#039;&#039; au Centre Vietnam) entraîne &#039;&#039;&#039;un grave conflit entre Navarre et Cogny&#039;&#039;&#039; (commandant des forces terrestres du Tonkin) qui doit mener les combats sur deux fronts, sans que le commandant en chef soit capable de fixer véritablement une priorité au moment où les choses vont déjà mal au Tonkin. Car Navarre ne considère toujours pas l’opération du Nord-Ouest comme prioritaire malgré les moyens engagés. Le rôle de Cogny à Dien Bien Phu demeure somme toute mineur puisque c’est le commandant en chef qui y dirige les opérations avec un objectif stratégique : retenir les forces du VM devant Dien Bien Phu (Gras, 1979, p. 560).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La principale piste d’atterrissage est systématiquement harcelée : 2 &#039;&#039;Dakota&#039;&#039; sont touchés. A partir de 14 h 30, la seconde piste proche d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; est également bombardée. Vers 15 h 00, la D.C.A. de 37 mm entre en action. A 15 h 30, un &#039;&#039;Bearcat&#039;&#039; est touché. Dans la soirée, le dépôt d’essence de la piste principale est atteint par un coup au but. Le pont aérien dont dépend l’avenir de la base aéroterrestre est en train d’être disloqué tant par les tirs d’artillerie sur les pistes que par ceux de la D.C.A. qui abat un chasseur &#039;&#039;Hélicat&#039;&#039; de l’aéronavale (Rocolle, 1968, p. 346). A 18 h 15, l’assaut de Béatrice est lancé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième phase d’&#039;&#039;Atlante&#039;&#039; (voir 20 janvier) dénommée quant à elle &#039;&#039;Axelle&#039;&#039; et positionnée sur la R.C. 19 (Centre Vietnam, région d’An Khe). 7 G.M. y sont engagés (Gras, 1979, p. 559).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit 13 - 14 mars 54 : &#039;&#039;&#039;Lancement de la première attaque vietminh sur l’un des points d’appui faible, extérieur et isolé du camp retranché de Dien Bien Phu : &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; au nord-est de la piste d’atterrissage&#039;&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 316-317). Ce point d’appui fortement organisé est tenu par une très bonne troupe, le 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demi-brigade de la Légion étrangère. Le chef de bataillon Pégot, son adjoint, l’officier de liaison  de l’artillerie et le colonel Gaucher (commandant le secteur de défense centre dont dépend &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;) sont tous les quatre tués par 2 obus pénétrant de plein fouet dans leurs abris respectifs vers 18 h 30 et 19 h 50. De ce fait, il y a flottement au niveau du commandement et aucun appui d’artillerie n’est demandé dans l’immédiat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est le commandant Langlais qui prend le commandement du secteur centre. Rétrospectivement, Navarre estime que la perte de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; est également due à « un très petit effectif, son encadrement était trop faible [517 hommes] (un officier par compagnie) et son moral, usé par une trop longue attente, n’était certainement pas au plus haut. » (Navarre, 1979, pp. 341-342). &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 319-320) est également attaquée mais résiste pour l’instant. A 0 h 15, &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, submergé, ne répond plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les écoutes françaises avaient révélé cet objectif dès le 12. La piste d’aviation sera dès lors très rapidement prise sous le feu intense de l’artillerie vietminh (artillerie et mortiers), ce qui crée une totale surprise : 9 &#039;&#039;Bearcat&#039;&#039; n’ont pu être évacués à temps à cause d’un problème technique (eau dans l’essence…) ; seuls 3 d’entre eux décolleront le 14 en profitant de la brume matinale (Rocolle, 1968, pp. 308-309). Selon les prévisions de Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin), cette piste devait fournir 70 tonnes de matériel par jour de combat moyen et 96 tonnes en cas de combats intenses (Navarre, 1956, p. 214). Une bonne partie de l’artillerie française est d’entrée neutralisée et donc incapable d’effectuer des tirs de contre-batterie contre un ennemi qui a isolé, enterré et camouflé à l’est sa propre artillerie. Cette dernière est constituée de 20 pièces de 75 et de 105 et de mortiers lourds.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, attaquée à 18 h 30, pourtant tenue par 450 légionnaires aguerris (mais en sous-effectifs), tombe à minuit. Cette perte entraîne la sidération dans le camp comme à l’état-major d’Hanoi. La mort rapide des officiers commandant le secteur (chef de bataillon Pégot et ses adjoints) par un coup au but a provoqué une désorganisation de sa défense et a interdit l’absence d’un soutien par l’artillerie non renseignée. Là où il aurait fallu ordonner une contre-attaque immédiate et la reprise de ce point d’appui essentiel, De Castries, mal informé, ne réagit pas. Le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. (5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bavouan) censé reprendre &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; ne sera largué que dans l’après-midi du 14 (Gras, 1979, pp. 546-547). Cogny, lors de ses dépositions devant la commission d’enquête du 16 juin et 10 octobre, reconnaitra que les bataillons de contre-attaque étaient enquistés dans le système de défense et que si des contre-attaques avaient été prévues sur le papier, aucun exercice réel n’avait été accompli (Rocolle, 1968, p. 295, note 107).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 – 25 mars 54 : L’aviation abandonne totalement la bataille des communications contre les axes d’approvisionnement du VM. Ses opérations demeurent dispersées : durant le mois de mars, 454 d’entre elles ne concernent pas Dien Bien Phu mais sont centrées sur le Delta (Rocolle, 1968, p. 398).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparition des premières tranchées d’approche à l’est devant &#039;&#039;Éliane&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 396).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars – 7 mai 54 : Les pilotes américains du &#039;&#039;Civil Air Transport&#039;&#039; de l’ancien général d’aviation Claire Chennault (appartenant à la C.I.A., voir 3 mars) vont effectuer 682 missions de largage aérien auprès ses troupes françaises assiégées à l’aide d’avions dotés de cocardes tricolores. Un avion sera abattu le 6 mai 1954 et 2 pilotes sont tués. D’autres C-119 subiront des attaques de D.C.A. au cours desquelles un pilote américain sera grièvement blessé (Journoud, 2010, p. 137). Lorsque la D.C.A. vietnamienne deviendra trop efficace, ces avions renonceront à venir sur Dien Bien Phu ou opèreront des largages de haute altitude. Dans ses mémoires, Navarre rendra hommage à ces pilotes en précisant que cela « était parfaitement conforme à leur contrat dont, très courageusement, ils dépassèrent souvent les obligations. » (Navarre, 1956, p. 230, note 4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mars 54 : Vers 0 h 45,  Navarre est mis au courant du déclenchement de l’attaque sur &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;. Il a à Saigon une courte réunion avec le général Gambiez (son chef d’état-major), le général Bodet et le colonel Berteil. On décide de l’envoi de renforts sur Dien Bien Phu dès        5 h 00. Puis il part ensuite pour Hanoi en faisant escale à Seno (Rocolle, 1968, p. 363).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 7 h 00, le lieutenant Turpin, blessé relâché par le VM, remet à De Castries une lettre émanant du commandant de la division 312 proposant une trêve sur &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; entre 8 h 00 et midi. Les Français acceptent sans l’aval du commandant en chef. De Castries, abattu par les événements de la nuit, en réfère à Cogny. Or il faut également en référer à Navarre qui est injoignable car en route de Seno pour Hanoi. C’est finalement le général Gambiez (chef d’état-major de Navarre) qui donne l’autorisation de Saigon. Selon Rocolle, 8 blessés sont ainsi récupérés (14 blessés et 3 morts selon Pouget, 2024, p. 446-447). A ce moment précis, aucune troupe du VM n’occupe &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;. La position ne sera investie que plus tard. De plus, Giap n’a déployé aucune troupe entre &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et le reste du camp retranché pour arrêter une éventuelle contre-attaque (Rocolle, 1968, pp. 359-361).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Venant de Seno, Navarre arrive à Hanoi vers 16 h 10. Accueilli par Cogny, il apprend que &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; n’a toujours pas été reprise et qu’aucune contre-attaque n’a été exécutée. La raison invoquée est d’ordre météorologique. L’aviation n’a pu intervenir du fait du brouillard. Réponse qui ne satisfait pas le commandant en chef : il estime que l’artillerie du camp aurait dû répliquer et qu’une contre-attaque avec les réserves aurait dû être ordonnée. De plus, il apprend l’épisode de la trêve offerte par Giap pour récupérer les blessés a été acceptée par les Français. Pour lui, « l’acceptation de la trêve était plus grave encore. Il n’était pas dans les habitudes du Vietminh de faire des cadeaux de ce genre. Si Giap avait fait une telle proposition, c’est qu’il y avait intérêt – et cet intérêt était certainement de nous empêcher de déclencher sur &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; une contre-attaque qu’il redoutait. » (Navarre, 1979, pp. 342-343). Or, à ce moment, la reprise de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; n’est plus envisageable car &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; est à son tour directement menacée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin) demande la mise à disposition de 3 des 5 bataillons de réserve d’Hanoi en vue d’une contre-attaque bien trop tardive pour reprendre &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; (Navarre, 1956, pp. 222-223). Le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. (commandant Botella) est largué ce jour à 14 h 15. Le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (commandant Bigeard) ne le sera que le 16 mars du fait d’une mauvaise météo (Navarre, 1956, p. 223) et de l’utilisation intensive de la flotte aérienne pour approvisionner les stocks de munitions du camp (Rocolle, 1968, p. 379). Le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. largué sur un terrain découvert est rapidement pris à parti. Il mettra beaucoup de temps pour atteindre &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;. Il semble que le choix discutable de cette unité ait relevé de la seule volonté du lieutenant-colonel Langlais qui entend réserver le solide 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (qui aurait pu intervenir plus rapidement) à la défense exclusive du secteur centre dont il est responsable depuis la mort du colonel Gaucher (Rocolle, 1968, p. 375).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 17 h 00, le VM démarre la préparation d’artillerie sur &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; au nord du camp retranché. Mais l’attaque sera reportée à la nuit car il y a un certain retard dans l’installation des canons de 75 mm et des mortiers de 120 mm (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre qui a fait étape à Seno arrive à Hanoi vers 18 h 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 14 au 15 mars 54 : &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 319-320) &#039;&#039;&#039;située au nord-est tombe à son tour dans la nuit du 14 au 15 vers 3 h 30&#039;&#039;&#039;. Le point d’appui est tenu par le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de Tirailleurs algériens. L’attaque menée par la division 308 et le régiment 165 de la division 316 a été lancée vers 20 h 00. Elle est stoppée vers 22 h 00 par l’artillerie française. Mais, comme pour &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, vers 4 h 30 le commandant De Mecquenem est blessé et son adjoint, le commandant Kah, est tué. Ce qui désorganise complètement la défense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Gras, pour la deuxième fois, De Castries ne réagit pas en ordonnant de reprendre immédiatement la position (Gras, 1979, p. 546). Selon Navarre, une contre-attaque est lancée à 5 h 30 avec des chars vers les pentes sud de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; mais n’aboutit pas à la reprise de la position (Navarre, 1956, p. 222). Une contre-attaque est lancée vers 5 h 30 mais là encore, selon Navarre, avec des effectifs insuffisants et des troupes (5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de parachutistes vietnamiens) fatiguées, larguées de la veille et ne connaissant pas le terrain. Ayant repris connaissance, le chef de bataillon De Mecquenem est fait prisonnier à 7 h 00. (Navarre, 1979, p. 344). Avec la chute successive de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;, le principal terrain d’aviation de la base n’est plus protégé des tirs d’artillerie du VM. Les choses empireront encore avec la perte d’&#039;&#039;Anne-Marie&#039;&#039; le 17.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commandant de l’artillerie du G.O.N.O., le lieutenant-colonel &#039;&#039;&#039;Piroth&#039;&#039;&#039;, réalise qu’il ne peut réaliser les tirs de contre-batterie nécessaires. Il répète à l’envie aux officiers qu’il croise que « c’est foutu » et « qu’il faut tout arrêter ». De Castries estime en termes assez durs : « Piroth, s’accusant d’ailleurs de tout, est devenu une loque. » Le lieutenant-colonel se suicide en se couchant sur une grenade (Cadeau, 2019, p. 627, note 22). Il sera temporairement remplacé par le lieutenant-colonel Allaire qui sera parachuté le 16.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un obus de 105 mm endommage une unité sanitaire tuant 9 blessés. Une salle de radiographie adjacente est touchée par un autre obus (Rocolle, 1968, p. 305).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 tentatives d’évacuation sanitaire par hélicoptère venu de Muong Saï échouent. Les appareils sont endommagés (Rocolle, 1968, p. 388).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 54 : A 5 h 30, De Castries ordonne une contre-attaque sur &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; avec seulement 2 bataillons de parachutistes et 6 chars. Dès 8 h 00, cette tentative échoue (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144). A 10 h 00, les parachutistes ne font que recueillir 4 officiers et 150 tirailleurs du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. Le VM passe la journée autour de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; à enlever les blessés et les morts qui sont chiffrés à 2 000 (Pouget, 2024, p. 448). Selon le commandant De Mecquenem, les combats sur &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; contre le 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. ont coûté cher au VM. Il évalue les pertes « à 1 500 tués et plusieurs milliers de blessés graves. » (Rocolle, 1968, pp. 393-394)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La perte du point d’appui &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, p. 319-320) au nord du camp rend la piste d’aviation presque totalement inutilisable (sauf de nuit). Désormais le ravitaillement en troupes et matériels ne se fera plus que par des parachutages de plus en plus aléatoires passant progressivement de 20 à 30 % de pertes dédiées à l’ennemi. Après la perte de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;, Navarre estime que « la couverture Nord et Nord-Est de notre dispositif a disparu, et [que] l’adversaire va pouvoir rapprocher son artillerie et sa D.C.A. Nos pertes sont lourdes, et nous avons dépensé une très importante partie de nos munitions. » (Navarre, 1956, p. 221) Il parle alors d’« une crise extrêmement grave. » (Navarre, 1956, p. 235). A 15 h 00, il envoie un message au gouvernement : « La situation est devenue très critique à Dien Bien Phu […] Il est certain que les attaques vont reprendre toutes les nuits prochaines […] D’accord avec le général Cogny, j’ai décidé de défendre Dien Bien Phu, en y engageant au besoin deux ou trois bataillons paras supplémentaires. La lutte sera sans aucun doute extrêmement dure, mais les pertes de l’ennemi sont certainement énormes et nous pouvons espérer qu’il sera usé avant nous. » En soirée, il envoie un nouveau message : « En fin de journée, le dispositif vietminh se resserre autour de l’ensemble constitué par les centres de résistance &#039;&#039;Claudine&#039;&#039;-&#039;&#039;Éliane&#039;&#039;-&#039;&#039;Dominique&#039;&#039;-&#039;&#039;Huguette&#039;&#039; et &#039;&#039;Anne-Marie&#039;&#039;. L’impression est que le Vietminh va tenter cette nuit-même peut-être un assaut général […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, pp. 448-449)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’après-midi, les unités du VM se mettent en place au nord d’&#039;&#039;Anne-Marie&#039;&#039; et de &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039;. Ce dernier point d’appui est violemment bombardé à partir de 17 h 00.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le commandant en chef, Cogny lui suggère « à demi-mots » au soir du 15 de relever De Castries. Navarre estime que les responsabilités sont partagées : le colonel De Langlais (responsable des réserves après la mort du lieutenant-colonel Gaucher) n’a su mener les contre-attaques nécessaires en temps voulu ; Cogny qui n’était pas « dans le bain » a failli par manque de préparation et en autorisant la trêve du 14 au matin voulue par Giap. Rétrospectivement, Navarre considère que « si la bataille de Dien Bien Phu avait pu être gagnée, ce fut dans les fatales journées des 14 et 15 mars que les chances disparurent. » (Navarre, 1979, pp. 344-345)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap salue la vaillance de ses troupes : « Ces victoires marquent la maturité manifeste de nos troupes et ouvre la voie à d’autres victoires. » Toutefois, il demeure prudent : « Nous devons étudier les enseignements de ces combats et éviter de tomber dans le subjectivisme en sous-estimant l’ennemi qui s’applique à renforcer Dien Bien Phu. Nous devons consolider et développer nos victoires et continuer à encercler l’ennemi à Dien Bien Phu afin de créer des conditions favorables à nos troupes [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, pp. 449-450) Il sera toutefois obligé de réitérer ces mesures de prudence le 17.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Navarre, les nouvelles alarmantes du camp retranché n’entament ni l’optimisme coutumier (voir 13 février) ni l’aveuglement cocardier de Robert Guillain, correspondant du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039;, qui écrit de Hanoi : « En attaquant Dien Bien Phu, l’adversaire n’a-t-il pas commis une faute monumentale ? […] Le service de renseignement a fonctionné de manière excellente. L’adversaire a trahi ses projets par l’intensité et la hâte de ses préparatifs. Pour nos troupes, après trois mois d’attente, c’est la fin de l’inaction et le moral est magnifique. » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 16 mars 1954)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un projet nommé opération &#039;&#039;Condor&#039;&#039; (pensé dès décembre 1953) est dès lors remis à l’étude. Il prévoit d’envoyer des parachutistes dans la vallée de la Haute Nam Hou au Laos pour desserrer l’étreinte autour de Dien Bien Phu. La mobilisation de tous les avions sur le camp retranché en vue de son renforcement en troupes et le début catastrophique de la bataille feront avorter ce plan, tout comme toute tentative de sortie de la garnison du camp retranché qui est définitivement cernée. Une autre opération du même type prévue début mai, &#039;&#039;Albatros&#039;&#039;, avortera pour les mêmes raisons (Gras, 1979, pp. 558-559 ; Ély, 1964, pp. 94-95 ; Navarre, 1956, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Hanoi à 21 h 15 du commissaire général Dejean qui repartira à Saigon le 18.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de cette date, pour maintenir partout la pression, le VM continue à mener des attaques de diversion sur la route coloniale entre Hanoï et Haïphong (Rocolle, 1968, pp. 331-332).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seconde quinzaine de mars 54 : Le VM souffre temporairement d’une pénurie de munitions pour son artillerie (voir 21 mars) (Rocolle, 1968, pp. 325-326).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 15 au 16 mars 54 : Un calme relatif règne. Le VM suspend ses attaques, sans doute par manque de munitions. Côté français, des signes de faiblesse apparaissent cependant au niveau du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de tirailleurs thaï sur &#039;&#039;Anne Marie&#039;&#039; située au nord de la piste d’atterrissage : la 12&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie compte nombre de désertions (Rocolle, 1968, p. 383).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mars 54 : Le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. de Bigeard est parachuté, avec retard et de manière échelonnée du fait de la météo, au sud du camp retranché, au nord d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. Ayant sauté avec une blessure, il boîte, se rend au centre de résistance et y demande une jeep pour rejoindre le P.C. de De Castries où l’ambiance est morose. Son premier contact avec le lieutenant-colonel Langlais est difficile, l’homme paraissant à cran (Bigeard, 1997, pp. 147-149).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au lieu d’être envoyé immédiatement en contre-attaque, il est temporairement incorporé à la défense centrale du camp retranché (comme l’avait été le 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. sur ordre de Langlais, son responsable, voir 14 mars). Dans la crainte d’une attaque de la position centrale et ayant dépensé toutes ses réserves, De Castries et Langlais estiment devoir colmater le dispositif. De Castries ne dispose donc pas d’effectifs suffisants pour mener des contre-attaques puissantes en vue de reprendre conjointement &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;. Cogny y renonce avec l’aval de Navarre (Navarre, 1979, p. 347). Bigeard et ses hommes rejoignent alors &#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039;. Il y rencontre le commandant Botella (5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N.) qui a rejoint la position la veille et confie à l’arrivant : « Bruno, tu vas voir, c’est un beau bordel. Tu auras du mal à changer tout cela. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bigeard, 1997, p. 149)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un troisième bataillon avait été demandé par De Castries mais n’est pas été accordé par Cogny qui entend se constituer une réserve de 3 bataillons de parachutistes à Hanoi après avoir fait revenir du Laos 2 autres bataillons. Dans la réponse du 17, De Castries doit se contenter des 2 bataillons qui ont été récemment largués (Rocolle, 1968, p. 381, note 100).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le député socialiste Christian Pineau, rapporteur à la commission des Finances de l’Assemblée nationale, évalue à 78,25 % la part américaine dans le financement global de la guerre&#039;&#039;&#039; (Ruscio, 1985, p. 210).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Hanoi qu’il a rejoint la veille à 21 h 15, le commissaire général Dejean envoie à Marc Jacquet (États associés) un long télégramme. Il y analyse les conséquences diplomatiques d’un succès ou d’une défaite à Dien Bien Phu. C’est plutôt la deuxième hypothèse qui est retenue et Dejean donne au gouvernement les éléments de langage (« revers », « échec […] tout relatif ») à produire pour atténuer ce qui est en train  de devenir de plus en plus probable au fil des jours : la reddition du camp retranché sera certes une défaite tactique mais une victoire stratégique puisque le Laos n’a pas été envahi par le VM et que ce dernier a subi des pertes considérables au cours des derniers combats (Rocolle, 1968, pp. 380-381). Il ajoute : « Nous savons de source sûre que l’intensification actuelle de la guerre – attaque de Dien Bien Phu et développement des opérations de grandes guérillas dans le nord et le sud du Vietnam – a pour but d’agir sur la conférence de Genève. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 452)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre demande d’accélérer les études sur les possibilités de provoquer des pluies artificielles sur la R.P. 41 en utilisant des produits condensateurs. Un projet (assez nébuleux…) qui avait été validé par le commandant en chef avant le déclenchement de la bataille (Rocolle, 1968, p. 411, note 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre, conscient du problème que posent les blessés à Dien Bien Phu (voir 24 mars) confronté aux différentes fins de non-recevoir du VM, reçoit le professeur Huard, président de la Croix Rouge internationale à Hanoi et doyen de la faculté de médecine. Connu pour ses idées généreuse et libérales, ce dernier est mal vu des ultras de la colonisation qui le soupçonnent d’entretenir des rapports avec ses anciens étudiants passés du côté du VM. Huard pense que Giap laissera partir les blessés s’il est sûr que les avions sanitaires ne transportent pas de ravitaillement pour le camp retranché. On convient de lancer sur les ondes un message en clair qui donnera cette assurance au VM. Les avions marqués d’une croix rouge atterriront à une heure convenue pour embarquer les blessés. Giap ne répondra jamais à ce message (Pouget, 2024, p. 316).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 – 17 mars 54 : Nuit calme. Largage de 2 antennes médicales parachutistes. L’une est installée sur la rive est de la Nam Youm et l’autre sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 305).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 54 : Altercation entre le commandant Bigeard et le lieutenant-colonel Langlais (les 2 hommes ne s’apprécient guère depuis leur première rencontre en France, cf. Bigeard, 1997, p. 102). Ce dernier a convoqué le commandant de la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; compagnie de Bigeard à son P.C. pour l’envoyer « en reconnaissance ». Bigeard, furieux, se rend à son tour chez Langlais. et lui déclare : « Mon colonel, vous n’avez pas d’ordre à donner directement à mes unités. Je tiens à commander mon bataillon. Le général Cogny m’a prévenu qu’ici rien n’est fait sérieusement et j’ai bien l’intention que cela change. » Les deux hommes en viennent presqu’aux mains puis se réconcilient au moyen d’une boutade. Leurs relations seront par la suite cordiales et même amicales (Bigeard, 1997, p. 149).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Perte d’une partie d’Anne-Marie 1 et 2.&#039;&#039;&#039; 2 compagnies du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon thaï, jugé comme un élément faible (Rocolle, 1968, pp. 330-331, note 209), contaminé par la propagande vm et démoralisé par la perte de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 319-320) puis de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 319-320), abandonnent sous un faible bombardement en début d’après-midi une partie d’&#039;&#039;Anne-Marie 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 315-316) située immédiatement au nord-ouest, aux abords même de la piste. &#039;&#039;Anne-Marie 3&#039;&#039; et &#039;&#039;4&#039;&#039; (tenus par le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon thaï devenu incertain) sont supprimées et rattachées au centre de résistance d’&#039;&#039;Huguette&#039;&#039; dont la mission est de couvrir seule la partie ouest du terrain d’aviation. Les tentatives de colmatage sur &#039;&#039;Anne-Marie 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; par le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. et le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. échouent. Avec la perte de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, &#039;&#039;&#039;la piste d’atterrissage du camp retranché est désormais sous le feu direct de l’artillerie et de la D.C.A. vm.&#039;&#039;&#039;  Ni Navarre ni Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin) ne se rendront sur place pour opérer un redressement de situation alors que la piste est encore partiellement utilisable. De Castries et son état-major, qui multiplient depuis le début les erreurs et constatent des défaillances, se retrouvent seuls.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le VM a atteint ses objectifs et peut commencer l’encerclement du centre du camp retranché par le nord au moyen d’un système de boyaux d’approche&#039;&#039;&#039; que l’aviation ne parvient pas à endiguer. Ses troupes devront cependant marquer une pause jusqu’au 30 au vu de leurs pertes et de l’état des stocks de munitions qui continuent à faire défaut (voir 21 mars). Les Français profitent de ce répit pour renforcer leurs positions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap est obligé de calmer le jeu face aux impatients éblouis par les premières victoires. Il déclare ce jour à ses cadres réunis pour fixer de nouveaux et patients objectifs : « Certains signes montrent que des camarades n’ont pas bien encore assimilés les principes directeurs préconisés. D’aucuns voudraient lancer une offensive rapide, attaquer simultanément plusieurs positions, voudraient négliger les préparations et escamoter la troisième phase. D’autres s’attachent à ne pas renforcer et préserver nos forces afin de pouvoir combattre de façon ininterrompue, ce qui se voit à leur lenteur à reprendre en main les effectifs, à les réorganiser après chaque combat, au gaspillage des munitions, au peu d’importance qu’ils attachent au ramassage du butin de guerre. » Il entend resserrer l’étau autour du camp retranché et n’attaquer « qu’un seul point d’appui à la fois, et si les circonstances sont favorables deux ou trois, mais toujours avec la certitude d’une victoire certaine [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 392-393)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier avion C 47 marqué de la Croix Rouge doit renoncer à évacuer les blessés de Dien Bien Phu de jour du fait du bombardement de la piste d’atterrissage. Un second avion parvient cependant à atterrir. Seuls 32 blessés parviennent à être hissés à bord en toute hâte. Les différents messages lancés au VM pour pouvoir poser des avions sanitaires resteront sans réponse. D’autres tentatives ultérieures échoueront également (Lemaire, 2000, p. 59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à un accord passé la veille, restitution par le VM de 86 soldats français blessés du 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. à 600 mètres au nord d’&#039;&#039;Anne-Marie&#039;&#039;. Peut-être un moyen d’engorger les services sanitaires du camp retranché puisque les évacuations par avions sont proscrites (Rocolle, 1968, p. 388).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny prévient Navarre du manque à prévoir de parachutes de grandes dimensions dont le stock sera épuisé le 20. La consommation journalière de petits parachutes sera par la suite en moyenne de 2 300 par jour grâce à un approvisionnement américain venu du Japon. A la fin de la bataille, il en aura été consommé 55 753 dont 820 de grande dimension (Rocolle, 1968, pp. 289-299).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Nicot, responsable de l’aviation de transport, demande à ce que les avions de ravitaillement puissent demeurer à une altitude comprise entre 1 500 et 2 800 mètres pour être à l’abri des tirs de mitrailleuses lourdes et de D.C.A. (Rocolle, 1968, p. 299).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 17 au 18 mars 54 : De Castries fait implanter de nouveaux points d’appui au nord et à l’est du noyau central du camp retranché. Par la suite, on corrige les défectuosités des ouvrages de campagne : création de tranchées pour relier les différents points d’appui, approfondissement et renforcement des ouvrages défensifs, minage. On fortifie le Mont Chauve (secteur de l’est, au sud d’&#039;&#039;Éliane&#039;&#039;) jusqu’alors inoccupé (Rocolle, 1968, pp. 399-400).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 - 19 mars 54 : A Dien Bien Phu, 8 tentatives sont faites de jour par les Dakota sanitaires pour évacuer les blessés. Seulement 2 y parviendront. On tentera désormais d’évacuer les blessés uniquement de nuit. Selon une note du reporter photographe J. Péraud présent sur place et transmise à Hanoi : «  […] Évacuation sanitaire du 17. Catastrophique sous tir V.M. Essai retenté le 18 à deux reprises, mais toujours sous tir V.M. bien que croix rouge apparente. Ambiance d’angoisse, de terreur même. Cris. Pleurs. Rush des blessés vers la porte. N’ai vu pareille chose depuis camps de concentration […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 387-388 ; Lemaire, 2000, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 54 : Apparition des premières tranchées d’approche au sud-est, devant &#039;&#039;Éliane&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 396). Une reconnaissance du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.M. découvre et rebouche une tranchée d’approche à 1 kilomètre au sud d’&#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Importants remaniements de certains points d’appui. Abandon d’&#039;&#039;Anne-Marie 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; situés trop au nord. &#039;&#039;Anne-Marie 3&#039;&#039; et &#039;&#039;4&#039;&#039; passent sous le commandement du commandant Clémençon (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.E.I.) qui sont renommées &#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; et &#039;&#039;7&#039;&#039;. Un piton entre &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; est occupé par un élément du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. et devient &#039;&#039;Dominique 6&#039;&#039;. Occupation d’un piton entre &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039;, il prend le nom  de &#039;&#039;Dominique 5.&#039;&#039; Création d’un nouveau point d’appui en arrière d’&#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; occupé par le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. et prend le nom de d’&#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039;  (Pouget, 2024, pp. 453-454).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un obus de 105 touche une tente de triage tuant 15 blessés et un infirmier. On décide de faire renforcer les abris de l’antenne chirurgicale (Lemaire, 2000, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commissaire général Dejean venu à Hanoi depuis le 15 au soir repart pour Saigon (Pouget, 2024, p 454).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message à 14 h 30 de Navarre au gouvernement : « […] Je fais avertir le commandement vietminh que tous les jours les avions sanitaires marqués de croix rouges viendront chercher les blessés à une heure dont il sera averti. Une première tentative de ce genre aura lieu dimanche [21 mars]. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p 454). Ce jour, un Dakota parvient à évacuer 23 blessés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 54 : Apparition des premières tranchées d’approche au sud-est d’&#039;&#039;Éliane&#039;&#039; et au nord-est de &#039;&#039;Dominique&#039;&#039;. Les Français les comble (Rocolle, 1968, p. 396 ; Pouget, 2024, p. 455). Parachutage de Pierre Schoendorffer, cinéaste aux armées (Pouget, 2024, p. 455).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la rencontre du 16 entre Navarre et le professeur Huard (voir 16 mars) et bien que n’ayant jamais reçu un feu vert du VM, les Français font une tentative d’évacuation des blessés du camp retranché. A 14 h 00, 3 Dakotas se présentent à la verticale et ne reçoivent aucun tir de D.C.A. Un premier avion se pose et se dirige vers les ambulances. Il est alors pris sous le feu des tirs d’artillerie. Le pilote redécolle aussitôt, porte ouverte, n’ayant pu embarquer que 2 blessés. 4 hélicoptères venus de Muong Saï en embarquent une douzaine sans être visés. Les évacuations par avions n’auront désormais plus lieu que nuitamment  (Pouget, 2024, pp. 316-317).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la veille d’une supposée offensive du VM, Cogny envoie un message d’encouragement au camp retranché. Ce dernier est mal accueilli. Navarre écrit à De Castries : « A la veille (ou l’avant-veille) peut-être de la grande nuit, je tiens à vous dire toute mon affectueuse confiance. Je vous connais assez pour être sûr que tout ce qui pouvait être fait l’a été et que vous gagnerez. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, pp. 455-456)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Ély, mandaté par le Conseil de guerre restreint du 11, arrive aux États-Unis. Il est reçu dans la soirée à Washington par l’amiral Radford pour un dîner où il rencontre le vice-président Nixon, Allan Dulles (directeur de la C.I.A.) et le général Ridgeway (chef d’état-major de l’armée de terre). Dans la nuit, Radford donne des ordres pour faire envoyer le matériel de parachutage réclamé par Navarre. Il est disposé à intervenir en Indochine et ne croit pas à une intervention chinoise  (Rocolle, 1968, p. 413 ; Pouget, 2024, p. 456).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 19 au 20 mars 54 : 5 Dakotas parviennent à se poser et à embarquer 132 blessés durant le jour et la nuit (Pouget, 2024, p. 456).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Survol de Dien Bien Phu par le lieutenant-colonel Feuvrier du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bureau de l’état-major à Saigon. Il est accompagné du général Gambiez, chef d’état-major de Navarre. Leur Dakota P.C. est touché par la D.C.A. (Pouget, 2024, p. 457).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 54 : Alors que la veille la route était encore dégagée, des unités du VM donnent l’ordre aux populations civiles des villages de la cuvette entre le centre du camp et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; d’évacuer leurs habitations en vue d’isoler le centre de résistance du sud (voir 22 mars) (Rocolle, 1968, p. 401).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;En pleine bataille de Dien Bien Phu, les socialistes refusent de voter les crédits de guerre&#039;&#039;&#039; alors qu’ils s’étaient simplement abstenus le 9 avril 1952 (Ruscio, 1992, p. 111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre) qui avait pourtant été très critique lors de la réunion du 10 février sur les chances du camp retranché écrit à Navarre : « […] Nous suivons ici, avec l’intérêt que vous pensez, les dramatiques événements de Dien Bien Phu. Je suis personnellement convaincu que la bataille se soldera par un succès défensif incontestable […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 339, note 235)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 - 26 mars 54 : &#039;&#039;&#039;Le général Ély (chef d’état-major des forces armées) arrive à Washington&#039;&#039;&#039; alors que la situation à Dien Bien Phu empire de jour en jour (voir 13, 14 et 17 mars). Il a rencontré avant son départ Laniel (président du Conseil) et Pleven (Défense) qui entendent faire preuve de « fermeté devant les événements. » Son intention première est d’informer les Américains qu’une « solution militaire du conflit en Indochine était possible dans des délais raisonnables, de leur montrer que la nécessité d’une solution politique s’appuyant sur une situation militaire favorable nécessitait le développement accéléré de l’armée vietnamienne […] » Mais la position ferme d’Ély évoluera au cours de sa visite du fait de la dégradation prononcée de la situation militaire à Dien Bien Phu. Il confie dans ses mémoires : « […] une solution militaire du conflit indochinois ne paraissait pas possible dans les conditions et à un prix raisonnable et […] il convenait de trouver une solution politique. » Dulles, peu favorable à cette solution depuis la conférence de Berlin (voir 25 janvier - 18 février) qui annonce celle de Genève, botte en touche (Ély, 1964, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les négociations s’avèrent être d’entrée difficiles car Ély et ses interlocuteurs américains abordent l’ensemble du contentieux franco-américain. L’amiral Radford (chef d’état-major) demande la participation du M.A.A.G. à l’instruction de l’armée des trois États. Allen Dulles (directeur de la C.I.A.) réclame une association étroite de son agence aux opérations secrètes menées par la France en Indochine. Ély accuse les États-Unis de vouloir se substituer aux Français en Indochine (Cesari, 2013, pp. 229-230).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il rencontre tous les jours Radford et occasionnellement Eisenhower, Nixon (vice-président), Foster Dulles (secrétaire d’État), Wilson (secrétaire d’État à la Défense), le général Ridgeway (chef d’état-major de l’armée de terre). Mais leurs points de vue sont divergents, tant sur l’association des Américains aux décisions stratégiques françaises que sur la question de l’entraînement des troupes vietnamiennes. &#039;&#039;&#039;Le 25, date de leur dernière rencontre, seul Radford demeure favorable à une intervention américaine et fait espérer à Ély un appui aérien massif (prémices de l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;) mais sa mise œuvre ne se fera si elle doit se faire qu’avec le consentement du gouvernement américain.&#039;&#039;&#039; Il est soutenu en cela par le vice-président Nixon. Mais ces propos ne demeureront que des paroles et ne figureront pas, même à l’état de projet, dans le procès-verbal écrit de la rencontre rédigé le lendemain (voir 26 mars). La discussion entre Ély et Radford prend parfois un ton franc. Le Français reproche à l’administration américaine d’être « paperassière, lourde, inquisitrice » et estime que les Américains sont devenus « envahissants ». De son côté, l’Américain reproche aux Français leurs « lenteurs », leurs « réticences » et leur « indécision » (Ély, 1964, pp. 73-74). Des désaccords sont également évoqués au sujet de la formation de l’armée s-v : les Français sont opposés à toute intervention américaine qui remettrait en cause l’autorité de Navarre et empièterait sur leurs prérogatives en Indochine. &#039;&#039;&#039;Mais Ély s’illusionne et mesure mal le double obstacle que constituent le Congrès et Eisenhower, quoiqu’en dise Radford qui s’illusionne également sur ce point. Le Quai d’Orsay s’aveugle tout autant. Bidault (Affaires étrangères) ne veut toujours pas d’une internationalisation du conflit mais sans l’avoir dit clairement à Ély avant son départ&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, p. 248-249 ; Ély, 1964, p. 59-78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 – 28 mars 54 : 18 avions cherchent à se poser sur la piste dont la surface a été réduite par les tirs d’artillerie. 13 réussissent. Le dernier est celui dans lequel se trouve Geneviève De Galard. Il ne peut repartir à cause d’une panne et sera détruit le 28 (Rocolle, 1968, p. 389).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mars 54 : Poursuite des travaux d’approche vers les &#039;&#039;Éliane&#039;&#039;, &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; et &#039;&#039;Huguette&#039;&#039;. Le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. est durement accroché à 500 m à l’est de &#039;&#039;Dominique 6&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 évacuations sanitaires par hélicoptère. Jusqu’à cette date 165 blessés ont été évacués. Il en reste 105 à l’hôpital du camp retranché (Pouget, 2024, p. 457).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre s’entretient à Hanoi avec le colonel Voinot qui doit prendre en charge l’artillerie à Dien Bien Phu. Il est le successeur désigné du lieutenant-colonel Piroth qui a mis fin à ses jours (voir nuit du 14 au 15 mars) (Pouget, 2024, p. 458).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée au maréchal Juin, Navarre fait état d’informations obtenues par son 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bureau : « Les Chinois leur ont livré une très grande quantité [d’obus] il y a quelques jours à la frontière : de quoi doubler ou presque les approvisionnements. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 393, note 5) Il précise à son interlocuteur : « Toujours est-il que l’attaque générale est possible toutes les nuits. Mais il n’est pas impossible non plus que le V.M. la retarde indéfiniment et que la lutte se transforme en une sorte de guerre de siège. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 408, note 58)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Washington, Foster Dulles reçoit Ély et lui précise « que l’intervention américaine ne pourrait se situer que dans l’hypothèse d’une action aérienne chinoise en Indochine ». L’apparition dans le ciel d’avions inconnus peut entraîner une riposte américaine. Le 7&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Flotte américaine se rapproche des côtes indochinoises (Pouget, 2024, p. 458).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 21 au 22 mars 54 : Le VM opère la liaison entre les tranchées de l’est et de l’ouest entre le centre du camp retranché et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; au niveau du village de Ban Kho Laï (Pouget, 2024, p. 320).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Repli des éléments français qui tenaient &#039;&#039;Dominique 6&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 458). Le point d’appui sera cependant réoccupé le 24 par un élément du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mars 54 : Une reconnaissance du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. constate que les hauteurs d’&#039;&#039;Anne-Marie 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; sont tenues par le VM. De là, il peut tirer à vue directe sur &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 459).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liaison entre le centre du camp retranché et son point d’appui sud devient de plus en plus problématique (voir 20 mars). Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. avec l’appui de chars et de l’artillerie anéantit deux compagnies vietminh qui bloquaient la route par 2 tranchées entre le centre du camp et &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; au niveau du village de Ban Kho Laï. Après un violent combat qui a lieu jusque vers 16 h 00, les 2 unités vm sont anéanties (175 tués et seulement 9 prisonniers). Côté français, on déplore 15 tués et 72 blessés (dont le fils du général Gambiez) (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 321-322 ; Rocolle, 1968, pp. 401-402 ; Pouget, 2024, p. 459). Mais début avril le point d’appui &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; sera isolé et devra mener les combats de manière autonome.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, le général Gambiez rencontre Navarre et lui demande de ne pas évacuer son fils qui vient d’être blessé dans l’attaque visant à débloquer &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. Navarre refuse et télégraphie à De Castries : « Le sous-lieutenant Gambiez sera évacué à son tour. » (voir 23 mars) (Pouget, 2024, pp. 459-460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Haïphong de 20 tonnes de parachutes américains et matériels divers qui faisaient cruellement défaut jusqu’alors (Pouget, 2024, p. 460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le sud-ouest du Delta, le VM poursuit ses attaques de diversion et de harcèlement qui obsèdent Cogny et l’incitent à redemander sans cesse des renforts à Navarre (voir 29 mars). Une embuscade détruit 31 véhicules militaires et 10 camions civils (Rocolle, 1968, p. 409).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 22 au 23 mars 54 : Un Dakota se pose sous le feu de l’artillerie et parvient à évacuer 21 blessés (Pouget, 2024, p. 459).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 54 : Les C-119 américains de Chennault effectuent leurs premiers bombardements au napalm (Pouget, 2024, p. 460).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Castries envoie à Cogny un rapport rédigé de la veille. Il manifeste ses craintes face à l’encerclement en cours : « Il ne faut pas exclure l’hypothèse où il [le VM] se contenterait de nous asphyxier complètement sans mener une attaque générale. » Il évoque ensuite la situation des blessés (leur multiplication) et ses pertes journalières : « Mes moyens et mes possibilités sont à peu de choses près les mêmes qu’au 18 mars, après achèvement de la première phase de la bataille, mais je crains qu’ils ne s’amenuisent, sans qu’en contrepartie la détermination de l’adversaire soit elle-même entamée […] A moins d’un fait nouveau, dont je ne puis préciser ni la nature, ni la forme, j’estime que cette situation ne peut aller qu’en se détériorant […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 400-401).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le dernier hélicoptère qui évacuait les blessés est détruit sur &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039; en voulant trop s’approcher de l’antenne chirurgicale alors que des zones d’atterrissage avaient été prévues ailleurs. L’appareil est pris par des tirs d’artillerie. Était à bord le fils du général Gambiez qui finira ses jours carbonisé dans l’appareil (Navarre, 1956, p. 224 ; Lemaire, 2000, p. 60 ; Rocolle, 1968, pp. 389-390 ; Pouget, 2024, p. 461). Cette destruction marque la fin des évacuations diurnes  par hélicoptères qui avaient réussi jusqu’alors à emporter une centaine de blessés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, le colonel Sauvagnac (commandant l’état-major des troupes aéroportées) se penche à nouveau sur un projet qui s’apparente à celui de l’opération &#039;&#039;Xénophon&#039;&#039; en vue d’une intervention aéroportée risquée et hasardeuse visant à libérer le camp retranché par le sud (voir 31 décembre 1953). La situation ne nécessitant pas pour l’instant ce type d’intervention, cette étude sera revue et corrigée le 29 (Rocolle, 1968, p. 410).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, arrivée de Paris du colonel Buffin. Navarre demande au gouvernement l’autorisation d’adresser à Giap une demande concernant l’évacuation des blessés « conformément aux lois de la guerre généralement admises ». Il propose de faire contrôler ces évacuations « par un délégué de la Croix-Rouge internationale agréé par les deux parties. » (Pouget, 2024, p. 461)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le secrétaire d’État Dulles transmet un mémorandum à Eisenhower, faisant suite à une rencontre avec Ély lors de son voyage aux U.S.A., Il y écrit : « […] J’ai toutefois jugé opportun de rappeler à nos amis français que si les États-Unis  déléguaient leur pavillon et leurs propres forces armées – dans la guerre d’Indochine, alors le prestige des États-Unis serait engagé à un point où il nous faudrait obtenir la victoire. Nous ne pouvions pas nous permettre de mettre en jeu le prestige des États-Unis et de subir une défaite qui aurait des répercussions mondiales […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 445, note 163)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, lors d’un Haut conseil de l’Union française, Bidault (Affaires étrangères) déclare qu’aucune décision ne sera arrêtée par la France en Indochine sans l’accord formel des États associés (Elgey, 2018, p. 768).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 54 : L’élément de protection de la piste d’atterrissage (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.E.I.) au nord est accroché. A l’ouest, le commandant d’&#039;&#039;Huguette 6&#039;&#039; découvre une tranchée vm à 50 m de ses barbelés. Il lui faut effectuer une sortie pour combler ce boyau d’approche. Apparition également des premières tranchées d’approche devant &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; (Rocolle, 1968, p. 396). Les Français peinent à contrer cet encerclement progressif du camp par l’est et l’ouest malgré des opérations locales décevantes menées les 24, 25 et 27 mars pour tenter de détruire les boyaux d’approche. D’autre part, les tirs d’artillerie et l’intervention de l’aviation s’avèrent être assez inefficaces pour contrer leur progression qui, elle, s’accomplit chaque nuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un Dakota parvient à se poser mais il est pris à partie par l’artillerie. Le pilote et le mécanicien sont blessés. Un seul blessé est emporté. Le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. remet en place un élément sur &#039;&#039;Dominique 6&#039;&#039;. Le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. est accroché pour rejoindre &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. Un char est détruit. Bombardement massif au napalm des positions supposées d’artillerie par les C-119 du général Chennault (Pouget, 2024, p. 462).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny envoie à De Castries une directive où se trouvent énumérées les motifs d’espérer une issue favorable à la bataille et lui prescrit des procédés tactiques pour résister à l’ennemi (Rocolle, 1968, p. 408).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Castries informe Navarre par une longue lettre. Il constate que les tranchées d’approche du VM ont peu progressé à l’est et au nord-est mais qu’il n’en est pas de même à l’ouest. Les prisonniers et les habitants des villages évoquent une attaque générale pour la fin du mois. Il précise : « De notre côté : mes unités sont d’inégale valeur, c’est le défaut de mon groupement formé de bric-à-brac. » Il constate une certaine remontée du moral tout en constatant : « Mais – j’en arrive au gros point noir – il va redégringoler rapidement s’il n’est pas trouvé rapidement un procédé d’évacuation des blessés. Chaque jour nous coûte une dizaine de tués et une quarantaine de blessés. » Il évoque le remplacement de Keller (chef d’état-major du G.O.N.O.) : « Keller avait flotté mais s’était bien repris. Il n’a pas démérité, je le précise, l’épreuve était sévère. » Il sera remplacé par le lieutenant-colonel Ducruix (Pouget, 2024, pp. 462-463). Au final, le lieutenant-colonel Keller parvient à monter à bord d’un avion pour rejoindre Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Washington, Eisenhower déclare au matin à Dulles qu’il « n’exclut pas complètement la possibilité d’une frappe unique, à condition d’avoir la quasi-certitude qu’elle aurait des résultats décisifs. » Mais dès le lendemain, au cours d’un C.N.S., il annonce son intention d’avoir l’aval du Congrès avant de décider d’un engagement américain en Indochine pour ne pas retomber comme en 1950 dans le travers de la Corée (Cesari, 2013, p. 231-232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 24 au 25 mars 54 : Assez grande activité du VM durant la nuit : « Toutes nos sonnettes au nord et au nord-est ont été touchées. » A 2 h 00, sabotage à l’explosif du centre de la piste d’atterrissage qui est réparée par le Génie. A l’aube, un Dakota parvient à se poser et enlever 21 blessés (Pouget, 2024, p. 464).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 54 : A Dien Bien Phu, arrivée d’Hanoi du capitaine Bizard qui rejoint le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. sur &#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039;. « Il trouve le colonel Langlais nerveux, le commandant Botella furieux contre Hanoi. Il estime que la position est défendable et que la partie n’est pas perdue. Le moral est plutôt bon. » (Pouget, 2024, p. 464).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, arrivée à 15 h 30 de Navarre qui dîne chez le gouverneur du N-V avec Bao Daï (Pouget, 2024, p. 465).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, Protestation du gouvernement français dans un message adressé à la Croix-Rouge contre les attaques touchant les avions et hélicoptères sanitaires (Pouget, 2024, p. 465).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; dénonce un asservissement national français face aux Américains : « Que la France soit affaiblie, épuisée, sans défense devant les ambitions de l’impérialisme américain et aux pieds même de son allié numéro un en Europe, l’impérialisme allemand renaissant, voilà un objectif – et ceux qui ne pensent pas comme nous peuvent dire au moins une conséquence – guerre d’Indochine […] La France gêne. Parce que son peuple n’est pas mûr […] pour accepter la guerre antisoviétique, le réarmement revanchard allemand, la soumission nationale. Et la guerre d’Indochine est aussi un des moyens de se débarrasser de la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 359-360)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours d’un C.N.S., le secrétaire d’État Dulles déclare : « Nous assistons à l’effondrement ou à la dissolution de la France comme grande puissance dans la majorité des parties du monde, en particulier dans les régions colonisées. » Dulles se demande : « Comment combler  ce vide ? » Et d’y répondre : « On doit s’atteler à cette tâche. La décision à ce sujet est l’une des plus importante que les États-Unis aient jamais prises depuis longtemps [...] Nous devons élaborer une politique proprement américaine si la France s’effondre. Nous pourrions perdre l’Europe, l’Asie et l’Afrique tout d’un coup si nous ne faisions pas   attention. » Et d’observer que « la grande question [qui] se pose [est] de savoir qui doit remplir le vide laissé par l’écroulement de la puissance française. Les communistes ou les États-Unis ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; David, 2007, p. 11)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 25 au 26 mars 54 : « Vive activité du Vietminh au cours de la nuit. Les sonnettes du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. sur &#039;&#039;Dominique 6&#039;&#039; et du 1/2 R.T.M. sur le Mont Chauve, ont dû se replier. Ces positions sont réoccupées au matin. Un Dakota réussit à se poser et à enlever 6 blessés. » (Pouget, 2024, p. 465).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mars 54 : A Dien Bien Phu, dès 6 h 00, Bigeard, qui a pris la tête des 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (commandants Bigeard et Tourret) et du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de la Légion étrangère (commandant Guiraud, en réserve), attaque à l’ouest les positions où le VM a installé sa D.C.A. (secteur Ban Pan, Bong Ong Pet) avec environ 2 000 hommes. Ces postions sont défendues par des éléments de la division 308 et des unités chargées de défendre les canons et mitrailleuses antiaériens. L’opération, montée la veille et la nuit en toute hâte, dispose de gros moyens : puissant appui de l’artillerie, chars (venant à la rescousse d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;) et aviation à partir de 9 h 00. Les violents combats se poursuivront jusqu’à 15 h 00, heure à laquelle les Français décrochent. Pour une fois, l’opération réussit : 5 canons de 20 mm et 12 mitrailleuses lourdes de 12,7 mm sont détruits. Les pertes françaises sont de 25 tués et 70 blessés. Celles du VM sont de 350 tués et une cinquantaine de blessés (Rocolle, 1968, pp. 402-404 ; Bigeard, 1997, pp. 154-159). Cette opération qui remonte le moral de la base aéroterrestre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Intervention du dernier avion pour l’évacuation des blessés sur la piste de Dien Bien Phu (Navarre, 1956, p. 224). La piste est désormais totalement impraticable dans le sens des départs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, Les officiers sortant de l’École de cadres prêtent serment de fidélité à Bao Daï. Ce dernier quitte la ville à 14 h 30 (Pouget, 2024, p. 465).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Navarre à Ély. Après avoir constaté la piètre tenue « des bataillons T.D.K.Q. [&#039;&#039;Trung Doan Kuin Quan&#039;&#039;] lorsqu’ils ne sont pas chez eux », il ajoute : « Il est certain que, si sceptique que j’ai été quand M. Pleven me demandait mon avis sur les possibilités des Vietnamiens de nous relever dans un délai rapide, je surévaluais encore ces possibilités. Ils sont incapables de faire quoi que ce soit avant plusieurs années […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 412, note 72). L’un des volets importants du « plan Navarre » prend donc l’eau…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre écrit à De Castries qui est étonné que, depuis le 23 mars, aucun hélicoptère sanitaire ne se soit posé : « Je comprends votre inquiétude […] Je vais tout faire […] Mais il ne faut pas se dissimuler que c’est très difficile […] Il n’est pas certain non plus que le haut-commandement VM, auquel j’ai demandé l’autorisation de m’adresser, accepte un accord sur les évacuations. Je sais que c’est très dur, mais c’est une chose qu’il faut regarder en face. Cela ne soit pas conduire ni éveiller dans leur esprit l’idée de rendre la place. Keller [ancien chef d’état-major du G.O.N.O. rentré à Hanoi] me dit que certains (des aumôniers notamment) envisagent cette chose. Il faut couper court à de telles pensées, au besoin en étant très dur. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 466)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 18 h 30, Jacquet télégraphie à Navarre : « Avec l’autorisation expresse du président du Conseil, je vous autorise à lancer ce message [à Giap au sujet de l’évacuation des blessés, voir 18 mars). » (Pouget, 2024, p. 466)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Washington, un procès-verbal est signé entre Radford et Ély à l’issue de la venue de ce dernier aux U.S.A. Il ne révèle aucun engagement américain précis, n’évoquant même pas la situation à Dien Bien Phu. Tout se focalise pour les Américains sur une éventuelle intervention chinoise. S’ils n’interviennent pas directement, les Américains ne bougeront pas. La poursuite de malentendus entre les deux hommes continue (De Folin, 1993, p. 249). Déçu, Ély ne mentionnera d’ailleurs ce procès-verbal que d’une phrase laconique dans ses mémoires (Ély, 1964, p. 77). Retour d’Ély à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui n’empêche pas le secrétaire d’État Dulles d’affirmer ce même jour que l’occupation d’une partie de la péninsule indochinoise par le VM « nécessiterait une action concertée, quels qu’en soit les risques ». (Valette, 1994, p. 293) L’amorce d’une (sincère ?) quête américaine de potentiels alliés pour intervenir militairement aux côtés des Français qui n’aboutira jamais au vu de ce qui s’est passé en Corée avec l’intervention des Chinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 26 au 27 mars 54 : 2 Dakota parviennent à évacuer 29 blessés (Pouget, 2024, p. 467).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 54 : Un tout dernier avion se pose de jour sur la piste principale de Dien Bien Phu. Il ne repart pas et est détruit par les tirs de 105 (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 144). Un hélicoptère qui tente d’évacuer les blessés de Dien Bien Phu nuitamment s’écrase tuant ses 5 occupants. Désormais plus aucun blessé ne sortira du camp retranché (Lemaire, 2000, p. 60). Bidault (Affaires étrangères) informe le C.I.C.R. de cette situation et Navarre, avec l’autorisation de Laniel (voir 26 mars), lance un appel par radio à Giap demandant à ce que les hélicoptères et les avions sanitaires soient épargnés. Il propose qu’un contrôle puisse être effectué par une personnalité neutre admise par les 2 parties. Il n’obtiendra là encore aucune réponse (Rocolle, 1968, p. 450 ; Pouget, 2024, p. 317). En fait Giap est prêt à restituer sur place des blessés au camp retranché sachant que ceux-ci l’affaiblissent encore un peu plus mais il demeurera jusqu’au bout totalement intransigeant sur les évacuations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les généraux d’aviation Bodet et Lauzin accompagnent Navarre à la base aérienne de Cat Bi à Haïphong pour une inspection. Un violent échange se produit entre le lieutenant-colonel Brunet du G.A.T.A.C. Nord et le lieutenant de vaisseau Le Breton qui commande la flottille de &#039;&#039;Privateers&#039;&#039; de l’aéronavale : les équipages de la Marine ont volé en mars en moyenne entre 90 et 100 heures par mois là où les équipages de l’Armée de l’Air n’ont volé que 30 heures (Pouget, 2024, p 467). Les témoignages de combattants de Dien Bien Phu confirmeront le manque d’implication du G.A.T.A.C. Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély, de retour des U.S.A., se rend à Matignon et y rencontre Bidault (Affaires étrangères) et quelques autres ministres. On discute de la potentielle opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; qui constituerait une véritable intervention américaine dans le conflit indochinois. Tous conviennent que la menace d’intervention chinoise est faible. Celle des Américains l’est donc tout autant. On décide d’envoyer le colonel Brohon (adjoint d’Ély) en Indochine pour évoquer cette question avec Navarre (voir 4 avril) (Ély, 1964, p. 85). Selon les mémoires du président du Conseil (qui commet une erreur de chronologie en mentionnant cette rencontre le 4 avril), Ély lui confie : « Mon impression bien nette est que l’intervention des avions lourds américains peut être obtenue si le gouvernement français le lui demande pour un bombardement qui permettrait d’écraser, par un tir sur zone, le terrain formant l’anneau d’investissement de Dien Bien Phu, où se trouve actuellement concentrée la plus grande partie des forces du Vietminh en personnel et matériel. » (Laniel, 1957, pp. 83-84) Affirmation très optimiste qui sera d’ailleurs minimisée dans les mémoires du général (Ély, 1964, pp. 82-83).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap convoque ses cadres en vue de fixer les objectifs de la deuxième attaque du camp retranché : « […] Anéantir la totalité du secteur Est, occuper la totalité des hauteurs de l’Est, les transformer en positions d’attaque, d’où nous pourrons menacer le secteur de Muong Thanh [&#039;&#039;Claudine&#039;&#039; et &#039;&#039;Huguette&#039;&#039;, à l’ouest] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 399) Selon le commandant en chef des forces du VM, l’attaque de la partie Est du camp retranché doit être pensée « […] autrement que les attaques antérieures contre des positions fortifiées. Elle suppose le déclanchement d’une offensive simultanée contre tous les points d’appui de l’écran défensif de l’Est, d’une offensive indirecte contre la position centrale. L’artillerie doit être répartie sur plusieurs objectifs et ne peut être concentrée sur un seul comme dans le cas de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, où nos effectifs étaient aussi d’une supériorité écrasante par rapport à ceux de l’ennemi. D’autre part, &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; une fois conquis, le garder n’est pas aussi facile que pour des positions isolées, car les autres points d’appui du système défensif Est peuvent le pilonner pour anéantir l’assaillant et tenter de le reprendre […] »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Giap, ce que les Français appelleront « la bataille des cinq collines » (comportant &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039;, &#039;&#039;Éliane 1, 2&#039;&#039; et &#039;&#039;4&#039;&#039;) doit donc être envisagée comme une bataille longue, difficile, nocturne mais aussi diurne (donc avec appui de l’aviation), assurément plus complexe à mettre en œuvre que les attaques rapides et nocturnes qui avaient permis la conquête des précédentes collines. 5 régiments doivent être engagés dans cette seconde offensive : la division 312 attaquera les 3 points d’appui de &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; avec 2 régiments (141&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 209&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;) ; la division 316 prendra en charge &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; avec 2 régiments (98&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 174&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;) ; 1 régiment est prévu en renfort (le 102&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; de la 308&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division) pour prendre &#039;&#039;Dominique 5&#039;&#039; et &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;. L’attaque est fixée au 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; est tenu au nord par le 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. et au sud, &#039;&#039;Éliane&#039;&#039;, par 1 bataillon du 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.M. Ces 2 bataillons peuvent être considérés comme peu fiables, incomplets en effectif et mal encadrés par des officiers qui ne connaissent pas la psychologie des tirailleurs. Les 2 bataillons de tirailleurs ont assisté aux pertes successives de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;. Le dispositif défensif (voir 30 mars) a été cependant remanié grâce aux renforts des 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. et 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. qui ont été placés près de la Nam Youn pour contre-attaquer si nécessaire (Rocolle, 1968, pp. 416-418).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap, conscient du nombre important de blessés occasionnés par les prises de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;, convoque le professeur Thon That Tung, directeur de l’école de médecine du VM, pour en faire son conseiller médical. Ce dernier arrive dans les 3 jours et se rend immédiatement dans les formations sanitaires proches du champ de bataille, installées à l’est du camp retranché où travaillent 6 médecins qui doivent gérer 700 blessés (Rocolle, 1968, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mars 54 : A Dien Bien Phu, Bigeard (6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C.) et deux autres bataillons de parachutistes (8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Choc et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P.) détruisent des positions de D.C.A. à l’ouest du camp (secteur de Bang Ong Pet et Ban Nam Bo) situées en terrain plat. Les combats ont dû être menés au corps à corps. Plus de 400 soldats n-v périssent et 20 prisonniers sont faits. Les pertes françaises s’élèvent à 20 tués et 85 blessés (Pouget, 2024, p. 468) Une relative et éphémère confiance renaît à nouveau côté français. Elle ne sera que de courte durée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débarquement à Dien Bien Phu de Geneviève De Galard au moyen d’un avion sanitaire qui, en partie endommagé, ne pourra repartir (Lemaire, 2000, p. 67, note 30). Selon Pouget, « à     5 h 45, le commandant Blanchet pose son Dakota sur la piste. En virant au sol, il s’empêtre dans les barbelés et l’appareil est immobilisé. L’I.P.S.A. de service s’appelle Geneviève De Galard ; elle rejoint le médecin commandant Gauwin à l’infirmerie. » L’avion qui a pu être réparé qu’en utilisant un leurre avec un autre avion fracassé sera quand même à nouveau endommagé en fin d’après-midi et ne pourra repartir (Pouget, 2024, pp. 468-469).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Hanoi, après réception de l’autorisation gouvernementale, Navarre transmet à Giap le message  concernant l’évacuation des blessés. Navarre quitte ensuite Hanoi pour Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un fonds commun de 5 millions de dollars, financé par l’U.R.S.S. et les démocraties populaires, est mis à la disposition de la R.D.V.N. (Fall, 1960, p. 119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 28 au 29 mars 54 : 2 Dakota sont obligés de rebrousser chemin du fait des conditions météorologiques (Pouget, 2024, p. 469).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mars 54 : Poursuite des travaux d’approche du VM autour d’&#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; à l’ouest, &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039;, &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; à l’est. Les villages de Ban Keo et Ban Long Ton ont été évacués au nord-ouest d’&#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039;. Le Mont Chauve est abandonné la nuit et réoccupé le jour. Le sous-secteur nord a disparu avec la perte totale ou partielle de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; et &#039;&#039;Anne-Marie&#039;&#039;. Langlais ne commande plus que le sous-secteur du centre. A l’est, &#039;&#039;Éliane&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique&#039;&#039; sont occupés par le 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A., le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.M. et le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon thaï, soutenus par le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. (Botella) et le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (Bigeard) (Pouget, 2024, p. 469).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Signe de dégradation des relations entre les 2 hommes (voir nuit du 30 au 31 mars), Navarre répond à Cogny qui ne cesse de lui demander des renforts pour le Delta : « Je ne puis vous répéter ce que je vous ai dit à maintes reprises : nous sommes engagés dans une bataille générale dans laquelle j’ai le devoir absolu de répartir mes forces entre mes grands subordonnés en fonction de la mission que je leur ai donné et dont je suis le seul juge […] » Il reproche à son interlocuteur l’insuffisance de la préparation de la défense de Dien Bien Phu puis conclut son courrier d’un ton péremptoire : « Je vous demande en conclusion de bien vouloir vous rappeler :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         D’une part que, faisant partie d’une équipe, vous devez avoir constamment à l’esprit – et imposer à vos collaborateurs d’avoir à l’esprit – que votre rôle et le leur s’intègrent dans un tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         D’autre part, que votre commandement et, par voie de conséquence, la zone d’activité de vos collaborateurs s’étend à tout le Tonkin et que le delta peut dans certaines circonstances perdre momentanément la première place dans les préoccupations. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 409)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir écarté son projet de 23, le colonel Sauvagnac (commandant de l’état-major des troupes aéroportées) fournit une nouvelle étude visant à porter aide au camp retranché en cas de nécessité urgente. Cette opération aéroportée viserait le col des Méo sur la R.P. 41 en vue de couper l’axe d’approvisionnement du VM vers Dien Bien Phu. Si l’opération réussissait, les troupes se dirigeraient ensuite sur la base logistique de Tuan Giao qui jusqu’alors n’a été et n’est guère atteinte par les bombardements aériens insuffisants et dispersés (Rocolle, 1968, p. 410) Ce projet pourtant judicieux demeurera dans les cartons, faute de moyens…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï qui n’entend pas lâcher le pouvoir crée un cabinet de guerre restreint avec certains membres du gouvernement et le général Nguyen Van Hin, chef d’état-major de l’armée nationale. Son intention est de lutter contre le communisme mais aussi d’adopter une certaine forme d’hostilité à l’égard des négociations de paix en vue à Genève (Gras, 1979, pp. 542-543). Les Vietnamiens n’ont d’ailleurs été que tardivement informés par les Français de l’existence de cette conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Foster Dulles dénonce dans un discours à l’&#039;&#039;Oversas Press Club&#039;&#039; à New-York l’action directe chinoise dans la bataille de Dien Bien Phu (présence d’un général et d’officiers chinois au Q.G. vietminh). Cette intervention vise sans doute à préparer l’opinion publique américaine à l’annonce d’une éventuelle intervention de l’aviation des U.S.A. à Dien Bien Phu : « Dans le cas d’une occupation militaire de l’Indochine, en partie ou totalement, par le Vietminh, la menace pour l’ensemble du monde libre serait si grande qu’elle nécessiterait une action concertée quels qu’en soient les risques. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 294). Selon Ély, les Français déploreront cette annonce car ils veulent ménager la diplomatie chinoise en vue de la conférence de Genève  (voir 5 avril) (Ély, 1964, pp. 86-88). Il est question dans ce discours d’une « action commune dans l’Asie du Sud-Est » qui devrait comprendre la France, les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Australie, la Nouvelle Zélande, la Thaïlande et les Philipines mais qui demeurera, dans les faits, un simple vœu pieu (Chauvel, 1973, p. 44 ; extrait de ce discours cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 413-414). L’Inde, jusqu’alors réservée, perçoit très mal ce discours qui, pour Nehru, est synonyme de guerre mondiale en Asie dans laquelle le pays serait forcément impliqué. Dès lors, il usera de toute son influence auprès des Britanniques pour contrer la politique asiatique de Foster Dulles (Elgey, 2018, p. 756).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion du Comité de guerre restreint en présence de Laniel (président du Conseil), Reynaud (vice-président du Conseil), Bidault (Affaires étrangères), Pleven (Défense), De Chevigné (secrétaire d’État à la Défense), Jacquet (États associés), Gavini et Christiaens. Côté militaire sont présents les généraux Ély (chef d’état-major des forces armées, de retour des U.S.A.), Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre), Fay (chef d’état-major de l’Armée de l’Air), Crépin et l’amiral Nomy. On discute des aspects stratégiques et diplomatiques de ce que potentiellement peut devenir l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039;, avec cette fois une implication directe des U.S.A. dans le conflit indochinois par le biais de raids d’aviation massifs autour de Dien Bien Phu. On écarte le risque d’une riposte chinoise qui paraît peu probable. Ecore faut-il en informer Navarre. On décide de missionner auprès de lui le colonel d’aviation Brohon qui avait accompagné Ély aux États-Unis (Devillers, Lacouture, 1969, pp. 88-89). Selon Elgey, pour éviter les habituelles fuites, aucun compte rendu n’est produit et aucune prise de notes n’est autorisée durant ce Comité qui se déroule dans une ambiance particulièrement lourde. Il en sera de même pour les suivants qui se tiendront les 2, 4 et 6 avril (Elgey, 2018, p. 737).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 mars 54 : Quelques heures avant la seconde attaque du VM, le lieutenant-colonel Langlais inspecte les positions françaises. Selon Rocolle, alors que les mémoires de Langlais demeurent chronologiquement vagues sur ce point, cette inspection a lieu le 30. L’officier supérieur constate la fragilité de la défense de certains points d’appui et tente d’y remédier au mieux. Sur &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039;, occupé par une simple compagnie de tirailleurs, Langlais le renforce par une compagnie du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. Il constate que &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039; est défendu par des effectifs suffisants mais peu fiables du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. A l’est, entre &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039; et &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;, il observe qu’il existe un intervalle de plusieurs centaines de mètres occupé par une seule compagnie thaïe peu fiable. La situation est plus rassurante sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Plus généralement, après les défections qui se sont produites sur &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (voir nuit du 14 au 15 mars), se pose au commandement du camp retranché un problème de confiance et de cohésion au niveau des troupes coloniales quant à leur capacité à affronter le second choc qui s’annonce. L’intervention de Langlais est tardive, le jeu des relèves ne sera pas totalement accompli au moment du déclenchement de la préparation d’artillerie (Rocolle, 1968, pp. 418-420).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Lancement de la deuxième vague d’assaut contre Dien Bien Phu à 17 h 30&#039;&#039;&#039; (cartes &#039;&#039;in&#039;&#039; Tertrais, 2004, p. 28 ; Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. XXV) &#039;&#039;&#039;communément dénommée « bataille des cinq collines »&#039;&#039;&#039;. Giap, épaulé par le général chinois Ly Cheng Hou, prend lui-même les opérations en main et supplantera désormais Hoang Van Thaï dans la conduite de la bataille. Il engage ses meilleures divisions, la 308 et la 316 à l’est, la 312 à l’ouest. Les 5 points d’appui défendant le centre du camp sont visés tant à l’est (&#039;&#039;Dominique&#039;&#039;, &#039;&#039;Éliane&#039;&#039;, &#039;&#039;Mont Chauve&#039;&#039;) qu’à l’ouest (&#039;&#039;Huguette&#039;&#039;). Le rapport de force est inégal : 12 000 assaillants contre seulement 2 000 défenseurs sur &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039;, &#039;&#039;Éliane 1, 2&#039;&#039; et &#039;&#039;4&#039;&#039; et &#039;&#039;Huguette&#039;&#039; à l’ouest. Les combats sur &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; vont être les plus acharnés. Ils dureront 107 heures : le 174&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment (division 316) est décimé et sera relevé par le 102&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;  régiment (division 308) au soir du 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières pluies de la mousson font leur apparition sur la zone de combat. Elles compliquent la tâche des Français mais également celle des Vietnamiens pour approvisionner le champ de bataille et aménager leurs réseaux de tranchées d’approche. Du fait des conditions météorologiques, l’aviation ne peut intervenir dans l’immédiat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre quitte Saigon pour rejoindre Hanoi du fait des récents événements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ de Paris du colonel d’aviation Brohon pour Saigon où il doit rencontrer Navarre pour échanger avec lui l’éventualité sur l’opération &#039;&#039;Vautour&#039;&#039; évoquée lors du conseil de guerre restreint du 29 mars (Rocolle, 1968, p. 415).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En métropole, &#039;&#039;France-Soir&#039;&#039; parle de la « foudroyante contre-attaque française à Dien Bien Phu » qui n’existe que dans l’imagination de son envoyé spécial, Max-Olivier Lecamp.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 30 au 31 mars 54 : Sur &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039;, sous la violence des tirs d’artillerie, le 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.A. abandonnent les points d’appui et se rendent. &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039; et &#039;&#039;5&#039;&#039; sont conquis en une heure et demie. &#039;&#039;Dominique 3&#039;&#039; tient dans un premier temps car son artillerie qui avait reçu un ordre de repli le refuse et produit un tir direct sur les assaillants. Contrairement aux premiers assauts sur &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;, De Castries donne l’ordre de contre-attaquer immédiatement. &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; est rapidement conquis mais une contre-attaque du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. stoppe la progression du 174&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de la 308. Le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. de Bigeard contre-attaque sur &#039;&#039;Éliane 4&#039;&#039; qui est repris au matin. Le Mont Chauve et &#039;&#039;Dominique 6&#039;&#039;, tenus de façon intermittente par des éléments légers qui avaient ordre de se replier en cas d’attaque, ont subi le premier assaut et sont rapidement tombés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parti de Saigon à 21 h 00, Navarre arrive à Hanoi vers 1 heure 15 du matin. Il se rend auprès du général Bodet,  commandant en chef adjoint des forces interarmées, nommé à Hanoi par Navarre dès que les frictions entre le commandant en chef et Cogny se sont révélées (voir 20 novembre 1953). Ce dernier l’informe des derniers messages et de la gravité de la situation à Dien Bien Phu : De Castries a télégraphié : « La situation sera difficile à rétablir sans renfort extérieurs. Ferai l’impossible. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 474) Navarre n’est pas accueilli par Cogny. Ce dernier n’est pas à son bureau. Son chef d’état-major dit qu’il est fatigué et est allé se reposer. Selon certains témoignages concordants, il a disposé de sa soirée le 30. Navarre le fait réveiller à 5 h 00 mais il demeure absent. Il ne réapparaît à son état-major que vers 8 h 30. &#039;&#039;&#039;Vive altercation entre Cogny et son supérieur. Ce dernier prévient Cogny qu’il se débarrassera de lui dès après la bataille en cours.&#039;&#039;&#039; Selon Navarre, seuls les entourages proches des 2 hommes sont mis au courant de ce grave différent (Navarre, 1979, pp. 348-349). En fait, les choses en resteront là (voir 28 avril) mais les tensions ne feront que s’amplifier entre les 2 hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’attente du renfort éminent du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P., De Castries fait opérer des contre-attaques de nuit pour reprendre les positions perdues et fait lancer un bataillon pour prendre à revers &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Les résultats sont mitigés : le lieutenant-colonel Lalande doit se replier avec une cinquantaine de blessés et un char endommagé (Rocolle, 1968, p. 429).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 mars 54 : Giap a déclenché la veille une offensive générale à l’est mais qu’il devra stopper le 6 avril du fait de l’importance de ses pertes. &#039;&#039;Dominique 1&#039;&#039; et &#039;&#039;2&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 317-318) et &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; (Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 318-319) sont reprises par des contre-attaques françaises mais, faute de relève, ne peuvent les tenir durablement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, décision est prise de parachuter au plus vite sur le camp retranché le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. du commandant Bréchignac dont la réputation n’est plus à faire (Rocolle, 1968, p. 429). Mais il arrivera trop tard pour relever les unités d’assaut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Castries charge Bigeard  de reprendre &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039; avec tous les éléments parachutistes qui n’ont pas été encore engagés. Ces positions sont reprises en début et milieu d’après-midi mais encore faut-il pouvoir les tenir sur un terrain complètement bouleversé. Pour ce faire, il faudrait relever les unités qui les ont conquises. Or le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. n’est toujours pas arrivé et ne sera finalement parachuté que la nuit suivante. Bigeard doit faire replier les hommes du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. de &#039;&#039;Dominique 2&#039;&#039;. Sur &#039;&#039;Éliane 1&#039;&#039;, le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. tient jusqu’à 18 h 00 mais doit également se replier sous la poussée des contre-attaques du régiment 174 de la division 308 (Rocolle, 1968, p. 429-431). Langlais envisage un moment d’évacuer la rive est de la Nam Youn. De Castries refuse. Un parachutage de munitions par C-119 à haute altitude avec parachute à retardement tourne à la catastrophe : 50 % des munitions tombent en zone ennemie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un message intercepté du VM à cette date précise : « La Conférence de Genève, qui est la manifestation de l’affaiblissement du moral de l’adversaire et de son dégoût de la guerre, est un succès pour le Vietminh. Aussi, tandis que la partie américaine cherche à saboter la conférence, le Vietminh doit-il la soutenir et chercher à répandre le désir de la paix dans les rangs adverses. Pour parvenir à ce but, il faut, en exploitant les succès militaires et la situation politique confuse en France, chercher à démoraliser l’ennemi et c’est pourquoi il est nécessaire d’ouvrir une campagne de propagande et de déclencher une offensive politique de grande envergure. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, p. 389)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Nuit du 31 mars au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril 54 : Giap doit revoir ses prévisions face à la résistance des Français du 31. Il limite ses attaques. Sont visés &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; et &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039;. Il lance des assauts qui sont repoussés dans un premier temps sur &#039;&#039;Huguette 7&#039;&#039; qui protège directement la piste à l’ouest. Cette position stratégique, rasée par l’artillerie, est momentanément perdue mais est reprise au matin du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;. Au sud-est, le VM attaque &#039;&#039;Éliane 2&#039;&#039; tenu par des troupes éprouvées (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.T.M. et des supplétifs du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.E.I.). La position tient grâce à l’envoi de 3 chars qui sont neutralisés mais continuent à tirer un temps. Au matin du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, les 2 positions ont tenu en infligeant de lourdes pertes aux assaillants (Rocolle, 1968, pp. 431-432).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 0 h 30 arrive à Hanoi un télégramme de De Castries qui demande qu’on lui parachute au plus tôt le bataillon de renfort du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.C.P. (Rocolle, 1968, p. 427).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin mars 54 : En zone &#039;&#039;Atlante&#039;&#039; (Hauts Plateaux d’Annam), les forces franco-vietnamiennes s’emparent de Qui Hon.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=F%C3%A9vrier_1954&amp;diff=5367</id>
		<title>Février 1954</title>
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		<updated>2026-09-19T05:59:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Février 54 : Le département de la Défense américain annonce qu’il va envoyer 40 chasseurs-bombardiers B-26 et 200 techniciens en Indochine. Deux personnalités ont défendu ce recours à l’aviation : l’amiral Arthur W. Radford et le secrétaire d’État John Foster Dulles. Eisenhower est partagé. Son vice-président Nixon est également favorable à une intervention. Mais la violente réaction du Congrès leur interdit toute action. Les techniciens aéronautiques promis aux Français seront même rapatriés car, durant sa campagne électorale, Eisenhower s’était engagé, contrairement à son prédécesseur (Truman) de consulter le Congrès avant d’impliquer des militaires américains au Vietnam. Ce qu’il n’a pas fait ici (Halberstam, 1974, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comité de Défense nationale confie à Pleven (ministre de la Défense), accompagné du général Ély (chef d’état-major des Forces armées), une mission d’inspection et d’enquête en Indochine (voir 9 - 25 février). A l’écoute des propos et annonces du commandement sur place, elle ne conclura pas formellement à la nécessité d’une évacuation de Dien Bien Phu, d’ailleurs devenue totalement irréaliste à ce moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un sondage de l’I.F.O.P., seul 1 % des Français est favorable à une intervention des Américains en Indochine (Ruscio, 1992, pp. 204-205). Nouvelle preuve du manque d’intérêt de l’opinion sur la question indochinoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; février 54 : 2 bataillons sortis du camp retranché attaquent à plusieurs reprises la hauteur 633 à moins d’un kilomètre au nord de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039;. Ils sont repoussés par une trentaine de soldats vm de la division 312 (Dao Thanh Huyen et alii, 2010, p. 127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite des premiers tirs de harcèlement sur l’est des centres de résistance (voir 31 janvier) (Rocolle, 1968, p. 263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une partie de la division 308 partie vers Luang Prabang assiège la base de Muong Khoua (Laos, sud-ouest de Dien Bien Phu) infligeant de sérieuses pertes au 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment de la Légion ainsi qu’au 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de chasseurs laotien (Rocolle, 1968, p. 258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La flotte d’avions de transport de troupe, les C-47 (Dakotas), passe de 75 à 100 appareils. Toutefois, selon Navarre, les Français ne disposeront au début de la bataille de Dien Bien Phu que de 90 appareils de ce type et 175 bombardiers. Ils auront donc recours aux services privés des Américains (voir 3 et 13 mars) (Navarre, 1956, p. 230). Toujours selon le même, les renforts en aviation arriveront bien trop tard sur Dien Bien Phu : « La faible efficacité de l’aviation fut une des causes militaires principales de la perte de la bataille. » (Navarre, 1979, p. 284)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny est à Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 273, note 47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 février 54 : Le général O’Daniel, commandant les forces terrestres  américaines dans le Pacifique (pour quelques semaines encore) et expert du gouvernement de Washington accrédité par le Quai d’Orsay, se rend à Dien Bien Phu en inspection. Selon Pouget, Navarre, qui n’a pas été prévenu de l’accord concernant les accords financiers entre la France et les U.S.A. l’a reçu « comme un puissant collègue et allié, mais lui ménage les informations opérationnelle ».  O’Daniel visite le camp retranché et se déclare « satisfait » par l’organisation de sa défense. Pour autant, toujours selon Pouget, le général américain a jusqu’alors peu compris les « subtilités asiatiques » de cette guerre et veut appliquer les méthodes américaines de la guerre de Corée pour battre le VM en Indochine. Parti de Hanoi, le survol de la région et sa visite à Dien Bien Phu l’ont rendu « moins impulsif ». Il félicite De Castries pour l’organisation du camp retranché (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 127 ; Pouget, 2024, pp. 247-249).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Attaque du VM dans la région de Kontum au Centre-Vietnam sur des postes isolés dont celui de Dak To (au nord-ouest de la ville) qui subit des attaques successives par vagues de submersion. Cet important poste est perdu malgré l’intervention de l’aviation française. L’état-major français envoie dans la région le G.M. 100, une unité d’élite qui a été formée le 15 novembre 1953 (Fall, 2020, p. 227).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 février 54 : Les Français sont retranchés sur les pitons qui protègent la piste d’aviation de Muong Saï (Laos, sud-ouest de Dien Bien Phu). Toutefois des canons de 75 vm et des mortiers accompagnant une partie de la division 308 installés à l’est de Muong Thanh sur d’autres hauteurs parviennent à pilonner l’aérodrome principal du camp retranché. Un Morane est détruit et plusieurs autres appareils sont touchés (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 127 ; Pouget, 2024, p. 234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des éléments de la division 308 refoulent le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon thaï qui retraite vers Dien Bien Phu par la vallée de la Nam Ou. Vers le 8 février, ses éléments avancés dépassent le poste de Muong Ngoï (Laos), évacué par les Français, et atteignent le confluent de la Nam Ou et de l’un de ses affluent, la Nam Bac. Ils sont alors à 90 km de Louang Prabang. Le ravitaillement des troupes vm est transporté sur des sampans par la Nal Ou. Il est attaqué par l’aviation tout comme les colonnes qui progressent de jour par les pistes. Le régiment 148 parvient à mettre le siège autour de la base de Muong Saï (Laos) mais dans la nuit du 20 au 21, ordre lui sera donné de décrocher et de remonter vers Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, pp. 258-259).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 février 54 : En Annam, le VM fait sauter plusieurs ponts au nord de Kontum interdisant ainsi l’accès à la route n° 4 qui donne accès aux secours. Le commandement français renonce à défendre la ville dont l’évacuation de la garnison et des civils sera accomplie le 7. Le G.M. 100 se regroupe autour de Pleiku pour former un verrou mais subit des attaques visant à le « grignoter » (Fall, 2020, p. 227).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 – 6 février 54 : A Dien Bien Phu, des troupes franco-thaïes appuyées par des tanks et l’aviation attaquent 2 positions du VM situées sur les collines Doi Chay (Mont Chauve) et Doi Xanh. Elles sont repoussées par des unités de la division 316. Un premier avion français est abattu par la D.C.A. (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 février 54 : A Paris, un Comité de Défense nationale est réuni. Il mandate une bien tardive mission Pleven. Le ministre de la Défense entend faire un rapport au gouvernement : la situation étant critique au Laos, Navarre peut être amené à lui  poser sur place « la question de savoir si la défense du Laos restait toujours un des objectifs de la politique gouvernementale ». Se pose une autre question : en cas d’évacuation de Luang Prabang, faut-il se replier ou demeurer aux côtés du roi ? Laniel et les membres du Comité optent pour un repli.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le maréchal Juin (conseiller permanent du gouvernement) fait le point sur une situation militaire qu’il déclare « difficile ». Après les récents succès français, le VM a produit des attaques périphériques qui ont dispersé et disloqué la masse de manœuvre française. Faut-il tenir devant Luang Prabang ? Juin estime que « le sort du corps expéditionnaire devait actuellement passer avant celui du Laos. » Ce qu’approuvent pour la première fois et clairement Laniel et le comité. Mais ce dernier estime aussi que Pleven demeure libre de juger sur place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel pose alors à Juin la question de l’évacuation de Dien Bien Phu. Juin l’estime (à tort) encore possible mais craint qu’une « psychose des hérissons » ne paralyse l’armée. Le président du Conseil pose ensuite une question sur l’opportunité de l’opération &#039;&#039;Atlante&#039;&#039; (voir 20 janvier) pour laquelle il a des doutes (Laniel, 1957, pp. 74-77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté VM, une directive précise : « Il faut isoler Dien Bien Phu, contraindre l’ennemi à dégarnir son camp retranché et à renforcer ses troupes à Luang Prabang. » L’envoi récent de la division 308 vers la ville avait déjà tenté cette diversion. Mais, n’aboutissant pas, la division 308 retournera vers Dien Bien Phu dès le 23 car sa ligne d’approvisionnement est alors entravée par la présence du camp retranché (Cadeau, 2019, p. 478).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Visite de De Chevigné (sous-secrétaire d’État à la Défense) à Dien Bien Phu. Il assiste à une tentative par 2 bataillons de parachutistes du lieutenant-colonel Langlais (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. et 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Choc) pour aller déloger un canon de 75 japonais repéré près de la cote 781 à l’est du camp retranché qui n’a pu être détruit par les tirs de contre-batterie. Bénéficiant d’un appui aérien et du soutien de l’artillerie, l’attaque se solde cependant par un échec qui a lieu en partie sous les yeux du sous-secrétaire d’État qui repartira le lendemain vers 17 h 00. L’attaque durera 36 heures mais se heurtera à une paroi verticale tenue par le VM qui arrose les assaillants de grenades. Au final, Langlais renonce à poursuivre (Rocolle, 1968, p. 269 ; Pouget, 2024, pp. 249-250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 février 54 : Giap organise une réunion de cadres supérieurs pour justifier son revirement du 25 janvier. Il estime alors « qu’une attaque rapide était aventureuse ». Selon lui, la multiplication des offensives de diversion lancées sur d’autres théâtres d’opération ne peut que de disperser les réserves de Navarre. Le corps de bataille de siège doit avoir une indéniable « suprématie en effectifs et puissance de feu ». La mise en place de mesures de sûreté doit réduire considérablement les effets de l’artillerie et de l’aviation. Le mois de février et les 10 premiers jours de mars doivent être consacrés à construire « une offensive de longue haleine, menée selon un principe non moins capital : n’attaquer que si l’on est sûr de vaincre. » (Rocolle, 1968, p. 256 et p. 263, note 20) Nombre de pièces d’artillerie (105 mm) qui avaient pourtant été hissées à grand peine à leurs emplacements de tir sont momentanément retirées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ de la mission Pleven d’Orly.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny est à Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 273, note 47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 février 54 : Le général Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre) en mission d’inspection en Indochine rencontre brièvement Pleven (ministre de la Défense) à Saigon. Les 2 hommes prévoient de se revoir le lendemain (Rocolle, 1968, p. 334).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 27 février 54 : Suite au Comité de défense du 6, le gouvernement français envoie &#039;&#039;&#039;une mission Pleven&#039;&#039;&#039; en Indochine. Le ministre de la Défense est accompagné des généraux Ély (chef d’état-major des Forces armées), Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre) et Fay (chef d’état-major de l’Armée de l’Air). Sont également présent Marc Jacquet, secrétaire d’État aux États associés et De Chevigné, secrétaire d’État au Forces armées. Ils se rendent sur tous les fronts : Cochinchine, opération &#039;&#039;Atlante&#039;&#039; (Centre-Annam, voir 20 janvier), Luang Prabang, Dien Bien Phu. Selon Navarre, l’impression de la mission est bonne car, selon elle, le moral des troupes est bon, notamment à Dien Bien Phu (Navarre, 1956, p. 181). Toujours selon le même, « jamais […] aucun chef militaire n’a pris, sous quelque forme que ce soit, position contre la manœuvre de Dien Bien Phu. Celle-ci a même été formellement approuvée par un rapport du général Ély […] » Seul le général Fay émet des réserves quant à la praticabilité de la piste d’atterrissage lors de la saison des pluies (Navarre, 1956, p. 197 et p. 199, note 1). Or celle-ci vient d’être améliorée et drainée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les membres de la mission rencontrent ensuite Bao Daï à 2 reprises, à Ban Me Thuot et à Dalat. Selon Ély, « les questions sérieuses furent abordées dans les conversations en aparté. » Mais il n’en dit pas plus sur leur contenu dans ses mémoires (Ély, 1964, p. 50). &#039;&#039;&#039;Selon Navarre, c’est seulement lors de la cette visite que le commandant en chef est mis au courant par Pleven de la tenue du projet de la conférence de Genève&#039;&#039;&#039; (Navarre, 1956, p. 296).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de cette visite, Navarre se plaint à nouveau du manque d’engagement du gouvernement vietnamien à soutenir l’effort de guerre français. Rétrospectivement, dans ses mémoires, il constate qu’il faudra attendre avril pour que le gouvernement français adresse « une lettre assez ferme, qui incita [le gouvernement vietnamien] à décréter théoriquement certaines mesures d’ordre général, destinées à engager enfin le pays  dans la voie de l’effort. » Mais, toujours selon le même, « aucune exécution ne suivit ces décisions de principe, et il était beaucoup trop tard. » (Navarre, 1956, p. 129)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A son retour à Paris, la mission remet au gouvernement des conclusions assez pessimistes : on ne pourra obtenir une décision par les armes ni rompre l’équilibre de façon significative. Au mieux, peut-on créer une situation favorable pour négocier avec le VM. La personnalité et les choix de Navarre ne sont toutefois contestés par aucun des membres de la commission. Ély (chef d’état-major des Forces armées), estime alors que « Dien Bien Phu était une position extrêmement forte qui, pour être attaquée, exigerait de gros moyens, avec, au surplus, de grandes chances d’échec pour l’assaillant. » Il est, comme on pouvait s’y attendre, beaucoup plus circonspect dans ses mémoires : « Dien Bien Phu demeurait cependant pour tous une préoccupation, notamment en raison  de la sensibilité des liaisons aériennes. Le général Fay exprima à nouveau sur ce point son inquiétude, mais il savait que l’évacuation de la place était impossible. » Un autre membre de la commission, le général Blanc « souhaitait que la solution politique du problème fût recherchée dès 1954 en nous dégageant du « guêpier » tonkinois  pour reporter nos efforts sur le Laos […] » (Gras, 1979, pp. 541-542 ; Ély, 1964, pp. 41-58). Pleven se déclare hostile à toute négociation avec le VM et estime qu’une conférence à cinq est préférable (Rocolle, 1968, pp. 37-38, note 5).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conclusion d’un rapport sur l’opération &#039;&#039;Xénophon&#039;&#039; touchant à l’éventuel abandon du camp retranché, Cogny écrit à Navarre : « Après avoir souligné les aléas considérables de l’entreprise réalisée équivalant à sa quasi-impossibilité, &#039;&#039;&#039;j’ai insisté respectueusement auprès de vous pour que soit maintenue l’intention de conserver Dien Bien Phu à tout prix.&#039;&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 février 54 : &#039;&#039;&#039;Le général Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre) en fin de mission d’inspection rencontre le ministre de la Défense Pleven à Saigon.&#039;&#039;&#039; Sont présents à cet entretien De Chevigné (secrétaire d’État aux Forces armées), les généraux Ély (chef d’état-major des Forces armées) et Fay (chef d’état-major de l’Armée de l’Air). &#039;&#039;&#039;Le général Blanc évoque dans ses notes le cas du camp retranché de Dien Bien Phu sur lequel il a plus que des doutes&#039;&#039;&#039; : « […] Il faut reconstituer des réserves. C’est urgent, il n’y en a plus. Pour cela, il faut puiser dans Dien Bien Phu. A partir du 15 avril, Dien Bien Phu est un marécage (déboisement, terre rouge, effondrement des tranchées et abris, il ne restera rien des ouvrages de fortification de campagne, et De Castries nagera dans son PC dans 40 centimètres d’eau ; il n’y aura plus de pistes). Si on ne s’y prend pas tout de suite, nous allons perdre         6 000 tonnes de matériel […] Le 15 avril, il sera trop tard. » Il estime que le « camp retranché est remarquablement organisé et ravitaillé, mais d’une façon précaire, eu égard aux conditions météo et du potentiel aérien. Il n’existe, d’autre part, aucune possibilité de sortie, toute la cuvette étant sous l’étreinte très rapprochée et continue de l’ennemi, et sous le feu de ses armes. » Il conclut : « Prétendre détruire le corps de bataille ennemi est un leurre. La preuve nous en est donnée à Dien Bien Phu, où nous avons cru attirer dans un combat de rencontre et de destruction trois des meilleures divisions vietminh. Pratiquement, l’ennemi a fixé une partie importante de nos troupes et c’est lui qui nous manœuvre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 335-336) Malgré cet exposé des plus clairs, &#039;&#039;&#039;Pleven ne prend aucune décision alors que tout semble encore possible&#039;&#039;&#039; : la division 308 est à 90 km de Luang Prabang, la division 312 n’est pas encore en marche. Il est vrai que le général Blanc sera aussi beaucoup moins clair dans ses écrits ultérieurs quant aux chances de réussite du camp retranché (voir 20 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny transmet à Navarre une idée de De Castries qui obligerait le VM à passer à l’attaque : il faudrait ramener provisoirement dans le Delta 2 ou 3 bataillons pour donner l’impression au VM que l’on affaiblit la garnison de Dien Bien Phu. Selon ses dires, Navarre élude cette proposition car il ne désire pas se voir produire une attaque dans le Delta. Il entend concentrer tous ses efforts dans le seul camp retranché (Navarre, 1979, p. 337).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eisenhower déclare lors d’une conférence de presse « qu’il ne pouvait concevoir une plus grande tragédie pour les États-Unis que de se trouver impliqués dans une guerre ouverte en Indochine. » Il fera cependant longtemps croire aux Français à une hypothétique intervention des U.S.A. dans le cadre d’une encore plus hypothétique coalition franco-anglo-américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 février 54 : La situation devient critique autour de la base aéroterrestre de Muong Saï (voir 3 février) où l’attaque générale d’une partie de la division 308 est imminente. Son commandant, Vaudrey, qui ne dispose que des débris de 5 bataillons thaïs demande de l’aide à Saigon (Pouget, 2024, p. 235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite des opérations de diversion dans la région de Pleiku. Nouvelle attaque sur un poste, celui de Dak Doa dont la garnison subit des assauts depuis 7 jours et 7 nuits. Là encore, avec le soutien de l’aviation, le poste tient sous les coups répétés du VM. La garnison parvient à être ravitaillée et relevée par des éléments du G.M. 100 avant l’attaque du 17 (Fall, 2020, p. 227).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 – 12 février 54 : A Dien Bien Phu, opérations françaises sur les collines de l’est du camp retranché qui subit déjà une intense pression (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 février 54 : Navarre répond à la demande d’aide de Muong Saï. Il prescrit au général Gilles de dépêcher sur place de toute urgence un bataillon de parachutistes. Gilles désigne le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (dont la compagnie du capitaine Pouget) qui est à Seno. Navarre se rend en toute discrétion et sans manifester sa présence à Seno pour voir embarquer le bataillon de son aide de camp (Pouget, 2024, p. 235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, message vindicatif du roi contre l’agression du VM : « Depuis avril dernier, la guerre a débordé les frontières du Vietnam. L’ennemi étranger, au mépris du droit des gens, a envahi Notre Pays [...] Le Laos est en guerre. Nous faisons front partout à l’ennemi. Nos soldats se battent pour défendre le territoire national et notre Indépendance. La France à laquelle le Laos est associé, non par un contrat de pure forme, mais librement dans une union de solidarité et de communauté d’intérêts, par une affinité profonde de pensée et de cœur, donne la mesure de ses engagements […] L’agression perpétrée par le Vietminh, étranger à notre race et à notre sol, constitue un acte criminel aux yeux du monde entier. Le Laos se dresse farouchement contre cet envahisseur. Le Laos veut lutter résolument et chasser l’ennemi étranger de ses territoires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Deuve, 2003, pp. 45-46)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 février – 18 mai 54 : Poursuite des opérations de diversion de Giap : 59 postes sont attaqués et pris dans le Delta selon la déposition du général Cogny en date du 16 juin 1955 devant la commission d’enquête qui fait suite à la défaite de Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une lettre adressée par le lieutenant-colonel Gaucher (commandant le G.M. 9) à son épouse, le moral dans le camp retranché de Dien Bien Phu est mauvais : « […] Cela va très mal, un peu partout nous menons une série d’opérations qui nous coûtent assez cher. Je ne parle pas des tirs d’artillerie, qui sont au fond une petite chose. Nous attendons Pleven. Que vient-il faire ici ? Probablement des tas de choses. Il faut reconnaître que la formule Navarre n’a pas plus réussi que le reste. Nous sommes dans une impasse. Le Viet mène la bataille et nous ne faisons que parer les coups. De toute façon, nous ne menons pas une vie drôle ici et la lassitude commence à gagner tout le monde […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 327-328)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 février 54 : Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. est largué vers 15 h 00 à Muong Saï pour renforcer la garnison. Il rejoint la base, s’enterre et se fortifie jusqu’au 21. Une lourde menace pèsera sur le camp retranché jusqu’à cette date (Pouget, 2024, p. 240).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’optimisme de l’état-major français est partagé par une partie de la presse française. Robert Guillain, correspondant du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; écrit de Dien Bien Phu : « « Faire descendre le Viet dans la cuvette ! » Voilà le rêve du colonel de Castries, commandant en chef à Dien Bien Phu et de tout l’état-major. S’il descend, il est à nous. Le choc peut être dur mais nous l’arrêterons. Et enfin nous aurons ce que nous a toujours manqué : un objectif ; un objectif concentré que nous pourrons « matraquer ». » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1956, p. 241, note 1 et Navarre, 1979, p. 338 ; citation douteuse non retrouvée dans l’article en ligne de Robert Guillain à cette date qui évoque uniquement la situation à Luang Prabang) De Castries réitèrera la même forme  d’optimisme le 15 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 – 15 – 16 février 54 : Série de reportages du journaliste Robert Guillain pour le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; à Dien Bien Phu : « Week-end à Dien Bien Phu » (14) ; « La bataille de Dien Bien Phu n’était pas au rendez-vous » (15) ; « Bataille de Dien Bien Phu : le cercle de la haine » (16) (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; des 14, 15 et 16 février 1954). Il y décrit l’organisation du camp mais aussi les difficultés insurmontables que rencontrent les Français dès qu’ils essaient d’en sortir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 février 54 : Ayant fait revenir des renforts à Dien Bien Phu venus entre autres de Luang Prabang, le camp retranché a été sérieusement renforcé et est capable d’opposer une résistance sérieuse aux futurs assauts de la première vague du VM. Selon Rocolle (qui a appartenu à l’état-major de Navarre en tant que chef du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bureau à Saïgon), c’est l’annonce de la future conférence de Genève pour le 26 avril qui motiverait Giap, hésitant car devant pour la première fois à devoir attaquer durablement, de nuit comme de jour. Ce dernier entend toutefois voir son pays aborder la négociation en position de force grâce à une victoire militaire (Rocolle, 1968, pp. 260-261). Il lui faut également agir avant l’arrivée de la saison des pluies qui compliquera assurément la tâche de l’assaillant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 – 16 février 54 : Une nouvelle tentative voulue par Cogny pour sortir du camp retranché se solde par un échec (voir 21 – 22 février) (Rocolle, 1968, p. 269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 17 au 18 février 54 : Le poste de Dak Doa (Centre Vietnam, proche de Kontum) est toujours attaqué par le régiment 803 qui le pilonne. Les réserves d’essence du groupe électrogène flambent : le glacis du poste ne peut plus être éclairé. Le poste tombe à 4 h 25 et aucun secours ne lui est apporté sur ordre du commandement. Le G.M. 100 venu en renfort y a perdu 3 officiers et 80 hommes. Après la chute du poste, le VM s’évanouit (Fall, 2020, pp. 232-233).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 février 54 : &#039;&#039;&#039;L’Angleterre, la France, les États-Unis et l’Union soviétique annoncent la tenue en mai d’une conférence internationale sur la Corée et l’Indochine, la future conférence de Genève.&#039;&#039;&#039; Navarre affirme n’avoir pas été informé de son existence. Ce dont on peut douter à la lecture du témoignage d’une conversation qu’il a eue avec son aide de camp après l’abandon de Muon Saï par des éléments de la division 308 (Pouget, 2024, pp. 242-243). Le commandant en chef lui attribuera – non sans quelques raisons valables – une lourde responsabilité dans l’échec de Dien Bien Phu : elle aurait accéléré l’aide chinoise (ce qui n’est pas faux mais n’explique pas tout). Elle va surtout inciter le VM à vouloir remporter une victoire pour négocier en position de force. Navarre reproche également à cette annonce d’avoir fait fortement augmenter la proportion (cependant habituelle…) d’insoumis et de déserteurs dans l’armée vietnamienne (Navarre, 1956, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre et Cogny sont ce jour à Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 273, note 47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, l’ambassadeur américain à Saïgon Donald Health et le général Trapnell (chef de la mission militaire américaine au Vietnam) rendent visite au roi. On discute d’une éventuelle augmentation de l’aide économique destinée à la reconstruction des ouvrages d’art ou des villages incendiés ou détruits par les récents combats (Deuve, 2003, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 février 54 : Après leur visite du camp retranché, Pleven (Défense) et le général Ély (chef d’état-major des Forces armées), Marc Jacquet (États associés), le général Blanc (chef d’état-major de l’armée de Terre), le général Bodet (adjoint interarmes de Navarre) et le général Fay (chef d’état-major de l’Armée de l’Air) font part de leurs impressions à Navarre. Selon ce dernier : « Ils avaient été très frappé par le moral élevé de la garnison. Ils souhaitent tous l’attaque, me dit Ély, mais vous la souhaitez-vous ? » Je répondis : « Non. Je ne la souhaite pas. Tout ce que je souhaite pour cette année, c’est &#039;&#039;&#039;un coup nul&#039;&#039;&#039;. » (Navarre, 1979, p. 339 ; Pouget, 2024, p. 250) En fait, suite à cette visite, le général Fay aura un entretien particulier et sans doute franc avec Navarre, son ancien camarade de promotion à l’École de guerre. Cet entretien dont on ne connaît pas la date exacte a eu lieu avant le retour de Fay en France le 26 février. Le chef d’état-major de l’armée de l’air n’a sans doute pas manqué de mettre en garde le commandant en chef sur les difficultés auxquelles l’aviation sera confrontée à Dien Bien Phu avec le retour de la mousson (Rocolle, 1968, pp. 336-337).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cogny est à Dien Bien Phu depuis la veille (Rocolle, 1968, p. 273, note 47). L’avis de certains des présents (Blanc et Fay) semble avoir été beaucoup plus nuancé que ce qu’affirment les propos d’Ély rapportés par Navarre…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une certaine presse commence à être plus critique envers le choix de se retrancher à Dien Bien Phu.&#039;&#039;&#039; Après &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; (voir 23 novembre 1953), &#039;&#039;L’Observateur&#039;&#039; émet des réserves sur la stratégie des camps retranchés. Ils ont tous été « inutiles, incapables de gêner l’armée populaire […] Le corps expéditionnaire d’éparpille, s’épuise à poursuivre un adversaire insaisissable, se retranche dans des forteresses imprenables, que nul n’attaque, mais dont il lui est interdit de sortir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 337, article)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 février 54 : Selon Navarre, à cette date, « toutes dispositions étaient prises par le commandement ennemi pour porter la guerre à son paroxysme : offensives sur tous les fronts à partir de mi-mars, avec effort principal sur Dien Bien Phu ; acceptation de pertes considérables et mesures draconiennes pour y faire face ; dispositions en vue d’une prolongation de la lutte, si nécessaire au-delà de la saison des pluies ; demande à la Chine d’intensification massive de son aide. Tout cela – c’était écrit en toutes lettres dans les ordres – « pour faire pression sur la conférence » » (Navarre, 1979, p. 385).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, reddition des chefs issaraks.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le premier ministre annonce le rétablissement de l’unité de commandement : les troupes laotiennes stationnées au Sud passent aux ordres du colonel de Crèvecœur, commandant des Forces du Laos. Souvanna Phouma annonce la poursuite d’une contre-offensive générale au Sud-Laos (Deuve, 2003, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 février 54 : A Muong Saï, les défenseurs de la base se rendent compte que les éléments de la division 308  qui les assiégeaient se sont volatilisés durant la nuit. Giap a éprouvé de nombreuses difficultés pour les ravitailler. Après l’annonce de la conférence de Genève, il a décidé de concentrer toutes ses forces sur Dien Bien Phu et a donc ordonné un rapide repli de toutes ses divisions d’élite vers cet objectif devenu prioritaire (Pouget, 2024, p. 242-243).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Pouget a lieu une rencontre à Dalat entre Navarre et Pleven (Défense). Navarre évoque la conférence de Berlin (voir 25 janvier - 18 février) et les perspectives qu’elle induit pour celles de Genève. Le ministre de la Défense ne lui semble pas beaucoup préoccupé par ce qui y a été décidé. Selon les propos rapportés par Navarre, son interlocuteur lui aurait dit en substance en évoquant la future conférence de Genève : « Nous sommes obligés d’accepter cette réunion. L’opinion publique en France ne comprendrait pas que nous nous dérobions et quelques membres du gouvernement en sont partisans. En fait, le président du Conseil [Laniel] est persuadé qu’il n’en sortira rien. Il faut y aller quand même, ne serait-ce pour démontrer que le Vietminh n’est pas disposé à traiter dans les conditions actuelles. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 246) En fait, pour le gouvernement, c’est aussi et surtout une porte d’issue pour sortir au mieux du guêpier indochinois et de son impasse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 – 22 février 54 : Seconde tentative pour sortir du camp retranché qui se solde par un second échec après celui des 15 et 16 février (Rocolle, 1968, p. 269). Cogny renoncera désormais définitivement à toute nouvelle tentative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 février 54 : Après le retour de la division 308 de la région de Luang Prabang et 4 jours après l’annonce de la tenue de la conférence de Genève, Giap réunit le haut commandement pour préparer la seconde vague d’assaut sur Dien Bien Phu. Il réitère la consigne : « Attaque sûre, progression à pas sûrs » et donne ses directives (Rocolle, 1968, p. 260, note 11). Il réitère un langage de fermeté pour conduire les combats de la deuxième vague d’assaut qu’il prévoit durables : « […] Si la campagne se prolonge et que viennent les pluies, la construction des ouvrages sera difficile, nos troupes souffriront de l’humidité. Mais nous sommes sur les pentes, et il nous suffira de creuser plus en profondeur dans la montagne, d’évacuer l’eau par des rigoles de drainage, tandis que l’ennemi dans la plaine basse verra ses ouvrages immergés et détruits sans rémission. C’est pourquoi celui qui aura à redouter la pluie, ce sera l’adversaire et pas nous […]  Nous aurons à subir des pertes au cours du combat. La victoire s’achète au prix du sang, comme toutes les conquêtes révolutionnaires se payent avec des sacrifices […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 263-264).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 février 54 : Suite à la réaction française et à d’importants problèmes logistiques, la division 308 qui avait été temporairement engagée vers Luang Prabang pour une opération de diversion repart pour reprendre sa place autour de Dien Bien Phu (voir 18 janvier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre produit une directive qui prévoit autour d’Hanoi la présence d’une réserve de 5 bataillons de parachutistes. 2 d’entre eux ont été prélevés des Plateaux Montagnards du Centre Vietnam  (Navarre, 1979, p. 329).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 février 54 : Le retour d’une partie de la division 308 est confirmé. Les Français estiment que la division qui vient d’être recomplétée pourra entrer rapidement en action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un message adressé à Navarre, Cogny pense que l’attaque du VM sur Dien Bien Phu peut se produire à partir du 5 mars. Il demande une réserve de 3 bataillons supplémentaires présents à Hanoi. « Ces effectifs permettraient en outre une exploitation éventuelle à courte portée d’un succès à Dien Bien Phu ». (Navarre, 1979, p. 337 ; Rocolle, 1968, p. 270, note 37 et p. 332, note 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le secrétaire d’État américain Dulles déclare à nouveau que les événements d’Indochine revêtent un intérêt vital pour les U.S.A. (voir 4 avril) (Marangé, 2012, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir de cette date, et suites à diverses opérations de diversion qui ont eu lieu au Laos et dans le Delta, le camp retranché redevient une priorité de l’aviation en vue de son approvisionnement, notamment en obus de tous calibres. Lors de la première attaque du 13 mars, le camp retranché bénéficiera en effet d’une dotation maximale (Rocolle, 1968, p. 285).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un document dénommé « Directives générales  concernant le commandement  et l’emploi des forces aériennes », le général Fay (chef d’état-major de l’Armée de l’Air) écrit : « […] Le bombardement sera placé sous une direction unique pour permettre les actions massives et éviter l’éparpillement actuel des moyens […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 317, note 172) Un appel en faveur d’une correction qui s’avère bien tardive (voir 10 avril)…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 février 54 : Directive de Navarre répondant au courrier de Cogny de la veille. Considérant que « nous sommes manifestement à un tournant de la campagne 1953-54 », il renforce les moyens de son subordonné : les réserves aéroportées à Hanoi passent de 3 à 5 bataillons, leur éventuel appui est focalisé entièrement sur Dien Bien Phu. Selon le commandant en chef, « les points forts [bases aéroterrestres] devant lesquels l’offensive VM est actuellement stoppée, marquent la limite extrême de la distension consentie. Toute nouvelle tentative pour nous en chasser doit se heurter à la détermination absolue de les défendre. Si l’ennemi décroche, il faudra le poursuivre […] » Navarre affirme alors : « Je suis décidé à livrer la bataille de Dien Bien Phu et à la gagner. » Il n’exclut toujours pas que le VM abandonne la partie après un premier assaut infructueux. Cogny est chargé dès le lendemain d’étudier un scénario au cas où la chose se produirait (Navarre, 1956, p. 181 ; Rocolle, 1968, pp. 270-271, note 39).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 février 54 : &#039;&#039;&#039;Retour en France de la mission Pleven&#039;&#039;&#039; qui remet un rapport écrit au gouvernement. Ce rapport écrit de la main du ministre de la Défense n’est pas daté (voir 9 – 27 février) (Rocolle, 1968, pp. 36-38). Concernant Dien Bien Phu, le ministre de la Défense écrit : « […] Dien Bien Phu est une position extrêmement forte qui, pour être attaquée, exigerait de très gros moyens avec, au surplus, de gros risques d’échecs pour l’assaillant ; elle pose cependant un problème qu’étudie actuellement le commandant en chef : celui des servitudes en saison des pluies. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 338-339) Cette dernière phrase étant le seul élément que Pleven retient des importantes critiques qui avaient été faites par les généraux Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre) et Fay (chef d’état-major de l’Armée de l’Air) (voir 10 et 19 février).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En cas de renoncement du VM à prendre Dien Bien Phu avec repli sur le Delta, Cogny préconise d’occuper temporairement soit Yen Bay, soit Thaï Nguyen ou Langson. Langson lui paraît être la solution le plus « économique » (Rocolle, 1968, pp. 271-272, note 42 et p. 332, note 213). Or, à ce moment précis, le VM n’a nullement l’intention de lâcher Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marc Jacquet, secrétaire d’État aux États associés, met en cause l’armée de Bao Daï : « Il serait illusoire, voire dangereux, de continuer à penser que le Corps expéditionnaire puisse être remplacé, et l’équilibre militaire assuré, par une armée vietnamienne. Celle-ci pourra seulement constituer un appoint – et souvent aléatoire – au potentiel militaire fourni par la France et éventuellement toute autre nation extérieure au Vietnam. » Navarre ne contredit pas ce jugement. Selon lui, les soldats de Bao Daï seront « incapables de faire quoi que ce soit de sérieux avant plusieurs années. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 206)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 février 54 : Cogny est à Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 273, note 47).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin février 54 : Après un mois de combats, la division 308 a anéanti 20 compagnies adverses. La ligne de défense de la rivière Nam You, couloir stratégique reliant Dien Bien Phu au Haut-Laos est rompue. La 308 reprend le chemin du camp retranché qui est complètement cerné de toutes parts (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 128).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1953&amp;diff=5366</id>
		<title>Décembre 1953</title>
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		<updated>2026-09-19T05:56:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 53 : &#039;&#039;&#039;Lancement au N-V de la réforme agraire&#039;&#039;&#039; qui s’avèrera être un échec cuisant et sanglant (voir 2 mars ; 17 août et 8 novembre 1956). Elle provoquera entre 15 000 et 45 000 victimes des « tribunaux populaires » et ce, jusqu’en 1956.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A la même époque, le S-V fait de même.&#039;&#039;&#039; Ce sera également un échec imputable à la mauvaise gouvernance diémiste qui a imposé à la tête des villages des transfuges catholiques venus du N-V et qui se comportent comme de véritables dictateurs corrompus. Alors que      85 % de la population du S-V est rurale, 0,25 % de la population détient 40 % des rizières. La propagande du VM n’a donc aucune difficulté à faire des émules. La reprise aux paysans des terres qui leur avaient été attribuées temporairement par le VM au profit des anciens propriétaires va être accueillie par des rébellions locales (Chaffard, 1969, p. 214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM concentre durant tout le mois d’importantes forces au nord du Laos : les divisions 308, 312 ; deux régiments de la division 304 ; la division lourde 351. Elles sont largement équipées de matériel chinois. Un nombre jamais atteint de coolies (estimé entre 50 000 et 75 000) aménagent les routes entre la frontière chinoise et Dien Bien Phu. Une grande base logistique est en train d’être créée à Tuan Giao, au nord-est de la base française (Navarre, 1956, p. 170 ; Rocolle, 1968, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début décembre 53 : Arrivée des avant-gardes de la division 316 dans le secteur de Laïchau (nord de Dien Bien Phu) (Navarre, 1979, p 324). Giap arrête sa décision d’attaquer Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre 53 : Après avoir rencontré Navarre à Saigon, l’amiral Cabanier rend compte de sa visite au président de la République Auriol (voir 13 et 20 novembre). Navarre est formel, pour parler de négociation d’armistice, il faut attendre les résultats de la campagne d’hiver qui, selon lui, renforceront la position française (Gras, 1979, p. 539). Auriol estime qu’« il n’est pas douteux que, plus on parle de négociation en France, plus on encourage le Vietminh. » L’amiral lui répond : «  Cela, le général Navarre me l’a bien dit : moins on parlera de négociations, mieux ça ira. En tout cas, il est formel sur le point que, maintenant, ce serait le mauvais moment, alors que l’été prochain il estime, par contre, que nous aurons suffisamment d’appuis militaires pour pouvoir entamer avec fruit des négociations. » (Auriol 7, 2003, p. 419)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Changement d’appellation des Commandos mixtes aéroportés (G.C.M.A., voir 7 avril 1951) qui deviennent des Groupements mixtes d’intervention (G.M.I.). Pour autant, le problème de l’encadrement de ces forces n’est pas réglé : manque d’officiers entraînés à la guérilla, connaissant la Haute Région et surtout parlant les langues montagnardes. Le problème de l’encadrement demeure récurant faute d’hommes et de temps pour les former. A cela s’ajoute un vide idéologique. 2 extraits d’un rapport concernant ces forces affirment : « […] Nous n’avions pas, comme notre adversaire, d’idéologie ou de xénophobie à inculquer. Nous n’avions pas de système politico-social à proposer. » Et le même document de conclure : « Bref, la lutte sur les arrières fut entamée trop tard. » (Rocolle, 1968, p. 156, notes 4 et 6).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soupçonneux à l’égard des Français et pressé par les nationalistes (voir 30 novembre), le cabinet de Bao Daï a fait diffuser le texte suivant à propos de l’interview d’HCM du 26 novembre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. « On ne possède aucun élément de nature à permettre d’apprécier la valeur qu’il convient d’accorder aux déclarations dont il a été fait état ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. « Si ces déclarations se révélaient exactes, elles paraîtraient constituer une réponse à des préoccupations qui, n’ayant pas été formulées par des responsables vietnamiens, échappent à l’appréciation du gouvernement vietnamien et du chef de l’État ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3. « S.M. Bao Dai a toujours affirmé son ardent désir de voir la paix rétablie au Vietnam, tous ceux qui sont disposés à travailler dans le cadre d’un Vietnam uni et indépendant étant en permanence incités à rejoindre le camp national pour participer à la reconstruction de la patrie. » (Auriol 7, 2003, p. 702, note 5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1 – 10 décembre 53 : Arrivée progressive des régiments 174 et 98 de la division 316 à Tuan Giao (Pouget, 2024, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 décembre 53 : Dans une instruction adressée à Cogny, Navarre écrit : « […] J’ai décidé d’accepter la bataille du Nord-Ouest dans les conditions suivantes : 1. La défense du Nord-Ouest sera centrée sur la base aéroterrestre de Dien Bien Phu [qui] devra être conservée à tout prix ». Il préconise ensuite l’abandon de Laïchau en donnant les modalités. Se fiant aux rapports inexacts du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau (voir 28 novembre), il sous-estime totalement à ce stade les possibilités de renfort du VM. Il a axé sa défense sur le choix de 3 bases aéroterrestres : Dien Bien Phu, Louang Prabang, Seno (voir 20 décembre) qui, selon lui et son prédécesseur, ont l’avantage d’être à la fois des points défensifs et offensifs permettant de défendre de vastes surfaces de territoire (Gras, 1979, pp. 523-524 ; Ély, 1964, pp. 45-46 ; Rocolle, 1968, p. 225). Pour Laniel, « l’erreur du commandement consista à croire que nous attirions l’adversaire sur une position où notre supériorité nous assurait le succès, alors que c’était au contraire l’adversaire qui avait choisi le terrain. » Rétrospectivement, dans ses mémoires, le président du Conseil dénonce conjointement un « optimisme inconsidéré » et une « insuffisance de nos renseignements sur les forces ennemies ». (Laniel, 1957, p. 40)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de l’une des séances de travail de la commission d’enquête après la défaite de Dien Bien Phu, Navarre fera parvenir la déposition suivante : «  […] Nous nous  faisions encore à cette date du 3 décembre de grandes illusions sur les possibilités de l’aviation. Nous étions absolument persuadés qu’elle empêcherait l’artillerie de monter. Nous disions : le 75 mm montera peut-être parce que les Viets peuvent le faire monter par coolies, mais le 105 mm ne montera jamais, parce que les Viets n’arriveront jamais à entretenir une route qui permette le passage de 105 mm. En réalité, les Viets l’ont fait […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 241, note 125) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la même date, les demandes d’intervention de Cogny à l’aviation pour stopper ces canons de 105 mm sur un des points de la R.P. 41 en créant une coupure n’aboutissent à rien (Rocolle, 1968, p. 241, note 126). Du 20 novembre au 13 mars 1954, la route d’approvisionnement du VM est attaquée en une dizaine de points. 400 tonnes de bombes sont déversées mais cela ne représente qu’une faible densité au vu de la longueur du parcours. De plus, l’efficacité de ces bombardements est jugée mauvaise dans un rapport datant de début mai 1954 : « L’examen des mosaïques photos a montré que les bombardements étaient dispersés, éparpillés. Aucune concentration sur des objectifs, tout le terrain est marqué d’entonnoirs d’une façon presqu’uniforme, alors que les zones d’objectifs devraient être le centre de concentrations […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 314, note 163)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’effectif de la base de Dien Bien Phu est fixé à 9 bataillons et 2 groupes d’artillerie qui seront par la suite sans cesse renforcés : 12 bataillons, 10 chars, 2 groupes de 105, une batterie de 155 (contre-batterie), 4 compagnies de mortiers de 120 (Navarre, 1956, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap arrive à l’aube à la base opérationnelle de Tuan Giao. Il a voyagé durant 3 nuits et a dû faire étape durant une journée à Thuan Chau pour pouvoir passer nuitamment un point sensible, le col des Méo, qui ne possède aucun couvert contre l’aviation. Il a pu mesurer au cours de ce déplacement les difficultés pour acheminer les besoins en logistique (Pouget, 2024, pp. 166-167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 décembre 53 : Giap installe son P.C. à Thuan Chau d’où il dirigera la campagne de Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Gilles lance pour la première fois une reconnaissance avancée sur la route menant vers Tuan Giao. Une compagnie de tête du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. (Bréchignac) est sérieusement accrochée à 6 km au nord-est du camp retranché. Les Français déplorent 11 tués et 29 blessés (Pouget, 2024, p. 181). Le camp retranché n’est déjà plus, comme cela avait été prévu initialement, une base de départ pour des actions offensives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Vote par l’Assemblée nationale nord-vietnamienne de la loi sur la réforme agraire&#039;&#039;&#039;. HCM n’y était pas foncièrement favorable et ne l’a acceptée que soumis et contraint sous la pression conjuguée des Soviétiques et des Chinois afin de continuer à pouvoir bénéficier de leur aide militaire et technologique (voir 28 octobre 1952). En bons communistes, ceux-ci espèrent qu’elle stimulera les combattants vietnamiens et les coolies à encore mieux accomplir leur devoir dans les futures opérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle imite docilement le modèle des catégories sociales mis en place par Mao, sans tirer la moindre leçon des abus qui se sont produits en Chine (et qui sont sans doute ignorés au Vietnam à cette époque). L’article premier de cette loi stipule : « Abolir le régime de l’accaparement des terres par les colonialistes, abroger celui de la propriété féodale, cela afin de : réaliser le régime de la propriété terrienne des paysans ; libérer les forces productives de la campagne, donner une forte impulsion à la production agricole, ouvrir la voie au développement industriel et commercial ; améliorer les conditions de vie des paysans, accroitre les forces du peuple et celle de la Résistance ; achever l’œuvre de libération nationale, consolider le régime de démocratie populaire […] ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les terres des colons français sont confisquées en totalité (art. 2). Celles des « propriétaires traîtres ou réactionnaires, et des notables cruels » ne sont saisies qu’en proportion « du degré de gravité des faits incriminés à chacun d’eux » (art. 3). La mise en œuvre de la réforme agraire est confiée à la population aux échelons communal, national, régional et provincial (art. 32 et 33). &#039;&#039;&#039;Des tribunaux populaires sont mis en place, parfois sous les auspices de conseillers chinois, pour juger les « réactionnaires et despotes »&#039;&#039;&#039; (art. 36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le &#039;&#039;Lao Dong&#039;&#039; divise alors arbitrairement la population rurale en propriétaires fonciers (qui ne travaillent pas leurs terres), paysans riches, paysans moyens, paysans pauvres et paysans sans terre. Le parti formule la « ligne de classe » dans les termes suivants : « S’appuyer fermement sur les paysans pauvres et les paysans sans terre, s’allier avec les paysans riches, renverser la classe des propriétaires fonciers, abolir le règne de l’exploitation féodale de façon graduelle en adoptant une attitude différenciée vis-à-vis des dernières catégories de propriétaires fonciers […] » (Vo Nhan Tri, 1960, pp. 358-359)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 - 8 décembre 53 : &#039;&#039;&#039;Conférence aux Bermudes&#039;&#039;&#039; regroupant Eisenhower, Churchill, Laniel (malade, ne participe pas à toutes les séances) et Bidault (Affaires étrangères). C’est essentiellement ce dernier qui négocie côté français. Le but de la réunion, qui avait été reportée du fait de l’état de santé de Churchill, est centré autour du projet de constitution de la Communauté européenne de défense (C.E.D.) Pour autant, on y évoque également l’Indochine. &#039;&#039;&#039;On lie à nouveau le sort de la guerre de Corée au règlement du conflit indochinois&#039;&#039;&#039;. Les Français ne sont pas opposés à ce rapprochement. Il n’y a pas non plus d’objection des Anglo-Saxons sur ce point mais aucune solution concrète n’est mise à l’ordre du jour, hormis de reprendre les discussions avec les Soviétiques qui seront présents à la conférence de Berlin (De Folin, 1993, p. 263). Quant à Bao Daï et au gouvernement vietnamien, ils n’ont même pas été consultés… Suite à cette conférence, la France obtient l’autorisation de participer à la conférence de Berlin du 25 janvier 1954.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 décembre 53 : Arrivée de la division 316 entre Tuan Giao et Dien Bien Phu. Mise en place à Tuan Giao des dépôts de vivres et de matériels qui sont habilement dispersés dans la forêt. Ils seront acheminés de là vers les abords du futur champ de bataille (Rocolle, 1968, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 décembre 53 : Cogny donne l’ordre d’évacuer Laï Chau. Sa garnison doit se replier sur Dien Bien Phu (opération &#039;&#039;Pollux&#039;&#039;) (Pouget, 2024, p. 173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Étant assuré que les Français vont s’implanter durablement à Dien Bien Phu et utiliseront la base pour de futures opérations, &#039;&#039;&#039;le bureau politique du Lao Dong arrête sa décision de livrer bataille à la garnison française.&#039;&#039;&#039; Giap est désigné comme commandant en chef de l’offensive à venir, épaulé par un conseiller chinois, Wei Guoqing. Au terme de la réunion, Giap lance un ordre de &#039;&#039;&#039;mobilisation générale&#039;&#039;&#039; qui doit permettre de soutenir en pays thaï plus de quatre divisions ainsi qu’une d’artillerie avec des calibres supérieurs à 75 mm. Entre 75 000 à 80 000 coolies sont alors mobilisés pour améliorer les pistes qui vont converger vers le camp. Les prévisions de Salan qui seront reprises par Navarre estimaient qu’elles ne pourraient dépasser 20 000 hommes et femmes. Dans sa première version (qui sera remaniée le 24 janvier 1954), la bataille doit commencer début janvier 1954 pour se terminer en avril.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 jours après cette proclamation, la radio du VM &#039;&#039;La Voix du Vietnam&#039;&#039; annoncera à plusieurs reprises la mobilisation générale en vue de la bataille de Dien Bien Phu : « […] Nous devons réparer les routes, surmonter les obstacles, venir à bout de toutes les difficultés, combattre sans jamais céder, vaincre le froid et la faim, porter de lourdes charges à travers les montagnes et les vallées, percer jusqu’au camp ennemi pour l’anéantir et libérer nos compatriotes… Camarades, en avant ! » Les commissaires politiques et les can-bô (cadres politico-militaires chargés de la propagande envers les civils) feront le reste dans tous les villages de la Moyenne Région et les vallées où l’ordre de mobilisation générale sera entendu et respecté (Rocolle, 1968, p. 211 ; extrait de l’appel cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, pp. 167-168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 décembre 53 : Fin de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039; (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dien Bien Phu et les troupes issues de Laï Chau sont placées sous le commandement du Groupe opérationnel du Nord-Ouest (&#039;&#039;&#039;G.O.N.O.&#039;&#039;&#039;) créé à minuit et placé sous les ordres du colonel De Castries désigné par Cogny et chargé de relever les parachutistes du général Gilles (Cadeau, 2019, p. 471). Ce dernier est malade, ayant bravé en sautant en parachute sur la cuvette les conseils de ses médecins après 2 ou 3 syncopes cardiaques alarmantes. Éprouvant des difficultés à quitter l’Indochine, il demeurera un temps à Saigon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’arrivée rapide de la division 316 entraîne l’&#039;&#039;&#039;évacuation de Laï Chau&#039;&#039;&#039; ordonnée par Cogny la veille (opération &#039;&#039;Pollux&#039;&#039;, au nord-ouest du Vietnam, à la frontière chinoise, à ouest de Lao Kay) sur Dien Bien Phu. Navarre et Cogny considèrent  que cette base est devenue peu importante du point de vue stratégique et par ailleurs considérée comme indéfendable. Navarre signale des désertions avant le départ, des accrochages au cours du transfert vers Dien Bien Phu et l’existence de troupes qui préfèrent rejoindre les maquis (Navarre, 1979, p. 324). Les 3 bataillons de la garnison sont repliés par avions sur Dien Bien Phu. Mais 25 compagnies de supplétifs ne pourront être prévenues à temps et se heurteront à la division 316. Non soutenues, elles se disperseront et disparaitront (Navarre, 1956, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 – 11 décembre 53 : Une action est menée par 2 bataillons de parachutistes pour maintenir la route de Laïchau ouverte et donne lieu à de violents combats sur la piste Pavie à une quinzaine de kilomètres au nord de Dien Bien Phu pour dégager un poste et recueillir ses défenseurs. Le 11, il faut envoyer un troisième bataillon de parachutistes et 2 batteries de 105 mm. Le repli s’effectue dans la nuit du 14 au 15 décembre au prix de lourdes pertes sans que le poste ait pu être atteint (Rocolle, 1968, pp. 229-230). Le camp retranché est déjà si bien cerné au nord qu’il ne peut mener comme prévu des actions offensives. Toutes les autres tentatives de ce genre se solderont par de semblables échecs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 décembre 53 : &#039;&#039;&#039;Le colonel De Castries prend le commandement du camp retranché&#039;&#039;&#039; (à la place du général Gilles, commandant des troupes parachutistes) qui prend la dénomination de Groupement opérationnel du Nord-Ouest &#039;&#039;&#039;(G.O.N.O.)&#039;&#039;&#039;. Vanuxem, pressenti à ce même poste, a été écarté car déjà pris par une opération à l’intérieur du Delta. A Dien Bien Phu, une partie des parachutistes sont remplacés par un G.M. et trois bataillons thaïs. Ceux-ci ont été retenus pour leur connaissance du terrain en vue d’actions offensives à partir du camp retranché qui deviendront très rapidement de simples patrouilles (meurtrières…, voir 12 – 14 décembre). Ils se révèleront être de piètre tenue lors de la bataille défensive des points d’appui, ce que reprochera Navarre à Cogny. Avant son arrivée, Navarre (issu de l’arme blindée) annonce au colonel Féral (directeur adjoint du cabinet du commandant en chef) : « Je fais revenir en Indochine le colonel De Castries. Il ira commander le centre de résistance que nous allons créer dans le Nord et à partir duquel il rayonnera comme un cavalier… Il nous faut un haut sabreur… »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Féral, 1994, p. 67).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à ce qu’avait prévu le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau français (voir 28 novembre), arrivée du régiment d’artillerie vietminh n° 45 armé de canons de 105 dans la région de Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite de l’évacuation de Laï Chau par voie aérienne et terrestre. Les Thaïs blancs, partisans et familles, se replient sur Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion sino-vietnamienne au kilomètre 15 sur la route Tuan Giao-Muong Than (à une trentaine de kilomètres à l’est de Dien Bien Phu). On y évoque la tactique à adopter dans les combats de Dien Bien Phu. Tout le monde se range à l’idée du conseiller chinois Mai Gia Sinh selon laquelle il faut « attaquer rapidement afin de gagner rapidement ». On retient la technique chinoise de l’attaque par submersion en 2 jours et 3 nuits sur Dien Bien Phu avant que le poste ne soit véritablement renforcé. Cette tactique sera ultérieurement revue et corrigée par Giap qui, après l’expérience de Na San, craint un nouvel échec (voir 26 janvier 1954) (Goscha, 2000, p. 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 décembre 53 : Fin de l’évacuation de Lai Chau par les forces françaises. Pour les troupes thaïes qui n’ont pu emprunter la voie aérienne et les maquis de la région, ce repli va s’avérer très difficile un fois confronté au corps de bataille du VM (nombreuses désertions).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La garnison de Dien Bien Phu compte 10 bataillons d’infanterie et 5 batteries de 105 mm.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute la division 316 est en place dans les parages de Dien Bien Phu (Pouget, 2024, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le haut-commissaire Dejean déclare à l’ambassadeur américain que lui-même et Navarre souhaitent un engagement majeur : « Le Vietminh va attaquer et il sera repoussé. » (De Folin, 1993, pp. 238-239) Or à cette date, les renseignements des Français indiquent que deux divisions vietminh marchent vers le Nord-Ouest &#039;&#039;&#039;mais sont incapables de savoir si elles vont être concentrées sur Dien Bien Phu, Sam Neua (Laos) ou dans la Plaine des Jarres&#039;&#039;&#039;. Les choses ne s’éclairciront tardivement qu’à la fin décembre (Navarre, 1956, p. 239).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 décembre 53 : Lai Chau est aux mains du VM. De violents combats ont lieu à Muong Pon (entre Dien Bien Phu et Laïchau) entre une compagnie du régiment 174 (316&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division) et les troupes françaises se retirant de Lai Chau vers Dien Bien Phu (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ progressif des parachutistes du G.A.P. 1. Seconde arrivée à Dien Bien Phu du lieutenant-colonel parachutiste Pierre Langlais. Il s’était blessé en se réceptionnant le 21 novembre 1953 (Langlais, 1969, p. 9 et p. 11). Il commande le G.A.P. 2 qui lui demeure à Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée dans le camp retranché de 6 chars M 24 (&#039;&#039;Chaffee&#039;&#039;) en pièces détachées. Leur nombre sera porté ensuite à 10 pour former un escadron à partir du 10 janvier 1954 (Rocolle, 1968, p. 237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 - 14 décembre 53 : 3 bataillons de parachutistes thaïs du lieutenant-colonel Langlais sont durement accrochés à 16 km du camp retranché et ne peuvent atteindre leur objectif, le village de Muong Pon où ils doivent recueillir des troupes thaïes en provenance de Lai Chau et les maquisards du G.M.I.qui accomplissent un repli difficile (Rocolle, 1968, p. 228). Ils rebroussent chemin (épisode non évoqué par Langlais dans ses mémoires). On est loin des « actions offensives puissantes » initialement voulues par Navarre et Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin). Dien Bien Phu n’est déjà plus à cette époque une base de départ pour des attaques françaises comme l’avait déjà rappelé Cogny dans sa note du 8 décembre. &#039;&#039;&#039;Le camp est d’ores et déjà entièrement cerné.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 décembre 53 : Arrivée à Dien Bien Phu du colonel Gaucher. Il commande le G.M. 9 qui a été aérotransporté en provenance du Sud. Il est composé de 2 bataillons de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demi-brigade de la Légion étrangère (13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.L.E.). De Castries lui confie le commandement du sous-secteur Centre qui se compose de 5 centres de résistance : &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039;, &#039;&#039;Claudine&#039;&#039;, &#039;&#039;Dominique&#039;&#039;, &#039;&#039;Éliane&#039;&#039;, &#039;&#039;Huguette&#039;&#039;. Il tombera lors de l’attaque de &#039;&#039;Béatrice&#039;&#039; le 13 mars 1954 (Pouget, 2024, pp. 171-172).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. et le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. vont recueillir sur la piste Pavie la garnison du poste de Muong Pon (18 km au nord-est de Dien Bien Phu) et ainsi permettre aux commandos du 8&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Choc (partis en opération de ratissage à l’est de la piste) de rentrer sans incidents (Pouget, 2024, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 décembre 53 : Navarre adresse une lettre personnelle à Juin (conseiller militaire du gouvernement). L’actuelle tactique du VM va l’obliger à mener « trois batailles défensives » : de faible intensité sur le Delta (Navarre ignore à cette époque que tout le corps de bataille du VM s’oriente vers la Haute Région) ; une bataille entre Vinh et Tatkek (Nord-Annam, contre « une division ») ; une bataille à Dien Bien Phu (« contre des effectifs pouvant atteindre deux divisions »). Faute de renseignements, il sous-estime les forces du VM, notamment la concentration en cours sur Dien Bien Phu. Il estime qu’une défaite sur l’un de ces 3 fronts n’est pas à exclure mais ajoute : « Je crois cependant que la dispersion des efforts vietminh élimine la perspective de revers militairement décisifs, ce qui n’était pas à exclure en cas d’attaque générale du Delta. L’essentiel est que l’opinion publique et surtout celle des milieux politiques ne « flanchent » pas. Je me permets de compter un peu sur vous pour cela. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, pp. 302-303)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après un long périple de deux mois en Asie, le vice-président Nixon rentre aux États-Unis. Il rend compte de sa visite à Eisenhower qui le félicite pour le travail accompli (Coppolani, 2024, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 décembre 53 : L’un des rares groupes venu du secteur de Laïchau, celui du lieutenant Wieme (3 compagnies), parvient à rejoindre Dien Bien Phu grâce à une sortie de la garnison (Rocolle, 1968, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 décembre 53 : Navarre n’est toujours pas convaincu que toutes les forces vietminh se concentreront sur Dien Bien Phu, malgré les rapports précis et désormais alarmants de son 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bureau bien doté en moyens d’écoute. Il en reste à la théorie selon laquelle une telle concentration est impossible (voir 14 décembre). L’arrivée des divisions 308, 312, 304 et de la division lourde 351 montre toutefois que Dien Bien Phu pourrait être attaqué par des forces nettement supérieures à celles prévues par les Français (2 divisions et demie au maximum). Les Français agrandissent le camp retranché et renforcent sa garnison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 – 20 décembre 53 : Navarre est au Tonkin (Rocolle, 1968, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 décembre 53 : Départ à 9 h 30 d’Hanoi de l’avion du commandant en chef pour Dien Bien Phu. Sont à bord : Navarre, Cogny, le général Lauzun (commandant les forces aériennes en Indochine), le général Nguyen Van Hinh (commandant les forces vietnamiennes), les colonels Berteil (sous-chef d’état-major aux opérations) et Revol (état-major de Navarre, directeur de cabinet), le capitaine Pouget (aide de camp de Navarre). Durant le voyage, Cogny explique à Hinh comment « il allait casser le Viet sur le môle de Dien Bien Phu ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Pouget, « Cogny et Berteil, malgré leur antipathie notoire, partageaient ce jour-là la même crainte : que le Viet renonçât à l’attaque. » De Castries accueille le gratin de l’état-major français sur la piste d’atterrissage à 10 h 45. Sur place, on organise un long et minutieux briefing dans le P.C. du G.O.N.O. et, toujours selon Pouget, on prend « des décisions essentielles [dont] dépendront plus tard […] ce qui fut dit ce jour-là. » Un climat de confiance règne : « Lauzun affirma que la route du riz serait coupée, Piroth qu’il musellerait l’artillerie des Viets, Langlais qu’il reprendrait les P.A. perdus, Castries qu’il tiendrait. Aucun ne fit la moindre réserve. » De Castries lit la note de Cogny du 30 novembre dont l’essentiel est de garantir la libre disposition du terrain d’aviation, de tenir la position défensive de Dien Bien Phu, d’empêcher l’ennemi d’intervenir avec ses armes lourdes et de maintenir une liberté d’action dans un rayon de 8 km autour de la piste. Il expose ce qui a été mis en œuvre jusqu’alors, notamment, ce même jour, la création d’un nouveau centre de résistance, &#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;, au sud du camp retranché, proche de la piste d’atterrissage de secours simplement nivelée (Pouget, 2024, pp. 173-178).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’après-midi, Navarre et les accompagnants visitent les points d’appui en cours d’aménagement. Pouget observe des faiblesses au niveau de l’épaisseur des toits des abris et au niveau de la densité des réseaux de barbelés. Il n&#039;y a guère de plan d’ensemble : chaque unité qui occupe temporairement une position organise ses points d’appui « selon ses idées et se moyens qui n’étaient pas forcément les mêmes que ceux de l’unité suivante. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant le départ, dernier briefing en plein air. Navarre estime que « les conditions d’attaque seront très différentes de celles de Na San. » Le VM s’est renforcé, il est mieux équipé, mieux instruit et nettement supérieur en nombre. Cogny le rassure en disant que la position est plus forte qu’à Na San, l’artillerie plus puissante et mieux placée pour agir avec efficacité. Il rappelle que le VM doit parcourir 50 km de route bombardée et, selon lui, « il ne faut rien faire qui puisse le détourner d’attaquer. » (Pouget, 2024, pp. 187-189)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une réunion des cadres de l’intendance du VM (bureau de l’intendance du front) commence à prendre la mesure des immenses besoins logistiques qu’il va falloir mettre en œuvre autour de Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les perspectives de discussion entre la France et le VM ont provoqué une surenchère chez les nationalistes et les sectes (voir 12 – 16 octobre). Bao Daï, ne sachant quel parti prendre, sacrifie Nguyen Van Tam et le congédie. &#039;&#039;&#039;Il désigne son cousin Buu Loc comme nouveau président du Conseil&#039;&#039;&#039;. Mais ce choix ne satisfait personne : ni les nationalistes, ni les sectes, ni les socialistes, ni les syndicalistes chrétiens qui déclinent tous leur appartenance à ce nouveau gouvernement qui sera mis en place le 14 janvier 1954 (Gras, 1979, p. 540).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La division 304 fait mouvement vers Thaï Nguyen pour assurer la sécurité des organes gouvernementaux du VM. Cogny est tenté d’attaquer dans cette direction mais ne sera pas suivi par Navarre car la division 312 occupe toujours le nord du Delta et le commandant en chef entend se focaliser uniquement sur le Haut-Laos (Rocolle, 1968, pp. 222-223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 - 30 décembre 53 : Au Cambodge, opération &#039;&#039;Samakki&#039;&#039; menées par les troupes cambodgiennes contre le VM. Elle fait suite au refus de ce dernier d’obtempérer aux demandes de retrait cambodgiennes formulées par le premier ministre Penn Nouth. Cette action militaire est soutenue par l&#039;aviation française basée à Saigon, en vue de supprimer les maquis Viet Minh dans la province de Battambang et dans les secteurs cambodgiens proches de la Cochinchine (Sihanouk, 1979, p. 233).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 – 19 décembre 53 : Journée de mobilisation syndicale contre la guerre du Vietnam en métropole. 400 meetings sont organisés dans les entreprises, quartiers ou villes. 450 000 insignes pour la paix au Vietnam sont distribués (Ruscio, 1985, p. 306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 décembre 53 : &#039;&#039;&#039;Promulgation par HCM de la loi sur la réforme agraire&#039;&#039;&#039;. Son mot d’ordre sera : « Plutôt dix morts innocents qu’un seul ennemi survivant ! » (Marangé, 2012, pp. 262-263).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 décembre 53 : Navarre apprend que le plus gros des forces l’armée vietminh se dirige vers Dien Bien Phu. Pour autant, il n’ordonne pas l’évacuation de la position par le sud, ce qui est encore possible sans top de pertes à cette date. Il quitte Hanoi pour se rendre à Seno.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la stratégie retenue (voir novembre), Giap opère une opération de diversion au Moyen-Laos (nord de l’Annam) vers Vinh-Thakek qui se concentre le 22 à Na Pe et Ban Na Phao au Centre-Vietnam. La division 325 et un régiment de la 304 participent aux combats. Les Français ont répliqué en créant une nouvelle base aéroterrestre à Seno (contraction des mots Sud Est-Nord Ouest) qui ne parvient cependant pas à contrarier le VM en permettant de le contre-attaquer avec efficacité. Thakek sera pris sans combat le 26. Les troupes françaises basées à Seno-Savannaket, renforcées par un G.M. et un groupement aéroporté, cherchent en vain un ennemi qui se dérobe sans cesse (Gras, 1979, p. 534).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La division lourde 351 (génie et artillerie) reçoit l’ordre de marcher sur Dien Bien Phu. La division 312 et le régiment 57 (304&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division) quittent Yen Bai et Phu Tho pour prendre la même direction (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 – 26 décembre 53 : Navarre lance 2 opérations, &#039;&#039;Régate&#039;&#039; et &#039;&#039;Ardèche,&#039;&#039; qui partent conjointement de Dien Bien Phu et de Luang Prabang (Laos) pour se joindre à Sop Nao (Laos, une trentaine de km au sud-ouest de Dien Bien Phu). Contrairement au nord, le secteur sud-ouest du camp retranché n’est pas encore cerné par le corps de bataille du VM mais par des troupes régionales moins concentrées. Ces opérations visent à créer un couloir stratégique pour protéger le Haut-Laos et le camp retranché en vue d’un éventuel retrait des forces de Dien Bien Phu vers le Laos si les choses tournaient mal. 6 bataillons mobiles établissent une ligne de défense de la rivière Nam You (au nord de Lai Chau, carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. II-III) allant de Luang Prabang à Muong Ngoi et Muong Khoa (Laos) (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 70). Les objectifs militaires de Giap sont atteints puisque Navarre est obligé de disperser ses forces mobiles venues du Tonkin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 décembre 53 : Départ de la division 351 pour Dien Bien Phu. 22 bataillons vietminh sont rassemblés au nord-ouest du camp retranché à cette date.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre renforce le camp retranché avec 3 bataillons d’infanterie et un escadron de chars légers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Des tensions émergent entre Navarre et Cogny&#039;&#039;&#039; (commandant des forces terrestres du Tonkin, partisan de la défense à tout prix du Delta). Dans une directive, le commandant en chef prescrit au niveau du Delta de renoncer à des opérations qui, « avec des moyens spectaculaires ne donnent pas de résultats suffisamment payants » et de « s’attacher plutôt à la destruction des bases ennemies par des offensives rapides et directes, menées par un ou deux groupes mobiles ou groupements blindés. » (Navarre, 1956, pp. 178-179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 décembre  53 : Succédant à Vincent Auriol, &#039;&#039;&#039;René Coty est élu au poste de Président de la République&#039;&#039;&#039;. Son élection a nécessité 13 tours de scrutin. La passation de pouvoir entre Coty et Auriol doit avoir lieu le 17 janvier 1954.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à son long voyage en Asie qui s’est déroulé du 5 octobre au 14 décembre, le vice-président américain Nixon prononce un discours radio-télévisé. Il défend ce qui deviendra sous peu la « théorie des dominos » qui sera explicitement énoncée par Eisenhower le 7 mai 1954. Il a pu constater que la « perte » de la Chine fin 1949 est à la source des problèmes actuels de l’Asie : les communistes chinois ont réussi à exporter leur révolution en Corée, en Indochine et en Malaisie. Face à ce fait, les U.S.A. doivent prendre conscience de la gravité de la situation et abandonner l’idée qu’une solution puisse être trouvée par la négociation : « Nous devons reconnaître qu’il n’est plus l’heure de tenter de nous entendre avec les communistes à des tables de négociation où nous capitulons en fait devant eux […] Nous payons le prix de ce type de diplomatie en Asie en ce moment même. » Selon Coppolani, il y a dans ces propos à la fois une critique de la politique de Truman mais aussi de manière implicite celle d’Eisenhower (Coppolani, 2024, pp. 228-229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 décembre 53 : Navarre, qui a horreur des mondanités et tente d’y échapper, assiste aux fêtes de Noël à Dien Bien Phu où il déclare que « les conditions pour la victoire sont réunies » (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 70). Aucune réunion de travail n’est prévue, le commandant en chef a simplement demandé de réunir et rencontrer le plus d’officiers et sous-officiers possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parlant des troupes occupant le camp retranché à ce moment précis, Navarre écrira rétrospectivement : « L’optimisme de celles-ci m’avait particulièrement frappé pendant la soirée de Noël, que j’avais passé au milieu d’elles, et au cours de laquelle de nombreux officiers et sous-officiers m’avaient parlé librement. Toutes mes inspections ultérieures avaient confirmé cette impression. Malgré tout une sourde angoisse m’habitait. » (Navarre, 1979, p. 339). A ce moment, les centres de résistance &#039;&#039;Huguette&#039;&#039; (ouest) et &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (nord) n’existent pas encore. Navarre constate que les abris n’offrent pas une résistance suffisante contre les coups de l’artillerie lourde et que les réseaux de barbelés sont encore très incomplets. Les choses n’ont donc guère évolué depuis sa précédente visite du 17.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à un largage malencontreux en dehors des barbelés, le VM récupère un lot de 25 cartes françaises au 1/25 000&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; accompagnées de 32 photos aériennes de Dien Bien Phu. Les documents sont immédiatement transmis au P.C. de Tuan Giao. Selon un témoin, « ces cartes françaises nous offrent des informations précieuses et exactes qui seraient utiles plus tard pour nos canons. » (témoignage de Nguyen Viet cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, pp. 77-79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en route de la division 312 pour Dien Bien Phu (Rocolle, 1968, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 décembre 53 : A partir de l’Annam, offensive vietminh sur le Laos. La garnison de Thakek se replie finalement sur la base de Seno organisée en « hérisson ». Navarre quitte Dien Bien Phu. En cours de vol, il décide de se rendre à Seno et y arrive à midi. Selon Pouget, « la panique règne à Seno. » Le commandant en chef est accueilli par le général Bourgrund. Il évoque la perte de Takkek durant la nuit précédente et la progression du VM vers sa base. Des préparatifs d’évacuation du camp sont en cours.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Berteil (sous-commandant des opérations) est arrivé de Saigon sur place avant Navarre. Il est furieux. On se réunit au P.C. C’est Berteil qui prend la parole. Bourgrund n’a pas respecté les ordres reçus. Au lieu de laisser les bataillons vm s’engager dans la forêt, il a engagé de nuit une colonne munie d’artillerie qui s’est volatilisée sous le choc et Thakek a été abandonné sans combat. On se réunit au PC de Bourgund. Là le capitaine Graillat informe de commandant en chef qu’un escadron a été envoyé à Thakek. Le chef d’escadron l’a informé que le calme règne dans la ville après l’évacuation des militaires. Il a constaté que d’importants dépôts de munitions ont été abandonnés. Navarre veut savoir si cet escadron peut se replier sur Seno. La chose est impossible car un pont détruit interdit la retraite. Navarre prend la décision de relever Bourgund de son commandement du Centre. C’est le général Franqui qui prend sa succession (Pouget, 2024, pp. 200-203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les unités de renseignement du VM ont pris connaissance du dispositif français et des cartes des différents centres de résistance du camp retranché ont été établies et distribuées dans les postes de commandement des unités d’attaque. Toutes les communications se font désormais par téléphone pour éviter l’usage de la radio (Rocolle, 1968, p. 249).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 décembre 53 : &#039;&#039;&#039;Des éléments vm entrent dans la ville de Thakek qui a été évacuée la veille. La prise de la ville laotienne a un grand retentissement dans la presse française : « L’Indochine est coupée en deux. »&#039;&#039;&#039; Des forces sont prélevées sur le delta du Fleuve Rouge qui demeure un secteur calme. Prévues depuis septembre pour contrer le VM au Laos, elles sont dirigées vers la base aéroterrestre de Seno (Navarre, 1956, p. 173).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’après-midi, de retour de Dien Bien Phu, Navarre fait étape à Seno pour y réorganiser le commandement local et faire parvenir des réserves prélevées comme prévu du Tonkin : le G.M. 1 et 5 bataillons de parachutistes. L’opération aéroportée (comportant des avions civils) se passe bien car les unités de la division 325 n’arriveront devant Seno qu’entre le 5 et le 9 janvier, une fois les renforts français installés (Rocolle, 1968, pp. 244-245). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 décembre 53 : L’encerclement du camp de Dien Bien Phu est presque total. Entre 11 et 12 000 hommes sont à l’intérieur du camp retranché. Son commandant, le colonel De Castries, est cependant optimiste. Il écrit dans un rapport : « Chez les combattants, le sentiment général est que Dien Bien Phu est très solide, que le Vietminh le sait et n’osera pas déclencher l’attaque générale. » De son côté, Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin) déclare à Navarre : « Nous sommes venus ici pour contraindre les Viets à se battre. » En rapportant ce propos, Navarre les commente a posteriori dans ses mémoires : « C’était son avis plus que le mien. » Le colonel Buffin du 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau affirme au général Blanc, chef d’état-major de l’Armée de Terre : « La seule chose que nous craignons c’est qu’ils n’attaquent pas Dien Bien Phu. » Même optimisme chez le ministre de la Défense Pleven lors de son inspection en Indochine qui confiera après la débâcle : « Je n’ai trouvé personne pour mettre en doute la solidité du camp retranché. Beaucoup souhaitaient l’attaque du Vietminh. » Ce qui est faux (voir 10 février 1954) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, pp. 528-529).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre, de retour de Dien Bien Phu, où il a pu constater « certains retards dans l’organisation de la défense » adresse un télégramme à Cogny dont la conclusion est : « Devez considérer que, dans votre responsabilité d’ensemble sur le Delta et la Haute Région, cette dernière doit avoir la priorité et tout particulièrement la défense de Dien Bien Phu. Delta passe actuellement en deuxième urgence pour vous et pour moi en quatrième urgence après Dien Bien Phu, le Moyen Laos et l’opération &#039;&#039;Atlante&#039;&#039;. Stop. Il n’est pas impossible que je fasse encore des prélèvements sur le delta et vous devez, de votre côté, pouvoir hasarder y prendre quelques risques […] » Selon le commandant en chef, cet ordre devra être « réitéré à plusieurs reprises jusqu’à la veille de l’attaque. » Il reproche à son subordonné de n’envoyer dans le camp retranché « que des bataillons de valeur médiocre » pour en réserver d’autres au profit du Delta (Navarre, 1979, p. 334 ; Rocolle, 1968, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La division 325 qui était dans l’ignorance de ce qui s’est passé à Thakek (voir 25 décembre) entre dans la ville abandonnée par les Français. L’escadron motorisé qui y avait été envoyé a pu être évacué grâce à la reconstruction d’un pont détruit. Mais la chose continue à s’ébruiter dans la presse (voir 26 et 29 décembre) (Pouget, 2024, p. 203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée aux abords du camp retranché de la division d’élite vietminh, la 308.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 décembre 53 : Mort du lieutenant-colonel Guth (chef d’état-major de De Castries) lors d’une reconnaissance au nord du camp retranché en vue de l’installation de &#039;&#039;Gabrielle&#039;&#039; (Pouget, 2024, p. 215). Les abords du camp sont de plus en plus occupés par le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 décembre 53 : La perte sans combat de Thakek (Laos) provoque des remous dans la presse métropolitaine qui met à juste titre en doute la véracité des communiqués militaires. Le correspondant du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; écrit ainsi : « Trop d&#039;assurances ont été données récemment encore, et avec trop de force, qui ont été aussitôt démenties par les faits. Nous avons ainsi appris que le général Navarre s&#039;était acquis durablement le bénéfice de l&#039;initiative, que Laï-Chau serait défendue, que nos opérations avaient désorganisé les plans de l&#039;ennemi, qu&#039;une attaque sur Dien-Bien-Phu était imminente, etc. […] La réalité vient ternir une fois encore l&#039;optimisme des communiqués. Elle devrait au moins persuader de l&#039;inutilité de certains silences, plus encore de certaines affirmations trop péremptoires. » (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 29 décembre 1953)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 décembre 53 : Violent accrochage entre les Tabor et le VM au sud d’&#039;&#039;Isabelle&#039;&#039;. 54 VM sont tués et 5 fusils-mitrailleurs sont pris (Pouget, 2024, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 décembre 53 : Première note de pessimisme. Navarre adresse une instruction à Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin) et au colonel De Crèvecœur (commandant des forces françaises au Laos) leur demandant d’envisager dans le plus grand secret une solution de repli si « la bataille ne tourne pas en notre faveur » (Gras, 1979, p. 530). Il prévoit 2 scénarios possibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« - Soit que les défenses de Dien Bien Phu soient disloquées par des attaques extrêmement puissantes, menées avec des moyens modernes mis en œuvre pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         Soit que Dien Bien Phu soit étouffé, l’ennemi parvenant à nous interdire l’usage du terrain d’aviation, soit par l’artillerie soit par la défense contre-avions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les deux cas, Dien Bien Phu devrait être évacué, mais je précise que ce n’est qu’un pis-aller que je suis bien décidé à ne jouer qu’à la toute dernière extrémité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 242) Dans les faits, ces 2 scénarios se réaliseront l’un et l’autre. Et il n’y aura pas de « soit »… Navarre prévoit discrètement 2 opérations de sauvetage : &#039;&#039;Ariane&#039;&#039;, un recueil des troupes pouvant s’échapper et &#039;&#039;Xénophon&#039;&#039; qui serait une sortie en direction de la vallée de Nam Ou (voir 5 janvier 1954). De Castries n’est pas mis dans la confidence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin décembre 53 - début janvier 54 : Giap poursuit l’encerclement du camp retranché. Il a lancé et lance toujours des opérations de diversion dans le Delta et au Laos (voir 20 décembre 1953 et 27 janvier 1954). La division 320 est reconstituée. Le TD 42 et des bataillons régionaux attaquent les communications et les postes dans le Delta. Les 6 G.M. qui y ont été maintenus diminuent la pression de l’ennemi mais sans vraiment la contrarier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin 53 : Au Cambodge devenu indépendant, Sihanouk lance un appel à l’union nationale en direction des Khmers issaraks et des pro-vietminhs en décrétant une amnistie générale. Le roi ne se fait toutefois pas beaucoup d’illusions au sujet des intentions du VM. L’armée cambodgienne demeure modeste et assez mal équipée mais gagne en combativité depuis la déclaration d’indépendance (Cambacérès, 2013, pp. 101-102).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Novembre_1953&amp;diff=5365</id>
		<title>Novembre 1953</title>
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		<updated>2026-09-19T05:54:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Novembre 53 : Les Vietnamiens connaissent les grands traits du plan Navarre grâce aux indications fournies par les services de renseignements chinois : le choix de Dien Bien Phu pour y installer une base aéroterrestre et les intentions de l’opération &#039;&#039;Atlante&#039;&#039;. Selon eux, « il faut détruire le plan Navarre ». Pour ce faire, ils savent qu’ils doivent multiplier les attaques dans toutes les parties de l’Indochine : en Haute-Région (prendre Laï Chau pour isoler Dien Bien Phu), intervenir au Moyen et Sud-Laos, au nord-est de Cambodge et au sud du Vietnam, mais aussi dans la région de Tay Nguyen (Centre-Vietnam). &#039;&#039;&#039;Le but de ces multiples attaques est de disperser les forces françaises&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;pour mieux les affaiblir&#039;&#039;&#039; (Goscha, 2003, p. 52).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la veille de la campagne d’automne, l’armée de l’air en Indochine dispose  de 3 groupes de transport (environ 70 Dakota et 6 C-119). L’aviation de chasse et de bombardement dispose d’une centaine d’appareils qui peuvent être renforcés par une quarantaine d’avions de l’aéronavale. Par rapport à la situation antérieure, il y a donc une amélioration (Cadeau, 2019, p. 459).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 novembre 53 : L’état-major français est mis au courant d’une action du VM sur Laï Chau et ses maquis profrançais. La division 316 et des éléments d’une autre division qui se trouvaient au sud de Hoa Binh (sud-ouest d’Hanoï) font mouvement vers le pays thaï pour y arriver entre le 7 et le 11 novembre, sans que l’on sache côté français si l’effort va se porter sur le Delta ou la Haute-Région et le Laos. Or Giap a choisi la deuxième solution (voir 19 novembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Navarre prescrit à Cogny&#039;&#039;&#039; (commandant les T.F.I.N.) &#039;&#039;&#039;d’occuper la vallée de Dien Bien Phu&#039;&#039;&#039; par une opération aéroterrestre à lancer le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre voire entre le 15 et 29 novembre pour précéder, si possible, l’arrivée de la division 316. Il n’a pas vraiment la paternité de cette idée qui vient de Cogny (voir 26 juin) et reprend à son compte le plan de Salan qui voulait, avant son départ, reconquérir tout ou partie du pays thaï. Un projet dont les deux hommes ont forcément discuté lors de la passation de pouvoir. &#039;&#039;&#039;La cuvette, dotée d’une piste d’atterrissage depuis l’occupation japonaise et point de départ pour une invasion du Laos, devient la clé de défense du Haut-Laos où les Français implantent donc une nouvelle base aéroterrestre&#039;&#039;&#039; (Gras, 1979, pp. 520-521).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le vice-président Nixon rencontre Bao Dai à Dalat. Il lui demande de s’impliquer plus dans les affaires militaires et d’assumer son rôle de chef de guerre. L’ex-empereur, à son habitude, esquive. Il rappelle à Nixon que la Constitution française de 1946, en instaurant l’Union française, est incompatible avec l’idée de pleine souveraineté du Vietnam. Ce cadre doit donc être modifié. Selon les mémoires de Nixon, « Bao Daï s’opposait à toute négociation avec les communistes, disant : « Il est vain de négocier avec eux. A tout le moins, nous nous retrouverions avec une conférence qui diviserait mon pays entre eux et nous. Et si le Vietnam est divisé, nous finirons par tout perdre. » » L’hôte remercie son interlocuteur pour l’aide américaine récente (385 millions de dollars) qui vont lui permettre de renforcer son armée (Nixon, 1978, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 novembre 53 : Le colonel Berteil (sous-chef d’état-major aux opérations, ancien commandant de la base de Na San après le départ du général Gilles) se rend de Saigon à Hanoi. Il remet à Cogny la directive prescrivant d’occuper Dien Bien Phu entre le 20 et le 25. Cogny organise une réunion avec son état-major en vue de la réalisation de ce projet qui ne suscite aucun enthousiasme parmi ses membres (Rocolle, 1968, pp. 176-177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Bastiani (état-major de Cogny, chef d’état-major des F.T.N.V.) rencontre le colonel Berteil et lui exprime ses réserves quant au projet de base aéroterrestre sur Dien Bien Phu : « Or, dans ce pays, on ne barre pas une direction. C’est une notion européenne sans valeur ici. Le Viet passe partout. On s’en rend bien compte dans le Delta. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 178, note 70)  Les 2 hommes se reverront le 11.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Berteil se rend de Saigon à Hanoi. Il remet à Cogny la directive prescrivant d’occuper Dien Bien Phu entre le 20 et le 25. Cogny organise une réunion avec son état-major en vue de la réalisation de ce projet qui ne suscite aucun enthousiasme parmi ses membres (Rocolle, 1968, pp. 176-177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Bastiani (état-major de Cogny, chef d’état-major des F.T.N.V.) rencontre le colonel Berteil (état-major de Navarre, sous-chef d’état-major aux opérations) et lui exprime ses réserves quant au projet de base sur Dien Bien Phu : « Or, dans ce pays, on ne barre pas une direction. C’est une notion européenne sans valeur ici. Le Viet passe partout. On s’en rend bien compte dans le Delta. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 178, note 70) Les 2 hommes se reverront le 11.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Berteil se rend de Saigon à Hanoi. Il remet à Cogny la directive de Navarre prescrivant d’occuper Dien Bien Phu entre le 20 et le 25. Cogny organise une réunion avec son état-major en vue de la réalisation de ce projet qui ne suscite aucun enthousiasme parmi ses membres (Rocolle, 1968, pp. 176-177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Visite-éclair de Nixon au Laos où il rencontre Souvanna Phouma (Nixon, 1978, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 novembre 53 : Les membres de l’état-major de Cogny rédigent un rapport dans lequel ils exposent leurs inquiétudes quant à la défense du Delta si l’on doit créer une base aéroterrestre à Dien Bien Phu. L’hypothèse d’une attaque du VM sur le seul Delta n’est toujours pas écartée. L’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; n’est d’ailleurs toujours pas terminée (Rocolle, 1968, p. 178).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Diem (voir 12 - 16 octobre) est reçu par Vincent Auriol. Il est donc considéré comme « une carte qu’il sera peut-être pertinent de jouer un jour », selon l’expression du chef de cabinet du président de la République qui le juge « loyal et intègre » et « le seul à pouvoir rivaliser avec Ho Chi Minh » (Journoud, 2011, p 55). Lors de l’entretien, Diem déclare à Auriol : « Pour arriver à la cessation des hostilités, il faut l’équilibre des forces au point de vue militaire ; il existe. Et il faut surtout une meilleure situation au point de vue politique. Il faudrait matérialiser l’indépendance, par un exécutif efficace, avec une politique de bien-être, de justice […] Il ne faut plus de dualité de pouvoir. Il faut un gouvernement vraiment responsable. » Auriol, de son côté, plaide pour le maintien du Vietnam dans l’Union française, seule raison de son engagement militaire aux côtés des Vietnamiens : « D’autre part, état d’esprit français : puisque le Vietnam ne veut pas appartenir à l’Union, pourquoi faire le sacrifice de nos soldats ? C’est logique. Mais le jour où la France s’en irait, soyez tranquille, elle serait remplacée. Si une collaboration doit être établie pendant tout le temps où vous avez besoin de nous, pour être ensuite rompue, il vaut mieux que nous le sachions immédiatement, ce ne serait pas franc, pas honnête d’obtenir de nous tous les sacrifices pour nous dire ensuite : sortez de la maison, elle est maintenant à nous. » (Auriol 7, 2003, p. 387)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’unité chargée du repérage pour ouvrir la voie à la division 316 quitte la province de Thanh Hoa pour se rendre dans le Nord-Ouest (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un vol de reconnaissance a lieu dans le ciel de Dien Bien Phu pour prendre des photos topographiques puis un Dakota lâche du napalm sur la cuvette afin de raser le riz et les broussailles. Le résultat n’est pas satisfaisant à cause d’un taux d’humidité ambiant trop important (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Retour de Nixon au Vietnam. Il se rend à Hanoï où il est invité à dîner par le gouverneur. Dîner durant lequel il prononce un discours anticommuniste (extrait &#039;&#039;in&#039;&#039; Nixon, 1978, pp. 112-113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 novembre 53 : Discours du vice-président américain Richard Nixon à Hanoï. Il se rend ensuite sur le front sud-ouest de Ninh Binh où se déroule depuis le 15 octobre l’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 59). Il n’évoque aucun de ces moments dans ses mémoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 novembre 53 : Face à la levée de boucliers dans son état-major, Cogny envoie un télégramme à Navarre. Il fait valoir son argumentation sur laquelle il ne reviendra pas par la suite : s’il est important de sauver le pays thaï, il est encore plus important de sauver le Delta. Si l’on occupe Dien Bien Phu, le Tonkin devra recevoir de nouveaux renforts pour compenser les troupes qui vont partir pour le Haute Région (Rocolle, 1968, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Assemblée nationale française rejette la demande de levée des immunités parlementaires contre les communistes par 302 voix contre 291, démarche initiée en octobre 1952 par la justice militaire (Navarre, 1956, pp. 113-114).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon prend un avion militaire français pour se rendre le matin à Lai Cac à environ 80 km de la frontière chinoise en zone tenue par le VM. Il assiste à une préparation d’artillerie, déjeune au mess des officiers français puis insiste pour rencontrer leurs homologues vietnamiens. L’après-midi, il se rend à Sontay pour visiter un camp de réfugiés qui ont fui les secteurs tenus par le VM. Le soir, il est reçu à Hanoï pour un dîner dans la résidence du commissaire général Dejean (Nixon, 1978, pp. 113-114).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 novembre 53 : Fin de l’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039;. La pression se relâche : la division 320 n’est plus en état d’intervenir dans le Delta avant un ou deux mois. Ce revers oblige Giap à modifier sa stratégie (voir fin octobre) qui demeure toutefois offensive (faire tomber Laï Chau et se diriger vers le pays thaï). &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; demeure une opération purement retardatrice, le général Gilles replie l’ensemble de ses troupes sur le Delta.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France transfert au Cambodge les éléments de souveraineté qu&#039;elle détenait encore, notamment en matière de défense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon, achevant sa visite en Indochine, se rend au Cambodge où il visite Angkor Vat. Sihanouk le reçoit mais lui fait mauvaise impression : « Il était intelligent mais vaniteux et superficiel. Il semblait plus fier de son talent de musicien que de sa direction politique et me parut considérer sans aucun réalisme les problèmes qu’affrontait son pays. » En quittant l’Indochine, Nixon a une mauvaise impression : les Français n’ont pas su motiver le peuple indochinois à se défendre par lui-même ; ils n’ont pas su lutter contre le nationalisme anticolonialiste communiste et rallier le peuple à une cause. Pour autant, Nixon entend soutenir les Français car sans eux, le pays sombrerait rapidement dans l’idéologie communiste. Il poursuit son périple par la Corée du Sud (Nixon, 1978, pp. 144-115).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 novembre 53 : Après une grève du pouvoir entamée le 13 juin, retour de Sihanouk à Phnom Penh (voir 14 juin) avec reprise de ses fonctions (Gras, 1979, p. 509).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 novembre 53 : Navarre s’entretient longuement dans l’après-midi avec le colonel De Crèvecœur (responsable de maquis défensifs au Laos). L’occupation de Dien Bien Phu permettrait au colonel de sortir de son attitude purement défensive. Navarre lui confie vouloir installer une base aéroterrestre à Muong Sai. La position n’est pas très bonne mais elle dispose d’une piste d’atterrissage et permettrait de lancer des bataillons légers vers Muong Khoua voire Dop Nao, à 2 jours de marche de Dien Bien Phu. Le commandant Vaudrey (que Navarre avait croisé à Na San lors de son incident d’avion) est un bon connaisseur de la région. Il pourra agir (Pouget, 2024, pp. 144-145).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Laos est reconnu comme pleinement indépendant par la France. Le pays vient d’adhérer à l’Union française&#039;&#039;&#039; (voir 23 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Défilé à Phnom Penh de troupes franco-cambodgiennes en présence de Sihanouk et du général De Langlade, commandant des troupes françaises au Cambodge. Ce défilé marque le départ des troupes françaises et donc la fin du statut de protectorat. Le pays demeurera membre de l’Union française et ce, jusqu’au 19 décembre 1955 (Cambacérès, 2013, p. 93).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Cette reconnaisse de l’indépendance du Cambodge&#039;&#039;&#039; provoque d’importantes désertions dans le mouvement issarak : les non communistes acceptent de reconnaître Sihanouk ; les communistes condamnent avec colère ce qu’ils nomment une « parodie d’indépendance ». (Becker, 1986, p. 86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 novembre 53 : Suite à l’annonce de la création de la base de Dien Bien Phu, nouvelle réunion à l’état-major des F.T.N.V. en présence de Cogny et du colonel Berteil (sous-chef d’état-major aux opérations envoyé par Navarre). Sont présents les généraux Gilles (troupes aéroportées, futur responsable de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039;) et Deschaux (commandant le G.A.T.A.C.-Nord), les colonels Bastiani (chef d’état-major des F.T.N.V.), Denef et Multrier ainsi que le colonel Loustal (sous-chef d’état-major-opérations du général Deschaux). Le colonel Nicot (commandant le sous-groupement des moyens militaires de transport), de passage, est également présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On évoque surtout le rôle des aviateurs. Ceux-ci émettent des réserves. Le général Deschaux fait savoir que son souci principal est la sécurité de la piste qui doit être couverte par un système défensif devant permettre aux avions de décoller et atterrir sans la moindre gêne. Il estime que l’appui de l’aviation de chasse sera limité car les avions devront avoir recours à des réservoirs supplémentaires. Il attire également l’attention des participants sur les conditions météorologiques qui risquent d’être défavorables tantôt dans le Delta tantôt en Haute Région (Rocolle, 1968, pp. 180-181). Le colonel Nicot « expose objectivement les difficultés techniques qu’aurait à surmonter l’aviation de transport ». Selon Navarre, ce jour-là, il « ne les avait nullement déclarées insurmontables ». Toujours selon le même, le général Lauzin (commandant l’aviation en Indochine) et le général Dechaux (commandant l’aviation au Nord) n’ont pas jugé utile de rendre compte des remarques de Nicot au commandant en chef (Navarre, 1979, p. 330, note 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 novembre 53 : Cogny remet au colonel Berteil (sous-chef d’état-major aux opérations envoyé par Navarre) une lettre qui doit être remise au commandant en chef portant sur la préparation de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039;. Il y précise : «  […] S’il n’y avait pas cette carte politique thaïe, avec le maniement des partisans en général, je n’aurais guère, en tant que général commandant les forces terrestres au Nord-Vietnam, à vous présenter  que des objections  à l’opération en cause. Les conditions stratégiques qui la font s’imposer à votre échelon n’intéressent pas, en effet, le territoire que vous m’avez confié. En prenant position comme je l’ai fait, j’ai donc essentiellement en vue le jeu politico-militaire que je crois pouvoir mener utilement dans cette région, et pour lequel je vous demande de bien vouloir me renouveler votre confiance. Le colonel Berteil vous dira sans doute qu’il a trouvé ici peu d’enthousiasme, tant à mon état-major que chez les paras et les aviateurs, pour cette opération. Je vous demande de ne voir là que l’expression d’opinions fondées sur des vues souvent partielles, et qui n’interfèrent en aucun cas sur la discipline intellectuelle de tous. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 183)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel affirme devant le Conseil de la République (chambre haute du Parlement français équivalant au Sénat) que « si une solution honorable était en vue, dans le cadre local ou international, la France, comme les États-Unis en Corée, serait heureuse d’accueillir une solution diplomatique au conflit [indochinois]. » (voir 27 octobre) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 539). Mais il ajoute également : « Aucune réponse n’est venue, ni de Ho Chi Minh, ni de la Chine communiste, depuis que j’ai tenu publiquement ce langage, le 27 octobre dernier. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 266)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 novembre 53 : Nouveau Conseil de Défense nationale deux mois après le premier (voir 24 juillet). Selon Gras, Navarre ne sera mis au courant à Saigon de ses décisions que le 20 novembre, le jour même où il s’engage à Dien Bien Phu… Valette, quant à lui, évoque la date du 4 décembre. Au sujet des renforts demandés, Navarre devra « ajuster ses plans aux moyens mis à sa disposition ». Contrairement au précédent Conseil, un écrit est cette fois produit. Il ne s’agit pas de remporter une victoire mais d’« amener l’adversaire à reconnaître qu’il [est] dans l’impossibilité de remporter une décision militaire ». Mais sans moyens nouveaux pour ce faire… On discute à nouveau d’une possibilité de négociation en vue d’un armistice (voir 27 octobre) et on décide d’envoyer l’amiral Cabanier à Saigon pour poser la question de cette opportunité à Navarre (voir 20 novembre) (Gras, 1979, p. 514 et p. 539 ; Valette, 1994, pp. 324-325).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Ély (chef d’état-major des Forces armées) adresse à Navarre une lettre dans laquelle il lui fait comprendre que ses demandes de renforts en hommes et en cadres pour l’Indochine se font au détriment des « autres parties du monde et particulièrement en Europe. » Il lui confie : « Notre système militaire actuel nous oblige à faire de « l’épicerie » et vous savez que pour mettre sur pied et vous envoyer un seul bataillon, il nous faut en casser plusieurs. Ainsi non seulement nous aboutissons à une diminution de nos forces affectées à la défense de la métropole, mais nous provoquons une désorganisation extrêmement profonde et durable. » Selon Ély, c’est « l’impossibilité politique d’envoyer le contingent en Indochine qui nous amèn[e] à faire ces opérations « d’épicerie » […] » (Ély, 1964, pp. 36-38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Répondant à une directive de Navarre en date du 9 sur la participation de l’armée de l’Air à l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039;, la réponse du général Lauzin (commandant l’aviation en Indochine) laisse entendre que la mobilisation des moyens militaires va obliger à réquisitionner des avions civils pour satisfaire d’autres besoins. Aucune objection n’est faite dans ce courrier au futur bon fonctionnement du pont aérien (Rocolle, 1968, p. 187, note 103).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 novembre 53 : Malgré les récentes objections de Cogny et son état-major, &#039;&#039;&#039;Navarre arrête sa décision par une directive adressée au commandant des F.T.V.N. et au général commandant les F.T.L. (forces terrestres du Laos) : Dien Bien Phu doit être réoccupé&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;pour des raisons militaires et politiques (défendre le Laos).&#039;&#039;&#039; Les troupes du Laos doivent se porter vers le Nord-Est afin de pouvoir prendre liaison avec la future garnison de la base aéroterrestre. Le commandant en chef n’a reçu aucun aval de Paris mais peut s’appuyer sur l’accord signé entre le gouvernement français et laotien du 28 octobre par lequel la France s’engage à défendre cet État associé. Position défendue par le commissaire général Dejean et Marc Jacquet (Relations avec les États associés) (Cadeau, 2019, pp. 467-468).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la même instruction, Navarre prescrit à Cogny le repli de la garnison de Laïchau sur Dien Bien Phu sous le nom d’opération &#039;&#039;Pollux&#039;&#039;. Le commandant des F.T.V.N. a toute latitude pour opérer ce repli quand bon lui semble (Rocolle, 1968, p. 225, note 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le roi du Laos, Vivanong Vong, débarque à Saigon de retour de France où il est allé négocier les accords bipartites du 23 juillet. L’adhésion du Laos à l’Union française a été signée à Paris le 22 octobre. Le Laos est le premier (et sera d’ailleurs le seul) État associé indépendant adhérant à l’Union française. Le texte définit en son article 2 l’Union française « comme une Communauté où tous les associés mettent en commun leurs moyens pour garantir la défense de l’ensemble de l’Union ». De plus, la France et le Laos ont signé un accord militaire le 28 octobre. &#039;&#039;&#039;Navarre, qui n’a jamais obtenu d’instructions claires de son gouvernement à l’égard de la défense du Laos, considère donc que l’adhésion de ce pays à l’Union française engage la responsabilité militaire de la France et qu’il se doit de le défendre.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 novembre 53 : Arrivée à Saigon de Marc Jacquet (secrétaire d’État chargé des relations avec les États associés). Un déjeuner est organisé au palais Norodom, résidence du commissaire général Dejean. A 17 h 00, Jacquet demande à être reçu par Navarre. Il est mécontent de ses conditions d’hébergement dans un pavillon annexe du palais Norodom et demande à Navarre de l’accueillir dans de meilleures conditions… Les choses se calment. Le soir Jacquet et Navarre se revoient. On évoque « les différentes positions des membres du gouvernement vis-à-vis du problème indochinois ». Selon Jacquet, l’« imbécile » de Laniel ne tiendra pas et le prochain président du Conseil sera Mendès France qui reprendra Jacquet dans son équipe. Navarre peut donc compter sur lui (Pouget, 2024, pp. 146-149).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Constitution du G.M. 100 (3 498 hommes), une unité d’élite, bien dotée, bien entraînée, composée en partie de vétérans français de la guerre de Corée (Fall, 2020, pp. 222-223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 novembre 53 : Réunion à laquelle participent Jacquet, Navarre et Dejean. On évoque la situation au Laos. Navarre informe les participants de son intention d’occuper Dien Bien Phu et leur demande d’exprimer leur avis. Dejean estime que « le contraire est impensable ». Jacquet exprime, au contraire, avec « euphémisme », le fait qu’il est partisan d’une négociation avec le VM. Ce qui est la position de Mendès France dont il vise les grâces (voir 15 novembre). Selon Pouget, « il ne croyait pas que la France puisse être « relevée » par le Viet Nam de Bao Daï ni le corps expéditionnaire par l’armée vietnamienne. » Toutefois, il estime qu’il ne faut pas laisser « prendre Luang Prabang, occuper la vallée du Mékong et border la frontière de Thaïlande » car « ce sera l’effondrement de l’opinion publique en France et pour nous la guerre est perdue avec l’Union française. » (Pouget, 2024, pp. 149-150)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 novembre 53 : Navarre vient à Hanoï mettre au point les modalités de &#039;&#039;Castor&#039;&#039; (opération aéroportée sur Dien Bien Phu). Sont présents les généraux Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin), Masson (son adjoint), Gilles (troupes aéroportées), Deschaux (aviation, G.A.T.A.C.-Nord), les colonels Berteil (sous-chef d’état-major aux opérations) et Revol (état-major de Navarre, directeur de cabinet). Navarre et Cogny  sont en principe d’accord pour occuper Dien Bien Phu. Dechaux et Gilles sont plus réticents pour des raisons techniques et tactiques : la cuvette de Dien Bien Phu est occupée par un bataillon vm, le 910&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; chargé d’instruire les troupes régionales, et d’autres bataillons du régiment 148 situés à un ou deux jours de marche peuvent intervenir. Des bataillons de la division 316 sont en route vers la Haute Région mais ne pourront être sur place avant le 23 novembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les fortes réserves du général Masson, Navarre tranche et fixe l’opération au 20, si la météo le permet. Gilles acquiesce au final. Quant à Cogny, selon Navarre, il n’émet qu’une « réponse ambiguë » et « ne conclut pas ». (Gras, 1979, p. 522 ; Navarre, 1979, pp. 321-322 ; Pouget, 2024, pp. 151-153). Cette réserve latente à l’égard de &#039;&#039;Castor&#039;&#039;, Cogny se gardera bien de la manifestera publiquement, multipliant de novembre 1953 à février 1954 à qui veut l’entendre et notamment à la presse française ou anglo-saxonne, les déclarations de confiance en faveur du camp retranché de Dien Bien Phu (cf. le catalogue de ses déclarations &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, pp. 336-337, note 1). Jamais lors de ses déclarations écrites devant la commission d’enquête après la défaite de Dien Bien Phu (voir 17 novembre 1955), Cogny ne dira ouvertement qu’il était opposé à &#039;&#039;Castor&#039;&#039; : «  […] Dien Bien Phu était une chose possible […] à condition de pouvoir faire des actions extérieures. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 186, note 100).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après cette décision, Gilles et le lieutenant-colonel Ducorneau s’enferment dans une villa pour préparer dans le plus grand secret l’opération. Ils ont 48 heures devant eux. De leurs choix, rien ne filtrera avant la dernière minute. Les commandants de la première vague (Bigeard et Bréchignac) sont mis au fait le plus tardivement possible (Pouget, 2024, p. 153-154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 - 21 novembre 53 : Mission de l’amiral Cabanier (secrétaire  général adjoint à la Défense) à Saigon (voir 13 et 20 novembre) envoyé sur la suggestion de son ministre. Il sera reçu par Navarre le 20 à Saigon (voir cette date). Selon Laniel, l’amiral demande à Navarre s’il n’estimait pas le moment venu, au vu de l’amélioration de la situation militaire, « de rechercher activement une négociation pour un « cessez-le-feu ». » Selon Laniel, &#039;&#039;&#039;Navarre répond négativement estimant que la situation sera probablement meilleure au printemps&#039;&#039;&#039; (Laniel, 1957, p. 41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 novembre 53 : A la veille de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039;, Navarre quitte Hanoi pour Saigon (Rocolle, 1968, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 - 23 novembre 53 : Conférence des cadres de l’A.P.V.N. à Dong Dau (près de Thaï Nguyen) pour définir le plan de campagne à venir : le Nord-Ouest (Laos) constitue la zone principale et le Delta doit être désormais considéré comme un front secondaire (mais Giap y maintiendra des troupes capables de partir au Laos, pour troubler les Français sur ses véritables intentions). Des opérations de diversion seront également lancées à partir du Sud-Laos et dans la région de Kontum (Centre-Vietnam, nord de Pleiku). Pour le VM, toute l’Indochine doit être considérée comme un théâtre d’opérations potentielles. Ce qui complique sérieusement la tâche des Français en les plongeant dans un doute permanent (Gras, 1979, p. 520). Au cours de cette conférence, Giap déclare au sujet du Nord-Ouest où les populations thaïes ne sont pas toujours favorables au VM : « Les régions que nous libérons [en Haute Région] sont importantes du point de vue stratégique, et doivent être consolidées pour devenir des bases stables. En consolidant la région libérée de Laïchau, nous mettons en échec le complot de l’ennemi qui cherche à semer la division entre différentes nationalités, lui enlevons une base pour recruter des pirates qui troublent la sécurité de nos arrières […] (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 157 ; voir également pp. 198-199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 novembre 53 : Les généraux Gilles (commandant les troupes aéroportées), Deschaux (commandant le groupement aérien tactique Nord, G.A.T.C.-Nord) et Bodet (commandant en chef adjoint des forces interarmées de Navarre) partent de Hanoi à 5 h 00 à bord d’un Dakota puis survolent la plaine de Dien Bien Phu pour décider si les conditions atmosphériques sont favorables au &#039;&#039;&#039;déclenchement de l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Le feu vert est donné à 7 h 20 de Hanoi pour lancer l’opération. A 8 h 45, 33 Dakota décollent de l’aéroport de Bach Mai alors que 32 autres avions attendent l’ordre de s’envoler de Gia Lam (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, pp. 60-61). Navarre informe le gouvernement du déclenchement de l’opération (Laniel, 1957, pp. 36-37). C’est ce même jour, alors que l’opération vient d’être déclenchée, que Navarre apprend officiellement du gouvernement français qu’il n’obtiendra pas les renforts qu’il avait demandé (voir 13 novembre) (Cesari, 1995, p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Démarrée entre 10 h 35 et 10 h 45, il s’agit de la plus grosse opération aéroportée de la guerre d’Indochine réalisée au moyen de 67 Dakota, soit la presque totalité de la flotte (voir octobre). Un groupement de parachutistes composé de 6 bataillons dont le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. du commandant Bigeard (largué au nord-ouest de Dien Bien Phu) et le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; R.P.C. du commandant Bréchignac (largué au sud de Dien Bien Phu et à l’ouest de la Nam Youn) en première vague. Ils appartiennent au groupe aéroporté 1 (G.A.P. 1). Au total, en 2 jours,         2 650 hommes seront parachutés, appuyés par un groupe de 75 sans recul. Les troupes de la première vague s’emparent assez facilement de la zone (15 tués et une cinquantaine de blessés côté français, 115 morts et 4 blessés côté vietnamien), bénéficiant d’appui aérien. Selon Gras, l’opération n’est considérée, dans un premier temps que comme « une opération secondaire de couverture stratégique et à caractère politique local. » (Gras, 1979, p. 523) A 16 h 00, le village de Dien Bien Phu est conquis par les parachutistes de la première vague.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le choix de cet emplacement avait longuement été discuté, y compris sous le commandement de Salan. Le colonel Bastiani, chef d’état-major des forces terrestres du Nord-Vietnam, et une grande partie de l’état-major de Cogny ne croyaient pas que l’emplacement retenu puisse barrer la route du Laos (voir 3 novembre). De leur côté, les aviateurs avaient également mis en garde : les conditions météorologiques dans le Delta et en Haute-Région ainsi que la limite de carburant pour les chasseurs qui ne pouvaient demeurer plus de 10 minutes sur zone rendraient l’appui aérien incertain voire même très aléatoire. Même Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin), initiateur du projet le 26 juin, était devenu plus réticent mais demeurait plus qu’ambigu mêlant silence lors de la réunion du 16 et déclarations publiques en faveur de l’occupation de Dien Bien Phu, du moins à ses débuts (Gras, 1979, p. 521).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jour même de l’opération, Navarre, revenu de la veille de Hanoi, apprend à Saïgon par le biais d’un courrier que lui remet l’amiral Cabanier qu’il n’aura pas les renforts demandés (voir 13 novembre) (texte de la lettre &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 56-57). Il doit faire au mieux avec les moyens dont il dispose. L’amiral a été mandaté par Laniel qui veut en savoir plus avant le débat parlementaire du 26 portant sur le projet de Communauté européenne de défense (C.E.D.) qui risque de menacer la vie de son cabinet. A la question de l’amiral sur l’opportunité d’entamer des négociations d’armistice avec le VM évoquée en Conseil de défense le 13, Navarre qui croit encore en sa chance lui répond qu’il faut attendre les résultats de la campagne d’hiver (Gras, 1979, p. 523 ; Rocolle, 1968, pp. 216-217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commandement de l’opération est confié à Cogny et au général Déchaux (commandant le G.A.T.A.C.-Nord). Toutefois, le commandant en chef a pu observer chez Cogny une « attitude hésitante » et craint qu’il ne « flanche au dernier moment ». Navarre qui se rendra par la suite à plusieurs reprises à Dien Bien Phu délègue donc ses pouvoirs à un adjoint, le général d’aviation Bodet, qui demeurera en résidence permanente à Hanoi aux côtés de Cogny. Selon Navarre, au cours des événements à venir « […] aucune divergence de vue n’a notamment existé […] » (Navarre, 1956, p. 203 ; Navarre, 1979, pp. 331-322).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le commandant en chef reçoit le contre-amiral Cabanier (sous-secrétaire général adjoint à la Défense) missionné par Laniel (voir 17 - 23 novembre). Ce dernier sort de sa serviette une copie de la décision du Comité de Défense nationale du 13 novembre. La réponse sur sa demande de renforts est négative : « Le Comité décide de s’en tenir aux termes de la note du 11 septembre 1953. » (voir cette date) Décision que Navarre avait rejetée. Selon Pouget, Cabanier laisse entendre à Navarre que cette décision gouvernementale peut être modifiée par la suite. Après lui avoir passé un peu de baume « pour les succès obtenus », le Comité demande au commandant en chef « d’ajuster en conséquence ses plans aux moyens mis à sa disposition pour amener l’ennemi à reconnaître qu’il est dans l’impossibilité de remporter une décision militaire. » Comme Jacquet peu de temps avant, le contre-amiral indique à son interlocuteur combien le gouvernement est divisé sur la question des négociations. Pour certains, on doit se contenter des succès récents de l’opération  &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; (voir 7 novembre) et de la récente occupation de Dien Bien Phu. Cabanier demande l’avis de Navarre. Celui-ci est pessimiste et lui répond : « Nous avons mangé le hors d’œuvre, demain nous attaquons le plat de résistance. » Le VM va déclencher de multiples opérations : dans le Delta, au Laos et des actions secondaires au niveau des Lien-Khu 4 et 5. Le succès de l’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; a permis de retarder ces actions mais le potentiel offensif du VM n’est pas entamé. Pour négocier, il faut être en position de force. Et on ne pourra l’être qu’au printemps prochain, ce qui suppose l’arrivée  de renforts (Pouget, 2024, pp. 158-161 ; note du Comité citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au soir, le commandement vietnamien apprend le parachutage des Français. Giap présidait une conférence en cours de cadres sur le plan hiver-printemps 1953-1954 à Dong Thau (près de Thai Nguyen). Dans la nuit, la Commission générale du comité militaire se réunit. Elle  décide que la concentration de troupes françaises sur Dien Bien Phu change la donne. La division 316, mise en mouvement le 4, marchera sur Lai Chau tandis que la division 308 encerclera l’ennemi à Dien Bien Phu. La division 304 reçoit l’ordre de quitter Thanh Hoa pour se diriger vers Dien Bien Phu (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 59 et p. 67).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Institut français d’opinion publique (I.F.O.P.) publie un sondage pour le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; touchant à la guerre d’Indochine :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
35 % des sondés estiment qu’il est souhaitable de traiter avec le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 % pensent qu’il faut abandonner l’Indochine et rapatrier les troupes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 % pensent qu’il faut faire appel à l’O.N.U. ou aux U.S.A.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 % estiment qu’il faudrait une action plus énergique ou se décider à l’abandon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 % fournissent d’autres réponses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 % ne fournissent aucune réponse (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, p. 20 ; sondage non retrouvé dans les archives du &#039;&#039;Monde&#039;&#039; en ligne à la date du 20 novembre 1953).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 novembre 53 : Largage sur Dien Bien Phu de 3 bataillons d’un autre groupement aéroporté (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C., 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. et 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. appartenant au groupement aéroporté 2, G.A.P. 2, commandé par le colonel Langlais). Le général Gilles, malgré son âge et son état de santé, en est.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les correspondants de presse à Hanoi font état par des câbles de l’installation d’un camp retranché durable à Dien Bien Phu comparable à celui de Na San pour soutenir les maquis de la Haute Région. Ces câbles seront publiés dans la presse métropolitaine à partir des 22 et 23 novembre (voir ces dates). L’opération est largement couverte par la presse car Cogny, à son habitude, communique. Giap sera informé par ce canal dès le 24. Les indiscrétions de la presse révèlent également que les Français sont au courant du départ de la division 316, ce qui incitera le VM à modifier ses codes de transmission. La communication de ces informations par Cogny et son entourage agacent Navarre (Rocolle, 1968, pp. 204-206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une déclaration à la presse, Cogny indique que si les moyens aériens l’avaient permis, il aurait transporté d’un bloc l’ensemble de la garnison de Na San à Dien Bien Phu. Ce qui aurait évité le sacrifice des unités d’arrière-garde thaïes qui n’ont pu être embarquées dans les avions et qui ont dû rejoindre Dien Bien Phu par leurs propres moyens, non sans être durement accrochées par le VM (Rocolle, 1968, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après sa rencontre de la veille avec Navarre, départ du contre-amiral Cabanier pour la France (Pouget, 2024, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre se rend au Cambodge pour assister à la fête des eaux. Contrairement à Cogny, il ne communique pas avec la presse sur l’opération en cours (Pouget, 2024, p. 158).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains membres de l’état-major du VM partent pour le Nord-Ouest afin de préparer le P.C. du front (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 – 22 novembre 53 : Poursuite du parachutage de 3 bataillons sur Dien Bien Phu et d’un groupe d’artillerie (Navarre, 1979, p. 322).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 novembre 53 : Liaison est prise avec la base de Laichau dont la garnison doit rejoindre sous peu Dien Bien Phu (voir 8 décembre) (Navarre, 1956, p. 201). A Dien Bien Phu sont présents 4 560 combattants. Les premiers parachutistes seront par la suite progressivement retirés et remplacés par des formations d’infanterie. Contrairement à ce qui s’était passé à Na San, elles auront tout de suite pour mission de « rayonner » (voir 8 décembre) mais les choses se compliqueront sérieusement dès l’arrivée massive des divisions du VM (Cadeau, 2019, pp. 469-471).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La piste d’atterrissage de Dien Bien Phu, après un début de réparation, est en partie opérationnelle pour les avions de reconnaissance. Un premier avion de reconnaissance y atterrit à 10 h 30 (Rocolle, 1968, p. 201).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 - 23 novembre 53 : Giap a désormais confirmation par des articles de presse française que l’armée installe à Dien Bien Phu un camp retranché comparable à celui de Na San. Ces informations ont été malencontreusement données par Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin) et des officiers de presse. L’ampleur du pont aérien mis en place à partir du 26 novembre ne fera que conforter ces informations (Gras, 1979, p. 525).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, Giap hésite au vu des réactions au Comité central comme dans son propre état-major. Craignant un renforcement des franco-vietnamiens à longue échéance, il se décide pourtant à agir en concentrant les divisions 308, 312, 316 et 351 vers la zone réoccupée par les Français. Il écrira par la suite : « De toute façon, quels que soient les changements qui surviendront dans le camp ennemi, le parachutage de ses forces à Dien Bien Phu, pour l’essentiel, crée une situation qui nous est favorable. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 194)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les reconnaissances françaises envoyées du 22 au 24 novembre trouvent le vide et peuvent prendre contact avec les partisans thaï venus de Laïchau (Rocolle, 1968, p. 201).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 novembre 53 : Le général Gilles commande à Dien Bien Phu 6 bataillons de parachutistes (5 100 hommes), 2 batteries de 75 sans recul (du 35&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; régiment d’artillerie légère parachutiste), une compagnie de mortiers lourds. On amorce la fortification du camp retranché. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P. creuse des emplacements de combat de qualité sur &#039;&#039;Anne-Marie&#039;&#039; au nord-est de Dien Bien Phu. Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. et le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.V.N. occupent les hauteurs à l’est, sur &#039;&#039;Éliane&#039;&#039; et &#039;&#039;Dominique&#039;&#039;. Les avions cargos civils et militaires continuent à larguer sans discontinuer du matériel en attendant la mise en fonction de la piste d’atterrissage (Pouget, 2024, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journal &#039;&#039;L’Aurore&#039;&#039; titre alors en première page : « Nouveau coup de butoir de Navarre contre les Viets : des milliers de parachutistes s’emparent de Dien Bien Phu. L’armée française confirme en Indochine la valeur de ses troupes et l’autorité de ses chefs. » Contrairement aux déclarations quelque peu hâtives du toujours ministre de la Défense René Pleven (voir 24 octobre 1952), « l’aérodrome de Dien Bien Phu aurait une valeur internationale considérable en cas de guerre générale dans le Sud-Est asiatique » car il contrôle « surtout la province du Yunnan. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 336, article) L’ensemble des autres grands journaux qui évoquent de temps à autre la guerre d’Indochine (&#039;&#039;Le Figaro&#039;&#039;, &#039;&#039;France Soir&#039;&#039;, &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039;) partageront en ce mois de novembre et jusqu’à ce que les choses se gâtent en février-mars 1954 le même optimisme. A une exemption notable, comme on pouvait s’y attendre, celle de &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; qui parle ce jour même d’une « opération-prestige » rendue nécessaire pour faire oublier les premiers déboires du plan Navarre et satisfaire « les exigences américaines qui veulent qu’une fois les dollars versés, les soldats français se battent bien ». Le journal communiste est alors l’un des rares quotidiens français à remettre en cause, avec une réelle clairvoyance, les dangers des choix de Navarre : « Ce nouveau camp, comme les autres créés précédemment, est entièrement tributaire de l’aviation puisque deux cents kilomètres libérés par l’armée vietnamienne le séparent des bases du corps expéditionnaire, ce qui exclut toute idée de retraite de la jungle. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 337, article)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place du gouvernement Chan Nak qui demeurera jusqu’au 6 avril 1954 (Jennar, 1995, p. 147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 novembre 53 : Mise en service du terrain d’aviation de Dien Bien Phu aménagé sous les ordres du général Gilles, commandant des troupes aéroportées (Navarre, 1956, p. 201).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les divisions d’élite 308, 312 et 351 (division lourde équipée de camions) qui stationnaient dans la région de Phu To et Thaï Nguyen reçoivent l’ordre de faire mouvement vers Dien Bien Phu. Elles ont alors, pour les 2 premières, à parcourir 5 à 600 km à pied de nuit (Pouget, 2024, p. 162).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel (président du Conseil) déclare : « Nous sommes prêts à étudier les propositions de l’ennemi pour un cessez-le-feu sans exiger sa capitulation inconditionnelle. » Cette déclaration va dans le sens de la politique défendue par le radical Pierre Mendès France et la gauche, tous favorables à une négociation directe avec le VM. Voire même celle de Georges Bidault et du M.R.P., plus modérée, mais qui préconisent aussi « un règlement général en Asie » incluant la Chine, un pays qui peut influer sur le VM (Devillers, 2010, p. 332).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 novembre 53 : La piste de Dien Bien Phu est désormais opérationnelle, un premier Dakota peut y atterrir un peu avant midi. 4 500 hommes (5 100 selon Rocolle, 1968, p. 202) poursuivent la construction du camp retranché qui doit être, selon les directives, « aussi économique que possible » (Gras, 1979, p. 522). 145 tonnes de fils barbelés et 5 à 6 unités de feu (un nombre de munitions par pièces d’artillerie) sont dès lors disponibles. La piste d’aviation (qui existait depuis la présence des Japonais) sera encore agrandie par la suite et remise en état par des éléments du génie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bulletin 350 sur la « situation militaire en Indochine » issu de l’état-major de Navarre indique : « La portée politique, économique et militaire est telle que, maniée avec succès, elle priverait pratiquement l’ennemi des avantages acquis par lui au cours de la campagne 1952-1953. Il est donc à prévoir qu’il réagira avec force. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pouget, 2024, p. 158)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 novembre 53 : La vocation du camp retranché n’est toujours pas clairement définie : forteresse barrant la route du Laos ou base de départ pour des opérations en pays thaï ? Cogny (commandant des forces terrestres du Tonkin) annonce son intention de « mener contre l’ennemi une bataille défensive dans le triangle Dien Bien Phu, Laï Chau, Tuan Giao, en s’appuyant sur Dien Bien Phu, réduit de la défense. » (Gras, 1979, p. 522 ; Rocolle, 1968, p. 224).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM accorde une rare interview au magazine suédois &#039;&#039;Expressen&#039;&#039; par le biais de son correspondant parisien, Svante Löfgren, qui a adressé des questions écrites à HCM faute d’avoir pu le rencontrer. Il y fait une ouverture vers les Français (voir 29 novembre). Après avoir affirmé que « le peuple vietnamien est prêt à mener la lutte patriotique jusqu’à la victoire », il ajoute : « Mais, si le gouvernement français, ayant profité de la leçon des années de guerre, souhaite un armistice et un règlement de la question indochinoise par des négociations, le gouvernement de la R.D.V. et son peuple sont prêts à discuter la proposition française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 209)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette ouverture est entendue en France par certains : Paul Reynaud (vice-président du Conseil), Marc Jacquet (États associés) ou encore Albert Sarraut (qui avait déclaré dans &#039;&#039;L’Express&#039;&#039; du 5 au 12 juillet : « Je n’hésite pas à déclarer aujourd’hui, comme je le faisais en 1949 : si je retrouvais devant moi le Ho Chi Minh de 1946, je traiterais avec lui. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocole, 1968, p. 29, note 24)) L’offre d’HCM (qui fait cependant suite à la réunion du comité militaire du VM qui avait siégé du 19 au 23 novembre et durant lequel on avait arrêté le plan de campagne pour l’hiver 1953-1954…) n’est pas reprise par le Parlement français tout occupé, une partie de décembre, par l’élection présidentielle. Laniel n’évoquera à nouveau la question de l’Indochine que le 6 janvier 1954. Coup de bluff insincère (?) à la veille de la conférence des Bermudes (voir 4 - 8 décembre), les déclarations d’HCM vont en tout cas jeter le trouble dans les relations déjà bien difficiles entre les Français et Bao Daï. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Navarre adressée à l’attention du général Ély (chef d’état-major général de la Défense nationale) et du général Blanc (chef d’état-major de l’Armée de Terre) portant sur le net déficit d’encadrement des troupes en Indochine ne recevra aucune réponse. Navarre constate d’après ses calculs que là où l’encadrement est de 1 officier pour 20 hommes en Europe où on ne se bat pas, il l’est de 1 pour 30 en Indochine où l’on se bat. Il en est de même pour les sous-officiers (Navarre, 1956, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 novembre 53 : A cette date, par un enchaînement de décisions des deux adversaires, Dien Bien Phu devient, selon Gras, « une épreuve de force décisive que Navarre voulait précisément éviter. »  Or, dès ce moment, le commandement français sait par son 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau que les divisions 308, 312 et 351 vont rejoindre la 316 en Haute-Région et ainsi menacer le Laos (Laniel, 1957, p.  38 ; Pouget, 2024, p. 163).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré l’arrivée d’une antenne du S.R. vietminh, l’aménagement d’une importante base logistique à Tuan Giao (80 km au nord-est de Dien Bien Phu) et l’ordre donné au génie des forces du VM d’élargir la route entre les deux localités, le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau de Navarre conclut que « rien ne permettait d’affirmer que les renforts seront envoyés au nord-ouest et quelle en serait l’importance. » Ce même 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau estime par ailleurs à tort que le VM ne peut pas entretenir en Haute-Région plus de deux divisions et 20 000 coolies, qu’il lui est impossible d’y amener des canons de calibre supérieur à 75 mm et des munitions pour plus de sept jours de combat. Ces données renforcent Navarre dans l’idée d’un combat court, où le camp retranché tiendrait le temps qu’il faudrait comme cela s’était produit à Na San (Gras, 1979, pp. 523-524). Or la division lourde 351 avec ses canons de 105 mm a reçu l’ordre de rejoindre Dien Bien Phu depuis le 24.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marc Jacquet (secrétaire d’État aux États associés) répond maladroitement par voie de presse aux questions du journaliste suédois qui avait interviewé HCM (voir 26 novembre). Il parle d’« une nouvelle d’importance mondiale » mais n’évoque pas directement une négociation multipartite incluant les États associés, un point sur lequel Laniel avait au contraire insisté. Ce qui lui vaudra un communiqué de désaveu du président du Conseil : « L’interprétation par un journal suédois de déclarations qu’aurait faites M. Marc Jacquet ne saurait en aucune manière être considérée comme correspondant à la position du gouvernement français. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 267)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 – 29 novembre 53 : Départ de la division 308 pour le Laos. Elle était jusque là cantonnée dans le nord du Delta. Pour l’instant les divisions 304, 312 et 351 n’ont pas fait mouvement (voir 22 et 24 décembre) (Rocolle, 1968, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 novembre 53 : Le journal suédois &#039;&#039;Expressen&#039;&#039; publie l’interview d’Ho Chi Minh qui est disposé à signer un armistice avec la France. Le président de la République Auriol engage le président du Conseil Laniel à donner suite et va jusqu’à lui-même rédiger une réponse. Mais Laniel se contente d’un communiqué qu’Auriol juge « sans allant et sans chaleur », indiquant que la France a déjà exprimé son point de vue et qu’il appartient au VM de faire connaître le sien mais par une voie officielle. Selon De Folin, le chef du gouvernement ne veut pas seulement négocier avec le VM mais dans un cadre beaucoup plus vaste impliquant l’Angleterre et les États-Unis mais aussi et surtout, l’U.R.S.S. et la Chine, dont les rôles respectifs pourraient être utiles (De Folin, 1993, p. 262 ; Auriol 7, pp. 424-426). Selon Navarre, Letourneau (États associés) déclare juger la nouvelle « d’importance mondiale ». Mais il sera recadré le jour-même par un communiqué de la présidence du Conseil qui fait savoir que cette opinion « ne saurait en aucune manière être considérée comme correspondant à la politique du Gouvernement » (Navarre, 1956, p. 112).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que l’opération &#039;&#039;Castor&#039;&#039; entre dans son huitième jour, Navarre et Cogny arrivent pour la première fois à Dien Bien Phu. Pour eux c’est une belle victoire tactique : les soldats vm du régiment 148 qui occupaient les lieux ont été délogés et les troupes françaises ont pris le commandement de toute la vallée. Ils confient le commandement du camp retranché au colonel De Castries (Dao Thanh Huyen &#039;&#039;et alii&#039;&#039;, 2010, p. 59 et p. 61). Navarre, venu le décorer, demande à Gilles qui peut le remplacer après son départ. Gilles lui répond, dans l’ordre de ses préférences, De Castries ou Vanuxem (Pouget, 2024, p. 135).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le reste du bataillon 910 qui s’était fait étriller par le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C. de Bigeard le 20, se regroupe sur la piste Pavie (Pouget, 2024, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 novembre 53 : Le général Gilles (commandant provisoire du camp retranché de Dien Bien Phu) reçoit de Cogny une instruction lui enjoignant de « garantir au minimum la libre disposition du terrain d’aviation de Dien Bien Phu ». Il doit tenir l’ennemi éloigné de la piste d’atterrissage « avec ses armes lourdes, en maintenant notre liberté d’action dans un rayon de 8 kilomètres autour de la piste. Étant donné la configuration du terrain et la direction de la menace principale, l’effort défensif devra être orienté vers l’est et le nord-est […] » (Rocolle, 1968, p. 274, note 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Échaudés par la publication de l’interview d’HCM du 26 et l’attitude ambigüe des Français, les nationalistes vietnamiens réagissent. Ngo Dinh Nhu déclare : « La France est en train de nous trahir… Nous estimons que Bao Daï doit refuser de se rendre à Paris et rompre les relations avec la France ». (Auriol 7, 2003, p. 702, note 6)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Octobre 1952</title>
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		<updated>2026-09-19T05:51:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Octobre 52 : La justice militaire demande la levée de l’immunité parlementaire des principaux dirigeants communistes. Cette demande sera finalement rejetée (voir 6 novembre 1953) (Navarre, 1956, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les services de contre-espionnage français parviennent à casser une partie des codes du VM : Giap dirige ses troupes sur Na San (ouest d’Hanoi) et semble ignorer l’importance des troupes stationnées dans le camp fortifié (Wainstock, Miller, 2019, p. 118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre 52 : Les bilans présentés pour la période du 28 juin au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre mentionnent 114 villages fouillés par les 5 G.A.M.O. (voir 26 mars et 19 août), 90 700 personnes recensées,   10 000 ralliements, 527 Vietminh arrêtés, 67 000 tracts distribués, 443 conférences tenues,    97 616 vaccinations anticholériques et antivarioliques accomplies, soit au total plus 43 571 soins et traitements (Le Page, 2007, p. 5).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 octobre 52 : Le service de renseignement français indique à Salan une concentration du VM au nord et au sud de Yen Bay. De Linarès met en alerte tout le Nord-Ouest.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 52 : Salan reçoit le secrétaire d’État à la Défense, De Chevigné. Visite de la Cochinchine et du Sud-Annam « où tout est en ordre ». Salan demeure cependant inquiet pour le Tonkin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 octobre 52 : Comme annoncé lors de la réunion du 6 au 9 septembre, les troupes du VM franchissent le Fleuve Rouge au niveau de Yen Bai et pénètrent dans les territoires du Nord-Ouest (Giap 2, 2004, p. 257). Les services de renseignement français, pris au dépourvu, ont du mal à évaluer l’ampleur de l’offensive du fait d’un changement du système de code du ravitaillement opéré en juin (Cadeau, 2019, p. 423).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 octobre 52 : Dans une circulaire, le comité exécutif du Parti ouvrier vietnamien du district de Dong Trieu rapporte que « le G.A.M.O. constitue une forme politique très efficace créée par les fantoches pour servir la pacification menée par les pirates français et tromper les pacifistes, les mécontents, etc. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, p. 413)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 octobre 52 : Rencontre à Paris entre Auriol, Bao Daï et Antoine Pinay (président du Conseil). S’adressant à Bao Daï, ce dernier se demande s’il ne faudrait pas reprendre contact avec le VM dans une guerre qui s’éternise : « Avez-vous l’impression que nous puissions avoir raison de la guerre par les armes ? Il y a probablement un moment où l’on pourrait envisager d’intervenir diplomatiquement […] Je suis effrayé de voir tout ce que nous perdons. Le Vietnam aussi perd beaucoup d’hommes. Ne viendra-t-il pas un moment où il faudra peut-être essayer de prendre des contacts ? Le Vietminh s’en rend bien compte, la guerre est interminable. » Bao Daï n’y croit pas (Auriol 6, 2003, pp. 496-497).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 52 : Au sujet des G.A.M.O., De Linarès écrit : «  J’ai été très heureux de constater chez les diverses autorités militaires ayant été en rapport direct avec les G.A.M.O., la satisfaction qu’elles ont éprouvée depuis quelques temps dans leur coopération avec ces organismes si importants de l’administration du Nord-Vietnam, [...], les bilans d’action des G.A.M.O. font d’ailleurs clairement ressortir les défaites qu’ils ne cessent d’infliger aux rebelles sur les plans moral, social, politique dans les villages récemment libérés [...] » La réalité des actions des G.A.M.O. est en fait beaucoup plus nuancée que ce qu’en dit De Linarès : encadrement et qualité du personnel insuffisants, manque de moyens, la direction des G.A.M.O. d’Hanoi refuse d’admettre sa subordination aux chefs de province, la propagande a un caractère essentiellement publicitaire et on déplore un manque de cohésion des équipes (Le Page, 2007, pp. 4-5). S’y ajoutent des problèmes de concussion et/ou de relations parfois orageuses entre les cadres civils vietnamiens et les militaires au sein de ces structures franco-vietnamiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premiers contacts entre le VM et les Français au niveau des postes qui couvrent la localité de Nghia Lo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 - 17 octobre 52 : Offensive vietminh en Haute-Région sur la Rivière Noire à l’ouest de Nghia Lo. &#039;&#039;&#039;Les Français sont contraints d’abandonner les avant-postes qui couvraient Ngia Lo&#039;&#039;&#039; après de rudes combats et de lourdes pertes. La manœuvre vietminh en direction du sud, à travers le Laos ne fait plus de doute. La route du pays thaï est ouverte au Vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 52 : Courrier de Salan à De Linarès : la menace se précise sur Nghia Lo et Son La. « Les éléments connus ne nous permettent pas encore de déterminer la manœuvre, aussi je pense qu’il faut laisser se développer l’affaire vietminh avant d’agir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 2, 1971, p. 330) Pour autant, selon Giap, De Linarès ordonne le déplacement d’un bataillon de légionnaires de Na San pour renforcer la défense de Son La (Giap 2, 2004, p. 261).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan reçoit une délégation militaire thaïlandaise. Face à leurs inquiétudes sur la situation actuelle, il en profite pour leur demander une aide pour le ravitaillement en vivres vers les villes situées entre Vientiane et Paksé (Salan 2, 1971, p. 342).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 octobre 52 : Devançant les ordres de Salan, De Linarès fait parachuter le 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. du commandant Bigeard à Tu Le, à 10 km de Gia Hoï (pays thaï, au nord de Nghia Lo). Il s’installe sur un piton qui domine le poste et la cuvette et récupère en passant la garnison du poste de Gia Hoï. Après la chute annoncée de Nghia Lo, le commandement va se trouver préoccupé par un deuxième problème : le sort du 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. qui n’a pas eu le temps d’intervenir pour sauver ce poste (Bigeard, 1997, pp. 104-115 ; carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Bigeard, 1997, p. 114).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Playe (commandant du Génie) reçoit l’ordre de désigner 2 de ses officiers  pour se rendre à Na San et y mettre à l’abri la piste d’aviation d’un coup de main du VM (Cadeau, 2019, p 434).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 52 : Après celle de la campagne d’octobre 1951, Giap lance une nouvelle attaque sur &#039;&#039;&#039;Nghia Lo&#039;&#039;&#039; (sud-ouest de Yen Bay) vers 17 h 00 avec la division 308 contre 2 postes défendant le village tenu chacun par une compagnie. Giap ne commet pas les mêmes erreurs que l’année précédente : les 2 postes, haut et bas, sont écrasés d’obus. Celui du haut tombe vers 21 heures et ne peut donc plus protéger celui du bas qui tombera le lendemain. L’intervention de l’aviation n’y peut rien faire. Salan informe à 22 heures Letourneau (États associés) et De Chevigné (secrétaire d’État à la Défense) de la situation, au cours d’une réception en l’honneur de ce dernier qui a lieu à Saigon. Ils disent vouloir se rendre sur place (Salan 2, 1971, p. 331).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM répond à l’invitation que lui a adressée Staline « du bout des lèvres » pour se rendre incognito et de manière non officielle au XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès du parti communiste soviétique (voir 30 septembre). Dans cette réponse, HCM demande à associer le président chinois Liu Shao Qi aux discussions sur le Vietnam (voir 28 octobre) (Marangé, 2012, p. 193).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Na San des 2 sapeurs désignés la veille par le colonel Playe (Cadeau, 2019, p. 434).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 52 : De Linarès informe Salan de la perte des 2 postes (haut et bas) de Nghia Lo. Le poste haut est tombé la veille, vers minuit. Salan part de Saigon pour l’état-major d’Hanoi puis se rend en avion avec Letourneau et De Chevigné (secrétaire d’État à la Défense) pour Nghia Lo. De là, il part pour Na San où il donne des ordres qui seront rédigés par écrit le 19 au soir pour être donnés à De Linarès : « Il faut réaliser autour du terrain d’aviation de Na San un ensemble de points forts avec points d’appui battus par l’artillerie, plaçant le terrain à l’abri de toute attaque ennemie. Na San devient la base d’où nous lancerons nos opérations offensives contre les divisions vietminh et où nous pourrons attendre leur choc. » Le but de la manœuvre est d’empêcher la perte totale du pays thaï qui est toujours resté fidèle aux Français. Letourneau et De Chevigné approuvent (Salan 2, 1971, p. 333).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Salan réagit à la perte de Nghia Lo et inaugure la stratégie des camps retranchés en fortifiant Na San&#039;&#039;&#039; (proche de Son La sur la R.P. 41, au cœur du pays thaï) pour barrer la route du Laos. C’est la constitution d’un premier « hérisson » qui doit obliger l’ennemi à ne pas s’esquiver et combattre. Un pont aérien sera établi pour fortifier la localité dont Salan fait protéger la piste d’atterrissage (voir 19 novembre). Na San se trouve à 190 km d’Hanoï, soit environ 40 minutes de vol. C’est ce type de tactique qui sera adopté ultérieurement ailleurs, notamment à Dien Bien Phu (Gras, 1979, pp. 474-478 ; Salan 2, 1971, p. 332).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 octobre 52 : A 5 heures, &#039;&#039;&#039;Nghia Lo, submergé, tombe définitivement&#039;&#039;&#039;. Salan donne l’ordre de repli des postes dispersés le long de la  R.P. 41 de Hanoi à Lai Chau sur Na San et Lai Chau. Bigeard, qui connaît bien la région depuis 1947, reçoit l’ordre de quitter Tu Le et de se rendre sans attendre sur Na San (120 km de pistes), en repliant au passage les postes de la Haute et Moyenne Région situés sur la rive droite de la Rivière Noire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 52 : A 2 heures, Salan est informé que le bataillon de Bigeard, toujours à Tu Le, est attaqué mais résiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan part à 8 heures avec Letourneau sur place. Il réitère son ordre de repli à Bigeard avec l’appui du 56&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon vietnamien. Bigeard se met en route à 13 heures, avec ses blessés. Mais dès 17 heures, son arrière-garde est harcelée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du Groupement opérationnel de la moyenne Rivière Noire qui doit prendre en compte les combats en pays thaï. Son commandement est donné au colonel Gilles, adjoint de De Linarès (Cadeau, 2019, p 426).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Na San, le chef de bataillon Casso arrivé le 17 est nommé commandant du Génie et conseiller technique du général commandant le Groupement opérationnel de la Moyenne Rivière Noire. Il établit avec son équipe, après avoir examiné la configuration géographique, les premiers schémas d’organisation du terrain, esquisse un calendrier de travail et dresse un inventaire des ressources locales en main d’œuvre et matériaux pour renforcer les abris de la base. A cette date, il ne connaît ni les effectifs définitifs de la base aéroterrestre ni la date à laquelle le VM arrivera au contact (Cadeau, 2019, p. 434).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 octobre 52 : A 3 heures, la colonne de Bigeard se regroupe péniblement vers le poste de Muong Chen où il est en grande difficulté : 70 tués et blessés, plus de ravitaillement. Il demande le soutien de l’aviation qui l’épaule et le ravitaille. Il sera soutenu par une trentaine d’avions. De Linarès et De Chevigné (secrétaire d’État à la Défense) sont dans l’un d’eux. Puis c’est la dispersion. Au final, très peu d’hommes rejoindront Na San (voir 24 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 octobre 52 : A 9 heures, une colonne de secours entre en contact avec ce qui reste de la colonne Bigeard et qui a progressé par une étroite piste parsemée de cols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 octobre 52 : La colonne Bigeard atteint Na San. Son épopée est reprise dans la presse métropolitaine et son commandant est mis pour la première fois en valeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 octobre 52 : Les éléments rescapés de la colonne Bigeard (300 hommes avec les postes repliés) parviennent à Na San (sud-est de Son La) et, de là, seront rapatriés sur Hanoi par avion (voir 28 octobre). Bigeard, souffrant d’une importante contusion depuis le début de l’affaire et exténué, est pris en charge par un avion et se rend directement chez De Linarès (Bigeard, 1997, pp. 104-115).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Pleven (ministre de la Défense) minimise devant l’Assemblée nationale la perte de Nghia Lo : « Le pays thaï n’a pas, dans l’état actuel, de valeur économique ou stratégique importante. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 335, article) Tenir le pays thaï sera pourtant jugé comme stratégique en novembre 1953, lorsque tous les regards se tourneront vers la cuvette de Dien Bien Phu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 52 : Salan lance une action de diversion pour laisser croire à un nouveau raid sur Hoa Binh (Cadeau, 2019, p. 427). Elle précède l’action &#039;&#039;Lorraine&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 octobre 52 : &#039;&#039;&#039;Un plan complet de fortification de Na San&#039;&#039;&#039; (sud-est de Son La) &#039;&#039;&#039;est élaboré.&#039;&#039;&#039; 10 points d’appui seront fortifiés sur les collines qui dominent et entourent la piste d’atterrissage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En l’honneur de la colonne Bigeard et dans un but de pure propagande est organisée à Hanoi une imposante cérémonie de remise de décorations aux parachutistes du 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.P. Ce qui n’ira pas sans suscite des polémiques au sein du corps expéditionnaire (Cadeau, 2019, p. 621, note 8). Bigeard reçoit la cravate de commandeur de la Légion d’honneur des mains de Letourneau et nombre de distinctions seront remises aux rescapés. Un repas est organisé en leur honneur à Hanoi en présence de Salan, De Linarès « et de hautes autorités » (Bigeard, 1997, p. 115).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors du XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès du parti communiste soviétique auquel HCM a été invité « de façon non officielle » est organisée une rencontre entre le dirigeant vietnamien, Staline et le président chinois Liu Shao Qi. HCM avait été demandeur de cette rencontre entre Russes et Chinois. Le président chinois avait demandé avant cette réunion à ce qu’y soit abordée la question de la réforme agraire au Vietnam. HCM voulait quant à lui s’en tenir à une simple réduction des fermages. Mais, sous la pression conjuguée des Russes (voir 10 février 1950) et des Chinois, il est obligé de se plier à leur exigence commune. HCM actera cette décision le 31, moins par conviction que dans l’espoir de continuer à recevoir une aide militaire des Soviétiques et des Chinois. C’est aussi un moyen pour améliorer ses relations très tendues avec Staline (Marangé, 2012, p. 184). A l’occasion de cette rencontre, HCM, Liu Shaoqui et Staline discutent également de nouvelles opérations en Indochine septentrionale (Goscha, 2000, p. 22).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 octobre - 18 novembre 52 : &#039;&#039;&#039;Opération &#039;&#039;Lorraine&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 2, 1971, p. 339 ; Fall, 2020, p. 104). Cette grosse opération terrestre et aéroportée (30 000 hommes) a une portée retardatrice permettant l’installation du camp retranché de Na San. Elle est dirigée par le colonel Dodelier (commandant la zone Ouest) et dispose de 4 G.M. (G.M. 1, 3, 4 et 5), un groupement de parachutistes de 2 350 hommes (1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.E.P., 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.P.C.), de 2 sous-groupements de blindés et de nombreuses unités du génie (en vue de nombreux franchissements de rivières).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle vise dans un premier temps les voies de communication du VM et surtout un important dépôt de matériel camouflé et disséminé, situé à Phu Doan (au nord de Vietri), capable d’alimenter les prétentions de Giap en pays thaï. Le 9 novembre, il est localisé et neutralisé, non sans difficultés du fait de la présence d’unités régionales pour le défendre. C’est à cette occasion que seront découverts 3 premiers camions &#039;&#039;Molotova&#039;&#039; russes, une jeep, 150 tonnes de munitions, 1 500 fusils, 100 mitrailleuses, 22 mitraillettes, 30 fusils-mitrailleurs, 56 mortiers de tous calibres, 23 bazookas et 3 canons sans recul (Salan 2, 1971, pp. 337-340 ; Cadeau, Cochet, Porte, 2021, pp. 584-585 ; Fall, 2020, p. 111 ; Cadeau, 2019, pp. 426-432 ; Rocolle, 1968, pp. 165-167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces françaises conduisent ensuite une vaste opération dans la région comprise entre la Rivière Claire et le Fleuve Rouge dans le dessein d’alléger le front de Na San tout en s’efforçant de désorganiser le ravitaillement et la logistique des troupes du VM. L’opération ne réussit que partiellement, quoiqu’en dise Salan : un seul régiment vietminh est détourné de Na San. Mais ces combats retardateurs permettent la finalisation du camp retranché dont le VM ignore pour l’instant la finalité tactique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14, considérant les objectifs atteints, le commandement français décide de stopper l’opération sous la menace d’un renforcement des troupes du VM et de menaces sur le Delta vidé de troupes franco-vietnamiennes. Dans la nuit du 13 au 14, 3 000 hommes de la division 320 tentent de s’emparer sans succès des postes protégeant Phat Diem dans la zone des Évêchés. Le retour des G.M. dans la ligne De Lattre s’effectue dans de bonnes conditions, excepté pour le G.M. 4 qui tombe dans une embuscade du régiment 36 (division 308) dans le défilé de Chan Mong (20 km au nord de Phu To sur la R.N. 2). Ces combats atteignent un haut de gré de violence puisqu’on en vient au corps à corps (Gras, 1979, pp. 479-482 ; Salan 2, 1971, pp. 337-341 ; Fall, 2020, pp. 100-124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin octobre 52 : Salan reçoit l’amiral Radford, commandant américain de la flotte du Pacifique. C’est un ami du futur président Eisenhower (voir 4 novembre) qui deviendra président du comité des chefs d’état-major. Les réunions de travail permettent d’approfondir la question de l’aide américaine, notamment celle des pièces de rechange pour l’aviation (Salan 2, 1971, p. 343).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=5363</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2026-09-19T05:49:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Études historiques, mémoires, témoignages, souvenirs :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral relevé par The New York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Livre noir. Faits et preuves des actes d’agression du Vietnam contre le Kampuchéa&#039;&#039;, Paris, Éditions du Centenaire, 1979, 87 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consultable sur : http://editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/brochures/e100/kampuchea_livre-noir.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Affonço Denise, &#039;&#039;La digue des veuves&#039;&#039;, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, 264 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancel Guillaume, &#039;&#039;Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2021, 257 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, &#039;&#039;Où le mémoire s’attarde&#039;&#039;, Paris, Odile Jacob, 2000 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1996), 466 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent, &#039;&#039;Mon septennat 1947-1954&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1970, 606 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent,  &#039;&#039;Journal du septennat, 1950&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2003, 796 p. [noté Auriol 4. Ce volume contient un cd-rom qui regroupe l’ensemble du Journal de 1947 à 1954 noté Auriol 1 (1947), 2 (1948), 3 (1949), 4 (1950), 5 (1951), 6 (1952) et 7 (1953-1954)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, &#039;&#039;Le dragon d&#039;Annam&#039;&#039;, Paris, Plon, 1980, 381 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barron John et Paul Anthony, &#039;&#039;Un peuple assassiné. L’histoire du génocide communiste au Cambodge&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1978 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1977), 251 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Becker Elizabeth, &#039;&#039;Les larmes du Cambodge. L’histoire d’un auto-génocide&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1986, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bigeard Marcel, &#039;&#039;Pour une parcelle de gloire&#039;&#039;, Paris, Édition°1, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1975), 448 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bizot François, &#039;&#039;Le Portail&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 2000, 398 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;Les dossiers du Pentagone,&#039;&#039; Paris, Presses de la Cité, 1971, 282 p. (noté Bodard doss. Pentagone, 1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. L’enlisement. L’humiliation. L’aventure&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1997, 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2004, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;Le retour de la France en Indochine (1945-1946). Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1987, 405 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1947. Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1989, 412 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bollenot Vincent, &#039;&#039;« Signalé comme suspect ». La surveillance coloniale en France 1915-1945&#039;&#039;, Paris, CNRS Éditions, 2025, 378 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boyer de la Tour Pierre, &#039;&#039;De l’Indochine à l’Algérie. Le martyre de l’armée française&#039;&#039;, Paris, Les Presses du Mail, 1962, 381 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brocheux Pierre, &#039;&#039;Ho Chi Minh. Du révolutionnaire à l’icône,&#039;&#039; Paris, Payot, 2003, 338 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brun Olivier, &#039;&#039;Roger Wybot (1912-1997) : genèse d’un contre-espionnage français modernisé&#039;&#039;, thèse, Sorbonne Université, 2024, 809 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Tin, &#039;&#039;Followinh Ho Chi Minh, The Mémoirs of a North Vietnamiese Colonel,&#039;&#039; Londres, 1995 (traduction française : &#039;&#039;1945-1999 Vietnam, la face cachée du régime&#039;&#039;, Paris, Éditions Kergour, 1999, 304 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Xuan Quang, &#039;&#039;La troisième guerre d’Indochine 1975-1999. Sécurité et géopolitique en Asie du Sud-Est,&#039;&#039; 2000, L’Harmattan, 824 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried G., &#039;&#039;La seconde résistance. Vietnam 1965&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1965, 355 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;Pourquoi le Vietcong gagne&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1968, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;La seconde guerre d’Indochine. Cambodge et Laos 1970&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1970, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burns Sigler David, &#039;&#039;Vietnam battle chronology. U.S. Army and Marine Corps combat operations 1965-1973&#039;&#039;, Londres, Jefferson (N. C.) &amp;amp; McFarland, cop., 1992, 184 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saïgon 1940-1956&#039;&#039;, Paris Perrin, 2019 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 668 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;Cao-Bang 1950. Premier désastre français en Indochine&#039;&#039;, Paris, Perrin-Ministère des Armées, 2022, 394 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre de Corée&#039;&#039;, Paris, Perrin, 2016 (1ère éd. 2013), 367 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cambacérès Jean-Marie, &#039;&#039;Sihanouk, le roi insubmersible,&#039;&#039; Paris, Le Cherche Midi, 2013, 460 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chanda Nayan, &#039;&#039;Les frères ennemis. La péninsule indochinoise après Saigon&#039;&#039;, Paris, Presses du C.N.R.S., 1987, 371 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cao Xuan Huy, &#039;&#039;En mars, fusils brisés&#039;&#039;, Paris, Riveneuve, 2021, 243 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caputo Philip, &#039;&#039;Le bruit de la guerre&#039;&#039;, Paris, Williams Alta, 1979, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), &#039;&#039;Deux actes de la guerre d’Indochine. Hanoi : juin 1940. Dien Bien Phu : mars-mai 1954&#039;&#039;, Paris, Plon, 1959, 180 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;L’Indochine en guerres 1945-1993&#039;&#039;, Paris, Belin, 1995, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Les Grandes puissances et le Laos 1954-1964&#039;&#039;, Arras, Artois Presses Université, 2007, 374 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Le problème diplomatique de l’Indochine 1945-1957&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2013, 420 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Indochine, dix ans d’indépendance&#039;&#039;, Paris, Calman-Lévy, 1964, 295 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Les deux guerres du Vietnam. De Valluy à Westmoreland&#039;&#039;, Paris, La Table ronde, 1969, 459 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chandler David P., &#039;&#039;Pol Pot. Frère n° 1&#039;&#039;, Paris, Plon, 1993, 343 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel Jean, &#039;&#039;Commentaires, tome 3, De Berne à Paris (1952-1962)&#039;&#039;, Fayard, 1973, 370 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif, &#039;&#039;L’opinion américaine devant la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Presse de l’université de Paris-Sorbonne, 1992, 248 p. (noté : auteur de la communication &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean Cazemajou, Jean-Michel Lacroix dir.), &#039;&#039;La guerre du Vietnam et l’opinion publique américaine (1961-1973)&#039;&#039;, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1991, 199 p. (noté Cazemajou, Lacroix, 1991)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Spencer C. Tucker dir.), &#039;&#039;The encyclopedia of the Vietnam War. A political, social and military history,&#039;&#039; New-York, Oxford University Press, 2000, 578 p. (noté Spencer, Tucker, 2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Ivan Cadeau, François Cochet, Rémy Porte dir.), &#039;&#039;La Guerre d’Indochine. Dictionnaire&#039;&#039;, Paris, Perrin &amp;amp; Ministère des Armées, 2021, 1000 p. (noté Cadeau, Cochet, Porte, 2021)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean-François Sirinelli dir.), &#039;&#039;Dictionnaire historique de la vie politique française&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1995, 1254 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1946&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1947, 626 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1947&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1948, 395 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1948&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1949, 474 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1949&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1950, 488 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1950&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1951, 437 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1951&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1952, 784 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1952&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1953, 653 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Guy Pedroncini dir.), &#039;&#039;Leclerc et l’Indochine 1945-1947. Quand se noua le destin d’un empire&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 433 p. (noté Pedroncini, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Brocheux dir.), &#039;&#039;Du conflit d’Indochine aux conflits indochinois&#039;&#039;, Bruxelles, 2000, 178 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Dao Tannh Huyen, Dang Duc Tue, Nguyen Xuan Mai, Pham Hoai Thanh, Pham Hoang Nam, Pham Thuy Huong dir.), &#039;&#039;Dien Bien Phu vu d’en face. Paroles de Bo Doi&#039;&#039;, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010, 271 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Journoud, Cécile Menétrey-Monchaud dir.), &#039;&#039;Vietnam, 1968-1976. La sortie de guerre&#039;&#039;, Bruxelles, 2011, P.I.E. Peter Lang, 378 p. (La publication est accompagnée d’un DVD reproduisant les interventions de 7 diplomates représentant les diverses nations impliquées dans la partie américaine du conflit)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Christopher Goscha, Benoît De Tréglodé dir.), &#039;&#039;Naissance d’État-Parti. Le Viêt Nam depuis 1945 The Birth of a Party-State. Vietnam since 1945&#039;&#039;, Paris, 2004, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby William, Vietnam, &#039;&#039;Histoire secrète d’une victoire perdue&#039;&#039;, Paris, Perrin, 1992, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, &#039;&#039;Nixon&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2013), 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corvisier André, &#039;&#039;Dictionnaire d’art et d’histoire militaires&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1988, 884 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coste Philippe, &#039;&#039;A l’ombre des Khmers rouges. Souvenirs d’une ambassade peu ordinaire (1991-1993)&#039;&#039;, Ginkoéditeur, 2022, 204 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1987, 316 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2006, 283 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dang Van Viet, &#039;&#039;Souvenirs d’un colonel vietminh 1945-2005&#039;&#039;, Paris, Indo Éditions, 2004, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dean John Gunther, &#039;&#039;Au cœur de la guerre froide. Le combat d’un ambassadeur américain pour la paix&#039;&#039;, Paris, François-Xavier de Guibert, 2011, 255 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2009)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debré François, &#039;&#039;Cambodge. La révolution dans la forêt&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1976, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux (amiral), &#039;&#039;A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945)&#039;&#039;, Paris, Plon, 1949, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deron Francis, &#039;&#039;Le procès des Khmers rouges. Trente ans d’enquête sur le génocide cambodgien&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2009, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deroo Éric, Dutrône Christophe, &#039;&#039;Le Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 239 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Despuech Jacques, &#039;&#039;Le trafic des piastres&#039;&#039;, Paris, Éditions des Deux Rives, 1953, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;Le royaume du Laos 1949-1965. Histoire événementielle de l’indépendance à la guerre américaine&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 2003 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;La guerre secrète au Laos contre les communistes (1955-1964)&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1995, 311 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Histoire du Vietnam de 1940 à 1952,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1952, 479 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Paris Saigon, Hanoi. Les archives de la guerre 1944-1947&#039;&#039;, Paris, Gallimard-Julliard, 1988, 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Vingt ans et plus avec le Vietnam 1945-1969&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2010, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe et Lacouture Jean, &#039;&#039;Viet Nam. De la guerre française à la guerre américaine,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1969, 430 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doan Van Toai, &#039;&#039;Le goulag vietnamien&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1979, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Domenach Jean-Luc, &#039;&#039;Chine : l’archipel oublié&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1992, 689 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;L’Indochine dans la tourmente&#039;&#039;, Paris, Plon, 1964, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 1, Service historique de la Défense, 2011, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 2, Service historique de la Défense, 2012, 136 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elgey Geneviève, &#039;&#039;Histoire de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République de 1945 à 1957. La modernisation de la France, l’Europe en marche, la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, 2018, Robert Laffont, 1303, p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Les deux Vietnam&#039;&#039;, Paris, Payot, 1967, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Vietnam. Dernières réflexions sur une guerre&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1968 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1967), 351 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Rue sans joie. Indochine (1946-1962)&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2020 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1961), 453 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Le Viet-Minh. La République démocratique du Vietnam 1945-1960&#039;&#039;, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques n°106, Paris, Armand Colin, 1960, 377 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Férier Gilles, &#039;&#039;Les trois guerres d’Indochine&#039;&#039;, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1993, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Folin (De) Jacques, &#039;&#039;Indochine (1940-1945). La fin d’un rêve,&#039;&#039; Paris, Perrin, 1993, 361 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fonde Jean-Julien, &#039;&#039;Traitez à tout prix… Leclerc et le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1971, 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fournier Ismaël, &#039;&#039;Stratégie américaine et guerre hybride au Vietnam : les succès contre-insurrectionnels américains et le spectre militaro-hybride qui engendra l’impasse militaire au Vietnam 1960-1972&#039;&#039;, thèse, Québec, Université de Laval, 2019, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Continental Saigon&#039;&#039;, Éditions des Équateur, 2015 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1976), 320 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 1,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 439 p. (noté Franchini 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 2,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 453 p. (noté Franchini 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gaulle (De) Charles, &#039;&#039;Mémoires&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2000, 1505 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gheddo Piero, &#039;&#039;Catholiques et bouddhistes au Vietnam, Paris&#039;&#039;, Asaltia, 1970, 422 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. italienne, 1968)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gigon Fernand, &#039;&#039;Les Américains face au Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1965, 267 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gilard François, &#039;&#039;Lettres d’Indochine 1946-1948&#039;&#039;, s.l., Éditions Les Deux Sœurs, 2022, 399 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goebel Michael, &#039;&#039;Paris, capitale du tiers monde. Comment est née la révolution anticoloniale (1919-1939)&#039;&#039;, Paris, Éditions La Découverte, 2017 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 447 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher, &#039;&#039;Vietnam. Un État né de la guerre 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 558 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gras Yves, &#039;&#039;Histoire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 599 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravel Mike (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Defense Department History of the Viet-nam War,&#039;&#039; 5 vol., Boston (Mass.), Beacon Press, 1971 (édition complète)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grintchenko Michel, &#039;&#039;L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2008, 700 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grimaud Maurice, &#039;&#039;En mai fais ce qu’il te plait&#039;&#039;, Paris, Stock, 1977, 345 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Guillemot François, &#039;&#039;Viêt-Nam, fractures d’une nation. Un histoire contemporaine de 1858 à nos jours&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 385 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haing Ngor, &#039;&#039;Une odyssée cambodgienne&#039;&#039;, Paris, Fixot Fillipacchi, 1988 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1987), 388 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;En plein bourbier&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1966, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;The Best and the Brightest&#039;&#039;, New York, Random House, 1972 (traduction française : &#039;&#039;On les disait les meilleurs et les plus intelligents&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1974, 591 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hamel Bernard, &#039;&#039;De sang et de larmes&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1977, 281 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hammond William H., &#039;&#039;Public affairs. The military and the media 1962-1968,&#039;&#039; Washington, Center of military Army, 1990, 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélie de Saint Marc, &#039;&#039;Mémoires. Les Champs de&#039;&#039; braises, Paris, Perrin, 2002 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1995), 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hémery Daniel, &#039;&#039;Ho Chi Minh. De l’Indochine au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1990, 192 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Herr Michael, &#039;&#039;Putain de mort&#039;&#039;, Paris, le Livre de poche, 1980, 286 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, &#039;&#039;L’Indochine française 1940-1945&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1982, 244 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jennar Raoul M., &#039;&#039;Les clés du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Maisonneuve &amp;amp; Larose, 1995, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Johnson Lyndon B., &#039;&#039;Ma vie de président&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1972, 721 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, &#039;&#039;De Gaulle et le Vietnam,&#039;&#039; Paris, Tallandier, 2011, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kane Salomon, &#039;&#039;Dictionnaire des Khmers rouges,&#039;&#039; La Courneuve, ISAREC Aux lieux d’être, 2007, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Karnow Stanley, &#039;&#039;Viet-nam : A History&#039;&#039;, New York, Penguin Books, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition : 1983, traduction française : &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039;, France Loisirs, 1985, 437 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben, &#039;&#039;Le génocide au Cambodge 1975-1979, Race, idéologie et pouvoir&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1998, 730 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 1, Paris, Fayard, 1979, 736 p. (noté Kissinger 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 2, Paris, Fayard, 1979, 1584 p. (noté Kissinger 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;Sortie de crise. Kippour 1973, Vietnam 1975&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2003, 548 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Knöbl Kuno, &#039;&#039;Victor Charlie Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1967, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Le Vietnam entre deux paix&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1965, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Survive le peuple cambodgien&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1978, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Langlais Pierre, &#039;&#039;Dien Bien Phu&#039;&#039;, Paris, Presse Pocket, 1969 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1963), 252 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel Joseph, Le drame indochinois. De Dien Bien Phu au pari de Genève, Paris, Plon, 1957, 140 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lattre de Tassigny (De), &#039;&#039;La ferveur et le sacrifice. Indochine 1951&#039;&#039;, Paris, Plon, 1988, 473 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, Le « petit livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, Paris, L’Harmattan, 1996, 263 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, &#039;&#039;Pourquoi les Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Vendémiaire, 2013, 350 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Luciolli Esmeralda, &#039;&#039;Le mur de Bambou. Le Cambodge après Pol Pot&#039;&#039;, Paris, Médecins sans frontières - Régine Deforges, 1988, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mao Tse-Toung, &#039;&#039;Écrits militaires de Mao Tse-Toung&#039;&#039;, Pékin, s.e., 1964, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marangé Céline, &#039;&#039;Le communisme vietnamien&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 2012, 611 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McNamara Robert S., &#039;&#039;In Retrospect. The Tragedy and Lessons of Vietnam&#039;&#039;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
New York, Random House, 1995 (traduction française : &#039;&#039;Avec le recul. La tragédie du Vietnam et ses leçons,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1996, 389 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meslin Denis, &#039;&#039;Rouges et noirs&#039;&#039;, URA Éditions, 2020, 93 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer Pierre, &#039;&#039;Après tant de batailles. Mémoires&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ministère des Affaires étrangères. Commission des documents diplomatiques français. &#039;&#039;Documents diplomatiques français&#039;&#039;, années 1945 à 1951. Imprimerie nationale ou P.I.E Peter Lang. Dates diverses (consultables en ligne sur le site de la B.N.F. ; voir partie du site intitulée « Archives en ligne » ; dans la chronologie, noté DDF, année d’édition, tome, n° du document, pagination).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul, &#039;&#039;Viêt-Nam. Sociologie d’une guerre&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1952, 380 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Phu Luc, &#039;&#039;Vietnam. Pourquoi les États-Unis ont-ils perdu la guerre ?&#039;&#039;, Paris, Godefroy de Bouillon, 1996, 418 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Agonie de l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1956, 337 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Le temps des vérités&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Mémoires Richard Nixon&#039;&#039;, Montréal, Stanké, 1978, 800 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Plus jamais de Vietnam&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1985, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, &#039;&#039;Journal d’un combattant Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1955, 230 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nolting Frederick, &#039;&#039;From trust to tragedy. The political memoirs of Frederick Nolting, Kennedy’s ambassador to Diem’s Vietnam&#039;&#039;, New York, Westport (Connecticut), London, Praeger, 1988, 161 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Penycate John, Mangold Tom, &#039;&#039;Les tunnels de Cu Chi&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1986, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pericone Laurent, &#039;&#039;Guerre du Vietnam : la faute à Kennedy ?,&#039;&#039; Paris, Économica, 2014, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peschoux Christophe, &#039;&#039;Les « nouveaux » Khmers rouges 1979-1990&#039;&#039;, Paris, l’Harmattan, 1992, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pham Thanh Tam, &#039;&#039;Carnet de guerre d’un jeune Viêt-Minh à Diên Biên Phu 21 février-28 août 1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 191 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, &#039;&#039;Cambodge année zéro&#039;&#039;, Paris, éditions Kailash, 2005, 273 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, 1977)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Les États-Unis et la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexes, 2008 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1993), 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;La fin de la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2016, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Lyndon Johnson. Le paradoxe américain,&#039;&#039; Paris, Payot, 2007, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouget Jean, &#039;&#039;Nous étions à Dien Bien Phu,&#039;&#039; Monaco, Édition du Rocher-Lithos, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1964), 581 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prados John, &#039;&#039;La guerre du Vietnam,&#039;&#039; Paris, Perrin, coll. Tempus, 2011, 1 179 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quirielle François, &#039;&#039;A Hanoi sous les bombes. Journal d’un diplomate français 1966-1969&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 1992, 241 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Raymond Louis, &#039;&#039;Les événements d’Indochine, septembre 1944-décembre 1946 : entre discours et contre-discours&#039;&#039;, Rennes, Mémoire de 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; année I.E.P. Rennes, 2013, 223 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regaud Nicolas, &#039;&#039;Le Cambodge dans la tourmente. Le troisième conflit indochinois 1978-1991&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1992, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Richer Philippe, &#039;&#039;Le Cambodge de 1945 à nos jours&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationales des Sciences politiques, 2009, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rigal-Cellard Bernadette, &#039;&#039;La guerre du Vietnam et la société américaine&#039;&#039;, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1991, 276 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rignac Paul, &#039;&#039;Ngo Dinh Diem. Une tragédie vietnamienne,&#039;&#039; La Chaussée d’Ivry, Atelier Fol’fer, 2018, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rocolle Pierre, &#039;&#039;Pourquoi Dien Bien Phu ?&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1968, 604 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roussel Éric, &#039;&#039;Pierre Mendès France&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2007, 608 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;La guerre française d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexe, 1992, 279 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Les communistes français et la guerre d’Indochine&#039;&#039; 1944-1954, Paris, 1985, L’Harmattan, 422 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Cambodge, an 1. Journal d&#039;un témoin&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 203 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1967, 285 p. [1ère éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Amiot-Dumont, 1953, 260 p. [1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Face à Ho Chi Minh,&#039;&#039; Paris, Seghers, 1970, 211 p. (rééd. Éditions Atlanta, s.l., s.d, 216 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le sens d’un engagement&#039;&#039;, tome 1, Paris, Presses de la Cité, 1970, 443 p. (noté Salan 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le Viêt-Minh mon adversaire&#039;&#039;, tome 2, Paris, Presses de la Cité, 1970, 479 p. (noté Salan 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salisbury Harrison E., &#039;&#039;Un Américain à Hanoï derrière les lignes Viet-cong&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1967, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sarin Ith, &#039;&#039;Regrets for the Khmer Soul,&#039;&#039; 1973 (consultable sur &#039;&#039;&#039; https://www.mekongriverpress.com/regrets-for-the-khmer-soul )&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schell Jonathan, &#039;&#039;Le village de Ben Suc&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1967, 188 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Les 1 000 jours de Kennedy&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1966, 948 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Un héritage amer : le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1967, 253 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scholl-Latour Pierre, &#039;&#039;La mort dans la rizière. 30 ans de guerre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Hachette, 1981, 428 p. (1ère éd. allemande 1980)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Une tragédie sans importance. Kissinger, Nixon et l’anéantissement du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Le poids de la pitié&#039;&#039;, Paris, Balland, 1985 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheehan Neil (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Complete and Unabridged Series as Published by the New York Times&#039;&#039;, New York, Bantam Books, 1971 (édition partielle, traduction en français : &#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral révélé et publié par The New-York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan Neil, &#039;&#039;L’innocence perdue. Un américain au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1990, 941 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Chroniques de guerre… et d’espoir&#039;&#039;, Paris, Hachette-Stock, 1979, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Prisonnier des Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Plon, 1986, 433 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Snepp Franck, &#039;&#039;Sauve qui peut. La chute de Saigon et la fuite des Américains racontée par un haut responsable de la CIA au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 467 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stien Louis, &#039;&#039;Les soldats oubliés. De Cao bang aux camps de rééducation du Vietminh&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1993, 333 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suong Sikoeun, &#039;&#039;Itinéraire d’un intellectuel khmer rouge&#039;&#039;, Paris, Cerf, 2013, 542 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Szymusiak Molyda, &#039;&#039;Les pierres crieront. Une enfance cambodgienne 1975-1982&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 1984, 272 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tertrais Hugues, &#039;&#039;Atlas des guerres d’Indochine 1940-1990&#039;&#039;, Autrement-Ministère de la Défense-Mémorial de Caen, 2004, 63 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Teulières  André, &#039;&#039;La guerre du Vietnam 1945-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1979, 256 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thierry Argenlieu (D’) Georges, &#039;&#039;Chronique d’Indochine 1945-1947,&#039;&#039; Paris, Albin Michel, 470 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Todd Olivier, &#039;&#039;Cruel avril. 1975, la chute de Saigon,&#039;&#039; Paris, Robert Laffont, 1987, 480 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toinet Raymond, &#039;&#039;Une guerre de trente-cinq ans. Indochine – Vietnam 1940-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1998, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tong André, &#039;&#039;Sihanouk,&#039;&#039; l&#039;&#039;a fin des illusions&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 1972, 234 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don, &#039;&#039;Les guerres du Vietnam&#039;&#039;, s.l., Vertiges Publications, 1985, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Nhu Tang, &#039;&#039;Mémoires d’un Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1985, 348 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Tra (général), &#039;&#039;A History of the Bulwark B-2 Theater&#039;&#039;, 1983 (version dactylographiée, 147 p., consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Vinh Le, &#039;&#039;Vietnam, où est la vérité ?&#039;&#039; Paris, Lavauzelle, 1989, 327 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, &#039;&#039;De Gaulle, les gaullistes et l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2005, 666 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;Indochine 1940-1945. Français contre Japonais&#039;&#039;, Paris, SEDES, 1993, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;La guerre d&#039;Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 1994, 416 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Geirt Jean-Pierre, &#039;&#039;La piste Ho Chi Minh&#039;&#039;, Paris, Librairie Jules Tallandier, 1972, 340 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Tien Dung (général), &#039;&#039;Et nous prîmes Saïgon&#039;&#039;, Paris, Le Sycomore, 1979, 215 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vanuxem (colonel), &#039;&#039;1951. Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Société de Production littéraire, 1977, 209 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Villatoux Marie-Catherine et Paul, « La guerre psychologique en Indochine (1945-1955) », Revue historique des Armées, n° 213, 1998, pp. 104-115&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Guerre du peuple, armée du peuple&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1967, 190 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954&#039;&#039;, tome 1 : La résistance encerclée, Fontenay-sous-Bois, 2003, 319 p. (noté Giap 1, 2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954,&#039;&#039; tome 2 : Le chemin menant à Dien Bien Phu, Fontenay-sous-Bois, 2004, 308 p. (noté Giap 2, 2004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wainstock Dennis, Miller Robert L., &#039;&#039;Indochine et Vietnam. 35 années de guerre 1940-1975,&#039;&#039; Paris, Le nouveau Monde éditions, 2019, 326 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yathay Pin, &#039;&#039;L’utopie meurtrière. Un rescapé du génocide cambodgien témoigne&#039;&#039;, Bruxelles, Éditions complexe, 1989, 414 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zeller Guillaume, &#039;&#039;Les cages de la Kempetaï. Les Français sous la terreur japonaise en Indochine, mars-août 1945&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2021, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Articles :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aberdam Marie, « Visites guidées au Kampuchéa démocratique (1975-1978) », Relations internationales, n° 162, 2015, pp. 139-156&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, « Mes rencontres avec Ho Chi Minh et le Vietnam (1946-1982) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 349-356 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baulon Jean-Philippe, « Les trois guerres de Robert MacNamara au Vietnam (1961-1968) et les errements de la raison dans un conflit irrégulier », Institut de Stratégie Comparée,  Stratégique, n° 93-94-95-96, 2009, pp. 425-444 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « L&#039;utilisation des autochtones dans le corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient (1945-1954) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 81, n° 303, 1994, pp. 137-159 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « 1949 En Indochine, un tournant ? » Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 236, 2009, pp. 135-154 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bouilleaux Geoffrey, « La guerre secrète n’aura pas lieu ! L’armée française face à l’arrivée des Américains en Indochine, 1950-1953 », Bulletin de l’Institut Renouvin, n° 53, 2021, pp. 157-173 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « 1954-1956, le départ du corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient », Revue historique des armées, n° 258, 2010, pp. 1-16 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Punir les lampistes ? Les commissions d’enquête des batailles de Cao Bang et Dien Bien Phu », Armée de terre, Inflexions, n° 45, 2020, pp. 67-70 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « La question des sépultures des morts de la guerre d’Indochine suivi du Rapport de la mission du capitaine Belmont à Dien Bien Phu du 8 au 23 juin 1955 », Revue historique des armées, 2016, pp. 92-111 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Sud-Vietnam, printemps 1955 : la « guerre des sectes » à travers les archives du Service historique de la Défense », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 273, 2019, pp. 49-68 (consultable en ligne ; noté Cadeau 2 dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), « L&#039;Union française, son concept, son état, ses perspectives »,  Politique étrangère, n° 4, 1953, pp. 233-266 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, « La négociation sur l’Indochine à la conférence de Genève (1954) », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 7-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « Nixon, Kissinger et la guerre civile au Cambodge », Relations internationales, n° 175, 2018, pp. 63-78 (consultable en ligne ; noté Coppolani A dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « La guerre américaine au Cambodge, 1969-1975 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 271, 2018, pp. 45-70 (consultable en ligne ; noté Coppolani B dans la chronologie) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cournil Laure, Journoud Pierre, « Une décolonisation manquée : l&#039;Armée nationale du Vietnam, de la tutelle française à la tutelle américaine (1949-1965) » Outre-mers, tome 98, n° 370-371, 2011, pp. 67-81 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courtois Stéphane, « Le génocide de classe : définition, description, comparaison », Les Cahiers de la Shoah, n° 6, 2002, pp. 89-122 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, « L’opposition du M.R.P. à la guerre d’Indochine », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 43, 1996, pp. 106-118 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David François, « L’alliance franco-américaine et la guerre d’Indochine, laboratoire d’une rupture 1953-1954 », Revue historique des armées, n° 246, 2007, pp. 77-87&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David Michel (lieutenant-colonel), « Tonkin 1950 : la naissance d’un maquis anti-vietminh », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 45-56 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Davieau-Pousset Sophie, « Maurice Dejean, diplomate atypique », Relations internationales,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
n° 162, 2015, pp. 79-94 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, « La politique française et la seconde guerre du Vietnam », Politique étrangère, n° 6, 1967, pp. 569-604 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debouzy Marianne, « Les marches de protestation aux États-Unis (XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles) », La Découverte, Le Mouvement social, n° 202, 2003, pp. 15-41 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Escobar Rodrigez Adriana Maria, « Les mémoriaux du régime du Kapuchéa démocratique », Vingtième Siècle, n° 137, 2018, pp. 114-136 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gorin Valérie, « Les mouvements de vétérans et les enjeux mémoriels de la guerre du Vietnam aux États-Unis (1982-1995) », Carnet de bord en sciences humaines, n° 12, 2006, pp. 16-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « L’aide militaire chinoise au Viet-minh (1949-12954) », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « « La guerre par d’autres moyens » : réflexions sur la guerre du Viêt Minh dans le Sud-Vietnam de 1945 à 1951 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 206, 2002, pp. 29-57 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « Une guerre pour l’Indochine ? Le Laos et le Cambodge dans le conflit franco-vietnamien (1948-1954) », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 211, 2003, pp. 29-58 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., “The Maritime Nature of the Wars for Vietnam (1945-1975) : A Geo-Historical Reflection”, War &amp;amp; Society, 2005, n° 24/2, pp. 53-92 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gosha Christopher E., « L’aide chinoise au Vietminh (1949-1954), Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1966, le discours de Phnom Penh » &#039;&#039;in&#039;&#039; Jeanneney Jean-Noël, Guérout Jeanne (dir.), &#039;&#039;L’histoire de France vue d’ailleurs&#039;&#039;, Paris, Les Arènes, 2016, 597 p., pp. 556-569&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « La guerre de décolonisation la plus violente du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ? », L’Histoire, n° 499, septembre 2022, pp. 32-39&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grosser Pierre, « La politique indochinoise de Pierre Mendès France après les accords de Genève »,  Relations internationales, n) 146, 2011, pp. 59-75 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gunn Geoffrey, « La grande famine vietnamienne de 1944-1945 : un réexamen », https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/la-grande-famine-vietnamienne-de-1944-1945-un-reexamen.html , mars 2015, n.p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hanhimäki Jussi M., « La négociation dans les combats : la conférence de Paris et la fin de la guerre du Viêt-Nam », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 53-72 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Huret Romain, « La rumeur de Pinkville. Les commissions d&#039;enquête sur le massacre de My Laï (1969-1970) », Le Mouvement Social&#039;&#039;,&#039;&#039; n° 222, 2008, pp. 129-152 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam », Annuaire de Droit international, vol. 18, 1972, pp. 101-121 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « Les accords de Genève (1954) et de Paris (1973) », Les Cahiers de l&#039;Institut d&#039;Histoire du Temps Présent, n° 34, 1996, pp. 227-237 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jalabert Laurent, « Aux origines de la génération 1968 : les étudiants français et la guerre du Vietnam »,Vingtième Siècle, n° 55, 1997. pp. 69-81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le rôle d&#039;une « tierce-partie » dans l&#039;ouverture d&#039;une négociation de paix. La France et la guerre du Vietnam (1965-1969), Hypothèses, 2001, pp. 141-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Diplomatie informelle et réseaux transnationaux. Une contribution française à la fin de la guerre du Vietnam », Relations internationales, n° 138, 2009, pp. 93-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le CAT/Air America dans les guerres d’Indochine ou le rôle d’une compagnie aérienne privée secrètement tenue par la CIA (1950-1975), Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 238, 2010, pp. 129-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « A l’ombre de la protection gaullienne ? L’exil en France des déserteurs américains de la guerre du Vietnam », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 280, 2020, pp. 65-80 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « De la naissance de l’OTASE à l’accord de paix sur le Cambodge : la France, la Grande Bretagne et la sécurité en Asie du Sud-Est pendant la Guerre froide », Relations internationales, n° 168, 2017, pp. 29-45 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben &amp;amp; Owen Taylor, « Bombs over Cambodia », &#039;&#039;The Walrius&#039;&#039;, octobre 2006 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lemaire Marc, « Le sort des blessés de Dien Bien Phu dans le concert des nations », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 57-66 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « Le Tonkin, laboratoire de la « pacification » en Indochine ? », Revue historique des armées, 2007, n° 248, pp. 1-11 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « La base de Séno, la France et l’Asie du Sud-Est », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 255, 2014, pp. 123-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Le Couriard Daniel, « Les socialistes et le début de la guerre d’Indochine (1946-1947) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 31, n° 2, avril-juin 1984, pp. 334-353 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Louaas Irvin, « La collaboration franco-caoïste au début de la guerre d’Indochine (1945-1948) : un « pacte avec le diable » ? », I.R.I.C.E., Bulletin de l&#039;Institut Pierre Renouvin, 2015, n° 41, pp. 75-87 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mantoux Stéphane, « Les « morts vivants » à Cam Ne. Le premier « Zippo raid » de la guerre du Vietnam », Revue historique des armées, n° 268, 2012, pp. 1-10 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Le Cambodge des Khmers rouges : de la logique de guerre totale au génocide », Presses de Sciences Po, Vingtième Siècle, 2003, n° 77, pp. 3-18 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Khmers contre Khmers : penser les massacres perpétrés par le Khmers rouges », Sens-Dessous n° 28, 2021, pp. 15-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul,  « L&#039;Indochine en 1945. Quelques souvenirs et une opinion »,  Politique étrangère, n° 4, 1946, pp. 349-374 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pernot François, « L’armée de l’Air en Indochine et le problème chinois », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 100-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, « Cambodge : deux ans après la libération. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 8, n° 4, L&#039;Asie socialiste, 1977, pp. 143-156 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pons Sylvain, « Les visages d’un ennemi : la fabrication du Vietminh, 1945-1946 », Relations internationales, n° 130, 2007, pp. 29-46 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Porée Anne-Laure, « S21. La vie ordinaire des bourreaux », L’Histoire, hors série n° 107, 2025, pp. 95-100&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodier-Cormier Béatrice, « Services d’information en Indochine et stratégies de conquête des opinions publiques » &#039;&#039;in&#039;&#039; Hervé Coutau-Bégarie, &#039;&#039;Les médias et la guerre&#039;&#039;, Paris, Économica, 2005, pp. 775-791&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rousseau Sabine, « Christianisme français et engagement politique à travers les guerres d’Indochine et du Vietnam (1945-1975) », Chrétiens et sociétés, n° 7, 2000, pp. 75-98 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, « Charles De Gaulle à Phnom Penh », Recherches internationales, n° 100, 2014, pp. 215-226 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, « Dien Bien Phu : du coup de génie à l’aberration », Revue française d’histoire d’outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 335-347 (consultable en ligne, noté avec la mention « article » dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tenenbaum Élie, « Les déplacements de populations comme outil de contre-insurrection : l’exemple du programme de hameaux stratégiques au Sud-Vietnam », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 239, 2010, pp. 119-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Tréglodé Benoît, « Du côté vietnamien. Mobilisation de masse ! », &#039;&#039;L’Histoire&#039;&#039; n° 499, septembre 2022, pp. 48-51&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, « Cao Bang, automne 1950 : autopsie d’un désastre », Revue historique de l’Armée, n° 220, 2000, pp. 25-34&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, « Les opérations de l’automne 1947 dans le Haut-Tonkin : les incertitudes d’une stratégie », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 240, 2010, pp. 63-79 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 1967, pp. 15-38 (noté Valluy 1, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 novembre 1967, pp. 196-216 (noté Valluy 2, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1er décembre 1967, pp. 356-375 (noté Valluy 3, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1967, pp. 507-528 (noté Valluy 4, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Varga Daniel, «  Léon Pignon, l&#039;homme-clé de la solution Bao Daï et de l&#039;implication des États-Unis dans la Guerre d&#039;Indochine », Outre-mers, tome 96, n° 364-365, 2009, pp. 277-313 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nanh Tri, « La politique agraire du Nord-Vietnam », Tiers-Monde, tome 1, n° 3, 1960, pp. 353-372 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wagner Sarah, « The making and unmaking of an unknown soldier », Social Studies of Sciences, 2013, pp. 1-26 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zervoudakis Alexander, « Vinh Yen », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 54-65 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Zhai Quiang, Dutrône Christophe, Goux Valérie, « Les conseillers militaires chinois et la guerre d’Indochine en 1950 », Revue historique des armées, n° 220, 2000, pp. 3-14 (consultable en ligne)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=5362</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2026-09-19T05:48:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Études historiques, mémoires, témoignages, souvenirs :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral relevé par The New York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Livre noir. Faits et preuves des actes d’agression du Vietnam contre le Kampuchéa&#039;&#039;, Paris, Éditions du Centenaire, 1979, 87 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consultable sur : http://editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/brochures/e100/kampuchea_livre-noir.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Affonço Denise, &#039;&#039;La digue des veuves&#039;&#039;, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, 264 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancel Guillaume, &#039;&#039;Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2021, 257 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, &#039;&#039;Où le mémoire s’attarde&#039;&#039;, Paris, Odile Jacob, 2000 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1996), 466 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent, &#039;&#039;Mon septennat 1947-1954&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1970, 606 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent,  &#039;&#039;Journal du septennat, 1950&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2003, 796 p. [noté Auriol 4. Ce volume contient un cd-rom qui regroupe l’ensemble du Journal de 1947 à 1954 noté Auriol 1 (1947), 2 (1948), 3 (1949), 4 (1950), 5 (1951), 6 (1952) et 7 (1953-1954)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, &#039;&#039;Le dragon d&#039;Annam&#039;&#039;, Paris, Plon, 1980, 381 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barron John et Paul Anthony, &#039;&#039;Un peuple assassiné. L’histoire du génocide communiste au Cambodge&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1978 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1977), 251 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Becker Elizabeth, &#039;&#039;Les larmes du Cambodge. L’histoire d’un auto-génocide&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1986, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bigeard Marcel, &#039;&#039;Pour une parcelle de gloire&#039;&#039;, Paris, Édition°1, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1975), 448 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bizot François, &#039;&#039;Le Portail&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 2000, 398 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;Les dossiers du Pentagone,&#039;&#039; Paris, Presses de la Cité, 1971, 282 p. (noté Bodard doss. Pentagone, 1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. L’enlisement. L’humiliation. L’aventure&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1997, 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2004, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;Le retour de la France en Indochine (1945-1946). Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1987, 405 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1947. Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1989, 412 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bollenot Vincent, &#039;&#039;« Signalé comme suspect ». La surveillance coloniale en France 1915-1945&#039;&#039;, Paris, CNRS Éditions, 2025, 378 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boyer de la Tour Pierre, &#039;&#039;De l’Indochine à l’Algérie. Le martyre de l’armée française&#039;&#039;, Paris, Les Presses du Mail, 1962, 381 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brocheux Pierre, &#039;&#039;Ho Chi Minh. Du révolutionnaire à l’icône,&#039;&#039; Paris, Payot, 2003, 338 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brun Olivier, &#039;&#039;Roger Wybot (1912-1997) : genèse d’un contre-espionnage français modernisé&#039;&#039;, thèse, Sorbonne Université, 2024, 809 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Tin, &#039;&#039;Followinh Ho Chi Minh, The Mémoirs of a North Vietnamiese Colonel,&#039;&#039; Londres, 1995 (traduction française : &#039;&#039;1945-1999 Vietnam, la face cachée du régime&#039;&#039;, Paris, Éditions Kergour, 1999, 304 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Xuan Quang, &#039;&#039;La troisième guerre d’Indochine 1975-1999. Sécurité et géopolitique en Asie du Sud-Est,&#039;&#039; 2000, L’Harmattan, 824 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried G., &#039;&#039;La seconde résistance. Vietnam 1965&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1965, 355 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;Pourquoi le Vietcong gagne&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1968, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;La seconde guerre d’Indochine. Cambodge et Laos 1970&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1970, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burns Sigler David, &#039;&#039;Vietnam battle chronology. U.S. Army and Marine Corps combat operations 1965-1973&#039;&#039;, Londres, Jefferson (N. C.) &amp;amp; McFarland, cop., 1992, 184 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saïgon 1940-1956&#039;&#039;, Paris Perrin, 2019 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 668 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;Cao-Bang 1950. Premier désastre français en Indochine&#039;&#039;, Paris, Perrin-Ministère des Armées, 2022, 394 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre de Corée&#039;&#039;, Paris, Perrin, 2016 (1ère éd. 2013), 367 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cambacérès Jean-Marie, &#039;&#039;Sihanouk, le roi insubmersible,&#039;&#039; Paris, Le Cherche Midi, 2013, 460 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chanda Nayan, &#039;&#039;Les frères ennemis. La péninsule indochinoise après Saigon&#039;&#039;, Paris, Presses du C.N.R.S., 1987, 371 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cao Xuan Huy, &#039;&#039;En mars, fusils brisés&#039;&#039;, Paris, Riveneuve, 2021, 243 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caputo Philip, &#039;&#039;Le bruit de la guerre&#039;&#039;, Paris, Williams Alta, 1979, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), &#039;&#039;Deux actes de la guerre d’Indochine. Hanoi : juin 1940. Dien Bien Phu : mars-mai 1954&#039;&#039;, Paris, Plon, 1959, 180 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;L’Indochine en guerres 1945-1993&#039;&#039;, Paris, Belin, 1995, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Les Grandes puissances et le Laos 1954-1964&#039;&#039;, Arras, Artois Presses Université, 2007, 374 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Le problème diplomatique de l’Indochine 1945-1957&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2013, 420 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Indochine, dix ans d’indépendance&#039;&#039;, Paris, Calman-Lévy, 1964, 295 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Les deux guerres du Vietnam. De Valluy à Westmoreland&#039;&#039;, Paris, La Table ronde, 1969, 459 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chandler David P., &#039;&#039;Pol Pot. Frère n° 1&#039;&#039;, Paris, Plon, 1993, 343 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel Jean, &#039;&#039;Commentaires, tome 3, De Berne à Paris (1952-1962)&#039;&#039;, Fayard, 1973, 370 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif, &#039;&#039;L’opinion américaine devant la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Presse de l’université de Paris-Sorbonne, 1992, 248 p. (noté : auteur de la communication &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean Cazemajou, Jean-Michel Lacroix dir.), &#039;&#039;La guerre du Vietnam et l’opinion publique américaine (1961-1973)&#039;&#039;, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1991, 199 p. (noté Cazemajou, Lacroix, 1991)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Spencer C. Tucker dir.), &#039;&#039;The encyclopedia of the Vietnam War. A political, social and military history,&#039;&#039; New-York, Oxford University Press, 2000, 578 p. (noté Spencer, Tucker, 2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Ivan Cadeau, François Cochet, Rémy Porte dir.), &#039;&#039;La Guerre d’Indochine. Dictionnaire&#039;&#039;, Paris, Perrin &amp;amp; Ministère des Armées, 2021, 1000 p. (noté Cadeau, Cochet, Porte, 2021)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean-François Sirinelli dir.), &#039;&#039;Dictionnaire historique de la vie politique française&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1995, 1254 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1946&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1947, 626 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1947&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1948, 395 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1948&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1949, 474 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1949&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1950, 488 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1950&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1951, 437 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1951&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1952, 784 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1952&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1953, 653 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Guy Pedroncini dir.), &#039;&#039;Leclerc et l’Indochine 1945-1947. Quand se noua le destin d’un empire&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 433 p. (noté Pedroncini, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Brocheux dir.), &#039;&#039;Du conflit d’Indochine aux conflits indochinois&#039;&#039;, Bruxelles, 2000, 178 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Dao Tannh Huyen, Dang Duc Tue, Nguyen Xuan Mai, Pham Hoai Thanh, Pham Hoang Nam, Pham Thuy Huong dir.), &#039;&#039;Dien Bien Phu vu d’en face. Paroles de Bo Doi&#039;&#039;, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010, 271 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Journoud, Cécile Menétrey-Monchaud dir.), &#039;&#039;Vietnam, 1968-1976. La sortie de guerre&#039;&#039;, Bruxelles, 2011, P.I.E. Peter Lang, 378 p. (La publication est accompagnée d’un DVD reproduisant les interventions de 7 diplomates représentant les diverses nations impliquées dans la partie américaine du conflit)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Christopher Goscha, Benoît De Tréglodé dir.), &#039;&#039;Naissance d’État-Parti. Le Viêt Nam depuis 1945 The Birth of a Party-State. Vietnam since 1945&#039;&#039;, Paris, 2004, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby William, Vietnam, &#039;&#039;Histoire secrète d’une victoire perdue&#039;&#039;, Paris, Perrin, 1992, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, &#039;&#039;Nixon&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2013), 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corvisier André, &#039;&#039;Dictionnaire d’art et d’histoire militaires&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1988, 884 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coste Philippe, &#039;&#039;A l’ombre des Khmers rouges. Souvenirs d’une ambassade peu ordinaire (1991-1993)&#039;&#039;, Ginkoéditeur, 2022, 204 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1987, 316 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2006, 283 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dang Van Viet, &#039;&#039;Souvenirs d’un colonel vietminh 1945-2005&#039;&#039;, Paris, Indo Éditions, 2004, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dean John Gunther, &#039;&#039;Au cœur de la guerre froide. Le combat d’un ambassadeur américain pour la paix&#039;&#039;, Paris, François-Xavier de Guibert, 2011, 255 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2009)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debré François, &#039;&#039;Cambodge. La révolution dans la forêt&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1976, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux (amiral), &#039;&#039;A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945)&#039;&#039;, Paris, Plon, 1949, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deron Francis, &#039;&#039;Le procès des Khmers rouges. Trente ans d’enquête sur le génocide cambodgien&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2009, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deroo Éric, Dutrône Christophe, &#039;&#039;Le Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 239 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Despuech Jacques, &#039;&#039;Le trafic des piastres&#039;&#039;, Paris, Éditions des Deux Rives, 1953, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;Le royaume du Laos 1949-1965. Histoire événementielle de l’indépendance à la guerre américaine&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 2003 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;La guerre secrète au Laos contre les communistes (1955-1964)&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1995, 311 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Histoire du Vietnam de 1940 à 1952,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1952, 479 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Paris Saigon, Hanoi. Les archives de la guerre 1944-1947&#039;&#039;, Paris, Gallimard-Julliard, 1988, 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Vingt ans et plus avec le Vietnam 1945-1969&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2010, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe et Lacouture Jean, &#039;&#039;Viet Nam. De la guerre française à la guerre américaine,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1969, 430 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doan Van Toai, &#039;&#039;Le goulag vietnamien&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1979, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Domenach Jean-Luc, &#039;&#039;Chine : l’archipel oublié&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1992, 689 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;L’Indochine dans la tourmente&#039;&#039;, Paris, Plon, 1964, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 1, Service historique de la Défense, 2011, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 2, Service historique de la Défense, 2012, 136 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elgey Geneviève, &#039;&#039;Histoire de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République de 1945 à 1957. La modernisation de la France, l’Europe en marche, la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, 2018, Robert Laffont, 1303, p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Les deux Vietnam&#039;&#039;, Paris, Payot, 1967, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Vietnam. Dernières réflexions sur une guerre&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1968 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1967), 351 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Rue sans joie. Indochine (1946-1962)&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2020 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1961), 453 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Le Viet-Minh. La République démocratique du Vietnam 1945-1960&#039;&#039;, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques n°106, Paris, Armand Colin, 1960, 377 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Férier Gilles, &#039;&#039;Les trois guerres d’Indochine&#039;&#039;, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1993, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Folin (De) Jacques, &#039;&#039;Indochine (1940-1945). La fin d’un rêve,&#039;&#039; Paris, Perrin, 1993, 361 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fonde Jean-Julien, &#039;&#039;Traitez à tout prix… Leclerc et le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1971, 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fournier Ismaël, &#039;&#039;Stratégie américaine et guerre hybride au Vietnam : les succès contre-insurrectionnels américains et le spectre militaro-hybride qui engendra l’impasse militaire au Vietnam 1960-1972&#039;&#039;, thèse, Québec, Université de Laval, 2019, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Continental Saigon&#039;&#039;, Éditions des Équateur, 2015 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1976), 320 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 1,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 439 p. (noté Franchini 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 2,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 453 p. (noté Franchini 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gaulle (De) Charles, &#039;&#039;Mémoires&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2000, 1505 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gheddo Piero, &#039;&#039;Catholiques et bouddhistes au Vietnam, Paris&#039;&#039;, Asaltia, 1970, 422 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. italienne, 1968)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gigon Fernand, &#039;&#039;Les Américains face au Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1965, 267 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gilard François, &#039;&#039;Lettres d’Indochine 1946-1948&#039;&#039;, s.l., Éditions Les Deux Sœurs, 2022, 399 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goebel Michael, &#039;&#039;Paris, capitale du tiers monde. Comment est née la révolution anticoloniale (1919-1939)&#039;&#039;, Paris, Éditions La Découverte, 2017 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 447 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher, &#039;&#039;Vietnam. Un État né de la guerre 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 558 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gras Yves, &#039;&#039;Histoire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 599 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravel Mike (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Defense Department History of the Viet-nam War,&#039;&#039; 5 vol., Boston (Mass.), Beacon Press, 1971 (édition complète)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grintchenko Michel, &#039;&#039;L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2008, 700 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grimaud Maurice, &#039;&#039;En mai fais ce qu’il te plait&#039;&#039;, Paris, Stock, 1977, 345 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Guillemot François, &#039;&#039;Viêt-Nam, fractures d’une nation. Un histoire contemporaine de 1858 à nos jours&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 385 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haing Ngor, &#039;&#039;Une odyssée cambodgienne&#039;&#039;, Paris, Fixot Fillipacchi, 1988 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1987), 388 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;En plein bourbier&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1966, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;The Best and the Brightest&#039;&#039;, New York, Random House, 1972 (traduction française : &#039;&#039;On les disait les meilleurs et les plus intelligents&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1974, 591 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hamel Bernard, &#039;&#039;De sang et de larmes&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1977, 281 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hammond William H., &#039;&#039;Public affairs. The military and the media 1962-1968,&#039;&#039; Washington, Center of military Army, 1990, 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélie de Saint Marc, &#039;&#039;Mémoires. Les Champs de&#039;&#039; braises, Paris, Perrin, 2002 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1995), 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hémery Daniel, &#039;&#039;Ho Chi Minh. De l’Indochine au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1990, 192 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Herr Michael, &#039;&#039;Putain de mort&#039;&#039;, Paris, le Livre de poche, 1980, 286 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, &#039;&#039;L’Indochine française 1940-1945&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1982, 244 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jennar Raoul M., &#039;&#039;Les clés du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Maisonneuve &amp;amp; Larose, 1995, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Johnson Lyndon B., &#039;&#039;Ma vie de président&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1972, 721 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, &#039;&#039;De Gaulle et le Vietnam,&#039;&#039; Paris, Tallandier, 2011, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kane Salomon, &#039;&#039;Dictionnaire des Khmers rouges,&#039;&#039; La Courneuve, ISAREC Aux lieux d’être, 2007, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Karnow Stanley, &#039;&#039;Viet-nam : A History&#039;&#039;, New York, Penguin Books, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition : 1983, traduction française : &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039;, France Loisirs, 1985, 437 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben, &#039;&#039;Le génocide au Cambodge 1975-1979, Race, idéologie et pouvoir&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1998, 730 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 1, Paris, Fayard, 1979, 736 p. (noté Kissinger 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 2, Paris, Fayard, 1979, 1584 p. (noté Kissinger 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;Sortie de crise. Kippour 1973, Vietnam 1975&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2003, 548 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Knöbl Kuno, &#039;&#039;Victor Charlie Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1967, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Le Vietnam entre deux paix&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1965, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Survive le peuple cambodgien&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1978, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Langlais Pierre, &#039;&#039;Dien Bien Phu&#039;&#039;, Paris, Presse Pocket, 1969 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1963), 252 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel Joseph, Le drame indochinois. De Dien Bien Phu au pari de Genève, Paris, Plon, 1957, 140 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lattre de Tassigny (De), &#039;&#039;La ferveur et le sacrifice. Indochine 1951&#039;&#039;, Paris, Plon, 1988, 473 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, Le « petit livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, Paris, L’Harmattan, 1996, 263 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, &#039;&#039;Pourquoi les Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Vendémiaire, 2013, 350 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Luciolli Esmeralda, &#039;&#039;Le mur de Bambou. Le Cambodge après Pol Pot&#039;&#039;, Paris, Médecins sans frontières - Régine Deforges, 1988, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mao Tse-Toung, &#039;&#039;Écrits militaires de Mao Tse-Toung&#039;&#039;, Pékin, s.e., 1964, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marangé Céline, &#039;&#039;Le communisme vietnamien&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 2012, 611 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McNamara Robert S., &#039;&#039;In Retrospect. The Tragedy and Lessons of Vietnam&#039;&#039;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
New York, Random House, 1995 (traduction française : &#039;&#039;Avec le recul. La tragédie du Vietnam et ses leçons,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1996, 389 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meslin Denis, &#039;&#039;Rouges et noirs&#039;&#039;, URA Éditions, 2020, 93 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer Pierre, &#039;&#039;Après tant de batailles. Mémoires&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ministère des Affaires étrangères. Commission des documents diplomatiques français. &#039;&#039;Documents diplomatiques français&#039;&#039;, années 1945 à 1951. Imprimerie nationale ou P.I.E Peter Lang. Dates diverses (consultables en ligne sur le site de la B.N.F. ; voir partie du site intitulée « Archives en ligne » ; dans la chronologie, noté DDF, année d’édition, tome, n° du document, pagination).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul, &#039;&#039;Viêt-Nam. Sociologie d’une guerre&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1952, 380 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Phu Luc, &#039;&#039;Vietnam. Pourquoi les États-Unis ont-ils perdu la guerre ?&#039;&#039;, Paris, Godefroy de Bouillon, 1996, 418 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Agonie de l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1956, 337 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Le temps des vérités&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Mémoires Richard Nixon&#039;&#039;, Montréal, Stanké, 1978, 800 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Plus jamais de Vietnam&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1985, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, &#039;&#039;Journal d’un combattant Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1955, 230 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nolting Frederick, &#039;&#039;From trust to tragedy. The political memoirs of Frederick Nolting, Kennedy’s ambassador to Diem’s Vietnam&#039;&#039;, New York, Westport (Connecticut), London, Praeger, 1988, 161 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Penycate John, Mangold Tom, &#039;&#039;Les tunnels de Cu Chi&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1986, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pericone Laurent, &#039;&#039;Guerre du Vietnam : la faute à Kennedy ?,&#039;&#039; Paris, Économica, 2014, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peschoux Christophe, &#039;&#039;Les « nouveaux » Khmers rouges 1979-1990&#039;&#039;, Paris, l’Harmattan, 1992, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pham Thanh Tam, &#039;&#039;Carnet de guerre d’un jeune Viêt-Minh à Diên Biên Phu 21 février-28 août 1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 191 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, &#039;&#039;Cambodge année zéro&#039;&#039;, Paris, éditions Kailash, 2005, 273 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, 1977)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Les États-Unis et la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexes, 2008 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1993), 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;La fin de la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2016, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Lyndon Johnson. Le paradoxe américain,&#039;&#039; Paris, Payot, 2007, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouget Jean, &#039;&#039;Nous étions à Dien Bien Phu,&#039;&#039; Monaco, Édition du Rocher-Lithos, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1964), 581 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prados John, &#039;&#039;La guerre du Vietnam,&#039;&#039; Paris, Perrin, coll. Tempus, 2011, 1 179 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quirielle François, &#039;&#039;A Hanoi sous les bombes. Journal d’un diplomate français 1966-1969&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 1992, 241 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Raymond Louis, &#039;&#039;Les événements d’Indochine, septembre 1944-décembre 1946 : entre discours et contre-discours&#039;&#039;, Rennes, Mémoire de 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; année I.E.P. Rennes, 2013, 223 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regaud Nicolas, &#039;&#039;Le Cambodge dans la tourmente. Le troisième conflit indochinois 1978-1991&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1992, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Richer Philippe, &#039;&#039;Le Cambodge de 1945 à nos jours&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationales des Sciences politiques, 2009, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rigal-Cellard Bernadette, &#039;&#039;La guerre du Vietnam et la société américaine&#039;&#039;, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1991, 276 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rignac Paul, &#039;&#039;Ngo Dinh Diem. Une tragédie vietnamienne,&#039;&#039; La Chaussée d’Ivry, Atelier Fol’fer, 2018, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rocolle Pierre, &#039;&#039;Pourquoi Dien Bien Phu ?&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1968, 604 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roussel Éric, &#039;&#039;Pierre Mendès France&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2007, 608 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;La guerre française d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexe, 1992, 279 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Les communistes français et la guerre d’Indochine&#039;&#039; 1944-1954, Paris, 1985, L’Harmattan, 422 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Cambodge, an 1. Journal d&#039;un témoin&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 203 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1967, 285 p. [1ère éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Amiot-Dumont, 1953, 260 p. [1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Face à Ho Chi Minh,&#039;&#039; Paris, Seghers, 1970, 211 p. (rééd. Éditions Atlanta, s.l., s.d, 216 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le sens d’un engagement&#039;&#039;, tome 1, Paris, Presses de la Cité, 1970, 443 p. (noté Salan 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le Viêt-Minh mon adversaire&#039;&#039;, tome 2, Paris, Presses de la Cité, 1970, 479 p. (noté Salan 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salisbury Harrison E., &#039;&#039;Un Américain à Hanoï derrière les lignes Viet-cong&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1967, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sarin Ith, &#039;&#039;Regrets for the Khmer Soul,&#039;&#039; 1973 (consultable sur &#039;&#039;&#039; https://www.mekongriverpress.com/regrets-for-the-khmer-soul )&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schell Jonathan, &#039;&#039;Le village de Ben Suc&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1967, 188 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Les 1 000 jours de Kennedy&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1966, 948 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Un héritage amer : le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1967, 253 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scholl-Latour Pierre, &#039;&#039;La mort dans la rizière. 30 ans de guerre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Hachette, 1981, 428 p. (1ère éd. allemande 1980)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Une tragédie sans importance. Kissinger, Nixon et l’anéantissement du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Le poids de la pitié&#039;&#039;, Paris, Balland, 1985 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheehan Neil (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Complete and Unabridged Series as Published by the New York Times&#039;&#039;, New York, Bantam Books, 1971 (édition partielle, traduction en français : &#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral révélé et publié par The New-York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan Neil, &#039;&#039;L’innocence perdue. Un américain au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1990, 941 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Chroniques de guerre… et d’espoir&#039;&#039;, Paris, Hachette-Stock, 1979, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Prisonnier des Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Plon, 1986, 433 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Snepp Franck, &#039;&#039;Sauve qui peut. La chute de Saigon et la fuite des Américains racontée par un haut responsable de la CIA au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 467 p.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Stien Louis, &#039;&#039;Les soldats oubliés. De Cao bang aux camps de rééducation du Vietminh&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1993, 333 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suong Sikoeun, &#039;&#039;Itinéraire d’un intellectuel khmer rouge&#039;&#039;, Paris, Cerf, 2013, 542 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Szymusiak Molyda, &#039;&#039;Les pierres crieront. Une enfance cambodgienne 1975-1982&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 1984, 272 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tertrais Hugues, &#039;&#039;Atlas des guerres d’Indochine 1940-1990&#039;&#039;, Autrement-Ministère de la Défense-Mémorial de Caen, 2004, 63 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Teulières  André, &#039;&#039;La guerre du Vietnam 1945-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1979, 256 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Thierry Argenlieu (D’) Georges, &#039;&#039;Chronique d’Indochine 1945-1947,&#039;&#039; Paris, Albin Michel, 470 p.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Todd Olivier, &#039;&#039;Cruel avril. 1975, la chute de Saigon,&#039;&#039; Paris, Robert Laffont, 1987, 480 p.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Toinet Raymond, &#039;&#039;Une guerre de trente-cinq ans. Indochine – Vietnam 1940-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1998, 543 p.&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Tong André, &#039;&#039;Sihanouk,&#039;&#039; l&#039;&#039;a fin des illusions&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 1972, 234 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don, &#039;&#039;Les guerres du Vietnam&#039;&#039;, s.l., Vertiges Publications, 1985, 395 p.&lt;br /&gt;
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Truong Nhu Tang, &#039;&#039;Mémoires d’un Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1985, 348 p.&lt;br /&gt;
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Tran Van Tra (général), &#039;&#039;A History of the Bulwark B-2 Theater&#039;&#039;, 1983 (version dactylographiée, 147 p., consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Truong Vinh Le, &#039;&#039;Vietnam, où est la vérité ?&#039;&#039; Paris, Lavauzelle, 1989, 327 p.&lt;br /&gt;
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Turpin Frédéric, &#039;&#039;De Gaulle, les gaullistes et l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2005, 666 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Valette Jacques, &#039;&#039;Indochine 1940-1945. Français contre Japonais&#039;&#039;, Paris, SEDES, 1993, 507 p.&lt;br /&gt;
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Valette Jacques, &#039;&#039;La guerre d&#039;Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 1994, 416 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Geirt Jean-Pierre, &#039;&#039;La piste Ho Chi Minh&#039;&#039;, Paris, Librairie Jules Tallandier, 1972, 340 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Tien Dung (général), &#039;&#039;Et nous prîmes Saïgon&#039;&#039;, Paris, Le Sycomore, 1979, 215 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vanuxem (colonel), &#039;&#039;1951. Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Société de Production littéraire, 1977, 209 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Villatoux Marie-Catherine et Paul, « La guerre psychologique en Indochine (1945-1955) », Revue historique des Armées, n° 213, 1998, pp. 104-115&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Guerre du peuple, armée du peuple&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1967, 190 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954&#039;&#039;, tome 1 : La résistance encerclée, Fontenay-sous-Bois, 2003, 319 p. (noté Giap 1, 2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954,&#039;&#039; tome 2 : Le chemin menant à Dien Bien Phu, Fontenay-sous-Bois, 2004, 308 p. (noté Giap 2, 2004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wainstock Dennis, Miller Robert L., &#039;&#039;Indochine et Vietnam. 35 années de guerre 1940-1975,&#039;&#039; Paris, Le nouveau Monde éditions, 2019, 326 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yathay Pin, &#039;&#039;L’utopie meurtrière. Un rescapé du génocide cambodgien témoigne&#039;&#039;, Bruxelles, Éditions complexe, 1989, 414 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zeller Guillaume, &#039;&#039;Les cages de la Kempetaï. Les Français sous la terreur japonaise en Indochine, mars-août 1945&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2021, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Articles :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aberdam Marie, « Visites guidées au Kampuchéa démocratique (1975-1978) », Relations internationales, n° 162, 2015, pp. 139-156&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, « Mes rencontres avec Ho Chi Minh et le Vietnam (1946-1982) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 349-356 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baulon Jean-Philippe, « Les trois guerres de Robert MacNamara au Vietnam (1961-1968) et les errements de la raison dans un conflit irrégulier », Institut de Stratégie Comparée,  Stratégique, n° 93-94-95-96, 2009, pp. 425-444 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « L&#039;utilisation des autochtones dans le corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient (1945-1954) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 81, n° 303, 1994, pp. 137-159 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « 1949 En Indochine, un tournant ? » Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 236, 2009, pp. 135-154 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bouilleaux Geoffrey, « La guerre secrète n’aura pas lieu ! L’armée française face à l’arrivée des Américains en Indochine, 1950-1953 », Bulletin de l’Institut Renouvin, n° 53, 2021, pp. 157-173 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « 1954-1956, le départ du corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient », Revue historique des armées, n° 258, 2010, pp. 1-16 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Punir les lampistes ? Les commissions d’enquête des batailles de Cao Bang et Dien Bien Phu », Armée de terre, Inflexions, n° 45, 2020, pp. 67-70 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « La question des sépultures des morts de la guerre d’Indochine suivi du Rapport de la mission du capitaine Belmont à Dien Bien Phu du 8 au 23 juin 1955 », Revue historique des armées, 2016, pp. 92-111 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Sud-Vietnam, printemps 1955 : la « guerre des sectes » à travers les archives du Service historique de la Défense », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 273, 2019, pp. 49-68 (consultable en ligne ; noté Cadeau 2 dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), « L&#039;Union française, son concept, son état, ses perspectives »,  Politique étrangère, n° 4, 1953, pp. 233-266 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, « La négociation sur l’Indochine à la conférence de Genève (1954) », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 7-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « Nixon, Kissinger et la guerre civile au Cambodge », Relations internationales, n° 175, 2018, pp. 63-78 (consultable en ligne ; noté Coppolani A dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « La guerre américaine au Cambodge, 1969-1975 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 271, 2018, pp. 45-70 (consultable en ligne ; noté Coppolani B dans la chronologie) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cournil Laure, Journoud Pierre, « Une décolonisation manquée : l&#039;Armée nationale du Vietnam, de la tutelle française à la tutelle américaine (1949-1965) » Outre-mers, tome 98, n° 370-371, 2011, pp. 67-81 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courtois Stéphane, « Le génocide de classe : définition, description, comparaison », Les Cahiers de la Shoah, n° 6, 2002, pp. 89-122 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, « L’opposition du M.R.P. à la guerre d’Indochine », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 43, 1996, pp. 106-118 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David François, « L’alliance franco-américaine et la guerre d’Indochine, laboratoire d’une rupture 1953-1954 », Revue historique des armées, n° 246, 2007, pp. 77-87&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David Michel (lieutenant-colonel), « Tonkin 1950 : la naissance d’un maquis anti-vietminh », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 45-56 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Davieau-Pousset Sophie, « Maurice Dejean, diplomate atypique », Relations internationales,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
n° 162, 2015, pp. 79-94 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, « La politique française et la seconde guerre du Vietnam », Politique étrangère, n° 6, 1967, pp. 569-604 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debouzy Marianne, « Les marches de protestation aux États-Unis (XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles) », La Découverte, Le Mouvement social, n° 202, 2003, pp. 15-41 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Escobar Rodrigez Adriana Maria, « Les mémoriaux du régime du Kapuchéa démocratique », Vingtième Siècle, n° 137, 2018, pp. 114-136 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gorin Valérie, « Les mouvements de vétérans et les enjeux mémoriels de la guerre du Vietnam aux États-Unis (1982-1995) », Carnet de bord en sciences humaines, n° 12, 2006, pp. 16-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « L’aide militaire chinoise au Viet-minh (1949-12954) », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « « La guerre par d’autres moyens » : réflexions sur la guerre du Viêt Minh dans le Sud-Vietnam de 1945 à 1951 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 206, 2002, pp. 29-57 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « Une guerre pour l’Indochine ? Le Laos et le Cambodge dans le conflit franco-vietnamien (1948-1954) », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 211, 2003, pp. 29-58 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., “The Maritime Nature of the Wars for Vietnam (1945-1975) : A Geo-Historical Reflection”, War &amp;amp; Society, 2005, n° 24/2, pp. 53-92 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gosha Christopher E., « L’aide chinoise au Vietminh (1949-1954), Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1966, le discours de Phnom Penh » &#039;&#039;in&#039;&#039; Jeanneney Jean-Noël, Guérout Jeanne (dir.), &#039;&#039;L’histoire de France vue d’ailleurs&#039;&#039;, Paris, Les Arènes, 2016, 597 p., pp. 556-569&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « La guerre de décolonisation la plus violente du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ? », L’Histoire, n° 499, septembre 2022, pp. 32-39&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grosser Pierre, « La politique indochinoise de Pierre Mendès France après les accords de Genève »,  Relations internationales, n) 146, 2011, pp. 59-75 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gunn Geoffrey, « La grande famine vietnamienne de 1944-1945 : un réexamen », https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/la-grande-famine-vietnamienne-de-1944-1945-un-reexamen.html , mars 2015, n.p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hanhimäki Jussi M., « La négociation dans les combats : la conférence de Paris et la fin de la guerre du Viêt-Nam », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 53-72 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Huret Romain, « La rumeur de Pinkville. Les commissions d&#039;enquête sur le massacre de My Laï (1969-1970) », Le Mouvement Social&#039;&#039;,&#039;&#039; n° 222, 2008, pp. 129-152 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam », Annuaire de Droit international, vol. 18, 1972, pp. 101-121 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « Les accords de Genève (1954) et de Paris (1973) », Les Cahiers de l&#039;Institut d&#039;Histoire du Temps Présent, n° 34, 1996, pp. 227-237 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jalabert Laurent, « Aux origines de la génération 1968 : les étudiants français et la guerre du Vietnam »,Vingtième Siècle, n° 55, 1997. pp. 69-81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le rôle d&#039;une « tierce-partie » dans l&#039;ouverture d&#039;une négociation de paix. La France et la guerre du Vietnam (1965-1969), Hypothèses, 2001, pp. 141-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Diplomatie informelle et réseaux transnationaux. Une contribution française à la fin de la guerre du Vietnam », Relations internationales, n° 138, 2009, pp. 93-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le CAT/Air America dans les guerres d’Indochine ou le rôle d’une compagnie aérienne privée secrètement tenue par la CIA (1950-1975), Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 238, 2010, pp. 129-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « A l’ombre de la protection gaullienne ? L’exil en France des déserteurs américains de la guerre du Vietnam », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 280, 2020, pp. 65-80 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « De la naissance de l’OTASE à l’accord de paix sur le Cambodge : la France, la Grande Bretagne et la sécurité en Asie du Sud-Est pendant la Guerre froide », Relations internationales, n° 168, 2017, pp. 29-45 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben &amp;amp; Owen Taylor, « Bombs over Cambodia », &#039;&#039;The Walrius&#039;&#039;, octobre 2006 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lemaire Marc, « Le sort des blessés de Dien Bien Phu dans le concert des nations », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 57-66 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « Le Tonkin, laboratoire de la « pacification » en Indochine ? », Revue historique des armées, 2007, n° 248, pp. 1-11 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « La base de Séno, la France et l’Asie du Sud-Est », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 255, 2014, pp. 123-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Couriard Daniel, « Les socialistes et le début de la guerre d’Indochine (1946-1947) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 31, n° 2, avril-juin 1984, pp. 334-353 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Louaas Irvin, « La collaboration franco-caoïste au début de la guerre d’Indochine (1945-1948) : un « pacte avec le diable » ? », I.R.I.C.E., Bulletin de l&#039;Institut Pierre Renouvin, 2015, n° 41, pp. 75-87 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mantoux Stéphane, « Les « morts vivants » à Cam Ne. Le premier « Zippo raid » de la guerre du Vietnam », Revue historique des armées, n° 268, 2012, pp. 1-10 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Le Cambodge des Khmers rouges : de la logique de guerre totale au génocide », Presses de Sciences Po, Vingtième Siècle, 2003, n° 77, pp. 3-18 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Khmers contre Khmers : penser les massacres perpétrés par le Khmers rouges », Sens-Dessous n° 28, 2021, pp. 15-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul,  « L&#039;Indochine en 1945. Quelques souvenirs et une opinion »,  Politique étrangère, n° 4, 1946, pp. 349-374 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pernot François, « L’armée de l’Air en Indochine et le problème chinois », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 100-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, « Cambodge : deux ans après la libération. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 8, n° 4, L&#039;Asie socialiste, 1977, pp. 143-156 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pons Sylvain, « Les visages d’un ennemi : la fabrication du Vietminh, 1945-1946 », Relations internationales, n° 130, 2007, pp. 29-46 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Porée Anne-Laure, « S21. La vie ordinaire des bourreaux », L’Histoire, hors série n° 107, 2025, pp. 95-100&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodier-Cormier Béatrice, « Services d’information en Indochine et stratégies de conquête des opinions publiques » &#039;&#039;in&#039;&#039; Hervé Coutau-Bégarie, &#039;&#039;Les médias et la guerre&#039;&#039;, Paris, Économica, 2005, pp. 775-791&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rousseau Sabine, « Christianisme français et engagement politique à travers les guerres d’Indochine et du Vietnam (1945-1975) », Chrétiens et sociétés, n° 7, 2000, pp. 75-98 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, « Charles De Gaulle à Phnom Penh », Recherches internationales, n° 100, 2014, pp. 215-226 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, « Dien Bien Phu : du coup de génie à l’aberration », Revue française d’histoire d’outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 335-347 (consultable en ligne, noté avec la mention « article » dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tenenbaum Élie, « Les déplacements de populations comme outil de contre-insurrection : l’exemple du programme de hameaux stratégiques au Sud-Vietnam », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 239, 2010, pp. 119-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Tréglodé Benoît, « Du côté vietnamien. Mobilisation de masse ! », &#039;&#039;L’Histoire&#039;&#039; n° 499, septembre 2022, pp. 48-51&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, « Cao Bang, automne 1950 : autopsie d’un désastre », Revue historique de l’Armée, n° 220, 2000, pp. 25-34&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, « Les opérations de l’automne 1947 dans le Haut-Tonkin : les incertitudes d’une stratégie », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 240, 2010, pp. 63-79 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 1967, pp. 15-38 (noté Valluy 1, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 novembre 1967, pp. 196-216 (noté Valluy 2, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1er décembre 1967, pp. 356-375 (noté Valluy 3, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1967, pp. 507-528 (noté Valluy 4, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Varga Daniel, «  Léon Pignon, l&#039;homme-clé de la solution Bao Daï et de l&#039;implication des États-Unis dans la Guerre d&#039;Indochine », Outre-mers, tome 96, n° 364-365, 2009, pp. 277-313 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nanh Tri, « La politique agraire du Nord-Vietnam », Tiers-Monde, tome 1, n° 3, 1960, pp. 353-372 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wagner Sarah, « The making and unmaking of an unknown soldier », Social Studies of Sciences, 2013, pp. 1-26 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zervoudakis Alexander, « Vinh Yen », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 54-65 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Zhai Quiang, Dutrône Christophe, Goux Valérie, « Les conseillers militaires chinois et la guerre d’Indochine en 1950 », Revue historique des armées, n° 220, 2000, pp. 3-14 (consultable en ligne)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Pr%C3%A9sentation_du_projet&amp;diff=5361</id>
		<title>Présentation du projet</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Pr%C3%A9sentation_du_projet&amp;diff=5361"/>
		<updated>2026-09-19T05:46:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;La chronologie que nous présentons sur ce site concerne les trois guerres d’Indochine qui vont affecter le [[Vietnam]], le [[Laos]], le [[Cambodge]], la Thaïlande et, indirectement mais aussi inévitablement, la Chine, entre [[1939]] et [[2012]]. Le volet français occupe les années [[1939]]-[[1955]]. Le volet américain s’étend de l’année [[1955]] à l’année [[1975]], année de la chute de Saïgon et du départ des derniers Américains du [[Vietnam]]. Enfin, conséquence du conflit vietnamien, survient le long conflit cambodgien, la période des Khmers rouges suivie d’une guerre civile liée à une occupation du pays par le [[Vietnam]]. Nous avons clos cette chronologie à l’année [[2012]], celle de la mort du prince [[Sihanouk]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette chronologie se veut beaucoup plus détaillée et moins sélective que celles que l’on trouve habituellement à la fin des ouvrages historiques touchant à la période de ces trois conflits ou sur certains sites où, très souvent, les événements mentionnés n’occupent que de brefs commentaires. Il nous a en effet semblé que trop souvent ceux-ci, par leur manque de développement, ne parviennent que difficilement à faire comprendre au lecteur les tenants et les aboutissants de tel ou tel fait ou de telle ou telle décision militaire, politique ou diplomatique. Notre parti-pris a donc été ici au contraire de développer au mieux les explications, en essayant aussi de mettre en relation les dates et événements entre eux par un système de renvois. La fonction politique ou militaire des centaines d’acteurs qui parcourent ces pages a été la plupart du temps rappelée, afin d’aider le lecteur à mieux cerner le rôle respectif de tel ou tel personnage à tel ou tels moment(s) précis des conflits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les trois guerres d’Indochine sont à la fois un événement historique long mais également particulièrement complexe à saisir au premier abord. Car, la plupart du temps, il s’agit de guerres sans front dans lesquels Français puis Américains sont obligés d’intervenir sans cesse dans l’urgence, confrontés à une guérilla qui peut aussi aboutir à des batailles rangées. S’ajoute à cela dès les années [[1949]]-[[1950]] un contexte de Guerre froide et de jeux d’alliances particulièrement difficiles à cerner.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conservons donc à l’esprit que ce qui est présenté ici se veut avant tout être un outil visant à aider un lecteur qui serait quelque peu dérouté dans une de ses lectures touchant au sujet. Cette longue chronologie, qui  ne vise à aucune prétendue exhaustivité, est vouée à être augmentée voire corrigée si elle s’avère critiquable sur certains points. C’est assurément un travail de longue haleine qui s’offre encore à nous, un travail que nous entendons partager.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#seo:|keywords=Laos,Vietnam,Cambodge,Indochine,Guerre,Memoires,Histoire,Asie du sud Est,Géopolitique|title=Mémoires d’indochines : Présentation du projet|description=Découvrez la présentation complète du projet &amp;quot;Mémoires d’Indochines&amp;quot; : un voyage historique entre conflits coloniaux, guerre d’indépendance et affrontement idéologique en Asie du Sud-Est.}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1966&amp;diff=5360</id>
		<title>Septembre 1966</title>
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		<updated>2026-09-15T07:09:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Septembre 66 : Sondage analysant l’évolution de l’opinion publique américaine envers le conflit au Vietnam : pour 48 %, contre 35 %, sans opinion 17 % (Nouilhat &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, p. 60). Une lente érosion du soutien au conflit apparaît.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Saloth Sar (futur Pol Pot) transfère le « Bureau 100 » de la frontière khméro-vietnamienne (région de Tay Ninh) dans les provinces de Rattanakiri et Mondokiri dans le Nord-Est du Cambodge. Ce sont des régions recouvertes par la jungle et peuplées d’ethnies « primitives », des guerriers montagnards illettrés pour la plupart dont l’organisation sociale (pas de propriété, pas d’argent) semble fasciner le futur Pol Pot. Un vivier idéal pour recruter une troupe totalement dévouée, une partie des futurs KR (Deron, 2009, pp. 31-32 et p. 263). C’est au moment de ce transfert qui éloigne le parti de l’influence vietnamienne qu’apparaît en septembre la dénomination de Parti communiste du Kampuchéa (P.C.K.). C’est aussi une manière de se distancer du Parti des travailleurs du Vietnam et de faire un pas vers le P.C.C. (Biernan, 1998, p. 150).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’occasion des élections législatives qui visent à donner une constitution au S-V (voir 11 septembre), le père Hoang Quynh, dissident catholique (voir juin 1964) et dirigeant à cette époque d’un Front des citoyens de toutes les croyances, se rapproche du courant politisé du bouddhisme et des autres religions. A leurs côtés, il conteste la tenue de ces élections voulues par la junte militaire au pouvoir depuis la chute de Diem (soutenue par la hiérarchie catholique) et réclame l’avènement d’un gouvernement purement civil. Il est à nouveau désavoué par sa hiérarchie (Gheddo, 1970, p. 300).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 66 : &#039;&#039;&#039;Discours de De Gaulle au stade olympique de Phnom Penh&#039;&#039;&#039; devant 100 000 personnes (Goscha, 2016, p. 558). Fidèle à ses convictions d’indépendance en politique étrangère à l’égard des U.S.A. (voir 7 mars), il dénonce les « illusions » meurtrières du recours à la force, et prophétise l’impuissance finale de la machine de guerre américaine face aux nationalismes qu’elle ne fait qu’exacerber. Quant à la France, résolue à garder « les mains libres », elle se veut l’interlocutrice naturelle de ceux qui aspirent à la paix, et, comme le Cambodge, prônent la neutralité (extraits de ce discours &#039;&#039;in&#039;&#039; Portes, 2008, pp. 153-156 ; Portes, 2016, p. 17-19 ; Journoud, 2011, p. 24 ; Cesari, 1995, p. 182 ; version intégrale &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 2014, pp. 223-226). Selon Journoud, « fidèle à sa tactique de l’esquive, l’administration Johnson ne porta cependant point la querelle sur la place publique et se contenta de repousser froidement mais poliment les propositions gaulliennes à l’échelon des ministres et de la diplomatie. » (Journoud, 2011, p. 251) En France, le discours est bien accueilli : 73 % des Français approuvent ses grands thèmes. Seuls les socio-démocrates qui avaient eu des responsabilités durant la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République le critiquent (Mendès France, Mitterrand).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 66 : Bonne réception du discours de De Gaulle à Phnom Penh par les communistes. &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; le porte à sa une en titrant « De Gaulle à Phnom Penh : la condition de la négociation, c’est le départ des troupes US » (Ruscio, 2014, p. 222). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 septembre 66 : McGeorges Bundy  (ancien secrétaire d’État à la Sécurité nationale sous Kennedy, actuel conseiller extérieur) affirme devant des journalistes qu’il appartient aux N-V de franchir le pas en fixant les premiers un calendrier de retrait de leurs troupes et que les États-Unis suivront. Propos qui seront confirmés peu de temps après par LBJ dans une conférence de presse (Journoud, 2011, pp. 251-252).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 66 : &#039;&#039;&#039;Élections pour l’Assemblée constituante au S-V&#039;&#039;&#039; (Francini 2, 1988, p. 315). Elles visent à choisir 117 membres de l’assemblée nationale qui seront chargés de rédiger une constitution. Selon LBJ, malgré les menaces des communistes, 80 % des électeurs se déplacent vers les urnes (Johnson, 1972, p. 302). En fait, les résultats à ces élections ont été, selon une habitude rôdée, fortement manipulés. Selon les chiffres officiels, sur 5 228 512 électeurs inscrits, 4 274 812 se sont rendus aux urnes, soit plus de 80 %. Même dans les zones tenues par les communistes (zones montagneuses, plaine des Joncs, pointe de Camau), on n’obtient pas des taux inférieurs à 72 %. Les actuelles zones de rébellion comme Da Nang et Hué obtiennent des taux de participation de 81 et même 87 %. Là où, à Saïgon, où de nombreux journalistes étrangers peuvent suivre les opérations, on n’atteint que 74 %. Des chiffres extravagants dont vont se contenter les Américains (Fall, 1968, p. 188). Les catholiques qui représentent 19 % des 542 candidats entendent participer à ces élections : 35 d’entre eux sont élus (Gheddo, 1970, p. 305).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Élections législatives au Cambodge. Pour la première fois depuis 1955, les 82 sièges sont convoités par 415 candidats qui sont toutefois tous présentés sur les listes du seul Sangkum. Malgré une violente campagne de presse, Khieu Samphan, Hou Yuon et Hu Nim sont réélus. Toutefois la droite triomphe très largement. Le taux de participation est de 65,4 % des inscrits. Une majorité hostile à la politique pro-nord-vietnamienne de Sihanouk se dessine. Cette dernière se maintiendra jusqu’en 1969 (voir 28 mars 1969). Ce désaveu du souverain vise à dénoncer le fait que le pays soit devenu au fil du temps un sanctuaire du Vietcong. Les résultats des élections montrent que le peuple cambodgien s’oppose également au ravitaillement de la piste HCM par le biais du port de Sihanoukville sur lequel Sihanouk a jusqu’alors fermé les yeux (voir 25 novembre 1965).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk refuse de nommer un premier ministre et demande à la nouvelle assemblée d’accomplir cette tâche. &#039;&#039;&#039;Lon Lol prend alors la tête d’un gouvernement de coalition orienté à droite alors que Sihanouk bâtit un « contre-gouvernement » nettement plus orienté à gauche.&#039;&#039;&#039; Il est composé de 18 membres aux pouvoirs assez limités. La demande de renvoi ne Lon Lol n’aboutit pas, pas plus d’ailleurs que la demande de dissolution de l’assemblée nationale que Sihanouk refuse. Il n’y aura plus aucune élection au Cambodge avant le 4 juin 1972 et un retour de la République sous Lon Lol (Férier, 1993, pp. 132-133 ; Ponchaud, 2005, p. 177 ; Jennar, 1995, p. 132 ; Tong, 1972, pp. 146-147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 septembre 66 : Selon un rapport de la plume de Komer (responsable américain de la pacification au S-V), « on estime que la population vivant dans des conditions normales de sécurité atteint désormais le chiffre de 8 300 000 habitants, soit plus de 55 % de la population totale. » A L’aune de ces chiffres, Fall estime cela donnerait                4 150 000 Vietnamiens en âge de voter dans un pays où la population est particulièrement jeune (moins de 18 ans). Reprenant les chiffres officiels de 80 % de population ayant voté, le nombre total de votants devrait être de 3 320 000 et non celui des 4 200 000 annoncés le 11 septembre (Fall, 1968, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre - 24 novembre 66 : &#039;&#039;&#039;Opération &#039;&#039;Attelboro&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. La plus vaste opération de type &#039;&#039;search and destroy&#039;&#039; depuis l’engagement terrestre des Américains. Sont mobilisés 2 000 Américains et S-V. Elle occasionne 1 200 sorties aériennes. Les B-52 larguent au préalable 12 000 tonnes de bombes. Elle a lieu près de la frontière Cambodgienne, à 80 km de Saigon (zone de Tay Ninh, dite du « Triangle de fer ») afin de dénicher le Q.G. du F.N.L. (C.O.S.V.N.) et détruire les aires de stockage du Vietcong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est lancée par la [http://www.laguerreduvietnam.com/pages/ordre-de-bataille-1/l-us-army-au-vietnam/les-brigades-d-infanterie-americaines-autonomes.html &#039;&#039;196&amp;lt;sup&amp;gt;th&amp;lt;/sup&amp;gt; Light Infantry Division&#039;&#039;] relayée par la [http://www.laguerreduvietnam.com/pages/ordre-de-bataille-1/l-us-army-au-vietnam/les-divisions-et-la-task-force-oregon.html &#039;&#039;1&amp;lt;sup&amp;gt;st&amp;lt;/sup&amp;gt; Infantry Division&#039;&#039;] (le véritable affrontement n’aura lieu que le 15 octobre et se prolongera au mois de novembre). On ne peut pas réellement parler de victoire, même en termes de &#039;&#039;body count&#039;&#039;, les pertes sont sévères dans les 2 camps quoiqu’en disent les statistiques américaines qui évoquent 1 tué américain contre 15 du côté communiste. Les résultats tactiques sont également nuancés : soulagement des provinces environnantes menacées mais le Q.G. du Vietcong demeure insaisissable et les forces du VM ne sont pas anéanties malgré la débauche de bombardements mise en œuvre (Burns Sigler, 1992, pp. 25-26).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 septembre 66 : Malgré des désaccords (ceux entre l’amiral Sharp et Westmoreland), décision de mettre en place la &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;MacNamara line&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; (voir août ; 29 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN crée la &#039;&#039;Task Force 728&#039;&#039; à Washington chargée de mettre au point des systèmes de détection électroniques (acoustiques, sismiques, à infrarouge) qui doivent être disséminés sur la piste HCM et aboutiront au projet &#039;&#039;Igloo White&#039;&#039; de 1968 à 1972 qui coûtera à lui seul un milliard de dollars. L’ensemble des données recueillies par ces capteurs sont transférées au Q.G. des forces aériennes basées en Thaïlande et doté d’ordinateurs pour les analyser et riposter (Tood, 1987, pp. 435-436, note 9).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 septembre 66 : Richard Goodwin, ancien assistant de Kennedy et Johnson, déclare dans la presse en parlant du conflit que « le déversement continu de contradictions, de mensonges et de retournements a été tel qu’il est impossible de distinguer la vérité de l’erreur. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1967, p. 421, note 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les négociations entre le Cambodge et les communistes vietnamiens sur la délimitation des frontières se terminent à nouveau sans le moindre accord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 66 : Première remise en cause des mensonges d’État aux U.S.A. qui seront amplement confirmés ultérieurement par la publication des &#039;&#039;Pentagon Papers&#039;&#039;. Arthur Schlesinger Jr., ancien porte paroles à la Maison Blanche, déclare au &#039;&#039;New-York Times Magazine&#039;&#039; que le gouvernement Kennedy avait été « systématiquement trompé par de hauts fonctionnaires américains de Saigon » et qu’« en 1963, les simples citoyens […] qui lisent la presse américaine étaient mieux informés que les officiels, qui prenaient au sérieux les télégrammes parvenus sous le secret d’État. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1967, pp. 421-422, note 1) Il déclare par ailleurs que cette situation se poursuit toujours en 1966.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 66 : Dans un bulletin du département d’État,  McN annonce pour la période de janvier à août l’infiltration de 40 000 réguliers n-v, chiffres qui, selon Chaffard, « revêt[ent] une signification ubuesque ». Le secrétaire à la Défense avait en effet annoncé lors d’une conférence de presse  en date du 26 avril 1965 l’arrivée au S-V de « 400 à 500 hommes » par mois (Chaffard, 1969, p. 401).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 septembre 66 : Arthur Goldberg (ambassadeur des États-Unis à l’O.N.U.) prononce un discours devant l’assemblée générale : les États-Unis arrêteront « tous les bombardements du Nord-Vietnam dès qu’ils recevront des assurances – données en privé ou autrement – que l’autre camp répondra rapidement à cette mesure par une désescalade correspondante et appropriée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; McNamara, 1996, p. 243)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​23 septembre 66 : Le M.A.C.V. reconnaît publiquement utiliser des défoliants dans le secteur situé au sud de la D.M.Z. (Burns Siger, 1992, p. 26). Les premières utilisations remontent au 9 janvier 1962 et ont été autorisées par Kennedy dès le 30 novembre 1961.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 septembre 66 : Intervention du ministre des Affaires étrangères français, Maurice Couve de Murville, à la tribune de l’O.N.U. : « Il faut revenir aux accords de Genève, c&#039;est-à-dire convenir d’évacuer toutes les forces étrangères […], interdire toute ingérence du dehors, quelle qu’elle soit,  dans les affaires du Vietnam moyennant l’engagement de celui-ci de maintenir à l’avenir une politique de stricte neutralité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Quirielle, 1992, p. 191) Il est pourtant reçu par LBJ à un moment où les positions française et américaine sont diamétralement opposées (Journoud, 2011, pp. 259-260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 septembre – 7 octobre 66 : Le pape Paul VI envoie Mgr Pignedoli en mission au S-V. Il est porteur d’un message qui se félicite de l’existence du Conseil des Religions (voir août-septembre 1964) qui œuvre en faveur d’une recherche de la paix. Le 5 octobre, l’envoyé pontifical participe à une réunion extraordinaire de cette instance durant laquelle il transmet le message laudatif du pape pour son œuvre. Une conférence épiscopale accompagne la venue du légat pontifical. Elle donne lieu à la publication le 7 octobre d’un communiqué qui rappelle les efforts de la papauté pour l’instauration de la paix mais contient également une critique de l’actuelle société vietnamienne sous influence américaine : « […] on constate, en particulier, que la morale privé et publique est gravement compromise ; que la course au plaisir et à l’argent est effrénée ; que notre société se laisse entraîner dans un état de choses absolument contraires à nos meilleurs traditions nationales et à l’esprit évangélique [...] » (Gheddo, 1970, pp. 330-333).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1966&amp;diff=5359</id>
		<title>Juillet 1966</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1966&amp;diff=5359"/>
		<updated>2026-09-15T07:06:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;4 juillet 66 : Venue en visite privée au N-V de Sainteny, mandaté par De Gaulle depuis février. Ce dernier lui a remis une lettre pour HCM. Il est d’abord reçu par Nguyen Duy Thrinh (ministre des Affaires étrangères) et Pham Van Dong (premier ministre) qui le retiennent à dîner. HCM les rejoint pour une conversation amicale (Sainteny, 1970, pp. 193-194).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juillet 66 : Sainteny est reçu officiellement au palais présidentiel par HCM où il lui remet la lettre de De Gaulle. Celle-ci « comblait d’aise Ho Chi Minh ». Sainteny tente de lui faire prendre en compte combien les États-Unis risquaient d’augmenter leurs moyens guerriers. HCM lui répond : « Nous connaissons la puissance de nos ennemis ; nous savons que les Américains, s’ils le veulent, peuvent raser cette ville, comme ils peuvent raser les principales villes du Tonkin : Haïphong, Nam Dinh, Bac Ninh, toutes les autres. Nous nous y attendons et nous y sommes d’ailleurs préparés, mais cela n’affaiblira pas notre volonté de lutter jusqu’au bout. Vous savez que nous avons déjà l’expérience, et vous savez aussi comment cela s’est terminé. » Des propos qu’il réitèrera presque mot pour mot dans son allocution du 17 (Sainteny, 1970, pp. 193-194).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ky nomme un « conseil mixte » composé de 60 civils et 20 militaires. Selon Fall, les pouvoirs de ce conseil demeurent obscurs (Fall, 1968, p. 186).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 66 : Selon les mémoires de De Quirielle, « le 6 juillet, dans la soirée, une cinquantaine de prisonniers américains en tenue de bagnards, enchaînés deux par deux, encadrés par des gardes armés furent promenés dans les rue de la capitale [Hanoi]. Le même spectacle d’une foule déchaînée [voir 29 juin], hystérique, vomissant insultes et injures, brandissant le poing, « aiguisant sa haine », pour reprendre l’expression du journal du parti, &#039;&#039;Nham Dam&#039;&#039;, se répéta. » (De Quirielle, 1992, p. 100) L’agence vietnamienne d’information monte l’affaire, mais toujours selon De Quirielle, cette nouvelle exhibition « eut un résultat inverse à celui recherché. » Elle provoque une vague d’indignation tant aux États-Unis que « parmi les pays qui manifestaient de la sympathie à la cause vietnamienne. Sur ce point Hanoi fit un faux pas. » Le projet de les juger pour crimes de guerre ou actes de terrorisme sera finalement rejeté par HCM (voir 19 juillet) (De Quirielle, 1992, p. 100).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juillet 66 : Le comité des chefs d’état-major répondent que le « Programme 3 » (voir juin) doit satisfaire les demandes de Westmoreland. Mais ce dernier veut déjà plus (voir 18 juin) (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 512).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juillet - 3 août 66 : &#039;&#039;&#039;Opération &#039;&#039;Hastings&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;dans la vallée du Ngan&#039;&#039;&#039; (Province de Quang Tri) au sud de la D.M.Z. pour empêcher l’infiltration de l’A.P.N.V. En termes de [http://www.laguerreduvietnam.com/pages/glossaire-le-nam-speak/de-la-lettre-a-a-la-lettre-e/la-lettre-b.html &#039;&#039;body count&#039;&#039;], la victoire est pour le &#039;&#039;Marine Corps&#039;&#039;, avec environ 900 pertes dans le camp ennemi infligées à la division 324-B de l’A.P.N.V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juillet 66 : Fin du voyage de Sainteny au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juillet 66 : Suite aux récents événements liés à la révolte bouddhiste, Ky fait entrer dans son gouvernement quelques ministres civils (Fall, 1968, p. 186).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 66 : Pour l’anniversaire des accords de Genève, HCM lance un appel de résistance et d’abnégation de la nation face à la vague de bombardements du N-V : « Jamais les Américains, fussent-ils, cinq cents mille, un million ou même d’avantage, ne pourront briser la volonté de fer de notre peuple. La guerre peut encore durer cinq ans, dix ans ou vingt ans ou d’avantage. Hanoi, Haïphong, d’autres villes peuvent être détruites, le peuple vietnamien ne se laissera pas intimider. Rien n’est plus précieux que l’indépendance et la liberté. » Il s’en prend alors directement à LBJ : « Président Johnson, répondez publiquement au peuple des États-Unis et au peuple du monde : qui a saboté les accords de Genève garantissant la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale ? Les troupes vietnamiennes sont-elles allées envahir les États-Unis  et massacrer les Américains ; n’est-ce pas le gouvernement des États-Unis qui a envoyé les troupes américaines envahir et massacrer les Vietnamiens ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Quirielle, 1992, p. 103). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Fall, l’impact des bombardements américains (dépôts de carburant autour de Hanoi et Haïphong, voies de communication)  se fait cependant réellement sentir au N-V et entraîne des départs de populations dans les grandes villes qui en ont subi les conséquences (Nam Dinh, Vinh, Thanh Hoa et même Hanoi) (Fall, 1968, pp. 194-195). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juillet 66 : Face à une vague d’indignation internationale, HCM abandonne le projet de faire juger pour crimes de guerre les pilotes américains abattus et récemment exhibés (voir 29 juin et 6 juillet). Il envoie un télégramme au président de parti socialiste américain l’assurant qu’ils seraient désormais traités comme des prisonniers de guerre. Il diffuse le même message au moyen d’une dépêche AFP. Toutefois Hanoi précisera sa position ultérieurement : l’état de guerre n’existant pas, les Conventions de Genève aux prisonniers de guerre ne leur sont pas applicables. Ces pilotes sont donc considérés comme des prisonniers de droit commun qui peuvent être jugés à tout moment par des tribunaux ordinaires. Mais cette procédure ne sera jamais appliquée. Leurs conditions de détention sont dures, notamment à l’« Hanoi Hilton » et ils seront parfois utilisés à des fins de propagande (intimidations pour leur faire rédiger des lettres de repentir) (De Quirielle, 1992, p. 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, installation à Phnom Penh d’une véritable ambassade du Vietcong. Sihanouk accueille à bras ouverts son secrétaire général, Nguyen Van Hieu, qu’il qualifie « d’éminent diplomate qui jouit de notre confiance et de notre estime. » (Tong, 1972, pp. 124-125)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 – 30 juillet 66 : Après avoir entamé un nouveau périple international (Londres, Dublin, Paris, Tel Aviv, Karachi, Bangkok, Saïgon, Manille, Hong Kong, Tokyo, Séoul), Nixon (toujours simple citoyen américain) se rend pour la troisième fois au Vietnam. Il entend y mener une mission d’observation indépendante. Comme en septembre 1965 (voir 5 au 7), il s’entretient avec Westmoreland, Nguyen Cao Ky (premier ministre) et Nguyen Van Thieu (chef de l’État s-v). Il insiste cette fois pour rencontrer des responsables du programme de pacification et évaluer son impact. Son constat est nuancé : malgré le déploiement de la puissance américaine, l’ennemi ne recule pas. Il estime que la guerre ne pourra être gagnée avec les seules forces américaines et que les S-V doivent s’impliquer plus dans le conflit. Il amorce alors dans son esprit ce qui deviendra la « doctrine Nixon » basée sur une « vietnamisation » du conflit (Coppolani, 2024, pp. 325-326).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 juillet 66 : Le président de la R.P.C., Liu Shaoqi, adresse un message public à HCM. Après avoir rappelé que « le peuple chinois était prêt à supporter les plus grands sacrifices pour soutenir le peuple vietnamien », il prend prétexte des violations des accords de Genève de 1954 par les Américains pour affirmer qu’ils sont désormais caducs aux yeux des Chinois. C’est une manière de réduire à néant la portée de l’un des 4 points du premier ministre Pham Van Dong du 8 avril 1965. Hanoi, plus que jamais diplomatiquement indépendante, réagit ouvertement en faisant publier dans le journal du parti (&#039;&#039;Nham Dam&#039;&#039;) une réponse affirmant que la R.D.V.N. demeurait en tout point fidèle à la teneur des accords de 1954 (De Quirielle, 1992, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 juillet - 3 août 66 : Au Cambodge, des hélicoptères américains attaquent le village de Thlok Trach alors qu&#039;une mission de la C.I.C. est présente sur place. L’appartenance de ce village frontalier au Cambodge est contestée par les S-V et les Américains qui les soutiennent sur ce point.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin juillet 66 : Une étude américaine émanant de la Défense estime que la capacité totale de stockage des produits pétroliers n-v a été détruite à 70 %. Ce qui n’arrête pas pour autant les approvisionnements et acheminements n-v qui sont rapidement décentralisés en petites unités le long des routes. Dès août, l’étude observera que « le rendement [des bombardements] était si mauvais qu’il était devenu chimérique d’essayer d’étrangler d’avantage la capacité de stockage des produits pétroliers du Nord-Vietnam. » McN est déçu car, une fois de plus, les opérations aériennes ont finalement été incapable de réduire les infiltrations de troupes au S-V (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 510-511).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1966&amp;diff=5358</id>
		<title>Mars 1966</title>
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		<updated>2026-09-15T07:05:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Printemps 66 : McN et John McNaughton (sous-secrétaire à la Défense pour les affaires de sécurité internationale) produisent un « plan de « repli » possible » : si la situation militaire  n’est pas si mauvaise, la situation politique au S-V en est au « stade terminal de la maladie ». Ils préconisent donc tous deux un désengagement des U.S.A. (McNamara, 1996, p. 254).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations sino-vietnamiennes se dégradent pour 3 raisons. Les Chinois refusent catégoriquement toute idée de négociation là où les Vietnamiens y voient un atout pouvant renforcer leur stratégie militaire : on ne négocie que lorsqu’on est en position de force ou à la veille d’offensives majeures. Face à l’intensification des bombardements américains, les Vietnamiens ont besoin de pilotes et de spécialistes des armes antiaériennes que les Chinois leur refusent. Le Duan ne parvient pas à les convaincre de coopérer avec les Soviétiques, y compris dans l’intérêt militaire du Vietnam : Zhou Enlaï demande à ce qu’on ne mentionne plus sur un même plan l’aide chinoise et soviétique car « cela insultait la Chine » (Marangé, 2012, p. 329).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mars 66 : Selon Nouilhat, sondage analysant l’évolution de l’opinion publique américaine envers le conflit au Vietnam : pour 59 %, contre 25 %, sans opinion 16 % (Nouilhat &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Christol, un sondage Gallup réalisé auprès de la communauté américaine noire montre que 53 % des hommes et 43 % des femmes approuvent l’engagement américain dans la guerre du Vietnam (65 % et 54 % dans la seule communauté blanche) (Christol &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Prados, 59 % des Américains soutiennent la guerre, 25 % sont contre et 16 % sans opinion (Portes, 2008, p 150). Mais, ce même mois, un sondage de l’Institut Stanford (réalisé auprès de 1 474 personnes) révèle que 88 % des sondés sont favorables à des négociations et 70 % à un cessez-le-feu sous l’égide de l’O.N.U. Même parmi ceux qui sont favorables à l’envoi de    500 000 hommes au Vietnam, 85 % sont favorables à des négociations et 53 % à la tenue d’élections libres au S-V (Prados, 2015, p. 303).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prise du camp des Forces spéciales de la vallée d’&#039;&#039;&#039;A Shau&#039;&#039;&#039; (proche de la frontière laotienne, à 50 km au sud-ouest d’Hué) par les communistes qui contrôlent désormais cette voie d’accès vers Hué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Début des offensives diplomatiques&#039;&#039;&#039; (nom de code &#039;&#039;Marigold&#039;&#039;, « fleur de souci »...) soutenues par McN : Chester A. Ronning (diplomate canadien spécialiste de l’Extrême-Orient) se rend à Hanoï et rencontre le premier ministre Pham Van Dong. Il en ramène un message : si les Américains arrêtent les bombardements « pour de bon et sans condition, nous parlerons. » Le « nous parlerons » plutôt que « nous négocierons » ne satisfait l’administration américaine et Johnson ne met pas fin aux bombardements (McNamara, 1996, p. 242).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En mars 1966, McN autorise des raids sur les installations pétrolières du N-V (les frappes P.O.L. pour &#039;&#039;Petroleum, Oil and Lubricants&#039;&#039;) débuteront le 10 juin, après maintes hésitations quant à leur efficacité réelle (voir 3 décembre 1965) et à leurs conséquences (voir 7 juin) (Baulon, 2009, p. 440) Cependant LBJ hésite à les déclencher rapidement en raison de la situation politique au S-V et de tentatives internationales de médiation (O.N.U., De Gaulle, rencontres de dirigeants africains à Moscou). Il ne veut pas pour l’instant jouer la carte de l’escalade mais changera finalement d’avis (voir 10 et 29 juin) (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 508).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Congrès réaffirme son soutien à la guerre. Le sénateur Wayne Morse, l’un des 2 sénateurs à n’avoir pas voté la résolution du Tonkin, présente une motion dénonçant la manière dont Johnson utilise les pouvoirs que lui a donné ce texte. Le président se sert du rejet de cette motion par 92 voix contre 5 pour justifier l’appui parlementaire de sa politique au Vietnam (Nixon, 1985, p. 84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 66 : La France informe les U.S.A. de sa volonté de se retirer des commandements intégrés de l’O.T.A.N. Cette décision annonce le départ de 20 000 soldats américains du territoire français. De Gaulle déclare alors : « Nous ne sommes pas disposés à accompagner les Américains dans toutes les aventures où ils jugeront bon de se lancer. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, 2016, p. 565). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rare cas de répression donné en exemple contre la corruption ordonné par le régime s-v. Un tribunal spécial s-v condamne à mort un commerçant chinois dénommé Ta Vinh qui avait tenté de corrompre deux fonctionnaires pour prendre la fuite et s’était enrichi rapidement grâce à des profits de guerre engendrés par des trafics avec le VM. Son exécution au centre de Saigon, ordonnée par le premier ministre Cao Ky, sera publique (Knöbl, 1967, pp. 285-286).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 66 : Le gouvernement militaire s-v décide de démettre le commandant du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; Corps, le général Nguyen Chan Thi, jugé par Nguyen Cao Ky (premier ministre) et de 8 autres hauts gradés de la junte comme un esprit trop indépendant voire un insubordonné. Ky voit surtout en lui un rival capable de vouloir occuper son poste. Cette destitution provoque une nouvelle crise car le général est un officier populaire au Centre-Vietnam où il possède de nombreux appuis locaux. Il a joué un rôle dans le coup d’état contre Diem en 1963 et beaucoup d’officiers et de fonctionnaires lui doivent leur nomination (Johnson, 1972, p. 301).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu’au 22 mai, de violents combats ont lieu entre les différentes factions de l’armée s-v dans la région de Da Nang sous les yeux d’une armée américaine consternée. Le lieutenant Caputo en témoigne : « Je compris dès lors que nous étions perdants. Avec un gouvernement et une armée comme ceux de notre allié, gagner cette guerre était une impossibilité, la poursuivre une folie. Ou, pour mieux dire, un crime : un assassinat politique à grande échelle. » (Caputo, 1979, pp. 324-325) C’est donc, peu de temps après les promesses trompeuses de Ky lors de la conférence d’Honolulu (voir 5 – 8 février), le retour aux pratiques bien rôdées du S-V.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mars 66 : Le limogeage du général Nguyen Chan Thi provoque une manifestation de 1 500 personnes à Danang. Elle sera suivie d’autres manifestations qui ont lieu à Hué et dans d’autres villes dans les jours qui suivent (Johnson, 1972, p. 302). L’Église bouddhique unifiée du Vietnam, dirigée par le vénérable Tich Tri Quang, prend la tête de la contestation. Elle demande non seulement le retour du général Nguyen Chan Thi mais la fin du régime militaire, l’organisation d’élections nationales afin de mettre en place un gouvernement civil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 66 : Pour mieux tenter de contrôler le mouvement anti-guerre aux U.S.A., la C.I.A. crée le projet « Résistance ». L’agence commence à diffuser un document émanant du pacifiste &#039;&#039;Vietnam Day Commitee&#039;&#039;. Dès l’été, elle avertit la Maison Blanche de toutes les manifestations prévues, aussi modestes soient-elles. Le F.B.I. est également mis à contribution (Prados, 2015, pp. 305-306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 66 : Au Cambodge, début de l&#039;aide militaire soviétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​22 mars 66 : Sous l’impulsion de l’un d’entre eux, Tri Quang, les moines bouddhistes s’agitent de nouveau en s’attaquant cette fois au régime de Nguyen Cao Ky et de la junte. A Saigon, le président de l’institut bouddhiste, Tam Chau, tient une conférence de presse et présente de nombreuses revendications : la tenue d’élections et la réintégration du général Nguyen Chan Thi (voir 10 et 11 mars), entre autres. On s’alarme à Washington, craignant un coup d’État qui remplacerait Ky par un gouvernement bouddhiste neutraliste (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 504). LBJ estime dans ses mémoires que « si Tri Quang et certains de ses partisans n’étaient pas procommunistes, leur mouvement du moins avait été profondément noyauté par les agents d’Hanoi. » Cette agitation est durable et se prolonge jusqu’à la mi-mai (voir 14 mai) (Johnson, 1972, pp. 301-302).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​25 mars 66 : Le général Ky annonce à nouveau que le S-V allait être doté d’une nouvelle constitution « dans les deux mois ». Promesse qui ne sera pas plus tenue que la précédente (voir 8 décembre 1965) (Fall, 1968, p. 184). Les bouddhistes n’ont aucune confiance en cette annonce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A quelques mois du discours de Phom Penh (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre), De Gaulle, dans un échange avec Indira Gandhi (premier ministre de l’Inde, neutraliste), lui confie que la guerre du Vietnam est un « malheur » et un « scandale » (Ruscio, 2014, p. 219).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=F%C3%A9vrier_1966&amp;diff=5357</id>
		<title>Février 1966</title>
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		<updated>2026-09-15T07:03:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Février 66 : La &#039;&#039;1st Cav&#039;&#039; est déployée le long de la côte dans la province de Binh Dinh dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Masher White Wing&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sénateur Fulbright, président de la commission des Affaires étrangère au Sénat, organise une série d’auditions du gouvernement au sujet de sa politique vietnamienne. Elles sont au début diffusées sur les grandes chaînes de télévision mais ne seront pas jusqu’à leur achèvement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ton demeure mesuré mais certains représentants de l’administration éprouvent des difficultés à justifier des opérations sans résultats apparents. Au cours de ces auditions, une violente altercation a par exemple lieu entre le sénateur Wayne Morse (qui fait partie des 2 seuls sénateurs à n’avoir pas voté la résolution du Tonkin) et l’ex-ambassadeur à Saigon, actuel conseiller présidentiel, Maxwell Taylor, venu défendre la politique gouvernementale devant la commission. Morse déclare : « Je maintiens le point de vue qu&#039;il ne faudra pas longtemps avant que le peuple américain, en tant que peuple, répudie notre guerre en Asie du Sud-est ». En réponse, Taylor  lui répond ironiquement : « C&#039;est bien sûr une bonne nouvelle pour Hanoï, sénateur ». Morse lui rétorque furieusement : « Je sais que c&#039;est la diffamation que vous, les militaristes, donnez à ceux d&#039;entre nous qui ont d&#039;honnêtes divergences d&#039;opinion avec vous, mais je n&#039;ai pas l&#039;intention de descendre dans le caniveau avec vous et de m&#039;engager dans ce genre de débat, général. » En confirmant la sécession de certains sénateurs d’avec les choix de l’administration, ces auditions ne remettent pas pour autant en cause la position du président (Portes, 2008, pp. 151-152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premières manifestations dans la rue aux U.S.A. nommément dirigées contre LBJ et sa politique menée au Vietnam.&#039;&#039;&#039; C’est à cette période que le président s’en prend avec condescendance aux dirigeants de ces mouvements de contestation en les nommant « &#039;&#039;nervous nellies&#039;&#039; » (« vielles filles sensibles ») (Portes, 2008, p 158).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 février 66 : Le conseil des ministres français exprime sa réprobation au moment même de la reprise des bombardements américains (De Quirielle, 1992, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 février 66 : Au Cambodge, les bureaux de l&#039;organisation américaine &#039;&#039;Asia Foundation&#039;&#039; réputée proche de la C.I.A., sont fermés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 - 8 février 66 : &#039;&#039;&#039;Conférence d’Honolulu.&#039;&#039;&#039; Y assistent : côté américain, McN (secrétaire d’État à la Défense), McGeorge Bundy (conseiller à la Sécurité nationale), McNaughton (sous-secrétaire d’État à la Défense, adjoint de McN), Earle Wheeler (président des chefs d’état-major interarmes), Sharp (commandant en chef des Forces du Pacifique), Maxell Taylor (ancien ambassadeur à Saigon devenu conseiller spécial du président), Wesmoreland (commandant en chef au Vietnam), Freeman (secrétaire d’État à l’agriculture), Gardner (secrétaire d’État à la Santé, à l’Éducation et aux Affaires sociales), Bell (directeur de l’Agence pour le développement international), Cabot Lodge (ambassadeur à Saigon). Côté   s-v : Nguyen Van Thieu (président) et Nguyen Cao Ky (premier ministre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 5, la conférence aborde un volet militaire délicat que Johnson se garde bien d’évoquer dans ses mémoires. Selon Halberstam, « pour la première fois, Westmoreland était le principal personnage. Il n’était plus numéro deux à Saigon, assis derrière Taylor. Maintenant c’était à lui de jouer et il allait se révéler un joueur très fort, qui savait ce qu’il voulait, combien demander et combien ne pas demander. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il demande des troupes (sans en préciser le nombre pour ne pas effrayer les conseillers civils) mais cède provisoirement en stratégie sur la théorie des enclaves chères à Taylor. Il obtient plus qu’il ne demande : 33 500 hommes deviennent 40 000 avec possibilité de renforts supplémentaires. On se met d’accord sur la stratégie des enclaves. Sharp, Wheeler et Westmoreland veulent une stratégie plus agressive mais laissée à l’état de projet pour l’instant. On convient que la guerre durera plus longtemps que prévu initialement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Halberstam, au cours de cette conférence rien n’est véritablement tranché quant à la stratégie à adopter : « […] Taylor tenait bon, mais c’était une ligne bien fragile. Rien donc n’avait été résolu mais c’était la dernière fois que Max Taylor jouait un rôle important, en fait c’étaient ses adieux. » (Halberstam, 1974, pp. 526-527).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thieu et Ky arrivent dans l’après-midi du 6 et sont accueillis par LBJ. La réunion commence le 7 au matin au Q.G. des forces  du Pacifique de l’île. Le premier volet concerne l’avenir du S-V. Soudain devenu faussement démocrate sous la pression américaine, Ky commence par une autocritique du régime en déclarant s’être trop longtemps focalisé sur la guerre et avoir jusque-là ignoré le lien entre celle-ci et les problèmes politiques et sociaux du pays. Il préconise désormais « un programme visant à l’avènement d’une société meilleure » comportant « un gouvernement véritablement démocratique, émanant du peuple et ayant sa confiance ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis les conseillers des 2 délégations se répartissent en groupes spécialisés autour des thèmes du comment parvenir à une négociation, comment améliorer la pacification et le développement rural, comment renforcer et stabiliser l’économie, la santé, l’éducation. Au matin du 8, on présente des projets autour de ces thèmes. L’ambassadeur Lodge, satisfait de la tournure des travaux déclare : « Nous venons ici de faire un pas dans la lutte pour améliorer le sort du petit homme tout en bas de l’échelle. C’était là notre objectif. » Réclamant des bilans dans 4 à 6 mois, LBJ explique à ses collaborateurs qu’il veut voir des progrès et non des rapports, non pas des paroles mais des actes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conférence aboutit à la rédaction d’un communiqué en 5 points et une proclamation diplomatique auxquels ont adhéré d’un commun accord Vietnamiens et Américains : vaincre le Vietcong ; éliminer l’injustice sociale ; créer une économie stable et offrir une meilleure existence matérielle au peuple s-v ; instituer une véritable démocratie ; rédiger « dans les prochains mois » une constitution (Johnson, 1972, pp. 297-299). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté sécurité, on promet : de faire passer de 20 à 40 % les zones qui sont interdites au VM ; d’accroître de 30 à 50 % les routes et chemins de fer accessibles ; de faire passer de 50 à 60 % les zones où la population sera en sécurité (Portes, 2008, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 février 66 : Suite à la trêve des bombardements américains entre le 24 décembre 1965 et le 31 janvier, LBJ donne l’ordre de les suspendre à nouveau pour une courte durée si les N-V cessent les infiltrations. Il adresse un courrier à HCM en ce sens. Ce dernier lui répondra que les bombardements doivent cesser sans condition préalable : « Le peuple vietnamien ne cédera jamais à la force ni n’acceptera de pourparlers sous la menace des bombes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Wainstock, Miller, 2019, p. 220).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la conférence d’Honolulu, puisque les Américains se sont engagés à aider les S-V, LBJ confie à son chargé d’Affaires au Vietnam, William J. Porter, de superviser les décisions prises lors de cette rencontre. LBJ charge Robert W. Komer (membre du C.N.S.) de devenir son assistant spécial chargé de la pacification car, selon le &#039;&#039;Komer report on pacification&#039;&#039; (un rapport technocratique établi avec des moyens informatiques), 32 % des routes du S-V sont considérées comme « sûres », 41 % « peu sûres » et 27 % aux mains du Vietcong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse courtoise (et presque repentante) de De Gaulle à HCM suite à sa lettre du 24 janvier : « Vous ne pouvez douter, Monsieur le Président, de la vigilance et de la sympathie avec lesquelles, depuis l’origine, et plus encore depuis un certain temps, la France suit le drame vietnamien, attachée qu’elle reste au Vietnam par l’histoire, les affinités humaines et par les liens de toutes sortes qui subsistent entre elle et lui, et convaincue qu’une meilleure compréhension entre Vietnamiens et Français, au lendemain de la guerre mondiale, aurait prévenu les cruels événements qui déchirent votre pays. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette réponse sera rendue publique le 15 et interprétée par la presse (&#039;&#039;France-Asie&#039;&#039;) comme une offre de médiation puisque le général se déclare prêt à maintenir des contacts utiles avec le gouvernement de la R.D.V. (sans toutefois le reconnaître) par le biais de Quirielle, nouvellement nommé à la tête de la délégation française à Hanoi (voir 6 janvier) et de Mai Van Bo, futur consul général du N-V à Paris. Côté n-v, selon De Quirielle, « […] cette lettre comblait les dirigeants vietnamiens. Ils le manifestèrent en lui donnant un traitement de faveur », notamment en la publiant en première page dans le quotidien du parti, &#039;&#039;Nham Dan&#039;&#039; (Journoud, 2011, pp. 219-220 ; De Quirielle, 1992, pp. 71-72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 février 66 : Lors d’une réunion, LBJ considère le communiqué de la conférence d’Honolulu (voir 5 – 8 février) comme « une sorte de Bible que nous allons avoir à suivre. » Il s’adresse aux « ministres et membres des cabinets ministériels de l’un ou l’autre gouvernement [celui de Kennedy] » et ajoute : « Gardez présent à l’esprit que nous allons vous faire passer des examens et que les questions porteront exactement sur ce que vous avez fait ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Francini 2, 1988, p. 311). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est désormais question de « démocratie rurale », d’amélioration de l’économie et des finances du S-V, de santé publique et d’éducation. Curieusement, d’où peut-être omission dans ses mémoires, LBJ déclare que « la réunion d’Honolulu n’a pas été une conférence militaire. » Il s’est refusé à y aborder les questions d’effectifs « pour additionner X divisions, Y bataillons ou Z régiments ou D dollars, parce que la question qui se pose : ces milliards de dollars que nous sommes en train de dépenser peuvent nous amener à une crise d’inflation pire que celle dont nous parlons pour le Vietnam. Nous voulons étudier la question ailleurs, tranquillement, dans notre bureau, après que vous nous aurez présenté vos recommandations général Wheeler, amiral Sharp, quand vous viendrez nous voir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; &#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 526-528)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 février 66 : Le sénateur démocrate Robert Kennedy fait une proposition de compromis politique qui prévoit que le Vietcong soit admis à « partager le pouvoir et la responsabilité à Saigon ». Elle est immédiatement rejetée par le vice-président Humphrey qui déclare que cela équivaudrait « à faire entrer un renard dans un poulailler » (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 551).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 février 66 : LBJ déclare à la presse : « Nous n’avons actuellement aucune demande non satisfaite du général Westmoreland sur mon bureau. » 230 000 hommes sont actuellement au Vietnam. Le jeu prudent des demandes par « petits paquets » se poursuit pour satisfaire le commandant du M.A.C.V. (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, p. 498).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 février 66 : Neil Sheenhan, qui avait été l’un des journalistes les plus virulents à critiquer l’inefficacité de l’intervention américaine au Vietnam à ses débuts, analyse dans un article du &#039;&#039;New York Times&#039;&#039; l’efficacité des méthodes de terrorisme du VC : « Le terrorisme communiste au Vietnam n’est pas, comme on le pense généralement, le massacre de villages entiers. C’est au contraire un terrorisme beaucoup plus sélectif et peut-être beaucoup plus efficace justement à cause de cette sélection qui répand la terreur sans faire disparaître un grand nombre de paysans par des massacres généraux. Les communistes tuent habituellement certaines personnes bien connues dans le village, le chef de village, un maître d’école, un policier. Quand la victime est tuée, parfois après un procès populaire devant une soi-disant « cour populaire » pour « crimes contre le peuple », sa mort sert à terroriser beaucoup d’autres, les contraignant au silence et à la coopération avec la guérilla. Les cadres vietcongs n’ont pas besoin d’en tuer d’autres dans le village, car la certitude qu’ils peuvent à volonté, en assassiner d’autres, est suffisante pour que les ordres soient suivis. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 369, note 18)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​28 février 66 : &#039;&#039;&#039;McGeorge Bundy (Secrétaire d’État à la Sécurité nationale) quitte son poste&#039;&#039;&#039; pour rejoindre la présidence de la fondation Ford. Il est temporairement remplacé par Robert W. Komer jusqu’à la nomination Walt Rostow le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril (McNamara, 1996, p. 230-231).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un sondage Louis Harris aux U.S.A. montre qu’il existe dans le pays un « consensus »&#039;&#039;&#039; : « le peuple américain aspire à une fin honorable des hostilités ». Deux tiers des Américains estiment qu’il faut rester au Vietnam et aller jusqu’au bout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McN note cependant dans ses mémoires que « le peuple américain se divise entre ceux qui préconisent un effort militaire maximal pour abréger la guerre et ceux qui préfèrent les négociations aux risques de l’escalade. » Il conclut : « S’il y a une évolution de l’opinion dans le pays, elle va dans le sens de la recherche d’une solution militaire à ce qui est généralement perçu comme une impasse désespérante. » (McNamara, 1996, p. 246).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Octobre_1953&amp;diff=5356</id>
		<title>Octobre 1953</title>
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		<updated>2026-09-15T07:01:34Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Octobre 53 : Depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 1950, on dénombre en France 180 poursuites judiciaires pour des motifs allant de « provocation de militaires à la désobéissance » à « publication de fausses nouvelles » (Ruscio, 1985, p. 225).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Publication de l’ouvrage de Jean Sainteny &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée : Indochine 1945-1947&#039;&#039; aux éditions Amiot-Dumont (voir bibliographie). Sainteny fera parvenir un exemplaire à De Gaulle à Colombey-les-Deux- Églises. Lors d’un échange privé ultérieur à cet envoi, De Gaulle confiera à l’auteur : « En somme, vous aviez raison, Sainteny. C’est Ho Chi Minh qu’il fallait choisir. » &#039;&#039;&#039;Amorce d’un revirement dans la pensée gaullienne au sujet du conflit indochinois&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 53 : &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; dénonce le financement de la guerre par les Américains. Le quotidien écrit : « Du sang pour des dollars, tel est bien l’infâme marché conclu entre les réactionnaires français et américains. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 359).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 53 : Nixon, vice-président dans l’administration Eisenhower, entame un long voyage vers l’Asie d’une durée de deux mois qui s’achèvera le 14 décembre. Selon Coppolani, « le voyage avait plusieurs objectifs : il consacrait l’importance prise par le Tiers Monde, et plus particulièrement l’Asie, en tant que nouveau théâtre de la Guerre Froide. Le périple de Nixon devait être l’occasion pour lui de rassurer amis et alliés des États-Unis, de s’efforcer d’expliquer les positions de son pays aux nations tentées par le neutralisme. Il servirait aussi à constater l’évolution rapide de la situation en Indochine comme à jauger l’influence du nouveau colosse communiste, la Chine, sur les pays voisins. » Toujours selon le même, le vice-président a demandé au département d’État de réduire le protocole à son strict minimum et de privilégier les rencontres « avec des citoyens des pays qu’il visitait, issus de toutes les catégories sociales, du petit peuple aux élites ». (Coppolani, 2013, p. 223 ; Nixon, 1978, pp. 112-115) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 53 : Raid de parachutistes vietnamiens sur Lao Kay en liaison avec 600 maquisards méos. Surpris, le VM fait sauter les ponts du Fleuve Rouge (Gras, 1979, p. 516).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 53 : Note de Navarre au gouvernement français sur l’effort de guerre à impulser dans l’armée vietnamienne : « Il n’est pas douteux que la grande force du Vietminh réside dans la conviction (vraie ou fausse) qu’il a su inspirer au peuple, qu’il représente le seul espoir d’égalité et de justice sociale. C’est la raison principale de la combativité du soldat vietminh. Pour que le soldat vietnamien se batte bien lui aussi, il faut le convaincre qu’il existe également dans notre camp une possibilité de libération sociale, car, dans ce pays, c’est beaucoup plus à la libération sociale qu’à l’indépendance politique que vont les aspirations de la masse du peuple. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1979, p. 288)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux ouvertures françaises du 3 juillet quant aux nouvelles relations entre la France et les États associés (voir 3 juillet), le Laos, menacé par une invasion du VM, se rapproche de la France et signe un traité d’amitié et d’association qui réaffirme son appartenance à l’Union française et sa volonté de siéger au Conseil confédéral (Gras, 1979, p. 509).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 - 16 octobre 53 : Bao Daï dont l’attitude est à cette époque plus ou moins conciliante avec les Français (accéder à l’indépendance par étapes successives au sein de l’Union française) a chargé son cousin, le prince Buu Loc (haut-commissaire du Vietnam à Paris), de réunir à Saigon un &#039;&#039;&#039;« Congrès national »&#039;&#039;&#039; de 200 membres censés répondre aux propositions françaises du 3 juillet. Il est présidé par Tran Trong Kim. Bao Daï y voit un moyen pour canaliser l’opposition nationaliste (voir 6 septembre) mais Nhu et les diémistes refusent d’y assister. Or, ce congrès que l’on pensait dévoué à l’ex-empereur vote une motion finale rejetant le Vietnam hors de l’Union française « sous sa forme actuelle » et réclame une indépendance « en dehors de l’Union française ». Marqué par un nationalisme exacerbé, ce congrès devient l’expression d’une hostilité et à la France et au régime en place (Gras, 1979, p. 510 ; Rignac, 2018, p. 76). Selon Pouget, « le gouvernement s’émut, le commissaire général et le général commandant en chef à Saigon réagirent en écrivant au président du Conseil vietnamien des phrases indignées. » Quant à Bao Daï, il confie à Dejean : « La pensée du Congrès n’est pas du tout hostile à la France. En fait, elle est identique à la mienne. »  (Pouget, 2024, p. 130) Sur intervention du haut-commissaire et de l’ambassadeur américain à Saigon, le texte est corrigé. Mais son contenu a fuité dans la presse et suscite en France l’indignation de l’Assemblée nationale (Cesari, 1995, pp. 92-93).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 – 25 octobre 53 : Long séjour de Navarre au Tonkin. Le 23, le commandant en chef et Cogny sont à Laïchau. Ils évoquent à nouveau l’occupation de Dien Bien Phu mais rien n’est arrêté pour l’instant (Rocolle, 1968, p. 176).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 53 : Déclenchement de l’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; qui se poursuivra jusqu’au 7 novembre. Elle a pour but de déstabiliser et retarder les projets de Giap dans le Delta. Le général Gilles a chargé De Castries d’atteindre la localité de Lai Cac à 20 km à l’ouest de Ninh Binh (zone des Évêchés). Elle est atteinte dans l’après-midi. Gilles rejoint De Castries et établit durant 3 jours un camp retranché avec points d’appui de compagnies et de bataillons s’appuyant les uns les autres. Chaque point d’appui est entouré de barbelés. Au centre, il place son artillerie (Pouget, 2024, p. 135).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au troisième congrès de la Fédération syndicale mondiale qui se tient à Vienne (Isère), le secrétaire général de la C.G.T., Louis Saillant,  propose que le congrès retienne le principe d’une journée syndicale internationale d’action contre la guerre du Vietnam. Une date est retenue, le 19 décembre. D’ici là, la C.G.T. se mobilise, entraînant dans son sillage d’autres syndicats, Force ouvrière (F.O.) et même la très modérée Confédération française des travailleurs chrétiens (C.F.T.C.) (Ruscio, 1985, pp. 305-306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre - 7 novembre 53 : Opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039;. Face à la menace d’encerclement du delta du Fleuve Rouge par les forces du VM (voir 19 août et 20 septembre), Navarre prend les devants contre les bases situées au sud de Ninh Binh. Il s’agit de pénétrer dans la zone des Évêchés et d’y installer un camp retranché à Laï Cac commandé par De Castries pour y provoquer les troupes de la division 320 et détruire ses dépôts. Les Français bénéficient pour une fois d’une supériorité numérique (7 GM, des bataillons de parachutistes sous le commandement du général Gilles et diverses unités). De violents combats ont lieu le 24 octobre, soutenus par l’artillerie et l’aviation françaises. La division 320 compte 1 081 tués et 2 500 blessés. L’opération est un succès, le repli français pouvant s’effectuer sans problème. Giap se voit donc contraint d’annuler ses opérations dans le Delta pour octobre (Gras, 1979, pp. 518-519).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le même temps, les Français réoccupent le Centre-Vietnam abandonné depuis 1946. Selon Ruscio, « on assiste alors dans certains milieux dirigeants français, à un phénomène analogue à l’ère De Lattre. Un regard d’optimisme souffle, à Paris et à Saigon. » (Ruscio, 1992, p. 190) Il sera de courte durée. Lors de son audition durant la commission d’enquête suite à la défaite de Dien Bien Phu, Navarre dira : « Quelques bataillons parachutistes restaient seuls d’une valeur supérieure. &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; avait fait apparaître nettement, et c’était l’avis formel du général Cogny, du général Gilles et le mien, que si lorsqu’on faisait sortir notre infanterie, étant sa qualité d’alors, du rayon de 10 kilomètres où elle était appuyée par notre artillerie, si elle se heurtait à ce moment-là à l’infanterie viet, elle était battue. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Rocolle, 1968, pp. 173-174)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 - 16 octobre 53 : Un congrès national vietnamien vote une motion dans laquelle le refus d’adhérer à l’Union française est, une fois de plus, clairement exprimé. Elle remet traditionnellement en cause le statut du Vietnam tel qu’il avait été défini par la Constitution de 1946 qui s’appuyait sur les anciens accords de Dalat et Fontainebleau qui ont toujours été contestés par les nationalistes vietnamiens. Ils veulent quant à eux un traité purement franco-vietnamien qui les libère du carcan de l’Union française (Rocolle, 1968, p. 29) Selon Navarre, ce congrès « tourna court après quelques manifestations oratoires ». Il répudie par vote l’appartenance du Vietnam à l’Union française « dans sa forme actuelle » (celle prévue par la constitution française de 1946). Toujours selon Navarre, « […] le ton général des discours indiquait que des hommes politiques vietnamiens, dans une complète inconscience du danger mortel qui pesait sur leur pays, et oubliant qu’il était le principal intéressé à une issue favorable de la lutte, entendaient mesurer son effort de guerre aux concessions que lui ferait la France. » (Navarre, 1956, p. 128)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 – 22 octobre 53 : Depuis août, le président du Conseil Souvanna Phouma a accepté le principe de négociations entre le Laos et la France dans le cadre de l’Union française. Côté français, elles sont menées à Paris par Marc Jacquet (secrétaire d’État à la présidence du Conseil chargé des relations avec les États associés). Le Laos affirme son appartenance à l’Union par l’article 2 : « Le royaume du Laos réaffirme librement son appartenance à l’Union française, association de peuples indépendants et souverains, égaux en droits et en devoirs, où tous les associés mettent en commun leurs moyens pour garantir la défense de l’ensemble de l’Union. Il réaffirme sa décision de siéger au Haut Conseil où, sous la présidence du président de l’Union française [le président de la République française], sont assurées la coordination de ces moyens et la conduite générale de l’Union. » Cette formulation permet à la France d’éviter l’abrogation problématique du Titre VIII de la Constitution de 1946. Des conventions annexes accordent au pays une indépendance diplomatique et un transfert des compétences juridiques (d’où suppression des tribunaux mixtes). Les avantages de cette convention purement bilatérale ne sont donc pas consentis au titre d’une même appartenance à l’Union et la font glisser dans le sens d’une confédération égalitaire. Ce qui risque de faire tache d’huile au sein des autres pays de cette même Union (Cesari, 2013, pp. 188-189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 53 : Après une tentative neutraliste (voir 31 juillet) et sous la menace américaine (voir 11 septembre), le Cambodge signe un accord avec la France qui transfère au pays le commandement militaire sur tout le territoire, tout en laissant aux Français le droit d’intervenir sur la rive gauche du Mékong et donc au Vietnam (Gras, 1979, p. 509). Selon Burchett, « la formule exacte demandait que l’on réservât aux Français, « temporairement, les moyens nécessaires pour assurer le commandement opérationnel des unités stationnées à l’est du Mékong. » » Le Cambodge demeure donc de fait une base opérationnelle française, ce qui va à l’encontre du récent neutralisme revendiqué par Sihanouk et son premier ministre Penn Nouth (Burchett, 1970, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, le Congrès national vietnamien réuni à Saïgon estime que « le Vietnam indépendant ne saurait participer à l’Union française dans sa forme actuelle. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Elgey, 2018, p. 711)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 53 : Suite au récent Congrès national vietnamien (voir 15 - 16 octobre), Navarre adresse au commissaire général Dejean une lettre protestant contre le manque d’engagement dans le conflit des États associés. Il demande leur « participation effective et totale à l’effort de guerre » et ajoute : « Cet effort doit se traduire par la mobilisation des ressources économiques et humaines, ce qui suppose l’adoption de mesures politiques et sociales. Cette dernière condition a une importance capitale, car si les masses populaires ne peuvent espérer la satisfaction de leurs revendications élémentaires, on ne peut escompter leur appui. J’estime que si l’ensemble de ces conditions n’est pas accepté, la France doit mettre un terme à son effort militaire en Indochine. » (Navarre, 1956, pp. 128-129) Derrière ces reproches réapparaît le vieux et persistant conflit entre pouvoir civil et militaire, exprimé ici par un commandant en chef dépendant hiérarchiquement de la politique menée par le commissaire général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 18 au 19 octobre 53 : Dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039;, le VM tente d’attaquer le camp retranché du général Gilles (voir 15 octobre). Les attaques contre 2 points d’appui échouent grâce aux effets de l’artillerie. Gilles entame alors un travail de nettoyage de la région au moyen de reconnaissances offensives : des blindés ouvrent la route, les fantassins se mettent à la recherche de dépôts. Un appui aérien permet d’éviter l’attaque des colonnes. De violents combats éclatent entre les Français et la 320&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division qui subit de lourdes pertes (4 000 tués, blessés et disparus) (Pouget, 2024, pp. 135-139). Giap demeure imperturbable et refuse que la 304&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division aille porter secours à la 320. Il accepte que ce revers retarde son offensive sur le Delta.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 octobre 53 : Débat au sein du conseil des ministres entre Auriol et Paul Reynaud (vice-président du Conseil) sur le degré de constitutionnalité du futur traité avec le Laos. On parvient laborieusement et de manière alambiquée à un accord modifiant ce traité (Auriol 7, 2003, p. 373 ; idem, note 81, pp. 689-690).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
22 octobre 53 : Suite au déplorable congrès nationaliste de Saïgon (voir 12 – 16 octobre et 15 – 16 octobre), les députés français sur suggestion des socialistes demandent un débat sur l’Indochine (voir 27 octobre) (Cesari, 2013, p. 192). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux propositions françaises du 3 juillet, &#039;&#039;&#039;le royaume du Laos renouvelle à Paris le traité d’adhésion à l’Union française&#039;&#039;&#039; (voir 19 juillet 1949) &#039;&#039;&#039;et obtient sa complète indépendance&#039;&#039;&#039;. La signature de ce traité (sans consultation du Parlement) engage la France à défendre ce pays, avec toutes les conséquences militaires que cette signature française implique si le VM s’en prend à ce membre de l’Union (voir 28 octobre). C’est ce que l’on comprendra à l’état-major de Saïgon. Au moyen des conventions annexes, le pays acquiert donc une pleine indépendance diplomatique et le transfert des compétences judiciaires (notamment la suppression des tribunaux spéciaux pour les ressortissants français). Ce traité pose donc les principes et les modalités d’une coopération entre la France et le Laos : les délégués lao continueront à siéger au Haut-conseil de l’Union, ce dernier étant chargé de définir la politique commune des États membres. Le Commissariat de la République cède alors la place à une Haute-représentation assurée par un Haut-représentant français dénommé Bréal (Deuve, 2003, p. 43). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 - 28 octobre 53 : Débat houleux sur l’Indochine à l’Assemblée nationale française suite au congrès de Saigon (voir 16 octobre). Le gouvernement est à nouveau la cible de nombreuses critiques (Gras, 1979, p. 511).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 octobre 53 : Paul Reynaud, vice-président du Conseil, déclare devant l’Association des Français d’Indochine que « le traité avec le Laos apporte une solution au problème de l’évolution nécessaire de l’Union française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Navarre, 1956, p. 189, note 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 53 : &#039;&#039;&#039;Le nouveau conseiller de la R.P.C. auprès de la R.D.V.N., Wei Guoquing, remet à Giap un exemplaire du plan Navarre que les services secrets chinois ont réussi à se procurer.&#039;&#039;&#039; Il recommande à Giap de livrer la bataille à Dien Bien Phu, autour du camp retranché que les Français sont en train d’ériger pour protéger le Laos (Cesari, 2013, p. 204).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 - 29 octobre 53 : Débats à l’Assemblée nationale française sur l’Indochine. Toutefois, les représentants sont une fois de plus divisés : il y a ceux qui veulent que l’on traite au plus vite avec le VM (les communistes et les socialistes) et ceux qui entendent poursuivre la guerre avec une aide grandissante des États-Unis (M.R.P. et divers), sans entendre les turbulences venant tant du Vietnam que du Cambodge, tout en appelant le 28 par une motion votée par 315 voix contre 251 « à tout mettre en œuvre pour aboutir, par la négociation à la pacification général de l’Asie » (Elgey, 2018, p. 711). De son côté, Laniel déclare devant l’Assemblée nationale que « la France ne refuserait pas de négocier un armistice » avec le VM (Gras, 1979, p. 539). C’est la première fois, depuis l’échec des négociations de Fontainebleau de septembre 1946, qu’un gouvernement envisage un règlement du conflit. Il est vrai que la situation militaire se dégrade et que l’opinion publique française est lasse de ce conflit. Pour autant, malgré un effritement, le gouvernement Laniel se maintient lors du vote de confiance (Rocole, 1968, p. 30). Laniel, tout en minimisant le « déplorable incident » de Saïgon (voir 12 – 16 octobre et 15 – 16 octobre) n’exclut pas la menace d’un retrait unilatéral de la France (Cesari, 2013, p. 192).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’O.N.U., suite aux annonces des Soviétiques et des Chinois (voir 4 et 14 septembre), le représentant de la France, Maurice Schuman, fait savoir que son pays ne serait pas opposé à coupler dans une conférence internationale le sort du conflit coréen à celui d’Indochine (Ruscio, 1992, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 octobre 53 : &#039;&#039;&#039;Signature d’un accord militaire qui engage la France à défendre le Laos&#039;&#039;&#039; en cas d’attaque (Cadeau, 2019, p. 468).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin octobre 53 : Suite au succès de l’opération &#039;&#039;Mouette&#039;&#039; (entre le 15 octobre et le 7 novembre), Giap est obligé de modifier ses plans : son offensive sur le delta du Fleuve Rouge est provisoirement abandonnée. Il prévoit donc deux opérations divergentes : l’une centrée dans la Haute-Région du Tonkin et le nord du Laos (vers Laichau et Dien Bien Phu) ; l’autre dans le centre du Vietnam, dans la région des Hauts-Plateaux située en Annam (secteur du L.K.5, carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Tertrais, 2004, p. 22). Navarre connaît les intentions de Giap (que celui-ci confirme dans ses mémoires par une décision du comité directeur du parti prise à ce moment précis). Il y voit un rapport avec l’interview d’HCM du 29 novembre au journal suédois &#039;&#039;Expressen&#039;&#039; et  son offre d’armistice. Le commandant en chef français analyse la stratégie de Giap comme « un plan de campagne susceptible de provoquer une solution politique ». Selon lui, ce qu’il faut au VM, « ce sont des succès spectaculaires » qui auront « une résonnance profonde sur l’opinion française », les États associés voire les États-Unis. S’emparer du Nord-Laos et de sa capitale Luang Prabang en est un. Face à cette menace, Navarre décide de garder ses maigres forces concentrées dans le Delta où l’aviation peut intervenir et agir sur les arrières de l’ennemi, là où il se concentre, en tentant ainsi de couper ses arrières. Mais quelles que soient les choix stratégiques de Giap, les Français sont une fois de plus condamnés à demeurer sur la défensive et à subir (Navarre, 1956, pp. 161-168).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1949&amp;diff=5355</id>
		<title>Mars 1949</title>
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		<updated>2026-09-15T06:59:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 49 : Poursuite de l’opération &#039;&#039;Diane&#039;&#039; (voir 15 février) qui vise à reprendre dans le delta du Fleuve Rouge le secteur à l’ouest du point de confluence entre ce fleuve et la Rivière Noire (Hung Hoa et ses environs) (carte n° 10 &#039;&#039;in&#039;&#039; Teulières, 1979, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1949, la guerre d’Indochine absorbe 35 % des dépenses militaires françaises et 5,8 % du produit national brut (contre 5,1 % aux U.S.A.). Malgré ces chiffres, le contenu du rapport Revers montrera l’usure du matériel français et conseillera de confier au C.E.F.E.O. la seule défense des frontières du Tonkin (Cesari, 2013, pp. 93-94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mars - juin 49 : Au Cambodge, tensions croissantes allant jusqu&#039;à des affrontements armés entre différentes factions issarak, divisées entre révolutionnaires partisans ou non d&#039;une alliance avec le VM, entre nationalistes de droite et de gauche. Création d&#039;un Comité d’initiative pour la création d’un Parti révolutionnaire du peuple cambodgien (communiste.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 49 : HCM organise une réunion des représentants du Parti au gouvernement. Elle a pour but de lutter contre la « solution Bao Daï ». Le « citoyen Vinh Thuy » (Bao Daï) est désormais considéré comme un traître (Giap 1, 2003, pp. 247-248). &#039;&#039;&#039;Le tribunal militaire de la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; interzone militaire communiste met en scène son procès par contumace,&#039;&#039;&#039; un acteur étant chargé d&#039;incarner l&#039;ex-empereur. Lâché par le Vietminh dès 1948, il est accusé de haute trahison et condamné à mort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 mars 49 : Le conseil des ministres français se penche (enfin…) sur la question constitutionnelle en vue de céder la Cochinchine au Vietnam. Il décide de soumettre au Parlement un projet de loi créant une Assemblée territoriale de Cochinchine, seule compétente pour demander au Parlement la modification de son statut. Les Vietnamiens acceptent, persuadés que le traité ne sera qu’une étape vers l’indépendance complète. Après avoir été longtemps remisé au placard, le texte sera soumis à une procédure d’urgence (voir 8 mars) (Gras, 1979, p. 254). Bao Daï serait-il enfin entendu ?...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mars 49 : Un nouveau décret (voir 3 mars 1947) reformule les pouvoirs du haut-commissaire Pignon. Celui-ci reste responsable de la défense et de la sécurité de l’Indochine sous les ordres du président du Conseil et par le biais du ministre de la France d’Outre-Mer. Il est toutefois toujours chargé de transmettre les ordres au commandant en chef. Le haut-commissaire demeure président du Conseil de défense, donne son avis sur les plans envisagés et sur l’opportunité des opérations. C’est lui et lui seul qui est habilité à correspondre directement avec le gouvernement. Ce maintien de la mise sous tutelle du pouvoir militaire sous la coupe du pouvoir politique a entretenu et entretiendra à l’avenir comme par le passé bien des tensions (D’Argenlieu/Leclerc ; Pignon/Blaizot). Et ce, d’autant plus que ces deux formes de pouvoir sont étroitement imbriquées l’une à l’autre dans une situation de conflit permanent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la R.C. 4, une embuscade se solde par la destruction de 23 G.M.C. (camions), 7 autres sont endommagés. Ces opérations de harcèlements ponctuels se poursuivront dès lors régulièrement (voir 3 septembre) (Bodin, 2009, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mars 49 : Échange de lettres entre le gouvernement français et Bao Daï qui fixe les prémices d’un accord (Boyer de la Tour, 1962, p. 129).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 49 : &#039;&#039;&#039;Accords de l’Élysée entre Auriol – Bao Daï.&#039;&#039;&#039; Il s’agit d’un simple échange de lettres (voir 13 janvier) entre les deux signataires par lequel &#039;&#039;&#039;la France accepte (enfin…) la restitution de la Cochinchine au Vietnam&#039;&#039;&#039;, litige qui avait en grande partie été à l’origine de l’échec de la conférence de Fontainebleau de 1946. Les populations de Cochinchine devront exprimer le désir de ce rattachement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, le texte est assez restrictif : « Le Gouvernement français […] confirme son accord pour réaliser l’unité du Vietnam […] sous réserve que des arrangements soient conclus pour assurer le respect des droits et des intérêts de la France. » (lettre d’Auriol) Et les Français ont tout fait pour empêcher la publication d’une Constitution de l’État vietnamien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois, « La France réaffirme solennellement sa décision de n’opposer aucun obstacle &#039;&#039;de jure ou de facto&#039;&#039; à l’entrée de la Cochinchine dans le Vietnam ». &#039;&#039;&#039;C’est donc la reconnaissance (pour la troisième fois…) de l’indépendance du Vietnam mais non d’une liberté de sa diplomatie qui ne demeure qu’une pure façade&#039;&#039;&#039; : le pays a obtenu le droit de nommer des diplomates en [[wikipedia:China|Chine]], en [[wikipedia:Thailand|Thaïlande]] et au… [[wikipedia:Vatican_City|Vatican]], tandis que le reste de la politique étrangère vietnamienne demeure sous contrôle français. L’unité du pays est reconnue. Le statut de la Cochinchine (colonie française depuis 1887) a été âprement discuté au sein du Parlement français. Mais on arrive à un accord : &#039;&#039;&#039;la France met enfin en route une procédure de cession de la Cochinchine au Vietnam&#039;&#039;&#039; (voir 11-12 mars). Du point de vue militaire, comme dans le cadre des accords du 6 mars 1946, la France octroie au Vietnam le droit de posséder et entretenir elle-même son armée. Les deux États ont le droit d’entamer des hostilités. Toutefois, si le soutien du Vietnam à la France est automatique, celui de la métropole est seulement conditionnel. Quant aux bases françaises, elles demeurent permanentes et entièrement souveraines : leur commandement ne relève que des autorités françaises. N’est prévu que l’existence d’un comité militaire permanent franco-vietnamien en temps de paix qui se transformerait en comité d’état-major mixte en temps de guerre. L’instruction de l’armée vietnamienne est assurée par le France et sa forme doit calquer le modèle français. Les commandes matérielles de l’armée vietnamienne seront passées auprès du gouvernement français et instruites par le comité militaire permanent (Cesari, 2013, pp. 58-59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un projet de loi autorise l’existence d’une Assemblée territoriale de Cochinchine. Elle émettra le vœu que soit modifié son statut afin d’être rattachée à l’État associé du Vietnam, au grand dam des colons français. La ratification sera officiellement proclamée le 11 mai. Bao Daï est désormais « chef de l’État vietnamien ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces accords confortent l’existence de l’Armée nationale vietnamienne (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier) avec la création de la Mission militaire française auprès du gouvernement vietnamien (M.M.F./G.V.N.) (Cadeau, 2019, p. 365). Une convention militaire franco-vietnamienne sera signée le 30 décembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords répondent également à une exigence américaine (voir 20 juin et 15 juillet 1948). Truman a exigé l’indépendance des trois États pour accorder une aide militaire à la France dans une guerre toujours considérée comme essentiellement coloniale par les U.S.A. mais également désormais inscrite dans un contexte de Guerre froide (voir 6 octobre) (Bouilleaux, 2021, p. 158, note 5). Les Français, incapables de doter cette jeune armée en équipement et matériel, attendent beaucoup de cette aide. Pour autant, la portée de ces accords ne satisfait pas totalement le département d’État qui estime que la France conserve un pouvoir trop étendu sur la défense et la diplomatie vietnamiennes pour créer un choc psychologique notoire. La direction du Sud-Est asiatique recommande de ne pas commenter publiquement ce texte jugé décevant : une déclaration américaine ne ferait que marquer Bao Daï comme une créature des Occidentaux (Cesari, 2013, p. 86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 49 : Le journal &#039;&#039;Libération&#039;&#039; évoque, en parlant du retour de Bao Daï au Vietnam,  un « noceur international » qu’on « est allé repêcher dans les tripots de Hong-Kong et dans les boîtes de nuit de Cannes » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, p. 247). Si le reste de la presse française est plus modérée, l’homme ne suscite aucun enthousiasme en métropole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 12 mars 49 : La question de l’Indochine est portée devant l’Assemblée nationale. Le 11, les débats sont houleux du fait des communistes qui dénoncent la « sale guerre » et le « solution Bao Daï ». Le 12 au soir, par 348 voix contre 202 (voix gaullistes comprises), &#039;&#039;&#039;l’Assemblée adopte la création d’une Assemblée représentative territoriale en Cochinchine chère à Bao Daï qui réclame l’unité des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;. Ce vote permet de respecter la Constitution de 1946 qui interdisait toute cession de territoire sans l’aval des populations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 49 : L’Assemblée nationale française adopte le texte créant une Assemblée territoriale de Cochinchine (voir 2 mars). Après des débats vifs et houleux (Turpin, 2005, pp. 355-356), une motion de censure déposée par le R.P.F. (gaulliste) est rejetée. Selon le général Boyer de la Tour (commandant les T.F.I.S.), localement, demeurent des points d’achoppement : « […] certains points relatifs à l’armée et à la diplomatie étaient très critiqués, enfin le maintien de l’Union douanière indochinoise semblait apporter une entrave à la souveraineté des États. » (Boyer de la Tour, 1962, p. 129).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 49 : Queuille (président du Conseil) transmet le contenu des accords Auriol – Bao Daï à l’ambassade américaine de Paris avant même d’en informer le Parlement français qui demeure réticent à lâcher du lest sur les questions de souveraineté du Vietnam. Il espère ainsi qu’une reconnaissance diplomatique américaine incitera les députés à ratifier ces accords. Pour autant, les choses traineront jusqu’au 29 janvier 1950 (Cesari, 2013, pp. 85-86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 49 : Au Laos, Le prince Boun Oum, resté fidèle aux Français durant l’occupation japonaise, remplace Souvannourath à la tête du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-mars 49 : Sur la R.C. 4, les postes de That Khe, Pont Bascou, Ben Me, du Song Ky Kong et de Deo Cat sont l’objet de violentes attaques du VM qui procède désormais à une utilisation intense de l’artillerie (Cadeau, 2022, p. 98). Ces attaques se poursuivront jusque fin-avril, la R.C. 4 devenant, selon les mots de Giap, « la route de la mort » (Giap 1, 2003, pp. 246-247).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 49 : Selon Bodin, « le général Alessandri propos[e] […] la dissolution de cinq bataillons parachutistes et des ponctions dans des unités légionnaires pour encadrer de nouvelles formations autochtones, ce qui [permet] de ne pas toucher aux bataillons statiques. Les F.T.E.O. souffr[ent] alors d’un sous-encadrement sévère. Pour 1949, on avait admis un encadrement en officiers de 4,5 % mais en réalité il n’était que de 3,06 % […] De tout cela, découl[ent] des fautes, des manquements à la discipline et souvent une baisse de la qualité opérationnelle des personnels. » (Bodin, 2009, p. 147)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 49 : Face à la menace sino-vietnamienne sur la frontière, Blaizot décide de détourner l’arrivée des renforts venus de métropole vers Haïphong et le Tonkin prévue pour le 12 avril. Il s’agit selon les mots du commandant en chef Blaizot de « briser cette première manifestation de la collusion sino-vietminh. » (Gras, 1979, p. 264)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 49 : Malgré son caractère anticonstitutionnel, un décret du gouvernement français institue, sous la pression de Pignon, qu’une Assemblée nationale vietnamienne de 64 membres soit élue le 10 avril par un collège mixte de 5 100 conseillers provinciaux qui sont la plupart du temps des notables favorables aux Français. C’est elle qui doit se prononcer sur le rattachement de la Cochinchine au Vietnam pour être ensuite validée par l’Assemblée nationale française (Devillers, 2010, p. 252).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 49 : Dans une lettre adressée directement à Pignon (et non au commandant en chef…), le général Boyer de la Tour (commandant les T.F.I.S.) se plaint pour une nième fois que l’on dégarnisse de troupes le Sud au bénéfice du Nord. Il expose une idée qui lui est chère : « Il est impossible avec les effectifs que nous avons d’entreprendre à la fois la pacification des trois territoires. » Pour lui, il faut défendre en priorité la Cochinchine pour 2 raisons principales : elle est moins contaminée et ses ressources économiques sont nettement supérieures. Il ne pense pas que le Nord soit défendable alors que les communistes chinois vont assurément remporter une victoire sur les nationalistes (Boyer de la Tour, 1962, pp. 159-160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 49 : Une incursion du VM sur la région de Moncay (sud-est du Tonkin) est vite repoussée puisque la ville est reprise le 28. Elle inquiète pourtant sévèrement le commandement français (Bodin, 2009, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mars 49 : Selon Bodin, « toute l’année, la R.C. 4 fut le théâtre d’une multitude d’actions. De petits points d’appui succombèrent aux assauts de l’A.P.V.N. comme Song Ky Kong le 28 mars. La plupart des grands ponts furent détruits entre Langson et Cao Bang. Les convois étaient fréquemment assaillis. » (Bodin, 2009, p. 140). Selon les mots de Giap, la R.C. 4 est bien devenue pour les Français la « route de la mort ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mars 49 : Après un revirement, déclaration de De Gaulle en faveur de la « solution Bao Daï », seul moyen pour les gaullistes de conserver une emprise sur la Cochinchine : « La France considère que c’est dans la personne de Bao Daï que se trouve effectivement le principe de souveraineté du Vietnam. Il faut que Bao Daï puisse régner et que, sous son égide, se constitue un gouvernement capable de gouverner effectivement le Vietnam. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodin, 1996, p. 254) De Gaulle ajoute : « La récente victoire des communistes chinois qui a compliqué le problème [indochinois] et qui va le compliquer de jour en jour d’avantage. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2000, p. 26, note 1) Pour le général, l’enjeu dépasse même d’ailleurs la seule Indochine : « La France doit rester en Indochine. Elle doit y rester pour l’Indochine, car sans la présence et le concours de la France, l’indépendance, la sécurité, le développement de l’Indochine seraient compromis. D’ailleurs plus le temps passe, mieux on aperçoit que les événements d’Indochine ne sont qu’une partie d’un tout. En réalité, il s’agit de savoir si l’Asie va rester libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 2014, p. 217)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nécessité constante de la pensée gaullienne s’impose alors, « redresser la situation militaire » avant de vouloir faire de la politique. Selon Turpin, « on en restait donc  à un vague exposé d’intentions politiques, bien dans la ligne du R.P.F. » (Turpin, 2005, p. 358)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 mars 49 : Le conseil des ministres français, ému par la prise de Moncay, décide de l’envoi de 13 bataillons supplémentaires et de deux groupes d’avions de chasse. Les effectifs du corps expéditionnaires vont alors atteindre 130 000 hommes, ce qui correspond à la vaine demande de Blaizot avait faite dès son arrivée (Gras, 1979, p. 264).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un raid du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; B.C.C.P. qui avait comme objectif la capture des responsables vietminh de la zone de Hué tombe dans le vide (Bodin, 2009, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mars 49 : Réaction à l’Assemblée nationale française. On reproche au gouvernement son silence sur les événements militaires en cours du fait de la menace communiste à la frontière chinoise. Coste-Floret (F.O.M.) et Ramadier (Défense) nient et assurent que tout a été fait dans les formes (voir 30 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin mars 49 : Les nouvelles offensives du VM sur la R.C. 4 ont un retentissement dans la presse française. On parle de plusieurs bataillons encerclés à Langson et même de la prise de Moncay par les communistes chinois (voir 31 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré l’approche des communistes chinois, HCM se garde bien de les célébrer. Il conserve à leur égard l’attitude prudente et même défiante qu’il a toujours cultivée à l’égard du grand voisin chinois. Il dément l’existence d’un accord secret avec Mao qu’il qualifie de « pure propagande impérialiste française ». Selon un discours rôdé, il assure que son gouvernement est une coalition nationale d’hommes de plusieurs partis et même de sans partis. Il conservera cette position nationaliste en août déclarant que s’il y avait des similitudes entre la démocratie chinoise et vietnamienne, « la nouvelle démocratie de la Chine est chinoise, la nôtre est vietnamienne. » Mais le discours de ses lieutenants est et sera tout à fait différent (voir 9 juillet) (Gras, 1979, p. 272).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1947&amp;diff=5354</id>
		<title>Septembre 1947</title>
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		<updated>2026-09-15T06:56:55Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;4 septembre 47 : Bao Daï adresse un message « aux leaders de tous les partis existants, quelles que soient leurs opinions politiques, de venir [le] renseigner sur la situation, de façon qu’[il lui soit] possible de mettre au point les méthodes propres à la réalisation d’une paix honorable et durable. » Il les invite à venir le rejoindre à Hong Kong. Le VM réagit en déclarant que Bao Daï n’a aucune légitimité pour négocier. Saigon y voit, au contraire, un moyen pour débloquer la situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 47 : Envol de 24 délégués pour rencontrer Bao Daï à Hong-Kong. Parmi eux, un savant dosage hétéroclite de nationalistes et de « créatures » de l’administration française (nationalistes, réactionnaires caodaïstes, intellectuels).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 47 : Bollaert prononce à &#039;&#039;&#039;Hadong&#039;&#039;&#039; (ville située entre Hanoi et Haïphong) la version édulcorée de son discours initial, revu et corrigé le 16 août par un comité interministériel (version citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Boyer de la Tour, 1962, pp. 58-67) et probablement par Bidault (Affaires étrangères). Bollaert demande d’abord « le silence des armes ». Pour preuve de sa bonne volonté, il décrète une trêve à partir du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre, reconductible jusqu’au 20 voire au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre. Mais à cela, il y a des conditions strictes : un contrôle mixte de la remise des armes par le VM contre une suspension de l’envoi de renforts français et un maintien du Corps expéditionnaire à 30 000 hommes ; la stabilisation des positions actuelles au Tonkin et en Annam ; la création de zones neutres en Cochinchine ; l’évacuation du Cambodge et du Laos par le VM (Chaffard, 1969, pp. 132-133).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces conditions sont respectées, le Vietnam se gouvernerait de lui-même, sans interférence de la France. Le pays pourrait réaliser son unité mais à la condition expresse que les Cochinchinois approuvent ce projet. Le Vietnam appartiendrait à l’Union française qui serait responsable de sa défense et de sa diplomatie et jouerait le rôle d’arbitre entre le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Bollaert déclare ce même jour : « En prenant l’engagement de respecter l’autonomie du Vietnam, nous nous engageons solennellement à ne pas tolérer d’oppression, sous quelque forme qu’elle se manifeste. » Bien qu’édulcoré, ce discours rend furieux les conservateurs français : Georges Bidault (ministre M.R.P. des Affaires étrangères), le général Valluy et le général Salan (commandant les Troupes d’Indochine du Nord depuis mai 1947) expriment publiquement leur désaccord. Il y a donc une brouille entre le pouvoir civil et militaire. Un désaccord qui règne à tous les niveaux, y compris gouvernemental. Quant au texte remanié, il n’est qu’une énième édition de ce que rejette la plupart des Vietnamiens (voir 15 septembre) qui ne se privent pas de le faire savoir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les enveloppes non décachetées de Bollaert qui comportaient une offre de cessez-le-feu (voir 12 août) sont définitivement retirées des mains des militaires français à qui elles avaient été confiées (Chaffard, 1969, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français pressent Bao Daï de « prendre le pouvoir et d’entamer des négociations avec la France en vue de ramener la paix et de réaliser l’unité et l’indépendance nationales. » (Valette, 1994, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 47 : Certains des délégués (voir 9 septembre) déclarent, dans une adresse à Bao Daï, leur désaccord avec les propos de Bollaert du 7 août.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 septembre 47 : Alors qu’il est pressé de toute part tant par les nationalistes vietnamiens que par Bollaert, Bao Daï fait connaître de Hong Kong par le biais d’un vague communiqué de presse sa position : « Je demande aux leaders de tous les partis existants, sans distinction d’opinions politiques, de venir m’exposer la situation afin que je puisse envisager avec eux les moyens qui permettraient de construire une paix durable. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 septembre 47 : Réaction de Giam (Affaires étrangères) pour le VM aux déclarations de Bollaert : la liberté sans l’indépendance ne signifie rien, notamment sans la possession d’une armée et d’une diplomatie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Bureau permanent du VM émet une directive intitulée « Qu’est-ce que dit Bollaert, qu’est-ce que nous devons faire ? » Elle spécifie : « […] Toute l’armée et tout le peuple vietnamien se rendent clairement compte que sans utiliser la violence pour écraser la volonté d’agression des colonialistes français, nous ne parviendrons pas à l’indépendance ni à l’unité du pays […] Pour obtenir l’indépendance et la liberté, nous devons résolument mener la résistance […] » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Giap 1, 2003, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée du &#039;&#039;&#039;général Nguyen Van Xuan&#039;&#039;&#039; à Saigon en provenance de France (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre). Les Français le sortent de leur placard et entendent le propulser à la tête de l’assemblée de la république autonome de Cochinchine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 47 : Les membres du Conseil de Cochinchine se réunissent à huis clos et décident de retirer leur confiance au docteur Hoach pour l’attribuer au général Xuan arrivé de la veille. Ils envoient une délégation pour lui demander de se démettre de ses fonctions. Hoach, proche des Caodaïstes de Tay Ninh, refuse de s’incliner et obtient un vague soutien de Bao Daï qui, selon Boyer De La Tour, lui demande d’assurer l’ordre jusqu’à son retour (Boyer de la Tour, 1962, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 47 : Toujours réfugié à Hong-Kong, première déclaration publique de Bao Daï aux Vietnamiens depuis son abdication. Il accepte « la mission » qui [lui] est confiée » et prend parti contre le VM (dont il est, du moins en théorie, toujours « conseiller » depuis 1945). L’ex-empereur déclare : « Je veux d’abord vous obtenir l’indépendance et l’unité, conformément à nos aspirations, arriver à des accords sur des garanties réciproques, et pouvoir vous affirmer que l’idéal, pour lequel nous avons si vaillamment lutté dans une farouche résistance, est bien atteint. » Il se déclare prêt « à entrer en contact avec les autorités françaises. » Mais dans les faits, il laissera par la suite traîner les choses dans l’attente du mot « indépendance » que Bollaert pense nécessaire mais se gardera bien de prononcer comme il vient de le faire à Hadong (Valette, 1994, p. 162).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La C.I.A. nouvellement créée&#039;&#039;&#039; (voir 26 juillet) &#039;&#039;&#039;entre officiellement en action.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 47 : Les dirigeants du Front d’union nationale réunis à Hong-Kong autour de Bao Daï rejettent les propositions de Bollaert. Début d’un vaste dialogue de sourds entre Bao Daï, ses partisans et les Français…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Laos&#039;&#039;&#039;, après la promulgation de la première constitution (voir 11 mai), &#039;&#039;&#039;sont organisées les premières élections législatives.&#039;&#039;&#039; Le royaume passe d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle parlementaire, avec l’accord du roi Sisavang Vong (profrançais, y compris durant l’occupation japonaise). Ce vote va également mettre fin à l’ancienne fragmentation du royaume (Luang Prabang au Nord et principauté de Champassak au Sud à laquelle le prince Boun Oum a renoncé). La prochaine étape sera de faire du pays un État associé, membre de l’Union française (voir 19 juillet 1949). La totale indépendance du Laos ne sera acquise que le 22 octobre 1953, toujours dans le cadre de l’Union française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 septembre 47 : Les Français lancent une opération de diversion avec des troupes parachutées sur Phong Tho, s’avancent sur Bat Xat, Binh Lu et Sapa et menacent Lao Kaï. L’offensive principale (&#039;&#039;Léa&#039;&#039;) portera le 7 octobre sur le Viet Bac (Giap 1, 2003, p. 132).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne cette opération, des instructions données à Salan précisent : « L’opération &#039;&#039;Léa&#039;&#039; sera basée sur le renseignement et l’action politique et devra tendre à l’attraction des populations des Haute et Moyenne Régions en s’efforçant d’éliminer les éléments venus du delta ou particulièrement compromis. Cette action politique suivra immédiatement l’avance de nos troupes dont l’attention sera attirée sur l’importance essentielle d’une réussite dans ce domaine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 122)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 – 27 septembre 47 : Réunion secrète en Pologne des délégués de 9 partis communistes (U.R.S.S., 6 « démocraties populaires », Italie et France). Ils y entendent &#039;&#039;&#039;le rapport  du délégué soviétique Andréï Jdanov qui donne naissance au Kominform&#039;&#039;&#039;. Pour Jdanov, le monde est désormais partagé « en deux camps principaux de forces politiques qui opère sur l’arène mondiale : le camp impérialiste et antidémocratique d’une part et, d’autre part, le camp anti-impérialiste et démocratique ». (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 192)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 septembre 47 : A Hong-Kong, Bao Daï reçoit l’ancien ambassadeur des États-Unis en France, William Bullitt. C’est en membre très influent du Parti Républicain qui confirme que son pays souhaite voir un Vietnam « indépendant » et « non-marxiste ». Pour autant, les U.S.A. demeurent assez peu enthousiastes à une « solution Bao Daï » trop entachée de colonialisme. Le contexte de guerre froide les oblige à s’en contenter (Ruscio, 1985, p. 229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 47 : Moutet (F.O.M.) rend compte au conseil des ministres des réactions des Vietnamiens au discours de Hadong de Bollaert (voir 10 septembre). Le VM l’a rejeté en bloc (voir 15 septembre). Les Américains n’ont pas été enthousiasmés par son contenu. Seul Bao Daï serait « prêt à négocier avec le gouvernement français sur la base de la double reconnaissance de l’indépendance du Vietnam par la France et de l’Union française pour le Vietnam ». Mais ce dernier se rétracte vite et ne veut entendre que les mots « indépendance » et « unité » du territoire (voir 18 septembre). Même du côté français, la « solution Bao Daï » apparaît comme un pis-aller, les socialistes et les radicaux étant peu favorables à une restauration de la monarchie. Pour Ramadier (président du Conseil), « la question se pose de savoir dans quelle mesure le développement de la situation politique à la suite du discours de Bollaert est compatible avec l’engagement des opérations militaires qui ont été décidées au mois d’août dernier. » Il estime qu’une nouvelle réunion avec Bollaert sera nécessaire début octobre et qu’il faut attendre d’ici là. On pressent alors le général Nguyen Van Xuan comme troisième solution, toujours faute de mieux… (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre) (Gras, 1979, p. 185 ; Auriol 1, 2003, p. 340)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​27 – 29 septembre 47 : Quatrième conférence militaire du VM. Giap se doute d’une action probable des Français (la future « campagne d’automne »). Mais la faiblesse du service de renseignement ne permet de connaître les intentions stratégiques de l’ennemi ni surtout la localisation de ses actions. On émet l’hypothèse que l’attaque portera sur le delta du Fleuve Rouge, zone plus abordable que le Viet Bac difficilement accessible. Il ne peut y avoir d’affrontement frontal avec l’ennemi : « L’important était de mettre en échec son projet qui [est] d’anéantir nos forces régulières. » On préconise de défendre les bases arrière « sans nous y accrocher à tout prix. » La tactique définie antérieurement est rappelée : « Lancer avec détermination la guérilla et en même temps mener la guerre de mouvement avec des forces groupées ; livrer des batailles de petite envergure dans lesquelles les effectifs ne dépasseraient pas la taille d’une compagnie, refuser les combats de défense frontale, s’infiltrer sur les arrières de l’ennemi pour continuer la lutte, disperser et regrouper rapidement nos forces selon les circonstances. Ne laisser en aucun cas nos forces se faire décimer. Leur préservation [doit] primer sur la conservation du terrain. » (Giap 1, 2003, pp. 119-120). Giap rendra compte à HCM de cette conférence. Ensemble, ils prennent la décision de disperser les troupes régulières organisées en grosses unités et de les restructurer en groupes plus petits de la taille d’un « bataillon autonome » ou d’une « compagnie autonome ». Ces unités  seront affectées dans l’ensemble du pays pour entretenir une guérilla de mouvement dans les zones occupées mais également dans les zones menacées (Giap 1, 2003, pp. 125-126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 septembre 47 : Ramadier reçoit le général Valluy qui lui remettra une note le 2 octobre concernant ses projets de « campagne d’automne » (Devillers, 2010, p. 204).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1947&amp;diff=5353</id>
		<title>Juillet 1947</title>
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		<updated>2026-09-15T06:55:59Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet 47 : George Kennan, membre du &#039;&#039;Policy Planning Staff&#039;&#039; du département d’État et auteur d’un télégramme remarqué (voir 22 février 1946), publie anonymement un article intitulé « The source of Soviet conduct » dans la revue &#039;&#039;Foreign Affairs&#039;&#039;. C’est dans cet article qu’apparaît pour la première fois le terme « &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;containment&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; » (« endiguement ») et qu’est développée la doctrine qui en découle. Elle est totalement en phase avec la  « doctrine Truman » (voir 12 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juillet 47 : Bao Daï déclare dans le journal saïgonnais &#039;&#039;L’Union française&#039;&#039; qu’il est prêt à retourner aux affaires. Selon Giap, il déclare : « Si tout le peuple vietnamien a confiance en moi […] je serais heureux de rentrer au Vietnam. Je ne suis ni pour ni contre le Vietminh. Je n’appartiens à aucun parti. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Giap 1, 2003, p. 112). Côté français, on commence à réfléchir – faute de mieux – à une &#039;&#039;&#039;« solution Bao Daï »&#039;&#039;&#039;, dont d’Argenlieu et Pignon ont été les précurseurs (voir 14 janvier). Bien qu’en exil à Hong-Kong, le citoyen Vinh Thuy (Bao Daï) est toujours depuis  le 19 août 1945 « conseiller suprême » du VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 47 : &#039;&#039;&#039;Le général de brigade Boyer De la Tour prend la succession du général Nyo à la tête des T.F.I.S.&#039;&#039;&#039; (Bodinier, 1989, p. 26). D’entrée, il est confronté à la violence qui règne à Saïgon et plus généralement dans tout le Sud (Boyer de la Tour, 1962, pp. 23-28). Pour autant, en vue de mener la campagne offensive au Tonkin à l’automne, Valluy (toujours commandant en chef) décide de prélever des troupes françaises au Sud.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juillet 47 : Au Cambodge, mort inopinée du prince Sisowath Yutevong, chef du gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juillet 47 : Bollaert part pour Paris défendre son projet d’armistice. Selon une note du VM intitulée « directives politiques adressées aux agents politiques de tous échelons », il aurait déclaré juste avant son départ : « A partir de ce jour, en attendant septembre 1947, le Vietnam aura son indépendance dans l’Union française : la France m’a confié cette mission. » Une déclaration reprise par la presse (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1989, pp. 438-439).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 juillet 47 : Bollaert  écrit à Valluy en lui demandant d’envisager une réduction d’effectifs à 100 000 hommes (contre 115 000 demandés en janvier). Mais les estimations seront encore revues à la baisse en fin d’année (voir 9 décembre) (Bodinier, 1989, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 47 : Au Cambodge, le décès prématuré du prince Youthevong, président du Conseil et fondateur du Parti démocrate en 1946, laisse le pays désemparé. Lui succède brièvement Chhean Vam, un personnage de peu d’envergure. Sihanouk commence à soutenir ses adversaires démocrates dont certains éléments extrémistes affichent un nationalisme actif et exigeant (Gras, 1979, p. 231 ; Becker, 1986, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juillet 47 : Le gouvernement vietminh ne peut rester tout à fait insensible à la lassitude croissante de la population face à la politique de terre brûlée et au sectarisme de certains dirigeants communistes extrémistes. Il décide donc une ouverture vers les Français en créant &#039;&#039;&#039;un gouvernement de négociation&#039;&#039;&#039;. Un important remaniement gouvernemental à lieu. &#039;&#039;&#039;Giap n’en fait plus partie mais est nommé commandant en chef de l’armée nationale&#039;&#039;&#039;. Le ministère de la Défense nationale est attribué à Ta Quang Buu, classé sans parti. L’Intérieur change également avec l’éviction de Ton Duc Than qui est remplacé par un ancien mandarin, Pham Ke Toai. Le socialiste Hoang Minh Giam qui avait joué l’ouverture vers les Français  est quant à lui confirmé aux Affaires étrangères. Le nombre de dirigeants marxistes passe de 6 à 3 mais HCM conserve la barre et certains postes-clés de ce nouveau gouvernement sont toujours occupés par des communistes. Mais ce n’est là qu’une concession de pure forme, car au-delà des ministères qui ne sont que des organes d’exécution des décisions. C’est le Comité central, le Tong Bo, dont Giap est et demeure un rouage essentiel, qui a la mainmise sur la réalité du pouvoir (Gras, 1979, pp. 183-184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, la radio du VM multiplie les appels à Vinh Thuy (Bao Daï, en exil à Hong-Kong) « pour qu’il revienne bientôt s’occuper des affaires de l’État » avec HCM dont il demeure officiellement depuis 1945 le conseiller (Devillers, 2010, p. 461). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant que l’on négocie (ou plutôt fait semblant de négocier…) un très improbable cessez-le-feu, Valluy produit un directive pour ses subordonnés fixant les objectifs politiques de son offensive d’automne au Tonkin. Elle repose sur deux constats et une proposition : les méthodes anciennes de pacification n’ont pas abouti ; ce semi-échec est dû au fait qu’on s’est adressé à des communautés politiques dispersées que l’on a traité séparément, contrairement au VM qui a étendu son appareil sur tout le Vietnam ; il faut donc s’appuyer sur Bao Daï et militairement « frapper à la tête » le gouvernement communiste : « C’est, dit-il, la mission numéro un. » (Chaffard, 1969, p. 131)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 juillet 47 : Salan (commandant des T.F.I.N.) est chargé de conduire l’offensive d’automne au Tonkin (future opération &#039;&#039;Léa&#039;&#039;). Bollaert lui communique en présence de Valluy les instructions du gouvernement : occuper Cao Bang et Lao Kay. Le but de l’opération est de couper la principale route de ravitaillement reliant le Vietminh à la Chine, disloquer le réduit national vm identifié dans la région Bac Kan, Chiem Hoa, Tuyen Quang, Thaï Nguyen et le détruire. Les renseignements ont identifiés la région de Bac Kan (nord de Thaï Nguyen) comme la capitale de l’adversaire et l’endroit où se trouve concentré ses principales forces armées (Gras, 1979, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juillet 47 : Retour de Bollaert à Saigon. Il déclare lors d’une conférence de presse : « Le colonialisme est mort et la France est la première à n’en plus vouloir. » HCM lui répond en prenant acte de ses déclarations. L’opinion au Vietnam est ébranlée par ces déclarations et penche de plus en plus vers une solution « Bao Daï–HCM », avec le premier comme chef de l’État et le second comme premier ministre. Il en est de même en France où l’on pense avec beaucoup d’illusions que la « solution Bao Daï » est la seule qui puisse maintenir une armature française au Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 juillet 47 : Dans une proclamation, le comité aux armées du Nam Bo (sudiste) prescrit une mobilisation entière de la force du peuple. Chaque zone doit former un comité de résistance comme cela existe ailleurs. Cette réorganisation doit toucher les provinces, les régions et villages (Bodinier, 1989, p. 103).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juillet 47 : Valluy expose à Paris son plan pour traiter en octobre le « réduit tonkinois » selon un plan d’action militaire déterminé le 10 février et précisé le 19 juillet. Il a été approuvé par Bollaert en Conseil de défense le 9 juin. Valluy devient donc, avec son plan d’automne, l’étoile montante du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juillet 47 : Valluy fait connaître à Bollaert son total désaccord avec ses choix de compromis pacifiques. Le général part ce jour-même à Paris, officiellement « pour raison de santé », mais va en fait demander aux ministres M.R.P. (Georges Bidault, Pierre-Henri Teitgen, Paul Coste-Floret) de stopper le projet de cessez-le-feu et de valider son projet d’offensive pour octobre (voir 24 juillet). Le gouvernement est, à son habitude, divisé et indécis (voir 6 août). Valluy laisse l’intérim du commandement en chef à l’amiral Battet qui poursuit l’élaboration du projet d’offensive d’automne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place du gouvernement Sisowath Watchhayavong qui demeurera en place jusqu’au 20 février 1948 (Jennar, 1995, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juillet 47 : &#039;&#039;&#039;Création aux États-Unis du Conseil de Sécurité nationale (C.N.S.)&#039;&#039;&#039; (ou &#039;&#039;National Security Council&#039;&#039;, N.S.C.) sous l’administration Truman.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conséquence tardive de l’échec du F.B.I. pour n’avoir anticipé pas le désastre de Pearl Harbour (voir 7 décembre 1941) et au vu de la naissance de la Guerre froide, &#039;&#039;&#039;création en parallèle de la &#039;&#039;Central intelligence Agency&#039;&#039; (C.I.A.)&#039;&#039;&#039; avec la signature par Truman du &#039;&#039;National Security Act&#039;&#039;. L’agence qui fait suite à l’O.S.S. prendra officiellement ses fonctions le 18 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les grandes lignes de la future opération &#039;&#039;Léa&#039;&#039; sont arrêtées&#039;&#039;&#039; : parachuter 2 bataillons (1 000 hommes) sur Bac Kan où se trouverait, selon le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bureau, le gouvernement du VM puis refermer la « nasse » au moyen de 2 autres groupements dont 1 serait fluvial (atteindre Chiem Hoa par le Fleuve Rouge et la Rivière Claire) et l’autre terrestre avec la prise de Cao Bang comme objectif (zone perdue depuis 1945) pour y installer des postes le long de la R.C. 4. La R.C. 3 permettrait de faire la jonction entre les 2 groupements (Cadeau, 2019, p. 216). Le plan est conçu comme une offensive à l’européenne, « en mâchoire », qui semble ignorer les réalités du terrain et, de ce fait, l’étirement des unités que cela implique qui ne pourront que nuire à l’effet de nasse recherché.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue de l’offensive d’automne, Salan, commandant des T.F.I.N., signe l’ordre de bataille de l’opération &#039;&#039;Léa&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Groupement S (lieutenant-colonel Sauvagnac), une demi-brigade de parachutistes larguée dans la zone Bac Kan–Cho Don–Cho Moï qui doit se saisir des organes du VM et créer un effet de surprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Groupement B (colonel Beaufre) doit progresser vers l’est sur l’axe Langson – Cao Bang par la R.C.4 et faire leur jonction avec le groupement S sur la R.C. 3.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Groupement C (colonel Communal) doit progresser vers l’ouest et rejoindre le groupement S vers Ban Thi. Il dispose de moyens fluviaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet d’offensive repose sur un synchronisme précis des mouvements. Or, on manque de renseignements et surtout du soutien de la population. Et l’on néglige les opérations de retardement que la tactique de guérilla voulue par le VM induira (Valette, 2010, pp. 69-70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Directive du commandant des T.F.I.S. (Salan) pour limiter les importantes pertes d’armes qui tombent dans les mains du VM (Boyer de la Tour, 1962, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​27 juillet 47 : Un meeting tenu à Dai Thu (province de Thai Nguyen) instaure la journée des blessés de guerre. Ces derniers sont accueillis dans le Viet Bac pour y être soignés (Giap 1, 2003, p. 110).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin juillet 47 : L’effectif des troupes régulières vietnamiennes (Garde nationale du VM) passe de 85 000 à 120 000 combattants (Giap 1, 2003, p. 110).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Janvier 1947</title>
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		<updated>2026-09-15T06:54:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Janvier 47 : Giap reconnaît de réelles difficultés liées au mouvement de reconquête lancé par les Français. Des villes ont été perdues : Hué, Son La. Il note : « De vastes régions stratégiques, avec leur population, tombèrent sous le joug […] de l’ennemi. » Des unités restent isolées, le moral des combattants s’affaiblit, des désertions apparaissent, y compris parmi les cadres (Giap 1, 2003, p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Norodom Sihanouk vient en compagnie de D’Argenlieu dans les territoires qui avaient été occupés par la Thaïlande pour une cérémonie officielle qui acte le retour de ces terres au royaume cambodgien (Cambacérès, 2013, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la question « A votre avis, que faut-il faire en Indochine ? », 37 % des Français répondent qu’il faut rétablir l’ordre. Seuls 15 % estiment qu’il faut « négocier et traiter avec le Vietminh » (Valette, 1994, p. 7).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport intitulé « Exposé chronologique des événements ayant amené l’éclatement du conflit franco-vietnamien » montre, une fois encore, combien certains Français ont toujours du mal à comprendre qu’ils ont à faire à une guerre de libération nationale et non à la simple poursuite du second conflit mondial en un combat ultime de libération du sol national. Le document compare l’insurrection du VM à Hanoï du 19 décembre 1946 au coup de force japonais du 9 mars 1945 : « Le coup de force est pleinement déclenché à 20 heures. Ce n’est que la réédition, platement imitée, du coup de force japonais du 9 mars 1945 et l’équipe Vietminh hissée au pouvoir le 19 août 1945 par les Japonais n’a fait preuve d’aucune imagination […] Des hordes se ruent à l’assaut des maisons françaises et de nos cantonnements avec des hurlement sauvages selon la méthode japonaise. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pons, 2007, p. 38) Selon Pons, « l’assimilation des deux événements permet ainsi, une fois de plus, de montrer la collusion entre le Vietminh et les Japonais, et donc de justifier l’action militaire française aux yeux de l’opinion internationale. La construction du Vietminh résulte ainsi de la rencontre d’un imaginaire, celui de la Seconde Guerre mondiale, et d’un événement, le 9 mars 1945, qui a complètement occulté aux yeux des Français la réalité de la révolution vietnamienne. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début janvier 47 : Poursuite du voyage d’inspection de Leclerc et de Moutet. Les Français d’Hanoi leur font des rapports véhéments sur les événements de décembre. Leclerc, avec l’approbation de Valluy, condamne  l’attitude de Morlière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Progressivement, les Français reprennent militairement pied. Ils contrent mais ne parviennent cependant pas à écraser un VM, toujours aussi insaisissable quand il est en position de faiblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle dresse un portrait sans complaisance de l’action passée des différents gouvernements dans le dossier indochinois : « La situation en Indochine est grave, en effet. La raison principale est la lâcheté absurde de ce qu’il est convenu d’appeler notre « gouvernement » (Gouin, Bidault, Moutet, Blum). Il est vraiment trop commode de faire porter au compte de D’Argenlieu les erreurs et abandons qui ont agrandi nos adversaires et affaibli nos partisans. Rappeler D’Argenlieu en ce moment serait une nouvelle sottise  et une nouvelle lâcheté […]  Il faut, au contraire, le soutenir et le renforcer. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Férier, 1993, pp. 27-28) Pour le Général, la situation ne pourra évoluer que lorsque les choses seront stabilisées militairement, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 47 : A cette date, les effectifs du C.E.F.E.O. présents en Indochine sont de 63 403 Européens, 31 241 Indochinois et 11 509 supplétifs (voir 18 janvier) (Bodinier, 1989, p. 72). Les forces du VM sont estimées (avec une bonne marge d’incertitude) à 52 000 hommes au Nord et 51 000 au Sud (dont 47 000 soldats réguliers) (Bodinier, 1989, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message radiodiffusé d’HCM au gouvernement français. Après avoir adressé ses vœux « aux Français épris de justice et de liberté qui comprennent et défendent nos aspirations », il émet publiquement le souhait de rencontrer Moutet à Hanoi (voir 23 décembre 1946) (D’Argenlieu, 1985, p. 375 ; cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 318). D’Argenlieu transmettra ce message à Moutet en le commentant négativement et en lui suggérant : « […] je me permets d’insister pour que, si vous maintenez, comme je le présume, votre voyage, aujourd’hui décidé, à Hanoi, le silence soit la seule réponse à cet appel […] » D’Argenlieu va même plus loin en diffusant une dépêche A.F.P. allant dans le même sens (Devillers, 1988, p. 319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu transmet à Blum, Le Troquer (Défense) et Moutet (F.O.M.) un rapport suite à son « voyage d’inspection dans la région d’Hanoi-Haïphong » portant sur les événements qui ont suivi l’insurrection du 19 décembre. Il met à son tour en cause le rôle du général Morlière qui a manqué de réactivité (voir 9 décembre) et envisage ultérieurement des sanctions à son égard. Il appelle, « malgré la fatigue qui commence à se faire sentir après dix jours de combats très durs un excellent moral », à la retenue des troupes françaises pour ne pas heurter, par un comportement excessif, « les autochtones ». Il note : « L’impression laissée par Haïphong est, très satisfaisante. Un gros effort a été accompli en peu de temps pour réparer les ruines et revenir à une vie normale. » (Bodinier, 1987, pp. 378-381). D’Argenlieu transmet ensuite à Bidault, Moutet et Juin le compte rendu de ses investigations &#039;&#039;de visu&#039;&#039; accomplies depuis son retour : « Le voyage d’inspection de la région d’Hanoi-Haïphong que je viens d’accomplir m’a permis de me convaincre avec plus de certitude encore que l’agression vietnamienne a été non seulement ordonnée mais encore systématiquement et longuement préparée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 311) Des rapports d’écoute portant sur les messages du VM interceptés vont être régulièrement produits pour étayer à n’en plus finir la thèse française de l’agression vietnamienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de D’Argenlieu adressé à Bidault et Juin intitulé « Situation politique et militaire en Indochine » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1989, pp. 177-179). Il revient, comme dans son rapport, sur l’affaire d’Hanoi et épingle à nouveau sévèrement le rôle de Morlière. Des sanctions sont prévues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 janvier 47 : Revenant du Cambodge et du Laos, &#039;&#039;&#039;Moutet est de retour à Hanoi&#039;&#039;&#039; (Chaffard, 1969, p. 87), accompagné entre autres de Messmer (secrétaire général du comité interministériel d’Indochine en sursis, voir 9 janvier). Le ministre n’a pas désiré que D’Argenlieu les accompagne. Ils rencontrent Sainteny « encore couvert de pansements ». Ce dernier les rassure sur la reprise en main de la situation dans la ville. Messmer observe quant à lui « un changement complet de l’état d’esprit des militaires de tous grades et de toutes fonctions. Ils pensent maintenant que l’épreuve de force avec le Vietminh est engagée et qu’il faut la mener jusqu’à l’écrasement de l’adversaire. » (Messmer, 1992, p. 179, avec erreur de chronologie sur la date de venue de Moutet). Moutet découvre &#039;&#039;de visu&#039;&#039;, dans une ville où l’on se bat toujours, un spectacle de désolation qui va désormais influencer sa position ferme à l’égard du VM qu’il exprime au moment de quitter la ville : « […] Avant toute négociation, il est aujourd’hui nécessaire d’avoir une décision militaire [...] Rester plus longtemps ne m’aurait rien appris. La préméditation est trop évidente […] » D’Argenlieu est donc arrivé à ses fins pour mettre un terme aux tergiversations du ministre. Non sans avoir recours à ses habituelles manipulations et rétentions d’informations : un paquet contenant des documents (long mémorandum muni d’annexes) et une lettre d’HCM ont été retenus par ses services pour étayer sa thèse (Devillers, 1988, pp. 320-321).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour mieux aller dans le sens  du ministre de la F.O.M., D’Argenlieu donne une interview à &#039;&#039;France Soir&#039;&#039; : « Il est désormais impossible que nous traitions avec Ho Chi Minh. Nous trouverons dans ce pays d’autres personnalités avec qui nous pourrons traiter, qui seront sans doute nationalistes aussi, mais ceux-là [le VM] se sont disqualifiés. » Ses membres « sont tombés au-dessous de la honte. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, p. 211 ; Devillers, 1988, p. 320) Cette déclaration publique est peu appréciée du gouvernement Blum qui estime être le seul à décider avec qui la France est en droit de traiter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu envoie un télégramme à Valluy : « Les considérations actuelles d’effectifs et de moyens et les but prochains à poursuivre au Tonkin, à savoir la destruction du gros des forces régulières du Viêt-minh, nous interdisent toute dispersion des efforts – stop - à cet égard, les dispositions politiques et économiques qui militeraient en faveur du maintien d’une garnison à Nam Dinh sont à mes yeux secondaires – stop – […] en conséquence vous évacuerez Nam Dinh dans les plus courts délais en procédant au préalable si vous le jugez nécessaire à un renforcement temporaire de la garnison – stop. » (Cadeau, 2019, p. 203) Le maintien ou non d’une garnison à Nam Dinh, ville de la zone des Évêchés assiégée par le VM, va être un nouveau sujet de discorde entre Morlière (commandant des T.F.I.N.), Valluy et D’Argenlieu (voir 5 – 7 janvier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 4 janvier 47 : Leclerc fait de nombreux déplacements en avion : Langson, Haïphong (où il rend visite à son fils blessé le 19 décembre), Tourane. À Langson, il procède à « l’analyse de la situation militaire et du moral des cadres et de la troupe ». Deux de ses officiers rencontrent les « civils et services administratifs » pour faire « le point des relations entre le gouvernement vietnamien et le Commissariat de la République en décembre » (journal de son aide de camp cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 300). Suite à cette visite d’inspection, Leclerc en est venu au constat suivant : « J’ai la preuve absolue de la préméditation vietnamienne dans l’attaque qui a été préparée de longue main […] ma position maintenant est nette : l’attaque du 19 décembre, sa nature, sa préméditation et ses développements nous contraignent à une action militaire. Lorsque l’armée aura rétabli l’ordre, il sera possible d’examiner à nouveau les problèmes politiques. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 302) Il reprend ici les récents propos de Moutet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 janvier 47 : Lors de son séjour à Hanoi, Moutet écrit à HCM en faisant d’importantes propositions. D’Argenlieu, habile spécialiste de la rétention d’informations lorsqu’elles ne vont pas en son sens, s’arrange pour retarder la transmission de ce courrier. Il prétextera l’avoir confiée au consul chinois à Hanoi qui ne l’aurait remise à un officier de liaison que le 11 (Turpin, 2005, p. 316).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc repart de Hanoi en vue de rencontrer Moutet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;D’Argenlieu&#039;&#039;&#039;, toujours soucieux de ne pas traiter avec le VM, &#039;&#039;&#039;avance&#039;&#039;&#039;, dans une lettre adressée à Bidault, &#039;&#039;&#039;les prémices de ce qu’on appellera la « solution Bao Daï »&#039;&#039;&#039; : « Si nous examinons à fond le problème, nous sommes conduits à nous demander si la forme politique capable de jouir sans discussion possible de la force privilégiée qu’est la légitimité n’est pas l’institution monarchique traditionnelle, celle d’avant la capitulation japonaise. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 155). Une solution dont le socialiste Ramadier n’est absolument pas partisan (voir 5 février).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 janvier 47 : Moutet et Leclerc se retrouvent (enfin…) à Nha Trang où le ministre évoque avec lui plus les problèmes de politique intérieure français (les difficultés rencontrées avec les communistes) que la situation au Vietnam. En écho au message d’HCM du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, le ministre de la France d’Outre-mer lui adresse une fin de non-recevoir en déclarant à nouveau aux journalistes au sujet des événements du 19 décembre 1946 : « […] la préméditation est trop évidemment démontrée. » Dans la même déclaration, il précise : « La France ne peut faire autre chose pour le moment que protéger ses nationaux et ses amis, rétablir avant tout l’ordre. Après, lorsque son armée aura obtenu ce résultat, il sera possible d’examiner à nouveau les problèmes d’ordre politique. » A la question d’un journaliste de l’A.F.P. sur d’éventuelles négociations, il répond : « Avant toute négociation, il est nécessaire aujourd’hui d’avoir une décision militaire. » Il déclare cependant à un représentant du journal &#039;&#039;Paris-Saigon&#039;&#039; : « Le gouvernement français ne s’est jamais refusé à aucune ouverture ni à aucun examen. » (D’Argenlieu, 1985, p. 376 ; Messmer, 1992, p. 179). Là où Leclerc donne priorité au politique pour régler la situation militaire (voir 25 décembre 1946, 5 janvier), le ministre de la France d’Outre-mer, suivant en cela  la pensée de Blum (voir  29 décembre 1946), pense et déclare exactement l’inverse…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon (commissaire aux affaires politiques de D’Argenlieu) propose dans une longue note d’orientation n° 9 d’organiser un « contre-feu » nationaliste pour contrer le VM. C’est l’amorce de la future « solution Bao Daï » : s’appuyer sur la société traditionnelle pour contrer l’idéologie communiste. Il ajoute : « Notre attitude à l’égard des Annamites doit être très large et très compréhensive […] Pour l’instant l’essentiel consiste à surveiller nos actes et nos paroles, à affirmer la continuité de notre politique et prouver notre bienveillance à l’égard des Vietnamiens en toute occasion [...] » (note citée partiellement &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 331-334 et Devillers, 2010, pp. 176-177). D’Argenlieu donnera suite à cette proposition dans une note adressée au gouvernement (voir 14 janvier) (Gras, 1979, pp. 169-170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu va dans le même sens. Le compte rendu du conseil fédéral du jour mentionne une intervention de l’amiral en faveur de ce qu’on nommera par la suite la « solution Bao Daï » : « Le Haut-Commissaire conclut en disant  qu’une formule monarchique quoiqu’elle n’aille pas dans le sens du monde, serait des plus heureuses. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 313)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; du 4, HCM lance un appel à Leclerc : « Une paix équitable peut encore être obtenue. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 148). Mais le général ne l’entend désormais plus de cette oreille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 janvier 47 : Leclerc repart de Nha Trang sur Saigon. Selon un télégramme adressé au gouvernement, il constate une amélioration de la situation militaire mais demeure plus que dubitatif quant à une solution politique : « Difficulté du problème sera remporter succès marqué et de durer pour trouver solution politique. En effet Vietminh s’efforce réaliser par terrorisme union nationale tous Annamites contre nous. Parade politique à cette manœuvre peut être longue. » Il envisage déjà de futures sanctions à l’égard de Morlière : « Corps expéditionnaire donne satisfaction, sauf quelques responsabilités individuelles de commandement, en particulier à Hanoi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 382). Il estime sa mission d’information accomplie et pense quitter Saigon le 9.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une délégation américaine, britannique et chinoise composée de consuls tente de s’occuper du sort des otages civils français enlevés le 19 décembre 1946 à Hanoi. Hoang Minh Giam (Affaires étrangères) et Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) la reçoivent à Hadong. La mission se solde par une simple remise de lettres de quelques otages. Aucune missive officielle n’est remise, à l’exception d’un mémorandum daté du 31 décembre sur les provocations et manquements français. Les courriers d’HCM à Moutet (en date du 3) et de Hoang Minh Giam à Fonde ne leur parviendront que le 11. Ils n’aboutiront ni l’un ni l’autre à rien (Fonde, 1971, pp. 334-335).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 – 6 janvier 47 : Les renforts promis par Paris se concrétisent : 5 Dakota larguent à minuit une vague de parachutistes du colonel La Bollardière sur Nam Dinh toujours assiégée. Le largage est aléatoire et le VM étant là pour « accueillir » les parachutistes. Le deuxième largage est encore plus catastrophique si bien qu’on renonce à une troisième vague. L’opération &#039;&#039;Dédale&#039;&#039; est poursuivie au matin par un débarquement venu du Fleuve Rouge. L’opération est là encore très périlleuse : les embarcations sont prises sous le feu de l’artillerie vietminh. Elles doivent rebrousser chemin vers Haïphong (Fonde, 1971, pp. 332-333).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 - 7 janvier 47 : Durs combats autour de Nam Dinh (sud-est d’Hanoi, zone des Évêchés) contre des troupes parachutistes françaises d’élite que le VM affronte pour la première fois après leur largage le 4 au matin (opération &#039;&#039;Dédale&#039;&#039;). Les Français sont mis en difficultés et la jonction avec les assiégés est difficile. Le VM tirera des leçons de ce combat inédit et envisage de fixer à l’avenir des pals de bambous sur les zones potentielles d’atterrissage des parachutistes (Giap 1, 2003, p. 63). Le maintien de Nam Dinh sous autorité française ne fait pas l’unanimité au sein du commandement (voir 2 janvier). Un vif débat se déroule entre D’Argenlieu et Morlière à ce sujet. Celui-ci souhaite un maintien de la garnison, là où le haut-commissaire pense le contraire. Appuyé par le gouvernement, Morlière obtiendra gain de cause. En attendant, la garnison de Nam Dinh est renforcée. Les blessés et les civils sont évacués non sans difficultés par voie fluviale le 6. La ville demeurera assiégée durant 2 mois (Cadeau, 2019, pp. 202-204).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 janvier 47 : Nouvelles déclarations de Moutet devant la presse unioniste saïgonnaise. Elles reprennent la thèse de la préméditation et rejette les ouvertures d’HCM. Seul bémol, Moutet déclare ne pas croire « qu’Ho Chi Minh ait eu une part déterminante dans les événements et qu’il a peut-être été débordé. » (Devillers, 1988, p. 322)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 janvier 47 : La liaison est rétablie entre Haïphong et Hanoi (R.C. 5). Il ne reste plus qu’à établir la liaison avec le bataillon Langlais parti de Hanoi. Il faudra attendre le 11 pour que la R.C. 5 soit totalement dégagée (Cadeau, 2019, p. 201).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Département d&#039;État américain refuse de transmettre au Secrétaire général de l&#039;O.N.U. un mémorandum du mouvement Issarak réclamant l&#039;indépendance des trois pays d&#039;Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet reçoit le général Morlière qui a su que Leclerc demandait des sanctions à son égard mais que sa fonction actuelle (envoyé du gouvernement) ne lui permet pas d’appliquer. Pour sa défense, Morlière affirme (à juste titre) avoir respecté les directives gouvernementales mais qu’il a dû se plier aux « ordres impérieux » de Valluy secondé par Dèbes. Moutet lui demande de lui faire parvenir à Paris un rapport détaillé (Devillers, 1988, p. 323).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Nyo prend le commandement des T.F.I.S. et ce, jusqu’au 6 juillet (Bodinier, 1989, p. 26).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM déclare : « Nous voulons comme toujours collaborer avec la France dans la paix et la confiance […] Nous attendons du gouvernement et du peuple français un geste de paix. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 146-147)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu écrit à Bidault (ministre des Affaires étrangères) : « Sans modifier l’essentiel de notre politique, il faut changer le point d’application. Il nous faut traiter avec d’autres. Ils ne manqueront pas dès que le gouvernement de Paris aura nettement décidé de conduire ainsi sa politique et que Ho et son équipe cesseront de rester une menace pour le lendemain. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 154) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les communistes français ont saisi la manœuvre qui est en train de s’esquisser, à savoir la recherche de nouveaux partenaires plus dociles aux Français que le gouvernement d’HCM. Pierre Courtade écrit dans &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; : « Il devient de plus en plus clair que le plan de certains milieux français, dans l’affaire du Vietnam, est de susciter la formation d’un « gouvernement » vietnamien orienté « plus à droite ». Le président Ho Chi Minh éliminé, on reprendrait les négociations avec une nouvelle « équipe » plus docile. Les opérations militaires actuelles sont conçues comme un moyen d’entraîner la décomposition politique du Vietminh […] et de préparer la venue au pouvoir d’éléments choisis par le haut-commissariat. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 161). Et &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; de dénoncer la manœuvre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 janvier 47 : Décrié par le gouvernement Blum pour ses tergiversations et son inefficacité, un décret transforme le « Comité Indochine » en une « Commission Indochine » rattachée directement au ministère de la F.O.M. (Bodinier, 1989, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Moutet quitte l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Son séjour indochinois a sans doute été écourté par des préoccupations électoralistes. Battu aux élections de novembre 1946 à la députation, il espère conquérir l’électorat français de Pondichéry en Inde. L’idée initiale de prise de contact avec HCM s’avère être au final un échec (Devillers, 1988, p. 323).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Renversement d’alliance progressif au sein des sectes (à l’exception des Binh Xuyen) qui, jusque-là, combattaient aux côtés du VM. Le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau français, sous le commandement du général Boyer De Latour (selon Bodard, 1997, p. 82-86), est à l’origine de ces retournements. Signature d’un traité d’accord par le dirigeant caodaïste Pham Cong Tac avec le lieutenant- colonel Fray, représentant du général Nyo, commandant les forces françaises en Cochinchine et Sud-Annam (accord reproduit &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1989, pp. 459-462). L’État français commence alors à armer et entretenir des troupes caodaïstes en les rétribuant. Composées de  1 970 soldats répartis en douze brigades volantes et loties en seize postes, les Forces armées caodaïstes (F.A.C.D.) rejettent le Vietminh hors de leur fief, la province de Tay Ninh, et arracheront 340 armes des mains de l’ennemi en deux ans (Louaas, 2015, pp. 83-84).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu rencontre le nouveau président du Gouvernement provisoire de la République de Cochinchine, Le Van Hoach. Ce dernier demande plus de pouvoirs réglementaires. Il sera entendu (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; février) (Turpin, 2005, p. 314). C’est un proche des Caodaïstes nouvellement « retournés » qui bénéficie de leur soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premier rapport de Leclerc rédigé sur place suite à son inspection au Vietnam (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Pedoncini, 1992, pp. 379-382, annexe 6 et Auriol 1, 2003, pp. 496-498, annexe 1). Il s’agit d’une sorte d’aide-mémoire qui lui servira dans ses entretiens à son retour en métropole. Le second rapport, accompagné d’annexes militaires, sera remis au président du Conseil le 13 (Turpin, 2005, p. 320, note 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 janvier 47 : &#039;&#039;&#039;Leclerc quitte définitivement Saigon pour Paris&#039;&#039;&#039; où il arrivera le 12. Dans la voiture qui l’emmène à Tan Son Nhut, il confie à son aide de camp : « Il y a trop de gens ici qui imaginent  que c’est en remplissant un fossé de cadavres qu’on va rétablir un pont entre le Vietnam et la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 324) Au commandant Fonde, il a réitéré avec son habituelle sécheresse, peu avant son embarquement,  ses propos de juillet : « Vous n’avez plus rien à faire ici […] où vous n’avez pas que des amis. Il vous faut rentrer. Le plus tôt possible… hein… » (Fonde, 1971, p. 331). Il transmet son rapport au gouvernement : « Devant une telle situation, la solution complexe, et probablement longue à venir, ne pourra être que politique : en 1947 la France ne jugulera plus par les armes un groupement de 24 millions d’habitants qui prend corps, et dans lequel existe une idée xénophobe et peut-être nationale. Néanmoins, plus l’effort militaire accompagnant notre politique sera puissant, plus cette solution sera possible et rapide. Tout le problème est là. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, pp. 210-211)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un décret paru au J.O. préconise la &#039;&#039;&#039;dissolution du Comité interministériel de l’Indochine&#039;&#039;&#039; (voir 21 janvier) (D’Argenlieu, 1985, p. 388). C’est un vœu de longue date de Moutet qui n’avait pu l’obtenir de Bidault et qu’il obtient de Blum. Le ministre de la F.O.M. justifiera cette suppression dans un télégramme (voir 21 janvier) (Turpin, 2005, pp. 317-318).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une note d’orientation, Léon Pignon, conseiller politique de D’Argenlieu et initiateur de la « solution Bao Daï » (voir 30 décembre 1946), écrit : « Un point paraît certain : l’impossibilité de reprendre la négociation avec le gouvernement Ho Chi Minh. Nous savons maintenant que ce gouvernement n’a jamais servi qu’un objectif : assurer l’indépendance du Vietnam en empêchant par tous les moyens toute réinstallation de la France, tant que cette indépendance n’aurait pas été définitivement et complètement reconnue. Notre objectif est clairement déterminé : transporter sur le plan intérieur annamite la querelle que nous avons avec le parti Vietminh et nous engager nous-mêmes, le moins possible, dans des campagnes et des représailles qui doivent être le fait des adversaires autochtones de ce parti. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 2010, p. 465)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à son entrevue avec Morlière (voir 7 janvier) accompagnée d’une demande de ce dernier, Moutet reçoit un premier rapport écrit du général Nyo, commandant des T.I.F.N. Morlière est mis en cause par Leclerc, D’Argenlieu et Valluy qui ont tous demandé son départ. Or, le rapport de Nyo établit les lourdes responsivités de Valluy et Dèbes dans les événements d’Haïphong et Hanoi (Devillers, 1988, p. 326). Mais il n’aura que peu d’impact auprès du ministre de la F.O.M.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 janvier 47 : La R.C. 5 est totalement dégagée entre Hanoi et Haïphong (Cadeau, 2019, p. 202).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet est désormais convaincu que le coup de force du 19 décembre 1946 est un acte offensif du VM, même si HCM poursuit sa campagne de communication à l’égard des Français, à son égard ou envers certains médias (De Folin, 1993, p. 189). Dans &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; des 6 et 7 janvier, Moutet avait répété ce qu’il avait dit ailleurs : « Avant toute négociation, il est aujourd’hui nécessaire d’avoir une décision militaire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 89)    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 janvier 47 : &#039;&#039;&#039;Leclerc et Moutet arrivent à Paris&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 323). Le soir, Leclerc est reçu par Léon Blum. Le général estime qu’il faut changer de haut-commissaire et propose un civil, son ami le député Pleven (Turpin, 2005, pp. 321-322).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de cette entrevue, il est sollicité par le président du Conseil pour reprendre le poste de haut-commissaire et de commandant en chef. Mais il sait que lui et Blum n’analysent pas la situation de la même manière quant à la primauté du politique sur le militaire. Après avoir consulté Juin et De Gaulle qui lui ont déconseillé d’accepter, il décline l’offre, pensant qu’il faut un civil à ce poste (Gras, 1979, p. 167-168). Ramadier (futur président du Conseil, voir 22 janvier) ou d’autres lui feront la même proposition les 27 janvier, 7 et 10 février. Après avoir hésité, en tentant de négocier l’obtention d’un corps expéditionnaire atteignant les 115 000 hommes, sa réponse demeurera toutefois négative car il sait aussi que ces moyens militaires ne lui seront pas octroyés (Gras, 1979, pp. 168-169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son rapport écrit sur la situation en Indochine achevé le 8 janvier et adressé à Blum, Le Troquer (Défense) et Juin, Leclerc constate qu’« il ne s’agit plus de s’opposer par la force à des masses qui désirent évolution et nouveauté […] La solution complexe et probablement longue à venir  ne pourra être que politique : en 1947, la France ne jugulera plus par les armes un groupement de 24 millions d’habitants qui prend corps et dans lequel existe l’idée xénophobe et peut-être nationale […] L’anticommunisme sera un levier sans appui aussi longtemps que le problème national n’aura pas été résolu. » Reprenant sa proposition de mars 1946, il préconise l’envoi d’une division supplémentaire qui porterait les effectifs français à 115 000 hommes (dont 25 000 Indochinois) afin de pouvoir négocier en force. Au Tonkin, il recommande « une forte action au cours de l’hiver 1947-48 ». Mais le problème politique demeure entier. Dans le même document, il estime qu’une solution pourrait « consister à opposer au nationalisme vietminh un ou plusieurs autres nationalismes » ajoutant « où et quand se fera l’accord ? La difficulté du problème saute aux yeux. » (rapport cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 382-391)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 janvier 47 : Leclerc fait parvenir à Blum le rapport finalisé de sa récente visite au Vietnam comportant des annexes militaires. Il établit un constat sans complaisance de la situation politico-militaire. Dans cette version, il ne change rien aux observations qu’il a pu faire avant son départ en juillet. Toute solution purement militaire est vouée à l’échec : « En 1947, la France ne jugulera pas par les armes un groupement de 24 millions d’habitants qui prend corps, et dans lequel il existe une idée xénophobe et peut-être nationale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 320) Toute solution politique suppose un rétablissement militaire et donc les moyens en hommes et matériel pour y parvenir. La situation au Sud lui paraît catastrophique : « En Cochinchine, au mois d’avril 1946, 82 % des villages étaient ralliés à la France ; cette proportion est tombée à 10 %. » (Ibid.) La politique de D’Argenlieu est sévèrement épinglée : « Une première phase politique commencée il y a dix mois, se termine par un échec. Il faut à présent durer assez militairement, pour permettre le développement d’une deuxième phase constructive et susceptible de mener au terme de l’entreprise politico-militaire. La durée de cette deuxième phase dépendra de nos réussites ou de nos erreurs et fautes dans ce domaine comme de celles du gouvernement vietminh. Il n’est donc pas possible d’établir un pronostic dans le temps. Mieux vaut estimer que la période qui commence sera longue. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 321) Le VM a su canaliser les forces nationalistes, il convient dès lors d’opposer « un ou plusieurs autres nationalismes ». Des concessions sont indispensables et « il faut se prémunir contre la solution de paresse et de sclérose intellectuelle qui conduit à mettre en place un système d’administration périmé, et à méconnaître l’évolution des autochtones. » (Ibid.) Un renouvellement de personnel s’impose donc. Leclerc n’exclut pas une reprise des contacts avec HCM s’il vient à composition. Blum est prêt à entendre ce genre de propositions mais sait aussi qu’il va partir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un convoi routier parvient à assurer pour la première fois une liaison Hanoi-Haïphong depuis le 19 décembre 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc envoie le lieutenant-colonel Mirambeau consulter De Gaulle. Celui-ci lui confie une lettre de réponse : « Rappeler D’Argenlieu en ce moment serait une nouvelle sottise et une nouvelle lâcheté. Quel que soit son remplaçant, et même si c’est Leclerc, le monde entier  conclura que nous nous désavouons nous-mêmes [...] il faut, au contraire, le soutenir et le renforcer. Plus tard, quand les renforts seront arrivés et mis en place, quand il s’agira sur la base de cette situation nouvelle et bien établie de faire une nouvelle politique, alors le problème se posera tout autrement, spécialement pour le général Leclerc. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 306 ; Turpin, 2005, p. 322)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 janvier 47 : D’Argenlieu envoie à Blum (sur le départ) un long mémorandum intitulé « Tournant politique en Indochine » (voir 21 janvier). Il y exprime son refus de traiter avec HCM (« traiter avec ce gouvernement serait une capitulation reconnue comme telle par tous les Indochinois »). Il préconise « d’abattre la force armée du parti vietminh et, si possible, de la détruire ». Il est conscient que « le plus important et le plus difficile consistera à proposer et promouvoir une solution politique » et précise « qu’il n’est pas possible, en 1947, de rétablir le régime colonial de 1939 ». Il demeure attaché à l’Union française qui est « un principe intangible » et initie ce qu’on va appeler par la suite la « solution Bao Daï », chère à son conseiller politique, Léon Pignon (voir 30 décembre 1946, 4 janvier et 22 juillet 1947). Le vice-amiral préconise à son tour « l’institution d’une monarchie constitutionnelle » capable de promouvoir « l’instauration d’une démocratie véritable ». Il précise, « la solution à la réunion des trois Ky est laissée à la décision des populations intéressées, qu’il est du devoir de la France de veiller à ce qu’elles puissent s’exprimer librement ». (D’Argenlieu, 1985, pp. 381-385 ; Devillers, 1988, pp. 334-337 ; Devillers, 2010, p. 178 ; Bao Daï, 1980, p. 173) L’amiral mesure-t-il combien le climat a changé et combien l’absence durable de « solution politique » a rendu la situation française à ce jour précaire, au vu de ce qui se passe au Tonkin et ailleurs ? Rien n’est moins sûr. D’Argenlieu envoie (sans en avertir le gouvernement) un émissaire à Hong Kong pour rencontrer Bao Daï qui, d’entrée, se récusera. Blum qui vit les dernières heures du Gouvernement provisoire de la République s’engage à transmettre le document que lui a remis l’amiral à son successeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir consulté De Gaulle la veille, Leclerc écrit à Blum pour lui signifier son refus définitif : « Je ne suis nullement l’homme qualifié pour prendre les fonctions de haut-commissaire […] Rappeler D’Argenlieu ce serait reconnaître nos erreurs aux yeux de l’adversaire et de l’étranger. Si, un jour, vous changez de haut-commissaire, celui-ci devra être un homme très solidement appuyé par les partis politiques français, ce qui n’est pas mon cas. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 306)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu rend compte à De Gaulle dans une lettre. Il se félicite que Moutet et HCM n’aient pris aucun contact et que le gouvernement français ait rompu avec celui du Vietnam. Il a espoir d’un rétablissement de la situation car les forces françaises « devront pourchasser le gouvernement et l’éliminer. » La situation actuelle « ouvre une opportunité d’action exceptionnelle pour continuer et achever dignement sa mission en notre Indochine. » L’amiral avertit De Gaulle que si le gouvernement reprend contact avec HCM, il quittera ses fonctions (Devillers, 1988, p. 324 ; citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 386-387). D’Argenlieu annonce, non sans une bonne dose d’illusion plus ou moins feinte, la « solution Bao Daï » en gestation, faute de mieux (voir 4 janvier) : « Nous sommes amenés à juger que la restauration monarchique est peut-être la solution la meilleure. La monarchie a pour elle la force de la légitimité. Elle ne sera pas suspectée d’être une création artificielle des Français colonialistes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 313)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer, secrétaire du Cominindo en voie de dissolution et jusqu’alors assez modéré, reprend à son tour dans une note adressée à Moutet ce qui est désormais devenu le &#039;&#039;credo&#039;&#039; français de « l’agression vietnamienne » du 19 décembre 1946 : «  La vérité est que pour les Vietnamiens un accord ne signifie rien et n’est appliqué que dans la mesure où il leur est favorable. Bien plus, il se développe chez eux un esprit d’hostilité et de haine à notre égard ; le but avoué de leur Gouvernement  est de nous éliminer complètement. Les récentes affaires de Haïphong, de Langson et surtout de Hanoi ont été évidement préméditées. Le Vietminh a voulu la guerre dans l’esprit d’obtenir sur nous une victoire militaire. Si quelques éléments restaient partisans de la temporisation, ils n’ont pas moins cédé aux extrémistes qu’ils avaient accepté auprès d’eux (Tu Ve, Armée vietnamienne). Nous ferons donc la guerre qui nous a été imposée. Nous éliminerons les éléments systématiquement anti-français qui ont provoqué cette guerre. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 311) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 - 17 janvier 47 : Au moyen d’un blocus, les Français parviennent enfin à reprendre le quartier sino-vietnamien du nord d’Hanoi où se sont concentrés les &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 janvier 47 : Rédaction d’une « note circulaire » de D’Argenlieu qui reprend en partie son développement de la veille mais entend surtout préciser « la terminologie qui a joué un très grand rôle dans la crise politique indochinoise ». Pour l’auteur de cette note, « le gouvernement d’Hanoi » n’a aucune légitimité démocratique et donc « […] nous constaterons qu’il n’existe plus de Gouvernement de la République du Vietnam, mais seulement un organisme terroriste auquel nous rendons son vrai nom [...] » Il ajoute : « la résurrection du vieux terme « Vietnam » a constitué une trouvaille géniale. Ce terme […] a symbolisé immédiatement toutes les aspirations du Vietminh à la souveraineté sur l’ensemble des pays annamites […] » Or, « […] Le terme Vietnam doit être proscrit dans tous les documents officiels et, si possible, dans la presse et les conversations […] » Il faut donc employer « […] les termes anciens, légitimes et non équivoques de Tonkin, Annam et Cochinchine […] » (Devillers, 1988, pp. 334-337) En un mot, ceux que les colons français leur avait donné au moment de la conquête de la péninsule…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 janvier 47 : &#039;&#039;&#039;Élection du socialiste Vincent Auriol au poste de président de la République&#039;&#039;&#039; par 482 voix sur 883 (dont celles des socialistes et des communistes). Blum lui remet la démission de son gouvernement. Auriol, lui-même ancien membre de la S.F.I.O., appelle le socialiste Ramadier à former une nouvelle équipe gouvernementale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours d’un conseil des ministres, Moutet demande le remplacement de D’Argenlieu « par un homme politique ou un très grand fonctionnaire. » (Turpin, 2005, p. 319, note 66)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 janvier 47 : Vincent Auriol charge le socialiste Paul Ramadier de constituer son nouveau gouvernement (Devillers, 1988, p. 343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Audition de Moutet (ministre de la F.O.M.) devant la commission de la Défense nationale. HCM est toujours l’homme de la négociation espérée et d’« une politique d’accord » mais il est « débordé par des éléments s’appuyant sur la force militaire [Giap] mises sur pied en violation de ces accords [ceux du 3 avril 1946 conclus par Salan] ». (Bodinier, 1989, pp. 183-186)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 janvier 47 : Lettre d’HCM à Vincent Auriol. D’Argenlieu s’arrangera, une nouvelle fois, pour que ce courrier soit transmis le plus tard possible au président de la République (Turpin, 2005, p. 316).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Valluy demande à Juin à ce que l’effectif des troupes en Indochine soit porté à 115 000 hommes afin de pouvoir accomplir à bien « la mission dont [il] est chargé. » Cette demande de renforts ne sera pas honorée dans l’immédiat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril) (Bodinier, 1989, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Publication de la « note circulaire » de D’Argenlieu : c’est une note de recadrage qui entend éclaircir les terminologies pour désigner l’ennemi et ses aspirations territoriales. Le haut-commissaire estime « qu’il n’existe plus de gouvernement de la république démocratique du Vietnam mais seulement un organisme terroriste auquel nous rendons son vrai nom, celui de    « Parti Vietminh ». » Revenant sur l’astuce qu’avait employée HCM au moment de la négociation des accords du 6 mars 1946 (voir 16 février 1946), il écrit : « La résurrection du vieux terme « Vietnam » a constitué une trouvaille géniale. Ce terme, en effet, a symbolisé immédiatement toutes les aspirations du Vietminh à la souveraineté sur l’ensemble des partis annamites et a fini même par concrétiser ses droits vers l’opinion française et étrangère insuffisamment informée. Le gouvernement de Hanoi a joué très habilement et avec un succès indéniable de l’équivoque qu’il avait créée. » Désormais, « le moment est venu de dissiper l’équivoque. Le terme « Vietnam » doit être prescrit dans tous les documents officiels. » Le haut-commissaire entend restaurer le vieux découpage colonialiste : « En conséquence, ce sont les termes anciens légitimes et non équivoques de Tonkin, d’Annam et de Cochinchine qu’il conviendra d’employer à nouveau. » (Bodinier, 1989, pp. 223-224)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 janvier 47 : Dans son discours d’investiture à l’assemblée nationale, le socialiste Ramadier déclare : « Cette guerre, on nous l’a imposée, nous ne l’avons pas voulue, nous ne la voulons pas. Nous avons tout fait, concédé tout ce qui était raisonnable. Nous savons qu’elle ne résoudra rien. Nous y mettrons fin dès que l’ordre et la sécurité seront assurés. Sans doute, un prochain jour, la France trouvera en face d’elle des représentants du peuple annamite avec lesquels elle pourra parler le langage de la raison. Elle ne craindra pas alors de voir se réaliser, si tel est l’avis de la population, l’union des trois pays annamites, pas plus qu’elle ne refusera d’admettre l’indépendance du Vietnam dans le cadre de l’Union française et de la Fédération indochinoise. » (Devillers, 1988, p. 344). Le nouveau président du Conseil est investi à l’unanimité des 549 votants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse à Ramadier (après l’avoir fait à Blum, voir 14 et 23 janvier) son mémorandum intitulé « Tournant politique en Indochine » (D’Argenlieu, 1985, p. 381, note 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Moutet critique et met à nouveau en cause l’existence du Comité interministériel de l’Indochine en voie de dissolution&#039;&#039;&#039; (voir 9 janvier) &#039;&#039;&#039;dans un message&#039;&#039;&#039;. Premier reproche : « L’expérience a prouvé que ce système qui tendait à faire participer à la discussion et à la décision le président du Conseil et tous les ministres intéressés a en fait abouti à une dispersion des responsabilités nuisible à une saine gestion administrative. » Second reproche : « un problème simplement technique » devient rapidement dans cette institution « un véritable problème politique ». D’Argenlieu qui est l’un des destinataires de ce message voit dans cette critique  du Cominindo une dérive « dogmatique » du ministère de la France d’Outre-Mer. Il s’insurge contre le fait que le ministre puisse écrire et se plaindre d’avoir été, selon ses propres mots, « dépossédé de ses attributions normales et des moyens d’action dont il doit disposer. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 387-388). L’amiral annotera donc le message du ministre de la F.O.M. de la manière suivante : « Je m’inscris absolument en faux  contre cette assertion. Elle est directement et rigoureusement dogmatique. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 317-318, note 61) Il reviendra sur le sujet par la suite (voir 4 février).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 janvier 47 : &#039;&#039;&#039;Paul Ramadier (S.F.I.O.) devient président du Conseil&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 22 octobre 1947, reconduit). Il forme son gouvernement. Vice-président : Maurice Thorez (communiste, jusqu’au 4 mai pour cause de rupture) puis Pierre-Henri Teitgen (M.R.P).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement Ramadier 1 : Défense nationale : François Billoux (P.C.F.) mais ses fonctions sont vidées de toute substance par l’existence de trois départements : la Guerre, la Marine, l’Air ; Affaires étrangères : Georges Bidault (M.R.P.) ; France d’Outre-mer : reconduction de Marius Moutet (S.F.I.O.) (Bodin, 2004, p 124). Ce gouvernement comprend 4 autres communistes : Maurice Thorez (vice-président), Charles Tillon (ministre de la Reconstruction), Ambroise Crozat (ministre du Travail et de la Sécurité sociale), Georges Marrrane (ministre de la Santé publique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Premier gouvernement de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République&#039;&#039;&#039; : le président du Conseil Paul Ramadier est socialiste ; le ministre de la Guerre Paul Coste-Floret est M.R.P. ; le ministre de la France d’Outre-mer, Marius Moutet, est socialiste ; le ministre des Affaires Étrangères, Georges Bidault, est M.R.P. pour une mission de 6 mois qui sera reconduite deux fois. C’est à nouveau une formation gouvernementale très hétérogène. Contrairement à Blum, Ramadier n’est quant à lui pas favorable à l’instauration d’une solution monarchique au Vietnam : « Nous ne pouvons apparaître comme les restaurateurs de la dynastie royale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 192)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 janvier 47 : Au sujet du mémorandum de D’Argenlieu (voir 14 et 21 janvier) transmis au nouveau gouvernement français, Moutet répond à D’Argenlieu : « Ne suis pas d’accord. Ne rien décider avant que nouveau gouvernement ait donné directives » (D’Argenlieu, 1985, p. 387). Celles-ci tarderont à venir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre Messmer (secrétaire général du Comité interministériel de l’Indochine en voie de dissolution) annonce à D’Argenlieu qu’il n’a pas repris ses fonctions au sein du Cominindo remis en question par le nouveau gouvernement (voir 21 janvier). Par solidarité gaulliste, il annonce à D’Argenlieu que sa convocation à Paris n’est « plus un bruit sans fondement […] mais bien […] un dessein réfléchi » (voir 16 janvier)  (D’Argenlieu, 1985, pp. 388-389 ; Messmer, 1992, p. 180). L’amiral sait désormais que ses jours sont comptés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 janvier 47 : Nguyen Binh crée une force d’assaut pour traquer les caodaïstes profrançais (voir 8 janvier). Il en est de même au sud-ouest de la Cochinchine avec les Hoa Hao. Binh les soupçonne d’entretenir des relations avec le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau. Ces affrontements se transforment en une guerre civile vietnamienne au Sud (Goscha, 2002, p. 50). &#039;&#039;&#039;Face à cette emprise du VM qui tente de les enrôler dans ses rangs, les caodaïstes et leurs milices rallient les Français&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 janvier 47 : Ho Chi Minh déclare à la radio que le peuple du Vietnam désire la paix, une collaboration amicale avec la France, son indépendance et son unité territoriale au sein de l’Union française. Il espère qu’il sera plus entendu par le nouveau gouvernement français de gauche même si, jusque-là, tout dans son attitude contredit le sens de cette déclaration…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yves Dechézelles, secrétaire-adjoint à la S.F.I.O., écrit dans &#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; que la seule solution est de « négocier avec le seul gouvernement représentatif du Vietnam » (Ruscio, 1985, p. 153). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 janvier 47 : Ramadier reçoit Leclerc à Matignon. Il lui propose à nouveau l’offre de Blum, à savoir de cumuler les fonctions de haut-commissaire et de commandant en chef et ce, dans l’immédiat. Leclerc, qui avait refusé l’offre de Blum, demande un nouveau temps de réflexion (voir 7 février). Dans un document d’archive intitulé « Film de la crise de remplacement de l’Amiral », Leclerc confie : « […] Je suis moi-même déchiré entre les sentiments contradictoires. D’une part, je suis convaincu que je serais le moins mauvais pour résoudre le problème, d’autre part, j’ai l’impression que je ne disposerais pas des moyens nécessaires. Pour tranquilliser ma conscience, je fais revenir Bonnafé le lendemain et le charge de dire à Ramadier que, s’il désirait que j’aille là-bas, peut-être serais-je amené à accepter, après étude des conditions préalables nécessaires. Je dis moi-même les choses à Moutet pour voir sa réaction. Celui-ci a l’air nullement emballé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 306) Miné par le doute, Leclerc va à nouveau consulter (voir début février, 3 et 8 février).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 janvier 47 : D’Argenlieu adresse un courrier à différents hommes politiques (voir destinataires &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 389, note 1) dans lequel il évoque son mémorandum du 14 où il préconisait de ne plus traiter avec le gouvernement vietnamien actuel et dans lequel il promouvait une amorce de la « solution Bao Daï ». Il les informe que l’ancien président du Conseil, Blum, ne partageait pas son point de vue. Avec le changement de gouvernement, il insiste « sur l’urgente nécessité » d’obtenir des directives quant à l’attitude à adopter à l’égard du gouvernement d’HCM (D’Argenlieu, 1985, pp. 389-390).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 janvier 47 : Lettre d’HCM au gouvernement français. Son auteur précise les exigences du VM : « 1) Indépendance et unité nationale dans le cadre de l’Union française. 2) Collaboration fraternelle avec la France sur les bases de l’égalité et du respect des accords librement consentis. » Il condamne la violation des accords par les Français. D’Argenlieu laisse une nouvelle fois traîner sa transmission aux autorités françaises (Turpin, 2005, p. 316, note 49).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 janvier 47 : Lettre de Messmer à D’Argenlieu. Les « rumeurs » sur l’éviction de l’amiral sont « l’écho d’une décision gouvernementale qui n’est pas passée dans les faits mais qui est réfléchie et qui sera certainement prochaine. » (Turpin, 2005, p. 319)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R. Lhermite écrit dans &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; : « Le seul règlement militaire de l’actuel conflit est-il possible ? Sincèrement, nous ne le pensons pas. Songeons aux effectifs qu’il faudrait envoyer en Indochine ; songeons à la résistance que peut offrir, pendant de longs mois, de longues années, un peuple de vingt millions d’habitants. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 janvier 47 : Morlière (commandant des T.F.I.N.) apprend qu’il va être convoqué à Paris pour y être entendu (Devillers, 1988, p. 326).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1946&amp;diff=5351</id>
		<title>Décembre 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:52:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 46 : La situation au Tonkin demeure toujours aussi chaotique et le dialogue de sourds se poursuit entre Français et Vietnamiens (représentés par le secrétaire d’État à l’Intérieur Hoang Huu Nam, commandant des forces de relève). Selon Valluy, l’attitude de Morlière à l’égard du VM laisse toujours à désirer car il se contente de « protestations molles ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est dans le courant de ce mois que le général Le Bris qui avait commandé le Centre-Vietnam en 1945-46, impressionné par l’affection et la loyauté de la population envers Bao Daï, aurait recommandé au gouvernement français une première ébauche de ce qu’on appellera plus tard &#039;&#039;&#039;la « solution Bao Daï »&#039;&#039;&#039;. Elle est fortement soutenue par Léon Pignon et Henri Bonfils qui, pour ce dernier, avait servi sous Decoux. Cette « solution » n’est pas franchement une initiative gouvernementale. Elle est concoctée par des administrateurs locaux dont certains ont servi sous Vichy (Bonfils), voire même avant (Pignon) (Varda, 2007, pp. 285-286 ; Bodard, 1997, pp.131-132). Le M.R.P. soutient cette « solution » et la soutiendra longtemps (Bodin, 2004, p. 183).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre 46 : Les liaisons entre la France et l’Indochine sont momentanément proscrites aux civils. Les bateaux sont réquisitionnés uniquement pour le transport des troupes (Ruscio, 1985, p. 141 ; Ruscio, 1992, p. 83).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir rencontré Hoang Minh Giam (ancien délégué à la conférence de Fontainebleau ; ministre des Affaires étrangères) et Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève) qui lui ont semblé « découragés » et dans « un grand désarroi », Morlière estime que les Vietnamiens ne vont pas étendre le conflit de Haïphong à Hanoi. Il a tort. Seul le retour éminent de Sainteny dans la capitale du Tonkin demeure pour tous une source d’espoir (Devillers, 1988, p. 263). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Retour de Sainteny en Indochine au poste de commissaire de la République au Tonkin.&#039;&#039;&#039; Sur demande de Valluy (haut-commissaire par intérim), au vu de ses relations privilégiées avec HCM mais aussi parce que la situation ne cesse de se dégrader, il arrive hélas trop tardivement à Hanoï (D’Argenlieu, 1985, p. 365). Il est accueilli côté français par Morlière (son intérim depuis son départ pour la France) et Lami (conseiller politique). Côté vietnamien sont présents Giap, Hoang Minh Giam (ancien délégué à la conférence de Fontainebleau ; ministre des Affaires étrangères), Phan My et Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève). Ils représentent ce jour un HCM souffrant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tractations entre les Français et le Vietminh n’aboutissent pas. C’est un durable dialogue de sourds où chacun fait preuve de mauvaise foi. Sainteny approuve le rapport pessimiste du général Morlière qui constate « l’impossibilité du maintien d’une troupe française et de civils français » au Tonkin dans les conditions actuelles. Sainteny constate alors amèrement : « Comme le général Morlière, je n’ai éprouvé que des déceptions de la part d’hommes qui ont pour but de nous évincer totalement de l’Indochine, qu’ils se proposent de soumettre à une véritable dictature d’un parti faussement démocratique. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 131)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 décembre 46 : Rencontre de retrouvailles Sainteny-HCM qui a dû être différées car ce dernier était souffrant (Sainteny, 1970, p. 120). Hoang Minh Giam (ministre des Affaires étrangères) et Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève)  sont présents. Ho rejette l’entière responsabilité des événements de Haïphong et Langson sur les Français mais estime qu’il est nécessaire dans l’immédiat de calmer les esprits. Les commissions mixtes doivent poursuivre leur travail. Une commission spéciale doit être constituée pour régler l’affaire de Haïphong, tant du point de vue militaire que douanier. Pour Ho, les forces françaises doivent revenir aux positions territoriales qu’elles occupaient avant le déclenchement de l’affaire de Haïphong. Sachant qu’elles sont plutôt avantageuses aux Français, Sainteny refuse d’entrée. Dans son compte rendu à Valluy, il estimera qu’HCM veut éviter la rupture. Les Vietnamiens sont toutefois conscients qu’ils jouent leur dernière carte avant une épreuve de force générale (Devillers, 1988, pp. 266-267). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à son refus d’envoyer des renforts en Indochine (voir 29 novembre), Leclerc est convoqué par Bidault (président du Conseil démissionnaire) pour l’entendre sur cette question et plus généralement la situation générale en Indochine que le président du Conseil démissionnaire, peu informé, connaît mal. Selon Turpin, c’est sans doute cette rencontre qui va inciter Leclerc à rédiger  sa note du 5 décembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; estime que c’est bien un « ultimatum » que le général Morlière vient d’envoyer aux Vietnamiens (Ruscio, 1985, p. 158).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 décembre 46 : Sainteny se rend par avion à Haïphong avec Morlière et y constate que la situation militaire est rétablie. Ses observations lorsqu’il survole le Delta le laissent plus perplexe (Devillers, 1988, p. 267). Il produit une note à destination de Valluy et temporise : « Prochaine action à envisager est dégagement axe Haïphong-Hanoi déjà coupé en de nombreux points. Comportera gros risques déclencher conflagration générale. Sauf avis contraire de votre part, j’estime utile attendre connaître position précise de Paris avant de déclencher opération. » (Devillers, 1988, p. 272).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 décembre 46 : Pressentant un danger imminent au Vietnam, une note récapitulative de Leclerc (qui a quitté ses fonctions en Indochine depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre) adressée au gouvernement appelle à la conciliation entre la France et le gouvernement vietnamien. Le ton de cette note se veut critique à l’égard de ce qui s’est fait jusqu’alors : « On veut briser par la force la résistance vietnamienne, reprenant les méthodes datant de la conquête. En outre, on ne croit pas à l’efficacité d’Ho Chi Minh et de son équipe. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Vallette, 1994, p. 92, avec une erreur de chronologie à la note 59) Après avoir fait un historique de la situation depuis la reconquête du Sud où les choses s’étaient relativement bien passées, il insiste sur le fait qu’il n’en a pas été de même au Tonkin et au Nord-Annam. D’où la nécessité d’y avoir été plus conciliant avec le gouvernement d’HCM : « Sans doute ce gouvernement était avant tout pro-annamite, imparfaitement obéi de beaucoup d’indigènes, néanmoins Ho Chi Minh représentait à coup sûr une sorte de champion de l’indépendance, un grand patriote ; en outre, beaucoup pouvait être obtenu de ce gouvernement en ménageant avec grand soin toutes les questions de « perte de  face ». En résumé, « n’ayant pas la force de briser par les armes le nationalisme vietnamien, la France devait par tous les moyens chercher à faire coïncider ses intérêts avec ceux du Vietnam. » (Bodinier, 1987, p 339-341 ; Devillers, 1988, p. 271) Cette note n’obtiendra, comme souvent, aucun écho à Paris.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme « sur la situation au 5 décembre » adressé au gouvernement français, Valluy observe à nouveau « que les accords du 6 mars ont été viciés, dès l’origine par la faute d’Hanoi et que la cohabitation des deux armées dans les mêmes centres est devenue pratiquement impossible. » Selon lui, « la bonhomie de nos troupes » a dû se heurter « à l’hostilité agressive et haineuse des troupes vietnamiennes », d’où les incidents de Haïphong et Langson. Il ajoute que si la route Hanoi-Haïphong n’est « pas ouverte de bon gré, je serais obligé de recourir à la force. » Car il faut lutter contre « les éléments extrémistes qui veulent imposer par la violence et la terreur leur système totalitaire sur l’Indochine et […] jeter les troupes françaises lorsque l’équilibre des forces sera renversé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 337-339)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de Sainteny à Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) laisse entendre l’inquiétude de son auteur : la situation demeure « tendue », des préparatifs de défense sont en cours, des évacuations de population sont manifestes (fermeture des commerces). Le VM a procédé à de nombreuses arrestations des « tièdes », ce qui prouve qu’HCM est « dépassé » par le Tong Bo (comité exécutif du VM) qui refuse de négocier si les Français ne rejoignent pas leurs positions d’avant l’affaire de Haïphong. Sa presse publie un appel incendiaire : « Les réactionnaires français ont ouvertement déclaré la guerre. Nous exigeons du Gouvernement des mesures décisives. La volonté de la nation n’autorise plus aucune concession […] Elle renversera son ennemi […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 267-268). Sainteny a un entretien avec Hoang Minh Giam (ministre des Affaires étrangères) et demande un remaniement gouvernemental favorable aux Français. Il doute, à raison, que Giam ait encore la moindre influence sur les extrémistes. Il a également un entretien avec le vice-consul américain à Hanoi, O’Sullivan, qui ne partage pas l’optimisme du commissaire. Ce dernier pense - à juste titre - que les Français mettront beaucoup de temps à se débarrasser du VM (Devillers, 1988, pp. 268-269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny informe par ailleurs le vice-consul des États-Unis, O’Sullivan, que les Français vont exécuter une « action de police » pour écarter certains éléments du gouvernement vietnamien jugés xénophobes (Ruscio, 1985, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy adresse un message à Sainteny. Il maintient le contenu des directives qu’il lui a adressées avant son retour en Indochine (voir 16 novembre) mais lui demande d’intervenir auprès d’HCM pour que les défenses qui sont apparues dans Hanoi disparaissent au plus vite. Faisant suite au télégramme de Sainteny du 4, il lui demande également d’intervenir pour que la route entre Hanoi et Haïphong soit rapidement dégagée (Devillers, 1988, pp. 272-273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des renforts français arrivent de métropole. 700 Légionnaires débarquent à Da Nang dont l’aérodrome est solidement défendu.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 décembre 46 : Dans un appel radiodiffusé à l’assemblée nationale et au gouvernement français, et même si tout le contredit sur place, HCM tente vainement de calmer le jeu : […] La guerre a déjà fait couler trop de sang français et vietnamien et a causé trop de ravages. Une telle situation ne peut durer. » Il affirme par ailleurs « le désir sincère du gouvernement et du peuple vietnamien de collaborer avec le peuple français. » Il en appelle à « rétablir la situation antérieure au 20 novembre » (et donc au retrait des troupes françaises) et au respect du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre (De Folin, 1993, p. 182 ; Devillers, 1988, p. 269).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, D’Argenlieu dénonce de son côté auprès d’HCM des actes de terrorisme perpétrés en Cochinchine depuis le 30 octobre. Du 20 septembre au 17 octobre, on déplore en effet 71 victimes. Du 30 octobre au 16 novembre, 213. Du 17 au 30 novembre, 131 (Turpin, 2005, p. 298, note 112). Il rend compte ce jour au gouvernement « du caractère presque fatal de la rupture » (Cadeau, 2019, p. 195).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouveau président de la République autonome de Cochinchine (voir 29 novembre), Le Van Hoach, déclare : « Le gouvernement provisoire de la République de Cochinchine […] n’est ni séparatiste ni moniste […] [il] est partisan du principe : la Cochinchine aux Cochinchinois. » (Année politique, 1946, p. 288) Le nouveau gouvernement a élargi sa base sociale et les Français espèrent lui voir accomplir des réformes sociales, notamment une réforme agraire qui tendrait à une meilleure répartition des terres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy adresse à Bidault, au Cominindo et à D’Argenlieu un télégramme (1001/EMHC) afin d’obtenir un feu vert immédiat pour déclencher une action offensive préventive. Après avoir dénoncé les manquements vietnamiens aux engagements et la mise en place d’actes hostiles, il écrit : « […] Je prescris aux autorités françaises de Hanoi de remontrer aux Vietnamiens le caractère provocateur de ces dispositions militaires et la nécessité dans laquelle nous sommes de prendre à notre tour de strictes mesures de prudence. En particulier, au cas où la route d’Haïphong à Hanoi ne serait pas ouverte de bon gré, je serais obligé de recourir à la force. » Il ajoute : « […] j’ai le devoir d’avertir le Gouvernement du caractère presque fatal de la rupture à laquelle nous entraînent la haine et la mauvaise foi du Gouvernement de Hanoi […] » Il insiste sur l’urgence d’une décision politique à prendre du fait de la relève des troupes à partir de février 1947. « Il faut ôter définitivement tout espoir aux éléments extrémistes d’imposer par la violence et la terreur leur système totalitaire à l’Indochine et de jeter dehors les troupes françaises lorsque l’équilibre des forces se trouverait renversé […] » (Devillers, 1988, pp. 273-275).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 décembre 46 : Le télégramme 1001/EMHC de Valluy du 6 est transmis à Paris dans la soirée. Or la capitale française est en pleine crise politique du fait de la chute du cabinet Bidault. La situation en Indochine est donc plongée dans une longue impasse politique et décisionnelle qui ne peut que nuire à l’urgence de la situation. Bidault ne répondra d’ailleurs que tardivement au message de Valluy du 12.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour calmer à nouveau et autant que ce peut faire les tensions, HCM adresse au socialiste Auriol un télégramme de félicitations pour sa réélection au poste de président de la République. Il en appelle à « une politique loyale collaboration entre France Vietnam unis par même idéal liberté égalité fraternité. » (Devillers, 1988, p. 275)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle interception par les Français d’un ordre du jour de Giap, fixé au 12 décembre, et stipulant l’existence de « préparatifs militaires en vue d’une action » (De Folin, 1993, p. 184 ; Ngo Van Chieu, 1955, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Sûreté fédérale au Tonkin apprend que Giap a prescrit à ses troupes des « préparatifs d’attaque » des positions françaises qui doivent être achevées pour le 12, sans toutefois préciser dans quelles circonstances cette attaque sera lancée (Devillers, 1988, p. 289). Des signes tangibles de durcissement sont perceptibles dès le matin à Hanoi : un groupe de Tu Ve a entrepris d’isoler le commissariat de la République au moyen de tranchées et de barricades (Fonde, 1971, p. 301).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Pignon envoie à Sainteny un câble : « Je suis avisé par renseignement de source absolument certaine qu’ordre d’insurrection générale dans le Sud doit être donné à bref délai par une allocution du président Hô diffusée sur ondes de Radio Bach Mai. » Il estime que le poste émetteur du VM doit être mis « hors service, par accident technique » (Devillers, 1988, p. 277).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM, malade et affaibli, accorde une interview au journaliste français Bernard Dranber. Il y réaffirme que « la guerre ne paie pas [mais que] si on nous l’impose, nous la ferons [...] La lutte sera atroce, mais le peuple vietnamien est prêt à tout supporter plutôt que de renoncer à sa liberté. N’oubliez pas ce qui vous attend dans cette guerre ; il nous est possible de perdre un million d’hommes, mais vous, vous la France, n’avez pas le droit de laisser tuer les cent mille hommes du Corps expéditionnaire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 2010, p. 439 ; Devillers, 1988, pp. 270-271).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au suicide du docteur Nguyen Van Thinh, &#039;&#039;&#039;nomination du docteur Le Van Hoach au poste de premier ministre dirigeant la République autonome de Cochinchine&#039;&#039;&#039;, poste qu’il occupera jusqu’au 5 octobre 1947. C’est un proche des Caodaïstes. Selon le général Boyer de la Tour (commandant des T.I.F.S.), « il n’avait pas la rectitude morale, tant s’en faut, du docteur Tinh. Un peu hâbleur, poursuivant sans cesse, pour faire rallier des contingents viet-min, des combinaisons mirifiques qui restèrent toujours à l’état de projet sans réalisation concrète. Doué de roublardise et d’un certain machiavélisme, il inspirait confiance par sa rondeur et sa bonhomie. En rapport étroit avec la secte caodaïste, il essayait d’être son porte-parole sans néanmoins s’engager à fond avec elle. » (Boyer de la Tour, 1962, p. 55)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 décembre 46 : Les Français réoccupent les territoires restitués au Laos et au Cambodge par la Thaïlande en application du traité de Washington (voir 17 novembre). En présence d’un délégué français et cambodgien, la première colonne doit parcourir une soixantaine de kilomètres pour atteindre Battambang où doit avoir lieu la passation de pouvoir. Mais elle ne peut progresser que de 20 km du fait de la destruction par les Thaïlandais des infrastructures routières (ponts) et l’existence de divers accrochages. Il faudra plusieurs mois de lutte aux franco-cambodgiens contre des groupes d’insurgés thaïlandais pour réinstaller des postes militaires et une administration (Cambacérès, 2013, pp. 68-70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une note, Valluy observe que le gouvernement de Hanoi « a multiplié et aggravé ces mesures [qui] revêtent aujourd’hui un caractère nettement agressif. » La garnison française de Phu Lang Thuong est isolée et il risque d’en être de même pour celles de Bac Ninh et Nam Dinh. La route Hanoi-Haïphong est coupée car entravée par une multitude de barrages. Des obstacles « actifs et passifs » ont été érigés dans Hanoi et menacent la population. Les effectifs français actuellement disponibles ne permettent pas de contrôler une situation devenue explosive au Tonkin, les renforts ne devant arriver qu’à partir du 15 janvier 1947. Preuve de la faiblesse des Français et de l’urgence de la situation, Valluy envisage même d’abandonner les localités mentionnées ci-dessus pour privilégier la réouverture de l’axe Haïphong-Hanoi, ce qui permettrait de renforcer la garnison de la capitale du Tonkin (Bodinier, 1987, pp. 341-342). Du fait de la faiblesse de ses effectifs, il en vient même à préconiser une temporisation : « Jusqu’à l’arrivée des renforts, il importe donc d’éviter la généralisation du conflit. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 276 ; Ruscio, 1985, pp. 141-142).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un message intercepté, Le Duan (commissaire politique du Nam Bo) considère qu’« il n’y a qu’une guerre générale de longue durée, complexe et difficile qui puisse résoudre la question de la souveraineté du Vietnam. » Il préconise, pour protéger le Tonkin et le Centre-Annam, des sabotages qui seraient effectués au Sud sur les dépôts de munitions et les bateaux de transport (Bodinier, 1987, pp. 342-343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny répond au câble de Pignon de la veille. Il estime qu’il sera très difficile de mettre hors service le poste vietminh de Radio Bach Mai et que cette interruption ne peut d’ailleurs être que très brève. Il préconise une occupation ou une destruction « &#039;&#039;manu militari&#039;&#039; ». Mais cette décision ne ferait que mettre le feu aux poudres et il ne croit pas trop qu’HCM puisse pour l’instant prendre publiquement un tel risque (Devillers, 1988, p. 277).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amiral Barjot (chef d’état-major adjoint à la Défense nationale) diffuse à Paris de façon restreinte un « bulletin d’étude n° 48 » intitulé « Situation ayant conduit aux opérations commencées le 20 novembre au Tonkin ». Il produit un historique des événements et pose deux questions : « Le commandement français avait-il conscience de l’importance de l’armée vietnamienne avant d’engager l’épreuve de force ? D’autre part, avant d’accepter cette épreuve de force sur le Tonkin, convenait-il de laisser en Cochinchine des réminiscences de guérilla ? » Il observe que les initiatives locales – celles de Valluy – ont été rapides, risquées et peu conformes aux directives de Paris (Devillers, 1988, pp. 277-279). Son rapport sera critiqué par le général Juin (chef d’état-major à la Défense nationale) le 13 décembre. Le 16, Messmer reprochera à l’amiral d’avoir dépassé ses attributions en se mêlant de politique. Il ne le diffuse donc pas, privant ainsi les ministres et le Cominindo d’informations sur ce qui s’est véritablement passé à Haïphong (Devillers, 1988, pp. 287-288).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM lance un appel à l’Assemblée nationale et au gouvernement français afin qu’« ils donnent l’ordre aux autorités françaises au Vietnam de rétablir à Haïphong et Langson la situation antérieure au 20 novembre en vue de la mise en application du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 14 septembre […] » (&#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; du 9 décembre 1946)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 décembre 46 : Débarquement à Danang d’un bataillon de la 13&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; demi-brigade de la Légion étrangère (1 800 hommes) pour libérer la ville puis Hué (voir 4 février 1947). Des combats éclatent dans la ville (Giap 1, 2003, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un rapport de D’Argenlieu au gouvernement en date du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 1947, l’amiral indique : « Le 9 décembre, je suis intervenu directement auprès du général Morlière pour l’inciter à adopter à l’égard des mesures provocatrices du gouvernement de Hanoi une attitude plus énergique et à ne pas encourager par sa passivité l’extension de travaux qui menaçaient plus ouvertement de jour en jour la sécurité de la population française et de nos troupes. Cette intervention ne paraît pas avoir été suivie d’effet immédiat puisqu’il a fallu attendre le 17 décembre pour que disparaissent les barricades et les ouvrages les plus gênants. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 380).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir publié la veille l’appel d’HCM aux instances dirigeantes françaises, le journal socialiste &#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; met à la une un éditorial signé de la plume de Léon Blum, futur fugace président du Conseil. L’éditorialiste part d’un constat : « Voilà des mois que le sang coule en Indochine et peut-être sommes-nous à la veille de véritables opérations de guerre. » Le gouvernement n’a plus que le choix entre deux options, « reconquérir par la force » ou « rétablir l’amitié et la confiance ». L’option militaire n’apportera aucun apaisement durable. Il faut en revenir à un « accord sincère sur la base de l’indépendance ». Si « fermeté » il doit y avoir à l’égard des engagements de la partie adverse, celle-ci, pour être respectée, ne doit pas être obligatoirement synonyme de recours à la « force ». (&#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; du 10 décembre 1946)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 décembre 46 : Léon Blum, futur président du Conseil, répond dans &#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; aux derniers appels tendant à la modération d’HCM : « En Indochine, peut-être sommes-nous à la veille de véritables opérations de guerre. » Il estime que le gouvernement se trouve confronté à deux options : ou reconquérir militairement tout ou partie de l’ancienne colonie ou « rétablir l’amitié et la confiance. » Pour Blum, « il n’existe qu’un moyen, et un seul, de préserver le prestige en Indochine de notre civilisation, notre influence politique et spirituelle, et aussi de nos intérêts matériels qui sont légitimes : c’est l’accord sincère sur la base de l’indépendance, c’est la confiance et l’amitié. » Pour lui, « la véritable fermeté », c’est de mener « une politique absolument claire et qui ne permette aucun doute ». Cette politique ne doit être menée ni par les militaires ni par les colons mais par le gouvernement. Il épingle au passage le rôle « des comités interministériels [Cominindo] qui n’ont pas mieux réussi dans l’affaire indochinoise que dans l’affaire allemande ». Pour autant, Blum ne souhaite pas un abandon immédiat de l’Indochine (De Folin, 1993, p. 182 et 196 ; Devillers, 1988, pp. 285-286). Mais son action sera contrée par certains administrateurs locaux, dont Pignon et sa « solution Bao Daï », pour l’instant, en gestation (voir 15 décembre). HCM commentera les propos du futur président du Conseil le 12 devant des journalistes vietnamiens (Devillers, 1988, p. 291).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Dèbes produit un long rapport sur les événements à Haïphong du 20 novembre dans lequel il remet en cause le rôle de son supérieur, le général Morlière (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 343-363). Il entame une vaste polémique sur les responsabilités des uns et des autres au niveau du commandement français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans son rapport de quinzaine du 15 au 30 novembre, Sainteny demeure pessimiste. Il écrit : « Il ne faut pas nous leurrer et croire que notre retrait des secteurs économiques particuliers et des concessions raisonnables suffiront à assouvir les revendication vietnamiennes. C’est le début d’une offensive générale dans le but de nous évincer de l’économie du pays, prélude à notre éviction dans tous les autres domaines. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 297) C’est une simple question de délais qui, pour l’instant, demeurent inconnus (Devillers, 1988, p. 290).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit des directives gouvernementales de Bidault, Moutet et Michelet, tous trois potentiellement sur le départ. Le temps joue contre le camp français. Il faut donc parvenir à une solution satisfaisante dans des délais raisonnables sur de nombreux points : intérêts économiques, influence culturelle, protection des ethnies minoritaires, mise en place de la Fédération indochinoise au sein de l’Union française. L’idée d’« indépendance inconditionnelle et totale » est rejetée. Elle n’est qu’« une fiction gravement préjudiciable aux intérêts des deux parties. » (Turpin, 2005, p. 301)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 décembre 46 : Valluy envoie à Paris le colonel Le Puloch, chef de cabinet militaire du haut-commissaire, pour qu’il informe directement D’Argenlieu (toujours à Paris) de la gravité de la situation au Tonkin (Devillers, 1988, p. 276).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion des membres du gouvernement de Hanoi pour étudier  les derniers échanges avec Sainteny que Hoang Minh Giam (ministre des Affaires étrangères) et Hoang Huu Nam  (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève) ont qualifié de « cordiaux ». Mais, selon Devillers, aucun véritable accord n’est en perspective car « les points de vue français et vietnamien restent diamétralement opposés ». HCM décide alors de lancer un appel au gouvernement français (Devillers, 1988, p. 291).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Léon Blum est investi par L’Assemblée nationale pour constituer un gouvernement&#039;&#039;&#039; socialiste homogène, donc, faute d’entente, sans M.R.P. ni communistes. Il obtient une large majorité : 575 voix sur 583 votants. Ce gouvernement de transition prendra pourtant rapidement fin le 16 janvier 1947. Les espoirs que ce changement politique a fait naître dans les rangs du VM seront vite effacés par l’annonce du retour de l’amiral d’Argenlieu au Vietnam. &#039;&#039;&#039;Le trio D’Argenlieu-Valluy-Pignon sachant qu’il n’aura pas gain de cause avec ce gouvernement va tout faire pour mettre le feu aux poudres en provoquant l’action du VM.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le P.C.I. émet une instruction visant à préparer la « résistance totale du peuple »&#039;&#039;&#039; qui constitue un véritable appel aux armes (voir 20 décembre) et à la guerre totale sous forme de guérilla rurale (Goscha, 2011, empl. 94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après le colonel Dèbes (voir 10 décembre), c’est au tour du général Morlière (commandant des troupes françaises en Indochine du Nord et commissaire de la République par intérim) de produire un rapport provisoire sur « l’affaire de Haïphong » et celle « de Langson » du 20 novembre qui sont toujours toutes deux en cours de résolution. Ce rapport provisoire n’entre pas directement dans la polémique de l’affaire qui aboutira ultérieurement à la sanction du général Morlière par Leclerc pour son attitude jugée trop modérée au moment de l’affaire de Haïphong. Mais il ne va pas non plus dans le sens de ce que veut son supérieur Valluy. Selon Morlière, « le retrait de nos forces et de nos intérêts dans une grande base réduite : région de Haïphong, par exemple, est une formule assez séduisante. » Mais même cette formule, pourtant minimale, ne sera probablement pas acceptée par le gouvernement d’Hanoi (rapport cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 365-372). Morlière est, dans cet écrit, aussi pessimiste que Sainteny : « Un conflit me paraît donc à peu près inévitable. » (Devillers, 1988, p. 291)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bidault répond plus que tardivement au télégramme de Valluy du 6 qui en appelait alors à l’urgence.&#039;&#039;&#039; Il se contente de lui préciser que « des instructions du Gouvernement vous seront prochainement adressées à ce propos. Elles sont étudiées par le Haut-Commissaire titulaire. » Il ajoute : « […] Je désire toutefois souligner que j’ai été très surpris des termes de votre télégramme précité, qui font subitement état d’une situation alarmante que rien ne laissait présager dans vos communications précédentes […] » (Devillers, 1988, p. 279).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet (F.O.M.) envoie en effet le jour-même des instructions à Valluy mais qui ne vont certainement pas dans le sens de ce que le général attendait. Les renforts demandés ne sont pas disponibles. Il précise : « […] Par ailleurs, le Gouvernement se rend exactement compte de la dangereuse exaltation suscitée par le Vietminh à Hanoi et au Tonkin. Mais il rejette l’idée de toute initiative qui aurait pour but ou comme effet d’évincer personnellement Ho Chi Minh du pouvoir [...] » Il faut que Sainteny parvienne à savoir si HCM « est débordé » par les extrémistes et, si c’est le cas, « que nous puissions l’aider à se dégager. » Ce n’est qu’en éclaircissant ce point qu’une action militaire pourra être menée (Devillers, 1988, pp. 280-281). Réponse bien molle face à une situation très explosive déjà très avancée…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; publie un nouvel appel d’HCM : « Je tiens à ce que vous disiez que mes compatriotes et moi sommes désireux, franchement désireux, de la paix. Nous ne voulons pas la guerre […] Nous sommes passionnés pour notre indépendance, mais pour l’indépendance du Vietnam au sein de l’Union française. La guerre ne paie pas, l’effort de relèvement du Vietnam ne permet pas cette hécatombe, ces souffrances. » A la fin de cette déclaration, le journal publie également le propos plus fermes d’HCM : « Cette guerre, si on nous l’impose, nous la ferons […] Le peuple vietnamien est prêt à tout supporter plutôt que de renoncer à sa liberté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 158)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Morlière (commandant les forces françaises au Tonkin) est aussi pessimiste que Sainteny (voir 10 décembre) quant à l’éminence d’un conflit avec le VM. Il écrit : « Des barricades, des tranchées, des emplacements de combat s’édifient sans cesse du côté vietnamien […] nous sommes dans une impasse. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, p. 194). Sainteny approuvera ce rapport le 17 : « Je dois reconnaître avec le général Morlière qu’en retour je n’ai éprouvé que des déceptions. Avec lui, je suis obligé de reconnaître également que les hommes qui se sont déclarés prêts à une étroite et amicale collaboration avec la France ne semblent l’avoir fait que dans le but de nous évincer totalement de l’Indochine qu’ils se proposent de soumettre à une véritable dictature d’un parti faussement démocrate. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 297, note 109)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 décembre 46 : Moutet et Leclerc, sur le départ pour le Vietnam, ont reçu instruction de Blum de rencontrer « à tout prix » HCM et de « s’entendre ». Mais ils seront contraints d’y renoncer dès le 20 décembre, au vu de la gravité de la situation (voir 19 décembre) (De Folin, 1993, p. 186).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion extraordinaire au Q.G. de l’armée vietnamienne en vue de préparer le coup de force du 19 (voir 7 décembre). Y participent Giap ainsi que les commandants du Nord et Centre-Vietnam. On y fixe l’heure H et les modalités des opérations à venir (Giap 1, 2003, p. 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité directeur de la S.F.I.O. à Hanoi demande à Sainteny de transmettre un chaleureux télégramme de félicitations signé de Hoan Minh Giam (Affaires étrangères) au comité parisien du parti. Le 15, HCM demande à Sainteny de le transmettre au nouveau gouvernement français (Devillers, 1988, p. 292).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 décembre 46 : Dans &#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; du 10 décembre, Blum avait mis en doute l’efficacité du Coninindo. Or celui qui se réunit ce jour-même illustre parfaitement son propos : étalages de points de vue mais, au final, absence totale de prise de décision. On entend le colonel Le Puloch (cabinet militaire de D’Argenlieu) dépêché de Saigon par Valluy. En bon militaire, il plaide pour une action immédiate visant à libérer la route Hanoi-Haïphong. Pour lui, « nous avons les moyens militaires de nous imposer […] et de chasser le gouvernement du Vietnam […] » Messmer (secrétaire général du Cominindo) estime que cet acte entraînerait une situation politique impossible. Il faut négocier et trouver avec HCM un accord provisoire en le dissociant de la tendance dure du moment, celle de Giap. Le Puloch n’y croit pas car Giap contrôle la police et l’armée. Messmer est sensible à l’opinion publique française et internationale : il faut que « si de nouveaux incidents éclatent, ce soit dans le cas précis ne pouvant donner lieu ni à discussion ni même à l’interprétation, comme par exemple le refus caractérisé d’exécuter le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. » Au final, selon une vielle habitude du Cominindo, rien de ferme n’est arrêté. &#039;&#039;&#039;Pire même, selon Devillers, ni les ministres concernés ni même leurs successeurs ne sont véritablement mis au courant de la situation par le Comité&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, pp. 286-287).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’envoyé spécialement par Valluy, le colonel Le Pulloch n’obtient du Comité interministériel de l’Indochine aucune des directives d’action immédiate à prendre contre le gouvernement vietminh (Pedroncini, 1992, p. 399).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Pulloch fait également devant le Comité un compte rendu sur les événements de Haïphong et Langson, sa version diffère sensiblement de celle soutenue par son supérieur hiérarchique (voir 30 novembre). Il n’évoque que « la responsabilité des autorités locales » soulignant que « jusqu’à présent, aucune preuve n’est venue à la connaissance des autorités françaises de l’existence d’un plan du Gouvernement de Hanoi en vue de provoquer simultanément les incidents de Haïphong et de Langson. » Si responsabilité vietnamienne il y a, elle n’est que le fruit de « l’intense propagande de haine contre les Français à laquelle les troupes vietnamiennes avaient été soumises. »  (Turpin, 2005, p. 295 ; DDF, 2004, tome 2, document n° 308, pp. 761-764 ) Ces versions divergentes sur la responsabilité des uns et des autres trouvera un écho après les événements du 19 décembre à Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Binh (commissaire aux armées du Nam Bo) adresse à Valluy une lettre de protestation sur la manière dont les Français n’appliquent pas le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; au Sud. Selon lui, si « les violations flagrantes par les troupes françaises du Modus Vivendi amenaient une reprise des hostilités, la responsabilité incomberait totalement aux autorités militaires françaises en Indochine. » (Bodinier, 1987, pp. 365-372)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny est pour une fois plus optimiste qu’à son habitude depuis son retour en Indochine : « […] Il semble que Ho Chi Minh se montre très modéré et que rien ne permette de craindre que le Gouvernement annamite soit prêt à déclencher conflit général. » Il mesure mal deux choses : d’abord qu’HCM est en train de se faire dépasser par la tendance « dure » du VM, celle de Giap ; mais aussi que le trio D’Argenlieu-Valluy-Pinon est en train de pousser le VM à passer à l’action (voir 16 décembre) (Devillers, 1988, p. 291 et 293).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 décembre 46 : HCM envoie un télégramme à Blum lui assurant sa confiance et « son sincère désir de coopération fraternelle avec le peuple de France » (De Folin, 1993, p. 182). Il propose un marché : le retour de la population évacuée et le rétablissement de la circulation contre le retour des troupes françaises aux positions antérieures au 20 novembre et la cessation des opérations de nettoyage et de répression en Cochinchine et au Sud-Annam. Selon Devillers, Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu), devenu ennemi juré d’HCM, aurait retardé la transmission de cette missive visant à trouver une solution à la crise. Envoyée le 15 décembre, elle n&#039;est parvenue à Blum que le 26, alors que le conflit s&#039;est déjà embrasé. (Devillers, 1988, p. 292). Selon Varda : « En clair, il s&#039;agit d&#039;organiser la guerre civile au Vietnam pour permettre aux Français de se débarrasser à moindre frais du Vietminh et de maintenir ainsi leurs positions. » (Varda, 2007, p. 287)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première rencontre entre Blum et D’Argenlieu durant laquelle le courant ne passe pas vraiment entre les 2 hommes. Leurs convictions sont trop différentes. D’Argenlieu sait que ce gouvernement ne sera que provisoire. Le futur président du Conseil et l’amiral ne voient certes pas les choses de la même manière mais échangent avec courtoisie. D’Argenlieu est pour une négociation par la force. Des rumeurs courent déjà sur le remplacement de l’amiral gaulliste qui pense que, pour l’instant, « il est urgent d’attendre ». Les deux hommes se reverront le 19 (D’Argenlieu, 1985, p. 366 et pp. 368-369).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de la Sûreté française au Tonkin signé de son chef, Moret, va dans le sens des fermes intentions de Valluy. Il les conforte : « Je ne pense pas que le commandement vietnamien ait l’intention de déclencher le conflit […] De l’avis de tous, nous ne pouvons que gagner à prendre l’initiative des opérations. » (Devillers, 1988, pp. 292-293)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place d’un gouvernement Sisowath Youvetong qui demeurera en place jusqu’au 24 juillet 1947 (Jennar, 1995, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, élection de l’assemblée constituante qui tiendra sa première séance officielle le 15 mars 1947 à Vientiane (Deuve, 2003, p. 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-décembre 46 : Le C.E.F.E.O. compte 16 000 supplétifs que Leclerc s’est efforcé de recruter depuis son arrivée. Ils ne sont pas payés par le ministère de la Défense mais par celui de la F.O.M. et s’avèrent moins coûteux que les soldats européens. Ils sont la plupart du temps dotés d’armes prises aux Japonais (Valette, 1994, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Léon Blum devient président du Conseil&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 22 janvier 1947).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement : Armées : A. Le Troquer ; Affaires étrangères : L. Blum (S.F.I.O.) ; France d’Outre-mer : M. Moutet (S.F.I.O.) (Bodin, 2004, p 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouveau président du Conseil est conscient des difficultés à venir au sujet de la situation en Indochine. Il déclarera à un de ses amis au lendemain du coup de force du VM à Hanoi du 19 décembre : « Vous connaissez les nouvelles d’Indochine. Il faut encore que ce soit à moi de faire cela… Je n’ai pas mérité cela ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 186). C’est un gouvernement de transition qui va tenir vaille que vaille jusqu’à l’élection du président de la République Vincent Auriol le 16 janvier 1947. Il n’est mis en place que tardivement, qui plus est, certainement à l’un des moments les plus critiques qui correspond au déclenchement véritable de la guerre d’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Giap qui considère, après l’affaire de Haïphong (voir 20 novembre), que cet acte est une ultime provocation ne respectant pas les accords antérieurs, « le commandement français nous adresse à deux reprises un ultimatum notifiant que « les troupes françaises se chargeaient elles-mêmes d’assurer la sécurité d’Hanoi, au plus tard le matin du 20 décembre. » » (Giap 1, 2003, p. 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Valluy provoque une réunion secrète à Haïphong où sont conviés Sainteny, Morlière et Dèbes.&#039;&#039;&#039; Il n’existe aucun compte rendu de cette rencontre et aucun des participants ne l’a jamais évoquée dans ses écrits. Cette réunion acte un raidissement des principaux acteurs français. Selon Devillers, les décisions qui y seront prises seront visibles dès le lendemain : « Il s’agit maintenant de harceler le Vietminh de telle façon qu’il perde patience, se lance dans une action violente et fournisse ainsi le prétexte désiré. Il s’agit de préparer politiquement l’affaire en démontrant qu’il n’y a plus d’autre issue. » (Devillers, 1988, p. 293) Selon Ruscio, Valluy aurait déclaré lors de cette réunion: « Les Nhacs veulent la bagarre ? Ils l’auront ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 142)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy donne l’ordre à Morlière de faire détruire à Hanoi les barricades qui enserrent et  menacent les quartiers français. Nouveau facteur de tension, ces opérations démarreront dès le lendemain. Des incidents graves éclatent alors : attaque d’un camion français par le VM avec massacre de ses occupants ; en riposte, destruction d’un poste de &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039;. Ces actions provoque des morts des deux côtés (Devillers, 1988, p. 294).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Blum obtient à l’Assemblée nationale un vote de confiance massif : 580 voix sur 596. Le nouveau président du Conseil annonce alors un débat sur l’Indochine pour janvier 1947&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 288). Mais le nouveau président du Conseil sera rattrapé par les graves événements du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse une lettre à Moutet (reconduit à la F.O.M.) à l’occasion de sa prochaine venue à Saigon : « Je vous souhaite la bienvenue car vous êtes à la fois mon ancien ami et le représentant de la France nouvelle. Je désire vous voir et je me réjouis à l’idée de pouvoir vous exprimer mon profond attachement à la paix et à la collaboration entre nos deux pays et aussi pouvoir vous énoncer nos propositions concernant le rétablissement de bonnes relations entre eux. » Cette lettre est remise aux consuls américain et chinois. Elle est, selon Giap, transmise à Washington avant de l’être à Paris. Blum ne la recevra donc que tardivement. Toujours selon Giap, « Georges Valluy et Léon Pignon avaient, eux, retardé intentionnellement sa transmission en vue d’annihiler nos efforts diplomatiques. » (Giap 1, 2003, p. 74)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) réaffirme sa rupture définitive avec le VM dans un rapport portant sur la situation politique intérieure au Vietnam. Il le connaître à             Paris : « […] L’attitude des autorités françaises permet d’envisager avec confiance l’avenir de l’Indochine le jour où l’équipe actuellement au pouvoir à Hanoi aura disparu […] Aucun accord sincère ne pourra jamais être conclu avec le parti Vietminh, c’est une chose impensable […] Il est vain, à mon sentiment, de fonder encore des espoirs sur l’action personnelle d’Ho Chi Minh. » Pour Pignon, « contrairement à ce que certains peuvent penser, la solution du problème indochinois n’est pas en Cochinchine ; elle réside seulement au Tonkin […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 293-294 ; Turpin, 2005, p. 298, note 113)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM déclare à un journaliste français, « mes compatriotes et moi sommes désireux, franchement désireux de la paix. Nous ne voulons pas la guerre. » De son côté, Sainteny confie au même journaliste que le gouvernement ne l’avait pas envoyé à Hanoi « pour y apporter la rupture et la guerre. » (Gras, 1979, p. 150) Au vu de la situation plus que critique qui règne au Tonkin, simples déclarations de pure communication, d’un côté comme de l’autre (voir 2 et 10 décembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 décembre 46 : Réunion du VM à Hadong, sa zone refuge. De son côté, Giap rencontre le commandant Fonde. Il se prépare à une guerre longue durant laquelle Hanoi doit pouvoir tenir un mois. Plus déterminé que jamais, ne cédant sur rien, il déclare à son interlocuteur qui lui demande de ne pas commettre l’irréparable : « C’est à vous [de le faire]. Après le Nam Bo, les plateaux montagnards, le pays thaï, Hongay, Tien Yen, Haïphong, Langson. Notre décision est prise. Nous ne céderons plus. Les destructions… qu’importe ! Le politique prime sur l’économie. Les pertes… un million de Vietnamiens, aucune importance ! Des Français tomberont aussi. Cela durera deux ans, cinq ans s’il le faut. Nous sommes prêts. » L’entretien s’arrête là. Fonde rend compte de cette entrevue auprès du général Morlière (commandant les forces françaises au Tonkin). Celui-ci l’écoute et ajoute : « Oui, nous allons vers l’irréparable. Je l’ai déjà dit. Préparez vite un message. Répétez tout… Mais on dira qu’il « bluffe », que vous vous laissez abuser… » (Fonde, 1971, pp. 310-312).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue des effectifs, les forces françaises demeurent nettement insuffisantes au Tonkin : 13 000 hommes contre 30 000 VM et 10 000 &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039;. Les Français attendent toujours des renforts mais ceux-ci n’arriveront pas avant une date prévue, le 15 janvier 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conseil des ministres décide d’envoyer Moutet et Leclerc en Indochine. Un communiqué optimiste parle alors de « rétablir une atmosphère de confiance, de faire cesser les actes d’hostilité et dissiper tous les malentendus qui s’opposent à l’application immédiate du &#039;&#039;modus vivendi.&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 400) Morlière est clairvoyant, à Paris, on pense pouvoir encore et toujours négocier…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouveaux incidents meurtriers à Hanoi après ceux du 17 : des parachutistes français sont attaqués à la grenade. La riposte entraîne une trentaine de morts. Selon une habitude rôdée, les organismes de liaison demeurent impuissants à stopper ces actes (Devillers, 1988, p. 294-295). Le commandant Fonde, déplorant la « carence » de la police vietnamienne, informe sa hiérarchie que les Français s’apprêtent à prendre en main la police de Haïphong (Ruscio, 1985, p. 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à des coups de feu tirés près de la voiture de Morlière, les Français réoccupent les locaux du ministère des Finances et des Communications d’où les coups de feu auraient été tirés. Sainteny donne l’ordre de détruire de nouvelles barrières au bulldozer. Les Vietnamiens voient là une tentative de coup d’État préconisé par la « directive n° 2 » de Valluy du 10 avril (Devillers, 1988, p. 296).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le message d’HCM du 15 ayant été court-circuité par Valluy à Saigon, Ho en adresse un nouveau à Blum : « Nous exprimons le ferme espoir que, sous votre gouvernement, nous verrons enfin s’installer au Vietnam la vraie politique française préconisée par le parti S.F.I.O. et vous-même, politique de respect des accords de coopération sincère et fraternelle […] » Il rappelle le contenu de son message du 15. Valluy va pratiquer avec celui-ci la même méthode qu’il avait appliquée pour celui du 15, la rétention d’information. Blum n’en sera destinataire que le 22 à 16 h 00, heure de Paris (Devillers, 1988, p. 295).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu rencontre à nouveau De Gaulle à Colombey entre 12 h 15 et 15 h 30. Selon le témoignage de Claude Guy qui assiste à la rencontre : « Il est singulier pour moi de comparer les jugements de l’Amiral sur Ho Chi Minh à ceux qu’il manifestait il y a sept mois au cours d’un déjeuner à Marly [le 20 juin], lorsque le Général lui affirmait  alors qu’Ho Chi Minh était et demeurait l’adversaire de la France, qu’il importait de lui refuser notre confiance, qu’il était « un pion sur l’échiquier de Staline », qu’il ne fallait signer aucun accord avant l’entrée des troupes françaises à Hanoi, l’Amiral  semblait penser sans toutefois le dire, que De Gaulle exprimait là un jugement par trop sévère. L’amiral D’Argenlieu repart jeudi pour l’Indochine. Il parle maintenant, bel et bien d’Ho Chi Minh comme d’un adversaire. » De Gaulle confie au cours de cet entretien à l’amiral : « Je vous le répète : la France dans cette affaire, c’était vous ! Ce gouvernement n’en est pas un ; il ne représente pas la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 300)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 décembre 46 - 8 janvier 47 : Après avoir reçu Leclerc, Blum envoie en Indochine son ministre de la France d’Outre-mer, Marius Moutet, ainsi que  le général Leclerc pour le renseigner sur une situation qu’il connaît mal et uniquement par le biais de ce que lui en a dit D’Argenlieu en qui il n’a pas vraiment confiance (voir 23 décembre). Sans le coup de force vietminh du 19, les deux hommes auraient dû rencontrer HCM et s’entendre avec lui, ce que ce dernier n’avait pas refusé. Mais il a fait savoir qu’il demandait au préalable un retour des troupes respectives à leur position du 17 décembre, manière de ne pas reconnaître les récents succès militaires des Français (voir 18 décembre). Une demande que Moutet refusera ultérieurement (voir 4 janvier 1947). Leclerc ira dans le même sens, choisissant la manière forte, en demandant même le renfort d’une division (voir 8 janvier 1947) (Gras, 1979, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 décembre 46 : Selon le commandant Fonde, présent à Hanoi, « l’horizon s’éclaire merveilleusement dans la matinée du 19. Les uniformes de la police réapparaissent aux carrefours et dans les rues. L’animation renaît en ville. Un grand nombre d’ouvriers reprend le travail, abandonné depuis plusieurs jours à la citadelle. Les patrouilles mixtes circulent à nouveau. » (Fonde, 1971, p. 313). Mais les apparences sont plus que trompeuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la même matinée, une lettre de Morlière adresse aux Vietnamiens un ultimatum demandant la levée des barricades et le désarmement des &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039; (Ruscio, 1992, p. 85). Le général demande à rencontrer Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève) qui lui répond devoir au préalable consulter le prochain conseil des ministres vietnamiens qui n’aura lieu que le 20 (Devillers, 1988, p. 296).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, on poursuit sciemment la pratique du dialogue de sourds. HCM qui déplore « l’atmosphère tendue des derniers jours » a demandé à Hoang Minh Giam (ministre des Affaires étrangères) de rencontrer Sainteny dans l’après-midi. Ce dernier, se disant surchargé de travail, lui fait savoir qu’il ne pourra le rencontrer que le 20. Vers midi, il reçoit une brève lettre d’HCM lui exprimant ses espoirs en cette rencontre qui n’aura en fait jamais lieu car Sainteny a, depuis le 16, choisi le camp des bellicistes qui ont participé avec Valluy à la réunion de Haïphong du 16 décembre (Devillers, 1988, p. 296).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Vietnamiens se réunissent à Phan Luc et expédient à toutes les zones de guerre un télégramme affirmant : « […] notre gouvernement a catégoriquement rejeté l’ultimatum des Français [voir 16 décembre], exigeant le désarmement de notre milice d’auto-défense […] Ordre du Comité central : Que tout soit prêt ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Giap 1, 2003, p. 29). Les deux camps adoptent une attitude ouvertement belliciste, même si, jusqu’à 16 h 00, Giap a donné l’ordre d’éviter les provocations. À Hanoi, la situation se détend un peu l’après-midi : à 16 heures Fonde reçoit une lettre de Hoang Minh Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) qui semble aller dans le sens de l’ultimatum de Morlière (Fonde, 1971, p. 313). Ce dernier donne l’ordre d’une déconsignation temporaire des troupes françaises et ce, jusqu’à 17 heures. Mais, dans la ville, des arbres ont été abattus ou minés. Des quartiers entiers sont isolés par des tranchées ou des barrages intérieurs et extérieurs à l’agglomération. À 17 heures, des renseignements émanant du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, transmis par Fernand Petit (un infiltré du contre-espionnage chez les &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039;), indiquent clairement que l’opération du VM va avoir lieu le soir même (Devillers, 1988, p. 297). A 18 heures, Morlière reconsigne les troupes de la Citadelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’insurrection éclate à Hanoï à partir de 20 heures&#039;&#039;&#039; (cartes &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 2, 1971, p. 39 ; Teulières, 1979, p. 238). La destruction par explosifs de la centrale électrique sert de signal. C’est la rupture définitive des accords franco-vietnamiens du 6 mars qui affectera d’autres villes vietnamiennes au Tonkin et en Annam (Nam Dinh, Hai Duong, Bac Ninh, Bac Giang, Hué). &#039;&#039;&#039;L’ensemble du Vietnam bascule définitivement dans la guerre sur un ordre de Giap donné clairement à 22 h 00&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’initiative des &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039;, milices très petites, motivées, dispersées, mobiles et rapides, les quartiers français de Hanoï sont attaqués et leurs occupants pris en otages ou massacrés. Les civils français ont été armés préventivement et se sont barricadés chez eux. Pour autant, on déplorera une cinquantaine de morts, des viols et la capture de 200 otages. La riposte française est immédiate avec occupation des lieux de pouvoir. L’après-midi, HCM a échappé de peu à la capture par des troupes françaises dirigée vers l’ex-Résidence supérieure défendue jusqu’au dernier homme par les Vietnamiens. Caché, il ne pourra quitter la ville sous protection rapprochée que le 20 au matin (Devillers, 1988, p. 298).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Connaissant les faiblesses de son armée, Giap a défini une tactique qui fera ses preuves à l’avenir, un mélange de guerre de position et de guérilla urbaine (Giap 1, 2003, p. 69). D’Argenlieu précisera dans un rapport au gouvernement en date de 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 1947 : « Un seul élément capital a fait défaut, la surprise. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 379) Le plan d’attaque du VM n’a été qu’en partie réalisé et seuls les &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039; ainsi que quelques unités régulières (5 bataillons de la Garde nationale) ont été engagées car des ordres de Giap ont prudemment stoppé l’amplitude du mouvement insurrectionnel dès 16 h 45 (Ngo Van Chieu, 1955, p. 106-107). Les régiments vietnamiens prévus autour d’Hanoi (environ 30 000 hommes selon Ngo Van Chieu, 1955, p. 106) ne seront pas engagés suite à un contre-ordre de Giap. L’armement des milices &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039; demeure précaire (2 250 fusils, pour la plupart, obsolètes). De ce fait, au matin du 20, les Français parviendront à se maintenir dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revenu à Hanoi le 2 décembre, &#039;&#039;&#039;Sainteny&#039;&#039;&#039;, plein d’amertume, est depuis le 16 favorable à une intervention armée des troupes françaises afin de pouvoir négocier en position de force. Il &#039;&#039;&#039;est grièvement  blessé ce jour-même dans un accident : sa voiture saute sur une mine et est par la suite cernée et attaquée&#039;&#039;&#039;. Le commissaire de la République au Tonkin est sérieusement blessé. Il sera provisoirement remplacé par le général Morlière (Valluy 3, 1967, pp. 359-360). Celui-ci avait eu la bonne idée de reconsigner au préalable les troupes françaises présentes dans la ville. Elles sont un moment en difficulté mais ne perdent pas pied. &#039;&#039;&#039;Certains dirigeants vietminh quittent la ville pour se réfugier dans la jungle de la moyenne région tonkinoise.&#039;&#039;&#039; HCM quittera le village de Van Phuc (11 km d’Hanoi) dans l’après-midi du 19 et se rendra à Thanh Hoi au bord du fleuve Day, un refuge qui sera ultérieurement repéré par les Français (Giap 1, 2003, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, Blum reçoit une seconde fois (voir 15 décembre) D’Argenlieu sur le départ et lui donne ses instructions alors que le processus insurrectionnel est déjà largement engagé à Hanoi (Devillers, 1988, p. 299).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la perception erronée de la plupart des Français face à ce mouvement insurrectionnel révolutionnaire, voir janvier 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 décembre 46 : Valluy reçoit l’ordre du général Juin (chef d’état-major de l’armée française) et du gouvernement « d’arriver à une suspension d’armes [s’il en voit] la possibilité sans compromettre la situation des troupes et des ressortissants français. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 315). Un télégramme de Juin adressé au haut-commissaire par intérim lui annonce la venue de Moutet qui a pour mission d’« essayer d’empêcher le déclenchement définitif des hostilités. » (Ibid.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blum et Moutet font parvenir à HCM un télégramme que Valluy retiendra volontairement quelque temps : « Nous insistons vivement pour que des ordres soient immédiatement donnés pour arrêter les hostilités. Délégué du Gouvernement arrive. Nous désirons le maintien de la paix et l’application des accords si elle est légale. Aucune violation ne peut être acceptée. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 315-316).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur place, la situation demeure explosive. Valluy et Morlière font appel à des unités extérieures (bataillons de marche de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.) qui ne reprendront que très lentement le contrôle de la ville. Leur intervention oblige le gouvernement vietminh à prendre la fuite, d’abord dans la région de Hadong (grottes de Long Chau), au sud-ouest d’Hanoi. De là, HCM lance un appel diffusé par la radio &#039;&#039;La Voix du Vietnam&#039;&#039; : « Par amour de la paix, nous avons fait des concessions. Mais la clique des colonialistes français réalise son dessein de subjuguer à nouveau la Patrie. Plutôt sacrifier sa vie que retourner à l’esclavage. Compatriotes ! Debout ! Luttez par tous les moyens. Que celui qui a un fusil se serve de son fusil, que celui qui a une épée se serve de son épée ! Et si l’on n’a pas d’épée que l’on prenne la pioche ou des bâtons ! Que chacun mette toutes ses forces à combattre le colonialisme et à sauver la Patrie ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 186) Le gouvernement vietnamien se met en mouvement sous la protection de l’armée pour s’enfoncer plus au nord, vers la jungle protectrice (Ngo Van Chieu, 1955, p. 109).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’après-midi, Blum et Moutet adressent par le biais de Valluy un télégramme à HCM (qui a quitté Hanoi le matin). C’est une réponse à son message du 16 qui avait été volontairement retenu par Valluy. Blum annonce la venue de Moutet et en appelle à la cessation des hostilités : « […] Nous désirons le maintien de la paix et l’application des accords si elle est loyale. Aucune violation ne peut être acceptée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 299)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Juin adresse un télégramme à Valluy pour connaître l’origine des événements en cours. Valluy lui répondra le 23. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un premier rapport des événements (suivi d’autres, les 22 et 23 décembre) émanant de Saigon est adressé à l’État-major général de la Défense (Juin) et au Comminido (Messmer). Il vise à accréditer la thèse selon laquelle le gouvernement vietnamien a mis le feu aux poudres et ainsi gommer les responsabilités françaises. Ce rapport met l’accent sur la responsabilité des Vietnamiens. Il indique : que Sainteny a été blessé ; que dès l’interruption de l’électricité à Hanoi, les Vietnamiens sont passés à l’attaque ; que ce qui s’est passé à Hanoi a eu lieu dans d’autres villes. Il ne sera plus désormais question, côté français, que d’une « préméditation odieuse » qui a entraîné « une justification de mesures graves qui s’impos[ai]ent. » Côté français, on insistera désormais à n’en plus finir sur « la sauvagerie et la bestialité » de l’ennemi (Devillers, 1988, pp. 308-310). L’agence &#039;&#039;France-Presse&#039;&#039; relaie ce type d’informations qui seront largement reprises par les journaux métropolitains (voir &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; des 21 et 22-23 décembre 1946)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 décembre 46 : Nouvelle proclamation d’HCM « au peuple vietnamien, au peuple français et aux peuples des pays alliés » : il dénonce conjointement la mise en place en Cochinchine d’« un gouvernement fantoche pour semer la division » et revient sur l’« agression d’Haïphong ». (Gras, 1979, pp. 154-155) Il termine son allocution par un « […] Luttez par tous les moyens dont vous disposez. Luttez avec vos armes, vos pioches, vos pelles, vos bâtons. Sauvez l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Patrie. La victoire finale est assurée. Vive le Vietnam indépendant et indivisible. Vive la Démocratie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cesari, 1995, p. 53)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement vietnamien s’éloigne encore de la région d’Hanoi et se réfugie vers Tuyen Quang (130 km au nord-ouest d’Hanoi).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation à Haïphong étant demeurée calme, Morlière engage les troupes du colonel Dèbes sur la R.C.5 avec pour mission de débloquer Haïduong, un verrou en direction d’Hanoi où se sont déroulés durant 4 jours des combats de rue intensifs. La réouverture totale de la route ne s’effectuera toutefois que le 13 janvier 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant d’être opéré de ses blessures, Sainteny diffuse un message qui devra être connu internationalement : « Je suis touché un des premiers sous les coups d’une traîtrise inqualifiable alors que je n’avais offert au Vietnam que ma loyauté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 301)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morlière, par le biais d’un officier vietnamien prisonnier, fait transmettre à HCM le message de Blum et Moutet. HCM qui l’a reçu le 22 au soir y répondra le 23 (Devillers, 1988, p. 302). C’est donc une temporaire reprise de contact. Le commandant Fonde transmet quant à lui à destination de Hoang Minh Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) une proposition d’échange de prisonniers : ceux de la liaison de Vinh contre les prisonniers vietnamiens de la liaison de Hanoi. Cette proposition n’aboutira pas (Fonde, 1971, p. 330).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au 21 décembre, les pertes françaises à Hanoi sont estimées à 50 militaires et 29 civils (Ruscio, 1985, p. 144, note 43) On est donc bien en deçà de celles d’Haïphong et encore plus loin des propos d’Émile Bollaert de février 1948 qui évoquera « l’affreuse nuit du 19 décembre où les forces du Vietminh cherchèrent à égorger tous les Français résidant au Tonkin. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 144, note 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle se réjouit des événements du 19 : « Il est heureux qu’on en soit arrivé là. Il est heureux que le Vietnam ait engagé le fer. Dorénavant, D’Argenlieu est le maître. Il est heureux que nous ayons maintenant la possibilité d’agir et de régler la question. Je dois dire que le réflexe de conversation s’est produit favorablement : depuis six mois, l’opinion a fait des progrès. D’Argenlieu, je le répète, a les mains libres. » De Gaulle n’a qu’une crainte, « le risque de reprise des négociations entre Ho Chi Minh et Moutet. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 310)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;D’Argenlieu quitte Paris pour l’Indochine à 8 h 30&#039;&#039;&#039; (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 21 décembre 1946). Il sera mis au courant de la situation à Hanoi par un bref télégramme de Valluy reçu à Tunis.  Il sera de retour à Saïgon le 23.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 - 23 décembre 46 : Reconquête par les Français des quartiers européens de Hanoi et attaques des unités vietminh non engagées qui ceinturent la ville. Les Français procèdent au nettoyage de la zone située entre la citadelle et le pont Paul Doumer puis à celui du siège du quartier sino-annamite au nord du Petit Lac où les &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039; se sont retranchés et résistent dans des combats de rue, maison par maison (carte &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, p. 326). Les Français font appel aux blindés, à l’artillerie et à leur aviation de bombardement. Giap s’est engagé à tenir la ville « au moins une quinzaine de jours » afin d’« user et liquider une partie des forces ennemies, les encercler le plus longtemps possible dans Hanoi et dans les autres villes, de manière à laisser à toute la nation le temps de se préparer à la guerre. » (Giap 1, 2003, pp. 33-34) Il fera mieux, en tenant la ville durant près de deux mois jusqu’au 17 février 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Départ de Moutet pour Saigon.&#039;&#039;&#039; Il y arrive le 25.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’avoir fait revenir d’Indochine, Blum reçoit Leclerc à Matignon et lui demande son impression sur la situation. Le courant passe entre deux hommes pourtant aussi dissemblables. Le général lui donne un avis « sans détour ». Il faut fournir au C.E.F.E.O. des moyens pour rétablir la sécurité et par la suite négocier avec le VM. Les deux hommes tombent d’accord sur ce point. Blum demande à son interlocuteur de repartir immédiatement au Vietnam en « mission d’inspection », ce que Leclerc accepte « sans hésiter une seconde » (selon une note de son aide de camp) et ce, au grand dam de D’Argenlieu. Mais Blum passe outre l’avis de l’amiral dans laquel il n’a qu’une confiance limitée (Chaffard, 1969, pp. 64-65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Raymond Aubrac, ce même jour, Blum demande à le rencontrer « de toute urgence ». Le président du Conseil lui confie : « Les deux parties se préparent activement au combat. Je crains que ce soit nos troupes qui ont (sic) mis le feu aux poudres. Mais la question est maintenant dépassée. Vous connaissez bien Ho Chi Minh. Moi aussi. Je ne pense pas qu’il veuille une guerre et je veux aussi l’éviter. Quels conseils me donnez-vous ? » Aubrac lui conseille d’« envoyer tout de suite auprès de Ho Chi Minh un homme en qui [il a] confiance, et qui soit son ami. » Il lui conseille également d’empêcher le retour de D’Argenlieu à Saigon. Blum acquiesce au premier point et propose d’envoyer Marius Moutet. Il estime par contre ne pas pouvoir suivre le second conseil car, confie-t-il, « si je l’en empêche, mon gouvernement sera renversé. » Il invite Aubrac à venir écouter son discours du lendemain devant l’assemblée nationale. Il lui demande enfin de rester en contact avec le délégué en France du gouvernement vietnamien, Tran Ngoc Danh (voir 31 décembre) (Aubrac, 2000, pp. 237-238). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une directive du bureau permanent du VM intitulée « Tout le peuple mène la résistance » préconise le mot d’ordre : « Appliquer systématiquement la guérilla combinée à la guerre de mouvement », seul compromis du moment trouvé par un VM toujours mal armé. Mais l’hyper mobilité des troupes et des &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039; demeure un palliatif efficace contre cette carence (Giap 1, 2003, p. 78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 décembre 46 : Devant l’Assemblée nationale, Blum demeure évasif voire rassurant quant à la situation au Vietnam : « L’état-major de la Défense nationale n’a rien reçu du commandement militaire d’Hanoi, ce qui donne lieu d’espérer que les incidents sont moins sérieux que ce que l’on pouvait craindre. » Mais la presse n’est pas de cet avis : &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; parle de « la situation tragique dans laquelle se trouvent plusieurs milliers de compatriotes, dispersés entre Hanoi, Haïphong, Langson, Nam Dinh, Hué et Tourane. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 299)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy télégraphie en réponse au télégramme du général Juin du 22 : « Je ne vois pas honnêtement moyen pour moi d’arriver à une suspension d’armes. Nous avons perdu contact avec Gouvernement vietnamien dont je répète qu’il est indubitablement pour tous observateurs français et étrangers l’agresseur. Il semble pour le prestige de la France que la demande de suspension d’armes doit venir de ce gouvernement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 316). D’Argenlieu approuvera cette position dès son arrivée en Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Retour de France de l’amiral D’Argenlieu à Saïgon&#039;&#039;&#039;. Il n’y était plus depuis le 15 novembre... Il a eu des entretiens avec De Gaulle et Blum. Il sait qu’il n’est plus soutenu par le M.R.P. Au sein du gouvernement, Blum et Moutet lui ont reproché d’avoir saboté les accords du 6 mars, d’avoir provoqué l’affaire d’Haïphong et compromis toute tentative de négociation avec le VM. &#039;&#039;&#039;Il sait que son avenir en Indochine est désormais compté&#039;&#039;&#039; (voir 14 décembre), y compris devant le futur gouvernement Ramadier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blum, qui sait que son gouvernement sera éphémère et que la session parlementaire est en train de se terminer, cherche à gagner du temps. Il prononce un discours à l’Assemblée qui demeure en tout point fidèle à l’engagement dépassé de De Gaulle du 24 mars 1945 et à l’œuvre de ses prédécesseurs dans les différents gouvernements. Il affirme : « Le vieux système colonial qui fondait la possession sur la conquête et son maintien par la contrainte tendait à l’exploitation des terres et de peuples conquis est aujourd’hui chose révolue [...] » Mais ajoute aussitôt « il s’agira de reprendre avec loyauté l’œuvre interrompue, c&#039;est-à-dire l’organisation d’un Vietnam libre &#039;&#039;(protestations à droite)&#039;&#039; dans une Union indochinoise librement associée à l’Union française. Mais, avant tout, doit être rétabli l’ordre pacifique qui sert nécessairement de base à l’exécution des contrats. » (extrait du débat parlementaire cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 316-317) Selon Bodin, « à la fin du discours du Président du Conseil, les députés de droite s’exclamèrent : « Nous sommes en guerre ! » Le mot apparaissait pour la première fois. » (Bodin, 1996, p. 169)  La presse française n’adhère pas forcément au discours faussement rassurant du président du Conseil. Rémy Roure du &#039;&#039;Monde&#039;&#039; lui rétorque : « Il suffit de s’en tenir aux informations de l’A.F.P. pour être angoissé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 299)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM, mis au courant de la venue de Moutet et Leclerc, demande à les rencontrer. Leclerc n’y est pas opposé mais, estimant que sa mission était purement militaire, il ne peur s’engager dans une entrevue avec Ho sans l’aval de Moutet. Il séjourne à Saigon où se trouvent D’Argenlieu (de retour de Paris) et Valluy. Sa présence n’est pas du goût ni du premier ni du second. À l’évidence, tous les responsables locaux ou dépêchés cherchent à s’éviter... Moutet n’arrivera à Hanoi que le 2 janvier 1947, alors que Leclerc est parti pour Langson puis Haïphong. À son retour, le 4, Moutet sera à son tour reparti. Chassé-croisé d’hommes qui ne veulent se voir ou ne le peuvent pour des questions de calendriers mal ajustés. Au final, Moutet et Leclerc ne se rencontreront que le 5 à Nha Trang (Chaffard, 1969, pp. 87-88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM qui a reçu le 22 au soir le message de Blum par le biais d’un officier vietnamien prisonnier mais qui a été libéré pour le lui transmettre, y répond. Après avoir évoqué les circonstances dangereuses de sa fuite forcée, il déplore la tournure qu’ont pris les événements depuis le 17 (massacres de populations vietnamiennes et occupation des lieux de pouvoir). Mais sa réponse demeure inchangée : on ne peut reprendre les négociations que si les Français reviennent aux positions territoriales qu’ils occupaient avant le 17 (Devillers, 1988, pp. 302-303).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les quartiers européens d’Hanoi sont nettoyés, un maire est remis en place. Sainteny réoccupe le palais du Gouvernement général qu’il avait dû quitter en septembre 1945 (Devillers, 1988, pp. 311-312).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Nyo qui dirigeait la commission militaire prévue par le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; déclare en parlant rétrospectivement de l’attitude du VM : « La duplicité était élevée à la hauteur d’un principe. » (cité in De Folin, 1993, p. 170) Aigri parce que n’étant arrivé à aucun résultat, il avait suspendu les travaux de la commission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reprise par les Français de Bac Ninh (à l’est d’Hanoi).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morlière et Sainteny s’opposent à la transmission à Blum d’une lettre qui évoque le massacre par les Français de civils vietnamiens dès le 17, c&#039;est-à-dire avant l’attaque générale du VM. Côté français, la rétention d’informations couverte par D’Argenlieu devient une habitude (Turpin, 2005, p. 316).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au 23 décembre, du fait des récents événements déclenchés à partir du 19, les pertes françaises pour toute l’Indochine sont estimées à 100 morts et 30 disparus (Ruscio, 1985, p. 144, note 43)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 décembre 46 : Reprise de la localité de Laikhe dans le secteur de Haïphong. Mais il faudra attendre le 13 janvier 1947 pour que la R.C. 5 entre Hanoi-Haïphong soit totalement rouverte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces françaises de Langson parviennent à rompre leur encerclement, rejoignent la Baie d’Along par Dinh Lap et se réfugient dans le port de Tien Yen toujours aux mains des Français (Fonde, 1971, p. 328).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Blum, acculé par les déclarations de la presse beaucoup moins optimistes que ce qu’il a laissé entendre jusqu’alors dans l’hémicycle (voir 23 décembre), est au final obligé de corriger ses propos devant l’assemblée nationale : « Les ordres nécessaires ont été donnés sans flottement et sans retard […] Vous ne devez pas vous attendre à un redressement instantané. Il est même possible que durant quelques semaines, les difficultés s’étendent ou se compliquent […] Nous avons été placés devant l’obligation de faire face à la violence. » Le président du Conseil exclut toutefois l’idée d’une guerre ouverte, même si tout sur place contredit ses belles intentions : « Nous resterons sourds à aucune possibilité de mettre un terme à la situation actuelle. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 300) Il fait connaître la mission d’inspection qu’il a confiée à Leclerc, homme providentiel, désormais considéré comme un ultime recours. Elle ne fait pas l’unanimité à la droite de l’armée, notamment dans certains milieux gaullistes proches de D’Argenlieu qui ne pardonnent pas à Leclerc d’avoir traité avec HCM et de n’avoir eu aucune clairvoyance sur l’ampleur de ce qui se passait vraiment au Vietnam lorsqu’il y était (Chaffard, 1969, pp. 65-67). Pour autant, Blum demande à Leclerc de demeurer en Indochine « jusqu’à nouvel ordre ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu, de retour à Saigon depuis la veille, réunit un Conseil fédéral. Dans son journal, il en évoque les conclusions : l’agression a été préméditée par le gouvernement d’Hanoi ; le gouvernement général ne peut reprendre la moindre négociation de ce fait. Il s’auto-justifie : « Personnellement, j’ai pratiqué loyalement la politique des accords en Indochine depuis septembre 1945. Elle a porté ses fruits partout, sauf avec le gouvernement de Hanoi. C’est fini. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 311) Il déclare par ailleurs : « Dans ses relations avec la France, le Gouvernement de Hanoi a vécu. Il a fait définitivement la preuve qu’il voulait notre éviction pure et simple. La gravité des actes commis rend impossible que l’on retienne la fiction d’un gouvernement avec lequel nous n’avons pas rompu officiellement [puisque le G.P.R.F. ne l’a en effet pas encore fait]. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 312)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonnet, ambassadeur de France à Washington, est convoqué par le sous-secrétaire d’État Dean Acheson pour évoquer la situation en Indochine qui inquiète les Américains. Ils craignent que « certaines Puissances » ne portent la question de l’Indochine devant le Conseil de sécurité de l’O.N.U. La presse américaine suit de près les événements et la France peut compter sur le soutien des États-Unis (DDF, 2004, tome 2, document n° 328, pp. 805-807).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Arrivée de Moutet à Saïgon&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Léon Blum avait prévu d’envoyer de nouveau le général Leclerc et Moutet en Indochine pour rechercher les moyens d’appliquer les accords déjà signés, ceux du 6 mars et le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 14 septembre. L’entente n’est pas parfaite entre les deux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet constate une impasse politique malgré ses déclarations rassurantes : « Il faudra que les éléments du gouvernement du Vietnam se ressaisissent. Je crois qu’ils ont été débordés par ceux de leurs compatriotes qui avaient constitué une véritable armée clandestine. » Il évoque même dans les pages de &#039;&#039;Paris-Saïgon&#039;&#039; de « renouer avec une politique de saine et loyale collaboration ». (Valette, 1994, p. 98) Selon D’Argenlieu, il est en réalité plus sévère que dans ses propos publics (voir 2 – 4 janvier 1947).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, lui, observera dans son rapport remis à Blum le 12 janvier 1947 : « Les opérations militaires ne constituent pas une fin en elles-mêmes. Le problème militaire ne peut être isolé ou conçu séparément du plan politique […] L’anticommunisme sera un levier sans appui aussi longtemps que le problème national n’aura pas été résolu. » A Paris, le conseil des ministres préoccupé par d’autres problèmes et qui n’a guère examiné le dossier indochinois depuis plusieurs mois, semble toujours être peu au courant de ce qui se passe sur place et se voit donc obligé d’envoyer ses &#039;&#039;missi dominici&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Départ de Leclerc pour Saigon&#039;&#039;&#039;. Il y arrive le 28 et demeurera en Indochine jusqu’au 12 janvier 1947. Il a écrit au préalable à Valluy : « Je viens ici pour me renseigner et obtenir pour vous, dès mon retour en France, l’aide maximum de la métropole. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 300)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, en convalescence mais qui a repris partiellement ses fonctions, adresse un message à D’Argenlieu. La reconquête d’Hanoi s’avère bien plus difficile que prévue du fait de l’opiniâtreté des Vietnamiens. La « directive n° 2 » de Valluy du 10 avril qui préconisait un coup d’État français pour renverser HCM s’avère être en fait un échec (Devillers, 1988, p. 303-304). En vue d’un débat parlementaire sur l’Indochine voulu par Blum, Valluy va désormais s’efforcer de faire accréditer la thèse de l’« agression vietnamienne ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parti le 22 de Paris, &#039;&#039;&#039;Moutet arrive à 7 h 30 (heure locale) à Saigon où il est accueilli par D’Argenlieu.&#039;&#039;&#039; Il rend visite au gouvernement autonome cochinchinois de Le Van Hoach.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle déclaration d’HCM au peuple vietnamien : « Nous utiliserons les forces de vingt millions de compatriotes contre l’agression de quelques dizaines de milliers de colonialistes. Nous remporterons certainement la victoire. Nous obtiendrons l’indépendance, la liberté, apportant la gloire à nos aïeux, du bonheur à nos descendants, au prix du sacrifice de quatre à huit millions d’hommes. Cela vaut mieux que de baisser la tête, et vivre à jamais en esclaves des colonialistes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Giap 1, 2003, p. 215)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) produit sa note d’orientation n° 8. Il est chargé par l’amiral de monter un réquisitoire  contre « l’agression vietnamienne » qui est comparée au coup de force des Japonais du 9 mars 1945 : « […] même préparation minutieuse et souterraine […] même cynisme à l’égard des autorités françaises […] même traîtrise dans l’attaque […] même achèvement  sauvage dans l’exécution […] » L’objectif recherché par l’ennemi était d’« anéantir l’armée française et sa population civile sur tout le territoire du Vietnam. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 311) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 décembre 46 : Reprise par les Français de Phu Lang Thuong (au nord-est d’Hanoi, aujourd’hui, Bac Giang).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil du gouvernement vietminh se réunit à nouveau à Hadong. Tous les membres du comité permanent de l’assemblée nationale sont présents On y décide, selon les mots de Giap, « de continuer la résistance jusqu’au bout afin de recouvrir l’indépendance totale du pays. » (Giap 1, 2003, p. 215)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pierre Courtade rappelle dans &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; que « le Vietnam n’est pas la France, mais un État libre au sein de l’Union française, ce qui est différent […] La République vietnamienne entretient avec la République française des rapports de caractère diplomatique et non, à proprement parler, administratif. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 158)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 décembre 46 : Moutet a, à Saigon, un échange public sous forme de discours avec D’Argenlieu. Ce dernier insiste d’abord sur le changement d’orientation de sa mission au vu des récents événements. Moutet en convient parlant de « cruelle désillusion de penser que les accords conclus ne purent pas entrer en application. » Et D’Argenlieu de renchérir : « […] Le guet-apens de Haïphong, puis le coup de force de Hanoi, ont mis en évidence, chez les dirigeants vietnamiens, une totale méconnaissance des intentions du Gouvernement de la République et de ses mandataires. » D’Argenlieu dissuade son interlocuteur de partir dans l’immédiat pour Hanoi où la situation demeure selon lui dangereuse. Il lui propose de se rendre d’abord à Phnom Penh et Vientiane (Devillers, 1988, pp. 312-313)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Blum, Le Troquer (Défense) et Juin, Moutet écrit : « La situation militaire au Tonkin et en Annam me paraît sérieuse mais nullement inquiétante. » Il demande le renfort de 4 bataillons d’infanterie et d’une compagnie de génie, en plus des 3 000 hommes prévus pour recompléter les effectifs (Bodinier, 1987, p. 377).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une tentative pour pénétrer dans le quartier sino-vietnamien fortifié au nord d’Hanoi toujours tenu par les &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039; échoue. Les Français sont obligés d’organiser un blocus pour s’en débarrasser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La liaison est rétablie entre Haïphong et Haiduong (ville entre Haïphong et Hanoi sur la R.C. 5). Il ne reste plus qu’à établir la liaison avec le bataillon Langlais  parti de Hanoi. Chose qui sera faite le 7 janvier 1947 en début d’après-midi (Cadeau, 2019, p. 201).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Arrivée de Leclerc à Saigon&#039;&#039;&#039;. Il est accueilli par le vice-amiral Auboyneau (commandant de la Marine en Extrême-Orient) et le général Nyo (3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. et commandant des forces françaises en Cochinchine et Sud-Annam). D’Argenlieu est absent puisqu’il est à Hanoi. Moutet, ayant suivi les conseils de l’amiral est en partance pour le Cambodge. La situation y est plus rassurante qu’au Tonkin…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 décembre 46 : Suivant les conseils de D’Argenlieu (voir 25 décembre), Moutet arrive au Cambodge avant un nouveau départ pour le Laos  (Devillers, 1988, p. 313). Au Cambodge, l’indécis Moutet laisse entendre que de nouvelles négociations avec HCM ne sont pas exclues. Prudemment, il déclare : « Si on a des propositions à nous transmettre, elles seront examinées avec soin » et ajoute « que les solutions de conciliation sont supérieures aux solutions de force […] » (Devillers, 1988, p. 316). Assez pour inquiéter d’Argenlieu sur ses véritables intentions à l’égard du VM (voir 30 décembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;D’Argenlieu part quant à lui pour Hanoi&#039;&#039;&#039; préparer le terrain avant l’arrivée du ministre de la F.O.M. Il a, au préalable, envoyé un télégramme à Paris : « […] En résumé, au lendemain du coup de force qui, avec des deuils cruels, a détruit beaucoup d’illusions, la situation présente cependant des éléments réconfortants. » Il faut donc poursuivre dans la voie actuelle (Devillers, 1988, pp. 313-314). À Hanoi toujours en guerre, il rend visite à Sainteny qui a progressivement repris ses fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un message adressé à D’Argenlieu, Blum définit l’attitude à adopter. Militairement, il faut tenir les principales villes et dégager progressivement Hanoi. Politiquement, il constate que le VM veut évincer la présence française et qu’il est donc impossible de reprendre des contacts avec le gouvernement vietnamien car, selon lui, HCM ne contrôle plus les éléments les plus radicaux de son entourage. Il faut donc rétablir l’ordre avant toute chose (D’Argenlieu, 1985, pp. 378-379).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc a un entretien avec Valluy. Ce dernier estime : « Le Vietminh, « parti totalitaire », tient en main toutes les organisations militaires et paramilitaires […] [il est] l’âme de la résistance depuis la pointe de Camau jusqu’à la frontière de Chine. Il ne représente pas […] toute la nation annamite mais il la tient. Son but est très sûrement de nous abattre progressivement par l’usure en refusant les grands combats et en entretenant, du nord au sud, la guérilla […] Pacifier c’est donc abattre le Vietminh, le désarmer matériellement et moralement, le dissocier, puis créer un ordre nouveau. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 301)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc s’adressant dans un courrier à Blum, Le Troquer (Défense) et Juin confirme les propos de Moutet du 27 : « La situation militaire, quoique sérieuse est satisfaisante. En effet, l’adversaire a échoué dans son projet de massacre par surprise, le 19 décembre, des garnisons françaises du Nord, à la méthode japonaise. Dans le Sud, il faut s’attendre à une reprise générale des guérillas. » (Bodinier, 1987, p. 378)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Leclerc part pour Hanoi&#039;&#039;&#039; et y arrive à peu près en même temps que D’Argenlieu (Devillers, 1988, p. 317).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par le biais de la radio vietnamienne (qui a repris ses émissions le 26), HCM adresse un message de vœux à Blum lui annonçant sa satisfaction à l’annonce de la venue de Moutet. Il réitère son exigence du retour des troupes françaises à leur position d’avant le 17 et, dans ce cas précis, appelle à un cessez-le-feu (Devillers, 1988, p. 318).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 décembre 46 : Dans son &#039;&#039;Journal&#039;&#039;, D’Argenlieu évoque la future « solution Bao Daï » qui s’esquisse : « Selon Pignon, des perspectives s’ouvrent. Elles convergent en général vers l’idée d’un rétablissement monarchiste. Ce sera difficile à conjuguer. C’est normal : une restauration est toujours chose délicate, mais elle aide à sortir du chaos. » L’amiral considère quant à lui cette option comme un moindre mal, mais sans trop y croire… Il souhaite le même jour « qu’aucune collusion ne surgisse – si minime soit-elle – entre le G.R.V. [gouvernement révolutionnaire vietnamien] et la F.O.M. » (voir 29 décembre) mais aussi que le gouvernement français « dénonce les conventions et accords, non pour revenir sur leur substance, mais pour se libérer de mauvais partenaires ». Il en appelle enfin « à un gouvernement nouveau, capable de produire « un choc » »  (D’Argenlieu, 1985, p. 380).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 décembre 46 : &#039;&#039;&#039;Arrivée de Leclerc à Hanoi&#039;&#039;&#039; avec les colonels Massu et Crépin. Selon le journal de son aide de camp, « le Général questionne, parle aux troupes, va les voir toutes […] L’après-midi, il se rend à Bac Ninh […] Il interroge encore, fait interroger, enregistre et ne prononce aucun jugement. » Les trois hommes désapprouvent toutefois la conduite de Morlière qu’ils jugent avoir manqué de fermeté et dont l’attitude a été fortement décriée par la population locale. Tous trois n’ont cependant pas été mis au courant de la liaison entre les événements d’Haïphong (pour lesquels Valluy et Dèbes portent une réelle responsabilité) et ceux d’Hanoi du 19. Leclerc demande le rappel de Morlière (Chaffard, 1969, pp. 85-86). N’ayant pas, du fait de ses attributions du moment, le pouvoir de révoquer un officier général, il en réfère à Moutet qui est seul habilité à le faire (Pedroncini, 1992, p. 301, note de bas de page).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM lance un nouvel appel à la poursuite de la lutte dans Hanoi (Salan 2, 1971, pp. 49-50). Il produit un décret-loi instituant la création d’un comité central de l’évacuation des populations déplacées et réfugiées qui sont accueillies, nourries et, selon les mots d’HCM, « doivent prendre part à la production » (Giap 1, 2003, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée au ministre de la Défense, le général De Lattre de Tassigny a établi que « l’ensemble des effectifs de l’armée comprend 460 000 hommes dont 6 000 gendarmes ; c’est donc le quart du total de nos forces qui sont engagées en Extrême-Orient […] » et en conclut « nous atteignons les limites de nos possibilités actuelles. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 303) D’où les demandes limitées de renfort réclamées par Leclerc (voir 12 janvier 1947) dont le but doit être avant tout une reprise de négociations politiques avec le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Raymond Aubrac a récemment rencontré Blum (voir 22 décembre). Il adresse ce jour une lettre au président du Conseil demandant à ce que Tran Ngoc Danh (représentant du gouvernement vietnamien en France) puisse se rendre rapidement au Vietnam pour chercher des solutions d’apaisement. Aubrac avait été chargé le 22 par Blum de rester en contact avec lui. Pour autant, Aubrac dira n’avoir jamais reçu la moindre réponse à son courrier (Aubrac, 2000, pp. 238-239). Aubrac sera sollicité ensuite 2 fois par Vincent Auriol (futur président de la République) et René Mayer (futur président du Conseil) pour se rendre au Vietnam et y rencontrer HCM : « Je refusai, ayant compris qu’on avait rien à proposer et que mon voyage ne servirait que d’alibi à des politiciens bien déterminés à poursuivre la guerre. » (Aubrac, 2000, p. 240)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin 46 : Les effectifs de l’armée vietnamienne atteignent 25 à 30 000 hommes mais seule une partie est correctement armée au Nord comme au Sud. S’y ajoutent les milices d’autodéfense, les &#039;&#039;Tu Ve&#039;&#039;, mal armés mais tenaces à Hanoi, ainsi que les « commandos de la mort » à vocation terroriste (Goscha, 2002, p. 34). Les Français ne disposent que de 13 000 hommes, souvent encore isolés dans leurs garnisons cernées par la VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet envoie à Blum, Le Troquer (Défense) et au général Juin (chef d’état-major) un télégramme : « Ces actions militaires seront conduites à moindre frais si elles sont déclenchées rapidement avant que les troupes vietnamiennes aient eu le temps de développer et consolider leurs organisations – Stop. J’insiste pour que satisfaction soit donnée à la demande du Haut-Commissaire relative au renfort de quatre bataillons d’Infanterie et une compagnie de Génie rendus en Indochine avant fin janvier, indépendamment des 3 000 hommes d’Infanterie nécessaires pour recompléter les effectifs des troupes actuellement engagées dans dégarnir la Cochinchine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 153) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fin décembre, les pertes françaises depuis le déclenchement de l’insurrection du 19 décembre sont estimées pour toute l’Indochine à 110 militaires et 46 civils selon le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 1947 (Ruscio, 1985, p. 144, note 43).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Novembre_1946&amp;diff=5350</id>
		<title>Novembre 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:47:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Novembre 46 : Troubles à Haiphong, conséquence du bombardement de la ville sur ordre du commandant en chef et haut-commissaire par intérim, le général Valluy , « pour donner une bonne leçon au Vietminh ». Celui-ci n’exclut pas de « transformer une éventuelle riposte en &#039;&#039;&#039;coup d’État&#039;&#039;&#039; » pour se débarrasser d’HCM et de son gouvernement. Leclerc déplore de France l’état d’esprit de son remplaçant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un rapport du général Juin (chef d’état-major), « la clef de voûte de notre présence en Indochine, c’est la Cochinchine. C’est là que nous devons concentrer nos forces. Nous n’avons aucun intérêt à allumer dans le Nord des opérations militaires, dont le premier résultat serait – et est déjà – de nous amener à transférer du sud au nord des bateaux, des parachutistes, de l’aviation et par suite à dégarnir la Cochinchine. » Il estime à 250 000 le nombre d’hommes nécessaires à rétablir l’ordre dans le Nord, notamment si la guérilla reprenait (Valette, 1994, p. 94) Le haut-commissaire ne partageant pas nécessairement ce point de vue (voir 28 septembre et 29 novembre)…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 46 : La délégation du général Nyo (commandant des forces françaises en Cochinchine et Sud-Annam ;  président des commissions mixtes d’état-major prévues par le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;) arrive à Hanoi pour participer à la commission militaire prévue par le &#039;&#039;modus&#039;&#039; (voir 15 septembre) et entend notamment régler la question des accords d’états-majors entre Français et Vietnamiens en Cochinchine. Un bref climat de détente entretenu par HCM semble s’installer avec envoi de télégrammes chaleureux à Félix Gouin, Léon Blum et Georges Bidault. Poursuite des nombreuses mondanités qui ont eu lieu jusque-là en présence de représentants du VM, mais qui dissimulent mal un climat plus que tendu qui signifie que l’on s’entretuera dès que possible (De Folin, 1993, pp. 165-166). Toutefois, le VM bloque le processus de négociation en ergotant sur des aspects procéduriers comme la reconnaissance du Comité de Nam Bo par les Français, un point que le général Nyo n’est pas habilité à traiter. Le VM cherche là encore à gagner de temps dans le Sud comme au Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les purges au sein du gouvernement vietnamien ne sont même pas dissimulées dans la presse. Le journal &#039;&#039;Cu’u Quoc&#039;&#039; (&#039;&#039;Le Salut national&#039;&#039;) du jour évoque ouvertement la vague d’arrestations en cours : « Le 29 octobre, nos services de la Sûreté ont arrêté, au cours d’une opération de police, plus de trois cents personnes. Après criblage, la majorité est restée en prison en attendant d’être transférée dans des camps de concentration. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 51)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 novembre 46 : Après sa brève démission du 28 octobre, &#039;&#039;&#039;HCM met en place un gouvernement de combat intitulé &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; : HCM en est le président, le chef du gouvernement et pour l’instant le ministre des Affaires étrangères ; Giap en est le ministre de la Défense et le second personnage du régime. À l’exception de Chu Ba Phuong du V.N.Q.D.D., tous les ministres sont du VM ou proche de lui. Bao Daï, absent car résidant à Hong Kong, demeure un « conseiller suprême » plus que théorique. Un projet de constitution vietnamienne voit le jour (voir 8 novembre). Dans les faits, malgré l’existence d’une assemblée nationale, c’est un comité central restreint d’inspiration soviétique qui détient les rênes du pouvoir et en assure la rédaction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;HCM accueille à Hanoi la première commission d’état-major chargée d’étudier la procédure d’application du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; Elle piétinera car, selon Valluy, les VM « veulent simplement consolider leur position dans le Sud en améliorant leur appareil clandestin et leur propagande. Le temps travaille pour eux. » (Valluy 3, 1967, pp. 361-362)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 novembre 46 : Face aux réelles difficultés du moment liées au conflit, HCM produit une note intitulée : « Les travaux urgents de l’heure ». Il évoque la puissance de l’armée française et les problèmes du moment : « Si nous luttons avec résolution pour franchir cette étape de guerre éclair, si nous nous efforçons de passer cet hiver rude, ensuite nous verrons le printemps. » Il précise par ailleurs : « Notre résistance doit être menée parallèlement à l’édification du pays. » Quitte à lâcher, selon Giap, momentanément les villes car « toute la campagne reste dans nos mains. » La tactique de la guérilla et d’un conflit long sont plus que jamais à l’ordre du jour (voir 22 décembre) (Giap 1, 2003, p. 78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de D’Argenlieu à De Gaulle au sujet du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; : « La première partie du modus vivendi élaborée par nos délégués et pleine d’excellentes choses est intégralement viciée par le texte concernant la Cochinchine [article 9]. Nous nous employons à en réduire les conséquences fâcheuses, ce n’est pas facile. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 278)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 novembre 46 : D’Argenlieu adresse au gouvernement français un mémorandum. Il constate qu’HCM « est absolument maître de la situation » malgré l’existence d’une opposition nationaliste et catholique qui est complètement muselée par « la répression policière d’une Sûreté très nombreuse et bien en main ». (Devillers, 1988, p. 238) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un autre mémorandum adressé cette fois au gouvernement vietnamien, l’amiral dénonce des « actes de terrorisme perpétrés en Cochinchine depuis le 20 octobre 1946 » et ce, malgré l’existence du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, avec liste des méfaits : meurtres, enlèvements, pillages. Sa patience semble à bout. Selon lui, l’arrêt de ces actes initiés par le Comité du Nam Bo serait la preuve de « la politique de compréhension et d’amitié » dont, écrit l’amiral à HCM, « vous avez été l’un des initiateurs et dont vous restez le garant ». HCM lui répondra sèchement le 9 par une fin de non-recevoir quant à la légitimité de l’existence du Comité (Valluy 3, 1967, p. 357 ; Valette, 1994, p. 86). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu s’en prend, en s’adressant à HCM, au Comité exécutif du Nam Bo et à son caractère illégal jugé par lui comme tel jusqu’à la tenue du référendum. HCM lui répondra le 9 par une fin de non-recevoir. S’ensuit une querelle procédurière sur le statut de la Cochinchine pour lequel les deux hommes divergent plus que jamais (D’Argenlieu, 1985, pp. 337-338).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un autre mémorandum adressé cette fois au gouvernement vietnamien, l’amiral dénonce des actes de terrorisme perpétrés malgré le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, avec liste des méfaits : meurtres, enlèvements, pillages. Sa patience semble à bout (Valluy 3, 1967, p. 357).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu s’en prend, en s’adressant à HCM, au Comité exécutif du Nam Bo et à son caractère illégal jugé par lui comme étant illégal jusqu’à la tenue du référendum. HCM lui répondra le 9 par une fin de non-recevoir. S’ensuit une querelle procédurière sur le statut de la Cochinchine pour lequel les deux hommes divergent plus que jamais (D’Argenlieu, 1985, pp. 337-338).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil de Cochinchine se réunit à huis clos et interpelle le gouvernement Thinh dont son dirigeant se sent de plus en plus démuni (voir 10 novembre). Certains « séparatistes » cochinchinois se sentent abandonnés par les Français qui se tournent de plus en plus vers une future « solution Bao Daï » (Devillers, 1988, p. 237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 novembre 46 : Tenue en séance plénière de la première « commission d’application pour l’article 9 du modus vivendi », plus communément dénommée « commission d’armistice ». Elle a lieu à Hanoi sous protection policière dans les murs de la Chambre de commerce. Un programme de travail est établi mais il demeurera sous la forme d’un simple document (Fonde, 1971, p. 279).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 novembre 46 : &#039;&#039;&#039;Vote par l’assemblée nationale de la première constitution de la R.D.V.N.&#039;&#039;&#039; (cf. descriptif et analyse du texte &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, pp. 51-54 et Fall, 1967, p. 158). Le texte a été préparé par une première commission restreinte en mars. &#039;&#039;&#039;Il viole d’entrée et les accords du 6 mars et ceux du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; : d’après cette première constitution, le Vietnam est devenu un État indépendant et le texte répudie toute allégeance à la Fédération et à l’Union française.&#039;&#039;&#039; L’article 23 donne au Parlement le droit d’approuver les traités signés par le gouvernement avec un pays étranger. L’article 2 proclame que le territoire du Vietnam est « un » alors que le sort de la Cochinchine doit toujours être réglé par référendum selon les accords du 6 mars. Le contenu du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre est totalement ignoré par les travaux de l’assemblée. Seuls HCM et son gouvernement sont susceptibles de l’appliquer, selon leur bon vouloir (De Folin, 1993, pp. 168-169). La devise de la R.D.V.N. devient « Indépendance, liberté, bonheur » (Giap 1, 2003, p. 25).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Craignant une situation de blocus depuis le départ des Chinois le 18 septembre, le VM décrète l’état d’alerte dans la zone maritime autour d’Haïphong et se prépare donc à une épreuve de force (Devillers, 1988, p. 245).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 novembre 46 : &#039;&#039;&#039;Promulgation du texte de la première constitution de la R.D.V.N.&#039;&#039;&#039; Adoption par 240 voix contre 2 sachant qu’une douzaine de membres de l’Assemblée nationale ont récemment disparu depuis l’ouverture de la session parlementaire… A la lecture de son texte, elle ressemble à un texte à l’ « occidental » et se garde bien d’utiliser de l’habituel jargon marxiste des autres États communistes. Selon Fall, « comme la Déclaration d’indépendance de la République Démocratique, elle semble surtout avoir été conçue pour susciter la sympathie du lecteur dans les pays anglo-saxons en général et aux États-Unis en particulier. » (Fall, 1960, p. 52) Mais derrière cette façade (égalité des droits de tous les citoyens, égalité hommes-femmes, liberté d’expression et de la presse, liberté religieuse et respect des minorités, suffrage universel, etc.) se dissimule le pouvoir presqu’exclusif et totalitaire d’une « Commission permanente du Parlement populaire » de 15 membres dont 6 appartiennent au P.C.I. et 2 au VM. De plus, l’ajournement sans cesse répété des élections du Parlement rendront caduque cette apparence démocratique : les premières élections régulières n’auront lieu que le 8 mai 1960 et se solderont par une victoire à 98 % du futur &#039;&#039;Lao Dong&#039;&#039;… (Fall, 1960, p. 54)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite aux directives du 10 avril envoyées à différents chefs militaires, une lettre de Valluy (commandant en chef) en réponse à D’Argenlieu étudie les avantages et inconvénients du maintien ou non de l’occupation d’Hanoi. Les deux hypothèses sont envisagées. L’abandon aurait cependant « de graves inconvénients politiques et économiques. L’opération aura incontestablement l’allure d’un recul et même d’un prélude à un réembarquement. Elle sera coûteuse par perte de nos stocks. » (Bodinier, 1987, p. 314). Selon Valluy, les deux éventualités « peuvent être préparées dans le détail. Vous [D’Argenlieu] pourrez ainsi prendre votre décision non a priori, mais suivant les circonstances du moment. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 76)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM répond à la lettre de D’Argenlieu du 6 qui dénonçait les actes de terrorisme au Sud : « Le Comité provisoire du Nam Bo est un organisme régulier. » (Valette, 1994, p. 86)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 novembre 46 : &#039;&#039;&#039;Le président de la République autonome de Cochinchine, le docteur Nguyen Van Thinh, se suicide.&#039;&#039;&#039; Son action mesurée s’est couronnée par un échec : l’administration coloniale ne lui a pas accordé l’autonomie souhaitée ; des clans, futurs promoteurs d’une « solution Bao Daï », ont voulu jouer la carte de l’unité sous la forme d’une restauration monarchique ; l’opposition nationaliste a reproché à son gouvernement de n’être qu’une caricature à la solde des Français (Chaffard, 1969, p. 30). Le général Nguyen Van Xuan, polytechnicien et pur produit de l’armée française, succède à Nguyen Van Tinh jusqu’au 7 décembre, date à laquelle il sera remplacé par le caodaïste Le Van Hoach (De Folin, 1993, p. 161). On crée un « Front d’Union nationale » hétérogène et démuni de troupes. Toutefois, il s’avère que ces troupes sont susceptibles d’être fournies par &#039;&#039;&#039;les sectes qui sont de plus en plus hostiles au VM et vont se tourner, après revirement complet, vers les Français&#039;&#039;&#039;. Leurs effectifs sont loin d’être négligeables : 500 000 caodaïstes dans la région de Tay Ninh, 250 000 Hoa Hao dans celle de Chaudoc et quelques milliers de Binh Xuyen, ennemis jurés de Nguyen Binh (Valluy 3, 1967, p. 359).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, suite à de nouvelles élections législatives une nouvelle Chambre est constituée : forte poussée des communistes (29 % des voix, 183 sièges), le M.R.P. obtient 167 sièges (26 % des voix) et la S.F.I.O. 105 (18% des voix). C’est au socialiste Léon Blum que l’on fera appel pour constituer un nouveau gouvernement qui ne sera investi que le 18 décembre. Ce sera avant tout un gouvernement de transition dans l’attente des élections présidentielles qui doivent avoir lieu début 1947. C’est ce fragile gouvernement qui va devoir faire face aux événements qui vont déclencher la guerre d’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 novembre 46 : Directive de D’Argenlieu adressée aux commissaires de la République et à Valluy (commandant en chef). Elle les met en garde contre l’action souterraine du VM : « Il nous faut prévoir l’hypothèse selon laquelle le Gouvernement français, après avoir épuisé toutes les ressources de la conciliation, se verrait contraint, pour répondre à une reprise des hostilités, de recourir à une action de force directe contre le Gouvernement d’Hanoi. » Le dispositif militaire au Tonkin est toutefois trop dispersé. Il faut procéder à un regroupement des forces autour des bases Haïphong-Baie d’Along et Hanoi, villes entre lesquelles les liaisons doivent être protégées et assurées. Les destinataires doivent avoir un réflexe de riposte et non de surprise. Ils doivent se préparer « à se mettre en mesure de répondre, éventuellement dès janvier 1947, à une reprise des hostilités par une action de force visant à neutraliser politiquement et moralement le gouvernement d’Hanoi et à faciliter ainsi la pacification du Sud. » (Gras, 1979, p. 141 ; Devillers, 1988, p. 240-241) Des deux côtés donc, on affute donc les armes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM envoie à D’Argenlieu un message de « ferme protestation » à transmettre à Bidault (président du Conseil) contre « la création unilatérale au port d’Haïphong d’un bureau français de douane et de contrôle du commerce extérieur ». La lettre transitera d’abord par Saigon (via Valluy) qui ne la transmettra à Paris que le 26. Selon l’auteur du message, cette décision remet en cause les accords en cours et contredit ceux du 6 mars (« Un État libre ayant […] ses finances […] »). Ces mêmes accords disent que « le Vietnam form[e] avec les autres pays de la Fédération indochinoise une union douanière. » Mais sans toutefois devoir préciser avant janvier 1947 qui des Français ou des Vietnamiens a le droit de percevoir les taxes douanières (Chaffard, 1969, pp. 31-32) Or, c’est cette question non tranchée qui va mettre le feu aux poudres le 20 novembre à Haïphong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sainteny,  commissaire de la République au Tonkin qui était rentré en France après le désaveu gouvernemental des accords du 6 mars, donne suite à la demande de D’Argenlieu&#039;&#039;&#039; (voir 30 septembre) &#039;&#039;&#039;et accepte de reprendre des fonctions en Indochine au même poste.&#039;&#039;&#039; Il demeure cependant en France attendant la venue de D’Argenlieu pour obtenir des instructions avant son départ (voir 16 novembre) (Devillers, 1988, p. 258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 novembre 46 : Après avoir dû reporter son voyage depuis août – l’amiral avait reçu ordre du gouvernement des rester à Saigon pendant l’achèvement de la conférence de Fontainebleau - &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu s’envole pour Paris,&#039;&#039;&#039; laissant l’intérim à Valluy (commandant en chef et haut-commissaire par intérim) avec des consignes très dures pour élaborer un dispositif militaire apte à neutraliser le gouvernement vietnamien et détruire plusieurs centres militaires au Tonkin (voir 11 novembre). &#039;&#039;&#039;Il espère par ce voyage obtenir la dénonciation du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;ainsi qu’une modification radicale de la politique française en Indochine. Mais il n’obtiendra rien car un une crise ministérielle paralyse la métropole&#039;&#039;&#039; à la suite des élections du 10 novembre qui voient une forte poussée des communistes avec près de 30 % des voix et un net recul du M.R.P. qui se retrouve derrière eux. &#039;&#039;&#039;Cette crise gouvernementale se produit sans doute à l’un des plus mauvais moments pour le Vietnam, paralysant ainsi le processus décisionnel.&#039;&#039;&#039; Elle ne sera partiellement résolue que le 18 décembre avec l’investiture très temporaire du gouvernement Blum, à la veille même des événements qui vont ensanglanter Hanoi (De Folin, 1993, p. 171).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la montée en puissance des violences émanant du VM, le général Valluy, haut-commissaire par intérim, observe que « l’application loyale du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; est en train de tourner à notre détriment avec une accélération croissante. » (De Folin, 1993, p. 160) Mais Paris est éloigné et occupé par d’autres priorités politiques. Les autorités locales au Vietnam se sentent seules et incomprises et ce, d’autant plus que, selon Valluy, « certains documents révélateurs [du VM] ont été saisis ; nous avons eu connaissance d’ordres secrets donnés et maintenus dans le sens d’annihiler toute présence française. » (Valluy 3, 1967, p. 361)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le général Keller (chef d’état-major du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau) rédige un long rapport sur les raisons de la visibilité plus grande du communisme en Indochine (voir « été 46 » en juillet). Elle est selon lui due à quatre facteurs principaux : le départ des troupes chinoises de Lou Han en septembre ; du capital de sympathie qu’HCM a accumulé au cours de son séjour en France ; du résultat des élections législatives françaises qui font du P.C.F. le parti le plus représenté à l’Assemblée nationale ; d’un changement géopolitique régional depuis que la Thaïlande a aboli sa législation anticommuniste et s’est rapprochée de l’U.R.S.S. Il estime dans ce rapport qu’« il est certain depuis deux mois la politique étrangère du gouvernement du Vietnam est entrée dans une nouvelle phase qui a pour but d’étendre l’influence vietnamienne et communiste sur tout le Sud-Est asiatique. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pons, 2007, p. 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 novembre 46 : Alors qu’elle siège, les rangs de l’Assemblée nationale vietnamienne se sont encore étiolés sous le coup des arrestations : sur un total théorique de 444, il ne reste que 242 députés dont 2 de l’opposition. Elle remet ses pouvoirs à une commission permanente de 15 membres, créée le 9 mars 1946, et composée uniquement de membres du VM. &#039;&#039;&#039;Une forme de dictature communiste s’installe avec suppression des libertés fondamentales&#039;&#039;&#039; : presse, liberté d’association, liberté du travail, droit à la propriété limité par un système de réquisition des personnes et de biens (De Folin, 1993, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 novembre 46 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu arrive à Paris et y demeurera jusqu’au 23 décembre.&#039;&#039;&#039; On ne sait exactement quand il va être mis au courant de ce qui va devenir « l’affaire de Haïphong » (le 20 ou le 21 ?). On ne sait trop ce qu’il fait à ce moment précis (Ruscio, 1985, p. 138). &#039;&#039;&#039;Une chose est sûre, c’est qu’il sera absent d’Indochine au moment où les événements les plus importants vont y avoir lieu.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, mise en place du gouvernement Youtevong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 novembre 46 : Valluy, qui assure l’intérim de D’Argenlieu, se plaint auprès de lui « des artifices de procédure, notamment sur la fixation des lieux des commissions. » Il a envoyé un émissaire, le commissaire à la Justice Ladreit de Lacharrière auprès d’HCM, pour hâter les choses (Devillers, 1988, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy donne de nouvelles « instructions complémentaires » à Sainteny avant son départ de Paris prévu pour le 22 (Devillers, 1988, p. 255). Ce dernier, après quelques hésitations, a finalement repris ses fonctions de commissaire de la République au Tonkin. Ses instructions ont été validées par le gouvernement. Du fait de la récente amélioration de la situation militaire côté français, Sainteny doit parvenir à « franchir un nouveau pas vers un accord définitif. » Selon les autorités gouvernementales françaises, il faut ménager HCM. Des instructions lui sont données par Valluy : « Une grande occasion vous est offerte de prendre sur le gouvernement vietnamien un ascendant considérable. » La mission du commissaire de la République étant « de renforcer la position des éléments modérés du Vietminh, donc de leur permettre de « sauver la face » et de « contenir les poussées extrémistes. » Selon Paris, HCM n’a pour l’instant aucun intérêt à reprendre le maquis et doit modérer les extrémistes comme Giap. Si on ne peut atteindre « une détente », on peut espérer du moins « une accalmie ». Il faut poursuivre dans les zones contrôlées les missions humanitaires pour gagner le cœur des populations. Il n’est pas exclu de montrer également le bâton en exigeant le repli des troupes du VM de Cochinchine, « pierre angulaire de l’édifice fédéral », et du Sud-Annam. De (maigres) concessions peuvent être accordées au niveau des douanes et du commerce extérieur. On prévoit également l’évacuation militaire de Bac Ninh et Phu Lang Tuong. « La tâche est lourde et délicate » mais il convient de parvenir à un « rétablissement de la France sous un visage nouveau et selon des modalités nouvelles, dans sa grandeur première. » (Devillers, 1988, pp. 263-266) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM, menaçant, écrit à Bidault : « Il ne saurait vous échapper que ces actes auront des incidences particulièrement graves sur le sort des négociations. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 92)    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 novembre 46 : Traité de Washington. Restitution par le Siam (Thaïlande) des territoires du Laos et du Cambodge annexés lors du traité de Tokyo de 1941 (voir 11 mars et 9 mai 1941). Les troupes franco-cambodgiennes les réoccuperont laborieusement à partir du 8 décembre (Gras, 1979, p. 132). Pour autant, cette restitution sera sans cesse contestée par la Thaïlande. Elle donnera lieu à des combats de résistance au moment de la restitution (voir 8 décembre) et demeurera ultérieurement un point de fixation très sensible avec les affaires de la région du temple de Preah Vihear (« sanctuaire sacré », construit à partir de IX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle et dédié… à Shiva) qui demeurera occupée par les Thaïlandais jusqu’en 1962 (voir 15 juin 1962).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 novembre 46 : L’émissaire de Valluy, Ladreit de Lacharrière, propose de réunir sans tarder les commissions mixtes. Il est entendu par HCM qui accepte. Mais les événements à venir rendront cette acceptation caduque (Devillers, 1988, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 novembre 46 : Valluy (haut-commissaire par intérim de D’Argenlieu) écrit au Cominindo pour l’alerter sur le marché de dupes qu’entretient le VM en dévoyant l’application du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; : « […] Les intentions du Vietnam peuvent donc se résumer ainsi : obtenir une règlement provisoire de la situation, consolidant l’état de trêve militaire, s’installer dans cette situation confortablement en faisant traîner au maximum les travaux de la commission tendant au règlement définitif, utiliser ce délai pour améliorer leur situation militaire en tournant les clauses de l’accord provisoire et surtout pour améliorer leur position politique par la réorganisation et l’extension de leur appareil politico-administratif clandestin et par une propagande occulte, et si possible ouverte [...] ». Le général prolonge cependant les négociations pour ne pas être responsable d’« une rupture ». Au Sud, le Comité administratif du Nam Bo se proclame « la seule autorité administrative régulière » et les actes terroristes se poursuivent comme avant le 30 octobre. Valluy en conclut que « l’application loyale du modus vivendi de notre seul côté est en train de tourner à notre détriment avec une accélération croissante. »  (Devillers, 1988, pp. 246-248)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 - 21 novembre 46 : À &#039;&#039;&#039;Langson&#039;&#039;&#039;, lors de l’ouverture d’un charnier franco-vietnamien occasionné par les Japonais, les Vietnamiens barrent la route y conduisant à une Commission française des crimes de guerre. Le barrage est levé le 21. Le convoi français chargé de cercueils est pris à parti par des tirs d’armes automatiques et de grenades mais aussi par la population civile : on déplore 9 tués et 9 blessés. Les Français ripostent et se retranchent sur un rocher qui domine la ville d’où ils délogent leurs assaillants. Le VM déplorera une cinquantaine de pertes. La ville est reconquise par le lieutenant-colonel Sizaire, citadelle comprise. Dans les échanges que Giap a avec Morlière (commissaire de la République au Tonkin par intérim), le premier évoque des provocations françaises (Valluy 3, 1967, p. 372). Mais selon une déclaration ultérieure de Giap, il se révèle que le VM a « admis l’occupation de Langson parce Langson est un piège. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 178)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’« &#039;&#039;&#039;Affaire de Haiphong&#039;&#039;&#039; » est plus conséquente et surtout plus durable. Le port est défendu par les Français car c’est une base essentielle pour l’approvisionnement de tout le dispositif français au Nord. &#039;&#039;&#039;L’arraisonnement d’une jonque transportant du carburant en fraude par un L.C.A. et la mise en place d’un contrôle douanier mettent le feu aux poudres&#039;&#039;&#039; en bafouant la souveraineté du Vietnam (voir 11 novembre), avec échange de coups de feu entre Français et Vietnamiens. À la fin de la journée, les Français déplorent 24 tués (dont le commandant Carmoin, chef de la Mission française de liaison locale) et 68 blessés (De Folin, 1993, p 178). Selon Valluy, assurant au Tonkin l’intérim de D’Argenlieu qui gère quant à lui la crise de Saigon, ce sont les Vietnamiens qui ouvrent les hostilités par des tirs auxquels un L.C.A. français a répondu. À terre, une émeute se déclenche. Des militaires français sont pris à parti alors qu’ils fréquentaient un marché. On déplore deux blessés graves. Puis le mouvement de révolte tourne à l’émeute et s’étend autour du théâtre avec échange de coups de feu (voir plan d’Haïphong &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 2, p. 29). Le commissaire de la République au Tonkin par intérim, le général Morlière, informé de la situation par le colonel Dèbes (commandant la place d’Haïphong), fait preuve le soir d’esprit de conciliation avec les Vietnamiens, ce qui lui sera reproché par la suite par Valluy (voir 22 - 23 novembre). Morlière, incriminé par sa hiérarchie, produira un rapport de l’affaire pour assurer sa défense (cité &#039;&#039;in extenso in &#039;&#039; Chaffard, 1969, pp. 36-57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse à HCM une note de protestation contre l’existence « d’un soi-disant « Comité exécutif provisoire du Nam Bo » » qui, à ses yeux, « est absolument incompatible avec les accords conclus ». Le gouvernement d’Hanoi réplique : « L’état de fait caractérisé par la coexistence en Cochinchine de troupes d’occupation françaises d’une part, des organismes administratifs et militaires vietnamiens d’autre part, a été consacré par l’accord du 6 mars 1945 et le Modus Vivendi du 14 septembre 1946, selon lesquels la situation « &#039;&#039;de facto&#039;&#039; » en Cochinchine doit demeurer inchangée jusqu’au référendum. » S’ensuit une querelle juridique où les Français arguent du fait que « la Cochinchine était terre française, et que son statut ne pourrait être changé que par décision du parlement français » en fonction des résultats du futur référendum. Seule la République autonome de Cochinchine voulue par D’Argenlieu est reconnue par les Français, comme « une première étape sur la voie de l’abrogation du statut colonial. » L’existence du Comité du Nam Bo n’a donc, à leurs yeux, rien de légal (Bodinier, 1987, pp. 318-320).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (intérim de D’Argenlieu) envoie, après celui du 19, un nouveau message au Cominindo qui doit se réunir le 23. Il dénonce des vexations diverses dont sont victimes les fonctionnaires français des commissions mixtes dans le domaine économique (Devillers, 1988, p. 248).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, poursuite de la mise en place de la Fédération indochinoise avec la signature d’une convention militaire franco-khmère (Bodinier, 1987, pp. 321-322).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 - 22 novembre 46 : Poursuite des combats par les milices locales Tu Ve à Haïphong. Selon Ngo Van Chieu, « […] les Tu Ve sont commandés par un responsable dont la famille a eu à souffrir des colonialistes, et lui-même garde une haineuse rancune contre les Français. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 102). On réunit une commission mixte qui a le plus grand mal à se rendre dans la ville du fait du bombardement de la gare (Fonde, 1971, pp. 285-286). En fin de journée, aucun accord n’est trouvé, les Vietnamiens refusant toujours la neutralisation de la zone des combats (secteur du théâtre) et la reprise en main des choses par les Français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Valluy court-circuite Morlière (commissaire de la République au Tonkin par intérim) jugé « capitulard », en s’adressant directement à son subordonné, le colonel Dèbes, le 22. Il lui écrit : « Le moment est venu de donner une dure leçon à ceux qui nous ont traitreusement attaqués. Par tous les moyens à votre disposition, vous devez vous rendre maître complètement d’Haïphong et amener le Gouvernement et l’Armée vietnamienne à résipiscence. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 251). Les relations entre Dèbes (couvert par Valluy) et Morlière vont, suite à cette affaire, se transformer « en profonde détestation » du premier à l’égard du second. Car, toujours selon Valluy, Dèbes, qui a vécu des choses difficiles à Haïphong (violences, spoliations, meurtres), considère son supérieur hiérarchique direct, le général Morlière, comme un faible qui n’a pas su riposter immédiatement, avec l’ampleur voulue, aux attaques du VM (relations des événements de « l’affaire de Haïphong » : détaillée &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, 1971, pp. 283-288 ; partiale &#039;&#039;in&#039;&#039; Valluy 3, 1967, pp. 365-372 ; plus mesurée chez Gras, 1979, pp. 142-149 ; rapport &#039;&#039;in extenso&#039;&#039; du colonel Dèbes en date du 10 décembre cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 343-363 ; point de vue du VM &#039;&#039;in&#039;&#039; Ngo Van Chieu, 1955, pp. 100-105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 novembre 46 : Valluy câble à Morlière : « […] Tous renseignements obtenus et les documents saisis établissent que l’affaire a été montée avec soin par les autorités vietnamiennes et la responsabilité de l’ouverture des hostilités et la responsabilité de l’ouverture des hostilités leur incombe sans aucun doute […] » Il signale les incidents de Langson (Devillers, 1988, p. 249). Pour Valluy, « le moment est venu de donner une leçon à tous ceux qui nous ont traitreusement attaqués. Par tous les moyens à votre disposition, vous devez vous rendre complètement maître de Haïphong et amener le gouvernement et l’armée vietnamienne à résipiscence. Vous mettrez le président Ho Chi Minh en face de ses accablantes responsabilités et des lourdes conséquences que peut avoir son attitude vis-à-vis du gouvernement français. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 135 ; Valette, 1994, p. 90) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ de Sainteny (commissaire de la République au Tonkin) de Paris pour Saigon. Il y arrivera le 26. Le commissaire de la République du Tonkin fait une partie du voyage en présence de Hoang Minh Giam (ancien délégué à la conférence de Fontainebleau qui était demeuré à Paris et ministre des Affaires étrangères) (Devillers, 1988, p. 258 et p. 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 - 23 novembre 46 : À Haïphong, Valluy passe outre l’avis défavorable du général Morlière et, court-circuitant à nouveau ce dernier, fait donner l’artillerie de l’Armée de Terre, puis quelques heures plus tard, l’artillerie navale (Sainteny, 1970, p. 117-118). Ce bombardement aurait provoqué selon certaines sources (dont celles du VM et l’amiral Battet, commandant des forces navales en Extrême-Orient) jusqu’à 6 000 morts voire plus... Ces chiffres paraissent nettement exagérés et même fantaisistes. De Folin et Gras les ramènent raisonnablement à 300 (De Folin, 1993, p. 179 ; Gras, 1979, p. 148 note 1). Ngo Van Chieu les estime quant à lui  à… « 15 000 ou 20 000 » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 105). Valluy, peu loquace sur l’aspect répressif de ses ordres, justifie l’usage du canon par la présence de barricades dont certaines ont été piégées et par la poursuite de combats de rue. Il se plaint par ailleurs de n’avoir que peu de retour de Paris (où se trouve D’Argenlieu) au vu de la gravité de la situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 novembre 46 : Le &#039;&#039;Savorgnan de Brazza&#039;&#039; tire sur les casernes tenues par le VM. Poursuite des combats dans Haïphong jusque dans la nuit du 24 au 25, avec deux violentes contre-attaques vietnamiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Matignon, le comité interministériel d’Indochine se réunit ce jour même à 15 heures 56, heure de Paris, alors que tous sont en attente à Haïphong d’instructions (Sainteny, 1970, p. 118). La séance se tient sans avoir eu connaissance du contenu du télégramme de Valluy mentionné ci-dessous. Elle est dirigée par Georges Bidault (président du Conseil) en présence de Marius Moutet (F.O.M.), Edmont Michelet (Défense), Pierre Messmer (secrétaire général du Cominindo), Charles Tillon. D’Argenlieu y assiste et fait un tableau de la situation en demandant au comité : « Le gouvernement laissera-t-il prolonger une équivoque qui favorise en réalité les tenants résolus de notre éviction ? » Il propose la suspension du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Suivant le compte rendu de séance, le président du Conseil déclare alors : « […] nous devons faire connaître avec netteté à notre interlocuteur que : 1) La France est décidée à rester en Indochine. 2) qu’elle entend poursuivre la politique des accords. 3) Cette politique ne pourra toutefois être maintenue que si les manquements  aux engagements pris cessent et, s’il n’en est pas ainsi, la France défendra ses droits. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 82) Selon Messmer, Bidault ajoute : « La Cochinchine est une colonie française. Elle le restera jusqu’à la décision de l’Assemblée nationale. Le Haut-Commissaire a le devoir d’y faire respecter l’ordre par tous les moyens contre qui que ce soit. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Messmer, 1992, p. 178 ; Ruscio, 1985, p. 139) Moutet approuve ces propos de fermeté. D’Argenlieu considère quant à lui qu’il a désormais « pleine liberté  de manœuvrer du point de vue militaire ». Pour autant, il n’a pas obtenu la suspension du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus que tardivement, Valluy informe Paris du télégramme qu’il a transmis le 22 à Morlière à 15 h 35, heure locale. Ce télégramme sera reçu à Paris à 17 h 25 mais ne sera diffusé que le 24. Le gouvernement est donc mis devant un fait accompli (Devillers, 1988, p. 254). Mais à Paris, on s’intéresse plus au sort de la Cochinchine qu’à ce qui est en train de se passer à Haïphong depuis une douzaine heures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer (secrétaire général du Cominindo) annonce la tenue d’une nouvelle séance le 29 « dans le but de mettre au point les décisions et instructions du Gouvernement. » (Devillers, 1988, p. 254). Elles ne sont donc toujours pas actées malgré l’urgence de la situation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les communistes français qui ont été mis dans l’ignorance de qui est véritablement à l’origine des événements de Haïphong n’écartent pas l’hypothèse d’une « provocation ». &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; va même jusqu’à évoquer « une provocation d’éléments chinois antivietnamiens » (Ruscio, 1985, p. 156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Reconstitution par D’Argenlieu de l’Œuvre des tombes militaires en Indochine instituée en octobre 1887 (Cadeau, 2016, pp. 92-93).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 - 27 novembre 46 : Le nouveau gouvernement vietnamien procède à des arrestations massives d’opposants qui seront envoyés en camp de rééducation, y compris dans les rangs de l’assemblée nationale (voir 14 novembre). Deux journalistes de renom sont assassinés (Gras, 1979, p. 135).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 novembre 46 : Fort de l’approbation de l’usage de la force exprimée la veille par Bidault lors du Cominindo, D’Argenlieu envoie à Valluy un télégramme : « J’approuve entièrement […] les instructions que vous avez données au général Morlière à la suite de l’agression de Haïphong. » (Devillers, 1988, p. 254). Valluy obtient alors la réponse qu’il attendait pour poursuivre ce qu’il a entrepris de sa propre initiative, sans même en référer aux autorités gouvernementales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 novembre 46 : Le &#039;&#039;Savorgnan de Brazza&#039;&#039; et le &#039;&#039;Dumont d’Urville&#039;&#039; (le même qui avait ramené HCM de France…) tirent à nouveau sur les casernes vietnamiennes. La situation se stabilise dans Haïphong et une partie de sa périphérie. Les Français déplorent 26 tués et 88 blessés. On déplore également plusieurs centaines de morts côté vietnamien (De Folin, 1993, p 179). Ces combats se poursuivront jusqu’au 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc rencontre De Gaulle à Colombey. L’incompréhension entre les deux hommes sur la question indochinoise est de plus en plus marquée. Leclerc confie après cet entretien : « Décidément, je ne comprends pas le général De Gaulle. Nous avons longuement parlé de l’Indochine : il n’est pas du tout d’accord avec les conditions dans lesquelles les accords du 6 mars et les protocoles militaires annexes ont été négociés et signés. Il estime en outre qu’on aurait jamais dû inviter Ho Chi Minh à Paris. Sans le nommer, il semble avoir épousé les thèses de l’Amiral. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 304) Selon Turpin, il ne faut pas opposer « un Leclerc « libéral » » à un De Gaulle « conservateur » en matière coloniale. En effet, le « libéralisme » de l’ancien chef de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. ne valait que pour l’Indochine. Il s’expliquait avant tout par le résultat de plusieurs mois d’action sur place. A ses yeux, la force du nationalisme vietnamien nécessitait des moyens militaires français hors de proportion avec les possibilités du moment. » (Ibid.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée de Sainteny à Saigon. Sur instruction de Valluy (intérim de D’Argenlieu), il ne rejoint pas Hanoi pour, selon le haut-commissaire par intérim, ne pas être plongé « dans le règlement des incidents » en cours. Décision sur laquelle reviendra Valluy le 30 (Devillers, 1988, p. 258 et 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 novembre – 2 décembre 46 : &#039;&#039;Témoignage chrétien&#039;&#039; publie le premier récit complet et documenté des événements récents à Haïphong (Ruscio, 1985, p. 138).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 novembre 46 : Valluy, renseigné par le colonel Herkel, commandant d’armes à Hanoi, est informé de l’inquiétude de la population française et des menaces de violence qu’elle profère à l’égard des Vietnamiens. Il estime que le port d’Haïphong et sa région sont sur le point de tomber dans les mains du VM (Valluy 4, 1967, p. 515).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, certains ministères vietnamiens évacuent leurs locaux, une partie de leur personnel et leurs archives. Des préparatifs de défense sont visibles dans la ville en plein jour et une partie de la population civile est mise à l’abri. Les lieux des garnisons françaises sont progressivement isolés par des coupures de route. Des quartiers sont cernés par des barricades ou des fossés antichars (Fall, 1960, p. 61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; publie une déclaration d’HCM : « Je regrette les incidents créés par un certain nombre de Français manquant de compréhension à l’égard des Vietnamiens et qui vont manifestement à l’encontre de la volonté générale du peuple français. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 157)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 novembre 46 : Échange de « télégrammes aigre-doux » entre Valluy et D’Argenlieu (toujours à Paris) sur la situation à Haïphong. Le second ayant tendance à minimiser la gravité des choses et reprocher à Valluy de communiquer en direct avec Paris, sans passer par lui. Valluy a décidé d’envoyer dans la capitale française le colonel Le Pulloch, chef de cabinet militaire du haut-commissaire, pour qu’il informe directement l’amiral de la gravité de la situation. Le haut-commissaire par intérim estime à ce moment précis que « nous traversons, en effet, une crise majeure. » (voir 20, 21, 26 novembre) (Valluy 4, 1967, p. 514) Face à la détermination de l’armée vietnamienne, il demande l’envoi de renforts (Devillers, 1988, p. 254).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM envoie un télégramme quelque peu cynique à Bidault au vu de la situation en cours : « Monsieur le Président et cher ami, les questions entre nos deux pays sont des questions de famille que l’on peut résoudre sans verser le sang […] L’emploi de la force ne servira à rien […] Je vous demande de donner des instructions pour faire cesser immédiatement les hostilités afin de ne pas mettre en danger l’amitié entre nos deux peuples. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p 179-180)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; publie et commente favorablement un nouvel appel d’HCM adressé cette fois à Valluy : « Je fais appel au général Valluy et à tous les officiers français au Vietnam pour arrêter sur le champ toute effusion de sang entre Français et Vietnamiens. Je fais appel à tous mes compatriotes pour qu’ils conservent tout leur calme et aux formations d’autodéfense pour qu’elles se tiennent prêtes à défendre la souveraineté nationale, ainsi que les Vietnamiens et résidents étrangers. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 157) Le journal énumère les violations de l’accord franco-vietnamien depuis le 6 mars, insistant sur les initiatives françaises ayant provoqué ces violations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap demande à rencontrer Valluy. Ce dernier lui indique que, pour ce faire, les troupes du VM doivent quitter Haïphong et sa banlieue et abandonner à l’armée française les routes qui mènent vers ses différentes garnisons. Giap propose de constituer une commission mixte mais, la situation s’améliorant côté français, il se heurte à un refus qui prend l’allure d’un ultimatum. A Hanoi, le gouvernement vietnamien prend peur, des ministres déménagent ou se replient sur Hadong dès la nuit venue (Gras, 1979, p. 149).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 novembre 46 : &#039;&#039;&#039;Démission du gouvernement Bidault&#039;&#039;&#039; suite aux résultats des élections du 10 novembre qui ont révélé une poussée des communistes. Alors que les événements à Haïphong sont graves, une période de vacance du pouvoir s’installe à Paris. Le gouvernement de transition mené par Léon Blum ne sera en effet nommé que le 16 décembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un message intercepté par le 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau émanant de Nguyen Binh et adressé à Giap le conseille sur les sabotages et actes terroristes à accomplir à Haïphong et potentiellement Hanoi pour pouvoir tenir dans le temps. C’est ce message qui indique clairement aux Français l’imminence de l’ordre général d’insurrection dans la capitale du Tonkin (Bodinier, 1987, pp. 332-333).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue de la réunion du Cominindo du 29, le contre-amiral Barjot (chef d’état-major adjoint à la Défense nationale) produit une note détaillée sur les événements en cours. Il estime que la priorité des efforts à accomplir n’est pas tant au Tonkin où la situation demeure risquée qu’en Cochinchine (Devillers, 1988, p. 255). Il ne sera pas entendu (voir 8 décembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un projet d’instructions produit en vue de la même réunion appelle à « la formation d’un nouveau Gouvernement cochinchinois » (suite au suicide du D&amp;lt;sup&amp;gt;r&amp;lt;/sup&amp;gt; Nguyen Van Thinh, voir 10 novembre) composé de personnalités nationalistes modérées. On évoque même dans ce document des négociations entre Saigon et Hanoi, avec la mise en place d’un gouvernement cochinchinois qui « rendrait inutile le recours au référendum ». Texte nébuleux qui, une fois de plus, fait fi de la détermination actuelle d’Hanoi et, au passage, contredit les accords du 6 mars et du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Ce dernier devant toutefois être maintenu car « le Gouvernement est convaincu que [sa] mise en œuvre […], menée loyalement et vigoureusement, doit permettre de sortir du trouble et de la désorganisation qui affectent présentement l’Indochine. » (Devillers, 1988, pp. 255-256) L’emploi des mots « trouble » et « désorganisation » montrant à quel point Paris paraît toujours aussi déconnecté des réalités du moment…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 novembre 46 : Nouvelle réunion, après celle du 23, du comité interministériel d’Indochine au lendemain de la démission du cabinet Bidault. Sont présents Bidault, D’Argenlieu, Robert Schuman, Alexandre Varenne, Pierre Messmer, Edmond Michelet, l’amiral Barjot (chef d’état-major adjoint à la Défense nationale), Marius Moutet. Le communiste Charles Tilon, invité, s’est excusé (sur l’interprétation de cette absence, voir Ruscio, 1985, pp. 156-157). Le Comité est toujours aussi indécis que divisé. Certains sont pour la fermeté à l’égard du VM (Bidault, Michelet) ; d’autres sont pour plus de souplesse et en appelle à la négociation (Moutet, Messmer). Bidault exprime ses craintes de voir le Vietnam faire tache d’huile dans les autres colonies et notamment au Maroc et en Tunisie. Le comité déclare : « Il faut faire connaître que la France ne quittera pas l’Indochine, et qu’elle défendra sa présence par tous les moyens. » Après avoir affirmé une « politique de fermeté », le comité renouvelle sa confiance à D’Argenlieu qui a dû cependant essuyer les critiques de l’amiral Barjot. Ce dernier lui reproche de ne pas appliquer les directives gouvernementales au sujet du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; qui prescrivaient de se concentrer sur la Cochinchine et le Sud-Annam et non sur le Tonkin. Des ordres sont adressés à Morlière (commandant du Tonkin) qui est chargé de transmettre à Giap les décisions suivantes : interdiction de stationnement de toute formation du VM à Haïphong, contrôle de tous les véhicules du VM dans la ville, contrôle de toutes les routes reliant les garnisons françaises entre elles (Ruscio, 1992, p. 83). Pour autant, Bidault, même s’il réitère ses précédentes consignes de fermeté, estime que « le problème ne peut être réglé par le recours à la force seule. » Tout en préconisant d’envoyer des renforts, même si, à ses yeux, l’Indochine ne doit pas devenir pour la France « un tonneau des Danaïdes, car une opération de force […] excède ses possibilités. » (Devillers, 1988, pp. 257-258 ; Turpin, 2005, pp. 300-301) Dans l’attente de la venue d’un nouveau gouvernement, aucun accord n’est trouvé sur la teneur des instructions à donner au haut-commissaire par intérim (Valluy). Paris demeure le royaume des tergiversations et des demi-mesures… Le Cominindo décide d’envoyer un bataillon de parachutistes stationné en Afrique du Nord en renfort en Indochine. Mais Leclerc, désormais inspecteur général pour l’Afrique, s’y opposera, « estimant dangereux, dans les conditions présentes, de dégarnir l’Afrique du Nord » (voir 3 décembre) (Turpin, 2005, p. 304).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après le suicide du docteur Nguyen Van Thinh (voir 10 novembre), &#039;&#039;&#039;élection de Le Van Hoach (caodaïste) au poste de président de la République autonome de Cochinchine&#039;&#039;&#039; (Année politique 1946, p. 288).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 novembre 46 : La commission permanente du parlement vietnamien demande à l’assemblée nationale française l’envoi d’une commission d’enquête sur l’affaire d’Haïphong (Gras, 1979, p. 149).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Nyo (dirigeant la commission militaire mixte prévue par le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;) rend compte à Valluy des difficultés à mettre en place les pourparlers de la structure en vue de l’application de l’article 9 du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Il constate que « les événements du Tonkin n’ont pas été sans peser sur leur déroulement » et dénonce, côté vietnamien, « une certaine tendance à l’atermoiement par des discussions interminables sur les différents points de nos propositions. » Les questions du désarmement et du retrait des troupes vietnamiennes n’ont toujours pas été abordées. Celle du statut de la Cochinchine demeure un point de blocage et l’on s’efforce d’éluder « le terrain politique et administratif » (Bodinier, 1987, pp. 334-336).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un second message émanant du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau (voir 28 novembre) indique : « La situation devient très grave, les hostilités vont s’étendre en tous lieux. Prenez des précautions. » (Bodinier, 1987, pp. 336-337)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy revient sur sa décision du 23 et décide d’envoyer en urgence Sainteny de Saigon à Hanoi, estimant, au vu de ses relations privilégiées avec HCM et de l’amélioration de la situation militaire, qu’« il s’avère en effet que lui seul est en mesure de poursuivre l’exploitation politique de la situation. » Valluy informe D’Argenlieu de cette décision (Devillers, 1988, p. 258 et 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Morlière (commandant des troupes françaises en Indochine du Nord et commissaire de la République par intérim) estime (à tort) que le gouvernement vietnamien n’envisage pas une « action agressive » mais « essaie de faire traîner en longueur » (Devillers, 1988, p. 262).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme, D’Argenlieu couvre Valluy auprès du Cominindo : « Responsabilités incidents Haïphong et Langson incombent entièrement Vietnamiens. Préméditation nettement établie par documents saisis dans PC vietnamiens et attitude vietnamienne au cours des événements. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 295) Cette version des événements ne fait toutefois pas l’unanimité au sein du comité (voir 14 décembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, un autre télégramme adressé cette fois à Bidault (président du Conseil et ministres des Affaires étrangères) à 20 h 16 incrimine lui aussi totalement l’attitude des Vietnamiens dans l’affaire (DDF, 2004, tome 2, document n° 270, pp. 655-657).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Octobre_1946&amp;diff=5349</id>
		<title>Octobre 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:45:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Automne 46 : Installation à Saïgon d’un centre de documentation de &#039;&#039;l’United States Information Service&#039;&#039; (U.S.I.S.). Son très anticolonialistes directeur, Joseph Robinson, a la mauvaise idée d’organiser la projection d’un film intitulé &#039;&#039;Les causes de la défaite françaises en 1940.&#039;&#039; Il déclare aux journalistes présents que si l’Indochine était évoquée au Conseil de Sécurité de l’O.N.U., les États-Unis n’y soutiendraient pas forcément la France. Robinson sera muté à la demande de D’Argenlieu. Ce qui n’empêchera pas l’agence de continuer à produire une propagande contre le colonialisme à la française (voir mars 1947) (Cesari, 2013, p. 83).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre 46 : &#039;&#039;&#039;Le général Valluy occupe officiellement le poste de commandant supérieur des troupes françaises  à titre définitif suite au départ de Leclerc&#039;&#039;&#039; (Bodinier, 1987, p. 132). Dans les conclusions d’un rapport en date du 10 septembre, celui qui était encore commandant en chef par intérim avait écrit avec une certaine clairvoyance : « Nous avons mis la main sur tout le pays. Nous le tenons des doigts […] Mais il est bien certain qu’en face d’un monde en fermentation, notre vulnérabilité est grande […] C’est bien gênant pour quelqu’un qui vient de prendre un commandement de déclarer : « Le plus dur reste à faire : c’est la vérité. » » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 286).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme du ministère de la Défense adressé à l’état-major de D’Argenlieu estime que « ce &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; est destiné à créer un climat favorable de pacification en Cochinchine avec le concours de l’autorité d’Ho Chi Minh […] » Il permettrait « de dénoncer les éléments extrémistes et irréductibles » qu’il faut désarmer et exclure du Sud. Une personnalité du gouvernement vietnamien doit être envoyée pour aider à accomplir cette tâche (Devillers, 1988, pp. 227-228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 46 : Un message de Giap au comité du Nam Bo est intercepté par les services français : « Nos aspirations politiques à l’heure actuelle sont de fondre la masse en un bloc unique, de tendre la main à tous ceux qui approuvent l’unité territoriale à quelque parti qu’ils appartiennent […] Nos collègues devront savoir renoncer à toute idée de vengeance individuelle ou de séparatisme […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 293). Pour combler ses faiblesses, le VM cherche toujours à ratisser large dans les milieux nationalistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 46 : &#039;&#039;&#039;La France se dote d’une nouvelle Constitution&#039;&#039;&#039; après un premier rejet le 5 mai (voir 21 octobre). Dans son préambule, elle précise : « La France forme avec les pays d&#039;Outre-mer une Union fondée sur l&#039;égalité des droits et des devoirs sans distinction de races ni de religions. L&#039;Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun et coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Catroux, 1953, p. 233)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 46 : D’Argenlieu adresse un télégramme au Comité interministériel d’Indochine évoquant la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; dont le gouvernement n’avait pas jugé utile de l’informer rapidement. Il émet plus que des doutes à l’encontre du respect de l’article 9 au vu de la situation actuelle : « Il ne saurait nous échapper que l’article 9 est de beaucoup celui qui exigera le plus de doigté. Il est clair déjà que la propagande de Hanoi d’une part et l’activité militaire déployée au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle par les troupes vietnamiennes sur ordre de Hanoi tendent manifestement et contrairement aux engagements de nos partenaires à renforcer un climat de terreur, de violence et d’arbitraire vis-à-vis des populations et d’offensive vis-à-vis de nos troupes. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 294). Pour D’Argenlieu comme pour Moutet (F.O.M.), le devenir de la Cochinchine est la clé de voûte de la présence française en Indochine. L’amiral se propose de rencontrer HCM dès son retour au Vietnam. Ses doutes quant à la sincérité du VM seront confirmés par un rapport de Valluy en date du 14.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 octobre 46 : Suite à la fermeture du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, Philippe Devillers quitte l’Indochine (Devillers, 2010, p. 138). Jean Lacouture quant à lui y demeure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu signale à Paris « une recrudescence du climat de terreur et de violence » au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle accompagné notamment de l’attaque de postes français (Turpin, 2005, p. 277).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 46 : Le commandant de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B., le colonel Massu, quitte Hanoi pour Saigon puis la France. Ses troupes le suivent de peu. Le colonel Crépin, ancien commissaire de la République par intérim au Tonkin, quitte également l’Indochine (Fonde, 1971, p. 273, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 octobre 46 : Obstinée, la R.D.V.N. confirme que le &#039;&#039;&#039;Comité du Nam Bo&#039;&#039;&#039; (émanation du P.C.I.) est « le seul dépositaire des pouvoirs de la République du Vietnam » au Sud, notamment pour l’application des accords issus du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (De Folin, 1993, p. 160). Or ces accords ne seront pas appliqués en Cochinchine du fait de son statut particulier de République autonome (voir 14 septembre). Le comité du Nam Bo est officiellement présidé par Pham Van Bach, un modéré (ou par Tran Buu Kiem, selon Fonde, 1971, p. 272, note 3). Dans la réalité, il est noyauté par Nguyen Binh, un virulent (et violent) nationaliste rallié au VM qui a très probablement fait éliminer une partie des membres modérés de ce comité (voir 26 mars et 3 mai) (De Folin, 1993, p. 159). Binh est également l’instigateur des « comités d’assassins » ou des « volontaires de la mort », groupes fanatisés qui entretiennent un climat de terreur soutenu par le VM dans le Sud (voir 18 septembre) (De Folin, 1993, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Départ définitif de Cédile&#039;&#039;&#039;, commissaire de la République en Cochinchine. Il est remplacé par Albert Torel, partisan d’une restauration monarchique baodaïste chère à Pignon. Avec le départ de Cédile, c’est l’abandon de la politique autonomiste soutenue dans un premier temps par les Français (Gras, 1979, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouveau référendum constitutionnel en France afin de proposer à la population d&#039;adoption d&#039;une nouvelle constitution. Le projet est adopté par un peu plus de 53 % des votants, menant à l&#039;établissement de la Quatrième République proclamée cependant avec pas moins de 31 % d’abstentionnistes. Les Gaullistes ont dit « non ». En parlant de cette nouvelle constitution, De Gaulle l’estime « acceptée par 9 millions d’électeurs, refusée par 8 millions, ignorée par 8 millions et demi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 398) D’un point de vue politique, c’est donc la poursuite d’un tripartisme gouvernemental : M.R.P., S.F.I.O., P.C.F. En Indochine, le résultat du référendum est largement rejeté et l’avènement de cette nouvelle constitution est une nouvelle déception pour D’Argenlieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rumeurs à Haïphong concernant un coup de force des Français pour le 15. Les Vietnamiens s’y préparent (Devillers, 1988, p. 233).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 octobre 46 : Le gouverneur général Henri De La Laurentie (directeur des affaires politiques au ministère de la France d&#039;Outre-Mer depuis 1944) écrit dans un projet d’instruction : « Il faut constater que nous n’avons pas gagné la guerre en Cochinchine […] La sécurité n’y revient pas. Il faut y rétablir la situation et susciter un gouvernement représentatif de tendance et d’esprit assez nationaux pour avoir une autorité réelle. Les difficultés viendront des Français de Cochinchine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p 162) On est ici loin des déclarations aussi optimistes que les lointaines autorités françaises de métropole répandent en ignorant et gommant la réalité du terrain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (commandant en chef) confirme dans un rapport à D’Argenlieu : « L’annonce du « Modus vivendi » du 14 septembre a entraîné au Sud un accroissement net de l’activité rebelle. » Son auteur met en cause « un raidissement de principe du gouvernement d’Hanoi » et « le désir par les éléments irréductibles d’améliorer les positions tenues au moment où commenceront les discussions d’application du « Modus vivendi ». » Il réclame des troupes « constituées, homogènes et aguerries » et non « le magma d’individus que m’envoie la métropole », soit, selon ses souhaits, 10 000 hommes (Bodinier, 1987, pp. 295-297).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, l’exécution par les Français de membres du VM (des « terroristes capturés sur le fait » selon Fonde) provoque une violente campagne de presse et un mouvement de grève dans la matinée. Selon le même, ce mouvement s’étend vers le Nord. Il est mené « sous le contrôle vigilant de la police, des Can Bo et des Tu Vé dans tous les centres au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. » Le même observateur note également : « A Hanoi, le ton des conversations officielle change subitement, devient acerbe, acrimonieux, agressif même, s’apparentant d’une manière inhabituelle à celui de la presse et de ses outrances. » (Fonde, 1971, p. 273)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 46 : Le général Morlière,  commissaire de la République par intérim au Tonkin, instaure un début du contrôle douanier français à Haïphong. Il vise entre autres à stopper le trafic d’armes avec la Chine. Il sera ensuite contesté par le VM et servira d’étincelle au moment des violents événements qui vont affecter le port en novembre (voir 11 et 20 novembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Interception par les Français d’une d’instruction de l’état-major du Nam Bo : « Les organismes militaires resteront dans la clandestinité. Déjà clandestins, nous devons l’être plus encore pour ne pas permettre à l’adversaire de connaître nos forces. Nous devons profiter de cette occasion pour développer le travail d’organisation […] Organiser d’urgence un groupe de combat autodéfense. En ce qui concerne les troupes de guérilleros et les autres organismes militants, ils resteront dans l’ombre […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 81)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 46 : Un document du comité du Nam Bo précise dans ses conclusions qu’en cas de non-respect par les Français du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, « […] la défense légitime est notre droit […] N’oublions pas que la bataille sur le plan politique est plus difficile que la guerre et nécessite de notre part de la présence d’esprit, la parole mesurée et habile. Il en est de même de notre attitude et notre action. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 300).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 46 : &#039;&#039;&#039;Deuxième rencontre D’Argenlieu-HCM, cette fois en baie de Cam Rahn&#039;&#039;&#039; à bord du croiseur &#039;&#039;Suffren&#039;&#039;. L’amiral demande à HCM « le retrait vers le Nord des forces armées vietnamiennes engagées au Sud » que Valluy (commandant en chef) qualifie de « bandes d’irréguliers de Cochinchine » (Valluy 3, 1967, p. 356). Selon De Folin, HCM refuse ce retrait car, dans les faits, à l’approche du cessez-le-feu du 30 octobre, le VM cherche à intensifier ses actions pour occuper le plus de terrain possible (De Folin, 1993, p 166). De plus, Ho estime que le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; a permis de faire des troupes infiltrées au Sud de véritables troupes régulières, contrairement à ce qu’espéraient les Français (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre). D’Argenlieu a toutefois le sentiment qu’HCM est « assez anxieux face à la situation qu’il trouve à son retour de France et qu’au moins, pour un temps, il va plutôt chercher une entente avec les Français. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 335-336) L’amiral demeure toutefois prudent (voir 19 octobre). Selon Valluy, certes HCM fait quelques concessions. Il restitue l’Institut Pasteur (locaux qui ont été vidés de leur substance sans que l’on sache trop par qui…) et désavoue le terrorisme, mais sans que ses actes ne dépassent ses paroles (voir 6 novembre) (Valluy 3, 1967, pp. 356-357).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 octobre 46 : En accord avec Valluy (commandant en chef), D’Argenlieu prévient le ministère de la Défense que « l’hypothèse d’une action de force du gouvernement de Hanoi sous les prétextes les plus divers, nés de l’exploitation du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, ne doit pas être écartée. » Il estime qu’HCM « utilisera la période d’application du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; non seulement pour rechercher des avantages politiques décisifs dans le Sud, mais encore pour s’y assurer une position militaire forte. » Selon lui, « le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; prolonge en fait l’incertitude qui plane sur la manière dont le gouvernement français entend régler le sort futur de la Cochinchine et des adversaires cochinchinois du gouvernement de Hanoi. » Il observe que « le gouvernement d’Hanoi introduit au Cambodge de nouvelles forces rebelles. » Or face à cette situation inquiétante, il manque de moyens : « Le maintien de 75 000 hommes de nos forces n’est pas assuré pour 1947 [...] Le matériel américain est fatigué […] » Il réclame à nouveau (voir 14 octobre) à la métropole l’envoi de 10 000 hommes pour pouvoir maintenir un effectif décent (Bodinier, 1987, pp. 300-302).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il adresse le même jour à Bidault (président du Conseil et ministre des Affaires étrangères) un message de teneur identique (DDF, 2004, tome 2, document n° 216, pp. 537-538).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait de rapports émanant du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau convergents, D’Argenlieu met en garde les commissaires des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; et le commandant en chef d’une reprise de l’activité du VM sur Hanoi et ce, dès janvier 1947. Des signes avant-coureurs apparaissent ici et là : fréquentes coupures de la voie ferrée Hanoi-Haïphong, tranchées du VM aux alentours des casernes et des postes du C.E.F.E.O. (Toinet, 1998, pp. 81-82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 46 : &#039;&#039;&#039;De Retour de France,&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;HCM débarque à Haïphong&#039;&#039;&#039; et se rend immédiatement à Hanoi. Il doit faire face à de dures critiques des Français d’Indochine suite à la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 14 septembre. Durant sa longue absence, c’est la tendance dure du VM, celle de Giap, qui a tenu en main les rênes du pays (Devillers, 2010, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la décision secrète prise par Morlière (Commissaire de la République par intérim au Tonkin) sur le contrôle douanier (voir 10 septembre), le comité exécutif du Vietminh appelle les Français à « reconsidérer leur attitude » au vu des engagements pris avec la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre (Devillers, 1988, p. 235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les services de sécurité du VM poursuivent la traque des nationalistes prochinois. Ils procèdent à l’arrestation de personnalités au siège du journal &#039;&#039;Viêt Nam&#039;&#039;. Elles seront libérées une semaine plus tard (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 198).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 octobre 46 : A Hanoi, HCM cherche à apaiser les esprits. A la gare d’Haïphong, il avait, la veille, réussi à faire entonner à ses compatriotes &#039;&#039;La Marseillaise&#039;&#039; et fait acclamer l’amitié franco-vietnamienne. Selon Sainteny, « ce devait être sa dernière manifestation profrançaise. » (Sainteny, 1970, p. 117)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Adoption par l’assemblée nationale, suite à un référendum, de la Constitution du 5 octobre 1946&#039;&#039;&#039;. Concernant les colonies françaises, elle stipule en son titre VIII :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Article 60. - &#039;&#039;&#039;L&#039;Union française&#039;&#039;&#039; est formée, d&#039;une part, de la République française qui comprend la France métropolitaine, les départements et territoires d&#039;Outre-mer, d&#039;autre part, des territoires et &#039;&#039;&#039;États associés&#039;&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Article 61. - La situation des États associés dans l&#039;Union française résulte pour chacun d&#039;eux de l&#039;acte qui définit ses rapports avec la France. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce titre VIII évoque la question de l’Union française mais s’avère n’être qu’un mélange maladroit de « théories fédéralistes et [de] théories assimilatrices » (analyse d’Alfred Grosser reprise par De Folin, 1993, p. 172). Les articles de cette constitution concernant l’Indochine sont d’entrée complètement dépassés par les réalités du terrain. Ce que les faits passés, présents et à venir ont ou vont démontrer (voir 20 - 21 novembre) (De Folin, 1993, pp. 172-175). Bao Daï se plaindra de devoir accepter « librement » le cadre de l’Union française qu’on lui impose. Les communistes et nationalistes vietnamiens le rejetteront unanimement. Le Cambodge et le Laos, jusqu’ici relativement épargnés, se retrouveront ultérieurement dans la même situation. Cette constitution entrera en vigueur le 27.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Haïphong, le colonel Dèbes (commandant de la place) émet une directive donnant un ordre aux troupes françaises de se tenir prêt à toute éventualité et d’être prêtes à intervenir (voir 30 octobre)  (Devillers, 1988, p. 233).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 octobre 46 : Dans une note d’orientation, Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) dénonce les agissements de la presse et la radio de Hanoi qui ont mené « une campagne aussi vive et injurieuse » accusant la France de violer les clauses du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; comme elle l’avait fait pour les accords du 6 mars. Or la récente rencontre d’Argenlieu-HCM a prouvé tout le contraire. L’annonce de la signature du &#039;&#039;modus&#039;&#039; a été mal accueillie par la population franco-vietnamienne vivant en Cochinchine car elle annonce que « le Vietnam possèdera un droit de contrôle » sur la colonie. Il est donc nécessaire de montrer aux habitants « que la politique française en Cochinchine n’est pas modifiée […] la population sera appelée à décider librement, par référendum, de son sort. » Pignon préconise d’élaborer un programme de contre-propagande pour s’opposer « au totalitarisme du Vietminh. » Selon lui, « […] il convient de répandre dans le public quelques idées-forces, ou, si l’on préfère, slogans [...] il faut répliquer au nom  de la démocratie, par l’accusation de totalitarisme. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 302-305)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La police vietnamienne continue à surveiller la population. Un fonctionnaire des travaux publics de Nam Dinh disparaît après avoir reçu un ingénieur français, ami de longue date du disparu (Fonde, 1971, p. 269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 octobre 46 : De retour de France, HCM réaffirme la position de son gouvernement, tout en laissant ouverte une porte assez illusoire : « Je me suis rendu à Paris en vue de régler la question de notre indépendance et de la réunification du Vietnam. La situation actuelle en France ne permet pas encore de résoudre ces deux questions. Il faudra attendre. &#039;&#039;&#039;Mais je puis affirmer catégoriquement que tôt ou tard le Vietnam sera indépendant, Nord, Centre et Sud réunifiés.&#039;&#039;&#039; La conférence franco-vietnamienne n’a pas terminé ses travaux, elle reprendra en janvier prochain. Mais le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 14 septembre crée des facilités pour les deux parties et déblaie la route pour la prochaine reprise de la conférence dans une atmosphère amicale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 134) Lorsqu’il prononce ces paroles « conciliantes », HCM sait qu’il n’obtiendra pas plus en 1947 qu’il n’a obtenu à Fontainebleau et que ce projet de nouvelle conférence est voué à l’échec. Lors de son séjour en France, il a surestimé ses espoirs en une gauche française au pouvoir. Il ne lui reste en fait que le rapport de force (voir 28 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une réunion du Cominindo examine les demandes de renforts de D’Argenlieu et Valluy (10 000 hommes). Elle est appuyée par Juin (chef d’état-major de l’armée française) (Devillers, 1988, p. 233).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce jour, ainsi que le 27, 400 suspects prochinois sont et seront arrêtés au cours de plusieurs rafles par les services de sécurité du VM (Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 198-199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 octobre 46 : Une « note d’orientation MV1 » (MV pour &#039;&#039;Modus Vivendi&#039;&#039;) de Valluy au général Nyo (président des commissions mixtes d’état-major à Hanoi) concernant un cessez-le-feu en Cochinchine et dans le Sud-Annam précise : « La mise en application &#039;&#039;&#039;sur place&#039;&#039;&#039; des conditions militaires acceptées par les deux parties se fera ultérieurement, par accords particuliers entre les états-majors &#039;&#039;&#039;locaux&#039;&#039;&#039; et les chefs militaires vietnamiens &#039;&#039;&#039;du Sud&#039;&#039;&#039;. &#039;&#039;&#039;En aucun cas, une commission d’armistice venant de Hanoi, ne saura être acceptée en Cochinchine.&#039;&#039;&#039; » (respect dans cette citation des passages mis en gras) La Cochinchine demeure plus que jamais la chasse-gardée des Français (Bodinier, 1987, p. 310).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant fi de l’optimisme gouvernemental, prévoyant une reprise des hostilités au vu des tensions en Cochinchine, D’Argenlieu, dans une lettre adressée à différents responsables civils et militaires en Indochine, écrit : « Mettons-nous en mesure de répondre éventuellement dès janvier 1947 à une reprise des hostilités par &#039;&#039;&#039;une action de force visant à neutraliser politiquement et moralement le Gouvernement de Hanoi&#039;&#039;&#039; et à faciliter ainsi la pacification au Sud. » (Devillers, 1988, p. 234, respect des passages en gras et soulignés). &#039;&#039;&#039;L’amiral n’exclut donc pas une tentative de coup d’État contre le gouvernement en place.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Pignon (directeur des Affaires politiques de D’Argenlieu), fervent initiateur de la future « solution Bao Daï », adressée à La Laurentie (direction politique à la France d’Outre-mer) s’interroge : « Seule peut être opposée à Ho Chi Minh et au Vietminh une monarchie unioniste et démocratique. La métropole nous permettrait-elle de jouer cette carte ? » (Devillers, 1988, p. 234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre de Valluy au général Juin (chef d’état-major de l’armée française) lui signale que les documents saisis sur les prisonniers du VM sont aux antipodes des principes d’application du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; : « […] les ordres et les consignes données s’écartent très loin du slogan « d’application loyale et franche », et ont pour but d’une part d’amener l’emprise totale du gouvernement vietnamien sur la population de Cochinchine et du Sud-Annam, d’autre part d’intensifier la lutte afin de nous créer des difficultés, et de faire pression sur les négociations qui vont s’engager. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 278)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 octobre 46 : A la veille de la mise en place du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 30, D’Argenlieu rend compte à Paris des intentions et activités du VM qui affirment : « Continuez et intensifiez les sabotages à l’arrière des troupes ennemies ». Il dénonce « une série de manœuvres prenant appui sur l’article 9 du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, qui cherchent à annihiler un an d’effort en Cochinchine. » (voir 14 septembre) Le VM, qui a refusé d’évacuer ses troupes du Sud, veut en fait renforcer ses positions et grignoter le dispositif français avant le 30 octobre, date d’application du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; signé par HCM à Paris le 14 septembre (De Folin, 1993, p. 160 ; Devillers, 1988, p. 236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français se développe depuis l’été, un climat de suspicion à l’égard de l’emprise du communisme au Vietnam. La venue ce jour de trois officiers soviétiques à Saïgon, officiellement dépêchés pour rapatrier des prisonniers russes, inquiète les autorités françaises et serait le signe d’une tentative de mainmise de l’U.R.S.S. dans l’Asie du Sud-Est. Ils sont étroitement surveillés par la Sûreté qui décèle des rencontres avec des membres du P.C.C. de Cholon voire du VM (Pons, 2007, p. 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 46 : Entrée en vigueur de la Constitution française de 1946 (Devillers, 1988, p. 343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 octobre 46 : Retour triomphal d’HCM à Hanoi : au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, le VM n’a plus d’opposants déclarés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Il convoque une seconde fois l’Assemblée nationale constituante&#039;&#039;&#039; devant laquelle il donne à nouveau une démission très temporaire. La séance qui se veut intimidante a lieu sous forte escorte militaire (Fonde, 1971, p. 273). Il n’y a plus que 291 députés sur 444 élus car 150 ne sont pas présents  du fait des distances, de la guerre au Sud, des évictions mais aussi des intimidations et des arrestations. Des 70 membres de l’opposition, il n’en reste que 37 et ils ne seront plus que 2 à la fin de la session du 9 novembre du fait de purges internes en cours. Les autres ayant été arrêtés pour de pseudos délits de droit commun ou exécutés… Fonde évoque le cas du député Hoang Huu Tan, élu à Tourane mais qui n’a même jamais vu la ville. Tan lui a confié que sa candidature par télégramme a été rendu nécessaire car « il fallait combler les vides. Des députés sont en fuite à l’étranger, d’autres ont été arrêtés, sur ordre du gouvernement, après levée de leur immunité parlementaire. » (Ibid.) Les interpellations des députés nationalistes dénonçant l’abolition de la liberté de la presse ou l’arrestation de leurs collègues (V.N.Q.D.D., D.M.H., Daï Viet) sont systématiquement censurées ou dénigrées. Beaucoup d’entre eux ont déjà pris le chemin de la Chine du Sud pour échapper aux purges, et ce, dès l’été. &#039;&#039;&#039;Une dictature communiste s’installe&#039;&#039;&#039; avec la mise en place d’&#039;&#039;&#039;un gouvernement de combat qui verra le jour le 3 novembre&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, p 167). L’assemblée nationale ne sera plus jamais réunie avant décembre 1953.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 octobre 46 : 300 personnes jugées indésirables sont envoyées dans les « camps spéciaux » de la R.D.V.N. (voir 30 mars) (De Folin, 1993, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la veille de l’entrée en vigueur du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; le 29 à minuit, suite à la mise en place des commissions mixtes décidée à Cam Ranh entre D’Argenlieu et HCM, ce dernier demande à Saigon de réunir rapidement la commission des douanes et du commerce extérieur au sujet du port de Haïphong (Devillers, 1988, pp. 235-236). C’est le non-règlement de ce point litigieux (voir 11 novembre) qui mettra le feu aux poudres à Haïphong le 20 novembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au même moment, D’Argenlieu informe Paris que le gouvernement vietnamien propose à l’agrément de son homologue français, comme personnalité vietnamienne accréditée auprès du haut-commissaire pour établir la coopération en vue de l’exécution à venir des accords, Pham Van Bach. Ce dernier n’étant rien moins que le président du comité exécutif du Nam Bo exécré par l’amiral… Ce dernier demande à Paris de refuser. Une fois de plus, il n’aura aucune réponse à sa requête (Devillers, 1988, p. 236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note intitulée « Instructions données au Vietminh » qui ont été interceptées stipule : « Il est nécessaire que les différents échelons des organes civils et militaires observent à l’égard des Français une politique inchangée dans leurs principes, leur attitude et leurs formes. Continuez les sabotages à l’arrière des troupes ennemies et intensifiez-les […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p 81)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 octobre 46 : &#039;&#039;&#039;Mise en place du cessez-le-feu prévu par le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; du 15 septembre. Il est respecté dans un premier temps, preuve s’il en est qu’HCM sait se faire obéir quand il le veut. Toutefois, la trêve ne fait pas l’économie d’actes de guérilla ponctuels qui vont s’amplifier ici et là. Si les Français ripostent, le VM les accuse de prolonger les combats, notamment en Cochinchine (De Folin, 1993, p 162). Le général Valluy (commandant en chef) ne voit en cet accord qu’avantages pour le VM : « La trêve deviendra un singulier allègement pour les rebelles […] ils seront capables de se renforcer, de recevoir des armes, de se réorganiser. Ils bénéficieront d’une liberté de circulation totale : leur activité deviendra incontrôlable et théoriquement autorisée. » (Valluy 2, 1967, p. 211). Il évoque également « « l’irénisme » des Parisiens » et dénonce leurs recommandations pour ménager HCM. « Ils nous offrent le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; comme un acte de bonne volonté du Vietminh et nous prient de l’appliquer avec loyauté. » Selon lui, les « Parisiens » ne mesurent absolument pas qu’un régime totalitaire est en train de s’installer sous la houlette du VM (voir 30 mars, 28 octobre, 14 novembre) (Valluy 2, 1967, pp. 212-213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une circulaire du VM produite par le commissaire aux Affaires intérieures du Nam Bo qui sera rapidement interceptée confirme la stratégie de guérilla, interdisant « tout droit de négocier ou traiter » avec les Français. Elle ajoute : « Profitant de l’exaltation populaire qui est en train d’atteindre son paroxysme, nous devons chercher à étendre le mouvement patriotique pour agrandir notre influence et consolider le pouvoir. Il faut conserver toutes nos forces militaires et politiques. » (Valette, 1994, p. 81)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Discours de D’Argenlieu à l’Hôtel de Ville de Saigon. Il s’accompagne d’une mise en garde  contre l’application déloyale du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; : « Avant tout, ce qu’il importe de réduire et d’éliminer entre peuples amateurs de paix et professant une amitié réciproque, c’est le terrorisme. Pas de conciliation possible entre l’esprit de paix authentique et celui qui préside aux méthodes du terrorisme scientifique. Le terrorisme est un fruit empoisonné, il imprime à toute la lutte un caractère odieux et vil, et pour tout dire satanique […] Ce qu’ajoutent les clauses du Modus Vivendi – c’est capital –  c’est la volonté commune de mettre fin dans le Sud, en Cochinchine surtout aux combats, la volonté de renoncer au terrorisme méthodique, organisé, orchestré et généralisé par nos adversaires quels qu’en soient les motifs et d’y voir substituer le respect de la liberté de penser, d’opiner, la volonté de créer le climat favorable à une consultation populaire par voie de référendum. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 279)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (commandant en chef) adresse au général Nyo (président des commissions mixtes d’état-major à Hanoi) une seconde note d’orientation (voir 25 octobre) intitulée « MV2 ». Elle prévoit « le désarmement et le renvoi dans leurs foyers des éléments cochinchinois ou originaires du Sud-Annam des formations armées se réclamant du gouvernement d’Hanoi. » Si les choses se passent dans les formes, « elles seront susceptibles de créer un climat d’apaisement […] Sinon, elles sont de nature à suspendre fâcheusement les négociations. » (Bodinier, 1987, p. 313).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à l’ordre du colonel Dèbes (commandant de la place à Haïphong) du 23, les troupes du R.I.C.M. au Tonkin se disent prêtes à intervenir et à faire face à toute éventualité. Le capitaine Dercourt qui les commande estime : « La situation demeurant instable, nous pouvons à tout moment être amenés à intervenir très rapidement, de notre propre initiative » Il prévoit un plan offensif pour Haïphong visant à conserver la maîtrise de la ville et de la côte (Devillers, 1988, pp. 233-234).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 octobre 46 : Libération par les Français de 150 détenus politiques (Devillers, 1988, p. 237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin octobre 46 : HCM envoie Nguyen Luong Bang pour diriger les travaux préparatifs nécessaires à l’organisation et l’installation d’organes centraux du Parti et du gouvernement dans des zones de sûreté nommées par les Vietnamiens &#039;&#039;An Toan Khu&#039;&#039; (A.T.K.) L’éventualité d’un conflit franco-vietnamien est donc envisagée dès cette époque malgré la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre qui a permis à HCM de gagner du temps. Les A.T.K. couvrent pour l’instant au Nord les districts de Son Duong, Chiem Hoa, Na Hang (Tuyen Quang), Dinh Hoa, Dai Thu, Phu Luong (Thai Nguyen), Cho Don et Cho Ra (Bac Kan).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
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		<title>Juillet 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:41:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Été 46 : Selon Pons, « c’est à partir de l’été 1946 que l’anticommunisme commence à jouer un rôle dans les représentations, dans un contexte international qui se dégrade : la prise de conscience du danger communiste résulte de la situation générale en Chine notamment, où la guerre civile a repris à partir du mois de juillet. » (Pons, 2007, p. 43) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Juillet 46 : Léon Pignon, conseiller politique de D’Argenlieu, reproche au commandement militaire français d’avoir joint ses forces à celles de la R.D.V. pour chasser les nationalistes prochinois. Il en rend compte à son supérieur. Selon lui, les nationalistes sont plus anticommunistes qu’antifrançais et ce, malgré la violence de leurs discours. Il présente sa stratégie : « L’opposition au gouvernement actuel de la République Démocratique du Vietnam doit servir les intérêts permanents de la France dans le pays. Il faut en tirer profit, quelles que soient la valeur et la nature de ses dispositions apparentes à notre égard. » Dans ma même optique, il conseillera toujours aux autorités françaises de s’appuyer sur le nationalisme - fût-il intransigeant - de la monarchie au sein de la future « solution Bao Daï » pour contrer le VM. Il sera entendu par D’Argenlieu dès janvier 1947 (voir 14 janvier 1947) (Goscha, 2014, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir liquidé en juin la plupart des bastions du D.M.H., le VM s’en prend, toujours au Nord, aux zones encore contrôlées par le V.N.Q.D.D. Leur chef, Vu Huong Khan, se retire avec quelques centaines de partisans sur Lao Kay (frontière chinoise) qui tombera dans les mains du VM en novembre (Fall, 1960, p. 50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un document du V.N.Q.D.D. qui sera saisi en décembre à la mairie d’Hanoï, les nationalistes auraient dû procéder durant le mois à des actions violentes contre les Français : exécution de hauts gradés, enlèvement de femmes et d’enfants, action suicide lors du défilé du 14 juillet suivie d’une tentative de coup d’État (Goscha, Benoît De Tréglodé, 2004, pp.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
194-195).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juillet 46 : Après une très longue attente qui l’a exaspéré et même agacé, HCM est enfin reçu pour un déjeuner par Georges Bidault qui vient de succéder à Félix Gouin au poste de président du Conseil. Selon Salan, « la rencontre entre les deux hommes est sympathique. » (Salan 1, 1970, p. 398) Mais le leader vietnamien ne se prive pas de rappeler à son hôte ce pour quoi il est venu en France : « […] Le Vietnam et la France sont fraternellement associés dans le sein de cette union, peuples libres et égaux, animés du même idéal démocratique et de la même passion pour la liberté […] Le Vietnam est sur la voie de l’indépendance. Il jouera bientôt, j’en ai la conviction, le rôle qu’il mérite dans le Pacifique, comme pays indépendant, pour le plus grand honneur de la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, p. 261)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 3 - 4 juillet 46 : HCM est à nouveau « baladé » en France avant l’ouverture de la conférence de Fontainebleau (Salan 1, 1970, p. 398). C’est l’ouverture du volet « visite officielle » : visites au chef du gouvernement, grands déjeuners, dépôt d’une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu, visite du château de Versailles, du mont Valérien, de l’Hôtel de Ville et soirée à l’Opéra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juillet 46 : Lettre de Leclerc au colonel Crépin (adjoint de Salan). Le ton est plus que jamais à la fermeté : « […] Il s’agit bien de montrer que nous sommes plus forts que le gouvernement de Hanoi, c’est le seul moyen  d’obtenir une attitude conciliante de leurs envoyés à Paris. Je sais que ce n’est pas votre point de vue mais vous commettez une erreur. Il ne s’agit pas encore une fois, de partir en guerre mais bien d’affirmer notre force et toutes les fois que nous l’avons fait nous avons gagné. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 258)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juillet 46 : Dans une lettre adressée à Bidault, D’Argenlieu estime étrangement, malgré l’échec de la première conférence de Dalat, que la situation est « beaucoup plus favorable qu’à la veille du 6 mars ». Défendant un point de vue colonialiste (et gaulliste), il estime que la France « ne peut abandonner d’un trait de plume plus de vingt millions d’êtres dont un nombre important, et la grande majorité même dans certaines régions, répugnent à l’idéologie et aux méthodes du parti au pouvoir, pour le seul soucis de sauver ses intérêts économiques au Vietnam […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 200). Il justifie la formation du gouvernement provisoire de Cochinchine. Il constate d’abord que « le gouvernement de Hanoi était parfaitement au courant du déroulement de la situation en Cochinchine. La campagne de terreur déclenchée dans ce malheureux pays par le Vietminh a provoqué une réaction immédiate » de la population contre ces violences. Il ajoute : « Le président Ho Chi Minh connaissait parfaitement notre position et je l’en avais personnellement entretenu lors de notre entrevue du 20 mai. La formation du Gouvernement de Cochinchine ne pouvait, dans ces conditions, revêtir le moindre caractère de provocation. » Selon lui, « […] le peuple de Cochinchine ne désire nullement être placé sous la botte des gouvernants de Hanoi et voir son pays devenir « la vache à lait » de révolutionnaires prévaricateurs […] » (D’Argenlieu, 1985, p. 289).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que l’ouverture de la conférence de Fontainebleau est imminente, l’amiral annonce dans une instruction au gouvernement son intention de réunir &#039;&#039;&#039;une seconde « conférence préparatoire » à Dalat&#039;&#039;&#039; (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) à laquelle « seraient conviés les représentants des gouvernement du Cambodge, de Cochinchine, du Laos et éventuellement du Sud-Annam. L’objet serait de rechercher les bases des accords qui recevraient ensuite leur forme définitive à Paris. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 200). Lorsque l’amiral quittera Paris le 10 juillet pour rejoindre Dalat, le gouvernement, qui lui a renouvelé sa confiance, n’aura nullement réagi à cette proposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Valluy, nommé responsable de la coordination franco-vietnamienne pour l’ordre et la sécurité, déplore dans une lettre adressée à Giap l’absence de collaboration entre les forces françaises et vietnamiennes telle qu’elle avait été prévue par les accords 6 mars et les conventions militaires du 3 avril. Les Vietnamiens pratiquent la politique de la chaise vide car aucune « Délégation vietnamienne » n’a en fait été constituée. Cette lettre restera sans réponse malgré une relance faite le 19 juillet (voir 13 juillet) (Valluy 2, 1967, pp. 202-203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancienne possession américaine, les Philippines accèdent à leur souveraineté. Les Américains y conservent des privilèges économiques ainsi que des bases aériennes et navales contre de substantiels avantages financiers (Pedroncini, 1992, p. 319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juillet 46 : Georges Bidault, nouveau président du Conseil, donne des ordres fermes à Max André (président de la conférence de Fontainebleau) : « En aucun cas, n’acceptez que le futur gouvernement jouisse de la personnalité internationale […] Quoi qu’il se passe, ne lâchez rien sur les affaires étrangères. De cela dépendra le maintien du Vietnam dans le giron de la France ou de son passage dans l’orbite des Soviets. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 258)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 5 au 6 juillet 46 : A quelques heures de l’ouverture de la conférence de Fontainebleau, tractations de dernière minute entre les deux délégations franco-vietnamiennes. Bidault (président du Conseil) a refusé de cautionner une conférence internationale entre deux États souverains. Aucune personnalité française de premier plan ne sera présente, ne serait-ce qu’à l’ouverture. Pas même l’amiral D’Argenlieu qui aurait été écarté « sous pression vietnamienne ». Un des futurs participants, Jean D’Arcy (du cabinet d’Edmont Michelet, ministre de la Défense) observera dans une note ultérieure adressée à son ministre : « Cette acceptation des désirs vietnamiens représente une perte de face considérable pour la France ; l’absence, d’autre part, d’un membre de gouvernement à l’ouverture explique en grande partie l’ambiance pénible qui y régnait […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 71)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 46 : Lettre de Bidault à Moutet (F.O.M.) au sujet de la restitution par la Thaïlande des territoires indochinois occupés en 1941. Le ministre des Affaires étrangères envisage de faire trancher la question non par le Conseil de Sécurité de l’O.N.U. (où l’hostilité des Anglo-américains risque de se manifester) mais par la Cour internationale de Justice (DDF, 2004, tome 2, document n° 11, pp. 25-27). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 46 – 10 septembre 46 : &#039;&#039;&#039;Ouverture de la conférence de Fontainebleau&#039;&#039;&#039;. Elle doit régler 5 problèmes : l’intégration du Vietnam à l’Union française et la Fédération indochinoise ; la question de l’unité du pays ; l’examen des problèmes économiques et douaniers ; l’établissement d’un traité définitif entre les 2 pays (ordre du jour &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1952, p. 295).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont présents côté français : Max André (M.R.P.), président (simple conseiller municipal de Paris, déjà présent à première conférence de Dalat…), deux députés, Juglas (M.R.P.) et Lozeray (P.C.), des fonctionnaires et experts ayant servi en Indochine. D’Argenlieu qui devait assurer la présidence ne s’est pas déplacé sur le lieu même de la conférence, officiellement, selon la presse, pour raison de santé. Mais il la suit dans un premier temps en coulisse, jusqu’au 10 juillet, date de son retour à Saigon pour aller assister à la seconde conférence de Dalat. Leclerc, qui a annoncé son départ (voir 19 juillet), ne veut pas se rendre à Fontainebleau (Salan 1, 1970, p. 400). Son pâle président, Max André, arrivé depuis peu en Indochine (voir 15 janvier), reconnaitra  ultérieurement : « Au premier rang des directives verbales qui me furent communiquées par M. Georges Bidault […] au début de la Conférence de Fontainebleau figurait celle-ci : obtenir toutes les garanties pour que, sur le plan extérieur, le Vietnam ne pût devenir un nouveau pion du jeu soviétique, un nouveau satellite de   Moscou. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 71)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vietnamien : Pham Van Dong, président, Phan An, Duong Bach Mai, Ta Quang Buu, Hoang Minh Giam, Nguyen Manh Ha. Comparé à sa venue dans le cadre de la délégation vietnamienne « &#039;&#039;good will&#039;&#039; », Pham Van Dong a alors totalement « changé d’attitude » (Sainteny, 1967, p. 206). D’entrée, en réponse à l’allocution d’ouverture de Max André, il dénonce avec véhémence l’attitude des troupes françaises qui se sont emparées, en violation des accords du 6 mars, « des riches plateaux de Pleiku et de Kontum » et se prononce « contre la création d’un État libre de la Cochinchine » qu’il considère comme « la mutilation de notre patrie »  (D’Argenlieu, 1985, p. 300 ; Devillers, 1988, p. 194).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conférence aurait pu être la conférence de Paris, souhaitée comme telle par HCM. Mais les Français, en la délocalisant à Fontainebleau, voient là un moyen de ne pas donner trop d’importance ni au VM ni à l’Indochine qui ne fait d’ailleurs absolument pas partie des préoccupations majeures du pays à cette époque. C’est ce que montre également la faible représentativité politique de la délégation française constituée de « seconds couteaux ». Fontainebleau devient alors la simple poursuite de la première conférence de Dalat qui s’était soldée par un échec (voir 17 avril – 11 mai). La délocalisation de la conférence sur Fontainebleau  permet également, côté français, de s’éloigner un tant soit peu de la pression médiatique si redoutée par certains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vietnamien, la conférence est dominée par des hommes d’HCM (Pham Van Dong) sachant que le président de la R.D.V.N. ne participe pas directement aux pourparlers. Il profite de son séjour en France pour poursuivre une vaste opération de relations publiques : rendez-vous avec des hommes influents, conférences de presse. Selon De Folin, il se présente « comme un vieux sage, calme, raisonnable, simple, ironique, courtois, plein de bonne volonté, sans rancune. » Il parle aussi publiquement d’« indépendance » et d’un « État libre » (voir 24 et 26 août) (De Folin, 1993, p. 150). Georges Bidaut espère de lui qu’il puisse servir de recours en cas de blocage. Ce que le président du Vietnam ne fera d’ailleurs pas directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où s’ouvre cette conférence, pour complexifier encore un peu plus les choses, la République française vit toujours dans le provisoire : les Français ont rejeté par référendum le 5 mai le projet mis au point par la première assemblée constituante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme lors de la première conférence de Dalat, 5 questions sont à l’ordre du jour de la conférence de Fontainebleau : intégration du Vietnam dans l’Union française ; intégration du Vietnam dans la Fédération indochinoise ; question de l’unité du Vietnam ; problèmes économiques et projet de traité&#039;&#039;.&#039;&#039; D’entrée, la délégation vietnamienne parle quant à elle d’indépendance « dans un délai de trois ans. » (De Folin, 1993, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conférence qui aurait pu être une nouvelle chance ne fait que conforter et officialiser en métropole les profondes divergences entre Français et Vietnamiens, identiques en tout point à celles de la première conférence de Dalat. Pour les gens d’Hanoï, l’expression « État libre » qui figurait dans les accords du 6 mars 1946 signifie « État indépendant ». Pour les Français, « libre » veut dire ne disposant que d’une certaine dose d’autonomie interne au sein de l’Union française et de la Fédération indochinoise. Pour les Vietnamiens, la question de savoir si la Cochinchine fera partie ou non du Vietnam ne se pose même pas. Elle est un point de blocage pour les Français qui la considèrent toujours comme leur colonie. L’organisation du référendum d’autodétermination sur cette question ne pouvant être confiée qu’à la seule administration coloniale, ce que refuse nettement le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juillet 46 : Incidents de Hongay. L’arraisonnement d’un sampanier employé par les Français dégénère en bataille rangée. L’armée française est prise à partie par le comité local du VM malgré les accords du 6 mars. Il y a des morts et des blessés côté français. Selon Valluy, l’intervention  des groupes de liaison franco-vietnamiens prévue par les accords d’états-majors d’avril demeure totalement inefficace (Valluy 2, 1967, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre assez véhémente de D’Argenlieu exprime son point de vue : il s’agit de ne pas laisser ses adversaires « hausser le ton » et à son auteur d’ajouter : « Qu’il me soit permis de réaffirmer que notre autorité est à ce point rétablie en Indochine […] que nous sommes en mesure [d’y] faire prévaloir […] selon nos desseins la politique libérale et éclairée du Gouvernement de la République. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 194, note ; son destinataire n’est pas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juillet 46 : Continuant leur progression (voir 20 juin), les troupes françaises se réinstallent à Langson sans que cela provoque des troubles sérieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Série d’attentats à Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc entame une tournée en Annam à Ban Me Thuot, Pleiku, Kontum (nouvellement reconquises) puis se rend à Hanoi (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de l’inspecteur des Colonies Montguillot stigmatise, deux jours après l’ouverture de la conférence de Fontainebleau, le « manque de coordination des différents services qui, au Département, et à la Présidence, ont connu cette affaire. » Il dénonce également un manque « dramatique » de documentation (voir 29 juillet) (Turpin, 2005, p. 252).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;André Labrouquère est remplacé par Pierre Messmer au poste de secrétaire général du comité interministériel de l’Indochine&#039;&#039;&#039; (Cominindo) (D’Argenlieu, 1985, p. 302). Toutefois le nouveau secrétaire ne prendra effectivement ses fonctions qu’au mois d’août. Selon Messmer, «  […] ma promotion s’explique par l’échec administratif de mon prédécesseur autant que par le désir de Georges Bidault d’écarter un homme très marqué politiquement. » (Messmer, 1992, p. 176) Adhérent à la S.F.I.O. depuis 1933, organisateur du Parti socialiste clandestin en Cochinchine sous l’occupation japonaise, arrêté le 27 juillet 1942 et déporté au centre de Travinh puis à Vinh-Long jusqu’à la reddition japonaise le 9 mars 1945, André Labrouquère avait été fondateur de la fédération socialiste d’Indochine (Maitron, https://maitron.fr/spip.php?article136580&amp;amp;id_mot&amp;lt;nowiki/&amp;gt;=) Après avoir pris ses fonctions, Messmer notera : « Ma fonction de secrétaire général  du Comité, qui se réunit rarement mais par lequel passent les télégrammes, les rapports, les instructions, me permet de constater chaque jour la contradiction entre les directives de fermeté et le refus d’en assumer voire d’en imaginer les conséquences. » (Messmer, 1992, p. 178).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juillet 46 : D’Argenlieu quitte la France pour retourner à Saigon préparer la deuxième conférence de Dalat (D’Argenlieu, 1985, p. 302). À son retour au Vietnam, l’amiral a les mains libres : il n’a pas eu de retour négatif du gouvernement à sa proposition d’une deuxième conférence de Dalat et Leclerc est sur le point de partir (voir 19 juillet). Quant à Sainteny et ses collaborateurs, ils sont en France depuis le 18 avril.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Bidault à la représentation diplomatique française en Chine pour faire accélérer le départ vers le Japon d’une division chinoise qui semble vouloir demeurer à Haïphong (DDF, 2004, tome 2, document n° 15, pp. 38-39).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juillet 46 : A la conférence de Fontainebleau, les Français remettent une note de base qui n’est, selon Devillers, « qu’une nouvelle version de la vieille thèse assimilationniste » au sein de l’Union française avec une « mise en commun de notre potentiel militaire et économique », la Défense et la diplomatie ne peuvent « s’exercer que par des organes qualifiés de l’Union française, chacun ayant la possibilité, au sein de cette Union, de faire entendre sa voix […] » (Devillers, 1988, p. 195). On est aux antipodes de la conception vietnamienne qui veut un rapport d’État à État lui accordant toutes les prérogatives régaliennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pressentant une action subversive du V.N.Q.D.D. (voir juillet), la Sûreté vietminh se réunit pour contrer d’éventuelles actions contre les Français lors du défilé du 14 juillet et une tentative de renversement du gouvernement. On décide de saisir des preuves de ces actions en vue de lancer une contre-attaque générale contre les nationalistes pro-chinois (Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 195-196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 - 13 juillet 46 : Sous prétexte de complot, Giap « purge » Hanoï des derniers leaders nationalistes du V.N.Q.D.D.qui sont arrêtés et emprisonnés ou en fuite vers la Chine. Il interdit leur journal &#039;&#039;Le Vietnam&#039;&#039; qui, après une « autocritique constructive », loue les « vertus » du régime communiste n-v qu’il fustigeait une semaine auparavant. La dictature communiste poursuit son installation en éliminant les organes de presse qui la gêne. Un nouveau fac-similé du V.N.Q.D.D. renaitra après quelques jours. Il est désormais totalement favorable au gouvernement… (Gras, 1979, p. 125)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juillet 46 : Giap, en sa qualité de ministre de l’Intérieur, procède à l’arrestation de nombreux membres de l’opposition prochinoise. Il ordonne provisoirement (voir 18 juillet) la suspension du journal du V.N.Q.D.D. intitulé &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039; (Fall, 1960, p. 51 ; Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 196-197).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau, la délégation vietnamienne répond à la note de base des Français du 11 : les rapports entre les deux pays doivent faire l’objet de « rapports contractuels à définir par voie de traité. Ces rapports sont établis sur les bases suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         libre association&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         égalité de statut&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         solidarité pour la sauvegarde des intérêts communs » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une conférence de presse tenue ce même jour, HCM précise sa conception de l’Union française : « Sur le plan politique, les rapports entre la France et le Vietnam doivent découler d’un traité. Ce traité repose sur un principe fondamental : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes […] » La portée de la Fédération indochinoise « doit être essentiellement économique ». Le leader annonce que Vietnam « est décidé à empêcher le Fédération de devenir une sorte de Gouvernement général déguisé. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon HCM, la Fédération indochinoise ne peut donc se substituer à l’existence d’un État vietnamien qui entend garder des prérogatives régaliennes : posséder et commander sa propre armée, percevoir ses recettes douanières, gérer sa diplomatie, pouvoir être représenté à l’O.N.U. En échange, les intérêts économiques français seront quant à eux préservés dans le respect des lois vietnamiennes : sécurité des capitaux investis ; liberté d’établissement ; mêmes droits pour les entreprises françaises et vietnamiennes. Du point de vue militaire, on s’en tient à ce qui a été fixé lors de la conférence d’état-major du 3 avril. Les Français disposeront pour une durée de 5 ans de bases aériennes et navales, et ce, jusqu’au 6 mars 1951. Les troupes françaises bénéficieront durant cette période d’un droit à la libre circulation sur tout le territoire vietnamien (Devillers, 1988, pp. 196-198).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Leclerc est sur le point de quitter son commandement en Indochine pour celui d’inspecteur des forces terrestres en Afrique du Nord selon la promesse que lui avait faite le général Juin. Il sera remplacé par son adjoint, le général Valluy. Avant de partir, il confie à Cédille : « Je m’en vais, faites comme moi. Tout cela finira mal. Nous, Français libres, n’avons plus rien à faire ici. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 61)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue de déjouer un coup d’État nationaliste qui aurait lieu le 14 en l’absence d’HCM, le VM organise une vaste opération policière contre les nationalistes prochinois du D.M.H. et du V.N.Q.D.D. au Nord. Des centaines d’opposants sont arrêtés (Guillemot, 2018, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dissolution officielle de la mission américaine. Toutefois quelques membres demeureront à Hanoï en rejoignant le consulat où se poursuit le lobbying économique (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juillet 46 : Leclerc vient faire ses adieux à Hanoi. Le commandant Fonde, chargé de la « Mission française de liaison » suite aux « accords d’état-major » franco-vietnamiens du 3 avril a un dernier entretien avec son supérieur. Pour Leclerc, « […] l’insuccès est certain… Voyez Dalat [...] » Fonde reçoit de son supérieur les ordres suivants : « Ici, vous restez avec votre équipe. Vous continuerez à défendre les intérêts français, tant que vous pourrez… Pour cela, s’il le faut, tendez la corde, tirez dessus, tirez pour la France. Mais surtout, qu’elle ne casse jamais !... jamais !... vous entendez !... Il nous faut la paix ! hein… Vous avez bien compris… Allez maintenant. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, pp. 236-237) Pour Leclerc, il faut créer un climat de détente malgré tout. Une rupture et le repli de Hô dans le maquis seraient catastrophiques. Fonde va essayer de faire au mieux, non sans un certain parti-pris mais avec une honnêteté reconnue par les Vietnamiens. Il se heurte sans cesse à des incidents graves (Hongay, le 7 juillet ; Bac Ninh, le 4 août), tous provoqués par le déplacement des troupes françaises. La notion d’« empiètement sur la souveraineté vietnamienne » étant utilisée à tout-va… L’armée française semble coincée, selon l’expression de D’Argenlieu, dans « une véritable camisole de force ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant son départ pour la France, Leclerc se rendra dans les mines de Camphra. Il s’intéresse alors aux misérables salaires des mineurs qui le scandalisent : « Ce n’est sûrement pas pour perpétuer cela que des jeunes Français sont venus… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, p. 238).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juillet 46 : HCM revient dans une interview au journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; sur le principal point d’achoppement de la conférence en cours, à savoir le statut de la Cochinchine : « C’est une terre vietnamienne. C’est la chair de notre chair, le sang de notre sang […] Avant que la Corse fût française, la Cochinchine était déjà vietnamienne […] Sur ce point, j’affirme que j’ai confiance dans la France nouvelle […] Un référendum coûte cher. Si on peut s’entendre en s’en passant, ce sera préférable […] Sinon, on le fera sincèrement et loyalement, et le résultat sera le même. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 juillet 46 : Dans le cadre les négociations de Fontainebleau, note juridique de la direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères qui vise à « réfuter les prétentions du Vietnam à obtenir des représentations diplomatiques distinctes ». Elle appuie son argumentation sur la convention du 6 mars : « Il s’agit dans cette convention d’un accord librement débattu. Si le Vietnam doit supporter […] des limitations à sa souveraineté, c’est contractuellement, en pleine connaissance de cause, qu’il les a consenties. La France ne les lui a pas imposées. » (DDF, 2004, tome 2, document n° 29, pp. 77-80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 46 : D’Argenlieu estime que « le départ [= démarrage] du gouvernement provisoire [de Cochinchine] est médiocre » : manque d’unité, tendance dictatoriale, décisions prises à la légère, aucune entente avec le commissaire de la République Cédile (D’Argenlieu, 1985, p. 286).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dîner d’honneur pour le départ de Leclerc en présence de D’Argenlieu. Le conseil des ministres en date du 14 lui a attribué sa cinquième étoile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la veille de son départ, Leclerc adresse une lettre à D’Argenlieu : « Au moment de quitter l’Indochine, je crois nécessaire de vous redire les raisons qui m’ont poussé à ce départ. J’ai demandé ma relève dès que j’ai senti que la confiance entre nous n’était pas entière et, à ce titre, la mission que vous avez confiée à l’amiral Auboyneau m’a douloureusement surpris [voir 14 avril]. D’autre part, nos idées sur les méthodes et procédés de commandement n’étant pas exactement identiques, il est préférable que je m’efface. Vous avez pu constater  que la bonne marche su service n’a jamais souffert de ces divergences de vue. Je tiens, en outre, à vous exprimer combien j’ai admiré la hauteur de vue avec laquelle vous appréciez les intérêts français. Dans ce domaine, l’accord fut toujours complet. Vous êtes décidé à sauver l’Indochine, je souhaite vivement que vous y réussissiez et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 260 ; Turpin, 2005, pp. 234-235, note 78)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;Valluy prend la succession de Leclerc au poste de commandant du C.E.F.E.O. par intérim&#039;&#039;&#039; (Cadeau, 2019, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau, première négociation de la commission militaire. Les Vietnamiens revendiquent l’existence d’une armée nationale indépendante dotée d’un commandement propre. Les Français demandent quant à eux l’intégration des forces vietnamiennes dans le cadre de l’Union française avec un commandement stratégique commun et le maintien de bases militaires françaises sur le territoire (C.R. &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 35, pp. 93-96). Les points de vue divergent totalement. Aucun compromis en vue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journal du V.N.Q.D.D. intitulé &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039; dont la parution avait été interdite par Giap le 11 juillet reparaît avec la même rédaction qu’auparavant. A sa une figurent une autocritique d’un style marxiste purement orthodoxe ainsi qu’une justification de l’opération de police menée par le gouvernement contre lui. Dans ce même numéro, Nguyen Van Xuan (qui avait fait partie du premier gouvernement d’HCM) en appelle à un V.N.Q.D.D. « rénové » qui s’intégrerait dans le &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; (« Front national uni ») créé en mai par le gouvernement. A ce moment, ce qu’exige Giap par des moyens policiers, c’est que la formation politique ne puisse plus être puisse être qu’un parti fantoche suivant la voie dictée par les autorités en place (Fall, 1960, p. 51).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;Leclerc quitte l’Indochine&#039;&#039;&#039; suite à ses graves divergences avec d’Argenlieu et, plus encore, une forme de dépit face à l’évolution de la situation politique tant en Indochine qu’en métropole. Dans son rapport de fin de mission, il note : « Comme Janus, ce gouvernent a deux visages. » (Gras, 1979, p. 130). Le général Jean Valluy qui  remplace Leclerc au poste de commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient par intérim entrera en fonction officiellement au poste de commandant en chef le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juillet 46 : Lettre menaçante d’HCM à Marius Moutet (voir ses propos du 31 mai adressés à Salan) : « La France veut-elle avoir en Orient 25 millions d’amis ou 25 millions d’hommes assujettis mais ennemis ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 150).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;D’Argenlieu confirme que la seconde conférence de Dalat aura lieu le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août&#039;&#039;&#039;. Il la nomme « conférence préparatoire d’étude du statut de la Fédération » (Turpin, 2005, p. 261). La presse diffuse cette annonce alors que le gouvernement fait mine de la découvrir (voir 4 juillet) et pour certains, comme Moutet, de s’en offusquer. Cette annonce va naturellement entraîner des protestations officielles de la délégation vietnamienne à Fontainebleau dès le 26.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juillet 46 : Pignon (commissaire fédéral aux Affaires politiques de D’Argenlieu) s’en prend par le biais d’une note à la maladresse des militaires basés en Cochinchine dans leurs relations avec les Vietnamiens que le pouvoir politique en la personne de D’Argenlieu n’avait pas validé le 6 mars : « Des accords locaux avaient été passés en Cochinchine – accords caractérisés par l’extrême naïveté des militaires français qui réussirent à se placer un peu partout dans des positions intenables. A la faveur de ces accords, se développa aussitôt une action de terrorisme contre les Annamites qui s’étaient ralliés à notre cause. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 401) Côté français, les habituelles tensions entre pouvoir civil et militaire se réactivent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon, dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères en vue de la future et seconde conférence franco-vietnamienne de Dalat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août), observe : « Les Vietnamiens veulent nous faire renoncer au Référendum en nous offrant une large autonomie administrative pour la Cochinchine, et en acceptant des positions françaises sur de nombreux points. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 67) Or pour le gouvernement français, la question cochinchinoise doit être mise hors débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu rend publique l’annonce de la seconde conférence de Dalat qui s’ouvrira le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août&#039;&#039;&#039;. Elle est cette fois ouverte à la Cochinchine au Laos et au Cambodge, manière de montrer qu’HCM et la seule R.D.V.N. ne comptent pas seuls aux yeux des Français. Cette annonce se produit en pleine conférence de Fontainebleau, pour mieux tenter de l’abattre… (De Folin, 1993, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La confusion règne toujours à Fontainebleau faute d’union au sein de la délégation française. Le député communiste Lozeray fait siennes les thèses du VM au sujet de l’union des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;. Le président M.R.P. de la conférence, Max André, ainsi que le député Jean-Jacques Juglas s’opposent vigoureusement à leur collègue (Turpin, 2005, p. 252).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une séance privée de la délégation française, La Laurentie, directeur des affaires politiques au ministère de la France d&#039;Outre-mer, continue à défendre la thèse d’une relative autonomie de la Cochinchine : « […] Je ne crois pas que nous arriverons jamais à un accord sérieux avec les Vietnamiens quels qu’ils soient, tant qu’ils n’auront pas l’assurance que la Cochinchine ne sera pas séparée de leur pays […] Il y a un fait que nous n’avons pas le droit d’oublier je crois, c’est que les gens du Nord nous ferons la guerre sur tous les terrains, tant que nous serons derrière le séparatisme cochinchinois […] Je ne suis pas partisan de la suppression du référendum, je tiens à dire qu’un accord signé avec les Vietnamiens qui ne leur donnerait pas un maximum de satisfaction sur la Cochinchine, serait un accord qu’ils n’appliqueraient qu’à contrecœur. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 253)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juillet 46 : Le Conseil consultatif pour la Cochinchine qui était de 12 membres passe à 42 (14 Français, 28 Cochinchinois). Il est dirigé par le docteur Thinh, un modéré, mais qui demeure peu représentatif de la population locale (De Folin, 1993, p. 149). C’est une voie ouverte au séparatisme de la Cochinchine, soutenue par D’Argenlieu, et honnie par le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Leclerc qui a quitté Saigon le 19 arrive à Paris&#039;&#039;&#039;. Il a été reçu en audience le 25 par le pape lors d’une escale à Rome (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Fontainebleau, le délégué vietnamien originaire du Nam Bo, Duong Bach Mai, déclare en séance plénière au sujet de la Cochinchine : « Le sort de cette conférence dépend étroitement du problème des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;. Tant que la Cochinchine, d’une manière ou d’une autre, sera détachée du Vietnam, il n’y aura pas d’entente possible entre la France et le Vietnam. Tout dépend de la question de Cochinchine, l’amitié franco-vietnamienne, la paix comme l’ordre au Vietnam, l’avenir de nos relations. Il faut régler cette affaire le plus tôt possible. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’annonce par D’Argenlieu de la tenue de la seconde conférence de Dalat, comme cela était prévisible, vives protestations de la délégation vietnamienne à Fontainebleau en séance plénière (Devillers, 1988, p. 200). Pham Van Dong (chef de la délégation vietnamienne) transmet à Max André (chef de la délégation française) une protestation écrite que celui-ci communique au gouvernement (DDF, 2004, tome 2, document n° 72, pp. 181-182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mis au courant de l’épuration que mène Giap au Tonkin avec tous les partis qui ne sont pas le sien, Pignon signale au ministère des Affaires étrangères que le « gouvernement de Hanoï contrôle présentement le delta » et qu’il « lutte confusément avec les partis d’opposition ». (Valette, 1994, p. 87)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 juillet 46 : Lettre de D’Argenlieu à De Gaulle : « […] Or depuis mon retour [en métropole], les informations reçues de la conférence de Fontainebleau m’inquiètent chaque jour d’avantage. Le manque de considération et de prévision comme le défaut de caractère s’affirme dans les sphères supérieures […] En vous quittant j’étais résolu à tenir le coup pendant les mois qui s’ouvrent. Il y a des limites à la patience, et nous les avons apprises sur vos pas. » De Gaulle lui répondra le 10 août lui demandant de « tenir et agir » (D’Argenlieu, 1985, p. 308).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première rencontre entre HCM et Raymond Aubrac à Paris dans la roseraie de Bagatelle dans le bois de Boulogne. Les 2 hommes sympathisent rapidement car lorsqu’il était commissaire de la République à Marseille, Aubrac avait mis fin août-début septembre 1944 à un trafic (jeux clandestins, prostitution, marché noir) qui sévissait dans des camps de travailleurs indochinois proches de Marseille dans lesquels ils vivaient dans la misère (Aubrac, 2000, pp. 227-228). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 juillet – 5 août 46 : Leclerc, de retour définitif à Paris, voit Bidault, Michelet, Moutet, Pleven, Sainteny et le général Juin. Il donnera deux conférences de presse, une au ministère des Armées le 31 juillet et l’autre au ministère des Affaires étrangères le 5 août (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de D’Argenlieu à De Gaulle : « Lors de ma dernière visite, le 8 juillet, je vous faisais part de la fâcheuses impression causée par un séjour de trois grandes semaines à Paris. La crise d’autorité y sévissait au point de m’alarmer sérieusement quant à ses incidences sur le problème indochinois. Je dis sérieusement puisque, vraiment notre position est assez forte pour nous permettre de réaliser les desseins de la France sur le pays tout entier et au besoin les imposer. Cela pourrait se faire en trois mois aisément pour l’essentiel en agissant avec constance, force et suavité. Or depuis mon retour, les informations reçues de la conférence m’inquiètent chaque jour d’avantage. Le manque de considération et de prévision comme le défaut de caractère s’affirme dans les sphères supérieures […] » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 253)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 juillet 46 : Moutet réagit plus que tardivement à l’annonce faite par D’Argenlieu de la seconde conférence de Dalat. Or l’amiral en avait informé le gouvernement dès le 4 juillet. Le ministre de la F.O.M. lui écrit avec une mauvaise foi évidente : « Votre dépêche du 24 courant annonçant nouvelle conférence Dalat 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août sur projet de fédération m’a vivement surpris. Gouvernement jamais consulté sur opportunité de cette réunion pendant que siège conférence de Fontainebleau. Suis informé par dépêche mercredi alors que radio et presse dès lundi donnaient nouvelle. Ho Chi Minh protestait près de moi mardi. Je ne pouvais rien répondre, n’étant pas informé […] » Moutet estime que c’est une « double erreur » qui place le gouvernement devant un « fait accompli » et qui crée un « climat moins favorable » aux négociations en cours à Fontainebleau. Cela s’ajoutant à la proclamation d’un gouvernement autonome en Cochinchine, à occupation des plateaux Moïs et la réoccupation par les Français du palais du gouvernement à Hanoi, Moutet conclut : « Fais toute réserve, n’ayant pas pu encore pu saisir gouvernement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 juillet 46 : La confusion règne du côté du G.R.P.F. depuis le début des négociations de Fontainebleau à tel point que la commission consultative du Comité de l’Indochine composée d’experts des différents ministères demande à ce que lors de sa réunion du 5 août « soit précisée en même temps que les instructions données aux délégués français à Fontainebleau la politique générale de la France en Indochine. » (Turpin, 2005, p. 252)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Valette, Moutet fait parvenir à D’Argenlieu par télégramme un désaveu concernant la future deuxième conférence de Dalat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) : « Je n’ai jamais connu accord gouvernement ni décision interministérielle telle que vous la concevez en l’absence représentants Vietnam. Conférence sans lui apparaît faite contre lui. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 69-70) Pour autant, il ne désavoue pas clairement l’initiative de D’Argenlieu et ne met aucun véto à la tenue de cette conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la suite de Moutet, Labrouquère, toujours – mais pour peu de temps – à la tête du Cominindo envoie un télégramme à D’Argenlieu dont la teneur est identique : « Je n’ai jamais connu accord Gouvernement ni décision Comité interministériel sur Conférence fédérale telle que vous la concevez en l’absence représentant Vietnam. Conférence sans lui apparaît contre lui. Même si conférence devait avoir lieu dans ces conditions il aurait fallu nous permettre choisir date et avertir les représentants Vietnam. […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 261, note 193)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM qui rencontre Moutet (F.O.M.) proteste à son tour contre la tenue de la deuxième conférence de Dalat (DDF, 2004, tome 2, document n° 72, pp. 181-182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 juillet 46 : D’Argenlieu justifie par lettre adressée au gouvernement la tenue de la seconde conférence de Dalat, quitte à « suspendre » celle de Fontainebleau (voir 2 août). Il qualifie cette deuxième conférence de « conférence consultative et préparatoire destinée à permettre à des points de vue […] de s’exprimer librement sur un point capital pour leur devenir politique. » Elle n’est, pour lui, pas opposée aux accords du 6 mars et permet aux « populations d’Indochine » de ne plus avoir « l’impression que la France subordonnera tout leur devenir à ses pourparlers avec le seul gouvernement du Vietnam. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 303-304 ; DDF, 2004, tome 2, document n° 63, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau est évoqué au sein de la délégation française « le problème des 3 &#039;&#039;Kys&#039;&#039; » et de l’organisation des référendums pour chacun d’entre eux. On est loin de l’unisson (C.R. &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 68, pp. 171-174). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​31 juillet 46 : Un appel secret  des cadres du VM aux militants demande à chacun de « se tenir prêt militairement et politiquement à toute éventualité » (Ruscio, 1985, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre séance privée de la délégation française souligne une fois de plus ses divisions sur la question cochinchinoise. Messmer (futur secrétaire du Cominindo), Caput et René Bousquet (futur conseiller à la Banque d’Indochine) sont pour un apaisement de la question cochinchinoise. Au contraire, Pignon, Torel et Gonon jouent la carte D’Argenlieu, en refusant toute confiance à HCM au vu  des manquements aux accords du 6 mars et à la perpétuation des actes terroristes. Selon le compte rendu de la séance, « Pignon déclare que la thèse de Messmer repose sur un postulat faux. Le Gouvernement du Vietnam est un gouvernement de parti fait pour le combat et non pour organiser un État viable. Sa seule préoccupation consistera donc à poursuivre la lutte contre la France, jusqu’à la destruction du dernier vestige de notre influence. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 253)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à leur rencontre du 27, HCM se rend pour la première fois dans la résidence de Raymond et Lucie Aubrac à Soisy-sous-Montmorency (Val d’Oise) pour y prendre le thé. Peu satisfait des son hôtel rue de l’Étoile, HCM demande l’hospitalité dans la grande demeure des Aubrac : « Votre second étage n’est pas occupé. J’aime votre jardin. Je serais ici bien mieux que dans mon palace. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Aubrac, 2000, p. 229) Mais c’est également une manière d’échapper à l’invitation forcément limitée dans le temps des autorités françaises… Selon Aubrac, « sans être membres du parti communiste, nous étions, Lucie et moi, considérés comme des sympathisants actifs, ce qu’on appellerait des « compagnons de route ». Il nous semblait qu’il y avait là une continuité dans nos engagements successifs. Nous avions conservé des relations amicales avec nos camarades de la Résistance, qui occupaient les positions politiques les plus variées. Mais nous étions influencés par les analyses du parti communiste et nous avions le souci d’être du côté de ceux qui cherchaient la justice. C’était bien le cas de ces dirigeants vietnamiens engagés vers l’indépendance de leur pays. » (Ibid.)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Juin 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:39:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Été 46 : Fondation de l’Association France-Vietnam qui a pour but de « créer entre les deux nations les liens d’une durable et compréhensive amitié ». Composée de personnalités d’opinions politiques différentes, avec une sensibilité dominante située à gauche, elle adopte des postions fermes d’opposition à la guerre et dénonce les responsabilités françaises  (Ruscio, 1985, p. 118) Ses membres fondateurs sont Justin Godart (président), Andrée Viollis et Francis Jourdain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Juin 1946 : Juin 1946 : Une note du ministère des Affaires étrangères non datée fait le point sur les divergences franco-vietnamiennes à la conférence de Fontainebleau (voir 22 juin) (DDF, 2003, tome 1, document n° 375, pp. 842-846). Et elles sont nombreuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Varga, « Léon Pignon [conseiller politique de D’Argenlieu] tente une politique osée : se servir des troupes chinoises pour éliminer le Vietminh dont il redoute l’organisation et la puissance. » Sainteny ne le suit pas sur cette voie (Varga, 2009, p. 283).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, HCM installe à Quang Ngaï un Comité de résistance du Sud-Vietnam présidé par Tran Duc Quang. Il a délégation sur tout le territoire du Vietnam au sud de Tourane (Da Nhang). Rapidement désorganisé, il sera absorbé fin août par le Comité du Nam Bo et réorganisé par Nguyen Binh qui en fera un outil de terreur contre les Français et les Vietnamiens francophiles de Cochinchine (Gras, 1979, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces gouvernementales du VM occupent et liquident au Nord toutes les anciennes zones d’influence du D.M.H. (Fall, 1960, p. 50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis septembre 1945, le nombre de tués appartenant au C.E.F.E.O. s’élève à 1 177 hommes (Valette, 1994, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le Prince Sisowath Yutevong, rentré de France où il militait au sein du parti socialiste (S.F.I.O.), est élu président du parti démocrate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin 46 : &#039;&#039;&#039;Valluy est nommé au poste de commandant en chef du corps expéditionnaire par intérim en remplacement de Leclerc.&#039;&#039;&#039; Il n’occupera cette fonction définitivement que le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre (Bodin, 2004, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de D’Argenlieu, sans la tenue du moindre référendum comme les Français s’y étaient engagés le 6 mars, &#039;&#039;&#039;proclamation de la République autonome de Cochinchine sous la présidence du docteur Nguyen Van Thinh&#039;&#039;&#039;. Le colonel Xuan, un autre profrançais, en est le vice-président. &#039;&#039;&#039;Un Comité consultatif de Cochinchine est ainsi créé &#039;&#039;ex nihilo&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; Son statut est provisoire, reconnu par le gouvernement français « sous réserve du résultat du référendum prévu » par l’accord du 6 mars et d’une approbation du Parlement français. D’Argenlieu l’avait évoqué à Paris le 20 février, sans opposition particulière de la part du Comité interministériel pour l’Indochine (Cominindo). La réponse de son ministre de tutelle (Moutet) avait été beaucoup plus réservée en avril mais il fallait, selon l’amiral, aller de l’avant face à la dégradation de la situation sur place. C’est en fait un acte délibéré d’hostilité de D’Argenlieu envers le VM (voir la réaction d’HCM exprimée à Salan le 31 mai) qui, lui, exige la réunification des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gauche française n’est pas favorable à son existence (Francini 1, 1988, p. 306 ; De Folin, 1993, p. 149). Rétrospectivement, Jacques Chauvel, secrétaire général du Quai d’Orsay, commentera cette décision de la manière suivante : « L’amiral, sans avoir pris l’avis de personne [affirmation qui nous paraît discutable car on est plutôt ici confronté aux habituelles tergiversations gouvernementales, voir 5 juin], instituait la République autonome de Cochinchine, contrevenant ainsi sur un point capital de l’accord du 6 mars, préjugeant des résultats d’un plébiscite non fait et des conclusions d’une négociation à ouvrir et poursuivre en France [voir 6 juillet 1946], dont la conduite lui échappait complètement. » L’amiral a pris cette décision en estimant qu’elle « était l’aboutissement de notre action politique en Cochinchine dès octobre 1945, dans l’esprit de la déclaration du 25 mars [1945], seule base officielle existant à ce jour. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; de Folin, 1993, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu avertit HCM en route vers Paris de l’existence de cette proclamation par le biais de l’ambassadeur de France au Caire. Mais, par ordre du Quai d’Orsay, le message de l’amiral n’est pas remis à son destinataire qui apprendra cependant la nouvelle par la radio avec ceux qui l’accompagnent (Salan et Jean D’Arcy, chef de cabinet du ministre des Armées) (Devillers, 1988, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juin 46 : En France, suite au rejet de la première version de la constitution le 5 mai, ont lieu &#039;&#039;&#039;de nouvelles élections législatives pour former une nouvelle Assemblée constituante. Glissement à droite&#039;&#039;&#039; : le M.R.P. ressort renforcé devenant le premier parti de France avec     28 % des voix (160 sièges) devançant cette fois le P.C.F. (26 %, 146 sièges) et la S.F.I.O. en recul (21 %, 115 sièges). &#039;&#039;&#039;Le gouvernement sera dirigé à partir du 24 par Georges Bidault (M.R.P.)&#039;&#039;&#039;. Le communiste Maurice Thorez demeure vice-président. Ce gouvernement prône une forme de continuité concernant l’Indochine autour de l’idée d’Union française. Moutet (S.F.I.O.) demeure ministre de la France d’Outre-mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juin 46 : Nguyen Van Thinh (président de la République autonome de Cochinchine) signe une convention avec Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) fixant les rapports du gouvernement français et de celui de la République autonome de Cochinchine. Dans la réalité, c’est le gouvernement français qui détient la réalité du pouvoir, gardant la haute main sur l’administration cochinchinoise et l’organisation de la sécurité (Francini 1, 1988, p. 306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de De Gaulle à la lettre de Leclerc du 25 avril : « Tenez quelques temps encore… »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juin 46 : Moutet (F.O.M.) et le Comité interministériel d’Indochine (dirigé par Labrouquère) soutiennent la position de D’Argenlieu et donc la création de la République autonome de Cochinchine. Moutet précise toutefois « qu’en aucun cas, il [le gouvernement autonome] ne doit apparaître comme une création des autorités françaises et comme un paravent de celles-ci. » (Francini 1, 1988, p. 306 ; Devillers, 1988, pp. 189-190). Cette approbation par le Cominindo est, d’entrée, une manière de condamner les négociations de la Conférence de Fontainebleau à un échec annoncé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.R.P.F. reconnaît ainsi cette République autonome de fait, mais non &#039;&#039;de jure&#039;&#039;. Et ce, pour ne pas entrer en totale contradiction avec les accords du 6 mars. Ce que rappellera le Cominindo à D’Argenlieu (Turpin, 2005, p. 251).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juin 46 : Le leader caodaïste Tran Quang Vinh, prisonnier du VM, s’étant échappé se rend aux troupes françaises. Par la suite, les Français accepteront de ramener des Comores leur chef religieux, Ho Phap Phan Cong Tac, exilé depuis 1941 par un ordre de l’amiral Decoux. Il invite ses fidèles (470 000 adeptes) à un ralliement vers les Français qui ne se fera que progressivement (Gras, 1979, pp. 137-138).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les troupes françaises de Haïphong reprennent la garde des quais et des docks et réoccupent les casernes de la ville sans incidents (Pedroncini, 1992, p. 256).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans doute liée à la venue d’HCM en France, publication d’un livre blanc sur les « atrocités du Vietminh ». Selon Pons, « il reprend, en fait, un certain nombre de rapports antérieurs concernant le massacre de la cité Héraud notamment [voir 25 septembre 1945], et dénonce la responsabilité du gouvernement vietnamien dans ces exactions. » (Pons, 2007, p. 42)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juin 46 : Les Khmers issarak forment un « Comité de libération du Cambodge ». Un état-major khméro-vietnamien est constitué mais l’entente s’étiole rapidement car les Cambodgiens refusent de passer sous la tutelle vietnamienne (Bodinier, 1989, p. 132).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juin 46 : Lettre de Leclerc à Robert Schuman (M.R.P.) destinée à être transmise au futur président du Conseil Georges Bidault (M.R.P.) : « Ho Chi Minh est un grand ennemi de la France, dont le but poursuivi par lui-même et son parti est notre mise à la porte pure et simple. Nous avons en main tous les documents qui peuvent faire foi […] Tout est voulu et programmé par lui […] Ne vous laissez pas prendre par la sympathie et les artifices de langage que Ho Chi Minh et son équipe savent utiliser et manier à la perfection. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 151 avec erreur de date, l’article du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; qui la cite mentionne sa rédaction le 8 et non le 6 ; Pedroncini, 1992, p. 323 ;  Turpin, 2005, p. 256) D’un Leclerc jusque-là assez conciliant avec le VM, on passe à un Leclerc combatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc s’adresse par lettre à De Gaulle pour évoquer sa mésentente totale avec d’Argenlieu : « Je crois comprendre, par les conseils que vous me donnez, que l’Amiral D’Argenlieu m’a représenté comme un impatient de servir sous ses ordres [...] Je me suis permis, alors, de lui exprimer par lettre ma manière de voir […] Au reçu de cette lettre, il a jugé bon de vous prévenir, en déformant vraisemblablement la vérité, et de demander mon  rappel au Gouvernement. Il a choisi comme agent de transmission l’amiral Auboyneau qu’il m’avait lui-même défini en termes très durs à son arrivée en Indochine. Le général Juin rencontré par Auboyneau à Calcutta [voir 14 avril] dissuada celui-ci de remplir cette mission, c’est pourquoi il s’est contenté de vous voir et n’a pas fait la démarche auprès du Gouvernement. De mon point de vue, cette histoire se résume à ceci : l’Amiral s’est conduit à plusieurs reprises avec une parfaite mauvaise foi, je l’ai prévenu que j’étais au courant. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 235)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 juin 46 : Dans le but de contrer la puissance des Caodaïstes (véritable État dans l’État), ralliement de Tran Quang Vinh, l’un de leurs dirigeants, à l’occupant français. Ce ralliement est avant tout le reflet d’une politique française de « vietnamisation » précoce du conflit, visant à se servir des indigènes – et notamment des minorités – comme moyen d’action contre le Vietminh (Louaas, 2015, p. 80). Un accord général avec la secte sera signé en janvier 1947. Les Caodaïstes s’impliqueront alors aux côtés des Français contre le VM, même si leur loyauté demeurera toujours assez douteuse (Valette, 1994, p. 125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Organisation à Hanoi d’une journée du Nam Bo visant à mobiliser les foules (Sainteny, 1967, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 20 juin 46 : Leclerc opère une grande tournée au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle : Vientiane, Dien Bien Phu, Haïphong, Hongay, Campha, Tourane, Hué (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juin 46 : Leclerc est à Hanoi et au Tonkin pour une semaine. Il y observe une atmosphère détendue. Il y rencontre Giap et note dans son journal de marche : « Il semble qu’ils aient compris que nous ne partirons pas et qu’il valait mieux composer avec nous. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 256)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Léon Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) accompagne Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) à Dalat, avec le Dr Nguyen Van Thinh afin de préparer la formation du futur gouvernement provisoire de la de Cochinchine. Pour Pignon, la situation au Sud est simple : c&#039;est aux Sud-Vietnamiens et à eux seuls de décider par référendum de leur réunification et non au reste du Vietnam (Varda, 2007, p. 284).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juin 46 : Arrivée d’HCM à Biarritz. Sainteny le sent « réticent et nerveux ». La conférence de Fontainebleau lui paraît inutile depuis l’annonce de la proclamation de la République autonome de Cochinchine qui est en totale contradiction avec les accords du 6 mars. Sainteny, pour le rassurer, lui rappelle que le texte consacrant cette République précise : « sous réserve des résultats du référendum prévu par la convention préliminaire du 6 mars 1946. » (Sainteny, 1967, p. 205). Maigre consolation pour le président vietnamien qui se sent floué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juin 46 : Départ de D’Argenlieu de Saigon pour Fontainebleau. Il y arrive le 14 puis demeurera à Paris jusqu’au 10 juillet pour y faire du lobbying politique, avant de repartir pour la seconde conférence de Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Crépin (adjoint de Valluy, commandant les troupes françaises au Tonkin) recommande clairement aux Français de s’allier au VM pour récupérer le bastion de Langson occupé par  le V.N.Q.D.D. et le D.M.H. : « Bien entendu, il ne s’agit pas d’y aller seul ou contre le gouvernement vietnamien, mais d’accord avec lui. Ce serait une excellente occasion pour obtenir une coopération militaire franco-vietnamienne qui lierait plus encore à nous le sort du gouvernement vietnamien. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juin 46 : Arrivée de D’Argenlieu à Orly à 17 h 00. Son voyage s’est effectué en un temps record. L’amiral arrive à Paris dans un climat politique confus, avec la démission en cours du gouvernement Gouin. Selon Turpin, le G.R.P.F. a mal préparé la conférence à venir « en ne faisant pas le travail de synthèse et de décision nécessaires à la bonne marche des négociations. » (Turpin, 2005, p. 252) L’ouverture de la conférence prend d’entrée du retard (voir 8 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc adresse des directives à Valluy (commandant en chef du corps expéditionnaire par intérim) : « Sans pousser à la rupture, profiter au maximum des circonstances favorables pour asseoir et étendre nos positions. Agir en prévenant le gouvernement d’Hanoi et si possible avec son accord. » Les Français entendent réoccuper Langson, rétablir la liaison avec Sam Neua, rouvrir la route Hué-Savannakek, reprendre possession du palais du gouvernement général à Hanoi (occupé jusqu’alors par le général chinois Lou Han) et reprendre totalement le contrôle de l’hôpital Lanessan (Pedroncini, 1992, p. 256).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juin 46 &#039;&#039;&#039;: L’Assemblée nationale française désigne Georges Bidault au poste de président du Conseil&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 190). Il demeurera à ce poste jusqu’au 16 décembre 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, les actions des extrémistes se poursuivent (V.N.Q.D.D. ?). La jeep du représentant britannique Simson Jones est pour la deuxième fois mitraillée par méprise et percée par 17 projectiles. Son occupant parvient à se réfugier dans une tranchée. Deux militaires français sont poignardés à la sortie d’un cinéma. Giap décide de renforcer les patrouilles mixtes (Fonde, 1971, p. 230).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 juin 46 : Entrevue d’Argenlieu-De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises. Ils évoquent ensemble des questions sur la situation nationale et internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse au futur président du conseil Bidault la liste des négociateurs et des experts prévue par lui pour la conférence de Fontainebleau. Aucun homme politique d’une quelconque envergure n’y figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Incident franco-vietnamien à Haïphong : un Français est tué (Giap 1, 2003, p. 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français occupent Phu Lang Tuong sur la route de Langson (voir 14 et 26 juin). Le VM vient d’en chasser le V.N.Q.D.D. Cette réoccupation marque un fugace signe de détente entre Français et Vietnamiens. L’ordre de réoccupation étant signé conjointement par Valluy et Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) (Fonde, 1971, p. 231).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 juin 46 : Le général de brigade Louis &#039;&#039;&#039;Morlière&#039;&#039;&#039; est mis à la disposition de Valluy (désormais commandant en chef du corps expéditionnaire par intérim, voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin) et prend également le commandement des troupes du Tonkin, toujours par intérim (Bodinier, 1987, p. 125). Il occupe également le poste de commissaire de la République du Tonkin, là encore par intérim (Cadeau, 2019, p. 592, note 2). Rétrospectivement, suite à leurs futurs démêlés, Valluy écrira : « […] jamais choix n’aura été sur le papier moins discutable, jamais choix n’aura été en réalité plus malheureux et d’abord pour l’intéressé lui-même qui sera placé dans d’inextricables situations [...] sa nomination n’est pas accueillie en Indochine avec grand enthousiasme » car, selon son supérieur, il n’est aimé de personne (Valluy 2, 1967, p. 359).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Paris, D’Argenlieu lance les instructions pour la seconde conférence de Dalat qui doit s’élargir et s’ouvrir à tous les membres de l’Union française : la Cochinchine, le Cambodge et le Laos (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ordre de D’Argenlieu, et contre l’avis de Leclerc qui avait annulé cette opération le 30 juin la jugeant contraire aux accords du 6 mars, les troupes françaises réoccupent facilement la région Pleiku-Kontum malgré la présence sur place de 4 000 hommes du VM (Pedroncini, 1992, pp. 256-257) D’un côté, on est censé négocier, de l’autre, on reconquiert des régions… Cette occupation des Hauts-Plateaux est l’occasion pour les Français de créer ce qu’ils dénomment une « région autonome moïe ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM lance 3 000 hommes pour reprendre Viet Tri qui servait, depuis septembre, de base arrière en cas de repli du Comité central du V.N.Q.D.D. La ville ne comprend alors que 356 défenseurs (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 202).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juin 46 : HCM qu’on a fait lanterner part (enfin…) pour le Bourget. &#039;&#039;&#039;Début des négociations de Fontainebleau.&#039;&#039;&#039; Elles ont été plusieurs fois retardées car il y a eu en métropole rejet par référendum du projet de constitution le 5 mai, démission du gouvernement Gouin, élection d’une nouvelle assemblée constituante et la mise en place du gouvernement de Georges Bidault (président du G.P.R.F., M.R.P.) le 24 juin. Un gouvernement tripartite est à venir (voir 24 juin) mais dominé par un dirigeant du M.R.P., parti peu favorable au processus de négociation avec le VM. HCM avait réclamé à corps et à cri Paris, il devra, sur décision du futur président du Conseil Bidault, se contenter de Fontainebleau (voir 6 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’absent, officiellement pour raison de santé, D’Argenlieu a fait et va faire tout son possible pour « torpiller » les négociations en cours. D’abord en ayant suscité le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin la création d’&#039;&#039;&#039;une République Autonome de Cochinchine&#039;&#039;&#039; sous la présidence du docteur Nguyen Van Thinh, un habile moyen pour tirer profit de la traditionnelle rivalité culturelle et économique entre Tonkinois et Cochinchinois. Ensuite en prévoyant de réunir une deuxième conférence élargie qui se tiendra à Dalat du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 août mais en l’absence d’HCM alors présent en France (voir 22 avril et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août). La réaction d’HCM est indignée : « On nous demande de jouer franc jeu et l’Amiral a profité de mon absence pour créer le Gouvernement de Cochinchine, occuper les plateaux Moïs et le palais du gouverneur à Hanoi et voilà maintenant qu’il convoque une conférence générale à laquelle à laquelle seul le Vietnam sera absent. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 276) Sur les « principaux points de désaccord » franco-vietnamiens à régler au cours de cette conférence, voir, côté français, DDF, 2003, tome 1, document n° 375, pp. 842-846.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juin 46 : Suite aux élections du 2 juin, &#039;&#039;&#039;Georges Bidault (M.R.P.) devenu président du Conseil le 19 forme son gouvernement.&#039;&#039;&#039; C’est un gouvernement tripartite, peu homogène, composé de membres du M.R.P., du P.C.F. et de la S.F.I.O.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement Bidault 1 : Armées : Edmond Michelet (M.R.P.) ; Affaires étrangères : Georges Bidault (M.R.P.) ; France d’Outre-mer : Marius Moutet (S.F.I.O.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juin 46 : À Hanoi, dès 4 heures du matin, le palais du Gouvernement général est réoccupé &#039;&#039;manu militari&#039;&#039; et par surprise par les troupes françaises qui en chassent les troupes de Lou Han. Elles sont immédiatement reconduites à l’aéroport (Fonde, 1971, p. 231 ; Pedroncini, 1992, p. 397). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juin 46 : Leclerc écrit au docteur Thinh (président du Conseil consultatif pour la Cochinchine) que la sécurité du Sud exige « une collaboration entière des Cochinchinois » (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 juin 46 : À Hanoi, une grève générale de protestation est déclenchée par le VM contre les opérations françaises menées sur les plateaux Moïs et la réoccupation de la région de Pleiku et de Kontum (Annam) (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note du secrétariat général du ministère des Affaires étrangères (dirigé par La Laurentie) en vue de la conférence de Fontainebleau observe : « […] S’il doit y avoir fédération, il importe, en effet, que cette fédération soit française. Si l’emprise de la France n’est pas fortement marquée et garantie, l’affaire évoluerait au bénéfice de l’Annam, ce qui serait fatal pour l’indépendance du Cambodge et du Laos et probablement préjudiciable à l’intérêt français. Or, la fédération pour rester française, doit être équilibrée et ce résultat ne peut être atteint que si la Cochinchine conserve sa complète indépendance par rapport à l’Annam […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 422, pp. 934-935)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 juin 46 : Le texte d’une nouvelle constitution de 1946 étant toujours en cours de rédaction, D’Argenlieu adresse au ministre de la F.O.M. (Moutet) une lettre le mettant en garde « sur les inconvénients très sérieux qu’il y aurait à préfigurer dans les textes constitutionnels ou législatifs le statut de l’Indochine, avant l’aboutissement des négociations en cours avec la République démocratique du Vietnam, comme des négociations avec les autres États, membres de la Fédération indochinoise. » Selon lui, et même s’il n’en pense pas un mot, les négociateurs doivent encore bénéficier « d’une très grande liberté d’action et de manœuvre. » (D’Argenlieu, 1985, p. 297)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion informelle pour mettre en place la ligne politique en vue de la conférence de Fontainebleau. Sont présents : Georges Bidault, Edmond Michelet, Jules Moch et D’Argenlieu. Les ministres communistes ont été volontairement évincés (Ruscio, 1985, p. 124). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 juin 46 : Ayant été mis au courant le 14 avril par le général Juin de l’existence d’une lettre de D’Argenlieu demandant au gouvernement de se séparer conjointement de Leclerc et Salan, le premier réagit en écrivant au chef de l’état-major français, le général Juin : « Ayant eu connaissance des attaques très dures prononcées par l’amiral D’Argenlieu contre moi-même, je me permets de préciser en deux mots, pourquoi je serai heureux de ne plus servir sous ses ordres. L’amiral est un autoritaire qui commande peu : jusqu’au débarquement du Tonkin inclus, pas un ordre, pas une directive, sauf parfois après la bataille. Mais en même temps, égocentrisme considérable qui n’admet pas d’autre autorité que la sienne. En somme, il serait nécessaire d’approuver sans cesse et d’encenser avec respect en attendant des ordres qui ne viennent pas. Le second reproche, peut-être plus grave, est un manque de probité intellectuelle dont je ne fus pas le seul à souffrir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 259)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une entrevue entre Leclerc et Cédile (commissaire de la République en Cochinchine), le général apostrophe ce dernier en lui disant : « Venez donc prendre un whisky, ça vaut mieux que votre truc de gouvernement à la noix [gouvernement provisoire de Cochinchine] ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 277) Ce qui n’empêchera pas le général de défendre bec et ongles le statut de la Cochinchine lors de son séjour parisien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A Paris, réunion du Comité interministériel de l’Indochine (Cominindo) alors que la conférence de Fontainebleau est sur le point de démarrer&#039;&#039;&#039; (voir 6 juillet). On fixe la ligne de conduite et la composition de la future délégation française : Pignon, Torel et Gonon (entourage de D’Argenlieu) ; Bousquet, D’Arcy, Messmer (Cominindo) ; Salan, amiral Barjot (militaires) ; Max André (président M.R.P. de la conférence) et divers représentants de gauche de la coalition gouvernementale qui ne joueront aucun rôle (Valette, 1994, p. 70). Le Comité confirme la volonté de séparer le sort de la Cochinchine du reste du Vietnam afin de préserver les intérêts économiques français au Sud. Il ne faut donc rien céder sur la question du référendum en Cochinchine. Il faut définir les contours de la Fédération indochinoise au sein de l’Union française en limitant l’indépendance réelle du gouvernement vietnamien : le Comité rejette catégoriquement le terme « indépendance » et lui substitue l’appellation « libre État ». Seule la Fédération est habilitée à gérer l’administration du pays (douanes, monnaie, ports, télégraphe) sous l’autorité du haut-commissaire. Du point de vue diplomatique, le Vietnam n’a aucune représentation propre, toute diplomatie doit passer par Paris. Le Comité mesure mal la détermination des Vietnamiens et ses décisions péremptoires du jour vouent d’entrée la future conférence à n’être qu’un échec.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin juin 46 : Hoang Minh Giam, futur négociateur à Fontainebleau rencontre Marius Moutet. Selon Pierre Brocheux, il « se montra déçu par Marius Moutet qu’il rencontre fin juin 1946 et chez lequel il ne trouve aucune sensibilité aux revendications vietnamiennes. En septembre et octobre 1946, assistant au congrès de la S.F.I.O., il s’aperçoit qu’il ne faut pas attendre grand-chose de la part de la direction du « parti-frère », absorbé par des luttes de tendance et des « combats des chefs ». » (Pedroncini, 1992, p. 237)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Avril 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:36:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début avril : Nguyen Binh respecte une trêve dans les actes de violence perpétrés en Cochinchine à la demande d’Hanoi en phase de négociation avec les Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avril 46 : Au Cambodge, création du Parti Démocrate (&#039;&#039;Pak Pracheatipatey&#039;&#039;), premier parti politique cambodgien, fondé par Sim Var, Chhean Vom et Leu Koeus. Le parti compte de nombreux et brillants intellectuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avril – juin 46 : Départ échelonné des troupes d’occupation chinoises au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (après la cueillette de l’opium, d’où sa lenteur…). Le Tonkin est alors totalement exsangue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril 46 : &#039;&#039;&#039;Le général Valluy est nommé commandant militaire du Nord en remplacement de Salan&#039;&#039;&#039; décribilisé à Paris depuis son implication dans la signature des accords du 6 mars (Salan 1, 1970, p. 358).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au refus de D’Argenlieu d’aller plus loin dans les concessions, Leclerc lui adresse une lettre incisive : « Jouer franc jeu ne veut pas dire céder à l’adversaire mais consiste à exprimer – et nettement – ce que l’on veut, et à s’y tenir sans changer de ligne. Je reste convaincu que c’est la bonne méthode. Il est certain que les Annamites nous ont fait confiance au début. Aujourd’hui, ce ressort de la confiance est cassé, et je me permets de dire que cet échec provient de la méthode entièrement différente que vous avez suivie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 103) Leclerc exprime son désaccord avec les manières de l’amiral : « […] en discussion on est toujours d’accord, puis quand arrive le télégramme ou quand on lit le message envoyé à Paris on s’aperçoit que, par des détails de rédaction, des restrictions le sens est profondément modifié. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 57, note 183)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelque temps après sa réception, D’Argenlieu enverra l’amiral Auboyneau à Paris demander le rappel de Leclerc et Salan « qui ne voulaient pas se soumettre à son autorité » (voir 14 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, officier du VM faisant partie de l’armée franco-vietnamienne, observe : « Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril, de nouvelles troupes françaises font leur entrée dans la ville [Hanoi]. C’est un groupement d’infanterie, aux camions bondés de troupes, qui défile sous les fleurs et les acclamations de la population européenne. La garnison française est maintenant forte de plus de 5 000 hommes de troupes dotés d’artillerie et de blindés. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 77)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La responsabilité du maintien de l’ordre dans le nord de l’Indochine passe des autorités chinoises à celles de la France dans le cadre des accords du 6 mars signés en accord avec les Vietnamiens&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 178).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 avril 46 : De Gaulle confie à Claude Mauriac : « C’est effrayant, vous savez, combien l’Empire s’est désagrégé depuis que je suis parti. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 101) De Gaulle n’apprécie pas la politique menée par Leclerc, notamment lorsque celui-ci lui remet une lettre en avril par l’intermédiaire du commandant Buis. Le Général ne mesure toujours pas ni le manque d’effectif ni le manque de moyens dont dispose Leclerc (Ruscio, 1985, pp. 101-102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 avril 46 : Suite aux accords du 6 mars (« Accord annexe ») et à la demande de D’Argenlieu se tient une sixième &#039;&#039;&#039;« conférence d’état-major »&#039;&#039;&#039; entre les Français (Salan) et les Vietnamiens (Giap, ministre de la Défense et Vu Hong Kahn, président et vice-président du Conseil supérieur de la Défense nationale). Elle est beaucoup plus constructive que ses prédécesseuses. Elle prévoit, du moins sur le papier, la rapide évacuation du corps d’occupation chinois. Giap soumet son texte au préalable à HCM qui le confirmera le 4. L’entête du texte précise que « l’accord intervient pour préciser les conditions d’application, au point de vue militaire, de la convention préliminaire du 6 mars 1946 et de l’annexe à ladite convention. De caractère provisoire, il est valable jusqu’à la conclusion des négociations générales prévues à l’article 3 de la convention préliminaire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 356 et annexe V, pp. 426-430). Selon Salan, entre Français et Vietnamiens « une commission mixte centrale de liaison et de contrôle est créée. Son siège est à Hanoi. Elle est chargée de contrôler l’application fidèle des clauses du présent accord. » (Salan 1, 1970, p. 429) Les Français pourront disposer pour une durée de 5 ans de bases aériennes et navales au Vietnam, et ce, jusqu’au 6 mars 1951. Les troupes françaises disposeront également durant cette période d’un droit de libre circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ordre et la sécurité doivent désormais être assurés conjointement par les troupes franco-vietnamiennes (10 000 Vietnamiens et 15 000 Français), sous l’autorité du général Valluy (« Commandant supérieur aux forces franco-vietnamiennes de relève »). Mais, côté vietnamien, aucun chef de haut rang de la délégation vietnamienne, aucun officier ni même un soldat ne sera mis à sa disposition. Seul un adjoint de Giap, Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur), garde un contact avec le commandant Fonde, chargé de la « Mission française de liaison ». Giap a par ailleurs obtenu que les mouvements des forces françaises soient soumis à l’approbation des autorités locales « jusqu’au rétablissement de la sécurité » et donc sans véritable limite chronologique. L’implantation provisoire des garnisons françaises est fixé : 8 garnisons (Hanoi, Haïphong, Hongay, Nam Dinh, Hué, Tourane, Haïduong, Dien Bien Phu) et 6 postes à la frontière sino-tonkinoise (Moncay, Langson, Caobang, Hagiang, Laokay, Laichau). Un commandement franco-vietnamien est prévu avec, en théorie, un état-major commun mais qui ne sera jamais vraiment mis en place du fait, selon les Français, de la mauvaise volonté du VM. En théorie encore, l’armée française occuperait pendant 5 ans, en commun avec des unités vietnamiennes, des bases pour la plupart situées sur la frontière chinoise. Au bout de ce délai, la relève serait assurée par les Vietnamiens seuls et les Français évacueraient alors le pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit de Paris une réponse positive aux demandes de son télégramme du 29 mars. &#039;&#039;&#039;Le projet de la conférence préparatoire de Dalat est validé.&#039;&#039;&#039; C’est lui qui devra la présider.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comité interministériel pour l’Indochine dont Moutet fait partie répond aux propositions de D’Argenlieu en vue des conférences de Dalat puis de Paris : il faut retarder le départ de la délégation vietnamienne pour que les délégués gouvernementaux français aient le temps d’être instruits pour négocier ; la délégation vietnamienne devra être soumise à un devoir de réserve ; la présence d’une délégation laotienne et cambodgienne est souhaitable ; les négociations en cours « devront aboutir à un accord sur le principe général de l’organisation de la Fédération et de l’intégration dans l’Union française » ; il est impossible de consulter démocratiquement les populations tant que l’ordre ne sera pas rétabli (D’Argenlieu, 1985, p. 247 ; Devillers, 1988, p. 175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu, pour contrer la volonté du VM de réunifier les 3 &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, va s’efforcer de mettre sur pied un gouvernement cochinchinois autonome. Il en informe le gouvernement : « Nous sommes maintenant sur le point d’aboutir à Saigon et un gouvernement pour la Cochinchine est prêt à être constitué. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 245-246)  Il est en cela soutenu, mais de manière hésitante et souvent contradictoire (voir 13 mars et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin), par le ministre de la France d’Outre-mer, Marius Moutet. Ce dernier avait préconisé dès le 13 mars de faire « toute une propagande » pour empêcher la réunion du Tonkin à la Cochinchine « sous le slogan : la Cochinchine aux Cochinchinois. » Mais le 15 avril, il lui paraît au contraire « évident que nous devons nous garder d’apparaître comme les auteurs d’une propagande pour l’autonomie de la Cochinchine […] » Pour mieux brouiller les pistes et lui donner un semblant de légitimité, on préconise alors l’avènement d’un gouvernement provisoire de Cochinchine qui serait à même d’organiser lui-même un référendum d’autodétermination (D’Argenlieu, 1985, pp. 268-269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM donne une interview à P.M. Dessinges de &#039;&#039;Paris-Saigon&#039;&#039;. Il se dit « enchanté de ses contacts avec le général » Leclerc. « C’est un homme droit, loyal, franc, un chic type comme vous dites en français. C’est avec de tels hommes que l’on aimerait toujours pouvoir discuter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 avril 46 : Leclerc prend connaissance du texte de l’accord de la conférence d’état-major du 3 avril et l’approuve. Il fait lecture à Salan d’une lettre qu’il a adressée à De Gaulle le 27 mars lui expliquant toutes les difficultés auxquelles ont été confrontés les exécutants au moment du débarquement d’Haïphong, lui confiant au passage « combien le gouvernement avait été imparfaitement et faussement informé de la situation » par D’Argenlieu (Salan 1, 1970, pp. 356-357).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 avril 46 : &#039;&#039;&#039;Léon Pignon qui, jusqu’alors, était le conseiller politique de Sainteny devient celui de D’Argenlieu&#039;&#039;&#039; en remplacement de De Raymond qui est nommé commissaire de la République au Laos (Devillers, 1988, pp. 176-177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 avril 46 : Assassinat d’un nouveau membre du Conseil consultatif, le docteur Tran Van That. Cet acte marque le début d’une longue série (voir 3 mai).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Visite de courtoisie de Giap à Salan. Il l’informe qu’il se rendra également à la première conférence de Dalat. Il déplore les manigances chinoises visant à attiser la discorde entre le VM et le V.N.Q.D.D. prochinois (Salan 1, 1970, p. 357).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours d’une de ses visites de départ, celle-ci s’adressant à Lou Han, Salan se rend au palais Pugnier et croise Bao Daï qu’il ne connaissait pas. Ce dernier a demandé un passeport pour se rendre à Hong Kong via Kunming que les Chinois lui établissent (Salan 1, 1970, p. 358). L’ancien empereur y mènera, à son habitude, une vie détachée des questions politiques (conquêtes féminines, jeu et sport).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan et son épouse sont invités chez HCM en compagnie de Giap, Pham Van Dong (ministre des Finances) et Hoang Minh Giam (vice-ministre des Affaires étrangères). Ce dernier est le plus disert. Salan fait connaissance avec un Pham Van Dong « très réservé ». HCM confie à Salan qu’il est son « fils spirituel ». Deux des invités ont connu les geôles de Poulo Condore. Giap a quant à lui perdu son épouse Bich Ha dans un bagne français. Après le départ de Madame Salan, la tournure de la conversation devient plus politique. HCM critique « Saigon » (D’Argenlieu) qui, selon lui, ne respecte pas les termes de l’accord du 6 mars. Deux problèmes doivent être résolus dans l’immédiat : la Cochinchine et l’ouverture de la conférence de Paris. Les Vietnamiens reprochent à Salan une forme de duplicité française : le colonel Nguyen Van Xuan et des notables saïgonnais doivent partir pour Paris présenter un gouvernement de Cochinchine soutenu par D’Argenlieu, ce qui contredit l’accord préliminaire du 6 mars. &#039;&#039;&#039;HCM annonce qu’il n’ira pas à Dalat et demeure pessimiste quant aux perspectives de cette conférence.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse à Valluy (futur commissaire de la République au Tonkin par intérim avec le départ de Sainteny pour la France, voir 11 avril) une directive. La proclamation d’un gouvernement provisoire en Cochinchine va provoquer des remous au Tonkin tant au niveau gouvernemental que dans la population. La tâche de Valluy va donc être de faire comprendre au gouvernement d’Hanoi qu’il aurait beaucoup plus à perdre en fomentant un coup d’état qu’en préservant la convention du 6 mars. Pour faciliter la tâche de Valluy, D’Argenlieu va reporter l’annonce de cette proclamation au moment de la conférence de Dalat ou de celui du départ des parlementaires vietnamiens vers Paris. D’Argenlieu conclut cette directive d’un « je connais votre sûreté de jugement, votre force de caractère. Vous avez ma confiance. » (Devillers, 1988, pp. 177-178) Un pacte semble désormais lier les deux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 avril 46 : Un commando vietminh (sous les ordres de Nguyen Binh) rompt la trêve menée jusque-là et fait sauter la &#039;&#039;&#039;Pyrotechnie à Saigon&#039;&#039;&#039; pour maintenir la pression au moment où va s’ouvrir la conférence de Dalat (De Folin, 1993, p. 159). Goscha pense que cet acte est une initiative personnelle de Binh, non forcément approuvée par Hanoi (Goscha, 2002, pp. 48-49). Binh a définitivement adopté une stratégie terroriste qu’il nomme « tactique de la terre brûlée » (Goscha, 2002, p. 44) et qu’il défend dans les termes suivants : « Ce que l’ennemi construit, nous le détruisons. S’il reconstruit, nous le détruisons de nouveau. Nous avons fait de sorte que l’ennemi ne pût pas stabiliser la situation, qu’il ne pût pas atteindre son but de pacification. Cela contribuait d’une façon favorable à la construction des bases pour le développement de la guerre de guérilla et la restauration de notre pouvoir politique dans beaucoup de zones positionnées derrière les lignes ennemies. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, 2002, p. 39 ; voir également pp. 43-45) Goscha note : « La violence aveugle pouvait justement nuire aux buts politiques visés. Elle existait chez le Vietminh, mais elle était nécessaire pour des raisons politiques, diplomatiques et surtout pour gagner le soutien de la population à l’État. » (Goscha, 2002, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 avril 46 : Retour à Hanoï du colonel Crépin qui était allé négocier à Chunking avec Salan. Il sera affecté comme adjoint de Valluy (commissaire de la République par intérim au Tonkin) en juillet (Goscha, De Tréglodé, 2006, p. 194, note 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 avril 46 : Nguyen Binh forme un « Front national unifié » avec les Hoa Hao, les Caodaïstes, des Bouddhistes, certains catholiques et les Binh Xuyen, tous en lutte contre les Français au moyen de méthodes terroristes (Gras, 1979, p. 111 ; Fonde, 1971, pp. 196-197).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap invoque une circulaire prise à l’ennemi avant la future affaire d’Haïphong, Valluy a mis au point un scénario pour « écraser la défense de nos forces armées et se rendre rapidement maître » d’Hanoi (Giap 1, 2003, p. 29). &#039;&#039;&#039;Le nouveau commandant militaire du Nord, a en effet d’entrée produit ce jour une circulaire (« Directive n° 2 » selon Devillers 1988) qui préconise de « ne pas être pris au dépourvu en cas d’incident imprévu » et d’établir un plan d’action qui peut transformer le « scénario [d’] une opération […] purement militaire, en un scénario de coup d’État » visant à se débarrasser une fois pour toutes du gouvernement vietminh.&#039;&#039;&#039; Le document est offensif : « Car le meilleur moyen de se défendre est bien souvent d’attaquer. » Dans sa conclusion, son auteur précise : « Quand les renseignements ont circonscrit ces organismes et fait connaitre les habitudes de leurs membres, des commandos spécialement constitués préparent la neutralisation par surprise. » La découverte de cette note incite les Vietnamiens à renforcer leurs défenses à Hanoi et dans le Delta (Devillers, 1988, pp. 179-180 ; Devillers, 2010, pp. 179-180 ; Ruscio, 1992, p. 76 ; longuement citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 240-241). Or, à cette époque, D’Argenlieu n’est pas en possession d’un nombre de troupe suffisant pour mener ce qu’entend faire Valluy. C’est ce qu’il ira demander à Paris le 13 novembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Romain Victor Pénavaire est nommé Commissaire de la République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 avril 46 : Leclerc, clairvoyant, confie à Salan que la conférence de Dalat à venir « est du temps de perdu » (Salan 1, 1970, p. 365).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sainteny, devant accompagner la délégation parlementaire vietnamienne à Paris, est remplacé par le général Valluy (commandant militaire du Nord) qui assure l’intérim au poste de commissaire de la République au Tonkin.&#039;&#039;&#039; Le colonel Crépin et le lieutenant-colonel Repiton-Preneuf sont ses adjoints. Valluy cumule donc désormais au Nord l’autorité civile et militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Léon Pignon quitte le Nord étant nommé Commissaire fédéral politique de l&#039;Indochine à Saigon et devient donc le principal conseiller politique de D’Argenlieu&#039;&#039;&#039;, poste qu’il occupera jusqu’en mai 1947 (Varga, 2009, p. 283).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 avril 46 : À Washington, les &#039;&#039;Combined Chiefs of Staff&#039;&#039; (C.C.S.) accepte que l’Indochine soit désormais sous autorité française. Une note secrétaire d’État James Byrnes transmise à l’ambassadeur français Henri Bonnet marque &#039;&#039;&#039;un radical changement dans la politique étrangère américaine à l’égard de l’Indochine telle que l’avait voulu Roosevelt&#039;&#039;&#039;. Elle ignore l’existence d’un gouvernement provisoire représentatif à Hanoi et ne fait plus mention des précédentes prises de position en faveur d’un &#039;&#039;self government&#039;&#039; à accorder aux peuples sous domination française. Sur le théâtre européen, pour les Américains, la France doit redevenir une alliée à part entière des États-Unis, quitte à faire quelques concessions en Extrême-Orient (Pedroncini, 1992, p. 396 ; Isoart, 1982, p. 211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny quitte Hanoi pour se rendre à Saigon avant son départ pour Paris (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 avril 46 : Au Cambodge, Sihanouk annonce son intention de doter le pays d’une constitution. Celle-ci sera octroyée après l’élection d’une assemblée législative au suffrage universel direct. Cette assemblée doit donner son avis sur un projet de texte constitutionnel élaboré par une commission franco-khmère : on demeure donc dans le cadre très français de la « Déclaration du gouvernement en date du 24 mars 1945 relative à l’Indochine » qui avait instauré une « Union française ». Une loi électorale est programmée s’inspirant du modèle des démocraties occidentale. Elle est contestée par certains partis démocrates : délais trop courts, 37 cas de déchéance des droits électoraux et mise à l’écart des conditions d’éligibilité des fonctionnaires afin d’éviter une désorganisation de l’administration par une ruée dans leurs rangs vers la politique. C’est le parti démocrate qui remporte une nette victoire avec 60 à       70 % des suffrages exprimés (Devillers, 2010, pp. 134-136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 avril 46 : Sur le chemin de Chunking, Leclerc et Salan en faisant escale à Calcutta rencontrent le général Juin (chef de l’état-major français) en route pour la Chine. Ce dernier leur apprend qu’une lettre de D’Argenlieu a été remise à l’amiral Auboyneau. Elle met directement en cause les deux généraux auprès du gouvernement français. &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu y a écrit : « Le général Leclerc et le général Salan sont deux généraux qui ne veulent pas se soumettre à mon autorité, je demande au gouvernement de les retirer de mon commandement et de les rappeler en France. »&#039;&#039;&#039; Juin leur demande de ne pas réagir dans l’immédiat et suggère même à Leclerc de citer Salan à l’ordre de l’Armée et de le nommer président de la commission militaire de la future conférence Paris (Salan 1, 1970, p. 367). Il a vu De Gaulle avant son départ et celui-ci l’a chargé d’apaiser les tensions entre l’amiral et Leclerc. Juin lui confie : « En ce qui vous concerne, je vous prendrai à mes côtés comme inspecteur de l’Afrique du Nord, pour le moment, demeurez en Indochine en attendant mon retour en France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 234) Leclerc temporise et ne réagira à cette attaque directe de l’amiral que les 22 mai et 29 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir déclaré un temps le contraire, un télégramme de Moutet à D’Argenlieu estime « évident que nous devons nous garder d’apparaître comme les auteurs d’une propagande pour l’autonomie de la Cochinchine et que celle-ci doit émaner des Cochinchinois eux-mêmes. » (Devillers, 1988, p. 184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 avril 46 : &#039;&#039;&#039;De Langlade quitte ses fonctions à la tête du  Comité interministériel d’Indochine&#039;&#039;&#039; (Cominindo) (Devillers, 1988, p. 124). &#039;&#039;&#039;Moutet nomme André Labrouquère&#039;&#039;&#039;, professeur dans l’enseignement supérieur en Indochine et, selon D’Argenlieu, « un très fidèle S.F.I.O. ». L’amiral n’a, comme il l’avait pressenti, pas été consulté pour ce choix (D’Argenlieu, 1985, pp. 273-274). Il n’apprécie pas cette nomination. Politiquement trop marqué à gauche, la mission du nouveau secrétaire général du Cominindo sera brève. Il sera remplacé par Pierre Messmer, un gaulliste, dès le 9 juillet (D’Argenlieu, 1985, p. 302).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-avril 46 : Sur insistance de D’Argenlieu, mais sans qu’il y ait de véritable nécessité depuis la démission de De Gaulle, Sihanouk s’embarque pour effectuer un voyage en France prévu pour une durée de trois mois. En fait, l’amiral voulait absolument que ce voyage, signe de sa totale réussite au Cambodge, s’accomplisse absolument avant celui d’HCM pour Paris (Cambacérès, 2013, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 - 25 avril 46 : Mission en Chine du général Juin (chef de l’état-major français) en vue de la ratification des accords franco-chinois du 28 février. Officiellement, il est envoyé à Chunking pour « apporter à la Chine le salut de la France et pour resserrer les liens d’amitié entre les deux pays ». Le ministre de la France d’Outre-Mer, Marius Moutet est du voyage. Selon certaines sources, la véritable mission de Juin serait plutôt de servir de tampon entre Leclerc et D’Argenlieu. D’autres sources disent qu’il vient pour signer un accord avec le Vietminh, ce que le Quai d’Orsay a démenti par un télégramme du 6 mars auprès de l’ambassade de Chunking. Juin tient surtout à se rendre compte, sur place, des résultats des accords passés avec les Chinois et les Vietnamiens mais aussi de la situation réelle des forces françaises en Indochine. Il entend rencontrer le commandant en chef de l’état-major chinois, le général He Yingqin, seul maître des décisions pour la relève et l’évacuation des troupes chinoises. Mais il n’y parvient pas du fait d’un déplacement du général à Nankin, la future capitale. Il rencontre toutefois Tchang Kaï Check qui l’invite avec l’ambassadeur Meyrier à passer un week-end dans sa résidence. Une réception a lieu à l’ambassade de France avec remise de décorations à Tchang et à ceux qui ont œuvrés à l’accord du 28 février. Pour autant, 180 000 soldats chinois n’ont toujours pas quitté le Tonkin, pas plus d’ailleurs que les 30 000 Japonais que les Chinois n’ont toujours pas désarmés au Nord… Tchang apparaît toujours en désaccord avec certains de ses généraux. Il a par ailleurs besoin de récupérer des troupes pour aller combattre les communistes chinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 avril 46 : Dans un rapport adressé au député René Pleven, Paul Mus (conseiller politique de Leclerc), très bon connaisseur de l’Indochine, écrit : « L’histoire, en Extrême-Orient, vient de faire un bond prodigieux, un bond d’un siècle. Toutes nos idées sont à remettre à neuf […] Ce que nous trouvons, c’est de l’histoire en fusion. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 51)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La délégation « &#039;&#039;good will&#039;&#039; » de parlementaires vietnamiens conduite par Pham Van Dong s’envole vers Paris. Elle y arrivera le 25.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 avril 46 : Arrivée des délégations de négociateurs à Dalat (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ministère de la Défense vietnamien décide de créer le collège militaire Tran Quoc Tuan pour la formation des cadres de l’armée. Il sera par la suite déplacé dans la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; zone de guerre (Giap 1, 2003, pp. 265-266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 avril 46 : Le ministre des Affaires étrangères, chef de la délégation vietnamienne présent à la première conférence de Dalat, Nguyen Tam, déclare devant la presse : « Nous ne sommes d’accord que sur un seul point, à savoir que nous ne sommes d’accord sur rien. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Francini 1, 1988, p. 304)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur place, les violences se poursuivent des deux côtés au Nord comme au Sud : les troupes françaises bombardent le village de Hau Giang (Cochinchine), causant la mort de 23 civils (Raymond, 2013, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril 46 : Le responsable militaire du Comité du Nam Bo, Nguyen Binh, lance en véritable électron libre ses troupes contre les Français dans une offensive générale sur tous les fronts. Ce qui plombe encore un peu plus la conférence en cours, là où les représentants vietnamiens avaient demandé, en termes fermes, l’arrêt des violences au Nam Bo le temps de la négociation (De Folin, 1993, p. 147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Bidault sur la situation en Indochine du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 avril acte l’acceptation d’HCM de voir la future conférence se tenir à Dalat et non à Hanoï comme l’avait demandé au départ les Vietnamiens (DDF, 2003, tome 1, document n° 281, pp. 632-633).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril – 11 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Première conférence de Dalat.&#039;&#039;&#039; Selon les mémoires Sainteny, absent, « on escomptait que non seulement Dalat préparerait Paris mais encore avancerait suffisamment les choses pour que les négociations de Paris se limitent à la signature solennelle des accords mis au point à Dalat et aux cérémonies officielles qui les entoureraient. On sait qu’il en fut tout autrement. » (Sainteny, 1967, p. 200) Le lieu où doit se passer cette conférence a été sujet à polémique entre la France et le gouvernement vietnamien : HCM était favorable à ce qu’elle ait lieu directement à Paris mais D’Argenlieu ne veut pas que cet habile négociateur joue de l’opinion française, internationale et encore moins de ses appuis au sein de la gauche métropolitaine. Il souhaite empêcher une conférence d’État à État, préfère privilégier le cadre de l’Union française, ce qui aboutit au compromis de Dalat qui pourra se poursuivre en France, ultérieurement. HCM ne se rend donc pas à Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La délégation vietminh est officiellement dirigée par le ministre des Affaires étrangères Nguyen Tuong Tam (V.N.Q.D.D.) mais, en réalité, c’est Giap, son vice-président, qui la tient en sous-main. Selon D’Argenlieu, cette délégation est faite d’hommes entre 30 et 40 ans, issus de la bourgeoisie. Ce sont des intellectuels sans « aucune homogénéité politique » et donc « pas l’émanation du parti Vietminh au pouvoir ». La délégation vietnamienne est hétérogène : il y a des nationalistes, des pro-japonais et des membres du P.C.I. (D’Argenlieu, 1985, p. 254). Selon Messmer qui a été retenu par D’Argenlieu pour y assister, cette délégation est « politiquement très éclectique, comme pour souligner, à notre intention, l’union nationale. Des communistes y côtoient d’anciens ministres pro-japonais de l’empereur Bao-Daï […] » (Messmer, 1992, p. 174)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux membres de la délégation française ont été désignés par D’Argenlieu (voir 29 mars). Elle ne comprend presqu’aucun homme politique. Elle est dirigée par Max André, un membre M.R.P. du cabinet d’Edmond Michelet (ministre de la Défense) qui a été directeur de la Banque franco-chinoise avant la SGM. Sont également présents Léon Pignon, désormais conseiller politique de D’Argenlieu, qui a négocié les accords du 6 mars et Pierre Messmer, chef de cabinet de Moutet (composition complète de la délégation française &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 247, note 2 et p. 248, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au départ, D’Argenlieu, volontairement présent par intermittence (D’Argenlieu, 1985, p. 253), se retire régulièrement dans sa villa tout en surveillant la délégation française. Cette conférence, il veut la piloter seul, entre soi, au Vietnam et il y parvient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 commissions sont mises en place : politique, économique et financière, militaire et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux problèmes épineux sont abordés : d’abord le statut futur de la Cochinchine, de l’union des 3 &#039;&#039;Ky&#039;&#039; et du référendum à venir, plus ou moins définis par les accords du 6 mars 1946 ; ensuite les questions d’autonomie économique et militaire de la jeune République. Contrairement aux accords du 6 mars, on entre ici dans le vif de ce qui avait été éludé à cette date. C’est d’ailleurs ce qui va bloquer les débats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une divergence apparaît d’entrée : la délégation vietnamienne demande la mise à l’ordre du jour des mesures à prendre pour faire cesser immédiatement les hostilités au Nam Bo (« la chair de notre chair, le sang de notre sang » selon HCM, voir 14 juillet). Les Français refusent de traiter cette question car ils considèrent toujours la Cochinchine comme leur colonie, qui plus est, la partie la plus riche du Vietnam dont tous les habitants ne sont pas forcément pressés de la voir rattachée aux deux autres &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, plus pauvres. Giap réagit alors violemment : « Dire qu’il n’y a pas plus d’hostilités en Cochinchine est un défi à la réalité […] Il faut que cette tragique ignominie cesse […] ». D’autant plus que durant toute la durée de la conférence ont lieu des manifestations et des violences des deux côtés, avec morts et blessés, tant au Tonkin qu’en Cochinchine (voir 18 et 19 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois points d’achoppement apparaissent donc d’entrée pour la délégation vietnamienne : le Vietnam doit être considéré dans son ensemble ; le problème de l’organisation de l’armée est un problème intérieur qui n’a pas à être traité ici ; la question de l’armistice doit figurer à l’ordre du jour car la solution à cette question est la condition préalable à tout accord (Bodinier, 1987, pp. 248-249)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le « dialogue » tourne court et en vient à se faire par un simple échange de notes écrites… Rien n’aboutit, notamment sur la date du référendum dont le VM estime qu’il ne pourra avoir lieu « sous l’occupation française » (De Folin, 1993, pp. 147-148 ; Francini 1, 1988, pp. 303-304).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les questions d’autonomie économique ou d’entente militaire n’aboutissent pas plus (douanes, monnaies, introduction de dirigeants vietnamiens dans les entreprises).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue militaire, il n’y a non plus aucun accord en vue : ni sur l’encadrement des forces armées vietnamiennes, ni sur l’unité du commandement franco-vietnamien, ni sur la répartition entre Français et Vietnamiens dans les forces futures de l’Union française, ni même sur les bases stratégiques à accorder aux Français et la durée de leur occupation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même la notion de « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; », acceptée antérieurement par les Français (voir 18 février 1946), n’est pas clairement débattue et intégrée au concept d’Union française tel que l’avait défini De Gaulle en 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conférence n’aboutit à rien, sinon à montrer qu’il s’agit d’une impasse tant les avis des deux parties en présence divergent. À l’issue d’échanges houleux, Messmer parle « d’un climat de mésentente cordiale ». Toutefois, seul point positif pour le VM, il n’y a pas rupture avec les Français mais possibilité de gagner de temps. Car ce dialogue de sourds doit être poursuivi à Fontainebleau : HCM désire désormais négocier directement avec le gouvernement français, à Paris, sans la présence exclusive des administrateurs et des anciens dirigeants de la colonie qu’il déteste et dont il sait qu’ils ne lâcheront rien (Raymond, 2013, pp. 73-75).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 avril 46 : D’Argenlieu dénonce à l’État-major général de la Défense nationale « ces innombrables actes de provocation, arrestations arbitraires, blessures volontaires, refus de circuler malgré accord, refus de cantonnement, menaces envers fournisseurs français […] Les vexations ne sont pas effet individu annamite mais bien résultat d’une politique du Gouvernement du Vietnam dont mauvaise foi s’affirme chaque jour. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 237)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le remplaçant de Giap (parti pour Dalat depuis le 17), Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) signe avec le commandant Fonde un accord pour l’installation de 5 000 Français des forces de relève à Hanoi. Selon Fonde, « la pression va baisser à Haïphong. » (Fonde, 1971, p. 189)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 avril 46 : Jour des &#039;&#039;&#039;« Pâques sanglantes »&#039;&#039;&#039; : un accrochage entre un camion chinois et un camion militaire français provoque une fusillade chinoise. 12 Français non armés sont tués, 20 autres blessés (De Folin, 1993, p. 164 ; Salan, 1, 1970, pp. 371-372). Des civils sont atteints par les tirs. La réaction française ne se fait pas attendre. Devillers évoque « une intervention immédiate et musclée des forces françaises » qui vise à impressionner les populations locales (Devillers, 1988, p. 180). Paris et Saïgon protestent contre cette manifestation de violence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que le général Juin soit allé à Chunking en avril (voir 15 - 25 avril) pour obtenir des ordres formels d’évacuation et espérer arrondir les angles avec les Chinois, selon Valluy, « […] des transactions de marchands de tapis persistèrent ». Les Chinois réclament l’envoi de 10 000 tonnes de riz à Shangaï, le graissage de patte des généraux chinois, Lou Han compris (Valluy 1, 1967, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouveau secrétaire général du Cominindo, Labrouquère, adresse à D’Argenlieu un télégramme qui va dans le sens de celui déjà envoyé par Moutet (voir 14 avril) : La France ne doit pas faire œuvre de « propagande pour la promotion de l’autonomie cochinchinoise » (Devillers, 1988, p. 184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de D’Argenlieu à l’amiral Ortoli : « Plus nous serons fort militairement, plus nous aurons une chance de trouver une solution pacifique au problème. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 avril 46 : Sainteny atterrit au Bourget pour pouvoir accueillir la délégation de parlementaires vietnamiens. Il est assailli par les journalistes puis rend compte de la situation aux autorités : « conférences au Comité de l’Indochine, Comité interministériel, Conseil de Gouvernement, etc […] Je conçois, ainsi que j’avais dû le faire dix mois plus tôt [voir 13 - 26 juillet 1945], combien il est difficile de saisir de Paris l’immense portée du problème. » C’est lors de l’un des conseils de gouvernement que Bidault (Affaires étrangères) charge Sainteny d’organiser le séjour d’HCM en France et qu’il est décidé que lui et le président vietnamien resteront « en dehors des négociations de Fontainebleau afin de pouvoir éventuellement en opérer le « raccrochage » si cela se révélait nécessaire. » (Sainteny, 1967, p. 201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu demande à Leclerc de faire exiger par Valluy l’intervention des troupes françaises dans le maintien de l’ordre car il estime qu’après les événements de la veille « la police vietnamienne vient de se montrer lourdement déficiente. » C’est le début d’une laborieuse collaboration (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 avril 46 : D’Argenlieu dépêche à Paris une « mission cochinchinoise » dirigée par le préfet annamite Chan et le colonel Xuan. Elle se retrouve dans la capitale au même moment que la délégation de l’assemblée nationale vietnamienne « &#039;&#039;good will&#039;&#039; » (Devillers, 1988, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, du fait de départ des Chinois qui avaient soutenu le régime Lao Issara et après de longues tractations, le roi Sisavang Vong accepte finalement de légitimer les institutions provisoires et de devenir le monarque constitutionnel d’un Laos unifié. C’est un moyen pour obliger les Français à devoir accepter le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 27 août (Cesari, 1995, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 avril 46 : Le général Juin qui revient d’une mission en Chine et dans le Sud-est asiatique arrive à Hanoi. Il rencontre HCM en présence de Leclerc. L’entretien est cordial. Par son intermédiaire, &#039;&#039;&#039;Leclerc adresse une lettre au gouvernement, avec copie à De Gaulle, pour demander sa relève.&#039;&#039;&#039; En réponse à sa première lettre, De Gaulle lui conseillera le 3 juin :        « Tenez quelque temps encore… » et renouvellera cette même demande le 8 juin. Fort des acquis de son récent séjour en Chine, Juin fait pression sur Lou Han pour obtenir l’évacuation d’Hanoi et le retour définitif des troupes d’occupation vers la Chine (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny (chargé d’accompagner la délégation de parlementaires vietnamiens) se rend chez Maurice Thorez, communiste et vice-président du Conseil des ministres. Ce dernier approuve les contenus de l’accord du 6 mars mais confesse : « Nous ne voyons rien à y redire ; ils sont très satisfaisants et, si les Vietnamiens ne les respectent pas, nous saurons prendre les mesures nécessaires, faire parler le canon, s’il le faut. » (Sainteny, 1970, pp. 95-96). Sainteny prend le soin de préciser que Thorez ne parlait pas forcement du VM mais peut-être des nationalistes prochinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les accords du 6 mars, les Français refusent aux Vietnamiens la constitution d’une garde mixte pour l’accès à l’aéroport de Hanoi, Gia Lam. Un détachement vietnamien est envoyé. Il est bloqué par des barrières et des mitrailleuses en batterie. Au final, les Vietnamiens renoncent (Fonde, 1971, p. 216).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 avril 46 : Des soldats français incendient un hameau près de Ninh Hoa (Annam) et font disparaître les stocks de riz des habitants (Raymond, 2013, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face aux tergiversations gouvernementales, D’Argenlieu envoie à Paris un mémorandum intitulé « Tournant politique en Indochine » adressé au ministre de la F.O.M. (Moutet) et à celui des Armées (Michelet). Une copie est également adressée à Leclerc et De Gaulle. L’amiral constate que « notre position au Tonkin et dans le Nord-Annam restera difficile » malgré les accords du 6 mars que l’auteur de ce texte apprécie toujours aussi peu. Il faut donc pour l’instant laisser le Tonkin et le Nord-Annam à l’écart et se concentrer sur le Sud. « Sur la Cochinchine, pèse la menace du référendum. » Et donc potentiellement celle de « la clause de l’union possible des trois Ky après référendum. » La Cochinchine devait devenir « un État autonome au sein de la Fédération indochinoise et de l’Union française » mais « depuis le 6 mars, cette clarté n’existe plus. » D’Argenlieu en conclut : « Nous sommes donc aujourd’hui tenu à ce processus. Il n’est pas sans aléas. » Il prône « l’autonomie de la Cochinchine [que] nous tenons solidement [et qui] sera l’une de nos meilleures cartes à l’heure des négociations de Paris […] » Le Tonkin et le Nord-Annam pourraient demeurer des États libres au sein de l’Union française puis seraient rattachés à la Fédération. L’amiral démontre ensuite que les revendications d’Hanoi n’ont aucun fondement : ni géographique, ni historique, ni économique. Il conclut son propos en écrivant : « Il n’appartient qu’au Gouvernement de la République de prendre ses responsabilités propres et de décider sans retard de sa politique dans un sens ou dans l’autre. C’est chose indispensable ici pour un travail efficace. » Aucune réponse gouvernementale à ce mémorandum ne lui parviendra jamais car la métropole est en pleine campagne électorale. Or Moutet est candidat à la députation… (D’Argenlieu, 1985, pp. 274-277 ; Devillers, 1988, pp. 185-187 ; mémorandum cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 297, pp. 663-666).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les troupes françaises occupent Ventiane (Laos).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 avril - 16 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Arrivée à Paris de la délégation vietnamienne&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;« &#039;&#039;good will&#039;&#039; »&#039;&#039;&#039; dirigée par Pham Van Dong. Sa venue avait été décidée lors de la rencontre HCM-D’Argenlieu en baie d’Along (voir 24 mars). Elle sera reçue à l’Assemblée nationale et par les autorités françaises (Sainteny, 1967, p. 201). Quant à Pham Van Dong, il restera à Paris pour diriger la délégation vietnamienne lors de la conférence de Fontainebleau (voir 6 juillet – 10 septembre). Son attitude, d’abord détendue au moment de cette arrivée, évoluera nettement dans un autre sens lors de la tenue de la conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès le 26, Pham Van Dong salue habilement devant les députés français « la France, championne des droits de la personne humaine, la France de la Renaissance et des encyclopédistes, la France de la Révolution de 1789 et de la Commune de Paris, mais qui représente surtout la France d’aujourd’hui, la France de la Résistance et de la Libération. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pons, 2007, pp. 40-41) Lors de son séjour en France (voir 31 mai) et des différentes et multiples visites aux uns et aux autres ou lors de ses visites symboliques (tombe du Soldat Inconnu, mont Valérien), HCM jusqu’alors assez inconnu en métropole utilisera le même langage et se construira lui aussi progressivement l’image du Résistant vietnamien, le débonnaire « oncle Ho » à la tunique de simple drap.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 avril 46 : Leclerc envoie des directives aux chefs de corps du C.E.F.E.O. : il ne faut reconquérir « que ce qui [est] nécessaire, mais rien de plus » au vu de l’étendue du pays. Clairvoyant, il ajoute : « Il ne s’agit plus de s’imposer par la force à des masses qui désirent évolution et nouveauté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 78)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 avril 46 : A Haïphong, un poste chinois tire sur des civils français. Une patrouille franco-vietnamienne s’interpose. Ces tensions sont visiblement entretenues par des éléments du V.N.Q.D.D. Une violente échauffourée impliquant des chars du R.I.C.M. et des marsouins du 23&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. a lieu. Après 4 heures de combat, les Français reprennent le dessus (Fonde, 1971, p 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 avril 46 : Le général Juin (chef de l’état-major français) qui a rejoint depuis le 25 la première conférence de Dalat conseille à Salan, au vu du peu de progrès dans les débats, de maintenir « les positions du 6 mars », ajoutant, avec son habituel optimisme, « le restant se résoudra à Paris. » (Salan 1, 1970, p. 373).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport, Leclerc observe une « amélioration lente ». Il envisage deux lignes d’action au Tonkin. En cas d’échec des négociations avec les Vietnamiens et les Chinois, « il sera vraisemblablement nécessaire d’étendre notre action dans le Delta sans toutefois nous lancer dans une œuvre de pacification complète : tenir les ports, Hanoi, protéger certains massifs peuplés de minorités favorables et voir venir […] Si au contraire, comme il est permis de l’espérer, les Chinois partent et les Annamites signent, alors il s’agira de les aider à rétablir l’ordre dans leur propre pays (moyenne et haute région) mais ceci semble moins urgent. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 254)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin avril 46 : Après un voyage de 15 jours, Sihanouk arrive en France. Il est accueilli à Toulon par Gaston Deffere, secrétaire d’État à l’Information. Un train de nuit emmène le roi du Cambodge à Paris. Là, il est reçu par le président du Conseil Félix Gouin. On évoque le coup de force japonais, la première « indépendance », le retour des Français et la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Sihanouk rappelle son souhait de récupérer les provinces cambodgiennes annexées par la Thaïlande en 1941. Il prolonge ensuite son séjour en France, pratique l’équitation et la vie militaire à l’école de cavalerie de Saumur. Il y obtient le grade de lieutenant. Tout est accompli ici pour en faire un bon petit soldat au service de la France… Il profite également de son séjour pour aller rendre visite au général De Gaulle reclus à Colombey-les-deux-Églises depuis son retrait de la vie politique. De cette visite naîtra une véritable relation amicale entre les deux hommes. Le roi passe le reste de son temps en mondanités. Il rentrera au Cambodge début juillet après s’être fait mieux connaître et apprécié en France (Cambacérès, 2013, pp. 57-61).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1946&amp;diff=5345</id>
		<title>Mars 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:35:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 46 : Outre les problèmes liés à la présence des Chinois et aux attaques incessantes du VM, les autorités militaires françaises doivent aussi freiner, selon le général Valluy, « les civils français d’Hanoi survoltés » et avides de vengeance (Valluy 2, 1967, p. 203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations entre les catholiques et le régime en place qui jusqu’alors avaient été bonnes vont se dégrader durant le printemps sous la férule du gouvernement qui affiche de plus en plus ses tendances communistes totalitaires et hégémoniques (Gheddo, 1970, p. 58-59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première quinzaine mars 46 : Relève de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (général Valluy) en Cochinchine par la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; (général Nyo, nommé depuis le 10 février au poste de commandant des forces françaises en Cochinchine et Sud-Annam) pour la reconquête du Tonkin. En vue du débarquement, la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; est regroupée à partir des bases côtières vers Nha Trang et Cam Ranh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 46 : Les accords militaires issus de Chungking sont négociés verbalement entre les états-majors militaires français et chinois. Selon le colonel Crépin, « la discussion a pris un ton aigu ». Les textes d’accord sont traduits « pour s’assurer qu’il n’y avait entre les deux textes aucune divergence due à la traduction. » Mais les Chinois rechignent toujours en prétextant la nécessité d’une autorisation de MacArthur (&#039;&#039;Combined Chief of Staff&#039;&#039; qui est à Washington…) pour signer car, en réalité, ils ne veulent toujours guère lâcher le fructueux butin tonkinois. Avant même leur signature, les Français font le &#039;&#039;forcing&#039;&#039; en refusant cette clause, Leclerc voulant absolument déclencher l’opération sur Haiphong et Hanoi le 6. Les Chinois s’inclinent, du moins en apparence (Pedroncini, 1992, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Salan évoquant le débarquement des Français au Tonkin prescrit le respect « des emblèmes chinois » et « vietminh » (Salan 1, 1970, p. 309).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 mars 46 : Les premiers détachements militaires français venus de Chine pénètrent dans le Haut-Tonkin (Fall, 1960, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats des élections législatives sont les suivants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nationalistes indépendants (dont les catholiques) : 90 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Viet Minh : 82 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
V.N.Q.D.D. : 26 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D.M.H. : 22 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Démocrates : 15 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Socialistes : 27 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trotkystes : 10 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est donc un catholique qui dirige la première assemblée nationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que les résultats officiels des élections ne soient produits que le 13 avril, dès 8 h 00, réunion de l’assemblée nationale vietnamienne au théâtre municipal d’Hanoi avec, selon Sainteny, « une centaine de députés modérés » (Sainteny, 1970, p. 86). HCM remet la démission de son ancien gouvernement devant l’assemblée. Son président, le catholique Ngo Tu Ha, propose à HCM de former un nouveau gouvernement dit « d’Union et de résistance », proposition qui est adoptée à l’unanimité (composition &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 49).  &#039;&#039;&#039;HCM crée alors une Commission permanente de 15 membres tous communistes, chargée de contrôler le gouvernement et donc de s’arroger les pouvoirs du Parlement qui doit s’effacer devant ladite Commission. C’est donc une véritable dictature avec un parti communiste unique qui est mise en place&#039;&#039;&#039;, tout à fait comparable à ceux des pays de l’Est en Europe (De Folin, 1993, p. 122). HCM en est le président, Nguyen Hai Tan, un nationaliste prochinois leader du D.M.H. le vice-président, Phan Anh, ministre de la Défense et Nguyen Tuong Tam ministre des Affaires étrangères. Le leader du V.N.Q.D.D., Vu Hong Khanh, devient délégué spécial du conseil des ministres. Deux catholiques entrent également au gouvernement. Bao Daï, éternel absent, conserve dans ce gouvernement son poste de « conseiller suprême ». On crée aussi un Comité national de la Résistance, présidé par Giap (commandant l’A.P.V.), qui reçoit en fait les attributions du ministère de la Défense, tout en ne laissant théoriquement à celui-ci que des tâches purement administratives. L’assemblée déclarant la session close se sépare le jour-même à 13 h 00, sans débats ni votes, hormis la validation des décisions prises par le nouveau gouvernement…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Échange entre D’Argenlieu-Leclerc pour les derniers réglages du débarquement sur Haïphong et Hongay : « Toutes les précautions sont prises pour que ces opérations se déroulent le plus pacifiquement possible. » C’est Leclerc qui est chargé par le haut-commissaire de l’opération « en [son] absence du théâtre nord ». (D’Argenlieu, 1985, pp. 178-179)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Sainteny, D’Argenlieu, optimiste, estime que « l’accord franco-chinois est maintenant signé. La signature d’état-major est attendue d’un jour à l’autre. Notre position en Indochine s’en trouve internationalement clarifiée et fortifiée. L’accord militaire facilite singulièrement la venue de nos forces […] L’accord franco-chinois est une victoire diplomatique dont mieux que personne vous apprécierez la valeur […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 181 ; Bodinier, 1987, pp. 217-218) Belle illusion de l’amiral face à des Chinois pour qui les négociations officielles n’aboutissent jamais à quelque chose de définitif… Il devra déchanter dès le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Sainteny adresse un télégramme à D’Argenlieu. Il se félicite de l’avancée des négociations avec le VM mais souligne : « […] L’obstacle majeur reste donc la question de la Cochinchine. Est-ce une question qu’il faut réserver coûte que coûte, ou peut-on envisager  de céder en ultime concession ? » La réponse cinglante de l’amiral sur cette question lui parviendra dès le lendemain (voir 3 mars) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 212).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; dénonce des intimidations de la presse (saccage de locaux) à Saigon faites par des militaires ayant eu lieu fin-février. Le journal communiste, toujours en semi-phase avec l’engagement des Français dans le conflit, préfère incriminer des boucs-émissaires : « Qui  étaient ces militaires ? Certainement pas des soldats français qui ne sauraient commettre de tels actes, certainement aucun de ces combattants qui ont fait leur preuve. Ne s’agirait-il pas plutôt des S.S. engagés, en son temps, dans la Légion, par M. Diethelm ? » (cité in Ruscio, 1985, p. 367). Les exactions de la Légion étrangère dans laquelle ont été engagés d’anciens soldats allemands (dont certains ont réellement appartenu à la &#039;&#039;Waffen S.S.&#039;&#039;) vont devenir un leitmotiv de la presse communiste française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mars 46 : Salan proteste contre les lenteurs chinoises et adresse de nouveaux courriers à Lou Han. L’ambassadeur de France en Chine Meyrier envoie un télégramme à D’Argenlieu dans lequel Leclerc et Salan indiquent que « les autorités chinoises ne veulent à peu près certainement pas créer des troubles » à l’arrivée des Français. Pour autant, l’ambassadeur émet lucidement des doutes sur les délais de transmission aux échelons inférieurs de l’armée chinoise. Il préconise donc pour le débarquement français la date du « 7 pour avoir les plus fortes chances que les ordres arrivent en temps utile. » (Pedroncini, 1992, pp. 169-170)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Sainteny, D’Argenlieu observe une « objection de dernière heure soulevée par l’état-major chinois dans la discussion de l’accord d’état-major. » Il voit implicitement, à tort, dans cette situation des manigances perpétrées par le ministère de l’Intérieur du G.R.A. (Bodinier, 1987, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait du revirement d’HCM (voir 27 février), télégramme de D’Argenlieu à Sainteny en réponse au sien de la veille : « Je ne puis maintenir les termes de mon télégramme de base et les rappelle : la Cochinchine décidera elle-même de sa position vis-à-vis du Vietnam. » (D’Argenlieu, 1985, p. 182 ; Bodinier, 1987, p. 218)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, muni des pouvoirs du haut-commissaire et de commandant en chef pour donner à Sainteny les directives utiles à Hanoi, embarque à Nha Trang sur le croiseur &#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; en vue de diriger le débarquement au Tonkin (Pedroncini, 1992, p. 395). Il dispose à son bord de moyens de communication radio qui lui permettent de rester en contact avec Saigon, Hanoi, Haïphong et Chungking pour la période entre le 3 et le 6. Mais dans les faits l’ensemble des messages reçus demeureront fragmentaires, tardifs et parfois presqu’incompréhensibles car reflétant la confusion qui règne toujours dans les négociations inabouties avec les Chinois (télégrammes cités partiellement &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 194-196). Avant d’embarquer, Leclerc a adressé un dernier message à Salan : « Encouragez Sainteny à pousser négociations avec oncle Ho. Nous nous présenterons devant Haïphong le 6 mars. Conduisez les négociations en conséquence. Je me conformerai à toutes vos propositions pour éviter conflit ou difficultés avec Chinois ou Annamites. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 191)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction du VM s’interroge sur le comportement à adopter à l’égard des Français : « Devons-nous résolument combattre ou composer  avec les Français ? On peut répondre sur le champ. Si les Français s’en tiennent à la thèse d’une Indochine autonome sur la base de leur déclaration du 24 mars [1945], alors à coup sûr il faut se battre et probablement se battre pour longtemps, selon la tactique de la guérilla. Mais s’ils reconnaissent la souveraineté de l’Indochine, il nous faut composer avec eux, et ce pour mettre en échec les menées des Chiang Kaï-shekistes, des réactionnaires vietnamiens et des fascistes français toujours présents qui entendent nous enfermer dans une position d’isolement, nous contraindre à combattre simultanément de nombreux ennemis pour que nos forces s’épuisent. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 98-99) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 3 au 4 mars 46 : Salan est submergé de dépêches chinoises qui continuent à réclamer l’approbation préalable de McArthur (chef de l’état-major interarmes allié américain) pour autoriser le débarquement français (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars). C’est une nouvelle ruse des Chinois pour temporiser. Les Français passeront outre (Salan 1, 1970, p. 312).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 mars 46 : Les niveaux inférieurs de la hiérarchie militaire chinoise assurent n’avoir toujours reçu aucune directive de Chunking. Salan rencontre le général Ma Ing (représentant du général Lou Han) et lui confirme la réalisation du débarquement, le 6, quelle que soit la réponse (ou la non-réponse) des Chinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de Sainteny à D’Argenlieu : « G.R.A. [Gouvernement révolutionnaire annamite] est resté ferme sur exigence de nous voir explicitement intégration de la Cochinchine dans le vocable Vietnam. Mais il est possible qu’il cède demain et accepte ma proposition. Il reste à craindre que dans son désir de ne céder qu’à la dernière minute, Ho Chi Minh n’ait pas signé avant le débarquement. » (D’Argenlieu, 1985, p. 183)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrevue HCM-Salan-Pignon le soir. HCM refuse finalement le débarquement des Français et demande un délai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 4 au 5 mars 46 : Nouvelle rencontre Salan-Ma Ing accompagné de 9 autres généraux chinois. Tous continuent à tenter de vouloir jouer la montre en prétextant cette fois la protection de leur population et des biens chinois au Tonkin. Non dupe de ces manoeuvres, Salan les rassure et s’y engage. Selon le même, certains « généraux mandchous » ont « le regard tourné vers Mao Tsé-toung », et ce sont eux qui font le plus opposition au retour des Français (Salan 1, 1970, pp. 316-317 ; compte rendu de cette rencontre par le général Lecomte &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 439-442).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mars 46 : Au matin, l’optimisme règne du côté français. Selon un télégramme  du colonel Gilles à Leclerc : « Général Chinois Haïphong [Wang] en très bonne disposition. Il admettra volontiers débarquement mais seulement lorsqu’il aura reçu ordres de Hanoi pour cela. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 207). Les Français vont vite déchanter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 11 heures, alors qu’un avion qui s’apprêtait à emmener une délégation franco-chinoise qui devait décoller, tout est bloqué sur ordre des Chinois. Le général Chéou, commandant la 53&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée, a télégraphié à Chunking de faire surseoir au débarquement français et d’y faire éventuellement obstacle par la force. Ce télégramme ne fait que renforcer  l’opposition de la Délégation consultative chinoise, véritable courroie de transmission du Gouvernement central, réalisé sans son aval entre les commandements militaires français et chinois du quartier général yunnanais (Turpin, 2005, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut attendre 19 h 00 pour qu’un accord purement verbal soit conclu entre les Français et les généraux Ma Ing (représentant du général Lou Han) et Chow. Le commandement chinois donne l’ordre aux troupes de Haïphong de ne pas tirer sur les bateaux français qui vont remonter la rivière si les troupes françaises ne débarquent pas. Chow se rend en soirée, vers 21 h 00, auprès d’HCM afin de parvenir au plus vite à un accord écrit que le leader vietnamien est en train de rédiger à ce moment précis : « 1° Je demande que le Gouvernement français reconnaisse le Gouvernement du Vietnam comme le gouvernement d’un pays libre, pays qui aura son gouvernement, son assemblée, ses finances, son armée. Le tout dans l’Union fédérale indochinoise. 2° Le Gouvernement français demandera au Gouvernement annamite d’admettre une armée française (composée de 15 000 Français et 10 000 Annamites ; ceux-ci choisis par le Gouvernement annamite). Total de l’armée : 25 000 hommes. 3° Le statut de la Cochinchine devra être décidé par le vote des nationaux du Vietnam. 4° Les autorités françaises, de leur propre chef, demanderont que soit signé un armistice temporaire entre la France et le Vietnam. 5° Toutes les autres questions (secondaires) seront discutées et résolues au cours de conversations officielles. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 213). Puis Chaw, muni du document, rencontre Salan qui, après avoir vu Sainteny, l’approuve bien que ces exigences dépassent nettement le cadre défini par le mémorandum de D’Argenlieu et son télégramme, approuvé par le Comité de l’Indochine le 20 février.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 22 h 30, Salan transmet son acceptation à Lou Han. Celui-ci répond que la relève devient possible mais sous condition : le débarquement français ne doit avoir lieu que le 7, le temps que les ordres soient transmis aux troupes chinoises. Le lieutenant-colonel Lecomte de l’état-major de Leclerc avait entretemps averti Sainteny qu’il était impossible de  modifier le plan français sans risquer des incidents avec les Chinois tant qu’un accord avec les Vietnamiens n’avait pas été conclu. Il le presse donc : « Étant donné la situation et l’ampleur du conflit possible, je vous demande instamment, au nom du général Leclerc qui m’a donné pouvoir de vous le dire, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arriver au plus tôt à un accord, fût-ce au prix d’initiatives qui pourraient être désavouées. » (Turpin, 2005, pp. 206-207). La signature des accords est donc considérée comme une urgence tant du côté français que vietnamien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le soir même, Sainteny répond directement à Leclerc : « Je crois que nous tenons le bon bout mais ce sera de justesse ! J’ai lâché (bien peu de choses d’ailleurs) pour éviter le gros incident à Haïphong. L’intégration des 10 000 Vietnamiens dans les forces de relèves sous votre commandement a enlevé la décision. J’espère que vous approuverez cette initiative. Il me reste à souhaiter maintenant que le G.R.A. accepte demain le projet ci-joint et […] que l’Amiral ne me désavouera pas trop. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 23 h 37, les colonels Legendre et Gilles mettent en garde Leclerc sur le fait que le compromis Salan-Chaw demeure inconnu du général Wang qui, non informé des récentes décisions par Hanoi (général Lou Han), « décline toute responsabilité concernant ouverture du feu en cas de présentation  en rivière […] ». Wang donne une simple autorisation pour un voyage en avion d’un représentant de Leclerc. Du fait des problèmes de transmission, ce message ne parviendra à Leclerc que le lendemain à 7 h 55, sans pour autant le faire changer d’avis sur sa décision de débarquer (Turpin, 2005, pp. 207-208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La flotte française et les troupes de débarquement se regroupent dans le golfe du Tonkin selon ce qui a été convenu verbalement avec les Chinois. Or un télégramme du général Ho Ying Chin, un des électrons libres de l’armée nationaliste chinoise, donne l’ordre de ne pas exécuter les instructions du gouvernement envoyées la veille par le général Chin Teh Sun, vice-ministre chargé de ces opérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit un nouveau télégramme de Leclerc en soirée, tardivement. Il est surpris d’y voir apparaître « un programme militaire d’effectifs » où il est mentionné que  la future armée franco-vietnamienne sous commandement français sera composée de 15 000 Français et 10 000 Vietnamiens. Il apprendra ultérieurement qu’il s’agit d’une « demande pressante de l’État-major » et donc que la décision a été prise à Paris (qui s’en défendra) sans que lui-même ait été consulté au préalable (D’Argenlieu, 1985, p. 185). C’est aussi une exigence d’HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Communiqué commun d’Argenlieu-Mountbatten reconnaissant la souveraineté française sur l’Indochine (De Folin, 1993, p. 124). A partir de cette date, toute la zone de la péninsule indochinoise au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle cesse de faire partie du théâtre du S.E.A.C. britannique. Les Français sont désormais seuls chez eux, ce qui était le souhait de De Gaulle et D’Argenlieu (Turpin, 2005, p. 156). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier ministre britannique&#039;&#039;&#039;, Winston Churchill, prononce le discours de Fulton qui marque l’intensification de la guerre froide&#039;&#039;&#039; : « De [https://fr.wikipedia.org/wiki/Stettin Stettin] sur la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Baltique Baltique] à [https://fr.wikipedia.org/wiki/Trieste Trieste] sur l&#039;[https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Adriatique Adriatique], un &#039;&#039;rideau de fer&#039;&#039; est descendu à travers le continent. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 5 au 6 mars 46 : Dans l’après-midi du 5 a eu lieu une rencontre tendue entre Salan et les généraux Ma Ing (représentant du général Lou Han, absent) et Tchao (commandant par intérim de la 53&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée). Les Chinois se retranchent derrière les ordres récents reçus du général Ho Ying Chin (directeur pour l’Europe de l’armée chinoise) qui refuse le débarquement français (voir 5 mars). Face à ce nouveau blocage, Leclerc en informe Sainteny par câble. À ce moment, un accord entre les Français et HCM sur cette question n’est toujours pas définitivement établi. Or, nouvelle ruse chinoise pour différer, c’est justement ce que réclame le général chinois Tchao. Il va donc voir HCM et l’invite à s’entendre avec les Français. Or, cet accord, pour l’instant purement verbal, ne sera conclu que le 6 à 6 heures du matin. C’est Hoang Giam qui annonce à Sainteny que le « président acceptait ses conditions » et qu’il signerait l’accord le lendemain à 16 h 30 (Sainteny, 1970, p. 86 ; D’Argenlieu, 1985, p. 186). À ce moment, HCM aurait déclaré après avoir accepté du bout des lèvres : « Plutôt flairer la crotte des Français que manger toute notre vie celle des Chinois. » (Mus, 1952, p. 85)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mars 46 : A 9 h 00, selon le colonel Repiton-Preneuf (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, état-major de Leclerc),       « on est d’accord sur tous les points mais Ho Chi Minh n’a pas signé. La signature doit avoir lieu à 11 h 00. A 10 h 15, la Délégation française apprend l’incident de Haïphong. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 207). La signature n’aura donc pas lieu à l’heure fixée mais à 16 h 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la matinée, &#039;&#039;&#039;débarquement des Français à Haïphong&#039;&#039;&#039; (opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039; concernant 21 000 hommes). Des télégrammes alarmants mais tardifs (cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 194-196) reçus sur l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; ont prévenu Leclerc que les Chinois de la 53&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée feraient tirer sur les bateaux s’ils se présentaient devant Haïphong. Leclerc a néanmoins confirmé l’ordre « d’exécuter l’opération prévue avec le maximum de prudence et de ne répondre en aucun cas aux coups de feu. » (Salan 1, 1970, p. 325). Il a même annulé, lors d’une réunion sur l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; dans la nuit du 5 au 6, le débarquement sur Hongay et l’occupation du terrain d’aviation d’Haïphong « pour, selon Valluy, lui donner une allure plus pacifique. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 196) Les Vietnamiens, du moins officiellement,  ne s’opposeront pas à l’opération en cours : Sainteny doit rencontrer HCM à 16 h 30 pour signer un accord écrit avec eux (voir nuit du 5 au 6 mars). Mais les troupes chinoises à Haïphong sous les ordres du général He Yinqing, prétextant n’avoir pas reçu d’ordres de Chunking, ne sont pas sur la même longueur d’onde et résistent. Elles tirent dès 8 h 30 à plusieurs reprises sur les bateaux français en approche sur Haïphong à partir du port (carte de la disposition de l’escadre &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 197). Les Français compteront 32 morts et une quarantaine de blessés (Salan 1, 1970, p. 328). Ils attendent cependant les ordres pour riposter. Leclerc, toujours à bord de l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; demeuré en retrait, donne finalement l’ordre de riposte à    10 h 48. Le &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; tire alors 33 coups de 138 et autorise l’utilisation de l’artillerie secondaire du navire. Un dépôt de munitions chinois est touché entraînant des explosions et un énorme incendie. Les tirs français décroissent dès 11 h 10 (Turpin, 2005, p. 208). Un ordre de cessez-le-feu commun est alors envisagé. Des officiers chinois montent à bord du &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; et un cessez-le-feu provisoire est établi. À l’issu de ces échanges de tirs, personne ne cherche un véritable affrontement prolongé : ni les Français, ni les Chinois, ni les Vietnamiens (Francini 1, 1988, p. 263 et pp. 288-289 ; Valluy 1, 1967, pp. 33-34). Des négociations orageuses ont alors lieu entre le général chinois Wang (commandant la place d’Haïphong) et l’amiral Auboyneau. On ne parviendra à un accord provisoire que vers minuit (voir 13 mars). Cependant, il faudra attendre le 18 mars pour que les troupes françaises puissent entrer dans Hanoi au vu de la situation explosive qui y règne et des entraves procédurières et matérielles que le Chinois vont mettre en place pour nuire au débarquement (voir 11 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les événements d’Haïphong, connus à Hanoï dans la matinée, n’affectent en rien la signature des accords franco-vietnamiens du 6 mars qui a lieu à 16 h 30. Selon un télégramme de Sainteny, le texte de l’accord a également été discuté le matin lors d’un conseil des ministres du G.R.A. Il a été approuvé dans la matinée par le Comité central du VM qui s’est réuni à Huong Canh, près d’Hanoi, et s’est rallié aux vues d’HCM disant qu’il n’y pas d’autre solution que de s’entendre avec les Français au sujet du débarquement (Bodinier, 1987, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À 12 h 30, Sainteny demande par télégramme à D’Argenlieu son approbation pour la signature de l’accord préliminaire. D’Argenlieu le valide à 15 h 40 et demande à ce que Leclerc en soit informé (Bodinier, 1987, p. 220-221).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entamée la veille suite à de longues et laborieuses négociations, &#039;&#039;&#039;signature à 16 h 30, de « la Convention préliminaire » franco-vietnamienne dite du 6 mars et de son « Accord annexe »&#039;&#039;&#039;. Sont présents l’après-midi côté français : Sainteny, commissaire de la République et seul signataire mandaté par Leclerc qui assure dans cette affaire l’intérim de D’Argenlieu, absent car demeuré à Saigon. Pignon et Salan sont présents comme simples observateurs pour le volet politique de la convention. Côté vietnamien, HCM  et Vu Hong Khanh du V.N.Q.D.D., sont tous deux signataires. Les signatures se font devant des observateurs anglais, américains, chinois et français, tous satisfaits du résultat. Il y a cependant deux volets à ce document : un politique et une annexe militaire (textes définitifs &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 188-190 ; Salan 1, 1970, pp. 330-332 ; Sainteny, 1953, p. 182-184). C’est cette dernière qui va poser problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La partie politique est modestement intitulée « Convention préliminaire ». HCM y fait preuve d’un esprit conciliateur qui tend à éviter un choc frontal car il cherche surtout à gagner du temps. Certes, le mot « indépendance » ne figure pas dans cet accord. Mais dans l’article 1 de ce texte, « la République du Vietnam » devient un « État libre ayant son gouvernement, son parlement, son armée et ses finances, faisant partie de la Fédération indochinoise et de l’Union française ». Sur la question de la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, « le Gouvernement français s’engage à entériner les décisions prises par les populations consultées ultérieurement par référendum. » (D’Argenlieu, 1985, p. 188) Mais si le Vietnam est ici défini politiquement, il ne le sera jamais géographiquement puisque dépendant toujours du modèle de découpage des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; imposé au moment de la colonisation du pays. Or la majorité de la population vietnamienne considère ce découpage comme une aberration historique et une marque imposée de longue date par le colonisateur français. C’est d’ailleurs aussi cette imprécision géographique que D’Argenlieu reprochera aux négociateurs de l’accord, Sainteny, Pignon et Salan. À l’issue de ce texte, les troupes françaises peuvent toutefois revenir pacifiquement (mais aussi temporairement…) au Tonkin car il y a, au moins sur le papier, cessation des hostilités (Raymond, 2013, p. 71). En son article 2, l’accord stipule que « le Gouvernement du Vietnam se déclare prêt à accueillir amicalement l’armée française lorsque, conformément aux accords internationaux, elle relèvera les troupes chinoises. Un accord annexe joint à la présente Convention préliminaire fixera les modalités selon lesquelles s’effectueront les opérations de relève. » L’article 3 précise que « chacune des hautes parties contractantes prendra toute mesure nécessaire, pour faire cesser sur le champ les hostilités, maintenir les troupes sur leurs positions respectives et créer un climat favorable nécessaire à l’ouverture de négociations amicales et franches ». Elles doivent porter sur les relations diplomatiques du Vietnam, le statut futur de l’Indochine, les intérêts économiques et culturels français au Vietnam (D’Argenlieu, 1985, pp. 188-189). De Folin remarque à juste titre qu’en mars 1946 seul le Sud connaît des troubles. Cette formulation de l’article 3 autorise donc implicitement le « gouvernement d’Hanoi » à s’immiscer dans les affaires de Cochinchine (voir 7 mars) que les Français considèrent pourtant comme une chasse gardée (Pedroncini, 1992, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’accord annexe est quant à lui strictement militaire&#039;&#039;&#039;. Côté français, il a été signé par Sainteny, mais a été préparé par Pignon et Salan. Côté vietnamien, il est signé par HCM et Vu Hong Khanh. Giap en a été le principal inspirateur. D’Argenlieu qui ne l’a pas validé au préalable n’en sera destinataire que le 7. L’accord stipule la présence de 10 000 Vietnamiens et 15 000 Français (voir 5 mars), l’existence d’« un commandement supérieur français, assisté de délégués vietnamiens » dont le rôle devra être défini « au cours d’une conférence d’états-majors, laquelle se tiendra dès le débarquement des unités françaises ». Le texte précise également  que « des commissions mixtes seront créées, à tous les échelons, pour assurer, dans un esprit d’amicale collaboration, la liaison entre les troupes françaises et les troupes vietnamiennes. » C’est cet accord militaire qui limite dans l’instant l’affrontement entre la France et le VM. Salan, lorsqu’il le découvre quelques heures avant qu’il ne soit signé, estime qu’il n’a « rien de commun avec [sa] note sur les propositions militaires remises à Sainteny. » Affirmation dans ses mémoires visant à se défausser ? Il sent venir les foudres de Paris mais estime qu’il faut pourtant le signer (Salan 1, 1970, p. 329).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu ne valide ni ne validera jamais l’accord car cette annexe militaire lui paraît trop anticipée sur des points précis qui aurait dû être débattus dans des commissions prévues à cet effet : « […] je le juge lourd de servitudes militaires pour la France au profit du jeune « État libre ». Mais il est contresigné. Nous sommes devant le fait accompli. » (D’Argenlieu, 1985, p. 191) L’amiral, toujours prisonnier d’un imaginaire issu de la SGM, le qualifiera en privé de « Munich indochinois » (voir 24 mars) ou de « petit Munich » (D’Argenlieu, 1985, p. 222). Certes la convention évite dans l’immédiat un bain de sang mais, côté indochinois, mécontente fortement les nationalistes (y compris Vu Hong Khanh, chef du V.N.Q.D.D, qui l’a pourtant également signée) ainsi que la plupart des partisans du VM. Un accord d’états-majors (théorique car peu respecté dans les faits…) devra être signé ultérieurement entre Salan et Giap (voir 3 avril). Comme le remarque à juste titre Gras, « on avait remis à plus tard les véritables difficultés en employant des formules vagues et ambigües, dans lesquelles chacun pouvait comprendre ce qu’il voulait. » (Gras, 1979, p. 100)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM considère donc l’accord du 6 mars comme un moindre mal. Il réagit de la manière suivante en s’adressant à Sainteny : « Et moi, j’ai de la peine, car au fond c’est vous qui avez gagné. Vous savez bien que je voulais plus que cela. Enfin, je comprends que l’on ne peut tout avoir en une fois. » Jouant sur les sentiments, il embrasse Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) et Sainteny en déclarant : « Ma consolation, c’est l’amitié. » (Sainteny, 1970, pp. 87-88). Défaite pour HCM ? Rien n’est moins sûr car il a obtenu des apports non négligeables : la reconnaissance d’un « État libre », avec son armée, un certain degré de reconnaissance diplomatique et un « statut futur de l’Indochine ». C’est pour lui une étape transitoire qui lui fait gagner du temps et il la considère assurément comme telle. De plus, cet accord qui a été signé un peu rapidement côté français ne l’a aussi été que pour donner une certaine fausse sérénité au débarquement imminent prévu  à Haïphong, entendant freiner une trop forte réaction du VM qui se produira quand même. Quant au gouvernement français, il demeure totalement absent de ce processus de négociation : il n’a donné aucune instruction claire et n’a dépêché personne d’importance sur place pour le représenter directement. La coalition tripartite M.R.P., radicaux, socialistes et communistes étant bien trop divisée sur la question indochinoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny fait parvenir à D’Argenlieu par télégramme le contenu de l’accord préliminaire, mais sans le contenu de l’accord annexe. Craignant les foudres de l’amiral, il mentionne simplement son existence (Bodinier, 1987, pp. 219-220). L’accord annexe quant à lui ne sera transmis à l’amiral que le 7 et donc, après la date de la signature des accords (Bodinier, 1987, pp. 223-224).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 6 au 7 mars 46 : Une « négociation longue et difficile » a lieu entre le général chinois Wang, commandant de la place à Haïphong, et le vice-amiral Auboyneau. Les bateaux français sont déplacés d’une rivière à l’autre. Wang affirme n’avoir reçu aucun ordre d’Hanoi (général Lou Han) mais se dit prêt à poursuivre les négociations avec Valluy (commandant de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.) le 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 46 : La population vietnamienne qui a été baignée durant des mois par la propagande contre les Français est abasourdie par l’annonce de l’accord. Les nationalistes de tous bords (V.N.Q.D.D. et D.M.H.) crient à la trahison (alors que l’un de leur membre a été signataire de l’accord). HCM et Giap sont donc obligés de le défendre devant une importante foule, en partie hostile au début, regroupée devant le théâtre d’Hanoï (ressenti et réactions diverses des auditeurs &#039;&#039;in&#039;&#039; Ngo Van Chieu, 1955, pp. 68-71). C’est à cette occasion qu’HCM termine son intervention par un « Je vous jure que je ne vous ai pas vendus ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, Benoît De Tréglodé, 2006, p. 188) On a pris soin d’inviter le nationaliste Vu Hong Kanh, signataire de l’accord pour le V.N.Q.D.D., et Bao Daï, « conseiller suprême » et député vietminh, qui doivent servir de caution (Sainteny, 1970, p. 82-83). Pour justifier l’accord, Giap est obligé de le comparer au traité de Brest-Litovsk de 1918. Il déclare : « En résumé, l&#039;idée maîtresse du Gouvernement, c&#039;est la paix pour le progrès, la voie ouverte par la convention est celle de l&#039;indépendance prochaine et totale, qui est notre but. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Raymond, 2013, p. 71). Il déclare encore : « Il y a des moments où il faut être ferme et d’autres où il faut être mou » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ngo Van Chieu, 1955, p. 69). Giap, dans son for intérieur, considère cet accord comme un inévitable gain de temps. HCM se justifie en allant dans le même sens : « C’est faire preuve d’intelligence politique que de négocier plutôt que de se battre [...] Moi, Ho Chi Minh, je vous ai toujours menés sur le chemin de la liberté, j’ai toute ma vie combattu pour l’indépendance de notre Patrie. Vous savez que je préfèrerais mourir que de jamais vendre le pays. Je vous jure que je ne vous ai pas vendus. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 152-153) Giap, avec une grande franchise, demeure toutefois intransigeant sur la question de l’unité du Vietnam : « Sur la question de l’unification des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, les discussions entre le gouvernement et les représentants de la France ont été assez agitées. La France veut garder la Cochinchine, mais le gouvernement vietnamien a fermement déclaré : « Si on sépare Cochinchine, Annam et Tonkin, nous sommes résolus à résister jusqu’au bout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1952, p. 228 ; larges extraits de ce discours cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 431-435). Les Français savent donc à quoi s’en tenir. Toutefois, pour l’instant, il y a toujours, côté Vietminh, l’espoir de réunifier le pays sans devoir faire la guerre aux Français, ou du moins dans l’immédiat (Brocheux, 2003, p. 171). Et ce d’autant plus que l’armée vietnamienne est elle-même manque d’homogénéité et souffre même de divisions politiques. C’est ce que constate Ngo Van Chieu : « Nos unités ont été formées par différents « groupements ». Il y a les unités régulières de l’armée (la Garde nationale) qui sont aux ordres du gouvernement et les unités régionales. Mais dans ces dernières, seule une minorité est apolitique. Les autres dépendent toutes plus ou moins de partis politiques engagés. Soit du Parti Vietminh soit du V.N.Q.D.D., soit du D.M.H. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 74)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’issue de cette manifestation où une grenade a été lancée contre la tribune sans faire de blessés, HCM, lucide quant à la difficulté de construire des relations franco-vietnamiennes, déclare à Sainteny : « Alors nous nous battrons… Vous me tuerez dix hommes, pendant que je vous en tuerai un. Et c’est moi qui finirai par gagner » (Sainteny, 1970, pp. 89-90). Il avait déjà tenu ce type de propos devant Salan (voir 8 février). C’est au cours de cet entretien qu’HCM confie pour la première fois à son interlocuteur qu’il va soumettre à son gouvernement le choix de Paris pour poursuivre les négociations. Sainteny se chargera d’en informer D’Argenlieu (Turpin, 2005, p. 227, note 40).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc reçoit à bord de l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; un représentant du gouvernement vietnamien, Pham My. Selon le récit de cette rencontre par le colonel Repiton-Preneuf, le général manie la carotte et le bâton : « « Je serai venu avec ou sans votre accords. » Mais il se félicite que cette dernière étape soit pacifique. C’est au gouvernement du Viet-Nam de montrer de quelle autorité il dispose, de normaliser rapidement les relations de ses populations avec les Français. Nos troupes vont faire la relève des Chinois, et à cette relève, des troupes vietnamiennes seront appelées à participer ; la façon dont seront acquittées les premières tâches engagera tout l’avenir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 225)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit un exemplaire définitif des accords du 6 mars. Il considère que l’« Accord annexe » n’est « ni sobre ni net… ni opportun surtout. » Il juge que le volet militaire relève d’accords d’états-majors ultérieurs et qu’il n’avait pas à figurer ici aussi précocement. Assez furieux, l’amiral demande dans un télégramme des comptes à Sainteny : « 1. Vous prie me préciser d’extrême urgence dans quelles conditions et par qui a été préparé, rédigé et décidé projet de l’accord annexe à Convention préliminaire. 2. Aucune allusion antérieure à sa signature ne m’a été faite et cependant sa seconde partie engage l’avenir militaire de la France vis-à-vis du Gouvernement de Hanoi. Ceci était matière entièrement distincte de la question &#039;&#039;relève&#039;&#039;, et aurait dû être réservé. 3. Veuillez me faire connaître le rôle du général Salan, mon délégué militaire, en cette affaire. 4. J’apprécierai que le Gouvernement de Hanoi, selon la procédure habituelle, et si il en est encore temps, ne livre pas à la publicité le texte de l’accord annexe, document strictement militaire […] »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fin de matinée, D’Argenlieu adresse le texte de la Convention préliminaire au président du Conseil Félix Gouin et l’accompagne d’une note personnelle où il est mentionné qu’il estime que cette « Convention [est] une bonne convention » mais sans dire le moindre mot de ses réserves au sujet de l’accord annexe. Selon D’Argenlieu, après avoir interrogé Leclerc, l’amiral reçoit  au soir des éclaircissements de ce dernier qui lui répond : l’accord annexe a été rédigé par Sainteny, Pignon et lui-même, « en accord complet avec le général Salan en ce qui concerne les questions militaires » ; il est donc impossible de le revoir « sans remettre en cause [la] signature de l’ensemble » ; le G.R.A. a exigé le maintien du contenu de l’Accord annexe pour le signer ; il était matériellement impossible de joindre l’amiral ; c’est le G.R.A. qui a assuré la publicité de l’accord annexe, non les Français (D’Argenlieu, 1985, pp. 191-193).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de Sainteny du jour évoque le calme à Hanoi. HCM a choisi Paris pour la tenue des prochaines négociations. Ce dernier veut rencontrer D’Argenlieu au plus vite mais ce dernier va différer cette demande estimant qu’elle ne pourra avoir lieu « que lorsque les accords préliminaires seront entrés en exécution. » Cette rencontre ne pourra avoir lieu à Hanoi et c’est finalement Dalat que l’amiral retiendra. Ce choix n’est pas le fruit du hasard, la ville n’est ni dans la Cochinchine du référendum à venir ni au Tonkin trop en ébullition (D’Argenlieu, 1985, pp. 197-199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.R.A. demande l’envoi immédiat d’une commission d’armistice chargée de l’application de l’article 3 des accords du 6 mars. C’est pour lui une manière d’aller s’immiscer dans les affaires de Cochinchine, jusqu’alors chasse gardée des Français. Leclerc s’y opposera dès le 8. De Folin observe à juste titre qu’« il y a donc, dès le début, litige sur l’application géographique de l’accord du 6 mars. Cette confusion continuera à Dalat et à Fontainebleau. » (Pedroncini, 1992, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny informe D’Argenlieu et Leclerc qu’« Ho désire envoyer dès demain à Saigon des délégués chargés de porter l’ordre de cessez-le-feu à tous les groupes partisans encore en action dans le Sud. » Il demande l’accord de Leclerc. Celui-ci, avec l’appui de D’Argenlieu, lui refuse cette tentative d’immixtion en Cochinchine. L’amiral répond : « L’autorité &#039;&#039;de fait&#039;&#039; du gouvernement de Hanoi ne s’exerce jusqu’à présent qu’au Nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. &#039;&#039;En droit&#039;&#039;, désormais, elle n’est que provisoire pour l’Annam. » Il informera Paris de cette décision dès le lendemain (Devillers, 1988, pp. 163-164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme de Sainteny à D’Argenlieu indique qu’HCM « va proposer à son gouvernement que lieu choisi pour négociations prochaines soit Paris. » (Devillers, 1988, p. 168)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 46 : Les Chinois demandent aux Français de stopper le débarquement en cours. Ils exigent que les armes n’entrent pas dans la citadelle d’Hanoi mais soient stockées à l’aéroport de Gia Lam où des troupes chinoises ont pris position autour pour en prendre possession. Salan donne alors l’ordre aux avions en vol de se détourner. Au final, les Chinois autoriseront la poursuite du débarquement des troupes à Haïphong (Salan 1, 1970, p. 334).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec D’Argenlieu, Leclerc en bon militaire considère que « la convention préliminaire ne [le] concerne pas », propos qui choque D’Argenlieu. Dans ses mémoires, citant un de ses télégramme, l’amiral désapprouve l’accord annexe dont Leclerc a été un des inspirateurs : « Ai vu texte des accords. J’estime que l’accord annexe militaire entre dans beaucoup trop de détails engageant trop l’avenir. » Il précise : « Je reproche à cet accord d’avoir mélangé les problèmes immédiats [avec] les problèmes d’organisation définitives […] qui ne peuvent  évidemment se traiter ainsi d’un trait de plume. » Or, cette annexe a été négociée et validée par Salan qui était son subordonné pour les questions militaires. Il observe par ailleurs que, côté chinois, « les échelons subordonnés n’exécutent pas – ou avec un retard voulu – les ordres des échelons supérieurs […] car les véritables motifs sont les raisons de butin et de pillage. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 200-201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après Pham My reçu la veille, Leclerc reçoit cette fois Giap à bord du torpilleur &#039;&#039;Sénégalais&#039;&#039; dans le port de Haïphong. Il lui explique que ses troupes sont venues relever les Chinois et que, dans cette relève, les Vietnamiens ont leur rôle à jouer. En terminant l’entretien, Leclerc précise cependant à son interlocuteur : « Dites aux Vietnamiens qu’ils peuvent compter sur moi, moi aussi je suis Français, et, dans le respect de vos aspirations, il va de soi que j’agirai français… d’abord français. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 395 ; Devillers, 1988, p. 154 ; Turpin, 2005, p. 225)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec l’amiral, Leclerc évoque à nouveau avec lui l’accord annexe : « […] Je ne parle pas de la convention préliminaire qui ne me regarde pas. Par contre, l’accord annexe n’est évidemment pas parfait. Mais, après réflexion, je pense qu’il peut servir de base de discussion utile […] » (Devillers, 1988, p. 162) Le problème étant toutefois qu’on en est plus à la « discussion » mais à la mise en œuvre d’un accord écrit et signé, que le G.R.A. veut voir appliqué à l’ensemble du Vietnam…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au télégramme de Sainteny de la veille, D’Argenlieu signale au gouvernement français qu’HCM « ambitionne de voir à très bref délai s’ouvrir à Paris la conférence prévue. » Il ajoute : « Ce serait une erreur grave à tous égards. Puisque son gouvernement a résolu avec lui de faire partie de la Fédération indochinoise, il est indispensable de le maintenir dans ce cadre durant toute cette période préliminaire. Ce serait injustice flagrante vis-à-vis des souverains du Cambodge et du Laos [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 169 ; Turpin, 2005, p. 229). C’est cet argument qui justifie aux yeux de l’amiral l’existence des deux futures conférences de Dalat et le fait qu’il fera tout son possible pour « torpiller », à deux reprises, celle de Fontainebleau en privilégiant Dalat. Contrairement au désir d’HCM, il demande donc la tenue d’une conférence préparatoire en Indochine, à Dalat, où l’on « pourra travailler, selon lui, dans une atmosphère calme et sereine à l’abri de toute manifestation spontanée ou organisée de foule. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Sainteny, D’Argenlieu manifeste l’un de ses rares points d’accord avec Leclerc et précise sa pensée non seulement sur la Cochinchine mais aussi sur l’Annam : « Je suis d’accord avec la réponse faite par le général Leclerc pour les délégués dont nous n’avons que faire en Cochinchine. L’autorité de fait du gouvernement de Hanoi ne s’exerce jusqu’à présent qu’au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. En droit, désormais, elle n’est que provisoire en Annam. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 243)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du 8 au 13 mars 46 : Troupes et matériel français continuent à être débarqués dans le port de Haïphong qui est désormais sous les ordres du colonel Dèbes (chef d’état-major de Morlière). Ce débarquement est cependant volontairement ralenti par les Chinois qui refusent de donner « des postes à quai » pour le faciliter (D’Argenlieu, 1985, p. 201). La situation dans la région est déjà particulièrement tendue, allant de brutalités à l’égard des Français civils ou militaires jusqu’aux meurtres. Les liaisons économiques avec Hanoi sont sans cesse interrompues (Valluy 3, 1967, p. 366). Le face-à-face avec les Vietnamiens semble inévitable au-delà des belles déclarations d’intention des uns et des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 46 : &#039;&#039;&#039;Mise en place d’un gouvernement d’union nationale de 11 membres dont 5 appartiennent au V.M. HCM conserve la présidence&#039;&#039;&#039; (Sainteny, 1970, p. 86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marius Moutet informe D’Argenlieu de la ratification gouvernementale de l’accord du 6 mars (D’Argenlieu, 1985, p. 199). La convention préliminaire est approuvée sans difficulté par le gouvernement. D’Argenlieu découvre le contenu de l’annexe militaire et demande des comptes à Sainteny. Celui-ci dira dans ses écrits postérieurs qu’« il était impossible de revoir cette question sans remettre en cause la signature de l’ensemble. Il était d’ailleurs matériellement impossible de demander l’accord de l’Amiral avant la signature. » D’Argenlieu parle dans un premier temps d’une « bonne convention » mais a cherché à garder secret le texte de l’« accord annexe » avant de l’envoyer en métropole. Pour lui, le principal point d’achoppement concerne le plafond de 15 000 soldats français pouvant stationner au Tonkin, clause qui, selon lui, n’avait jamais été évoquée au préalable dans les discussions. Il en est de même pour le départ progressif des troupes françaises par cinquième prévu chaque année (Pedroncini, 1992, pp. 211-212).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois jours après les accords du 6 mars, le Comité central du P.C.V. décide « d’entrer en liaison sans tarder avec le P.C.F. en vue d’une action commune avec les camarades français » (Ruscio, 1985, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 46 : Enlèvement au Tonkin d’un médecin militaire français et de deux infirmières qu’on ne reverra jamais. &#039;&#039;&#039;Le cycle de violence s’enclenche&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;donc dès l’arrivée des Français.&#039;&#039;&#039; Il va être long, quasi ininterrompu. Le VM l’utilise comme une arme de guerre contre laquelle les Français, tenus par les accords du 6 mars et les futurs « accords d’états-majors » franco-vietnamiens (voir 3 avril), sont et demeureront impuissants. Cette impuissance  à juguler la violence va permettre au VM de détruire en peu de temps les cadres de la société traditionnelle vietnamienne colonisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Comité interministériel pour l’Indochine ratifie les accords du 6 mars.&#039;&#039;&#039; Moutet et De Langlade, son secrétaire général, expriment de la part du gouvernement leur « satisfaction de l’heureuse conclusion des pourparlers poursuivis dans des circonstances difficiles [...] » Mais ces éloges ne vont pas durer car, pour l’instant, Paris n’a pas encore vraiment saisi le contenu de l’annexe militaire (voir 11, 12, 14 mars) (Bodinier, 1987, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc souhaite que la future conférence franco-vietnamienne ait lieu à Paris, ce que ne veut D’Argenlieu pour mieux minimiser son importance. Il réitèrera ce propos les 15 et 16 mars (D’Argenlieu, 1985, p. 210). L’amiral commence à dénoncer la portée de l’accord annexe du 6 mars (Pedroncini, 1992, p. 395). Il parle alors dans un télégramme adressé à Paris d’une signature faite dans des « circonstances invraisemblables » et s’emploie rapidement à réduire la portée des accords qu’il déclare « limités dans le temps et aussi dans l’espace. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à Leclerc, D’Argenlieu revient sur l’épineuse question de l’accord annexe : « L’Accord annexe traitant les questions militaires, en se deuxième partie, m’a fait la plus fâcheuse impression. J’en avais totalement ignoré le contenu. Causant avec Guillebon nous avons aussi conclu que la chose était faite, il nous restait à en tirer le meilleur parti. » L’amiral entend « ne rien hâter » au sujet de la future conférence franco-vietnamienne tant que l’opération de relève n’entrera réellement pas en vigueur. Il précise que « Paris est naturellement écarté comme lieu de conférence. Je l’ai obtenu sur le champ du gouvernement. Paris a décidé de ratifier la convention préliminaire […] » (Bodinier, 1987, pp. 324-325). Mais &#039;&#039;quid&#039;&#039; de l’accord annexe ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mars 46 : D’Argenlieu reçoit le compte rendu d’une réunion préparatoire à la tenue d’une réunion du Comité interministériel pour l’Indochine qui lui reproche d’avoir choisi Dalat comme lieu de la prochaine conférence avec le gouvernement vietnamien alors qu’il avait, selon ses dires à Leclerc, obtenu un aval du comité en ce sens (voir 10 mars). La bureaucratie s’en mêle. Paris entend reprendre la main et s’immiscer dans les affaires indochinoises en envoyant « des délégués des départements ministériels » et propose « de créer une commission chargée d’étudier […] le problème fédéral et diplomatique. » D’Argenlieu y voit un « gauchissement extrême de la perspective du problème indochinois » avec l’arrivée d’« organismes métropolitains, irresponsables vis-à-vis des populations indochinoises. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 204-205) Il entend procéder au Vietnam comme il l’a fait au Cambodge (voir 7 janvier), oubliant un peu rapidement qu’il n’a absolument pas au Vietnam l’assentiment que lui a accordé Sihanouk…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que ne lui convenant pas, D’Argenlieu diffuse (avec retard…) à Paris (Cominindo) le texte de l’accord annexe. Sur l’exemplaire destiné à la Défense nationale, il annote : « Il ne vous échappera pas que le secundo de l’accord comporte des engagements que j’aurais voulu éviter. Renseignements pris, le général Salan, qui a pris part aux négociations avec Sainteny, s’est trouvé dans l’obligation de donner satisfaction sur ce point sous risque de tout remettre en question. Mes informations confirment  que si le texte n’avait pas été signé le 6 mars, soir, de graves conséquences auraient pu résulter de l’incident de Haïphong. Général Leclerc [voir 8 mars] a eu la même réaction que moi, mais, tout bien pesé, sommes d’accord pour juger que nous devons nous accommoder des bases de l’accord pour organiser au mieux nos forces en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tracasseries chinoises pour nuire au débarquement français se poursuivent comme en témoigne un télégramme de Leclerc : « Débarquement continue – Relations toujours aussi tendues avec Chinois qui n’exécutent pas les ordres de Hanoi, en particulier en refusant  encore accorder débarquement à quai. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mars 46 : Réunion franco-vietnamienne à Hanoi, rue Le-Loï. Première discussion Salan-Giap autour de l’« annexe » militaire du 6 mars. Vu Hong Kahn (chef du V.N.Q.D.D., signataire des accords du 6 mars) y participe. Selon Salan, Giap entend la « neutraliser petit à petit ». Côté français, c’est à cette occasion qu’est présenté le commandant &#039;&#039;&#039;Jean-Julien Fonde&#039;&#039;&#039; de l’état-major de Leclerc qui doit assurer le rôle de chef de la délégation française pour assurer la liaison franco-vietnamienne. Il a un premier contact avec Giap qui entend gagner sa « sympathie » mais lui apprend que son épouse et sa belle-sœur sont tous deux mortes dans les geôles françaises. Giap lui confie que la période qui s’annonce sera « délicate » et que « les négociations seront longues et difficiles. L’application des accords n’ira pas sans heurts. » Début de la rédaction de « convention d’état-major. Salan fait savoir que Leclerc « souhaite venir prendre contact, le plus tôt possible avec le président [Giap] et la population française. » En vue d’arrondir les angles, Giap précise à Salan que Leclerc sera reçu « en grand chef » à Hanoi le 18 (Salan 1, 1970, p. 342 ; Fonde, 1971, pp. 154-155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu au Comité interministériel pour l’Indochine : l’accord du 6 mars a une portée limitée dans le temps et l’espace. « Il a un caractère local » et « n’est qu’une étape » qui ne préfigure pas « de la fusion éventuelle des trois « Ky » ». Le choix de Dalat (voir 7 mars) se justifie par le fait d’en faire une « capitale fédérale ». Pour D’Argenlieu, Paris donne trop d’importance à cet accord, faisant ainsi le jeu du gouvernement vietnamien. C’est à lui et au gouvernement fédéral qu’il a institué de prendre désormais les bonnes décisions (D’Argenlieu, 1985, pp. 205-207).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu envoie une mise au point à Paris au sujet des accords du 6 mars qui, bien que signés, ont à ses yeux une portée des plus limitée : « L’objet essentiel de ce document est de créer le climat favorable à l’ouverture de pourparlers conduisant à une entente définitive […] Cet accord, limité dans le temps, l’est également dans l’espace. Il a un caractère local […] » En fait, pour l’amiral, ces accords, qui souffrent depuis leur élaboration d’une définition géographique vague. Dans son esprit, ils se cantonnent au seul Tonkin (Devillers, 1988, pp. 164-165).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu dans un échange avec le Cominindo estime qu’« il importe de ne rien précipiter » tant que les forces françaises n’auront pas garanti un retour à la normale. Il revient à nouveau sur le choix de Dalat pour lieu de la future conférence car la station doit devenir « la capitale fédérale » si le gouvernement d’Hanoi l’accepte (Devillers, 1988, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil consultatif de Cochinchine demande confirmation de l’accord du 6 mars le concernant. Reprenant la terminologie de D’Argenlieu, Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) lui répond que la France n’a signé qu’une convention locale et confirme que l’expression « République du Vietnam » figurant dans la « convention préliminaire » n’impliquait de la part du gouvernement français « aucune reconnaissance d’un gouvernement unique groupant » les trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; (Gras, 1979, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement de coalition vietnamien, le nationaliste Nguyen Tuong Tam (V.N.Q.D.D.) qui s’était arrangé pour ne pas signer les accords du 6 mars en délégant, cherche un appui sino-américain et déclare : « La Chine et l’Amérique ont le devoir de sauver la guerre en Extrême-Orient […] En attendant que la France et le Vietnam aient établi une paix solide, l’Amérique doit nous aider à tous les points de vue, comme la Chine. » A son instigation, une mission d’amitié des principaux partis est envoyée auprès de Tchang Kaï Check. Bao Daï en sera (voir 18 mars) (Devillers, 1988, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars 46 : Leclerc presse le colonel Crépin (adjoint de Salan), toujours à Chunking depuis début janvier, de signer au plus vite l’accord avec l’état-major chinois, ce qui aurait dû être fait depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars. &#039;&#039;&#039;Les responsables militaires, sous la contrainte de Tchang Kaï Chek, signent enfin, à 13 heures 30, le texte relatif aux « dispositions concernant les principes généraux de la relève des troupes chinoises par les troupes françaises en Indochine au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Parallèle »&#039;&#039;&#039; (voir 28 mars). Lou Han reçoit enfin l’ordre formel de Tchang Kaï Tchek de se rendre à Hanoi et de superviser en son nom l’exécution de cet accord. Selon D’Argenlieu, du 13 au 28 mars, « la situation commence à s’améliorer entre les états-majors français et chinois. » (D’Argenlieu, 1985, p. 209) &#039;&#039;&#039;Le colonel Crépin, plongé depuis longtemps au cœur de ces douteuses négociations, écrit quant à lui : « Je ne me faisais pas grande illusion sur la valeur pratique de cet accord en raison de la mauvaise foi des armées chinoises. »&#039;&#039;&#039; (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 173)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les réactions négatives de Paris aux accords du 6 mars commencent à se manifester.&#039;&#039;&#039; Une note de Philippe Baudet (directeur de la section Asie-Océanie au Quai d’Orsay) avec la mention « pour le ministre » (Georges Bidault) observe : « […] C’est avec étonnement et une émotion considérables que le Gouvernement français, déjà surpris par le retard, a pris connaissance des termes de cet accord, qui stipule le retrait des troupes françaises des pays annamites par cinquièmes successifs dans un délai de cinq années […] Le ministre des Colonies, après avoir envoyé le 9 mars un télégramme d’approbation et même de félicitations à l’amiral lui a adressé le 13 mars, après accord de M. Félix Gouin, un nouveau télégramme par lequel il lui marque que le Gouvernement est mis en présence d’un fait accompli concernant des points sur lesquels il n’a jamais été consulté […] En fait, devant cette disposition militaire inattendue, le Gouvernement est en droit de se demander s’il a placé à bon escient sa confiance dans ses représentants en Indochine, et il doit considérer jusqu’à la possibilité de les désavouer […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 165-167) D’Argenlieu, qui avait différé l’envoi de l’accord militaire annexe à Paris, devient une cible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Chauvel (secrétaire général du Quai d’Orsay) remet une note critique à Bidault (ministre des Affaires étrangères) : « Cette éviction de nos troupes met un terme, qui n’avait jamais été encore envisagé, à toute présence effective de la France au Tonkin, en Annam et peut-être en Cochinchine. Du même coup, tout système bâti sur le principe d’un Vietnam considéré comme partie intégrante de la Fédération indochinoise risque de s’effondrer. Notre position au Cambodge et au Laos s’en trouve considérablement amoindrie, et sous la pression d’un nationalisme local encouragé par les Annamites d’une part, et les Siamois de l’autre, nous risquons rapidement de perdre rapidement toute influence politique dans ces deux pays […] Le gouvernement doit se demander s’il a placé à bon escient sa confiance dans ses représentants en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 63-64)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avalanche de télégrammes du Comité interministériel pour l’Indochine. Le premier est signé Moutet et De Langlade (secrétaire général du Comité) et est adressé à D’Argenlieu : « Le Gouvernement est maintenant mis en présence d’un fait accompli concernant des points sur lesquels il n’a jamais été consulté [accord militaire annexe, voir 6 mars]. Je vous prie à l’avenir de ne conclure aucun accord de quelque nature que ce soit sans que le texte ait été au préalable soumis à l’accord du gouvernement. Faites des réserves pour la relève des troupes [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 207 ; Bodinier, 1987, pp. 227-228)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité demande à D’Argenlieu d’obtenir, dans les négociations d’états-majors à venir, de ne pas limiter les effectifs français à 15 000 hommes au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il faut également revenir sur la clause des 5 ans pour le départ définitif des troupes françaises de l’accord annexe et maintenir des bases aériennes et navales. La conférence franco-vietnamienne à venir ne pourra avoir lieu ni à Paris ni à Saigon et c’est D’Argenlieu, assisté de délégués du Comité issus de différents ministères (voir 11 mars), qui dirigera la délégation française à Dalat (D’Argenlieu, 1985, pp. 210-211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Officiellement mis en cause par la Comité au sujet des incidents de Haïphong, Salan est  rappelé à Paris (D’Argenlieu, 1985, p. 212). Dans les faits, on lui reproche surtout d’avoir avalisé et fait signer par Sainteny l’accord annexe du 6 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet (F.O.M.) va dans le sens de D’Argenlieu et de sa politique du « diviser pour mieux régner » en Indochine : « On me signale qu’il serait possible d’organiser avec les personnes connaissant bien la Cochinchine toute une propagande pour empêcher sa réunion au Tonkin sous le slogan : la Cochinchine aux Cochinchinois. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 245)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mars 46 : Sainteny adresse un télégramme à D’Argenlieu sur la situation à Hanoi qu’il juge « très troublée depuis vingt-quatre heures par campagne de presse et bruits mis en circulation ». On reproche aux Français le projet de référendum sur le sort de la Cochinchine. &#039;&#039;Radio-Saigon&#039;&#039; annonce le retour de toute l’Indochine sous souveraineté française. Le choix de Paris pour les prochaines négociations est dénoncé par la presse prochinoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, commissaire de la République au Tonkin et Nord-Annam désavoué, fait part à D’Argenlieu de son désir de mettre fin à ses fonctions et de rentrer en France. Il y renoncera ultérieurement (voir 25 mars) (D’Argenlieu, 1985, p. 236 ; Devillers, 1988, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 46 : Télégramme de Leclerc à D’Argenlieu : des déclarations et émissions de &#039;&#039;Radio-Saigon&#039;&#039; sur l’avenir de la Cochinchine ont renversé la situation au Tonkin et en Annam. Les Chinois les ont exploitées et le VM cherche désormais leur appui contre les Français. Il y a un risque de fuite du gouvernement du VM et de déclenchement des hostilités. Ce que souhaitent les Chinois, c’est démontrer que la France est incapable d’assurer l’ordre et la sécurité des minorités, ainsi que celle de leurs ressortissants. Leclerc demande à D’Argenlieu « de prendre les décisions [politiques] qui s’imposent » (Salan 1, 1970, pp. 346-347). Selon Leclerc, il y a donc un risque de fuite du gouvernement vietnamien et il faut rompre cette coalition vietnamo-chinoise, notamment en convoquant une conférence franco-vietnamienne hors de l’Indochine, à Paris et non à Dalat (Devillers, 1988, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réponse écrite de D’Argenlieu au Comité interministériel pour l’Indochine. Le ton monte encore d’un cran entre l’amiral gaulliste et le socialiste Moutet : pour D’Argenlieu, le gouvernement a été régulièrement mis au courant de la négociation de l’accord du 6 mars. L’amiral se justifie auprès du Comité : il n’a pris, « comme vous », connaissance de l’accord annexe qu’après qu’il ait été signé ; il y a eu « des circonstances invraisemblables dans lesquels Ho Chi Minh s’est décidé à une conclusion et dans lesquelles nos délégués ont eux-mêmes été amenés à conclure » ; enfin, le débarquement à Haïphong était strictement lié à la conclusion de cet accord. D’Argenlieu apprend que De Langlade, un soutien gaulliste, doit quitter le secrétariat du Comité sans que l’on sache qui va le remplacer (voir 15 et 21 avril). L’amiral se demande alors : « Serons-nous même consultés à Saigon ? » (D’Argenlieu, 1985, pp. 207-208)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, qui a récemment rencontré HCM, rapporte que celui-ci regrette l’actuelle tension qui règne à Hanoi (voir 14 mars). Ho estime que seule l’annonce de l’envoi rapide d’une délégation du G.R.A. vers Paris pourrait atténuer ces tensions (Devillers, 1988, p. 171). Dans un premier temps, D’Argenlieu se garde bien de transmettre cette information à Paris, estimant que Sainteny s’est « beaucoup trop avancé » sur le lieu pressenti pour la future conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à l’apport de renforts, le C.E.F.E.O. présent en Indochine compte environ 61 000 hommes. Le ministre de la France d’Outre-mer fait savoir qu’on procèdera à des rapatriements d’hommes ayant plus de 5 ans de service. Cette annonce correspond en fait au début d’un déficit chronique en effectifs qui ne sera jamais comblé (Bodin, 1996, p. 16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mars 46 : Leclerc dispose (enfin…) de 53 750 hommes du C.E.F.E.O. 29 000 sont en transfert et 2 900 attendent toujours leur départ (Turpin, 2005, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Leclerc annonce à Salan&#039;&#039;&#039; (discrédité par Paris depuis les accords du 6 mars) &#039;&#039;&#039;que le général Valluy va prendre le commandement du Nord à sa place&#039;&#039;&#039;. Salan demeurerait alors le délégué pour « les affaires chinoises et les discussions avec Giap ». Leclerc lui signifie que D’Argenlieu veut lui confier le commandement du Sud mais Salan, désavoué et aigri depuis l’affaire de l’accord militaire annexe, veut rentrer en France (Salan 1, 1970, p. 342-343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse à Gouin (président du Conseil) un télégramme de protestation contre les agissements des troupes françaises qui sont à déplorer malgré les ordres de cessez-le-feu provoqués par l’application de la Convention préliminaire et de l’annexe militaire du 6 mars. D’Argenlieu y voit un « chef d’œuvre de duplicité » à la veille de sa rencontre avec lui en baie d’Along (D’Argenlieu, 1985, pp. 227-228). HCM obtiendra cependant une réponse de Moutet à sa plainte. Il lui demande, non sans ironie, de « signaler les incidents » à… D’Argenlieu (D’Argenlieu, 1985, p. 235)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Ninh Dinh, près de Saigon, massacre de 15 catholiques et enlèvement de 30 personnes &#039;&#039;&#039;qui inaugure une vague de terrorisme menée par Nguyen Binh&#039;&#039;&#039;. Celui-ci a remplacé Tran Van Giau au poste de commissaire aux armées du Nam Bo (Gras, 1979, p. 109). Il va instaurer un véritable climat de terreur déstabilisatrice au Sud : meurtres, enlèvements, expéditions punitives, attentats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 46 : Rencontre Salan-Giap à 22 h 00. Giap l’avertit que les Chinois envisagent de « provoquer des incidents » sur la route des troupes françaises entre Haiphong et Hanoi. Giap l’assure que les forces du VM ne bougeront pas (Salan 1, 1970, p. 348).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme adressé par D’Argenlieu à Moutet. La situation à Hanoi est si tendue qu’il envisage un revirement pour la future conférence franco-vietnamienne en vue de contenter HCM. Selon les vœux de ce dernier, elle doit avoir lieu à Paris et non Dalat. Pour D’Argenlieu, l’envoi de délégués du Comité interministériel imposés par le gouvernement associés aux membres du comité fédéral, pour être crédibles face aux Vietnamiens, devront avoir une « communauté de vue sur les points essentiels. » Selon lui, les délégués parisiens doivent donc être placés sous son autorité (D’Argenlieu, 1985, pp. 212-213). Pirouette qui doit permettre au haut-commissaire de les neutraliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mémorandum protocolaire de D’Argenlieu en vue de sa rencontre avec HCM en baie d’Along. Les deux hommes ne se sont jamais vus. La rencontre, prévue sur l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039;, doit prendre une allure solennelle et préfigurer celle de Paris, ce que n’oublie pas de préciser D’Argenlieu dans son invitation pour amadouer son interlocuteur. L’aval du gouvernement à cette rencontre sera donné le 19. Par crainte d’un refus de présence d’HCM qui ne jure que par Paris, il ne lui sera remis que le 20 par l’intermédiaire de Sainteny et Leclerc. HCM demande à ce que Sainteny, avec qui il entretient des relations privilégiées, soit présent ce jour-là (D’Argenlieu, 1985, pp. 219-221 ; Devillers, 1988, p. 172).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, des tracts distribués à Saigon et dans sa banlieue annonce que le VM punira de mort tout acte de collaboration avec les Français. Ils sont signés de la main de Nguyen Binh, nouveau commissaire aux armée du Nam Bo  (Gras, 1979, p. 109). L’armée française ne peut rien contre ce genre d’actes qui instaurent par leur répétition un climat de terreur au Sud et ce, d’autant plus, que les forces de la Sûreté et la police, décapitées par les Japonais, ne sont toujours pas véritablement reconstituées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au nord, à Hanoi, la situation demeure tendue comme en témoigne Ngo Van Chieu, officier dans la nouvelle armée vietnamienne : « Nous occupons l’ancienne caserne de la Garde Indochinoise, et on nous lit deux proclamations signées l’une par le Président Ho Chi Minh, l’autre par le Général Leclerc. Elles demandent aux populations vietnamienne et française de conserver leur calme et de s’abstenir de tout acte inconsidéré. Nous sommes consignés, en alerte, et une mission précise est assignée à notre unité : dès le 17 au soir, et jusqu’à nouvel ordre, nous devons nous tenir prêts à couvrir face à l’ennemi, l’évacuation de Hanoi par le Gouvernement. Les points de repli vers la campagne sont nettement désignés, les itinéraires reconnus, et les « guérillas » de rue mis (sic) en place. Les Tu-Ve sont également mis en alerte. » (Ngo Van Chieu, 1955, pp. 74-75). Les craintes des Français d’une fuite du nouveau gouvernement vietnamien du fait de leur retour au Tonkin ne sont donc pas de simples chimères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à D’Argenlieu ce jour surgit un nouveau point de divergence aigu entre l’amiral et son subordonné. Leclerc plaide à nouveau pour qu’HCM obtienne satisfaction dans son choix en faveur de Paris pour poursuivre les négociations : « Amiral… Un point vous surprendra, c’est que, d’accord avec Sainteny, nous n’avons pas encore remis le mémorandum, car il nous semblait dépassé par les événements. Étant donné l’ambiance chez Ho Chi Minh, si on ne lui donnait pas l’assurance de Paris, on risquait une rupture définitive. Au cours de la journée de demain, ce mémorandum lui sera remis, ce qui nous permettra de le sonder, mais il nous répondra certainement : « D’accord mais à condition que nous obtenions Paris. » » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 230)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 46 : &#039;&#039;&#039;Entrée de Leclerc à Hanoï à la tête de 1 000 hommes et 200 véhicules de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.&#039;&#039;&#039; Il est accompagné de Sainteny. La communauté française est enfin rassurée et les accueille en libérateurs car les accords du 6 mars ont été rejetés par une bonne partie de la population française. Selon Valluy, « les Français acceptent mal l’accord […] et ne veulent pas admettre que le Vietnam  est un État libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 215) Du haut d’un balcon de l’hôtel de ville, Leclerc, libérateur de Paris et Strasbourg, lance : « Hanoi, dernière étape de la libération » (Turpin, 2005, p. 226). Cette phrase montre qu’il s’inscrit toujours en 1946 dans le souvenir de la SGM, un conflit contre les Japonais qui est en train de se terminer avec la reconquête d’Hanoï. Sa clairvoyance sur le véritable nature du conflit, une guerre de libération nationale, n’émergera que plus tard (Pons, 2007, pp. 34-35). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, Leclerc et Salan rencontrent à 17 h 30  HCM « dans une atmosphère détendue » (du moins pour l’instant…, voir 6 juin). Les forces du VM participent aux manifestations du moment aux côtés des Français. Seul Valluy semble plus circonspect dans le rapport qu’il fera de la journée à D’Argenlieu le 20 (D’Argenlieu, 1985, p. 222). En amont de cette journée, le VM avait pris ses dispositions pour fuir au cas où l’entrée de Leclerc à Hanoi aurait tourné au coup de force (voir 17 mars) (Gras, 1979, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet répond au message de D’Argenlieu de la veille qui marquait une inflexion de l’amiral en faveur de Paris pour y tenir la future conférence franco-vietnamienne. Le ministre n’est pas opposé à ce que la conférence se tienne dans la capitale française. Il précise dans sa réponse, « d’autant plus […] qu’ici nous pourrions facilement obtenir d’avantage, le principal personnage étant soustrait aux influences de son milieu. De telle sorte, tout en étant préparé par vous et les délégués des départements ministériels, la solution définitive pourrait être envisagée ici. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 171). Faisant suite à sa lettre de la veille, Leclerc envoie Salan à Saigon pour tenter de convaincre D’Argenlieu de retenir Paris comme lieu de la future conférence franco-vietnamienne (Pedroncini, 1992, p. 395).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï qui a accepté de faire partie de la mission d’amitié du gouvernement vietnamien auprès de Tchang Kaï Check quitte Hanoi le matin pour la Chine (Chunking) dans un appareil américain. Il est pressenti par les nationalistes prochinois comme pouvant être celui qui renversera le gouvernement vietminh. Début d’un long exil entretenu à souhait par l’intéressé… (Devillers, 1988, p. 154)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu se plaint dans une lettre adressée à Michelet (ministre de la Défense) des revirements du Comité interministériel pour l’Indochine sur la question de l’annexe militaire du 6 mars et lui demande clairement quelle est la position du gouvernement à son égard (voir 30 mars) (D’Argenlieu, 1985, pp. 213-214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet (F.O.M.) donne tardivement des instructions à D’Argenlieu sur les bases militaires que la France entend conserver telles que prévues par les accords du 6 mars. Il ajoute : « Au Comité interministériel, c’est le ministre des Affaires étrangères [Bidault] qui a vivement protesté contre l’accord militaire. En ce qui me concerne, je prends toute ma responsabilité de vos accords et je défendrai devant l’Assemblée tout ce que vous avez fait, dont je suis entièrement solidaire […] » (Devillers, 1988, p. 168) Des dissensions apparaissent au sein même du gouvernement sur la portée de ces accords. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 46 : Évoquant le retour des Français au Tonkin, Salan note : « La journée du 19 est occupée à installer les nouveaux venus, chacun obtient satisfaction et les esprits sont à l’euphorie. » (Salan 1, 1970, p. 349). Leclerc passe en revue les troupes de la Citadelle qui ont été réarmées. Il fait pavoiser ses véhicules de drapeaux français et vietnamiens et demande pour la garde de sa villa la présence conjointe de 15 soldats français et 15 vietnamiens (Devillers, 1988, p. 155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début d’une visite officielle de trois jours de Sihanouk à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 46 : HCM accepte la proposition de rencontrer D’Argenlieu en baie d’Along, à la condition expresse de pouvoir aller à Paris ultérieurement. Il espère y trouver des appuis politiques de gauche pouvant faire pression sur le gouvernement provisoire. La date du 24 est proposée pour le début de la conférence de la baie d’Along (D’Argenlieu, 1985, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré la visite officielle de Sihanouk à Saigon entamée la veille, un conseil fédéral est maintenu en présence de l’amiral qui y critique à nouveau l’annexe militaire du 6 mars (D’Argenlieu, 1985, pp. 223-224).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un projet de télégramme adressé à Sainteny et Leclerc, D’Argenlieu, insatisfait de la situation au Nord, écrit : « De concession en concession, nous aboutissons finalement à une impasse […] Le but que nous avons visé pendant cinq mois était de raffermir notre autorité dans le Nord et pour ce faire d’y introduire nos troupes dans les meilleures conditions. Mais cette heureuse arrivée de nos troupes n’est pas une fin en soi si elle s’accompagne politiquement d’un renoncement progressif aux instruments indispensables à l’exercice de cette autorité. Le cadre de la Fédération en est l’instrument essentiel. C’est à en sortir sans délai que tend l’attitude du G.R.A. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 231)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Henri La Laurentie (directeur des Affaires politique à la F.O.M.) écrit dans une note critique adressée à un Moutet toujours aussi versatile : « Je crois deviner qu’ici même et à Saigon s’insinue la tentation de diviser pour régner. Cédile s’élance avec sa fougue un peu frustre, dans une politique indochinoise. L’Amiral n’y contredit pas. Si vous n’y mettez pas bon ordre nous perdrons en un tournemain tout le bénéfice moral de notre accord avec le Vietnam. » Selon lui, « l’habilité désormais consiste à éviter les habilités. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 246)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mars 46 : Attaquant à partir du Cambodge, du Centre-Vietnam et du Nord, les troupes françaises et laotiennes (dites des Forces du Laos) appuyées par l’aviation britannique infligent une défaite à &#039;&#039;&#039;Thakhek&#039;&#039;&#039; aux forces communistes du Pathet Lao. Cette ville située sur le Mékong à la frontière lao-thaïlandaise (sud-est de Vientiane) est un nœud stratégique où se croisent les routes principales. Le prince Souvanouphong (pro-Pathet Lao) y est blessé et évacué vers la Thaïlande (Burchett, 1970, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport du département d’État américain favorise, mais avec la prudence jugée nécessaire pour ce qui touche à l’Indochine, le réarmement de la France. Il affirme : « Cette politique est de soutenir les Forces armées françaises en leur fournissant du matériel. Mais, en attendant une clarification de la situation en Indochine, toute livraison de matériel militaire américain qui semble lié directement à cette région doit être suspendue. » Tout comme sous l’administration Roosevelt (voir 30 août 1945), mais avec moins de vigueur, les U.S.A. de Truman estiment devoir « ne pas renforcer la position du gouvernement français dans son effort de restauration par la force de la position d’avant-guerre de la France en Indochine. » (Pedroncini, 1992, p. 223)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de service de Leclerc nomme officiellement le commandant Jean-Julien Fonde au poste de chef de la délégation française de la commission franco-vietnamienne de liaison et de contrôle (Fonde 1971, p. 171, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 - 23 mars 46 : Deux semaines après l’accord du 6 mars, un débat est engagé à l’Assemblée nationale sur la situation générale de la France d’outre-mer. Sur les 52 pages de compte rendu du J.O., l’Indochine n’occupe qu’une page et demie. Un seul député communiste, Jean Lozeray, y aborde les poncifs habituels : rôle de la Banque d’Indochine, lenteur de l’épuration, enrôlement d’anciens Waffen-SS dans la Légion étrangère. Le député approuve l’accord du 6 mars : le gouvernement renonce à la conquête coloniale, il a « enfin compris depuis quelques semaines la nécessité d’engager des pourparlers et de finir là où on aurait dû commencer. » Le P.C.F. est donc un groupe de pression favorable au VM. Dans un an, on parlera de « sale guerre du Vietnam » (Valette, 1994, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mars 46 : Un décret pris par HCM lui permet de nommer plusieurs sous-secrétaires d’État tous communistes et de poursuivre ainsi une totale mainmise sur le gouvernement : Hoang Minh Giam est nommé à l’Intérieur, Ta Quang Buu à la Défense nationale, Do Duc Duc à l’Éducation nationale (Fall, 1960, pp. 49-50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cérémonie franco-vietnamienne aux monuments aux morts français et vietnamien d’Hanoi en présence de Giap. Défilé de troupes françaises et du VM vers la Résidence supérieure où les attend HCM acclamé par une foule. Cette dernière apparaît cependant clivée par l’amalgame des troupes qui défilent (Salan 1, 1970, p. 351 ; Gras, 1979, p 101 ; Ngo Van Chieu, 1955, pp. 76-77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 46 : Départ de Leclerc et Salan pour Haïphong. D’Argenlieu les attend en baie d’Along à 15 h 00. Il confie à Salan « qu’il a dû [le] défendre contre Paris » car les Chinois l’ont mis en cause dans les incidents du débarquement (voir 13 et 16 mars). &#039;&#039;&#039;Salan exprime son désir de rentrer en France contre l’avis de l’amiral&#039;&#039;&#039; qui pourtant ne l’apprécie guère (voir 14 avril) et voit en lui l’un des malencontreux instigateurs de l’accord militaire annexe du 6 mars (Salan 1, 1970, p. 352).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 46 : &#039;&#039;&#039;Rencontre D’Argenlieu-HCM en baie d’Along&#039;&#039;&#039; sur le croiseur &#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039;. D’Argenlieu pense, à juste raison, que son interlocuteur considère cette rencontre comme « un piège ». HCM, méfiant, n’y était pas forcément favorable car il sait qu’il va y être question d’une conférence préliminaire sur le territoire indochinois qu’il réprouve et qui doit se tenir à Dalat. Or HCM ne veut aller qu’à Paris. Sainteny et Leclerc demeurent quant à eux favorables à une conférence parisienne. Ils y voient « une manière de soustraire Ho Chi Minh aux pressions de son entourage et à l’influence chinoise » et à « l’atmosphère fiévreuse et « colonialiste » du Tonkin (Sainteny, 1970, pp. 91-92). Au final, malgré ses réticences, HCM donnera au cours de cette rencontre son aval pour que la conférence de Dalat puisse avoir lieu mais n’y participera pas personnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La journée en baie d’Along commence par une première rencontre de courtoisie vers 9 h 35. Un second entretien entre HCM et l’amiral, le plus important, a lieu à 11 heures après une revue d’escadre visant à impressionner l’invité. On y évoque la Convention préliminaire du 6 mars et des questions autour de la Fédération indochinoise et de l’Union française. On revient sur le mémorandum du 17 mars et la question de la conférence de Paris « qui ne saurait tarder ». Pour HCM, elle serait « la conclusion définitive des accords. » L’amiral lui répond que « Paris [le gouvernement français] tient à ce qu’une conférence se tienne sans atermoiements en Indochine [Dalat]. » HCM fait pour l’instant mine d’accepter et l’on part déjeuner. Discours de l’amiral puis toasts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle parade navale l’après-midi. Un troisième entretien a lieu vers 15 h 30 en compagnie cette fois du ministre des Affaires étrangères, Nguyen Tuong Tam et de « son homme lige », Giam (sous-secrétaire à l’Intérieur). Côté français sont invités Sainteny et son directeur de cabinet Longeaux. On en revient à une idée évoquée lors du deuxième entretien du matin : envoyer à Paris une délégation de l’Assemblée nationale vietnamienne qui serait reçue à l’Assemblée nationale française, une manière de valoriser les « récents accords » et de faire preuve des deux côtés d’une forme de « &#039;&#039;good will&#039;&#039; ». Pour D’Argenlieu, c’est aussi une manière d’aller à Paris mais sans que président du Vietnam soit présent… À 17 heures, HCM quitte &#039;&#039;l’Émile Bertin&#039;&#039; (D’Argenlieu, 1985, pp. 229-234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc et Salan, présents toute la journée sur le navire, n’ont pas été invités à participer aux entretiens. Leclerc est furieux et le fait savoir. Son éviction, voulue par D’Argenlieu (voir D’Argenlieu, 1985, p. 233, note 1), entraîne une nouvelle violente tension entre les 2 hommes que les &#039;&#039;Chroniques&#039;&#039; de l’amiral se gardent bien d’évoquer. Les mémoires de Salan en disent plus sur ce différend. D’Argenlieu demande à Salan d’intervenir auprès de son supérieur pour le ramener à la raison : « Mon général, vous êtes ici mon délégué militaire, le général Leclerc vient d’avoir à mon égard un geste discourtois, je vous prie de le ramener à la raison. Pendant plus d’une semaine, il a eu toute latitude de s’entretenir avec Ho Chi Minh, c’est bien mon tour maintenant. Je ne veux pas courir un « Munich indochinois », il ne faut plus aller de concessions en concessions. Si j’accorde Paris, je crains que Ho ne demande encore plus. Je suis favorable au départ d’une délégation pour Paris, mais Ho doit rester à Hanoi. » (Salan 1, 1970, p. 353)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’issue de cette journée sera rédigée une « proposition » adressée aux deux gouvernements. Elle prévoit : un envoi d’un groupe de 10 parlementaires vietnamiens à Paris dans la première quinzaine d’avril pour y « porter à l’Assemblée constituante française le salut fraternel de l’Assemblée nationale de la République du Vietnam ». On convient de l’ouverture d’une conférence préparatoire à Dalat en vue de celle de Paris avec désignation de 12 membres par délégation (voir 3 avril pour la constitution de la délégation française). Le but de cette conférence préparatoire est de conclure un accord définitif qui sera signé à Paris (D’Argenlieu, 1985, p. 238). Une contre-proposition vietnamienne tentera d’éluder les termes allant dans le sens des Français. D’Argenlieu l’estimera donc inacceptable en l’état (D’Argenlieu, 1985, p. 238).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant un bilan de cette rencontre, Louis Raymond observe : « Les deux hommes [D’Argenlieu et HCM], après une matinée de conversations, convinrent de l&#039;envoi d&#039;une délégation parlementaire vietnamienne à Paris, de l&#039;organisation d&#039;une conférence préliminaire à Dalat, suivie d&#039;une conférence finale entre les deux pays à Paris au cours de l&#039;été. Les bases d&#039;un dialogue pacifique sont toutefois posées. La question du respect des accords fut, de part et d&#039;autre, sujette à bien des échauffourées. De nombreux incidents contribuèrent à amener les deux camps à s&#039;accuser respectivement de leur violation et l&#039;on s&#039;achemina vers les deux conférences prévues [Dalat puis Fontainebleau] dans un climat où la violence sourdait. » (Raymond, 2013, p. 72)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 46 : Premiers accords militaires Leclerc-HCM qui seront complétés le 3 avril (Valluy 1, 1967, p. 34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Longues discussions entre Salan et Giap. Ce dernier est « inquiet » et semble désappointé par la teneur des discussions de la baie d’Along entre HCM et D’Argenlieu (Salan 1, 1970, p. 342).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, HCM adresse un télégramme de remerciement à D’Argenlieu suite à l’entrevue en baie d’Along. Il sera transmis le 26 au Comité interministériel pour l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, un moment hésitant et découragé après la remise en cause de la signature des accords du 6 mars, entend finalement garder son titre de commissaire au Tonkin et en Annam (voir 14 mars) (D’Argenlieu, 1985, p. 236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une invitation de D’Argenlieu, visite de Lou Han, accompagné de hauts-gradés chinois, et d’une délégation anglaise et américaine pour assister à bord de l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; à une démonstration de tirs. Visiblement, ce navire qui a reçu depuis peu le président vietnamien, doit aussi montrer aux Chinois la puissance de l’armée française…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mars 46 : Très brève réunion franco-vietnamienne à Hanoi, rue Le-Loï. Salan présente un plan de répartition des 15 000 Français des forces de relève prévues par l’accord du 6 mars dans les principaux centres au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il estime qu’il y a urgence à                     « décongestionner Haiphong où le chaudron bout. » Giap estime quant à lui que « ce projet met en cause la souveraineté du Vietnam » et que « la délégation vietnamienne en présentera un autre… » La réunion se clôt au bout de 10 minutes, sans la moindre amorce de dialogue (Fonde, 1971, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du Conseil consultatif de Cochinchine. Allant dans le même sens que Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) et Moutet (ministre de la France d’Outre-mer), ce Conseil désigne le docteur &#039;&#039;&#039;Nguyen Van Trinh&#039;&#039;&#039;, leader du Parti démocrate, président du Comité consultatif, comme chef du &#039;&#039;&#039;« Gouvernement provisoire de la République de Cochinchine »&#039;&#039;&#039; voulu par D’Argenlieu. &#039;&#039;&#039;Cette désignation est contraire aux accords du 6 mars qui prévoyaient un référendum pour fixer le sort de la province&#039;&#039;&#039;. Même si ce gouvernement n’est que « provisoire », le sens de l’accord n’est donc pas respecté et ne fait que conforter le fait que les Français ne considèrent pas la Cochinchine comme faisant partie de la « République du Vietnam » comme le laissait pourtant entendre la convention préliminaire du 6 (Francini 1, 1988, p. 299).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un membre du Conseil restreint de Cochinchine, Tran Van Phat, est assassiné ce même jour par des hommes sous les ordres de Nguyen Binh) (De Folin, 1993, p. 159). Binh a décidé de reprendre l’initiative en prenant pour cible ceux qui prônent le séparatisme cochinchinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débarquement à Tourane (Da Nang) des troupes du 23&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. en vue de la relève des troupes chinoises dans la région Tourane-Hué. Contrairement à ce qui s’était passé à Haïphong, le débarquement a lieu cette fois sans le moindre heurt (Devillers, 2010, p. 89).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 46 : Rapport de Leclerc envoyé à Paris pour la période du 20 octobre 1945 au 25 mars 1946. Il est destiné au gouvernement. Le général estime que « les autorités et le Gouvernement [sont] insuffisamment informés » des opérations qui ont eu lieu depuis cinq mois au Tonkin. Il précise les craintes de son auteur : « S’il est probable que la Chine reculerait devant un conflit armé avec la France, ses unités irrégulières donneraient tout leur appui aux forces révolutionnaires annamites, à travers des frontières dont on connaît la perméabilité. &#039;&#039;&#039;C’est donc, si l’on tente de réinstaurer la souveraineté française au Tonkin par la force des armes, un conflit de grande envergure qu’il faut être prêt à affronter&#039;&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1970, p. 78). &#039;&#039;&#039;Le même rapport précise par ailleurs : « […] Je l’affirme catégoriquement, la reconquête du Tonkin, même en partie, est impossible.&#039;&#039;&#039; Ce n’est pas avec une petite division, et en 1946, qu’on conquiert un pays surexcité, armé et grand comme les deux tiers de la France. En outre, le problème n’aurait pas tardé à prendre une ampleur internationale. C’est pourquoi on ne soulignera jamais assez l’importance des accords qui ont été conclus. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 222) Leclerc revient sur ce qu’on a nommé « l’incident d’Haïphong », estimant qu’il n’était pas un incident « mais bien un combat contre le Général chinois prévenu, en excellente liaison avec nous, et ayant parfaitement compris. » Il déplore par ailleurs la mauvaise volonté des Chinois dont il souhaite un départ qui ne se produit toujours pas malgré le retour des Français (Férier, 1993, pp. 17-18).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc répond également aux critiques venues de Paris au sujet des accords du 6 mars. Les avantages obtenus sont supérieurs à ceux qui auraient pu être gagnés par les armes. Reste à les exploiter, tâche purement politique qui revient à D’Argenlieu. Leclerc écrit à ce propos :        « Maintenant que nous occupons solidement, bien qu’imparfaitement la Cochinchine, le Cambodge et le Sud-Annam, une grande partie du Laos, et quelques bases au Tonkin, il est permis d’affirmer que nous avons gagné la première manche. Reste la deuxième, avant tout à base de politique et de négociation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 74 ; extraits &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 155-157)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour une raison obscure, les Français s’emparent à Hanoi du bâtiment de la direction des Finances de la R.D.V.N., ce qui provoque de nouvelles tensions. Valluy donnera l’ordre de le restituer en le dotant cependant d’une garde mixte (Devillers, 1988, p. 175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mars 46 : Nouvelle réunion franco-vietnamienne après celle du 26 qui n’avait duré que 10 minutes. Le climat est toujours aussi tendu. Giap dénonce les « empiètements » français à Hanoi qu’il assimile à des provocations d’attitudes (patrouilles braquant leurs fusils en passant devant palais du Gouvernement, locations de bâtiments faites sans autorisation, réoccupation sans préavis de locaux administratifs libérés par les Chinois). Pour Giap, la population vietnamienne est excédée par ces provocations d’où son appel à la grève pour le lendemain. Salan revient sur la question du « chaudron » de Haïphong. En vain (Fonde, 1971, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Salan rencontre Lou Han et signe à 11 h 50 l’accord concernant l’évacuation des troupes chinoises&#039;&#039;&#039;. Selon lui, « […] nous sommes d’accord sur les traductions après vérification des textes français et chinois. Ils sont très complets, tout est prévu jusqu’au moindre détail, ceci pour éviter les discussions toujours possibles avec les subordonnés chinois. »  (Salan 1, 1970, pp. 354-355)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan rencontre pour un dîner le ministre des Affaires étrangères Nguyen Tuong Tam qu’il juge comme n’étant « pas à la hauteur » et « dépassé par son groupe » (Salan 1, 1970, p. 354).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mars 46 : À Hanoi, grève générale avec boycott des Français. Selon Fonde, les autorités vietnamiennes encadrent le mouvement. Les troupes françaises de la citadelle sont consignées (Fonde, 1971, pp. 180-181).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan voit Giap et Nguyen Tuong Kahn (ministre des Affaires étrangères). Il « proteste devant leur mauvaise foi » portant sur l’attitude des troupes françaises face aux grévistes vietnamiens. Salan les amène devant Valluy qui commande les troupes incriminées (9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.)  et les défend. Pour montrer ses bonnes intentions, le commandant de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. a même contredit les ordres de D’Argenlieu qui voulait faire occuper par ses troupes le palais Pugnier afin d’en faire la résidence du haut-commissaire (Salan 1, 1970, p. 354).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce même jour, les Forces françaises de Savannakhet (Laos), qui avaient été désignées pour relever les troupes chinoises à Hué, sont sérieusement accrochées par des Vietnamiens alors qu&#039;elles passent la frontière franco-laotienne, celles-ci faisant mine d&#039;ignorer les accords. Dans la ville, la population vietnamienne badigeonne sur les murs : « Le Nam Bo au Vietnam » et  « Ouverture immédiate des négociations à Paris ». (Raymond, 2013, p. 72)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Saigon, les assassinats politiques menés par Nguyen Binh se poursuivent, dont celui du docteur Tran Van Phat, membre du Comité du Nam Bo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Instructions signées de Bidault (Affaires étrangères) en vue de la première conférence de Dalat : « […] Le but est d’obtenir du gouvernement provisoire du Vietnam (quelle que doit la définition géographique qui sera donnée à cette dénomination dans la Fédération indochinoise et dans l’Union française […] » Les instructions du ministres évoquent d’entrée les futurs points de blocage de la conférence qui s’avèrera être un échec : statut de la Cochinchine ; absence de liberté diplomatique ; imposer l’inclusion du Vietnam dans une Fédération comprenant le Laos et le Cambodge qui n’ont pas le même degré d’exigence du point de vue de leur autonomie (DDF, 2003, tome 1, document n° 232, pp. 520-524).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité interministériel pour l’Indochine est informé des propositions françaises en vue de la première conférence de Dalat (voir 3 avril) : « régler les questions relatives à la participation à l’Union française sous forme d’un nouveau pacte se substituant aux traités antérieurs » (diplomatie, protection des Français et étrangers, sécurité, bases militaires et navales, avantages économiques). D’Argenlieu n’a eu aucun retour des Vietnamiens sur la proposition française issue de l’entrevue de la baie d’Along (mission « &#039;&#039;good will&#039;&#039; »). Il mandate Sainteny pour activer la chose (D’Argenlieu, 1985, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un arrêté paraît au J.O. et fixe les membres de la délégation française chargée de négocier à Paris avec celle du Vietnam dans le cadre de la convention préliminaire du 6 mars. D’Argenlieu, membre de droit de la délégation, choisit entre autres Sainteny, Pignon (conseiller politique de l’amiral), Messmer (futur secrétaire du Cominindo) et Salan (D’Argenlieu, 1985, pp. 247-248).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une directive de l’état-major de la Défense nationale (section coloniale) fixe la future organisation militaire en Indochine. Elle indique le nombre et l’emplacement des bases côtières, terrestres et aériennes réservées à la France (Bodinier, 1987, pp. 231-232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après sa récente rencontre en baie d’Along avec HCM, D’Argenlieu envoie un long télégramme à Paris pour en rendre compte. Le document n’est pas exempt de quelques coups de griffe. Le président vietnamien va tenter d’éluder certaines dispositions de la convention du 6 mars : « Le premier engagement qu’il veut éliminer est celui qui le lie à la Fédération indochinoise […] Sa méthode tactique est de ne plus vouloir négocier en Indochine, mais aller au plus tôt dans ce but à Paris. Il espère en y arrivant […] être l’objet de la curiosité et de l’attention générale, soulever l’intérêt des partis et arriver à faire pression sur le Gouvernement lui-même […] » D’Argenlieu demande l’agrément du gouvernement pour l’envoi de la délégation « &#039;&#039;good will&#039;&#039; » et la conférence préparatoire de Dalat dont il souligne le caractère limité. Il obtiendra une réponse le 3 avril (Devillers, 1988, pp. 174-175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit des instructions très nettes du ministère des Affaires étrangères (voir ci-dessus) : il faut obtenir du gouvernement vietnamien son assentiment pour que le Vietnam, « quelle que soit la définition géographique qui en sera donnée », accepte son intégration à la Fédération indochinoise et à l’Union française. Le pays ne peut obtenir une liberté diplomatique qui serait contraire à l’idée même de Fédération. Selon l’amiral, « la demande d’admission à l’O.N.U., incompatible avec l’idée d’une Fédération indochinoise, doit être fermement écartée. » (Devillers, 1988, p. 182)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 mars 46 : Décret n° 40 du 29 mars paru au J.O. de la R.D.V.N. et publié sous le titre « Mesures exceptionnelles » : il autorise l’arrestation et l’envoi en « camps spéciaux » toute personne qui, par parole ou action, s’oppose au régime en place (voir 29 octobre). La dictature communiste s’installe progressivement mais sûrement (De Folin, 1993, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (commandant la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.) produit une note « contre le concept d’un « « coup de force » centré sur Hanoi émanant « sûrement des Annamites » et « probablement des Chinois ». Cette étude prélude en partie de ce qui se passera dans la ville en décembre et qui va être mûrement réfléchi par l’état-major français (Valluy 2, 1967, p. 203 ; Bodinier, 1987, pp. 233-236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc fait un point sur la situation en Indochine en adressant un courrier à son futur successeur, le général Valluy (Bodinier, 1987, pp. 236-238).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de Michelet (Défense) à la lettre de D’Argenlieu du 18 mars : le gouvernement lui accorde sa pleine confiance et l’encourage à demeurer en place (D’Argenlieu, 1985, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu informe, après coup, le Conseil fédéral de la constitution d’un « Gouvernement provisoire de la République de Cochinchine ». (Turpin, 2005, p. 245)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mars 46 : Troisième conférence d’état-major franco-vietnamienne. Celle-ci dure plus longtemps que les précédentes puisqu’elle atteint les 4 heures. Selon Fonde, Giap lâche très peu de concessions, toutes assorties de « limitations, interdictions et contrôles, qu’un Freud les imputeraient, sans doute, à un complexe obsessionnel. » Un acquis pour les Français cependant, un bataillon de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. et le reliquat de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. vont relever à la citadelle d’Hanoi 1 700 soldats rapatriables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A minuit, Lou Han cède officiellement ses responsabilités et celles de ses troupes à Valluy. Giap ne l’entend pas vraiment de cette oreille, quels que soient les accords conclus entre les Français et les Chinois : « Le maintien de l’ordre appartient à la police vietnamienne. » (Fonde, 1971, pp. 182-183). En réalité, l’évacuation complète des troupes chinoises d’Indochine traînera jusqu’au 18 septembre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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	<entry>
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		<title>Janvier 1946</title>
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		<updated>2026-09-15T06:32:22Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début 46 : Le Laos, stabilisé, est divisé en trois zones d’influence, celle du VM et du Lao Issara à l’Est, celle des Français (qui ont réussi à se maintenir malgré de faibles effectifs) et celle des Chinois au Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un entretien accordé à Alain Ruscio, René Lhermite, rédacteur de politique internationale à &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039;, lui confie : « En 1945, et même début 1946, nous étions très mal informés. Nous avons appris la révolution d’août par quelques informations fragmentaires de presse. Elles étaient très insuffisantes pour nous permettre de nous faire une opinion précise de ce qui se passait en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Janvier 46 : De Gaulle, toujours peu au fait des réalités indochinoises, déclare à Paul Mus venu depuis le 28 décembre en France lui remettre une lettre de D’Argenlieu : « Nous rentrons en Indochine parce que nous sommes les plus forts. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 39)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue du débarquement français au Tonkin, Leclerc est à la recherche d’une situation la plus stable possible au niveau du gouvernement vietnamien qui connaît de graves difficultés sous la pression des Chinois et des partis qui leur sont inféodés. Ce qu’il redoute le plus c’est que ce gouvernement « prenne la brousse » à l’arrivée des Français tout en appelant le peuple à la résistance armée à outrance. Tout doit être fait pour ne pas en arriver là car une reconquête militaire du Tonkin, même partielle, est jugée par lui pour l’instant impossible. Il est donc indispensable de trouver à Hanoi, le jour du débarquement, un gouvernement vietnamien responsable, « si imparfait soit-il ». D’où la nécessité de négocier avec HCM mais le plus prudemment possible, sans trop s’engager (voir 14 janvier) (Pedroncini, 1992, p. 163).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un sondage assure que 58 % des Français demeurent persuadés que l’Indochine restera française (Valette, 1994, pp. 6-7).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 46 : Entrée en fonction, avant même les élections, d’un « Gouvernement provisoire d’union nationale » vietnamien qui mêle le VM et les nationalistes prochinois (voir 24-25 décembre 1945). Le VM a dû céder sous la pression des Chinois en y intégrant des membres du D.M.H. et du V.N.Q.D.D. (voir 6 janvier) (Pedroncini, 1992, p. 394 ; Turpin, 2005, p. 189, note 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le retrait progressif des Britanniques, ce sont les Français qui doivent désormais assurer la charge du maintien de l’ordre au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Turpin, 2005, p. 156) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; - 31 janvier 46 : Les Français sont victimes de 145 crimes, délits ou voies de fait, dont 6 assassinats perpétrés ou par les occupants chinois ou par les Vietnamiens. 20 000 personnes d’origine française résident au Tonkin qu’il faut protéger (De Folin, 1993, p. 122 ; détails des victimes &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1967, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 janvier 46 : Un mémorandum chinois demande aux Français la relève de la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise au Laos pour qu’elle puisse se rendre combattre en Mandchourie contre les communistes (Gras, 1979, p. 86). Mais cette demande est isolée. Le processus sera lent et n’aboutira qu’en septembre, les « seigneurs de la guerre » chinois ayant beaucoup de mal à lâcher la « poule aux œufs d’or » indochinoise et son opium.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Cambodge, signature du modus vivendi franco-khmer. Il marque la fin du protectorat&#039;&#039;&#039; : Les Français accordent une autonomie administrative, mais avec la présence d’un Commissaire de la République, de conseillers français au niveau ministériel et provincial et un contrôle de la France sur la Défense et les Affaires étrangères. Le Cambodge est toutefois tenu aux obligations des États membres de l’Union Française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 janvier 46 : D’Argenlieu apprend la mort accidentelle du prince Vinh San qu’il pressentait (comme De Gaulle) pour se substituer à HCM (voir 28 décembre 1945). Il note : « « Le fait nouveau » s’évanouissait en fumée tel un rêve ! » (D’Argenlieu, 1985, p. 113). Lors d’un dîner à Neuilly, De Gaulle a confié à son beau-fils De Boissieu : « La France n’a pas de chance en ce moment […] Cette mort du prince nous prive d’une carte maîtresse en Indochine. » (Turpin, 2005, p. 194 ; cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 335) Désormais, pour De Gaulle comme pour D’Argenlieu, il ne reste qu’une voie étroite et raide, celle d’HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 - 6 janvier 46 : Salan se rend à Kunming où se trouvent les forces françaises basées en Chine et constitue le centre où sont regroupés et hébergés tous les ressortissants français évacués d’Indochine. Il est accueilli par Jacques Meyrier, ambassadeur de France en Chine nationaliste à Chungking. Salan prévoit son départ pour la capitale chinoise le 7, jour où il doit rencontrer Tchang Kaï Check. Il rencontre les troupes françaises et évoque avec elles leur retour au Tonkin (en pays thaï, plus favorable aux Français) sous l’appellation d’opération &#039;&#039;Béarn&#039;&#039;. Ce retour est délicat car il risque de se heurter à une double opposition, celle du VM et du V.N.Q.D.D. Il s’agit d’éviter « toute réaction désagréable des populations », d’obtenir « l’appui des chefs autochtones » et de « permettre le ravitaillement des colonnes » en bénéficiant de leur appui. Sainteny est « en plein accord » avec ce projet (Salan 1, 1970, p. 258-259).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 janvier 46 : &#039;&#039;&#039;Les élections ont lieu dans les territoires contrôlés par le G.R.A. et confirment largement la victoire du VM.&#039;&#039;&#039; Elles ont été repoussées à deux reprises, les 8 septembre et 23 décembre 1945, sous la pression des Chinois et des partis vietnamiens qui les soutenaient. Mais certaines localités ont voté dès le 23 décembre 1945. Le Vietminh revendique une victoire avec des pourcentages éblouissants : HCM, réélu président, a obtenu à Hanoï 98,4 % des voix, Giap 97 % à Nghe. Bao Daï est élu député du Vietminh avec 90 % des voix de la circonscription de Thanh Hoa, preuve vivante que le Vietminh a su présenter « des personnalités neutres, insoupçonnables, rassurantes et dignes ». Ainsi en est-il également pour l’évêque Le Huu Tu qui devient conseiller du gouvernement (Giap 1, 2003, p. 23).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ces élections ont été aussi doublement truquées. Seuls, ou pratiquement seuls figuraient sur les listes des candidats du seul Vietminh. Quant aux candidats prochinois, ils ont été cooptés arbitrairement d’office, obtenant comme prévu par les accords du 22 décembre 1945 70 sièges. HCM est donc contraint d’accepter des nationalistes soutenus par les Chinois dans son gouvernement. Il s’efforce toutefois d’en réduire la portée en gardant l’essentiel du pouvoir par le biais des ministères clés (voir 23 décembre 1945). Selon Giap, un cinquième des sièges ont été attribués aux représentants des partis prochinois « sans passer par les élections parce qu’ils avaient très peu de chances d’être élus au suffrage universel. » (Giap 1, 2003, p. 23). Tout avait été organisé par le VM pour qu’ils soient d’illustres inconnus… Sur 329 sièges, 250 reviennent de fait au VM. Peu dupes de la manœuvre, les nationalistes prochinois maintiennent en janvier la pression de la rue, accusant les « vainqueurs » des élections de manipulation électorale. Quant aux députés « élus », ils ne seront convoqués que 6 semaines après les résultats… &#039;&#039;&#039;Le VM tient officiellement le Nord mais sa position demeure délicate : le pays est exsangue, sa maîtrise politique est imparfaite et il n’a pas les moyens matériels de s’engager dans une guerre à l’issue incertaine. Il doit donc composer avec les uns et les autres, ce qu’a parfaitement compris HCM.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les violences à Hanoï se poursuivent contre les Français : 145 crimes et délits (dont 6 assassinats), 12 tentatives d’empoisonnement et des dizaines d’agressions perpétrées par les Vietnamiens ou les Chinois. Les 30 000 Français regroupés depuis le 9 mars 1945 à Hanoï (pour les deux tiers) ou dans les grandes villes du Nord ont le sentiment d’être abandonnés.     4 500 militaires français sont toujours retenus prisonniers dans la citadelle de la capitale du Tonkin. Sainteny dont les services sont entassés dans une villa de fonction y est plus surveillée que protégé par les troupes vietminh. Seul espoir pour lui, un retour rapide des troupes françaises (Francini 1, 1988, pp. 272-276).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM accorde une interview au journaliste français P.M. Dessinges, envoyé spécial du quotidien parisien &#039;&#039;Résistance&#039;&#039; mais surtout membre de l’état-major de Leclerc. Il y déclare : « Nous n’avons aucune haine contre la France et le peuple français. Nous les admirons beaucoup et nous ne désirons pas rompre les liens qui unissent si fort nos peuples. Nous demandons que la France fasse le premier pas sincère et concret. Nous le souhaitons d’autant plus, quand nous voyons d’autres nations chercher à s’immiscer dans des affaires qui nous regardent en propre. Il ne faut pas que nos deux peuples laissent à ces pays l’occasion de nous faire la morale. Nous voulons, nous devons nous arranger entre nous. Mais sachez-le bien, nous sommes décidés à lutter jusqu’au bout si la lutte nous est imposée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 janvier 46 : Au Cambodge, après s’être débarrassé de Son Ngoc Tranh (premier ministre nationaliste mis en place par les Japonais, voir 15 octobre 1945), ce dernier est remplacé par le prince Monireth, ancien officier du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. et oncle de Sihanouk. &#039;&#039;&#039;Il signe avec la France un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; qui, par un système rendant exutoire tous les actes royaux par un « vu pour attache », rappelle le système du protectorat. Après un intermède assuré par le lieutenant-colonel Huard, le général Alessandri, devenu fin octobre 1945 commissaire de la République à Phnom Penh, sera également nommé conseiller du roi (De Folin, 1993, p. 129). Par ce texte provisoire, le gouvernement khmer récupère des compétences dans les domaines secondaires de la santé, de l’agriculture, de l’enseignement et des beaux-arts. Dans les faits, au grand dam de Sihanouk (voir 28 septembre 1945), cette situation qui n’aurait dû être que transitoire va s’éterniser du fait de la mauvaise volonté des Français quant aux aspirations d’indépendance du pays. Selon Burchett, « les discussions sur les traités étaient constamment ajournées. » (Burchett, 1970, p. 23) Le jeune roi Sihanouk et le peuple cambodgien vivront donc de plus en plus mal cet état de dépendance institué par un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; qui leur est imposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan se présente à l’aérodrome de Kunming pour se rendre à Chunking (voir 5-6 janvier) mais y est bloqué pour une question de ravitaillement en essence liée à la corruption ambiante. Il doit finalement prendre un avion américain. Arrivé à Chunking, il se rend directement à l’ambassade de France (Salan 1, 1970, pp. 260-261).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 janvier 46 : Salan arrive à Chungking et y demeurera jusqu’au 2 février. Il a compulsé des documents émanant d’Alessandri et D’Argenlieu, produits en août, septembre et octobre 1945. Ils portent sur les négociations avec les Chinois en vue d’un éventuel retour des Français en Indochine. Les militaires chinois, contrairement à leurs diplomates (voir 17 avril 1945), n’y sont pas favorables (voir 3 novembre 1945) et préconisent un maintien de leur occupation pour des raisons purement mercantiles (mise en coupe réglée du pays et surtout récolte de l’opium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, un mémorandum du 4 janvier émanant du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau de l’armée chinoise « ouvre la porte du Laos » avec le retrait annoncé de la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise prévu pour le 31 janvier, date à laquelle les Français se substitueraient aux Chinois. Salan rencontre l’ambassadeur de France en Chine Meyrier qui lui prédit « des moments pénibles et désagréables » mais précise que « nous devons aboutir ». Il rencontre ensuite le général Tseng Kai Min de la commission militaire chinoise pour discuter du calendrier de retrait et de ses modalités, ainsi que du réarmement des troupes françaises à Hanoi. Sur ces deux points, il n’obtient aucune réponse claire (Salan 1, 1970, pp. 261-263). Les Chinois sont exigeants. C’est ce qu’observe le colonel Crépin qui accompagne Salan à Chunking : « Je pus m’apercevoir très vite qu’aucun accord d’état-major pour le retour des troupes au Tonkin ne pourrait être conclu tant que le traité d’amitié franco-chinois ne serait pas signé [voir 28 février] et que celui-ci ne le serait que si nous consentions des sacrifices financiers importants et l’abandon à la Chine du chemin de fer du Yunnan situé sur son territoire. » Meyrier et son premier secrétaire d’ambassade Daridan sont en charge de cet épineux dossier que le Quai d’Orsay laisse traîner (Pedroncini, 1992, p. 168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de Chauvel (direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères) faisant état de l’approbation par De Gaulle et du Comité d’Indochine « de l’accord économique et d’établissement relatif à l’Indochine » avec les Chinois. Le général demande en contrepartie un retrait des troupes chinoises, tout particulièrement au Laos (DDF, 2003, tome 1, document n° 18, pp. 37-38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 janvier 46 : Assassinat du directeur de la Banque d’Indochine à Hanoi (Baylin). Il aurait refusé d’échanger les billets de 500 piastres émis par les Chinois et aurait refusé de donner 11 millions de piastres au VM comme il l’avait fait antérieurement (Salan 1, 1970, p. 265). Selon Devillers, les assassins se révèleront être en fait des « commerçants frustrés » (Devillers, 1988, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des émeutes violentes à l’égard des Français menées par des Vietnamiens et des Chinois se poursuivent jusqu’au 12 (Gras, 1979, pp. 86-87). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Signature à Chunking d’un accord entre Français et Chinois permettant le retour au Tonkin des unités militaires rescapées du coup de force japonais du 9 mars 1945&#039;&#039;&#039; (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 janvier 46 : Première séance de l’Assemblée générale de l’O.N.U.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 - 12 janvier 46 : Émeutes de la faim à Hanoi suite à la récolte catastrophique provoquée par des inondations dues à des ruptures de digues. Elles sont menées par des Chinois et des Vietnamiens. &#039;&#039;&#039;Cette disette durera tout janvier et février&#039;&#039;&#039; et s’étendra jusqu’à la prochaine récolte. Selon Salan, « […]  des enfants meurent de faim et les familles les déposent sur les trottoirs. » Sainteny « fait des efforts pour amener du riz de Cochinchine et y réussit en partie. » (Salan 1, 1970, p. 286) La police chinoise ne semble ni capable ni surtout désireuse de réprimer les mouvements. Les protestations de Saigon n’y feront rien et se heurteront toujours à un refus de réarmer les troupes françaises de la citadelle d’Hanoi. Selon Sainteny, ce sont des agents de la police municipale qui protègent les Français, « invitant la foule à se disperser et à laisser les Français en paix. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 janvier 46 : Pignon observe que le ton de la presse vietnamienne est beaucoup moins agressif à l’égard de la France. Le journal du VM &#039;&#039;Cuu Quoc&#039;&#039; distingue « les bons Français de France » des « mauvais Français de Cochinchine » (Devillers, 1988, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paul Mus (conseiller politique de Leclerc) participe à une séance du Cominindo. Comme beaucoup de Français à cette époque, il est désorienté par le communisme vietnamien et ses manifestations à caractère nationaliste qui contredisent l’idée internationaliste de la cause. Selon lui, « le Vietminh ne serait pas communiste, du moins au sens où nous l’entendons en France, et même pas au sens russe. » Il pense « qu’en fait il n’y a pas de communisme réel en Extrême-Orient ». Comme le remarque Pons, les Français sont désorientés par la nouveauté car « le Vietminh présente […] des caractères qui empêchent de l’assimiler à un communisme déjà connu. » (Pons, 2007, p. 46)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 janvier 46 : Le gouvernement provisoire vietnamien entreprend des opérations dans l’arrière-pays du delta du Tonkin. Les coups de main, assassinats et bagarres sanglantes reprennent à Hanoï, Vietri, Phu To, Vinh Yen entre le VM et les nationalistes prochinois.  Les Chinois protègent ces derniers mais le VM parviendra à reprendre progressivement le contrôle de l’ordre. Toutefois l’action gouvernementale est contestée. Du fait de problèmes financiers liés aux récents cadeaux fiscaux, 751 fonctionnaires ont dû être licenciés. La présence des Chinois est toujours synonyme d’un ramassage de butin de guerre et les populations sont sans cesse arbitrairement ponctionnées sans que le gouvernement puisse réagir contre ces multiples exactions (Fall, 1960, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 janvier 46 : Leclerc qui recherche d’un compromis prudent avec le VM en vue du retour des Français au Tonkin, écrit à D’Argenlieu. Il évoque la possibilité « sinon de négociations, au moins de contacts personnels » avec HCM et « des personnages évolués du Vietminh, en général de culture française. » Comme Ho « ne représente plus le Vietminh seul, mais l’ensemble des partis du gouvernement d’union […] des conversations avec lui sont plus normales que par le passé […]. L’intérêt de telles conversations serait d’abord de prévenir à notre arrivée d’une guerre sainte. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 163)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fait plus rare, il écrit également directement à De Gaulle en précisant qu’en vue du prochain débarquement, « il s’avère chaque jour d’avantage que le fond du problème est chinois. » Il envisage les deux possibilités : « sans l’accord des Chinois » et « avec l’accord des Chinois ». La deuxième éventualité ayant naturellement sa préférence. Mais la situation demeure forcément complexe et le temps presse. Pour influencer les Américains, il demande la médiation de Juin « et de ses relations personnelles avec le général Marshall. » Selon lui, « la présence du général Juin permettrait de coordonner l’action militaire et l’action politique […] » (Bodinier, 1987, pp. 200-201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 janvier 46 : Valluy quitte Saigon pour Paris. Il est chargé par D’Argenlieu et Leclerc d’aller souligner l’urgence de trouver un accord avec la Chine et le gouvernement vietnamien. Mais le commandant de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. arrive au plus mauvais moment puisque De Gaulle est en train de quitter le pouvoir. Il va donc lui falloir initier un nouveau gouvernement aux complexités de la situation indochinoise et surtout obtenir une décision car le temps presse (Pedroncini, 1992, pp. 163-164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc avertit le gouvernement français de la gravité de la situation au Tonkin du fait de la complicité des Chinois et de leur mauvaise volonté à laisser revenir les Français. Il demande une intervention diplomatique auprès des autorités chinoises (Salan 1, 1970, pp. 268-269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’amiral Mountbatten propose d’abandonner toute responsabilité britannique en Indochine. Son gouvernement approuve.&#039;&#039;&#039; Le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; est plus réticent, pour ne pas froisser Washington. Les Américains craignent que la France ne réclame un rôle égal à celui du Royaume-Uni, de l’U.R.S.S., de la Chine et des U.S.A. après la capitulation du Japon. Ils sont clairement opposés depuis juillet et décembre 1943 à un retour des Français en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée de Max André à Saïgon (chargé de mission auprès de Georges Bidault, le ministre des Affaires étrangères). Il est l’un des dirigeants du M.R.P., a vécu en Indochine avant la SGM comme un ancien directeur de la Banque franco-chinoise. Il est accueilli par D’Argenlieu et Pignon est chargé de lui faciliter son déplacement à Hanoï où il rencontrera à deux reprises HCM (voir 16 et 21 janvier). Il dirigera par la suite la première conférence de Dalat (voir 19 avril – 11 mai) puis celle de Fontainebleau (voir 6 juillet – 10 septembre) (Devillers, 1988, p. 123 ; Valette, 1994, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bidault (Affaires étrangères) fait parvenir aux représentants diplomatiques de la France à Moscou, Londres Washington et La Haye un nouveau rapport pour la période du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 janvier. Il semble plus objectif que le précédent (voir 10 décembre 1945). La situation en Cochinchine est stabilisée : « Les populations accueillent de plus en plus favorablement – et ouvertement – le rétablissement du contrôle français. » La région de Saïgon-Cholon est « entièrement redevenue à la vie normale ». Il n’en est pas de même en Annam où les troupes françaises « se heurtent à une assez vive résistance des forces révolutionnaires ». Le Cambodge demeure « fidèle ». La situation au Tonkin demeure « marquée par l’incohérence » : lutte entre les partis révolutionnaires ; « incohérence économique » ; attitude désopilante des forces chinoises d’occupation qui reçoivent des ordres contradictoires entre ce qui vient de Chungking et du commandement local de Lou Han. C’est cette politique « opportuniste » des Chinois qui explique la recrudescence d’agressions contre les Français (voir 9 janvier). Au Laos, l’attitude des Chinois demeure agressive et les relations avec Imfeld (commissaire de la République) sont mauvaises. Les futures discussions au sujet de l’évacuation des troupes chinoises vont s’avérer être particulièrement compliquées à mener (DDF, 2003, tome 1, document n° 59, pp. 133-134).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-janvier 46 : Dans une note adressée à D’Argenlieu, Sainteny observe que les relations franco-annamites dépendent de la bonne volonté des Chinois et ne peut être réalisée que « par leur intermédiaire ». Selon lui, « la Chine est prête à être le courtier d’un accord dans lequel elle serait largement bénéficiaire. » Pour éviter cela, il faudrait une puissante intervention armée que la France ne peut pour l’instant mener et qui entraînerait une alliance entre la Chine et le VM. Seule l’option diplomatique est donc envisageable pour autoriser un retour de la France au Tonkin. Cette solution donnerait en plus des atouts économiques aux Français car « le Tonkin est et restera l’indispensable lien de la Chine du Sud-Ouest avec le monde. » (Devillers, 1988, pp. 121-123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 janvier 46 : Salan rencontre le général chinois Koung et évoque la libération des Français de la caserne Rivière à Haïphong. Sur le retour des Français au Tonkin, le général chinois donne « pour le moment » une réponse négative la justifiant par de pseudo-raisons de sécurité. Ces propos sont confirmés par différentes notes reçues par Salan. La politique chinoise demeure bienveillante à l’égard des seuls nationalistes vietnamiens prochinois. Selon Salan, les Français se font gruger, sans doute moins par Tchang Kaï Check lui-même, que par ses subordonnés sur lesquels il n’a qu’une emprise modérée (Salan 1, 1970, pp. 270-271 et p. 276). Toutefois un accord est signé, les troupes françaises toujours basées en Chine et commandées par le lieutenant-colonel Quichilini pourront se rendre au Tonkin via le Laos, sans toutefois pouvoir y stationner (voir 22 janvier) (Gras, 1979, p. 87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Max André (M.R.P., voir 15 janvier) a été chargé par Michelet (Armées) et Bidault (Affaires étrangères) de rencontrer HCM. Il dîne avec Sainteny avant cette première rencontre pour un entretien de fond. Ce dernier est froid et les points de divergence sont réels mais les deux hommes se reverront le 21. Il rapportera à D’Argenlieu les exigences de son interlocuteur : « un gouvernement vietnamien maître chez lui, et pareillement une administration, une économie, un système financier, une armée, une diplomatie enfin indépendante. » (Devillers, 1988, p. 124)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 janvier 46 : Salan et l’ambassadeur Meyrier sont reçus par Tchang Kaï Check lors d’une cérémonie très solennelle. Meyrier lui remet alors ses lettres de créance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 janvier 46 : Longue conversation entre Salan, l’ambassadeur Meyrier et Daridan (son conseiller) : il faut gagner du temps et ne pas laisser entendre clairement aux Chinois que les Français entendent revenir rapidement au Tonkin. Salan a un espoir : le départ des Japonais laisse la place aux communistes indochinois, ce que les nationalistes prochinois ne pourront tolérer longtemps (Salan 1, 1970, p. 275). Salan n’hésite pas durant son séjour à utiliser l’argument anticommuniste qui risque cependant de demeurer sans grand résultat (Salan 1, 1970, p. 277). Manière de s’opposer au retour des Français, il observe que les Américains demeurent les soutiens actifs des Chinois et qu’ils ont même récemment largué des armes au VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 janvier 46 : &#039;&#039;&#039;Démission de De Gaulle.&#039;&#039;&#039; Ce dernier, en quittant ses fonctions, ne précise pas sa pensée quant au futur statut de l’Indochine et ne la communique pas à D’Argenlieu comme l’ont montré ses récents silences, au moment où il abandonnait les affaires. La mort récente du prince Vinh San semble l’avoir totalement désorienté (voir 5 janvier). Selon Jacques Foccart, un de ses proches, « il s’est dit que le pays ne le laisserait pas partir, qu’il reviendrait rapidement. Autrement dit, en partant, il a cru – il n’a jamais dit – qu’on le rappellerait rapidement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 190, note 94) De Gaulle entame, en fait, ce que l’on nommera sa longue « traversée du désert ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Formation du gouvernement Félix Gouin&#039;&#039;&#039; (issu des élections du 21 octobre 1945 qui mettent en place le tripartisme). Le chef du gouvernement est socialiste. Le gouvernement est quant à lui tripartite : 6 ministres du Mouvement républicain populaire (M.R.P.), 8 communistes, 9 membres de la S.F.I.O.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement : Armées : Edmond Michelet ; Affaires étrangères : Georges Bidault     (M.R.P.) ; Colonies : Marius Moutet (S.F.I.O.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est donc &#039;&#039;&#039;Marius Moutet&#039;&#039;&#039; (ancien ministre des Colonies du Front populaire, voir sa notice biographique ) qui prend la tête du ministère de la France d’Outre-mer (Francini 1, 1988, p. 284). Privé du soutien de De Gaulle, D’Argenlieu aura toujours le plus grand mal à avoir confiance en Moutet. Selon Raymond, « les négociations opéraient donc dans un flou politique et sémantique, qui allait laisser la place à bien des équivoques. » (Raymond, 2013, p. 70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit un vague télégramme de De Gaulle lui recommandant « de poursuivre sa mission » mais aucune réponse aux propositions précises que celui-ci lui a adressées fin décembre 1945. D’Argenlieu se trouve de plus en plus désemparé face au silence gaullien (De Folin, 1993, pp. 136-137).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 janvier 46 : Max André (M.R.P., voir 15 et 16 janvier) rencontre une seconde fois HCM. Ce dernier « insiste pour obtenir une déclaration solennelle de la France, favorable bien sûr à l’indépendance du Vietnam. Sans cela toute négociation le déconsidèrerait aux yeux des de la masse annamite […] » (Devillers, 1988, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu ordonne de réunir les unités nécessaires à la reconquête du Tonkin (Valette, 1994, p. 59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 janvier 46 : Départ des premières troupes françaises stationnées en Chine pour l’Indochine (vers le Laos et la région de Dien Bien Phu). Leclerc suit la manœuvre (Salan 1, 1970, pp. 278-279). L’accueil au Laos est chaleureux, mais elles doivent à nouveau se heurter sur place aux Chinois qui leur barrent la route (Gras, 1979, p. 87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 janvier 46 : Selon Devillers, un rapport de Pignon observe que le G.R.A. « a amorcé depuis fin décembre une évolution nettement favorable aux Français. Cette évolution pourrait être interprétée comme une manifestation du désir de renouer des pourparlers interrompus […] » Il observe que la propagande du VM une subtile « classification […] entre colonialistes et impérialistes d’une part et résidents français d’autre part. C’est contre les premiers que le Vietnam doit poursuivre la lutte à outrance […] » (Devillers, 1988, pp. 115-116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Télégramme de Tchang Kaï Check autorisant les troupes françaises stationnées au Yunnan à entrer au Laos&#039;&#039;&#039; (Salan 1, 1970, p. 282). Les Français ne pourront pas pour autant regagner le Tonkin, y compris le pays thaï. Cette opération doit théoriquement être terminée le 31 mais, dans les faits, ne le sera pas (voir 29 janvier) (Cadeau, 2019, p. 164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Félix Gouin, est élu « président du Gouvernement provisoire de la République ». Il présentera un gouvernement tripartite à partir du 28 (Devillers, 1988, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre, Leclerc demande à Salan de quitter la Chine et regagner Hanoi  pour donner une nouvelle impulsion aux conversations avec HCM qui sont au point mort (Devillers, 1988, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 janvier 46 : Opération &#039;&#039;Gaur&#039;&#039; menée par deux colonnes motorisées parties de Bien Hoa et de Ban Me Thuot. Elle vise à occuper le Sud-Annam et libérer Nha Trang (atteint le 30) au moyen de 2 colonnes motorisées (colonnes Massu et Guffet). &#039;&#039;&#039;Libération de&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;Dalat&#039;&#039;&#039;. Les routes sont relativement rapidement libérées mais leurs environs sont rapidement réoccupés par le VM qui demeure la plupart du temps insaisissable, sauf quand il se manifeste ici et là, ponctuellement. On « boucle » puis on « ratisse », souvent en vain… Leclerc n’est pas dupe, parlant lui-même pour évoquer ces opérations de « tours de prestidigitateur » (Cadeau, 2019, pp. 157-158). Pour autant, faute de mieux, selon un témoin de l’époque, « la colonne blindée ira partout. Un homme isolé ne fera pas cent mètres. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 102)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Bidault à l’ambassadeur de France à Londres au sujet de la zone d’occupation britannique au sud de l’Indochine. Les choses vont d’autant mieux que les Britanniques (qui n’entendent pas s’éterniser en Indochine…) cèdent volontiers la place aux Français (DDF, 2003, tome 1, document n° 65, pp. 140-141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 janvier 46 : Réunion du Comité interministériel pour l’Indochine (Cominindo) à Paris (voir 3 février) sous la direction provisoire de De Langlade (qui avait demandé à De Gaulle de quitter cette fonction le 15 avril). Les futurs ministres n’y participent pas et ne sont représentés que par des « délégués ». Valluy représente D’Argenlieu. On y évoque deux questions principales : la relève des troupes chinoises et le projet de débarquement au Tonkin prévu pour fin-février. Valluy expose l’urgence de ce débarquement au vu de la situation des civils au Tonkin et l’approche de la mousson (future opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039;). Le débarquement doit toutefois avoir l’aval des Chinois et le général Juin doit être envoyé à Chunking car il entretient de bonnes relations avec le général américain Marshall qui y est. On prévoit de dédommager les Chinois en leur cédant le secteur du chemin de fer du Yunnan (D’Argenlieu, 1985, p. 138 ; C.R. de cette réunion &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 71, pp. 151-153). On doit également obtenir l’aval des Vietnamiens. Cependant, du fait du récent départ de De Gaulle des affaires, rien ne peut être engagé sans l’aval d’un nouveau gouvernement. Pour la future opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039;, Valluy estime : « Il ne faut pas nous dissimuler que cette opération est difficile. Nous sommes dans la nécessité de l’entamer et de la conduire très vite. » Il précise qu’elle doit être présentée comme « une action militaire pure » pour ne heurter politiquement ni les Chinois ni les Vietnamiens. Elle doit donc être  « obligatoirement couverte » par l’aval de ces deux parties afin que l’opération n’apparaisse pas comme « un coup de tonnerre ». Ce qui est sûr, c’est que « le temps presse », même si les Français sont en plein changement de gouvernement avec l’arrivée prochaine d’une nouvelle équipe (Devillers, 1988, pp. 125-126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre entre Pignon, Clarac (conseillers politique et diplomatique de D’Argenlieu) et le général Chao Pei Chang (chef de l’administration militaire) qui présente les vues du gouvernement central chinois. Les Chinois ne veulent pas d’un gouvernement communiste au Vietnam. Pensant que les Français seront plus efficaces que leurs nationalistes prochinois pour liquider le VM, le général propose de mettre en place un gouvernement dirigé par le V.N.Q.D.D. qui devra conclure un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; avec les Français comparable à celui signé avec le Cambodge. Pignon rend compte à D’Argenlieu qui, méfiant et fidèle à la pensée gaulliste, refusera le 6 février : le contentieux entre la France et le VM doit être réglé sans intermédiaires, il faut « conclure une convention au moins préliminaire avec le gouvernement d’Hanoi ». (Pedroncini, 1992, p. 164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le futur ministre de la France d’Outre-Mer (et non plus des Colonies), le socialiste Marius Moutet, assure D’Argenlieu de sa confiance (Devillers, 1988, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Bidault à Meyrier (ambassadeur de France en Chine). Le ministre des Affaires étrangère évoque la réoccupation militaire du Tonkin. Mais D’Argenlieu craint un manque de coopération des autorités chinoises du fait du piétinement des discussions à Chungking. Pour Bidault, deux causes principales expliquent la mauvaise volonté des Chinois : l’acceptation française du traité économique et d’installation proposé par eux et l’absence de contact entre D’Argenlieu et Leclerc avec les autorités chinoises marquant une certaine condescendance qui « a pu blesser leur amour-propre » en ne considérant pas la Chine « en très grande Puissance ». D’où l’idée d’une « &#039;&#039;good will mission&#039;&#039; » (DDF, 2003, tome 1, document n° 68, pp. 146-147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 janvier 46 : Le socialiste &#039;&#039;&#039;Félix Gouin devient « président du Gouvernement provisoire de la République »&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 24 juin 1946). La S.F.I.O. occupe une position charnière et refuse de gouverner seule avec le P.C.F. De Gaulle s’est arrangé pour que les postes-clés ne tombent pas dans les mains des communistes (Armées, Affaires étrangères, Intérieur). C’est donc la constitution d’&#039;&#039;&#039;un gouvernement tripartite (et hétéroclite) : S.F.I.O., M.R.P., P.C.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement : Armées : Edmond Michelet (M.R.P.) Affaires étrangères : Georges Bidault (M.R.P.) ; le ministère des Colonies devient le ministère de la France d’Outre-mer : Marius Moutet, socialiste qui succède à Jacques Soustelle, en est le premier titulaire et le demeurera jusqu’en 1947 (Bodin, 2004, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet déclarera en mars au sujet de cette période : « Lorsque j’ai pris possession de mes fonctions à la fin du mois de janvier 1946, nous étions encore en période de bataille […] les directives que le [gouvernement] a données tout de suite furent celles-ci : l’action à poursuivre devait être avant tout politique ; nous ne pouvions nous considérer en territoire ennemi […] Les directives du gouvernement rejoignirent celles du haut-commissaire de la République, l’amiral D’Argenlieu, et du commandant en chef, le général Leclerc. » (extrait du J.O., Assemblée nationale, débats du 23 mars 1946 cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 56-57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Évacuation de l’Indochine par les Britanniques au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039;. &#039;&#039;&#039;Le général Gracey quitte le sud du Vietnam&#039;&#039;&#039; après avoir désarmé 54 000 Japonais. Durant son séjour, sa 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne a déploré 40 tués et 110 blessés (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, les Français conçoivent des opérations de ratissage rendues difficiles par la configuration du terrain (présence d’eau et de marais dans le Delta) : le rebelle y est dans son élément et bénéficie de la complicité d’une importante partie des habitants. Les paysans du jour deviennent les combattants de la nuit. Les Français construisent des fortins et arment des partisans. L’ordre ancien se remet progressivement en place mais dans une atmosphère de guérilla.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de Pignon résumant ses entretiens avec les Chinois précise : « A l’heure actuelle, 28 janvier, il semble que le Gouvernement chinois […] nous propose […] la constitution d’un gouvernement acceptable par eux et par nous, c’est-à-dire sinon anticommuniste, du moins sans communistes. Ce gouvernement devra aux yeux des Chinois présenter des garanties suffisantes de libéralisme. Ils lui imposeraient alors de traiter avec nous et faciliterait la relève de leurs troupes par les nôtres. » Le futur gouvernement sera donc prochinois, ce qui n’est pas pour déplaire aux Français qui sont cependant mis devant un fait accompli. Ils savent aussi que leur futur projet de débarquement dépend de son approbation ou non par les  Chinois (Devillers, 1988, p. 128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 janvier 46 : Suite aux accords franco-chinois, un premier détachement, le bataillon Lepage, franchit la frontière vietnamo-chinoise en suivant l’itinéraire Phong To-Laichau. Il doit atteindre Dien Bien Phu le 18 février et par la suite progresser vers Luang Prabang qui doit être sa zone de stationnement. Deux autres bataillons doivent suivre par le Laos et s’installer au Tonkin sur le plateau de Tran Hinh (au nord de Xieng Khouang) et dans la région située à l’ouest de Dien Bien Phu. Ces troupes auraient dû théoriquement relever la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise au 31 mais les choses vont traîner sous des prétextes fallacieux (pour garantir la récolte de l’opium du printemps), ce que révèlera un rapport français en date du 12 février. Les Chinois laisseront traîner les choses jusqu’en mai (Bodinier, 1987, p. 207 ; Cadeau, 2019, p. 164-165).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; signé le 7 avec le Cambodge, D’Argenlieu exulte de sa prouesse dans un télégramme adressé au Comité d’action pour l’Indochine : « D’ores et déjà on peut tirer de ce &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; provisoire [mais voué à durer…] que la France est fermement décidée à tenir ses promesses. C’est bien au Cambodge autonome qui naît au sein de la grande famille française, Cambodge qui, servant d’exemple aux voisins de la fédération, tiendra désormais une place bien à lui dans une vie politique et économique pacifique, Cambodge qui n’aura désormais rien à envier à des pays comme la Birmanie et les Philippines dont le statut n’est pas encore réglé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 159 ; télégramme cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 74, pp. 160-162) La France fait donc mieux que les Britanniques et les Américains… Reste à convaincre les Vietnamiens que la solution cambodgienne leur convient, ce qui est loin d’être  acquis…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle rencontre à Hanoi entre Pignon, Clarac et les généraux chinois Tchao Pei Tchang et Lin Chi Han, ce dernier étant le délégué de Tchang Kaï Check chargé de suivre les affaires annamites. Selon le rapport de Pignon, les Chinois font savoir qu’ils souhaitent « la constitution d’un gouvernement acceptable par eux et par nous, c&#039;est-à-dire, sinon anticommuniste, du moins sans communistes [...] Il serait sans doute imprudent de hâter à la désagrégation du Viet-Minh avec qui nous ne devons pas perdre contact. » Il est alors question d’« un tiers parti acceptable aux Chinois et acceptable au Viet-Minh, sur qui nous pourrons avoir  quelque action. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 195) Pas un mot n’est prononcé sur le rôle futur de la France au Tonkin… En riposte, D’Argenlieu refuse que les Chinois s’immiscent dans les relations entre la France et le VM. Il est hors de question d’éliminer HCM au profit d’un membre du V.N.Q.D.D.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 - 30 janvier 46 : D’Argenlieu se rend à Phnom Penh pour bien marquer et célébrer la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (voir 7 janvier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 janvier 46 : la ville de Nha Trang est atteinte par le groupement Massu dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Gaur&#039;&#039; (voir 20 – 25 janvier). Il a fallu 6 jours pour parcourir les 215 km de trajet après le franchissement de « 466 mètres de coupure ». La seconde colonne (colonne Guffet) mettra encore quelques jours pour rejoindre (Cadeau, 2019, pp. 158-159).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en place en Indochine d’une commission d’épuration dirigée par l’inspecteur général des Colonies Cazaux. Des comités d’enquête étudient les cas et les transmettent ou non à des commissions d’épuration territoriales nommées par les différents commissaires de la République. Peu de cas sont retenus. S’ils le sont, D’Argenlieu les examine et les transmet à la commission interministérielle dirigée par Cazaux. Leur existence est cependant mal perçue par les Français d’Indochine qui, eux, avaient subi l’occupation japonaise et voyaient arriver d’un mauvais œil ces « Français 1945 »  (Turpin, 2005, pp. 130-131). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin janvier 46 : 28 000 militaires venus de France ont été débarqués en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Octobre 1945</title>
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		<updated>2026-09-15T06:30:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Les troupes de Leclerc mettent fin au blocus de Saigon et reprennent le delta du Mékong&#039;&#039;&#039; au cours de combats qui vont durer deux mois (carte n° 4 &#039;&#039;in&#039;&#039; Teulières, 1979, p. 34). Les Français peuvent reconquérir le Sud mais sont incapables, faute d’effectifs, de vraiment tenir dans le temps ce qu’ils ont repris. Leclerc obtient du renfort avec le débarquement d’éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Massu). Mais, plutôt que frapper fort alors que les forces du VM sont concentrées autour de Saigon, la constitution de colonnes mobiles françaises visant à la reconquête du Sud les disperse et favorise la constitution d’une guérilla endémique (Devillers, 2010, p. 43-44). Dans chaque village reconquis, faute de pouvoir y laisser des troupes, Leclerc doit se contenter de placarder des affiches de propagande pour gagner les cœurs : « Annamites, chassant les terroristes et les pillards, les troupes françaises sont arrivées dans votre localité. Comprenez et dites autour de vous qu’elles ne viennent pas en ennemies. Elles vous aideront à rétablir l’ordre et la paix chez vous. Elles protégeront les familles et les biens et permettront  la reprise dans l’ordre et a sécurité […] La France vient reprendre et améliorer autour de vous l’ordre et la sécurité […] La France va reprendre et améliorer, auprès de vous, l’œuvre commencée il y a 80 ans. » Un ton menaçant n’est toutefois pas absent de certains messages contre « une poignée de malfaiteurs […] Pas de vengeance contre les gens sincères, pas de pitié pour les criminels. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 54)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny s’entretient avec Ho Chi Minh mais ces pourparlers buttent sur deux points : la question de l’unité du Vietnam et celle de son indépendance. Le retour armé des Français est loin de faire l’unanimité. Il est alors critiqué par la gauche française, les Soviétiques et les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’octobre 1945 à février 1946, HCM écrit huit lettres à Truman ou à son secrétaire d’État demandant une intervention des États-Unis et des Nations-Unies contre l’intervention française. Il ne reçoit aucune réponse à ses demandes (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une famine commence à sévir sérieusement dans les campagnes du Nord, conjuguée à l’arrivée des troupes chinoises.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM condamne lui-même la violence des comités populaires du P.C.I. en province (Guillemot, 2018, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Octobre – décembre 45 : Selon Pons, &#039;&#039;&#039;« la question de la véritable identité d’Ho Chi Minh se pose avec acuité tout au long du dernier trimestre de l’année 1945 »&#039;&#039;&#039;. Plusieurs biographies du personnage circulent et chacun cherche à savoir si Nguyen Ai Quoc, l’un des agents les plus actifs de l’ex-Kommintern, et Ho forment une seule et même personnalité. Certaines versions de ces biographies le croient mort depuis 1932. Un même trouble règne au sujet du parti qu’il dirige depuis août. De plus, ces hommes issus de la France libre se refusent à collaborer avec les membres de l’administration de l’amiral Decoux. Or, son chef de la police, Louis Arnoux, a envoyé à Cunming dès février un rapport qui raconte la création du parti vietminh et son caractère éminemment communiste. Mais cette note venant d’une source jugée vichyssoise, et donc suspecte, a été négligée par ceux qui se considèrent comme les libérateurs gaullistes de l’Indochine (voir septembre) (Pons, 2007, pp. 30-34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre 45 : A Chandernagor, Sainteny est reçu pour la deuxième fois par D’Argenlieu. Il lui expose la situation au Tonkin et, déçu par un manque de considération et une totale absence de reconnaissance pour ce qu’il a entrepris, exprime son désir de rentrer en France avec l’arrivée d’Alessandri qui vient d’être nommé au poste de commissaire de la République au Tonkin (Devillers, 1988, p. 96). Pour autant, rien ne change.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gracey joue le médiateur et parvient à négocier une trêve entre Cédile et le Comité du Nam Bo. Elle sera effective le 3 mais ne durera que 10 jours (Francini 1, 1988, p. 244 ; De Folin, 1993, p. 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le major Patti, définitivement discrédité&#039;&#039;&#039; (voir 9 septembre)&#039;&#039;&#039;, quitte le Vietnam&#039;&#039;&#039;. Selon Sainteny, les Américains regretteront, mais trop tardivement, de n’avoir pas délégué au Tonkin en août et septembre 1945 un personnage d’une autre envergure que celle de Patti (Sainteny, 1967, p. 92). Le gouvernement français a, par ailleurs, exprimé son mécontentement par le biais de l’ambassadeur de France à Washington auprès du secrétaire d’État par intérim afin « que des instructions très fermes soient envoyées à certains représentants isolés des services américains actuellement en Indochine pour qu’ils évitent de prendre parti à tout le moins contre nous. » (Turpin, 2005, p. 175)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est entendu. Dans une lettre adressée à Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères), le sous-secrétaire d’État Dean Acheson informe son homologue français que &#039;&#039;&#039;les U.S.A. acceptent et soutiennent le principe de la souveraineté française en Indochine&#039;&#039;&#039; : « Les États-Unis n’ont aucune ment l’intention de s’opposer au rétablissement de l’administration française en Indochine et aucune déclaration du gouvernement n’a mis en question, même implicitement, la souveraineté française en Indochine par la force, et la volonté des États-Unis de voir l’administration française rétablie suppose que les prétentions françaises ont le soutien de la population d’Indochine, mis en évidence par les futurs événements. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 31)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amiral Decoux est rapatrié en France (voir 7 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; – 3 octobre 45 : En visite à Hanoi, le ministre chinois de la Guerre, le général Ho Yin Chin, décide, compte tenu de la manière dont les Français se sont emparés de Saigon le 23 septembre, de n’autoriser jusqu’à nouvel ordre ni le retour des troupes françaises ni le réarmement des ex-prisonniers de la citadelle (Devillers, 1988, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 45 : Une trêve est conclue à Saigon avec le Comité du Nam Bo. Elle sera prolongée tant bien que mal jusqu’au 11 octobre. Les diverses interventions de Cédile demeureront souvent infructueuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la réception d’un télégramme de Leclerc (voir 23 septembre), De Gaulle tranche définitivement la question d’une déclaration allant plus loin que celle du 24 mars, contrairement à ce qu’attendent les Américains et les Britanniques : « Il est exclu que le gouvernement français fasse actuellement une nouvelle déclaration concernant l’Indochine. Celle de mars [voir 24 mars] se suffit à elle-même. Le fait d’édicter une nouvelle circulaire dans les circonstances présentes aurait toutes les apparences d’une reculade compliquerait d’avantage la situation en Indochine et à l’extérieur. » Il écrit par ailleurs : « Je répète qu’il me paraissait nécessaire que le général Leclerc aille s’installer à Saigon sans délai. Il est essentiel et urgent que l’autorité française soit sur place. » (Bodinier, 1987, p. 194)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Pechkhoff (ambassadeur de France en Chine) évoque la préoccupation qu’inspire au gouvernement français « l’attitude des autorités chinoises en Indochine » (Turpin, 2005, p. 174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 10 octobre 45 : Trêve à Saigon sur l’initiative des Britanniques. Elle sera rompue le 10 suite à une embuscade les affectant (voir 11 octobre) (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 octobre 45 : Arrivée à Saigon à bord du &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; et du &#039;&#039;Richelieu&#039;&#039; d’un convoi transportant le reliquat du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. (issu du C.L.I.) et un bataillon S.A.S. (commando du capitaine de corvette Pontarchier), soit environ 1 000 hommes (Pedroncini, 1992, p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, en partance pour Saigon, rejoint d’Argenlieu à Chandernagor. Ce dernier lui relate sa rencontre avec Sainteny (voir 25 septembre) et lui demande son avis sur son maintien. L’amiral qui a rencontré Sainteny le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; estime qu’« il est quelqu’un. » (D’Argenlieu, 1985, p. 61) Sans pour autant trancher dans l’immédiat la lancinante question de sa représentativité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny remet D&#039;Argenlieu une longue note de synthèse rédigée à Chandernagor le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;. Malgré la poussée du Dong Minh Hoï prochinois, le VM est le « seul parti annamite digne d’intérêt » qui bénéficie d’un intérêt populaire ; la violence ne peut être mise au compte de ses dirigeants mais d’une « tourbe » nationaliste manipulée par les Japonais ; pour reprendre pied en Indochine, la France n’a que deux options, ou le faire seule ou avec « un allié » ; la première solution suppose qu’elle « y revienne forte, les armes à la main » mais dans ce cas   « l’Indochine sera reconquise physiquement, matériellement, mais définitivement perdue moralement » ;  la seconde solution est préférable « à savoir réintégration de la France avec une aide alliée ». Sainteny pense que la France peut jouer la carte de la « haine millénaire » entre Vietnamiens et Chinois. Il mesure assurément mal combien le mot « indépendance » n’est pas un mot comme les autres pour les Vietnamiens et fait preuve d’une certaine naïveté lorsqu’il écrit qu’ils « deviendront vite nos meilleurs alliés. » Il appelle donc le destinataire de cette note à la pondération : les moyens d’actions militaires ne doivent pas aller au-delà du strict nécessaire (Pedroncini, 1992, pp. 155-156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première et brève rencontre a lieu entre Sainteny et Leclerc qui s’apprécient d’entrée (Sainteny, 1967, p. 71). Les deux hommes discutent et c’est sans doute suite à cet entretien que Leclerc commence à mieux cerner l’imbrication du politique et du militaire, à mieux percevoir toute la complexité de la situation au Nord qu’il va devoir gérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny deviendra au lendemain de cette rencontre, le 4, responsable d’un vaste territoire comprenant le Tonkin, l’Annam jusqu’au 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et le Nord-Laos. Selon Raymond, « les ressortissants français portaient beaucoup d&#039;espoir en son arrivée : « [ils] vivaient alors dans la situation d&#039;apatrides, désarmés, pourchassés [...] » et attendaient la délivrance. Sainteny organise à l&#039;automne l&#039;évacuation des malades et des enfants vers Saigon. Il tente de son mieux d&#039;aider les autres à survivre dans un climat qui leur est hostile. Cette hostilité est durable. En janvier 1946, on ne comptera pas moins de 145 crimes ou voies de faits qui seront commis contre des Français, dont 6 assassinats (Raymond, 2013, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les amiraux Decoux et Béranger quittent l’Indochine pour Paris (via Calcutta) sur demande expresse de D’Argenlieu (voir 17 août) (D’Argenlieu, 1985, p. 63 et pp. 424-425).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrevue entre Cédile, le colonel Repiton-Préneuf (représentant Leclerc, 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau), Pham Van Bach (Comité du Nam Bo) et le D&amp;lt;sup&amp;gt;r&amp;lt;/sup&amp;gt; Tach. Les discussions sont bloquées par la demande française de libération des 100 otages disparus de la cité Héraud qui, dans les faits, ont été massacrés (Gras, 1979, p. 52).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remise de la lettre du 16 septembre de De Gaulle à D’Argenlieu par l’intermédiaire de Leclerc. De Gaulle lui demande de rejoindre Saigon dès le débarquement du détachement Massu (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.) accompli. Dans cette même lettre, De Gaulle confie à D’Argenlieu : « Je n’ai aucune confiance dans les Anglais : ils prennent et garde une attitude hypocrite [...] Ne prenez et ne laissez prendre à l’égard du Vietminh aucun engagement quelconque. Vous pourrez accepter certains contacts à condition qu’ils soient directs et ne comportent aucun intermédiaire, ni anglais, ni chinois, ni américain. Quand du côté allié on vous proposera des « bons offices », refusez catégoriquement. Nous ne traitons pas avec nos sujets par le truchement de l’étranger. » Au moment de la rédaction de cette lettre, De Gaulle pense à tort que les Anglais ne prêteront pas les moyens de transport des troupes françaises et que les Français devront compter sur leurs propres moyens, ce qui prendra du temps. (D’Argenlieu, 1985, pp. 63-64)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Plus en plus isolé, La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) demande une audience à De Gaulle en des termes qui soulignent son opposition à la politique menée jusque-là en Indochine : « Depuis près d’un an, bien que je sois chargé de la diriger, il m’a été impossible de connaître la politique coloniale du Gouvernement. Nos déclarations ne sont suivies d’aucune tentative utile. S’il y a encore quelque chose à faire en Indochine, notamment par un accord avec le gouvernement annamite, le Haut-Commissaire tarde à le faire […] Nos seuls gestes remarquables sont des coups de fusil ; l’apparence de notre fureur répressive se repère partout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 165) La Laurentie aura réponse à sa lettre le 16 par le biais de Gaston Palewski, chef de cabinet de De Gaulle. Le Général le recevra… dès qu’il le pourra…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le chef du gouvernement nationaliste et pro-japonais Son Ngoc Thanh (voir 9 août et 8 septembre) organise un semblant de référendum sur la question de l’indépendance, le retour des Français et le maintien au pouvoir de son gouvernement. La réponse est « oui » à 100 % ... Voyant qu’il n’était plus possible de traiter avec lui, l’émissaire français au Cambodge (le commandant Gallois) décide de l’éliminer (voir 15 octobre) (Gras, 1979, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 octobre 45 : Leclerc quitte Chandernagor, fait escale à Rangoon avant de faire son entrée à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après accord de Leclerc (voir 3 octobre), &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu nomme (enfin…) officiellement Sainteny au poste de commissaire de la République pour le Tonkin et le Nord-Annam&#039;&#039;&#039; (en remplacement de Messmer qui est retenu par le VM) et lui demande de rejoindre Hanoi « sans tarder » (D’Argenlieu, 1985, p. 62). Sainteny obtient donc enfin et bien tardivement une accréditation officielle. Mais ce n’est qu’un titre car il n’a pas la moindre autorité et doit se contenter de résider à Hanoi dans la maison du directeur de l’Instruction publique puis dans un appartement de la Banque d’Indochine. Lui et son équipe se retrouvent confrontés à un État vietnamien déjà constitué. Il est assisté de Léon Pignon (ex-conseiller politique d’Alessandri), du général Salan, de François Missoffe et du lieutenant Sauvagnac pour former une « Mission française ». Ils reprennent d’anciens administrateurs et reconstituent une modeste administration dont le rôle est essentiellement humanitaire : prendre en charge femmes et enfants voulant quitter le Nord, pourvoir au ravitaillement en vivres des Français demeurés sur place et intervenir auprès des autorités vietminh et chinoises (De Folin, 1993, p. 116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Wedemeyer (conseiller de Tchang Kaï Check chapeautant l’état-major de l’O.S.S. en Chine) envoie à Washington des instructions pressantes pour que soit retiré tout le personnel américain d’Indochine au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ce qui sera accompli le 20.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse un message aux Français d’Indochine. Son ton, empreint de relents d’épuration à la française, est aussi virulent que maladroit : « Depuis cinq ans, jusqu’en mars dernier, le plus grand nombre d’entre vous, exécutant docilement les ordres des chefs mal inspirés sont restés sur place sans que change le rythme de leur existence. Qu’aviez-vous fait pour hâter la victoire ? Parlons nettement : rien ou presque rien […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 166)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 45 : Leclerc est à Saigon avec un état-major restreint. L’essentiel étant demeuré à Kandy car il sait qu’il sera un temps coupé du monde, faute de moyens de transmission appropriés. Il entend être maître à bord et confie à Salan : « L’amiral vient-il ? Je n’y tiens pas tout de suite, qu’il me laisse travailler, c’est pour le moment, avant tout, une affaire de militaires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré un orage torrentiel, Leclerc va rencontrer la foule qui l’attend devant le palais Norodom. Jusqu’à l’arrivée de D’Argenlieu, il est haut-commissaire par intérim et doit donc gérer les troubles civils. Il ne dispose que d’un faible contingent, ses 1 000 hommes et les       1 400 ex-prisonniers du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., renforcés de deux compagnies venues en septembre avec les Britanniques (voir 19 octobre). Ces troupes ont été récemment engagées et sont physiquement affaiblies. Les premiers combats ont lieu autour de Saigon (toujours privé d’eau et d’électricité) en collaboration avec les Anglais. Leclerc déclare à son conseiller politique, Paul Mus : « Il faudrait 500 000 hommes pour y arriver, et même alors ce ne serait pas faisable. » En France, on ne l’écoute pas (Halberstam, 1974, p. 104). Toutefois le rapport de force entre les Anglo-Français et les troupes du VM est en train de s’inverser : des éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Massu) sont attendus sous peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Début des opérations militaires de reconquête en Indochine du Sud puis vers le Cambodge&#039;&#039;&#039; où des troupes seront parachutées par Leclerc sur Phnom Penh (voir 15 octobre) (Burchett, 1970, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu à la lettre de De Gaulle datée du 16 septembre transmise par Leclerc qui lui avait enjoint de ne prendre aucun engagement à l’égard ni du VM ni des Alliés. Il lui confirme son départ pour Saigon. Il est « enchanté » de l’arrivée de Salan. Il est préoccupé par le ravitaillement du Nord par le Sud en riz (famine en perspective au Tonkin). Les populations françaises très éprouvées d’Hanoi, Saigon et la région d’Hué doivent tenir car « c’est leur présence, leur sécurité, leur entretien qui maintiennent de façon tangible nos droits imprescriptibles à intervenir partout et spécialement au Tonkin-Annam. Chinois et Américains surtout voudraient tant leur évacuation. Avec Leclerc, je la tiens pour inadmissible […] » D’Argenlieu trouve que « le général Alessandri et ses états-majors de Kunming et Hanoi [sont] très en dessous du train qu’il faut mener. » Il rassure De Gaulle sur ses relations avec Leclerc (D’Argenlieu, 1985, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny se rend à Kunming pour liquider Mission 5 qui n’a plus lieu d’être du fait de sa nomination au poste de commissaire de la République au Tonkin (Sainteny, 1967, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu produit des instructions : « L’épuration est une œuvre de justice dont l’accomplissement ne doit entraîner aucun désordre. Partant de ce principe, le personnel administratif qui s’est disqualifié par ses actes sera dirigé, à la première occasion, vers la métropole, où seront prises les sanctions à leur encontre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 134) Il est vrai que les tentatives d’épuration en Indochine n’ont guère le vent en poupe parmi la population française. Ce qui n’empêche pas l’amiral de dénoncer l’attentisme de cette même population durant l’occupation japonaise (voir 4 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cédile, encore plus discrédité depuis sa mauvaise gestion l’affaire de la cité Héraud, se plaint dans un rapport de ce jour adressé à D’Argenlieu des oppositions auxquelles il doit faire face : « La politique que je suis, selon vos ordres, en plein accord avec les Anglais, rencontre dans tous les milieux une opposition générale. Je répète qu’il est indispensable  de renouveler aussi rapidement que possible  les fonctionnaires français et les militaires également ; certains doivent être éliminés rapidement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 137, note 73) S’en prendre aux « fonctionnaires » et « militaires » est un moyen commode pour faire oublier son assez pitoyable retour en Indochine : fait prisonnier et humilié par les Japonais dès son arrivée, il a particulièrement mal géré les récents troubles et massacres des populations françaises à Saigon…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’avoir déjà fait le 7 juin, Dean Acheson (secrétaire d’État) rappelle aux missions diplomatiques en Chine que les États-Unis ne contestent pas la souveraineté de la France en Indochine tout en ne croyant pas devoir y favoriser son retour (Cesari, 2013, p. 37).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 45 : Suite des entretiens entre Pignon, Alessandri et HCM (voir 28 septembre) (Sainteny, 1967, p. 162). Les discussions du moment entre les délégués du VM et les Français  aboutissent toutes à un échec car elles buttent, sans surprise, sur la notion d’indépendance. Un compte rendu de l’une de ces rencontres constate : « Aucun effort d’apaisement des ces derniers [les délégués du VM] qui estiment que questions d’ordre général doivent être traitées à Hanoi […] La conduite du général Leclerc consiste à discuter des arrangements locaux et à gagner du temps. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon, Cédile rencontre trois chefs annamites en présence d’un officier britannique en vue d’apaiser les esprits. La rencontre n’aboutit à rien. L’un des représentants des annamites, Pham Nogoc Tach, estime que « sa seule proposition était la restauration de la souveraineté du gouvernement du Vietnam ». Il ajoute que le débarquement des troupes françaises sera considéré « comme un acte hostile, sur le résultat duquel le gouvernement du Vietnam refusait d’accepter quelque responsabilité. » (Valette, 1994, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 octobre 45 : L’amiral Decoux arrive au Bourget et est directement transféré au Quai des Orfèvres puis assigné à résidence. A sa demande, il rencontrera De Gaulle le 14 (Turpin, 2005, p. 134).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 octobre 45 : De retour à Hanoi, Sainteny tente, avec l&#039;aide de Léon Pignon, de protéger les Français du Tonkin et d&#039;établir un dialogue avec HCM qu&#039;il considère comme le seul interlocuteur valable (Raymond, 2013, p. 69). A son retour de Kunming pour Hanoi, il doit faire face aux premières tracasseries administratives chinoises. Les Chinois cernent son avion durant sept heures sur le terrain de Giam Lam avant de l’autoriser à débarquer (Sainteny, 1967, p. 116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, à Cantho, 15 000 Hoa Hao (300 000 adeptes) s’en prennent au VM. Des combats, massacres et représailles ont lieu dans les jours qui suivent. La secte entre en dissidence contre le VM sans pour autant se rallier franchement à la France (Gras, 1979, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrée de troupes britanniques à Phnom Penh sous le commandement du lieutenant-colonel E.D. Murray en sa qualité de &#039;&#039;suprem allied  commander&#039;&#039;. Il est chargé de désarmer les forces japonaises. Khim Thit, émissaire de Sihanouk, se rend à Saigon pour y rencontrer Leclerc. Il évoque avec lui la question de l’indépendance du Cambodge. Leclerc lui répond : « L’indépendance ? Mais s’il ne tenait qu’à moi, vous l’auriez toute suite ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.P.R.F. et les Britanniques procèdent à un échange de lettres concernant les négociations entamées depuis la deuxième quinzaine d’août au sujet de la gouvernance de l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. De Gaulle a validé les décisions le 29 septembre. Un mémorandum n° 1 traite des questions administratives et juridiques. Il stipule que « sur le territoire de l’Union indochinoise, la responsabilité administrative incombe uniquement aux autorités françaises qui exercent tous les pouvoirs, y compris ceux résultant  de l’état de siège. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 153-154) Un mémorandum n° 2 acte que la monnaie demeure la piastre. Un mémorandum n° 4 traite des questions portant sur le change et les exportations de capitaux. Les Britanniques se montent d’autant plus conciliants qu’ils n’entendent pas demeurer longtemps – l’Angleterre étant exsangue et la situation en Inde préoccupante - une force d’occupation en Indochine, même si les négociations ont traîné jusqu’alors.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Manifestation catholique à Vinh (région de l’Annam fortement évangélisée et siège d’un évêché) qui regroupe environ 30 000 fidèles. Ils manifestent à leur tour leur soutien à l’indépendance et au gouvernement (Gheddo, 1970, p. 50).    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; signe un accord avec l’ambassadeur français reconnaissant l’administration civile française comme seule autorité au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 245). Le corps expéditionnaire français se substitue donc progressivement aux Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gracey convoque à Saigon les chefs vietnamiens pour une tentative de conciliation suite à la trêve du 2. Les Vietnamiens disent ne pas vouloir entrer en conflit avec les Britanniques mais qu’il n’en sera pas de même avec les Français puisque les négociations ont échoué avec eux (Gras, 1979, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mountbatten se rend à Rangoon. Leclerc, Gracey et Cédille le rejoignent. Les relations entre Mountbatten et Leclerc continuent à s’améliorer mais aucune décision importante n’est prise au cours de cette entrevue. Rencontrant l’un des membres de son état-major resté à Kandy, Leclerc le met au courant des télégrammes en provenance de Paris qui n’apportent rien sur les moyens matériels demandés. Leclerc envoie un émissaire à Paris rencontrer De Gaulle lui remettre un message : « Il faudrait compléter les messages déjà publiés par une promesse assez générale d’indépendance, sans toutefois que le mot indépendance soit prononcé, mais une promesse allant nettement au-delà de la déclaration du 24 mars. » Or De Gaulle estime que cette déclaration suffit et qu’il n’ira pas plus loin. (Pedroncini, 1992, pp. 118-119). La proposition de Leclerc avait déjà été préalablement retoquée par D’Argenlieu (voir 26 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à la note de D’Argenlieu sur le VM du 28 septembre, Pleven (ministre des Colonies) lui répond en accord avec les membres du Cominindo. Il tient à clarifier la position du gouvernement quant à d’éventuelles négociations avec le G.R.A. ; « Primo : Il n’est pas question de discuter avec les éléments troubles en particulier vis-à-vis de leurs compatriotes des campagnes. Secundo : Toutefois le parti Viet-Minh comprend des éléments honorables et sincères avec lesquels on peut procéder à des échanges de vue normaux. L’ouverture de négociations n’implique d’ailleurs pas que le Viet-Minh soit reconnu comme un mouvement représentatif à lui seul de l’opinion indochinoise. Tertio : Les autres fractions de cette opinion seront également consultées avant que soit déterminé le statut définitif de la fédération. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 164-165)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début octobre 45 (après le 9 octobre) : Message d’un Leclerc, clairvoyant car présent sur place, à De Gaulle transmis par le biais du colonel Weil : « La situation en Indochine est grave, les aspirations du peuple annamite sont profondes et se manifestent avec vigueur. La France ne pourra pas faire l’effort qui permettrait de revenir au « statu quo ante » ; au surplus serait-ce possible dans le contexte général qui règne dans le Sud-Est asiatique ? Il faudrait compléter les messages publics par une promesse assez générale d’indépendance, sans toutefois que le mot indépendance soit prononcé, mais une promesse qui aille au-delà de la déclaration du 24 mars. » Selon le colonel Weil, « le général De Gaulle m’écoute sans m’interrompre ainsi qu’il a coutume de la faire lorsqu’on lui dit des choses qu’il n’approuve pas. Quand j’ai fini, il me répond simplement qu’une telle promesse est hors de question, qu’il ne veut plus qu’on lui parle de nouvelle déclaration sur l’Indochine. Celle du 24 mars 1945 suffit : il n’ira pas plus loin, tout autre déclaration affaiblirait nos postions. S’animant un peu, il ajoute : « Et puis, vous savez, s’il n’y avait que des gens comme Leclerc, on perdrait l’Indochine… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 119) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 – 13 octobre 45 : D’Argenlieu se rend à Chunking où il rencontre les plus hautes autorités chinoises qui lui donnent des assurances en vue de l’apaisement des relations sino-françaises. De belles paroles qui seront suivi de peu d’effet car les Chinois vont exiger des compensations économiques et financières pour leur occupation militaire au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Devillers, 1988, p. 99).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 octobre 45 : Le Vietminh déclenche sa première attaque contre l’autorité britannique qui garde l’aéroport de Tan Son Nhut (Francini 1, 1988, p. 245).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, Cédile, complètement dépassé par les événements récents de septembre et revenant sur ce qui s’est passé reconnaît : « Nous sommes en présence de foules de bandits, surtout à base de caodaïstes et trotskystes, très fortement renforcées par des bagnard de Poulo Condor (Tous poussés par les Japonais [car libérés par eux]) […] Ils n’obéissent pas aux chefs Viet-Minh [...] Les dirigeants annamites, dans leur action antifrançaise, cherchaient à paralyser par tous les moyens  la vie des Français à Saigon : ils organisaient une grève générale et la préparaient. La vie quotidienne était faite de conflits perpétuels […] Nous assistons, impuissants, à des sabotages de tout ce qui était français, à un pillage de nos biens et nous perdions un peu plus la face tous les jours.  » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 160). Dans le même rapport, Cédile, en réclamant une réaction des troupes françaises, met également le doigt dans un engrenage belliqueux : « Je pouvais de moins en moins laisser bafouer la France : j’ai pensé qu’il n’était pas incompatible avec les directives que j’avais reçues de nous faire respecter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle coupe le pays en deux. Les Anglais n’occupent pas le Sud mais les Chinois sont au Nord alors que les Japonais se sont retirés en passant par la Thaïlande. L’occupation chinoise n’a donc pas lieu d’être. Or les Chinois sont présents et encouragent même un mouvement procommuniste, le « Lao Issara », qui a constitué à Ventiane « un gouvernement populaire provisoire Lao ». Le premier ministre Petsarath, l’un des fils du roi mis en place par les Japonais, fait appel au Vietminh. Pour autant, le roi Sisavang Vong a réaffirmé la déclaration de protectorat aux Français. Ce jour, il destitue Petsarath qui forme alors un nouveau gouvernement avec le prince Souphanouvong, son demi-frère, futur chef du Lao Issara (voir 30 octobre). Apparaît dans le pays une « armée de libération » rapidement encadrée par le VM (De Folin, 1993, p. 130 ; Gras, 1979, pp. 83-84, Cesari, 1995, pp. 45-46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paris donne le feu vert à D’Argenlieu pour ouvrir des discussions avec le VM sur toute l’Indochine. De Gaulle ne donne curieusement aucune directive à l’amiral  et aucune réunion n’est convoquée à Paris sur ces discussions jusqu’à son départ des affaires le 20 janvier 1946. Les problèmes sont pourtant graves au vu de la situation à laquelle les Français sont confrontés : brimades, intimidation, brutalités, assassinats, tentatives d’empoisonnement… De Gaulle semble s’en désintéresser (De Folin, 1993, p. 134 ; sur les brutalités, Salan 1, 1970, p. 200).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le général Pechkoff, diplomate gaulliste qui dirige la Mission militaire française en Chine (M.M.F.) et ambassadeur de France à Chungking, Tchang Kaï Chek fait savoir qu’il aidera De Gaulle à restaurer la souveraineté de la France en Indochine. De Gaulle le croit sur parole (voir 8 décembre 1943). Dans les faits, l’attitude du dirigeant chinois est beaucoup plus ambiguë qu’il n’y paraît. Les Chinois ne font rien pour aider le retour des derniers soldats de la brigade Alessandri au Tonkin, trop heureux de l’occuper seuls (De Folin, 1993, p. 73 et pp. 117-118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fondation à Hanoï d’une association culturelle visant au développement de l’amitié vietnamo-américaine, la &#039;&#039;Vietnam Fridenship Association&#039;&#039;. Il s’agit en fait d’une officine d’influence américaine qui, selon une source française, publiera une revue mensuelle « à caractère nettement antifrançais » (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 13 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu quitte Chandernagor le 10 pour Chungking&#039;&#039;&#039; (capitale provisoire du gouvernement nationaliste chinois) &#039;&#039;&#039;où il doit prendre contact direct avec Tchang Kaï Chek.&#039;&#039;&#039; Dans un premier temps, il est reçu par le président du Comité exécutif, T.V. Soong (beau-frère du généralissime). Ce dernier, devant s’absenter, laisse la suite des discussions au ministre des Affaires étrangères qui s’était entretenu avec De Gaule à Paris et lui a assuré que la Chine n’avait aucune visée sur l’Indochine. Celui-ci le rassure en lui disant que l’on applique simplement les accords de Postdam (voir 17 juillet – 2 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois la litigieuse question de l’occupation du Laos par les Chinois demeure en suspens lors de l’entretien avec Tchang qui ajoute que les Chinois entendent conserver une neutralité absolue entre Français et Annamites, sans toutefois faire obstacle à la réinstallation de l’administration française. D’Argenlieu l’informe du départ de Decoux compromis avec les Japonais, ce qui agrée le Chinois. Toujours le 10 à 17 h 00, à l’occasion de la fête nationale à Chunking, réception diplomatique par Tchang Kaï Check en présence de Mao Tsé Toung puisque nationalistes et communistes ont combattu ensemble l’occupant japonais depuis 1937. Les États-Unis sont attachés à cette cohabitation entre les deux chefs ennemis (D’Argenlieu, 1985, pp. 66-69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 11, D’Argenlieu et Pechkoff (ambassadeur de France en Chine) recontrent Wang Chi Chich mandaté par T.V. Soong. On aborde les discussions sur trois points : l’octroi d’un traitement privilégié aux ressortissants chinois d’Indochine ; l’indemnisation des pertes subies par le gouvernement et les particuliers chinois durant l’occupation japonaise ; règlement des relations économiques entre la Chine et l’Indochine. Au sujet de second point, les Français estiment que cette indemnisation relève strictement de l’agresseur japonais et qu’ils ne s’opposeront pas à ce que des discussions aient lieu à ce sujet entre Chinois et Japonais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 12 sont abordées des questions monétaires : les dérives financières de Lou Han qui a échangé en septembre des piastes contre de la monnaie chinoise n’ayant aucune valeur (C.R. du 15 de ces trois journées de rencontre par le général Pechkoff &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 248, pp. 613-615).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En marge de ces discussions, des allusions sont faites au retour de la France au Tonkin. Salan est chargé de négocier la relève des troupes chinoises. Il doit également négocier le retour des troupes françaises de Chine (De Folin, 1993, p. 135).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 45 : Tran Van Giau (chef du Comité du Nam Bo) lance une attaque contre l’aéroport de Saigon gardé par les Anglais et sur les accès à la ville défendus par des troupes franco-anglaises. Un officier et 4 Gurkhas sont tués. Cédile pense qu’il est désormais impossible de négocier avec le VM débordé par ses extrémistes. Le général Gracey décide quant à lui d’avoir recours à la force (De Folin, 1993, p. 108 et 111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Henri La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) en disgrâce auprès de De Gaulle depuis ses déclarations à la presse du 14 septembre écrit à son ministre de tutelle : « Tout me donne l’impression que le Gouvernement et le Haut-Commissaire jouent à cache-cache. D’un côté et de l’autre, il faudrait savoir ce que l’on veut, et le dire avec franchise. Pour ma part, je suis d’avis de traiter avec le nationalisme annamite ; le sursis relatif qui nous est donné par l’Amérique ne tardera pas à prendre fin. Si nous n’avons pas conclu au paravent, nous n’aurons plus aucun moyen de le faire par la suite. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 152)  Sans démissionner dans l’immédiat mais en durable désaccord avec la politique gouvernementale, il demande à René Pleven de le remplacer à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 octobre 45 : Opérations de dégagement dans la banlieue nord de Saigon et du port par les Franco-britanniques afin de permettre le ravitaillement. Les Vietnamiens résistent peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rencontre de Tchang Kaï Chek et de D’Argenlieu à Chungking.&#039;&#039;&#039; Tchang « confirme que son gouvernement, loin d’avoir des vues intéressées sur le Tonkin, ne désire, ne veut qu’une chose : que s’améliorent les relations entre la Chine et la France. » Des projets d’accord sont en cours. Le généralissime n’est officiellement pas au courant « des malentendus d’Hanoi » occasionnés par le général Lou Han. Selon lui, tout va se régler à l’amiable, au Laos comme ailleurs… (D’Argenlieu, 1985, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, dans une conférence de presse, De Gaulle dénonce l’obstruction et l’attitude des Chinois face au retour des Français en Indochine : « Je ne puis pas dire que, jusqu’à aujourd’hui, le comportement du commandement chinois et des troupes chinoises dans le Nord de l’Indochine soit exactement conforme aux déclarations qui ont été faites par le Gouvernement de Tchong King [Chunking]. Nous espérons fermement qu’il va le devenir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 174) De Gaulle fera également connaître à plusieurs reprises son mécontentement aux Américains (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre), notamment par la voix du général Juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny rencontre une première fois Nguyen Haï Tan du D.M.H. prochinois. Il le reverra le 15 mais le considèrera comme « un personnage terne, ne jouissant d’aucune autorité et ne disposant d’aucun moyen. » Il essaie ensuite de rencontrer deux fois Bao Daï qui se dérobe. HCM lui apparaît donc être le seul interlocuteur crédible (Sainteny, 1967, p. 162). Sainteny le reverra le 15, sans que cette seconde rencontre aboutisse au moindre accord. Les nationalistes prochinois n’ont qu’une idée en tête : profiter de la présence chinoise pour confisquer le pouvoir au VM. Ils menacent HCM d’un coup de force. Ce dernier, affaibli pour l’instant, devra céder, du moins en façade, pour ne pas contrarier les Chinois (voir 23 octobre) (Devillers, 1988, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, &#039;&#039;&#039;formation officielle du mouvement « Lao Issara »&#039;&#039;&#039; sous la direction du vice-roi et prince Pethsarath. Le départ des Japonais ayant créé un vide du pouvoir, ce mouvement entend s’opposer au retour des Français en destituant le 4 novembre le roi Sisavang Vong qui demeure favorable à un rétablissement du protectorat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 octobre 45 : Leclerc écrit à De Gaulle son premier rapport sur la situation en Indochine. Cette lettre, remise par le colonel Fay, évoque son arrivée en Indochine : « Ce serait une erreur absolue de négocier d’une manière sérieuse avec les représentants du Vietnam, le Vietminh, avant d’avoir montré cette force. Je peux aujourd’hui vous l’affirmer, tout ce qui est jaune en profiterait, non pas pour exécuter les traités mais pour abuser d’avantage de cette marque de faiblesse ; j’en suis sûr et je le constate tous les jours. Au contraire, en montrant notre force et après l’avoir montrée, nous pourrons négocier, accorder tous les avantages que vous estimerez légitimes […] J’estime qu’il n’y a qu’un moyen et un seul, c’est le débarquement au Tonkin […] Les indigènes tonkinois résisteront, mais la question sera vite résolue. » (De Folin, 1993, p. 131 ; Pedroncini, 1992, p. 157 ; Turpin, 2005, p. 162). Il enrage à nouveau face à la lenteur des transports de troupes : « Ce ne sont pas des moyens supplémentaires que je vous demande mais toujours cette fameuse 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division d’infanterie coloniale que je supplie sans succès depuis deux mois et demi de faire transporter. » (Pedroncini, 1992, p. 184 184 ; lettre citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 247, pp. 611-612).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu repart de Chungking pour Chandernagor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 octobre 45 : De Gaulle reçoit, en secret mais longuement, l’amiral Decoux dans sa résidence de Neuilly. L’accueil est glacial. Le Général lui reproche son comportement après l’armistice de 1940, de ne pas avoir rejoint la Résistance en 1941, les « louanges au Maréchal » mais lui confie : « Je reconnais qu’en ce qui concerne vos rapports avec les Japonais, vous avez résisté par tous les moyens en votre pouvoir, aux entreprises de l’ennemi sur l’Indochine. » (Decoux, 1949, pp. 476-481)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, sous la poussée des Vietnamiens appuyés par les Chinois, &#039;&#039;&#039;le mouvement Lao Issara (Le Laos libre) forme un « gouvernement du Laos libre »&#039;&#039;&#039; dirigé par Tiao Khammao et le prince Pethsarath (voir 10 octobre). Le P.C.I. infiltrera rapidement le mouvement contrôlant les organes de sécurité, l’armée et la propagande. Le ministre des Affaires étrangères est le prince Souphanouvong (demi-frère de Pethsarath et Souvanna Phouma) (Devillers, 2010, p. 328 ; Deuve, 1995, p. 7). Le roi Sisavang Vong, fidèle aux Français, refuse de prendre le rôle de monarque constitutionnel que lui propose ce régime provisoire. Il sera déposé le 4 novembre avec l’aide des Chinois qui neutraliseront provisoirement les Français (Cesari, 1995, pp. 45-46)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Première rencontre entre Sainteny et HCM&#039;&#039;&#039;. Ce dernier est considéré par son interlocuteur comme « une personnalité de premier ordre » (Sainteny, 1970, p. 73) et ce, d’autant plus qu’il est relativement conciliant, si l’on excepte toutefois son rapport farouche à l’indépendance. Mais il demeure un interlocuteur à la fois modéré et déterminé : « Ho Chi Minh estime qu’il faut procéder par empiètements successifs. Il répugne à la violence et pense atteindre plus sûrement son but en négociant. Il n’hésitera pas à nous accorder des concessions qui, tout compte fait, seront dans son esprit moins onéreuses qu’un conflit sanglant. » (Sainteny, 1967, p. 166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse un message aux Français d’Indochine : « La lutte que nous menons n’est pas dirigée contre la France ni contre les Français honnêtes, mais contre la domination cruelle en Indochine du colonialisme français […] Est-ce vous, cultivateurs, commerçants, industriels en Indochine qui en profitez ? Avant de vous répondre, je vous prie de vous mettre à notre place. Si des étrangers venaient vous imposer tout ce cortège de maux et de souffrances, que feriez-vous ? Je suis absolument sûr que vous lutteriez jusqu’à votre dernière goutte de sang contre cette domination […] » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 425-427)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon de &#039;&#039;La Gloire&#039;&#039; transportant les premiers éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. soit 330 hommes. Le débarquement du complément sera échelonné jusqu’au 30 : 440 hommes à bord du &#039;&#039;Suffren&#039;&#039;  le 19, 785 à bord de &#039;&#039;La Ville de Strasbourg&#039;&#039; le 21, 234 à bord du &#039;&#039;Béarn&#039;&#039; et le 30, 283 hommes à bord du &#039;&#039;Quercy&#039;&#039; (Bodin, 1996, p. 15). Certes des renforts arrivent mais toujours au compte-gouttes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Sihanouk a dû nommer à la tête du gouvernement le nationaliste &#039;&#039;&#039;Son Ngoc Tranh&#039;&#039;&#039; sous la pression des Japonais (voir 9 août, 8 septembre et 3 octobre). Il veut négocier avec la France l’indépendance du pays. Or Sihanouk a fait savoir à D’Argenlieu qu’il entendait négocier avec la France, sans se préoccuper de cette question d’indépendance du Vietnam qui n’a que peu d’écho dans son royaume. Ayant fait parvenir un commando à l’aéroport de Pochetong, Leclerc se charge d’écarter pacifiquement le premier ministre nationaliste en se rendant lui-même à Phnom Penh et l’embarque cependant &#039;&#039;manu militari&#039;&#039; dans son avion pour Saigon sans autre forme de procès. Sihanouk, absent, découvre la situation le soir même à son retour. Son Ngoc Thanh est envoyé à la prison de Saigon, jugé par une cour martiale et condamné à 20 ans de travaux forcés et à 20 ans d’interdiction de séjour en Indochine. Il est envoyé d’office en exil à Poitiers où sa peine est commuée en résidence surveillée. Son Ngoc Thanh sera remplacé par le prince Monireth, ancien officier du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. et oncle du roi favorable à la déclaration du 24 mars (Gras, 1979, p. 55 ; Chaffard, 1969, p. 70-71 ; Tong, 1972, p. 39). Le ministre de la Défense, Kim Tith, se rallie aux Français, tandis que le ministre de l&#039;Économie, Pach Choeun, prend le maquis. Leclerc nomme le lieutenant-colonel Huard au poste de commissaire de la République par intérim. Il sera reçu par le roi dès le 17 (Cambacérès, 2013, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite de l’arrivée des premiers éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. du lieutenant-colonel Massu en Cochinchine (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-octobre 45 : Messmer et son compagnon Marmont, tous deux prisonniers du VM, parviennent à s’enfuir et cherchent à rejoindre Hanoi (Messmer, 1992, p. 160). Là, ils parviennent à fausser compagnie au VM et se constituent prisonniers auprès des troupes chinoises d’occupation. Ils seront confortablement détenus par elles jusqu’au 26.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 octobre 45 : Rencontre à Chandernagor entre D’Argenlieu et le général Salan en partance pour aller rejoindre Leclerc en Indochine (Salan 1, 1970, p. 167). D’Argenlieu lui propose trois fonctions dont celle d’adjoint à Leclerc (Salan 1, 1970, p. 169). Salan dit à l’amiral que sa présence à Saigon « est peu opportune ». Il lui est répondu : « J’ai reçu du général De Gaulle l’ordre de m’y rendre, j’exécute, il n’y a plus d’indécision dans mon esprit. Je partirai à la fin de la semaine prochaine. » (Salan 1, 1970, p. 171) Leclerc, comme Salan, n’est pas favorable à l’arrivée immédiate de l’amiral, estimant que « pour le moment, c’est une affaire de militaires. » (Salan 1, 1970, pp. 173-174) Et non de politiques…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) tente à nouveau par le biais du Commindo d’infléchir la politique de D’Argenlieu et Leclerc. Il revient sur le fait qu’il est important de considérer que le VM est devenu « la vedette devant le monde et que nous ne parviendrons pas à le déconsidérer. » Sans parler d’indépendance immédiate, il évoque une « indépendance à terme […] comportant la collaboration en matière militaire, culturelle et économique. » Fidèles à De Gaulle, le ministre des Colonies (Pleven) et le Cominindo rejettent cette sage proposition (Turpin, 2005, pp. 165-166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à son directeur de Paris, Soulet, directeur de la banque franco-chinoise à Saigon, se plaint du comportement du personnel administratif et militaire venu de la métropole car ignorant tout de l’Indochine : « La Mission Française composée de fonctionnaires d’Afrique, nous considère assez volontiers comme des Français de seconde zone, ayant sur les colonies des idées périmées. Il n’y a à souhaiter que les nouveaux venus fassent mieux dans l’intérêt de la France et de l’Indochine, que ceux qui les ont précédés. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 167, note 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 45 : Au Cambodge, mise en place du gouvernement Monireth favorable aux Français. Il demeura en place jusqu’au 14 décembre 1946 (Jennar, 1995, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM écrit à Truman pour demander l’admission du Vietnam à l’O.N.U. (Valette, 1994, p. 31). L&#039;administration Truman n&#039;étant pas celle de Roosevelt, cette demande demeurera lettre morte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 45 : D’Argenlieu adresse à De Gaulle un rapport sur la situation en Indochine. Il préconise un rapport de force et écrit : « Pourquoi ces troubles si profonds, graves et généralisés ? Nous le voyons clairement maintenant par interrogatoires, renseignements de toute sorte : c’est parce que la France a été et est encore considérée comme vaincue. Vaincue en 40 et vaincue en mars 45. Comment faire disparaître cette conviction, condition &#039;&#039;sine qua non&#039;&#039; pour notre rétablissement dans ce pays ? En montrant notre force. Ce serait donc une erreur absolue de négocier d’une manière sérieuse avec les représentants du Viet-Minh avant d’avoir montré cette force. » (cité in Isoart, 1982, p. 68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec De Gaulle, Leclerc s’attaque à nouveau à la déclaration du 24 mars qui « entend faire du nouveau, en substituant à l’administration coloniale directe des gouvernements largement autonomes au sein de la Fédération indochinoise. » (Turpin, 2005, p. 140) De Gaulle lui répondra le 27.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, l’amiral applique plus que jamais la politique du « diviser pour régner » : « C’eut été grave erreur de prendre position en s’appuyant prématurément sur lui [le G.R.A.] Il faut garder  des contacts avec les hommes du G.R.A. comme avec d’autres mouvements. Il y a au Viet-Minh des hommes sincères et convaincus. Ils sont gagnés à la main par leurs bandits et spécialement les jeunes. Leur action prend  de plus en plus des allures totalitaires et c’est merveille de voir, une fois encore, au nom de l’indépendance et des principes démocratiques, enfanter un mouvement aux allures fascistes. La Charte de l’Atlantique et celle des Nations Unies n’ont pas comme dessein d’enfanter, nourrir et élever semblable progéniture. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 octobre 45 : Arrivée de la suite d’éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (lieutenant-colonel Massu) transportés par le &#039;&#039;Suffren&#039;&#039; et le &#039;&#039;Ville de Strasbourg.&#039;&#039; Sainteny précise qu’il s’agit d’« un corps extrêmement léger, puisqu’il ne comportait que sept mille cinq cents hommes » (Sainteny, 1970, p. 75). D’Argenlieu les qualifie quant à lui de « modeste reliquat de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. » (D’Argenlieu, 1985, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 45 : HCM donne une conférence de presse : « Nous sommes déterminés à lutter jusqu’à la dernière goutte de sang contre les colonialistes français qui tentent de rétablir leur souveraineté sur ce pays par la force. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 69)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur demande du général Wedemeyer (chapeautant l’état-major de l’O.S.S. en Chine, voir 4 octobre), retrait effectif des membres de l’O.S.S. au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Elle fait suite l’éviction du major Archimedes Patti par sa hiérarchie. Ce dernier est de retour aux U.S.A. (Pedroncini, 1992, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Embarquement à Marseille du gros de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy transportée par des navires britanniques (Turpin, 2005, p. 123). C’est cette unité que Leclerc attend avec impatience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Leclerc, se souvenant de ce qui s’est passé à Saigon avec le 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., donne des instructions suivantes au lieutenant-colonel Huard (assurant l’intérim de commissaire de la République avant l’arrivée du général Alessandri) : « Triez donc soigneusement vos Français : anciens prisonniers de guerre, ne demandez à réarmer que ceux dont vous êtes sûrs au point de vue attitude et discipline. Refoulez-moi les autres à Saigon. » (Turpin, 2005, p. 167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Référendum en France qui approuve la création d’une Assemblée constituante.&#039;&#039;&#039; Deux questions ont été posées. La première porte sur la rédaction d’une nouvelle constitution (soutenue par De Gaulle) et est approuvée à 96 % des suffrages exprimés. La seconde porte sur les pouvoirs de cette assemblée. Redoutant une prépondérance des communistes au sein de celle-ci, De Gaulle a prévu un texte limitant strictement ses prérogatives : sa durée est restreinte à sept mois ; le projet constitutionnel qu&#039;elle a pour mission d&#039;élaborer sera soumis au référendum populaire (et sera rejeté le 5 mai 1946) ; elle ne peut renverser le gouvernement que par une motion de censure votée par la majorité absolue de ses membres. Cette deuxième question limitant les pouvoirs de l’assemblée constituante est approuvée à 66 % des suffrages exprimés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle à ce référendum, on procède à des élections afin d’élire une assemblée législative. Ces élections amorcent un accord de gouvernement basé sur le tripartisme : le P.C.F. a obtenu 26,2 % des voix, le M.R.P. 25,6 % et la S.F.I.O. 24,6 %. Une majorité de gauche émerge donc de ce scrutin puisque le total des députés communistes et socialistes occupent 302 sièges sur 586 mais il n’y aura pas accord de gouvernement entre les 2 vainqueurs (voir 29 janvier 1946) (Pedroncini, 1992, p. 321).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 octobre 45 : Leclerc a envoyé son conseiller Paul Mus à Chandernagor. Une note de Mus dont Leclerc partage le point de vue &#039;&#039;&#039;conseille à D’Argenlieu de différer son arrivée&#039;&#039;&#039; « quel que soit l’avis de Paris ». Ce qui a le don d’agacer l’amiral qui répond courtoisement au général en lui précisant qu’il arrivera… le 31. L’amiral demande à son subordonné de ne pas employer le mot « « reconquête » […] [car] ce serait à [son] avis une grave erreur politique […] de laisser s’accréditer cette idée ou ce rêve. » D’Argenlieu s’empresse d’aller rendre compte de ces différends à De Gaulle en y allant pas de main morte pour contrer son subordonné (D’Argenlieu, 1985, pp. 72-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux demandes répétées de Leclerc et des Britanniques en faveur d’un nouveau texte sur le statut de l’Indochine plus libéral que celui du 24 mars, De Gaulle réaffirme : « Il est exclu que le gouvernement français fasse actuellement une nouvelle déclaration concernant l’Indochine. Celle de mars se suffit à elle-même. Le fait d’en édicter une nouvelle dans les circonstances présentes aurait toutes les apparences d’une reculade qui compliquerait d’avantage la situation en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 64, note 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un document émanant du ministère des Affaires étrangères en date du 2 septembre 1946, « les Américains envoient une note à Ho Chi Minh définissant la politique des U.S.A. vis-à-vis du Vietminh. Les termes de cette note ne sont pas connus. Ils auraient été empreints d’une extrême prudence. »  (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319). Prudence qui s’exprimera de la même manière au niveau de la livraison d’armement américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, une proclamation de Sihanouk indique : « Les obstacles [voir 15 octobre] qui s’opposaient depuis plusieurs mois à la reprise des relations traditionnelles d’amitié de notre Royaume avec la France ont aujourd’hui disparu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM écrit au secrétaire d’État américain Byrnes en se plaignant de « l’invasion » de la Cochinchine par les Français : « La nation vietnamienne toute entière s’est dressée comme un seul homme contre l’agression française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 31)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 octobre 45 : Premier accord signé entre le Vietminh et le parti nationaliste Dong Minh Hoi et d’autres nationalistes soutenus par les Chinois. Face à la pression, HCM ne peut que transiger. Un second accord puis un troisième seront élaborés les 18 novembre et 23 décembre. Pour le VM, ces accords ont été signés sous la contrainte, du fait de la présence chinoise. Ce type d’accord ne parvient pas pour autant à endiguer une violente agitation nationaliste prochinoise, notamment à Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée du général Salan à Saigon&#039;&#039;&#039; sur demande de Leclerc (Salan 1, 1970, p. 173). Il connaît l’Indochine où il a eu des fonctions de 1924 à 1937. Leclerc lui propose d’entrée le poste de &#039;&#039;&#039;commandant du Nord et des troupes de Chine&#039;&#039;&#039; en remplacement du général Alessandri (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre) qui est quant à lui nommé au Cambodge au poste de commissaire de la République (Salan 1, 1970, p. 174). Lors d’un entretien avec Salan, Leclerc résume la situation : « Certes nous sommes courts, j’ai seulement le détachement Massu de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B., j’attends la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy et la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.E.O. devenue 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Nyo. Je dispose des « gars » de Saigon que j’ai repris en main et qui sont utilisables [11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C.]. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Norodom Sihanouk accepte de lire un texte préparé par le Résident supérieur français (le lieutenant-colonel Huard) dans lequel il déclare sa loyauté et celle du peuple cambodgien à la France et son appui aux plans français de création d&#039;une Fédération Indochinoise dans le cadre de l&#039;Union Française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 octobre 45 : Le secrétaire d’État britannique à la Guerre souligne que l’intervention militaire britannique dans la région de Saigon doit être strictement limitée dans le temps et dans l’espace (Pedroncini, 1992, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passant outre l’avis des Américains, les Britanniques autorisent le général Blaizot et sa mission faite de quelques hommes à s’installer à Kandy. Mais Blaizot arrive seul, sans le régiment commando dit « Corps léger d’intervention » (C.L.I.) qui a dû rester en Afrique du Nord faute d’un accord des &#039;&#039;Combined Chiefs of Staff&#039;&#039;  (état-major combiné anglo-américain) pour son transfert par bateaux (Pedroncini, 1992, p. 84). Ses moyens demeurent donc des plus limités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lancement de l’opération &#039;&#039;Moussac&#039;&#039; en vue de reconquérir le Sud : cavaliers et fantassins du groupement Massu se heurtent rapidement aux obstacles dressés par le VM. La progression est sans cesse ralentie par des coupures de ponts ou de routes. Le VM a mobilisé pour accomplir ces destructions la population civile au moyen de réquisitions. Il faut 3 jours pour parcourir les 70 km qui séparent Saigon de Mytho. Les Français découvrent qu’ils sont ici strictement tributaires des axes de communication autour desquels, du fait de la végétation et de la présence de l’eau, le VM tend des embuscades meurtrières (Cadeau, 2019, p. 155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 - 25 octobre 45 : Les troupes britanniques atteignent Bien Hoa et Thu Dau Mot, zone dans laquelle ils vont pouvoir désarmer les 60 à 70 000 Japonais qui se trouvent au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Gras, 1979, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 octobre 45 : Poursuite du dégagement de la zone sud de Saigon (opération &#039;&#039;Moussac&#039;&#039;) au moyen de raids rapides opérés par des troupes purement françaises. Prise de Mytho (60 km de Saigon) par le groupement du lieutenant-colonel Massu et le commando Ponchardier qui opère par voie fluviale (Gras, 1979, pp. 58-59). Une conférence des dirigeants vietminh sudistes se tenait à Mytho en présence de Hoang Quoc (représentant HCM et du Comité central), Le Duan et des membres de récemment libérés de Poulo Condore qui échappent de justesse aux Français (Francini 1, 1988, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Salan-Gracey en présence de Leclerc. Gracey déclare à Salan, qui va être nommé le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre commandant des troupes françaises de Chine et du Tonkin, « vous arrivez à point, mais vous aurez des ennuis avec les Chinois dans le Nord. » (Salan 1, 1970, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu met en garde Leclerc et lui demande d’« éviter de compromettre l’avenir par des effusions de sang entre français et Annamites. » Ce qui lui avait conseillé Sainteny dans son rapport du 3 (Pedroncini, 1992, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu annonce son arrivée à Leclerc pour le 31 par une lettre remise directement à Paul Mus à Chandernagor. Il lui confirme l’envoi de renforts. Il précise : « Par contre, je vous redis et avec une entière conviction qu’il ne me paraît pas opportun de parler de « reconquête ». Le mot n’est rien – c’est la chose qui importe. Ce serait à mon avis une grave erreur politique – sur le plan intérieur et extérieur – de laisser s’accréditer cette idée ou ce rêve. » Il s’efforce de modérer l’habituelle fougue du général qu’il sait grande : « Sachons modérer nos légitimes ardeurs pour éviter de compromettre le lendemain par des effusions de sang entre Français et Annamites, sans nécessité absolue. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 199)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 octobre 45 : Sainteny récupère Messmer et son compagnon Marmont qui ont été finalement libérés par les Chinois qui les détenaient jusqu’alors (Messmer, 1992, p. 166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu écrit à De Gaulle. Il évoque le comportement de Leclerc. Il déplore d’entrée : « Faut-il ajouter que j’ai dû écarter les objections tenaces du général Leclerc à ma venue. Cette persévérance à vouloir rester seul est à la fin fatigante. Mais elle s’accompagne de sa part de mille initiatives hors de propos et, rien que pour mettre de l’ordre dans le commandement, il est devenu nécessaire que je sois là-bas […] Leclerc est déjà tout acquis au rêve d’une « reconquête ». C’est plus fort que lui. J’estime que ce rêve est à écarter. Nous ne sommes pas venus ici pour planter de nouveaux lauriers à la faveur de durs combats contre l’ennemi. Nous avons à rétablir l’ordre et la fermeté au sein de populations amies, partiellement détournées de nous par la double complicité des Japonais et des nationalistes extrémistes [...] » (D’Argenlieu, 1985, pp. 73-74) Il entend par sa future présence en Indochine modérer le bouillant général devenu trop indépendant à son goût (voir 25 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 45 : Réponse de De Gaulle au courrier de Leclerc du 13 octobre 1945 : « Mon cher ami, j’ai reçu votre lettre, apportée par le colonel Fay, et tiens à vous dire que votre conception est la bonne […] Nous n’avons rien à conclure avec les « locaux », tant que nous n’aurons pas la force. Jusque-là, nous pouvons, avec prudence et selon l’opportunité, prendre certains contacts, mais c’est tout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 163 et Ruscio, 1985, p. 97, note 3) De Gaulle est donc favorable à un retour en force en Indochine et surtout n’est prêt à négocier, comme Leclerc, qu’en position de force. D’Argenlieu, plus modéré, est alors plus ou moins en phase avec son subordonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 octobre 45 : Prise par les Français de Go Cong (sud de Saigon).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée du matériel lourd de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. embarqué à bord du &#039;&#039;Béarn&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon (conseiller de Sainteny) adresse un rapport à D’Argenlieu qui est, pour l’instant, toujours à Chandernagor. Le VM « ne doit pas être traité à la légère. Il est le fait d’une minorité, certes, mais sa naissance, ses manifestations du début, lui ont acquis l’adhésion sentimentale des classes pauvres, à la campagne autant que dans les centres […] » &#039;&#039;&#039;Il dresse un tableau très sombre de la situation au Tonkin&#039;&#039;&#039; : désorganisation complète des voies de communication, inondation qui a submergé des milliers d’hectares de rizières, disette, services publics en plein marasme, fonctionnaires non payés, graves dissensions au sein du G.R.A. entre le VM et le D.M.H. Seules les classes aisées soutiennent discrètement les Français mais, sans exprimer ce soutien, car la terreur règne partout. Les Chinois dévalisent le pays. Le G.R.A. n’entend pas traiter avec les Français. Leur mot d’ordre du moment est particulièrement tranchant : « Qu’importe que deux millions de nos compatriotes meurent de faim cet hiver pourvu que triomphe la cause de l’indépendance. » (Devillers, 1988, pp. 105-108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 octobre 45 : Prise par les Français de Vinh Long (sud-ouest de Saigon).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc confie à Salan (futur commandant du Nord et des troupes de Chine) la préparation du retour des troupes françaises au Tonkin. Une note du 2 septembre émanant du capitaine Blanchard (services de renseignements de Kunming) l’a assuré de la faiblesse de l’emprise réelle du VM en dehors de quelques villes du delta du Tonkin (Valette, 1994, p. 53, note 19). Sont concernées celles qui viendraient du Yunnan et celles qui arriveraient de Cochinchine après un débarquement. Il a pour mission d’éviter tout conflit avec les Chinois (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre). Il rejoindra Hanoi le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre (Gras, 1979, p. 85).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations avec l’occupant chinois sont toujours aussi difficiles malgré la récente rencontre entre D’Argenlieu et Tchang Kaï Check (voir 10 – 13 octobre). Note du Quai d’Orsay adressée à De Gaulle critiquant un « contre-projet chinois d’accord d’affaires civiles » transmis par Pechkoff (ambassadeur de France en Chine). Le document manque de clarté : il passe sous silence « les questions administratives et juridictionnelles » et délimite mal les « attributions respectives du commandement chinois et des administrations françaises ». Il élude totalement le rôle de Sainteny (commissaire de la République au Tonkin). Les prétentions au sujet des avantages à accorder aux Chinois résidant au Tonkin sont jugées exorbitantes (DDF, 2000, tome 2, document n° 279, pp. 681-682).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 octobre 45 : Prise par les Français de Can Tho (à l’entrée de la presqu’île de Camau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc transmet à Salan un premier plan de débarquement pour le Tonkin (voir 10 décembre) (Ruscio, 1985, p. 97). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, la fusion de deux mouvements, celui du prince Souphannouvong (pro-vietminh) et celui du vice-roi Petsarah (nationaliste réclamant l’indépendance contre la volonté du roi) donne naissance au &#039;&#039;&#039;Lao Issara&#039;&#039;&#039;, avec la bénédiction des Chinois. Une convention militaire est signée avec le VM (Gras, 1979, pp. 83-84). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu prend ses fonctions à Saigon&#039;&#039;&#039;. Leclerc avait envoyé Paul Mus (son conseiller politique) à Chandernagor afin de l’y retenir, avant la fin des opérations de pacification en Cochinchine et au Cambodge (voir 22 octobre). Celui-ci n’a pas obtempéré (voir 16 octobre). Les relations entre les deux hommes demeurent et demeureront toujours très délicates, Leclerc supportant difficilement d’être le simple subordonné de l’amiral. Francini évoque « une antinomie fondamentale de tempérament » même si « […] Leclerc et D’Argenlieu partagent la même idée de la France tutélaire et protectrice, seule capable de guider des peuples, jugés encore incapables d’exercer leurs propres responsabilités, vers les lendemains prometteurs de progrès économiques et d’indépendance. » (Francini 1, 1988, pp. 248-249) Ce qui est peut-être l’essentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu va procéder assez rapidement à une épuration à la Française, brutale, humiliante affectant l’armée, l’administration voire certains colons. Ce faisant, il crée des tensions dans la société indochinoise qu’il connaît mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin octobre 45 : Début des négociations entre HCM, Sainteny et Pignon dans le plus grand secret, sans procès-verbaux. Les Américains sont pourtant mis au courant, probablement par le VM. D’Argenlieu est informé de leur contenu et s’instaure en arbitre. Paris est tenu à l’écart ou se tient volontairement à l’écart de ces négociations (voir 10 octobre 1945). Elles vont, selon Sainteny, durer « sept mois entrecoupés de toutes les alternatives possibles d’espoir et de découragement. » (De Folin, 1993, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, les effectifs des troupes britanniques s’élèvent désormais à 22 190 hommes. Ceux des Français à seulement 4 475 (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, après un échange de lettres évoquant une situation complexe, une délégation menée par le prince Monireth, nouveau chef du gouvernement, est reçue par D’Argenlieu. Celui-ci décide de faire étudier un statut provisoire de transition qui est confié au nouveau commissaire de la République, le général Alessandri. Ce statut aboutira au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 7 janvier 1946.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1945&amp;diff=5342</id>
		<title>Septembre 1945</title>
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		<updated>2026-09-15T06:28:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Septembre 45 : Dès septembre, les Français comprennent mal ce qui est en train de se passer au Vietnam, et tout particulièrement à cerner l’originalité du mouvement communiste vietminh qu’ils identifient très mal et qu’ils assimilent plus à un complice des Japonais qu’à un véritable mouvement de libération nationale. Prisonniers d’une forme d’imaginaire de la Seconde Guerre mondiale empreint de la Libération telle qu’ils l’avaient connue en métropole, ils verront longtemps dans ce qui est en train de se tramer la poursuite du conflit mondial, une Libération finale, pour débarrasser le Vietnam une fois pour toute de l’occupation nippone. Cette vision, aussi erronée soit-elle, leur permet de plus de justifier leur présence aux côtés des Alliés qui ont pourtant tendance à les rejeter. Cette attitude durable va être à l’origine de ce qu’Alain Ruscio nomme des « schémas de pensées qui vont se révéler catastrophiques pour l’orientation de la politique française ». (Pons, 2007, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La guerre s’installe, principalement en Cochinchine&#039;&#039;&#039;. Du fait de la réoccupation rapide par le corps expéditionnaire français de cette région, la guérilla vm du Sud ne dispose que de peu de temps pour se préparer militairement et est confrontée rapidement aux forces motorisées de l’armée française. Le VM sudiste se retrouve donc dans une position militaire bien plus défavorable qu’au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. De plus, les sudistes ont du mal à maintenir une présence étatique sur un territoire jugé comme étant une colonie et donc contesté par la France (Goscha, 2002, pp. 34-35). La guerre en Cochinchine va rapidement et durablement s’appuyer sur &#039;&#039;&#039;une forme de terrorisme vietminh&#039;&#039;&#039; (mais pas seulement…) qui crée un climat d’insécurité et d’anarchie permanent visant à miner l’autorité française et/ou nationaliste : nombre de Vietnamiens sont alors considérés comme &#039;&#039;Viet Gians&#039;&#039; (traîtres vietnamiens) qu’il faut éliminer physiquement. Ce terrorisme se manifeste par des attentats en tout genre : exécutions et assassinats anonymes (responsables français, fonctionnaires, notables, chefs de provinces ou de régions mais aussi des opposants nationalistes), destructions à l’explosif de biens français (dont certaines plantations d’hévéas mais de manière sélective), jets de grenades dans les lieux publics, enlèvements, torture, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouvel État vietnamien n’attend pas la proclamation de sa future constitution (voir 8 novembre 1946) pour organiser administrativement le pays. Il renomme, sans pour autant le faire disparaître, l’ancien découpage géographique colonial : le Tonkin devient le &#039;&#039;Bac Bo&#039;&#039;, l’Annam le &#039;&#039;Trung Bo&#039;&#039; et la Cochinchine le &#039;&#039;Nam Bo&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un sondage de l’I.F.O.P. interroge les Français sur le sort de l’Indochine : 63 % des sondés répondent que la colonie sera laissée à la France. 12 % seulement en doutent et 25 % ne savent pas (Ruscio, 1985, p. 74 ; Ruscio, 1992, p. 50 ; Journoud, 2011, p. 38). Un climat de méconnaissance du problème indochinois est largement partagé par une large partie de l’opinion publique française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Le général de brigade Raoul Salan, délégué militaire du haut-commissaire D’Argenlieu, s’installe à Hanoï.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Instauration d’un couvre-feu à Hanoi par le gouvernement vietnamien. Il ne durera que quelques semaines. Les partis politiques ayant collaboré avec les Japonais durant la période d’occupation sont interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alessandri et Pignon (futur conseiller politique de Sainteny) avertissent la D.G.E.R. de Calcutta de consolider et non d’amoindrir la position de Sainteny à Hanoi. Alessandri en tant que délégué général du G.P.R.F. ne lui attribue pourtant qu’une fonction d’« observateur » : « Vous ne devez pas engager de négociations mais vous devez recueillir tous renseignements propres à servir de base à l’ouverture de négociations futures. » (Devillers, 1988, p. 80) La France libre peine toujours à installer un interlocuteur français accrédité avec des attributions claires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le major Patti (O.S.S.) rend compte à sa hiérarchie : « Le gouvernement provisoire annamite en Indochine a la pleine administration et il est si bien organisé que plusieurs tentatives des Français de parachutages dans le pays, à partir de Calculta, ont été déjouées. Les parachutistes, bien que convenablement traités, sont retenus prisonniers [voir 25 août]. Selon le Premier ministre [Ho Chi Minh], si les Français tentaient de revenir, les Annamites seraient décidés à maintenir leur indépendance même au prix de leur vie […] Entre temps, cependant, le Premier ministre avait promis au représentant de l’O.S.S. à Hanoï que les Européens n’auraient à souffrir d’aucune violence jusqu’à ce que les Chinois prennent le contrôle de la zone. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Signature de la capitulation du Japon.&#039;&#039;&#039; Le général Leclerc représente la France à la signature de la capitulation du Japon sur le cuirassier américain &#039;&#039;Missouri&#039;&#039;. L’acte de reddition confie aux Japonais le maintien de l’ordre en Indochine : « Les forces japonaises doivent préserver et sauver de tous dommages les biens militaires et civils. » Elles doivent également libérer tous les prisonniers (De Folin, 1993, p. 89 et 104). Le général américain MacArthur également présent lors de cette signature conseille à Leclerc d’amener un maximum de troupes en Indochine (De Folin, 1993, p. 100).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;À Hanoï, le Vietminh proclame l’indépendance de la République Démocratique du Vietnam (R.D.V.N.) lors d’une « Fête de l’Indépendance ».&#039;&#039;&#039; En se présentant pour la première fois en public comme l’homme fort du Vietnam, HCM lit la déclaration d’indépendance sur la place Pugnier (Ba Dinh), devant une foule que Sainteny estime à « plusieurs centaines de milliers de manifestants » (Sainteny, 1967, p. 90). Le texte rédigé par HCM s’inspire directement de la déclaration d’indépendance des États-Unis de 1776 et de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « Tous les hommes naissent égaux. Le Créateur nous a donné des droits inviolables, de droit de vivre, le droit d’être libre et le droit de réaliser notre bonheur […] Les hommes naissent libres et égaux en droit. » Mais la suite de la déclaration se veut violente et revendicative à l’égard des Français. Après avoir dénoncé « les traités que la France a signés au sujet du Vietnam », elle déclare : « Les impérialistes français ont violé la terre de nos ancêtres […] Ils nous ont privé de toute liberté […] Ils nous ont imposé des lois inhumaines […] Ils ont institué trois régimes politiques différents dans le Nord, dans le Centre et dans le Sud du Vietnam pour détruite notre unité nationale, historique et ethnique […] Ils ont construit plus de prisons que d’écoles […] Ils nous ont exploité jusqu’à la moelle […] La vérité est que nous avons repris notre indépendance des mains des Japonais et non des Français […] Tout le peuple du Vietnam, animé d’une même volonté, est déterminé à lutter jusqu’au bout contre toute tentative d’agression de la part des colonialistes français [...] » (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 421-423 ; Marangé, 2012, pp. 531-533).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’entrevue De Gaulle-Truman du 22 août aux États-Unis, les Américains et leurs alliés prévoient pour la première fois, mais avec certaines réserves, de rétablir une domination française en Indochine. Moindre mal car c’est aussi la seule issue possible face à une situation plus que chaotique et anarchique qui s’installe dans tout le Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han reçoit à Cunming (Yunnan) la délégation japonaise partie le  26 août. Il leur ordonne de maintenir l’ordre au nord de l’Indochine avant son arrivée (voir 14 septembre), de délivrer les prisonniers alliés et de ne transférer désormais qu’aux Chinois les pouvoirs qu’ils détenaient jusque-là (Pedroncini, 1992, p. 43). Malgré cette demande, les Japonais mettent et mettront une réelle mauvaise volonté à réaliser cette injonction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant à HCM, contrairement à sa déclaration du 2 septembre où il s’engage à « ne pas pactiser avec les Français », il entame rapidement des négociations secrètes avec eux en vue de se débarrasser au plus vite des Chinois (Guillemot, 2018, p. 122).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon se tient un « défilé de l’indépendance ». Mal contrôlé, il dégénère sous l’influence de bandes de la pègre de Cholon et de groupes de Binh Xuyen. Des coups de feu sont tirés aux abords de la cathédrale et de maisons françaises. Selon Cesari, les tirs proviennent d’« agents français embusqués dans la cathédrale de Saïgon […] causant 47 morts et blessés. » (Cesari, 2013, p. 34). En répression, un prêtre, le père Tricoire, et au moins quatre Français sont tués. Le VM procède alors à des arrestations. Les personnes arrêtées sont emmenées vers le stade municipal, jugées par un tribunal populaire et exécutées sommairement d’une balle dans la tête ou par noyade dans le Mékong (Valette, 1994, p. 44). Le désordre s’installe durablement dans la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Signe tension entre les Français et les Américains, le major Patti (O.S.S.) rend à nouveau compte à sa hiérarchie de l’attitude de Sainteny : « Les Français sont une fois de plus en train de devenir belliqueux et ils reprochent aux Alliés de ne pas être à leur côté. Des troubles semblent se préparer, et ils pourraient bien éclater après que l’Armistice (?) ait été signé en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 3 septembre 45 : Après la capitulation des Japonais, la confusion règne. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; rendra compte de cette situation : « Dans les milieux autorisés français, on ne possède pas de renseignements permettant de caractériser avec une précision certaine l’état de la situation en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 septembre 45 : Les responsables de l’O.S.S. en Chine basé à Kunming, Heppner et Helliwell (sous l’autorité du général Wedemeyer, chef d’état-major de Tchang Kaï Check) donnent l’ordre à Patti de « ne plus agir comme médiateur, comme intermédiaire ou comme organisateur de réunions entre Français, Annamites et Chinois. » (Pedroncini, 1992, p. 62). Patti est entré en semi-disgrâce depuis la mort de Roosevelt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la première séance du nouveau gouvernement, HCM fait une déclaration empreinte d’autocritique : « Nos amis et moi, nous ne sommes pas encore habitués au travail administratif. Nous travaillons tout en étudiant et nous étudions tout en travaillant. Certainement nous commettons des fautes, mais nous les corrigerons. Nous avons le courage de réparer nos fautes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Giap 1, 2003, p. 215, avec erreur sur l’année). Selon Giap, il est également question de lutte contre l’analphabétisme de la population jugée comme « une des méthodes utilisées par les colonialistes pour dominer notre peuple. » On décrète un enseignement du &#039;&#039;quoc ngu&#039;&#039; que les enfants doivent maîtriser dès l’âge de 8 ans (Giap 1, 2003, p. 225).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 septembre 45 : Le major Archimedes Patti quitte Hanoi pour se rendre 5 jours en Chine (voir 3 septembre). &#039;&#039;&#039;C’est une convocation qui vise à modérer les initiatives d’un Patti trop entreprenant&#039;&#039;&#039; et jugé par sa hiérarchie comme étant trop pro-vietminh. En 36 jours de présence à Hanoi, il a rencontré 5 fois HCM et Giap à 4 reprises différentes (Pedroncini, 1992, p. 60-61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Directives de De Gaulle à D’Argenlieu qui remettent en cause les accords de Postdam dont la France avait été exclue&#039;&#039;&#039; : « Votre commandement est indépendant des théâtres d’opération alliées […]  Sur le plan territorial, il ne saurait être question d’admettre le partage de l’Indochine en deux zones de commandement allié. » Les troupes françaises doivent pouvoir circuler « sans négociations spéciales auprès des autorités de Kandy ou de Nankin. Vos efforts doivent tendre à faire disparaître la ligne de démarcation du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle nord [...] D’autre part, au fur et à mesure de l’arrivée des troupes françaises en Indochine, vous chercherez à obtenir le départ des forces chinoises et anglaises […] » Selon les directives adressées ce jour même par D’Argenlieu à Leclerc, l’arrivée des troupes françaises doit donc coïncider au départ des Britanniques et des Chinois (Bodinier, 1987, pp. 160-161 ; Turpin, 2005, p. 117 et 155, note 16 ; Valette, 1994, pp. 37-38). Ce sera vrai pour les Britanniques, mais beaucoup moins pour les Chinois…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un long rapport de Cédile (commissaire de la République au Sud) adressé à Leclerc (voir 17 septembre), « depuis le 4 septembre à 17 heures, l’armée japonaise assure en fait l’ordre à Saigon. Nous n’avons aucune difficulté avec eux. Ils obéissent et exécutent  les ordres. » (Bodinier, 1987, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 septembre 45 : Patti est amené à rendre des comptes par sa hiérarchie suite à ses initiatives jugées intempestives. Il s’abrite derrière de soi-disant « directives spéciales de la Maison Blanche du mois d’avril », qu’il évoque dans ses mémoires mais sans les citer et qui n’ont pu être retrouvées dans les archives. Elles pourraient simplement être des conseils émanant du général William Donovan, chef de l’O.S.S. à Washington, qui dateraient du début 1945, donc de l’ère de Roosevelt et qui ne sont plus en phase avec celles de l’administration Truman (Pedroncini, 1992, p. 62).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’amiral Thierry d’Argenlieu quitte Paris pour Kandy&#039;&#039;&#039; (île de Ceylan, actuel Sri Lanka). Durant son voyage qui durera jusqu’au 8, il va rédiger à bord de l’avion &#039;&#039;Bir Hakem&#039;&#039; des instructions que Devillers jugent « à la fois littéraires et irréelles. » (voir 8 septembre) (Devillers, 1988, p. 88-90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée à Saigon à l’aéroport de Than Son Nhut d’un premier détachement britannique de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue&#039;&#039;&#039; en provenance de Singapour (Malaisie) (Pedroncini, 1992, p. 392).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny envoie de Hanoi un télégramme à Pignon (son conseiller politique) qui se trouve à Kandy. Il déplore l’attitude agressive que la France a à l’égard du gouvernement d’Hanoi. Il estime : « Il ressort des derniers télégrammes que Paris semble décidé à prendre attitude agressive sans que toutes possibilités entente avec Masque [le VM] aient été épuisées. Cependant tenu étroitement au courant de évolution politique, je puis affirmer que : 1°) Tous les espoirs ne sont pas épuisés 2°) Masque souhaiterait notre collaboration  pour caler population dont réaction les dépasse. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 150)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 - 11 septembre 45 : Sainteny déplore dès le 5 l’attitude agressive de Paris à l’égard du nouveau gouvernement vietnamien « alors que tous les espoirs d’entente ne sont pas épuisés » et que « le Vietminh souhaite collaboration. » (Pedroncini, 1992, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lui et son équipe subissent cependant les pressions conjuguées des Japonais, des Vietnamiens et des Américains visant à leur faire quitter le palais du gouverneur général à Hanoi. Les Vietnamiens veulent occuper les locaux et, pour arriver à leurs fins, leur coupe les vivres. Les Français seront donc contraints au départ le 11 (Sainteny, 1967, pp. 94-97).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 septembre 45 : Alors que le corps expéditionnaire français devrait être en train de débarquer, le ministre de la Guerre français demande à De Gaulle d’engager les négociations immédiates pour équiper toutes les troupes françaises en matériel britannique. Selon l’un des membres de l’état-major de Leclerc, il faut agir au plus vite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté français, la situation en Indochine demeure préoccupante. Comme l’indique rétrospectivement le capitaine Duplay, membre de l’état-major de Leclerc : « Il fallait donc agir au plus vite sans essayer de se raccrocher à des projets périmés. Dès cette époque, l’organisation du corps expéditionnaire allait revêtir les caractères qui lui donnent sa plus grande originalité : improvisation, vitesse, activité, et aussi le manque de moyens     appropriés. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 33)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour semer encore un peu plus la zizanie au Nord-Vietnam, le général chinois Lou Han (voir 11 septembre) qui soutient les partis nationalistes prochinois déclare dans la presse que « la Chine venait apporter l’indépendance à l’Indochine » (Sainteny, 1967, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 - 12 septembre 45 : Arrivée d’autres éléments britannique d’une division hindoue. Elles ont été prélevées en Birmanie (Tucker, 2000, p. 151). Arrivent également une compagnie du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. français venant de Ceylan (actuel Sri Lanka) pour se substituer à l’ancien Corps léger d’intervention (C.L.I.). Au total arrivent en renfort le nombre assez dérisoire de 120 hommes (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 septembre 45 : Création du premier état-major de l’armée vietnamienne sous la direction de Hoang Van Thaï, membre du P.C.I. proche de Giap. Il comporte des sous-divisions responsables de questions tactiques : cartographie, logistique, renseignement (appelé « 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau »), médecine. On y recrute des transfuges européens et japonais. Fin 1945, sur les 15 membres de cet état-major, seuls 3 d’entre eux seront membres du P.C.I. Cet embryon d’armée n’est pas comme en Chine une armée de paysans. Son recrutement est varié. Une organisation géographique est établie. Elle reprend celle des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; : zones 1, 2 et 3 pour le &#039;&#039;Bac Bo&#039;&#039; (Tonkin) ; zones 4,5 et 6 pour le &#039;&#039;Trung Bo&#039;&#039; (Annam) ; zones 7, 8 et 9 pour le &#039;&#039;Nam Bo&#039;&#039; (Cochinchine).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc  produit de Kandy (Ceylan) une note à l’intention de D’Argenlieu. Elle pose le problème du commandement bicéphale voulu par De Gaulle autour des personnalités de l’amiral et du général. Selon Leclerc, il n’y a pas de solution politique pour l’instant en Indochine, il est donc urgent d’attendre. Le problème militaire, prioritaire aux yeux de son auteur, « revêt déjà toute sa complexité, puisqu’il consiste à mener à pied d’œuvre les troupes nécessaires, à arracher péniblement l’accord de nos alliés. » Ceux-ci veulent « n’avoir affaire qu’à un seul homme » afin de ne pas retomber dans les errements du passé. Leclerc en conclut : « Pendant de nombreuses semaines, c’est moi-même qui vais supporter le poids principal des responsabilités. Il est donc indispensable que je dispose des pouvoirs adaptés. » Il déplore le choix du Général qu’il a dû « encaisser ». D’Argenlieu lui répondra le 11 (D’Argenlieu, 1985, pp. 418-419).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour de Tokyo après la signature de la reddition japonaise, Leclerc produit un long mémorandum de Kandy (Ceylan) adressé au colonel de Guillebon (chef de l’état-major du corps expéditionnaire des forces d’Extrême-Orient) à destination de De Gaulle. Peu de choses positives dans ce rapport. La rencontre avec McArthur lui a montré qu’« il est en apparence très francophile ». Mais il n’est désormais plus commandant en chef et Tchang Kaï Check « est maintenant indépendant. Son chef d’état-major américain Wedemeyer qui est d’ailleurs en mauvais termes avec McArthur, ne nous aime pas. » Les relations avec la Chine sont toujours tendues : blocage de l’avion d’Alessandri, « propagande xénophobe et révolutionnaire » sur les unités françaises repliées en Chine, « tentatives d’emprise économique sur le chemin de fer du Tonkin ». Il faut donc se débarrasser au plus vite des troupes d’occupation. Or il y a des blocages au niveau gouvernemental : « les Français ne se rendent absolument pas compte des réalités ». La question de la suppression du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle n’est pas traitée diplomatiquement et ne peut l’être « qu’à l’échelon « gouvernement » ». Leclerc a pu constater que beaucoup de matériel américain était présent aux Philippines mais, pour les acheminer, McArthur attend des ordres de Washington qui ne viennent pas… Les bateaux français pouvant transporter Massu et sa 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. sont en attente car les Britanniques veulent donner priorité au débarquement des troupes de Gracey à Saigon, et ce jusqu’au 20 octobre. Les pièces de rechange et les munitions de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. équipée à l’américaine sont également en attente. Leclerc entend donner priorité au débarquement de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. Il estime qu’elle possède une qualité nettement supérieure à la brigade de Madagascar qui doit encore être étoffée par « des renforts européens ». Il évoque la question du débarquement au Tonkin (Haïphong) qui doit être programmée à partir de Saigon. Le problème qui se pose aux Français est le suivant : « Qu’on amène des troupes suffisantes et la solution des problèmes sera facile, qu’on ne les amène pas et on ne s’en sortira pas. » (Bodinier, 1987, pp. 161-171).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc produit un second mémorandum adressé à De Gaulle pour dénoncer l’inertie des services gouvernementaux à Paris : « Il serait temps que l’on comprenne que rien ne sert de se décharger sur des subordonnés de problèmes qui ne se peuvent traiter qu’à l’échelon « gouvernement ». » (Bodinier, 1987, p 163) Au passage, il épingle D’Argenlieu : « […] l’arrivée prématurée de l’amiral D’Argenlieu [à Chandernagor] a été mal vue par les Anglais car leur propre gouverneur de Birmanie n’arrivera pas avant deux mois. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’adresse aussi à D’Argenlieu demeurant toujours à Chandernagor, lui rappelant un précepte qui lui est cher : « La solution des problèmes politiques concernant l’Indochine sera malheureusement du domaine de l’avenir pendant de longues semaines en raison de la lenteur des opérations alliées […] Pendant cette période d’attente, le principal écueil consistera en déclarations prématurées, avant d’être en contact avec la réalité des faits. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 136). Une manière de dire à D’Argenlieu de demeurer silencieux et d’attendre que la situation militaire soit éclaircie avant de venir faire de la politique dans la péninsule… Le général revient aussi sur sa subordination à l’amiral qu’il vit mal : « Il eut été préférable de concentrer entre les mains d’un même homme les pouvoirs civils et militaires […] Le général De Gaulle, pour des motifs de politique intérieure, n’a pas voulu le faire malgré les services que je lui ai rendus depuis cinq ans. J’ai « encaissé » le fait pour les motifs suivants : estime profonde que j’ai pour votre personne, intérêt supérieur immédiat du pays, enfin probité vis-à-vis des volontaires pour l’Extrême-Orient puisque je sais que beaucoup parmi eux ne seraient pas venus si je m’étais récusé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 57)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, il s’adresse par lettre de Kandy à son ami René Pleven (commissaire aux Affaires étrangères et vieil ami de Leclerc). Le ton est aussi franc que vif : « Savez-vous que Paris s’obstine à répondre pour des questions de &#039;&#039;shipping&#039;&#039; et autres : débrouillez-vous sur place avec les Anglais et les Américains, alors que ceux-ci répondent avec netteté : seuls des ordres de notre Gouvernement comptent ? Par conséquent, c’est de Paris, par des accords politiques que ces problèmes peuvent être résolus, etc. J’ai estimé la question tellement grave que j’ai écrit quelques lignes directement au Général, afin qu’une décision soit prise. Si vous le pouvez, appuyez en ce sens. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 122) Il ajoute dans ce même courrier et en le déplorant : « J’ai essayé, en alertant Paris à temps, pendant que le général De Gaulle était à Washington, de supprimer cette terrible occupation du Tonkin et du Laos par les Chinois, qui peut être pour nous source de difficultés très grandes. Je n’ai reçu aucune réponse à mes télégrammes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 116) Au passage, il ré-épingle (voir ci-dessus) l’arrivée prématurée de D’Argenlieu à Chandernagor : « Ici le travail commençait à tourner, en particulier les Alliés se félicitaient  de savoir enfin à qui s’adresser pour les problèmes de cette malheureuse Indochine. Patatras ! J’apprends par eux l’arrivée cet après-midi de l’amiral D’Argenlieu avec 61 Français. Cette arrivée provoque l’arrêt chez nos bons Alliés, car ils savent parfaitement qu’avant deux mois il n’y a pas d’activité simultanément possible pour un Commandement supérieur et pour un Haut-commissaire. Nous allons donc retomber dans le drame de déclarations politiques prématurées, impatiences funestes, etc… »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 127) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 S’adressant à Bidault (Affaires étrangères), Leclerc se plaint de l’attitude des Chinois à l’égard de la France : « Cette occupation est un véritable scandale et grève très largement l’avenir de notre Indochine […] Alors que pour la zone sud, les Britanniques font tous leurs efforts pour nous aider, et pour permettre à la souveraineté française de s’affirmer, les autorités chinoises au contraire, pour la zone nord, ne cessent de nous créer des difficultés tant au point de vue intérieur qu’au point de vue militaire. » (DDF, 2000, tome 2, document n° 164, pp. 426-427) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 septembre 45 : Réunion de travail à bord du &#039;&#039;Bir Hakeim&#039;&#039; en vol pour Kandy (Ceylan). D’Argenlieu y instruit ses projets pour l’Indochine. Au vu de la situation chaotique au Tonkin et en Annam, il faut prendre des contacts avec « les divers partis nationalistes ». Des commissaires représenteront le haut-commissaire auprès des gouvernements locaux. Il faut mettre en action au plus vite la déclaration du 24 mars. Le VM se sent incapable de prendre la responsabilité du pays et « requiert l’assistance de la France pour de l’y acheminer. » L’amiral reviendra sur ce point précis dans son instruction du 15 en estimant que le VM n’est qu’un « parti » et non un « gouvernement ». Les autochtones doivent « occuper des postes administratifs importants. » « La France continuant à prêter son concours de nation agissante et protectrice, garde des prérogatives indiscutables : primauté de juridiction et primauté d’honneur. » « Nous ne devons pas oublier que nous revenons en Indochine avec un esprit de service et non de domination. » L’œuvre des prédécesseurs (colonialistes…) « doit être poursuivie et perfectionnée et non pas dénigrée, encore moins tenue pour rien. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 416-417).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée de D’Argenlieu à Kandy&#039;&#039;&#039; à 18 h 30. &#039;&#039;&#039;Il a produit durant le voyage des « instructions politiques »&#039;&#039;&#039; dans une première note dont Sainteny est très probablement le destinataire (l’annexe 5 de ce document reproduite partiellement &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 421-422 ne le désigne pas nommément mais Sainteny, 1970, p. 71 évoque ce premier contact avec l’amiral; voir également Devillers, 1988, pp. 88-90). Elle résume la pensée politique de l’amiral pour l’avenir. Il faut reconstituer en Indochine une forme de « protectorat »,  même si, officiellement, ce mot « doit être écarté » : « Il s’agit de reconstituer une véritable protection de la France à l’égard des populations indochinoises, c’est à dire permettre à celles-ci de se mûrir politiquement et de se développer économiquement en s’appuyant sur la France, dans le respect de leurs traditions et de leurs aspirations propres [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 89). Il a précisé au préalable : « Nous avons […] à discuter loyalement avec les représentants qualifiés des populations indochinoises pourvu que ce soit dans le calme et en dehors de tout chantage ou de toute menace […] C’est dans cet esprit que nous avons à entrer en contact avec le parti Vietminh […] puis avec tous les autres partis. Mais il s’agit de s’informer réciproquement, non de négocier. Nous ne pourrions négocier qu’avec un gouvernement. Or le Vietminh est un parti et non un gouvernement […] nous ne pouvons d’avantage parler d’indépendance. Nous n’y sommes d’ailleurs pas autorisés […] Nous devons pratiquer une politique d’émancipation administrative et politique. » La question de la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; est également à proscrire. Il faut agir prudemment, « éviter la lenteur autant que la précipitation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 151-152) A l’évidence, D’Argenlieu s’efforce d’ignorer que depuis les 27 et 28 août un gouvernement a proclamé à Hanoi une république qui exige la totale indépendance du Vietnam… Pas un mot sur son existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu est accueilli par Leclerc à Kandy. Il s’est arrêté là pour préparer la reconquête de Saigon et surtout y rencontrer Mountbatten. L’amiral et le général britannique évoquent ensemble ce qu’ils considèrent comme  les « décisions fâcheuses » de la conférence de Postdam. L’entrevue sera brève, Mountbatten partant dès le lendemain pour Singapour. Avec Leclerc, D’Argenlieu évoque la question du débarquement des troupes françaises qui ne pourra avoir lieu avant la mi-octobre faute de transports alliés disponibles (D’Argenlieu, 1985, pp. 40-42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM instaure par décret le suffrage universel. Il appelle à la tenue d’élections nationales prévues  initialement pour le 23 décembre en vue de former une assemblée constituante, un gouvernement officiel et l’élaboration d’une constitution (voir 6 janvier 1946). La date pour ces élections devra toutefois être revue par un nouveau décret en date du 18 décembre sous la pression des partis prochinois qui estiment ne pas disposer de suffisamment de temps pour faire campagne (Fall, 1960, p. 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, le VM est en train de bouleverser totalement l’ordre social : le mandarinat est supprimé, remplacé par des « Comités populaires » noyautés par les communistes. HCM se débarrasse de ses ennemis en les faisant assassiner. Le chef trotskiste (Tha Thu Tan), l’ancien chef de cabinet de Bao Daï (Pham Quynh), les nationalistes profrançais et le frère de Diem (Ngo Dinh Khoi, chef de la province de Quang Nam, enterré vivant) sont exécutés. Selon De Folin, le régime instauré est tout sauf une « Démocratie populaire », car dans les faits, elle est bien plus dure que ses homologues européens. Paris feint de l’ignorer (De Folin, 1993, p. 118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de la section coloniale de l’état-major général de la Défense nationale sur la « situation en Indochine en date du 8 septembre 1945 » affirme : « Au Tonkin, le parti Viet-Minh, nationaliste sur le plan extérieur, communiste à l’intérieur, s’appuyant sur une organisation assez puissante de bandes armées (25 000 hommes, dit-on) et sur les facilités que lui ont toujours accordées les Chinois, s’est efforcé de constituer un gouvernement à Hanoi […] En résumé : le rétablissement de notre souveraineté en Indochine va se heurter, en Cochinchine comme au Tonkin, à l’hostilité d’intellectuels, à l’hostilité d’intellectuels nationalistes inspirés depuis longtemps par Moscou. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 147-148, note 200)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, deux officiers supérieurs, l’un britannique, l’autre français (commandant Gallois) sont envoyés à Phnom Penh. L’Anglais invite les Japonais à ne plus s’immiscer dans les affaires cambodgiennes (voir 9 août). Le Français, quant à lui, est là pour rétablir le contact avec le gouvernement royal. Or, le ministre des Affaires étrangères pro-japonais, Son Ngoc Thanh, devenu chef du gouvernement, n’accepte de négocier que si la France reconnaît préalablement l’indépendance du pays (Gras, 1979, pp. 54-55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Entrée des troupes chinoises au Tonkin,&#039;&#039;&#039; avec leurs protégés vietnamiens, des hommes du V.N.Q.D.D., du Dong Minh Hoi et du Daï Viet. Ces troupes sont environ au nombre de 150 000 hommes, commandés par le général Lou Han, sorte de « seigneur de la guerre » au passé sulfureux qui considère que l’occupation du Tonkin est une opportunité pour l’enrichir à titre personnel. Selon d’Argenlieu, « ne réclame-t-il pas du Haut-commissaire un tribut mensuel de cinquante millions de piastres, au cours officiel de 17 francs, soit neuf cents millions, pour ses frais de général en chef ?… » (D’Argenlieu, 1985, p. 97). Lou Han est peu fidèle aux idéaux du Guomintang. Son degré de corruption n’est un mystère pour personne. Un des dirigeants de la Banque d’Indochine le décrit comme « l’un des hommes les  plus riches de la terre » (Salan 1, 1970, p. 285). En l’envoyant au Tonkin, Tchang Kaï Chek s’est débarrassé d’un de ses généraux sur lequel il a peu d’autorité. Ces soldats, venus en très net sureffectif pour désarmer 30 000 Japonais, se comporteront plus comme des pillards que comme une troupe de pacification (Valluy 1, 1967, pp. 30-31). Le VM qui contrôle alors plus ou moins la région laisse faire et est obligé de composer. Les Chinois chassent progressivement les comités populaires du VM en les éliminant physiquement et installent au fur et à mesure de leur avancée leurs propres comités administratifs, épaulés par les membres du V.N.Q.D.D., du D.M.H. et du &#039;&#039;Phuc Quoc&#039;&#039; qui les accompagnent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Évoquant les Chinois, HCM confie à l’un de ses familiers, Nguyen Long Bang : « Ce ne sont pas des gens à qui faire confiance, loin de là. Ils vivront à nos crochets et nous feront tout le mal qu’ils pourront […] Il faudra avoir le courage de tout supporter, savoir ruser et rester toujours sur nos gardes. Tout devra être calculé, ce qu’on leur cèdera, comme ce qu’on leur refusera. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 77) Tous vont mettre en coupe réglée une région déjà éprouvée par la famine de l’hiver 1944-1945 (De Folin, 1993, pp. 117-118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le major Archimedes Patti est de retour à Hanoi mais sait que désormais ses jours sont comptés. Le général Gallagher, chef du M.A.A.G. qui vient juste d’arriver, estime que « Patti parle trop et d’une manière insinuante auprès des Annamites, des Français et des Japs […] Personnellement, je ne l’aime pas tellement et j’ai l’impression qu’il s’efforce d’élargir son champ d’action et de se donner de l’importance. » Il conseille de le faire relever de ses fonctions rapidement (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre) (Pedroncini, 1992, pp. 62-63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc renonce partiellement à utiliser la brigade de Madagascar (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; Brigade d’Extrême Orient). Ses effectifs sont refondus car l’emploi de troupes malgaches ou noires en Indochine est toujours jugé inopportun tant pour des raisons politiques que raciales. Seuls les éléments blancs, soit 1 000 hommes et 200 tirailleurs indochinois, seront acheminés après avoir été complétés par des renforts blancs. L’argumentation de Leclerc repose sur plusieurs critères : xénophobie des Indochinois à l’égard des troupes noires ; ne pas prêter flanc aux critiques américaines qui dénoncent le colonialisme français ; empêcher la diffusion d’idées nouvelles et révolutionnaires parmi les troupes noires (Bodinier, 1987, p. 29 ; Cadeau, 2019, pp. 151-152). Du fait de ces réticences envers les troupes noires, dès le début de la constitution du C.E.F.E.O., la pénurie en effectif est donc déjà présente avant qu’elle ne devienne durable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 – 13 septembre 45 : Leclerc se rend à Singapour pour acter la reddition des forces japonaises du Sud-Est asiatique (Pedroncini, 1992, p. 392).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 45 : Les troupes chinoises prennent progressivement la place des Japonais à Hanoi et Haïphong (Pedroncini, 1992, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny fait savoir que « les Vietminh seraient prêts à envoyer un délégué à Calcutta [auprès de la D.G.E.R.] mais insistent surtout sur Paris. Nous avons là, me semble-t-il, une excellente occasion de gagner du temps. Je dirais en sorte ici que les Vietminh puissent en tirer avantage et n’y voient pas une reconnaissance de fait. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une  note à l’intention du directeur de la D.G.E.R. précise : « Il ne faut pas cependant se dissimuler le dynamisme de la force naissante du Viet-Minh. Le Viet-Minh est un front politique dont l’élément communiste est le parti agissant. Il est actuellement antichinois. A Hanoi et Saigon, il détient un pouvoir de fait et le gouvernement annamite se serait effacé devant lui. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 147-148). Cette note sera transmise à Bidault (ministre des Affaires étrangères).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 45 : Le congrès du parti communiste indochinois (P.C.I.) proclame : « Le Parti prend à lui seul la direction du front vietminh. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu de Kandy adressée à Leclerc suite à la note du général en date du 7 qui posait le problème d’une gouvernance bicéphale voulue par De Gaulle en Indochine. L’amiral y fixe le rôle de chacun et surtout rappelle le sien : « […] Les pouvoirs  civils et militaires dès cette période initiale sont concentrés entre les mains d’un homme. Le décret d’État portant création et organisation du Haut-commissariat, ainsi que mes instructions rédigées et signées par le général De Gaulle, en font foi. J’en assume toute la responsabilité. Tel est mon clair devoir. Au reste, quand vous me connaîtrez mieux vous saurez que ma conception du commandement, pareille à la vôtre je l’augure, s’accompagne d’une disposition habituelle et ferme à laisser mes collaborateurs la plus large initiative pour atteindre, dans leur sphère propre, les buts assignés avec les moyens mis à leur disposition. » L’avenir montrera que les choses vont être plus délicates et complexes qu’elles ne sont exposées ici (D’Argenlieu, 1985, pp. 419-420). Les querelles de préséance entre l’amiral et le bouillant général ne font en fait que commencer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, toujours à Hanoi, est à la fois inquiet et un peu trop optimiste. Il observe : « Mon impression est que la faillite du G.R.A. [gouvernement provisoire annamite] est certaine. Déjà la lassitude s’empare de la population, qui mesure l’inexpérience et l’incapacité de ses membres. Certains milieux restés profrançais réagissent. Avec le départ des Japs, l’occupation chinoise, la misère consécutive à l’incurie du G.R.A., le mouvement anti-français se calmera de lui-même. Nous devons attendre […] mais ne recourir qu’à des manœuvres politiques. » Il recommande de ne pas évoquer sur les ondes le projet d’envoi du corps expéditionnaire (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de renseignement de la D.G.E.R. poursuit les recherches pour tenter de mieux cerner le personnage trouble d’HCM (voir 18 septembre) : « Le dénommé Ho, chef du Viet-Minh en relations avec les Américains, est bien Hô Chi Minh, vrai nom Nguyen Ai Quoc, alias Ho Coc Tsing, alias Pru Cri, est vraisemblablement le chef du Viet Minh pour toute l’Indochine. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 148)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 septembre 45 : Ouverture de la &#039;&#039;&#039;conférence des « Cinq grands » à Londres&#039;&#039;&#039;. Sont invités les ministres des Affaires étrangères des U.S.A. (Byrnes), de la Grande Bretagne (Noel-Baker), de l’U.R.S.S. (Molotov), de la Chine (Ouang Chi Tchich) et de la France (Bidault). Elle fait suite à celle Postdam (voir (voir 17 juillet – 2 août) à laquelle les Français n’avaient pas été invités et où avait été décidé sans leur consentement l’occupation du Vietnam par les Anglais et les Chinois. (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; des 12, 13 août 1945) Concernant l’Indochine, selon Marangé, Français et Britannique concluent à Londres un accord sur la restauration de l’autorité française en Indochine. (Marangé, 2012, p. 147) Pour autant, Truman n’a pas abandonné les préoccupations de son prédécesseur quant au sort des populations indochinoises. D’où l’attitude déconcertante pour les Français de l’O.S.S. à Hanoi incarnée en la personne d’Archimedes Patti ou du général Wedemeyer (chef d’état-major de Tchang Kaï Check) à Chunking (siège de l’O.S.S. dirigé par le colonel Richard Heppner) qui continuent à mener à l’égard des Français la politique anticolonialiste préconisée par Roosevelt (Pedroncini, 1992, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Retour de D’Argenlieu en provenance de Kandy à Chandernagor&#039;&#039;&#039; (Inde, près de Calcutta, ancienne possession française) &#039;&#039;&#039;où il prend ses fonctions&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 91).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon par avion des premiers renforts des toutes premières troupes britanniques (80&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; brigade de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne composée de Gurkhas) et des premiers éléments français (5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., effectif d’une compagnie soit 120 hommes). En théorie, leur unique mission est de désarmer les 70 000 Japonais au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, sachant qu’ils ne sont pas assez nombreux (2 500 hommes) pour s’occuper d’autres tâches qu’ils devront cependant assumer. Selon un rapport de Leclerc, « le plan anglais comportait l’occupation successive de cinq régions, centrées respectivement sur Saigon, Mytho, Nha Trang, Phnom Penh et Dalat. L’arrivée de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue devait être échelonnée sur un mois environ. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 186) Mais le chaos qui règne à Saigon retardera ce déploiement et celui-ci sera rapidement et nécessairement restreint géographiquement (voir 21 septembre). Ces troupes s’occupent donc de rétablir dans un premier l’ordre dans une ville en totale ébullition. Selon un militaire français, on voit « des banderoles rédigées en anglais [qui] proclament l’indépendance et souhaitent la bienvenue aux Britanniques. Partout une profusion de drapeaux rouges frappés de l’étoile jaune d’où émergent quelques drapeaux alliés. Aucun drapeau français. Aucun Blanc dans les rues. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Cadeau, 2019, p. 145).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon la convention d’armistice, le maintien de l’ordre reste dévolu aux Japonais et non aux Britanniques mais ce sont eux qui seront finalement contraints d’accomplir la tâche (Francini 1, 1988, p. 235). Le peu de troupes françaises débarquées ne peut maintenir à lui seul l’ordre : ces soldats sont désormais considérés comme des occupants, des « Français 45 » qui amalgament trop rapidement la population locale en résistants-gaullistes ou collaborateurs-vichystes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La colère gronde dans la communauté française et c’est Jean Cédile (commissaire de la République au Sud) qui en fait les frais. Il personnifie à lui seul le retour raté de la France : on l’accuse de mollesse à l’égard du VM, d’indécision, de n’avoir pas fait oublier son arrivée ridicule (voir 24 août) et d’être, selon la population française locale, un pur « Français 45 » (Francini 1, 1988, p. 238 ; voir le rapport de Cédile à Leclerc &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 180-181).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alors que les troupes britanniques (20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue du général  Devey et deux compagnies du C.L.I.) arrivent, une très grande tension règne dans la capitale de Cochinchine&#039;&#039;&#039; entretenue par le Comité du Nam Bo, les ultranationalistes en recherche de vengeance, les sectes caodaïstes et Hoa Hao (vieilles ennemies du Vietminh), les trotskistes (autres ennemis des VM et dont leur leader, Ta Thu Tau, a été assassiné par eux), les prisonniers revanchards de Poulo Condor libérés par les nippons, les Japonais voire des bandes voyous soutenus par ces derniers (Binh Xuyen). Saigon est une véritable poudrière au bord de l’explosion (voir le rapport de Cédile du 10 octobre). Les Alliés demandent au général Terauchi d’ordonner le désarmement général. Mais les Japonais y mettent peu d’entrain, laissant pourrir la situation. Les Européens (25 000 personnes) et les Annamites de nationalité française (considérés comme « Vietgian », « traitres à la patrie ») s’en sentent d’autant plus menacés, eux, mais aussi les métis, aussi détestés. Des bandes armées défilent dans les rues de Saigon, s’observant, du moins pour l’instant (Francini 1, 1988, pp. 236-237).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, qui a dû quitter le palais du gouverneur général d’Hanoi sous la pression des Japonais, Vietnamiens, Chinois et Américains, doit s’installer dans un « modeste immeuble » de la ville (Sainteny, 1967, p. 104).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après celui du 5, le VM prend un nouveau décret qui interdit les partis appartenant à l’alliance du Daï Viet (pro-japonais). Progressivement leurs membres seront éliminés physiquement (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 181).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Le général britannique Gracey atterrit à Saigon&#039;&#039;&#039; avec les premiers officiers de la Commission de contrôle alliée qu’il commande. Il est également le chef des forces alliées en Indochine (&#039;&#039;Allied Land Forces Indo China&#039;&#039;) et répond, à ce titre, aux ordres du général Slim. Sa mission est particulièrement lourde : prendre le commandement du Q.G. de l’armée japonaise au Sud, désarmer et concentrer ses troupes, procéder au rapatriement des prisonniers de guerre et mettre en place une administration civile. Il est avant tout venu avec l’idée qu’il est temporairement là pour aider les Français à reprendre le contrôle de l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, contrairement aussi à l’idée que se fait Mountbatten (commandant suprême des forces alliées dans le Sud-Est asiatique) du rôle des Anglais en Indochine (voir 22 septembre). Ce dernier, peu convaincu par le sens de la mission imposée par la conférence de Postdam, n’a d’ailleurs envoyé qu’un contingent très mesuré de troupes britanniques au Vietnam. Gracey se déclare responsable du maintien de l’ordre jusqu’à l’arrivée des Français (De Folin, 1993, p. 105 ; Cadeau, 2019, pp. 129-130). Les premières troupes anglaises sont constituées de Gurkhas hindous appartenant à la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division. Ils sont acclamés, selon Valluy, aux cris de « A bas la France, vivent les Alliés libérateurs ! » (Valluy 1, 1967, p. 19) Au total, les Britanniques ne disposeront que de 15 000 hommes au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle pour contrôler 70 000 Japonais et accomplir la lourde tâche qui leur est confiée (D’Argenlieu, 1985, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement provisoire vietnamien publie une série de décrets dont l’un donne à son service de Sûreté « le droit d’arrêter tout individu dangereux pour la sûreté de la République du Vietnam » (Fall, 1960, p. 44). L’État vietnamien se dote de tribunaux d’exception (tribunaux révolutionnaires). Selon Tran Van Chieu, ils « sont destinés à juger tous les coupables accusés d’atteinte à l’indépendance de la République Démocratique du Vietnam. Ils sont composés d’un juge militaire et de deux assesseurs, dont le premier est un délégué ou commissaire politique, et le second un magistrat de carrière. Le Délégué de la République Démocratique doit appartenir à l’armée. Il n’y a pas de législation spéciale pour la défense de l’accusé qui peut se défendre lui-même ou choisir un défenseur. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 50 ;  Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 181-182)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A son retour de Singapour où il a participé le 13 à la signature de la reddition japonaise, Leclerc n’a toujours eu aucune réponse de De Gaulle à son message du 22 août. Ce dernier ne considère que D’Argenlieu est son seul interlocuteur pour l’Indochine. Mais Leclerc a reçu un autre message lui ordonnant de se rendre à Saigon au plus vite, quels que soient les moyens dont il dispose. Or ces moyens sont assez dérisoires. Ce message n’est toutefois pas pour déplaire à Leclerc qui se n’apprécie guère à Kandy ni Mountbatten (qui ne partage pas ses idées) ni son état-major qui ne semble rien faire pour aider la cause française. Leclerc se sent seul et le fait savoir durement à D’Argenlieu : « Amiral, vous m’aviez promis votre concours : or, un mois après mon arrivée rien n’a pu encore être fait […] Si j’échoue, le peuple français en connaîtra les raisons. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 114-115)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, excédé par les silences de sa hiérarchie, transmet à la D.G.E.R. de Calcutta le télégramme suivant a faire suivre dans la capitale française : « Il est inadmissible que Paris ne comprenne pas les cris d’alarme que je vous transmets depuis trois semaines et que le gouvernement provisoire de la République française se refuse, soit à investir de pouvoirs suffisants un Français quelconque déjà sur place, soit à risquer un avion porteur d’une personnalité ayant sa confiance auprès des Alliés et qui s’opposerait officiellement à cette entreprise de spoliation générale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 200). Il envoie un de ses proches, Roland Sadoun (alias Robert Sauvagnac), à Chandernagor. Ce dernier fait un rapport alarmant à D’Argenlieu sur ce que vivent les Français civils et militaires au Tonkin. Il est écouté. Selon Sadoun, « il [D’Argenlieu] me donna le sentiment d’aborder les problèmes d’Indochine avec lucidité, ce qui ne fit que renforcer ma surprise devant certaines positions qu’il adoptera plus tard. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 200)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Arrivée et installation du général chinois Lou Han à Hanoi&#039;&#039;&#039; avec la 62&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée chinois du Quangsi et les 59&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 60&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armées du Yunnan, soit pas moins de 150 000 hommes pour désarmer les 30 000 Japonais prisonniers au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Pedroncini, 1992, p. 43). Les Chinois ne manifesteront aucune intention de renverser le gouvernement vietnamien mais un rapport de Leclerc signale que leur arrivée « s’est heurtée à des résistances parfois assez sérieuses de la part des troupes du Vietminh » et qu’ « elle a été accompagnée de sévices et de violences tant vis-à-vis des Français que des Annamites. » (Bodinier, 1987, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Paris, le directeur des Affaires politiques du ministère des Colonies depuis 1943, Henri De La Laurentie, donne une conférence de presse et a des entretiens avec des directeurs de journaux dont le contenu est aux antipodes de ce que veulent remettre en place D’Argenlieu et De Gaulle en Indochine (voir 8 et 16 septembre). Il leur confie : « Ce que les Indochinois désirent, c’est que la France considère enfin que l’Indochine n’est plus une colonie […] » et précise que « le Gouvernement  a clairement manifesté qu’il entendait bien que les rapports entre la France et l’Indochine ne soient plus de Métropole à colonie, mais tendent à l’égalité […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 91) Pour lui, « ce qui est essentiel, c’est que nous comprenions parfaitement ce qu’il y a d’aspiration nationale légitime dans la thèse du parti Vietminh. » Ce genre de déclarations publiques lui vaut les foudres de De Gaulle (Pedroncini, 1992, p. 151). Pour autant, il ajoutera encore : « Quelles que soient  l’allure du Viet-Minh, quelles que soient ses compromissions avec les Japonais et les autres, indiscutablement la seule politique qui s’offre au gouvernement aujourd’hui est, je ne dis pas de traiter expressément avec l’aspiration nationale qu’il représente. Si ce n’est pas par ses chefs qu’elle est représentée, ce sera par d’autres, mais ce sera avec cette aspiration nationale qu’il conviendra à la France de traiter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 151)  Ces déclarations, pourtant réalistes, mettront à nouveau dès le lendemain de leur publication De Gaulle en fureur. La Laurentie est recadré vertement et doit finalement rentrer dans le rang de la pensée gaullienne. Il cherchera toutefois, sans démissionner, à quitter ses fonctions (voir 11 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des conflits armés éclatent entre le VM et les Hoa Hao à l’extrême Sud de la péninsule où la secte contrôle 6 provinces. Un des dirigeants de la secte, qui s’était rallié au VM, vient d’être condamné à mort (Bodinier, 1987, p. 177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 septembre 45 : D’Argenlieu produit de Chandernagor de nouvelles instructions politiques  en vue de « la réinstallation de l’autorité française en Indochine » qui rééditent avec la même myopie que celle du 8 septembre. Selon lui, pressentant sans doute certaines difficultés à venir, « il serait inadmissible que chacun d’entre nous puisse suivre une politique qui lui soit personnelle parce qu’il la croit meilleure. » La déclaration du 24 mars demeure un cadre « qui ne doit pas être considérée comme ayant fixé de manière immuable les nouvelles institutions de l’Indochine. » Mais ce cadre ne peut être négocié « qu’avec un gouvernement, or le Vietminh est un parti et non un gouvernement. » En cela, l’amiral fait à nouveau preuve d’un total manque de clairvoyance en niant la proclamation le 29 août d’un gouvernement provisoire dirigé par le seul VM et celle de l’indépendance du 2 septembre. D’Argenlieu entend entrer « en contact avec les autres partis politiques annamites », imiter les modèles laotien et cambodgien car le régime qu’il propose « est exactement celui du protectorat », même si ce mot, trop connoté par le passé, doit être « écarté »… Le mot « indépendance » doit lui aussi être banni car le Vietnam manque de « maturité politique ». Tout au plus peut-on pratiquer « une politique « d’émancipation » administrative et politique ». Tout en s’efforçant de nier la réunification du Vietnam accordée dès le 9 mars par les Japonais et incarnée par la mise en place de Bao Daï : « Il convient de ne pas  parler prématurément de la fusion Tonkin-Annam-Cochinchine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 170) D’Argenlieu entend ici mener à bien la stratégie colonialiste rôdée du « diviser pour mieux régner » : « l’émancipation administrative […] doit tendre à l’organisation de gouvernement locaux proprement indochinois […] ». Son propos a des relents colonialistes : « Il ne s’agit pas de critiquer aveuglément l’œuvre antérieure de la France, mais de la continuer en la perfectionnant compte tenu des éléments nouveaux de la situation. » La question de la réunification ne peut pas être abordée tant que le pays sera occupé et « c’est seulement une assemblée consultative largement représentative des populations qu’il conviendra de saisir d’un tel problème […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 171-175 ; DDF, 2000, tome 2, document n° 189, pp. 483-486).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Alessandri précise dans un télégramme : « Gouvernement annamite Hanoi sous totale emprise du Viet-Minh » (Turpin, 2005, p. 147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Embarquement à Marseille des 2 200 hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. de Massu réclamée à cor et à cris par Leclerc (voir 28 août et 7 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note de la direction Asie-Océanie adressée à Bidault (Affaires étrangères) pour dénoncer l’occupation d’une partie du Laos par les Chinois. Cette intervention se justifie d’autant moins qu’il n’y a très peu de Japonais à désarmer dans le pays (DDF, 2000, tome 2, document n° 186, p. 478).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 45 : Lettre de De Gaulle à D’Argenlieu (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 63-64 ; DDF, 2000, tome 2, document n° 191, pp. 488-489) transmise par le biais de Leclerc. Le général Alessandri et son détachement doivent arriver au plus vite à Hanoi. Le Général enjoint ensuite à D’Argenlieu : « Ne prenez et ne laissez prendre à l’égard des gens du Vietminh aucun engagement quelconque. » Il précise par ailleurs : « Quand du côté allié on vous proposera de « bons offices », refusez catégoriquement. Nous ne traitons pas de nos sujets [sic] par le truchement de l’étranger. » Ni les Chinois, ni les Britanniques (qui « gardent une attitude hypocrite » en ne fournissant pas de moyens de transport aux Français), ni même les Américains n’ont à s’immiscer dans ce qui demeure aux yeux de De Gaulle une chasse gardée purement française. Il précise, en pressant un peu l’amiral : « En attendant, il faut être sur place, dès que possible, c&#039;est-à-dire tout de suite pour Leclerc et fin octobre pour vous. » Enfin, le Général ajoute : « Je fais tout, personnellement, pour hâter l’envoi des moyens personnel et matériel. Mais cela durera longtemps […] » Beaucoup d’exigences gaulliennes mais toujours aussi peu de moyens… Leclerc ne remettra cette lettre à son destinataire que le 3 octobre et D’Argenlieu y répondra de Chandernagor le 5.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Kandy, Leclerc envoie son chef du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, le colonel Repiton-Preneuf, à Chandernagor pour assurer la liaison avec D’Argenlieu. Dans une lettre qu’il confie à son adjoint, il prend soin de mentionner : « Je suis sûr que vous trouverez dans ma démarche aucun mobile personnel, aucune arrière-pensée, et que vous réserverez à Repiton bon accueil. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 128) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 septembre 45 : Le Vietminh décrète une grève générale qui sera suivie partiellement. Elle est accompagnée de violences contre les Français (arrestations arbitraires, violences contre les Vietnamiens francophiles). Ces exactions sont loin d’être dues au seul VM. Les conséquences directes en seront qu’il n’y aura plus d’eau ni d’électricité à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, Cédile estime dans un rapport adressé à Leclerc que « la situation à Saigon, qui fut à un moment grave et même angoissante, évolue vers le calme. » Les Japonais ont installé « un service d’ordre important » (voir 4 septembre) et les premiers contingents britanniques sont arrivés. Des pillages ont cependant toujours lieu ici et là. Cédile mentionne une rencontre qui a eu lieu avant l’insurrection du 2 septembre avec des membres du comité du Nam Bo : « Je me suis heurté à des gens absolument butés sur le mot « indépendance » ». Seul ce mot peut débloquer la situation même si des concessions aux Français sont envisageables : « notre pays garderait une situation privilégiée et largement dominante. » Des discussions strictement secrètes se poursuivent car les interlocuteurs de l’auteur de ce rapport « craignent d’être désavoués par la population. » (Bodinier, 1987, pp. 176-177) Cédile persuade le général Gracey que le moyen le plus sûr pour rétablir l’ordre à Saïgon est de tenter un coup de force contre le Comité exécutif provisoire de Tran Van Giau et de libérer et armer les troupes françaises prisonnières des Japonais. Il promet que le coup de force se fera sans violence (Cesari, 2013, p. 35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Signature sans cérémonie à Hanoi de l’acte de capitulation des Japonais en présence des Chinois (Bodinier, 1987, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme de Jacques Soustelle (ministre de l’Information) fait réponse à un courrier de Leclerc dans lequel ce dernier se plaignait de la trop grande importance accordée selon lui aux nationalistes vietnamiens dans les moyens d’information français. Dans sa réponse, Soustelle se défend et déplore toujours un manque d’information : « Nous n’avons pas accordé une importance exagérée au Vietnam. Vous devez vous rendre compte que d’innombrables messages d’agences américaines et anglaises, souvent conçus dans un esprit antifrançais manifeste, retracent chaque jour les activités des nationalistes indochinois. Force-nous était donc de ne pas paraître ignorer ce sujet […] Je vous demande donc instamment de tout mettre en œuvre pour que le ministère de l’Information reçoive en abondance des nouvelles précises et dignes de foi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 60-61)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 45 : Au Sud, face à une situation plus que chaotique, le lieutenant-colonel Dewey de l’O.S.S. (« un idéaliste rooseveltien » selon Franchini) s’efforce en vain de jouer les médiateurs. Il organise secrètement une rencontre entre l’actuel président du Comité de libération du Nam Bo (Pham Van Bach, successeur de Tran Van Giau), les leaders locaux du Vietminh (Tran Van Giau, Duong Bach Mai) et le syndicaliste Nguyen Van Tao. Tous sont d’accord pour dire qu’il est trop tard pour ne pas voir la situation dégénérer car la présence de militaires français à Saigon est considérée comme une véritable provocation. Dewey en informe Cédile. Celui-ci considère que le Vietminh ne représente pas toute l’opinion du peuple en Cochinchine et, qu’en l’état, il est bien incapable de maintenir l’ordre. Il ne peut s’en remettre qu’à Gracey pour protéger la communauté française (Francini 1, 1988, pp. 238-239 ; Bodinier, 1987, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à la D.G.E.R. (voir 11 septembre), une note de la Direction des Affaires politiques du ministère des Colonies (Direction Indochine) s’interroge toujours sur la véritable identité d’HCM : « On peut se demander si nos services de liaison en Indochine, en l’absence de renseignements absolument certains, ne se sont pas trop hâtés pour annoncer que Hô Chi Minh s’identifiait avec le fameux Nguyen Ai Quoc. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 148) Des informations (ou désinformations…) émanant de la délégation annamite en France prétendaient que le dirigeant était, selon eux, mort de tuberculose en 1934.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fidèle à l’esprit de la déclaration du 24 mars, De Gaulle déclare à T.V. Soong (beau-frère de Tchang Kaï Check et ministre des Affaires étrangères) : « Je ne puis évidemment arrêter en détail ma politique tant que la situation sur place sera aussi confuse qu’elle l’est. J’en sais assez cependant pour être sûr que l’administration directe ne pourra être rétablie. Dès lors, le but à atteindre, c’est l’association de la République française avec chacun des pays dont se compose l’Union. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 50)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le général chinois Lou Han arrive à Hanoï et installe son Q.G. dans les locaux du gouvernement général d’Indochine&#039;&#039;&#039; (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 18 au 19 septembre 45 : Le général britannique Slimes ayant fait savoir que le maintien de l’ordre à Saïgon ne faisait pas partie de sa mission, le capitaine Jacques part récupérer des armes à la Pyrotechnie en vue de réarmer les Français. Il les distribuera le lendemain. Cédile n’a pas été mis au courant de cette initiative et ne la connaitra que le 21 (Valette, 1994, p. 44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 1945 : Après bien des entraves provoquées par les Chinois, &#039;&#039;&#039;retour de Chine du général Alessandri&#039;&#039;&#039; (commandant des forces françaises stationnées en Chine du Sud) &#039;&#039;&#039;et de son conseiller, Léon Pignon&#039;&#039;&#039;, qui rejoignent l’équipe de Jean Sainteny à Hanoi (Varga, 2009, p. 282). Sainteny confie à Pignon « le soin de reconstituer les services administratifs et politiques ». (Sainteny, 1967, p. 121) Il informe Calcutta que « le G.R.A. [Gouvernement révolutionnaire annamite] ne cache plus son désir d’entente. » Il a fait savoir qu’il souhaitait une rencontre avec D’Argenlieu. Lui et Pignon n’y sont pas opposés et voient même là un moyen de s’opposer « au mouvement annamite prochinois qui cherche à exploiter l’arrivée des Chinois et les difficultés croissantes du Vietminh », ce qui, selon eux, ne peut être que bénéfique aux Français (Devillers, 1988, pp. 93-94)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle se plaint auprès de T.V. Soong (beau-frère de Tchang Kaï Check et ministre des Affaires étrangères) du comportement abusif des troupes de Lou Han et des difficultés faites au général Alessandri pour accomplir son retour en Indochine. Son interlocuteur lui promet de « faire cesser cet état de choses et de retirer ses forces d’Indochine. » Début d’une duperie qui durera jusqu’au départ des troupes chinoises qui n’aura lieu qu’un an plus tard, le 18 septembre 1946 (Gras, 1979, p. 74 ; DDF, 2000, tome 2, document n° 197, pp. 505-508).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français observent une intense activité américaine en Cochinchine grâce à la mise en place d’une ligne aérienne entre Calcutta et Saigon. Un rapport de Leclerc signale : « Une dizaine d’agents de l’O.S.S. se trouvent à Saigon où ils s’occupent officiellement des quelques prisonniers de guerre et internés américains dont le faible nombre ne justifie pas, semble-t-il, une mission aussi importante. » (Bodinier, 1987, p. 188) La récente venue de De Gaulle aux U.S.A. n’a donc visiblement en rien réglé ce problème récurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme La Laurentie (voir 24 août), Sainteny continue à jouer les pacificateurs (voir 5 septembre) : « Le G.R.A. [Gouvernement révolutionnaire annamite] ne cache plus son désir d’entente. Il insiste particulièrement pour qu’une conférence avec l’Amiral ait lieu avec prolongement et aboutissement à Paris. Pignon, qui a pris contact avec eux, est d’accord avec moi pour que cet engagement soit pris. J’insiste pour que nous maintenions le G.R.A. en selle en négociant, ce qui enlèvera ses chances de succès au mouvement annamite prochinois qui cherche à exploiter l’arrivée des Chinois et les difficultés croissantes du Viet-Minh. C’est la France qui doit être bénéficiaire de cette situation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 150-151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 septembre 45 : Face au désordre qui règne à Saigon (manifestations nationalistes), le général Gracey fait afficher une proclamation menaçante (voir 20 - 21 septembre) (Pedroncini, 1992, p. 392). Cédile, débordé, demande au général britannique de réarmer les militaires ex-prisonniers français. Malgré une directive datant du lendemain qui lui interdit de s’immiscer dans les affaires indochinoises, Gracey accepte (Devillers, 1988, p. 94).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise (dirigée par Lu Quoc Chang, 16 000 hommes) est arrivée au Laos fin août. Théoriquement elle est uniquement là pour désarmer les Japonais. Le 20, un de ses détachements se rend à Luang Prabang sous les ordres du général Peng Tso Hi. Le 23 est organisé un banquet au cercle chinois, banquet où ont été invités le commandant Imfeld (commissaire de la République au Laos) et ses officiers. Ces derniers sont rapidement cernés et désarmés. Le général chinois exige d’eux le désarmement des unités franco-laotiennes. Imfeld doit céder. Le lendemain, les Français sont relâchés et reçoivent des excuses mais leurs armes demeurent confisquées (Gras, 1979, p. 83). La 93e division demeurera au Laos (Cadeau, 2019, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM signe le texte de loi n° 53 accordant la nationalité vietnamienne à toute personne née d’un père vietnamien. C’est, selon Goscha, un moyen « pour bloquer toute tentative coloniale d’attiser les antagonismes, réels ou supposés, entre les minorités et l’État central qui prétendait gérer l’intégrité du territoire. » (Goscha, 2011, empl. 926).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport à D’Argenlieu, Cédile (commissaire de la République au Sud) écrit : « Je sais qu’ils [les VM] sont loin de représenter l’unanimité du pays. Ils sont tout de même à sa tête et ont des moyens d’action non négligeables. Leur grand désir  serait d’envoyer l’un d’entre eux à Paris pour discuter avec le gouvernement de ce que nous pourrions appeler les « modalités d’application de la déclaration du 24 mars 1945 ». » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée depuis peu à Hanoï en provenance de Chine du général américain &#039;&#039;&#039;Douglas Gallagher&#039;&#039;&#039;. Il est venu prendre la tête de la &#039;&#039;United States Military Advisory Section&#039;&#039; auprès de la mission chinoise d’occupation. Admirateur d’HCM avec lequel il entretient des relations très cordiales, il irrite les Français et tout particulièrement Jean Sainteny qui l’accuse de vouloir favoriser le démantèlement de l’Empire colonial français cher à l’ancienne administration Roosevelt. Gallagher œuvrera au Tonkin jusqu&#039;à ce qu’il soit lâché par l’administration Truman qui entend, en Europe, se rapprocher des Français. Ce sera la fin de ce qu’on a l’habitude d’appeler la « parenthèse enchantée » entre les Américains et le VM. Il quittera ses fonctions le 12 décembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il envoie ce jour un rapport qui va dans le sens de ce que voulait entendre l’administration Roosevelt : « Le parti annamite, le Vietminh, conduit par Ho Chi Minh qui en est le Premier ministre, est définitivement en selle, et Ho Chi Minh est un vieux révolutionnaire, plusieurs fois prisonnier politique, un produit de Moscou, un communiste […] Son groupe est un amalgame de partis moins importants. Il y a peut-être quelques factions plus petites de bandits, mais elles sont négligeables, c’est lui la force dominante. Ils visent maintenant à leur indépendance, et il m’a dit, quant à la décision des grandes puissances en ce qui concerne la permission donnée à la France de revenir ou non, que son parti s’attendait à combattre, qu’ils étaient armés, bien approvisionnés, et qu’ils résisteraient à tous les efforts français pour dominer l’Indochine libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 30)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soutenu depuis le début par les catholiques et les bouddhistes, le gouvernement HCM prend un décret qui punit de peines sévères ceux qui s’en prennent aux églises et aux pagodes et troublent les pratiques religieuses (Gheddo, 1970, p. 52).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 septembre 45 : Le général Gracey fait afficher la « Proclamation numéro 1 » dans laquelle il s’attribue la responsabilité du maintien de l’ordre au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. À Saigon, la situation est toujours plus que chaotique : sabotages, vols, actes de vandalisme (Francini 1, 1988, p. 240 ; De Folin, 1993, p. 105). Gracey fait connaître ses intentions de rétablir les Français à Saigon. Il proclame &#039;&#039;&#039;une loi martiale&#039;&#039;&#039; qui concerne toute l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle  : « […] A) Aucune démonstration, aucun défilé ne sera autorisé. B) Aucun meeting public n’aura lieu. C) Aucune arme de quelque type que ce soit, y compris bâtons, lances de bambou, etc., ne sera portée, sauf par les Britanniques et soldats alliés, et par d’autres forces de police possédant une  autorisation spéciale décernée par moi-même. D) Le couvre-feu déjà imposé par mes ordres, par les autorités japonaises entre 21 h 30 et 5 h 30 à Saigon et Cholon sera maintenu et strictement renforcé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 53-54) La presse vietnamienne est interdite. Des tribunaux militaires sont instaurés et peuvent aller jusqu’à prononcer des peines de mort (Francini 1, 1988, p. 240 ; De Folin, 1993, p. 105). Avec cette « proclamation », le général Gracey outrepasse son mandat et s’immisce dans les affaires intérieures de la Cochinchine, alors que ses ordres lui interdisaient de se mêler du maintien de l’ordre. Il tente ainsi de favoriser le retour des Français (Cadeau, 2019, p. 146).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme approuvé par De Gaulle précise que le « gouvernement ne peut se prononcer actuellement sur la forme qu’il donnera le moment venu, à sa reconnaissance du droit des peuples de l’Indochine à participer à leur gouvernement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 114) Une fois de plus, la métropole, déconnectée des réalités, s’enferre dans son immobilisme colonialiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mountbatten fait savoir à Leclerc que Londres envisage « dans le plus bref délai, le retrait des troupes anglaises d’occupation. L’Angleterre et son nouveau gouvernement travailliste ne veulent à aucun prix être engagés dans des complications intérieures et internationales du fait de la situation troublée en Indochine et de l’intervention des troupes anglaises dans une affaire purement franco-annamite. » Londres envisage de ne plus envoyer de renforts au général Gracey et de laisser les Français gérer eux-mêmes le désarmement des Japonais. Le plan initialement prévu d’extension de la présence des troupes britanniques est donc sérieusement revu à la baisse (voir 12 et 25 septembre) (Bodinier, 1987, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han installe son Q.G. à Hanoi (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 25 septembre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 septembre 45 : Les Britanniques n’ayant qu’un faible effectif de 1 800 hommes sont inquiets de l’anarchie qui règne en Cochinchine. Ils rétablissent l’ordre à Saigon (réoccupation des bâtiments publics). Ils réarment les prisonniers français du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. (environ 1 500 hommes) de la caserne Martin-des-Pallières retenus par les Japonais depuis le 9 mars. Cédile n’avait pas jugé bon de libérer jusqu’alors, jugeant la situation trop explosive (Francini 1, 1988, p. 240).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu quitte Chandernagor pour Calcutta afin de se rendre à New Delhi pour y rencontrer le vice-roi lord Wavel. L’amiral voit là « le moment opportun de compléter ainsi nos données sur les arêtes de la politique anglaise en matière indochinoise. » (D’Argenlieu, 1985, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une conférence est présidée par l’amiral Mountbatten à Kandy en présence de Leclerc. Son chef d’état-major, le général Lecomte, en a établi un compte rendu : Mountbatten estime que Gracey a outrepassé ses ordres à Saigon. Leclerc, après avoir décrit la situation chaotique qui y règne, entre en colère et défend ce qu’a fait Gracey jusqu’alors, demandant à ce qu’on le maintienne en poste jusqu’à son arrivée. Au final, Mountbatten, bon an mal an, donne raison à Leclerc et Gracey. Les relations entre Leclerc et Mountbatten s’améliorent progressivement, alors que celles entre Leclerc et Gracey sont sous le signe de l’entente cordiale (De Folin, 1993, p. 106).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réarmement par les Britanniques des 1 500 hommes survivants du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. détenus par les Japonais. Ils sont épuisés (Bodin, 1996, p. 15). Selon Ruscio, le nombre de soldats français aurait pu atteindre les 2 000 hommes (Ruscio, 1992, p. 54). Leclerc, faute d’effectifs disponibles, n’autorise ce réarmement qu’à contrecœur, sachant que ces hommes humiliés et mal traités depuis le 9 mars seront plus enclins à se venger qu’à pacifier. L’avenir lui donnera raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 - 23 septembre 45 : Les Français, 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. poursuivent la réoccupation des principaux bâtiments publics à Saigon (commissariats de police, Sûreté, Trésor, Hôtel de Ville) et y font à nouveau flotter le drapeau français. Les hommes du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., enfermés depuis le 9 mars et réarmés depuis peu, se comportent mal à l’égard des Vietnamiens, commettant des violences et emprisonnant un millier de personnes. Ils sont rapidement réintégrés dans leurs casernes sur ordre de Cédile et du général britannique Gracey (De Folin, 1993, p. 107). Un rapport du 5 octobre décrivant le comportement des Français indiquera : « Des civils français exaltés se sont laissés aller à d’inutiles brimades  sur les Annamites […] A noter la défaillance générale de tous les Français d’Indochine, qui ne réalisent pas la gravité de la situation et ont seulement des vues vindicatives. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161) Le Vietminh (Comité de Libération du Nam Bo) est contraint de fuir car il considère ces actions comme des actes de guerre. Certaines troupes françaises sont donc rapidement désarmées et Gracey demande aux Japonais d’assurer à nouveau l’ordre dans la ville. Ce que ces derniers, à leur habitude, ne feront que très mollement (Francini 1, 1988, p. 240).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM, les caodaïstes, les Binh Xuyen migrent vers le sud et le sud-ouest de la Cochinchine au fur et à mesure que le corps expéditionnaire franco-anglais reprend les villes et les axes de communication (Goscha, 2002, p. 34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 septembre 45 : D’Argenlieu arrive à New Delhi pour y rencontrer le vice-roi, lord Wavel. Ce dernier indique qu’il « n’a pas à se mêler des affaires d’Indochine » qui sont du ressort de Mountbatten, commandant du S.E.A.C., qui doit appliquer les décisions qui ont été prises lors de la conférence de Postdam. Le seul point qui intéresse vraiment le vice-roi est que les troupes de Gracey sont en majorité des Gurkhas, recrutés au Népal ou en Inde. Selon Wavel,  « cet emploi ne doit impliquer à ses yeux aucune collusion sur le plan politique pour ou contre les autochtones. » La situation étant délicate en Inde pour les Britanniques qui y préparent leur départ, ces troupes doivent assurer au plus vite le désarmement des 60 000 Japonais au Sud et se retirer pour revenir rapidement en Inde (D’Argenlieu, 1985, pp. 56-57). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Britanniques, dépassés, accélèrent les choses et provoquent le &#039;&#039;&#039;débarquement par surprise des premiers éléments français à Saigon.&#039;&#039;&#039; Conjointement, ils s’emparent du centre de la ville avec l’accord du général Gracey et l’aide des 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. Le contrôle de la ville est finalement repris (Marangé, 2012, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Sainteny-HCM. Selon une source chinoise, le VM a fait connaître dès le 18 août les exigences qui sont au cœur de cet entretien : « 1. Le gouvernement français reconnaît le gouvernement vietminh. 2. Celui-ci reconnaît la souveraineté française pendant une période de 5 à 10 ans. Après cela, le gouvernement français accordera l’indépendance au Vietnam. 3. Pendant cette période de 5 à 10 ans, le Vietnam jouit de son autonomie interne. Le gouvernement français peut nommer du personnel à diverses administrations pour éviter l’invasion étrangère [des Chinois] 4. La France aura priorité dans l’industrie et le commerce. 5. Des Français pourraient être conseillers dans la diplomatie vietnamienne. » (Pedroncini, 1992, pp. 154-155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant rencontré Mountbatten, Leclerc envoie un télégramme à De Gaulle : « Parlant officiellement l’amiral Lord Louis Mountbatten renouvelant sa demande vous suggère de faire une déclaration nette et détaillée promettant formellement autonomie de l’Union indochinoise. Autonomie à l’instar du nouveau statut de la Birmanie qui a reçu promesse de l’indépendance […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 184, note 14) D’Argenlieu s’y opposera, avec l’approbation de De Gaulle (voir 26 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Confirmant le soutien des catholiques à la cause de l’indépendance, 4 évêques catholiques vietnamiens adressent au pape Pie XII une lettre lui demandant de soutenir leur cause : « Notre peuple a demandé à des quatre évêques d’offrir à Votre Sainteté l’hommage de son profond respect et d’implorer sa bénédiction […] en faveur de notre indépendance, qu’il a acquise et qu’il entend maintenir à n’importe quel prix […] Nous évêques vietnamiens, prions Votre Sainteté […] et tous les catholiques du monde, spécialement la France, de soutenir la décision prise pour notre chère patrie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gheddo, 1970, p. 49) Une grande manifestation de soutien à l’indépendance et au régime du gouvernement HCM est organisée à Hanoï. Elle rassemble environ 40 000 fidèles accompagnés de leurs prêtres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;En réaction au coup de force des Français, les Vietnamiens organisent une grève générale à Saigon ordonnée par le VM.&#039;&#039;&#039; Des groupes attaquent l’aéroport, incendient le marché central et attaquent les prisons. Les Anglais entendent se retirer au plus vite et demandent aux Français d’envoyer en urgence des  troupes. En commun, ils réoccupent les bâtiments publics occupés jusque-là par le VM. Giap considère dans ses mémoires que cette action des Français marque la véritable date du début de la guerre d’Indochine (Giap 1, 2003, p. 27). D’Argenlieu confiera de son côté ultérieurement à un correspondant du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; : « Lundi 24 septembre 1945, la guerre d’Indochine commence. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains hésitent à intervenir et n’émettent pas d’objections à ce que les Français récupèrent le matériel militaire américain qui avait été confié aux Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, des collaborateurs de Sainteny sont arrêtés et molestés en réaction aux événements. La période troublée est favorable aux rumeurs. La communauté européenne est menacée. Mais l’heure est à l’indépendance, même l’Église catholique vietnamienne y est favorable (Mgr Ngo Dinh Tu, frère de Diem) et soutient pour un temps le VM (De Folin, 1993, p. 117). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une rencontre a lieu entre HCM et le général américain Gallagher (voir 20 septembre). Ils évoquent la question des relations avec les Chinois et les Français. Ho lui confie qu’il se refuse à tout contact avec ces derniers. Sainteny doit rester cloîtré chez lui (Valette, 1994, p. 30). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon, le général Gracey (commandant les forces britanniques), outrepassant son mandat car persuadé que l’ordre doit être rétabli du fait d’infiltrations du VM non contrôlées par les Japonais, ordonne en fin de journée le nettoyage du quartier ouest de la ville. Cette action participera aux violences que va connaître la cité Héraud le lendemain (Valette, 1994, p. 45). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 24 - 25 septembre 45 : Suite à des provocations françaises, des bandes fanatisées de caodaïstes et de Binh Xuyen attaquent (avec la complicité du VM ?) les quartiers français de Saigon en coupant toutes les télécommunications. À 7 h 00, au moins 150 personnes sont exécutées dans des conditions atroces (Dalloz, 2006, p. 166 ; Devillers, 2010, pp. 42-43) et 200 otages sont pris, qu’on ne reverra jamais &#039;&#039;&#039;(massacres de la cité Héraud).&#039;&#039;&#039; Gracey mobilise ses troupes pour rétablir l’ordre. Les Japonais ne bougent pas. La caserne du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. est prévenue à 6 h 00 mais Cédile lui a donné l’ordre de ne pas intervenir du fait de son comportement précédent (voir 20 - 21 septembre). Ils n’interviendront qu’à 11 h 00 donc trop tard pour endiguer les massacres. Cédile, dont le prestige est déjà atteint auprès de la communauté française, gère mal l’affaire, plus préoccupé selon certains de négocier avec le VM que de protéger les ressortissants français. Ceux-ci s’en souviendront et exprimeront à son égard une rancune tenace (rapport de police sur ces événements : https://www.entreprises-coloniales.fr/inde-indochine/Massacres_cite_Heraud.pdf)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En métropole, ces événements ont peu de retentissement face à une opinion sous informée (De Folin, 1993, pp. 107-108 ; Francini 1, 1988, p. 242). Selon Philippe Devillers, il n’en est pas de même à Saigon : « Quoiqu’il en soit, la cité Héraud va désormais peser lourd sur les relations franco-vietnamiennes. Pour les Français de Saigon, il ne peut plus être question  de négocier ni même de discuter avec ces « Vietminh, tous des assassins, des bandes, des pirates, des bagnards, etc. Il n’y a plus qu’une solution : les écraser. » » (Pedroncini, 1992, p. 154) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 septembre 45 : Lettre de De Gaulle à Leclerc : « Votre mission est de rétablir la souveraineté française à Hanoï et je m’étonne que vous ne soyez pas encore là-bas. » C’est ce qu’avait prescrit le Général dans une lettre qu’il avait adressée à D’Argenlieu le 16 septembre (De Folin, 1993, p. 128). Jusqu’à cette date, Leclerc ne dispose que d’environ 2 500 hommes (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Leclerc-Salan à Kandy. Le premier déclare : « Mon plan vise à la nouveauté, trop de bouleversements se sont produits, il est impossible de maintenir l’ordre ancien. Il faut trouver une solution souple qui permette de sauvegarder ce qui doit l’être. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 187). Ce qui n’est absolument pas la position de D’Argenlieu, toujours en résidence à Chandernagor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès sa présence à Kandy, Leclerc envisage la reconquête du Tonkin et le fait savoir dans un rapport adressé à De Gaulle : « Dès que nous disposerons d’effectifs satisfaisants, nous les pousserons vers les points et centres importants qui doivent nous donner le contrôle du pays sans qu’on puisse préciser, pour le moment,  les modalités exactes de cette action. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 58) Il précise toutefois : « C’est toujours la danse sur la corde raide en attendant nos troupes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 67)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alessandri et Pignon demeurant au Tonkin, &#039;&#039;&#039;Sainteny, toujours sans directives, part pour Chandernagor rencontrer une première fois D’Argenlieu.&#039;&#039;&#039; Venant d’Hanoi, il l’informe de la situation chaotique au Nord. Le courant passe bien entre les deux hommes et D’Argenlieu dit de son interlocuteur : « À l’écouter, première impression favorable. Sainteny est quelqu’un. J’apprécie la netteté, la clarté, la fermeté de son exposé, et aussi l’aisance, la simplicité de ses réponses. Il discerne d’instinct l’essentiel de l’accessoire. » Pour autant, Sainteny estime que sa mission est terminée depuis l’arrivée du général Alessandri et de Pignon, son conseiller politique, au Tonkin. D’Argenlieu lui demande toutefois de la poursuivre sa mission car Alessandri lui semble « trop mêlé au régime de Decoux sous l’occupation japonaise pour réussir auprès des Chinois ». Quant à Pignon, il manque d’autorité. Selon D’Argenlieu, c’est aussi l’avis de Giaccobi, ministre de la France d’Outre-mer (D’Argenlieu, 1985, pp. 60-61).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Chinois réclament à la Banque d’Indochine le versement de 40 millions de piastres pour frais d’occupation qui, selon eux, incombent à la France (Gras, 1979, p. 74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap (ministre de l’Intérieur) réquisitionne les ateliers et le matériel nécessaire à l’industrie d’armement. Le VM doit faire face à un double problème : le Vietnam est un pays essentiellement agricole et est donc peu industrialisé ; les ateliers devront être de petites tailles car immédiatement déplaçables en cas de conflit avec les Français (Giap 1, 2003, p. 228).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à sa rencontre avec Mountbatten du 21, Leclerc observe dans un rapport « un changement très net dans l’attitude et la politique générale des Britanniques : L’Amiral Mountbatten m’a fait connaître que les plus récentes instructions venues de Londres lui imposaient d’envisager, dans les plus brefs délais, le retrait des troupes anglaises d’occupation. » Le nouveau gouvernement travailliste (voir 5 juillet) n’entend pas gérer durablement la situation chaotique qui règne en Indochine dans ce qu’il estime être « une affaire purement franco-annamite ». L’engagement du général Gracey auprès des Français n’est plus de mise et ses troupes ne seront pas renforcées. Même le désarment des Japonais passera au second plan à partir de novembre. Ce qui pose un problème pour Leclerc au vu de son faible contingent actuellement sur place : « Mon idée de manœuvre à cet égard sera la suivante : aussi longtemps que les forces françaises seront très faibles, il importe que la responsabilité entière du maintien de l’ordre soit assurée par les Anglais sinon nous courons le risque de voir se produire des événement analogues à ceux de Syrie. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Fall, le P.C.F. fait savoir au VM par l’intermédiaire de sa section de Saigon qu’une indépendance « prématurée » du Vietnam risquerait de « ne pas être dans la ligne des perspectives soviétiques » car elle « embarrasserait » l’U.R.S.S. dans ses efforts pour gagner la France en tant qu’alliée. Toujours selon le même, « c’est sans doute dans ces « perspectives » qu’il faut comprendre l’ultra-nationalisme des paroles de M. Thorez et aussi le fait qu’il ne se soit pas désolidarisé du budget militaire de 1947 [19 mars 1947] qui était en fait le premier budget de guerre pour l’Indochine. » (Fall, 1960, p. 117).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Appel de 4 évêques vietnamiens au pape Pie XII pour qu’il bénisse l’indépendance vietnamienne. Ce qui vaudra temporairement aux catholiques de la zone des Évêchés d’être ménagés par le VM pour leur engagement aux côtés du mouvement indépendantiste. La dégradation des relations se produira fin 1949- début 1950 (Fall, 1960, pp. 165-166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 45 : Les militaires français et britanniques reprennent, autant que faire se peut, le contrôle de Saigon. On déplore alors environ 300 morts français ou vietnamiens francophiles. La ville est en état de siège, ce qui n’empêche pas Tran Van Giau de mener un politique de terre brûlée : tout ce qui appartient aux Français ou à leur administration doit être détruit (centrale électrique, usine du service des eaux,  marché, etc.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au massacre de la cité Héraud, Giap publie un « avis à la population française » où il exprime « l’indignation unanime du peuple vietnamien ». Il ajoute : « Le gouvernement provisoire de la République du Vietnam n’usera pas de représailles contre les Français d’ici. Il a encore une fois prescrit le calme à la population vietnamienne, mais il ne tolèrera aucun acte de provocation, aucune tentative contre la sécurité d’indépendance du pays. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 154)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu a pris connaissance du télégramme de Leclerc du 23 septembre évoquant avec Mountbatten la question de l’« autonomie de l’Union indochinoise ». Il  envoie à son tour un télégramme à De Gaulle : « […] au sujet du paragraphe 6, ne crois pas nécessaire ni même indiqué si décidez de faire nouvelle déclaration d’aller au-delà déclaration 24/3. En effet, celle-ci  est à peine encore connue du public. Certaines personnalités Viet-Minh ayant eu connaissance déclaration se sont montrées très agréablement surprises [...] » (cité in Bodinier, 1987, p. 184) Visiblement, D’Argenlieu pratique l’art de la désinformation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 septembre 45 : Assassinat à Saigon du lieutenant-colonel américain Dewey, chef de l’O.S.S. dans le Sud, près de l’aéroport de Than Son Nhut (voir 18 septembre). Il est difficile de savoir si cet assassinat est intentionnel ou s’il s’agit d’une simple méprise, l’homme ayant pu être pris pour un Britannique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc envoie au ministère des Affaires étrangères un télégramme de Kandy pour « protester énergiquement » contre l’attitude des Américains. D’une part, une déclaration du général Gallecher (représentant américain auprès de Lou Han) prétend que les Français veulent restaurer un protectorat. D’autre part, les représentants de l’O.S.S. ont reçu l’ordre de ne plus prêter assistance aux prisonniers français du camp de Vinh qui « subissent sévices et tortures ». Leclerc dénonce également des interventions américaines malveillantes au Laos (Bodinier, 1987, p. 193).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Hanoi, cérémonie organisée par les Vietnamiens pour la reddition de la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée japonaise. Toutes les autorités sont conviées au palais du gouverneur général. Le général Alessandri (ex-commandant des forces françaises stationnées en Chine du Sud, délégué du haut-commissaire)  apprenant que l’on a retiré les couleurs françaises et l’attribution du numéro 114 dans l’ordre de préséance refuse d’y assister. Selon le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039;, « les Chinois expliquent cette absence du drapeau français en affirmant que seuls les pavillons des grandes puissances ayant assisté à la conférence de Potsdam devaient figurer à la cérémonie. » (Sainteny, 1967, p. 122 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 2 octobre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tchang Kaï Check déclare ne pas vouloir que la Chine s’immisce dans les affaires intérieures du Vietnam. Or avec l’arrivée du général Lou Han et de son armée d’occupation, c’est tout le contraire qui va se produire : les Chinois favoriseront l’installation au Tonkin des partis qui leur sont inféodés : le D.M.H. et le V.N.Q.D.D. (Cesari, 2013, p. 32).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 septembre 45 : Du fait de l’absence de Sainteny parti pour Chandernagor le 25, le général Alessandri rencontre HCM et Hoang Minh Giam (secrétaire général du G.R.A.) en compagnie de son  conseiller politique, Léon Pignon, à Hanoi. Il lui annonce que D’Argenlieu est prêt à recevoir un représentant du gouvernement provisoire sous certaines conditions. Selon un télégramme de Pignon qui rend compte de l’entrevue, HCM a affirmé que la campagne actuelle de violence « cesserait quand indépendance [serait] acquise. Il garantit [une] entente pour nos intérêts économiques, culturels et militaires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 95)  Mais Pignon demeure prudent : « Mon impression est qu’il n’existe pas de solution amiable à situation actuelle. » Les entrevues se poursuivront cependant et aboutiront aux accords Ho Chi Minh-Sainteny du 6 mars 1946. Sainteny prendra le relais mais les discussions achopperont toujours sur deux questions-clés, celle de l’unité du Vietnam et de son indépendance (Varga, 2009, p. 282 ; Sainteny, 1967, p. 52 et 162 ; Pedroncini, 1992, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alessandri et Pignon dépeignent HCM comme « une forte et honorable personnalité, [à] l’allure ascétique. » Sainteny dit de lui : « De tous les révolutionnaires de Hanoi, le plus accommodant et le plus réaliste, celui qui repousse les solutions de force et cherche l’entente avec la France, c’est Ho Chi Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 133). Nombre de ses interlocuteurs semblent toutefois ignorer sa détermination en faveur de l’indépendance, qu’il dissimule sous des aspects ouverts car il sait que ses forces ne sont pas pour l’instant suffisantes pour obtenir plus (De Folin, 1993, p. 133).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À cette époque, HCM se sait faible. Il est, de plus, isolé diplomatiquement. Son gouvernement n’est reconnu par aucune capitale étrangère. Il est assez peu soutenu tant par les Russes, les Américains, les Chinois (Tchang Kaï Chek) ou les Britanniques. Du fait de cette faiblesse, le réalisme lui impose de s’entendre au mieux avec la France dirigée par des équipes issues de la Résistance ou du P.C.F. Il ouvre donc des négociations secrètes avec les Français pour contrer les Chinois mais fait à chaque fois valoir deux conditions incontournables : l’indépendance et réunification du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu envoie de Chandernagor à Paris une « Note sur le Viet-Minh (en réponse à la question posée par le général De Gaulle sur sa nature à la suite de la conférence de M. Laurentie ») dans laquelle il insiste particulièrement sur la nature communiste du   mouvement : « Le Viet-Minh tel qu’il existe provient d’un noyau constitué en 1941 par Nguyen Ai Quoc, alias Ho Chi Minh, vieux révolutionnaire annamite communiste, aujourd’hui président du G.R.A. [gouvernement révolutionnaire annamite] à Hanoi ; le noyau dont l’armature a été fournie par le P.C.I., présente effectivement une certaine cohésion par l’emploi des cadres et des méthodes du P.C.I. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 63)  L’amiral, qui a ce jour n’a jamais rencontré le moindre membre du VM puisqu’il réside toujours à Chandernagor, doute à tort de sa représentativité et voit en lui un « front national » regroupant des tendances diverses et opposées : « traiter uniquement avec le Viet-Minh serait aujourd’hui une erreur […] cela ne signifie pas qu’il ne faille ne pas prendre contact avec le Viet-Minh. Il est formé d’éléments tellement divers que des ententes locales et limitées peuvent se réaliser. Mais il faut absolument se garder de voir dans le Viet-Minh une force cohérente et organisée, ayant en main tous les pays annamites, soit matériellement, soit politiquement, et capable de faire respecter un traité qui serait passé avec elle. » Selon lui, il faut « entrer d’avantage en contact avec les différentes tendances, extérieures (certaines ont été évincées parce que profrançaises), aussi bien qu’intérieures au Viet-Minh. C’est pour nous le seul moyen d’agir dans le concret et aussi le seul d’éviter un regroupement autour d’un noyau, alors que ce regroupement ne pourrait se faire que contre nous. Il apparaît de plus en plus, sur place, combien grave il eût été d’agir comme si le Vietminh était le représentant unique et qualifié des populations annamites. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 149-150) Le ministère des Affaires étrangères et la D.G.E.R. partagent cet avis. Une campagne contre le VM est lancée par des gens qui le connaissent très mal, ne sont pas sur place, ne répondent pas toujours aux observations ou demandes de ceux qui y sont et se construisent un jugement aussi péremptoire qu’approximatif en lisant des rapports…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Gracey et Cédile (commissaire de la République pour le Sud) se rendent à Singapour où ils rencontrent Mountbatten et le secrétaire d’État à la Guerre anglais, Lawson. Pour Mountbatten, les Japonais doivent conserver la responsabilité du maintien de l’ordre que, dans les faits, ils n’assument pas… Ce sont les Britanniques qui aideront les Français en cas de besoin par le maintien de la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne et ce, jusqu’à ce que Leclerc et ses troupes débarquent. Gracey et sa division sont donc confirmés. Leur rôle est théoriquement purement défensif mais dans la réalité toute latitude leur est laissée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voulant intervenir le moins possible dans les affaires françaises, les Anglais demande à Cédile de reprendre les négociations avec les Vietnamiens (Francini 1, 1988, pp. 243-244).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Sihanouk à l&#039;amiral français Thierry d&#039;Argenlieu, haut-commissaire pour l&#039;Indochine, proposant de négocier les termes de l&#039;indépendance du Cambodge : « […] Le Cambodge a recouvré son indépendance après les événements du 9 mars 1945, indépendance sanctionnée par &#039;&#039;Krom&#039;&#039; n° 3-NS promulgué le 13 mars 1945. Nous sommes disposés à traiter avec la France et à accepter d’avoir avec elle des relations amicales d’ordre politique, économique et culturel, relations qui, toutefois, ne doivent pas être de nature à porter atteinte à l’indépendance de notre patrie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Tong, 1972, p. 39) Les Français, accaparés par la situation explosive au Vietnam, laisseront traîner les choses à souhait au Cambodge en pratiquant la sourde-oreille jusqu’en 1953…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Gallagher (voir 20 septembre) rencontre HCM. Les deux hommes évoquent les relations avec les Chinois et les Français. HCM prévient son interlocuteur qu’il ne veut avoir aucun contact avec ces derniers. Sainteny doit rester cloîtré chez lui (Valette, 1994, p. 30).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 septembre 45 : &#039;&#039;&#039;Arrivée du général Leclerc à l’aéroport de Saigon.&#039;&#039;&#039; Il est accueilli par le major-général anglais Gracey (commandant la 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division hindoue) et le colonel Cedille (commissaire de la République au Sud). A 16 heures, il se met immédiatement au travail dans le palais du Gouvernement général.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 septembre 45 : La 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne (Gurkhas) est désormais au complet après son débarquement entier (De Folin, 1993, p. 106). Le rapport des forces évolue alors en faveur des Franco-Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux toujours retenu en résidence surveillée et gardé par les Japonais dans la plantation de Loc Ninh apprend son futur transfert vers la France (Decoux, 1949, p. 466).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​31 septembre 45 : Sainteny a de plus en plus de mal à s’imposer à Hanoi faute d’une reconnaissance officielle de sa fonction par le gouvernement français. Japonais, Chinois, Vietnamiens et Américains veulent l’évincer. Il télégraphie à Calcutta : « Ma mission doit être officialisée et non désavouée comme elle paraît l’être actuellement, ce dont le Vietminh, les Japs et les Alliés s’empressent de tirer avantage aux dépens de la France. » (Sainteny, 1967, p. 92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le nationaliste pro-japonais Song Ngoc Thanh fait nommer au poste de directeur de la police nationale le futur maréchal Lon Lol (celui qui destituera Sihanouk en 1970) (Cambacérès, 2013, p. 52).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1945&amp;diff=5341</id>
		<title>Août 1945</title>
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		<updated>2026-09-15T06:27:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Août 45 : Au Laos, profitant du vide politique laissé par la capitulation japonaise, le P.C.I. donne l’ordre de mettre en place des comités révolutionnaires. Selon HCM, « la sécurité du Vietnam révolutionnaire indépendant ne sera jamais assurée si le Laos n’est pas dans la sphère d’influence, et, mieux, étroitement lié. » (cité in Deuve, 1995, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une note du ministère des Affaires étrangères du 2 septembre 1946 peu favorable au rôle des États-Unis en Indochine, l’Américain Gordon (voir janvier 1943), un proche de l’O.S.S. de réputation assez douteuse mais en contact direct avec son chef, le colonel Heppner, envoie par avion à plusieurs reprises son comparse Simon Yu auprès d’HCM (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Août 45 ? : Note sur l’attitude des principales puissances dans la question d’Indochine (document non daté, écrit « après la disparition de Roosevelt » et après le « 20 juillet »). La reprise de l’Indochine, « pierre angulaire entre le monde asiatique et l’Australasie », sera « longue ». On craint une « élimination durable et peut-être définitive de cet hémisphère ». On doit faire face à de « dangereux courants de pensée » opposés à un retour de la France. « L’effort principal doit être dirigé vers Washington » car « tout Américain est anticolonialiste ». Ce qui n’empêche pas les U.S.A. d’avoir des visées sur « des pays faibles ou moins évolués » et de pratiquer « une variante libérale du colonialisme ». L’attitude de la Grande Bretagne, grande puissance coloniale, est plus conciliante mais elle n’entend pas heurter les Américains. Toutefois, « nous pouvons compter sur la bienveillance de Londres ». L’anticolonialisme des Soviétiques demeure quant à lui « doctrinaire ». L’attitude de la Chine est, du fait de son histoire, de se défier de toute puissance coloniale. De plus, elle est soutenue par les U.S.A. mais a des intérêts communs avec l’Indochine, notamment dans a lutte contre le Japon (DDF, 1998, tome 2, document n° 72, pp. 188-196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début août 45 : Reconstitution de l’unité du Vietminh par le ministre des Affaires étrangères, &#039;&#039;&#039;Tran Van Chuong.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’entrée, pour le VM, la décision de lancer l’insurrection générale s’élabore, sans consulter ni les Russes ni les Chinois. Cette pratique a un double avantage. Celle d’être diplomatiquement autonome et indépendant. Elle permettra également aux communistes vietnamiens de toujours entretenir de plus ou moins bonnes relations avec ces deux pays et d’obtenir une aide des deux parties, y compris lorsque les relations entre la Chine et l’U.R.S.S. se dégraderont.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais qui mesurent la popularité grandissante du VM dans la population agissent de moins en moins contre lui. On négocie pour ménager l’ordre et soutenir ainsi Bao Daï et son gouvernement projaponais (Pedroncini, 1992, p. 41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps expéditionnaire français est constitué de deux divisions. La 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C., équipée d’un matériel usagé, peut être envoyée en Indochine dans un délai de un mois. La 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.E.O., qui sera transformée en 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. le 14, doit l’être quant à elle pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre (Bodinier, 1987, p. 32). Elle sera renforcée par des éléments la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. à partir du 16.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 45 : Sainteny, ayant fait le point sur les demandes du VM (voir 25 juillet), demande à Calcutta d’agir sur Paris pour que De Gaulle désigne un représentant de la France capable de lui indiquer les limites à accorder dans les concessions et quels sont les engagements pouvant être considérés par lui comme acceptables (Devillers, 1988, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’attitude de la population française en Indochine à l’égard de la Résistance française antijaponaise demeure dans une expectative attentiste. Une note de situation sur l’Indochine issue de la plume de Jean Royère à Kunming observe : « Dans l’ensemble, 80 % de la population française se dit « gaulliste », mais d’un gaullisme un peu particulier. En effet, d’une part, l’action des « partisans » se borne à des discussions sous le manteau, d’autre part, bon nombre d’entre eux approuvent toujours la politique intérieure de Pétain et considèrent avec méfiance le Gouvernement d’Alger (pour des éléments de gauche) […] La plupart des « gaullistes » se trouvent parmi les non-fonctionnaires. Dans l’administration, la majorité reste neutre et se trouve placée entre la crainte d’être révoquée après la libération et celle d’être internée si elle manifeste des sentiments anti-vichystes. Parmi les hauts-fonctionnaires, une minorité apparaît collaborationniste […] La Légion est toujours active […] Le sentiment général est plutôt pro-américain. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 61) Selon Turpin, « le problème fondamental que devait résoudre le G.P.R.F. est qu’il y avait indéniablement une étroite communauté de vue entre l’amiral Decoux et les Français d’Indochine quant à la politique à mener vis-à-vis des Japonais. » (ibid.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Paul Mus (agent des services spéciaux de la France libre qui connaît parfaitement l’Indochine pour y avoir vécu) écrit une « Note sur la crise morale indochinoise » encore plus pessimiste : « Malaise, reconnaît-on mais ce terme est un euphémisme quand les nationaux de ce pays que nous venons de perdre nous réclament l’indépendance totale ou ne désavouent pas ceux qui la réclame et quand ils se refusent à nouer des relations avec l’administration française. Nous sommes devant une crise de croissance et, ce qui la caractérise, c’est que l’élite indochinoise s’en est aperçue plus vite et plus complètement que nous. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 50)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 août 45 : &#039;&#039;&#039;Fin de la Conférence de Postdam&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 202). &#039;&#039;&#039;La partition du Vietnam en 2 zones d’occupation est actée : au Nord par les Chinois, au Sud par les Britanniques.&#039;&#039;&#039; Le Français n’ont pas été invités et, pour l’instant, n’ont pas été mis au courant de cette partition. Ils ne le seront que le 15.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 août 45 : &#039;&#039;&#039;Première bombe atomique américaine sur Hiroshima.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny n’ayant obtenu satisfaction à sa demande du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; revient à la charge. Les dirigeants du VM sont « désireux d’avoir affaire à des négociateurs habilités à discuter avec eux les bases d’un accord qu’ils souhaitent définitifs. » Il espère la venue d’administrateurs de la mission coloniale de Calcutta (De Raymond, Pignon ou Messmer) car il a le sentiment que des portions du territoire tonkinois vont être libérées et que des décisions rapides, énergiques et grosses de conséquences vont devoir être prises sans retard  (Devillers, 1988, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 août 45 : Le vice-amiral Thierry D’Argenlieu apprend de la bouche de Gaston Palewski l’intention de De Gaulle de le nommer haut-commissaire en l’Indochine (voir 13 août). Ce poste est demeuré vacant depuis le 9 mars avec la capture de l’amiral Decoux par les Japonais. D’Argenlieu acceptera dès le lendemain de cette annonce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Chennault, commandant la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée de l’air basée en Chine, et qui a toujours adopté une position francophile contre l’avis de son supérieur le général Wedemeyer et des Chinois, est contraint de quitter l’Indochine (Sainteny, 1953, p. 30, note 1). Les Français perdent avec lui l’un de leur très rare appui américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM rejette définitivement les derniers liens avec le « Gouvernement Républicain provisoire du Vietnam » basé en Chine (voir 25-28 mars 1944). Sous l’effet d’un « noyautage » progressif, 11 de ses membres sur 14 appartiennent désormais au VM ou au P.C.I. Il contrôlera tout le N-V dès la défaite des Japonais (voir 13 août) (Fall, 1960, p. 38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 août 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu accepte le poste de « haut-commissaire » en Indochine.&#039;&#039;&#039; Il a refusé l’appellation de « gouverneur général » qui symbolise trop, selon lui, la période coloniale. Selon Cadeau, le titre de « haut-commissaire a l’avantage de signifier une relation directe avec le chef du gouvernement. » (Cadeau, 2019, p. 139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement nationaliste de Tran Trong Kim, qui n’a pas su faire face au chaos (voir 9 - 10 mars) et s’est avéré rapidement dépassé par la situation alors que les Japonais sont en pleine déroute, présente sa démission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï obtient des Japonais la rétrocession de la Cochinchine, ce qui rétablit l’unité du Vietnam (Marangé, 2012, p. 145). Des gouverneurs sont nommés pour le Nord et le Sud. Il y a donc un retour de la réunification du pays mais octroyée par des Japonais qui sont en train de perdre la guerre. Pour autant, Bao Daï n’oubliera jamais ce don des Japonais et demeurera à jamais intransigeant sur la question de la réunification de son pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’U.R.S.S. déclare la guerre au Japon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 août 45 : &#039;&#039;&#039;Deuxième bombe atomique américaine sur Nagasaki.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, après le coup de force des Japonais du 9 mars, la situation est demeurée calme. Le pays ne connaît pas les passions nationalistes de son voisin vietnamien et vit dans une forme d’attentisme. Les Japonais ont transféré le pouvoir à Sihanouk qui doit l’exercer avec un gouvernement sous le contrôle d’un « conseiller suprême » nippon. Les Japonais ont cependant fait nommer au poste de ministre des Affaires étrangères un khméro-vietnamien de la communauté Khmère Krom (minorité cambodgienne de Cochinchine), Son Ngoc Thanh. Ce dernier avait dû se réfugier en 1942 à Tokyo tant il s’était compromis avec les Japonais. &#039;&#039;&#039;Par un coup d’État, à la veille de leur capitulation, les Japonais obligent Sihanouk à remettre le pouvoir aux nationalistes sous la direction de leur protégé&#039;&#039;&#039; qui fait arrêter le premier ministre Ung Hy et le remplace. Ses partisans se rendent en force chez Sihanouk qui doit renoncer à toute forme de pouvoir. Sentant le danger lié à la situation précaire des Japonais, le roi temporise (Gras, 1979, pp. 54-55 ; Cambacérès, 2013, pp. 49-50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, les Japonais libèrent un grand nombre de prisonniers politiques que les Français avaient emprisonnés ou envoyés au bagne. Ces derniers reprennent rapidement leurs activités subversives en se dirigeant vers les villes, ce qui va sérieusement compliquer la tâche des autorités coloniales (Devillers, 1988, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les demandes pressantes de Sainteny pour obtenir de nouveaux interlocuteurs audibles côté français (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) et des instructions claires pour négocier, le colonel Roos (commandant la D.G.E.R. à Kunming) se contente de lui donner l’ordre « de descendre si possible sur Hanoi. » (Turpin, 2005, p. 118) C’est faire preuve d’un optimisme exagéré car les Chinois ne l’entendent pas de cette oreille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Massigli (ambassadeur de France à Londres) à Bidault (Affaires étrangères). Il a rencontré Mountbatten qui lui a confié que la répartition des théâtres d’opérations n’était pas encore actée (ce qui est faux, voir 2 août) mais a laissé entendre à son interlocuteur que l’Indochine pourrait faire partie de son théâtre (ce qui ne sera pas le cas après Postdam). Tout dépend de la réponse des Chinois qui est éminente. L’arrivée des Français en Indochine ne peut que dépendre des Américains car les capacités de transport des Britanniques sont trop faibles. Mountbatten va prendre le bataillon de Madagascar sous son commandement. Il pense que la résistance des Japonais, malgré les bombardements atomiques, peut être encore longue. Les plus optimistes parlent de 10 à 15 jours (DDF, 2000, tome 2, document n° 96, pp. 249-250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 août 45 : &#039;&#039;&#039;HCM lance un ordre d’insurrection général&#039;&#039;&#039; qui n’est pas contré par les Japonais. Il n’y a pas à proprement dire de bain de sang (Cadeau, 2019, p. 122), même si des morts et des blessés sont à déplorer dans les jours à venir (Ngo Van Chieu, 1955, pp. 34-35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français sont tardivement mis au courant des décisions de la Conférence de Postdam et les accueillent avec stupeur (Francini 1, 1988, p. 224). Un rapport de l’état-major de Leclerc en date du 25 septembre spécifiera : « C’est en arrivant ici que le général [Leclerc] a appris les clauses de Postdam et la coupure de l’Indochine en deux, de la bouche de Mountbatten. Et ce dernier lui a même confié : si Roosevelt vivait encore vous ne rentreriez pas en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 115, note 9)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archimedes Patti (major dans l’O.S.S.) déclare à ses subordonnés : « Les Chinois ont toute latitude pour rentrer en Indochine quand il leur semblera bon. Ne vous en mêlez pas. Notez qu’en tant qu’Américain, il est dans notre intérêt de rester impartiaux. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Georges Bidault (Affaires étrangères) à René Massigli (ambassadeur de France à Londres) : « L’emploi de la bombe atomique et l’entrée en guerre de l’U.R.S.S., en faisant prévoir une fin très prochaine du conflit, ont donné à cette préoccupation [retour d’une souveraineté française en Indochine] un caractère d’extrême urgence. Il importe donc que vous fassiez valoir chaque fois que vous en aurez l’occasion que la rapide reprise en main administrative de l’Indochine par les autorités françaises permettra seule d’éviter des désordres préjudiciables à la conduite des opérations de guerre en Extrême-Orient […] Il serait d’un égal intérêt pour le fondement d’une paix durable en Asie, qu’une administration compétente et forte, agissant en coopération complète avec les Alliés, y fut réinstallée […] Un effort particulier sera tenté auprès des Américains, en vue de la résolution la plus rapide de ces problèmes à l’occasion de la prochaine visite du général De Gaulle à Washington. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin 2005, p. 114, note 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Thanh est nommé premier ministre de par la volonté de l’occupant japonais (Sihanouk, 1979, p. 231).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 août 45 : Leclerc est mis au courant par Juin (chef d’état-major) de sa nomination comme commandant supérieur des troupes en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM fait savoir qu’il est prêt à se rendre à Kunming pour entrer en contact avec les Français et leur demander de préciser leur position. Une équipe américaine se charge de rapporter à Kunming les demandes des Vietnamiens pour les transmettre à Sainteny à Mission 5. Ils demandent le suffrage universel pour l’élire un parlement, l’indépendance dans laps de temps de 5 à 10 ans, que l’on accorde aux Indochinois les libertés définies par la récente charte des Nations Unies (Devillers, 1988, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Roos, commandant la D.G.E.R. à Kunming, informe Mountbatten de l’envoi de 6 équipes de reconnaissance clandestines sur Hanoi (dirigée par Messmer), Saigon (dirigée par Cédile), Vinh, Sept Pagodes, Hué et Phnom Penh. Ces opérations, menées avec des « bouts de chandelles » et une bonne dose d’improvisation, faute de mieux, se solderont toutes par des échecs (Turpin, 2005, p. 118-119, note 35). Messmer sera très critique sur les compétences de son supérieur et de son équipe. Ils pensent, à tort, appliquer au Tonkin où les populations sont hostiles au retour des Français, ce qui avait fonctionné au moment de la Libération en métropole (Turpin, 2005, p. 120, note 49).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soulèvement populaire à Ha Tinh (sud-est de Vinh) (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 août 45 : Après son échec à rencontrer des autorités compétentes lors de sa visite à Paris, Sainteny adresse aux autorités françaises un nouveau télégramme d’alerte : « En fait Chinois préparent nettement curée au Tonkin et multiplient embûches pour s’opposer à l’intervention des troupes Alessandri et nos commandos […] Suis inquiet constater Calcutta comme Paris ne semblent pas comprendre gravité situation. Je répète Chinois soutenus par certains grands chefs américains s’évertuent à nous éloigner Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1967, p. 49). Il réitèrera son alerte le 13, toujours en vain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Promulgation de l’ordre d’insurrection du VM dans la zone libre. Attaque de plusieurs postes dans la région de Thaï Nguyen qui est libéré (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 août 45 : &#039;&#039;&#039;Le Parti communiste indochinois&#039;&#039;&#039; (P.C.I.) organise une « conférence nationale » dans le village de &#039;&#039;&#039;Tran Tao&#039;&#039;&#039; (Moyenne Région, près de Tuyen Quang) et &#039;&#039;&#039;décide de s’emparer du pouvoir&#039;&#039;&#039; du fait du départ éminent des Japonais, avant l’arrivée des Alliés, afin que ceux-ci se trouvent devant un fait accompli. A cette époque, le P.C.I. n’est constitué que de 5 000 membres pour une population de 23 millions d’habitants au Vietnam. C’est dire sa faiblesse, d’autant plus qu’il ne bénéficie d’aucun soutien communiste étranger. De plus, il a également été victime de la répression coloniale depuis ses débuts. Dans un premier temps, il a beaucoup de mal à réunir ses membres et à les faire communiquer entre eux. HCM n’en constitue pas moins un &#039;&#039;&#039;« Comité de libération du peuple vietnamien »&#039;&#039;&#039; constitué de 14 membres tous communistes : Giap, Pham Van Dong, Chu Van Tan, Nguyen Luong Bang, Duong Duc Hien, Cu Huy Can, Nguyen Van Xuyen en font partie (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Francini 1, 1988, pp. 202-203). Le Comité décide de « s’emparer du pouvoir des mains des fascistes japonais avant l’arrivée des Alliés » et lance un appel à l’insurrection générale. Les Japonais, soucieux de contrecarrer le retour des Français et de pratiquer le politique du pire, sont tout disposés à lui céder le pouvoir (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Truong Chinh (voir rubrique « acteurs politiques ou militaires »), « pendant ce congrès historique, le parti communiste indochinois soutient une politique extrêmement claire : provoquer l’insurrection des masses afin de désarmer les Japonais avant l’arrivée des forces en Indochine ; arracher le pouvoir des mains des Japonais et de leurs hommes de paille et enfin accueillir en représentant du pouvoir les forces alliées venues désarmer les troupes japonaises stationnées en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 22-23)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission Thomas (groupe de résistance français) accompagne, sans prendre part aux combats, des troupes vietminh conduites par Giap. Elles s’emparent de la garnison japonaise de Thaï Nguyen (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 15-16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle reçoit D’Argenlieu et lui annonce sa nomination officielle au poste de « haut-commissaire »&#039;&#039;&#039; et non de « gouverneur général », fonction qui l’aurait obligé de passer ses communications avec le gouvernement par le biais du ministère des Colonies. Il lui confie qu’il ne veut pas nommer Leclerc commandant en chef autonome. Même si ce dernier est plus prestigieux dans sa carrière militaire, c’est l’amiral qui doit occuper cette fonction pour « prévenir tout conflit d’autorité en rassemblant tous les pouvoirs en la personne du Haut-commissaire » (voir 15 août) (D’Argenlieu, 1985, p. 29). Ce choix assez maladroit de De Gaulle au niveau des prérogatives n’empêchera pas l’existence rapide de fortes tensions entre les deux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un document non retrouvé dans les archives et fixant les attributions de chacun a été rédigé le 13 par Leclerc et d’Argenlieu. L’expression « commandant en chef » y figurait-elle ? Probablement. Ce qui est sûr, c’est que ce document a été retoqué par De Gaulle dès le lendemain de sa rédaction. Une copie du décret du 2 mai 1939 a été retrouvée dans les papiers de Leclerc. Elle précise que « les commandants en chef sur les théâtres d’opérations coloniaux [reçoivent] directement du gouvernement leurs directives pour la conduite des opérations militaires. » (Pedroncini, 1992, pp. 89-90)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 août 45 : Le 11 mars, Bao Daï a proclamé l’indépendance de l’Annam et du Tonkin. La Cochinchine est demeurée jusqu’alors sous domination japonaise. Cette fois, avec l’accord des Japonais (voir 11 juin), Bao Daï annonce l&#039;annexion de la Cochinchine, colonie française, à une république du Vietnam  qui est proclamée ce jour à Saigon. Le chef de l’État y nommera le 19, soit 4 jours après la capitulation japonaise, Nguyen Van San, au rang de vice-roi. Le gouverneur japonais Fujio Minoda lui transmettra brièvement les pouvoirs, avant l’arrivée en force du Vietminh ce même jour (Pedroncini, 1992, p. 40). Par le bais de cette passation de pouvoir, les Japonais tentent de rallier, malgré leur départ inéluctable, tous les pronippons : Caodaïstes, Hoa Hao et même les trotskystes (Devillers, 2010, p. 54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle déclare à nouveau vouloir « rétablir la souveraineté de la France dans les territoires de l’Union indochinoise » (De Folin, 1993, p. 128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, les Japonais cèdent le pouvoir à des organisations anticoloniales qui leur étaient auparavant hostiles, notamment aux nationalistes du Front national unitaire (F.N.U.). Celui-ci appelle à une vaste manifestation prévue pour le 21 en faveur de l’indépendance. Pour rallier ces forces nationalistes tout en leur mentant, Tran Van Giau, chef du Comité exécutif provisoire et futur dirigeant le Comité du Nam Bo (voir 25 août), cherchera à les convaincre du fait que les alliés ont reconnu le VM et que l’arrangement conclu avec les Japonais ne peut que nuire à l’indépendance (Marangé, 2012, p. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Kandy (Ceylan), le général américain McArthur est investi du commandement suprême des forces alliées (Pedroncini, 1992, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Donovan, dirigeant l’O.S.S. à Washington, donne l’ordre d’envoyer 6 équipes au N-V placées sous la responsabilité du major Archimedes Patti. Du fait de tergiversations, ordres et contre-ordres, ces équipes ne partiront au final que le 22 août (Pedroncini, 1992, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Thanh qui avait renversé à l’aide d’une milice du mouvement Khmer issarak (les Chemises vertes) le premier ministre Ung Hy le 9 août devient président du conseil des ministres. Son gouvernement pro-japonais demeurera en place jusqu’au 16 octobre (Jennar, 1995, p. 141 ; Cesari, 2013, p. 36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième quinzaine d’août 45 : Le G.P.R.F. soumet aux Britanniques plusieurs memoranda portant sur les affaires civiles relatifs au stationnement des troupes britanniques au sud de 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ils seront approuvés par De Gaulle le 29 septembre (voir 8 octobre) (Turpin, 2005, p. 153). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 août 45 : &#039;&#039;&#039;Reddition du Japon qui signe un armistice.&#039;&#039;&#039; A ce moment, environ 70 000 Japonais occupent l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Vietminh lance immédiatement un ordre de soulèvement général qui sera surtout suivi dans les grandes villes. Hanoi et Saigon sont aux premières loges.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence française en Indochine se résume à 22 groupes de résistance disposant d’environ 3 200 partisans et 21 stations-radio basées dans les hautes régions du Laos et du Tonkin (Turpin, 2005, p. 92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ambassadeur des États-Unis à Paris informe officiellement (mais tardivement…) le ministre des Affaires étrangères Georges Bidault de la décision majeure de la conférence de Postdam concernant le Vietnam, à savoir son partage en deux parties au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, avec une zone d’occupation chinoise au Nord et une autre britannique au Sud (Pedroncini, 1992, p. 92, texte cité p. 367).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains fournissent une quantité d’armes limitée au VM par le biais d’un membre de l’O.S.S., le major Allison Thomas (Cesari, 2013, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 – 30 août 45 : Une vingtaine d’équipes de la D.G.E.R. du colonel Ross sont parachutées au Vietnam (Sainteny à Hanoï ; Cédile à Saïgon), Laos (colonel Imfeld) et Cambodge (commandant Gallois) (Valette, pp. 39-40). Leurs destinées seront diverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 août 45 : &#039;&#039;&#039;Capitulation du Japon&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, pp. 125-126). Le général japonais Tsushihashi remet ses pouvoirs politiques au délégué impérial tonkinois Phan Ke Toai, un personnage tout acquis au VM. Le général Terauchi, commandant en chef de l’armée du Sud, donne l’ordre à toutes les troupes japonaises d’Asie du Sud-est de cesser le combat (Pedroncini, 1992, pp. 41-42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création en métropole d’un groupement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. sous le commandement du lieutenant-colonel Massu (2 200 hommes avec un escadron équipé de blindés légers et d’automitrailleuses). Cette unité ne sera débarquée en totalité que le 15 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un « Congrès national du peuple » se réunit à Tan Trao (Tonkin)&#039;&#039;&#039;. Des centaines de délégués du VM convoqués, seule une soixantaine arrive à destination. Ils élisent un &#039;&#039;&#039;Comité de Libération nationale,&#039;&#039;&#039; véritable gouvernement provisoire. HCM est élu président à l’unanimité (Francini 1, 1988, p. 203). &#039;&#039;&#039;C’est le signal pour lancer l’insurrection générale préparée de longue date et entamer une marche sur Hanoi où le VM espère s’emparer du pouvoir et négocier en position de force avec les Alliés. On parle alors de « moment opportun » pour s’emparer du pouvoir. Des ordres sont envoyés en ce sens aux membres du VM et du P.C.I. au Tonkin, en Annam et en Cochinchine&#039;&#039;&#039; (Marangé, 2012, p. 146). C’est lors de ce congrès qu’HCM exhibe une photographie de lui-même en compagnie de général américain Chennault laissant ainsi entendre qu’il bénéficie de l’appui des Américains (Cesari, 2013, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny ne parvient pas à rejoindre Hanoi par avion comme le lui avait demandé le colonel Roos, commandant la D.G.E.R. Les Américains de l’O.S.S. et les Chinois le bloqueront d’un commun accord jusqu’au 22 (Francini 1, 1988, pp. 225-226 ; Sainteny, 1967, pp. 60-69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’averti depuis fin juillet de la partition de l’Indochine en deux zones d’occupation, &#039;&#039;&#039;De Gaulle réagit tardivement pour constituer une équipe de gouvernance pour l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Après une révision laborieuse des textes d’attribution de fonctions (voir 13 et 14 août) et une réunion du Comité de Défense, &#039;&#039;&#039;il nomme l’amiral Thierry D’Argenlieu au poste de haut-commissaire en Indochine et commandant en chef du C.E.F.E.O.&#039;&#039;&#039; L’instruction précise :   « Il a pour première mission de rétablir la souveraineté française dans les territoires de l’Union indochinoise. » Du fait de son titre de haut-commissaire, il dépend dans ses attributions uniquement du seul chef du gouvernement (D’Argenlieu, 1985, p. 27). Il entrera en fonction le 31 octobre et occupera le poste jusqu’au 5 mars 1947. L’homme connaît la région puisque De Gaulle l’avait nommé haut-commissaire pour le Pacifique dès 1941.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle nomme également ce même jour le général Leclerc au poste de « général commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient […] chargé, sous l’autorité du haut-commissaire, de prendre toutes les mesures tendant au rétablissement de cette souveraineté. »&#039;&#039;&#039; Leclerc n’accepte cette fonction qu’à contre-cœur, il aurait préféré être nommé au Maroc. Il est pour l’instant le plus haut gradé et a d’entrée du mal à accepter ce statut de subalterne. De plus, leur conception de la mission qui leur est confiée diffère. Le général, contrairement à D’Argenlieu, comprendra vite que la solution est de trouver un compromis politique avec les Vietnamiens. D’Argenlieu lui s’en tiendra aux paroles de De Gaulle, à la déclaration du 24 mars qui entend mettre en œuvre le strict rétablissement de la souveraineté française. Pour complexifier encore un peu plus les choses, jusque-ici, les deux hommes ignorent l’un comme l’autre les décisions qui ont été prises à Postdam et qui sont restées secrètes jusqu’au 15, notamment la partition en deux zones d’occupation, chinoise au Nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et britannique au Sud. Ils ne découvriront cette situation que le 22 août (De Folin, 1993, pp. 95-96). Dans sa &#039;&#039;Chronique d’Indochine&#039;&#039;, évoquant sa conception des choses, D’Argenlieu écrit : «  Il y faut […] inaugurer la pensée politique, administrative, économique, sociale, enclose dans la déclaration du Gouvernement provisoire du 24 mars 1945 ». « Pensée politique » que les mémoires de l’amiral énoncent « &#039;&#039;nouvelle&#039;&#039; [car] pour ces motifs sérieux et concrets, je ne suis pas d’humeur à assumer un gouvernement général de l’Indochine dans le style d’un passé révolu. » (voir 8 août) (D’Argenlieu, 1985, pp. 27-28). Dans les faits, il demeurera quand même l’homme d’un « passé révolu » qui saisit mal l’ampleur des bouleversements qu’ont introduit en Indochine la défaite française de 1940, l’occupation de la péninsule et la proclamation japonaise d’indépendance de l’Indochine. A sa décharge, il est vrai que D’Argenlieu ne fait qu’appliquer strictement les ordres qu’il reçoit de De Gaulle (Cadeau, 2019, p. 142). Mais il ne fait et ne fera rien pour les contrarier lorsque ceux-ci s’avèreront peu en phase avec la réalité indochinoise du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien marquer la hiérarchisation des rôles entre l’amiral et le général, De Gaulle ne recevra pas Leclerc qu’il n’a pourtant pas vu depuis le 18 juillet mais le seul D’Argenlieu. Il l’avait d’ailleurs nommé vice-amiral en décembre 1944, c&#039;est-à-dire l’équivalence dans la Marine des quatre étoiles de Leclerc (Pedroncini, 1992, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création d’un « groupement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. » sous les ordres du lieutenant-colonel Massu qui est destiné à constituer l’avant-garde du futur corps expéditionnaire français (voir début août). Il comprend un escadron de chars légers, un escadron d’automitrailleuses, un bataillon d’infanterie et une compagnie du Génie (2 200 hommes) (Bodinier, 1987, p. 32).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les parachutages ratés de représentants par la D.G.E.R. en Indochine (Messmer et Cédile), la série des tentatives ratées du retour des Français prend une nouvelle forme avec l’envoi d’une jonque armée sur Haïphong, le &#039;&#039;Frézouls&#039;&#039;. Les Japonais s’opposent purement et simplement à son débarquement (Turpin, 2005, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chef du gouvernement Bao Daï, Tran Trong Kim, publie un texte profondément anticolonialiste : « Les peuples du Vietnam refusent d’être assujettis à nouveau à la France sous la contrainte de qui ils ont longtemps souffert. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 20)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 - 22 août 45 : Boqué un temps par les Chinois et les Américains, Sainteny ne renonce pourtant pas et parvient à rejoindre tant bien que mal Hanoi en trompant la vigilance des uns et des autres. Suite à la capitulation japonaise, son équipe navale sous les ordres du lieutenant de vaisseau Blanchard est présente à Haiphong avec deux patrouilleurs pour y montrer les couleurs françaises (Sainteny, 1967, pp. 77-78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’O.S.S. accepte finalement d’intégrer quatre Français (dont Sainteny) dans la &#039;&#039;Mercy Team&#039;&#039; de Patti (officiellement venue avec une mission de recherche des corps des Américains tués en Indochine mais qui est, dans les faits, une organisation d’espionnage). Ils sont sous uniforme américain et ont pour consigne de ne pas aider à une reprise par la force de l’Indochine. Leur départ a lieu le 22 août (Francini 1, 1988, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 août 45 : &#039;&#039;&#039;Retour discret d’Ho Chi Minh A Hanoï en vue de former un gouvernement.&#039;&#039;&#039; Une manifestation de 20 000 personnes, théoriquement appelée à soutenir le gouvernement Tran  Trong Kim mis en place par les Japonais, se transforme en manifestation de soutien au VM. Depuis le balcon du théâtre d’Hanoï, le drapeau impérial est jeté à bas et remplacé par celui du VM (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Francini 1, 1988, p. 203). Les différentes manifestations qui suivront entraîneront la mort de 15 Français, d’autres seront blessés, molestés ou pillés (Gras, 1979, p. 33).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï fait une déclaration dans laquelle il proclame que « l’empereur se déclare toujours prêt à mettre les intérêts de son peuple au-dessus de son trône. Il invite donc les chefs du front du Vietnam à former un nouveau gouvernement. » (voir 25 août) (Cadeau, 2019, pp. 123-124)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité de Défense nationale français décide d’envoyer un corps expéditionnaire de 55 000 hommes accompagnés ultérieurement de troupes supplémentaires, non comprises les troupes qui sont déjà en Extrême-Orient : le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. à Ceylan et les 5 000 hommes d’Alessandri repliés en Chine (Bodinier, 1987, p. 32). Il aurait dû débarquer en théorie en trois échelons : entre le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et le 15 septembre, pour le 15 octobre et pour le 15 novembre. &#039;&#039;&#039;Mais, dans les faits, ce débarquement sera reporté de 6 mois,&#039;&#039;&#039; faute de moyens de transport et des dotations matérielles nécessaires. Seuls deux groupes de transport et un groupe de chasse sont envoyés sur place, ainsi qu’une escadre commandée par l’amiral Auboyneau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première lettre de D’Argenlieu à Leclerc : « La volonté du gouvernement provisoire de la République française est de faire du neuf, mais dans l’ordre et selon la raison. La déclaration du 24 mars 1945 et le message du général De Gaulle du 14 août doivent être compris et interprétés en ce sens […] La réorganisation administrative nécessite de l’épuration. Vous estimerez comme moi qu’elle doit frapper haut, fort, vite et peu […] Vous aurez à vous assurer de la personne des amiraux Decoux et Béranger, du général Aymé et de leur retour en France sans délai par avion. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 32-33 ; Pedroncini, 1992, p. 93) Cette missive montre combien l’amiral, qui n’arrivera que le 31 octobre en Indochine, perçoit mal la réalité des choses. D’une part, la déclaration du 24 mars est un texte complètement dépassé au vu de ce qui se passe en Indochine. D’autre part, en s’en prenant à Decoux, l’amiral semble vouloir y mener une épuration à la française, mesurant mal combien l’occupation japonaise a exacerbé  le nationalisme du peuple vietnamien, rendant ainsi les choses bien plus complexes et différentes qu’elles le sont en métropole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au soir, réunion des forces nationalistes non communistes qui ont créé récemment un Front des partis nationalistes. Elle est censée trouver une solution à l’avancée du VM. Mais aucun accord n’est trouvé : certains prônent de former une résistance pour s’opposer aux Français et au VM ; d’autres pensent qu’il est encore temps de conclure un accord avec le VM afin d’éviter « un bain de sang ». La division des forces nationalistes constitue un élément déterminant de leur future défaite face à la détermination du VM (voir 16 août) (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 août 45 : &#039;&#039;&#039;Leclerc quitte la France pour l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Il connaît mal la situation, n’a jamais entendu parler du VM que les Français eux-mêmes cernent mal, pensant même pouvoir atterrir à Saigon alors que la ville est en pleine ébullition (De Folin, 1993, p. 96).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï fait parvenir au président Henry Truman une lettre dans laquelle il stipule que « […] le peuple vietnamien ne veut plus, ne peut plus supporter aucune domination ni aucune administration étrangère […] » Il demande aux Américains de faire passer ce message auprès de De Gaulle qui doit se rendre sous peu aux États-Unis et y rencontrer le président américain (Brocheux, 2003, p. 164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, par l’entremise de Sainteny (délégué de De Gaulle au Tonkin et dans le Nord-Annam) et de Léon Pignon (son conseiller politique), &#039;&#039;&#039;HCM envoie&#039;&#039;&#039;, selon une source chinoise, &#039;&#039;&#039;un second message aux Français abordant 5 points qui lui paraissent cruciaux&#039;&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le gouvernement français doit reconnaître le gouvernement vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le gouvernement vietminh doit reconnaître l’autorité de la France sur le Vietnam pour une durée de 5 ans au-delà de laquelle le gouvernement français concédera l’indépendance au pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pendant cette période de transition, le Vietnam sera autonome pour gérer ses affaires intérieures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La France jouira de privilèges dans le domaine de l’industrie et du commerce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les Français pourront avoir un rôle de conseillers des Vietnamiens au niveau des relations extérieures (Devillers, 1988, pp. 383-384, note 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoï, ne pouvant tenir le rapport de force, les nationalistes remettent entièrement le pouvoir au VM (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Cadeau, 2019, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général japonais Tsuchihaschi, commandant la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée à Saigon, fixe le début du cessez-le-feu au 21 à 6 h 00 (Pedroncini, 1992, p. 42). Il retoque la demande de l’amiral Decoux, détenu à Loc Ninh depuis le 9 mars, demandant à rejoindre Saigon au plus vite et pouvoir y rejouer un rôle politique. Le Japonais se réfugie derrière « l’absence d’instructions du commandant en chef du Théâtre d’opérations, l’amiral Mountbatten ». Ce dernier ordonne de laisser les choses en état jusqu’à l’arrivée des Alliés (Turpin, 2005, p. 131 ; Decoux, 1949, p. 340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 - 20 août 45 : Différents messages pressants de Bao Daï et de l’impératrice Nam-Phuong sont adressés à Truman, Georges VI, Tchang Kaï Chek et De Gaulle. Ils demandent tous la reconnaissance de l’indépendance du Vietnam. L’empereur s’adresse aux Français dans un message radio diffusé puis par le biais d’une lettre adressée à De Gaulle le 19.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 août 45 : &#039;&#039;&#039;Le Vietminh entre à Hanoï et prend le pouvoir. La République démocratique du Vietnam est proclamée au Nord.&#039;&#039;&#039; Les bâtiments publics occupés par le gouvernement de Bao Daï sont pris d’assaut, à l’exception de la Banque d’Indochine gardée et protégée par les Japonais. Le 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée japonaise envoie des blindés et des soldats pour maintenir l’ordre mais se garde bien d’intervenir dans le déroulement des événements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement révolutionnaire est proclamé dans le palais du résident général. Le Vietminh revendique le soutien des Alliés, tout en jouant habilement une politique de division : les Américains contre les Français, les Français contre les Chinois, les Chinois contre les Américains. &#039;&#039;&#039;Il a obtenu&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;l’abdication mais aussi le soutien de Bao Daï&#039;&#039;&#039; qui déclare : « Mieux vaut être citoyen d&#039;un pays indépendant que d&#039;être roi d&#039;un pays esclave. » Le gouvernement d’HCM lui attribue à Hanoï un rôle de « conseiller suprême », sous le simple nom de « citoyen Vinh Thuy ». Sa nomination sera officiellement entérinée le 10 novembre. Mais Bao Daï sait aussi se méfier d’HCM dont il écrit dans ses mémoires : « C’est un très grand comédien ! Tour à tour paternel, affectueux, jouant de son aspect fragile […] J’avais en face de moi derrière le masque, un militant marxiste endurci par trente ans de lutte […] Un combattant plein de ruse. Capable de toutes les patiences et de toutes les duplicités, apte à toutes les feintes, implacable à l’heure de la décision. Toujours prêt aux embrassades pour mieux vous étouffer. » (Bao Daï, 1980, pp. 85-86) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Radio du Vietnam diffuse trois messages de Bao Daï : tous les fonctionnaires doivent préserver l’indépendance ; une proclamation au peuple vietnamien où l’empereur déclare préférer perdre son trône plutôt que de le garder dans un pays asservi ; une adresse à De Gaulle. Dans son message à ce dernier, il demande « de reconnaître franchement l’indépendance du Vietnam et de renoncer à toute idée de rétablir ici la souveraineté ou une administration française sous quelque forme que ce soit. Nous pourrions si facilement nous entendre et devenir des amis si vous vouliez cesser de prétendre redevenir nos maîtres. » (cité &#039;&#039;in extenso&#039;&#039; in Devillers, 2010, pp. 417-418 ; Devillers, 1988, pp. 69-70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des mouvements populaires antifrançais voient le jour lors des mouvements de manifestations vietnamiennes (Francini 1, 1988, pp. 203-204). Toutefois, en Cochinchine, bien qu’ayant organisé des manifestations les 19 et 20 août, le VM doit composer avec les mouvements nationalistes et leur assise populaire, appuyés par les Japonais (voir 21 août). Le VM se fond dans Front national unifié, tout en s’efforçant grâce à l’action de Tran Van Giau (chef du Comité exécutif provisoire au Sud) de se distinguer des nationalistes (Cadeau, 2019, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain MacArthur nouvellement investi du commandement suprême des forces alliées (voir 14 août) demande de surseoir à tout débarquement de forces dans les territoires encore tenus par les Japonais jusqu’à leur reddition. Il craint que certains grands responsables militaires nippons ne déposent pas les armes sans la certitude d’un accord de leur empereur. Cet ordre américain imprévu met le général Mountbatten en fureur et va peser très lourd pour l’avenir de l’Indochine en laissant la place au VM (Pedroncini, 1992, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 45 : Le consul général japonais Nishimura rencontre un délégué du VM et lui déclare que son mouvement succède au gouvernement Bao Daï pour exercer l’autorité administrative au Nord-Vietnam. Ce délégué vietnamien demande aux Japonais de céder tous les pouvoirs émanant du gouvernement général et de fournir des armes et des munitions aux troupes du nouveau gouvernement démunies (Pedroncini, 1992, p. 42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny et 3 membres de Mission 5 accompagnent la première mission de l’O.S.S. à Hanoi en présence du major Patti (Devillers, 1988, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï adresse un message à Truman. Il affirme que le Vietnam ne peut, sans risque pour la paix du monde, être replacé sous un régime colonial. Le président américain doit exercer une pression sur De Gaulle. Il demande à son interlocuteur de transmettre son message à Staline, Attlee (Grande Bretagne, nouveau premier ministre) et Tchang Kaï Check (Devillers, 1988, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Kunming, le général Alessandri (délégué du gouvernement) informe le gouvernement français sur la situation et demande, en l’absence de De Gaulle parti pour les U.S.A., des éclaircissements au Quai d’Orsay, notamment sur le mot « indépendance » sachant « qu’aucun autre mot ne peut le remplacer » aux yeux des Vietnamiens. De Gaulle et Bidault seront mis au courant de cette demande le 26 (Devillers, 1988, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comité d’Indochine fait un point sur la situation diplomatique. Ayant été mis au courant de la partition en deux zones d’occupation le 15 suite aux décisions de la conférence de Postdam (voir 2 août), les Français espèrent toujours que l’Indochine sera rattachée à la zone britannique : « Notre intérêt évident est d’insister à Londres et Washington pour que l’Indochine soit classée, dans sa totalité, dans la zone britannique. » Un télégramme émanant de Chunking laisse présager que les Chinois entendent s’installer et obtenir « un traitement d’établissement de faveur pour [leurs] ressortissants » et mettre la main sur « la totalité du chemin de fer de l’Indochine au Yunnan ». Un télégramme du 12 août montre qu’ils entendent même obtenir la reddition des troupes japonaises jusqu’au sud de l’Indochine. Les Américains ont fait savoir le 19 qu’il souhaitaient la présence d’un représentant français pour la signature de la reddition des Japonais. On pense à Leclerc (DDF, 2000, tome 2, document n° 121, pp. 308-310).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août 45 : A Saigon, grande manifestation organisée par les mouvements nationalistes (pro-japonais, trotskystes, sectes, etc…) auquel s’est joint le VM au sein d’un Front national unifié. Ce dernier essaie, sous la houlette de Tran Van Giau, de se distinguer du reste en arguant de son intégrité : il n’a jamais collaboré ni avec les Japonais ni avec les Français. Il se vante de plus de bénéficier de l’appui des Américains au Tonkin qui auraient vendu des centaines d’avions de guerre, de blindés et de navires (Cadeau, 2019, pp. 124-125). La fausse propagande et le noyautage, notamment des Jeunesses d’avant-garde (embryon de la future armée au Sud), faisant le reste…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août – 2 septembre 45 : 8 trains spéciaux acheminent 2 200 hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. dans 5 camps situés dans la région de Marseille d’où ils seront embarqués pour l’Indochine (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 – 22 août 45 : Le Vietminh parvient à mettre la main progressivement sur le sud et le centre de la péninsule indochinoise (voir septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 ou 23 août 45 : Après avoir quitté Tran Tao, &#039;&#039;&#039;HCM arrive clandestinement à Hanoï&#039;&#039;&#039; où il est presque un inconnu. Ce n’est que le jour de la proclamation officielle d’indépendance du 2 septembre que cet homme de l’ombre entrera vraiment dans la vie publique vietnamienne (Deroo, Dutrône, 2008, p. 17 ; Francini 1, 1988, p. 207 ; De Folin, 1993, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 août 45 : &#039;&#039;&#039;Leclerc arrive à Kandy (Inde, Ceylan) au Q.G. de l’amiral britannique Mountbatten commandant le &#039;&#039;South East Asia Command&#039;&#039; (S.E.A.C.).&#039;&#039;&#039; Rongeant son frein, il y demeurera toutefois jusqu’au 29 septembre. Leclerc n’approuve ni ne désapprouve le projet français de retour en Indochine. Il le trouve irréaliste au vu de ce que les Anglais sont en train de faire avec leurs propres anciennes colonies mais également du fait des moyens assez dérisoires dont disposent les Français tant en hommes qu’en matériels. C’est de la bouche de Mountbatten que Leclerc apprend l’issue de la conférence de Postdam, à savoir le partage de l’Indochine entre Chinois et Britanniques au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il sait également plus ou moins qu’une très grande confusion y règne actuellement. Il demande à De Gaulle, en route pour les U.S.A., d’intervenir auprès des Américains pour s’opposer à ce partage. Mais ce qu’il ignore pour l’instant, c’est que ces derniers refuseront pour ne pas mécontenter Tchang Kaï Chek. C’est également lors de cette entrevue avec Mountbatten que Leclerc découvre l’existence de l’ordre du général américain MacArthur du 19 qui interdit tout débarquement de troupes étrangères avant la signature de la capitulation japonaise (voir 2 septembre). Dès le soir de son arrivée, Leclerc envoie à De Gaulle un message le mettant au courant des problèmes du moment et à venir : la coupure de l’Indochine en deux zones d’occupation, l’entrée des Chinois au Nord, les grands retards à prévoir pour un retour de la France en Indochine. Pour lui compliquer encore un peu plus la tâche, il ne dispose pour l’instant sur place d’aucun moyen de transmission propre. Ses messages transitent par le &#039;&#039;War Office&#039;&#039;, puis le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; à Londres avant d’atteindre le ministère des Affaires étrangères français qui transmet à De Gaulle… S’il obtient d’ailleurs une réponse à ses questions, ce qui ne sera pas toujours le cas. Notamment pour ce message du 22 qui restera sans réponse… (Pedroncini, 1992, p. 113)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Chine, Hurley (ambassadeur américain) et Wedemeyer (chef d’état-major de Tchang Kaï Chek, commandant des forces américaines) sont pour l’instant ignorants du relatif revirement de l’administration Truman à l’égard du rôle des Français en Indochine. Ils ne le découvriront que le 5 octobre. Ils poursuivent donc sur place, à l’image du major Patti et de l’O.S.S., la politique intransigeante de Roosevelt. Staline, lui, ne trouve rien à redire au retour des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au N-V, les Français sont persuadés que leur retour sera bien accueilli. Ils vont vite déchanter. &#039;&#039;&#039;Sainteny et sa mission française arrivent&#039;&#039;&#039; à Hanoi dans un avion affrété par l’O.S.S. au sein d’un groupe de 16 personnes dirigées par le major &#039;&#039;&#039;Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;. Officiellement, en guise de couverture, l’Américain vient pour s’occuper du sort des sépultures de soldats américains. Sainteny quant à lui vient pour mener une mission humanitaire concernant les prisonniers et apporter son soutien aux populations françaises durement éprouvées depuis des semaines. Ce dernier n’a aucun titre officiel, aucune lettre de créance ni même un ordre de mission précis. Les Japonais comprennent mal les prétentions de cette délégation, et ce d’autant plus que le Japon n’a jamais été officiellement en guerre contre la France. Ils emmènent les Français vers le centre-ville d’Hanoi où les accueille une foule hostile. Les rues de la ville sont recouvertes de calicots proclamant en plusieurs langues : « L’Indépendance ou la mort », « Le Vietnam aux Vietnamiens », « Mort à l’impérialisme français », « A bas le colonialisme français » (Sainteny, 1967, p. 76 et  p. 100). Sainteny se rend à l’hôtel Métropole pour y rencontrer des Français qui vivent depuis des semaines dans la terreur. Bien qu’il sache qu’il va être enfermé dans ce qu’il nomme une « cage dorée », il parvient à s’installer au palais du Gouverneur général d’où il sera étroitement surveillé et même retenu, d’abord par les Japonais puis par les Vietnamiens. Son équipe a toutefois emmené quelques moyens de transmission. Ce qui est sûr c’est que les Japonais entendent laisser la France à l’écart du jeu politique qu’ils veulent conduire avec le VM (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 17-18). Hanoi est plongé en pleine révolution vietminh. Plus de 20 000 Français sont en quelque sorte pris en otages, « menacés, maltraités, assaillis, assassinés parfois ». Sainteny s’assigne pour but de les défendre, d’affirmer en même temps la présence officielle de la France. Au vu de la faiblesse de ses moyens, il tente de s’entendre, autant que faire se peut, et avec le VM et avec les Américains. Le chef de l’O.S.S. pour le nord de l’Indochine, &#039;&#039;&#039;le major&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;Patti, soutient quant à lui ouvertement l’insurrection vietminh.&#039;&#039;&#039; Il aurait peut-être même prêté sa main à la rédaction de la future déclaration d’indépendance du 2 septembre dans la partie où elle s’inspire de la constitution américaine. Mal informé des nouvelles directives de l’administration Truman à l’égard des Français, il est le représentant d’un anticolonialisme cher à Roosevelt qui prédomine toujours à cette époque. Patti applique à la lettre les accords de Postdam. Ils ne reconnaissent aucunement la souveraineté française en Indochine. A Hanoi, le major a donc à l’égard de Sainteny une attitude plus qu’équivoque voire même hostile (Sainteny, 1967, pp. 59-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Sud, création du comité du Nam Bo&#039;&#039;&#039; à Saigon par le Vietminh. La situation en Cochinchine est sans doute encore plus complexe qu’ailleurs. Les mouvements nationalistes soutenus par les Japonais comptent sauvegarder l’indépendance, mais à leur profit. Puissants, ils devancent ici le VM qui est divisé et ne comprend pas forcément les démarches des Nordistes (Francini 1, 1988, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vm, HCM quitte Tran Tao pour arriver clandestinement à Hanoï où il forme le gouvernement provisoire. Il commence à rédiger la future déclaration d’indépendance (voir 2 septembre). Giap quitte Hanoi et se rend à Hué pour participer au coup de force visant à destituer Bao Daï.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de William J. Donovan, directeur de l’O.S.S. à Washington, précise que « le Vietminh est un parti communiste à 100 % » (Ruscio, 1985, p. 64). Cette observation n’interrompt nullement pour l’instant les bonnes relations entre les Américains et le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 – 25 août 45 : &#039;&#039;&#039;De Gaulle arrive le 22 aux U.S.A. pour y rencontrer Truman&#039;&#039;&#039;. Ils auront plusieurs entretiens durant ce séjour. Le deuxième, celui du 24, portera principalement sur la question de l’Indochine qui fait débat entre les deux pays depuis l’ère Roosevelt. Évoquant l’avenir de l’Indochine, le Général affirme sa volonté « d’acheminer ces pays vers la libre disposition d’eux-mêmes ». Mais, à ses yeux, la France reste et entend rester seule juge du bon moment. Truman lui assure « que son gouvernement ne fera pas opposition au retour de l’autorité et de l’armée française en Indochine. » Entendant cela, De Gaulle répond   sèchement : « Bien que la France n’ait rien à demander en une affaire qui est la sienne, je note avec satisfaction les intentions que vous exprimez. » On aborde la question du transport des troupes françaises vers la colonie qui pose toujours problème. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 24 rapporte les désidératas français : « Une très haute personnalité française de Washington a déclaré : « En, fait, nous avons les forces et le personnel nécessaires pour occuper et administrer l&#039;Indochine dès que le pool allié de navigation voudra bien mettre à notre disposition nos propres navires. » »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses mémoires, suite à la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août 45), De Gaulle reviendra sur ce qui achoppe. Il déplore devant Truman « des dispositions que nos alliés sont en train de prendre sans nous avoir même consultés ». Les points de discorde sont évoqués : les futures occupations britannique et chinoise du Vietnam, le rôle ambigu des chargés de mission du général Weldemeyer (commandant les forces américaines en Chine) qui sont plus que disposés à « prendre contact avec le pouvoir révolutionnaire. » On se sépare en bon terme, même si, selon De Gaulle, « l’Amérique suivait une route qui n’était pas identique à la nôtre. » (De Gaulle, 2000, pp. 799-800) Pour les Français, les résultats de cette rencontre demeurent très mitigés car De Gaulle sait que les U.S.A. ne contribueront jamais qu’&#039;&#039;a minima&#039;&#039; au retour de la France en Indochine et ce, avant que n’émerge clairement conflit entre l’Est et l’Ouest en Corée en 1950 (De Folin, 1993, pp. 71-72 ; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 37). La visite du chef de l’État français se clôt le 25, avant qu’il ne se rende au Canada. Il sera de retour en France le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 août 45 : Au Sud, Tran Van Giau (commissaire à la guerre communiste) constitue le &#039;&#039;&#039;« Comité territorial du Nam Bo »&#039;&#039;&#039; issu d’un P.C.I. affaibli car ayant subi la répression de la Sûreté française dès 1940. Le Duan, récemment libéré du bagne de Poulo Condore, en est l’un des dirigeants. Il est épaulé par Pham Hung pour les affaires policières. Le Comité dépend du jeune gouvernement central d’Hanoi mais demeure faible en effectif et surtout divisé entre communistes, trotskystes et nationalistes. Ces derniers seront progressivement éliminés physiquement par les communistes (Goscha, 2002, pp. 33-34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Giau se charge d’autre part de constituer &#039;&#039;&#039;une armée nationale populaire&#039;&#039;&#039;, pour l’instant embryonnaire, mal armée, surtout divisée et bien incapable de faire face aux franco-britanniques. Il fait feu de tout bois en acceptant  dans ses rangs 1 200 hommes des Binh Xuyen et leurs chefs : Duong Ba Duong, Duong Van Ha, Muoi Tri et Bay Vien qui avaient leur part de responsabilité dans les troubles apparus depuis le 15 août (Gras, 1979, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Insurrection du Vietminh à Hué (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 août 45 : De Gaulle, sur le point de quitter les U.S.A., donne une conférence de presse à Washington. Il reprend, sans la citer explicitement, une partie du contenu de sa déclaration du 24 mars : « L’Indochine doit avoir un Gouvernement indochinois, composé d’Indochinois et aussi de Français d’Indochine et présidé par le Représentant de la France. L’Indochine doit avoir un Gouvernement composé de représentants des pays variés qui composent l’Indochine qui ne sont pas tous de la même race, de la même religion ni au même degré de développement. Néanmoins, cet ensemble de pays qui composent l’Indochine doit avoir un Parlement qui vote un budget de l’Indochine et l’Indochine doit avoir une vie économique propre et régler elle-même ses questions de douane. En résumé, il y aura un Gouvernement indochinois, un Parlement indochinois et un régime économique propre à l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 136 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 27 août 1945) Il ajoute : « La position de la France en Indochine est très simple. La France entend recouvrer sa souveraineté sur l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 2014, p. 216). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel &#039;&#039;&#039;Jean Cédile&#039;&#039;&#039; est parachuté en Cochinchine, près de Saigon. Représentant du Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.), il a été nommé commissaire de la République pour la Cochinchine et a en charge de remettre en place les structures administratives et politiques de la colonie française. Il est immédiatement fait prisonnier par les Japonais qui l’humilient en le dépouillant de ses vêtements et le ramènent à Saigon (Francini 1, 1988, p. 228). Il arrive en Indochine sans la connaître. Il y arrive également avec l’esprit d’un résistant quelque peu borné qui préfère mener une épuration dans l’administration Decoux plutôt que de tenir compte des compromis que l’amiral a dû faire face aux Japonais. Ses premiers contacts avec les milieux français considérés par lui comme potentiellement collaborationnistes ne seront donc pas bons (De Folin, 1993, pp. 94-95). Il mettra en place, avec de faibles moyens, un Comité d’accueil et de défense des intérêts français au rayonnement limité (Cadeau, 2019, p. 144 et p. 589, note 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seconde rencontre De Gaulle-Truman à Washington (voir 22 août). Le premier réaffirme la volonté de la France de recouvrer tous ses droits en Indochine (Francini 1, 1988, p. 210 et 229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le général Leclerc se rend de Kandy&#039;&#039;&#039; (Ceylan) &#039;&#039;&#039;à Calcutta&#039;&#039;&#039; (Inde) où se trouve un poste de la Direction Générale des Études et Recherches (D.G.E.R., sous les ordres de De Gaulle). Il y étudie la reprise en main de la situation au S-V (débarquement anglais), le parachutage au Tonkin et en Annam des futures troupes françaises. Celles-ci sont plus que dispersées. Il y a le Corps léger d’intervention de Blaizot, les troupes d’Alessandri stationnées en Chine (Yunnan), des troupes se trouvant encore à Madagascar ou en métropole mais aussi à Shangaï, à Tianjin, à Kandy même. Leclerc demeure conscient que la reconquête ne pourra être accomplie que par des troupes françaises car il considère qu’« aucun allié ne nous aidera réellement à réoccuper l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 153). Il doit par ailleurs négocier leur venue avec les Britanniques qui sont les seuls à posséder les moyens de transport nécessaires (Francini 1, 1988, p. 234). Durant le séjour de De Gaulle à Washington, Leclerc lui fait parvenir ce 24 août le télégramme suivant : « Je demande que ce télégramme soit transmis d’extrême urgence au général De Gaulle à Washington pour que les États-Unis prennent position avant l’armistice. Je peux vous assurer que la non-acceptation par toutes les nations unies des mesures suggérées pourrait entraîner les conséquences les plus graves, en particulier un conflit armé avec les troupes chinoises installées en territoire français. En tout état de cause, si le président des États-Unis ne croit pouvoir obtenir du maréchal Tchang Kaï Chek ce que nous demandons, il est nécessaire que les nations reconnaissent la souveraineté française sur toute l’Indochine. Il appartiendra alors au Gouvernement français de faire valoir ses droits par les moyens qui conviendraient. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 115) Or de Gaulle n’est pas parvenu à convaincre Truman de modifier les clauses de l’accord de Postdam concernant l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de la direction d’Asie du Quai d’Orsay montre à quel point les autorités gouvernementales françaises ignorent la situation en Indochine et s’illusionnent par excès de confiance : « […] il existe des mouvements sérieux d’indépendance locale de tendances antifrançaises et proaméricaines. Ces mouvements céderont naturellement devant un retour de représentants d’une France victorieuse, puissante et riche au moins de la considération de ses grands alliés ! » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 98) Selon De Folin, l’illusion se prolongera jusqu’au 30 septembre comme le montre un ensemble de télégrammes échangés entre le ministère des Affaires étrangères et celui des Colonies. Seul La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) joue (comme Sainteny, voir 5 septembre) la carte de la modération. En cela il s’oppose à De Gaulle et D’Argenlieu. La Laurentie écrit alors : « Sans prétendre qu’il faille dès aujourd’hui prononcer le mot indépendance […], il est possible d’admettre qu’avant même l’arrivée du Haut-Commissaire, nos représentants reçoivent pour instructions de poursuivre les entretiens avec le Viet-Minh et s’engagent à ne rien faire contre lui, charge pour lui de n’entreprendre aucune négociation avec nos alliés. Je pense que c’est le minimum que nous devrons faire pour sauvegarder notre position et je suis persuadé que l’on commettrait une faute grave en n’agissant pas ainsi. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tchang Kaï Check exprime dans une déclaration la position de la Chine. Cette dernière ne revendique aucune visée territoriale au Vietnam et souhaite que le peuple vietnamien accède progressivement à l’indépendance conformément à la Charte des Nations Unies (Pedroncini, 1992, p. 175). Mais, derrière cette déclaration de bonnes intentions, se dissimulent en fait les faiblesses d’un pouvoir central confronté à des exécutants militaires particulièrement indociles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 août 45 : A Hué, &#039;&#039;&#039;abdication de Bao Daï.&#039;&#039;&#039;  2 représentants officiels du VM, Tran Huy Lieu et Cu Huy Can, arrivent de Hanoi et se rendent au palais impérial. Lors d’une brève cérémonie, Bao Daï leur remet les sceaux impériaux. Au sommet de la citadelle, le pavillon impérial du palais est remplacé par le drapeau rouge avec au centre une étoile d’or à 5 branches (Fall, 1960, p. 39 ; Dang Van Viet, 2004, pp. 81-84). L’empereur accepte la démission du cabinet de Trong Kim et demande au VM de former un nouveau gouvernement (Pedroncini, 1992, p. 42). Il rédige alors son acte d’abdication : « […] Nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver un certain regret à la pensée de Nos vingt ans de règne, durant lesquels Nous avons été dans l’impossibilité de rendre aucun service appréciable à Notre pays. Malgré cela, et fort de Nos convictions, Nous avons décidé d’abdiquer et nous passons le pouvoir au gouvernement républicain démocratique […] » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 419-420 ou Guillemot, 2018, pp. 118-119)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édit d’abdication de Bao Daï est affiché dans la ville (Marangé, 2012, p. 148). HCM fait preuve d’habilité pour légitimer le nouveau gouvernement. A cette époque, le leader vietnamien ratisse large et tente de concilier tous les courants favorables à l’indépendance. L’ex-empereur deviendra « conseiller suprême » de ce nouveau gouvernement, avec le titre de « citoyen Vinh Tuy ». Il déclarera ultérieurement dans une publication américaine : « Indépendance pour la Patrie, Bonheur pour le Peuple. Pour ces huit mots, et pendant quatre-vingts ans, tant de nos frères et sœurs ont sacrifié leur vie dans la jungle, les forêts ou les prisons que, comparée aux sacrifices de ces milliers de héros et d’héroïnes, mon abdication n’est qu’une très petite chose. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 40) &#039;&#039;&#039;Le VM proclame alors l’établissement d’un nouveau gouvernement provisoire : le gouvernement de la République démocratique du Vietnam (R.D.V.N.)&#039;&#039;&#039; (Pedroncini, 1992, p. 42). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, Bao Daï reconnaît le &#039;&#039;&#039;Comité de Libération du Nam Bo&#039;&#039;&#039; (émanation du P.C.I.) sous la direction de &#039;&#039;&#039;Tran Van Giau&#039;&#039;&#039; qui prend possession avec habilité de Saigon et d’une bonne partie du S-V (voir 23 août). Le comité s’installe dans le palais du gouverneur général à Saigon. 7 de ses 9 membres sont communistes. En fait, ce comité est d’entrée noyauté par le P.C.I. : Tran Van Giau est nommé président et chargé des affaires militaires, Duong Bach Mai de la Sécurité d’État et Nguyen Van Tao de l’Intérieur. Les sectes n’y sont pas représentées, pas plus d’ailleurs que les trotskystes. Une énorme foule nationaliste défile en ordre dans les rues de Saigon (De Folin, 1993, p. 89). Comme le remarque Marangé, dans l’ancienne colonie française, « la prise de pouvoir fut plus violente, plus précaire et plus éphémère » car le VM y est moins implanté qu’au Nord. D’abord du fait de la répression coloniale en 1940-1941 mais également parce qu’il doit composer avec le Front national unitaire (F.N.U., nationaliste, qui a reçu le pouvoir des Japonais), les trotskystes, les Caodaïstes et les Hoa Hao qui ont tous un poids politique en Cochinchine (Marangé, 2012, pp. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains désireux de voir Sainteny quitter Hanoi au plus vite l’invitent à rejoindre Kunming en empruntant un de leur avion. Celui-ci, lucide, et y voyant clairement une volonté de l’écarter, décline l’invitation (Sainteny, 1967, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pierre Messmer, qui a été nommé commissaire de la République pour le Tonkin et l’Annam, est parachuté mais est fait immédiatement prisonnier par le Vietminh dans la région d’Hanoi.&#039;&#039;&#039; Selon Sainteny, Messmer et ses deux compagnons (dont l’un, le capitaine Brancourt, décédera) ne doivent leur vie sauve qu’à leur capacité à marcher plus de quarante heures dans le Delta inondé. Toujours selon Sainteny, « ils furent sauvés par les troupes chinoises descendant sur Hanoi qui les recueillirent exténués. » (Sainteny, 1967, p. 85). Messmer parviendra à s’enfuir ultérieurement. De retour en France, il confiera à De Gaulle que la situation en Indochine n’est guère rattrapable, à l’exception de Saigon (Francini 1, 1988, p. 205). Il constate rapidement combien la situation a changé avec la prise de pouvoir du VM : « Dans les villages où nous sommes passés, le Vietminh, efficace et bien organisé, est le maître. Crainte ou conviction, la population lui obéit sans murmure. Il a suffi de quelques semaines pour effacer soixante ans de colonisation française dont l’empreinte semble n’avoir été ni profonde ni solide. Sur le terrain, une chose est certaine, la déclaration gouvernementale du 24 mars 1945 qui définit la nouvelle politique française est complètement dépassée. » (Messmer, 1992, p. 157)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin du séjour de De Gaulle à Washington&#039;&#039;&#039;. Il n’a rien obtenu de Truman concernant la division de l’Indochine en deux zones d’occupation décidée à Postdam, chinoise au nord et britannique au sud. Lors d’une conférence de presse avant son départ, il déclare cependant :    « La position de la France en Indochine est très simple. La France entend retrouver sa souveraineté sur l’Indochine. Bien entendu, ce rétablissement sera accompagné d’un régime nouveau, mais pour nous cette souveraineté est une question capitale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 50) ll quitte alors les États-Unis pour se rendre au Canada et sera de retour à Paris le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Insurrection à Saïgon (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Cunming, D’Argenlieu envoie à Bidault (Affaires étrangères) un message concernant l’attitude à adopter envers l’amiral Decoux. Il préconise une « attitude très ferme, de même que pour tous les personnages compromis. » (DDF, 1998, tome 2, document n° 132, pp. 339-340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Daridan (chargé d’affaires en Chine) informe Bidault de la collusion entre les Japonais et « un gouvernement démocratique provisoire, organisé par les partis révolutionnaires » qui a demandé la destitution de Bao Daï (DDF, 2000, tome 2, document n° 134, pp. 342-343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 août 45 : HCM qui vient d’arriver à Hanoi secrètement rencontre pour la première fois discrètement &#039;&#039;&#039;Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;. Ils auront ensemble  5 entretiens durant toute la durée du séjour de Patti. Ho désire connaître les dispositions américaines envers le nouveau pouvoir vietnamien. Patti lui explique qu’il n’est pas diplomate, ce qui est aussi une manière de lui signifier que le soutien américain à l’égard du VM ne peut être que mesuré. Mesuré mais cependant réel du point de vue de Patti (Deroo, Dutrône, 2008, p. 18). L’important étant à cette époque, alors que ces militaires américains ne sont nullement habilités à traiter officiellement avec le nouveau gouvernement vietnamien, que ceux-ci donnent l’impression aux populations locales d’asseoir la réputation du nouveau régime d’un faire-valoir du gouvernement américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour marquer l’événement, Giap organise ce jour une cérémonie d’accueil en l’honneur du major Patti en présence d’HCM, avec exécution des hymnes nationaux, présentation des drapeaux et photographies de presse (Cesari, 2013, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny demande à Patti de faire pression pour libérer et armer les soldats français prisonniers des Japonais toujours enfermés dans la citadelle d’Hanoï en vue d’assurer la protection des quartiers européens. Le major lui signifie un refus : selon les ordres de Roosevelt et de son successeur Truman, ce sont les Japonais qui doivent maintenir l’ordre jusqu’à l’arrivée des Alliés (Cesari, &#039;&#039;ibid.&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han, futur responsable militaire de l’occupation du Tonkin (voir 28 août), demande à l’état-major japonais d’envoyer une délégation à son Q.G. situé dans le Yunnan (voir 2 septembre) (Pedroncini, 1992, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny et sa délégation sont étroitement pris en charge par les Japonais. Selon un câble de sa main, « conduits à la liaison qui prétend nous protéger contre armée Jap et population annamite. Bien traités mais aucune liberté. Après négociations laborieuses conservons la disposition, nos armes et transmission. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 156)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assassinat à Hué par le VM de Ngo Dinh Khoi et de son fils&#039;&#039;&#039;. Cet ancien gouverneur anticommuniste de la province de Quang Nam est le frère aîné de Ngo Dinh Diem. Ce dernier éprouvera désormais une haine farouche contre les communistes qu’il exprimera dès sa prise de pouvoir au S-V le 26 octobre 1955.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 août 45 : La présence de Sainteny à Hanoi (sous protection rapprochée japonaise) préoccupe suffisamment le VM pour qu’HCM lui envoie pour un premier contact une délégation dirigée par Nguyen Vo Giap (nouveau ministre de l’Intérieur) et Duong Duc Hien (ministre de l’Éducation nationale). L’entretien a lieu en présence de Patti, initiateur de cette rencontre, qui a lieu à la demande d’HCM mais sans que ce dernier soit présent. Cédile assiste peut-être à cet entretien (Turpin, 2005, p. 160). Giap fait part des aspirations du peuple vietnamien. Il évoque l’arrivée de ses troupes en ville et la nécessité de devoir installer un gouvernement dont les aspirations ne sont pas excessives. Sainteny trouve en effet les demandes de son interlocuteur raisonnables et réaffirme que les anciennes pratiques coloniales sont révolues. Il demande un retour à l’ordre, rappelle que le pays est toujours sous souveraineté française et précise que si les Vietnamiens veulent se débarrasser trop rapidement des Français, ils auront les Chinois. Selon lui, Paris jugera ce « gouvernement provisoire » sur ses actes. Pour Sainteny et les Français, le temps presse, sachant que depuis l’abdication de Bao Daï, c’est le Vietminh soutenu par les Américains qui a la réalité du pouvoir (Francini 1, 1988, pp. 228-229 ; Sainteny, 1970, pp. 69-70 ; Sainteny, 1967, pp. 81-85 ; compte rendu succinct de cette entrevue dans un câble de Sainteny cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le soir, le VM proclame à Hanoi la création d’un « gouvernement provisoire de libération nationale »&#039;&#039;&#039; dont la composition sera rendue publique le 29. Presque tous ses membres sont communistes. Sainteny rend compte par radio à Calcutta (D.G.E.R.) et demande des instructions qu’il n’obtiendra pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Pleven, qui assure l’intérim de De Gaulle à Paris depuis son départ le 22 pour les U.S.A., juge que la lettre adressée au chef du gouvernement provisoire par Bao Daï est celle d’un monarque discrédité qui « cherche une réhabilitation tardive en faisant le jeu des Japonais ». Tout en ajoutant cependant qu’il fallait « permettre à un personnage comme Bao Daï de reculer sans perdre entièrement la face. » On ne doit pas continuer « à l’employer » mais on doit toutefois laisser une porte ouverte (voir 28 août). Selon cette note, « il serait mauvais de laisser Bao Daï et le gouvernement annamite s’enfermer dans des formules sans échappatoire possible car, en pareil cas, le conflit entre eux et nous serait ouvert sur le plan le plus dangereux pour notre action future. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 149 ; message de Pleven cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 159). Bao Daï, discrédité par son attitude envers les Japonais, n’obtiendra aucune réponse de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 août 45 : &#039;&#039;&#039;Les troupes chinoises du général Lou Han pénètrent au Tonkin en vue d’occuper le nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; selon trois axes : celui de Langson-Hanoi, celui de la Rivière Claire et celui de Laokay-Hanoi (Pedroncini, 1992, p. 174). Pas moins de 180 000 hommes ont pour mission de désarmer les 70 000 Japonais comme l’a prévu la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août 45). Elles appartiennent à l’armée de Tchang Kaï Chek, mais ce dernier les contrôle mal. La nomination de Lou Han, et non celle du général Zhang Fa Kui, bon connaisseur des affaires vietnamiennes, n’est en fait qu’un moyen pour Tchang Kaï Check pour se débarrasser des troupes yunnanaises qui soutiennent le gouverneur Long Yun, lui-même récalcitrant aux ordres du gouvernement central chinois. Au Tonkin comme au Laos, l’attitude de ces troupes est d’entrée plus qu’ambiguë voire même hostile à l’égard des Français (voir 6 mars 1946) car elles se comportent immédiatement plus comme une troupe d’occupation que comme une armée venue désarmer les Japonais. Les Chinois viennent avec dans leurs bagages le chef de leurs services secrets, Siao Wen, un fidèle du Guomintang particulièrement anticommuniste. Il est l’adjoint de Lou Han et un fervent soutien du V.N.Q.D.D., du D.M.H. et du Daï Viet, les trois principaux partis nationalistes prochinois. Wen va mener avec leur aide une lutte féroce contre le VM à Hanoi : recrutement dans la pègre, assassinats, enlèvements, extorsion de fonds (De Folin, 1993, pp. 119-120). L’occupation, qui ne devait être que temporaire, ne se terminera au N-V officiellement que par les accords de Chongqing du 28 février 1946 et par un autre pour le Laos qui sera signé le 15 mars de la même année. Mais, dans les faits, le dernier régiment chinois ne quittera le Vietnam que le 18 septembre 1946. L’armée d’occupation chinoise est nationaliste et soutient ouvertement les partis nationalistes vietnamiens prochinois. Au retour des Français après mars 1946, le général Salan entendra à de nombreuses reprises les slogans de cette armée d’occupation prononcés « chaque lundi à 11 heures » devant la citadelle d’Hanoi : « Nous sommes un peuple fier et indépendant, la première race du monde, nous avons chassé les diables d’étrangers. Notre gouvernement est celui du peuple. Tout doit être subordonné à la subsistance du peuple en toute égalité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 242)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un Gouvernement provisoire est formé qui remplace le Comité de Libération nationale, le Gouvernement révolutionnaire annamite (G.R.A.). Il est présidé par HCM&#039;&#039;&#039;. La domination vietminh y est écrasante : Giap est nommé à l’Intérieur, Pham Van Dong aux Finances, Chu Van Cau à la Défense, Pham Huy Lien à la Propagande (Francini 1, 1988, p. 207 et pp. 228-229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour clandestin des Français en Indochine est toujours aussi mal improvisé. Un commando français de 6 membres de la Force 136 mandatés par Paris, la mission &#039;&#039;Lambda&#039;&#039;, est parachuté près de Hué. Il a pour mission de rencontrer Bao Daï et de lui demander de ne prendre aucune décision avant d’avoir reçu des agents français. Mais ce commando arrive trop tard (voir 25 août). De plus, 4 de ses membres ont été tués et 2 arrêtés (Pedroncini, 1992, pp. 148-149 ; Devillers , 1988, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, toujours surveillé de près par les Japonais, assaille la D.G.E.R de Calcutta de télégrammes désespérés : « Nous sommes devant une manœuvre conjuguée alliée en vue d’évincer les Français d’Indochine […] Il faut qu’enfin on comprenne que l’Indochine du Nord à cette heure n’est plus française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 79)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport rédigé à Kandy et adressé à D’Argenlieu, constatant que la situation est « mauvaise » tant au Tonkin qu’en Cochinchine, Leclerc écrit : « L’idée principale que vous avez d’ailleurs pu lire dans tous mes télégrammes est que nous n’avons qu’un moyen et un seul de restaurer la souveraineté française en Indochine, c’est d’avoir sur place une force armée. Ne voyez pas là le réflexe du militaire uniquement militaire, jamais je n’ai senti mieux que ces jours derniers combien toutes les arguties et discussions diplomatiques se ramènent en fait à l’absence ou la présence des forces. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 150-151). Si cette conception toute militaire effraie pour l’instant D’Argenlieu, De Gaulle lui la partage tout à fait (voir 27 octobre). D’ailleurs sur le fonds, Leclerc, D’Argenlieu et De Gaulle sont pour l’instant sur une même longueur d’onde. Leclerc pose alors la question de la présence de l’amiral en Indochine : « Il y a deux solutions : ou vous arrivez le plus tôt possible ou seulement quand nous aurons pris pied solidement en Cochinchine. » Il évoque les avantages d’une présence de l’amiral : « Les Alliés constatent au plus tôt que le Général De Gaulle tient à être représenté non seulement par un chef militaire mais aussi pas un haut-commissaire politique. » Mais aussi les inconvénients et notamment la faiblesse de l’organisation matérielle qui font « que vous ne serez plus à Paris pour arracher les décisions […] ». Et de conclure : « A vous, Amiral, de peser le pour et le contre et de choisir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 153).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc apprend la nouvelle de l’embarquement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. de Massu (qui n’aura lieu en fait que le 15 septembre) et précise au colonel de Guillebon (chef de l’état-major du corps expéditionnaire des forces d’Extrême-Orient) : « C’est bien TOUT le corps expéditionnaire qu’il faut. Faites ce qui est possible pour obtenir à tout prix le &#039;&#039;shipping&#039;&#039; sinon nous perdons l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 120)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note interrogative du ministère de l’Information : « De qui dépendra l’Information en Indochine ? Nous entendons bien que notre Département devra lui faire tenir un matériel aussi abondant que possible. Mais sous quelle autorité seront placés là-bas les différents organismes d’Information et de Propagande ? Les Colonies ? L’information ? L’autorité militaire ? Il nous semble que l’Armée prétendra commander la première, et que les Colonies demanderont à prendre la suite […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Villatoux, 1994, p. 104)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août 45 :  Entrée du premier régiment de l’armée de libération du VM à Hanoi (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous la pression de l’arrivée imminente des Chinois, &#039;&#039;&#039;formation à Hanoï d’un second « gouvernement provisoire de la République démocratique du Vietnam ».&#039;&#039;&#039; Il est politiquement plus représentatif que l’ancien Comité de libération du peuple vietnamien mais demeure présidé par HCM qui s’est également arrogé les Affaires étrangères. Les postes stratégiques, Défense, Intérieur, Propagande, Éducation et Jeunesse, sont aux mains de communistes (composition de ce gouvernement &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 69, note 46). Le Vietminh est, dès cette époque, majoritairement contrôlé et dominé par les communistes. Sur les 10 ministres du Comité de libération du peuple vietnamien, il y avait au moins 7 communistes et sur les 15 membres de ce deuxième gouvernement provisoire, 9 au moins le sont également. De timides ouvertures ont cependant dû être ménagées aux nationalistes indépendantistes et à leurs protecteurs chinois : branche indochinoise du Parti socialiste français, un membre du V.N.Q.D.D. et certains membres non affiliés à un parti (Fall, 1960, pp. 38-39).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un souci de se rendre populaire, le nouveau gouvernement abolit ce jour la taxe sur les produits vendus. Il prendra d’autres mesures de ce type : abolition de l’impôt sur le revenu (7 septembre), abolition des impôts professionnels (14 septembre). Ces mesures mettront rapidement le gouvernement face à une situation financière désastreuse qui ne sera redressée et corrigée que par la suite (Fall, 1960, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bao Daï vêtu à l’impériale lit à Hué devant une assemblée réunie pour l’occasion par le VM l’édit de son abdication&#039;&#039;&#039;. Il déplore que son règne n’ait apporté « aucun service appréciable » et termine sa déclaration par un « Vive l’indépendance du Vietnam ! Vive notre république démocratique ! » (Marangé, 2012, p 148). Puis dans une proclamation adressée « au monde entier », il déclare : « Dorénavant, nous sommes heureux d’être un citoyen libre dans un pays indépendant ! » Le VM transformera cette phrase en slogan : « Nous préférons devenir simple citoyen indépendant que roi esclave. » (Sainteny, 1967, p. 110 et p. 276)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, aux abois mais bien seul, estime que « l’attitude alliée à l’égard de la France nous mène à une perte de face totale […] Je dois passer par Patti pour tout […] J’insiste sur le fait  qu’à l’heure actuelle l’attitude alliée est plus nuisible que celle du Viet-Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 120)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 août 45 : Le secrétaire d’État Dean Acheson indique à l’un de ses correspondants diplomatiques en poste à New Dehli : « Ce n’est pas la politique de ce gouvernement que d’aider les Français à rétablir par la force leur contrôle sur l’Indochine. Nous ne sommes prêts à voir la France rétablir son contrôle dans ce pays que si les affirmations françaises d’obtenir le soutien des populations d’Indochine s’avèrent justes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Bonnet (ambassadeur de France à Washington) adressée à Bidault ce même jour montre que le discours officiel de département d’État en apparence beaucoup plus conciliant : « Quant à la suggestion selon laquelle la souveraineté française sur toute l’Indochine devrait être reconnue par les Nations Unies on peut dire qu’ainsi que le gouvernement le sait bien, le gouvernement américain n’a soulevé aucune question en ce qui concerne la souveraineté française sur l’Indochine. » (DDF, 2000, tome 2, document n° 144, pp. 373-374).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM entame la rédaction du texte de la déclaration d’indépendance qui sera prononcé le 2 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 août 45 : &#039;&#039;&#039;Retour de De Gaulle à Paris&#039;&#039;&#039; après son voyage aux U.S.A. et une visite au Canada (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 31 août et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny continue à se débattre dans son dialogue de sourds avec la D.G.E.R. de Calcutta : « Je vous demande de comprendre la chance exceptionnelle que nous avons d’être en place au cœur même de l’administration française en Indochine. Ma mission doit être officialisée et non désavouée comme elle paraît l’être actuellement, ce dont le Vietminh, les Japs et les Alliés s’empressent de tirer avantage aux dépens de la France. La question de personne n’importe pas : si vous me jugez non qualifié, dites-moi à qui je dois repasser le commandement. Il faut tout faire pour qu’une situation acquise et maintenue difficilement ne soit pas abandonnée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 80)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cédile et le capitaine de frégate Jolivet de Riencourt se rendent à Loc Ninh où Decoux est détenu. L’entrevue est orageuse, notamment lorsqu’on évoque avec lui le précédent malheureux de la libération de la Syrie. Selon Cédile, l’amiral était « combatif, interrompant sans cesse  nos explications  par des remarques plus que désobligeantes sur la France libre et le général De Gaulle, les Anglais, les retards des forces alliées à intervenir en Indochine (il insista beaucoup sur ce dernier point, accusant l’E.M. de Kandy d’incompétence, de désordre, etc.). Il attaqua violemment la Résistance en Indochine, notamment Mordant, De Langlade, Mus. » Le représentant du G.P.R.F. voit là un homme « déçu de ne pas recevoir des félicitations (qu’il pensait que nous devions lui apporter de la part du gouvernement) […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 132 ; voir également D’Argenlieu, 1985, pp. 423-424 ; Decoux, 1949, pp. 341-347). Decoux demande à nouveau à pouvoir rejoindre Saigon et ne reçoit, selon ses mémoires, qu’une réponse « évasive et équivoque ». Discrédité, il ne sera pas entendu et ce, jusqu’à son rapatriement en France, le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=5340</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2026-09-15T06:25:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Études historiques, mémoires, témoignages, souvenirs :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral relevé par The New York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Livre noir. Faits et preuves des actes d’agression du Vietnam contre le Kampuchéa&#039;&#039;, Paris, Éditions du Centenaire, 1979, 87 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consultable sur : http://editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/brochures/e100/kampuchea_livre-noir.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Affonço Denise, &#039;&#039;La digue des veuves&#039;&#039;, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, 264 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancel Guillaume, &#039;&#039;Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2021, 257 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, &#039;&#039;Où le mémoire s’attarde&#039;&#039;, Paris, Odile Jacob, 2000 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1996), 466 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent, &#039;&#039;Mon septennat 1947-1954&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1970, 606 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent,  &#039;&#039;Journal du septennat, 1950&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2003, 796 p. [noté Auriol 4. Ce volume contient un cd-rom qui regroupe l’ensemble du Journal de 1947 à 1954 noté Auriol 1 (1947), 2 (1948), 3 (1949), 4 (1950), 5 (1951), 6 (1952) et 7 (1953-1954)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, &#039;&#039;Le dragon d&#039;Annam&#039;&#039;, Paris, Plon, 1980, 381 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barron John et Paul Anthony, &#039;&#039;Un peuple assassiné. L’histoire du génocide communiste au Cambodge&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1978 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1977), 251 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Becker Elizabeth, &#039;&#039;Les larmes du Cambodge. L’histoire d’un auto-génocide&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1986, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bigeard Marcel, &#039;&#039;Pour une parcelle de gloire&#039;&#039;, Paris, Édition°1, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1975), 448 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bizot François, &#039;&#039;Le Portail&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 2000, 398 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;Les dossiers du Pentagone,&#039;&#039; Paris, Presses de la Cité, 1971, 282 p. (noté Bodard doss. Pentagone, 1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. L’enlisement. L’humiliation. L’aventure&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1997, 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2004, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;Le retour de la France en Indochine (1945-1946). Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1987, 405 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1947. Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1989, 412 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bollenot Vincent, &#039;&#039;« Signalé comme suspect ». La surveillance coloniale en France 1915-1945&#039;&#039;, Paris, CNRS Éditions, 2025, 378 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boyer de la Tour Pierre, &#039;&#039;De l’Indochine à l’Algérie. Le martyre de l’armée française&#039;&#039;, Paris, Les Presses du Mail, 1962, 381 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brocheux Pierre, &#039;&#039;Ho Chi Minh. Du révolutionnaire à l’icône,&#039;&#039; Paris, Payot, 2003, 338 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brun Olivier, &#039;&#039;Roger Wybot (1912-1997) : genèse d’un contre-espionnage français modernisé&#039;&#039;, thèse, Sorbonne Université, 2024, 809 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Tin, &#039;&#039;Followinh Ho Chi Minh, The Mémoirs of a North Vietnamiese Colonel,&#039;&#039; Londres, 1995 (traduction française : &#039;&#039;1945-1999 Vietnam, la face cachée du régime&#039;&#039;, Paris, Éditions Kergour, 1999, 304 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Xuan Quang, &#039;&#039;La troisième guerre d’Indochine 1975-1999. Sécurité et géopolitique en Asie du Sud-Est,&#039;&#039; 2000, L’Harmattan, 824 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried G., &#039;&#039;La seconde résistance. Vietnam 1965&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1965, 355 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;Pourquoi le Vietcong gagne&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1968, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;La seconde guerre d’Indochine. Cambodge et Laos 1970&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1970, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burns Sigler David, &#039;&#039;Vietnam battle chronology. U.S. Army and Marine Corps combat operations 1965-1973&#039;&#039;, Londres, Jefferson (N. C.) &amp;amp; McFarland, cop., 1992, 184 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saïgon 1940-1956&#039;&#039;, Paris Perrin, 2019 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 668 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;Cao-Bang 1950. Premier désastre français en Indochine&#039;&#039;, Paris, Perrin-Ministère des Armées, 2022, 394 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre de Corée&#039;&#039;, Paris, Perrin, 2016 (1ère éd. 2013), 367 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cambacérès Jean-Marie, &#039;&#039;Sihanouk, le roi insubmersible,&#039;&#039; Paris, Le Cherche Midi, 2013, 460 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chanda Nayan, &#039;&#039;Les frères ennemis. La péninsule indochinoise après Saigon&#039;&#039;, Paris, Presses du C.N.R.S., 1987, 371 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cao Xuan Huy, &#039;&#039;En mars, fusils brisés&#039;&#039;, Paris, Riveneuve, 2021, 243 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caputo Philip, &#039;&#039;Le bruit de la guerre&#039;&#039;, Paris, Williams Alta, 1979, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), &#039;&#039;Deux actes de la guerre d’Indochine. Hanoi : juin 1940. Dien Bien Phu : mars-mai 1954&#039;&#039;, Paris, Plon, 1959, 180 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;L’Indochine en guerres 1945-1993&#039;&#039;, Paris, Belin, 1995, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Les Grandes puissances et le Laos 1954-1964&#039;&#039;, Arras, Artois Presses Université, 2007, 374 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Le problème diplomatique de l’Indochine 1945-1957&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2013, 420 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Indochine, dix ans d’indépendance&#039;&#039;, Paris, Calman-Lévy, 1964, 295 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Les deux guerres du Vietnam. De Valluy à Westmoreland&#039;&#039;, Paris, La Table ronde, 1969, 459 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chandler David P., &#039;&#039;Pol Pot. Frère n° 1&#039;&#039;, Paris, Plon, 1993, 343 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel Jean, &#039;&#039;Commentaires, tome 3, De Berne à Paris (1952-1962)&#039;&#039;, Fayard, 1973, 370 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif, &#039;&#039;L’opinion américaine devant la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Presse de l’université de Paris-Sorbonne, 1992, 248 p. (noté : auteur de la communication &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean Cazemajou, Jean-Michel Lacroix dir.), &#039;&#039;La guerre du Vietnam et l’opinion publique américaine (1961-1973)&#039;&#039;, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1991, 199 p. (noté Cazemajou, Lacroix, 1991)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Spencer C. Tucker dir.), &#039;&#039;The encyclopedia of the Vietnam War. A political, social and military history,&#039;&#039; New-York, Oxford University Press, 2000, 578 p. (noté Spencer, Tucker, 2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Ivan Cadeau, François Cochet, Rémy Porte dir.), &#039;&#039;La Guerre d’Indochine. Dictionnaire&#039;&#039;, Paris, Perrin &amp;amp; Ministère des Armées, 2021, 1000 p. (noté Cadeau, Cochet, Porte, 2021)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean-François Sirinelli dir.), &#039;&#039;Dictionnaire historique de la vie politique française&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1995, 1254 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1946&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1947, 626 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1947&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1948, 395 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1948&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1949, 474 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1949&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1950, 488 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1950&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1951, 437 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1951&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1952, 784 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1952&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1953, 653 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Guy Pedroncini dir.), &#039;&#039;Leclerc et l’Indochine 1945-1947. Quand se noua le destin d’un empire&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 433 p. (noté Pedroncini, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Brocheux dir.), &#039;&#039;Du conflit d’Indochine aux conflits indochinois&#039;&#039;, Bruxelles, 2000, 178 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Dao Tannh Huyen, Dang Duc Tue, Nguyen Xuan Mai, Pham Hoai Thanh, Pham Hoang Nam, Pham Thuy Huong dir.), &#039;&#039;Dien Bien Phu vu d’en face. Paroles de Bo Doi&#039;&#039;, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010, 271 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Journoud, Cécile Menétrey-Monchaud dir.), &#039;&#039;Vietnam, 1968-1976. La sortie de guerre&#039;&#039;, Bruxelles, 2011, P.I.E. Peter Lang, 378 p. (La publication est accompagnée d’un DVD reproduisant les interventions de 7 diplomates représentant les diverses nations impliquées dans la partie américaine du conflit)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Christopher Goscha, Benoît De Tréglodé dir.), &#039;&#039;Naissance d’État-Parti. Le Viêt Nam depuis 1945 The Birth of a Party-State. Vietnam since 1945&#039;&#039;, Paris, 2004, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby William, Vietnam, &#039;&#039;Histoire secrète d’une victoire perdue&#039;&#039;, Paris, Perrin, 1992, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, &#039;&#039;Nixon&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2013), 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corvisier André, &#039;&#039;Dictionnaire d’art et d’histoire militaires&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1988, 884 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coste Philippe, &#039;&#039;A l’ombre des Khmers rouges. Souvenirs d’une ambassade peu ordinaire (1991-1993)&#039;&#039;, Ginkoéditeur, 2022, 204 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1987, 316 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2006, 283 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dang Van Viet, &#039;&#039;Souvenirs d’un colonel vietminh 1945-2005&#039;&#039;, Paris, Indo Éditions, 2004, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dean John Gunther, &#039;&#039;Au cœur de la guerre froide. Le combat d’un ambassadeur américain pour la paix&#039;&#039;, Paris, François-Xavier de Guibert, 2011, 255 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2009)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debré François, &#039;&#039;Cambodge. La révolution dans la forêt&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1976, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux (amiral), &#039;&#039;A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945)&#039;&#039;, Paris, Plon, 1949, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deron Francis, &#039;&#039;Le procès des Khmers rouges. Trente ans d’enquête sur le génocide cambodgien&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2009, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deroo Éric, Dutrône Christophe, &#039;&#039;Le Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 239 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Despuech Jacques, &#039;&#039;Le trafic des piastres&#039;&#039;, Paris, Éditions des Deux Rives, 1953, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;Le royaume du Laos 1949-1965. Histoire événementielle de l’indépendance à la guerre américaine&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 2003 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;La guerre secrète au Laos contre les communistes (1955-1964)&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1995, 311 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Histoire du Vietnam de 1940 à 1952,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1952, 479 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Paris Saigon, Hanoi. Les archives de la guerre 1944-1947&#039;&#039;, Paris, Gallimard-Julliard, 1988, 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Vingt ans et plus avec le Vietnam 1945-1969&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2010, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe et Lacouture Jean, &#039;&#039;Viet Nam. De la guerre française à la guerre américaine,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1969, 430 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doan Van Toai, &#039;&#039;Le goulag vietnamien&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1979, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Domenach Jean-Luc, &#039;&#039;Chine : l’archipel oublié&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1992, 689 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;L’Indochine dans la tourmente&#039;&#039;, Paris, Plon, 1964, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 1, Service historique de la Défense, 2011, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 2, Service historique de la Défense, 2012, 136 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elgey Geneviève, &#039;&#039;Histoire de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République de 1945 à 1957. La modernisation de la France, l’Europe en marche, la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, 2018, Robert Laffont, 1303, p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Les deux Vietnam&#039;&#039;, Paris, Payot, 1967, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Vietnam. Dernières réflexions sur une guerre&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1968 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1967), 351 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Rue sans joie. Indochine (1946-1962)&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2020 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1961), 453 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Le Viet-Minh. La République démocratique du Vietnam 1945-1960&#039;&#039;, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques n°106, Paris, Armand Colin, 1960, 377 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Férier Gilles, &#039;&#039;Les trois guerres d’Indochine&#039;&#039;, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1993, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Folin (De) Jacques, &#039;&#039;Indochine (1940-1945). La fin d’un rêve,&#039;&#039; Paris, Perrin, 1993, 361 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fonde Jean-Julien, &#039;&#039;Traitez à tout prix… Leclerc et le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1971, 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fournier Ismaël, &#039;&#039;Stratégie américaine et guerre hybride au Vietnam : les succès contre-insurrectionnels américains et le spectre militaro-hybride qui engendra l’impasse militaire au Vietnam 1960-1972&#039;&#039;, thèse, Québec, Université de Laval, 2019, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Continental Saigon&#039;&#039;, Éditions des Équateur, 2015 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1976), 320 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 1,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 439 p. (noté Franchini 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 2,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 453 p. (noté Franchini 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gaulle (De) Charles, &#039;&#039;Mémoires&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2000, 1505 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gheddo Piero, &#039;&#039;Catholiques et bouddhistes au Vietnam, Paris&#039;&#039;, Asaltia, 1970, 422 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. italienne, 1968)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gigon Fernand, &#039;&#039;Les Américains face au Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1965, 267 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gilard François, &#039;&#039;Lettres d’Indochine 1946-1948&#039;&#039;, s.l., Éditions Les Deux Sœurs, 2022, 399 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goebel Michael, &#039;&#039;Paris, capitale du tiers monde. Comment est née la révolution anticoloniale (1919-1939)&#039;&#039;, Paris, Éditions La Découverte, 2017 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 447 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher, &#039;&#039;Vietnam. Un État né de la guerre 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 558 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gras Yves, &#039;&#039;Histoire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 599 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravel Mike (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Defense Department History of the Viet-nam War,&#039;&#039; 5 vol., Boston (Mass.), Beacon Press, 1971 (édition complète)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grintchenko Michel, &#039;&#039;L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2008, 700 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grimaud Maurice, &#039;&#039;En mai fais ce qu’il te plait&#039;&#039;, Paris, Stock, 1977, 345 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Guillemot François, &#039;&#039;Viêt-Nam, fractures d’une nation. Un histoire contemporaine de 1858 à nos jours&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 385 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haing Ngor, &#039;&#039;Une odyssée cambodgienne&#039;&#039;, Paris, Fixot Fillipacchi, 1988 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1987), 388 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;En plein bourbier&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1966, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;The Best and the Brightest&#039;&#039;, New York, Random House, 1972 (traduction française : &#039;&#039;On les disait les meilleurs et les plus intelligents&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1974, 591 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hamel Bernard, &#039;&#039;De sang et de larmes&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1977, 281 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hammond William H., &#039;&#039;Public affairs. The military and the media 1962-1968,&#039;&#039; Washington, Center of military Army, 1990, 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélie de Saint Marc, &#039;&#039;Mémoires. Les Champs de&#039;&#039; braises, Paris, Perrin, 2002 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1995), 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hémery Daniel, &#039;&#039;Ho Chi Minh. De l’Indochine au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1990, 192 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Herr Michael, &#039;&#039;Putain de mort&#039;&#039;, Paris, le Livre de poche, 1980, 286 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, &#039;&#039;L’Indochine française 1940-1945&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1982, 244 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jennar Raoul M., &#039;&#039;Les clés du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Maisonneuve &amp;amp; Larose, 1995, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Johnson Lyndon B., &#039;&#039;Ma vie de président&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1972, 721 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, &#039;&#039;De Gaulle et le Vietnam,&#039;&#039; Paris, Tallandier, 2011, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kane Salomon, &#039;&#039;Dictionnaire des Khmers rouges,&#039;&#039; La Courneuve, ISAREC Aux lieux d’être, 2007, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Karnow Stanley, &#039;&#039;Viet-nam : A History&#039;&#039;, New York, Penguin Books, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition : 1983, traduction française : &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039;, France Loisirs, 1985, 437 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben, &#039;&#039;Le génocide au Cambodge 1975-1979, Race, idéologie et pouvoir&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1998, 730 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 1, Paris, Fayard, 1979, 736 p. (noté Kissinger 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 2, Paris, Fayard, 1979, 1584 p. (noté Kissinger 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;Sortie de crise. Kippour 1973, Vietnam 1975&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2003, 548 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Knöbl Kuno, &#039;&#039;Victor Charlie Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1967, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Le Vietnam entre deux paix&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1965, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Survive le peuple cambodgien&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1978, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Langlais Pierre, &#039;&#039;Dien Bien Phu&#039;&#039;, Paris, Presse Pocket, 1969 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1963), 252 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel Joseph, Le drame indochinois. De Dien Bien Phu au pari de Genève, Paris, Plon, 1957, 140 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lattre de Tassigny (De), &#039;&#039;La ferveur et le sacrifice. Indochine 1951&#039;&#039;, Paris, Plon, 1988, 473 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, Le « petit livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, Paris, L’Harmattan, 1996, 263 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, &#039;&#039;Pourquoi les Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Vendémiaire, 2013, 350 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Luciolli Esmeralda, &#039;&#039;Le mur de Bambou. Le Cambodge après Pol Pot&#039;&#039;, Paris, Médecins sans frontières - Régine Deforges, 1988, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mao Tse-Toung, &#039;&#039;Écrits militaires de Mao Tse-Toung&#039;&#039;, Pékin, s.e., 1964, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marangé Céline, &#039;&#039;Le communisme vietnamien&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 2012, 611 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McNamara Robert S., &#039;&#039;In Retrospect. The Tragedy and Lessons of Vietnam&#039;&#039;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
New York, Random House, 1995 (traduction française : &#039;&#039;Avec le recul. La tragédie du Vietnam et ses leçons,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1996, 389 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meslin Denis, &#039;&#039;Rouges et noirs&#039;&#039;, URA Éditions, 2020, 93 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer Pierre, &#039;&#039;Après tant de batailles. Mémoires&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ministère des Affaires étrangères. Commission des documents diplomatiques français. &#039;&#039;Documents diplomatiques français&#039;&#039;, années 1945 à 1951. Imprimerie nationale ou P.I.E Peter Lang. Dates diverses (consultables en ligne sur le site de la B.N.F. ; voir partie du site intitulée « Archives en ligne » ; dans la chronologie, noté DDF, année d’édition, tome, n° du document, pagination).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul, &#039;&#039;Viêt-Nam. Sociologie d’une guerre&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1952, 380 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Phu Luc, &#039;&#039;Vietnam. Pourquoi les États-Unis ont-ils perdu la guerre ?&#039;&#039;, Paris, Godefroy de Bouillon, 1996, 418 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Agonie de l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1956, 337 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Le temps des vérités&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Mémoires Richard Nixon&#039;&#039;, Montréal, Stanké, 1978, 800 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Plus jamais de Vietnam&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1985, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, &#039;&#039;Journal d’un combattant Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1955, 230 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nolting Frederick, &#039;&#039;From trust to tragedy. The political memoirs of Frederick Nolting, Kennedy’s ambassador to Diem’s Vietnam&#039;&#039;, New York, Westport (Connecticut), London, Praeger, 1988, 161 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Penycate John, Mangold Tom, &#039;&#039;Les tunnels de Cu Chi&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1986, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pericone Laurent, &#039;&#039;Guerre du Vietnam : la faute à Kennedy ?,&#039;&#039; Paris, Économica, 2014, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peschoux Christophe, &#039;&#039;Les « nouveaux » Khmers rouges 1979-1990&#039;&#039;, Paris, l’Harmattan, 1992, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pham Thanh Tam, &#039;&#039;Carnet de guerre d’un jeune Viêt-Minh à Diên Biên Phu 21 février-28 août 1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 191 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, &#039;&#039;Cambodge année zéro&#039;&#039;, Paris, éditions Kailash, 2005, 273 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, 1977)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Les États-Unis et la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexes, 2008 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1993), 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;La fin de la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2016, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Lyndon Johnson. Le paradoxe américain,&#039;&#039; Paris, Payot, 2007, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouget Jean, &#039;&#039;Nous étions à Dien Bien Phu,&#039;&#039; Monaco, Édition du Rocher-Lithos, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1964), 581 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prados John, &#039;&#039;La guerre du Vietnam,&#039;&#039; Paris, Perrin, coll. Tempus, 2011, 1 179 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quirielle François, &#039;&#039;A Hanoi sous les bombes. Journal d’un diplomate français 1966-1969&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 1992, 241 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Raymond Louis, &#039;&#039;Les événements d’Indochine, septembre 1944-décembre 1946 : entre discours et contre-discours&#039;&#039;, Rennes, Mémoire de 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; année I.E.P. Rennes, 2013, 223 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regaud Nicolas, &#039;&#039;Le Cambodge dans la tourmente. Le troisième conflit indochinois 1978-1991&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1992, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Richer Philippe, &#039;&#039;Le Cambodge de 1945 à nos jours&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationales des Sciences politiques, 2009, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rigal-Cellard Bernadette, &#039;&#039;La guerre du Vietnam et la société américaine&#039;&#039;, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1991, 276 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rignac Paul, &#039;&#039;Ngo Dinh Diem. Une tragédie vietnamienne,&#039;&#039; La Chaussée d’Ivry, Atelier Fol’fer, 2018, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rocolle Pierre, &#039;&#039;Pourquoi Dien Bien Phu ?&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1968, 604 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roussel Éric, &#039;&#039;Pierre Mendès France&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2007, 608 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;La guerre française d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexe, 1992, 279 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Les communistes français et la guerre d’Indochine&#039;&#039; 1944-1954, Paris, 1985, L’Harmattan, 422 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Cambodge, an 1. Journal d&#039;un témoin&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 203 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1967, 285 p. [1ère éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Amiot-Dumont, 1953, 260 p. [1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Face à Ho Chi Minh,&#039;&#039; Paris, Seghers, 1970, 211 p. (rééd. Éditions Atlanta, s.l., s.d, 216 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le sens d’un engagement&#039;&#039;, tome 1, Paris, Presses de la Cité, 1970, 443 p. (noté Salan 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le Viêt-Minh mon adversaire&#039;&#039;, tome 2, Paris, Presses de la Cité, 1970, 479 p. (noté Salan 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salisbury Harrison E., &#039;&#039;Un Américain à Hanoï derrière les lignes Viet-cong&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1967, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sarin Ith, &#039;&#039;Regrets for the Khmer Soul,&#039;&#039; 1973 (consultable sur &#039;&#039;&#039; https://www.mekongriverpress.com/regrets-for-the-khmer-soul )&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schell Jonathan, &#039;&#039;Le village de Ben Suc&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1967, 188 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Les 1 000 jours de Kennedy&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1966, 948 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Un héritage amer : le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1967, 253 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scholl-Latour Pierre, &#039;&#039;La mort dans la rizière. 30 ans de guerre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Hachette, 1981, 428 p. (1ère éd. allemande 1980)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Une tragédie sans importance. Kissinger, Nixon et l’anéantissement du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Le poids de la pitié&#039;&#039;, Paris, Balland, 1985 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheehan Neil (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Complete and Unabridged Series as Published by the New York Times&#039;&#039;, New York, Bantam Books, 1971 (édition partielle, traduction en français : &#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral révélé et publié par The New-York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan Neil, &#039;&#039;L’innocence perdue. Un américain au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1990, 941 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Chroniques de guerre… et d’espoir&#039;&#039;, Paris, Hachette-Stock, 1979, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Prisonnier des Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Plon, 1986, 433 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Snepp Franck, &#039;&#039;Sauve qui peut. La chute de Saigon et la fuite des Américains racontée par un haut responsable de la CIA au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 467 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stien Louis, &#039;&#039;Les soldats oubliés. De Cao bang aux camps de rééducation du Vietminh&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1993, 333 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suong Sikoeun, &#039;&#039;Itinéraire d’un intellectuel khmer rouge&#039;&#039;, Paris, Cerf, 2013, 542 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Szymusiak Molyda, &#039;&#039;Les pierres crieront. Une enfance cambodgienne 1975-1982&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 1984, 272 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tertrais Hugues, &#039;&#039;Atlas des guerres d’Indochine 1940-1990&#039;&#039;, Autrement-Ministère de la Défense-Mémorial de Caen, 2004, 63 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Teulières  André, &#039;&#039;La guerre du Vietnam 1945-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1979, 256 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thierry Argenlieu (D’) Georges, &#039;&#039;Chronique d’Indochine 1945-1947,&#039;&#039; Paris, Albin Michel, 470 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Todd Olivier, &#039;&#039;Cruel avril. 1975, la chute de Saigon,&#039;&#039; Paris, Robert Laffont, 1987, 480 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toinet Raymond, &#039;&#039;Une guerre de trente-cinq ans. Indochine – Vietnam 1940-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1998, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tong André, &#039;&#039;Sihanouk,&#039;&#039; l&#039;&#039;a fin des illusions&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 1972, 234 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don, &#039;&#039;Les guerres du Vietnam&#039;&#039;, s.l., Vertiges Publications, 1985, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Nhu Tang, &#039;&#039;Mémoires d’un Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1985, 348 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Tra (général), &#039;&#039;A History of the Bulwark B-2 Theater&#039;&#039;, 1983 (version dactylographiée, 147 p., consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Vinh Le, &#039;&#039;Vietnam, où est la vérité ?&#039;&#039; Paris, Lavauzelle, 1989, 327 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, &#039;&#039;De Gaulle, les gaullistes et l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2005, 666 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;Indochine 1940-1945. Français contre Japonais&#039;&#039;, Paris, SEDES, 1993, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;La guerre d&#039;Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 1994, 416 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Geirt Jean-Pierre, &#039;&#039;La piste Ho Chi Minh&#039;&#039;, Paris, Librairie Jules Tallandier, 1972, 340 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Tien Dung (général), &#039;&#039;Et nous prîmes Saïgon&#039;&#039;, Paris, Le Sycomore, 1979, 215 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vanuxem (colonel), &#039;&#039;1951. Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Société de Production littéraire, 1977, 209 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Villatoux Marie-Catherine et Paul, « La guerre psychologique en Indochine (1945-1955) », Revue historique des Armées, n° 213, 1998, pp. 104-115&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Guerre du peuple, armée du peuple&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1967, 190 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954&#039;&#039;, tome 1 : La résistance encerclée, Fontenay-sous-Bois, 2003, 319 p. (noté Giap 1, 2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954,&#039;&#039; tome 2 : Le chemin menant à Dien Bien Phu, Fontenay-sous-Bois, 2004, 308 p. (noté Giap 2, 2004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wainstock Dennis, Miller Robert L., &#039;&#039;Indochine et Vietnam. 35 années de guerre 1940-1975,&#039;&#039; Paris, Le nouveau Monde éditions, 2019, 326 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yathay Pin, &#039;&#039;L’utopie meurtrière. Un rescapé du génocide cambodgien témoigne&#039;&#039;, Bruxelles, Éditions complexe, 1989, 414 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zeller Guillaume, &#039;&#039;Les cages de la Kempetaï. Les Français sous la terreur japonaise en Indochine, mars-août 1945&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2021, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Articles :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aberdam Marie, « Visites guidées au Kampuchéa démocratique (1975-1978) », Relations internationales, n° 162, 2015, pp. 139-156&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, « Mes rencontres avec Ho Chi Minh et le Vietnam (1946-1982) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 349-356 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baulon Jean-Philippe, « Les trois guerres de Robert MacNamara au Vietnam (1961-1968) et les errements de la raison dans un conflit irrégulier », Institut de Stratégie Comparée,  Stratégique, n° 93-94-95-96, 2009, pp. 425-444 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « L&#039;utilisation des autochtones dans le corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient (1945-1954) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 81, n° 303, 1994, pp. 137-159 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « 1949 En Indochine, un tournant ? » Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 236, 2009, pp. 135-154 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bouilleaux Geoffrey, « La guerre secrète n’aura pas lieu ! L’armée française face à l’arrivée des Américains en Indochine, 1950-1953 », Bulletin de l’Institut Renouvin, n° 53, 2021, pp. 157-173 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « 1954-1956, le départ du corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient », Revue historique des armées, n° 258, 2010, pp. 1-16 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Punir les lampistes ? Les commissions d’enquête des batailles de Cao Bang et Dien Bien Phu », Armée de terre, Inflexions, n° 45, 2020, pp. 67-70 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « La question des sépultures des morts de la guerre d’Indochine suivi du Rapport de la mission du capitaine Belmont à Dien Bien Phu du 8 au 23 juin 1955 », Revue historique des armées, 2016, pp. 92-111 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Sud-Vietnam, printemps 1955 : la « guerre des sectes » à travers les archives du Service historique de la Défense », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 273, 2019, pp. 49-68 (consultable en ligne ; noté Cadeau 2 dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), « L&#039;Union française, son concept, son état, ses perspectives »,  Politique étrangère, n° 4, 1953, pp. 233-266 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, « La négociation sur l’Indochine à la conférence de Genève (1954) », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 7-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « Nixon, Kissinger et la guerre civile au Cambodge », Relations internationales, n° 175, 2018, pp. 63-78 (consultable en ligne ; noté Coppolani A dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « La guerre américaine au Cambodge, 1969-1975 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 271, 2018, pp. 45-70 (consultable en ligne ; noté Coppolani B dans la chronologie) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cournil Laure, Journoud Pierre, « Une décolonisation manquée : l&#039;Armée nationale du Vietnam, de la tutelle française à la tutelle américaine (1949-1965) » Outre-mers, tome 98, n° 370-371, 2011, pp. 67-81 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courtois Stéphane, « Le génocide de classe : définition, description, comparaison », Les Cahiers de la Shoah, n° 6, 2002, pp. 89-122 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, « L’opposition du M.R.P. à la guerre d’Indochine », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 43, 1996, pp. 106-118 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David François, « L’alliance franco-américaine et la guerre d’Indochine, laboratoire d’une rupture 1953-1954 », Revue historique des armées, n° 246, 2007, pp. 77-87&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David Michel (lieutenant-colonel), « Tonkin 1950 : la naissance d’un maquis anti-vietminh », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 45-56 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Davieau-Pousset Sophie, « Maurice Dejean, diplomate atypique », Relations internationales,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
n° 162, 2015, pp. 79-94 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, « La politique française et la seconde guerre du Vietnam », Politique étrangère, n° 6, 1967, pp. 569-604 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debouzy Marianne, « Les marches de protestation aux États-Unis (XIX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt;-XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècles) », La Découverte, Le Mouvement social, n° 202, 2003, pp. 15-41 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Escobar Rodrigez Adriana Maria, « Les mémoriaux du régime du Kapuchéa démocratique », Vingtième Siècle, n° 137, 2018, pp. 114-136 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gorin Valérie, « Les mouvements de vétérans et les enjeux mémoriels de la guerre du Vietnam aux États-Unis (1982-1995) », Carnet de bord en sciences humaines, n° 12, 2006, pp. 16-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « L’aide militaire chinoise au Viet-minh (1949-12954) », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « « La guerre par d’autres moyens » : réflexions sur la guerre du Viêt Minh dans le Sud-Vietnam de 1945 à 1951 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 206, 2002, pp. 29-57 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « Une guerre pour l’Indochine ? Le Laos et le Cambodge dans le conflit franco-vietnamien (1948-1954) », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 211, 2003, pp. 29-58 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., “The Maritime Nature of the Wars for Vietnam (1945-1975) : A Geo-Historical Reflection”, War &amp;amp; Society, 2005, n° 24/2, pp. 53-92 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gosha Christopher E., « L’aide chinoise au Vietminh (1949-1954), Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 15-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1966, le discours de Phnom Penh » &#039;&#039;in&#039;&#039; Jeanneney Jean-Noël, Guérout Jeanne (dir.), &#039;&#039;L’histoire de France vue d’ailleurs&#039;&#039;, Paris, Les Arènes, 2016, 597 p., pp. 556-569&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher E., « La guerre de décolonisation la plus violente du XX&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; siècle ? », L’Histoire, n° 499, septembre 2022, pp. 32-39&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grosser Pierre, « La politique indochinoise de Pierre Mendès France après les accords de Genève »,  Relations internationales, n) 146, 2011, pp. 59-75 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gunn Geoffrey, « La grande famine vietnamienne de 1944-1945 : un réexamen », https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/la-grande-famine-vietnamienne-de-1944-1945-un-reexamen.html , mars 2015, n.p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hanhimäki Jussi M., « La négociation dans les combats : la conférence de Paris et la fin de la guerre du Viêt-Nam », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 53-72 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Huret Romain, « La rumeur de Pinkville. Les commissions d&#039;enquête sur le massacre de My Laï (1969-1970) », Le Mouvement Social&#039;&#039;,&#039;&#039; n° 222, 2008, pp. 129-152 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam », Annuaire de Droit international, vol. 18, 1972, pp. 101-121 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, « Les accords de Genève (1954) et de Paris (1973) », Les Cahiers de l&#039;Institut d&#039;Histoire du Temps Présent, n° 34, 1996, pp. 227-237 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jalabert Laurent, « Aux origines de la génération 1968 : les étudiants français et la guerre du Vietnam »,Vingtième Siècle, n° 55, 1997. pp. 69-81&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le rôle d&#039;une « tierce-partie » dans l&#039;ouverture d&#039;une négociation de paix. La France et la guerre du Vietnam (1965-1969), Hypothèses, 2001, pp. 141-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Diplomatie informelle et réseaux transnationaux. Une contribution française à la fin de la guerre du Vietnam », Relations internationales, n° 138, 2009, pp. 93-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « Le CAT/Air America dans les guerres d’Indochine ou le rôle d’une compagnie aérienne privée secrètement tenue par la CIA (1950-1975), Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 238, 2010, pp. 129-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « A l’ombre de la protection gaullienne ? L’exil en France des déserteurs américains de la guerre du Vietnam », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 280, 2020, pp. 65-80 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, « De la naissance de l’OTASE à l’accord de paix sur le Cambodge : la France, la Grande Bretagne et la sécurité en Asie du Sud-Est pendant la Guerre froide », Relations internationales, n° 168, 2017, pp. 29-45 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben &amp;amp; Owen Taylor, « Bombs over Cambodia », &#039;&#039;The Walrius&#039;&#039;, octobre 2006 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lemaire Marc, « Le sort des blessés de Dien Bien Phu dans le concert des nations », Revue historique des Armées, n° 220, 2000, pp. 57-66 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « Le Tonkin, laboratoire de la « pacification » en Indochine ? », Revue historique des armées, 2007, n° 248, pp. 1-11 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Page Jean-Marc, « La base de Séno, la France et l’Asie du Sud-Est », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 255, 2014, pp. 123-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Couriard Daniel, « Les socialistes et le début de la guerre d’Indochine (1946-1947) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 31, n° 2, avril-juin 1984, pp. 334-353 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Louaas Irvin, « La collaboration franco-caoïste au début de la guerre d’Indochine (1945-1948) : un « pacte avec le diable » ? », I.R.I.C.E., Bulletin de l&#039;Institut Pierre Renouvin, 2015, n° 41, pp. 75-87 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mantoux Stéphane, « Les « morts vivants » à Cam Ne. Le premier « Zippo raid » de la guerre du Vietnam », Revue historique des armées, n° 268, 2012, pp. 1-10 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Le Cambodge des Khmers rouges : de la logique de guerre totale au génocide », Presses de Sciences Po, Vingtième Siècle, 2003, n° 77, pp. 3-18 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Margolin Jean-Louis, « Khmers contre Khmers : penser les massacres perpétrés par le Khmers rouges », Sens-Dessous n° 28, 2021, pp. 15-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul,  « L&#039;Indochine en 1945. Quelques souvenirs et une opinion »,  Politique étrangère, n° 4, 1946, pp. 349-374 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pernot François, « L’armée de l’Air en Indochine et le problème chinois », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 100-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, « Cambodge : deux ans après la libération. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 8, n° 4, L&#039;Asie socialiste, 1977, pp. 143-156 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pons Sylvain, « Les visages d’un ennemi : la fabrication du Vietminh, 1945-1946 », Relations internationales, n° 130, 2007, pp. 29-46 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Porée Anne-Laure, « S21. La vie ordinaire des bourreaux », L’Histoire, hors série n° 107, 2025, pp. 95-100&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rodier-Cormier Béatrice, « Services d’information en Indochine et stratégies de conquête des opinions publiques » &#039;&#039;in&#039;&#039; Hervé Coutau-Bégarie, &#039;&#039;Les médias et la guerre&#039;&#039;, Paris, Économica, 2005, pp. 775-791&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rousseau Sabine, « Christianisme français et engagement politique à travers les guerres d’Indochine et du Vietnam (1945-1975) », Chrétiens et sociétés, n° 7, 2000, pp. 75-98 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, « Charles De Gaulle à Phnom Penh », Recherches internationales, n° 100, 2014, pp. 215-226 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tenenbaum Élie, « Les déplacements de populations comme outil de contre-insurrection : l’exemple du programme de hameaux stratégiques au Sud-Vietnam », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 239, 2010, pp. 119-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Tréglodé Benoît, « Du côté vietnamien. Mobilisation de masse ! », &#039;&#039;L’Histoire&#039;&#039; n° 499, septembre 2022, pp. 48-51&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, « Cao Bang, automne 1950 : autopsie d’un désastre », Revue historique de l’Armée, n° 220, 2000, pp. 25-34&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, « Les opérations de l’automne 1947 dans le Haut-Tonkin : les incertitudes d’une stratégie », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 240, 2010, pp. 63-79 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 1967, pp. 15-38 (noté Valluy 1, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 novembre 1967, pp. 196-216 (noté Valluy 2, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1er décembre 1967, pp. 356-375 (noté Valluy 3, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1967, pp. 507-528 (noté Valluy 4, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Varga Daniel, «  Léon Pignon, l&#039;homme-clé de la solution Bao Daï et de l&#039;implication des États-Unis dans la Guerre d&#039;Indochine », Outre-mers, tome 96, n° 364-365, 2009, pp. 277-313 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nanh Tri, « La politique agraire du Nord-Vietnam », Tiers-Monde, tome 1, n° 3, 1960, pp. 353-372 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wagner Sarah, « The making and unmaking of an unknown soldier », Social Studies of Sciences, 2013, pp. 1-26 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zervoudakis Alexander, « Vinh Yen », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 54-65 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Zhai Quiang, Dutrône Christophe, Goux Valérie, « Les conseillers militaires chinois et la guerre d’Indochine en 1950 », Revue historique des armées, n° 220, 2000, pp. 3-14 (consultable en ligne)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Bibliographie&amp;diff=5339</id>
		<title>Bibliographie</title>
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		<updated>2026-09-15T06:24:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Études historiques, mémoires, témoignages, souvenirs :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral relevé par The New York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;Livre noir. Faits et preuves des actes d’agression du Vietnam contre le Kampuchéa&#039;&#039;, Paris, Éditions du Centenaire, 1979, 87 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
consultable sur : http://editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/brochures/e100/kampuchea_livre-noir.pdf&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Affonço Denise, &#039;&#039;La digue des veuves&#039;&#039;, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, 264 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancel Guillaume, &#039;&#039;Un casque bleu chez les Khmers rouges. Journal d’un soldat de la paix. Cambodge 1992&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2021, 257 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, &#039;&#039;Où le mémoire s’attarde&#039;&#039;, Paris, Odile Jacob, 2000 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1996), 466 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent, &#039;&#039;Mon septennat 1947-1954&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1970, 606 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auriol Vincent,  &#039;&#039;Journal du septennat, 1950&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2003, 796 p. [noté Auriol 4. Ce volume contient un cd-rom qui regroupe l’ensemble du Journal de 1947 à 1954 noté Auriol 1 (1947), 2 (1948), 3 (1949), 4 (1950), 5 (1951), 6 (1952) et 7 (1953-1954)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï, &#039;&#039;Le dragon d&#039;Annam&#039;&#039;, Paris, Plon, 1980, 381 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Barron John et Paul Anthony, &#039;&#039;Un peuple assassiné. L’histoire du génocide communiste au Cambodge&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1978 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1977), 251 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Becker Elizabeth, &#039;&#039;Les larmes du Cambodge. L’histoire d’un auto-génocide&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1986, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bigeard Marcel, &#039;&#039;Pour une parcelle de gloire&#039;&#039;, Paris, Édition°1, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1975), 448 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bizot François, &#039;&#039;Le Portail&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 2000, 398 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;Les dossiers du Pentagone,&#039;&#039; Paris, Presses de la Cité, 1971, 282 p. (noté Bodard doss. Pentagone, 1971)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodard Lucien, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. L’enlisement. L’humiliation. L’aventure&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1997, 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2004, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;Le retour de la France en Indochine (1945-1946). Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1987, 405 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodinier Gérard, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1947. Textes et documents,&#039;&#039; Vincennes, Service historique de l’Armée de Terre, 1989, 412 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bollenot Vincent, &#039;&#039;« Signalé comme suspect ». La surveillance coloniale en France 1915-1945&#039;&#039;, Paris, CNRS Éditions, 2025, 378 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Boyer de la Tour Pierre, &#039;&#039;De l’Indochine à l’Algérie. Le martyre de l’armée française&#039;&#039;, Paris, Les Presses du Mail, 1962, 381 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brocheux Pierre, &#039;&#039;Ho Chi Minh. Du révolutionnaire à l’icône,&#039;&#039; Paris, Payot, 2003, 338 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brun Olivier, &#039;&#039;Roger Wybot (1912-1997) : genèse d’un contre-espionnage français modernisé&#039;&#039;, thèse, Sorbonne Université, 2024, 809 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Tin, &#039;&#039;Followinh Ho Chi Minh, The Mémoirs of a North Vietnamiese Colonel,&#039;&#039; Londres, 1995 (traduction française : &#039;&#039;1945-1999 Vietnam, la face cachée du régime&#039;&#039;, Paris, Éditions Kergour, 1999, 304 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bui Xuan Quang, &#039;&#039;La troisième guerre d’Indochine 1975-1999. Sécurité et géopolitique en Asie du Sud-Est,&#039;&#039; 2000, L’Harmattan, 824 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried G., &#039;&#039;La seconde résistance. Vietnam 1965&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1965, 355 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;Pourquoi le Vietcong gagne&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1968, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burchett Wilfried, &#039;&#039;La seconde guerre d’Indochine. Cambodge et Laos 1970&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1970, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Burns Sigler David, &#039;&#039;Vietnam battle chronology. U.S. Army and Marine Corps combat operations 1965-1973&#039;&#039;, Londres, Jefferson (N. C.) &amp;amp; McFarland, cop., 1992, 184 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre d’Indochine. De l’Indochine française aux adieux à Saïgon 1940-1956&#039;&#039;, Paris Perrin, 2019 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 668 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;Cao-Bang 1950. Premier désastre français en Indochine&#039;&#039;, Paris, Perrin-Ministère des Armées, 2022, 394 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, &#039;&#039;La guerre de Corée&#039;&#039;, Paris, Perrin, 2016 (1ère éd. 2013), 367 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cambacérès Jean-Marie, &#039;&#039;Sihanouk, le roi insubmersible,&#039;&#039; Paris, Le Cherche Midi, 2013, 460 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chanda Nayan, &#039;&#039;Les frères ennemis. La péninsule indochinoise après Saigon&#039;&#039;, Paris, Presses du C.N.R.S., 1987, 371 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cao Xuan Huy, &#039;&#039;En mars, fusils brisés&#039;&#039;, Paris, Riveneuve, 2021, 243 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Caputo Philip, &#039;&#039;Le bruit de la guerre&#039;&#039;, Paris, Williams Alta, 1979, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), &#039;&#039;Deux actes de la guerre d’Indochine. Hanoi : juin 1940. Dien Bien Phu : mars-mai 1954&#039;&#039;, Paris, Plon, 1959, 180 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;L’Indochine en guerres 1945-1993&#039;&#039;, Paris, Belin, 1995, 319 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Les Grandes puissances et le Laos 1954-1964&#039;&#039;, Arras, Artois Presses Université, 2007, 374 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, &#039;&#039;Le problème diplomatique de l’Indochine 1945-1957&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2013, 420 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Indochine, dix ans d’indépendance&#039;&#039;, Paris, Calman-Lévy, 1964, 295 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaffard Georges, &#039;&#039;Les deux guerres du Vietnam. De Valluy à Westmoreland&#039;&#039;, Paris, La Table ronde, 1969, 459 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chandler David P., &#039;&#039;Pol Pot. Frère n° 1&#039;&#039;, Paris, Plon, 1993, 343 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chauvel Jean, &#039;&#039;Commentaires, tome 3, De Berne à Paris (1952-1962)&#039;&#039;, Fayard, 1973, 370 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif, &#039;&#039;L’opinion américaine devant la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Presse de l’université de Paris-Sorbonne, 1992, 248 p. (noté : auteur de la communication &#039;&#039;in&#039;&#039; collectif, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean Cazemajou, Jean-Michel Lacroix dir.), &#039;&#039;La guerre du Vietnam et l’opinion publique américaine (1961-1973)&#039;&#039;, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1991, 199 p. (noté Cazemajou, Lacroix, 1991)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Spencer C. Tucker dir.), &#039;&#039;The encyclopedia of the Vietnam War. A political, social and military history,&#039;&#039; New-York, Oxford University Press, 2000, 578 p. (noté Spencer, Tucker, 2000)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Ivan Cadeau, François Cochet, Rémy Porte dir.), &#039;&#039;La Guerre d’Indochine. Dictionnaire&#039;&#039;, Paris, Perrin &amp;amp; Ministère des Armées, 2021, 1000 p. (noté Cadeau, Cochet, Porte, 2021)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Jean-François Sirinelli dir.), &#039;&#039;Dictionnaire historique de la vie politique française&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1995, 1254 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1946&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1947, 626 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1947&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1948, 395 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1948&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1949, 474 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1949&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1950, 488 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1950&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1951, 437 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1951&#039;&#039;, Paris, Éditions du Grand Siècle, 1952, 784 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (André Siegfried dir.), &#039;&#039;L’année politique 1952&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1953, 653 p. (consultable en ligne sur Gallica)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Guy Pedroncini dir.), &#039;&#039;Leclerc et l’Indochine 1945-1947. Quand se noua le destin d’un empire&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 433 p. (noté Pedroncini, 1992)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Brocheux dir.), &#039;&#039;Du conflit d’Indochine aux conflits indochinois&#039;&#039;, Bruxelles, 2000, 178 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Dao Tannh Huyen, Dang Duc Tue, Nguyen Xuan Mai, Pham Hoai Thanh, Pham Hoang Nam, Pham Thuy Huong dir.), &#039;&#039;Dien Bien Phu vu d’en face. Paroles de Bo Doi&#039;&#039;, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010, 271 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Pierre Journoud, Cécile Menétrey-Monchaud dir.), &#039;&#039;Vietnam, 1968-1976. La sortie de guerre&#039;&#039;, Bruxelles, 2011, P.I.E. Peter Lang, 378 p. (La publication est accompagnée d’un DVD reproduisant les interventions de 7 diplomates représentant les diverses nations impliquées dans la partie américaine du conflit)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Collectif (Christopher Goscha, Benoît De Tréglodé dir.), &#039;&#039;Naissance d’État-Parti. Le Viêt Nam depuis 1945 The Birth of a Party-State. Vietnam since 1945&#039;&#039;, Paris, 2004, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colby William, Vietnam, &#039;&#039;Histoire secrète d’une victoire perdue&#039;&#039;, Paris, Perrin, 1992, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, &#039;&#039;Nixon&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2013), 1170 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Corvisier André, &#039;&#039;Dictionnaire d’art et d’histoire militaires&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1988, 884 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coste Philippe, &#039;&#039;A l’ombre des Khmers rouges. Souvenirs d’une ambassade peu ordinaire (1991-1993)&#039;&#039;, Ginkoéditeur, 2022, 204 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;La guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1987, 316 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, &#039;&#039;Dictionnaire de la guerre d’Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2006, 283 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dang Van Viet, &#039;&#039;Souvenirs d’un colonel vietminh 1945-2005&#039;&#039;, Paris, Indo Éditions, 2004, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dean John Gunther, &#039;&#039;Au cœur de la guerre froide. Le combat d’un ambassadeur américain pour la paix&#039;&#039;, Paris, François-Xavier de Guibert, 2011, 255 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2009)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Debré François, &#039;&#039;Cambodge. La révolution dans la forêt&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1976, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Decoux (amiral), &#039;&#039;A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945)&#039;&#039;, Paris, Plon, 1949, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deron Francis, &#039;&#039;Le procès des Khmers rouges. Trente ans d’enquête sur le génocide cambodgien&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2009, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deroo Éric, Dutrône Christophe, &#039;&#039;Le Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 239 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Despuech Jacques, &#039;&#039;Le trafic des piastres&#039;&#039;, Paris, Éditions des Deux Rives, 1953, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;Le royaume du Laos 1949-1965. Histoire événementielle de l’indépendance à la guerre américaine&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 2003 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuve Jean, &#039;&#039;La guerre secrète au Laos contre les communistes (1955-1964)&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1995, 311 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Histoire du Vietnam de 1940 à 1952,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1952, 479 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Paris Saigon, Hanoi. Les archives de la guerre 1944-1947&#039;&#039;, Paris, Gallimard-Julliard, 1988, 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe, &#039;&#039;Vingt ans et plus avec le Vietnam 1945-1969&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2010, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Devillers Philippe et Lacouture Jean, &#039;&#039;Viet Nam. De la guerre française à la guerre américaine,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1969, 430 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Doan Van Toai, &#039;&#039;Le goulag vietnamien&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1979, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Domenach Jean-Luc, &#039;&#039;Chine : l’archipel oublié&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1992, 689 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;L’Indochine dans la tourmente&#039;&#039;, Paris, Plon, 1964, 363 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 1, Service historique de la Défense, 2011, 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ély Paul, &#039;&#039;Les enseignements de la guerre d’Indochine (1945-1954), rapport du général Ély&#039;&#039;, tome 2, Service historique de la Défense, 2012, 136 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elgey Geneviève, &#039;&#039;Histoire de la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; République de 1945 à 1957. La modernisation de la France, l’Europe en marche, la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, 2018, Robert Laffont, 1303, p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Les deux Vietnam&#039;&#039;, Paris, Payot, 1967, 478 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Vietnam. Dernières réflexions sur une guerre&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1968 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1967), 351 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Rue sans joie. Indochine (1946-1962)&#039;&#039;, Paris, Les Belles Lettres, 2020 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1961), 453 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fall Bernard, &#039;&#039;Le Viet-Minh. La République démocratique du Vietnam 1945-1960&#039;&#039;, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques n°106, Paris, Armand Colin, 1960, 377 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Férier Gilles, &#039;&#039;Les trois guerres d’Indochine&#039;&#039;, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1993, 169 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Folin (De) Jacques, &#039;&#039;Indochine (1940-1945). La fin d’un rêve,&#039;&#039; Paris, Perrin, 1993, 361 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fonde Jean-Julien, &#039;&#039;Traitez à tout prix… Leclerc et le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1971, 387 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fournier Ismaël, &#039;&#039;Stratégie américaine et guerre hybride au Vietnam : les succès contre-insurrectionnels américains et le spectre militaro-hybride qui engendra l’impasse militaire au Vietnam 1960-1972&#039;&#039;, thèse, Québec, Université de Laval, 2019, 432 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Continental Saigon&#039;&#039;, Éditions des Équateur, 2015 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1976), 320 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 1,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 439 p. (noté Franchini 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Franchini Philippe, &#039;&#039;Les guerres d’Indochine, tome 2,&#039;&#039; Paris, Pygmalion, 1988, 453 p. (noté Franchini 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gaulle (De) Charles, &#039;&#039;Mémoires&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2000, 1505 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gheddo Piero, &#039;&#039;Catholiques et bouddhistes au Vietnam, Paris&#039;&#039;, Asaltia, 1970, 422 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. italienne, 1968)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gigon Fernand, &#039;&#039;Les Américains face au Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1965, 267 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gilard François, &#039;&#039;Lettres d’Indochine 1946-1948&#039;&#039;, s.l., Éditions Les Deux Sœurs, 2022, 399 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goebel Michael, &#039;&#039;Paris, capitale du tiers monde. Comment est née la révolution anticoloniale (1919-1939)&#039;&#039;, Paris, Éditions La Découverte, 2017 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 2015), 447 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Goscha Christopher, &#039;&#039;Vietnam. Un État né de la guerre 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 558 p. (édition numérique)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gras Yves, &#039;&#039;Histoire de la guerre d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 599 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravel Mike (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Defense Department History of the Viet-nam War,&#039;&#039; 5 vol., Boston (Mass.), Beacon Press, 1971 (édition complète)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grintchenko Michel, &#039;&#039;L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine&#039;&#039;, Paris, Économica, 2008, 700 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Grimaud Maurice, &#039;&#039;En mai fais ce qu’il te plait&#039;&#039;, Paris, Stock, 1977, 345 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Guillemot François, &#039;&#039;Viêt-Nam, fractures d’une nation. Un histoire contemporaine de 1858 à nos jours&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 385 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Haing Ngor, &#039;&#039;Une odyssée cambodgienne&#039;&#039;, Paris, Fixot Fillipacchi, 1988 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1987), 388 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;En plein bourbier&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1966, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Halberstam David, &#039;&#039;The Best and the Brightest&#039;&#039;, New York, Random House, 1972 (traduction française : &#039;&#039;On les disait les meilleurs et les plus intelligents&#039;&#039;, Paris, Robert Laffont, 1974, 591 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hamel Bernard, &#039;&#039;De sang et de larmes&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1977, 281 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hammond William H., &#039;&#039;Public affairs. The military and the media 1962-1968,&#039;&#039; Washington, Center of military Army, 1990, 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélie de Saint Marc, &#039;&#039;Mémoires. Les Champs de&#039;&#039; braises, Paris, Perrin, 2002 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1995), 341 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hémery Daniel, &#039;&#039;Ho Chi Minh. De l’Indochine au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1990, 192 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Herr Michael, &#039;&#039;Putain de mort&#039;&#039;, Paris, le Livre de poche, 1980, 286 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Isoart Paul, &#039;&#039;L’Indochine française 1940-1945&#039;&#039;, Paris, Presses universitaires de France, 1982, 244 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jennar Raoul M., &#039;&#039;Les clés du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Maisonneuve &amp;amp; Larose, 1995, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Johnson Lyndon B., &#039;&#039;Ma vie de président&#039;&#039;, Paris, Buchet-Chastel, 1972, 721 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Journoud Pierre, &#039;&#039;De Gaulle et le Vietnam,&#039;&#039; Paris, Tallandier, 2011, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kane Salomon, &#039;&#039;Dictionnaire des Khmers rouges,&#039;&#039; La Courneuve, ISAREC Aux lieux d’être, 2007, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Karnow Stanley, &#039;&#039;Viet-nam : A History&#039;&#039;, New York, Penguin Books, 1997 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition : 1983, traduction française : &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039;, France Loisirs, 1985, 437 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kiernan Ben, &#039;&#039;Le génocide au Cambodge 1975-1979, Race, idéologie et pouvoir&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 1998, 730 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 1, Paris, Fayard, 1979, 736 p. (noté Kissinger 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;A la Maison Blanche 1968-1973,&#039;&#039; tome 2, Paris, Fayard, 1979, 1584 p. (noté Kissinger 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kissinger Henry, &#039;&#039;Sortie de crise. Kippour 1973, Vietnam 1975&#039;&#039;, Paris, Fayard, 2003, 548 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Knöbl Kuno, &#039;&#039;Victor Charlie Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1967, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Le Vietnam entre deux paix&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1965, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lacouture Jean, &#039;&#039;Survive le peuple cambodgien&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1978, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Langlais Pierre, &#039;&#039;Dien Bien Phu&#039;&#039;, Paris, Presse Pocket, 1969 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1963), 252 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Laniel Joseph, Le drame indochinois. De Dien Bien Phu au pari de Genève, Paris, Plon, 1957, 140 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lattre de Tassigny (De), &#039;&#039;La ferveur et le sacrifice. Indochine 1951&#039;&#039;, Paris, Plon, 1988, 473 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, Le « petit livre rouge » de Pol Pot ou les paroles de l’Angkar, Paris, L’Harmattan, 1996, 263 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locard Henri, &#039;&#039;Pourquoi les Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Vendémiaire, 2013, 350 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Luciolli Esmeralda, &#039;&#039;Le mur de Bambou. Le Cambodge après Pol Pot&#039;&#039;, Paris, Médecins sans frontières - Régine Deforges, 1988, 313 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mao Tse-Toung, &#039;&#039;Écrits militaires de Mao Tse-Toung&#039;&#039;, Pékin, s.e., 1964, 465 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marangé Céline, &#039;&#039;Le communisme vietnamien&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 2012, 611 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
McNamara Robert S., &#039;&#039;In Retrospect. The Tragedy and Lessons of Vietnam&#039;&#039;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
New York, Random House, 1995 (traduction française : &#039;&#039;Avec le recul. La tragédie du Vietnam et ses leçons,&#039;&#039; Paris, Le Seuil, 1996, 389 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meslin Denis, &#039;&#039;Rouges et noirs&#039;&#039;, URA Éditions, 2020, 93 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer Pierre, &#039;&#039;Après tant de batailles. Mémoires&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1992, 462 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ministère des Affaires étrangères. Commission des documents diplomatiques français. &#039;&#039;Documents diplomatiques français&#039;&#039;, années 1945 à 1951. Imprimerie nationale ou P.I.E Peter Lang. Dates diverses (consultables en ligne sur le site de la B.N.F. ; voir partie du site intitulée « Archives en ligne » ; dans la chronologie, noté DDF, année d’édition, tome, n° du document, pagination).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mus Paul, &#039;&#039;Viêt-Nam. Sociologie d’une guerre&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1952, 380 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Phu Luc, &#039;&#039;Vietnam. Pourquoi les États-Unis ont-ils perdu la guerre ?&#039;&#039;, Paris, Godefroy de Bouillon, 1996, 418 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Agonie de l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Plon, 1956, 337 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Navarre Henri, &#039;&#039;Le temps des vérités&#039;&#039;, Paris, Plon, 1979, 463 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Mémoires Richard Nixon&#039;&#039;, Montréal, Stanké, 1978, 800 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nixon Richard, &#039;&#039;Plus jamais de Vietnam&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1985, 265 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, &#039;&#039;Journal d’un combattant Viet-Minh&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1955, 230 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nolting Frederick, &#039;&#039;From trust to tragedy. The political memoirs of Frederick Nolting, Kennedy’s ambassador to Diem’s Vietnam&#039;&#039;, New York, Westport (Connecticut), London, Praeger, 1988, 161 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Penycate John, Mangold Tom, &#039;&#039;Les tunnels de Cu Chi&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1986, 291 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pericone Laurent, &#039;&#039;Guerre du Vietnam : la faute à Kennedy ?,&#039;&#039; Paris, Économica, 2014, 143 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peschoux Christophe, &#039;&#039;Les « nouveaux » Khmers rouges 1979-1990&#039;&#039;, Paris, l’Harmattan, 1992, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pham Thanh Tam, &#039;&#039;Carnet de guerre d’un jeune Viêt-Minh à Diên Biên Phu 21 février-28 août 1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 2011, 191 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ponchaud François, &#039;&#039;Cambodge année zéro&#039;&#039;, Paris, éditions Kailash, 2005, 273 p. (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; édition, 1977)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Les États-Unis et la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexes, 2008 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1993), 397 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;La fin de la guerre du Vietnam&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2016, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Portes Jacques, &#039;&#039;Lyndon Johnson. Le paradoxe américain,&#039;&#039; Paris, Payot, 2007, 328 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pouget Jean, &#039;&#039;Nous étions à Dien Bien Phu,&#039;&#039; Monaco, Édition du Rocher-Lithos, 2024 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1964), 581 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Prados John, &#039;&#039;La guerre du Vietnam,&#039;&#039; Paris, Perrin, coll. Tempus, 2011, 1 179 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quirielle François, &#039;&#039;A Hanoi sous les bombes. Journal d’un diplomate français 1966-1969&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 1992, 241 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Raymond Louis, &#039;&#039;Les événements d’Indochine, septembre 1944-décembre 1946 : entre discours et contre-discours&#039;&#039;, Rennes, Mémoire de 4&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; année I.E.P. Rennes, 2013, 223 p. (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Regaud Nicolas, &#039;&#039;Le Cambodge dans la tourmente. Le troisième conflit indochinois 1978-1991&#039;&#039;, Paris, L’Harmattan, 1992, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Richer Philippe, &#039;&#039;Le Cambodge de 1945 à nos jours&#039;&#039;, Paris, Presses de la Fondation nationales des Sciences politiques, 2009, 213 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rigal-Cellard Bernadette, &#039;&#039;La guerre du Vietnam et la société américaine&#039;&#039;, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1991, 276 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rignac Paul, &#039;&#039;Ngo Dinh Diem. Une tragédie vietnamienne,&#039;&#039; La Chaussée d’Ivry, Atelier Fol’fer, 2018, 270 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rocolle Pierre, &#039;&#039;Pourquoi Dien Bien Phu ?&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1968, 604 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Roussel Éric, &#039;&#039;Pierre Mendès France&#039;&#039;, Paris, Gallimard, 2007, 608 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;La guerre française d’Indochine&#039;&#039;, Paris, Éditions Complexe, 1992, 279 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Les communistes français et la guerre d’Indochine&#039;&#039; 1944-1954, Paris, 1985, L’Harmattan, 422 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ruscio Alain, &#039;&#039;Cambodge, an 1. Journal d&#039;un témoin&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2008, 203 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Fayard, 1967, 285 p. [1ère éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Histoire d’une paix manquée. Indochine 1945-1947&#039;&#039;, Paris, Amiot-Dumont, 1953, 260 p. [1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1948]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny Jean, &#039;&#039;Face à Ho Chi Minh,&#039;&#039; Paris, Seghers, 1970, 211 p. (rééd. Éditions Atlanta, s.l., s.d, 216 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le sens d’un engagement&#039;&#039;, tome 1, Paris, Presses de la Cité, 1970, 443 p. (noté Salan 1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan Raoul, &#039;&#039;Mémoires. Fin d’un empire. Le Viêt-Minh mon adversaire&#039;&#039;, tome 2, Paris, Presses de la Cité, 1970, 479 p. (noté Salan 2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salisbury Harrison E., &#039;&#039;Un Américain à Hanoï derrière les lignes Viet-cong&#039;&#039;, Paris, Presses de la Cité, 1967, 235 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sarin Ith, &#039;&#039;Regrets for the Khmer Soul,&#039;&#039; 1973 (consultable sur &#039;&#039;&#039; https://www.mekongriverpress.com/regrets-for-the-khmer-soul )&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schell Jonathan, &#039;&#039;Le village de Ben Suc&#039;&#039;, Paris, Grasset, 1967, 188 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Les 1 000 jours de Kennedy&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1966, 948 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Schlesinger Arthur M., &#039;&#039;Un héritage amer : le Vietnam&#039;&#039;, Paris, Denoël, 1967, 253 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Scholl-Latour Pierre, &#039;&#039;La mort dans la rizière. 30 ans de guerre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Hachette, 1981, 428 p. (1ère éd. allemande 1980)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Une tragédie sans importance. Kissinger, Nixon et l’anéantissement du Cambodge&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 438 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Shawcross William, &#039;&#039;Le poids de la pitié&#039;&#039;, Paris, Balland, 1985 (1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; éd. 1984), 413 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheehan Neil (ed.), &#039;&#039;The Pentagon Papers. The Complete and Unabridged Series as Published by the New York Times&#039;&#039;, New York, Bantam Books, 1971 (édition partielle, traduction en français : &#039;&#039;Le dossier du Pentagone. Document intégral révélé et publié par The New-York Times&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1971, 694 p.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sheenhan Neil, &#039;&#039;L’innocence perdue. Un américain au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Le Seuil, 1990, 941 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Chroniques de guerre… et d’espoir&#039;&#039;, Paris, Hachette-Stock, 1979, 303 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sihanouk Norodom, &#039;&#039;Prisonnier des Khmers rouges&#039;&#039;, Paris, Plon, 1986, 433 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Snepp Franck, &#039;&#039;Sauve qui peut. La chute de Saigon et la fuite des Américains racontée par un haut responsable de la CIA au Vietnam&#039;&#039;, Paris, Balland, 1979, 467 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stien Louis, &#039;&#039;Les soldats oubliés. De Cao bang aux camps de rééducation du Vietminh&#039;&#039;, Paris, Albin Michel, 1993, 333 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suong Sikoeun, &#039;&#039;Itinéraire d’un intellectuel khmer rouge&#039;&#039;, Paris, Cerf, 2013, 542 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Szymusiak Molyda, &#039;&#039;Les pierres crieront. Une enfance cambodgienne 1975-1982&#039;&#039;, Paris, La Découverte, 1984, 272 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tertrais Hugues, &#039;&#039;Atlas des guerres d’Indochine 1940-1990&#039;&#039;, Autrement-Ministère de la Défense-Mémorial de Caen, 2004, 63 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Teulières  André, &#039;&#039;La guerre du Vietnam 1945-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1979, 256 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thierry Argenlieu (D’) Georges, &#039;&#039;Chronique d’Indochine 1945-1947,&#039;&#039; Paris, Albin Michel, 470 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Todd Olivier, &#039;&#039;Cruel avril. 1975, la chute de Saigon,&#039;&#039; Paris, Robert Laffont, 1987, 480 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toinet Raymond, &#039;&#039;Une guerre de trente-cinq ans. Indochine – Vietnam 1940-1975&#039;&#039;, Paris, Lavauzelle, 1998, 543 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tong André, &#039;&#039;Sihanouk,&#039;&#039; l&#039;&#039;a fin des illusions&#039;&#039;, Paris, La Table Ronde, 1972, 234 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Don, &#039;&#039;Les guerres du Vietnam&#039;&#039;, s.l., Vertiges Publications, 1985, 395 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Nhu Tang, &#039;&#039;Mémoires d’un Vietcong&#039;&#039;, Paris, Flammarion, 1985, 348 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Tra (général), &#039;&#039;A History of the Bulwark B-2 Theater&#039;&#039;, 1983 (version dactylographiée, 147 p., consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Truong Vinh Le, &#039;&#039;Vietnam, où est la vérité ?&#039;&#039; Paris, Lavauzelle, 1989, 327 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Turpin Frédéric, &#039;&#039;De Gaulle, les gaullistes et l’Indochine&#039;&#039;, Paris, Les Indes savantes, 2005, 666 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;Indochine 1940-1945. Français contre Japonais&#039;&#039;, Paris, SEDES, 1993, 507 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valette Jacques, &#039;&#039;La guerre d&#039;Indochine 1945-1954&#039;&#039;, Paris, Armand Colin, 1994, 416 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Geirt Jean-Pierre, &#039;&#039;La piste Ho Chi Minh&#039;&#039;, Paris, Librairie Jules Tallandier, 1972, 340 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Van Tien Dung (général), &#039;&#039;Et nous prîmes Saïgon&#039;&#039;, Paris, Le Sycomore, 1979, 215 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vanuxem (colonel), &#039;&#039;1951. Le général vainqueur. Le destin exemplaire de De Lattre en Indochine&#039;&#039;, Paris, Société de Production littéraire, 1977, 209 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Villatoux Marie-Catherine et Paul, « La guerre psychologique en Indochine (1945-1955) », Revue historique des Armées, n° 213, 1998, pp. 104-115&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Guerre du peuple, armée du peuple&#039;&#039;, Paris, Maspero, 1967, 190 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954&#039;&#039;, tome 1 : La résistance encerclée, Fontenay-sous-Bois, 2003, 319 p. (noté Giap 1, 2003)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vo Nguyen Giap (général), &#039;&#039;Mémoires 1946-1954,&#039;&#039; tome 2 : Le chemin menant à Dien Bien Phu, Fontenay-sous-Bois, 2004, 308 p. (noté Giap 2, 2004)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Wainstock Dennis, Miller Robert L., &#039;&#039;Indochine et Vietnam. 35 années de guerre 1940-1975,&#039;&#039; Paris, Le nouveau Monde éditions, 2019, 326 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Yathay Pin, &#039;&#039;L’utopie meurtrière. Un rescapé du génocide cambodgien témoigne&#039;&#039;, Bruxelles, Éditions complexe, 1989, 414 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Zeller Guillaume, &#039;&#039;Les cages de la Kempetaï. Les Français sous la terreur japonaise en Indochine, mars-août 1945&#039;&#039;, Paris, Tallandier, 2021, 285 p.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;&amp;lt;big&amp;gt;Articles :&amp;lt;/big&amp;gt;&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aberdam Marie, « Visites guidées au Kampuchéa démocratique (1975-1978) », Relations internationales, n° 162, 2015, pp. 139-156&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aubrac Raymond, « Mes rencontres avec Ho Chi Minh et le Vietnam (1946-1982) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 72, n° 268, 1985, pp. 349-356 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Baulon Jean-Philippe, « Les trois guerres de Robert MacNamara au Vietnam (1961-1968) et les errements de la raison dans un conflit irrégulier », Institut de Stratégie Comparée,  Stratégique, n° 93-94-95-96, 2009, pp. 425-444 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « L&#039;utilisation des autochtones dans le corps expéditionnaire français d&#039;Extrême-Orient (1945-1954) », Revue française d&#039;histoire d&#039;Outre-mer, tome 81, n° 303, 1994, pp. 137-159 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bodin Michel, « 1949 En Indochine, un tournant ? » Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 236, 2009, pp. 135-154 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bouilleaux Geoffrey, « La guerre secrète n’aura pas lieu ! L’armée française face à l’arrivée des Américains en Indochine, 1950-1953 », Bulletin de l’Institut Renouvin, n° 53, 2021, pp. 157-173 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « 1954-1956, le départ du corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient », Revue historique des armées, n° 258, 2010, pp. 1-16 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Punir les lampistes ? Les commissions d’enquête des batailles de Cao Bang et Dien Bien Phu », Armée de terre, Inflexions, n° 45, 2020, pp. 67-70 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « La question des sépultures des morts de la guerre d’Indochine suivi du Rapport de la mission du capitaine Belmont à Dien Bien Phu du 8 au 23 juin 1955 », Revue historique des armées, 2016, pp. 92-111 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cadeau Ivan, « Sud-Vietnam, printemps 1955 : la « guerre des sectes » à travers les archives du Service historique de la Défense », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 273, 2019, pp. 49-68 (consultable en ligne ; noté Cadeau 2 dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Catroux Jean (général), « L&#039;Union française, son concept, son état, ses perspectives »,  Politique étrangère, n° 4, 1953, pp. 233-266 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cesari Laurent, « La négociation sur l’Indochine à la conférence de Genève (1954) », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 7-24 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « Nixon, Kissinger et la guerre civile au Cambodge », Relations internationales, n° 175, 2018, pp. 63-78 (consultable en ligne ; noté Coppolani A dans la chronologie)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coppolani Antoine, « La guerre américaine au Cambodge, 1969-1975 », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 271, 2018, pp. 45-70 (consultable en ligne ; noté Coppolani B dans la chronologie) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cournil Laure, Journoud Pierre, « Une décolonisation manquée : l&#039;Armée nationale du Vietnam, de la tutelle française à la tutelle américaine (1949-1965) » Outre-mers, tome 98, n° 370-371, 2011, pp. 67-81 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Courtois Stéphane, « Le génocide de classe : définition, description, comparaison », Les Cahiers de la Shoah, n° 6, 2002, pp. 89-122 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dalloz Jacques, « L’opposition du M.R.P. à la guerre d’Indochine », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 43, 1996, pp. 106-118 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David François, « L’alliance franco-américaine et la guerre d’Indochine, laboratoire d’une rupture 1953-1954 », Revue historique des armées, n° 246, 2007, pp. 77-87&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Escobar Rodrigez Adriana Maria, « Les mémoriaux du régime du Kapuchéa démocratique », Vingtième Siècle, n° 137, 2018, pp. 114-136 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Hanhimäki Jussi M., « La négociation dans les combats : la conférence de Paris et la fin de la guerre du Viêt-Nam », Presses universitaires de France, Relations internationales, n° 135, 2008, pp. 53-72 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Huret Romain, « La rumeur de Pinkville. Les commissions d&#039;enquête sur le massacre de My Laï (1969-1970) », Le Mouvement Social&#039;&#039;,&#039;&#039; n° 222, 2008, pp. 129-152 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Isoart Paul, « L’Accord de Paris sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Sud-Vietnam », Annuaire de Droit international, vol. 18, 1972, pp. 101-121 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Isoart Paul, « Les accords de Genève (1954) et de Paris (1973) », Les Cahiers de l&#039;Institut d&#039;Histoire du Temps Présent, n° 34, 1996, pp. 227-237 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Jalabert Laurent, « Aux origines de la génération 1968 : les étudiants français et la guerre du Vietnam »,Vingtième Siècle, n° 55, 1997. pp. 69-81&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « Le rôle d&#039;une « tierce-partie » dans l&#039;ouverture d&#039;une négociation de paix. La France et la guerre du Vietnam (1965-1969), Hypothèses, 2001, pp. 141-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « Diplomatie informelle et réseaux transnationaux. Une contribution française à la fin de la guerre du Vietnam », Relations internationales, n° 138, 2009, pp. 93-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « Secret et stratégie pendant la guerre du Vietnam », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 36, 2012, pp. 57-80&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « Le CAT/Air America dans les guerres d’Indochine ou le rôle d’une compagnie aérienne privée secrètement tenue par la CIA (1950-1975), Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 238, 2010, pp. 129-150 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « A l’ombre de la protection gaullienne ? L’exil en France des déserteurs américains de la guerre du Vietnam », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 280, 2020, pp. 65-80 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Journoud Pierre, « De la naissance de l’OTASE à l’accord de paix sur le Cambodge : la France, la Grande Bretagne et la sécurité en Asie du Sud-Est pendant la Guerre froide », Relations internationales, n° 168, 2017, pp. 29-45 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Le Page Jean-Marc, « Le Tonkin, laboratoire de la « pacification » en Indochine ? », Revue historique des armées, 2007, n° 248, pp. 1-11 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Le Page Jean-Marc, « La base de Séno, la France et l’Asie du Sud-Est », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 255, 2014, pp. 123-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Le Couriard Daniel, « Les socialistes et le début de la guerre d’Indochine (1946-1947) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 31, n° 2, avril-juin 1984, pp. 334-353 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Louaas Irvin, « La collaboration franco-caoïste au début de la guerre d’Indochine (1945-1948) : un « pacte avec le diable » ? », I.R.I.C.E., Bulletin de l&#039;Institut Pierre Renouvin, 2015, n° 41, pp. 75-87 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Mantoux Stéphane, « Les « morts vivants » à Cam Ne. Le premier « Zippo raid » de la guerre du Vietnam », Revue historique des armées, n° 268, 2012, pp. 1-10 (consultable en ligne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Margolin Jean-Louis, « Le Cambodge des Khmers rouges : de la logique de guerre totale au génocide », Presses de Sciences Po, Vingtième Siècle, 2003, n° 77, pp. 3-18 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Margolin Jean-Louis, « Khmers contre Khmers : penser les massacres perpétrés par le Khmers rouges », Sens-Dessous n° 28, 2021, pp. 15-27 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Mus Paul,  « L&#039;Indochine en 1945. Quelques souvenirs et une opinion »,  Politique étrangère, n° 4, 1946, pp. 349-374 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Pernot François, « L’armée de l’Air en Indochine et le problème chinois », Revue historique des Armées, n° 194, 1994, pp. 100-109 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Ponchaud François, « Cambodge : deux ans après la libération. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 8, n° 4, L&#039;Asie socialiste, 1977, pp. 143-156 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Pons Sylvain, « Les visages d’un ennemi : la fabrication du Vietminh, 1945-1946 », Relations internationales, n° 130, 2007, pp. 29-46 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Porée Anne-Laure, « S21. La vie ordinaire des bourreaux », L’Histoire, hors série n° 107, 2025, pp. 95-100&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Rodier-Cormier Béatrice, « Services d’information en Indochine et stratégies de conquête des opinions publiques » &#039;&#039;in&#039;&#039; Hervé Coutau-Bégarie, &#039;&#039;Les médias et la guerre&#039;&#039;, Paris, Économica, 2005, pp. 775-791&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Rousseau Sabine, « Christianisme français et engagement politique à travers les guerres d’Indochine et du Vietnam (1945-1975) », Chrétiens et sociétés, n° 7, 2000, pp. 75-98 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Ruscio Alain, « Charles De Gaulle à Phnom Penh », Recherches internationales, n° 100, 2014, pp. 215-226 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tenenbaum Élie, « Les déplacements de populations comme outil de contre-insurrection : l’exemple du programme de hameaux stratégiques au Sud-Vietnam », Presses universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 239, 2010, pp. 119-141 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Tréglodé Benoît, « Du côté vietnamien. Mobilisation de masse ! », &#039;&#039;L’Histoire&#039;&#039; n° 499, septembre 2022, pp. 48-51&lt;br /&gt;
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Turpin Frédéric, « Cao Bang, automne 1950 : autopsie d’un désastre », Revue historique de l’Armée, n° 220, 2000, pp. 25-34&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Valette Jacques, « Les opérations de l’automne 1947 dans le Haut-Tonkin : les incertitudes d’une stratégie », Presses Universitaires de France, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 240, 2010, pp. 63-79 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre 1967, pp. 15-38 (noté Valluy 1, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 novembre 1967, pp. 196-216 (noté Valluy 2, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 1er décembre 1967, pp. 356-375 (noté Valluy 3, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Valluy Jean-Etienne, « Indochine octobre 45 – mars 47 », Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1967, pp. 507-528 (noté Valluy 4, consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Varga Daniel, «  Léon Pignon, l&#039;homme-clé de la solution Bao Daï et de l&#039;implication des États-Unis dans la Guerre d&#039;Indochine », Outre-mers, tome 96, n° 364-365, 2009, pp. 277-313 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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Vo Nanh Tri, « La politique agraire du Nord-Vietnam », Tiers-Monde, tome 1, n° 3, 1960, pp. 353-372 (consultable en ligne)&lt;br /&gt;
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​Zhai Quiang, Dutrône Christophe, Goux Valérie, « Les conseillers militaires chinois et la guerre d’Indochine en 1950 », Revue historique des armées, n° 220, 2000, pp. 3-14 (consultable en ligne)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Archives_en_ligne&amp;diff=5338</id>
		<title>Archives en ligne</title>
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		<updated>2026-09-11T06:21:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;France&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1945&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français, 1940-1954. 1945, Documents diplomatiques français, 1945. Tome I, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [sous la dir. de Georges-Henri Soutou], 1998 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327018c&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIX-XLI&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1945, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [sous la dir. de Georges-Henri Soutou] ; [réd. par Michèle Galdemar, Sylvie Lefèvre, Sylvain Wagnon-Charpy], 2000 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270903&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XLI-XLII &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1946&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1946, Tome I, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [réd. par Michèle Galdemar, Sylvie Lefèvre, Sylvain Wagnon-Charpy] ; [sous la dir. de Georges-Henri Soutou], 2003 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327019r&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIII-XXXV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1946, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [rédigé par Michèle Galdemar... [et al.]] ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2004 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327020p&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIII-XXXIV &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1947&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1947, Tome 1, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques, 2007 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327091g&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIV-XXXV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1947, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères et européennes, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2009 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270212&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXVII-XXXVIII &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1948&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. Tome I, 1948. 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères et européennes, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou] ; [avec la collaboration de Michèle Galdemar,... Etienne Santiard,... Sylvain Wagnon-Charpy,...], 2011 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327022f&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXVII-XXXIX&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1948, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2013 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327094m&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XL-XLI &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1949&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1949. Tome I, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2014 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270246&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIII-XXXIV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1949, Tome II, 1er juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2014 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270937&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique p. XXVI &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1950&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1950, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-31 décembre / Ministère des affaires étrangères et du développement international, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2015 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327092v&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tome 2 de l’année 1950 n’est pour l’instant pas disponible sur le site de la B.N.F. &lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1951&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1951, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-31 décembre / Ministère des affaires étrangères et du développement international, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2017 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327023t&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tome 2 de l’année 1951 n’est pour l’instant pas disponible sur le site de la B.N.F.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;États-Unis&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Foreign relations of United States, 1969-1976, vol. XLII, Vietnam : the Kissinger Le Duc Tho negociations, august 1969 december 1973 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1969-76v42/d69 (noté FRUS, vol…, p…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pentagon Papers : https://www.archives.gov/research/pentagon-papers (noté P.P., part …, vol …, p. …)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
National Security archives : https://nsarchive.gwu.edu/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;Cambodge&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens : https://archive.eccc.gov.kh/fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Bibliographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1946&amp;diff=5337</id>
		<title>Septembre 1946</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Septembre_1946&amp;diff=5337"/>
		<updated>2026-09-10T06:29:25Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Fin de l’été 46 : Giap a mis les bouchées doubles pour former une armée vietnamienne en créant des centres de formation, en constituant des stocks d’armements non négligeables d’origine diverse : pris aux Français, stocks cédés par les Japonais, contrebande avec la Chine, constitution d’ateliers d’armement. Giap a mis sur pied 35 régiments d’infanterie et 3 régiments d’artillerie, soit 60 000 hommes dont 12 000 combattent en Cochinchine. Le modèle militaire est d’inspiration soviétique, doté de commissaires politiques dans chaque unité. En vue d’une reprise de la guérilla, des bases militaires sont établies dans les régions montagneuses d’accès difficile (Gras, 1979, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Septembre 46 : Au Laos, le prince Savang agissant au nom du roi Sisavang Vong se rend à Washington pour assister à une conférence qui doit décider du sort des territoires annexés par le Siam en 1941, Paklay et Bassac. Ils seront restitués en décembre par la France (Deuve, 2003, p. 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 46 : Une note de Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) approuvée par Moutet (F.O.M.) évoque l’éventualité de conclure « des accords limités et provisoires […] » mais ce pis-aller a pour préalable de mettre fin à « la situation faite aux personnes et aux biens  dans les territoires contrôlés par la R.D.V.N. » et qui constitue un point de blocage pour les Français (Devillers, 1988, p. 214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, les premières élections législatives donnent une  écrasante majorité au Parti démocrate du prince Youtevong (74,6 % des suffrages, 50 sièges sur 67 à l’assemblée). À la différence du Laos (voir 30 août), le pays rejette globalement l’idée de &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (voir 7 janvier), toute forme de protectorat (théoriquement abolie, voir 4 janvier) et aspire à l’indépendance. Le prince Monireth, premier ministre en désaccord avec le commissaire de la République, démissionne. Le gouvernement issu des élections constitué en décembre trouvera un compromis évolutif, tout en maintenant des liens étroits avec la France (De Folin, 1993, pp. 129-130 ; note en date du 12 de D’Argenlieu à destination de Moutet au sujet de ces élections &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 149, pp. 385-386).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le vice-roi Pethsarath (pro Lao Issara) exilé en Thaïlande, entre en dissidence contre les Français et ce, contre l’avis du roi Sisavang Vong. Il réclame l’indépendance mais n’est soutenu que par une faible minorité. Le roi a quant à lui décidé de faire confiance à la France (voir 30 août) (Gras, 1979, p. 82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le groupement de marche de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. transmet ses missions et matériels à un groupement de blindés du Tonkin (G.B.T.) nouvellement constitué. Le colonel Massu quittera son commandement le 30 septembre (Pedroncini, 1992, p. 398).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 46 : La note de Pignon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; est communiquée à la délégation vietnamienne qui, pour éviter une rupture, acquiesce du bout des lèvres (Devillers, 1988, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM participe à la soirée organisée salle Pleyel en l’honneur du premier anniversaire de la proclamation de l’indépendance. Il prend la parole aux côtés de membres du P.C.F., de la C.G.T. et de l’association France-Vietnam (Ruscio, 1985, p. 119). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu licencie 9 000 supplétifs en prétextant de l’absence de munitions japonaises provoquée par l’explosion de la Pyrotechnie de Saïgon (voir 8 avril) (Valette, 1994, p. 121, note 5).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Longue note du ministère des Affaires étrangères sur les « relations du Vietnam avec les représentants américains au Tonkin ». Hormis une appétence économique intéressée (« &#039;&#039;business is business&#039;&#039; »), leur attitude demeure très en retrait par rapport à ce qu’en attendaient les Vietnamiens : « [...] le président Ho Chi Minh doit se rendre compte maintenant que la fameuse aide américaine […] est surtout une « étiquette réclame » sous le couvert de laquelle une ingérence économique cherche par tous les moyens à s’établir. » La note fait ensuite un long historique sur l’évolution des relations vietnamo-américaines avant pendant et après l’occupation japonaise sur laquelle les Français ont beaucoup de choses à redire, notamment quant au rôle trouble de l’O.S.S. dont certains membres douteux (dont Patti) défendaient plus leurs intérêts personnels et mercantiles que politiques ou diplomatiques (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 septembre 46 : Moutet adresse une lettre à D’Argenlieu. Au vu de la situation générale en Indochine dominée par la violence, le gouvernement a décidé de mettre HCM devant l’alternative suivante : « […] ou un accord qui marquera un pas en avant sur celui du 6 mars […] » est trouvé, ou c’est « la rupture de la conférence [de Fontainebleau], avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. » Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) et La Laurentie (directeur politique à la F.O.M.) ont été chargés de négocier une nouvelle note transmise à la partie adverse. Moutet ajoute prudemment qu’une rupture serait dommageable car « tous les renseignements [lui] indiquent que [la] situation n’est pas brillante », notamment en Cochinchine où un climat de violence terroriste s’est installé durablement. Il prévoit un renforcement des 85 000 hommes présents si la situation s’aggrave mais l’envoi de ces renforts posera problème en dégarnissant la défense de l’Europe. Reste un espoir : « […] le président [vietnamien] peut être dépassé ou par son entourage, ou par les événements. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet et Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) sont reçus par HCM et Pham Van Dong. On tente une conciliation de la dernière chance pour éviter une rupture de la conférence en appelant les deux parties à faire des concessions ne serait-ce que sur des points qui ne bloquent pas : situation des personnes et des biens français, régime douanier, commerce extérieur. Pham Van Dong ne s’en contente pas et estime qu’ « il fallait envisager, aussi pénible que cela soit, l’ajournement à quelques mois de la Conférence de Fontainebleau. » (Devillers, 1988, pp. 216-217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Colombey, De Gaulle, exaspéré, tonne contre le paysage de la vie politique française : « Si bien que le Boche battu, les collaborateurs en prison, la liberté recouvrée, la France et son Empire sont devenus le point d’application de notre opposition. Oui, la France et son empire devenaient aussitôt, pour eux, un vaste chantier de démolition ! Au lieu de taper sur Maurras ou sur Pétain, ils s’en prennent à Leclerc ou à D’Argenlieu, coupables seulement de ce crime : avoir cherché à faire prévaloir l’État […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 270)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 septembre 46 : Progressivement mais également lentement, au grand dam de certains dirigeants communistes purs et durs, un nationalisme rural apparaît sous l’influence de la propagande vietminh. Toutefois les paysans sont devenus plus sensibles aux problèmes politiques et se sentent non plus membres d’une simple communauté villageoise autonome mais citoyens d’une communauté politique plus vaste. Car le VM a produit une instruction visant à destituer les traditionnels conseils de notables qui entretenaient une oligarchie rurale pour leur substituer des « comités du peuple » élus. Ces comités visent la jeunesse, s’opposant en cela à l’autorité traditionnelle du village et de la famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 septembre 46 : Dissolution par l’état-major français du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau (presse). Ses membres, dont Philippe Devillers et Jean Lacouture, ont le choix entre le rapatriement ou la démobilisation sur place. Devillers choisit la première formule, Lacouture la seconde (Devillers, 2010, pp. 136-137).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 septembre 46 : Long mémorandum du département d’État américain qui déplore l’incompréhension du gouvernement français à l’égard des nationalistes et un réel manque d’initiatives pour que de véritables changements s’opèrent (De Folin, 1993, p. 196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 46 :  Note de la direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères portant sur la question de la représentation diplomatique du Vietnam dans le cadre du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (DDF, 2004, tome 2, document n° 144, pp. 369-371).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 46 : À Fontainebleau, en séance plénière, Pham Van Dong, après quelques tergiversations, refuse un texte de &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; provisoire tant qu’il n’y aura pas accord sur la date et les modalités du référendum sur la Cochinchine. Comme pour la première conférence de Dalat, c’est à nouveau un échec complet pour les mêmes raisons (De Folin, 1993, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lutter contre les trafics de contrebande dans le Nord (riz contre armes), secrètement, le conseiller économique Davée et le général Morlière (commissaire de la République au Tonkin) décrètent un contrôle douanier dans les zones maritimes autour de Haïphong qui doit prendre effet le 15 octobre. Cette décision secrète provoquera une levée de boucliers des Vietnamiens après la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre (voir 20 octobre) (Devillers, 1988, p. 235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, où le général Valluy assure l’intérim de D’Argenlieu, celui-ci décide que la France assurera l’ensemble du contrôle douanier à Haïphong et au Tonkin. C’est cette question des droits douaniers que la France n’entend pas lâcher qui servira d’étincelle pour mettre le feu dans l’affaire de Haïphong (voir 20 - 21 novembre) (Valette, 1994, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 11 septembre 46 : Rédaction du texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; qui sera porté à la connaissance de Moutet le 12 (Valette, 1994, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 46 : Bao Daï s’installe à Hong-Kong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM procède à plusieurs interviews durant lesquelles il souffle le froid et le chaud. Au journaliste américain David Schoenbrun qui lui demande si la guerre contre les Français est sans espoir, il répond : « Non, elle ne sera pas sans espoir. Elle sera dure, acharnée, mais nous pourrions la gagner. Car nous avons une arme aussi puissante que le canon moderne, le nationalisme. Quant aux armes, on peut se les procurer s’il le faut. » Sur le type de guerre à venir, il précise de manière imagée : « Ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le transpercera de ses puissantes défenses. Seulement le tigre ne s’arrête pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour pour ne sortir que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par grands lambeaux, puis il disparaîtra de nouveau dans la jungle obscure. Et, lentement, l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. Voilà ce que sera la guerre d’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 133)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au journaliste de l’&#039;&#039;Associted Press,&#039;&#039; moins belliqueux, il confie qu’il n’y a pas de « discorde véritable entre nous. Nos divergences sont celles que l’on trouve au sein de chaque famille. » Il se déclare optimiste quant à un règlement plus tardif du contentieux. Il s’efforcera de mettre fin à la guérilla, espérant un effort du côté français. Il critique la proposition française qui veut désarmer et rapatrier de Cochinchine les troupes vietnamiennes qui y séjournent car ce serait « un acte de reddition pure et simple ». Il se donne un délai de « cinq à six mois » pour aboutir à de nouvelles négociations (Devillers, 1988, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM déjeune avec Moutet (F.O.M.). Pignon (conseiller politique de l’amiral), certainement présent, produit un compte rendu de cette rencontre adressé à D’Argenlieu. Moutet déclare ne pas accepter l’échec des pourparlers et en fait part à son interlocuteur qu’il désire revoir dans la soirée. Le soir, HCM rencontre avec deux délégués vietnamiens Moutet, Pignon et Messmer (secrétaire du Cominindo) chez Sainteny. On examine encore les points de désaccord et on cherche des rapprochements (Devillers, 1988, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 septembre 46 : Moutet présente au conseil des ministres le texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; dont il a eu connaissance la veille. Il est approuvé (Valette, 1994, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La délégation vietminh quitte définitivement la conférence de Fontainebleau pour le Vietnam, sans aucun accord global.&#039;&#039;&#039; Elle déclare : « Nous regrettons que la Conférence de Fontainebleau n’ait pas abouti aux résultats espérés. Nous gardons la conviction qu’elle sera reprise dans de meilleures conditions pour aboutir. » Seuls des accords limités et locaux, sur place, pourront être conclus (Devillers, 1988, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à sa conversation de la veille avec Moutet chez Sainteny, HCM voit le ministre de la F.O.M. et lui remet un nouveau texte avec de nouvelles concessions, sur les dispositions monétaires et douanières mais surtout sur la Cochinchine où il renonce au refus de rapatriement des troupes vietnamiennes du Sud vers le Tonkin et accepte la remise aux autorités françaises des ressortissants considérés comme ex-ennemis (Devillers, 1988, pp. 218-219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note du directeur de cabinet de D’Argenlieu adressée au Cominindo dénombre le nombre de morts, de blessés ou de personnes enlevées du 6 mars  au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août. Il y a eu 1 159 agressions dont 447 ont abouti à des homicides. Cette note, approuvée par D’Argenlieu, vise bien sûr à peser sur les négociations en discréditant le VM  (Turpin, 2005, pp. 270-271).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite à la directive du 5 septembre, un décret vietminh en date du 13 supprime dans tout le Vietnam le mandarinat et place à la tête de chaque entité territoriale, territoire (&#039;&#039;bô&#039;&#039;), province (&#039;&#039;Tinh&#039;&#039;), district (&#039;&#039;huyen&#039;&#039;) &#039;&#039;&#039;un comité populaire&#039;&#039;&#039; qui doit respecter les ordres des autorités supérieures devant lesquelles il est responsable. C’est l’instauration d’une forme de &#039;&#039;&#039;« centralisme démocratique »&#039;&#039;&#039; qui renforce l’unité politique du pays. Contrairement à ce qui se passait avant, la loi ne s’arrête plus à la « haie de bambou » mais pénètre l’intérieur des villages où sont élus des représentants de la population (Gras, 1979, pp. 69-70). Lors de son entrevue avec HCM à Cam Ranh (voir 18 octobre), D’Argenlieu protestera contre cette décision qu’il juge être une ingérence inadmissible en Cochinchine, territoire de souveraineté française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre 46 : Départ de la délégation vietnamienne de Fontainebleau qui embarque à Marseille sur le &#039;&#039;Pasteur&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 219). HCM demeure en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un nouveau texte issu des récents pourparlers en off est remis à HCM par Moutet. Il est discuté entre Bidault (président du Conseil) et HCM (Devillers, 1988, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note de la direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères sur la portée du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (DDF, 2004, tome 2, document n° 160, pp. 408-410).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 14 au 15 septembre 46 : Marius Moutet (F.O.M.) s’accrochant aux accords du 6 mars ne comprend toujours pas qu’ils sont à l’origine de toutes les difficultés, ayant gommé le mot « indépendance » au profit des mots « État libre ». La rupture de Fontainebleau gène sa famille politique, les socialistes. HCM demeure donc sa dernière chance.  Il l’engage à signer in extrémis un &#039;&#039;&#039;« &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; »&#039;&#039;&#039; que Pham Van Dong avait refusé d’avaliser en claquant la porte de la conférence de Fontainebleau (texte du &#039;&#039;modus&#039;&#039; cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 287-291). HCM, conseillé par le vice-président Thorez (communiste), agit différemment en se rendant au domicile de Moutet où le texte sera signé à 1 heure du matin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En apparence ce texte minimaliste (« en attendant que les circonstances permettent de conclure un accord total et définitif ») donne satisfaction aux Français : il met théoriquement fin des actes de violence (art. IX) ; des accords d’états-majors règleront l’application et le contrôle des mesures prises en commun (art. IX) ; la date et les modalités seront à fixer pour le référendum en Cochinchine ; une libération « des prisonniers politiques et militaires » (art. IX) est prévue ; une liberté d’établissement sur le territoire contrôlé par le gouvernement vietnamien et une garantie aux entreprises sont accordées ; tout comme le principe de l’unité monétaire et douanière. Mais l’application de ces mesures doit être mise au point par des commissions mixtes qui, dans les faits, ne seront presque jamais réunies car le VM pratiquera une politique de la chaise vide. Selon De Folin, ici encore, HCM cherche surtout à gagner du temps puisque ce texte n’entrera théoriquement en vigueur que le 30 octobre, avec, selon ce qui est prévu et si cela est nécessaire, une reprise des négociations prévues pour janvier 1947. Giap valide le texte et le défendra pour la même raison : gagner du temps (De Folin, 1993, pp. 152-154). Un inspecteur de la Sûreté aurait entendu dire par HCM : « Je viens de signer mon arrêt de mort. », propos non confirmé par Sainteny (Sainteny, 1970, p. 114). Par ailleurs, ce &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; ne sera pas appliqué en Cochinchine du fait de son statut particulier de République autonome et le sera au Tonkin, mais avec de grandes difficultés, jusqu’au 20 novembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu n’a pas été informé de sa signature, d’où son amertume lorsqu’il en découvre l’existence (De Folin, 1993, p. 160). Il considère que « croire à la réalisation des clauses de l’article IX [touchant aux questions de sécurité et de maîtrise de la violence] est […] une simple et dangereuse utopie. » Pignon (conseiller politique de l’amiral) et Valluy (commandant en chef) partagent tous deux ce point de vue (D’Argenlieu, 1985, pp. 322-324).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 septembre 46 : Long message public d’HCM « au peuple français » qu’il assure de « sa profonde sympathie et de son affection fraternelle ». Il exprime « le ferme espoir que la Conférence recommencera dans les mois qui viennent pour réaliser l’accord définitif tant souhaité de part et d’autre. L’amitié franco-vietnamienne assurera la grandeur et la prospérité de l’Union française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 153)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer (délégué général du Cominindo) câble à D’Argenlieu le texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; ainsi que celui de la Déclaration conjointe des Gouvernements de la République française et de la République démocratique du Vietnam (datée du 14) qui spécifie : « […] Dans un esprit d’amitié et de compréhension mutuelle, le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique du Vietnam ont procédé à la signature d’un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, apportant, dans le cadre d’accords limités, des solutions provisoires aux principales questions d’intérêt immédiat qui se posent entre la France et le Vietnam. En ce qui concerne le référendum prévu par la Convention préliminaire du 6 mars, les deux Gouvernements se réservent d’en fixer ultérieurement la date et les modalités […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 220). Une fois encore, D’Argenlieu, furieux, est mis devant un fait accompli pour lequel il n’a pas été consulté par le gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au 15 septembre, le contrôle du Laos par les Français est complet, du moins en apparence. Ils ont désarmé les Japonais et repris possession du pays avec moins de 500 hommes issus des maquis qui y étaient implantés. Seules quelques poches de résistance attisées par le VM subsistent car ce dernier craint que la reconquête française de toute la péninsule indochinoise puisse se faire par le Laos. Ce contrôle est appuyé par le prince Souphannouvuong et le &#039;&#039;Viet Kieu&#039;&#039;, mouvement dissident soutenu par le VM. Le vice-roi Petsarath est également entré en dissidence, réclamant l’indépendance, contre l’avis du roi (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre) (Gras, 1979, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 46 : Hanoi apprend la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Selon Fonde, « subitement, l’ambiance change, les visages perdent leurs masques de méfiance et d’inquiétude. » (Fonde, 1971, p. 267) Mais  cet effet d’apaisement sera très bref.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 46 : HCM quitte Paris. Une délégation non officielle composée de Hoang Minh Giam, Tran Ngoc Danh et Duong Bach Mai y demeure (Devillers, 1988, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les troupes chinoises quittent définitivement le nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 263). À partir de ce moment, et sans qu’il y ait forcément de corrélation avec le départ des Chinois qui assuraient peu la sécurité des populations, &#039;&#039;&#039;un vaste climat de violence (endémique…) se poursuit dans tout le Vietnam&#039;&#039;&#039; : assassinats, enlèvements, élimination d’ennemis politiques, atrocités, tortures (tableau synoptique des incidents du 8 au 20 novembre &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 333). &#039;&#039;&#039;Cette violence émane en grande partie du VM (Nguyen Binh) qui cherche à s’affirmer par la terreur et l’extrémisme de certaines de ses factions.&#039;&#039;&#039; Le général Fonde (chef de la « Mission française de liaison »)  estime que le chiffre des exécutions des « Viet Gians » (traîtres) dans la seule Cochinchine varie entre 150 et 600 (De Folin, 1993, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 46 : Après avoir prolongé son séjour en France et, selon Raymond Aubrac, avoir rejeté à deux reprises un retour anticipé voulu par Sainteny (Aubrac, 2000, p. 234), &#039;&#039;&#039;embarquement à Toulon d’HCM vers le Vietnam&#039;&#039;&#039; à bord l’aviso le &#039;&#039;Dumont D’Urville&#039;&#039; car il n’a pas voulu prendre l’avion, peut-être par crainte d’un attentat. Il est anxieux car il a entendu les reproches qu’on lui a faits en France du fait de la temporisation induite par les accords du 6 mars : pétitions, cris hostiles dans les gares de Montélimar et Marseille sur le chemin de Toulon où il embarque (Sainteny, 1970, p. 116 ; Chaffard, 1969, pp. 11-25). Sainteny ne l’accompagne pas pour son retour et demeure en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Pham Huy Thong qui a côtoyé HCM durant cette période : « Lorsqu’il a quitté la France, le Président gardait un espoir de régler pacifiquement le problème. Il nous a réunis  et a cherché à nous convaincre de cela. Il nous a dit que beaucoup de difficultés subsistaient, mais qu’une solution pacifique  restait possible. Il a laissé entendre que la situation politique française n’était pas encore stabilisée, qu’il y avait des possibilités d’évolution. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 114) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 septembre 46 : Publication dans la presse vietnamienne du texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Ce texte minimaliste est loin de faire l’unanimité. Il est notamment violemment critiqué par les nationalistes du V.N.Q.D.D. qui diffusent des tracts, dénoncent une reculade et une trahison de Ho. Selon Fonde, « à nouveau les visages se ferment. La peur renaît. » (Fonde, 1971, p. 268)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 septembre 46 : Paris envoie des instructions politiques à D’Argenlieu concernant le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, jugé « hâtif » et réprouvé par ce dernier : « […] S’il doit être appliqué avec loyauté de notre part, c’est avant tout en vue de susciter une détente, à la faveur de laquelle il est indispensable de reconsidérer l’ensemble de notre politique. Nous devons nous efforcer d’amorcer cette détente dès maintenant et d’éviter toute mesure risquant d’envenimer les rapports franco-vietnamiens avant la date de mise en vigueur de l’accord, le 30 octobre 1946. » Or, sur place, rien n’indique à l’amiral la moindre ébauche ou perspective de pacification (voir 18 et 24 septembre). Il s’avère que « le gouvernement a acquis la conviction que la Cochinchine est le véritable pivot de toute notre politique indochinoise. » Deux méthodes se présentent : ou le coup de force ou la négociation. La première n’est guère envisageable faute de moyens militaires adaptés. D’Argenlieu est donc chargé de mettre en œuvre l’article IX du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; auquel il ne croit pas. Il faut également élargir le gouvernement du D&amp;lt;sup&amp;gt;r&amp;lt;/sup&amp;gt; Trinh en Cochinchine, y compris avec des personnalités qui sont favorables à la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;. Pour le gouvernement français, le texte adressé à D’Argenlieu se veut rassurant à défaut d’être convainquant : « Il ne s’agit nullement d’une politique d’abandon. L’opinion publique française et les milieux gouvernementaux sont de plus en plus décidés à affermir la position de la France en Indochine. » (Devillers, 1988, pp. 225-227).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 septembre 46 : Alors que le statut de la Cochinchine est en attente d’un éventuel référendum, le Comité exécutif provisoire du Nam Bo lance une proclamation où il affirme y être la seule autorité légale (Devillers, 1988, p. 230).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 septembre 46 : Une note de synthèse sur les effectifs français est adressée aux bureaux de différents ministères. « Sur demandes expresses » de Valluy (commandant en chef) et de D’Argenlieu, « appuyées par l’État-Major de la Défense nationale », elle propose de les maintenir à 75 000 plutôt que les 65 000 initialement prévus. Une demande d’envoi de 12 800 officiers et hommes de troupe est faite pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; semestre 1947 et de 6 à 9 000 pour les autres trimestres (Ruscio, 1985, p. 134 ; Ruscio, 1992, p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 septembre 46 : À Hanoi, le climat est toujours aussi délétère. Des collaborateurs de Sainteny sont arrêtés et molestés. Une rumeur d’un massacre généralisé des Français s’y propage (Francini 1, 1988, p. 265).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève) est nommé commissaire politique de l’armée de défense du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 septembre 46 : Bidault (président du Conseil) câble à D’Argenlieu : « Je forme le vœu que la mise en œuvre par vos soins de cet accord marque de nouveaux progrès dans les relations entre la France et le Vietnam. Soyez assuré de toute ma confiance et de mon amitié. » (Devillers, 1988, p. 22). Or l’amiral, plus que méfiant, entend rencontrer HCM dès son retour au Vietnam (voir 18 octobre). Il espère à l’approche du nouveau référendum sur la Constitution française (voir 13 octobre) un rejet, qui marquerait un potentiel retour de De Gaulle aux affaires et donc l’amorce d’une politique plus ferme en Indochine. Ce qui ne se produira pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 - 28 septembre 46 : Au Laos, face à une menace du Vietminh qui a réoccupé la frontière vietnamienne, les Français, peu nombreux, sont obligés d’évacuer les localités proches de celle-ci. Le VM, lui, considère toujours le Laos comme une marche du Vietnam (Gras, 1979, p. 81-82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 46 : Un article de la &#039;&#039;Pravda&#039;&#039; (organe du parti communiste d’U.R.S.S.) évoque la guerre d’Indochine. Il s’en prend aux « troupes étrangères » (Américains et Anglais) mais ne mentionne pas la France. Selon Fall, « l’Union soviétique, pour le moment, voyait la solution au problème indochinois plutôt dans le cadre d’une association avec la France que dans l’indépendance totale. » (Fall, 1960, p. 118) Pour les Soviétiques, du fait du poids du P.C.F. à la Chambre, la France demeure potentiellement une alliée. D’où l’attitude du Parti toujours conciliante envers le conflit et toujours aussi réservée envers l’indépendance vietnamienne (voir 25 septembre 1945). La rupture avec cette attitude ne se produira que le 4 mai 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 septembre 46 : Malgré les directives du Cominindo qui entend que la Cochinchine et le Sud-Annam soient des priorités absolues, une instruction de D’Argenlieu contredit cette volonté : « L’occupation des zones frontières sino-tonkinoises devra être élargie dans toute la mesure compatible avec les moyens et effectifs disponibles. Une place insuffisante est faite à la protection des personnes et des intérêts français ainsi qu’à celle des populations autochtones qui ont manifesté leur sympathie pour une collaboration avec la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 89) Cette initiative lui sera reprochée par le contre-amiral Barjot (voir 29 novembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​30 septembre 46 : D’Argenlieu demande à Sainteny (officiellement toujours commissaire de la République au Tonkin mais résidant en France) de reprendre ses fonctions. L’intéressé est hésitant mais donnera finalement une réponse positive le 11 novembre (Devillers, 1988, p. 258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Septembre-octobre 46 : Débarquement échelonné d’une force française constituée de blindés et de troupes à Haïphong.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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	<entry>
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		<title>Septembre 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T06:27:54Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Fin de l’été 46 : Giap a mis les bouchées doubles pour former une armée vietnamienne en créant des centres de formation, en constituant des stocks d’armements non négligeables d’origine diverse : pris aux Français, stocks cédés par les Japonais, contrebande avec la Chine, constitution d’ateliers d’armement. Giap a mis sur pied 35 régiments d’infanterie et 3 régiments d’artillerie, soit 60 000 hommes dont 12 000 combattent en Cochinchine. Le modèle militaire est d’inspiration soviétique, doté de commissaires politiques dans chaque unité. En vue d’une reprise de la guérilla, des bases militaires sont établies dans les régions montagneuses d’accès difficile (Gras, 1979, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Septembre 46 : Au Laos, le prince Savang agissant au nom du roi Sisavang Vong se rend à Washington pour assister à une conférence qui doit décider du sort des territoires annexés par le Siam en 1941, Paklay et Bassac. Ils seront restitués en décembre par la France (Deuve, 2003, p. 2).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 46 : Une note de Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) approuvée par Moutet (F.O.M.) évoque l’éventualité de conclure « des accords limités et provisoires […] » mais ce pis-aller a pour préalable de mettre fin à « la situation faite aux personnes et aux biens  dans les territoires contrôlés par la R.D.V.N. » et qui constitue un point de blocage pour les Français (Devillers, 1988, p. 214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, les premières élections législatives donnent une  écrasante majorité au Parti démocrate du prince Youtevong (74,6 % des suffrages, 50 sièges sur 67 à l’assemblée). À la différence du Laos (voir 30 août), le pays rejette globalement l’idée de &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (voir 7 janvier), toute forme de protectorat (théoriquement abolie, voir 4 janvier) et aspire à l’indépendance. Le prince Monireth, premier ministre en désaccord avec le commissaire de la République, démissionne. Le gouvernement issu des élections constitué en décembre trouvera un compromis évolutif, tout en maintenant des liens étroits avec la France (De Folin, 1993, pp. 129-130 ; note en date du 12 de D’Argenlieu à destination de Moutet au sujet de ces élections &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 149, pp. 385-386).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le vice-roi Pethsarath (pro Lao Issara) exilé en Thaïlande, entre en dissidence contre les Français et ce, contre l’avis du roi Sisavang Vong. Il réclame l’indépendance mais n’est soutenu que par une faible minorité. Le roi a quant à lui décidé de faire confiance à la France (voir 30 août) (Gras, 1979, p. 82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le groupement de marche de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. transmet ses missions et matériels à un groupement de blindés du Tonkin (G.B.T.) nouvellement constitué. Le colonel Massu quittera son commandement le 30 septembre (Pedroncini, 1992, p. 398).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 septembre 46 : La note de Pignon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; est communiquée à la délégation vietnamienne qui, pour éviter une rupture, acquiesce du bout des lèvres (Devillers, 1988, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM participe à la soirée organisée salle Pleyel en l’honneur du premier anniversaire de la proclamation de l’indépendance. Il prend la parole aux côtés de membres du P.C.F., de la C.G.T. et de l’association France-Vietnam (Ruscio, 1985, p. 119). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu licencie 9 000 supplétifs en prétextant de l’absence de munitions japonaises provoquée par l’explosion de la Pyrotechnie de Saïgon (voir 8 avril) (Valette, 1994, p. 121, note 5).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Longue note du ministère des Affaires étrangères sur les « relations du Vietnam avec les représentants américains au Tonkin ». Hormis une appétence économique intéressée (« &#039;&#039;business is business&#039;&#039; »), leur attitude demeure très en retrait par rapport à ce qu’en attendaient les Vietnamiens : « [...] le président Ho Chi Minh doit se rendre compte maintenant que la fameuse aide américaine […] est surtout une « étiquette réclame » sous le couvert de laquelle une ingérence économique cherche par tous les moyens à s’établir. » La note fait ensuite un long historique sur l’évolution des relations vietnamo-américaines avant pendant et après l’occupation japonaise sur laquelle les Français ont beaucoup de choses à redire, notamment quant au rôle trouble de l’O.S.S. dont certains membres douteux (dont Patti) défendaient plus leurs intérêts personnels et mercantiles que politiques ou diplomatiques (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 septembre 46 : Moutet adresse une lettre à D’Argenlieu. Au vu de la situation générale en Indochine dominée par la violence, le gouvernement a décidé de mettre HCM devant l’alternative suivante : « […] ou un accord qui marquera un pas en avant sur celui du 6 mars […] » est trouvé, ou c’est « la rupture de la conférence [de Fontainebleau], avec toutes les conséquences qui s’ensuivent. » Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) et La Laurentie (directeur politique à la F.O.M.) ont été chargés de négocier une nouvelle note transmise à la partie adverse. Moutet ajoute prudemment qu’une rupture serait dommageable car « tous les renseignements [lui] indiquent que [la] situation n’est pas brillante », notamment en Cochinchine où un climat de violence terroriste s’est installé durablement. Il prévoit un renforcement des 85 000 hommes présents si la situation s’aggrave mais l’envoi de ces renforts posera problème en dégarnissant la défense de l’Europe. Reste un espoir : « […] le président [vietnamien] peut être dépassé ou par son entourage, ou par les événements. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet et Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) sont reçus par HCM et Pham Van Dong. On tente une conciliation de la dernière chance pour éviter une rupture de la conférence en appelant les deux parties à faire des concessions ne serait-ce que sur des points qui ne bloquent pas : situation des personnes et des biens français, régime douanier, commerce extérieur. Pham Van Dong ne s’en contente pas et estime qu’ « il fallait envisager, aussi pénible que cela soit, l’ajournement à quelques mois de la Conférence de Fontainebleau. » (Devillers, 1988, pp. 216-217).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Colombey, De Gaulle, exaspéré, tonne contre le paysage de la vie politique française : « Si bien que le Boche battu, les collaborateurs en prison, la liberté recouvrée, la France et son Empire sont devenus le point d’application de notre opposition. Oui, la France et son empire devenaient aussitôt, pour eux, un vaste chantier de démolition ! Au lieu de taper sur Maurras ou sur Pétain, ils s’en prennent à Leclerc ou à D’Argenlieu, coupables seulement de ce crime : avoir cherché à faire prévaloir l’État […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 270)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 septembre 46 : Progressivement mais également lentement, au grand dam de certains dirigeants communistes purs et durs, un nationalisme rural apparaît sous l’influence de la propagande vietminh. Toutefois les paysans sont devenus plus sensibles aux problèmes politiques et se sentent non plus membres d’une simple communauté villageoise autonome mais citoyens d’une communauté politique plus vaste. Car le VM a produit une instruction visant à destituer les traditionnels conseils de notables qui entretenaient une oligarchie rurale pour leur substituer des « comités du peuple » élus. Ces comités visent la jeunesse, s’opposant en cela à l’autorité traditionnelle du village et de la famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 septembre 46 : Dissolution par l’état-major français du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau (presse). Ses membres, dont Philippe Devillers et Jean Lacouture, ont le choix entre le rapatriement ou la démobilisation sur place. Devillers choisit la première formule, Lacouture la seconde (Devillers, 2010, pp. 136-137).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 septembre 46 : Long mémorandum du département d’État américain qui déplore l’incompréhension du gouvernement français à l’égard des nationalistes et un réel manque d’initiatives pour que de véritables changements s’opèrent (De Folin, 1993, p. 196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 septembre 46 :  Note de la direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères portant sur la question de la représentation diplomatique du Vietnam dans le cadre du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (DDF, 2004, tome 2, document n° 144, pp. 369-371).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 septembre 46 : À Fontainebleau, en séance plénière, Pham Van Dong, après quelques tergiversations, refuse un texte de &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; provisoire tant qu’il n’y aura pas accord sur la date et les modalités du référendum sur la Cochinchine. Comme pour la première conférence de Dalat, c’est à nouveau un échec complet pour les mêmes raisons (De Folin, 1993, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour lutter contre les trafics de contrebande dans le Nord (riz contre armes), secrètement, le conseiller économique Davée et le général Morlière (commissaire de la République au Tonkin) décrètent un contrôle douanier dans les zones maritimes autour de Haïphong qui doit prendre effet le 15 octobre. Cette décision secrète provoquera une levée de boucliers des Vietnamiens après la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre (voir 20 octobre) (Devillers, 1988, p. 235).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, où le général Valluy assure l’intérim de D’Argenlieu, celui-ci décide que la France assurera l’ensemble du contrôle douanier à Haïphong et au Tonkin. C’est cette question des droits douaniers que la France n’entend pas lâcher qui servira d’étincelle pour mettre le feu dans l’affaire de Haïphong (voir 20 - 21 novembre) (Valette, 1994, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 11 septembre 46 : Rédaction du texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; qui sera porté à la connaissance de Moutet le 12 (Valette, 1994, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 septembre 46 : Bao Daï s’installe à Hong-Kong.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM procède à plusieurs interviews durant lesquelles il souffle le froid et le chaud. Au journaliste américain David Schoenbrun qui lui demande si la guerre contre les Français est sans espoir, il répond : « Non, elle ne sera pas sans espoir. Elle sera dure, acharnée, mais nous pourrions la gagner. Car nous avons une arme aussi puissante que le canon moderne, le nationalisme. Quant aux armes, on peut se les procurer s’il le faut. » Sur le type de guerre à venir, il précise de manière imagée : « Ce sera une guerre entre un tigre et un éléphant. Si jamais le tigre s’arrête, l’éléphant le transpercera de ses puissantes défenses. Seulement le tigre ne s’arrête pas. Il se tapit dans la jungle pendant le jour pour ne sortir que la nuit. Il s’élancera sur l’éléphant et lui arrachera le dos par grands lambeaux, puis il disparaîtra de nouveau dans la jungle obscure. Et, lentement, l’éléphant mourra d’épuisement et d’hémorragie. Voilà ce que sera la guerre d’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 133)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au journaliste de l’&#039;&#039;Associted Press,&#039;&#039; moins belliqueux, il confie qu’il n’y a pas de « discorde véritable entre nous. Nos divergences sont celles que l’on trouve au sein de chaque famille. » Il se déclare optimiste quant à un règlement plus tardif du contentieux. Il s’efforcera de mettre fin à la guérilla, espérant un effort du côté français. Il critique la proposition française qui veut désarmer et rapatrier de Cochinchine les troupes vietnamiennes qui y séjournent car ce serait « un acte de reddition pure et simple ». Il se donne un délai de « cinq à six mois » pour aboutir à de nouvelles négociations (Devillers, 1988, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM déjeune avec Moutet (F.O.M.). Pignon (conseiller politique de l’amiral), certainement présent, produit un compte rendu de cette rencontre adressé à D’Argenlieu. Moutet déclare ne pas accepter l’échec des pourparlers et en fait part à son interlocuteur qu’il désire revoir dans la soirée. Le soir, HCM rencontre avec deux délégués vietnamiens Moutet, Pignon et Messmer (secrétaire du Cominindo) chez Sainteny. On examine encore les points de désaccord et on cherche des rapprochements (Devillers, 1988, p. 218).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 septembre 46 : Moutet présente au conseil des ministres le texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; dont il a eu connaissance la veille. Il est approuvé (Valette, 1994, p. 76).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La délégation vietminh quitte définitivement la conférence de Fontainebleau pour le Vietnam, sans aucun accord global.&#039;&#039;&#039; Elle déclare : « Nous regrettons que la Conférence de Fontainebleau n’ait pas abouti aux résultats espérés. Nous gardons la conviction qu’elle sera reprise dans de meilleures conditions pour aboutir. » Seuls des accords limités et locaux, sur place, pourront être conclus (Devillers, 1988, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à sa conversation de la veille avec Moutet chez Sainteny, HCM voit le ministre de la F.O.M. et lui remet un nouveau texte avec de nouvelles concessions, sur les dispositions monétaires et douanières mais surtout sur la Cochinchine où il renonce au refus de rapatriement des troupes vietnamiennes du Sud vers le Tonkin et accepte la remise aux autorités françaises des ressortissants considérés comme ex-ennemis (Devillers, 1988, pp. 218-219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note du directeur de cabinet de D’Argenlieu adressée au Cominindo dénombre le nombre de morts, de blessés ou de personnes enlevées du 6 mars  au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août. Il y a eu 1 159 agressions dont 447 ont abouti à des homicides. Cette note, approuvée par D’Argenlieu, vise bien sûr à peser sur les négociations en discréditant le VM  (Turpin, 2005, pp. 270-271).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant suite à la directive du 5 septembre, un décret vietminh en date du 13 supprime dans tout le Vietnam le mandarinat et place à la tête de chaque entité territoriale, territoire (&#039;&#039;bô&#039;&#039;), province (&#039;&#039;Tinh&#039;&#039;), district (&#039;&#039;huyen&#039;&#039;) &#039;&#039;&#039;un comité populaire&#039;&#039;&#039; qui doit respecter les ordres des autorités supérieures devant lesquelles il est responsable. C’est l’instauration d’une forme de &#039;&#039;&#039;« centralisme démocratique »&#039;&#039;&#039; qui renforce l’unité politique du pays. Contrairement à ce qui se passait avant, la loi ne s’arrête plus à la « haie de bambou » mais pénètre l’intérieur des villages où sont élus des représentants de la population (Gras, 1979, pp. 69-70). Lors de son entrevue avec HCM à Cam Ranh (voir 18 octobre), D’Argenlieu protestera contre cette décision qu’il juge être une ingérence inadmissible en Cochinchine, territoire de souveraineté française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 septembre 46 : Départ de la délégation vietnamienne de Fontainebleau qui embarque à Marseille sur le &#039;&#039;Pasteur&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 219). HCM demeure en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un nouveau texte issu des récents pourparlers en off est remis à HCM par Moutet. Il est discuté entre Bidault (président du Conseil) et HCM (Devillers, 1988, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note de la direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères sur la portée du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (DDF, 2004, tome 2, document n° 160, pp. 408-410).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 14 au 15 septembre 46 : Marius Moutet (F.O.M.) s’accrochant aux accords du 6 mars ne comprend toujours pas qu’ils sont à l’origine de toutes les difficultés, ayant gommé le mot « indépendance » au profit des mots « État libre ». La rupture de Fontainebleau gène sa famille politique, les socialistes. HCM demeure donc sa dernière chance.  Il l’engage à signer in extrémis un &#039;&#039;&#039;« &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; »&#039;&#039;&#039; que Pham Van Dong avait refusé d’avaliser en claquant la porte de la conférence de Fontainebleau (texte du &#039;&#039;modus&#039;&#039; cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 287-291). HCM, conseillé par le vice-président Thorez (communiste), agit différemment en se rendant au domicile de Moutet où le texte sera signé à 1 heure du matin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En apparence ce texte minimaliste (« en attendant que les circonstances permettent de conclure un accord total et définitif ») donne satisfaction aux Français : il met théoriquement fin des actes de violence (art. IX) ; des accords d’états-majors règleront l’application et le contrôle des mesures prises en commun (art. IX) ; la date et les modalités seront à fixer pour le référendum en Cochinchine ; une libération « des prisonniers politiques et militaires » (art. IX) est prévue ; une liberté d’établissement sur le territoire contrôlé par le gouvernement vietnamien et une garantie aux entreprises sont accordées ; tout comme le principe de l’unité monétaire et douanière. Mais l’application de ces mesures doit être mise au point par des commissions mixtes qui, dans les faits, ne seront presque jamais réunies car le VM pratiquera une politique de la chaise vide. Selon De Folin, ici encore, HCM cherche surtout à gagner du temps puisque ce texte n’entrera théoriquement en vigueur que le 30 octobre, avec, selon ce qui est prévu et si cela est nécessaire, une reprise des négociations prévues pour janvier 1947. Giap valide le texte et le défendra pour la même raison : gagner du temps (De Folin, 1993, pp. 152-154). Un inspecteur de la Sûreté aurait entendu dire par HCM : « Je viens de signer mon arrêt de mort. », propos non confirmé par Sainteny (Sainteny, 1970, p. 114). Par ailleurs, ce &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; ne sera pas appliqué en Cochinchine du fait de son statut particulier de République autonome et le sera au Tonkin, mais avec de grandes difficultés, jusqu’au 20 novembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu n’a pas été informé de sa signature, d’où son amertume lorsqu’il en découvre l’existence (De Folin, 1993, p. 160). Il considère que « croire à la réalisation des clauses de l’article IX [touchant aux questions de sécurité et de maîtrise de la violence] est […] une simple et dangereuse utopie. » Pignon (conseiller politique de l’amiral) et Valluy (commandant en chef) partagent tous deux ce point de vue (D’Argenlieu, 1985, pp. 322-324).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 septembre 46 : Long message public d’HCM « au peuple français » qu’il assure de « sa profonde sympathie et de son affection fraternelle ». Il exprime « le ferme espoir que la Conférence recommencera dans les mois qui viennent pour réaliser l’accord définitif tant souhaité de part et d’autre. L’amitié franco-vietnamienne assurera la grandeur et la prospérité de l’Union française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 153)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Messmer (délégué général du Cominindo) câble à D’Argenlieu le texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; ainsi que celui de la Déclaration conjointe des Gouvernements de la République française et de la République démocratique du Vietnam (datée du 14) qui spécifie : « […] Dans un esprit d’amitié et de compréhension mutuelle, le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique du Vietnam ont procédé à la signature d’un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, apportant, dans le cadre d’accords limités, des solutions provisoires aux principales questions d’intérêt immédiat qui se posent entre la France et le Vietnam. En ce qui concerne le référendum prévu par la Convention préliminaire du 6 mars, les deux Gouvernements se réservent d’en fixer ultérieurement la date et les modalités […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 220). Une fois encore, D’Argenlieu, furieux, est mis devant un fait accompli pour lequel il n’a pas été consulté par le gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au 15 septembre, le contrôle du Laos par les Français est complet, du moins en apparence. Ils ont désarmé les Japonais et repris possession du pays avec moins de 500 hommes issus des maquis qui y étaient implantés. Seules quelques poches de résistance attisées par le VM subsistent car ce dernier craint que la reconquête française de toute la péninsule indochinoise puisse se faire par le Laos. Ce contrôle est appuyé par le prince Souphannouvuong et le &#039;&#039;Viet Kieu&#039;&#039;, mouvement dissident soutenu par le VM. Le vice-roi Petsarath est également entré en dissidence, réclamant l’indépendance, contre l’avis du roi (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre) (Gras, 1979, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 septembre 46 : Hanoi apprend la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Selon Fonde, « subitement, l’ambiance change, les visages perdent leurs masques de méfiance et d’inquiétude. » (Fonde, 1971, p. 267) Mais  cet effet d’apaisement sera très bref.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 septembre 46 : HCM quitte Paris. Une délégation non officielle composée de Hoang Minh Giam, Tran Ngoc Danh et Duong Bach Mai y demeure (Devillers, 1988, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les troupes chinoises quittent définitivement le nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 263). À partir de ce moment, et sans qu’il y ait forcément de corrélation avec le départ des Chinois qui assuraient peu la sécurité des populations, &#039;&#039;&#039;un vaste climat de violence (endémique…) se poursuit dans tout le Vietnam&#039;&#039;&#039; : assassinats, enlèvements, élimination d’ennemis politiques, atrocités, tortures (tableau synoptique des incidents du 8 au 20 novembre &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 333). &#039;&#039;&#039;Cette violence émane en grande partie du VM (Nguyen Binh) qui cherche à s’affirmer par la terreur et l’extrémisme de certaines de ses factions.&#039;&#039;&#039; Le général Fonde (chef de la « Mission française de liaison »)  estime que le chiffre des exécutions des « Viet Gians » (traîtres) dans la seule Cochinchine varie entre 150 et 600 (De Folin, 1993, p. 160).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 septembre 46 : Après avoir prolongé son séjour en France et, selon Raymond Aubrac, avoir rejeté à deux reprises un retour anticipé voulu par Sainteny (Aubrac, 2000, p. 234), &#039;&#039;&#039;embarquement à Toulon d’HCM vers le Vietnam&#039;&#039;&#039; à bord l’aviso le &#039;&#039;Dumont D’Urville&#039;&#039; car il n’a pas voulu prendre l’avion, peut-être par crainte d’un attentat. Il est anxieux car il a entendu les reproches qu’on lui a faits en France du fait de la temporisation induite par les accords du 6 mars : pétitions, cris hostiles dans les gares de Montélimar et Marseille sur le chemin de Toulon où il embarque (Sainteny, 1970, p. 116 ; Chaffard, 1969, pp. 11-25). Sainteny ne l’accompagne pas pour son retour et demeure en France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Pham Huy Thong qui a côtoyé HCM durant cette période : « Lorsqu’il a quitté la France, le Président gardait un espoir de régler pacifiquement le problème. Il nous a réunis  et a cherché à nous convaincre de cela. Il nous a dit que beaucoup de difficultés subsistaient, mais qu’une solution pacifique  restait possible. Il a laissé entendre que la situation politique française n’était pas encore stabilisée, qu’il y avait des possibilités d’évolution. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 114) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 septembre 46 : Publication dans la presse vietnamienne du texte du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Ce texte minimaliste est loin de faire l’unanimité. Il est notamment violemment critiqué par les nationalistes du V.N.Q.D.D. qui diffusent des tracts, dénoncent une reculade et une trahison de Ho. Selon Fonde, « à nouveau les visages se ferment. La peur renaît. » (Fonde, 1971, p. 268)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 septembre 46 : Paris envoie des instructions politiques à D’Argenlieu concernant le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;, jugé « hâtif » et réprouvé par ce dernier : « […] S’il doit être appliqué avec loyauté de notre part, c’est avant tout en vue de susciter une détente, à la faveur de laquelle il est indispensable de reconsidérer l’ensemble de notre politique. Nous devons nous efforcer d’amorcer cette détente dès maintenant et d’éviter toute mesure risquant d’envenimer les rapports franco-vietnamiens avant la date de mise en vigueur de l’accord, le 30 octobre 1946. » Or, sur place, rien n’indique à l’amiral la moindre ébauche ou perspective de pacification (voir 18 et 24 septembre). Il s’avère que « le gouvernement a acquis la conviction que la Cochinchine est le véritable pivot de toute notre politique indochinoise. » Deux méthodes se présentent : ou le coup de force ou la négociation. La première n’est guère envisageable faute de moyens militaires adaptés. D’Argenlieu est donc chargé de mettre en œuvre l’article IX du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; auquel il ne croit pas. Il faut également élargir le gouvernement du D&amp;lt;sup&amp;gt;r&amp;lt;/sup&amp;gt; Trinh en Cochinchine, y compris avec des personnalités qui sont favorables à la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;. Pour le gouvernement français, le texte adressé à D’Argenlieu se veut rassurant à défaut d’être convainquant : « Il ne s’agit nullement d’une politique d’abandon. L’opinion publique française et les milieux gouvernementaux sont de plus en plus décidés à affermir la position de la France en Indochine. » (Devillers, 1988, pp. 225-227).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 septembre 46 : Alors que le statut de la Cochinchine est en attente d’un éventuel référendum, le Comité exécutif provisoire du Nam Bo lance une proclamation où il affirme y être la seule autorité légale (Devillers, 1988, p. 230).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 septembre 46 : Une note de synthèse sur les effectifs français est adressée aux bureaux de différents ministères. « Sur demandes expresses » de Valluy (commandant en chef) et de D’Argenlieu, « appuyées par l’État-Major de la Défense nationale », elle propose de les maintenir à 75 000 plutôt que les 65 000 initialement prévus. Une demande d’envoi de 12 800 officiers et hommes de troupe est faite pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; semestre 1947 et de 6 à 9 000 pour les autres trimestres (Ruscio, 1985, p. 134 ; Ruscio, 1992, p. 77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 septembre 46 : À Hanoi, le climat est toujours aussi délétère. Des collaborateurs de Sainteny sont arrêtés et molestés. Une rumeur d’un massacre généralisé des Français s’y propage (Francini 1, 1988, p. 265).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur, commandant des forces de relève) est nommé commissaire politique de l’armée de défense du Vietnam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 septembre 46 : Bidault (président du Conseil) câble à D’Argenlieu : « Je forme le vœu que la mise en œuvre par vos soins de cet accord marque de nouveaux progrès dans les relations entre la France et le Vietnam. Soyez assuré de toute ma confiance et de mon amitié. » (Devillers, 1988, p. 22). Or l’amiral, plus que méfiant, entend rencontrer HCM dès son retour au Vietnam (voir 18 octobre). Il espère à l’approche du nouveau référendum sur la Constitution française (voir 13 octobre) un rejet, qui marquerait un potentiel retour de De Gaulle aux affaires et donc l’amorce d’une politique plus ferme en Indochine. Ce qui ne se produira pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 - 28 septembre 46 : Au Laos, face à une menace du Vietminh qui a réoccupé la frontière vietnamienne, les Français, peu nombreux, sont obligés d’évacuer les localités proches de celle-ci. Le VM, lui, considère toujours le Laos comme une marche du Vietnam (Gras, 1979, p. 81-82).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 septembre 46 : Un article de la &#039;&#039;Pravda&#039;&#039; (organe du parti communiste d’U.R.S.S.) évoque la guerre d’Indochine. Il s’en prend aux « troupes étrangères » (Américains et Anglais) mais ne mentionne pas la France. Selon Fall, « l’Union soviétique, pour le moment, voyait la solution au problème indochinois plutôt dans le cadre d’une association avec la France que dans l’indépendance totale. » (Fall, 1960, p. 118) Pour les Soviétiques, du fait du poids du P.C.F. à la Chambre, la France demeure potentiellement une alliée. D’où l’attitude du Parti toujours conciliante envers le conflit et toujours aussi réservée envers l’indépendance vietnamienne (voir 25 septembre 1945). La rupture avec cette attitude ne se produira que le 4 mai 1947.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 septembre 46 : Malgré les directives du Cominindo qui entend que la Cochinchine et le Sud-Annam soient des priorités absolues, une instruction de D’Argenlieu contredit cette volonté : « L’occupation des zones frontières sino-tonkinoises devra être élargie dans toute la mesure compatible avec les moyens et effectifs disponibles. Une place insuffisante est faite à la protection des personnes et des intérêts français ainsi qu’à celle des populations autochtones qui ont manifesté leur sympathie pour une collaboration avec la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 89) Cette initiative lui sera reprochée par le contre-amiral Barjot (voir 29 novembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​​30 septembre 46 : D’Argenlieu demande à Sainteny (officiellement toujours commissaire de la République au Tonkin mais résidant en France) de reprendre ses fonctions. L’intéressé est hésitant mais donnera finalement une réponse positive le 11 novembre (Devillers, 1988, p. 258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Septembre-octobre 46 : Débarquement échelonné d’une force française constituée de blindés et de troupes à Haïphong.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1946&amp;diff=5335</id>
		<title>Août 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T06:23:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début août 46 : Marius Moutet, ministre de tutelle de D’Argenlieu à la F.O.M., estime que ce dernier, après la convocation de la deuxième de Dalat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août), a outrepassé ses droits et demande son rappel. Georges Bidault refuse cette demande de révocation (Ruscio, 1985, pp. 131-132).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Août 46 : Bien qu’en période de négociation tant à Fontainebleau qu’à Dalat, occupation des bâtiments publics par les troupes françaises et mise en place d’institutions fédérales sans consultation du gouvernement vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 46 : &#039;&#039;&#039;Deuxième conférence « préparatoire » de Dalat&#039;&#039;&#039;, alors que celle de Fontainebleau est démarrée et toujours en cours. Celle de Dalat s’achèvera le 13 août, sans que D’Argenlieu modifie son déroulement face aux molles interventions du gouvernement français pour y mettre fin (voir 28, 29 juillet et 5 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont présents : le général Alessandri (président de toutes les délégations) ; pour la Cochinchine, le colonel Xuan (profrançais) ; pour le Laos, Tiao Savang ; pour le Cambodge, Tiou Long ; ainsi que des observateurs pour le Sud-Annam et les Plateaux montagnards. Il n’y a pas de représentants de l’actuel gouvernement du Vietnam puisqu’ils sont à Fontainebleau. Seule la République autonome de la Cochinchine, proclamée depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin et mise en place par D’Argenlieu, est représentée. En invitant le Laos et le Cambodge à cette conférence, la tactique de D’Argenlieu est claire : diviser pour mieux régner. Tactique rôdée mais qui va permettre à l’amiral d’isoler un Vietnam non représenté par des délégués de son gouvernement (voir 3 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août, Pham Van Dong (président de la délégation vietnamienne en France) apprenant l’existence d’une deuxième conférence à Dalat, demande la suspension de celle de Fontainebleau (dans l’impasse) en remettant un mémorandum à Max André (président de la délégation française). Selon lui, « nous sommes dans l’alternative suivante : ou bien ce sont les autorités françaises en Cochinchine qui décident du sort de la Cochinchine, du Sud-Annam, des Hauts-Plateaux et du statut de la Fédération indochinoise. Dans ce cas, la convention du 6 mars devient sans objet, et notre conférence de Fontainebleau n’a plus raison d’être. Ou bien la Convention du 6 mars doit rester en application, auquel cas seule la conférence de Fontainebleau a qualité pour discuter de ces problèmes. Notre dignité, à nous, nous fait sortir de cette situation équivoque et, en conséquence, de suspendre nos travaux jusqu’à ce que cette équivoque soit dissipée. » Il y a donc suspension mais non rupture de la conférence (DDF, 2004, tome 2, document n° 72, pp. 181-182). Chacun continue à discuter, mais en coulisse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On discute donc en aparté mais, au Vietnam, la situation est toujours aussi conflictuelle. Nguyen Binh, chef militaire de la résistance vietminh en Cochinchine, a ordonné la reprise des actions contre les Français. De son côté, D’Argenlieu a fait reconquérir les hauts plateaux dans le centre du Vietnam et s’est rendu à Ban Methuot pour y recevoir le serment de fidélité des chefs montagnards. Cette attitude prouve à l’évidence au VM que la France entend renouer avec la domination coloniale passée. De plus, HCM est mis au courant des initiatives de D’Argenlieu par la radio, et non par la voie diplomatique comme il aurait dû l’être en tant que chef d’État.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 août 46 : D’Argenlieu produit sans sourciller un mémorandum intitulé « Incidences des conférences de Fontainebleau et de Dalat sur le devenir de l’Indochine française ». Il est adressé au président du Conseil (Bidault), à Moutet (F.O.M.), aux principaux ministres (Armées, Affaires étrangères, Finances), au général Juin et à Max André (président de la délégation française à Fontainebleau). Après avoir fait un éloge de son action en Cochinchine avec la mise en place d’une République autonome (voir 17 juillet), l’amiral suggère de « suspendre les négociations » de la conférence de Fontainebleau « jusqu’au jour où le peuple français consulté, la Constitution promulguée, les élections effectuées et le gouvernement constitué, la France, sortie du provisoire, aurait en main tous les éléments pour aboutir à une véritable conclusion de ce qui ne peut être actuellement qu’échanges de vues. » Il demande « à ce que rien de nature à engager l’avenir de la Fédération indochinoise ne soit décidé avant qu’il [lui] soit permis d’être entendu par le Comité interministériel dès la seconde moitié d’août. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 443-446).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Max André (président de la conférence de Fontainebleau) demande alors au gouvernement de produire une déclaration officielle indiquant le caractère consultatif de la seconde conférence de Dalat et s’il faut reprendre les négociations sur les principes défendus par le haut-commissaire. Quant à Jean Chauvel (secrétaire général du Quai d’Orsay), il produit une note pour son ministre estimant devoir soutenir D’Argenlieu qui « donne des raisons pertinentes de suspendre les négociations de Fontainebleau ». (Valette : 1994, p. 73)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon continue à signaler (voir 26 juillet) le nettoyage qu’opère Giap au Tonkin avec les partis d’opposition prochinois ou modérés à l’égard des Français : les représentants de l’opposition du gouvernement vietnamien ou de l’assemblée nationale se sont « enfuis ou déjà réfugiés en Chine ». Le VM doit encore « fournir un travail considérable pour asseoir partout son autorité » qui vise à se débarrasser de toute opposition et des Français (Valette, 1994, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 août 46 : &#039;&#039;&#039;Incidents de Bac Ninh&#039;&#039;&#039; (30 km au nord-est d’Hanoi) sur la route de Langson. Un convoi de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. comprenant une trentaine de voitures est fractionné par des obstacles végétaux puis attaqué. Il semble, selon des interceptions de messages entre Hanoi et HCM, que le comportement des troupes françaises de la colonne n’ait pas été irréprochable : elles auraient tiré sur la population, ce qui a entraîné une réaction de l’armée vietnamienne (Devillers, 1988, p. 206, note ; Fonde, 1971, p. 243). Côté français, selon Valluy, il y a eu 15 tués et une trentaine de blessés « que nous retrouverons avec des blessures horribles ». Les voitures ont été pillées. Le feu ne cesse qu’après l’arrivée de blindés « et de longues palabres avec le Président du Comité local » (Valluy 2, 1967, p. 206). Le nouveau commandant en chef se demande même « si le guet-apens de Bac Ninh […] n’a pas été l’objet d’un téléguidage plutôt que la réaction spontanée d’une population. » (Valluy 2, 1967, p. 213). Selon Baudet (directeur du secteur Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères), cette attaque est l’un des facteurs qui va provoquer un raidissement de la position du gouvernement français à l’égard des Vietnamiens au moment des négociations de Fontainebleau (DDF, 2004, tome 2, document n° 106, pp. 256-258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission de liaison franco-vietnamienne constituée du commandant Fonde et d’un délégué vietnamien, Phan My, a le plus grand mal à rétablir la situation, et ce d’autant plus que l’entente entre les deux hommes n’est pas parfaite quand il s’agit d’évacuer les blessés (Fonde, 1971, p. 244). Cette initiative locale du VM aura un important retentissement dans la presse française au moment même où l’on est en train de négocier à Fontainebleau. Le chef de la délégation vietnamienne, Pham Van Dong, en profite pour attaquer D’Argenlieu qui est jugé comme « néfaste » en Indochine. L’affaire s’envenime à coup de communiqués (Fonde, 1971, pp. 242-248 ; Sainteny, 1970, p. 112 ; Salan 1, 1970, p. 402 ; D’Argenlieu, 1985, pp. 310-312). En guise de représailles, les Français largueront deux bombes sur la citadelle Bac Ninh et occuperont la prison-caserne à l’entrée de la ville. Le gouvernement vietnamien s’engage à restituer les vivres, l’argent et le matériel disparu (Fonde, 1971, p. 247).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors de la seconde conférence de Dalat en cours, le colonel pro-français Xuan, représentant la Cochinchine, se prononce pour son indépendance (voir 4 août). Tiou Long pour le Cambodge et le prince Savang pour le Laos vont dans le même sens (D’Argenlieu, 1985, pp. 305-306). Les représentants de la Cochinchine, du Laos et du Cambodge adoptent cependant sans difficulté les principes d’une Fédération indochinoise chère à D’Argenlieu. Ils dénoncent la prétention de la R.D.V.N. nordiste de représenter toute l’Indochine, réprouvent les atrocités et troubles occasionnés par les Vietnamiens sur leurs territoires. Ils entendent s’appuyer sur la France « pour écarter les ambitions d’une minorité qui semblait aspirer à la domination par des méthodes dictatoriales. » La France demeure pour eux une puissance capable de les protéger d’une double menace, vietnamienne et siamoise. La Thaïlande (Siam) occupe en effet toujours leurs provinces occidentales dont elle s’était emparée en 1941 lorsqu’elle s’était alliée aux Japonais (traité de Tokyo, voir 11 mars et 9 mai 1941). Pour amadouer le Laos et le Cambodge, la France déclare souhaiter la restitution de ces territoires, pour aller au plus vite par des négociations directes, sans recours à un tribunal international. Ces négociations aboutiront au traité de Washington (voir 17 novembre) (Gras, 1979, pp. 131-132).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bidault, pourtant averti de l’existence de la deuxième conférence de Dalat&#039;&#039;&#039; (voir 4 juillet)&#039;&#039;&#039;, ne désavoue pas D’Argenlieu&#039;&#039;&#039;. Il lui adresse un télégramme alambiqué : « Pour permettre la reprise des travaux à Fontainebleau, il est nécessaire d’éclaircir la situation. Il sera indiqué que la conférence de Dalat est préparatoire et que vous procédez ainsi à de larges consultations sur le problème de la Fédération, ce qui n’est pas contraire aux accords du 6 mars. » Le président du Conseil demande donc à D’Argenlieu d’ « abréger le plus possible » cette conférence qualifiée de « préparatoire » mais qui a lieu en même temps que celle qu’elle est censée préparer… Selon Bidault, les décisions et propositions faites à Dalat n’auront qu’un caractère « consultatif ». Il en informe la délégation vietnamienne pour faire repartir les négociations à Fontainebleau (D’Argenlieu, 1985, p. 307 ; Devillers, 1988, p. 202). L’amiral, persuadé d’être dans son droit et le respect du sens de sa mission, a suggéré quant à lui la suspension pure et simple de la conférence française (voir 2 août)… (D’Argenlieu, 1985, p. 445). Un parfait dialogue de sourds est en place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit à dîner Philippe Devillers (membre du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, service de presse de l’armée) qui l’interroge sur l’utilité de la seconde conférence de Dalat en cours et celle de Fontainebleau. L’amiral justifie Dalat à plusieurs titres. Le Laos et le Cambodge n’ont pas encore pu étudier la question fédérale. Il a pu observer, lors de son séjour à Paris, l’état d’impréparation de la conférence de Fontainebleau du fait des changements de politique intérieure en cours, inutile donc d’y amener de nouvelles délégations. La déclaration gaulliste du 24 mars 1945 est dépassée sur certains points mais les principes qui ont été énoncés demeurent pour lui invariables. HCM est, aux yeux de D’Argenlieu qui l’a rencontré en baie d’Along, moins un chef d’État qu’un chef de parti, qui plus est, marxiste. Il n&#039;est donc pas représentatif de toute la population indochinoise. En Cochinchine, seule la formation d’un gouvernement provisoire et l’élection d’une assemblée représentative de toutes les tendances politiques sont souhaitables. En terminant l’entretien, D’Argenlieu ajoute : « Je suis ici pour maintenir les positions de la France et je les maintiendrai, en attendant que le général De Gaulle revienne au pouvoir et puisse prendre les décisions qui conviendront. » (Devillers, 2010, pp. 125-129)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc qui a quitté définitivement l’Indochine depuis le 19 juillet, écrit à son successeur le général Valluy. Il a établi un compte-rendu de la situation en Indochine pour le gouvernement. Il faut tenir ferme sur les accords du 6 mars et n’admettre aucune ingérence du VM en Cochinchine où la situation est en voie de stabilisation. Une fois, cette dernière acquise, on pourra organiser un référendum (Toinet, 1998, p. 79). Suite à la rupture des négociations à Fontainebleau (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août), HCM cherchera à le rencontrer  mais sans y parvenir. Leclerc préfère se rendre à Colombey-les-deux-Églises pour y voir De Gaulle (Pedroncini, 1992, p. 398).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 août 46 : Nouvelle lettre de Leclerc à Valluy. Son auteur développe sur le mécontentement du gouvernement au sujet de la deuxième conférence de Dalat. La république du Vietnam est absente, ce qui mine un peu plus celle de Fontainebleau. Bien qu’organisateur d’un Dalat 2, D’Argenlieu ne sera pas immédiatement et nettement désavoué par le gouvernement. Évoquant Fontainebleau, Leclerc précise que les représentants du Vietnam « commencent un peu à agacer les gars [les militaires français] par leurs prétentions et leur vanité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Toinet, 1998, pp. 79-80)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours d’un cocktail, le colonel Nguyen Van Xuan, chef de la délégation cochinchinoise à Dalat, déclare que rien ne s’opposerait à la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; « si le gouvernement de Hanoi était moins orienté à gauche. » (Devillers, 1988, p. 203)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 août 46 : D’Argenlieu, mollement pressé par le gouvernement de mettre un terme à la seconde conférence de Dalat (voir 3 août), adresse au comité interministériel de l’Indochine un message : la conférence se terminera les 10 ou 11 août « dans une atmosphère excellente de compréhension et de cordialité réciproques » ; on ne doit en aucun cas bousculer ses membres « sous prétexte de plaire au Vietnam. » (D’Argenlieu, 1985, p. 309)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lecture au sein du Cominindo d’un rapport de Pignon (conseiller politique de l’Argenlieu) sur « la prise de pouvoir en Indochine par le parti vietminh ». Ce dernier a pris le pouvoir par un coup de force et n’a donc aucune légitimité. Il a établi un régime totalitaire contraire aux aspirations démocratiques de la population cochinchinoise et aux intérêts de la France. Aucun dialogue ne peut être établi avec une telle instance. Pignon, D’Argenlieu et d’autres encore pensent ouvertement à « un gouvernement de substitution » (Devillers, 1988, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Bidault (Affaires étrangères) à D’Argenlieu au sujet de la restitution par la Thaïlande des territoires indochinois occupé depuis 1941 (voir 6 juillet) : en choisissant le recours devant la Cour internationale de Justice, la France « n’a fait que choisir entre plusieurs solutions, celle qui lui a paru la moins dangereuse du point de vue politique ». Le ministre va demander l’intervention facilitante de « Londres et Washington ». (DDF, 2004, tome 2, document n° 82, pp. 211-212)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 août 46 : L’incident de Bac Ninh (voir 3 août) a toujours un fort retentissement dans la presse française alors que l’on négocie toujours aussi laborieusement à Fontainebleau. Là où les médias s’enflamment, le gouvernement français essaie de temporiser puisque l’incident a pu se régler localement et que la responsabilité des troupes françaises n’était que partiellement engagées (Devillers, 1988, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’un conseil des ministres tendu qui reflète la division d’un gouvernement de coalition tripartite (M.R.P., S.F.I.O., P.C.F.), Maurice Thorez (communiste, vice-président du Conseil) attaque « nos fonctionnaires civils et militaires en Indochine, qui manquent de loyauté dans l’application de l’accord du 6 mars ». D’autres membres du gouvernement soutiennent la position de fermeté de D’Argenlieu sur la Cochinchine. Bidault (président du Conseil) intervient, calme le jeu et en appelle à la réciprocité dans le respect de cet accord. Thorez s’incline. D’un commun accord le gouvernement décide à l’unanimité d’éviter un débat public sur ces divergences à l’Assemblée (Valette, 1994, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, un groupe issarak de 300 hommes, conduits par Dap Chhuon, un ancien sergent khmer de l&#039;armée thaïlandaise, Norodom Chantaraingsey, un prince rebelle et Son Ngoc Minh occupent Siem Reap et les temples d&#039;Angkor pendant 6 jours. 7 officiers français sont tués à cette occasion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 août 46 : &#039;&#039;&#039;Un décret nomme officiellement Pierre Messmer au poste de secrétaire général du Comité interministériel d’Indochine&#039;&#039;&#039; en remplacement d’André Labrouquère (Devillers, 1988, p. 212, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Labrouquère préside ce jour pour la dernière fois un Cominindo qui reflète une absence de volonté pour négocier la moindre concession côté français. On revient sur la deuxième conférence de Dalat : le gouvernement désire la voir aboutir rapidement afin que puisse reprendre celle de Fontainebleau suspendue par la délégation vietnamienne depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;. Il a adressé à Pham Van Dong une lettre dans laquelle il estime que cette suspension « ne saurait être justifiée par une conférence préparatoire [Dalat 2] dont le gouvernement seul aura à apprécier les propositions. » On aborde ensuite la question du référendum. Il est intimement lié « à la disparition du terrorisme en Cochinchine ». Selon le compte rendu de cette réunion, « il appartient au gouvernement de fixer les questions posées par ce référendum et de déterminer si le contrôle sera tripartite [France, Vietnam et autorités locales] ou uniquement cochinchinois. » (C.R &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 87, pp. 220-221)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 août 46 : D’Argenlieu informe Bidault (Affaires étrangères) par télégramme &#039;&#039;&#039;des conclusions de la deuxième conférence de Dalat&#039;&#039;&#039; : cette ville deviendra la capitale du futur gouvernement fédéral indochinois ; la langue demeurera le français et la monnaie la piastre ; création d’une Assemblée des États composée à parts égales de représentants de chaque État au nombre de 10 dont 10 représentent les intérêts français ; mise en place d’armées nationales propres à chaque État coordonnées avec l’armée de l’Union française. La conférence a entériné le statut séparé de la Cochinchine et des plateaux du Sud (DDF, 2004, tome 2, document n° 89, pp. 225-227). Tous les ingrédients sont désormais réunis pour amener à une rupture des négociations de Fontainebleau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse à un Valluy déjà convaincu un télégramme dans lequel il dénonce l’« exécrable attaque » de Bac Ninh. Il exprime « son indignation réfléchie car l’attentat fut prémédité froidement […] à l’heure où une délégation vietnamienne demande à Paris que confiance lui soit faite » et ajoute qu’« il est odieux que ces troupes dites régulières se livrent à de tels crimes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 206). L’affaire tombe à point pour conforter les thèses de l’amiral et du général…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Max André, chef de la délégation française à Fontainebleau, fait savoir à son tour que la deuxième conférence de Dalat ne doit pas constituer un obstacle à la reprise des négociations. Il est d’une certaine manière plus ou moins entendu. HCM, dont le départ était prévu pour le 14, demeure finalement en France (Devillers, 1988, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journaliste René Dussart revient dans &#039;&#039;Les lettres françaises&#039;&#039; sur son témoignage concernant des actes de torture déjà évoqués dans &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; (voir 21 décembre 1945). Il affirme avoir assisté dans un village de la Plaine des Joncs au pillage systématique, à la torture et à l’exécution d’un prisonnier vietminh, ainsi qu’au viol d’une fillette de 14 ans (Ruscio, 1985, p. 368). Les effets de la « sale guerre » commencent à s’ébruiter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 et 12 août 46 : Le Cominindo se réunit pour examiner la situation en Indochine. Il rejette les conclusions du mémorandum de D’Argenlieu du 2 août. On élabore un aide-mémoire en 12 points et un projet de déclaration commune qui seront approuvés en conseil des ministres le 14. On évoque un « accord limité, mais qui marquerait cependant une nouvelle et importante étape […] » Faute de mieux, on se contente donc de peu. Ces documents seront transmis le 19 à HCM et la délégation vietnamienne répondra le 20 par un contre-projet (Devillers, 1988, pp. 206-207). Trois objectifs principaux ressortent des conclusions de l’aide-mémoire français : « 1) Sauvegarder les intérêts français, économiques, culturels et militaires au Vietnam. 2) Assurer au Vietnam son indépendance dans le cadre de l’Union française. 3) Résoudre la question de la Cochinchine en fixant la date du référendum, ainsi que les modalités de constitution et de travail d’une commission mixte de référendum. » (Devillers, 1988, p. 211)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 août 46 : Les plateaux Moï venant d’être dégagés par les forces du C.E.F.E.O., D’Argenlieu préside à Kontum un rassemblement de 3 000 délégués de villages (Valette, 1994, p. 80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 août 46 : &#039;&#039;&#039;Fin de la seconde conférence de Dalat.&#039;&#039;&#039; Les parties en présence se mettent d’accord sur les points suivants : l’existence d’une capitale fédérale, Dalat ; d’une langue officielle dans la Fédération, le Français ; la constitution d’une assemblée des États où chacun d’entre eux aurait 10 représentants, y compris la France ; d’une monnaie fédérale, la piastre. Du point de vue militaire, chaque État possèdera une armée nationale qui affirmera sa souveraineté propre, assurera sa sécurité intérieure et participera au sein de l’armée de l’Union française à la défense de la Fédération indochinoise. L’armée française les instruira et leur apportera une aide matérielle (armement, équipement). Ce dernier point excluant le gouvernement de la République du Vietnam en place, non représenté à cette conférence, et donc son armée qui devient implicitement une force militaire ennemie que les armées nationales et celles de la Fédération se devront de combattre. Les troupes de l’Union française seront entretenues par elle-même et auront un droit de libre circulation sur les territoires des États. L’armée de l’Union pourra établir des bases terrestres, aériennes et navales suite à des ententes entre ses forces et celles des États. Les troupes de l’Union comprendront des troupes métropolitaines et des troupes mixtes de recrutement français et autochtone. Ces troupes mixtes stationnées dans un des États de la Fédération ne comprendront pas d’éléments étrangers à cet État. En cas de nécessité, les États fédérés placeront les armées nationales sous le commandement du commandant en chef du C.E.F.E.O. Une motion spéciale prévoit le rattachement des populations montagnardes du S-V au sein des forces de l’Union (D’Argenlieu, 1985, p. 306 ; Bodinier, 1987, pp. 269-271).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) est nommé par le gouvernement vietnamien envoyé spécial à la Commission militaire. C’est lui qui deviendra le délégué spécial de la Défense nationale auprès de Valluy et commandant des forces de relève après la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 15 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 août 46 : La conférence de Fontainebleau bloque à nouveau, cette fois sur la date du référendum pour la Cochinchine. Pham Van Dong exige un engagement préalable de la France à véritablement tenir cette consultation (De Folin, 1993, p. 152). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En conseil des ministres, intervention modérée de Thorez (vice-président communiste). Il reproche à D’Argenlieu de vouloir fixer le référendum en Cochinchine quand bon lui semblera. Le gouvernement propose de remettre une lettre à HCM proposant « la rédaction d’un accord plus limité, marquant cependant un progrès sur la convention préliminaire du 6 mars et permettant la normalisation des rapports de nos deux pays ». (Valette, 1994, p. 75). Une sorte de &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; avant l’heure (voir 15 septembre), projet qu’HCM rejettera le 19.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 août 46 : Après la cérémonie du 12 à Kontum, D’Argenlieu préside une nouvelle manifestation de fidélité de populations montagnardes favorables à la France (Valette, 1994, p. 80). Ces ralliements locaux entretiennent certaines illusions côté français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 août 46 : Suite au départ de Leclerc d’Indochine le 19 juillet, &#039;&#039;&#039;le général de brigade Morlière prend les fonctions de commandant en chef des troupes d’Indochine du Nord et de commissaire de la République par intérim du Tonkin&#039;&#039;&#039; (en remplacement du colonel Crépin qui assurait jusqu’alors l’intérim) (Pedroncini, 1992, p. 398).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 août 46 : Mouvement insurrectionnel du Vietminh à Hanoï.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Longue lettre de Moutet (F.O.M.) à D’Argenlieu. Il rappelle les engagements qui ont été pris par les deux parties le 6 mars, même si de nombreuses violations de cet accord ont pu être observées jusqu’alors. Il lui rappelle un point que D’Argenlieu, fidèle à la pensée gaulliste, a toujours contré depuis sa prise de fonction : « […] avec la modification du rapport de force, nous pourrions rétablir pleinement et simplement la souveraineté française dans sa totalité sur l’Indochine, mais nous avons choisi une autre voie, et j’estime qu’il est de notre intérêt national et international d’y persister […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 208-210). Autre point de désaccords avec l’amiral, il écarte d’entrée, à l’exception de la Cochinchine, « la substitution d’un autre gouvernement » à celui d’HCM qui est « le seul représentant une autorité qui, pour limitée qu’elle soit, n’en existe pas moins. » Il doute que la conférence de Fontainebleau puisse aboutir « à un accord total » et ajoute « il faut nous contenter de résultats plus modestes mais qui marquent une progression nette et sérieuse dans le développement des accords du 6 mars. » L’heure est donc à « une atmosphère d’apaisement » (D’Argenlieu, 1985, pp. 286-287). Et Moutet d’ajouter : « Si désaccord il y a entre nous, il n’existe pas sur le fond, mais dans la forme. » Sur le fond, Moutet réaffirme son refus d’un référendum tant que le « terrorisme » n’aura pas pris fin. Sur la forme, il ajoute : « Je pense que le mieux, c’est évidemment d’arriver à rétablir les autorités locales et à faire approuver le gouvernement de Cochinchine par la population cochinchinoise elle-même, c’est pourquoi je ne suis pas pressé de fixer une date au référendum, bien au contraire […] Il y aura beaucoup à faire pour obtenir un référendum à l’autonomie. Je crois qu’il faut donner des instructions précises pour que la propagande soit faite par d’authentiques Cochinchinois, que des groupes se forment dans chaque localité, secrètement au début, et avec ce but d’autonomie. Mais il faut aussi un programme, et ce programme doit être à base de réformes sociales et agraires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 132)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau, deux déclarations doivent être lues par les deux délégations et les travaux doivent reprendre « sur les bases d’un aide-mémoire qui fixerait à peu près nos positions. » Il demeure « deux pierres d’achoppement » : le mot « indépendance » et la date du référendum en Cochinchine. Celui-ci est conditionné pour les Français et Moutet au retour à un climat apaisé. Cela prendra du temps si l’on veut respecter les formes (approbation par le gouvernement provisoire de Cochinchine) et le ministre de la F.O.M. s’est dit « peu pressé de fixer une date […], bien au contraire ». Il doit revoir HCM. Il sait déjà que ce dernier voudra « une commission mixte de contrôle ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une autre lettre, à la même date, adressée à D’Argenlieu, Moutet considère que « la conférence de Dalat dans les conditions où elle a été décidée a été pour nous une surprise et nous avons tout de suite vu les conséquences politiques qu’elle aurait ici […] » (déclaration mensongère, voir 4 juillet). Les réactions dans la presse ont été violentes et la suspension de Fontainebleau par les délégués vietnamiens n’a été qu’un « prétexte » à rupture… Avec une bonne part de mauvaise foi, il ajoute : « Il n’est pas douteux que toutes ces conséquences auraient pu être prévenues si, avant la réunion de la conférence [Dalat 2], vous nous aviez très exactement informé de vos intentions et si nous avions pu arrêter en commun les conditions et la date de cette conférence. Ni le président ni moi n’avons souvenir que vous nous l’ayez présentée comme une éventualité proche […] » L’amiral, peu dupe de cette manœuvre, a ajouté en note à sa réponse : « Un télégramme a été envoyé de Paris à Saigon avant mon départ (pour l’organisation de la conférence). » (D’Argenlieu, 1985, pp. 312-313) Ce qu’il a en effet accompli, et d’ailleurs à deux reprises, les 4 et 30 juillet, sans recevoir la moindre protestation du gouvernement français quant à la proposition de tenue de cette conférence et de sa date.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Alors que depuis le 14, HCM donnait l’impression qu’il allait faire des concessions en acceptant l’examen de « l’organisation du référendum prévu », il adresse ce jour une fin de non-recevoir à Bidault&#039;&#039;&#039;. Ce qui provoque un raidissement de Messmer (secrétaire du Cominindo) qui s’adresse au président du Conseil en ces termes : « L’heure semble venue de mettre le président Ho Chi Minh en face de ses responsabilités. S’il désire renouer les négociations, il doit accepter comme base de discussion le mémorandum français, qui énonce les garanties essentielles réclamées par la France. S’il juge inacceptables les demandes de ce mémorandum, le président Ho Chi Minh doit comprendre que les négociations sont désormais sans objet et qu’il ne lui reste qu’à regagner sa capitale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 75-76)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En soirée, à 18 h 15, réunion de la délégation française de Fontainebleau. Sainteny rend compte de son entrevue avec HCM. Celui-ci n’a pas remis de contre-projet écrit à l’aide-mémoire français. Il s’est contenté de remarques orales. Il n’est pas pressé : ses médecins lui ont contre-indiqué un retour en avion. Il entend donc rester en France jusqu’en octobre d’où il repartira en bateau. Cette attitude intrigue les participants. Messmer (secrétaire du Cominindo favorable à une rupture de la conférence de Fontainebleau) et Pignon (conseiller politique de l’Argenlieu) estiment que la délégation doit attendre de nouvelles instructions pour poursuivre les discussions, y compris officieuses (C.R. &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 104, pp. 253-254).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 46 : A Fontainebleau, la délégation vietnamienne a pris en compte les propositions françaises issues des réunions des 10 et 12 août. Elle propose un contre-projet qui marque la recherche d’un compromis mais qui exclut totalement l’abandon de l’idée d’indépendance. On parle alors de l’exemple des dominions britanniques. Les Vietnamiens entendent également obtenir une date à fixer pour la tenue du référendum sur la Cochinchine (sur les intentions françaises, voir 19 août) (Devillers, 1988, p. 210). Le contre-projet vietnamien comporte 14 articles. Les deux premiers indiquent : « 1) Le Gouvernement français reconnaît la République du Vietnam comme un État libre dont l’indépendance sera proclamée dans un délai de trois ans à partir de la date de signature du présent accord. 2) La République démocratique du Vietnam participera aux institutions de la Fédération indochinoise dans des conditions qui seront déterminées d’un commun accord entre la France, le Vietnam et les autres membres de la Fédération. La Fédération gèrera et coordonnera des intérêts communs à caractère économique, financier ou technique […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 211-212)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août 46 : Pierre Messmer, nouveau secrétaire du Cominindo, transmet à Bidault (président du Conseil) le contre-projet vietnamien. Il estime que les positions demeurent éloignées et qu’il faut mettre HCM devant ses responsabilités (Devillers, 1988, p. 212).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 août 46 : Un rapport de Max André (chef de la délégation française à Fontainebleau) adressé à Bidault préconise la fermeté face au contre-projet vietnamien. Menaçant, il avait déclaré à son homologue Pham Van Dong : « Soyez raisonnable… Si vous ne l’êtes pas, sachez que nous pouvons vous balayer en deux jours. » (Devillers, 1988, p. 212)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une réunion privée des membres de la délégation française donne lieu à une note, sorte d’ultimatum qui impose une réponse des Vietnamiens aux propositions françaises « avant la fin du mois d’août ». Toutefois se dessine déjà, faute d’accord, l’idée d’un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; : « Il pourrait alors être demandé au président Ho Chi Minh de signe avec le gouvernement français une déclaration conjointe d’amitié et de bons rapports, de nature à apaiser et rassurer l’opinion publique des deux pays. » (Vallette, 1994, p. 76)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 août 46 : Bidault envoie Pignon auprès d’HCM pour lui exposer le point de vue officieux des Français. A son retour, le conseiller politique de D’Argenlieu ne peut donner « aucune indication précise sur les intentions de son interlocuteur. » (Devillers, 1988, p. 213)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 août 46 : D’Argenlieu se plaint de l’« habileté manœuvrière d’Ho Chi Minh, qui compromet le rétablissement par la France opéré au Vietnam […] Subtilement, habilement, sournoisement, le président Hô a usé du mot « indépendance » et aujourd’hui, dans les journaux parisiens, on parle couramment de l’indépendance accordée par nous le 6 mars. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 151) L’amiral demande à ce que le gouvernement prenne les dispositions pour un retour rapide du président de la R.D.V.N. au Vietnam. Il ne sera pas entendu. Le dialogue de sourds se poursuit entre l’amiral et son autorité de tutelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 août 46 : HCM poursuit son œuvre de communication et donne à la presse sa définition d’un « État libre » : « N’est-ce pas admettre implicitement l’indépendance du Vietnam ? Car peut-on concevoir une État libre qui ne serait pas indépendant ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 152)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 août 46 : Conséquence de la deuxième conférence de Dalat, signature d’une convention militaire franco-laotienne dans le cadre de la Fédération indochinoise : « […] l’Union française peut faire stationner et circuler sur le territoire laotien les forces terrestres, maritimes et aériennes qu’elle estime nécessaire […] ». Sont mises sur pied des « unités mixtes franco-laotiennes entrant dans la composition des troupes de l’Union française » sous commandement français. Par cette convention, l’armée française cherche à se renforcer : « En tant qu’État autonome, le Laos dispose d’une Garde nationale qui peut être appelée à participer, sur demande du commandement militaire français, aux opérations de guerre. » Cette convention militaire sera annexée au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; à venir (voir 28 août)  (Bodinier, 1987, pp. 271-273).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Déclaration de De Gaulle : « Unie aux territoires d’Outre-mer qu’elle a ouvert à la civilisation,  la France est une grande puissance. Sans ces territoires, elle risquerait de ne l’être plus. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodin, 1996, p. 24) Les Gaullistes condamnent publiquement l’avant-projet sur l’Union française préparé par la Commission de la F.O.M. à l’Assemblée constituante. Aux yeux du général, ce projet ne réserve pas suffisamment les droits de la métropole, notamment en matière en matière de politique étrangère. Une prérogative qu’il n’entendait pas accorder, même à celui qu’il pressentait pour conduire les affaires au Vietnam, Vinh San (Cesari, 2013, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; publie un appel à l’indépendance du Vietnam (dans le cadre de l’Union française) signé par Justin Godart, Frédéric Joliot-Curie, Paul Éluard, Loys Masson, Jean Cassou, Andrée Violis, Henri Lévy-Bruhl, le colonel Bernard, Jean-Richard Bloch, Lucien Midol, le colonel Roy, Édith Thomas, Léopold Senghor (Ruscio, 1985, pp. 118-119).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le roi Sisavang Vong, rétabli sur son trône (voir 10 octobre et 4 novembre 1945), confie le gouvernement au prince héritier Savang et &#039;&#039;&#039;signe avec la France un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; provisoire à Ventiane&#039;&#039;&#039; qui autorise le retour d’un commissaire de la République française. C’est, d’une certaine manière, la restauration d’une nouvelle forme de protectorat français voulue par D’Argenlieu. Tous les territoires laotiens sont réunifiés dans un royaume du Laos qui devient un des États autonomes issu de la déclaration du 24 mars 1945 (De Folin, 1993, p. 130 ; Deuve, 2003,  pp. 1-2). Le Laos deviendra une monarchie constitutionnelle intégrée à l’Union française le 11 mai 1947. L’opposition à ce processus n’a pas pour autant disparu : les chefs du Lao Issara communiste se sont réfugiés en Thaïlande où ils forment un gouvernement en exil dirigé par le vice-roi et ancien premier ministre du gouvernement provisoire Pethsarath. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 août 46 : Pignon adresse une note à J. Boissier (conseiller de Bidault pour l’Indochine). Face à la situation de blocage, il suggère à HCM d’en arriver à la conclusion d’accords limités sur des points précis et urgents. Bidault adhère à cette idée. Les Vietnamiens acquiesceront à leur tour le 31 (Devillers, 1988, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août 46 : L’un des chefs français chargé de la reddition des Japonais au Laos, le commandant Imfeld, est reçu à Luang Prabang par le prince Savang et nommé commissaire de la République (Gras, 1979, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réunion de la délégation française à la conférence de Fontainebleau qui, plus que jamais, demeure dans l’impasse (C.R. &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 119, pp. 286-288).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août – 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 46 : Lors du 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès de la S.F.I.O., une résolution spécifie : « Le Parti socialiste veut libérer les peuples coloniaux de toutes les formes d’oppression, capitaliste, impérialiste ou raciale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Le Couriard, 1984, p. 334) C’est une position de principe voire une forme de phraséologie : la politique menée par les socialistes lorsqu’ils seront aux affaires et auront à gérer le conflit indochinois démontrera tout le contraire de ce qui est écrit ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 août 46 : Au Laos, le roi Sisavang Vong remet au nouveau commissaire de la République Imfeld une déclaration affirmant que l’occupation japonaise n’a rien changé au protectorat français (Gras, 1979, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À son retour de Chine, à Dalat,  le général Juin (chef d’état-major de l’armée française) confie à Salan au sujet du Vietnam : « Votre pays ne m’intéresse pas, je n’y comprends rien, le Maroc, c’est plus clair. » (Salan 2, 1971, p. 176)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Retour de son exil de Madagascar (voir 28 juin 1941) du pape caodaïste Pham Cong Tac qui est autorisé à revenir dans son fief de Tay Ninh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin août 46 : En remplacement du Comité de résistance du Sud-Vietnam qui manque d’organisation, HCM met en place un « &#039;&#039;&#039;Comité exécutif du Nam Bo »&#039;&#039;&#039;. Il est présidé par Pham Van Bach. Quant à Nguyen Binh, il est nommé commissaire aux affaires militaires pour le Sud (voir 13 octobre) (Gras, 1979, p. 136).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Juillet_1946&amp;diff=5334</id>
		<title>Juillet 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T06:14:39Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Juillet 46 : Léon Pignon, conseiller politique de D’Argenlieu, reproche au commandement militaire français d’avoir joint ses forces à celles de la R.D.V. pour chasser les nationalistes prochinois. Il en rend compte à son supérieur. Selon lui, les nationalistes sont plus anticommunistes qu’antifrançais et ce, malgré la violence de leurs discours. Il présente sa stratégie : « L’opposition au gouvernement actuel de la République Démocratique du Vietnam doit servir les intérêts permanents de la France dans le pays. Il faut en tirer profit, quelles que soient la valeur et la nature de ses dispositions apparentes à notre égard. » Dans ma même optique, il conseillera toujours aux autorités françaises de s’appuyer sur le nationalisme - fût-il intransigeant - de la monarchie au sein de la future « solution Bao Daï » pour contrer le VM. Il sera entendu par D’Argenlieu dès janvier 1947 (voir 14 janvier 1947) (Goscha, 2014, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir liquidé en juin la plupart des bastions du D.M.H., le VM s’en prend, toujours au Nord, aux zones encore contrôlées par le V.N.Q.D.D. Leur chef, Vu Huong Khan, se retire avec quelques centaines de partisans sur Lao Kay (frontière chinoise) qui tombera dans les mains du VM en novembre (Fall, 1960, p. 50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un document du V.N.Q.D.D. qui sera saisi en décembre à la mairie d’Hanoï, les nationalistes auraient dû procéder durant le mois à des actions violentes contre les Français : exécution de hauts gradés, enlèvement de femmes et d’enfants, action suicide lors du défilé du 14 juillet suivie d’une tentative de coup d’État (Goscha, Benoît De Tréglodé, 2004, pp.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
194-195).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juillet 46 : Après une très longue attente qui l’a exaspéré et même agacé, HCM est enfin reçu pour un déjeuner par Georges Bidault qui vient de succéder à Félix Gouin au poste de président du Conseil. Selon Salan, « la rencontre entre les deux hommes est sympathique. » (Salan 1, 1970, p. 398) Mais le leader vietnamien ne se prive pas de rappeler à son hôte ce pour quoi il est venu en France : « […] Le Vietnam et la France sont fraternellement associés dans le sein de cette union, peuples libres et égaux, animés du même idéal démocratique et de la même passion pour la liberté […] Le Vietnam est sur la voie de l’indépendance. Il jouera bientôt, j’en ai la conviction, le rôle qu’il mérite dans le Pacifique, comme pays indépendant, pour le plus grand honneur de la France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, p. 261)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 3 - 4 juillet 46 : HCM est à nouveau « baladé » en France avant l’ouverture de la conférence de Fontainebleau (Salan 1, 1970, p. 398). C’est l’ouverture du volet « visite officielle » : visites au chef du gouvernement, grands déjeuners, dépôt d’une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu, visite du château de Versailles, du mont Valérien, de l’Hôtel de Ville et soirée à l’Opéra.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juillet 46 : Lettre de Leclerc au colonel Crépin (adjoint de Salan). Le ton est plus que jamais à la fermeté : « […] Il s’agit bien de montrer que nous sommes plus forts que le gouvernement de Hanoi, c’est le seul moyen  d’obtenir une attitude conciliante de leurs envoyés à Paris. Je sais que ce n’est pas votre point de vue mais vous commettez une erreur. Il ne s’agit pas encore une fois, de partir en guerre mais bien d’affirmer notre force et toutes les fois que nous l’avons fait nous avons gagné. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 258)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 juillet 46 : Dans une lettre adressée à Bidault, D’Argenlieu estime étrangement, malgré l’échec de la première conférence de Dalat, que la situation est « beaucoup plus favorable qu’à la veille du 6 mars ». Défendant un point de vue colonialiste (et gaulliste), il estime que la France « ne peut abandonner d’un trait de plume plus de vingt millions d’êtres dont un nombre important, et la grande majorité même dans certaines régions, répugnent à l’idéologie et aux méthodes du parti au pouvoir, pour le seul soucis de sauver ses intérêts économiques au Vietnam […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 200). Il justifie la formation du gouvernement provisoire de Cochinchine. Il constate d’abord que « le gouvernement de Hanoi était parfaitement au courant du déroulement de la situation en Cochinchine. La campagne de terreur déclenchée dans ce malheureux pays par le Vietminh a provoqué une réaction immédiate » de la population contre ces violences. Il ajoute : « Le président Ho Chi Minh connaissait parfaitement notre position et je l’en avais personnellement entretenu lors de notre entrevue du 20 mai. La formation du Gouvernement de Cochinchine ne pouvait, dans ces conditions, revêtir le moindre caractère de provocation. » Selon lui, « […] le peuple de Cochinchine ne désire nullement être placé sous la botte des gouvernants de Hanoi et voir son pays devenir « la vache à lait » de révolutionnaires prévaricateurs […] » (D’Argenlieu, 1985, p. 289).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que l’ouverture de la conférence de Fontainebleau est imminente, l’amiral annonce dans une instruction au gouvernement son intention de réunir &#039;&#039;&#039;une seconde « conférence préparatoire » à Dalat&#039;&#039;&#039; (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) à laquelle « seraient conviés les représentants des gouvernement du Cambodge, de Cochinchine, du Laos et éventuellement du Sud-Annam. L’objet serait de rechercher les bases des accords qui recevraient ensuite leur forme définitive à Paris. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 200). Lorsque l’amiral quittera Paris le 10 juillet pour rejoindre Dalat, le gouvernement, qui lui a renouvelé sa confiance, n’aura nullement réagi à cette proposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Valluy, nommé responsable de la coordination franco-vietnamienne pour l’ordre et la sécurité, déplore dans une lettre adressée à Giap l’absence de collaboration entre les forces françaises et vietnamiennes telle qu’elle avait été prévue par les accords 6 mars et les conventions militaires du 3 avril. Les Vietnamiens pratiquent la politique de la chaise vide car aucune « Délégation vietnamienne » n’a en fait été constituée. Cette lettre restera sans réponse malgré une relance faite le 19 juillet (voir 13 juillet) (Valluy 2, 1967, pp. 202-203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ancienne possession américaine, les Philippines accèdent à leur souveraineté. Les Américains y conservent des privilèges économiques ainsi que des bases aériennes et navales contre de substantiels avantages financiers (Pedroncini, 1992, p. 319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juillet 46 : Georges Bidault, nouveau président du Conseil, donne des ordres fermes à Max André (président de la conférence de Fontainebleau) : « En aucun cas, n’acceptez que le futur gouvernement jouisse de la personnalité internationale […] Quoi qu’il se passe, ne lâchez rien sur les affaires étrangères. De cela dépendra le maintien du Vietnam dans le giron de la France ou de son passage dans l’orbite des Soviets. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 258)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 5 au 6 juillet 46 : A quelques heures de l’ouverture de la conférence de Fontainebleau, tractations de dernière minute entre les deux délégations franco-vietnamiennes. Bidault (président du Conseil) a refusé de cautionner une conférence internationale entre deux États souverains. Aucune personnalité française de premier plan ne sera présente, ne serait-ce qu’à l’ouverture. Pas même l’amiral D’Argenlieu qui aurait été écarté « sous pression vietnamienne ». Un des futurs participants, Jean D’Arcy (du cabinet d’Edmont Michelet, ministre de la Défense) observera dans une note ultérieure adressée à son ministre : « Cette acceptation des désirs vietnamiens représente une perte de face considérable pour la France ; l’absence, d’autre part, d’un membre de gouvernement à l’ouverture explique en grande partie l’ambiance pénible qui y régnait […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 71)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 46 : Lettre de Bidault à Moutet (F.O.M.) au sujet de la restitution par la Thaïlande des territoires indochinois occupés en 1941. Le ministre des Affaires étrangères envisage de faire trancher la question non par le Conseil de Sécurité de l’O.N.U. (où l’hostilité des Anglo-américains risque de se manifester) mais par la Cour internationale de Justice (DDF, 2004, tome 2, document n° 11, pp. 25-27). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juillet 46 – 10 septembre 46 : &#039;&#039;&#039;Ouverture de la conférence de Fontainebleau&#039;&#039;&#039;. Elle doit régler 5 problèmes : l’intégration du Vietnam à l’Union française et la Fédération indochinoise ; la question de l’unité du pays ; l’examen des problèmes économiques et douaniers ; l’établissement d’un traité définitif entre les 2 pays (ordre du jour &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1952, p. 295).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont présents côté français : Max André (M.R.P.), président (simple conseiller municipal de Paris, déjà présent à première conférence de Dalat…), deux députés, Juglas (M.R.P.) et Lozeray (P.C.), des fonctionnaires et experts ayant servi en Indochine. D’Argenlieu qui devait assurer la présidence ne s’est pas déplacé sur le lieu même de la conférence, officiellement, selon la presse, pour raison de santé. Mais il la suit dans un premier temps en coulisse, jusqu’au 10 juillet, date de son retour à Saigon pour aller assister à la seconde conférence de Dalat. Leclerc, qui a annoncé son départ (voir 19 juillet), ne veut pas se rendre à Fontainebleau (Salan 1, 1970, p. 400). Son pâle président, Max André, arrivé depuis peu en Indochine (voir 15 janvier), reconnaitra  ultérieurement : « Au premier rang des directives verbales qui me furent communiquées par M. Georges Bidault […] au début de la Conférence de Fontainebleau figurait celle-ci : obtenir toutes les garanties pour que, sur le plan extérieur, le Vietnam ne pût devenir un nouveau pion du jeu soviétique, un nouveau satellite de   Moscou. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 71)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vietnamien : Pham Van Dong, président, Phan An, Duong Bach Mai, Ta Quang Buu, Hoang Minh Giam, Nguyen Manh Ha. Comparé à sa venue dans le cadre de la délégation vietnamienne « &#039;&#039;good will&#039;&#039; », Pham Van Dong a alors totalement « changé d’attitude » (Sainteny, 1967, p. 206). D’entrée, en réponse à l’allocution d’ouverture de Max André, il dénonce avec véhémence l’attitude des troupes françaises qui se sont emparées, en violation des accords du 6 mars, « des riches plateaux de Pleiku et de Kontum » et se prononce « contre la création d’un État libre de la Cochinchine » qu’il considère comme « la mutilation de notre patrie »  (D’Argenlieu, 1985, p. 300 ; Devillers, 1988, p. 194).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conférence aurait pu être la conférence de Paris, souhaitée comme telle par HCM. Mais les Français, en la délocalisant à Fontainebleau, voient là un moyen de ne pas donner trop d’importance ni au VM ni à l’Indochine qui ne fait d’ailleurs absolument pas partie des préoccupations majeures du pays à cette époque. C’est ce que montre également la faible représentativité politique de la délégation française constituée de « seconds couteaux ». Fontainebleau devient alors la simple poursuite de la première conférence de Dalat qui s’était soldée par un échec (voir 17 avril – 11 mai). La délocalisation de la conférence sur Fontainebleau  permet également, côté français, de s’éloigner un tant soit peu de la pression médiatique si redoutée par certains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vietnamien, la conférence est dominée par des hommes d’HCM (Pham Van Dong) sachant que le président de la R.D.V.N. ne participe pas directement aux pourparlers. Il profite de son séjour en France pour poursuivre une vaste opération de relations publiques : rendez-vous avec des hommes influents, conférences de presse. Selon De Folin, il se présente « comme un vieux sage, calme, raisonnable, simple, ironique, courtois, plein de bonne volonté, sans rancune. » Il parle aussi publiquement d’« indépendance » et d’un « État libre » (voir 24 et 26 août) (De Folin, 1993, p. 150). Georges Bidaut espère de lui qu’il puisse servir de recours en cas de blocage. Ce que le président du Vietnam ne fera d’ailleurs pas directement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au moment où s’ouvre cette conférence, pour complexifier encore un peu plus les choses, la République française vit toujours dans le provisoire : les Français ont rejeté par référendum le 5 mai le projet mis au point par la première assemblée constituante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme lors de la première conférence de Dalat, 5 questions sont à l’ordre du jour de la conférence de Fontainebleau : intégration du Vietnam dans l’Union française ; intégration du Vietnam dans la Fédération indochinoise ; question de l’unité du Vietnam ; problèmes économiques et projet de traité&#039;&#039;.&#039;&#039; D’entrée, la délégation vietnamienne parle quant à elle d’indépendance « dans un délai de trois ans. » (De Folin, 1993, p. 151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conférence qui aurait pu être une nouvelle chance ne fait que conforter et officialiser en métropole les profondes divergences entre Français et Vietnamiens, identiques en tout point à celles de la première conférence de Dalat. Pour les gens d’Hanoï, l’expression « État libre » qui figurait dans les accords du 6 mars 1946 signifie « État indépendant ». Pour les Français, « libre » veut dire ne disposant que d’une certaine dose d’autonomie interne au sein de l’Union française et de la Fédération indochinoise. Pour les Vietnamiens, la question de savoir si la Cochinchine fera partie ou non du Vietnam ne se pose même pas. Elle est un point de blocage pour les Français qui la considèrent toujours comme leur colonie. L’organisation du référendum d’autodétermination sur cette question ne pouvant être confiée qu’à la seule administration coloniale, ce que refuse nettement le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juillet 46 : Incidents de Hongay. L’arraisonnement d’un sampanier employé par les Français dégénère en bataille rangée. L’armée française est prise à partie par le comité local du VM malgré les accords du 6 mars. Il y a des morts et des blessés côté français. Selon Valluy, l’intervention  des groupes de liaison franco-vietnamiens prévue par les accords d’états-majors d’avril demeure totalement inefficace (Valluy 2, 1967, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lettre assez véhémente de D’Argenlieu exprime son point de vue : il s’agit de ne pas laisser ses adversaires « hausser le ton » et à son auteur d’ajouter : « Qu’il me soit permis de réaffirmer que notre autorité est à ce point rétablie en Indochine […] que nous sommes en mesure [d’y] faire prévaloir […] selon nos desseins la politique libérale et éclairée du Gouvernement de la République. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 194, note ; son destinataire n’est pas mentionné).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juillet 46 : Continuant leur progression (voir 20 juin), les troupes françaises se réinstallent à Langson sans que cela provoque des troubles sérieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Série d’attentats à Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc entame une tournée en Annam à Ban Me Thuot, Pleiku, Kontum (nouvellement reconquises) puis se rend à Hanoi (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de l’inspecteur des Colonies Montguillot stigmatise, deux jours après l’ouverture de la conférence de Fontainebleau, le « manque de coordination des différents services qui, au Département, et à la Présidence, ont connu cette affaire. » Il dénonce également un manque « dramatique » de documentation (voir 29 juillet) (Turpin, 2005, p. 252).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;André Labrouquère est remplacé par Pierre Messmer au poste de secrétaire général du comité interministériel de l’Indochine&#039;&#039;&#039; (Cominindo) (D’Argenlieu, 1985, p. 302). Toutefois le nouveau secrétaire ne prendra effectivement ses fonctions qu’au mois d’août. Selon Messmer, «  […] ma promotion s’explique par l’échec administratif de mon prédécesseur autant que par le désir de Georges Bidault d’écarter un homme très marqué politiquement. » (Messmer, 1992, p. 176) Adhérent à la S.F.I.O. depuis 1933, organisateur du Parti socialiste clandestin en Cochinchine sous l’occupation japonaise, arrêté le 27 juillet 1942 et déporté au centre de Travinh puis à Vinh-Long jusqu’à la reddition japonaise le 9 mars 1945, André Labrouquère avait été fondateur de la fédération socialiste d’Indochine (Maitron, https://maitron.fr/spip.php?article136580&amp;amp;id_mot&amp;lt;nowiki/&amp;gt;=) Après avoir pris ses fonctions, Messmer notera : « Ma fonction de secrétaire général  du Comité, qui se réunit rarement mais par lequel passent les télégrammes, les rapports, les instructions, me permet de constater chaque jour la contradiction entre les directives de fermeté et le refus d’en assumer voire d’en imaginer les conséquences. » (Messmer, 1992, p. 178).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juillet 46 : D’Argenlieu quitte la France pour retourner à Saigon préparer la deuxième conférence de Dalat (D’Argenlieu, 1985, p. 302). À son retour au Vietnam, l’amiral a les mains libres : il n’a pas eu de retour négatif du gouvernement à sa proposition d’une deuxième conférence de Dalat et Leclerc est sur le point de partir (voir 19 juillet). Quant à Sainteny et ses collaborateurs, ils sont en France depuis le 18 avril.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Bidault à la représentation diplomatique française en Chine pour faire accélérer le départ vers le Japon d’une division chinoise qui semble vouloir demeurer à Haïphong (DDF, 2004, tome 2, document n° 15, pp. 38-39).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 juillet 46 : A la conférence de Fontainebleau, les Français remettent une note de base qui n’est, selon Devillers, « qu’une nouvelle version de la vieille thèse assimilationniste » au sein de l’Union française avec une « mise en commun de notre potentiel militaire et économique », la Défense et la diplomatie ne peuvent « s’exercer que par des organes qualifiés de l’Union française, chacun ayant la possibilité, au sein de cette Union, de faire entendre sa voix […] » (Devillers, 1988, p. 195). On est aux antipodes de la conception vietnamienne qui veut un rapport d’État à État lui accordant toutes les prérogatives régaliennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pressentant une action subversive du V.N.Q.D.D. (voir juillet), la Sûreté vietminh se réunit pour contrer d’éventuelles actions contre les Français lors du défilé du 14 juillet et une tentative de renversement du gouvernement. On décide de saisir des preuves de ces actions en vue de lancer une contre-attaque générale contre les nationalistes pro-chinois (Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 195-196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 - 13 juillet 46 : Sous prétexte de complot, Giap « purge » Hanoï des derniers leaders nationalistes du V.N.Q.D.D.qui sont arrêtés et emprisonnés ou en fuite vers la Chine. Il interdit leur journal &#039;&#039;Le Vietnam&#039;&#039; qui, après une « autocritique constructive », loue les « vertus » du régime communiste n-v qu’il fustigeait une semaine auparavant. La dictature communiste poursuit son installation en éliminant les organes de presse qui la gêne. Un nouveau fac-similé du V.N.Q.D.D. renaitra après quelques jours. Il est désormais totalement favorable au gouvernement… (Gras, 1979, p. 125)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juillet 46 : Giap, en sa qualité de ministre de l’Intérieur, procède à l’arrestation de nombreux membres de l’opposition prochinoise. Il ordonne provisoirement (voir 18 juillet) la suspension du journal du V.N.Q.D.D. intitulé &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039; (Fall, 1960, p. 51 ; Goscha, De Tréglodé, 2004, pp. 196-197).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau, la délégation vietnamienne répond à la note de base des Français du 11 : les rapports entre les deux pays doivent faire l’objet de « rapports contractuels à définir par voie de traité. Ces rapports sont établis sur les bases suivantes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         libre association&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         égalité de statut&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-         solidarité pour la sauvegarde des intérêts communs » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une conférence de presse tenue ce même jour, HCM précise sa conception de l’Union française : « Sur le plan politique, les rapports entre la France et le Vietnam doivent découler d’un traité. Ce traité repose sur un principe fondamental : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes […] » La portée de la Fédération indochinoise « doit être essentiellement économique ». Le leader annonce que Vietnam « est décidé à empêcher le Fédération de devenir une sorte de Gouvernement général déguisé. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon HCM, la Fédération indochinoise ne peut donc se substituer à l’existence d’un État vietnamien qui entend garder des prérogatives régaliennes : posséder et commander sa propre armée, percevoir ses recettes douanières, gérer sa diplomatie, pouvoir être représenté à l’O.N.U. En échange, les intérêts économiques français seront quant à eux préservés dans le respect des lois vietnamiennes : sécurité des capitaux investis ; liberté d’établissement ; mêmes droits pour les entreprises françaises et vietnamiennes. Du point de vue militaire, on s’en tient à ce qui a été fixé lors de la conférence d’état-major du 3 avril. Les Français disposeront pour une durée de 5 ans de bases aériennes et navales, et ce, jusqu’au 6 mars 1951. Les troupes françaises bénéficieront durant cette période d’un droit à la libre circulation sur tout le territoire vietnamien (Devillers, 1988, pp. 196-198).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Leclerc est sur le point de quitter son commandement en Indochine pour celui d’inspecteur des forces terrestres en Afrique du Nord selon la promesse que lui avait faite le général Juin. Il sera remplacé par son adjoint, le général Valluy. Avant de partir, il confie à Cédille : « Je m’en vais, faites comme moi. Tout cela finira mal. Nous, Français libres, n’avons plus rien à faire ici. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 61)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue de déjouer un coup d’État nationaliste qui aurait lieu le 14 en l’absence d’HCM, le VM organise une vaste opération policière contre les nationalistes prochinois du D.M.H. et du V.N.Q.D.D. au Nord. Des centaines d’opposants sont arrêtés (Guillemot, 2018, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juillet 46 : Leclerc vient faire ses adieux à Hanoi. Le commandant Fonde, chargé de la « Mission française de liaison » suite aux « accords d’état-major » franco-vietnamiens du 3 avril a un dernier entretien avec son supérieur. Pour Leclerc, « […] l’insuccès est certain… Voyez Dalat [...] » Fonde reçoit de son supérieur les ordres suivants : « Ici, vous restez avec votre équipe. Vous continuerez à défendre les intérêts français, tant que vous pourrez… Pour cela, s’il le faut, tendez la corde, tirez dessus, tirez pour la France. Mais surtout, qu’elle ne casse jamais !... jamais !... vous entendez !... Il nous faut la paix ! hein… Vous avez bien compris… Allez maintenant. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, pp. 236-237) Pour Leclerc, il faut créer un climat de détente malgré tout. Une rupture et le repli de Hô dans le maquis seraient catastrophiques. Fonde va essayer de faire au mieux, non sans un certain parti-pris mais avec une honnêteté reconnue par les Vietnamiens. Il se heurte sans cesse à des incidents graves (Hongay, le 7 juillet ; Bac Ninh, le 4 août), tous provoqués par le déplacement des troupes françaises. La notion d’« empiètement sur la souveraineté vietnamienne » étant utilisée à tout-va… L’armée française semble coincée, selon l’expression de D’Argenlieu, dans « une véritable camisole de force ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant son départ pour la France, Leclerc se rendra dans les mines de Camphra. Il s’intéresse alors aux misérables salaires des mineurs qui le scandalisent : « Ce n’est sûrement pas pour perpétuer cela que des jeunes Français sont venus… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fonde, 1971, p. 238).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juillet 46 : HCM revient dans une interview au journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; sur le principal point d’achoppement de la conférence en cours, à savoir le statut de la Cochinchine : « C’est une terre vietnamienne. C’est la chair de notre chair, le sang de notre sang […] Avant que la Corse fût française, la Cochinchine était déjà vietnamienne […] Sur ce point, j’affirme que j’ai confiance dans la France nouvelle […] Un référendum coûte cher. Si on peut s’entendre en s’en passant, ce sera préférable […] Sinon, on le fera sincèrement et loyalement, et le résultat sera le même. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 juillet 46 : Dans le cadre les négociations de Fontainebleau, note juridique de la direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères qui vise à « réfuter les prétentions du Vietnam à obtenir des représentations diplomatiques distinctes ». Elle appuie son argumentation sur la convention du 6 mars : « Il s’agit dans cette convention d’un accord librement débattu. Si le Vietnam doit supporter […] des limitations à sa souveraineté, c’est contractuellement, en pleine connaissance de cause, qu’il les a consenties. La France ne les lui a pas imposées. » (DDF, 2004, tome 2, document n° 29, pp. 77-80).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 juillet 46 : D’Argenlieu estime que « le départ [= démarrage] du gouvernement provisoire [de Cochinchine] est médiocre » : manque d’unité, tendance dictatoriale, décisions prises à la légère, aucune entente avec le commissaire de la République Cédile (D’Argenlieu, 1985, p. 286).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dîner d’honneur pour le départ de Leclerc en présence de D’Argenlieu. Le conseil des ministres en date du 14 lui a attribué sa cinquième étoile.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la veille de son départ, Leclerc adresse une lettre à D’Argenlieu : « Au moment de quitter l’Indochine, je crois nécessaire de vous redire les raisons qui m’ont poussé à ce départ. J’ai demandé ma relève dès que j’ai senti que la confiance entre nous n’était pas entière et, à ce titre, la mission que vous avez confiée à l’amiral Auboyneau m’a douloureusement surpris [voir 14 avril]. D’autre part, nos idées sur les méthodes et procédés de commandement n’étant pas exactement identiques, il est préférable que je m’efface. Vous avez pu constater  que la bonne marche su service n’a jamais souffert de ces divergences de vue. Je tiens, en outre, à vous exprimer combien j’ai admiré la hauteur de vue avec laquelle vous appréciez les intérêts français. Dans ce domaine, l’accord fut toujours complet. Vous êtes décidé à sauver l’Indochine, je souhaite vivement que vous y réussissiez et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 260 ; Turpin, 2005, pp. 234-235, note 78)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;Valluy prend la succession de Leclerc au poste de commandant du C.E.F.E.O. par intérim&#039;&#039;&#039; (Cadeau, 2019, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau, première négociation de la commission militaire. Les Vietnamiens revendiquent l’existence d’une armée nationale indépendante dotée d’un commandement propre. Les Français demandent quant à eux l’intégration des forces vietnamiennes dans le cadre de l’Union française avec un commandement stratégique commun et le maintien de bases militaires françaises sur le territoire (C.R. &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 35, pp. 93-96). Les points de vue divergent totalement. Aucun compromis en vue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le journal du V.N.Q.D.D. intitulé &#039;&#039;Vietnam&#039;&#039; dont la parution avait été interdite par Giap le 11 juillet reparaît avec la même rédaction qu’auparavant. A sa une figurent une autocritique d’un style marxiste purement orthodoxe ainsi qu’une justification de l’opération de police menée par le gouvernement contre lui. Dans ce même numéro, Nguyen Van Xuan (qui avait fait partie du premier gouvernement d’HCM) en appelle à un V.N.Q.D.D. « rénové » qui s’intégrerait dans le &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; (« Front national uni ») créé en mai par le gouvernement. A ce moment, ce qu’exige Giap par des moyens policiers, c’est que la formation politique ne puisse plus être puisse être qu’un parti fantoche suivant la voie dictée par les autorités en place (Fall, 1960, p. 51).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;Leclerc quitte l’Indochine&#039;&#039;&#039; suite à ses graves divergences avec d’Argenlieu et, plus encore, une forme de dépit face à l’évolution de la situation politique tant en Indochine qu’en métropole. Dans son rapport de fin de mission, il note : « Comme Janus, ce gouvernent a deux visages. » (Gras, 1979, p. 130). Le général Jean Valluy qui  remplace Leclerc au poste de commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient par intérim entrera en fonction officiellement au poste de commandant en chef le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juillet 46 : Lettre menaçante d’HCM à Marius Moutet (voir ses propos du 31 mai adressés à Salan) : « La France veut-elle avoir en Orient 25 millions d’amis ou 25 millions d’hommes assujettis mais ennemis ? » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 150).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;D’Argenlieu confirme que la seconde conférence de Dalat aura lieu le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août&#039;&#039;&#039;. Il la nomme « conférence préparatoire d’étude du statut de la Fédération » (Turpin, 2005, p. 261). La presse diffuse cette annonce alors que le gouvernement fait mine de la découvrir (voir 4 juillet) et pour certains, comme Moutet, de s’en offusquer. Cette annonce va naturellement entraîner des protestations officielles de la délégation vietnamienne à Fontainebleau dès le 26.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juillet 46 : Pignon (commissaire fédéral aux Affaires politiques de D’Argenlieu) s’en prend par le biais d’une note à la maladresse des militaires basés en Cochinchine dans leurs relations avec les Vietnamiens que le pouvoir politique en la personne de D’Argenlieu n’avait pas validé le 6 mars : « Des accords locaux avaient été passés en Cochinchine – accords caractérisés par l’extrême naïveté des militaires français qui réussirent à se placer un peu partout dans des positions intenables. A la faveur de ces accords, se développa aussitôt une action de terrorisme contre les Annamites qui s’étaient ralliés à notre cause. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 401) Côté français, les habituelles tensions entre pouvoir civil et militaire se réactivent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon, dans une note adressée au ministère des Affaires étrangères en vue de la future et seconde conférence franco-vietnamienne de Dalat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août), observe : « Les Vietnamiens veulent nous faire renoncer au Référendum en nous offrant une large autonomie administrative pour la Cochinchine, et en acceptant des positions françaises sur de nombreux points. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 67) Or pour le gouvernement français, la question cochinchinoise doit être mise hors débat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juillet 46 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu rend publique l’annonce de la seconde conférence de Dalat qui s’ouvrira le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août&#039;&#039;&#039;. Elle est cette fois ouverte à la Cochinchine au Laos et au Cambodge, manière de montrer qu’HCM et la seule R.D.V.N. ne comptent pas seuls aux yeux des Français. Cette annonce se produit en pleine conférence de Fontainebleau, pour mieux tenter de l’abattre… (De Folin, 1993, p. 152).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La confusion règne toujours à Fontainebleau faute d’union au sein de la délégation française. Le député communiste Lozeray fait siennes les thèses du VM au sujet de l’union des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;. Le président M.R.P. de la conférence, Max André, ainsi que le député Jean-Jacques Juglas s’opposent vigoureusement à leur collègue (Turpin, 2005, p. 252).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une séance privée de la délégation française, La Laurentie, directeur des affaires politiques au ministère de la France d&#039;Outre-mer, continue à défendre la thèse d’une relative autonomie de la Cochinchine : « […] Je ne crois pas que nous arriverons jamais à un accord sérieux avec les Vietnamiens quels qu’ils soient, tant qu’ils n’auront pas l’assurance que la Cochinchine ne sera pas séparée de leur pays […] Il y a un fait que nous n’avons pas le droit d’oublier je crois, c’est que les gens du Nord nous ferons la guerre sur tous les terrains, tant que nous serons derrière le séparatisme cochinchinois […] Je ne suis pas partisan de la suppression du référendum, je tiens à dire qu’un accord signé avec les Vietnamiens qui ne leur donnerait pas un maximum de satisfaction sur la Cochinchine, serait un accord qu’ils n’appliqueraient qu’à contrecœur. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 253)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juillet 46 : Le Conseil consultatif pour la Cochinchine qui était de 12 membres passe à 42 (14 Français, 28 Cochinchinois). Il est dirigé par le docteur Thinh, un modéré, mais qui demeure peu représentatif de la population locale (De Folin, 1993, p. 149). C’est une voie ouverte au séparatisme de la Cochinchine, soutenue par D’Argenlieu, et honnie par le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Leclerc qui a quitté Saigon le 19 arrive à Paris&#039;&#039;&#039;. Il a été reçu en audience le 25 par le pape lors d’une escale à Rome (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Fontainebleau, le délégué vietnamien originaire du Nam Bo, Duong Bach Mai, déclare en séance plénière au sujet de la Cochinchine : « Le sort de cette conférence dépend étroitement du problème des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;. Tant que la Cochinchine, d’une manière ou d’une autre, sera détachée du Vietnam, il n’y aura pas d’entente possible entre la France et le Vietnam. Tout dépend de la question de Cochinchine, l’amitié franco-vietnamienne, la paix comme l’ordre au Vietnam, l’avenir de nos relations. Il faut régler cette affaire le plus tôt possible. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’annonce par D’Argenlieu de la tenue de la seconde conférence de Dalat, comme cela était prévisible, vives protestations de la délégation vietnamienne à Fontainebleau en séance plénière (Devillers, 1988, p. 200). Pham Van Dong (chef de la délégation vietnamienne) transmet à Max André (chef de la délégation française) une protestation écrite que celui-ci communique au gouvernement (DDF, 2004, tome 2, document n° 72, pp. 181-182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mis au courant de l’épuration que mène Giap au Tonkin avec tous les partis qui ne sont pas le sien, Pignon signale au ministère des Affaires étrangères que le « gouvernement de Hanoï contrôle présentement le delta » et qu’il « lutte confusément avec les partis d’opposition ». (Valette, 1994, p. 87)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 juillet 46 : Lettre de D’Argenlieu à De Gaulle : « […] Or depuis mon retour [en métropole], les informations reçues de la conférence de Fontainebleau m’inquiètent chaque jour d’avantage. Le manque de considération et de prévision comme le défaut de caractère s’affirme dans les sphères supérieures […] En vous quittant j’étais résolu à tenir le coup pendant les mois qui s’ouvrent. Il y a des limites à la patience, et nous les avons apprises sur vos pas. » De Gaulle lui répondra le 10 août lui demandant de « tenir et agir » (D’Argenlieu, 1985, p. 308).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première rencontre entre HCM et Raymond Aubrac à Paris dans la roseraie de Bagatelle dans le bois de Boulogne. Les 2 hommes sympathisent rapidement car lorsqu’il était commissaire de la République à Marseille, Aubrac avait mis fin août-début septembre 1944 à un trafic (jeux clandestins, prostitution, marché noir) qui sévissait dans des camps de travailleurs indochinois proches de Marseille dans lesquels ils vivaient dans la misère (Aubrac, 2000, pp. 227-228). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 juillet – 5 août 46 : Leclerc, de retour définitif à Paris, voit Bidault, Michelet, Moutet, Pleven, Sainteny et le général Juin. Il donnera deux conférences de presse, une au ministère des Armées le 31 juillet et l’autre au ministère des Affaires étrangères le 5 août (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de D’Argenlieu à De Gaulle : « Lors de ma dernière visite, le 8 juillet, je vous faisais part de la fâcheuses impression causée par un séjour de trois grandes semaines à Paris. La crise d’autorité y sévissait au point de m’alarmer sérieusement quant à ses incidences sur le problème indochinois. Je dis sérieusement puisque, vraiment notre position est assez forte pour nous permettre de réaliser les desseins de la France sur le pays tout entier et au besoin les imposer. Cela pourrait se faire en trois mois aisément pour l’essentiel en agissant avec constance, force et suavité. Or depuis mon retour, les informations reçues de la conférence m’inquiètent chaque jour d’avantage. Le manque de considération et de prévision comme le défaut de caractère s’affirme dans les sphères supérieures […] » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 253)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 juillet 46 : Moutet réagit plus que tardivement à l’annonce faite par D’Argenlieu de la seconde conférence de Dalat. Or l’amiral en avait informé le gouvernement dès le 4 juillet. Le ministre de la F.O.M. lui écrit avec une mauvaise foi évidente : « Votre dépêche du 24 courant annonçant nouvelle conférence Dalat 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août sur projet de fédération m’a vivement surpris. Gouvernement jamais consulté sur opportunité de cette réunion pendant que siège conférence de Fontainebleau. Suis informé par dépêche mercredi alors que radio et presse dès lundi donnaient nouvelle. Ho Chi Minh protestait près de moi mardi. Je ne pouvais rien répondre, n’étant pas informé […] » Moutet estime que c’est une « double erreur » qui place le gouvernement devant un « fait accompli » et qui crée un « climat moins favorable » aux négociations en cours à Fontainebleau. Cela s’ajoutant à la proclamation d’un gouvernement autonome en Cochinchine, à occupation des plateaux Moïs et la réoccupation par les Français du palais du gouvernement à Hanoi, Moutet conclut : « Fais toute réserve, n’ayant pas pu encore pu saisir gouvernement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 juillet 46 : La confusion règne du côté du G.R.P.F. depuis le début des négociations de Fontainebleau à tel point que la commission consultative du Comité de l’Indochine composée d’experts des différents ministères demande à ce que lors de sa réunion du 5 août « soit précisée en même temps que les instructions données aux délégués français à Fontainebleau la politique générale de la France en Indochine. » (Turpin, 2005, p. 252)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Valette, Moutet fait parvenir à D’Argenlieu par télégramme un désaveu concernant la future deuxième conférence de Dalat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) : « Je n’ai jamais connu accord gouvernement ni décision interministérielle telle que vous la concevez en l’absence représentants Vietnam. Conférence sans lui apparaît faite contre lui. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 69-70) Pour autant, il ne désavoue pas clairement l’initiative de D’Argenlieu et ne met aucun véto à la tenue de cette conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la suite de Moutet, Labrouquère, toujours – mais pour peu de temps – à la tête du Cominindo envoie un télégramme à D’Argenlieu dont la teneur est identique : « Je n’ai jamais connu accord Gouvernement ni décision Comité interministériel sur Conférence fédérale telle que vous la concevez en l’absence représentant Vietnam. Conférence sans lui apparaît contre lui. Même si conférence devait avoir lieu dans ces conditions il aurait fallu nous permettre choisir date et avertir les représentants Vietnam. […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 261, note 193)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM qui rencontre Moutet (F.O.M.) proteste à son tour contre la tenue de la deuxième conférence de Dalat (DDF, 2004, tome 2, document n° 72, pp. 181-182).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 juillet 46 : D’Argenlieu justifie par lettre adressée au gouvernement la tenue de la seconde conférence de Dalat, quitte à « suspendre » celle de Fontainebleau (voir 2 août). Il qualifie cette deuxième conférence de « conférence consultative et préparatoire destinée à permettre à des points de vue […] de s’exprimer librement sur un point capital pour leur devenir politique. » Elle n’est, pour lui, pas opposée aux accords du 6 mars et permet aux « populations d’Indochine » de ne plus avoir « l’impression que la France subordonnera tout leur devenir à ses pourparlers avec le seul gouvernement du Vietnam. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 303-304 ; DDF, 2004, tome 2, document n° 63, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Fontainebleau est évoqué au sein de la délégation française « le problème des 3 &#039;&#039;Kys&#039;&#039; » et de l’organisation des référendums pour chacun d’entre eux. On est loin de l’unisson (C.R. &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2004, tome 2, document n° 68, pp. 171-174). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 juillet 46 : Un appel secret  des cadres du VM aux militants demande à chacun de « se tenir prêt militairement et politiquement à toute éventualité » (Ruscio, 1985, p. 113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une autre séance privée de la délégation française souligne une fois de plus ses divisions sur la question cochinchinoise. Messmer (futur secrétaire du Cominindo), Caput et René Bousquet (futur conseiller à la Banque d’Indochine) sont pour un apaisement de la question cochinchinoise. Au contraire, Pignon, Torel et Gonon jouent la carte D’Argenlieu, en refusant toute confiance à HCM au vu  des manquements aux accords du 6 mars et à la perpétuation des actes terroristes. Selon le compte rendu de la séance, « Pignon déclare que la thèse de Messmer repose sur un postulat faux. Le Gouvernement du Vietnam est un gouvernement de parti fait pour le combat et non pour organiser un État viable. Sa seule préoccupation consistera donc à poursuivre la lutte contre la France, jusqu’à la destruction du dernier vestige de notre influence. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 253)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à leur rencontre du 27, HCM se rend pour la première fois dans la résidence de Raymond et Lucie Aubrac à Soisy-sous-Montmorency (Val d’Oise) pour y prendre le thé. Peu satisfait des son hôtel rue de l’Étoile, HCM demande l’hospitalité dans la grande demeure des Aubrac : « Votre second étage n’est pas occupé. J’aime votre jardin. Je serais ici bien mieux que dans mon palace. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Aubrac, 2000, p. 229) Mais c’est également une manière d’échapper à l’invitation forcément limitée dans le temps des autorités françaises… Selon Aubrac, « sans être membres du parti communiste, nous étions, Lucie et moi, considérés comme des sympathisants actifs, ce qu’on appellerait des « compagnons de route ». Il nous semblait qu’il y avait là une continuité dans nos engagements successifs. Nous avions conservé des relations amicales avec nos camarades de la Résistance, qui occupaient les positions politiques les plus variées. Mais nous étions influencés par les analyses du parti communiste et nous avions le souci d’être du côté de ceux qui cherchaient la justice. C’était bien le cas de ces dirigeants vietnamiens engagés vers l’indépendance de leur pays. » (Ibid.)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Mai 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T06:07:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mai-juin 46 : Départ définitif des troupes d’occupation japonaises au Nord comme au Sud de l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 46 : Une manifestation à Saigon en faveur de l’autonomie de la Cochinchine a lieu. Elle réunit 10 000 personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note de la commission diplomatique de la conférence préparatoire franco-vietnamienne (première conférence de Dalat) qui vise à restreindre les prétentions vietnamiennes en matière de diplomatie en mettant en avant l’appartenance du Vietnam à la Fédération indochinoise et l’Union française (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 306, pp. 694-696).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mai 46 : Nouvel assassinat (voir 7 avril) par le VM (sous les ordres de Nguyen Binh) de Nguyen Banh Thach, un autre membre du Comité consultatif de Cochinchine (voir 26 mars) (De Folin, 1993, p. 159). L’insécurité grandissante fait douter une partie la population cochinchinoise de la résolution française à pouvoir s’imposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Rejet en France par référendum du premier projet de constitution.&#039;&#039;&#039; Ce rejet entraîne de nouvelles élections et la formation d’une nouvelle assemblée constituante (voir 5 juin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy constate que « le gouvernement Ho Chi Minh tend à se rapprocher des Français dont l’appui lui semble de plus en plus nécessaire pour contrebalancer son instabilité constante. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 255) Les Vietnamiens n’entendent pas, au moins temporairement, répercuter au Tonkin les difficultés liées au blocage de la conférence de Dalat et celles que connaît actuellement la Cochinchine. Le gouvernement vietnamien songe à quitter Hanoi par peur d’un coup de force français qui n’est pas tout à fait une fiction depuis la nomination de Valluy au poste de commandant en chef des forces du Tonkin (voir 10 avril). Cet apaisement momentané au Nord n’empêchera pas l’apparition d’une vague de violence à Hanoi émanant des milieux extrémistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mai 46 : La délégation de parlementaires vietnamiens conduite par Pham Van Dong est reçue au siège du comité central du P.C.F. où elle rencontre Maurice Thorez, Jacques Duclos et André Marty. C’est une occasion pour les membres du P.C.F. de mieux connaître la situation au Vietnam, ce qui n’était d’ailleurs pas forcément le cas avant (Férier, 1993, p. 43). Selon Ruscio, « ce n’est qu’à ce moment que les dirigeants communistes français eurent, enfin, une communication complète de la situation au Vietnam. » Ruscio, qui s’en est entretenu ultérieurement en rencontrant pour ses recherches Pham Van Dong, lui a demandé si ce voyage avait été l’occasion de renouer des liens. Réponse affirmative de ce dernier qui précise : « Seulement […] nous étions obligés de travailler avec les officiels français d’alors. Il fallait garder une certaine discrétion dans nos rapports avec le P.C.F. […] Nous avons fait beaucoup pour informer le P.C.F. de la situation. Il était déjà un grand Parti, mais il ne pouvait pas tout savoir ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 71 et p. 108) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion du Cominindo qui ne décide de rien. Son secrétaire général, Labrouquère, est, comme Moutet, en campagne électorale pour un poste à la députation (Devillers, 1988, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mai 46 : À la conférence de Dalat, la commission politique parvient à l’un des rares points d’accord : le Vietnam reconnaît faire partie de l’Union française en tant qu’État associé ;  son adhésion à la Déclaration des droits de l’Union et sa participation à son Conseil supérieur fera l’objet de discussions ultérieures. Mais les Français lui refusent un statut d’État, son adhésion à l’O.N.U. et ne lui accordent aucune véritable indépendance diplomatique (voir 29 mars). Seule une « participation de représentants indochinois dans le personnel diplomatique » est concédée. Ce dont ne se satisfont pas les Vietnamiens (D’Argenlieu, 1985, pp. 257-258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une directive de D’Argenlieu adressée à Leclerc lui prescrit une « observation moins scrupuleuse des accords antérieurs » en raison des nombreux manquements vietnamiens observés (Pedroncini, 1992, p. 396). Il demande à son subordonné d’« accentuer résolument notre progression vers le Nord en direction de Pleiku et Kontum [car] nous devons étendre notre autorité en Annam en direction du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, spécialement chez les Moïs. » La réponse de Leclerc est mesurée : « Pouvons quand nous le voulons, mais s’agit de savoir si intérêt actuellement à augmenter nos difficultés avec le Vietnam. » Ce dont conviendra d’ailleurs D’Argenlieu le 14. Leclerc n’a pour l’instant qu’une priorité en tête, obtenir le départ définitif des Chinois (Devillers, 1988, p. 183).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mai 46 : À la première conférence de Dalat qui s’achève ce jour, un des délégués du VM, Bach Mai, démontre l’unité du Vietnam, constitué arbitrairement de trois &#039;&#039;Kys&#039;&#039; par le processus de colonisation française. Il déclare : « […] en démontrant aux yeux du monde que le Nam Bo fait partie du Vietnam, et que le Vietnam comprend trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, j’éprouve exactement le même sentiment de révolte et de douleur que vous éprouveriez si vous aviez à démontrer que l’Alsace ou la Lorraine font partie de votre beau pays la France. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 266) D’Argenlieu n’en a cure et conclut par une note optimiste : « Il serait imprudent de conclure que ces désaccords ne pourront être quelques jour aplanis. C’est affaire de bonne volonté, de patience et de temps […] (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 182-183).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la question de réunion des 3 &#039;&#039;Kys&#039;&#039;, une note de la commission politique de la conférence préparatoire franco-vietnamienne de ce jour souligne l’opposition des Français à cette prétention vietnamienne en s’appuyant sur les résultats du futur référendum qui sont seuls habilités à trancher cette question (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 324, pp. 738-740).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mai 46 : D’Argenlieu se rend à Ban Me Thuot pour la cérémonie de serment des populations montagnardes des Plateaux Moïs fidèles aux Français (Pedroncini, 1992, p. 396).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la réponse de Leclerc du 8 mai, D’Argenlieu convient que les opérations françaises conduites sur Pleiku et Kontum « conduites forcément avec décision et rapidité, ne peuvent qu’augmenter nos difficultés avec le Gouvernement du Vietnam et provoquer une crise aiguë en Indochine du Nord […] » (Devillers, 1988, p. 183). On jette, côté français, par ces actions de reconquête de l’huile sur le feu en une période qui devrait être consacrée aux seules négociations de Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une lettre de Leclerc adressée à D’Argenlieu : « La grande majorité des populations libérées de Cochinchine est lasse du désordre. Elle se rapproche de plus en plus de nous, et nous montrera son attachement d’autant plus grand qu’elle sera convaincue de la valeur de la puissance française. Le programme « La Cochinchine aux Cochinchinois » ralliera donc le maximum de suffrages dans les provinces où l’habitant se sent efficacement protégé contre les terroristes « vietnamiens ». »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 244) Belle illusion colonialiste qui prône une fois de plus la théorie du « diviser pour régner » chère à l’amiral et qui peut peut-être s’appliquer à une infime minorité de possédants cochinchinois (voir 4 février) mais certainement pas aux masses paysannes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Laos, libération de Luang Prabang par les forces françaises. Le roi Sisavang Vong qui était demeuré fidèle aux Français est libéré de l’emprise des révolutionnaires du Lao Issara&#039;&#039;&#039; depuis sa destitution du 4 novembre 1945. Il décrète nuls et non avenus tous les décrets qui lui ont été imposés depuis le 4 avril 1945, date de l’entrée des Japonais dans le pays. Le roi annonce son intention de doter le pays d&#039;une constitution démocratique dans le cadre de l&#039;Union française qui aboutira au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 27 août (Deuve, 2003, p. 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mai 46 : L’habituel rapport de Bidault portant sur la période du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 aux ambassades étrangères (Londres, Washington, La Haye, Cambera et Moscou) constate la coutumière lenteur des troupes chinoises à évacuer le Tonkin quoiqu’en disent leurs autorités civiles (voir 16 mai). La réoccupation du Laos par les Français se poursuit et le roi Sisovong Vong adresse un message réconfortant à D’Argenlieu. La conférence de Dalat qui s’est terminée le 11 n’a toujours pas réglé la question de l’autonomie de la Cochinchine (DDF, 2003, tome 1, document n° 350-352, pp. 795-796).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mai 46 : Retour en Indochine de la délégation vietnamienne qui est enchantée de l’accueil reçu en France (mission « &#039;&#039;good will&#039;&#039; »). La plupart de ses membres pense que les perspectives politiques françaises du moment sont plutôt favorables au Vietnam (Devillers, 1988, p. 188). C’est une fausse impression qui sera contredite et par le résultat des élections (voir 2 juin) et par la conférence de Fontainebleau durant laquelle le président de cette délégation, Pham Van Dong, demeuré quant à lui en France, durcira le ton de ses propos jusqu’à la rupture définitive d’avec les Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meyrier (ambassadeur de France en Chine) rencontre le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Chih Chie. Celui-ci l’assure que « […] la relève […] est déjà chose faite dans tout le territoire au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, le gros des forces (93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 60&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armées) ont quitté l’Indochine ; il ne reste plus qu’une division au Laos et trois divisions au Tonkin […] ». Toutes les unités chinoises doivent être évacuées « au plus tard le 10 juin » (DDF, 2003, tome 1, document n° 340, pp. 771-772) Dans les faits, l’évacuation totale des troupes chinoises traînera jusqu’au 18 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mai 46 : Départ de D’Argenlieu pour Hanoi. Il y restera jusqu’au 21. Il fait étape à Tourane et Hué où il est accueilli par les autorités annamites. Entrevue D’Argenlieu-HCM à Hanoï. L’amiral tente de dissuader HCM de partir avant le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin pour Paris car la France est actuellement en période électorale. Il ne sera pas entendu. HCM botte en touche lorsque D’Argenlieu lui reproche les crimes dont celui de Nguyen Banh Thach du comité consultatif de Cochinchine (voir 3 mai). Au final, ces discussions n’aboutissent à rien (Devillers, 1988, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mai 46 : Nouvelle entrevue entre D’Argenlieu et HCM mais cette fois en présence d’autres membres du gouvernement vietnamiens : Than (Affaires étrangères), Giap et Hoang Minh Giam (vice-ministre des Affaires étrangères). D’Argenlieu note que « ce dernier, vraie « éminence grise » de Ho, est le plus âpre et le plus hostile. » On aborde la question des montagnards moïs, soutiens des Français qu’ils entendent défendre. HCM élude, estimant que l’on évoquera cette question à Paris (D’Argenlieu, 1985, p. 281 ; Devillers, 1988, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mai 46 : Le VM reprend Phu To qui jusqu’alors était tenu par les nationalistes prochinois (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 202).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mai 46 : Leclerc ayant été mis au courant le 14 avril par le général Juin (chef d’état-major) d’une lettre de D’Argenlieu demandant au gouvernement son départ, il est convenu entre les deux hommes que, dès le retour de l’amiral de métropole, le général quitterait ses fonctions (voir 19 juillet). Leclerc n’ébruite pas la nouvelle qui filtre cependant peu à peu et provoque la consternation au sein de l’armée (Pedroncini, 1992, pp. 259-260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mai 46 : Leclerc donne des directives au groupement Quilichini qui opère en Haute et Moyenne région du Tonkin demeurées fidèles aux Français. Il précise : « pas d’ingérence dans l’administration du pays. » (Pedroncini, 1992, p. 396)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Chinois restituent aux Français le poste de Dien Bien Phu. La 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise évacue progressivement mais aussi lentement le Laos, une fois la récolte d’opium achevée (Fonde, 1971, pp. 215-216). Mais le retrait total des Chinois va traîner jusqu’en septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mai 46 : Entrevue D’Argenlieu-Leclerc. Ce dernier évoque son départ éventuel au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet. Le général Revers aurait été pressenti pour le remplacer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour d’Indochine, rapport du général Juin (chef d’état-major de l’armée française) au gouvernement sur sa mission en Extrême-Orient. À Nankin, il a pu s’entretenir avec le général Ho Ying Ching (qui « représente la tendance extrémiste du Kuomintang farouchement nationaliste ») sur les récents événements de la « Pâques sanglantes » (voir 21 avril). Juin  désapprouve les récentes négociations franco-vietnamiennes entamées avec des communistes. Il a rencontré le général américain Marshall à Chunking qui l’a assuré de son appui « pour hâter l’évacuation des troupes chinoises du Tonkin et notamment la fourniture du &#039;&#039;shipping&#039;&#039; nécessaire au transport de ses troupes. » Il s’est ensuite rendu en Indochine où il a constaté des progrès. Au Tonkin, « nos troupes sont solidement installées » avec contrôle des ports et des aérodromes mais la présence chinoise à Hanoi et Haïphong entraîne toujours « des désordres sanglants ». Il observe également que « les relations entre troupes du Vietnam et troupes françaises manquent totalement de cordialité. » Il a rencontré Lou Han à Hanoi qui envisage – du moins en paroles - l’évacuation de la ville par ses troupes. La situation en Cochinchine et au Sud-Annam est toujours tendue du fait de troubles récurrents. Les accords du 6 mars n’y sont pas respectés. Les Français entendent toujours défendre par voie de référendum « la cause d’une Cochinchine indépendante » chère à D’Argenlieu (Bodinier, 1987, pp. 261-266) Derrière ces constats plus ou moins rassurants, le général Juin se sent mal à l’aise dans ce pays qu’il comprend mal. C’est ce qu’il avouera d’ailleurs un peu plus tard au « Chinois », le général Salan (voir 30 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président du conseil consultatif de Cochinchine, le Français M&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Beziat, adresse une lettre à D’Argenlieu. Il demande la création d’un gouvernement provisoire de la République de Cochinchine. Il lui sera répondu le 27 (Devillers, 1988, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mai 46 : Un rapport du bureau politique du Commissariat de la République à Hanoi signale des « activités clandestines et anti-françaises » du G.R.A. : « Elles constituent l’essentiel de l’action sur le plan intérieur : elle a un caractère gouvernemental. La propagande ne cesse d’entretenir un état d’excitation de groupements de résistance. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 236-237) La violence se manifeste par des enlèvements d’Eurasiens, des vexations à l’égard des Français, des assassinats de Vietnamiens considérés comme profrançais et d’opposants au VM, y compris en Cochinchine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Création par le VM du « Front national uni du Vietnam&#039;&#039;&#039; » ou encore « Association du peuple vietnamien unifié » (&#039;&#039;Hoi Lien Hiep Quoc Dan Viet Nam&#039;&#039; ou &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;). Il se propose, selon une méthode rôdée depuis 1941 lors de la création du VM, de céder le pas au nationalisme par rapport au seul communisme. Son but est d’intégrer à la cause indépendantiste les nationalistes non-communistes. Il est présidé par la ministre de la Défense Huynh Thuc Khang (non communiste) et comprend des membres du V.N.Q.D.D. « rénové », du D.M.H. et des partis socialistes. Le processus progressif d’absorption du &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; par le VM ne sera que très lent et ne prendra fin qu’au Congrès d’unification des fronts du &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; et du Vietminh qui aura lieu du 11 au 19 février 1951. Il aboutira à la naissance du &#039;&#039;Lao Dong&#039;&#039; le 3 mars de la même année  (Fall, 1960, p. 149). Toutefois, avec l’espoir d’une réunification des 2 Vietnam, le &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; se maintiendra jusqu’en septembre 1955 (voir 5 – 10 septembre 1955) pour être remplacé par un « Front de la Patrie ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière cette apparente hétérogénéité politique, le comité directeur du &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; est constitué de 9 membres du VM purs et durs : il est présidé par Ton Duc Thang (communiste de la première heure, un des marins de la mutinerie de la Mer Noire). Parmi les 27 membres du comité, il y a 12 membres du P.C.I. et 6 apparentés  (Gras, 1979, p. 123 ; Fall, 1960, p. 149). Le &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; dispose de bureaux délocalisés au sein de ce qu’on appelle les U.B.K.C./H.C. (&#039;&#039;Uy Ban Khang Chien/Han  Chinh&#039;&#039;, comités de résistance et d’administration). Ils sont beaucoup plus présents au Nord qu’au Sud et ce, jusqu’au coup de force du 19 décembre (Goscha, 2011, empl. 1 107-1 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à une lettre qui lui a été adressée le 25 par le président du Conseil consultatif de Cochinchine pour demander la création d’un gouvernement provisoire (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin), D’Argenlieu insiste « sur le caractère essentiellement provisoire de ce gouvernement. La Cochinchine demeure une parcelle du patrimoine national. Seul le vote d’une assemblée nationale [française] peut légaliser la chose. » (D’Argenlieu, 1985, p. 283) Sur la question de la tenue d’un référendum, la France tiendra son engagement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mai 46 : Instruction de D’Argenlieu qui désigne Salan pour « être le délégué fédéral du haut-commissaire, commandant en chef, à la conférence de Paris. » (Salan 1, 1970, p. 395).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la récente phase de violence déclenchée par les milieux extrémistes à Hanoi, Valluy adresse une énergique protestation à HCM. Ce dernier doit faire un effort considérable pour convaincre le VM de la nécessité d’un changement d’attitude. Il y parvient au moins partiellement à la veille de son départ pour la France, notamment en faisant pression sur l’irascible Giap qui doit prendre la succession du président lors de son séjour en France (Pedroncini, 1992, p. 255).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 mai 46 : A une période de violence succède un moment de détente entre Français et Vietnamiens à Hanoi. Les manifestations d’amitié franco-vietnamiennes se multiplient. Selon le commandant Fonde, commandant la « Mission française de liaison » : « La population, conviée en masse à un rassemblement à la cité universitaire le 30 mai, délire à la vue de l’oncle Ho qui prône l’union, la discipline et la collaboration avec la France. Dans son élan, la foule acclame aussi le général Salan. » Au retour de cette manifestation, HCM visite des cantonnements français. Habituel séducteur passant en revue des hommes de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. et de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B., il déclare : « Mes amis, vive l’amitié franco-vietnamienne ! Le Vietnam vous ouvre ses bras et son cœur ! » Massu le fait acclamer par ses hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Fonde, 1971, p. 217 ; Pedroncini, 1992, pp. 255-256)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mai 46 : Malgré les efforts soutenus de D’Argenlieu pour le retenir le plus longtemps au Vietnam, &#039;&#039;&#039;départ jusqu’au 19 septembre d’HCM pour la France.&#039;&#039;&#039; Il est accompagné de Salan. Ce dernier a été nommé par le général Juin (voir 11 avril) puis par D’Argenlieu (voir 29 mai) au poste de chef de la mission préparatoire à la conférence de Fontainebleau où il occupera le poste de conseiller militaire. C’est lui qui prend en charge HCM lors des différentes escales avant l’arrivée en France. Ils font escale en Inde (Calcutta, Chandernagor), en Égypte (Le Caire) et en Tunisie (Tunis). &#039;&#039;&#039;C’est au cours de ce voyage, lors de l’escale du Caire, qu’HCM a confirmation de la décision de d’Argenlieu de proclamer en Cochinchine une République autonome.&#039;&#039;&#039; C’est un coup fourré de l’amiral augurant mal des intentions du gouvernement français qui essaie, en vain, de dissimuler l’information jusqu’à l’arrivée du président du Vietnam en métropole. HCM veut dans un premier s’en retourner au Vietnam. Il déclare à Salan : « Mon général, ne faites pas de la Cochinchine une nouvelle Alsace-Lorraine, car nous irons à une guerre de Cent ans. » (Salan 1, 1970, p. 389) Pour autant, les deux hommes qui s’apprécient, échangent. Salan parvient à arrondir les angles. HCM lui fait quelques confidences : « Giap m’est totalement dévoué. Il n’existe que parce que je le soutiens. Lui, comme les autres, ne peuvent rien sans moi. Le père de la Révolution, c’est moi. » (De Folin, 1993, p. 171 ; Salan 1, 1970, p. 383).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant l’absence d’HCM, c’est le ministre de l’Intérieur Huynh Thuc Kang (un « neutre ») qui théoriquement assure l’intérim de la présidence. Mais dans les faits c’est Giap qui tient les  les rênes. Il dirige le ministère de l’Intérieur et le commissariat de l’Armée nouvellement créé, et qui constitue une sorte d’état-major général embryonnaire. Le vide laissé par le départ progressif des Chinois donne au VM une occasion unique de liquider durant cette période ce qui reste des partis nationalistes qui ont désormais perdu leurs précieux protecteurs (Fall, 1960, p. 50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM a d’ailleurs laissé le pays dans les mains de fer de Giap avec la consigne  de « se tenir prêt à toute éventualité », notamment au Nord… (De Folin, 1993, p. 164) Mais l’ambiance du voyage en France demeurera dans l’ensemble assez détendue, même après l’annonce de la proclamation de la République de Cochinchine le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin. Au final, HCM renoncera rapidement à un retour précipité, poursuivra et même prolongera son voyage jusqu’en septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se rend à Biarritz du 12 au 22 juin pour, selon Sainteny, un « séjour forcé » en tant qu’hôte du gouvernement français (Sainteny, 1970, p. 96). En effet, il est obligé de se rendre en villégiature car à Paris il n’y a pour l’instant pas de gouvernement… Le voyage du président ne fait toutefois pas l’unanimité. Il reçoit du Vietnam une « Lettre au camarade Nguyen Aï Quoc » qui l’accuse de trahison en venant négocier à Paris (Sainteny, 1970, pp. 98-99). Pris entre deux feux, il n’est donc pas absolument serein, et même plutôt agacé, mais fait bonne mine en allant faire du tourisme avec Sainteny qui a pris le relai de Salan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 22 juin, il quitte Biarritz pour Paris. Il survole avec Sainteny les châteaux de la Loire. Il débarque au Bourget à 16 h 00 et est accueilli par Marius Moutet (ministre de la France d’Outre-mer). La foule venue à sa descente impressionne ce nouveau chef d’État qui s’adapte tant bien que mal, en demandant parfois de l’aide à Sainteny lorsque la pression de la foule est trop forte. Il séjourne dans un premier temps à l’hôtel Royal-Monceau puis se rend en Normandie pour visiter les plages du débarquement. Il est alors hébergé dans une propriété de Sainteny.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour à Paris, il rencontre beaucoup de monde et mène des campagnes de lobbying auprès de dirigeants politiques français (M.R.P., S.F.I.O.) dont l’ancien ministre des Colonies Albert Sarraut ou d’anciennes relations (militants de &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; ou de &#039;&#039;La Vie ouvrière&#039;&#039;, des milieux syndicaux) capables de soutenir la cause du VM. Il intrigue de nombreux hommes d’affaires ou journalistes venus voir ce personnage atypique. Il se rend compte aussi que la question indochinoise n’est guère une priorité chez la plupart des politiques français. HCM noue toutefois de nouvelles relations, se fait apprécier et exerce son pouvoir de séduction sur tous. Il rédigera au cours de ce séjour un carnet de voyage où il note ses réflexions sur les Français. Il a deux regrets : ne pas avoir rencontré De Gaulle (qui s’est retiré de la vie politique depuis le 20 janvier et lui a fermé sa porte) et Leclerc (qui ne se manifeste aucunement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement français lui fera comprendre que son séjour, aux frais de la République, doit se terminer. Pour autant HCM reste en France. Il se rend à Soisy-sous-Monmorency, fin juillet 1946, chez des amis, les époux Aubrac (anciens résistants).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, promulgation d’une loi électorale par le Conseil de régence (Sihanouk étant en France) pour former l’assemblée constituante fixant au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre les premières élections au suffrage universel. Une vie politique apparaît avec la création de partis politiques dirigés par les princes qui se querellent pour le pouvoir et souvent, contre le roi. Les travaux autour de la rédaction de la constitution dureront 8 mois et n’aboutiront que le 6 mai 1947 (Cambacérès, 2013, p. 61).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Juin 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T06:06:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Été 46 : Fondation de l’Association France-Vietnam qui a pour but de « créer entre les deux nations les liens d’une durable et compréhensive amitié ». Composée de personnalités d’opinions politiques différentes, avec une sensibilité dominante située à gauche, elle adopte des postions fermes d’opposition à la guerre et dénonce les responsabilités françaises  (Ruscio, 1985, p. 118) Ses membres fondateurs sont Justin Godart (président), Andrée Viollis et Francis Jourdain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Juin 1946 : Juin 1946 : Une note du ministère des Affaires étrangères non datée fait le point sur les divergences franco-vietnamiennes à la conférence de Fontainebleau (voir 22 juin) (DDF, 2003, tome 1, document n° 375, pp. 842-846). Et elles sont nombreuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Varga, « Léon Pignon [conseiller politique de D’Argenlieu] tente une politique osée : se servir des troupes chinoises pour éliminer le Vietminh dont il redoute l’organisation et la puissance. » Sainteny ne le suit pas sur cette voie (Varga, 2009, p. 283).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, HCM installe à Quang Ngaï un Comité de résistance du Sud-Vietnam présidé par Tran Duc Quang. Il a délégation sur tout le territoire du Vietnam au sud de Tourane (Da Nhang). Rapidement désorganisé, il sera absorbé fin août par le Comité du Nam Bo et réorganisé par Nguyen Binh qui en fera un outil de terreur contre les Français et les Vietnamiens francophiles de Cochinchine (Gras, 1979, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les forces gouvernementales du VM occupent et liquident au Nord toutes les anciennes zones d’influence du D.M.H. (Fall, 1960, p. 50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis septembre 1945, le nombre de tués appartenant au C.E.F.E.O. s’élève à 1 177 hommes (Valette, 1994, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le Prince Sisowath Yutevong, rentré de France où il militait au sein du parti socialiste (S.F.I.O.), est élu président du parti démocrate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin 46 : &#039;&#039;&#039;Valluy est nommé au poste de commandant en chef du corps expéditionnaire par intérim en remplacement de Leclerc.&#039;&#039;&#039; Il n’occupera cette fonction définitivement que le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre (Bodin, 2004, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous l’impulsion de D’Argenlieu, sans la tenue du moindre référendum comme les Français s’y étaient engagés le 6 mars, &#039;&#039;&#039;proclamation de la République autonome de Cochinchine sous la présidence du docteur Nguyen Van Thinh&#039;&#039;&#039;. Le colonel Xuan, un autre profrançais, en est le vice-président. &#039;&#039;&#039;Un Comité consultatif de Cochinchine est ainsi créé &#039;&#039;ex nihilo&#039;&#039;.&#039;&#039;&#039; Son statut est provisoire, reconnu par le gouvernement français « sous réserve du résultat du référendum prévu » par l’accord du 6 mars et d’une approbation du Parlement français. D’Argenlieu l’avait évoqué à Paris le 20 février, sans opposition particulière de la part du Comité interministériel pour l’Indochine (Cominindo). La réponse de son ministre de tutelle (Moutet) avait été beaucoup plus réservée en avril mais il fallait, selon l’amiral, aller de l’avant face à la dégradation de la situation sur place. C’est en fait un acte délibéré d’hostilité de D’Argenlieu envers le VM (voir la réaction d’HCM exprimée à Salan le 31 mai) qui, lui, exige la réunification des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La gauche française n’est pas favorable à son existence (Francini 1, 1988, p. 306 ; De Folin, 1993, p. 149). Rétrospectivement, Jacques Chauvel, secrétaire général du Quai d’Orsay, commentera cette décision de la manière suivante : « L’amiral, sans avoir pris l’avis de personne [affirmation qui nous paraît discutable car on est plutôt ici confronté aux habituelles tergiversations gouvernementales, voir 5 juin], instituait la République autonome de Cochinchine, contrevenant ainsi sur un point capital de l’accord du 6 mars, préjugeant des résultats d’un plébiscite non fait et des conclusions d’une négociation à ouvrir et poursuivre en France [voir 6 juillet 1946], dont la conduite lui échappait complètement. » L’amiral a pris cette décision en estimant qu’elle « était l’aboutissement de notre action politique en Cochinchine dès octobre 1945, dans l’esprit de la déclaration du 25 mars [1945], seule base officielle existant à ce jour. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; de Folin, 1993, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu avertit HCM en route vers Paris de l’existence de cette proclamation par le biais de l’ambassadeur de France au Caire. Mais, par ordre du Quai d’Orsay, le message de l’amiral n’est pas remis à son destinataire qui apprendra cependant la nouvelle par la radio avec ceux qui l’accompagnent (Salan et Jean D’Arcy, chef de cabinet du ministre des Armées) (Devillers, 1988, p. 189).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 juin 46 : En France, suite au rejet de la première version de la constitution le 5 mai, ont lieu &#039;&#039;&#039;de nouvelles élections législatives pour former une nouvelle Assemblée constituante. Glissement à droite&#039;&#039;&#039; : le M.R.P. ressort renforcé devenant le premier parti de France avec     28 % des voix (160 sièges) devançant cette fois le P.C.F. (26 %, 146 sièges) et la S.F.I.O. en recul (21 %, 115 sièges). &#039;&#039;&#039;Le gouvernement sera dirigé à partir du 24 par Georges Bidault (M.R.P.)&#039;&#039;&#039;. Le communiste Maurice Thorez demeure vice-président. Ce gouvernement prône une forme de continuité concernant l’Indochine autour de l’idée d’Union française. Moutet (S.F.I.O.) demeure ministre de la France d’Outre-mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 juin 46 : Nguyen Van Thinh (président de la République autonome de Cochinchine) signe une convention avec Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) fixant les rapports du gouvernement français et de celui de la République autonome de Cochinchine. Dans la réalité, c’est le gouvernement français qui détient la réalité du pouvoir, gardant la haute main sur l’administration cochinchinoise et l’organisation de la sécurité (Francini 1, 1988, p. 306).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de De Gaulle à la lettre de Leclerc du 25 avril : « Tenez quelques temps encore… »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 juin 46 : Moutet (F.O.M.) et le Comité interministériel d’Indochine (dirigé par Labrouquère) soutiennent la position de D’Argenlieu et donc la création de la République autonome de Cochinchine. Moutet précise toutefois « qu’en aucun cas, il [le gouvernement autonome] ne doit apparaître comme une création des autorités françaises et comme un paravent de celles-ci. » (Francini 1, 1988, p. 306 ; Devillers, 1988, pp. 189-190). Cette approbation par le Cominindo est, d’entrée, une manière de condamner les négociations de la Conférence de Fontainebleau à un échec annoncé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.R.P.F. reconnaît ainsi cette République autonome de fait, mais non &#039;&#039;de jure&#039;&#039;. Et ce, pour ne pas entrer en totale contradiction avec les accords du 6 mars. Ce que rappellera le Cominindo à D’Argenlieu (Turpin, 2005, p. 251).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 juin 46 : Le leader caodaïste Tran Quang Vinh, prisonnier du VM, s’étant échappé se rend aux troupes françaises. Par la suite, les Français accepteront de ramener des Comores leur chef religieux, Ho Phap Phan Cong Tac, exilé depuis 1941 par un ordre de l’amiral Decoux. Il invite ses fidèles (470 000 adeptes) à un ralliement vers les Français qui ne se fera que progressivement (Gras, 1979, pp. 137-138).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les troupes françaises de Haïphong reprennent la garde des quais et des docks et réoccupent les casernes de la ville sans incidents (Pedroncini, 1992, p. 256).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 juin 46 : Les Khmers issarak forment un « Comité de libération du Cambodge ». Un état-major khméro-vietnamien est constitué mais l’entente s’étiole rapidement car les Cambodgiens refusent de passer sous la tutelle vietnamienne (Bodinier, 1989, p. 132).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 juin 46 : Lettre de Leclerc à Robert Schuman (M.R.P.) destinée à être transmise au futur président du Conseil Georges Bidault (M.R.P.) : « Ho Chi Minh est un grand ennemi de la France, dont le but poursuivi par lui-même et son parti est notre mise à la porte pure et simple. Nous avons en main tous les documents qui peuvent faire foi […] Tout est voulu et programmé par lui […] Ne vous laissez pas prendre par la sympathie et les artifices de langage que Ho Chi Minh et son équipe savent utiliser et manier à la perfection. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 151 avec erreur de date, l’article du journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; qui la cite mentionne sa rédaction le 8 et non le 6 ; Pedroncini, 1992, p. 323 ;  Turpin, 2005, p. 256) D’un Leclerc jusque-là assez conciliant avec le VM, on passe à un Leclerc combatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc s’adresse par lettre à De Gaulle pour évoquer sa mésentente totale avec d’Argenlieu : « Je crois comprendre, par les conseils que vous me donnez, que l’Amiral D’Argenlieu m’a représenté comme un impatient de servir sous ses ordres [...] Je me suis permis, alors, de lui exprimer par lettre ma manière de voir […] Au reçu de cette lettre, il a jugé bon de vous prévenir, en déformant vraisemblablement la vérité, et de demander mon  rappel au Gouvernement. Il a choisi comme agent de transmission l’amiral Auboyneau qu’il m’avait lui-même défini en termes très durs à son arrivée en Indochine. Le général Juin rencontré par Auboyneau à Calcutta [voir 14 avril] dissuada celui-ci de remplir cette mission, c’est pourquoi il s’est contenté de vous voir et n’a pas fait la démarche auprès du Gouvernement. De mon point de vue, cette histoire se résume à ceci : l’Amiral s’est conduit à plusieurs reprises avec une parfaite mauvaise foi, je l’ai prévenu que j’étais au courant. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 235)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 juin 46 : Dans le but de contrer la puissance des Caodaïstes (véritable État dans l’État), ralliement de Tran Quang Vinh, l’un de leurs dirigeants, à l’occupant français. Ce ralliement est avant tout le reflet d’une politique française de « vietnamisation » précoce du conflit, visant à se servir des indigènes – et notamment des minorités – comme moyen d’action contre le Vietminh (Louaas, 2015, p. 80). Un accord général avec la secte sera signé en janvier 1947. Les Caodaïstes s’impliqueront alors aux côtés des Français contre le VM, même si leur loyauté demeurera toujours assez douteuse (Valette, 1994, p. 125).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Organisation à Hanoi d’une journée du Nam Bo visant à mobiliser les foules (Sainteny, 1967, p. 208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 - 20 juin 46 : Leclerc opère une grande tournée au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle : Vientiane, Dien Bien Phu, Haïphong, Hongay, Campha, Tourane, Hué (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 juin 46 : Leclerc est à Hanoi et au Tonkin pour une semaine. Il y observe une atmosphère détendue. Il y rencontre Giap et note dans son journal de marche : « Il semble qu’ils aient compris que nous ne partirons pas et qu’il valait mieux composer avec nous. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 256)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Léon Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) accompagne Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) à Dalat, avec le Dr Nguyen Van Thinh afin de préparer la formation du futur gouvernement provisoire de la de Cochinchine. Pour Pignon, la situation au Sud est simple : c&#039;est aux Sud-Vietnamiens et à eux seuls de décider par référendum de leur réunification et non au reste du Vietnam (Varda, 2007, p. 284).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 juin 46 : Arrivée d’HCM à Biarritz. Sainteny le sent « réticent et nerveux ». La conférence de Fontainebleau lui paraît inutile depuis l’annonce de la proclamation de la République autonome de Cochinchine qui est en totale contradiction avec les accords du 6 mars. Sainteny, pour le rassurer, lui rappelle que le texte consacrant cette République précise : « sous réserve des résultats du référendum prévu par la convention préliminaire du 6 mars 1946. » (Sainteny, 1967, p. 205). Maigre consolation pour le président vietnamien qui se sent floué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 juin 46 : Départ de D’Argenlieu de Saigon pour Fontainebleau. Il y arrive le 14 puis demeurera à Paris jusqu’au 10 juillet pour y faire du lobbying politique, avant de repartir pour la seconde conférence de Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Crépin (adjoint de Valluy, commandant les troupes françaises au Tonkin) recommande clairement aux Français de s’allier au VM pour récupérer le bastion de Langson occupé par  le V.N.Q.D.D. et le D.M.H. : « Bien entendu, il ne s’agit pas d’y aller seul ou contre le gouvernement vietnamien, mais d’accord avec lui. Ce serait une excellente occasion pour obtenir une coopération militaire franco-vietnamienne qui lierait plus encore à nous le sort du gouvernement vietnamien. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 juin 46 : Arrivée de D’Argenlieu à Orly à 17 h 00. Son voyage s’est effectué en un temps record. L’amiral arrive à Paris dans un climat politique confus, avec la démission en cours du gouvernement Gouin. Selon Turpin, le G.R.P.F. a mal préparé la conférence à venir « en ne faisant pas le travail de synthèse et de décision nécessaires à la bonne marche des négociations. » (Turpin, 2005, p. 252) L’ouverture de la conférence prend d’entrée du retard (voir 8 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc adresse des directives à Valluy (commandant en chef du corps expéditionnaire par intérim) : « Sans pousser à la rupture, profiter au maximum des circonstances favorables pour asseoir et étendre nos positions. Agir en prévenant le gouvernement d’Hanoi et si possible avec son accord. » Les Français entendent réoccuper Langson, rétablir la liaison avec Sam Neua, rouvrir la route Hué-Savannakek, reprendre possession du palais du gouvernement général à Hanoi (occupé jusqu’alors par le général chinois Lou Han) et reprendre totalement le contrôle de l’hôpital Lanessan (Pedroncini, 1992, p. 256).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 juin 46 &#039;&#039;&#039;: L’Assemblée nationale française désigne Georges Bidault au poste de président du Conseil&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 190). Il demeurera à ce poste jusqu’au 16 décembre 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoi, les actions des extrémistes se poursuivent (V.N.Q.D.D. ?). La jeep du représentant britannique Simson Jones est pour la deuxième fois mitraillée par méprise et percée par 17 projectiles. Son occupant parvient à se réfugier dans une tranchée. Deux militaires français sont poignardés à la sortie d’un cinéma. Giap décide de renforcer les patrouilles mixtes (Fonde, 1971, p. 230).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 juin 46 : Entrevue d’Argenlieu-De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises. Ils évoquent ensemble des questions sur la situation nationale et internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse au futur président du conseil Bidault la liste des négociateurs et des experts prévue par lui pour la conférence de Fontainebleau. Aucun homme politique d’une quelconque envergure n’y figure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Incident franco-vietnamien à Haïphong : un Français est tué (Giap 1, 2003, p. 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français occupent Phu Lang Tuong sur la route de Langson (voir 14 et 26 juin). Le VM vient d’en chasser le V.N.Q.D.D. Cette réoccupation marque un fugace signe de détente entre Français et Vietnamiens. L’ordre de réoccupation étant signé conjointement par Valluy et Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) (Fonde, 1971, p. 231).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 juin 46 : Le général de brigade Louis &#039;&#039;&#039;Morlière&#039;&#039;&#039; est mis à la disposition de Valluy (désormais commandant en chef du corps expéditionnaire par intérim, voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin) et prend également le commandement des troupes du Tonkin, toujours par intérim (Bodinier, 1987, p. 125). Il occupe également le poste de commissaire de la République du Tonkin, là encore par intérim (Cadeau, 2019, p. 592, note 2). Rétrospectivement, suite à leurs futurs démêlés, Valluy écrira : « […] jamais choix n’aura été sur le papier moins discutable, jamais choix n’aura été en réalité plus malheureux et d’abord pour l’intéressé lui-même qui sera placé dans d’inextricables situations [...] sa nomination n’est pas accueillie en Indochine avec grand enthousiasme » car, selon son supérieur, il n’est aimé de personne (Valluy 2, 1967, p. 359).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Paris, D’Argenlieu lance les instructions pour la seconde conférence de Dalat qui doit s’élargir et s’ouvrir à tous les membres de l’Union française : la Cochinchine, le Cambodge et le Laos (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur ordre de D’Argenlieu, et contre l’avis de Leclerc qui avait annulé cette opération le 30 juin la jugeant contraire aux accords du 6 mars, les troupes françaises réoccupent facilement la région Pleiku-Kontum malgré la présence sur place de 4 000 hommes du VM (Pedroncini, 1992, pp. 256-257) D’un côté, on est censé négocier, de l’autre, on reconquiert des régions… Cette occupation des Hauts-Plateaux est l’occasion pour les Français de créer ce qu’ils dénomment une « région autonome moïe ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM lance 3 000 hommes pour reprendre Viet Tri qui servait, depuis septembre, de base arrière en cas de repli du Comité central du V.N.Q.D.D. La ville ne comprend alors que 356 défenseurs (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 202).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 juin 46 : HCM qu’on a fait lanterner part (enfin…) pour le Bourget. &#039;&#039;&#039;Début des négociations de Fontainebleau.&#039;&#039;&#039; Elles ont été plusieurs fois retardées car il y a eu en métropole rejet par référendum du projet de constitution le 5 mai, démission du gouvernement Gouin, élection d’une nouvelle assemblée constituante et la mise en place du gouvernement de Georges Bidault (président du G.P.R.F., M.R.P.) le 24 juin. Un gouvernement tripartite est à venir (voir 24 juin) mais dominé par un dirigeant du M.R.P., parti peu favorable au processus de négociation avec le VM. HCM avait réclamé à corps et à cri Paris, il devra, sur décision du futur président du Conseil Bidault, se contenter de Fontainebleau (voir 6 juillet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’absent, officiellement pour raison de santé, D’Argenlieu a fait et va faire tout son possible pour « torpiller » les négociations en cours. D’abord en ayant suscité le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin la création d’&#039;&#039;&#039;une République Autonome de Cochinchine&#039;&#039;&#039; sous la présidence du docteur Nguyen Van Thinh, un habile moyen pour tirer profit de la traditionnelle rivalité culturelle et économique entre Tonkinois et Cochinchinois. Ensuite en prévoyant de réunir une deuxième conférence élargie qui se tiendra à Dalat du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 août mais en l’absence d’HCM alors présent en France (voir 22 avril et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août). La réaction d’HCM est indignée : « On nous demande de jouer franc jeu et l’Amiral a profité de mon absence pour créer le Gouvernement de Cochinchine, occuper les plateaux Moïs et le palais du gouverneur à Hanoi et voilà maintenant qu’il convoque une conférence générale à laquelle à laquelle seul le Vietnam sera absent. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 276) Sur les « principaux points de désaccord » franco-vietnamiens à régler au cours de cette conférence, voir, côté français, DDF, 2003, tome 1, document n° 375, pp. 842-846.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 juin 46 : Suite aux élections du 2 juin, &#039;&#039;&#039;Georges Bidault (M.R.P.) devenu président du Conseil le 19 forme son gouvernement.&#039;&#039;&#039; C’est un gouvernement tripartite, peu homogène, composé de membres du M.R.P., du P.C.F. et de la S.F.I.O.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement Bidault 1 : Armées : Edmond Michelet (M.R.P.) ; Affaires étrangères : Georges Bidault (M.R.P.) ; France d’Outre-mer : Marius Moutet (S.F.I.O.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 juin 46 : À Hanoi, dès 4 heures du matin, le palais du Gouvernement général est réoccupé &#039;&#039;manu militari&#039;&#039; et par surprise par les troupes françaises qui en chassent les troupes de Lou Han. Elles sont immédiatement reconduites à l’aéroport (Fonde, 1971, p. 231 ; Pedroncini, 1992, p. 397). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 juin 46 : Leclerc écrit au docteur Thinh (président du Conseil consultatif pour la Cochinchine) que la sécurité du Sud exige « une collaboration entière des Cochinchinois » (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 juin 46 : À Hanoi, une grève générale de protestation est déclenchée par le VM contre les opérations françaises menées sur les plateaux Moïs et la réoccupation de la région de Pleiku et de Kontum (Annam) (Pedroncini, 1992, p. 397).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note du secrétariat général du ministère des Affaires étrangères (dirigé par La Laurentie) en vue de la conférence de Fontainebleau observe : « […] S’il doit y avoir fédération, il importe, en effet, que cette fédération soit française. Si l’emprise de la France n’est pas fortement marquée et garantie, l’affaire évoluerait au bénéfice de l’Annam, ce qui serait fatal pour l’indépendance du Cambodge et du Laos et probablement préjudiciable à l’intérêt français. Or, la fédération pour rester française, doit être équilibrée et ce résultat ne peut être atteint que si la Cochinchine conserve sa complète indépendance par rapport à l’Annam […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 422, pp. 934-935)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 juin 46 : Le texte d’une nouvelle constitution de 1946 étant toujours en cours de rédaction, D’Argenlieu adresse au ministre de la F.O.M. (Moutet) une lettre le mettant en garde « sur les inconvénients très sérieux qu’il y aurait à préfigurer dans les textes constitutionnels ou législatifs le statut de l’Indochine, avant l’aboutissement des négociations en cours avec la République démocratique du Vietnam, comme des négociations avec les autres États, membres de la Fédération indochinoise. » Selon lui, et même s’il n’en pense pas un mot, les négociateurs doivent encore bénéficier « d’une très grande liberté d’action et de manœuvre. » (D’Argenlieu, 1985, p. 297)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion informelle pour mettre en place la ligne politique en vue de la conférence de Fontainebleau. Sont présents : Georges Bidault, Edmond Michelet, Jules Moch et D’Argenlieu. Les ministres communistes ont été volontairement évincés (Ruscio, 1985, p. 124). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​29 juin 46 : Ayant été mis au courant le 14 avril par le général Juin de l’existence d’une lettre de D’Argenlieu demandant au gouvernement de se séparer conjointement de Leclerc et Salan, le premier réagit en écrivant au chef de l’état-major français, le général Juin : « Ayant eu connaissance des attaques très dures prononcées par l’amiral D’Argenlieu contre moi-même, je me permets de préciser en deux mots, pourquoi je serai heureux de ne plus servir sous ses ordres. L’amiral est un autoritaire qui commande peu : jusqu’au débarquement du Tonkin inclus, pas un ordre, pas une directive, sauf parfois après la bataille. Mais en même temps, égocentrisme considérable qui n’admet pas d’autre autorité que la sienne. En somme, il serait nécessaire d’approuver sans cesse et d’encenser avec respect en attendant des ordres qui ne viennent pas. Le second reproche, peut-être plus grave, est un manque de probité intellectuelle dont je ne fus pas le seul à souffrir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 259)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lors d’une entrevue entre Leclerc et Cédile (commissaire de la République en Cochinchine), le général apostrophe ce dernier en lui disant : « Venez donc prendre un whisky, ça vaut mieux que votre truc de gouvernement à la noix [gouvernement provisoire de Cochinchine] ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 277) Ce qui n’empêchera pas le général de défendre bec et ongles le statut de la Cochinchine lors de son séjour parisien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;A Paris, réunion du Comité interministériel de l’Indochine (Cominindo) alors que la conférence de Fontainebleau est sur le point de démarrer&#039;&#039;&#039; (voir 6 juillet). On fixe la ligne de conduite et la composition de la future délégation française : Pignon, Torel et Gonon (entourage de D’Argenlieu) ; Bousquet, D’Arcy, Messmer (Cominindo) ; Salan, amiral Barjot (militaires) ; Max André (président M.R.P. de la conférence) et divers représentants de gauche de la coalition gouvernementale qui ne joueront aucun rôle (Valette, 1994, p. 70). Le Comité confirme la volonté de séparer le sort de la Cochinchine du reste du Vietnam afin de préserver les intérêts économiques français au Sud. Il ne faut donc rien céder sur la question du référendum en Cochinchine. Il faut définir les contours de la Fédération indochinoise au sein de l’Union française en limitant l’indépendance réelle du gouvernement vietnamien : le Comité rejette catégoriquement le terme « indépendance » et lui substitue l’appellation « libre État ». Seule la Fédération est habilitée à gérer l’administration du pays (douanes, monnaie, ports, télégraphe) sous l’autorité du haut-commissaire. Du point de vue diplomatique, le Vietnam n’a aucune représentation propre, toute diplomatie doit passer par Paris. Le Comité mesure mal la détermination des Vietnamiens et ses décisions péremptoires du jour vouent d’entrée la future conférence à n’être qu’un échec.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin juin 46 : Hoang Minh Giam, futur négociateur à Fontainebleau rencontre Marius Moutet. Selon Pierre Brocheux, il « se montra déçu par Marius Moutet qu’il rencontre fin juin 1946 et chez lequel il ne trouve aucune sensibilité aux revendications vietnamiennes. En septembre et octobre 1946, assistant au congrès de la S.F.I.O., il s’aperçoit qu’il ne faut pas attendre grand-chose de la part de la direction du « parti-frère », absorbé par des luttes de tendance et des « combats des chefs ». » (Pedroncini, 1992, p. 237)&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Mai 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T06:03:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mai-juin 46 : Départ définitif des troupes d’occupation japonaises au Nord comme au Sud de l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mai 46 : Une manifestation à Saigon en faveur de l’autonomie de la Cochinchine a lieu. Elle réunit 10 000 personnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note de la commission diplomatique de la conférence préparatoire franco-vietnamienne (première conférence de Dalat) qui vise à restreindre les prétentions vietnamiennes en matière de diplomatie en mettant en avant l’appartenance du Vietnam à la Fédération indochinoise et l’Union française (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 306, pp. 694-696).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mai 46 : Nouvel assassinat (voir 7 avril) par le VM (sous les ordres de Nguyen Binh) de Nguyen Banh Thach, un autre membre du Comité consultatif de Cochinchine (voir 26 mars) (De Folin, 1993, p. 159). L’insécurité grandissante fait douter une partie la population cochinchinoise de la résolution française à pouvoir s’imposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Rejet en France par référendum du premier projet de constitution.&#039;&#039;&#039; Ce rejet entraîne de nouvelles élections et la formation d’une nouvelle assemblée constituante (voir 5 juin).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy constate que « le gouvernement Ho Chi Minh tend à se rapprocher des Français dont l’appui lui semble de plus en plus nécessaire pour contrebalancer son instabilité constante. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 255) Les Vietnamiens n’entendent pas, au moins temporairement, répercuter au Tonkin les difficultés liées au blocage de la conférence de Dalat et celles que connaît actuellement la Cochinchine. Le gouvernement vietnamien songe à quitter Hanoi par peur d’un coup de force français qui n’est pas tout à fait une fiction depuis la nomination de Valluy au poste de commandant en chef des forces du Tonkin (voir 10 avril). Cet apaisement momentané au Nord n’empêchera pas l’apparition d’une vague de violence à Hanoi émanant des milieux extrémistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mai 46 : La délégation de parlementaires vietnamiens conduite par Pham Van Dong est reçue au siège du comité central du P.C.F. où elle rencontre Maurice Thorez, Jacques Duclos et André Marty. C’est une occasion pour les membres du P.C.F. de mieux connaître la situation au Vietnam, ce qui n’était d’ailleurs pas forcément le cas avant (Férier, 1993, p. 43). Selon Ruscio, « ce n’est qu’à ce moment que les dirigeants communistes français eurent, enfin, une communication complète de la situation au Vietnam. » Ruscio, qui s’en est entretenu ultérieurement en rencontrant pour ses recherches Pham Van Dong, lui a demandé si ce voyage avait été l’occasion de renouer des liens. Réponse affirmative de ce dernier qui précise : « Seulement […] nous étions obligés de travailler avec les officiels français d’alors. Il fallait garder une certaine discrétion dans nos rapports avec le P.C.F. […] Nous avons fait beaucoup pour informer le P.C.F. de la situation. Il était déjà un grand Parti, mais il ne pouvait pas tout savoir ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 71 et p. 108) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réunion du Cominindo qui ne décide de rien. Son secrétaire général, Labrouquère, est, comme Moutet, en campagne électorale pour un poste à la députation (Devillers, 1988, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mai 46 : À la conférence de Dalat, la commission politique parvient à l’un des rares points d’accord : le Vietnam reconnaît faire partie de l’Union française en tant qu’État associé ;  son adhésion à la Déclaration des droits de l’Union et sa participation à son Conseil supérieur fera l’objet de discussions ultérieures. Mais les Français lui refusent un statut d’État, son adhésion à l’O.N.U. et ne lui accordent aucune véritable indépendance diplomatique (voir 29 mars). Seule une « participation de représentants indochinois dans le personnel diplomatique » est concédée. Ce dont ne se satisfont pas les Vietnamiens (D’Argenlieu, 1985, pp. 257-258).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une directive de D’Argenlieu adressée à Leclerc lui prescrit une « observation moins scrupuleuse des accords antérieurs » en raison des nombreux manquements vietnamiens observés (Pedroncini, 1992, p. 396). Il demande à son subordonné d’« accentuer résolument notre progression vers le Nord en direction de Pleiku et Kontum [car] nous devons étendre notre autorité en Annam en direction du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, spécialement chez les Moïs. » La réponse de Leclerc est mesurée : « Pouvons quand nous le voulons, mais s’agit de savoir si intérêt actuellement à augmenter nos difficultés avec le Vietnam. » Ce dont conviendra d’ailleurs D’Argenlieu le 14. Leclerc n’a pour l’instant qu’une priorité en tête, obtenir le départ définitif des Chinois (Devillers, 1988, p. 183).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mai 46 : À la première conférence de Dalat qui s’achève ce jour, un des délégués du VM, Bach Mai, démontre l’unité du Vietnam, constitué arbitrairement de trois &#039;&#039;Kys&#039;&#039; par le processus de colonisation française. Il déclare : « […] en démontrant aux yeux du monde que le Nam Bo fait partie du Vietnam, et que le Vietnam comprend trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, j’éprouve exactement le même sentiment de révolte et de douleur que vous éprouveriez si vous aviez à démontrer que l’Alsace ou la Lorraine font partie de votre beau pays la France. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 266) D’Argenlieu n’en a cure et conclut par une note optimiste : « Il serait imprudent de conclure que ces désaccords ne pourront être quelques jour aplanis. C’est affaire de bonne volonté, de patience et de temps […] (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 182-183).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la question de réunion des 3 &#039;&#039;Kys&#039;&#039;, une note de la commission politique de la conférence préparatoire franco-vietnamienne de ce jour souligne l’opposition des Français à cette prétention vietnamienne en s’appuyant sur les résultats du futur référendum qui sont seuls habilités à trancher cette question (citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 324, pp. 738-740).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mai 46 : D’Argenlieu se rend à Ban Me Thuot pour la cérémonie de serment des populations montagnardes des Plateaux Moïs fidèles aux Français (Pedroncini, 1992, p. 396).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la réponse de Leclerc du 8 mai, D’Argenlieu convient que les opérations françaises conduites sur Pleiku et Kontum « conduites forcément avec décision et rapidité, ne peuvent qu’augmenter nos difficultés avec le Gouvernement du Vietnam et provoquer une crise aiguë en Indochine du Nord […] » (Devillers, 1988, p. 183). On jette, côté français, par ces actions de reconquête de l’huile sur le feu en une période qui devrait être consacrée aux seules négociations de Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une lettre de Leclerc adressée à D’Argenlieu : « La grande majorité des populations libérées de Cochinchine est lasse du désordre. Elle se rapproche de plus en plus de nous, et nous montrera son attachement d’autant plus grand qu’elle sera convaincue de la valeur de la puissance française. Le programme « La Cochinchine aux Cochinchinois » ralliera donc le maximum de suffrages dans les provinces où l’habitant se sent efficacement protégé contre les terroristes « vietnamiens ». »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 244) Belle illusion colonialiste qui prône une fois de plus la théorie du « diviser pour régner » chère à l’amiral et qui peut peut-être s’appliquer à une infime minorité de possédants cochinchinois (voir 4 février) mais certainement pas aux masses paysannes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Laos, libération de Luang Prabang par les forces françaises. Le roi Sisavang Vong qui était demeuré fidèle aux Français est libéré de l’emprise des révolutionnaires du Lao Issara&#039;&#039;&#039; depuis sa destitution du 4 novembre 1945. Il décrète nuls et non avenus tous les décrets qui lui ont été imposés depuis le 4 avril 1945, date de l’entrée des Japonais dans le pays. Le roi annonce son intention de doter le pays d&#039;une constitution démocratique dans le cadre de l&#039;Union française qui aboutira au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 27 août (Deuve, 2003, p. 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mai 46 : L’habituel rapport de Bidault portant sur la période du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 aux ambassades étrangères (Londres, Washington, La Haye, Cambera et Moscou) constate la coutumière lenteur des troupes chinoises à évacuer le Tonkin quoiqu’en disent leurs autorités civiles (voir 16 mai). La réoccupation du Laos par les Français se poursuit et le roi Sisovong Vong adresse un message réconfortant à D’Argenlieu. La conférence de Dalat qui s’est terminée le 11 n’a toujours pas réglé la question de l’autonomie de la Cochinchine (DDF, 2003, tome 1, document n° 350-352, pp. 795-796).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mai 46 : Retour en Indochine de la délégation vietnamienne qui est enchantée de l’accueil reçu en France (mission « &#039;&#039;good will&#039;&#039; »). La plupart de ses membres pense que les perspectives politiques françaises du moment sont plutôt favorables au Vietnam (Devillers, 1988, p. 188). C’est une fausse impression qui sera contredite et par le résultat des élections (voir 2 juin) et par la conférence de Fontainebleau durant laquelle le président de cette délégation, Pham Van Dong, demeuré quant à lui en France, durcira le ton de ses propos jusqu’à la rupture définitive d’avec les Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Meyrier (ambassadeur de France en Chine) rencontre le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Chih Chie. Celui-ci l’assure que « […] la relève […] est déjà chose faite dans tout le territoire au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, le gros des forces (93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; et 60&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armées) ont quitté l’Indochine ; il ne reste plus qu’une division au Laos et trois divisions au Tonkin […] ». Toutes les unités chinoises doivent être évacuées « au plus tard le 10 juin » (DDF, 2003, tome 1, document n° 340, pp. 771-772) Dans les faits, l’évacuation totale des troupes chinoises traînera jusqu’au 18 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mai 46 : Départ de D’Argenlieu pour Hanoi. Il y restera jusqu’au 21. Entrevue D’Argenlieu-HCM. L’amiral tente de dissuader HCM de partir avant le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin pour Paris car la France est actuellement en période électorale. Il ne sera pas entendu. HCM botte en touche lorsque D’Argenlieu lui reproche les crimes dont celui de Nguyen Banh Thach du comité consultatif de Cochinchine (voir 3 mai). Au final, ces discussions n’aboutissent à rien (Devillers, 1988, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mai 46 : Nouvelle entrevue entre D’Argenlieu et HCM mais cette fois en présence d’autres membres du gouvernement vietnamiens : Than (Affaires étrangères), Giap et Hoang Minh Giam (vice-ministre des Affaires étrangères). D’Argenlieu note que « ce dernier, vraie « éminence grise » de Ho, est le plus âpre et le plus hostile. » On aborde la question des montagnards moïs, soutiens des Français qu’ils entendent défendre. HCM élude, estimant que l’on évoquera cette question à Paris (D’Argenlieu, 1985, p. 281 ; Devillers, 1988, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mai 46 : Le VM reprend Phu To qui jusqu’alors était tenu par les nationalistes prochinois (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 202).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mai 46 : Leclerc ayant été mis au courant le 14 avril par le général Juin (chef d’état-major) d’une lettre de D’Argenlieu demandant au gouvernement son départ, il est convenu entre les deux hommes que, dès le retour de l’amiral de métropole, le général quitterait ses fonctions (voir 19 juillet). Leclerc n’ébruite pas la nouvelle qui filtre cependant peu à peu et provoque la consternation au sein de l’armée (Pedroncini, 1992, pp. 259-260).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mai 46 : Leclerc donne des directives au groupement Quilichini qui opère en Haute et Moyenne région du Tonkin demeurées fidèles aux Français. Il précise : « pas d’ingérence dans l’administration du pays. » (Pedroncini, 1992, p. 396)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Chinois restituent aux Français le poste de Dien Bien Phu. La 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise évacue progressivement mais aussi lentement le Laos, une fois la récolte d’opium achevée (Fonde, 1971, pp. 215-216). Mais le retrait total des Chinois va traîner jusqu’en septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mai 46 : Entrevue D’Argenlieu-Leclerc. Ce dernier évoque son départ éventuel au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet. Le général Revers aurait été pressenti pour le remplacer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour d’Indochine, rapport du général Juin (chef d’état-major de l’armée française) au gouvernement sur sa mission en Extrême-Orient. À Nankin, il a pu s’entretenir avec le général Ho Ying Ching (qui « représente la tendance extrémiste du Kuomintang farouchement nationaliste ») sur les récents événements de la « Pâques sanglantes » (voir 21 avril). Juin  désapprouve les récentes négociations franco-vietnamiennes entamées avec des communistes. Il a rencontré le général américain Marshall à Chunking qui l’a assuré de son appui « pour hâter l’évacuation des troupes chinoises du Tonkin et notamment la fourniture du &#039;&#039;shipping&#039;&#039; nécessaire au transport de ses troupes. » Il s’est ensuite rendu en Indochine où il a constaté des progrès. Au Tonkin, « nos troupes sont solidement installées » avec contrôle des ports et des aérodromes mais la présence chinoise à Hanoi et Haïphong entraîne toujours « des désordres sanglants ». Il observe également que « les relations entre troupes du Vietnam et troupes françaises manquent totalement de cordialité. » Il a rencontré Lou Han à Hanoi qui envisage – du moins en paroles - l’évacuation de la ville par ses troupes. La situation en Cochinchine et au Sud-Annam est toujours tendue du fait de troubles récurrents. Les accords du 6 mars n’y sont pas respectés. Les Français entendent toujours défendre par voie de référendum « la cause d’une Cochinchine indépendante » chère à D’Argenlieu (Bodinier, 1987, pp. 261-266) Derrière ces constats plus ou moins rassurants, le général Juin se sent mal à l’aise dans ce pays qu’il comprend mal. C’est ce qu’il avouera d’ailleurs un peu plus tard au « Chinois », le général Salan (voir 30 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président du conseil consultatif de Cochinchine, le Français M&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Beziat, adresse une lettre à D’Argenlieu. Il demande la création d’un gouvernement provisoire de la République de Cochinchine. Il lui sera répondu le 27 (Devillers, 1988, p. 188).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mai 46 : Un rapport du bureau politique du Commissariat de la République à Hanoi signale des « activités clandestines et anti-françaises » du G.R.A. : « Elles constituent l’essentiel de l’action sur le plan intérieur : elle a un caractère gouvernemental. La propagande ne cesse d’entretenir un état d’excitation de groupements de résistance. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 236-237) La violence se manifeste par des enlèvements d’Eurasiens, des vexations à l’égard des Français, des assassinats de Vietnamiens considérés comme profrançais et d’opposants au VM, y compris en Cochinchine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Création par le VM du « Front national uni du Vietnam&#039;&#039;&#039; » ou encore « Association du peuple vietnamien unifié » (&#039;&#039;Hoi Lien Hiep Quoc Dan Viet Nam&#039;&#039; ou &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039;&#039;&#039;&#039;). Il se propose, selon une méthode rôdée depuis 1941 lors de la création du VM, de céder le pas au nationalisme par rapport au seul communisme. Son but est d’intégrer à la cause indépendantiste les nationalistes non-communistes. Il est présidé par la ministre de la Défense Huynh Thuc Khang (non communiste) et comprend des membres du V.N.Q.D.D. « rénové », du D.M.H. et des partis socialistes. Le processus progressif d’absorption du &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; par le VM ne sera que très lent et ne prendra fin qu’au Congrès d’unification des fronts du &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; et du Vietminh qui aura lieu du 11 au 19 février 1951. Il aboutira à la naissance du &#039;&#039;Lao Dong&#039;&#039; le 3 mars de la même année  (Fall, 1960, p. 149). Toutefois, avec l’espoir d’une réunification des 2 Vietnam, le &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; se maintiendra jusqu’en septembre 1955 (voir 5 – 10 septembre 1955) pour être remplacé par un « Front de la Patrie ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière cette apparente hétérogénéité politique, le comité directeur du &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; est constitué de 9 membres du VM purs et durs : il est présidé par Ton Duc Thang (communiste de la première heure, un des marins de la mutinerie de la Mer Noire). Parmi les 27 membres du comité, il y a 12 membres du P.C.I. et 6 apparentés  (Gras, 1979, p. 123 ; Fall, 1960, p. 149). Le &#039;&#039;Lien Viet&#039;&#039; dispose de bureaux délocalisés au sein de ce qu’on appelle les U.B.K.C./H.C. (&#039;&#039;Uy Ban Khang Chien/Han  Chinh&#039;&#039;, comités de résistance et d’administration). Ils sont beaucoup plus présents au Nord qu’au Sud et ce, jusqu’au coup de force du 19 décembre (Goscha, 2011, empl. 1 107-1 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à une lettre qui lui a été adressée le 25 par le président du Conseil consultatif de Cochinchine pour demander la création d’un gouvernement provisoire (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin), D’Argenlieu insiste « sur le caractère essentiellement provisoire de ce gouvernement. La Cochinchine demeure une parcelle du patrimoine national. Seul le vote d’une assemblée nationale [française] peut légaliser la chose. » (D’Argenlieu, 1985, p. 283) Sur la question de la tenue d’un référendum, la France tiendra son engagement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mai 46 : Instruction de D’Argenlieu qui désigne Salan pour « être le délégué fédéral du haut-commissaire, commandant en chef, à la conférence de Paris. » (Salan 1, 1970, p. 395).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face à la récente phase de violence déclenchée par les milieux extrémistes à Hanoi, Valluy adresse une énergique protestation à HCM. Ce dernier doit faire un effort considérable pour convaincre le VM de la nécessité d’un changement d’attitude. Il y parvient au moins partiellement à la veille de son départ pour la France, notamment en faisant pression sur l’irascible Giap qui doit prendre la succession du président lors de son séjour en France (Pedroncini, 1992, p. 255).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 mai 46 : A une période de violence succède un moment de détente entre Français et Vietnamiens à Hanoi. Les manifestations d’amitié franco-vietnamiennes se multiplient. Selon le commandant Fonde, commandant la « Mission française de liaison » : « La population, conviée en masse à un rassemblement à la cité universitaire le 30 mai, délire à la vue de l’oncle Ho qui prône l’union, la discipline et la collaboration avec la France. Dans son élan, la foule acclame aussi le général Salan. » Au retour de cette manifestation, HCM visite des cantonnements français. Habituel séducteur passant en revue des hommes de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. et de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B., il déclare : « Mes amis, vive l’amitié franco-vietnamienne ! Le Vietnam vous ouvre ses bras et son cœur ! » Massu le fait acclamer par ses hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Fonde, 1971, p. 217 ; Pedroncini, 1992, pp. 255-256)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mai 46 : Malgré les efforts soutenus de D’Argenlieu pour le retenir le plus longtemps au Vietnam, &#039;&#039;&#039;départ jusqu’au 19 septembre d’HCM pour la France.&#039;&#039;&#039; Il est accompagné de Salan. Ce dernier a été nommé par le général Juin (voir 11 avril) puis par D’Argenlieu (voir 29 mai) au poste de chef de la mission préparatoire à la conférence de Fontainebleau où il occupera le poste de conseiller militaire. C’est lui qui prend en charge HCM lors des différentes escales avant l’arrivée en France. Ils font escale en Inde (Calcutta, Chandernagor), en Égypte (Le Caire) et en Tunisie (Tunis). &#039;&#039;&#039;C’est au cours de ce voyage, lors de l’escale du Caire, qu’HCM a confirmation de la décision de d’Argenlieu de proclamer en Cochinchine une République autonome.&#039;&#039;&#039; C’est un coup fourré de l’amiral augurant mal des intentions du gouvernement français qui essaie, en vain, de dissimuler l’information jusqu’à l’arrivée du président du Vietnam en métropole. HCM veut dans un premier s’en retourner au Vietnam. Il déclare à Salan : « Mon général, ne faites pas de la Cochinchine une nouvelle Alsace-Lorraine, car nous irons à une guerre de Cent ans. » (Salan 1, 1970, p. 389) Pour autant, les deux hommes qui s’apprécient, échangent. Salan parvient à arrondir les angles. HCM lui fait quelques confidences : « Giap m’est totalement dévoué. Il n’existe que parce que je le soutiens. Lui, comme les autres, ne peuvent rien sans moi. Le père de la Révolution, c’est moi. » (De Folin, 1993, p. 171 ; Salan 1, 1970, p. 383).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Durant l’absence d’HCM, c’est le ministre de l’Intérieur Huynh Thuc Kang (un « neutre ») qui théoriquement assure l’intérim de la présidence. Mais dans les faits c’est Giap qui tient les  les rênes. Il dirige le ministère de l’Intérieur et le commissariat de l’Armée nouvellement créé, et qui constitue une sorte d’état-major général embryonnaire. Le vide laissé par le départ progressif des Chinois donne au VM une occasion unique de liquider durant cette période ce qui reste des partis nationalistes qui ont désormais perdu leurs précieux protecteurs (Fall, 1960, p. 50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM a d’ailleurs laissé le pays dans les mains de fer de Giap avec la consigne  de « se tenir prêt à toute éventualité », notamment au Nord… (De Folin, 1993, p. 164) Mais l’ambiance du voyage en France demeurera dans l’ensemble assez détendue, même après l’annonce de la proclamation de la République de Cochinchine le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin. Au final, HCM renoncera rapidement à un retour précipité, poursuivra et même prolongera son voyage jusqu’en septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se rend à Biarritz du 12 au 22 juin pour, selon Sainteny, un « séjour forcé » en tant qu’hôte du gouvernement français (Sainteny, 1970, p. 96). En effet, il est obligé de se rendre en villégiature car à Paris il n’y a pour l’instant pas de gouvernement… Le voyage du président ne fait toutefois pas l’unanimité. Il reçoit du Vietnam une « Lettre au camarade Nguyen Aï Quoc » qui l’accuse de trahison en venant négocier à Paris (Sainteny, 1970, pp. 98-99). Pris entre deux feux, il n’est donc pas absolument serein, et même plutôt agacé, mais fait bonne mine en allant faire du tourisme avec Sainteny qui a pris le relai de Salan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 22 juin, il quitte Biarritz pour Paris. Il survole avec Sainteny les châteaux de la Loire. Il débarque au Bourget à 16 h 00 et est accueilli par Marius Moutet (ministre de la France d’Outre-mer). La foule venue à sa descente impressionne ce nouveau chef d’État qui s’adapte tant bien que mal, en demandant parfois de l’aide à Sainteny lorsque la pression de la foule est trop forte. Il séjourne dans un premier temps à l’hôtel Royal-Monceau puis se rend en Normandie pour visiter les plages du débarquement. Il est alors hébergé dans une propriété de Sainteny.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour à Paris, il rencontre beaucoup de monde et mène des campagnes de lobbying auprès de dirigeants politiques français (M.R.P., S.F.I.O.) dont l’ancien ministre des Colonies Albert Sarraut ou d’anciennes relations (militants de &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; ou de &#039;&#039;La Vie ouvrière&#039;&#039;, des milieux syndicaux) capables de soutenir la cause du VM. Il intrigue de nombreux hommes d’affaires ou journalistes venus voir ce personnage atypique. Il se rend compte aussi que la question indochinoise n’est guère une priorité chez la plupart des politiques français. HCM noue toutefois de nouvelles relations, se fait apprécier et exerce son pouvoir de séduction sur tous. Il rédigera au cours de ce séjour un carnet de voyage où il note ses réflexions sur les Français. Il a deux regrets : ne pas avoir rencontré De Gaulle (qui s’est retiré de la vie politique depuis le 20 janvier et lui a fermé sa porte) et Leclerc (qui ne se manifeste aucunement).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement français lui fera comprendre que son séjour, aux frais de la République, doit se terminer. Pour autant HCM reste en France. Il se rend à Soisy-sous-Monmorency, fin juillet 1946, chez des amis, les époux Aubrac (anciens résistants).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, promulgation d’une loi électorale par le Conseil de régence (Sihanouk étant en France) pour former l’assemblée constituante fixant au 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre les premières élections au suffrage universel. Une vie politique apparaît avec la création de partis politiques dirigés par les princes qui se querellent pour le pouvoir et souvent, contre le roi. Les travaux autour de la rédaction de la constitution dureront 8 mois et n’aboutiront que le 6 mai 1947 (Cambacérès, 2013, p. 61).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Avril_1946&amp;diff=5330</id>
		<title>Avril 1946</title>
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		<updated>2026-09-10T05:58:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début avril : Nguyen Binh respecte une trêve dans les actes de violence perpétrés en Cochinchine à la demande d’Hanoi en phase de négociation avec les Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avril 46 : Au Cambodge, création du Parti Démocrate (&#039;&#039;Pak Pracheatipatey&#039;&#039;), premier parti politique cambodgien, fondé par Sim Var, Chhean Vom et Leu Koeus. Le parti compte de nombreux et brillants intellectuels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avril – juin 46 : Départ échelonné des troupes d’occupation chinoises au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (après la cueillette de l’opium, d’où sa lenteur…). Le Tonkin est alors totalement exsangue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril 46 : &#039;&#039;&#039;Le général Valluy est nommé commandant militaire du Nord en remplacement de Salan&#039;&#039;&#039; décribilisé à Paris depuis son implication dans la signature des accords du 6 mars (Salan 1, 1970, p. 358).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face au refus de D’Argenlieu d’aller plus loin dans les concessions, Leclerc lui adresse une lettre incisive : « Jouer franc jeu ne veut pas dire céder à l’adversaire mais consiste à exprimer – et nettement – ce que l’on veut, et à s’y tenir sans changer de ligne. Je reste convaincu que c’est la bonne méthode. Il est certain que les Annamites nous ont fait confiance au début. Aujourd’hui, ce ressort de la confiance est cassé, et je me permets de dire que cet échec provient de la méthode entièrement différente que vous avez suivie. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Gras, 1979, p. 103) Leclerc exprime son désaccord avec les manières de l’amiral : « […] en discussion on est toujours d’accord, puis quand arrive le télégramme ou quand on lit le message envoyé à Paris on s’aperçoit que, par des détails de rédaction, des restrictions le sens est profondément modifié. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 57, note 183)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelque temps après sa réception, D’Argenlieu enverra l’amiral Auboyneau à Paris demander le rappel de Leclerc et Salan « qui ne voulaient pas se soumettre à son autorité » (voir 14 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ngo Van Chieu, officier du VM faisant partie de l’armée franco-vietnamienne, observe : « Le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; avril, de nouvelles troupes françaises font leur entrée dans la ville [Hanoi]. C’est un groupement d’infanterie, aux camions bondés de troupes, qui défile sous les fleurs et les acclamations de la population européenne. La garnison française est maintenant forte de plus de 5 000 hommes de troupes dotés d’artillerie et de blindés. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 77)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;La responsabilité du maintien de l’ordre dans le nord de l’Indochine passe des autorités chinoises à celles de la France dans le cadre des accords du 6 mars signés en accord avec les Vietnamiens&#039;&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 178).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 avril 46 : De Gaulle confie à Claude Mauriac : « C’est effrayant, vous savez, combien l’Empire s’est désagrégé depuis que je suis parti. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 101) De Gaulle n’apprécie pas la politique menée par Leclerc, notamment lorsque celui-ci lui remet une lettre en avril par l’intermédiaire du commandant Buis. Le Général ne mesure toujours pas ni le manque d’effectif ni le manque de moyens dont dispose Leclerc (Ruscio, 1985, pp. 101-102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 avril 46 : Suite aux accords du 6 mars (« Accord annexe ») et à la demande de D’Argenlieu se tient une sixième &#039;&#039;&#039;« conférence d’état-major »&#039;&#039;&#039; entre les Français (Salan) et les Vietnamiens (Giap, ministre de la Défense et Vu Hong Kahn, président et vice-président du Conseil supérieur de la Défense nationale). Elle est beaucoup plus constructive que ses prédécesseuses. Elle prévoit, du moins sur le papier, la rapide évacuation du corps d’occupation chinois. Giap soumet son texte au préalable à HCM qui le confirmera le 4. L’entête du texte précise que « l’accord intervient pour préciser les conditions d’application, au point de vue militaire, de la convention préliminaire du 6 mars 1946 et de l’annexe à ladite convention. De caractère provisoire, il est valable jusqu’à la conclusion des négociations générales prévues à l’article 3 de la convention préliminaire. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 356 et annexe V, pp. 426-430). Selon Salan, entre Français et Vietnamiens « une commission mixte centrale de liaison et de contrôle est créée. Son siège est à Hanoi. Elle est chargée de contrôler l’application fidèle des clauses du présent accord. » (Salan 1, 1970, p. 429) Les Français pourront disposer pour une durée de 5 ans de bases aériennes et navales au Vietnam, et ce, jusqu’au 6 mars 1951. Les troupes françaises disposeront également durant cette période d’un droit de libre circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ordre et la sécurité doivent désormais être assurés conjointement par les troupes franco-vietnamiennes (10 000 Vietnamiens et 15 000 Français), sous l’autorité du général Valluy (« Commandant supérieur aux forces franco-vietnamiennes de relève »). Mais, côté vietnamien, aucun chef de haut rang de la délégation vietnamienne, aucun officier ni même un soldat ne sera mis à sa disposition. Seul un adjoint de Giap, Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur), garde un contact avec le commandant Fonde, chargé de la « Mission française de liaison ». Giap a par ailleurs obtenu que les mouvements des forces françaises soient soumis à l’approbation des autorités locales « jusqu’au rétablissement de la sécurité » et donc sans véritable limite chronologique. L’implantation provisoire des garnisons françaises est fixé : 8 garnisons (Hanoi, Haïphong, Hongay, Nam Dinh, Hué, Tourane, Haïduong, Dien Bien Phu) et 6 postes à la frontière sino-tonkinoise (Moncay, Langson, Caobang, Hagiang, Laokay, Laichau). Un commandement franco-vietnamien est prévu avec, en théorie, un état-major commun mais qui ne sera jamais vraiment mis en place du fait, selon les Français, de la mauvaise volonté du VM. En théorie encore, l’armée française occuperait pendant 5 ans, en commun avec des unités vietnamiennes, des bases pour la plupart situées sur la frontière chinoise. Au bout de ce délai, la relève serait assurée par les Vietnamiens seuls et les Français évacueraient alors le pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit de Paris une réponse positive aux demandes de son télégramme du 29 mars. &#039;&#039;&#039;Le projet de la conférence préparatoire de Dalat est validé.&#039;&#039;&#039; C’est lui qui devra la présider.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comité interministériel pour l’Indochine dont Moutet fait partie répond aux propositions de D’Argenlieu en vue des conférences de Dalat puis de Paris : il faut retarder le départ de la délégation vietnamienne pour que les délégués gouvernementaux français aient le temps d’être instruits pour négocier ; la délégation vietnamienne devra être soumise à un devoir de réserve ; la présence d’une délégation laotienne et cambodgienne est souhaitable ; les négociations en cours « devront aboutir à un accord sur le principe général de l’organisation de la Fédération et de l’intégration dans l’Union française » ; il est impossible de consulter démocratiquement les populations tant que l’ordre ne sera pas rétabli (D’Argenlieu, 1985, p. 247 ; Devillers, 1988, p. 175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu, pour contrer la volonté du VM de réunifier les 3 &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, va s’efforcer de mettre sur pied un gouvernement cochinchinois autonome. Il en informe le gouvernement : « Nous sommes maintenant sur le point d’aboutir à Saigon et un gouvernement pour la Cochinchine est prêt à être constitué. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 245-246)  Il est en cela soutenu, mais de manière hésitante et souvent contradictoire (voir 13 mars et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juin), par le ministre de la France d’Outre-mer, Marius Moutet. Ce dernier avait préconisé dès le 13 mars de faire « toute une propagande » pour empêcher la réunion du Tonkin à la Cochinchine « sous le slogan : la Cochinchine aux Cochinchinois. » Mais le 15 avril, il lui paraît au contraire « évident que nous devons nous garder d’apparaître comme les auteurs d’une propagande pour l’autonomie de la Cochinchine […] » Pour mieux brouiller les pistes et lui donner un semblant de légitimité, on préconise alors l’avènement d’un gouvernement provisoire de Cochinchine qui serait à même d’organiser lui-même un référendum d’autodétermination (D’Argenlieu, 1985, pp. 268-269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM donne une interview à P.M. Dessinges de &#039;&#039;Paris-Saigon&#039;&#039;. Il se dit « enchanté de ses contacts avec le général » Leclerc. « C’est un homme droit, loyal, franc, un chic type comme vous dites en français. C’est avec de tels hommes que l’on aimerait toujours pouvoir discuter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 avril 46 : Leclerc prend connaissance du texte de l’accord de la conférence d’état-major du 3 avril et l’approuve. Il fait lecture à Salan d’une lettre qu’il a adressée à De Gaulle le 27 mars lui expliquant toutes les difficultés auxquelles ont été confrontés les exécutants au moment du débarquement d’Haïphong, lui confiant au passage « combien le gouvernement avait été imparfaitement et faussement informé de la situation » par D’Argenlieu (Salan 1, 1970, pp. 356-357).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 avril 46 : &#039;&#039;&#039;Léon Pignon qui, jusqu’alors, était le conseiller politique de Sainteny devient celui de D’Argenlieu&#039;&#039;&#039; en remplacement de De Raymond qui est nommé commissaire de la République au Laos (Devillers, 1988, pp. 176-177).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 avril 46 : Assassinat d’un nouveau membre du Conseil consultatif, le docteur Tran Van That. Cet acte marque le début d’une longue série (voir 3 mai).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Visite de courtoisie de Giap à Salan. Il l’informe qu’il se rendra également à la première conférence de Dalat. Il déplore les manigances chinoises visant à attiser la discorde entre le VM et le V.N.Q.D.D. prochinois (Salan 1, 1970, p. 357).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours d’une de ses visites de départ, celle-ci s’adressant à Lou Han, Salan se rend au palais Pugnier et croise Bao Daï qu’il ne connaissait pas. Ce dernier a demandé un passeport pour se rendre à Hong Kong via Kunming que les Chinois lui établissent (Salan 1, 1970, p. 358). L’ancien empereur y mènera, à son habitude, une vie détachée des questions politiques (conquêtes féminines, jeu et sport).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan et son épouse sont invités chez HCM en compagnie de Giap, Pham Van Dong (ministre des Finances) et Hoang Minh Giam (vice-ministre des Affaires étrangères). Ce dernier est le plus disert. Salan fait connaissance avec un Pham Van Dong « très réservé ». HCM confie à Salan qu’il est son « fils spirituel ». Deux des invités ont connu les geôles de Poulo Condore. Giap a quant à lui perdu son épouse Bich Ha dans un bagne français. Après le départ de Madame Salan, la tournure de la conversation devient plus politique. HCM critique « Saigon » (D’Argenlieu) qui, selon lui, ne respecte pas les termes de l’accord du 6 mars. Deux problèmes doivent être résolus dans l’immédiat : la Cochinchine et l’ouverture de la conférence de Paris. Les Vietnamiens reprochent à Salan une forme de duplicité française : le colonel Nguyen Van Xuan et des notables saïgonnais doivent partir pour Paris présenter un gouvernement de Cochinchine soutenu par D’Argenlieu, ce qui contredit l’accord préliminaire du 6 mars. &#039;&#039;&#039;HCM annonce qu’il n’ira pas à Dalat et demeure pessimiste quant aux perspectives de cette conférence.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse à Valluy (futur commissaire de la République au Tonkin par intérim avec le départ de Sainteny pour la France, voir 11 avril) une directive. La proclamation d’un gouvernement provisoire en Cochinchine va provoquer des remous au Tonkin tant au niveau gouvernemental que dans la population. La tâche de Valluy va donc être de faire comprendre au gouvernement d’Hanoi qu’il aurait beaucoup plus à perdre en fomentant un coup d’état qu’en préservant la convention du 6 mars. Pour faciliter la tâche de Valluy, D’Argenlieu va reporter l’annonce de cette proclamation au moment de la conférence de Dalat ou de celui du départ des parlementaires vietnamiens vers Paris. D’Argenlieu conclut cette directive d’un « je connais votre sûreté de jugement, votre force de caractère. Vous avez ma confiance. » (Devillers, 1988, pp. 177-178) Un pacte semble désormais lier les deux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 avril 46 : Un commando vietminh (sous les ordres de Nguyen Binh) rompt la trêve menée jusque-là et fait sauter la &#039;&#039;&#039;Pyrotechnie à Saigon&#039;&#039;&#039; pour maintenir la pression au moment où va s’ouvrir la conférence de Dalat (De Folin, 1993, p. 159). Goscha pense que cet acte est une initiative personnelle de Binh, non forcément approuvée par Hanoi (Goscha, 2002, pp. 48-49). Binh a définitivement adopté une stratégie terroriste qu’il nomme « tactique de la terre brûlée » (Goscha, 2002, p. 44) et qu’il défend dans les termes suivants : « Ce que l’ennemi construit, nous le détruisons. S’il reconstruit, nous le détruisons de nouveau. Nous avons fait de sorte que l’ennemi ne pût pas stabiliser la situation, qu’il ne pût pas atteindre son but de pacification. Cela contribuait d’une façon favorable à la construction des bases pour le développement de la guerre de guérilla et la restauration de notre pouvoir politique dans beaucoup de zones positionnées derrière les lignes ennemies. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, 2002, p. 39 ; voir également pp. 43-45) Goscha note : « La violence aveugle pouvait justement nuire aux buts politiques visés. Elle existait chez le Vietminh, mais elle était nécessaire pour des raisons politiques, diplomatiques et surtout pour gagner le soutien de la population à l’État. » (Goscha, 2002, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 avril 46 : Retour à Hanoï du colonel Crépin qui était allé négocier à Chunking avec Salan. Il sera affecté comme adjoint de Valluy (commissaire de la République par intérim au Tonkin) en juillet (Goscha, De Tréglodé, 2006, p. 194, note 101).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 avril 46 : Nguyen Binh forme un « Front national unifié » avec les Hoa Hao, les Caodaïstes, des Bouddhistes, certains catholiques et les Binh Xuyen, tous en lutte contre les Français au moyen de méthodes terroristes (Gras, 1979, p. 111 ; Fonde, 1971, pp. 196-197).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Giap invoque une circulaire prise à l’ennemi avant la future affaire d’Haïphong, Valluy a mis au point un scénario pour « écraser la défense de nos forces armées et se rendre rapidement maître » d’Hanoi (Giap 1, 2003, p. 29). &#039;&#039;&#039;Le nouveau commandant militaire du Nord, a en effet d’entrée produit ce jour une circulaire (« Directive n° 2 » selon Devillers 1988) qui préconise de « ne pas être pris au dépourvu en cas d’incident imprévu » et d’établir un plan d’action qui peut transformer le « scénario [d’] une opération […] purement militaire, en un scénario de coup d’État » visant à se débarrasser une fois pour toutes du gouvernement vietminh.&#039;&#039;&#039; Le document est offensif : « Car le meilleur moyen de se défendre est bien souvent d’attaquer. » Dans sa conclusion, son auteur précise : « Quand les renseignements ont circonscrit ces organismes et fait connaitre les habitudes de leurs membres, des commandos spécialement constitués préparent la neutralisation par surprise. » La découverte de cette note incite les Vietnamiens à renforcer leurs défenses à Hanoi et dans le Delta (Devillers, 1988, pp. 179-180 ; Devillers, 2010, pp. 179-180 ; Ruscio, 1992, p. 76 ; longuement citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 240-241). Or, à cette époque, D’Argenlieu n’est pas en possession d’un nombre de troupe suffisant pour mener ce qu’entend faire Valluy. C’est ce qu’il ira demander à Paris le 13 novembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Romain Victor Pénavaire est nommé Commissaire de la République.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 avril 46 : Leclerc, clairvoyant, confie à Salan que la conférence de Dalat à venir « est du temps de perdu » (Salan 1, 1970, p. 365).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Sainteny, devant accompagner la délégation parlementaire vietnamienne à Paris, est remplacé par le général Valluy (commandant militaire du Nord) qui assure l’intérim au poste de commissaire de la République au Tonkin.&#039;&#039;&#039; Le colonel Crépin et le lieutenant-colonel Repiton-Preneuf sont ses adjoints. Valluy cumule donc désormais au Nord l’autorité civile et militaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Léon Pignon quitte le Nord étant nommé Commissaire fédéral politique de l&#039;Indochine à Saigon et devient donc le principal conseiller politique de D’Argenlieu&#039;&#039;&#039;, poste qu’il occupera jusqu’en mai 1947 (Varga, 2009, p. 283).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 avril 46 : À Washington, les &#039;&#039;Combined Chiefs of Staff&#039;&#039; (C.C.S.) accepte que l’Indochine soit désormais sous autorité française. Une note secrétaire d’État James Byrnes transmise à l’ambassadeur français Henri Bonnet marque &#039;&#039;&#039;un radical changement dans la politique étrangère américaine à l’égard de l’Indochine telle que l’avait voulu Roosevelt&#039;&#039;&#039;. Elle ignore l’existence d’un gouvernement provisoire représentatif à Hanoi et ne fait plus mention des précédentes prises de position en faveur d’un &#039;&#039;self government&#039;&#039; à accorder aux peuples sous domination française. Sur le théâtre européen, pour les Américains, la France doit redevenir une alliée à part entière des États-Unis, quitte à faire quelques concessions en Extrême-Orient (Pedroncini, 1992, p. 396 ; Isoart, 1982, p. 211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny quitte Hanoi pour se rendre à Saigon avant son départ pour Paris (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 avril 46 : Au Cambodge, Sihanouk annonce son intention de doter le pays d’une constitution. Celle-ci sera octroyée après l’élection d’une assemblée législative au suffrage universel direct. Cette assemblée doit donner son avis sur un projet de texte constitutionnel élaboré par une commission franco-khmère : on demeure donc dans le cadre très français de la « Déclaration du gouvernement en date du 24 mars 1945 relative à l’Indochine » qui avait instauré une « Union française ». Une loi électorale est programmée s’inspirant du modèle des démocraties occidentale. Elle est contestée par certains partis démocrates : délais trop courts, 37 cas de déchéance des droits électoraux et mise à l’écart des conditions d’éligibilité des fonctionnaires afin d’éviter une désorganisation de l’administration par une ruée dans leurs rangs vers la politique. C’est le parti démocrate qui remporte une nette victoire avec 60 à       70 % des suffrages exprimés (Devillers, 2010, pp. 134-136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 avril 46 : Sur le chemin de Chunking, Leclerc et Salan en faisant escale à Calcutta rencontrent le général Juin (chef de l’état-major français) en route pour la Chine. Ce dernier leur apprend qu’une lettre de D’Argenlieu a été remise à l’amiral Auboyneau. Elle met directement en cause les deux généraux auprès du gouvernement français. &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu y a écrit : « Le général Leclerc et le général Salan sont deux généraux qui ne veulent pas se soumettre à mon autorité, je demande au gouvernement de les retirer de mon commandement et de les rappeler en France. »&#039;&#039;&#039; Juin leur demande de ne pas réagir dans l’immédiat et suggère même à Leclerc de citer Salan à l’ordre de l’Armée et de le nommer président de la commission militaire de la future conférence Paris (Salan 1, 1970, p. 367). Il a vu De Gaulle avant son départ et celui-ci l’a chargé d’apaiser les tensions entre l’amiral et Leclerc. Juin lui confie : « En ce qui vous concerne, je vous prendrai à mes côtés comme inspecteur de l’Afrique du Nord, pour le moment, demeurez en Indochine en attendant mon retour en France. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 234) Leclerc temporise et ne réagira à cette attaque directe de l’amiral que les 22 mai et 29 juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir déclaré un temps le contraire, un télégramme de Moutet à D’Argenlieu estime « évident que nous devons nous garder d’apparaître comme les auteurs d’une propagande pour l’autonomie de la Cochinchine et que celle-ci doit émaner des Cochinchinois eux-mêmes. » (Devillers, 1988, p. 184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 avril 46 : &#039;&#039;&#039;De Langlade quitte ses fonctions à la tête du  Comité interministériel d’Indochine&#039;&#039;&#039; (Cominindo) (Devillers, 1988, p. 124). &#039;&#039;&#039;Moutet nomme André Labrouquère&#039;&#039;&#039;, professeur dans l’enseignement supérieur en Indochine et, selon D’Argenlieu, « un très fidèle S.F.I.O. ». L’amiral n’a, comme il l’avait pressenti, pas été consulté pour ce choix (D’Argenlieu, 1985, pp. 273-274). Il n’apprécie pas cette nomination. Politiquement trop marqué à gauche, la mission du nouveau secrétaire général du Cominindo sera brève. Il sera remplacé par Pierre Messmer, un gaulliste, dès le 9 juillet (D’Argenlieu, 1985, p. 302).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-avril 46 : Sur insistance de D’Argenlieu, mais sans qu’il y ait de véritable nécessité depuis la démission de De Gaulle, Sihanouk s’embarque pour effectuer un voyage en France prévu pour une durée de trois mois. En fait, l’amiral voulait absolument que ce voyage, signe de sa totale réussite au Cambodge, s’accomplisse absolument avant celui d’HCM pour Paris (Cambacérès, 2013, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 - 25 avril 46 : Mission en Chine du général Juin (chef de l’état-major français) en vue de la ratification des accords franco-chinois du 28 février. Officiellement, il est envoyé à Chunking pour « apporter à la Chine le salut de la France et pour resserrer les liens d’amitié entre les deux pays ». Le ministre de la France d’Outre-Mer, Marius Moutet est du voyage. Selon certaines sources, la véritable mission de Juin serait plutôt de servir de tampon entre Leclerc et D’Argenlieu. D’autres sources disent qu’il vient pour signer un accord avec le Vietminh, ce que le Quai d’Orsay a démenti par un télégramme du 6 mars auprès de l’ambassade de Chunking. Juin tient surtout à se rendre compte, sur place, des résultats des accords passés avec les Chinois et les Vietnamiens mais aussi de la situation réelle des forces françaises en Indochine. Il entend rencontrer le commandant en chef de l’état-major chinois, le général He Yingqin, seul maître des décisions pour la relève et l’évacuation des troupes chinoises. Mais il n’y parvient pas du fait d’un déplacement du général à Nankin, la future capitale. Il rencontre toutefois Tchang Kaï Check qui l’invite avec l’ambassadeur Meyrier à passer un week-end dans sa résidence. Une réception a lieu à l’ambassade de France avec remise de décorations à Tchang et à ceux qui ont œuvrés à l’accord du 28 février. Pour autant, 180 000 soldats chinois n’ont toujours pas quitté le Tonkin, pas plus d’ailleurs que les 30 000 Japonais que les Chinois n’ont toujours pas désarmés au Nord… Tchang apparaît toujours en désaccord avec certains de ses généraux. Il a par ailleurs besoin de récupérer des troupes pour aller combattre les communistes chinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 avril 46 : Dans un rapport adressé au député René Pleven, Paul Mus (conseiller politique de Leclerc), très bon connaisseur de l’Indochine, écrit : « L’histoire, en Extrême-Orient, vient de faire un bond prodigieux, un bond d’un siècle. Toutes nos idées sont à remettre à neuf […] Ce que nous trouvons, c’est de l’histoire en fusion. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 51)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La délégation « &#039;&#039;good will&#039;&#039; » de parlementaires vietnamiens conduite par Pham Van Dong s’envole vers Paris. Elle y arrivera le 25.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 avril 46 : Arrivée des délégations de négociateurs à Dalat (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ministère de la Défense vietnamien décide de créer le collège militaire Tran Quoc Tuan pour la formation des cadres de l’armée. Il sera par la suite déplacé dans la IV&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; zone de guerre (Giap 1, 2003, pp. 265-266).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 avril 46 : Le ministre des Affaires étrangères, chef de la délégation vietnamienne présent à la première conférence de Dalat, Nguyen Tam, déclare devant la presse : « Nous ne sommes d’accord que sur un seul point, à savoir que nous ne sommes d’accord sur rien. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Francini 1, 1988, p. 304)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur place, les violences se poursuivent des deux côtés au Nord comme au Sud : les troupes françaises bombardent le village de Hau Giang (Cochinchine), causant la mort de 23 civils (Raymond, 2013, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril 46 : Le responsable militaire du Comité du Nam Bo, Nguyen Binh, lance en véritable électron libre ses troupes contre les Français dans une offensive générale sur tous les fronts. Ce qui plombe encore un peu plus la conférence en cours, là où les représentants vietnamiens avaient demandé, en termes fermes, l’arrêt des violences au Nam Bo le temps de la négociation (De Folin, 1993, p. 147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Bidault sur la situation en Indochine du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 avril acte l’acceptation d’HCM de voir la future conférence se tenir à Dalat et non à Hanoï comme l’avait demandé au départ les Vietnamiens (DDF, 2003, tome 1, document n° 281, pp. 632-633).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 avril – 11 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Première conférence de Dalat.&#039;&#039;&#039; Selon les mémoires Sainteny, absent, « on escomptait que non seulement Dalat préparerait Paris mais encore avancerait suffisamment les choses pour que les négociations de Paris se limitent à la signature solennelle des accords mis au point à Dalat et aux cérémonies officielles qui les entoureraient. On sait qu’il en fut tout autrement. » (Sainteny, 1967, p. 200) Le lieu où doit se passer cette conférence a été sujet à polémique entre la France et le gouvernement vietnamien : HCM était favorable à ce qu’elle ait lieu directement à Paris mais D’Argenlieu ne veut pas que cet habile négociateur joue de l’opinion française, internationale et encore moins de ses appuis au sein de la gauche métropolitaine. Il souhaite empêcher une conférence d’État à État, préfère privilégier le cadre de l’Union française, ce qui aboutit au compromis de Dalat qui pourra se poursuivre en France, ultérieurement. HCM ne se rend donc pas à Dalat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La délégation vietminh est officiellement dirigée par le ministre des Affaires étrangères Nguyen Tuong Tam (V.N.Q.D.D.) mais, en réalité, c’est Giap, son vice-président, qui la tient en sous-main. Selon D’Argenlieu, cette délégation est faite d’hommes entre 30 et 40 ans, issus de la bourgeoisie. Ce sont des intellectuels sans « aucune homogénéité politique » et donc « pas l’émanation du parti Vietminh au pouvoir ». La délégation vietnamienne est hétérogène : il y a des nationalistes, des pro-japonais et des membres du P.C.I. (D’Argenlieu, 1985, p. 254). Selon Messmer qui a été retenu par D’Argenlieu pour y assister, cette délégation est « politiquement très éclectique, comme pour souligner, à notre intention, l’union nationale. Des communistes y côtoient d’anciens ministres pro-japonais de l’empereur Bao-Daï […] » (Messmer, 1992, p. 174)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les principaux membres de la délégation française ont été désignés par D’Argenlieu (voir 29 mars). Elle ne comprend presqu’aucun homme politique. Elle est dirigée par Max André, un membre M.R.P. du cabinet d’Edmond Michelet (ministre de la Défense) qui a été directeur de la Banque franco-chinoise avant la SGM. Sont également présents Léon Pignon, désormais conseiller politique de D’Argenlieu, qui a négocié les accords du 6 mars et Pierre Messmer, chef de cabinet de Moutet (composition complète de la délégation française &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 247, note 2 et p. 248, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au départ, D’Argenlieu, volontairement présent par intermittence (D’Argenlieu, 1985, p. 253), se retire régulièrement dans sa villa tout en surveillant la délégation française. Cette conférence, il veut la piloter seul, entre soi, au Vietnam et il y parvient.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 commissions sont mises en place : politique, économique et financière, militaire et culturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux problèmes épineux sont abordés : d’abord le statut futur de la Cochinchine, de l’union des 3 &#039;&#039;Ky&#039;&#039; et du référendum à venir, plus ou moins définis par les accords du 6 mars 1946 ; ensuite les questions d’autonomie économique et militaire de la jeune République. Contrairement aux accords du 6 mars, on entre ici dans le vif de ce qui avait été éludé à cette date. C’est d’ailleurs ce qui va bloquer les débats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une divergence apparaît d’entrée : la délégation vietnamienne demande la mise à l’ordre du jour des mesures à prendre pour faire cesser immédiatement les hostilités au Nam Bo (« la chair de notre chair, le sang de notre sang » selon HCM, voir 14 juillet). Les Français refusent de traiter cette question car ils considèrent toujours la Cochinchine comme leur colonie, qui plus est, la partie la plus riche du Vietnam dont tous les habitants ne sont pas forcément pressés de la voir rattachée aux deux autres &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, plus pauvres. Giap réagit alors violemment : « Dire qu’il n’y a pas plus d’hostilités en Cochinchine est un défi à la réalité […] Il faut que cette tragique ignominie cesse […] ». D’autant plus que durant toute la durée de la conférence ont lieu des manifestations et des violences des deux côtés, avec morts et blessés, tant au Tonkin qu’en Cochinchine (voir 18 et 19 avril).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois points d’achoppement apparaissent donc d’entrée pour la délégation vietnamienne : le Vietnam doit être considéré dans son ensemble ; le problème de l’organisation de l’armée est un problème intérieur qui n’a pas à être traité ici ; la question de l’armistice doit figurer à l’ordre du jour car la solution à cette question est la condition préalable à tout accord (Bodinier, 1987, pp. 248-249)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le « dialogue » tourne court et en vient à se faire par un simple échange de notes écrites… Rien n’aboutit, notamment sur la date du référendum dont le VM estime qu’il ne pourra avoir lieu « sous l’occupation française » (De Folin, 1993, pp. 147-148 ; Francini 1, 1988, pp. 303-304).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les questions d’autonomie économique ou d’entente militaire n’aboutissent pas plus (douanes, monnaies, introduction de dirigeants vietnamiens dans les entreprises).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du point de vue militaire, il n’y a non plus aucun accord en vue : ni sur l’encadrement des forces armées vietnamiennes, ni sur l’unité du commandement franco-vietnamien, ni sur la répartition entre Français et Vietnamiens dans les forces futures de l’Union française, ni même sur les bases stratégiques à accorder aux Français et la durée de leur occupation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même la notion de « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; », acceptée antérieurement par les Français (voir 18 février 1946), n’est pas clairement débattue et intégrée au concept d’Union française tel que l’avait défini De Gaulle en 1945.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conférence n’aboutit à rien, sinon à montrer qu’il s’agit d’une impasse tant les avis des deux parties en présence divergent. À l’issue d’échanges houleux, Messmer parle « d’un climat de mésentente cordiale ». Toutefois, seul point positif pour le VM, il n’y a pas rupture avec les Français mais possibilité de gagner de temps. Car ce dialogue de sourds doit être poursuivi à Fontainebleau : HCM désire désormais négocier directement avec le gouvernement français, à Paris, sans la présence exclusive des administrateurs et des anciens dirigeants de la colonie qu’il déteste et dont il sait qu’ils ne lâcheront rien (Raymond, 2013, pp. 73-75).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 avril 46 : D’Argenlieu dénonce à l’État-major général de la Défense nationale « ces innombrables actes de provocation, arrestations arbitraires, blessures volontaires, refus de circuler malgré accord, refus de cantonnement, menaces envers fournisseurs français […] Les vexations ne sont pas effet individu annamite mais bien résultat d’une politique du Gouvernement du Vietnam dont mauvaise foi s’affirme chaque jour. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 237)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le remplaçant de Giap (parti pour Dalat depuis le 17), Hoang Huu Nam (secrétaire d’État à l’Intérieur) signe avec le commandant Fonde un accord pour l’installation de 5 000 Français des forces de relève à Hanoi. Selon Fonde, « la pression va baisser à Haïphong. » (Fonde, 1971, p. 189)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 avril 46 : Jour des &#039;&#039;&#039;« Pâques sanglantes »&#039;&#039;&#039; : un accrochage entre un camion chinois et un camion militaire français provoque une fusillade chinoise. 12 Français non armés sont tués, 20 autres blessés (De Folin, 1993, p. 164 ; Salan, 1, 1970, pp. 371-372). Des civils sont atteints par les tirs. La réaction française ne se fait pas attendre. Devillers évoque « une intervention immédiate et musclée des forces françaises » qui vise à impressionner les populations locales (Devillers, 1988, p. 180). Paris et Saïgon protestent contre cette manifestation de violence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que le général Juin soit allé à Chunking en avril (voir 15 - 25 avril) pour obtenir des ordres formels d’évacuation et espérer arrondir les angles avec les Chinois, selon Valluy, « […] des transactions de marchands de tapis persistèrent ». Les Chinois réclament l’envoi de 10 000 tonnes de riz à Shangaï, le graissage de patte des généraux chinois, Lou Han compris (Valluy 1, 1967, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nouveau secrétaire général du Cominindo, Labrouquère, adresse à D’Argenlieu un télégramme qui va dans le sens de celui déjà envoyé par Moutet (voir 14 avril) : La France ne doit pas faire œuvre de « propagande pour la promotion de l’autonomie cochinchinoise » (Devillers, 1988, p. 184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de D’Argenlieu à l’amiral Ortoli : « Plus nous serons fort militairement, plus nous aurons une chance de trouver une solution pacifique au problème. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 avril 46 : Sainteny atterrit au Bourget pour pouvoir accueillir la délégation de parlementaires vietnamiens. Il est assailli par les journalistes puis rend compte de la situation aux autorités : « conférences au Comité de l’Indochine, Comité interministériel, Conseil de Gouvernement, etc […] Je conçois, ainsi que j’avais dû le faire dix mois plus tôt [voir 13 - 26 juillet 1945], combien il est difficile de saisir de Paris l’immense portée du problème. » C’est lors de l’un des conseils de gouvernement que Bidault (Affaires étrangères) charge Sainteny d’organiser le séjour d’HCM en France et qu’il est décidé que lui et le président vietnamien resteront « en dehors des négociations de Fontainebleau afin de pouvoir éventuellement en opérer le « raccrochage » si cela se révélait nécessaire. » (Sainteny, 1967, p. 201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu demande à Leclerc de faire exiger par Valluy l’intervention des troupes françaises dans le maintien de l’ordre car il estime qu’après les événements de la veille « la police vietnamienne vient de se montrer lourdement déficiente. » C’est le début d’une laborieuse collaboration (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 avril 46 : D’Argenlieu dépêche à Paris une « mission cochinchinoise » dirigée par le préfet annamite Chan et le colonel Xuan. Elle se retrouve dans la capitale au même moment que la délégation de l’assemblée nationale vietnamienne « &#039;&#039;good will&#039;&#039; » (Devillers, 1988, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, du fait de départ des Chinois qui avaient soutenu le régime Lao Issara et après de longues tractations, le roi Sisavang Vong accepte finalement de légitimer les institutions provisoires et de devenir le monarque constitutionnel d’un Laos unifié. C’est un moyen pour obliger les Français à devoir accepter le &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 27 août (Cesari, 1995, p. 46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 avril 46 : Le général Juin qui revient d’une mission en Chine et dans le Sud-est asiatique arrive à Hanoi. Il rencontre HCM en présence de Leclerc. L’entretien est cordial. Par son intermédiaire, &#039;&#039;&#039;Leclerc adresse une lettre au gouvernement, avec copie à De Gaulle, pour demander sa relève.&#039;&#039;&#039; En réponse à sa première lettre, De Gaulle lui conseillera le 3 juin :        « Tenez quelque temps encore… » et renouvellera cette même demande le 8 juin. Fort des acquis de son récent séjour en Chine, Juin fait pression sur Lou Han pour obtenir l’évacuation d’Hanoi et le retour définitif des troupes d’occupation vers la Chine (Devillers, 1988, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny (chargé d’accompagner la délégation de parlementaires vietnamiens) se rend chez Maurice Thorez, communiste et vice-président du Conseil des ministres. Ce dernier approuve les contenus de l’accord du 6 mars mais confesse : « Nous ne voyons rien à y redire ; ils sont très satisfaisants et, si les Vietnamiens ne les respectent pas, nous saurons prendre les mesures nécessaires, faire parler le canon, s’il le faut. » (Sainteny, 1970, pp. 95-96). Sainteny prend le soin de préciser que Thorez ne parlait pas forcement du VM mais peut-être des nationalistes prochinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les accords du 6 mars, les Français refusent aux Vietnamiens la constitution d’une garde mixte pour l’accès à l’aéroport de Hanoi, Gia Lam. Un détachement vietnamien est envoyé. Il est bloqué par des barrières et des mitrailleuses en batterie. Au final, les Vietnamiens renoncent (Fonde, 1971, p. 216).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 avril 46 : Des soldats français incendient un hameau près de Ninh Hoa (Annam) et font disparaître les stocks de riz des habitants (Raymond, 2013, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Face aux tergiversations gouvernementales, D’Argenlieu envoie à Paris un mémorandum intitulé « Tournant politique en Indochine » adressé au ministre de la F.O.M. (Moutet) et à celui des Armées (Michelet). Une copie est également adressée à Leclerc et De Gaulle. L’amiral constate que « notre position au Tonkin et dans le Nord-Annam restera difficile » malgré les accords du 6 mars que l’auteur de ce texte apprécie toujours aussi peu. Il faut donc pour l’instant laisser le Tonkin et le Nord-Annam à l’écart et se concentrer sur le Sud. « Sur la Cochinchine, pèse la menace du référendum. » Et donc potentiellement celle de « la clause de l’union possible des trois Ky après référendum. » La Cochinchine devait devenir « un État autonome au sein de la Fédération indochinoise et de l’Union française » mais « depuis le 6 mars, cette clarté n’existe plus. » D’Argenlieu en conclut : « Nous sommes donc aujourd’hui tenu à ce processus. Il n’est pas sans aléas. » Il prône « l’autonomie de la Cochinchine [que] nous tenons solidement [et qui] sera l’une de nos meilleures cartes à l’heure des négociations de Paris […] » Le Tonkin et le Nord-Annam pourraient demeurer des États libres au sein de l’Union française puis seraient rattachés à la Fédération. L’amiral démontre ensuite que les revendications d’Hanoi n’ont aucun fondement : ni géographique, ni historique, ni économique. Il conclut son propos en écrivant : « Il n’appartient qu’au Gouvernement de la République de prendre ses responsabilités propres et de décider sans retard de sa politique dans un sens ou dans l’autre. C’est chose indispensable ici pour un travail efficace. » Aucune réponse gouvernementale à ce mémorandum ne lui parviendra jamais car la métropole est en pleine campagne électorale. Or Moutet est candidat à la députation… (D’Argenlieu, 1985, pp. 274-277 ; Devillers, 1988, pp. 185-187 ; mémorandum cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 297, pp. 663-666).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les troupes françaises occupent Ventiane (Laos).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 avril - 16 mai 46 : &#039;&#039;&#039;Arrivée à Paris de la délégation vietnamienne&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;« &#039;&#039;good will&#039;&#039; »&#039;&#039;&#039; dirigée par Pham Van Dong. Sa venue avait été décidée lors de la rencontre HCM-D’Argenlieu en baie d’Along (voir 24 mars). Elle sera reçue à l’Assemblée nationale et par les autorités françaises (Sainteny, 1967, p. 201). Quant à Pham Van Dong, il restera à Paris pour diriger la délégation vietnamienne lors de la conférence de Fontainebleau (voir 6 juillet – 10 septembre). Son attitude, d’abord détendue au moment de cette arrivée, évoluera nettement dans un autre sens lors de la tenue de la conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 avril 46 : Leclerc envoie des directives aux chefs de corps du C.E.F.E.O. : il ne faut reconquérir « que ce qui [est] nécessaire, mais rien de plus » au vu de l’étendue du pays. Clairvoyant, il ajoute : « Il ne s’agit plus de s’imposer par la force à des masses qui désirent évolution et nouveauté. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 78)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 avril 46 : A Haïphong, un poste chinois tire sur des civils français. Une patrouille franco-vietnamienne s’interpose. Ces tensions sont visiblement entretenues par des éléments du V.N.Q.D.D. Une violente échauffourée impliquant des chars du R.I.C.M. et des marsouins du 23&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. a lieu. Après 4 heures de combat, les Français reprennent le dessus (Fonde, 1971, p 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 avril 46 : Le général Juin (chef de l’état-major français) qui a rejoint depuis le 25 la première conférence de Dalat conseille à Salan, au vu du peu de progrès dans les débats, de maintenir « les positions du 6 mars », ajoutant, avec son habituel optimisme, « le restant se résoudra à Paris. » (Salan 1, 1970, p. 373).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport, Leclerc observe une « amélioration lente ». Il envisage deux lignes d’action au Tonkin. En cas d’échec des négociations avec les Vietnamiens et les Chinois, « il sera vraisemblablement nécessaire d’étendre notre action dans le Delta sans toutefois nous lancer dans une œuvre de pacification complète : tenir les ports, Hanoi, protéger certains massifs peuplés de minorités favorables et voir venir […] Si au contraire, comme il est permis de l’espérer, les Chinois partent et les Annamites signent, alors il s’agira de les aider à rétablir l’ordre dans leur propre pays (moyenne et haute région) mais ceci semble moins urgent. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 254)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin avril 46 : Après un voyage de 15 jours, Sihanouk arrive en France. Il est accueilli à Toulon par Gaston Deffere, secrétaire d’État à l’Information. Un train de nuit emmène le roi du Cambodge à Paris. Là, il est reçu par le président du Conseil Félix Gouin. On évoque le coup de force japonais, la première « indépendance », le retour des Français et la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;. Sihanouk rappelle son souhait de récupérer les provinces cambodgiennes annexées par la Thaïlande en 1941. Il prolonge ensuite son séjour en France, pratique l’équitation et la vie militaire à l’école de cavalerie de Saumur. Il y obtient le grade de lieutenant. Tout est accompli ici pour en faire un bon petit soldat au service de la France… Il profite également de son séjour pour aller rendre visite au général De Gaulle reclus à Colombey-les-deux-Églises depuis son retrait de la vie politique. De cette visite naîtra une véritable relation amicale entre les deux hommes. Le roi passe le reste de son temps en mondanités. Il rentrera au Cambodge début juillet après s’être fait mieux connaître et apprécié en France (Cambacérès, 2013, pp. 57-61).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Octobre 1945</title>
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		<updated>2026-09-10T05:55:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Les troupes de Leclerc mettent fin au blocus de Saigon et reprennent le delta du Mékong&#039;&#039;&#039; au cours de combats qui vont durer deux mois (carte n° 4 &#039;&#039;in&#039;&#039; Teulières, 1979, p. 34). Les Français peuvent reconquérir le Sud mais sont incapables, faute d’effectifs, de vraiment tenir dans le temps ce qu’ils ont repris. Leclerc obtient du renfort avec le débarquement d’éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Massu). Mais, plutôt que frapper fort alors que les forces du VM sont concentrées autour de Saigon, la constitution de colonnes mobiles françaises visant à la reconquête du Sud les disperse et favorise la constitution d’une guérilla endémique (Devillers, 2010, p. 43-44). Dans chaque village reconquis, faute de pouvoir y laisser des troupes, Leclerc doit se contenter de placarder des affiches de propagande pour gagner les cœurs : « Annamites, chassant les terroristes et les pillards, les troupes françaises sont arrivées dans votre localité. Comprenez et dites autour de vous qu’elles ne viennent pas en ennemies. Elles vous aideront à rétablir l’ordre et la paix chez vous. Elles protégeront les familles et les biens et permettront  la reprise dans l’ordre et a sécurité […] La France vient reprendre et améliorer autour de vous l’ordre et la sécurité […] La France va reprendre et améliorer, auprès de vous, l’œuvre commencée il y a 80 ans. » Un ton menaçant n’est toutefois pas absent de certains messages contre « une poignée de malfaiteurs […] Pas de vengeance contre les gens sincères, pas de pitié pour les criminels. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 54)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny s’entretient avec Ho Chi Minh mais ces pourparlers buttent sur deux points : la question de l’unité du Vietnam et celle de son indépendance. Le retour armé des Français est loin de faire l’unanimité. Il est alors critiqué par la gauche française, les Soviétiques et les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’octobre 1945 à février 1946, HCM écrit huit lettres à Truman ou à son secrétaire d’État demandant une intervention des États-Unis et des Nations-Unies contre l’intervention française. Il ne reçoit aucune réponse à ses demandes (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une famine commence à sévir sérieusement dans les campagnes du Nord, conjuguée à l’arrivée des troupes chinoises.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM condamne lui-même la violence des comités populaires du P.C.I. en province (Guillemot, 2018, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre 45 : A Chandernagor, Sainteny est reçu pour la deuxième fois par D’Argenlieu. Il lui expose la situation au Tonkin et, déçu par un manque de considération et une totale absence de reconnaissance pour ce qu’il a entrepris, exprime son désir de rentrer en France avec l’arrivée d’Alessandri qui vient d’être nommé au poste de commissaire de la République au Tonkin (Devillers, 1988, p. 96). Pour autant, rien ne change.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gracey joue le médiateur et parvient à négocier une trêve entre Cédile et le Comité du Nam Bo. Elle sera effective le 3 mais ne durera que 10 jours (Francini 1, 1988, p. 244 ; De Folin, 1993, p. 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le major Patti, définitivement discrédité&#039;&#039;&#039; (voir 9 septembre)&#039;&#039;&#039;, quitte le Vietnam&#039;&#039;&#039;. Selon Sainteny, les Américains regretteront, mais trop tardivement, de n’avoir pas délégué au Tonkin en août et septembre 1945 un personnage d’une autre envergure que celle de Patti (Sainteny, 1967, p. 92). Le gouvernement français a, par ailleurs, exprimé son mécontentement par le biais de l’ambassadeur de France à Washington auprès du secrétaire d’État par intérim afin « que des instructions très fermes soient envoyées à certains représentants isolés des services américains actuellement en Indochine pour qu’ils évitent de prendre parti à tout le moins contre nous. » (Turpin, 2005, p. 175)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est entendu. Dans une lettre adressée à Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères), le sous-secrétaire d’État Dean Acheson informe son homologue français que &#039;&#039;&#039;les U.S.A. acceptent et soutiennent le principe de la souveraineté française en Indochine&#039;&#039;&#039; : « Les États-Unis n’ont aucune ment l’intention de s’opposer au rétablissement de l’administration française en Indochine et aucune déclaration du gouvernement n’a mis en question, même implicitement, la souveraineté française en Indochine par la force, et la volonté des États-Unis de voir l’administration française rétablie suppose que les prétentions françaises ont le soutien de la population d’Indochine, mis en évidence par les futurs événements. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 31)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amiral Decoux est rapatrié en France (voir 7 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; – 3 octobre 45 : En visite à Hanoi, le ministre chinois de la Guerre, le général Ho Yin Chin, décide, compte tenu de la manière dont les Français se sont emparés de Saigon le 23 septembre, de n’autoriser jusqu’à nouvel ordre ni le retour des troupes françaises ni le réarmement des ex-prisonniers de la citadelle (Devillers, 1988, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 45 : Une trêve est conclue à Saigon avec le Comité du Nam Bo. Elle sera prolongée tant bien que mal jusqu’au 11 octobre. Les diverses interventions de Cédile demeureront souvent infructueuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la réception d’un télégramme de Leclerc (voir 23 septembre), De Gaulle tranche définitivement la question d’une déclaration allant plus loin que celle du 24 mars, contrairement à ce qu’attendent les Américains et les Britanniques : « Il est exclu que le gouvernement français fasse actuellement une nouvelle déclaration concernant l’Indochine. Celle de mars [voir 24 mars] se suffit à elle-même. Le fait d’édicter une nouvelle circulaire dans les circonstances présentes aurait toutes les apparences d’une reculade compliquerait d’avantage la situation en Indochine et à l’extérieur. » Il écrit par ailleurs : « Je répète qu’il me paraissait nécessaire que le général Leclerc aille s’installer à Saigon sans délai. Il est essentiel et urgent que l’autorité française soit sur place. » (Bodinier, 1987, p. 194)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Pechkhoff (ambassadeur de France en Chine) évoque la préoccupation qu’inspire au gouvernement français « l’attitude des autorités chinoises en Indochine » (Turpin, 2005, p. 174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 10 octobre 45 : Trêve à Saigon sur l’initiative des Britanniques. Elle sera rompue le 10 suite à une embuscade les affectant (voir 11 octobre) (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 octobre 45 : Arrivée à Saigon à bord du &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; et du &#039;&#039;Richelieu&#039;&#039; d’un convoi transportant le reliquat du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. (issu du C.L.I.) et un bataillon S.A.S. (commando du capitaine de corvette Pontarchier), soit environ 1 000 hommes (Pedroncini, 1992, p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, en partance pour Saigon, rejoint d’Argenlieu à Chandernagor. Ce dernier lui relate sa rencontre avec Sainteny (voir 25 septembre) et lui demande son avis sur son maintien. L’amiral qui a rencontré Sainteny le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; estime qu’« il est quelqu’un. » (D’Argenlieu, 1985, p. 61) Sans pour autant trancher dans l’immédiat la lancinante question de sa représentativité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny remet D&#039;Argenlieu une longue note de synthèse rédigée à Chandernagor le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;. Malgré la poussée du Dong Minh Hoï prochinois, le VM est le « seul parti annamite digne d’intérêt » qui bénéficie d’un intérêt populaire ; la violence ne peut être mise au compte de ses dirigeants mais d’une « tourbe » nationaliste manipulée par les Japonais ; pour reprendre pied en Indochine, la France n’a que deux options, ou le faire seule ou avec « un allié » ; la première solution suppose qu’elle « y revienne forte, les armes à la main » mais dans ce cas   « l’Indochine sera reconquise physiquement, matériellement, mais définitivement perdue moralement » ;  la seconde solution est préférable « à savoir réintégration de la France avec une aide alliée ». Sainteny pense que la France peut jouer la carte de la « haine millénaire » entre Vietnamiens et Chinois. Il mesure assurément mal combien le mot « indépendance » n’est pas un mot comme les autres pour les Vietnamiens et fait preuve d’une certaine naïveté lorsqu’il écrit qu’ils « deviendront vite nos meilleurs alliés. » Il appelle donc le destinataire de cette note à la pondération : les moyens d’actions militaires ne doivent pas aller au-delà du strict nécessaire (Pedroncini, 1992, pp. 155-156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première et brève rencontre a lieu entre Sainteny et Leclerc qui s’apprécient d’entrée (Sainteny, 1967, p. 71). Les deux hommes discutent et c’est sans doute suite à cet entretien que Leclerc commence à mieux cerner l’imbrication du politique et du militaire, à mieux percevoir toute la complexité de la situation au Nord qu’il va devoir gérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny deviendra au lendemain de cette rencontre, le 4, responsable d’un vaste territoire comprenant le Tonkin, l’Annam jusqu’au 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et le Nord-Laos. Selon Raymond, « les ressortissants français portaient beaucoup d&#039;espoir en son arrivée : « [ils] vivaient alors dans la situation d&#039;apatrides, désarmés, pourchassés [...] » et attendaient la délivrance. Sainteny organise à l&#039;automne l&#039;évacuation des malades et des enfants vers Saigon. Il tente de son mieux d&#039;aider les autres à survivre dans un climat qui leur est hostile. Cette hostilité est durable. En janvier 1946, on ne comptera pas moins de 145 crimes ou voies de faits qui seront commis contre des Français, dont 6 assassinats (Raymond, 2013, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les amiraux Decoux et Béranger quittent l’Indochine pour Paris (via Calcutta) sur demande expresse de D’Argenlieu (voir 17 août) (D’Argenlieu, 1985, p. 63 et pp. 424-425).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrevue entre Cédile, le colonel Repiton-Préneuf (représentant Leclerc, 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau), Pham Van Bach (Comité du Nam Bo) et le D&amp;lt;sup&amp;gt;r&amp;lt;/sup&amp;gt; Tach. Les discussions sont bloquées par la demande française de libération des 100 otages disparus de la cité Héraud qui, dans les faits, ont été massacrés (Gras, 1979, p. 52).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remise de la lettre du 16 septembre de De Gaulle à D’Argenlieu par l’intermédiaire de Leclerc. De Gaulle lui demande de rejoindre Saigon dès le débarquement du détachement Massu (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.) accompli. Dans cette même lettre, De Gaulle confie à D’Argenlieu : « Je n’ai aucune confiance dans les Anglais : ils prennent et garde une attitude hypocrite [...] Ne prenez et ne laissez prendre à l’égard du Vietminh aucun engagement quelconque. Vous pourrez accepter certains contacts à condition qu’ils soient directs et ne comportent aucun intermédiaire, ni anglais, ni chinois, ni américain. Quand du côté allié on vous proposera des « bons offices », refusez catégoriquement. Nous ne traitons pas avec nos sujets par le truchement de l’étranger. » Au moment de la rédaction de cette lettre, De Gaulle pense à tort que les Anglais ne prêteront pas les moyens de transport des troupes françaises et que les Français devront compter sur leurs propres moyens, ce qui prendra du temps. (D’Argenlieu, 1985, pp. 63-64)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Plus en plus isolé, La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) demande une audience à De Gaulle en des termes qui soulignent son opposition à la politique menée jusque-là en Indochine : « Depuis près d’un an, bien que je sois chargé de la diriger, il m’a été impossible de connaître la politique coloniale du Gouvernement. Nos déclarations ne sont suivies d’aucune tentative utile. S’il y a encore quelque chose à faire en Indochine, notamment par un accord avec le gouvernement annamite, le Haut-Commissaire tarde à le faire […] Nos seuls gestes remarquables sont des coups de fusil ; l’apparence de notre fureur répressive se repère partout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 165) La Laurentie aura réponse à sa lettre le 16 par le biais de Gaston Palewski, chef de cabinet de De Gaulle. Le Général le recevra… dès qu’il le pourra…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le chef du gouvernement nationaliste et pro-japonais Son Ngoc Thanh (voir 9 août et 8 septembre) organise un semblant de référendum sur la question de l’indépendance, le retour des Français et le maintien au pouvoir de son gouvernement. La réponse est « oui » à 100 % ... Voyant qu’il n’était plus possible de traiter avec lui, l’émissaire français au Cambodge (le commandant Gallois) décide de l’éliminer (voir 15 octobre) (Gras, 1979, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 octobre 45 : Leclerc quitte Chandernagor, fait escale à Rangoon avant de faire son entrée à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après accord de Leclerc (voir 3 octobre), &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu nomme (enfin…) officiellement Sainteny au poste de commissaire de la République pour le Tonkin et le Nord-Annam&#039;&#039;&#039; (en remplacement de Messmer qui est retenu par le VM) et lui demande de rejoindre Hanoi « sans tarder » (D’Argenlieu, 1985, p. 62). Sainteny obtient donc enfin et bien tardivement une accréditation officielle. Mais ce n’est qu’un titre car il n’a pas la moindre autorité et doit se contenter de résider à Hanoi dans la maison du directeur de l’Instruction publique puis dans un appartement de la Banque d’Indochine. Lui et son équipe se retrouvent confrontés à un État vietnamien déjà constitué. Il est assisté de Léon Pignon (ex-conseiller politique d’Alessandri), du général Salan, de François Missoffe et du lieutenant Sauvagnac pour former une « Mission française ». Ils reprennent d’anciens administrateurs et reconstituent une modeste administration dont le rôle est essentiellement humanitaire : prendre en charge femmes et enfants voulant quitter le Nord, pourvoir au ravitaillement en vivres des Français demeurés sur place et intervenir auprès des autorités vietminh et chinoises (De Folin, 1993, p. 116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Wedemeyer (conseiller de Tchang Kaï Check chapeautant l’état-major de l’O.S.S. en Chine) envoie à Washington des instructions pressantes pour que soit retiré tout le personnel américain d’Indochine au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ce qui sera accompli le 20.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse un message aux Français d’Indochine. Son ton, empreint de relents d’épuration à la française, est aussi virulent que maladroit : « Depuis cinq ans, jusqu’en mars dernier, le plus grand nombre d’entre vous, exécutant docilement les ordres des chefs mal inspirés sont restés sur place sans que change le rythme de leur existence. Qu’aviez-vous fait pour hâter la victoire ? Parlons nettement : rien ou presque rien […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 166)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 45 : Leclerc est à Saigon avec un état-major restreint. L’essentiel étant demeuré à Kandy car il sait qu’il sera un temps coupé du monde, faute de moyens de transmission appropriés. Il entend être maître à bord et confie à Salan : « L’amiral vient-il ? Je n’y tiens pas tout de suite, qu’il me laisse travailler, c’est pour le moment, avant tout, une affaire de militaires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré un orage torrentiel, Leclerc va rencontrer la foule qui l’attend devant le palais Norodom. Jusqu’à l’arrivée de D’Argenlieu, il est haut-commissaire par intérim et doit donc gérer les troubles civils. Il ne dispose que d’un faible contingent, ses 1 000 hommes et les       1 400 ex-prisonniers du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., renforcés de deux compagnies venues en septembre avec les Britanniques (voir 19 octobre). Ces troupes ont été récemment engagées et sont physiquement affaiblies. Les premiers combats ont lieu autour de Saigon (toujours privé d’eau et d’électricité) en collaboration avec les Anglais. Leclerc déclare à son conseiller politique, Paul Mus : « Il faudrait 500 000 hommes pour y arriver, et même alors ce ne serait pas faisable. » En France, on ne l’écoute pas (Halberstam, 1974, p. 104). Toutefois le rapport de force entre les Anglo-Français et les troupes du VM est en train de s’inverser : des éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Massu) sont attendus sous peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Début des opérations militaires de reconquête en Indochine du Sud puis vers le Cambodge&#039;&#039;&#039; où des troupes seront parachutées par Leclerc sur Phnom Penh (voir 15 octobre) (Burchett, 1970, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu à la lettre de De Gaulle datée du 16 septembre transmise par Leclerc qui lui avait enjoint de ne prendre aucun engagement à l’égard ni du VM ni des Alliés. Il lui confirme son départ pour Saigon. Il est « enchanté » de l’arrivée de Salan. Il est préoccupé par le ravitaillement du Nord par le Sud en riz (famine en perspective au Tonkin). Les populations françaises très éprouvées d’Hanoi, Saigon et la région d’Hué doivent tenir car « c’est leur présence, leur sécurité, leur entretien qui maintiennent de façon tangible nos droits imprescriptibles à intervenir partout et spécialement au Tonkin-Annam. Chinois et Américains surtout voudraient tant leur évacuation. Avec Leclerc, je la tiens pour inadmissible […] » D’Argenlieu trouve que « le général Alessandri et ses états-majors de Kunming et Hanoi [sont] très en dessous du train qu’il faut mener. » Il rassure De Gaulle sur ses relations avec Leclerc (D’Argenlieu, 1985, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny se rend à Kunming pour liquider Mission 5 qui n’a plus lieu d’être du fait de sa nomination au poste de commissaire de la République au Tonkin (Sainteny, 1967, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu produit des instructions : « L’épuration est une œuvre de justice dont l’accomplissement ne doit entraîner aucun désordre. Partant de ce principe, le personnel administratif qui s’est disqualifié par ses actes sera dirigé, à la première occasion, vers la métropole, où seront prises les sanctions à leur encontre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 134) Il est vrai que les tentatives d’épuration en Indochine n’ont guère le vent en poupe parmi la population française. Ce qui n’empêche pas l’amiral de dénoncer l’attentisme de cette même population durant l’occupation japonaise (voir 4 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cédile, encore plus discrédité depuis sa mauvaise gestion l’affaire de la cité Héraud, se plaint dans un rapport de ce jour adressé à D’Argenlieu des oppositions auxquelles il doit faire face : « La politique que je suis, selon vos ordres, en plein accord avec les Anglais, rencontre dans tous les milieux une opposition générale. Je répète qu’il est indispensable  de renouveler aussi rapidement que possible  les fonctionnaires français et les militaires également ; certains doivent être éliminés rapidement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 137, note 73) S’en prendre aux « fonctionnaires » et « militaires » est un moyen commode pour faire oublier son assez pitoyable retour en Indochine : fait prisonnier et humilié par les Japonais dès son arrivée, il a particulièrement mal géré les récents troubles et massacres des populations françaises à Saigon…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’avoir déjà fait le 7 juin, Dean Acheson (secrétaire d’État) rappelle aux missions diplomatiques en Chine que les États-Unis ne contestent pas la souveraineté de la France en Indochine tout en ne croyant pas devoir y favoriser son retour (Cesari, 2013, p. 37).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 45 : Suite des entretiens entre Pignon, Alessandri et HCM (voir 28 septembre) (Sainteny, 1967, p. 162). Les discussions du moment entre les délégués du VM et les Français  aboutissent toutes à un échec car elles buttent, sans surprise, sur la notion d’indépendance. Un compte rendu de l’une de ces rencontres constate : « Aucun effort d’apaisement des ces derniers [les délégués du VM] qui estiment que questions d’ordre général doivent être traitées à Hanoi […] La conduite du général Leclerc consiste à discuter des arrangements locaux et à gagner du temps. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon, Cédile rencontre trois chefs annamites en présence d’un officier britannique en vue d’apaiser les esprits. La rencontre n’aboutit à rien. L’un des représentants des annamites, Pham Nogoc Tach, estime que « sa seule proposition était la restauration de la souveraineté du gouvernement du Vietnam ». Il ajoute que le débarquement des troupes françaises sera considéré « comme un acte hostile, sur le résultat duquel le gouvernement du Vietnam refusait d’accepter quelque responsabilité. » (Valette, 1994, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 octobre 45 : L’amiral Decoux arrive au Bourget et est directement transféré au Quai des Orfèvres puis assigné à résidence. A sa demande, il rencontrera De Gaulle le 14 (Turpin, 2005, p. 134).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 octobre 45 : De retour à Hanoi, Sainteny tente, avec l&#039;aide de Léon Pignon, de protéger les Français du Tonkin et d&#039;établir un dialogue avec HCM qu&#039;il considère comme le seul interlocuteur valable (Raymond, 2013, p. 69). A son retour de Kunming pour Hanoi, il doit faire face aux premières tracasseries administratives chinoises. Les Chinois cernent son avion durant sept heures sur le terrain de Giam Lam avant de l’autoriser à débarquer (Sainteny, 1967, p. 116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, à Cantho, 15 000 Hoa Hao (300 000 adeptes) s’en prennent au VM. Des combats, massacres et représailles ont lieu dans les jours qui suivent. La secte entre en dissidence contre le VM sans pour autant se rallier franchement à la France (Gras, 1979, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrée de troupes britanniques à Phnom Penh sous le commandement du lieutenant-colonel E.D. Murray en sa qualité de &#039;&#039;suprem allied  commander&#039;&#039;. Il est chargé de désarmer les forces japonaises. Khim Thit, émissaire de Sihanouk, se rend à Saigon pour y rencontrer Leclerc. Il évoque avec lui la question de l’indépendance du Cambodge. Leclerc lui répond : « L’indépendance ? Mais s’il ne tenait qu’à moi, vous l’auriez toute suite ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.P.R.F. et les Britanniques procèdent à un échange de lettres concernant les négociations entamées depuis la deuxième quinzaine d’août au sujet de la gouvernance de l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. De Gaulle a validé les décisions le 29 septembre. Un mémorandum n° 1 traite des questions administratives et juridiques. Il stipule que « sur le territoire de l’Union indochinoise, la responsabilité administrative incombe uniquement aux autorités françaises qui exercent tous les pouvoirs, y compris ceux résultant  de l’état de siège. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 153-154) Un mémorandum n° 2 acte que la monnaie demeure la piastre. Un mémorandum n° 4 traite des questions portant sur le change et les exportations de capitaux. Les Britanniques se montent d’autant plus conciliants qu’ils n’entendent pas demeurer longtemps – l’Angleterre étant exsangue et la situation en Inde préoccupante - une force d’occupation en Indochine, même si les négociations ont traîné jusqu’alors.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Manifestation catholique à Vinh (région de l’Annam fortement évangélisée et siège d’un évêché) qui regroupe environ 30 000 fidèles. Ils manifestent à leur tour leur soutien à l’indépendance et au gouvernement (Gheddo, 1970, p. 50).    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; signe un accord avec l’ambassadeur français reconnaissant l’administration civile française comme seule autorité au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 245). Le corps expéditionnaire français se substitue donc progressivement aux Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gracey convoque à Saigon les chefs vietnamiens pour une tentative de conciliation suite à la trêve du 2. Les Vietnamiens disent ne pas vouloir entrer en conflit avec les Britanniques mais qu’il n’en sera pas de même avec les Français puisque les négociations ont échoué avec eux (Gras, 1979, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mountbatten se rend à Rangoon. Leclerc, Gracey et Cédille le rejoignent. Les relations entre Mountbatten et Leclerc continuent à s’améliorer mais aucune décision importante n’est prise au cours de cette entrevue. Rencontrant l’un des membres de son état-major resté à Kandy, Leclerc le met au courant des télégrammes en provenance de Paris qui n’apportent rien sur les moyens matériels demandés. Leclerc envoie un émissaire à Paris rencontrer De Gaulle lui remettre un message : « Il faudrait compléter les messages déjà publiés par une promesse assez générale d’indépendance, sans toutefois que le mot indépendance soit prononcé, mais une promesse allant nettement au-delà de la déclaration du 24 mars. » Or De Gaulle estime que cette déclaration suffit et qu’il n’ira pas plus loin. (Pedroncini, 1992, pp. 118-119). La proposition de Leclerc avait déjà été préalablement retoquée par D’Argenlieu (voir 26 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à la note de D’Argenlieu sur le VM du 28 septembre, Pleven (ministre des Colonies) lui répond en accord avec les membres du Cominindo. Il tient à clarifier la position du gouvernement quant à d’éventuelles négociations avec le G.R.A. ; « Primo : Il n’est pas question de discuter avec les éléments troubles en particulier vis-à-vis de leurs compatriotes des campagnes. Secundo : Toutefois le parti Viet-Minh comprend des éléments honorables et sincères avec lesquels on peut procéder à des échanges de vue normaux. L’ouverture de négociations n’implique d’ailleurs pas que le Viet-Minh soit reconnu comme un mouvement représentatif à lui seul de l’opinion indochinoise. Tertio : Les autres fractions de cette opinion seront également consultées avant que soit déterminé le statut définitif de la fédération. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 164-165)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début octobre 45 (après le 9 octobre) : Message d’un Leclerc, clairvoyant car présent sur place, à De Gaulle transmis par le biais du colonel Weil : « La situation en Indochine est grave, les aspirations du peuple annamite sont profondes et se manifestent avec vigueur. La France ne pourra pas faire l’effort qui permettrait de revenir au « statu quo ante » ; au surplus serait-ce possible dans le contexte général qui règne dans le Sud-Est asiatique ? Il faudrait compléter les messages publics par une promesse assez générale d’indépendance, sans toutefois que le mot indépendance soit prononcé, mais une promesse qui aille au-delà de la déclaration du 24 mars. » Selon le colonel Weil, « le général De Gaulle m’écoute sans m’interrompre ainsi qu’il a coutume de la faire lorsqu’on lui dit des choses qu’il n’approuve pas. Quand j’ai fini, il me répond simplement qu’une telle promesse est hors de question, qu’il ne veut plus qu’on lui parle de nouvelle déclaration sur l’Indochine. Celle du 24 mars 1945 suffit : il n’ira pas plus loin, tout autre déclaration affaiblirait nos postions. S’animant un peu, il ajoute : « Et puis, vous savez, s’il n’y avait que des gens comme Leclerc, on perdrait l’Indochine… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 119) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 – 13 octobre 45 : D’Argenlieu se rend à Chunking où il rencontre les plus hautes autorités chinoises qui lui donnent des assurances en vue de l’apaisement des relations sino-françaises. De belles paroles qui seront suivi de peu d’effet car les Chinois vont exiger des compensations économiques et financières pour leur occupation militaire au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Devillers, 1988, p. 99).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 octobre 45 : Le Vietminh déclenche sa première attaque contre l’autorité britannique qui garde l’aéroport de Tan Son Nhut (Francini 1, 1988, p. 245).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, Cédile, complètement dépassé par les événements récents de septembre et revenant sur ce qui s’est passé reconnaît : « Nous sommes en présence de foules de bandits, surtout à base de caodaïstes et trotskystes, très fortement renforcées par des bagnard de Poulo Condor (Tous poussés par les Japonais [car libérés par eux]) […] Ils n’obéissent pas aux chefs Viet-Minh [...] Les dirigeants annamites, dans leur action antifrançaise, cherchaient à paralyser par tous les moyens  la vie des Français à Saigon : ils organisaient une grève générale et la préparaient. La vie quotidienne était faite de conflits perpétuels […] Nous assistons, impuissants, à des sabotages de tout ce qui était français, à un pillage de nos biens et nous perdions un peu plus la face tous les jours.  » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 160). Dans le même rapport, Cédile, en réclamant une réaction des troupes françaises, met également le doigt dans un engrenage belliqueux : « Je pouvais de moins en moins laisser bafouer la France : j’ai pensé qu’il n’était pas incompatible avec les directives que j’avais reçues de nous faire respecter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle coupe le pays en deux. Les Anglais n’occupent pas le Sud mais les Chinois sont au Nord alors que les Japonais se sont retirés en passant par la Thaïlande. L’occupation chinoise n’a donc pas lieu d’être. Or les Chinois sont présents et encouragent même un mouvement procommuniste, le « Lao Issara », qui a constitué à Ventiane « un gouvernement populaire provisoire Lao ». Le premier ministre Petsarath, l’un des fils du roi mis en place par les Japonais, fait appel au Vietminh. Pour autant, le roi Sisavang Vong a réaffirmé la déclaration de protectorat aux Français. Ce jour, il destitue Petsarath qui forme alors un nouveau gouvernement avec le prince Souphanouvong, son demi-frère, futur chef du Lao Issara (voir 30 octobre). Apparaît dans le pays une « armée de libération » rapidement encadrée par le VM (De Folin, 1993, p. 130 ; Gras, 1979, pp. 83-84, Cesari, 1995, pp. 45-46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paris donne le feu vert à D’Argenlieu pour ouvrir des discussions avec le VM sur toute l’Indochine. De Gaulle ne donne curieusement aucune directive à l’amiral  et aucune réunion n’est convoquée à Paris sur ces discussions jusqu’à son départ des affaires le 20 janvier 1946. Les problèmes sont pourtant graves au vu de la situation à laquelle les Français sont confrontés : brimades, intimidation, brutalités, assassinats, tentatives d’empoisonnement… De Gaulle semble s’en désintéresser (De Folin, 1993, p. 134 ; sur les brutalités, Salan 1, 1970, p. 200).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le général Pechkoff, diplomate gaulliste qui dirige la Mission militaire française en Chine (M.M.F.) et ambassadeur de France à Chungking, Tchang Kaï Chek fait savoir qu’il aidera De Gaulle à restaurer la souveraineté de la France en Indochine. De Gaulle le croit sur parole (voir 8 décembre 1943). Dans les faits, l’attitude du dirigeant chinois est beaucoup plus ambiguë qu’il n’y paraît. Les Chinois ne font rien pour aider le retour des derniers soldats de la brigade Alessandri au Tonkin, trop heureux de l’occuper seuls (De Folin, 1993, p. 73 et pp. 117-118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 13 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu quitte Chandernagor le 10 pour Chungking&#039;&#039;&#039; (capitale provisoire du gouvernement nationaliste chinois) &#039;&#039;&#039;où il doit prendre contact direct avec Tchang Kaï Chek.&#039;&#039;&#039; Dans un premier temps, il est reçu par le président du Comité exécutif, T.V. Soong (beau-frère du généralissime). Ce dernier, devant s’absenter, laisse la suite des discussions au ministre des Affaires étrangères qui s’était entretenu avec De Gaule à Paris et lui a assuré que la Chine n’avait aucune visée sur l’Indochine. Celui-ci le rassure en lui disant que l’on applique simplement les accords de Postdam (voir 17 juillet – 2 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois la litigieuse question de l’occupation du Laos par les Chinois demeure en suspens lors de l’entretien avec Tchang qui ajoute que les Chinois entendent conserver une neutralité absolue entre Français et Annamites, sans toutefois faire obstacle à la réinstallation de l’administration française. D’Argenlieu l’informe du départ de Decoux compromis avec les Japonais, ce qui agrée le Chinois. Toujours le 10 à 17 h 00, à l’occasion de la fête nationale à Chunking, réception diplomatique par Tchang Kaï Check en présence de Mao Tsé Toung puisque nationalistes et communistes ont combattu ensemble l’occupant japonais depuis 1937. Les États-Unis sont attachés à cette cohabitation entre les deux chefs ennemis (D’Argenlieu, 1985, pp. 66-69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 11, D’Argenlieu et Pechkoff (ambassadeur de France en Chine) recontrent Wang Chi Chich mandaté par T.V. Soong. On aborde les discussions sur trois points : l’octroi d’un traitement privilégié aux ressortissants chinois d’Indochine ; l’indemnisation des pertes subies par le gouvernement et les particuliers chinois durant l’occupation japonaise ; règlement des relations économiques entre la Chine et l’Indochine. Au sujet de second point, les Français estiment que cette indemnisation relève strictement de l’agresseur japonais et qu’ils ne s’opposeront pas à ce que des discussions aient lieu à ce sujet entre Chinois et Japonais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 12 sont abordées des questions monétaires : les dérives financières de Lou Han qui a échangé en septembre des piastes contre de la monnaie chinoise n’ayant aucune valeur (C.R. du 15 de ces trois journées de rencontre par le général Pechkoff &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 248, pp. 613-615).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En marge de ces discussions, des allusions sont faites au retour de la France au Tonkin. Salan est chargé de négocier la relève des troupes chinoises. Il doit également négocier le retour des troupes françaises de Chine (De Folin, 1993, p. 135).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 45 : Tran Van Giau (chef du Comité du Nam Bo) lance une attaque contre l’aéroport de Saigon gardé par les Anglais et sur les accès à la ville défendus par des troupes franco-anglaises. Un officier et 4 Gurkhas sont tués. Cédile pense qu’il est désormais impossible de négocier avec le VM débordé par ses extrémistes. Le général Gracey décide quant à lui d’avoir recours à la force (De Folin, 1993, p. 108 et 111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Henri La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) en disgrâce auprès de De Gaulle depuis ses déclarations à la presse du 14 septembre écrit à son ministre de tutelle : « Tout me donne l’impression que le Gouvernement et le Haut-Commissaire jouent à cache-cache. D’un côté et de l’autre, il faudrait savoir ce que l’on veut, et le dire avec franchise. Pour ma part, je suis d’avis de traiter avec le nationalisme annamite ; le sursis relatif qui nous est donné par l’Amérique ne tardera pas à prendre fin. Si nous n’avons pas conclu au paravent, nous n’aurons plus aucun moyen de le faire par la suite. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 152)  Sans démissionner dans l’immédiat mais en durable désaccord avec la politique gouvernementale, il demande à René Pleven de le remplacer à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 octobre 45 : Opérations de dégagement dans la banlieue nord de Saigon et du port par les Franco-britanniques afin de permettre le ravitaillement. Les Vietnamiens résistent peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rencontre de Tchang Kaï Chek et de D’Argenlieu à Chungking.&#039;&#039;&#039; Tchang « confirme que son gouvernement, loin d’avoir des vues intéressées sur le Tonkin, ne désire, ne veut qu’une chose : que s’améliorent les relations entre la Chine et la France. » Des projets d’accord sont en cours. Le généralissime n’est officiellement pas au courant « des malentendus d’Hanoi » occasionnés par le général Lou Han. Selon lui, tout va se régler à l’amiable, au Laos comme ailleurs… (D’Argenlieu, 1985, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, dans une conférence de presse, De Gaulle dénonce l’obstruction et l’attitude des Chinois face au retour des Français en Indochine : « Je ne puis pas dire que, jusqu’à aujourd’hui, le comportement du commandement chinois et des troupes chinoises dans le Nord de l’Indochine soit exactement conforme aux déclarations qui ont été faites par le Gouvernement de Tchong King [Chunking]. Nous espérons fermement qu’il va le devenir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 174) De Gaulle fera également connaître à plusieurs reprises son mécontentement aux Américains (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre), notamment par la voix du général Juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny rencontre une première fois Nguyen Haï Tan du D.M.H. prochinois. Il le reverra le 15 mais le considèrera comme « un personnage terne, ne jouissant d’aucune autorité et ne disposant d’aucun moyen. » Il essaie ensuite de rencontrer deux fois Bao Daï qui se dérobe. HCM lui apparaît donc être le seul interlocuteur crédible (Sainteny, 1967, p. 162). Sainteny le reverra le 15, sans que cette seconde rencontre aboutisse au moindre accord. Les nationalistes prochinois n’ont qu’une idée en tête : profiter de la présence chinoise pour confisquer le pouvoir au VM. Ils menacent HCM d’un coup de force. Ce dernier, affaibli pour l’instant, devra céder, du moins en façade, pour ne pas contrarier les Chinois (voir 23 octobre) (Devillers, 1988, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, &#039;&#039;&#039;formation officielle du mouvement « Lao Issara »&#039;&#039;&#039; sous la direction du vice-roi et prince Pethsarath. Le départ des Japonais ayant créé un vide du pouvoir, ce mouvement entend s’opposer au retour des Français en destituant le 4 novembre le roi Sisavang Vong qui demeure favorable à un rétablissement du protectorat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 octobre 45 : Leclerc écrit à De Gaulle son premier rapport sur la situation en Indochine. Cette lettre, remise par le colonel Fay, évoque son arrivée en Indochine : « Ce serait une erreur absolue de négocier d’une manière sérieuse avec les représentants du Vietnam, le Vietminh, avant d’avoir montré cette force. Je peux aujourd’hui vous l’affirmer, tout ce qui est jaune en profiterait, non pas pour exécuter les traités mais pour abuser d’avantage de cette marque de faiblesse ; j’en suis sûr et je le constate tous les jours. Au contraire, en montrant notre force et après l’avoir montrée, nous pourrons négocier, accorder tous les avantages que vous estimerez légitimes […] J’estime qu’il n’y a qu’un moyen et un seul, c’est le débarquement au Tonkin […] Les indigènes tonkinois résisteront, mais la question sera vite résolue. » (De Folin, 1993, p. 131 ; Pedroncini, 1992, p. 157 ; Turpin, 2005, p. 162). Il enrage à nouveau face à la lenteur des transports de troupes : « Ce ne sont pas des moyens supplémentaires que je vous demande mais toujours cette fameuse 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division d’infanterie coloniale que je supplie sans succès depuis deux mois et demi de faire transporter. » (Pedroncini, 1992, p. 184 184 ; lettre citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 247, pp. 611-612).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu repart de Chungking pour Chandernagor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 octobre 45 : De Gaulle reçoit, en secret mais longuement, l’amiral Decoux dans sa résidence de Neuilly. L’accueil est glacial. Le Général lui reproche son comportement après l’armistice de 1940, de ne pas avoir rejoint la Résistance en 1941, les « louanges au Maréchal » mais lui confie : « Je reconnais qu’en ce qui concerne vos rapports avec les Japonais, vous avez résisté par tous les moyens en votre pouvoir, aux entreprises de l’ennemi sur l’Indochine. » (Decoux, 1949, pp. 476-481)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, sous la poussée des Vietnamiens appuyés par les Chinois, &#039;&#039;&#039;le mouvement Lao Issara (Le Laos libre) forme un « gouvernement du Laos libre »&#039;&#039;&#039; dirigé par Tiao Khammao et le prince Pethsarath (voir 10 octobre). Le P.C.I. infiltrera rapidement le mouvement contrôlant les organes de sécurité, l’armée et la propagande. Le ministre des Affaires étrangères est le prince Souphanouvong (demi-frère de Pethsarath et Souvanna Phouma) (Devillers, 2010, p. 328 ; Deuve, 1995, p. 7). Le roi Sisavang Vong, fidèle aux Français, refuse de prendre le rôle de monarque constitutionnel que lui propose ce régime provisoire. Il sera déposé le 4 novembre avec l’aide des Chinois qui neutraliseront provisoirement les Français (Cesari, 1995, pp. 45-46)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Première rencontre entre Sainteny et HCM&#039;&#039;&#039;. Ce dernier est considéré par son interlocuteur comme « une personnalité de premier ordre » (Sainteny, 1970, p. 73) et ce, d’autant plus qu’il est relativement conciliant, si l’on excepte toutefois son rapport farouche à l’indépendance. Mais il demeure un interlocuteur à la fois modéré et déterminé : « Ho Chi Minh estime qu’il faut procéder par empiètements successifs. Il répugne à la violence et pense atteindre plus sûrement son but en négociant. Il n’hésitera pas à nous accorder des concessions qui, tout compte fait, seront dans son esprit moins onéreuses qu’un conflit sanglant. » (Sainteny, 1967, p. 166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse un message aux Français d’Indochine : « La lutte que nous menons n’est pas dirigée contre la France ni contre les Français honnêtes, mais contre la domination cruelle en Indochine du colonialisme français […] Est-ce vous, cultivateurs, commerçants, industriels en Indochine qui en profitez ? Avant de vous répondre, je vous prie de vous mettre à notre place. Si des étrangers venaient vous imposer tout ce cortège de maux et de souffrances, que feriez-vous ? Je suis absolument sûr que vous lutteriez jusqu’à votre dernière goutte de sang contre cette domination […] » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 425-427)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon de &#039;&#039;La Gloire&#039;&#039; transportant les premiers éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. soit 330 hommes. Le débarquement du complément sera échelonné jusqu’au 30 : 440 hommes à bord du &#039;&#039;Suffren&#039;&#039;  le 19, 785 à bord de &#039;&#039;La Ville de Strasbourg&#039;&#039; le 21, 234 à bord du &#039;&#039;Béarn&#039;&#039; et le 30, 283 hommes à bord du &#039;&#039;Quercy&#039;&#039; (Bodin, 1996, p. 15). Certes des renforts arrivent mais toujours au compte-gouttes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Sihanouk a dû nommer à la tête du gouvernement le nationaliste &#039;&#039;&#039;Son Ngoc Tranh&#039;&#039;&#039; sous la pression des Japonais (voir 9 août, 8 septembre et 3 octobre). Il veut négocier avec la France l’indépendance du pays. Or Sihanouk a fait savoir à D’Argenlieu qu’il entendait négocier avec la France, sans se préoccuper de cette question d’indépendance du Vietnam qui n’a que peu d’écho dans son royaume. Ayant fait parvenir un commando à l’aéroport de Pochetong, Leclerc se charge d’écarter pacifiquement le premier ministre nationaliste en se rendant lui-même à Phnom Penh et l’embarque cependant &#039;&#039;manu militari&#039;&#039; dans son avion pour Saigon sans autre forme de procès. Sihanouk, absent, découvre la situation le soir même à son retour. Son Ngoc Thanh est envoyé à la prison de Saigon, jugé par une cour martiale et condamné à 20 ans de travaux forcés et à 20 ans d’interdiction de séjour en Indochine. Il est envoyé d’office en exil à Poitiers où sa peine est commuée en résidence surveillée. Son Ngoc Thanh sera remplacé par le prince Monireth, ancien officier du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. et oncle du roi favorable à la déclaration du 24 mars (Gras, 1979, p. 55 ; Chaffard, 1969, p. 70-71 ; Tong, 1972, p. 39). Le ministre de la Défense, Kim Tith, se rallie aux Français, tandis que le ministre de l&#039;Économie, Pach Choeun, prend le maquis. Leclerc nomme le lieutenant-colonel Huard au poste de commissaire de la République par intérim. Il sera reçu par le roi dès le 17 (Cambacérès, 2013, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite de l’arrivée des premiers éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. du lieutenant-colonel Massu en Cochinchine (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-octobre 45 : Messmer et son compagnon Marmont, tous deux prisonniers du VM, parviennent à s’enfuir et cherchent à rejoindre Hanoi (Messmer, 1992, p. 160). Là, ils parviennent à fausser compagnie au VM et se constituent prisonniers auprès des troupes chinoises d’occupation. Ils seront confortablement détenus par elles jusqu’au 26.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 octobre 45 : Rencontre à Chandernagor entre D’Argenlieu et le général Salan en partance pour aller rejoindre Leclerc en Indochine (Salan 1, 1970, p. 167). D’Argenlieu lui propose trois fonctions dont celle d’adjoint à Leclerc (Salan 1, 1970, p. 169). Salan dit à l’amiral que sa présence à Saigon « est peu opportune ». Il lui est répondu : « J’ai reçu du général De Gaulle l’ordre de m’y rendre, j’exécute, il n’y a plus d’indécision dans mon esprit. Je partirai à la fin de la semaine prochaine. » (Salan 1, 1970, p. 171) Leclerc, comme Salan, n’est pas favorable à l’arrivée immédiate de l’amiral, estimant que « pour le moment, c’est une affaire de militaires. » (Salan 1, 1970, pp. 173-174) Et non de politiques…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) tente à nouveau par le biais du Commindo d’infléchir la politique de D’Argenlieu et Leclerc. Il revient sur le fait qu’il est important de considérer que le VM est devenu « la vedette devant le monde et que nous ne parviendrons pas à le déconsidérer. » Sans parler d’indépendance immédiate, il évoque une « indépendance à terme […] comportant la collaboration en matière militaire, culturelle et économique. » Fidèles à De Gaulle, le ministre des Colonies (Pleven) et le Cominindo rejettent cette sage proposition (Turpin, 2005, pp. 165-166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à son directeur de Paris, Soulet, directeur de la banque franco-chinoise à Saigon, se plaint du comportement du personnel administratif et militaire venu de la métropole car ignorant tout de l’Indochine : « La Mission Française composée de fonctionnaires d’Afrique, nous considère assez volontiers comme des Français de seconde zone, ayant sur les colonies des idées périmées. Il n’y a à souhaiter que les nouveaux venus fassent mieux dans l’intérêt de la France et de l’Indochine, que ceux qui les ont précédés. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 167, note 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 45 : Au Cambodge, mise en place du gouvernement Monireth favorable aux Français. Il demeura en place jusqu’au 14 décembre 1946 (Jennar, 1995, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM écrit à Truman pour demander l’admission du Vietnam à l’O.N.U. (Valette, 1994, p. 31). L&#039;administration Truman n&#039;étant pas celle de Roosevelt, cette demande demeurera lettre morte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 45 : D’Argenlieu adresse à De Gaulle un rapport sur la situation en Indochine. Il préconise un rapport de force et écrit : « Pourquoi ces troubles si profonds, graves et généralisés ? Nous le voyons clairement maintenant par interrogatoires, renseignements de toute sorte : c’est parce que la France a été et est encore considérée comme vaincue. Vaincue en 40 et vaincue en mars 45. Comment faire disparaître cette conviction, condition &#039;&#039;sine qua non&#039;&#039; pour notre rétablissement dans ce pays ? En montrant notre force. Ce serait donc une erreur absolue de négocier d’une manière sérieuse avec les représentants du Viet-Minh avant d’avoir montré cette force. » (cité in Isoart, 1982, p. 68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec De Gaulle, Leclerc s’attaque à nouveau à la déclaration du 24 mars qui « entend faire du nouveau, en substituant à l’administration coloniale directe des gouvernements largement autonomes au sein de la Fédération indochinoise. » (Turpin, 2005, p. 140) De Gaulle lui répondra le 27.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, l’amiral applique plus que jamais la politique du « diviser pour régner » : « C’eut été grave erreur de prendre position en s’appuyant prématurément sur lui [le G.R.A.] Il faut garder  des contacts avec les hommes du G.R.A. comme avec d’autres mouvements. Il y a au Viet-Minh des hommes sincères et convaincus. Ils sont gagnés à la main par leurs bandits et spécialement les jeunes. Leur action prend  de plus en plus des allures totalitaires et c’est merveille de voir, une fois encore, au nom de l’indépendance et des principes démocratiques, enfanter un mouvement aux allures fascistes. La Charte de l’Atlantique et celle des Nations Unies n’ont pas comme dessein d’enfanter, nourrir et élever semblable progéniture. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 octobre 45 : Arrivée de la suite d’éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (lieutenant-colonel Massu) transportés par le &#039;&#039;Suffren&#039;&#039; et le &#039;&#039;Ville de Strasbourg.&#039;&#039; Sainteny précise qu’il s’agit d’« un corps extrêmement léger, puisqu’il ne comportait que sept mille cinq cents hommes » (Sainteny, 1970, p. 75). D’Argenlieu les qualifie quant à lui de « modeste reliquat de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. » (D’Argenlieu, 1985, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 45 : HCM donne une conférence de presse : « Nous sommes déterminés à lutter jusqu’à la dernière goutte de sang contre les colonialistes français qui tentent de rétablir leur souveraineté sur ce pays par la force. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 69)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur demande du général Wedemeyer (chapeautant l’état-major de l’O.S.S. en Chine, voir 4 octobre), retrait effectif des membres de l’O.S.S. au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Elle fait suite l’éviction du major Archimedes Patti par sa hiérarchie. Ce dernier est de retour aux U.S.A. (Pedroncini, 1992, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Embarquement à Marseille du gros de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy transportée par des navires britanniques (Turpin, 2005, p. 123). C’est cette unité que Leclerc attend avec impatience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Leclerc, se souvenant de ce qui s’est passé à Saigon avec le 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., donne des instructions suivantes au lieutenant-colonel Huard (assurant l’intérim de commissaire de la République avant l’arrivée du général Alessandri) : « Triez donc soigneusement vos Français : anciens prisonniers de guerre, ne demandez à réarmer que ceux dont vous êtes sûrs au point de vue attitude et discipline. Refoulez-moi les autres à Saigon. » (Turpin, 2005, p. 167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Référendum en France qui approuve la création d’une Assemblée constituante.&#039;&#039;&#039; Deux questions ont été posées. La première porte sur la rédaction d’une nouvelle constitution (soutenue par De Gaulle) et est approuvée à 96 % des suffrages exprimés. La seconde porte sur les pouvoirs de cette assemblée. Redoutant une prépondérance des communistes au sein de celle-ci, De Gaulle a prévu un texte limitant strictement ses prérogatives : sa durée est restreinte à sept mois ; le projet constitutionnel qu&#039;elle a pour mission d&#039;élaborer sera soumis au référendum populaire (et sera rejeté le 5 mai 1946) ; elle ne peut renverser le gouvernement que par une motion de censure votée par la majorité absolue de ses membres. Cette deuxième question limitant les pouvoirs de l’assemblée constituante est approuvée à 66 % des suffrages exprimés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle à ce référendum, on procède à des élections afin d’élire une assemblée législative. Ces élections amorcent un accord de gouvernement basé sur le tripartisme : le P.C.F. a obtenu 26,2 % des voix, le M.R.P. 25,6 % et la S.F.I.O. 24,6 %. Une majorité de gauche émerge donc de ce scrutin puisque le total des députés communistes et socialistes occupent 302 sièges sur 586 mais il n’y aura pas accord de gouvernement entre les 2 vainqueurs (voir 29 janvier 1946) (Pedroncini, 1992, p. 321).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 octobre 45 : Leclerc a envoyé son conseiller Paul Mus à Chandernagor. Une note de Mus dont Leclerc partage le point de vue &#039;&#039;&#039;conseille à D’Argenlieu de différer son arrivée&#039;&#039;&#039; « quel que soit l’avis de Paris ». Ce qui a le don d’agacer l’amiral qui répond courtoisement au général en lui précisant qu’il arrivera… le 31. L’amiral demande à son subordonné de ne pas employer le mot « « reconquête » […] [car] ce serait à [son] avis une grave erreur politique […] de laisser s’accréditer cette idée ou ce rêve. » D’Argenlieu s’empresse d’aller rendre compte de ces différends à De Gaulle en y allant pas de main morte pour contrer son subordonné (D’Argenlieu, 1985, pp. 72-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux demandes répétées de Leclerc et des Britanniques en faveur d’un nouveau texte sur le statut de l’Indochine plus libéral que celui du 24 mars, De Gaulle réaffirme : « Il est exclu que le gouvernement français fasse actuellement une nouvelle déclaration concernant l’Indochine. Celle de mars se suffit à elle-même. Le fait d’en édicter une nouvelle dans les circonstances présentes aurait toutes les apparences d’une reculade qui compliquerait d’avantage la situation en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 64, note 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon un document émanant du ministère des Affaires étrangères en date du 2 septembre 1946, « les Américains envoient une note à Ho Chi Minh définissant la politique des U.S.A. vis-à-vis du Vietminh. Les termes de cette note ne sont pas connus. Ils auraient été empreints d’une extrême prudence. »  (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319). Prudence qui s’exprimera de la même manière au niveau de la livraison d’armement américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, une proclamation de Sihanouk indique : « Les obstacles [voir 15 octobre] qui s’opposaient depuis plusieurs mois à la reprise des relations traditionnelles d’amitié de notre Royaume avec la France ont aujourd’hui disparu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM écrit au secrétaire d’État américain Byrnes en se plaignant de « l’invasion » de la Cochinchine par les Français : « La nation vietnamienne toute entière s’est dressée comme un seul homme contre l’agression française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 31)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 octobre 45 : Premier accord signé entre le Vietminh et le parti nationaliste Dong Minh Hoi et d’autres nationalistes soutenus par les Chinois. Face à la pression, HCM ne peut que transiger. Un second accord puis un troisième seront élaborés les 18 novembre et 23 décembre. Pour le VM, ces accords ont été signés sous la contrainte, du fait de la présence chinoise. Ce type d’accord ne parvient pas pour autant à endiguer une violente agitation nationaliste prochinoise, notamment à Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée du général Salan à Saigon&#039;&#039;&#039; sur demande de Leclerc (Salan 1, 1970, p. 173). Il connaît l’Indochine où il a eu des fonctions de 1924 à 1937. Leclerc lui propose d’entrée le poste de &#039;&#039;&#039;commandant du Nord et des troupes de Chine&#039;&#039;&#039; en remplacement du général Alessandri (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre) qui est quant à lui nommé au Cambodge au poste de commissaire de la République (Salan 1, 1970, p. 174). Lors d’un entretien avec Salan, Leclerc résume la situation : « Certes nous sommes courts, j’ai seulement le détachement Massu de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B., j’attends la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy et la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.E.O. devenue 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Nyo. Je dispose des « gars » de Saigon que j’ai repris en main et qui sont utilisables [11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C.]. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Norodom Sihanouk accepte de lire un texte préparé par le Résident supérieur français (le lieutenant-colonel Huard) dans lequel il déclare sa loyauté et celle du peuple cambodgien à la France et son appui aux plans français de création d&#039;une Fédération Indochinoise dans le cadre de l&#039;Union Française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 octobre 45 : Le secrétaire d’État britannique à la Guerre souligne que l’intervention militaire britannique dans la région de Saigon doit être strictement limitée dans le temps et dans l’espace (Pedroncini, 1992, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passant outre l’avis des Américains, les Britanniques autorisent le général Blaizot et sa mission faite de quelques hommes à s’installer à Kandy. Mais Blaizot arrive seul, sans le régiment commando dit « Corps léger d’intervention » (C.L.I.) qui a dû rester en Afrique du Nord faute d’un accord des &#039;&#039;Combined Chiefs of Staff&#039;&#039;  (état-major combiné anglo-américain) pour son transfert par bateaux (Pedroncini, 1992, p. 84). Ses moyens demeurent donc des plus limités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lancement de l’opération &#039;&#039;Moussac&#039;&#039; en vue de reconquérir le Sud : cavaliers et fantassins du groupement Massu se heurtent rapidement aux obstacles dressés par le VM. La progression est sans cesse ralentie par des coupures de ponts ou de routes. Le VM a mobilisé pour accomplir ces destructions la population civile au moyen de réquisitions. Il faut 3 jours pour parcourir les 70 km qui séparent Saigon de Mytho. Les Français découvrent qu’ils sont ici strictement tributaires des axes de communication autour desquels, du fait de la végétation et de la présence de l’eau, le VM tend des embuscades meurtrières (Cadeau, 2019, p. 155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 - 25 octobre 45 : Les troupes britanniques atteignent Bien Hoa et Thu Dau Mot, zone dans laquelle ils vont pouvoir désarmer les 60 à 70 000 Japonais qui se trouvent au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Gras, 1979, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 octobre 45 : Poursuite du dégagement de la zone sud de Saigon (opération &#039;&#039;Moussac&#039;&#039;) au moyen de raids rapides opérés par des troupes purement françaises. Prise de Mytho (60 km de Saigon) par le groupement du lieutenant-colonel Massu et le commando Ponchardier qui opère par voie fluviale (Gras, 1979, pp. 58-59). Une conférence des dirigeants vietminh sudistes se tenait à Mytho en présence de Hoang Quoc (représentant HCM et du Comité central), Le Duan et des membres de récemment libérés de Poulo Condore qui échappent de justesse aux Français (Francini 1, 1988, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Salan-Gracey en présence de Leclerc. Gracey déclare à Salan, qui va être nommé le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre commandant des troupes françaises de Chine et du Tonkin, « vous arrivez à point, mais vous aurez des ennuis avec les Chinois dans le Nord. » (Salan 1, 1970, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu met en garde Leclerc et lui demande d’« éviter de compromettre l’avenir par des effusions de sang entre français et Annamites. » Ce qui lui avait conseillé Sainteny dans son rapport du 3 (Pedroncini, 1992, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu annonce son arrivée à Leclerc pour le 31 par une lettre remise directement à Paul Mus à Chandernagor. Il lui confirme l’envoi de renforts. Il précise : « Par contre, je vous redis et avec une entière conviction qu’il ne me paraît pas opportun de parler de « reconquête ». Le mot n’est rien – c’est la chose qui importe. Ce serait à mon avis une grave erreur politique – sur le plan intérieur et extérieur – de laisser s’accréditer cette idée ou ce rêve. » Il s’efforce de modérer l’habituelle fougue du général qu’il sait grande : « Sachons modérer nos légitimes ardeurs pour éviter de compromettre le lendemain par des effusions de sang entre Français et Annamites, sans nécessité absolue. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 199)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 octobre 45 : Sainteny récupère Messmer et son compagnon Marmont qui ont été finalement libérés par les Chinois qui les détenaient jusqu’alors (Messmer, 1992, p. 166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu écrit à De Gaulle. Il évoque le comportement de Leclerc. Il déplore d’entrée : « Faut-il ajouter que j’ai dû écarter les objections tenaces du général Leclerc à ma venue. Cette persévérance à vouloir rester seul est à la fin fatigante. Mais elle s’accompagne de sa part de mille initiatives hors de propos et, rien que pour mettre de l’ordre dans le commandement, il est devenu nécessaire que je sois là-bas […] Leclerc est déjà tout acquis au rêve d’une « reconquête ». C’est plus fort que lui. J’estime que ce rêve est à écarter. Nous ne sommes pas venus ici pour planter de nouveaux lauriers à la faveur de durs combats contre l’ennemi. Nous avons à rétablir l’ordre et la fermeté au sein de populations amies, partiellement détournées de nous par la double complicité des Japonais et des nationalistes extrémistes [...] » (D’Argenlieu, 1985, pp. 73-74) Il entend par sa future présence en Indochine modérer le bouillant général devenu trop indépendant à son goût (voir 25 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 45 : Réponse de De Gaulle au courrier de Leclerc du 13 octobre 1945 : « Mon cher ami, j’ai reçu votre lettre, apportée par le colonel Fay, et tiens à vous dire que votre conception est la bonne […] Nous n’avons rien à conclure avec les « locaux », tant que nous n’aurons pas la force. Jusque-là, nous pouvons, avec prudence et selon l’opportunité, prendre certains contacts, mais c’est tout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 163 et Ruscio, 1985, p. 97, note 3) De Gaulle est donc favorable à un retour en force en Indochine et surtout n’est prêt à négocier, comme Leclerc, qu’en position de force. D’Argenlieu, plus modéré, est alors plus ou moins en phase avec son subordonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 octobre 45 : Prise par les Français de Go Cong (sud de Saigon).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée du matériel lourd de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. embarqué à bord du &#039;&#039;Béarn&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon (conseiller de Sainteny) adresse un rapport à D’Argenlieu qui est, pour l’instant, toujours à Chandernagor. Le VM « ne doit pas être traité à la légère. Il est le fait d’une minorité, certes, mais sa naissance, ses manifestations du début, lui ont acquis l’adhésion sentimentale des classes pauvres, à la campagne autant que dans les centres […] » &#039;&#039;&#039;Il dresse un tableau très sombre de la situation au Tonkin&#039;&#039;&#039; : désorganisation complète des voies de communication, inondation qui a submergé des milliers d’hectares de rizières, disette, services publics en plein marasme, fonctionnaires non payés, graves dissensions au sein du G.R.A. entre le VM et le D.M.H. Seules les classes aisées soutiennent discrètement les Français mais, sans exprimer ce soutien, car la terreur règne partout. Les Chinois dévalisent le pays. Le G.R.A. n’entend pas traiter avec les Français. Leur mot d’ordre du moment est particulièrement tranchant : « Qu’importe que deux millions de nos compatriotes meurent de faim cet hiver pourvu que triomphe la cause de l’indépendance. » (Devillers, 1988, pp. 105-108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 octobre 45 : Prise par les Français de Vinh Long (sud-ouest de Saigon).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc confie à Salan (futur commandant du Nord et des troupes de Chine) la préparation du retour des troupes françaises au Tonkin. Une note du 2 septembre émanant du capitaine Blanchard (services de renseignements de Kunming) l’a assuré de la faiblesse de l’emprise réelle du VM en dehors de quelques villes du delta du Tonkin (Valette, 1994, p. 53, note 19). Sont concernées celles qui viendraient du Yunnan et celles qui arriveraient de Cochinchine après un débarquement. Il a pour mission d’éviter tout conflit avec les Chinois (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre). Il rejoindra Hanoi le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre (Gras, 1979, p. 85).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations avec l’occupant chinois sont toujours aussi difficiles malgré la récente rencontre entre D’Argenlieu et Tchang Kaï Check (voir 10 – 13 octobre). Note du Quai d’Orsay adressée à De Gaulle critiquant un « contre-projet chinois d’accord d’affaires civiles » transmis par Pechkoff (ambassadeur de France en Chine). Le document manque de clarté : il passe sous silence « les questions administratives et juridictionnelles » et délimite mal les « attributions respectives du commandement chinois et des administrations françaises ». Il élude totalement le rôle de Sainteny (commissaire de la République au Tonkin). Les prétentions au sujet des avantages à accorder aux Chinois résidant au Tonkin sont jugées exorbitantes (DDF, 2000, tome 2, document n° 279, pp. 681-682).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 octobre 45 : Prise par les Français de Can Tho (à l’entrée de la presqu’île de Camau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc transmet à Salan un premier plan de débarquement pour le Tonkin (voir 10 décembre) (Ruscio, 1985, p. 97). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, la fusion de deux mouvements, celui du prince Souphannouvong (pro-vietminh) et celui du vice-roi Petsarah (nationaliste réclamant l’indépendance contre la volonté du roi) donne naissance au &#039;&#039;&#039;Lao Issara&#039;&#039;&#039;, avec la bénédiction des Chinois. Une convention militaire est signée avec le VM (Gras, 1979, pp. 83-84). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu prend ses fonctions à Saigon&#039;&#039;&#039;. Leclerc avait envoyé Paul Mus (son conseiller politique) à Chandernagor afin de l’y retenir, avant la fin des opérations de pacification en Cochinchine et au Cambodge (voir 22 octobre). Celui-ci n’a pas obtempéré (voir 16 octobre). Les relations entre les deux hommes demeurent et demeureront toujours très délicates, Leclerc supportant difficilement d’être le simple subordonné de l’amiral. Francini évoque « une antinomie fondamentale de tempérament » même si « […] Leclerc et D’Argenlieu partagent la même idée de la France tutélaire et protectrice, seule capable de guider des peuples, jugés encore incapables d’exercer leurs propres responsabilités, vers les lendemains prometteurs de progrès économiques et d’indépendance. » (Francini 1, 1988, pp. 248-249) Ce qui est peut-être l’essentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu va procéder assez rapidement à une épuration à la Française, brutale, humiliante affectant l’armée, l’administration voire certains colons. Ce faisant, il crée des tensions dans la société indochinoise qu’il connaît mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin octobre 45 : Début des négociations entre HCM, Sainteny et Pignon dans le plus grand secret, sans procès-verbaux. Les Américains sont pourtant mis au courant, probablement par le VM. D’Argenlieu est informé de leur contenu et s’instaure en arbitre. Paris est tenu à l’écart ou se tient volontairement à l’écart de ces négociations (voir 10 octobre 1945). Elles vont, selon Sainteny, durer « sept mois entrecoupés de toutes les alternatives possibles d’espoir et de découragement. » (De Folin, 1993, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, les effectifs des troupes britanniques s’élèvent désormais à 22 190 hommes. Ceux des Français à seulement 4 475 (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, après un échange de lettres évoquant une situation complexe, une délégation menée par le prince Monireth, nouveau chef du gouvernement, est reçue par D’Argenlieu. Celui-ci décide de faire étudier un statut provisoire de transition qui est confié au nouveau commissaire de la République, le général Alessandri. Ce statut aboutira au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 7 janvier 1946.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Ao%C3%BBt_1945&amp;diff=5328</id>
		<title>Août 1945</title>
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		<updated>2026-09-10T05:52:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Août 45 : Au Laos, profitant du vide politique laissé par la capitulation japonaise, le P.C.I. donne l’ordre de mettre en place des comités révolutionnaires. Selon HCM, « la sécurité du Vietnam révolutionnaire indépendant ne sera jamais assurée si le Laos n’est pas dans la sphère d’influence, et, mieux, étroitement lié. » (cité in Deuve, 1995, p. 7)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon une note du ministère des Affaires étrangères du 2 septembre 1946 peu favorable au rôle des États-Unis en Indochine, l’Américain Gordon (voir janvier 1943), un proche de l’O.S.S. de réputation assez douteuse mais en contact direct avec son chef, le colonel Heppner, envoie par avion à plusieurs reprises son comparse Simon Yu auprès d’HCM (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Août 45 ? : Note sur l’attitude des principales puissances dans la question d’Indochine (document non daté, écrit « après la disparition de Roosevelt » et après le « 20 juillet »). La reprise de l’Indochine, « pierre angulaire entre le monde asiatique et l’Australasie », sera « longue ». On craint une « élimination durable et peut-être définitive de cet hémisphère ». On doit faire face à de « dangereux courants de pensée » opposés à un retour de la France. « L’effort principal doit être dirigé vers Washington » car « tout Américain est anticolonialiste ». Ce qui n’empêche pas les U.S.A. d’avoir des visées sur « des pays faibles ou moins évolués » et de pratiquer « une variante libérale du colonialisme ». L’attitude de la Grande Bretagne, grande puissance coloniale, est plus conciliante mais elle n’entend pas heurter les Américains. Toutefois, « nous pouvons compter sur la bienveillance de Londres ». L’anticolonialisme des Soviétiques demeure quant à lui « doctrinaire ». L’attitude de la Chine est, du fait de son histoire, de se défier de toute puissance coloniale. De plus, elle est soutenue par les U.S.A. mais a des intérêts communs avec l’Indochine, notamment dans a lutte contre le Japon (DDF, 1998, tome 2, document n° 72, pp. 188-196).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début août 45 : Reconstitution de l’unité du Vietminh par le ministre des Affaires étrangères, &#039;&#039;&#039;Tran Van Chuong.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’entrée, pour le VM, la décision de lancer l’insurrection générale s’élabore, sans consulter ni les Russes ni les Chinois. Cette pratique a un double avantage. Celle d’être diplomatiquement autonome et indépendant. Elle permettra également aux communistes vietnamiens de toujours entretenir de plus ou moins bonnes relations avec ces deux pays et d’obtenir une aide des deux parties, y compris lorsque les relations entre la Chine et l’U.R.S.S. se dégraderont.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Japonais qui mesurent la popularité grandissante du VM dans la population agissent de moins en moins contre lui. On négocie pour ménager l’ordre et soutenir ainsi Bao Daï et son gouvernement projaponais (Pedroncini, 1992, p. 41).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le corps expéditionnaire français est constitué de deux divisions. La 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C., équipée d’un matériel usagé, peut être envoyée en Indochine dans un délai de un mois. La 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.E.O., qui sera transformée en 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. le 14, doit l’être quant à elle pour le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre (Bodinier, 1987, p. 32). Elle sera renforcée par des éléments la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. à partir du 16.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août 45 : Sainteny, ayant fait le point sur les demandes du VM (voir 25 juillet), demande à Calcutta d’agir sur Paris pour que De Gaulle désigne un représentant de la France capable de lui indiquer les limites à accorder dans les concessions et quels sont les engagements pouvant être considérés par lui comme acceptables (Devillers, 1988, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’attitude de la population française en Indochine à l’égard de la Résistance française antijaponaise demeure dans une expectative attentiste. Une note de situation sur l’Indochine issue de la plume de Jean Royère à Kunming observe : « Dans l’ensemble, 80 % de la population française se dit « gaulliste », mais d’un gaullisme un peu particulier. En effet, d’une part, l’action des « partisans » se borne à des discussions sous le manteau, d’autre part, bon nombre d’entre eux approuvent toujours la politique intérieure de Pétain et considèrent avec méfiance le Gouvernement d’Alger (pour des éléments de gauche) […] La plupart des « gaullistes » se trouvent parmi les non-fonctionnaires. Dans l’administration, la majorité reste neutre et se trouve placée entre la crainte d’être révoquée après la libération et celle d’être internée si elle manifeste des sentiments anti-vichystes. Parmi les hauts-fonctionnaires, une minorité apparaît collaborationniste […] La Légion est toujours active […] Le sentiment général est plutôt pro-américain. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 61) Selon Turpin, « le problème fondamental que devait résoudre le G.P.R.F. est qu’il y avait indéniablement une étroite communauté de vue entre l’amiral Decoux et les Français d’Indochine quant à la politique à mener vis-à-vis des Japonais. » (ibid.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Paul Mus (agent des services spéciaux de la France libre qui connaît parfaitement l’Indochine pour y avoir vécu) écrit une « Note sur la crise morale indochinoise » encore plus pessimiste : « Malaise, reconnaît-on mais ce terme est un euphémisme quand les nationaux de ce pays que nous venons de perdre nous réclament l’indépendance totale ou ne désavouent pas ceux qui la réclame et quand ils se refusent à nouer des relations avec l’administration française. Nous sommes devant une crise de croissance et, ce qui la caractérise, c’est que l’élite indochinoise s’en est aperçue plus vite et plus complètement que nous. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 50)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 août 45 : &#039;&#039;&#039;Fin de la Conférence de Postdam&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 202). &#039;&#039;&#039;La partition du Vietnam en 2 zones d’occupation est actée : au Nord par les Chinois, au Sud par les Britanniques.&#039;&#039;&#039; Le Français n’ont pas été invités et, pour l’instant, n’ont pas été mis au courant de cette partition. Ils ne le seront que le 15.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 août 45 : &#039;&#039;&#039;Première bombe atomique américaine sur Hiroshima.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny n’ayant obtenu satisfaction à sa demande du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; revient à la charge. Les dirigeants du VM sont « désireux d’avoir affaire à des négociateurs habilités à discuter avec eux les bases d’un accord qu’ils souhaitent définitifs. » Il espère la venue d’administrateurs de la mission coloniale de Calcutta (De Raymond, Pignon ou Messmer) car il a le sentiment que des portions du territoire tonkinois vont être libérées et que des décisions rapides, énergiques et grosses de conséquences vont devoir être prises sans retard  (Devillers, 1988, p. 64).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 août 45 : Le vice-amiral Thierry D’Argenlieu apprend de la bouche de Gaston Palewski l’intention de De Gaulle de le nommer haut-commissaire en l’Indochine (voir 13 août). Ce poste est demeuré vacant depuis le 9 mars avec la capture de l’amiral Decoux par les Japonais. D’Argenlieu acceptera dès le lendemain de cette annonce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain Chennault, commandant la 14&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée de l’air basée en Chine, et qui a toujours adopté une position francophile contre l’avis de son supérieur le général Wedemeyer et des Chinois, est contraint de quitter l’Indochine (Sainteny, 1953, p. 30, note 1). Les Français perdent avec lui l’un de leur très rare appui américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM rejette définitivement les derniers liens avec le « Gouvernement Républicain provisoire du Vietnam » basé en Chine (voir 25-28 mars 1944). Sous l’effet d’un « noyautage » progressif, 11 de ses membres sur 14 appartiennent désormais au VM ou au P.C.I. Il contrôlera tout le N-V dès la défaite des Japonais (voir 13 août) (Fall, 1960, p. 38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 août 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu accepte le poste de « haut-commissaire » en Indochine.&#039;&#039;&#039; Il a refusé l’appellation de « gouverneur général » qui symbolise trop, selon lui, la période coloniale. Selon Cadeau, le titre de « haut-commissaire a l’avantage de signifier une relation directe avec le chef du gouvernement. » (Cadeau, 2019, p. 139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement nationaliste de Tran Trong Kim, qui n’a pas su faire face au chaos (voir 9 - 10 mars) et s’est avéré rapidement dépassé par la situation alors que les Japonais sont en pleine déroute, présente sa démission.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï obtient des Japonais la rétrocession de la Cochinchine, ce qui rétablit l’unité du Vietnam (Marangé, 2012, p. 145). Des gouverneurs sont nommés pour le Nord et le Sud. Il y a donc un retour de la réunification du pays mais octroyée par des Japonais qui sont en train de perdre la guerre. Pour autant, Bao Daï n’oubliera jamais ce don des Japonais et demeurera à jamais intransigeant sur la question de la réunification de son pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’U.R.S.S. déclare la guerre au Japon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 août 45 : &#039;&#039;&#039;Deuxième bombe atomique américaine sur Nagasaki.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, après le coup de force des Japonais du 9 mars, la situation est demeurée calme. Le pays ne connaît pas les passions nationalistes de son voisin vietnamien et vit dans une forme d’attentisme. Les Japonais ont transféré le pouvoir à Sihanouk qui doit l’exercer avec un gouvernement sous le contrôle d’un « conseiller suprême » nippon. Les Japonais ont cependant fait nommer au poste de ministre des Affaires étrangères un khméro-vietnamien de la communauté Khmère Krom (minorité cambodgienne de Cochinchine), Son Ngoc Thanh. Ce dernier avait dû se réfugier en 1942 à Tokyo tant il s’était compromis avec les Japonais. &#039;&#039;&#039;Par un coup d’État, à la veille de leur capitulation, les Japonais obligent Sihanouk à remettre le pouvoir aux nationalistes sous la direction de leur protégé&#039;&#039;&#039; qui fait arrêter le premier ministre Ung Hy et le remplace. Ses partisans se rendent en force chez Sihanouk qui doit renoncer à toute forme de pouvoir. Sentant le danger lié à la situation précaire des Japonais, le roi temporise (Gras, 1979, pp. 54-55 ; Cambacérès, 2013, pp. 49-50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Vietnam, les Japonais libèrent un grand nombre de prisonniers politiques que les Français avaient emprisonnés ou envoyés au bagne. Ces derniers reprennent rapidement leurs activités subversives en se dirigeant vers les villes, ce qui va sérieusement compliquer la tâche des autorités coloniales (Devillers, 1988, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré les demandes pressantes de Sainteny pour obtenir de nouveaux interlocuteurs audibles côté français (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) et des instructions claires pour négocier, le colonel Roos (commandant la D.G.E.R. à Kunming) se contente de lui donner l’ordre « de descendre si possible sur Hanoi. » (Turpin, 2005, p. 118) C’est faire preuve d’un optimisme exagéré car les Chinois ne l’entendent pas de cette oreille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Massigli (ambassadeur de France à Londres) à Bidault (Affaires étrangères). Il a rencontré Mountbatten qui lui a confié que la répartition des théâtres d’opérations n’était pas encore actée (ce qui est faux, voir 2 août) mais a laissé entendre à son interlocuteur que l’Indochine pourrait faire partie de son théâtre (ce qui ne sera pas le cas après Postdam). Tout dépend de la réponse des Chinois qui est éminente. L’arrivée des Français en Indochine ne peut que dépendre des Américains car les capacités de transport des Britanniques sont trop faibles. Mountbatten va prendre le bataillon de Madagascar sous son commandement. Il pense que la résistance des Japonais, malgré les bombardements atomiques, peut être encore longue. Les plus optimistes parlent de 10 à 15 jours (DDF, 2000, tome 2, document n° 96, pp. 249-250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 août 45 : &#039;&#039;&#039;HCM lance un ordre d’insurrection général&#039;&#039;&#039; qui n’est pas contré par les Japonais. Il n’y a pas à proprement dire de bain de sang (Cadeau, 2019, p. 122), même si des morts et des blessés sont à déplorer dans les jours à venir (Ngo Van Chieu, 1955, pp. 34-35).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Français sont tardivement mis au courant des décisions de la Conférence de Postdam et les accueillent avec stupeur (Francini 1, 1988, p. 224). Un rapport de l’état-major de Leclerc en date du 25 septembre spécifiera : « C’est en arrivant ici que le général [Leclerc] a appris les clauses de Postdam et la coupure de l’Indochine en deux, de la bouche de Mountbatten. Et ce dernier lui a même confié : si Roosevelt vivait encore vous ne rentreriez pas en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 115, note 9)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archimedes Patti (major dans l’O.S.S.) déclare à ses subordonnés : « Les Chinois ont toute latitude pour rentrer en Indochine quand il leur semblera bon. Ne vous en mêlez pas. Notez qu’en tant qu’Américain, il est dans notre intérêt de rester impartiaux. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 60)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Georges Bidault (Affaires étrangères) à René Massigli (ambassadeur de France à Londres) : « L’emploi de la bombe atomique et l’entrée en guerre de l’U.R.S.S., en faisant prévoir une fin très prochaine du conflit, ont donné à cette préoccupation [retour d’une souveraineté française en Indochine] un caractère d’extrême urgence. Il importe donc que vous fassiez valoir chaque fois que vous en aurez l’occasion que la rapide reprise en main administrative de l’Indochine par les autorités françaises permettra seule d’éviter des désordres préjudiciables à la conduite des opérations de guerre en Extrême-Orient […] Il serait d’un égal intérêt pour le fondement d’une paix durable en Asie, qu’une administration compétente et forte, agissant en coopération complète avec les Alliés, y fut réinstallée […] Un effort particulier sera tenté auprès des Américains, en vue de la résolution la plus rapide de ces problèmes à l’occasion de la prochaine visite du général De Gaulle à Washington. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin 2005, p. 114, note 8)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Thanh est nommé premier ministre de par la volonté de l’occupant japonais (Sihanouk, 1979, p. 231).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 août 45 : Leclerc est mis au courant par Juin (chef d’état-major) de sa nomination comme commandant supérieur des troupes en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM fait savoir qu’il est prêt à se rendre à Kunming pour entrer en contact avec les Français et leur demander de préciser leur position. Une équipe américaine se charge de rapporter à Kunming les demandes des Vietnamiens pour les transmettre à Sainteny à Mission 5. Ils demandent le suffrage universel pour l’élire un parlement, l’indépendance dans laps de temps de 5 à 10 ans, que l’on accorde aux Indochinois les libertés définies par la récente charte des Nations Unies (Devillers, 1988, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel Roos, commandant la D.G.E.R. à Kunming, informe Mountbatten de l’envoi de 6 équipes de reconnaissance clandestines sur Hanoi (dirigée par Messmer), Saigon (dirigée par Cédile), Vinh, Sept Pagodes, Hué et Phnom Penh. Ces opérations, menées avec des « bouts de chandelles » et une bonne dose d’improvisation, faute de mieux, se solderont toutes par des échecs (Turpin, 2005, p. 118-119, note 35). Messmer sera très critique sur les compétences de son supérieur et de son équipe. Ils pensent, à tort, appliquer au Tonkin où les populations sont hostiles au retour des Français, ce qui avait fonctionné au moment de la Libération en métropole (Turpin, 2005, p. 120, note 49).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soulèvement populaire à Ha Tinh (sud-est de Vinh) (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 août 45 : Après son échec à rencontrer des autorités compétentes lors de sa visite à Paris, Sainteny adresse aux autorités françaises un nouveau télégramme d’alerte : « En fait Chinois préparent nettement curée au Tonkin et multiplient embûches pour s’opposer à l’intervention des troupes Alessandri et nos commandos […] Suis inquiet constater Calcutta comme Paris ne semblent pas comprendre gravité situation. Je répète Chinois soutenus par certains grands chefs américains s’évertuent à nous éloigner Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1967, p. 49). Il réitèrera son alerte le 13, toujours en vain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Promulgation de l’ordre d’insurrection du VM dans la zone libre. Attaque de plusieurs postes dans la région de Thaï Nguyen qui est libéré (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 août 45 : &#039;&#039;&#039;Le Parti communiste indochinois&#039;&#039;&#039; (P.C.I.) organise une « conférence nationale » dans le village de &#039;&#039;&#039;Tran Tao&#039;&#039;&#039; (Moyenne Région, près de Tuyen Quang) et &#039;&#039;&#039;décide de s’emparer du pouvoir&#039;&#039;&#039; du fait du départ éminent des Japonais, avant l’arrivée des Alliés, afin que ceux-ci se trouvent devant un fait accompli. A cette époque, le P.C.I. n’est constitué que de 5 000 membres pour une population de 23 millions d’habitants au Vietnam. C’est dire sa faiblesse, d’autant plus qu’il ne bénéficie d’aucun soutien communiste étranger. De plus, il a également été victime de la répression coloniale depuis ses débuts. Dans un premier temps, il a beaucoup de mal à réunir ses membres et à les faire communiquer entre eux. HCM n’en constitue pas moins un &#039;&#039;&#039;« Comité de libération du peuple vietnamien »&#039;&#039;&#039; constitué de 14 membres tous communistes : Giap, Pham Van Dong, Chu Van Tan, Nguyen Luong Bang, Duong Duc Hien, Cu Huy Can, Nguyen Van Xuyen en font partie (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Francini 1, 1988, pp. 202-203). Le Comité décide de « s’emparer du pouvoir des mains des fascistes japonais avant l’arrivée des Alliés » et lance un appel à l’insurrection générale. Les Japonais, soucieux de contrecarrer le retour des Français et de pratiquer le politique du pire, sont tout disposés à lui céder le pouvoir (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Truong Chinh (voir rubrique « acteurs politiques ou militaires »), « pendant ce congrès historique, le parti communiste indochinois soutient une politique extrêmement claire : provoquer l’insurrection des masses afin de désarmer les Japonais avant l’arrivée des forces en Indochine ; arracher le pouvoir des mains des Japonais et de leurs hommes de paille et enfin accueillir en représentant du pouvoir les forces alliées venues désarmer les troupes japonaises stationnées en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 22-23)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mission Thomas (groupe de résistance français) accompagne, sans prendre part aux combats, des troupes vietminh conduites par Giap. Elles s’emparent de la garnison japonaise de Thaï Nguyen (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 15-16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle reçoit D’Argenlieu et lui annonce sa nomination officielle au poste de « haut-commissaire »&#039;&#039;&#039; et non de « gouverneur général », fonction qui l’aurait obligé de passer ses communications avec le gouvernement par le biais du ministère des Colonies. Il lui confie qu’il ne veut pas nommer Leclerc commandant en chef autonome. Même si ce dernier est plus prestigieux dans sa carrière militaire, c’est l’amiral qui doit occuper cette fonction pour « prévenir tout conflit d’autorité en rassemblant tous les pouvoirs en la personne du Haut-commissaire » (voir 15 août) (D’Argenlieu, 1985, p. 29). Ce choix assez maladroit de De Gaulle au niveau des prérogatives n’empêchera pas l’existence rapide de fortes tensions entre les deux hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un document non retrouvé dans les archives et fixant les attributions de chacun a été rédigé le 13 par Leclerc et d’Argenlieu. L’expression « commandant en chef » y figurait-elle ? Probablement. Ce qui est sûr, c’est que ce document a été retoqué par De Gaulle dès le lendemain de sa rédaction. Une copie du décret du 2 mai 1939 a été retrouvée dans les papiers de Leclerc. Elle précise que « les commandants en chef sur les théâtres d’opérations coloniaux [reçoivent] directement du gouvernement leurs directives pour la conduite des opérations militaires. » (Pedroncini, 1992, pp. 89-90)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 août 45 : Le 11 mars, Bao Daï a proclamé l’indépendance de l’Annam et du Tonkin. La Cochinchine est demeurée jusqu’alors sous domination japonaise. Cette fois, avec l’accord des Japonais (voir 11 juin), Bao Daï annonce l&#039;annexion de la Cochinchine, colonie française, à une république du Vietnam  qui est proclamée ce jour à Saigon. Le chef de l’État y nommera le 19, soit 4 jours après la capitulation japonaise, Nguyen Van San, au rang de vice-roi. Le gouverneur japonais Fujio Minoda lui transmettra brièvement les pouvoirs, avant l’arrivée en force du Vietminh ce même jour (Pedroncini, 1992, p. 40). Par le bais de cette passation de pouvoir, les Japonais tentent de rallier, malgré leur départ inéluctable, tous les pronippons : Caodaïstes, Hoa Hao et même les trotskystes (Devillers, 2010, p. 54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Gaulle déclare à nouveau vouloir « rétablir la souveraineté de la France dans les territoires de l’Union indochinoise » (De Folin, 1993, p. 128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, les Japonais cèdent le pouvoir à des organisations anticoloniales qui leur étaient auparavant hostiles, notamment aux nationalistes du Front national unitaire (F.N.U.). Celui-ci appelle à une vaste manifestation prévue pour le 21 en faveur de l’indépendance. Pour rallier ces forces nationalistes tout en leur mentant, Tran Van Giau, chef du Comité exécutif provisoire et futur dirigeant le Comité du Nam Bo (voir 25 août), cherchera à les convaincre du fait que les alliés ont reconnu le VM et que l’arrangement conclu avec les Japonais ne peut que nuire à l’indépendance (Marangé, 2012, p. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Kandy (Ceylan), le général américain McArthur est investi du commandement suprême des forces alliées (Pedroncini, 1992, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Donovan, dirigeant l’O.S.S. à Washington, donne l’ordre d’envoyer 6 équipes au N-V placées sous la responsabilité du major Archimedes Patti. Du fait de tergiversations, ordres et contre-ordres, ces équipes ne partiront au final que le 22 août (Pedroncini, 1992, p. 60).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Son Ngoc Thanh qui avait renversé à l’aide d’une milice du mouvement Khmer issarak (les Chemises vertes) le premier ministre Ung Hy le 9 août devient président du conseil des ministres. Son gouvernement pro-japonais demeurera en place jusqu’au 16 octobre (Jennar, 1995, p. 141 ; Cesari, 2013, p. 36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deuxième quinzaine d’août 45 : Le G.P.R.F. soumet aux Britanniques plusieurs memoranda portant sur les affaires civiles relatifs au stationnement des troupes britanniques au sud de 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ils seront approuvés par De Gaulle le 29 septembre (voir 8 octobre) (Turpin, 2005, p. 153). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 août 45 : &#039;&#039;&#039;Reddition du Japon qui signe un armistice.&#039;&#039;&#039; A ce moment, environ 70 000 Japonais occupent l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Vietminh lance immédiatement un ordre de soulèvement général qui sera surtout suivi dans les grandes villes. Hanoi et Saigon sont aux premières loges.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La présence française en Indochine se résume à 22 groupes de résistance disposant d’environ 3 200 partisans et 21 stations-radio basées dans les hautes régions du Laos et du Tonkin (Turpin, 2005, p. 92).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ambassadeur des États-Unis à Paris informe officiellement (mais tardivement…) le ministre des Affaires étrangères Georges Bidault de la décision majeure de la conférence de Postdam concernant le Vietnam, à savoir son partage en deux parties au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle, avec une zone d’occupation chinoise au Nord et une autre britannique au Sud (Pedroncini, 1992, p. 92, texte cité p. 367).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains fournissent une quantité d’armes limitée au VM par le biais d’un membre de l’O.S.S., le major Allison Thomas (Cesari, 2013, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 – 30 août 45 : Une vingtaine d’équipes de la D.G.E.R. du colonel Ross sont parachutées au Vietnam (Sainteny à Hanoï ; Cédile à Saïgon), Laos (colonel Imfeld) et Cambodge (commandant Gallois) (Valette, pp. 39-40). Leurs destinées seront diverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 août 45 : &#039;&#039;&#039;Capitulation du Japon&#039;&#039;&#039; (De Folin, 1993, pp. 125-126). Le général japonais Tsushihashi remet ses pouvoirs politiques au délégué impérial tonkinois Phan Ke Toai, un personnage tout acquis au VM. Le général Terauchi, commandant en chef de l’armée du Sud, donne l’ordre à toutes les troupes japonaises d’Asie du Sud-est de cesser le combat (Pedroncini, 1992, pp. 41-42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création en métropole d’un groupement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. sous le commandement du lieutenant-colonel Massu (2 200 hommes avec un escadron équipé de blindés légers et d’automitrailleuses). Cette unité ne sera débarquée en totalité que le 15 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un « Congrès national du peuple » se réunit à Tan Trao (Tonkin)&#039;&#039;&#039;. Des centaines de délégués du VM convoqués, seule une soixantaine arrive à destination. Ils élisent un &#039;&#039;&#039;Comité de Libération nationale,&#039;&#039;&#039; véritable gouvernement provisoire. HCM est élu président à l’unanimité (Francini 1, 1988, p. 203). &#039;&#039;&#039;C’est le signal pour lancer l’insurrection générale préparée de longue date et entamer une marche sur Hanoi où le VM espère s’emparer du pouvoir et négocier en position de force avec les Alliés. On parle alors de « moment opportun » pour s’emparer du pouvoir. Des ordres sont envoyés en ce sens aux membres du VM et du P.C.I. au Tonkin, en Annam et en Cochinchine&#039;&#039;&#039; (Marangé, 2012, p. 146). C’est lors de ce congrès qu’HCM exhibe une photographie de lui-même en compagnie de général américain Chennault laissant ainsi entendre qu’il bénéficie de l’appui des Américains (Cesari, 2013, p. 29).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny ne parvient pas à rejoindre Hanoi par avion comme le lui avait demandé le colonel Roos, commandant la D.G.E.R. Les Américains de l’O.S.S. et les Chinois le bloqueront d’un commun accord jusqu’au 22 (Francini 1, 1988, pp. 225-226 ; Sainteny, 1967, pp. 60-69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu’averti depuis fin juillet de la partition de l’Indochine en deux zones d’occupation, &#039;&#039;&#039;De Gaulle réagit tardivement pour constituer une équipe de gouvernance pour l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Après une révision laborieuse des textes d’attribution de fonctions (voir 13 et 14 août) et une réunion du Comité de Défense, &#039;&#039;&#039;il nomme l’amiral Thierry D’Argenlieu au poste de haut-commissaire en Indochine et commandant en chef du C.E.F.E.O.&#039;&#039;&#039; L’instruction précise :   « Il a pour première mission de rétablir la souveraineté française dans les territoires de l’Union indochinoise. » Du fait de son titre de haut-commissaire, il dépend dans ses attributions uniquement du seul chef du gouvernement (D’Argenlieu, 1985, p. 27). Il entrera en fonction le 31 octobre et occupera le poste jusqu’au 5 mars 1947. L’homme connaît la région puisque De Gaulle l’avait nommé haut-commissaire pour le Pacifique dès 1941.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;De Gaulle nomme également ce même jour le général Leclerc au poste de « général commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient […] chargé, sous l’autorité du haut-commissaire, de prendre toutes les mesures tendant au rétablissement de cette souveraineté. »&#039;&#039;&#039; Leclerc n’accepte cette fonction qu’à contre-cœur, il aurait préféré être nommé au Maroc. Il est pour l’instant le plus haut gradé et a d’entrée du mal à accepter ce statut de subalterne. De plus, leur conception de la mission qui leur est confiée diffère. Le général, contrairement à D’Argenlieu, comprendra vite que la solution est de trouver un compromis politique avec les Vietnamiens. D’Argenlieu lui s’en tiendra aux paroles de De Gaulle, à la déclaration du 24 mars qui entend mettre en œuvre le strict rétablissement de la souveraineté française. Pour complexifier encore un peu plus les choses, jusque-ici, les deux hommes ignorent l’un comme l’autre les décisions qui ont été prises à Postdam et qui sont restées secrètes jusqu’au 15, notamment la partition en deux zones d’occupation, chinoise au Nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et britannique au Sud. Ils ne découvriront cette situation que le 22 août (De Folin, 1993, pp. 95-96). Dans sa &#039;&#039;Chronique d’Indochine&#039;&#039;, évoquant sa conception des choses, D’Argenlieu écrit : «  Il y faut […] inaugurer la pensée politique, administrative, économique, sociale, enclose dans la déclaration du Gouvernement provisoire du 24 mars 1945 ». « Pensée politique » que les mémoires de l’amiral énoncent « &#039;&#039;nouvelle&#039;&#039; [car] pour ces motifs sérieux et concrets, je ne suis pas d’humeur à assumer un gouvernement général de l’Indochine dans le style d’un passé révolu. » (voir 8 août) (D’Argenlieu, 1985, pp. 27-28). Dans les faits, il demeurera quand même l’homme d’un « passé révolu » qui saisit mal l’ampleur des bouleversements qu’ont introduit en Indochine la défaite française de 1940, l’occupation de la péninsule et la proclamation japonaise d’indépendance de l’Indochine. A sa décharge, il est vrai que D’Argenlieu ne fait qu’appliquer strictement les ordres qu’il reçoit de De Gaulle (Cadeau, 2019, p. 142). Mais il ne fait et ne fera rien pour les contrarier lorsque ceux-ci s’avèreront peu en phase avec la réalité indochinoise du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour bien marquer la hiérarchisation des rôles entre l’amiral et le général, De Gaulle ne recevra pas Leclerc qu’il n’a pourtant pas vu depuis le 18 juillet mais le seul D’Argenlieu. Il l’avait d’ailleurs nommé vice-amiral en décembre 1944, c&#039;est-à-dire l’équivalence dans la Marine des quatre étoiles de Leclerc (Pedroncini, 1992, p. 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création d’un « groupement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. » sous les ordres du lieutenant-colonel Massu qui est destiné à constituer l’avant-garde du futur corps expéditionnaire français (voir début août). Il comprend un escadron de chars légers, un escadron d’automitrailleuses, un bataillon d’infanterie et une compagnie du Génie (2 200 hommes) (Bodinier, 1987, p. 32).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après les parachutages ratés de représentants par la D.G.E.R. en Indochine (Messmer et Cédile), la série des tentatives ratées du retour des Français prend une nouvelle forme avec l’envoi d’une jonque armée sur Haïphong, le &#039;&#039;Frézouls&#039;&#039;. Les Japonais s’opposent purement et simplement à son débarquement (Turpin, 2005, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le chef du gouvernement Bao Daï, Tran Trong Kim, publie un texte profondément anticolonialiste : « Les peuples du Vietnam refusent d’être assujettis à nouveau à la France sous la contrainte de qui ils ont longtemps souffert. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 20)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 - 22 août 45 : Boqué un temps par les Chinois et les Américains, Sainteny ne renonce pourtant pas et parvient à rejoindre tant bien que mal Hanoi en trompant la vigilance des uns et des autres. Suite à la capitulation japonaise, son équipe navale sous les ordres du lieutenant de vaisseau Blanchard est présente à Haiphong avec deux patrouilleurs pour y montrer les couleurs françaises (Sainteny, 1967, pp. 77-78).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’O.S.S. accepte finalement d’intégrer quatre Français (dont Sainteny) dans la &#039;&#039;Mercy Team&#039;&#039; de Patti (officiellement venue avec une mission de recherche des corps des Américains tués en Indochine mais qui est, dans les faits, une organisation d’espionnage). Ils sont sous uniforme américain et ont pour consigne de ne pas aider à une reprise par la force de l’Indochine. Leur départ a lieu le 22 août (Francini 1, 1988, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 août 45 : &#039;&#039;&#039;Retour discret d’Ho Chi Minh A Hanoï en vue de former un gouvernement.&#039;&#039;&#039; Une manifestation de 20 000 personnes, théoriquement appelée à soutenir le gouvernement Tran  Trong Kim mis en place par les Japonais, se transforme en manifestation de soutien au VM. Depuis le balcon du théâtre d’Hanoï, le drapeau impérial est jeté à bas et remplacé par celui du VM (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Francini 1, 1988, p. 203). Les différentes manifestations qui suivront entraîneront la mort de 15 Français, d’autres seront blessés, molestés ou pillés (Gras, 1979, p. 33).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï fait une déclaration dans laquelle il proclame que « l’empereur se déclare toujours prêt à mettre les intérêts de son peuple au-dessus de son trône. Il invite donc les chefs du front du Vietnam à former un nouveau gouvernement. » (voir 25 août) (Cadeau, 2019, pp. 123-124)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité de Défense nationale français décide d’envoyer un corps expéditionnaire de 55 000 hommes accompagnés ultérieurement de troupes supplémentaires, non comprises les troupes qui sont déjà en Extrême-Orient : le 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. à Ceylan et les 5 000 hommes d’Alessandri repliés en Chine (Bodinier, 1987, p. 32). Il aurait dû débarquer en théorie en trois échelons : entre le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et le 15 septembre, pour le 15 octobre et pour le 15 novembre. &#039;&#039;&#039;Mais, dans les faits, ce débarquement sera reporté de 6 mois,&#039;&#039;&#039; faute de moyens de transport et des dotations matérielles nécessaires. Seuls deux groupes de transport et un groupe de chasse sont envoyés sur place, ainsi qu’une escadre commandée par l’amiral Auboyneau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première lettre de D’Argenlieu à Leclerc : « La volonté du gouvernement provisoire de la République française est de faire du neuf, mais dans l’ordre et selon la raison. La déclaration du 24 mars 1945 et le message du général De Gaulle du 14 août doivent être compris et interprétés en ce sens […] La réorganisation administrative nécessite de l’épuration. Vous estimerez comme moi qu’elle doit frapper haut, fort, vite et peu […] Vous aurez à vous assurer de la personne des amiraux Decoux et Béranger, du général Aymé et de leur retour en France sans délai par avion. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 32-33 ; Pedroncini, 1992, p. 93) Cette missive montre combien l’amiral, qui n’arrivera que le 31 octobre en Indochine, perçoit mal la réalité des choses. D’une part, la déclaration du 24 mars est un texte complètement dépassé au vu de ce qui se passe en Indochine. D’autre part, en s’en prenant à Decoux, l’amiral semble vouloir y mener une épuration à la française, mesurant mal combien l’occupation japonaise a exacerbé  le nationalisme du peuple vietnamien, rendant ainsi les choses bien plus complexes et différentes qu’elles le sont en métropole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au soir, réunion des forces nationalistes non communistes qui ont créé récemment un Front des partis nationalistes. Elle est censée trouver une solution à l’avancée du VM. Mais aucun accord n’est trouvé : certains prônent de former une résistance pour s’opposer aux Français et au VM ; d’autres pensent qu’il est encore temps de conclure un accord avec le VM afin d’éviter « un bain de sang ». La division des forces nationalistes constitue un élément déterminant de leur future défaite face à la détermination du VM (voir 16 août) (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 août 45 : &#039;&#039;&#039;Leclerc quitte la France pour l’Indochine&#039;&#039;&#039;. Il connaît mal la situation, n’a jamais entendu parler du VM que les Français eux-mêmes cernent mal, pensant même pouvoir atterrir à Saigon alors que la ville est en pleine ébullition (De Folin, 1993, p. 96).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï fait parvenir au président Henry Truman une lettre dans laquelle il stipule que « […] le peuple vietnamien ne veut plus, ne peut plus supporter aucune domination ni aucune administration étrangère […] » Il demande aux Américains de faire passer ce message auprès de De Gaulle qui doit se rendre sous peu aux États-Unis et y rencontrer le président américain (Brocheux, 2003, p. 164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le même jour, par l’entremise de Sainteny (délégué de De Gaulle au Tonkin et dans le Nord-Annam) et de Léon Pignon (son conseiller politique), &#039;&#039;&#039;HCM envoie&#039;&#039;&#039;, selon une source chinoise, &#039;&#039;&#039;un second message aux Français abordant 5 points qui lui paraissent cruciaux&#039;&#039;&#039; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le gouvernement français doit reconnaître le gouvernement vietminh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le gouvernement vietminh doit reconnaître l’autorité de la France sur le Vietnam pour une durée de 5 ans au-delà de laquelle le gouvernement français concédera l’indépendance au pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pendant cette période de transition, le Vietnam sera autonome pour gérer ses affaires intérieures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La France jouira de privilèges dans le domaine de l’industrie et du commerce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les Français pourront avoir un rôle de conseillers des Vietnamiens au niveau des relations extérieures (Devillers, 1988, pp. 383-384, note 28).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Hanoï, ne pouvant tenir le rapport de force, les nationalistes remettent entièrement le pouvoir au VM (Deroo, Dutrône, 2008, p. 16 ; Cadeau, 2019, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général japonais Tsuchihaschi, commandant la 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée à Saigon, fixe le début du cessez-le-feu au 21 à 6 h 00 (Pedroncini, 1992, p. 42). Il retoque la demande de l’amiral Decoux, détenu à Loc Ninh depuis le 9 mars, demandant à rejoindre Saigon au plus vite et pouvoir y rejouer un rôle politique. Le Japonais se réfugie derrière « l’absence d’instructions du commandant en chef du Théâtre d’opérations, l’amiral Mountbatten ». Ce dernier ordonne de laisser les choses en état jusqu’à l’arrivée des Alliés (Turpin, 2005, p. 131 ; Decoux, 1949, p. 340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 - 20 août 45 : Différents messages pressants de Bao Daï et de l’impératrice Nam-Phuong sont adressés à Truman, Georges VI, Tchang Kaï Chek et De Gaulle. Ils demandent tous la reconnaissance de l’indépendance du Vietnam. L’empereur s’adresse aux Français dans un message radio diffusé puis par le biais d’une lettre adressée à De Gaulle le 19.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 août 45 : &#039;&#039;&#039;Le Vietminh entre à Hanoï et prend le pouvoir. La République démocratique du Vietnam est proclamée au Nord.&#039;&#039;&#039; Les bâtiments publics occupés par le gouvernement de Bao Daï sont pris d’assaut, à l’exception de la Banque d’Indochine gardée et protégée par les Japonais. Le 38&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée japonaise envoie des blindés et des soldats pour maintenir l’ordre mais se garde bien d’intervenir dans le déroulement des événements.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le gouvernement révolutionnaire est proclamé dans le palais du résident général. Le Vietminh revendique le soutien des Alliés, tout en jouant habilement une politique de division : les Américains contre les Français, les Français contre les Chinois, les Chinois contre les Américains. &#039;&#039;&#039;Il a obtenu&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;l’abdication mais aussi le soutien de Bao Daï&#039;&#039;&#039; qui déclare : « Mieux vaut être citoyen d&#039;un pays indépendant que d&#039;être roi d&#039;un pays esclave. » Le gouvernement d’HCM lui attribue à Hanoï un rôle de « conseiller suprême », sous le simple nom de « citoyen Vinh Thuy ». Sa nomination sera officiellement entérinée le 10 novembre. Mais Bao Daï sait aussi se méfier d’HCM dont il écrit dans ses mémoires : « C’est un très grand comédien ! Tour à tour paternel, affectueux, jouant de son aspect fragile […] J’avais en face de moi derrière le masque, un militant marxiste endurci par trente ans de lutte […] Un combattant plein de ruse. Capable de toutes les patiences et de toutes les duplicités, apte à toutes les feintes, implacable à l’heure de la décision. Toujours prêt aux embrassades pour mieux vous étouffer. » (Bao Daï, 1980, pp. 85-86) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Radio du Vietnam diffuse trois messages de Bao Daï : tous les fonctionnaires doivent préserver l’indépendance ; une proclamation au peuple vietnamien où l’empereur déclare préférer perdre son trône plutôt que de le garder dans un pays asservi ; une adresse à De Gaulle. Dans son message à ce dernier, il demande « de reconnaître franchement l’indépendance du Vietnam et de renoncer à toute idée de rétablir ici la souveraineté ou une administration française sous quelque forme que ce soit. Nous pourrions si facilement nous entendre et devenir des amis si vous vouliez cesser de prétendre redevenir nos maîtres. » (cité &#039;&#039;in extenso&#039;&#039; in Devillers, 2010, pp. 417-418 ; Devillers, 1988, pp. 69-70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des mouvements populaires antifrançais voient le jour lors des mouvements de manifestations vietnamiennes (Francini 1, 1988, pp. 203-204). Toutefois, en Cochinchine, bien qu’ayant organisé des manifestations les 19 et 20 août, le VM doit composer avec les mouvements nationalistes et leur assise populaire, appuyés par les Japonais (voir 21 août). Le VM se fond dans Front national unifié, tout en s’efforçant grâce à l’action de Tran Van Giau (chef du Comité exécutif provisoire au Sud) de se distinguer des nationalistes (Cadeau, 2019, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général américain MacArthur nouvellement investi du commandement suprême des forces alliées (voir 14 août) demande de surseoir à tout débarquement de forces dans les territoires encore tenus par les Japonais jusqu’à leur reddition. Il craint que certains grands responsables militaires nippons ne déposent pas les armes sans la certitude d’un accord de leur empereur. Cet ordre américain imprévu met le général Mountbatten en fureur et va peser très lourd pour l’avenir de l’Indochine en laissant la place au VM (Pedroncini, 1992, pp. 35-36).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 août 45 : Le consul général japonais Nishimura rencontre un délégué du VM et lui déclare que son mouvement succède au gouvernement Bao Daï pour exercer l’autorité administrative au Nord-Vietnam. Ce délégué vietnamien demande aux Japonais de céder tous les pouvoirs émanant du gouvernement général et de fournir des armes et des munitions aux troupes du nouveau gouvernement démunies (Pedroncini, 1992, p. 42).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny et 3 membres de Mission 5 accompagnent la première mission de l’O.S.S. à Hanoi en présence du major Patti (Devillers, 1988, p. 68).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï adresse un message à Truman. Il affirme que le Vietnam ne peut, sans risque pour la paix du monde, être replacé sous un régime colonial. Le président américain doit exercer une pression sur De Gaulle. Il demande à son interlocuteur de transmettre son message à Staline, Attlee (Grande Bretagne, nouveau premier ministre) et Tchang Kaï Check (Devillers, 1988, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Kunming, le général Alessandri (délégué du gouvernement) informe le gouvernement français sur la situation et demande, en l’absence de De Gaulle parti pour les U.S.A., des éclaircissements au Quai d’Orsay, notamment sur le mot « indépendance » sachant « qu’aucun autre mot ne peut le remplacer » aux yeux des Vietnamiens. De Gaulle et Bidault seront mis au courant de cette demande le 26 (Devillers, 1988, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le comité d’Indochine fait un point sur la situation diplomatique. Ayant été mis au courant de la partition en deux zones d’occupation le 15 suite aux décisions de la conférence de Postdam (voir 2 août), les Français espèrent toujours que l’Indochine sera rattachée à la zone britannique : « Notre intérêt évident est d’insister à Londres et Washington pour que l’Indochine soit classée, dans sa totalité, dans la zone britannique. » Un télégramme émanant de Chunking laisse présager que les Chinois entendent s’installer et obtenir « un traitement d’établissement de faveur pour [leurs] ressortissants » et mettre la main sur « la totalité du chemin de fer de l’Indochine au Yunnan ». Un télégramme du 12 août montre qu’ils entendent même obtenir la reddition des troupes japonaises jusqu’au sud de l’Indochine. Les Américains ont fait savoir le 19 qu’il souhaitaient la présence d’un représentant français pour la signature de la reddition des Japonais. On pense à Leclerc (DDF, 2000, tome 2, document n° 121, pp. 308-310).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août 45 : A Saigon, grande manifestation organisée par les mouvements nationalistes (pro-japonais, trotskystes, sectes, etc…) auquel s’est joint le VM au sein d’un Front national unifié. Ce dernier essaie, sous la houlette de Tran Van Giau, de se distinguer du reste en arguant de son intégrité : il n’a jamais collaboré ni avec les Japonais ni avec les Français. Il se vante de plus de bénéficier de l’appui des Américains au Tonkin qui auraient vendu des centaines d’avions de guerre, de blindés et de navires (Cadeau, 2019, pp. 124-125). La fausse propagande et le noyautage, notamment des Jeunesses d’avant-garde (embryon de la future armée au Sud), faisant le reste…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 août – 2 septembre 45 : 8 trains spéciaux acheminent 2 200 hommes de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. dans 5 camps situés dans la région de Marseille d’où ils seront embarqués pour l’Indochine (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 – 22 août 45 : Le Vietminh parvient à mettre la main progressivement sur le sud et le centre de la péninsule indochinoise (voir septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 ou 23 août 45 : Après avoir quitté Tran Tao, &#039;&#039;&#039;HCM arrive clandestinement à Hanoï&#039;&#039;&#039; où il est presque un inconnu. Ce n’est que le jour de la proclamation officielle d’indépendance du 2 septembre que cet homme de l’ombre entrera vraiment dans la vie publique vietnamienne (Deroo, Dutrône, 2008, p. 17 ; Francini 1, 1988, p. 207 ; De Folin, 1993, p. 88).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 août 45 : &#039;&#039;&#039;Leclerc arrive à Kandy (Inde, Ceylan) au Q.G. de l’amiral britannique Mountbatten commandant le &#039;&#039;South East Asia Command&#039;&#039; (S.E.A.C.).&#039;&#039;&#039; Rongeant son frein, il y demeurera toutefois jusqu’au 29 septembre. Leclerc n’approuve ni ne désapprouve le projet français de retour en Indochine. Il le trouve irréaliste au vu de ce que les Anglais sont en train de faire avec leurs propres anciennes colonies mais également du fait des moyens assez dérisoires dont disposent les Français tant en hommes qu’en matériels. C’est de la bouche de Mountbatten que Leclerc apprend l’issue de la conférence de Postdam, à savoir le partage de l’Indochine entre Chinois et Britanniques au niveau du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il sait également plus ou moins qu’une très grande confusion y règne actuellement. Il demande à De Gaulle, en route pour les U.S.A., d’intervenir auprès des Américains pour s’opposer à ce partage. Mais ce qu’il ignore pour l’instant, c’est que ces derniers refuseront pour ne pas mécontenter Tchang Kaï Chek. C’est également lors de cette entrevue avec Mountbatten que Leclerc découvre l’existence de l’ordre du général américain MacArthur du 19 qui interdit tout débarquement de troupes étrangères avant la signature de la capitulation japonaise (voir 2 septembre). Dès le soir de son arrivée, Leclerc envoie à De Gaulle un message le mettant au courant des problèmes du moment et à venir : la coupure de l’Indochine en deux zones d’occupation, l’entrée des Chinois au Nord, les grands retards à prévoir pour un retour de la France en Indochine. Pour lui compliquer encore un peu plus la tâche, il ne dispose pour l’instant sur place d’aucun moyen de transmission propre. Ses messages transitent par le &#039;&#039;War Office&#039;&#039;, puis le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; à Londres avant d’atteindre le ministère des Affaires étrangères français qui transmet à De Gaulle… S’il obtient d’ailleurs une réponse à ses questions, ce qui ne sera pas toujours le cas. Notamment pour ce message du 22 qui restera sans réponse… (Pedroncini, 1992, p. 113)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Chine, Hurley (ambassadeur américain) et Wedemeyer (chef d’état-major de Tchang Kaï Chek, commandant des forces américaines) sont pour l’instant ignorants du relatif revirement de l’administration Truman à l’égard du rôle des Français en Indochine. Ils ne le découvriront que le 5 octobre. Ils poursuivent donc sur place, à l’image du major Patti et de l’O.S.S., la politique intransigeante de Roosevelt. Staline, lui, ne trouve rien à redire au retour des Français.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au N-V, les Français sont persuadés que leur retour sera bien accueilli. Ils vont vite déchanter. &#039;&#039;&#039;Sainteny et sa mission française arrivent&#039;&#039;&#039; à Hanoi dans un avion affrété par l’O.S.S. au sein d’un groupe de 16 personnes dirigées par le major &#039;&#039;&#039;Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;. Officiellement, en guise de couverture, l’Américain vient pour s’occuper du sort des sépultures de soldats américains. Sainteny quant à lui vient pour mener une mission humanitaire concernant les prisonniers et apporter son soutien aux populations françaises durement éprouvées depuis des semaines. Ce dernier n’a aucun titre officiel, aucune lettre de créance ni même un ordre de mission précis. Les Japonais comprennent mal les prétentions de cette délégation, et ce d’autant plus que le Japon n’a jamais été officiellement en guerre contre la France. Ils emmènent les Français vers le centre-ville d’Hanoi où les accueille une foule hostile. Les rues de la ville sont recouvertes de calicots proclamant en plusieurs langues : « L’Indépendance ou la mort », « Le Vietnam aux Vietnamiens », « Mort à l’impérialisme français », « A bas le colonialisme français » (Sainteny, 1967, p. 76 et  p. 100). Sainteny se rend à l’hôtel Métropole pour y rencontrer des Français qui vivent depuis des semaines dans la terreur. Bien qu’il sache qu’il va être enfermé dans ce qu’il nomme une « cage dorée », il parvient à s’installer au palais du Gouverneur général d’où il sera étroitement surveillé et même retenu, d’abord par les Japonais puis par les Vietnamiens. Son équipe a toutefois emmené quelques moyens de transmission. Ce qui est sûr c’est que les Japonais entendent laisser la France à l’écart du jeu politique qu’ils veulent conduire avec le VM (Deroo, Dutrône, 2008, pp. 17-18). Hanoi est plongé en pleine révolution vietminh. Plus de 20 000 Français sont en quelque sorte pris en otages, « menacés, maltraités, assaillis, assassinés parfois ». Sainteny s’assigne pour but de les défendre, d’affirmer en même temps la présence officielle de la France. Au vu de la faiblesse de ses moyens, il tente de s’entendre, autant que faire se peut, et avec le VM et avec les Américains. Le chef de l’O.S.S. pour le nord de l’Indochine, &#039;&#039;&#039;le major&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;Patti, soutient quant à lui ouvertement l’insurrection vietminh.&#039;&#039;&#039; Il aurait peut-être même prêté sa main à la rédaction de la future déclaration d’indépendance du 2 septembre dans la partie où elle s’inspire de la constitution américaine. Mal informé des nouvelles directives de l’administration Truman à l’égard des Français, il est le représentant d’un anticolonialisme cher à Roosevelt qui prédomine toujours à cette époque. Patti applique à la lettre les accords de Postdam. Ils ne reconnaissent aucunement la souveraineté française en Indochine. A Hanoi, le major a donc à l’égard de Sainteny une attitude plus qu’équivoque voire même hostile (Sainteny, 1967, pp. 59-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Sud, création du comité du Nam Bo&#039;&#039;&#039; à Saigon par le Vietminh. La situation en Cochinchine est sans doute encore plus complexe qu’ailleurs. Les mouvements nationalistes soutenus par les Japonais comptent sauvegarder l’indépendance, mais à leur profit. Puissants, ils devancent ici le VM qui est divisé et ne comprend pas forcément les démarches des Nordistes (Francini 1, 1988, p. 205).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Côté vm, HCM quitte Tran Tao pour arriver clandestinement à Hanoï où il forme le gouvernement provisoire. Il commence à rédiger la future déclaration d’indépendance (voir 2 septembre). Giap quitte Hanoi et se rend à Hué pour participer au coup de force visant à destituer Bao Daï.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de William J. Donovan, directeur de l’O.S.S. à Washington, précise que « le Vietminh est un parti communiste à 100 % » (Ruscio, 1985, p. 64). Cette observation n’interrompt nullement pour l’instant les bonnes relations entre les Américains et le VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 – 25 août 45 : &#039;&#039;&#039;De Gaulle arrive le 22 aux U.S.A. pour y rencontrer Truman&#039;&#039;&#039;. Ils auront plusieurs entretiens durant ce séjour. Le deuxième, celui du 24, portera principalement sur la question de l’Indochine qui fait débat entre les deux pays depuis l’ère Roosevelt. Évoquant l’avenir de l’Indochine, le Général affirme sa volonté « d’acheminer ces pays vers la libre disposition d’eux-mêmes ». Mais, à ses yeux, la France reste et entend rester seule juge du bon moment. Truman lui assure « que son gouvernement ne fera pas opposition au retour de l’autorité et de l’armée française en Indochine. » Entendant cela, De Gaulle répond   sèchement : « Bien que la France n’ait rien à demander en une affaire qui est la sienne, je note avec satisfaction les intentions que vous exprimez. » On aborde la question du transport des troupes françaises vers la colonie qui pose toujours problème. Le journal &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 24 rapporte les désidératas français : « Une très haute personnalité française de Washington a déclaré : « En, fait, nous avons les forces et le personnel nécessaires pour occuper et administrer l&#039;Indochine dès que le pool allié de navigation voudra bien mettre à notre disposition nos propres navires. » »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses mémoires, suite à la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août 45), De Gaulle reviendra sur ce qui achoppe. Il déplore devant Truman « des dispositions que nos alliés sont en train de prendre sans nous avoir même consultés ». Les points de discorde sont évoqués : les futures occupations britannique et chinoise du Vietnam, le rôle ambigu des chargés de mission du général Weldemeyer (commandant les forces américaines en Chine) qui sont plus que disposés à « prendre contact avec le pouvoir révolutionnaire. » On se sépare en bon terme, même si, selon De Gaulle, « l’Amérique suivait une route qui n’était pas identique à la nôtre. » (De Gaulle, 2000, pp. 799-800) Pour les Français, les résultats de cette rencontre demeurent très mitigés car De Gaulle sait que les U.S.A. ne contribueront jamais qu’&#039;&#039;a minima&#039;&#039; au retour de la France en Indochine et ce, avant que n’émerge clairement conflit entre l’Est et l’Ouest en Corée en 1950 (De Folin, 1993, pp. 71-72 ; Nguyen Phu Duc, 1996, p. 37). La visite du chef de l’État français se clôt le 25, avant qu’il ne se rende au Canada. Il sera de retour en France le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 août 45 : Au Sud, Tran Van Giau (commissaire à la guerre communiste) constitue le &#039;&#039;&#039;« Comité territorial du Nam Bo »&#039;&#039;&#039; issu d’un P.C.I. affaibli car ayant subi la répression de la Sûreté française dès 1940. Le Duan, récemment libéré du bagne de Poulo Condore, en est l’un des dirigeants. Il est épaulé par Pham Hung pour les affaires policières. Le Comité dépend du jeune gouvernement central d’Hanoi mais demeure faible en effectif et surtout divisé entre communistes, trotskystes et nationalistes. Ces derniers seront progressivement éliminés physiquement par les communistes (Goscha, 2002, pp. 33-34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tran Van Giau se charge d’autre part de constituer &#039;&#039;&#039;une armée nationale populaire&#039;&#039;&#039;, pour l’instant embryonnaire, mal armée, surtout divisée et bien incapable de faire face aux franco-britanniques. Il fait feu de tout bois en acceptant  dans ses rangs 1 200 hommes des Binh Xuyen et leurs chefs : Duong Ba Duong, Duong Van Ha, Muoi Tri et Bay Vien qui avaient leur part de responsabilité dans les troubles apparus depuis le 15 août (Gras, 1979, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Insurrection du Vietminh à Hué (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 août 45 : De Gaulle, sur le point de quitter les U.S.A., donne une conférence de presse à Washington. Il reprend, sans la citer explicitement, une partie du contenu de sa déclaration du 24 mars : « L’Indochine doit avoir un Gouvernement indochinois, composé d’Indochinois et aussi de Français d’Indochine et présidé par le Représentant de la France. L’Indochine doit avoir un Gouvernement composé de représentants des pays variés qui composent l’Indochine qui ne sont pas tous de la même race, de la même religion ni au même degré de développement. Néanmoins, cet ensemble de pays qui composent l’Indochine doit avoir un Parlement qui vote un budget de l’Indochine et l’Indochine doit avoir une vie économique propre et régler elle-même ses questions de douane. En résumé, il y aura un Gouvernement indochinois, un Parlement indochinois et un régime économique propre à l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 136 ; &#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 27 août 1945) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le colonel &#039;&#039;&#039;Jean Cédile&#039;&#039;&#039; est parachuté en Cochinchine, près de Saigon. Représentant du Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.), il a été nommé commissaire de la République pour la Cochinchine et a en charge de remettre en place les structures administratives et politiques de la colonie française. Il est immédiatement fait prisonnier par les Japonais qui l’humilient en le dépouillant de ses vêtements et le ramènent à Saigon (Francini 1, 1988, p. 228). Il arrive en Indochine sans la connaître. Il y arrive également avec l’esprit d’un résistant quelque peu borné qui préfère mener une épuration dans l’administration Decoux plutôt que de tenir compte des compromis que l’amiral a dû faire face aux Japonais. Ses premiers contacts avec les milieux français considérés par lui comme potentiellement collaborationnistes ne seront donc pas bons (De Folin, 1993, pp. 94-95). Il mettra en place, avec de faibles moyens, un Comité d’accueil et de défense des intérêts français au rayonnement limité (Cadeau, 2019, p. 144 et p. 589, note 14).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seconde rencontre De Gaulle-Truman à Washington (voir 22 août). Le premier réaffirme la volonté de la France de recouvrer tous ses droits en Indochine (Francini 1, 1988, p. 210 et 229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le général Leclerc se rend de Kandy&#039;&#039;&#039; (Ceylan) &#039;&#039;&#039;à Calcutta&#039;&#039;&#039; (Inde) où se trouve un poste de la Direction Générale des Études et Recherches (D.G.E.R., sous les ordres de De Gaulle). Il y étudie la reprise en main de la situation au S-V (débarquement anglais), le parachutage au Tonkin et en Annam des futures troupes françaises. Celles-ci sont plus que dispersées. Il y a le Corps léger d’intervention de Blaizot, les troupes d’Alessandri stationnées en Chine (Yunnan), des troupes se trouvant encore à Madagascar ou en métropole mais aussi à Shangaï, à Tianjin, à Kandy même. Leclerc demeure conscient que la reconquête ne pourra être accomplie que par des troupes françaises car il considère qu’« aucun allié ne nous aidera réellement à réoccuper l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 153). Il doit par ailleurs négocier leur venue avec les Britanniques qui sont les seuls à posséder les moyens de transport nécessaires (Francini 1, 1988, p. 234). Durant le séjour de De Gaulle à Washington, Leclerc lui fait parvenir ce 24 août le télégramme suivant : « Je demande que ce télégramme soit transmis d’extrême urgence au général De Gaulle à Washington pour que les États-Unis prennent position avant l’armistice. Je peux vous assurer que la non-acceptation par toutes les nations unies des mesures suggérées pourrait entraîner les conséquences les plus graves, en particulier un conflit armé avec les troupes chinoises installées en territoire français. En tout état de cause, si le président des États-Unis ne croit pouvoir obtenir du maréchal Tchang Kaï Chek ce que nous demandons, il est nécessaire que les nations reconnaissent la souveraineté française sur toute l’Indochine. Il appartiendra alors au Gouvernement français de faire valoir ses droits par les moyens qui conviendraient. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 115) Or de Gaulle n’est pas parvenu à convaincre Truman de modifier les clauses de l’accord de Postdam concernant l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de la direction d’Asie du Quai d’Orsay montre à quel point les autorités gouvernementales françaises ignorent la situation en Indochine et s’illusionnent par excès de confiance : « […] il existe des mouvements sérieux d’indépendance locale de tendances antifrançaises et proaméricaines. Ces mouvements céderont naturellement devant un retour de représentants d’une France victorieuse, puissante et riche au moins de la considération de ses grands alliés ! » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; De Folin, 1993, p. 98) Selon De Folin, l’illusion se prolongera jusqu’au 30 septembre comme le montre un ensemble de télégrammes échangés entre le ministère des Affaires étrangères et celui des Colonies. Seul La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) joue (comme Sainteny, voir 5 septembre) la carte de la modération. En cela il s’oppose à De Gaulle et D’Argenlieu. La Laurentie écrit alors : « Sans prétendre qu’il faille dès aujourd’hui prononcer le mot indépendance […], il est possible d’admettre qu’avant même l’arrivée du Haut-Commissaire, nos représentants reçoivent pour instructions de poursuivre les entretiens avec le Viet-Minh et s’engagent à ne rien faire contre lui, charge pour lui de n’entreprendre aucune négociation avec nos alliés. Je pense que c’est le minimum que nous devrons faire pour sauvegarder notre position et je suis persuadé que l’on commettrait une faute grave en n’agissant pas ainsi. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 151)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tchang Kaï Check exprime dans une déclaration la position de la Chine. Cette dernière ne revendique aucune visée territoriale au Vietnam et souhaite que le peuple vietnamien accède progressivement à l’indépendance conformément à la Charte des Nations Unies (Pedroncini, 1992, p. 175). Mais, derrière cette déclaration de bonnes intentions, se dissimulent en fait les faiblesses d’un pouvoir central confronté à des exécutants militaires particulièrement indociles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 août 45 : A Hué, &#039;&#039;&#039;abdication de Bao Daï.&#039;&#039;&#039;  2 représentants officiels du VM, Tran Huy Lieu et Cu Huy Can, arrivent de Hanoi et se rendent au palais impérial. Lors d’une brève cérémonie, Bao Daï leur remet les sceaux impériaux. Au sommet de la citadelle, le pavillon impérial du palais est remplacé par le drapeau rouge avec au centre une étoile d’or à 5 branches (Fall, 1960, p. 39 ; Dang Van Viet, 2004, pp. 81-84). L’empereur accepte la démission du cabinet de Trong Kim et demande au VM de former un nouveau gouvernement (Pedroncini, 1992, p. 42). Il rédige alors son acte d’abdication : « […] Nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver un certain regret à la pensée de Nos vingt ans de règne, durant lesquels Nous avons été dans l’impossibilité de rendre aucun service appréciable à Notre pays. Malgré cela, et fort de Nos convictions, Nous avons décidé d’abdiquer et nous passons le pouvoir au gouvernement républicain démocratique […] » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 419-420 ou Guillemot, 2018, pp. 118-119)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’édit d’abdication de Bao Daï est affiché dans la ville (Marangé, 2012, p. 148). HCM fait preuve d’habilité pour légitimer le nouveau gouvernement. A cette époque, le leader vietnamien ratisse large et tente de concilier tous les courants favorables à l’indépendance. L’ex-empereur deviendra « conseiller suprême » de ce nouveau gouvernement, avec le titre de « citoyen Vinh Tuy ». Il déclarera ultérieurement dans une publication américaine : « Indépendance pour la Patrie, Bonheur pour le Peuple. Pour ces huit mots, et pendant quatre-vingts ans, tant de nos frères et sœurs ont sacrifié leur vie dans la jungle, les forêts ou les prisons que, comparée aux sacrifices de ces milliers de héros et d’héroïnes, mon abdication n’est qu’une très petite chose. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 40) &#039;&#039;&#039;Le VM proclame alors l’établissement d’un nouveau gouvernement provisoire : le gouvernement de la République démocratique du Vietnam (R.D.V.N.)&#039;&#039;&#039; (Pedroncini, 1992, p. 42). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, Bao Daï reconnaît le &#039;&#039;&#039;Comité de Libération du Nam Bo&#039;&#039;&#039; (émanation du P.C.I.) sous la direction de &#039;&#039;&#039;Tran Van Giau&#039;&#039;&#039; qui prend possession avec habilité de Saigon et d’une bonne partie du S-V (voir 23 août). Le comité s’installe dans le palais du gouverneur général à Saigon. 7 de ses 9 membres sont communistes. En fait, ce comité est d’entrée noyauté par le P.C.I. : Tran Van Giau est nommé président et chargé des affaires militaires, Duong Bach Mai de la Sécurité d’État et Nguyen Van Tao de l’Intérieur. Les sectes n’y sont pas représentées, pas plus d’ailleurs que les trotskystes. Une énorme foule nationaliste défile en ordre dans les rues de Saigon (De Folin, 1993, p. 89). Comme le remarque Marangé, dans l’ancienne colonie française, « la prise de pouvoir fut plus violente, plus précaire et plus éphémère » car le VM y est moins implanté qu’au Nord. D’abord du fait de la répression coloniale en 1940-1941 mais également parce qu’il doit composer avec le Front national unitaire (F.N.U., nationaliste, qui a reçu le pouvoir des Japonais), les trotskystes, les Caodaïstes et les Hoa Hao qui ont tous un poids politique en Cochinchine (Marangé, 2012, pp. 150-151).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les Américains désireux de voir Sainteny quitter Hanoi au plus vite l’invitent à rejoindre Kunming en empruntant un de leur avion. Celui-ci, lucide, et y voyant clairement une volonté de l’écarter, décline l’invitation (Sainteny, 1967, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Pierre Messmer, qui a été nommé commissaire de la République pour le Tonkin et l’Annam, est parachuté mais est fait immédiatement prisonnier par le Vietminh dans la région d’Hanoi.&#039;&#039;&#039; Selon Sainteny, Messmer et ses deux compagnons (dont l’un, le capitaine Brancourt, décédera) ne doivent leur vie sauve qu’à leur capacité à marcher plus de quarante heures dans le Delta inondé. Toujours selon Sainteny, « ils furent sauvés par les troupes chinoises descendant sur Hanoi qui les recueillirent exténués. » (Sainteny, 1967, p. 85). Messmer parviendra à s’enfuir ultérieurement. De retour en France, il confiera à De Gaulle que la situation en Indochine n’est guère rattrapable, à l’exception de Saigon (Francini 1, 1988, p. 205). Il constate rapidement combien la situation a changé avec la prise de pouvoir du VM : « Dans les villages où nous sommes passés, le Vietminh, efficace et bien organisé, est le maître. Crainte ou conviction, la population lui obéit sans murmure. Il a suffi de quelques semaines pour effacer soixante ans de colonisation française dont l’empreinte semble n’avoir été ni profonde ni solide. Sur le terrain, une chose est certaine, la déclaration gouvernementale du 24 mars 1945 qui définit la nouvelle politique française est complètement dépassée. » (Messmer, 1992, p. 157)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Fin du séjour de De Gaulle à Washington&#039;&#039;&#039;. Il n’a rien obtenu de Truman concernant la division de l’Indochine en deux zones d’occupation décidée à Postdam, chinoise au nord et britannique au sud. Lors d’une conférence de presse avant son départ, il déclare cependant :    « La position de la France en Indochine est très simple. La France entend retrouver sa souveraineté sur l’Indochine. Bien entendu, ce rétablissement sera accompagné d’un régime nouveau, mais pour nous cette souveraineté est une question capitale. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 50) ll quitte alors les États-Unis pour se rendre au Canada et sera de retour à Paris le 31.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Insurrection à Saïgon (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Cunming, D’Argenlieu envoie à Bidault (Affaires étrangères) un message concernant l’attitude à adopter envers l’amiral Decoux. Il préconise une « attitude très ferme, de même que pour tous les personnages compromis. » (DDF, 1998, tome 2, document n° 132, pp. 339-340).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Daridan (chargé d’affaires en Chine) informe Bidault de la collusion entre les Japonais et « un gouvernement démocratique provisoire, organisé par les partis révolutionnaires » qui a demandé la destitution de Bao Daï (DDF, 2000, tome 2, document n° 134, pp. 342-343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 août 45 : HCM qui vient d’arriver à Hanoi secrètement rencontre pour la première fois discrètement &#039;&#039;&#039;Archimedes Patti&#039;&#039;&#039;. Ils auront ensemble  5 entretiens durant toute la durée du séjour de Patti. Ho désire connaître les dispositions américaines envers le nouveau pouvoir vietnamien. Patti lui explique qu’il n’est pas diplomate, ce qui est aussi une manière de lui signifier que le soutien américain à l’égard du VM ne peut être que mesuré. Mesuré mais cependant réel du point de vue de Patti (Deroo, Dutrône, 2008, p. 18). L’important étant à cette époque, alors que ces militaires américains ne sont nullement habilités à traiter officiellement avec le nouveau gouvernement vietnamien, que ceux-ci donnent l’impression aux populations locales d’asseoir la réputation du nouveau régime d’un faire-valoir du gouvernement américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour marquer l’événement, Giap organise ce jour une cérémonie d’accueil en l’honneur du major Patti en présence d’HCM, avec exécution des hymnes nationaux, présentation des drapeaux et photographies de presse (Cesari, 2013, p. 31).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny demande à Patti de faire pression pour libérer et armer les soldats français prisonniers des Japonais toujours enfermés dans la citadelle d’Hanoï en vue d’assurer la protection des quartiers européens. Le major lui signifie un refus : selon les ordres de Roosevelt et de son successeur Truman, ce sont les Japonais qui doivent maintenir l’ordre jusqu’à l’arrivée des Alliés (Cesari, &#039;&#039;ibid.&#039;&#039;).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général chinois Lou Han, futur responsable militaire de l’occupation du Tonkin (voir 28 août), demande à l’état-major japonais d’envoyer une délégation à son Q.G. situé dans le Yunnan (voir 2 septembre) (Pedroncini, 1992, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny et sa délégation sont étroitement pris en charge par les Japonais. Selon un câble de sa main, « conduits à la liaison qui prétend nous protéger contre armée Jap et population annamite. Bien traités mais aucune liberté. Après négociations laborieuses conservons la disposition, nos armes et transmission. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 156)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Assassinat à Hué par le VM de Ngo Dinh Khoi et de son fils&#039;&#039;&#039;. Cet ancien gouverneur anticommuniste de la province de Quang Nam est le frère aîné de Ngo Dinh Diem. Ce dernier éprouvera désormais une haine farouche contre les communistes qu’il exprimera dès sa prise de pouvoir au S-V le 26 octobre 1955.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 août 45 : La présence de Sainteny à Hanoi (sous protection rapprochée japonaise) préoccupe suffisamment le VM pour qu’HCM lui envoie pour un premier contact une délégation dirigée par Nguyen Vo Giap (nouveau ministre de l’Intérieur) et Duong Duc Hien (ministre de l’Éducation nationale). L’entretien a lieu en présence de Patti, initiateur de cette rencontre, qui a lieu à la demande d’HCM mais sans que ce dernier soit présent. Cédile assiste peut-être à cet entretien (Turpin, 2005, p. 160). Giap fait part des aspirations du peuple vietnamien. Il évoque l’arrivée de ses troupes en ville et la nécessité de devoir installer un gouvernement dont les aspirations ne sont pas excessives. Sainteny trouve en effet les demandes de son interlocuteur raisonnables et réaffirme que les anciennes pratiques coloniales sont révolues. Il demande un retour à l’ordre, rappelle que le pays est toujours sous souveraineté française et précise que si les Vietnamiens veulent se débarrasser trop rapidement des Français, ils auront les Chinois. Selon lui, Paris jugera ce « gouvernement provisoire » sur ses actes. Pour Sainteny et les Français, le temps presse, sachant que depuis l’abdication de Bao Daï, c’est le Vietminh soutenu par les Américains qui a la réalité du pouvoir (Francini 1, 1988, pp. 228-229 ; Sainteny, 1970, pp. 69-70 ; Sainteny, 1967, pp. 81-85 ; compte rendu succinct de cette entrevue dans un câble de Sainteny cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le soir, le VM proclame à Hanoi la création d’un « gouvernement provisoire de libération nationale »&#039;&#039;&#039; dont la composition sera rendue publique le 29. Presque tous ses membres sont communistes. Sainteny rend compte par radio à Calcutta (D.G.E.R.) et demande des instructions qu’il n’obtiendra pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Pleven, qui assure l’intérim de De Gaulle à Paris depuis son départ le 22 pour les U.S.A., juge que la lettre adressée au chef du gouvernement provisoire par Bao Daï est celle d’un monarque discrédité qui « cherche une réhabilitation tardive en faisant le jeu des Japonais ». Tout en ajoutant cependant qu’il fallait « permettre à un personnage comme Bao Daï de reculer sans perdre entièrement la face. » On ne doit pas continuer « à l’employer » mais on doit toutefois laisser une porte ouverte (voir 28 août). Selon cette note, « il serait mauvais de laisser Bao Daï et le gouvernement annamite s’enfermer dans des formules sans échappatoire possible car, en pareil cas, le conflit entre eux et nous serait ouvert sur le plan le plus dangereux pour notre action future. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 149 ; message de Pleven cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 159). Bao Daï, discrédité par son attitude envers les Japonais, n’obtiendra aucune réponse de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 août 45 : &#039;&#039;&#039;Les troupes chinoises du général Lou Han pénètrent au Tonkin en vue d’occuper le nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; selon trois axes : celui de Langson-Hanoi, celui de la Rivière Claire et celui de Laokay-Hanoi (Pedroncini, 1992, p. 174). Pas moins de 180 000 hommes ont pour mission de désarmer les 70 000 Japonais comme l’a prévu la conférence de Postdam (voir 17 juillet – 2 août 45). Elles appartiennent à l’armée de Tchang Kaï Chek, mais ce dernier les contrôle mal. La nomination de Lou Han, et non celle du général Zhang Fa Kui, bon connaisseur des affaires vietnamiennes, n’est en fait qu’un moyen pour Tchang Kaï Check pour se débarrasser des troupes yunnanaises qui soutiennent le gouverneur Long Yun, lui-même récalcitrant aux ordres du gouvernement central chinois. Au Tonkin comme au Laos, l’attitude de ces troupes est d’entrée plus qu’ambiguë voire même hostile à l’égard des Français (voir 6 mars 1946) car elles se comportent immédiatement plus comme une troupe d’occupation que comme une armée venue désarmer les Japonais. Les Chinois viennent avec dans leurs bagages le chef de leurs services secrets, Siao Wen, un fidèle du Guomintang particulièrement anticommuniste. Il est l’adjoint de Lou Han et un fervent soutien du V.N.Q.D.D., du D.M.H. et du Daï Viet, les trois principaux partis nationalistes prochinois. Wen va mener avec leur aide une lutte féroce contre le VM à Hanoi : recrutement dans la pègre, assassinats, enlèvements, extorsion de fonds (De Folin, 1993, pp. 119-120). L’occupation, qui ne devait être que temporaire, ne se terminera au N-V officiellement que par les accords de Chongqing du 28 février 1946 et par un autre pour le Laos qui sera signé le 15 mars de la même année. Mais, dans les faits, le dernier régiment chinois ne quittera le Vietnam que le 18 septembre 1946. L’armée d’occupation chinoise est nationaliste et soutient ouvertement les partis nationalistes vietnamiens prochinois. Au retour des Français après mars 1946, le général Salan entendra à de nombreuses reprises les slogans de cette armée d’occupation prononcés « chaque lundi à 11 heures » devant la citadelle d’Hanoi : « Nous sommes un peuple fier et indépendant, la première race du monde, nous avons chassé les diables d’étrangers. Notre gouvernement est celui du peuple. Tout doit être subordonné à la subsistance du peuple en toute égalité. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 242)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Un Gouvernement provisoire est formé qui remplace le Comité de Libération nationale, le Gouvernement révolutionnaire annamite (G.R.A.). Il est présidé par HCM&#039;&#039;&#039;. La domination vietminh y est écrasante : Giap est nommé à l’Intérieur, Pham Van Dong aux Finances, Chu Van Cau à la Défense, Pham Huy Lien à la Propagande (Francini 1, 1988, p. 207 et pp. 228-229).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le retour clandestin des Français en Indochine est toujours aussi mal improvisé. Un commando français de 6 membres de la Force 136 mandatés par Paris, la mission &#039;&#039;Lambda&#039;&#039;, est parachuté près de Hué. Il a pour mission de rencontrer Bao Daï et de lui demander de ne prendre aucune décision avant d’avoir reçu des agents français. Mais ce commando arrive trop tard (voir 25 août). De plus, 4 de ses membres ont été tués et 2 arrêtés (Pedroncini, 1992, pp. 148-149 ; Devillers , 1988, p. 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, toujours surveillé de près par les Japonais, assaille la D.G.E.R de Calcutta de télégrammes désespérés : « Nous sommes devant une manœuvre conjuguée alliée en vue d’évincer les Français d’Indochine […] Il faut qu’enfin on comprenne que l’Indochine du Nord à cette heure n’est plus française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 79)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un rapport rédigé à Kandy et adressé à D’Argenlieu, constatant que la situation est « mauvaise » tant au Tonkin qu’en Cochinchine, Leclerc écrit : « L’idée principale que vous avez d’ailleurs pu lire dans tous mes télégrammes est que nous n’avons qu’un moyen et un seul de restaurer la souveraineté française en Indochine, c’est d’avoir sur place une force armée. Ne voyez pas là le réflexe du militaire uniquement militaire, jamais je n’ai senti mieux que ces jours derniers combien toutes les arguties et discussions diplomatiques se ramènent en fait à l’absence ou la présence des forces. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 150-151). Si cette conception toute militaire effraie pour l’instant D’Argenlieu, De Gaulle lui la partage tout à fait (voir 27 octobre). D’ailleurs sur le fonds, Leclerc, D’Argenlieu et De Gaulle sont pour l’instant sur une même longueur d’onde. Leclerc pose alors la question de la présence de l’amiral en Indochine : « Il y a deux solutions : ou vous arrivez le plus tôt possible ou seulement quand nous aurons pris pied solidement en Cochinchine. » Il évoque les avantages d’une présence de l’amiral : « Les Alliés constatent au plus tôt que le Général De Gaulle tient à être représenté non seulement par un chef militaire mais aussi pas un haut-commissaire politique. » Mais aussi les inconvénients et notamment la faiblesse de l’organisation matérielle qui font « que vous ne serez plus à Paris pour arracher les décisions […] ». Et de conclure : « A vous, Amiral, de peser le pour et le contre et de choisir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 153).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc apprend la nouvelle de l’embarquement de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. de Massu (qui n’aura lieu en fait que le 15 septembre) et précise au colonel de Guillebon (chef de l’état-major du corps expéditionnaire des forces d’Extrême-Orient) : « C’est bien TOUT le corps expéditionnaire qu’il faut. Faites ce qui est possible pour obtenir à tout prix le &#039;&#039;shipping&#039;&#039; sinon nous perdons l’Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 120)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note interrogative du ministère de l’Information : « De qui dépendra l’Information en Indochine ? Nous entendons bien que notre Département devra lui faire tenir un matériel aussi abondant que possible. Mais sous quelle autorité seront placés là-bas les différents organismes d’Information et de Propagande ? Les Colonies ? L’information ? L’autorité militaire ? Il nous semble que l’Armée prétendra commander la première, et que les Colonies demanderont à prendre la suite […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Villatoux, 1994, p. 104)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 août 45 :  Entrée du premier régiment de l’armée de libération du VM à Hanoi (Giap, 1966, p. 79).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous la pression de l’arrivée imminente des Chinois, &#039;&#039;&#039;formation à Hanoï d’un second « gouvernement provisoire de la République démocratique du Vietnam ».&#039;&#039;&#039; Il est politiquement plus représentatif que l’ancien Comité de libération du peuple vietnamien mais demeure présidé par HCM qui s’est également arrogé les Affaires étrangères. Les postes stratégiques, Défense, Intérieur, Propagande, Éducation et Jeunesse, sont aux mains de communistes (composition de ce gouvernement &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 69, note 46). Le Vietminh est, dès cette époque, majoritairement contrôlé et dominé par les communistes. Sur les 10 ministres du Comité de libération du peuple vietnamien, il y avait au moins 7 communistes et sur les 15 membres de ce deuxième gouvernement provisoire, 9 au moins le sont également. De timides ouvertures ont cependant dû être ménagées aux nationalistes indépendantistes et à leurs protecteurs chinois : branche indochinoise du Parti socialiste français, un membre du V.N.Q.D.D. et certains membres non affiliés à un parti (Fall, 1960, pp. 38-39).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un souci de se rendre populaire, le nouveau gouvernement abolit ce jour la taxe sur les produits vendus. Il prendra d’autres mesures de ce type : abolition de l’impôt sur le revenu (7 septembre), abolition des impôts professionnels (14 septembre). Ces mesures mettront rapidement le gouvernement face à une situation financière désastreuse qui ne sera redressée et corrigée que par la suite (Fall, 1960, p. 43).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Bao Daï vêtu à l’impériale lit à Hué devant une assemblée réunie pour l’occasion par le VM l’édit de son abdication&#039;&#039;&#039;. Il déplore que son règne n’ait apporté « aucun service appréciable » et termine sa déclaration par un « Vive l’indépendance du Vietnam ! Vive notre république démocratique ! » (Marangé, 2012, p 148). Puis dans une proclamation adressée « au monde entier », il déclare : « Dorénavant, nous sommes heureux d’être un citoyen libre dans un pays indépendant ! » Le VM transformera cette phrase en slogan : « Nous préférons devenir simple citoyen indépendant que roi esclave. » (Sainteny, 1967, p. 110 et p. 276)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, aux abois mais bien seul, estime que « l’attitude alliée à l’égard de la France nous mène à une perte de face totale […] Je dois passer par Patti pour tout […] J’insiste sur le fait  qu’à l’heure actuelle l’attitude alliée est plus nuisible que celle du Viet-Minh. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 120)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 août 45 : Le secrétaire d’État Dean Acheson indique à l’un de ses correspondants diplomatiques en poste à New Dehli : « Ce n’est pas la politique de ce gouvernement que d’aider les Français à rétablir par la force leur contrôle sur l’Indochine. Nous ne sommes prêts à voir la France rétablir son contrôle dans ce pays que si les affirmations françaises d’obtenir le soutien des populations d’Indochine s’avèrent justes. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Bonnet (ambassadeur de France à Washington) adressée à Bidault ce même jour montre que le discours officiel de département d’État en apparence beaucoup plus conciliant : « Quant à la suggestion selon laquelle la souveraineté française sur toute l’Indochine devrait être reconnue par les Nations Unies on peut dire qu’ainsi que le gouvernement le sait bien, le gouvernement américain n’a soulevé aucune question en ce qui concerne la souveraineté française sur l’Indochine. » (DDF, 2000, tome 2, document n° 144, pp. 373-374).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM entame la rédaction du texte de la déclaration d’indépendance qui sera prononcé le 2 septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 août 45 : &#039;&#039;&#039;Retour de De Gaulle à Paris&#039;&#039;&#039; après son voyage aux U.S.A. et une visite au Canada (&#039;&#039;Le Monde&#039;&#039; du 31 août et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; septembre 1945).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny continue à se débattre dans son dialogue de sourds avec la D.G.E.R. de Calcutta : « Je vous demande de comprendre la chance exceptionnelle que nous avons d’être en place au cœur même de l’administration française en Indochine. Ma mission doit être officialisée et non désavouée comme elle paraît l’être actuellement, ce dont le Vietminh, les Japs et les Alliés s’empressent de tirer avantage aux dépens de la France. La question de personne n’importe pas : si vous me jugez non qualifié, dites-moi à qui je dois repasser le commandement. Il faut tout faire pour qu’une situation acquise et maintenue difficilement ne soit pas abandonnée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 80)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cédile et le capitaine de frégate Jolivet de Riencourt se rendent à Loc Ninh où Decoux est détenu. L’entrevue est orageuse, notamment lorsqu’on évoque avec lui le précédent malheureux de la libération de la Syrie. Selon Cédile, l’amiral était « combatif, interrompant sans cesse  nos explications  par des remarques plus que désobligeantes sur la France libre et le général De Gaulle, les Anglais, les retards des forces alliées à intervenir en Indochine (il insista beaucoup sur ce dernier point, accusant l’E.M. de Kandy d’incompétence, de désordre, etc.). Il attaqua violemment la Résistance en Indochine, notamment Mordant, De Langlade, Mus. » Le représentant du G.P.R.F. voit là un homme « déçu de ne pas recevoir des félicitations (qu’il pensait que nous devions lui apporter de la part du gouvernement) […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 132 ; voir également D’Argenlieu, 1985, pp. 423-424 ; Decoux, 1949, pp. 341-347). Decoux demande à nouveau à pouvoir rejoindre Saigon et ne reçoit, selon ses mémoires, qu’une réponse « évasive et équivoque ». Discrédité, il ne sera pas entendu et ce, jusqu’à son rapatriement en France, le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Janvier_1943&amp;diff=5327</id>
		<title>Janvier 1943</title>
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		<updated>2026-09-10T05:50:51Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Janvier 43 : Selon une note du ministère des Affaires étrangères du 2 septembre 1946 ont lieu les premiers contacts entre les Américains et le VM. Ils sont l’œuvre d’« un trio de businessmen cosmopolites » : un Américain d’origine canadienne, Gordon, proche de l’O.S.S. ; un Chinois, Tan ; un métis sino-belge, Simon Yu. Gordon est un « ancien agent de la Texaco à Haïphong » et « un marchand de renseignements » travaillant « pour le compte de l’O.S.S. et surtout dans son intérêt personnel ». « Il est l’homme du jour qui tire les ficelles en coulisse du drame indochinois. En janvier 1943, aidé de Simon Yu, Gordon établit la première liaison avec les éléments révolutionnaires annamites, le Vietminh de demain, à Longtcheou. A cette époque, il leur procure la somme d’un million de dollars chinois par mois soit 300 000 $. » Selon cette même source très peu favorable à la présence américaine en Indochine, c’est Gordon qui, en 1945, attirera l’attention du colonel Heppner (chef de l’O.S.S. en Chine) de l’opportunité d’utiliser le VM dans le cadre la résistance antijaponaise (DDF, 2004, tome 2, document n° 129, pp. 312-319).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 - 24 janvier 43 : &#039;&#039;&#039;Conférence de Casablanca&#039;&#039;&#039;. De Gaulle, qui l’a rejoint le 21, rejette un arbitrage international sur les questions ne concernant que la France et ses colonies. La rencontre entre De Gaulle et Roosevelt est glaciale : les deux hommes ne s’apprécient pas mais se ménagent (De Gaulle, 2000, pp. 342-343), quoi qu’en dise le premier dans un compte rendu de l’époque cité dans ses mémoires (De Gaulle 2, 1956, p. 441). De Gaulle se refuse à « leur [Churchill et Roosevelt] reconnaître aucune sorte de qualité pour régler la question des pouvoirs dans l’Empire français. » (De Gaulle, 2000 pp. 340-341) L’Empire français est une question française qui doit être réglée sans injonctions étrangères. Pour Roosevelt, De Gaulle n’est alors qu’un autocrate dont il faut se méfier.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Mars_1946&amp;diff=5326</id>
		<title>Mars 1946</title>
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		<updated>2026-09-06T06:54:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Mars 46 : Outre les problèmes liés à la présence des Chinois et aux attaques incessantes du VM, les autorités militaires françaises doivent aussi freiner, selon le général Valluy, « les civils français d’Hanoi survoltés » et avides de vengeance (Valluy 2, 1967, p. 203).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations entre les catholiques et le régime en place qui jusqu’alors avaient été bonnes vont se dégrader durant le printemps sous la férule du gouvernement qui affiche de plus en plus ses tendances communistes totalitaires et hégémoniques (Gheddo, 1970, p. 58-59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première quinzaine mars 46 : Relève de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (général Valluy) en Cochinchine par la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; (général Nyo, nommé depuis le 10 février au poste de commandant des forces françaises en Cochinchine et Sud-Annam) pour la reconquête du Tonkin. En vue du débarquement, la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; est regroupée à partir des bases côtières vers Nha Trang et Cam Ranh.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars 46 : Les accords militaires issus de Chungking sont négociés verbalement entre les états-majors militaires français et chinois. Selon le colonel Crépin, « la discussion a pris un ton aigu ». Les textes d’accord sont traduits « pour s’assurer qu’il n’y avait entre les deux textes aucune divergence due à la traduction. » Mais les Chinois rechignent toujours en prétextant la nécessité d’une autorisation de MacArthur (&#039;&#039;Combined Chief of Staff&#039;&#039; qui est à Washington…) pour signer car, en réalité, ils ne veulent toujours guère lâcher le fructueux butin tonkinois. Avant même leur signature, les Français font le &#039;&#039;forcing&#039;&#039; en refusant cette clause, Leclerc voulant absolument déclencher l’opération sur Haiphong et Hanoi le 6. Les Chinois s’inclinent, du moins en apparence (Pedroncini, 1992, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de Salan évoquant le débarquement des Français au Tonkin prescrit le respect « des emblèmes chinois » et « vietminh » (Salan 1, 1970, p. 309).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 mars 46 : Les premiers détachements militaires français venus de Chine pénètrent dans le Haut-Tonkin (Fall, 1960, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les résultats des élections législatives sont les suivants :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nationalistes indépendants (dont les catholiques) : 90 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Viet Minh : 82 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
V.N.Q.D.D. : 26 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D.M.H. : 22 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Démocrates : 15 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Socialistes : 27 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trotkystes : 10 sièges&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est donc un catholique qui dirige la première assemblée nationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que les résultats officiels des élections ne soient produits que le 13 avril, dès 8 h 00, réunion de l’assemblée nationale vietnamienne au théâtre municipal d’Hanoi avec, selon Sainteny, « une centaine de députés modérés » (Sainteny, 1970, p. 86). HCM remet la démission de son ancien gouvernement devant l’assemblée. Son président, le catholique Ngo Tu Ha, propose à HCM de former un nouveau gouvernement dit « d’Union et de résistance », proposition qui est adoptée à l’unanimité (composition &#039;&#039;in&#039;&#039; Fall, 1960, p. 49).  &#039;&#039;&#039;HCM crée alors une Commission permanente de 15 membres tous communistes, chargée de contrôler le gouvernement et donc de s’arroger les pouvoirs du Parlement qui doit s’effacer devant ladite Commission. C’est donc une véritable dictature avec un parti communiste unique qui est mise en place&#039;&#039;&#039;, tout à fait comparable à ceux des pays de l’Est en Europe (De Folin, 1993, p. 122). HCM en est le président, Nguyen Hai Tan, un nationaliste prochinois leader du D.M.H. le vice-président, Phan Anh, ministre de la Défense et Nguyen Tuong Tam ministre des Affaires étrangères. Le leader du V.N.Q.D.D., Vu Hong Khanh, devient délégué spécial du conseil des ministres. Deux catholiques entrent également au gouvernement. Bao Daï, éternel absent, conserve dans ce gouvernement son poste de « conseiller suprême ». On crée aussi un Comité national de la Résistance, présidé par Giap (commandant l’A.P.V.), qui reçoit en fait les attributions du ministère de la Défense, tout en ne laissant théoriquement à celui-ci que des tâches purement administratives. L’assemblée déclarant la session close se sépare le jour-même à 13 h 00, sans débats ni votes, hormis la validation des décisions prises par le nouveau gouvernement…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Échange entre D’Argenlieu-Leclerc pour les derniers réglages du débarquement sur Haïphong et Hongay : « Toutes les précautions sont prises pour que ces opérations se déroulent le plus pacifiquement possible. » C’est Leclerc qui est chargé par le haut-commissaire de l’opération « en [son] absence du théâtre nord ». (D’Argenlieu, 1985, pp. 178-179)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Sainteny, D’Argenlieu, optimiste, estime que « l’accord franco-chinois est maintenant signé. La signature d’état-major est attendue d’un jour à l’autre. Notre position en Indochine s’en trouve internationalement clarifiée et fortifiée. L’accord militaire facilite singulièrement la venue de nos forces […] L’accord franco-chinois est une victoire diplomatique dont mieux que personne vous apprécierez la valeur […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 181 ; Bodinier, 1987, pp. 217-218) Belle illusion de l’amiral face à des Chinois pour qui les négociations officielles n’aboutissent jamais à quelque chose de définitif… Il devra déchanter dès le lendemain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Sainteny adresse un télégramme à D’Argenlieu. Il se félicite de l’avancée des négociations avec le VM mais souligne : « […] L’obstacle majeur reste donc la question de la Cochinchine. Est-ce une question qu’il faut réserver coûte que coûte, ou peut-on envisager  de céder en ultime concession ? » La réponse cinglante de l’amiral sur cette question lui parviendra dès le lendemain (voir 3 mars) (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 212).  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; dénonce des intimidations de la presse (saccage de locaux) à Saigon faites par des militaires ayant eu lieu fin-février. Le journal communiste, toujours en semi-phase avec l’engagement des Français dans le conflit, préfère incriminer des boucs-émissaires : « Qui  étaient ces militaires ? Certainement pas des soldats français qui ne sauraient commettre de tels actes, certainement aucun de ces combattants qui ont fait leur preuve. Ne s’agirait-il pas plutôt des S.S. engagés, en son temps, dans la Légion, par M. Diethelm ? » (cité in Ruscio, 1985, p. 367). Les exactions de la Légion étrangère dans laquelle ont été engagés d’anciens soldats allemands (dont certains ont réellement appartenu à la &#039;&#039;Waffen S.S.&#039;&#039;) vont devenir un leitmotiv de la presse communiste française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 mars 46 : Salan proteste contre les lenteurs chinoises et adresse de nouveaux courriers à Lou Han. L’ambassadeur de France en Chine Meyrier envoie un télégramme à D’Argenlieu dans lequel Leclerc et Salan indiquent que « les autorités chinoises ne veulent à peu près certainement pas créer des troubles » à l’arrivée des Français. Pour autant, l’ambassadeur émet lucidement des doutes sur les délais de transmission aux échelons inférieurs de l’armée chinoise. Il préconise donc pour le débarquement français la date du « 7 pour avoir les plus fortes chances que les ordres arrivent en temps utile. » (Pedroncini, 1992, pp. 169-170)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Sainteny, D’Argenlieu observe une « objection de dernière heure soulevée par l’état-major chinois dans la discussion de l’accord d’état-major. » Il voit implicitement, à tort, dans cette situation des manigances perpétrées par le ministère de l’Intérieur du G.R.A. (Bodinier, 1987, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du fait du revirement d’HCM (voir 27 février), télégramme de D’Argenlieu à Sainteny en réponse au sien de la veille : « Je ne puis maintenir les termes de mon télégramme de base et les rappelle : la Cochinchine décidera elle-même de sa position vis-à-vis du Vietnam. » (D’Argenlieu, 1985, p. 182 ; Bodinier, 1987, p. 218)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, muni des pouvoirs du haut-commissaire et de commandant en chef pour donner à Sainteny les directives utiles à Hanoi, embarque à Nha Trang sur le croiseur &#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; en vue de diriger le débarquement au Tonkin (Pedroncini, 1992, p. 395). Il dispose à son bord de moyens de communication radio qui lui permettent de rester en contact avec Saigon, Hanoi, Haïphong et Chungking pour la période entre le 3 et le 6. Mais dans les faits l’ensemble des messages reçus demeureront fragmentaires, tardifs et parfois presqu’incompréhensibles car reflétant la confusion qui règne toujours dans les négociations inabouties avec les Chinois (télégrammes cités partiellement &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 194-196). Avant d’embarquer, Leclerc a adressé un dernier message à Salan : « Encouragez Sainteny à pousser négociations avec oncle Ho. Nous nous présenterons devant Haïphong le 6 mars. Conduisez les négociations en conséquence. Je me conformerai à toutes vos propositions pour éviter conflit ou difficultés avec Chinois ou Annamites. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 191)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La direction du VM s’interroge sur le comportement à adopter à l’égard des Français : « Devons-nous résolument combattre ou composer  avec les Français ? On peut répondre sur le champ. Si les Français s’en tiennent à la thèse d’une Indochine autonome sur la base de leur déclaration du 24 mars [1945], alors à coup sûr il faut se battre et probablement se battre pour longtemps, selon la tactique de la guérilla. Mais s’ils reconnaissent la souveraineté de l’Indochine, il nous faut composer avec eux, et ce pour mettre en échec les menées des Chiang Kaï-shekistes, des réactionnaires vietnamiens et des fascistes français toujours présents qui entendent nous enfermer dans une position d’isolement, nous contraindre à combattre simultanément de nombreux ennemis pour que nos forces s’épuisent. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, pp. 98-99) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 3 au 4 mars 46 : Salan est submergé de dépêches chinoises qui continuent à réclamer l’approbation préalable de McArthur (chef de l’état-major interarmes allié américain) pour autoriser le débarquement français (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars). C’est une nouvelle ruse des Chinois pour temporiser. Les Français passeront outre (Salan 1, 1970, p. 312).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 mars 46 : Les niveaux inférieurs de la hiérarchie militaire chinoise assurent n’avoir toujours reçu aucune directive de Chunking. Salan rencontre le général Ma Ing (représentant du général Lou Han) et lui confirme la réalisation du débarquement, le 6, quelle que soit la réponse (ou la non-réponse) des Chinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de Sainteny à D’Argenlieu : « G.R.A. [Gouvernement révolutionnaire annamite] est resté ferme sur exigence de nous voir explicitement intégration de la Cochinchine dans le vocable Vietnam. Mais il est possible qu’il cède demain et accepte ma proposition. Il reste à craindre que dans son désir de ne céder qu’à la dernière minute, Ho Chi Minh n’ait pas signé avant le débarquement. » (D’Argenlieu, 1985, p. 183)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrevue HCM-Salan-Pignon le soir. HCM refuse finalement le débarquement des Français et demande un délai.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 4 au 5 mars 46 : Nouvelle rencontre Salan-Ma Ing accompagné de 9 autres généraux chinois. Tous continuent à tenter de vouloir jouer la montre en prétextant cette fois la protection de leur population et des biens chinois au Tonkin. Non dupe de ces manoeuvres, Salan les rassure et s’y engage. Selon le même, certains « généraux mandchous » ont « le regard tourné vers Mao Tsé-toung », et ce sont eux qui font le plus opposition au retour des Français (Salan 1, 1970, pp. 316-317 ; compte rendu de cette rencontre par le général Lecomte &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, pp. 439-442).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 mars 46 : Au matin, l’optimisme règne du côté français. Selon un télégramme  du colonel Gilles à Leclerc : « Général Chinois Haïphong [Wang] en très bonne disposition. Il admettra volontiers débarquement mais seulement lorsqu’il aura reçu ordres de Hanoi pour cela. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 207). Les Français vont vite déchanter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 11 heures, alors qu’un avion qui s’apprêtait à emmener une délégation franco-chinoise qui devait décoller, tout est bloqué sur ordre des Chinois. Le général Chéou, commandant la 53&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée, a télégraphié à Chunking de faire surseoir au débarquement français et d’y faire éventuellement obstacle par la force. Ce télégramme ne fait que renforcer  l’opposition de la Délégation consultative chinoise, véritable courroie de transmission du Gouvernement central, réalisé sans son aval entre les commandements militaires français et chinois du quartier général yunnanais (Turpin, 2005, p. 206).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut attendre 19 h 00 pour qu’un accord purement verbal soit conclu entre les Français et les généraux Ma Ing (représentant du général Lou Han) et Chow. Le commandement chinois donne l’ordre aux troupes de Haïphong de ne pas tirer sur les bateaux français qui vont remonter la rivière si les troupes françaises ne débarquent pas. Chow se rend en soirée, vers 21 h 00, auprès d’HCM afin de parvenir au plus vite à un accord écrit que le leader vietnamien est en train de rédiger à ce moment précis : « 1° Je demande que le Gouvernement français reconnaisse le Gouvernement du Vietnam comme le gouvernement d’un pays libre, pays qui aura son gouvernement, son assemblée, ses finances, son armée. Le tout dans l’Union fédérale indochinoise. 2° Le Gouvernement français demandera au Gouvernement annamite d’admettre une armée française (composée de 15 000 Français et 10 000 Annamites ; ceux-ci choisis par le Gouvernement annamite). Total de l’armée : 25 000 hommes. 3° Le statut de la Cochinchine devra être décidé par le vote des nationaux du Vietnam. 4° Les autorités françaises, de leur propre chef, demanderont que soit signé un armistice temporaire entre la France et le Vietnam. 5° Toutes les autres questions (secondaires) seront discutées et résolues au cours de conversations officielles. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 213). Puis Chaw, muni du document, rencontre Salan qui, après avoir vu Sainteny, l’approuve bien que ces exigences dépassent nettement le cadre défini par le mémorandum de D’Argenlieu et son télégramme, approuvé par le Comité de l’Indochine le 20 février.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès 22 h 30, Salan transmet son acceptation à Lou Han. Celui-ci répond que la relève devient possible mais sous condition : le débarquement français ne doit avoir lieu que le 7, le temps que les ordres soient transmis aux troupes chinoises. Le lieutenant-colonel Lecomte de l’état-major de Leclerc avait entretemps averti Sainteny qu’il était impossible de  modifier le plan français sans risquer des incidents avec les Chinois tant qu’un accord avec les Vietnamiens n’avait pas été conclu. Il le presse donc : « Étant donné la situation et l’ampleur du conflit possible, je vous demande instamment, au nom du général Leclerc qui m’a donné pouvoir de vous le dire, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arriver au plus tôt à un accord, fût-ce au prix d’initiatives qui pourraient être désavouées. » (Turpin, 2005, pp. 206-207). La signature des accords est donc considérée comme une urgence tant du côté français que vietnamien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le soir même, Sainteny répond directement à Leclerc : « Je crois que nous tenons le bon bout mais ce sera de justesse ! J’ai lâché (bien peu de choses d’ailleurs) pour éviter le gros incident à Haïphong. L’intégration des 10 000 Vietnamiens dans les forces de relèves sous votre commandement a enlevé la décision. J’espère que vous approuverez cette initiative. Il me reste à souhaiter maintenant que le G.R.A. accepte demain le projet ci-joint et […] que l’Amiral ne me désavouera pas trop. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A 23 h 37, les colonels Legendre et Gilles mettent en garde Leclerc sur le fait que le compromis Salan-Chaw demeure inconnu du général Wang qui, non informé des récentes décisions par Hanoi (général Lou Han), « décline toute responsabilité concernant ouverture du feu en cas de présentation  en rivière […] ». Wang donne une simple autorisation pour un voyage en avion d’un représentant de Leclerc. Du fait des problèmes de transmission, ce message ne parviendra à Leclerc que le lendemain à 7 h 55, sans pour autant le faire changer d’avis sur sa décision de débarquer (Turpin, 2005, pp. 207-208).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La flotte française et les troupes de débarquement se regroupent dans le golfe du Tonkin selon ce qui a été convenu verbalement avec les Chinois. Or un télégramme du général Ho Ying Chin, un des électrons libres de l’armée nationaliste chinoise, donne l’ordre de ne pas exécuter les instructions du gouvernement envoyées la veille par le général Chin Teh Sun, vice-ministre chargé de ces opérations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit un nouveau télégramme de Leclerc en soirée, tardivement. Il est surpris d’y voir apparaître « un programme militaire d’effectifs » où il est mentionné que  la future armée franco-vietnamienne sous commandement français sera composée de 15 000 Français et 10 000 Vietnamiens. Il apprendra ultérieurement qu’il s’agit d’une « demande pressante de l’État-major » et donc que la décision a été prise à Paris (qui s’en défendra) sans que lui-même ait été consulté au préalable (D’Argenlieu, 1985, p. 185). C’est aussi une exigence d’HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Communiqué commun d’Argenlieu-Mountbatten reconnaissant la souveraineté française sur l’Indochine (De Folin, 1993, p. 124). A partir de cette date, toute la zone de la péninsule indochinoise au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle cesse de faire partie du théâtre du S.E.A.C. britannique. Les Français sont désormais seuls chez eux, ce qui était le souhait de De Gaulle et D’Argenlieu (Turpin, 2005, p. 156). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier ministre britannique&#039;&#039;&#039;, Winston Churchill, prononce le discours de Fulton qui marque l’intensification de la guerre froide&#039;&#039;&#039; : « De [https://fr.wikipedia.org/wiki/Stettin Stettin] sur la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Baltique Baltique] à [https://fr.wikipedia.org/wiki/Trieste Trieste] sur l&#039;[https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_Adriatique Adriatique], un &#039;&#039;rideau de fer&#039;&#039; est descendu à travers le continent. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 5 au 6 mars 46 : Dans l’après-midi du 5 a eu lieu une rencontre tendue entre Salan et les généraux Ma Ing (représentant du général Lou Han, absent) et Tchao (commandant par intérim de la 53&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée). Les Chinois se retranchent derrière les ordres récents reçus du général Ho Ying Chin (directeur pour l’Europe de l’armée chinoise) qui refuse le débarquement français (voir 5 mars). Face à ce nouveau blocage, Leclerc en informe Sainteny par câble. À ce moment, un accord entre les Français et HCM sur cette question n’est toujours pas définitivement établi. Or, nouvelle ruse chinoise pour différer, c’est justement ce que réclame le général chinois Tchao. Il va donc voir HCM et l’invite à s’entendre avec les Français. Or, cet accord, pour l’instant purement verbal, ne sera conclu que le 6 à 6 heures du matin. C’est Hoang Giam qui annonce à Sainteny que le « président acceptait ses conditions » et qu’il signerait l’accord le lendemain à 16 h 30 (Sainteny, 1970, p. 86 ; D’Argenlieu, 1985, p. 186). À ce moment, HCM aurait déclaré après avoir accepté du bout des lèvres : « Plutôt flairer la crotte des Français que manger toute notre vie celle des Chinois. » (Mus, 1952, p. 85)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 mars 46 : A 9 h 00, selon le colonel Repiton-Preneuf (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, état-major de Leclerc),       « on est d’accord sur tous les points mais Ho Chi Minh n’a pas signé. La signature doit avoir lieu à 11 h 00. A 10 h 15, la Délégation française apprend l’incident de Haïphong. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 207). La signature n’aura donc pas lieu à l’heure fixée mais à 16 h 30.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la matinée, &#039;&#039;&#039;débarquement des Français à Haïphong&#039;&#039;&#039; (opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039; concernant 21 000 hommes). Des télégrammes alarmants mais tardifs (cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 194-196) reçus sur l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; ont prévenu Leclerc que les Chinois de la 53&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; armée feraient tirer sur les bateaux s’ils se présentaient devant Haïphong. Leclerc a néanmoins confirmé l’ordre « d’exécuter l’opération prévue avec le maximum de prudence et de ne répondre en aucun cas aux coups de feu. » (Salan 1, 1970, p. 325). Il a même annulé, lors d’une réunion sur l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; dans la nuit du 5 au 6, le débarquement sur Hongay et l’occupation du terrain d’aviation d’Haïphong « pour, selon Valluy, lui donner une allure plus pacifique. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 196) Les Vietnamiens, du moins officiellement,  ne s’opposeront pas à l’opération en cours : Sainteny doit rencontrer HCM à 16 h 30 pour signer un accord écrit avec eux (voir nuit du 5 au 6 mars). Mais les troupes chinoises à Haïphong sous les ordres du général He Yinqing, prétextant n’avoir pas reçu d’ordres de Chunking, ne sont pas sur la même longueur d’onde et résistent. Elles tirent dès 8 h 30 à plusieurs reprises sur les bateaux français en approche sur Haïphong à partir du port (carte de la disposition de l’escadre &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 197). Les Français compteront 32 morts et une quarantaine de blessés (Salan 1, 1970, p. 328). Ils attendent cependant les ordres pour riposter. Leclerc, toujours à bord de l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; demeuré en retrait, donne finalement l’ordre de riposte à    10 h 48. Le &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; tire alors 33 coups de 138 et autorise l’utilisation de l’artillerie secondaire du navire. Un dépôt de munitions chinois est touché entraînant des explosions et un énorme incendie. Les tirs français décroissent dès 11 h 10 (Turpin, 2005, p. 208). Un ordre de cessez-le-feu commun est alors envisagé. Des officiers chinois montent à bord du &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; et un cessez-le-feu provisoire est établi. À l’issu de ces échanges de tirs, personne ne cherche un véritable affrontement prolongé : ni les Français, ni les Chinois, ni les Vietnamiens (Francini 1, 1988, p. 263 et pp. 288-289 ; Valluy 1, 1967, pp. 33-34). Des négociations orageuses ont alors lieu entre le général chinois Wang (commandant la place d’Haïphong) et l’amiral Auboyneau. On ne parviendra à un accord provisoire que vers minuit (voir 13 mars). Cependant, il faudra attendre le 18 mars pour que les troupes françaises puissent entrer dans Hanoi au vu de la situation explosive qui y règne et des entraves procédurières et matérielles que le Chinois vont mettre en place pour nuire au débarquement (voir 11 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les événements d’Haïphong, connus à Hanoï dans la matinée, n’affectent en rien la signature des accords franco-vietnamiens du 6 mars qui a lieu à 16 h 30. Selon un télégramme de Sainteny, le texte de l’accord a également été discuté le matin lors d’un conseil des ministres du G.R.A. Il a été approuvé dans la matinée par le Comité central du VM qui s’est réuni à Huong Canh, près d’Hanoi, et s’est rallié aux vues d’HCM disant qu’il n’y pas d’autre solution que de s’entendre avec les Français au sujet du débarquement (Bodinier, 1987, p. 219).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À 12 h 30, Sainteny demande par télégramme à D’Argenlieu son approbation pour la signature de l’accord préliminaire. D’Argenlieu le valide à 15 h 40 et demande à ce que Leclerc en soit informé (Bodinier, 1987, p. 220-221).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entamée la veille suite à de longues et laborieuses négociations, &#039;&#039;&#039;signature à 16 h 30, de « la Convention préliminaire » franco-vietnamienne dite du 6 mars et de son « Accord annexe »&#039;&#039;&#039;. Sont présents l’après-midi côté français : Sainteny, commissaire de la République et seul signataire mandaté par Leclerc qui assure dans cette affaire l’intérim de D’Argenlieu, absent car demeuré à Saigon. Pignon et Salan sont présents comme simples observateurs pour le volet politique de la convention. Côté vietnamien, HCM  et Vu Hong Khanh du V.N.Q.D.D., sont tous deux signataires. Les signatures se font devant des observateurs anglais, américains, chinois et français, tous satisfaits du résultat. Il y a cependant deux volets à ce document : un politique et une annexe militaire (textes définitifs &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 188-190 ; Salan 1, 1970, pp. 330-332 ; Sainteny, 1953, p. 182-184). C’est cette dernière qui va poser problème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La partie politique est modestement intitulée « Convention préliminaire ». HCM y fait preuve d’un esprit conciliateur qui tend à éviter un choc frontal car il cherche surtout à gagner du temps. Certes, le mot « indépendance » ne figure pas dans cet accord. Mais dans l’article 1 de ce texte, « la République du Vietnam » devient un « État libre ayant son gouvernement, son parlement, son armée et ses finances, faisant partie de la Fédération indochinoise et de l’Union française ». Sur la question de la réunion des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, « le Gouvernement français s’engage à entériner les décisions prises par les populations consultées ultérieurement par référendum. » (D’Argenlieu, 1985, p. 188) Mais si le Vietnam est ici défini politiquement, il ne le sera jamais géographiquement puisque dépendant toujours du modèle de découpage des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; imposé au moment de la colonisation du pays. Or la majorité de la population vietnamienne considère ce découpage comme une aberration historique et une marque imposée de longue date par le colonisateur français. C’est d’ailleurs aussi cette imprécision géographique que D’Argenlieu reprochera aux négociateurs de l’accord, Sainteny, Pignon et Salan. À l’issue de ce texte, les troupes françaises peuvent toutefois revenir pacifiquement (mais aussi temporairement…) au Tonkin car il y a, au moins sur le papier, cessation des hostilités (Raymond, 2013, p. 71). En son article 2, l’accord stipule que « le Gouvernement du Vietnam se déclare prêt à accueillir amicalement l’armée française lorsque, conformément aux accords internationaux, elle relèvera les troupes chinoises. Un accord annexe joint à la présente Convention préliminaire fixera les modalités selon lesquelles s’effectueront les opérations de relève. » L’article 3 précise que « chacune des hautes parties contractantes prendra toute mesure nécessaire, pour faire cesser sur le champ les hostilités, maintenir les troupes sur leurs positions respectives et créer un climat favorable nécessaire à l’ouverture de négociations amicales et franches ». Elles doivent porter sur les relations diplomatiques du Vietnam, le statut futur de l’Indochine, les intérêts économiques et culturels français au Vietnam (D’Argenlieu, 1985, pp. 188-189). De Folin remarque à juste titre qu’en mars 1946 seul le Sud connaît des troubles. Cette formulation de l’article 3 autorise donc implicitement le « gouvernement d’Hanoi » à s’immiscer dans les affaires de Cochinchine (voir 7 mars) que les Français considèrent pourtant comme une chasse gardée (Pedroncini, 1992, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’accord annexe est quant à lui strictement militaire&#039;&#039;&#039;. Côté français, il a été signé par Sainteny, mais a été préparé par Pignon et Salan. Côté vietnamien, il est signé par HCM et Vu Hong Khanh. Giap en a été le principal inspirateur. D’Argenlieu qui ne l’a pas validé au préalable n’en sera destinataire que le 7. L’accord stipule la présence de 10 000 Vietnamiens et 15 000 Français (voir 5 mars), l’existence d’« un commandement supérieur français, assisté de délégués vietnamiens » dont le rôle devra être défini « au cours d’une conférence d’états-majors, laquelle se tiendra dès le débarquement des unités françaises ». Le texte précise également  que « des commissions mixtes seront créées, à tous les échelons, pour assurer, dans un esprit d’amicale collaboration, la liaison entre les troupes françaises et les troupes vietnamiennes. » C’est cet accord militaire qui limite dans l’instant l’affrontement entre la France et le VM. Salan, lorsqu’il le découvre quelques heures avant qu’il ne soit signé, estime qu’il n’a « rien de commun avec [sa] note sur les propositions militaires remises à Sainteny. » Affirmation dans ses mémoires visant à se défausser ? Il sent venir les foudres de Paris mais estime qu’il faut pourtant le signer (Salan 1, 1970, p. 329).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu ne valide ni ne validera jamais l’accord car cette annexe militaire lui paraît trop anticipée sur des points précis qui aurait dû être débattus dans des commissions prévues à cet effet : « […] je le juge lourd de servitudes militaires pour la France au profit du jeune « État libre ». Mais il est contresigné. Nous sommes devant le fait accompli. » (D’Argenlieu, 1985, p. 191) L’amiral le qualifiera en privé de « Munich indochinois » (voir 24 mars) ou de « petit Munich » (D’Argenlieu, 1985, p. 222). Certes la convention évite dans l’immédiat un bain de sang mais, côté indochinois, mécontente fortement les nationalistes (y compris Vu Hong Khanh, chef du V.N.Q.D.D, qui l’a pourtant également signée) ainsi que la plupart des partisans du VM. Un accord d’états-majors (théorique car peu respecté dans les faits…) devra être signé ultérieurement entre Salan et Giap (voir 3 avril). Comme le remarque à juste titre Gras, « on avait remis à plus tard les véritables difficultés en employant des formules vagues et ambigües, dans lesquelles chacun pouvait comprendre ce qu’il voulait. » (Gras, 1979, p. 100)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM considère donc l’accord du 6 mars comme un moindre mal. Il réagit de la manière suivante en s’adressant à Sainteny : « Et moi, j’ai de la peine, car au fond c’est vous qui avez gagné. Vous savez bien que je voulais plus que cela. Enfin, je comprends que l’on ne peut tout avoir en une fois. » Jouant sur les sentiments, il embrasse Pignon (conseiller politique de D’Argenlieu) et Sainteny en déclarant : « Ma consolation, c’est l’amitié. » (Sainteny, 1970, pp. 87-88). Défaite pour HCM ? Rien n’est moins sûr car il a obtenu des apports non négligeables : la reconnaissance d’un « État libre », avec son armée, un certain degré de reconnaissance diplomatique et un « statut futur de l’Indochine ». C’est pour lui une étape transitoire qui lui fait gagner du temps et il la considère assurément comme telle. De plus, cet accord qui a été signé un peu rapidement côté français ne l’a aussi été que pour donner une certaine fausse sérénité au débarquement imminent prévu  à Haïphong, entendant freiner une trop forte réaction du VM qui se produira quand même. Quant au gouvernement français, il demeure totalement absent de ce processus de négociation : il n’a donné aucune instruction claire et n’a dépêché personne d’importance sur place pour le représenter directement. La coalition tripartite M.R.P., radicaux, socialistes et communistes étant bien trop divisée sur la question indochinoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny fait parvenir à D’Argenlieu par télégramme le contenu de l’accord préliminaire, mais sans le contenu de l’accord annexe. Craignant les foudres de l’amiral, il mentionne simplement son existence (Bodinier, 1987, pp. 219-220). L’accord annexe quant à lui ne sera transmis à l’amiral que le 7 et donc, après la date de la signature des accords (Bodinier, 1987, pp. 223-224).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nuit du 6 au 7 mars 46 : Une « négociation longue et difficile » a lieu entre le général chinois Wang, commandant de la place à Haïphong, et le vice-amiral Auboyneau. Les bateaux français sont déplacés d’une rivière à l’autre. Wang affirme n’avoir reçu aucun ordre d’Hanoi (général Lou Han) mais se dit prêt à poursuivre les négociations avec Valluy (commandant de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.) le 7.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 mars 46 : La population vietnamienne qui a été baignée durant des mois par la propagande contre les Français est abasourdie par l’annonce de l’accord. Les nationalistes de tous bords (V.N.Q.D.D. et D.M.H.) crient à la trahison (alors que l’un de leur membre a été signataire de l’accord). HCM et Giap sont donc obligés de le défendre devant une importante foule, en partie hostile au début, regroupée devant le théâtre d’Hanoï (ressenti et réactions diverses des auditeurs &#039;&#039;in&#039;&#039; Ngo Van Chieu, 1955, pp. 68-71). C’est à cette occasion qu’HCM termine son intervention par un « Je vous jure que je ne vous ai pas vendus ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Goscha, Benoît De Tréglodé, 2006, p. 188) On a pris soin d’inviter le nationaliste Vu Hong Kanh, signataire de l’accord pour le V.N.Q.D.D., et Bao Daï, « conseiller suprême » et député vietminh, qui doivent servir de caution (Sainteny, 1970, p. 82-83). Pour justifier l’accord, Giap est obligé de le comparer au traité de Brest-Litovsk de 1918. Il déclare : « En résumé, l&#039;idée maîtresse du Gouvernement, c&#039;est la paix pour le progrès, la voie ouverte par la convention est celle de l&#039;indépendance prochaine et totale, qui est notre but. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Raymond, 2013, p. 71). Il déclare encore : « Il y a des moments où il faut être ferme et d’autres où il faut être mou » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ngo Van Chieu, 1955, p. 69). Giap, dans son for intérieur, considère cet accord comme un inévitable gain de temps. HCM se justifie en allant dans le même sens : « C’est faire preuve d’intelligence politique que de négocier plutôt que de se battre [...] Moi, Ho Chi Minh, je vous ai toujours menés sur le chemin de la liberté, j’ai toute ma vie combattu pour l’indépendance de notre Patrie. Vous savez que je préfèrerais mourir que de jamais vendre le pays. Je vous jure que je ne vous ai pas vendus. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 152-153) Giap, avec une grande franchise, demeure toutefois intransigeant sur la question de l’unité du Vietnam : « Sur la question de l’unification des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, les discussions entre le gouvernement et les représentants de la France ont été assez agitées. La France veut garder la Cochinchine, mais le gouvernement vietnamien a fermement déclaré : « Si on sépare Cochinchine, Annam et Tonkin, nous sommes résolus à résister jusqu’au bout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1952, p. 228 ; larges extraits de ce discours cités &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 431-435). Les Français savent donc à quoi s’en tenir. Toutefois, pour l’instant, il y a toujours, côté Vietminh, l’espoir de réunifier le pays sans devoir faire la guerre aux Français, ou du moins dans l’immédiat (Brocheux, 2003, p. 171). Et ce d’autant plus que l’armée vietnamienne est elle-même manque d’homogénéité et souffre même de divisions politiques. C’est ce que constate Ngo Van Chieu : « Nos unités ont été formées par différents « groupements ». Il y a les unités régulières de l’armée (la Garde nationale) qui sont aux ordres du gouvernement et les unités régionales. Mais dans ces dernières, seule une minorité est apolitique. Les autres dépendent toutes plus ou moins de partis politiques engagés. Soit du Parti Vietminh soit du V.N.Q.D.D., soit du D.M.H. » (Ngo Van Chieu, 1955, p. 74)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’issue de cette manifestation où une grenade a été lancée contre la tribune sans faire de blessés, HCM, lucide quant à la difficulté de construire des relations franco-vietnamiennes, déclare à Sainteny : « Alors nous nous battrons… Vous me tuerez dix hommes, pendant que je vous en tuerai un. Et c’est moi qui finirai par gagner » (Sainteny, 1970, pp. 89-90). Il avait déjà tenu ce type de propos devant Salan (voir 8 février). C’est au cours de cet entretien qu’HCM confie pour la première fois à son interlocuteur qu’il va soumettre à son gouvernement le choix de Paris pour poursuivre les négociations. Sainteny se chargera d’en informer D’Argenlieu (Turpin, 2005, p. 227, note 40).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc reçoit à bord de l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; un représentant du gouvernement vietnamien, Pham My. Selon le récit de cette rencontre par le colonel Repiton-Preneuf, le général manie la carotte et le bâton : « « Je serai venu avec ou sans votre accords. » Mais il se félicite que cette dernière étape soit pacifique. C’est au gouvernement du Viet-Nam de montrer de quelle autorité il dispose, de normaliser rapidement les relations de ses populations avec les Français. Nos troupes vont faire la relève des Chinois, et à cette relève, des troupes vietnamiennes seront appelées à participer ; la façon dont seront acquittées les premières tâches engagera tout l’avenir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 225)  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit un exemplaire définitif des accords du 6 mars. Il considère que l’« Accord annexe » n’est « ni sobre ni net… ni opportun surtout. » Il juge que le volet militaire relève d’accords d’états-majors ultérieurs et qu’il n’avait pas à figurer ici aussi précocement. Assez furieux, l’amiral demande dans un télégramme des comptes à Sainteny : « 1. Vous prie me préciser d’extrême urgence dans quelles conditions et par qui a été préparé, rédigé et décidé projet de l’accord annexe à Convention préliminaire. 2. Aucune allusion antérieure à sa signature ne m’a été faite et cependant sa seconde partie engage l’avenir militaire de la France vis-à-vis du Gouvernement de Hanoi. Ceci était matière entièrement distincte de la question &#039;&#039;relève&#039;&#039;, et aurait dû être réservé. 3. Veuillez me faire connaître le rôle du général Salan, mon délégué militaire, en cette affaire. 4. J’apprécierai que le Gouvernement de Hanoi, selon la procédure habituelle, et si il en est encore temps, ne livre pas à la publicité le texte de l’accord annexe, document strictement militaire […] »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fin de matinée, D’Argenlieu adresse le texte de la Convention préliminaire au président du Conseil Félix Gouin et l’accompagne d’une note personnelle où il est mentionné qu’il estime que cette « Convention [est] une bonne convention » mais sans dire le moindre mot de ses réserves au sujet de l’accord annexe. Selon D’Argenlieu, après avoir interrogé Leclerc, l’amiral reçoit  au soir des éclaircissements de ce dernier qui lui répond : l’accord annexe a été rédigé par Sainteny, Pignon et lui-même, « en accord complet avec le général Salan en ce qui concerne les questions militaires » ; il est donc impossible de le revoir « sans remettre en cause [la] signature de l’ensemble » ; le G.R.A. a exigé le maintien du contenu de l’Accord annexe pour le signer ; il était matériellement impossible de joindre l’amiral ; c’est le G.R.A. qui a assuré la publicité de l’accord annexe, non les Français (D’Argenlieu, 1985, pp. 191-193).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de Sainteny du jour évoque le calme à Hanoi. HCM a choisi Paris pour la tenue des prochaines négociations. Ce dernier veut rencontrer D’Argenlieu au plus vite mais ce dernier va différer cette demande estimant qu’elle ne pourra avoir lieu « que lorsque les accords préliminaires seront entrés en exécution. » Cette rencontre ne pourra avoir lieu à Hanoi et c’est finalement Dalat que l’amiral retiendra. Ce choix n’est pas le fruit du hasard, la ville n’est ni dans la Cochinchine du référendum à venir ni au Tonkin trop en ébullition (D’Argenlieu, 1985, pp. 197-199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.R.A. demande l’envoi immédiat d’une commission d’armistice chargée de l’application de l’article 3 des accords du 6 mars. C’est pour lui une manière d’aller s’immiscer dans les affaires de Cochinchine, jusqu’alors chasse gardée des Français. Leclerc s’y opposera dès le 8. De Folin observe à juste titre qu’« il y a donc, dès le début, litige sur l’application géographique de l’accord du 6 mars. Cette confusion continuera à Dalat et à Fontainebleau. » (Pedroncini, 1992, p. 213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny informe D’Argenlieu et Leclerc qu’« Ho désire envoyer dès demain à Saigon des délégués chargés de porter l’ordre de cessez-le-feu à tous les groupes partisans encore en action dans le Sud. » Il demande l’accord de Leclerc. Celui-ci, avec l’appui de D’Argenlieu, lui refuse cette tentative d’immixtion en Cochinchine. L’amiral répond : « L’autorité &#039;&#039;de fait&#039;&#039; du gouvernement de Hanoi ne s’exerce jusqu’à présent qu’au Nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. &#039;&#039;En droit&#039;&#039;, désormais, elle n’est que provisoire pour l’Annam. » Il informera Paris de cette décision dès le lendemain (Devillers, 1988, pp. 163-164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un télégramme de Sainteny à D’Argenlieu indique qu’HCM « va proposer à son gouvernement que lieu choisi pour négociations prochaines soit Paris. » (Devillers, 1988, p. 168)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 mars 46 : Les Chinois demandent aux Français de stopper le débarquement en cours. Ils exigent que les armes n’entrent pas dans la citadelle d’Hanoi mais soient stockées à l’aéroport de Gia Lam où des troupes chinoises ont pris position autour pour en prendre possession. Salan donne alors l’ordre aux avions en vol de se détourner. Au final, les Chinois autoriseront la poursuite du débarquement des troupes à Haïphong (Salan 1, 1970, p. 334).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec D’Argenlieu, Leclerc en bon militaire considère que « la convention préliminaire ne [le] concerne pas », propos qui choque D’Argenlieu. Dans ses mémoires, citant un de ses télégramme, l’amiral désapprouve l’accord annexe dont Leclerc a été un des inspirateurs : « Ai vu texte des accords. J’estime que l’accord annexe militaire entre dans beaucoup trop de détails engageant trop l’avenir. » Il précise : « Je reproche à cet accord d’avoir mélangé les problèmes immédiats [avec] les problèmes d’organisation définitives […] qui ne peuvent  évidemment se traiter ainsi d’un trait de plume. » Or, cette annexe a été négociée et validée par Salan qui était son subordonné pour les questions militaires. Il observe par ailleurs que, côté chinois, « les échelons subordonnés n’exécutent pas – ou avec un retard voulu – les ordres des échelons supérieurs […] car les véritables motifs sont les raisons de butin et de pillage. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 200-201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après Pham My reçu la veille, Leclerc reçoit cette fois Giap à bord du torpilleur &#039;&#039;Sénégalais&#039;&#039; dans le port de Haïphong. Il lui explique que ses troupes sont venues relever les Chinois et que, dans cette relève, les Vietnamiens ont leur rôle à jouer. En terminant l’entretien, Leclerc précise cependant à son interlocuteur : « Dites aux Vietnamiens qu’ils peuvent compter sur moi, moi aussi je suis Français, et, dans le respect de vos aspirations, il va de soi que j’agirai français… d’abord français. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 395 ; Devillers, 1988, p. 154 ; Turpin, 2005, p. 225)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec l’amiral, Leclerc évoque à nouveau avec lui l’accord annexe : « […] Je ne parle pas de la convention préliminaire qui ne me regarde pas. Par contre, l’accord annexe n’est évidemment pas parfait. Mais, après réflexion, je pense qu’il peut servir de base de discussion utile […] » (Devillers, 1988, p. 162) Le problème étant toutefois qu’on en est plus à la « discussion » mais à la mise en œuvre d’un accord écrit et signé, que le G.R.A. veut voir appliqué à l’ensemble du Vietnam…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au télégramme de Sainteny de la veille, D’Argenlieu signale au gouvernement français qu’HCM « ambitionne de voir à très bref délai s’ouvrir à Paris la conférence prévue. » Il ajoute : « Ce serait une erreur grave à tous égards. Puisque son gouvernement a résolu avec lui de faire partie de la Fédération indochinoise, il est indispensable de le maintenir dans ce cadre durant toute cette période préliminaire. Ce serait injustice flagrante vis-à-vis des souverains du Cambodge et du Laos [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 169 ; Turpin, 2005, p. 229). C’est cet argument qui justifie aux yeux de l’amiral l’existence des deux futures conférences de Dalat et le fait qu’il fera tout son possible pour « torpiller », à deux reprises, celle de Fontainebleau en privilégiant Dalat. Contrairement au désir d’HCM, il demande donc la tenue d’une conférence préparatoire en Indochine, à Dalat, où l’on « pourra travailler, selon lui, dans une atmosphère calme et sereine à l’abri de toute manifestation spontanée ou organisée de foule. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un télégramme adressé à Sainteny, D’Argenlieu manifeste l’un de ses rares points d’accord avec Leclerc et précise sa pensée non seulement sur la Cochinchine mais aussi sur l’Annam : « Je suis d’accord avec la réponse faite par le général Leclerc pour les délégués dont nous n’avons que faire en Cochinchine. L’autorité de fait du gouvernement de Hanoi ne s’exerce jusqu’à présent qu’au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. En droit, désormais, elle n’est que provisoire en Annam. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 243)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du 8 au 13 mars 46 : Troupes et matériel français continuent à être débarqués dans le port de Haïphong qui est désormais sous les ordres du colonel Dèbes (chef d’état-major de Morlière). Ce débarquement est cependant volontairement ralenti par les Chinois qui refusent de donner « des postes à quai » pour le faciliter (D’Argenlieu, 1985, p. 201). La situation dans la région est déjà particulièrement tendue, allant de brutalités à l’égard des Français civils ou militaires jusqu’aux meurtres. Les liaisons économiques avec Hanoi sont sans cesse interrompues (Valluy 3, 1967, p. 366). Le face-à-face avec les Vietnamiens semble inévitable au-delà des belles déclarations d’intention des uns et des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 mars 46 : &#039;&#039;&#039;Mise en place d’un gouvernement d’union nationale de 11 membres dont 5 appartiennent au V.M. HCM conserve la présidence&#039;&#039;&#039; (Sainteny, 1970, p. 86).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marius Moutet informe D’Argenlieu de la ratification gouvernementale de l’accord du 6 mars (D’Argenlieu, 1985, p. 199). La convention préliminaire est approuvée sans difficulté par le gouvernement. D’Argenlieu découvre le contenu de l’annexe militaire et demande des comptes à Sainteny. Celui-ci dira dans ses écrits postérieurs qu’« il était impossible de revoir cette question sans remettre en cause la signature de l’ensemble. Il était d’ailleurs matériellement impossible de demander l’accord de l’Amiral avant la signature. » D’Argenlieu parle dans un premier temps d’une « bonne convention » mais a cherché à garder secret le texte de l’« accord annexe » avant de l’envoyer en métropole. Pour lui, le principal point d’achoppement concerne le plafond de 15 000 soldats français pouvant stationner au Tonkin, clause qui, selon lui, n’avait jamais été évoquée au préalable dans les discussions. Il en est de même pour le départ progressif des troupes françaises par cinquième prévu chaque année (Pedroncini, 1992, pp. 211-212).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois jours après les accords du 6 mars, le Comité central du P.C.V. décide « d’entrer en liaison sans tarder avec le P.C.F. en vue d’une action commune avec les camarades français » (Ruscio, 1985, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 mars 46 : Enlèvement au Tonkin d’un médecin militaire français et de deux infirmières qu’on ne reverra jamais. &#039;&#039;&#039;Le cycle de violence s’enclenche&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;donc dès l’arrivée des Français.&#039;&#039;&#039; Il va être long, quasi ininterrompu. Le VM l’utilise comme une arme de guerre contre laquelle les Français, tenus par les accords du 6 mars et les futurs « accords d’états-majors » franco-vietnamiens (voir 3 avril), sont et demeureront impuissants. Cette impuissance  à juguler la violence va permettre au VM de détruire en peu de temps les cadres de la société traditionnelle vietnamienne colonisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le Comité interministériel pour l’Indochine ratifie les accords du 6 mars.&#039;&#039;&#039; Moutet et De Langlade, son secrétaire général, expriment de la part du gouvernement leur « satisfaction de l’heureuse conclusion des pourparlers poursuivis dans des circonstances difficiles [...] » Mais ces éloges ne vont pas durer car, pour l’instant, Paris n’a pas encore vraiment saisi le contenu de l’annexe militaire (voir 11, 12, 14 mars) (Bodinier, 1987, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc souhaite que la future conférence franco-vietnamienne ait lieu à Paris, ce que ne veut D’Argenlieu pour mieux minimiser son importance. Il réitèrera ce propos les 15 et 16 mars (D’Argenlieu, 1985, p. 210). L’amiral commence à dénoncer la portée de l’accord annexe du 6 mars (Pedroncini, 1992, p. 395). Il parle alors dans un télégramme adressé à Paris d’une signature faite dans des « circonstances invraisemblables » et s’emploie rapidement à réduire la portée des accords qu’il déclare « limités dans le temps et aussi dans l’espace. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à Leclerc, D’Argenlieu revient sur l’épineuse question de l’accord annexe : « L’Accord annexe traitant les questions militaires, en se deuxième partie, m’a fait la plus fâcheuse impression. J’en avais totalement ignoré le contenu. Causant avec Guillebon nous avons aussi conclu que la chose était faite, il nous restait à en tirer le meilleur parti. » L’amiral entend « ne rien hâter » au sujet de la future conférence franco-vietnamienne tant que l’opération de relève n’entrera réellement pas en vigueur. Il précise que « Paris est naturellement écarté comme lieu de conférence. Je l’ai obtenu sur le champ du gouvernement. Paris a décidé de ratifier la convention préliminaire […] » (Bodinier, 1987, pp. 324-325). Mais &#039;&#039;quid&#039;&#039; de l’accord annexe ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 mars 46 : D’Argenlieu reçoit le compte rendu d’une réunion préparatoire à la tenue d’une réunion du Comité interministériel pour l’Indochine qui lui reproche d’avoir choisi Dalat comme lieu de la prochaine conférence avec le gouvernement vietnamien alors qu’il avait, selon ses dires à Leclerc, obtenu un aval du comité en ce sens (voir 10 mars). La bureaucratie s’en mêle. Paris entend reprendre la main et s’immiscer dans les affaires indochinoises en envoyant « des délégués des départements ministériels » et propose « de créer une commission chargée d’étudier […] le problème fédéral et diplomatique. » D’Argenlieu y voit un « gauchissement extrême de la perspective du problème indochinois » avec l’arrivée d’« organismes métropolitains, irresponsables vis-à-vis des populations indochinoises. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 204-205) Il entend procéder au Vietnam comme il l’a fait au Cambodge (voir 7 janvier), oubliant un peu rapidement qu’il n’a absolument pas au Vietnam l’assentiment que lui a accordé Sihanouk…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien que ne lui convenant pas, D’Argenlieu diffuse (avec retard…) à Paris (Cominindo) le texte de l’accord annexe. Sur l’exemplaire destiné à la Défense nationale, il annote : « Il ne vous échappera pas que le secundo de l’accord comporte des engagements que j’aurais voulu éviter. Renseignements pris, le général Salan, qui a pris part aux négociations avec Sainteny, s’est trouvé dans l’obligation de donner satisfaction sur ce point sous risque de tout remettre en question. Mes informations confirment  que si le texte n’avait pas été signé le 6 mars, soir, de graves conséquences auraient pu résulter de l’incident de Haïphong. Général Leclerc [voir 8 mars] a eu la même réaction que moi, mais, tout bien pesé, sommes d’accord pour juger que nous devons nous accommoder des bases de l’accord pour organiser au mieux nos forces en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tracasseries chinoises pour nuire au débarquement français se poursuivent comme en témoigne un télégramme de Leclerc : « Débarquement continue – Relations toujours aussi tendues avec Chinois qui n’exécutent pas les ordres de Hanoi, en particulier en refusant  encore accorder débarquement à quai. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 209).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 mars 46 : Réunion franco-vietnamienne à Hanoi, rue Le-Loï. Première discussion Salan-Giap autour de l’« annexe » militaire du 6 mars. Vu Hong Kahn (chef du V.N.Q.D.D., signataire des accords du 6 mars) y participe. Selon Salan, Giap entend la « neutraliser petit à petit ». Côté français, c’est à cette occasion qu’est présenté le commandant &#039;&#039;&#039;Jean-Julien Fonde&#039;&#039;&#039; de l’état-major de Leclerc qui doit assurer le rôle de chef de la délégation française pour assurer la liaison franco-vietnamienne. Il a un premier contact avec Giap qui entend gagner sa « sympathie » mais lui apprend que son épouse et sa belle-sœur sont tous deux mortes dans les geôles françaises. Giap lui confie que la période qui s’annonce sera « délicate » et que « les négociations seront longues et difficiles. L’application des accords n’ira pas sans heurts. » Début de la rédaction de « convention d’état-major. Salan fait savoir que Leclerc « souhaite venir prendre contact, le plus tôt possible avec le président [Giap] et la population française. » En vue d’arrondir les angles, Giap précise à Salan que Leclerc sera reçu « en grand chef » à Hanoi le 18 (Salan 1, 1970, p. 342 ; Fonde, 1971, pp. 154-155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu au Comité interministériel pour l’Indochine : l’accord du 6 mars a une portée limitée dans le temps et l’espace. « Il a un caractère local » et « n’est qu’une étape » qui ne préfigure pas « de la fusion éventuelle des trois « Ky » ». Le choix de Dalat (voir 7 mars) se justifie par le fait d’en faire une « capitale fédérale ». Pour D’Argenlieu, Paris donne trop d’importance à cet accord, faisant ainsi le jeu du gouvernement vietnamien. C’est à lui et au gouvernement fédéral qu’il a institué de prendre désormais les bonnes décisions (D’Argenlieu, 1985, pp. 205-207).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu envoie une mise au point à Paris au sujet des accords du 6 mars qui, bien que signés, ont à ses yeux une portée des plus limitée : « L’objet essentiel de ce document est de créer le climat favorable à l’ouverture de pourparlers conduisant à une entente définitive […] Cet accord, limité dans le temps, l’est également dans l’espace. Il a un caractère local […] » En fait, pour l’amiral, ces accords, qui souffrent depuis leur élaboration d’une définition géographique vague. Dans son esprit, ils se cantonnent au seul Tonkin (Devillers, 1988, pp. 164-165).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu dans un échange avec le Cominindo estime qu’« il importe de ne rien précipiter » tant que les forces françaises n’auront pas garanti un retour à la normale. Il revient à nouveau sur le choix de Dalat pour lieu de la future conférence car la station doit devenir « la capitale fédérale » si le gouvernement d’Hanoi l’accepte (Devillers, 1988, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Conseil consultatif de Cochinchine demande confirmation de l’accord du 6 mars le concernant. Reprenant la terminologie de D’Argenlieu, Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) lui répond que la France n’a signé qu’une convention locale et confirme que l’expression « République du Vietnam » figurant dans la « convention préliminaire » n’impliquait de la part du gouvernement français « aucune reconnaissance d’un gouvernement unique groupant » les trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; (Gras, 1979, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement de coalition vietnamien, le nationaliste Nguyen Tuong Tam (V.N.Q.D.D.) qui s’était arrangé pour ne pas signer les accords du 6 mars en délégant, cherche un appui sino-américain et déclare : « La Chine et l’Amérique ont le devoir de sauver la guerre en Extrême-Orient […] En attendant que la France et le Vietnam aient établi une paix solide, l’Amérique doit nous aider à tous les points de vue, comme la Chine. » A son instigation, une mission d’amitié des principaux partis est envoyée auprès de Tchang Kaï Check. Bao Daï en sera (voir 18 mars) (Devillers, 1988, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 mars 46 : Leclerc presse le colonel Crépin (adjoint de Salan), toujours à Chunking depuis début janvier, de signer au plus vite l’accord avec l’état-major chinois, ce qui aurait dû être fait depuis le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; mars. &#039;&#039;&#039;Les responsables militaires, sous la contrainte de Tchang Kaï Chek, signent enfin, à 13 heures 30, le texte relatif aux « dispositions concernant les principes généraux de la relève des troupes chinoises par les troupes françaises en Indochine au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Parallèle »&#039;&#039;&#039; (voir 28 mars). Lou Han reçoit enfin l’ordre formel de Tchang Kaï Tchek de se rendre à Hanoi et de superviser en son nom l’exécution de cet accord. Selon D’Argenlieu, du 13 au 28 mars, « la situation commence à s’améliorer entre les états-majors français et chinois. » (D’Argenlieu, 1985, p. 209) &#039;&#039;&#039;Le colonel Crépin, plongé depuis longtemps au cœur de ces douteuses négociations, écrit quant à lui : « Je ne me faisais pas grande illusion sur la valeur pratique de cet accord en raison de la mauvaise foi des armées chinoises. »&#039;&#039;&#039; (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 173)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Les réactions négatives de Paris aux accords du 6 mars commencent à se manifester.&#039;&#039;&#039; Une note de Philippe Baudet (directeur de la section Asie-Océanie au Quai d’Orsay) avec la mention « pour le ministre » (Georges Bidault) observe : « […] C’est avec étonnement et une émotion considérables que le Gouvernement français, déjà surpris par le retard, a pris connaissance des termes de cet accord, qui stipule le retrait des troupes françaises des pays annamites par cinquièmes successifs dans un délai de cinq années […] Le ministre des Colonies, après avoir envoyé le 9 mars un télégramme d’approbation et même de félicitations à l’amiral lui a adressé le 13 mars, après accord de M. Félix Gouin, un nouveau télégramme par lequel il lui marque que le Gouvernement est mis en présence d’un fait accompli concernant des points sur lesquels il n’a jamais été consulté […] En fait, devant cette disposition militaire inattendue, le Gouvernement est en droit de se demander s’il a placé à bon escient sa confiance dans ses représentants en Indochine, et il doit considérer jusqu’à la possibilité de les désavouer […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 165-167) D’Argenlieu, qui avait différé l’envoi de l’accord militaire annexe à Paris, devient une cible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, Chauvel (secrétaire général du Quai d’Orsay) remet une note critique à Bidault (ministre des Affaires étrangères) : « Cette éviction de nos troupes met un terme, qui n’avait jamais été encore envisagé, à toute présence effective de la France au Tonkin, en Annam et peut-être en Cochinchine. Du même coup, tout système bâti sur le principe d’un Vietnam considéré comme partie intégrante de la Fédération indochinoise risque de s’effondrer. Notre position au Cambodge et au Laos s’en trouve considérablement amoindrie, et sous la pression d’un nationalisme local encouragé par les Annamites d’une part, et les Siamois de l’autre, nous risquons rapidement de perdre rapidement toute influence politique dans ces deux pays […] Le gouvernement doit se demander s’il a placé à bon escient sa confiance dans ses représentants en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 63-64)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avalanche de télégrammes du Comité interministériel pour l’Indochine. Le premier est signé Moutet et De Langlade (secrétaire général du Comité) et est adressé à D’Argenlieu : « Le Gouvernement est maintenant mis en présence d’un fait accompli concernant des points sur lesquels il n’a jamais été consulté [accord militaire annexe, voir 6 mars]. Je vous prie à l’avenir de ne conclure aucun accord de quelque nature que ce soit sans que le texte ait été au préalable soumis à l’accord du gouvernement. Faites des réserves pour la relève des troupes [...] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 207 ; Bodinier, 1987, pp. 227-228)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité demande à D’Argenlieu d’obtenir, dans les négociations d’états-majors à venir, de ne pas limiter les effectifs français à 15 000 hommes au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il faut également revenir sur la clause des 5 ans pour le départ définitif des troupes françaises de l’accord annexe et maintenir des bases aériennes et navales. La conférence franco-vietnamienne à venir ne pourra avoir lieu ni à Paris ni à Saigon et c’est D’Argenlieu, assisté de délégués du Comité issus de différents ministères (voir 11 mars), qui dirigera la délégation française à Dalat (D’Argenlieu, 1985, pp. 210-211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Officiellement mis en cause par la Comité au sujet des incidents de Haïphong, Salan est  rappelé à Paris (D’Argenlieu, 1985, p. 212). Dans les faits, on lui reproche surtout d’avoir avalisé et fait signer par Sainteny l’accord annexe du 6 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet (F.O.M.) va dans le sens de D’Argenlieu et de sa politique du « diviser pour mieux régner » en Indochine : « On me signale qu’il serait possible d’organiser avec les personnes connaissant bien la Cochinchine toute une propagande pour empêcher sa réunion au Tonkin sous le slogan : la Cochinchine aux Cochinchinois. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 245)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 mars 46 : Sainteny adresse un télégramme à D’Argenlieu sur la situation à Hanoi qu’il juge « très troublée depuis vingt-quatre heures par campagne de presse et bruits mis en circulation ». On reproche aux Français le projet de référendum sur le sort de la Cochinchine. &#039;&#039;Radio-Saigon&#039;&#039; annonce le retour de toute l’Indochine sous souveraineté française. Le choix de Paris pour les prochaines négociations est dénoncé par la presse prochinoise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, commissaire de la République au Tonkin et Nord-Annam désavoué, fait part à D’Argenlieu de son désir de mettre fin à ses fonctions et de rentrer en France. Il y renoncera ultérieurement (voir 25 mars) (D’Argenlieu, 1985, p. 236 ; Devillers, 1988, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 mars 46 : Télégramme de Leclerc à D’Argenlieu : des déclarations et émissions de &#039;&#039;Radio-Saigon&#039;&#039; sur l’avenir de la Cochinchine ont renversé la situation au Tonkin et en Annam. Les Chinois les ont exploitées et le VM cherche désormais leur appui contre les Français. Il y a un risque de fuite du gouvernement du VM et de déclenchement des hostilités. Ce que souhaitent les Chinois, c’est démontrer que la France est incapable d’assurer l’ordre et la sécurité des minorités, ainsi que celle de leurs ressortissants. Leclerc demande à D’Argenlieu « de prendre les décisions [politiques] qui s’imposent » (Salan 1, 1970, pp. 346-347). Selon Leclerc, il y a donc un risque de fuite du gouvernement vietnamien et il faut rompre cette coalition vietnamo-chinoise, notamment en convoquant une conférence franco-vietnamienne hors de l’Indochine, à Paris et non à Dalat (Devillers, 1988, p. 170).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réponse écrite de D’Argenlieu au Comité interministériel pour l’Indochine. Le ton monte encore d’un cran entre l’amiral gaulliste et le socialiste Moutet : pour D’Argenlieu, le gouvernement a été régulièrement mis au courant de la négociation de l’accord du 6 mars. L’amiral se justifie auprès du Comité : il n’a pris, « comme vous », connaissance de l’accord annexe qu’après qu’il ait été signé ; il y a eu « des circonstances invraisemblables dans lesquels Ho Chi Minh s’est décidé à une conclusion et dans lesquelles nos délégués ont eux-mêmes été amenés à conclure » ; enfin, le débarquement à Haïphong était strictement lié à la conclusion de cet accord. D’Argenlieu apprend que De Langlade, un soutien gaulliste, doit quitter le secrétariat du Comité sans que l’on sache qui va le remplacer (voir 15 et 21 avril). L’amiral se demande alors : « Serons-nous même consultés à Saigon ? » (D’Argenlieu, 1985, pp. 207-208)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, qui a récemment rencontré HCM, rapporte que celui-ci regrette l’actuelle tension qui règne à Hanoi (voir 14 mars). Ho estime que seule l’annonce de l’envoi rapide d’une délégation du G.R.A. vers Paris pourrait atténuer ces tensions (Devillers, 1988, p. 171). Dans un premier temps, D’Argenlieu se garde bien de transmettre cette information à Paris, estimant que Sainteny s’est « beaucoup trop avancé » sur le lieu pressenti pour la future conférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à l’apport de renforts, le C.E.F.E.O. présent en Indochine compte environ 61 000 hommes. Le ministre de la France d’Outre-mer fait savoir qu’on procèdera à des rapatriements d’hommes ayant plus de 5 ans de service. Cette annonce correspond en fait au début d’un déficit chronique en effectifs qui ne sera jamais comblé (Bodin, 1996, p. 16).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 mars 46 : Leclerc dispose (enfin…) de 53 750 hommes du C.E.F.E.O. 29 000 sont en transfert et 2 900 attendent toujours leur départ (Turpin, 2005, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Leclerc annonce à Salan&#039;&#039;&#039; (discrédité par Paris depuis les accords du 6 mars) &#039;&#039;&#039;que le général Valluy va prendre le commandement du Nord à sa place&#039;&#039;&#039;. Salan demeurerait alors le délégué pour « les affaires chinoises et les discussions avec Giap ». Leclerc lui signifie que D’Argenlieu veut lui confier le commandement du Sud mais Salan, désavoué et aigri depuis l’affaire de l’accord militaire annexe, veut rentrer en France (Salan 1, 1970, p. 342-343).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse à Gouin (président du Conseil) un télégramme de protestation contre les agissements des troupes françaises qui sont à déplorer malgré les ordres de cessez-le-feu provoqués par l’application de la Convention préliminaire et de l’annexe militaire du 6 mars. D’Argenlieu y voit un « chef d’œuvre de duplicité » à la veille de sa rencontre avec lui en baie d’Along (D’Argenlieu, 1985, pp. 227-228). HCM obtiendra cependant une réponse de Moutet à sa plainte. Il lui demande, non sans ironie, de « signaler les incidents » à… D’Argenlieu (D’Argenlieu, 1985, p. 235)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Ninh Dinh, près de Saigon, massacre de 15 catholiques et enlèvement de 30 personnes &#039;&#039;&#039;qui inaugure une vague de terrorisme menée par Nguyen Binh&#039;&#039;&#039;. Celui-ci a remplacé Tran Van Giau au poste de commissaire aux armées du Nam Bo (Gras, 1979, p. 109). Il va instaurer un véritable climat de terreur déstabilisatrice au Sud : meurtres, enlèvements, expéditions punitives, attentats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 mars 46 : Rencontre Salan-Giap à 22 h 00. Giap l’avertit que les Chinois envisagent de « provoquer des incidents » sur la route des troupes françaises entre Haiphong et Hanoi. Giap l’assure que les forces du VM ne bougeront pas (Salan 1, 1970, p. 348).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme adressé par D’Argenlieu à Moutet. La situation à Hanoi est si tendue qu’il envisage un revirement pour la future conférence franco-vietnamienne en vue de contenter HCM. Selon les vœux de ce dernier, elle doit avoir lieu à Paris et non Dalat. Pour D’Argenlieu, l’envoi de délégués du Comité interministériel imposés par le gouvernement associés aux membres du comité fédéral, pour être crédibles face aux Vietnamiens, devront avoir une « communauté de vue sur les points essentiels. » Selon lui, les délégués parisiens doivent donc être placés sous son autorité (D’Argenlieu, 1985, pp. 212-213). Pirouette qui doit permettre au haut-commissaire de les neutraliser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mémorandum protocolaire de D’Argenlieu en vue de sa rencontre avec HCM en baie d’Along. Les deux hommes ne se sont jamais vus. La rencontre, prévue sur l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039;, doit prendre une allure solennelle et préfigurer celle de Paris, ce que n’oublie pas de préciser D’Argenlieu dans son invitation pour amadouer son interlocuteur. L’aval du gouvernement à cette rencontre sera donné le 19. Par crainte d’un refus de présence d’HCM qui ne jure que par Paris, il ne lui sera remis que le 20 par l’intermédiaire de Sainteny et Leclerc. HCM demande à ce que Sainteny, avec qui il entretient des relations privilégiées, soit présent ce jour-là (D’Argenlieu, 1985, pp. 219-221 ; Devillers, 1988, p. 172).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, des tracts distribués à Saigon et dans sa banlieue annonce que le VM punira de mort tout acte de collaboration avec les Français. Ils sont signés de la main de Nguyen Binh, nouveau commissaire aux armée du Nam Bo  (Gras, 1979, p. 109). L’armée française ne peut rien contre ce genre d’actes qui instaurent par leur répétition un climat de terreur au Sud et ce, d’autant plus, que les forces de la Sûreté et la police, décapitées par les Japonais, ne sont toujours pas véritablement reconstituées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au nord, à Hanoi, la situation demeure tendue comme en témoigne Ngo Van Chieu, officier dans la nouvelle armée vietnamienne : « Nous occupons l’ancienne caserne de la Garde Indochinoise, et on nous lit deux proclamations signées l’une par le Président Ho Chi Minh, l’autre par le Général Leclerc. Elles demandent aux populations vietnamienne et française de conserver leur calme et de s’abstenir de tout acte inconsidéré. Nous sommes consignés, en alerte, et une mission précise est assignée à notre unité : dès le 17 au soir, et jusqu’à nouvel ordre, nous devons nous tenir prêts à couvrir face à l’ennemi, l’évacuation de Hanoi par le Gouvernement. Les points de repli vers la campagne sont nettement désignés, les itinéraires reconnus, et les « guérillas » de rue mis (sic) en place. Les Tu-Ve sont également mis en alerte. » (Ngo Van Chieu, 1955, pp. 74-75). Les craintes des Français d’une fuite du nouveau gouvernement vietnamien du fait de leur retour au Tonkin ne sont donc pas de simples chimères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à D’Argenlieu ce jour surgit un nouveau point de divergence aigu entre l’amiral et son subordonné. Leclerc plaide à nouveau pour qu’HCM obtienne satisfaction dans son choix en faveur de Paris pour poursuivre les négociations : « Amiral… Un point vous surprendra, c’est que, d’accord avec Sainteny, nous n’avons pas encore remis le mémorandum, car il nous semblait dépassé par les événements. Étant donné l’ambiance chez Ho Chi Minh, si on ne lui donnait pas l’assurance de Paris, on risquait une rupture définitive. Au cours de la journée de demain, ce mémorandum lui sera remis, ce qui nous permettra de le sonder, mais il nous répondra certainement : « D’accord mais à condition que nous obtenions Paris. » » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 230)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 mars 46 : &#039;&#039;&#039;Entrée de Leclerc à Hanoï à la tête de 1 000 hommes et 200 véhicules de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.&#039;&#039;&#039; Il est accompagné de Sainteny. La communauté française est enfin rassurée et les accueille en libérateurs car les accords du 6 mars ont été rejetés par une bonne partie de la population française. Selon Valluy, « les Français acceptent mal l’accord […] et ne veulent pas admettre que le Vietnam  est un État libre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 215) Du haut d’un balcon de l’hôtel de ville, Leclerc, libérateur de Paris et Strasbourg, lance : « Hanoi, dernière étape de la libération » (Turpin, 2005, p. 226).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, Leclerc et Salan rencontrent à 17 h 30  HCM « dans une atmosphère détendue » (du moins pour l’instant…, voir 6 juin). Les forces du VM participent aux manifestations du moment aux côtés des Français. Seul Valluy semble plus circonspect dans le rapport qu’il fera de la journée à D’Argenlieu le 20 (D’Argenlieu, 1985, p. 222). En amont de cette journée, le VM avait pris ses dispositions pour fuir au cas où l’entrée de Leclerc à Hanoi aurait tourné au coup de force (voir 17 mars) (Gras, 1979, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet répond au message de D’Argenlieu de la veille qui marquait une inflexion de l’amiral en faveur de Paris pour y tenir la future conférence franco-vietnamienne. Le ministre n’est pas opposé à ce que la conférence se tienne dans la capitale française. Il précise dans sa réponse, « d’autant plus […] qu’ici nous pourrions facilement obtenir d’avantage, le principal personnage étant soustrait aux influences de son milieu. De telle sorte, tout en étant préparé par vous et les délégués des départements ministériels, la solution définitive pourrait être envisagée ici. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 171). Faisant suite à sa lettre de la veille, Leclerc envoie Salan à Saigon pour tenter de convaincre D’Argenlieu de retenir Paris comme lieu de la future conférence franco-vietnamienne (Pedroncini, 1992, p. 395).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bao Daï qui a accepté de faire partie de la mission d’amitié du gouvernement vietnamien auprès de Tchang Kaï Check quitte Hanoi le matin pour la Chine (Chunking) dans un appareil américain. Il est pressenti par les nationalistes prochinois comme pouvant être celui qui renversera le gouvernement vietminh. Début d’un long exil entretenu à souhait par l’intéressé… (Devillers, 1988, p. 154)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu se plaint dans une lettre adressée à Michelet (ministre de la Défense) des revirements du Comité interministériel pour l’Indochine sur la question de l’annexe militaire du 6 mars et lui demande clairement quelle est la position du gouvernement à son égard (voir 30 mars) (D’Argenlieu, 1985, pp. 213-214).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet (F.O.M.) donne tardivement des instructions à D’Argenlieu sur les bases militaires que la France entend conserver telles que prévues par les accords du 6 mars. Il ajoute : « Au Comité interministériel, c’est le ministre des Affaires étrangères [Bidault] qui a vivement protesté contre l’accord militaire. En ce qui me concerne, je prends toute ma responsabilité de vos accords et je défendrai devant l’Assemblée tout ce que vous avez fait, dont je suis entièrement solidaire […] » (Devillers, 1988, p. 168) Des dissensions apparaissent au sein même du gouvernement sur la portée de ces accords. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 mars 46 : Évoquant le retour des Français au Tonkin, Salan note : « La journée du 19 est occupée à installer les nouveaux venus, chacun obtient satisfaction et les esprits sont à l’euphorie. » (Salan 1, 1970, p. 349). Leclerc passe en revue les troupes de la Citadelle qui ont été réarmées. Il fait pavoiser ses véhicules de drapeaux français et vietnamiens et demande pour la garde de sa villa la présence conjointe de 15 soldats français et 15 vietnamiens (Devillers, 1988, p. 155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début d’une visite officielle de trois jours de Sihanouk à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 mars 46 : HCM accepte la proposition de rencontrer D’Argenlieu en baie d’Along, à la condition expresse de pouvoir aller à Paris ultérieurement. Il espère y trouver des appuis politiques de gauche pouvant faire pression sur le gouvernement provisoire. La date du 24 est proposée pour le début de la conférence de la baie d’Along (D’Argenlieu, 1985, p. 223).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré la visite officielle de Sihanouk à Saigon entamée la veille, un conseil fédéral est maintenu en présence de l’amiral qui y critique à nouveau l’annexe militaire du 6 mars (D’Argenlieu, 1985, pp. 223-224).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un projet de télégramme adressé à Sainteny et Leclerc, D’Argenlieu, insatisfait de la situation au Nord, écrit : « De concession en concession, nous aboutissons finalement à une impasse […] Le but que nous avons visé pendant cinq mois était de raffermir notre autorité dans le Nord et pour ce faire d’y introduire nos troupes dans les meilleures conditions. Mais cette heureuse arrivée de nos troupes n’est pas une fin en soi si elle s’accompagne politiquement d’un renoncement progressif aux instruments indispensables à l’exercice de cette autorité. Le cadre de la Fédération en est l’instrument essentiel. C’est à en sortir sans délai que tend l’attitude du G.R.A. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 231)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Henri La Laurentie (directeur des Affaires politique à la F.O.M.) écrit dans une note critique adressée à un Moutet toujours aussi versatile : « Je crois deviner qu’ici même et à Saigon s’insinue la tentation de diviser pour régner. Cédile s’élance avec sa fougue un peu frustre, dans une politique indochinoise. L’Amiral n’y contredit pas. Si vous n’y mettez pas bon ordre nous perdrons en un tournemain tout le bénéfice moral de notre accord avec le Vietnam. » Selon lui, « l’habilité désormais consiste à éviter les habilités. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 246)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 mars 46 : Attaquant à partir du Cambodge, du Centre-Vietnam et du Nord, les troupes françaises et laotiennes (dites des Forces du Laos) appuyées par l’aviation britannique infligent une défaite à &#039;&#039;&#039;Thakhek&#039;&#039;&#039; aux forces communistes du Pathet Lao. Cette ville située sur le Mékong à la frontière lao-thaïlandaise (sud-est de Vientiane) est un nœud stratégique où se croisent les routes principales. Le prince Souvanouphong (pro-Pathet Lao) y est blessé et évacué vers la Thaïlande (Burchett, 1970, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport du département d’État américain favorise, mais avec la prudence jugée nécessaire pour ce qui touche à l’Indochine, le réarmement de la France. Il affirme : « Cette politique est de soutenir les Forces armées françaises en leur fournissant du matériel. Mais, en attendant une clarification de la situation en Indochine, toute livraison de matériel militaire américain qui semble lié directement à cette région doit être suspendue. » Tout comme sous l’administration Roosevelt (voir 30 août 1945), mais avec moins de vigueur, les U.S.A. de Truman estiment devoir « ne pas renforcer la position du gouvernement français dans son effort de restauration par la force de la position d’avant-guerre de la France en Indochine. » (Pedroncini, 1992, p. 223)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note de service de Leclerc nomme officiellement le commandant Jean-Julien Fonde au poste de chef de la délégation française de la commission franco-vietnamienne de liaison et de contrôle (Fonde 1971, p. 171, note 1).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 - 23 mars 46 : Deux semaines après l’accord du 6 mars, un débat est engagé à l’Assemblée nationale sur la situation générale de la France d’outre-mer. Sur les 52 pages de compte rendu du J.O., l’Indochine n’occupe qu’une page et demie. Un seul député communiste, Jean Lozeray, y aborde les poncifs habituels : rôle de la Banque d’Indochine, lenteur de l’épuration, enrôlement d’anciens Waffen-SS dans la Légion étrangère. Le député approuve l’accord du 6 mars : le gouvernement renonce à la conquête coloniale, il a « enfin compris depuis quelques semaines la nécessité d’engager des pourparlers et de finir là où on aurait dû commencer. » Le P.C.F. est donc un groupe de pression favorable au VM. Dans un an, on parlera de « sale guerre du Vietnam » (Valette, 1994, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 mars 46 : Un décret pris par HCM lui permet de nommer plusieurs sous-secrétaires d’État tous communistes et de poursuivre ainsi une totale mainmise sur le gouvernement : Hoang Minh Giam est nommé à l’Intérieur, Ta Quang Buu à la Défense nationale, Do Duc Duc à l’Éducation nationale (Fall, 1960, pp. 49-50).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cérémonie franco-vietnamienne aux monuments aux morts français et vietnamien d’Hanoi en présence de Giap. Défilé de troupes françaises et du VM vers la Résidence supérieure où les attend HCM acclamé par une foule. Cette dernière apparaît cependant clivée par l’amalgame des troupes qui défilent (Salan 1, 1970, p. 351 ; Gras, 1979, p 101 ; Ngo Van Chieu, 1955, pp. 76-77).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 mars 46 : Départ de Leclerc et Salan pour Haïphong. D’Argenlieu les attend en baie d’Along à 15 h 00. Il confie à Salan « qu’il a dû [le] défendre contre Paris » car les Chinois l’ont mis en cause dans les incidents du débarquement (voir 13 et 16 mars). &#039;&#039;&#039;Salan exprime son désir de rentrer en France contre l’avis de l’amiral&#039;&#039;&#039; qui pourtant ne l’apprécie guère (voir 14 avril) et voit en lui l’un des malencontreux instigateurs de l’accord militaire annexe du 6 mars (Salan 1, 1970, p. 352).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 mars 46 : &#039;&#039;&#039;Rencontre D’Argenlieu-HCM en baie d’Along&#039;&#039;&#039; sur le croiseur &#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039;. D’Argenlieu pense, à juste raison, que son interlocuteur considère cette rencontre comme « un piège ». HCM, méfiant, n’y était pas forcément favorable car il sait qu’il va y être question d’une conférence préliminaire sur le territoire indochinois qu’il réprouve et qui doit se tenir à Dalat. Or HCM ne veut aller qu’à Paris. Sainteny et Leclerc demeurent quant à eux favorables à une conférence parisienne. Ils y voient « une manière de soustraire Ho Chi Minh aux pressions de son entourage et à l’influence chinoise » et à « l’atmosphère fiévreuse et « colonialiste » du Tonkin (Sainteny, 1970, pp. 91-92). Au final, malgré ses réticences, HCM donnera au cours de cette rencontre son aval pour que la conférence de Dalat puisse avoir lieu mais n’y participera pas personnellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La journée en baie d’Along commence par une première rencontre de courtoisie vers 9 h 35. Un second entretien entre HCM et l’amiral, le plus important, a lieu à 11 heures après une revue d’escadre visant à impressionner l’invité. On y évoque la Convention préliminaire du 6 mars et des questions autour de la Fédération indochinoise et de l’Union française. On revient sur le mémorandum du 17 mars et la question de la conférence de Paris « qui ne saurait tarder ». Pour HCM, elle serait « la conclusion définitive des accords. » L’amiral lui répond que « Paris [le gouvernement français] tient à ce qu’une conférence se tienne sans atermoiements en Indochine [Dalat]. » HCM fait pour l’instant mine d’accepter et l’on part déjeuner. Discours de l’amiral puis toasts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle parade navale l’après-midi. Un troisième entretien a lieu vers 15 h 30 en compagnie cette fois du ministre des Affaires étrangères, Nguyen Tuong Tam et de « son homme lige », Giam (sous-secrétaire à l’Intérieur). Côté français sont invités Sainteny et son directeur de cabinet Longeaux. On en revient à une idée évoquée lors du deuxième entretien du matin : envoyer à Paris une délégation de l’Assemblée nationale vietnamienne qui serait reçue à l’Assemblée nationale française, une manière de valoriser les « récents accords » et de faire preuve des deux côtés d’une forme de « &#039;&#039;good will&#039;&#039; ». Pour D’Argenlieu, c’est aussi une manière d’aller à Paris mais sans que président du Vietnam soit présent… À 17 heures, HCM quitte &#039;&#039;l’Émile Bertin&#039;&#039; (D’Argenlieu, 1985, pp. 229-234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc et Salan, présents toute la journée sur le navire, n’ont pas été invités à participer aux entretiens. Leclerc est furieux et le fait savoir. Son éviction, voulue par D’Argenlieu (voir D’Argenlieu, 1985, p. 233, note 1), entraîne une nouvelle violente tension entre les 2 hommes que les &#039;&#039;Chroniques&#039;&#039; de l’amiral se gardent bien d’évoquer. Les mémoires de Salan en disent plus sur ce différend. D’Argenlieu demande à Salan d’intervenir auprès de son supérieur pour le ramener à la raison : « Mon général, vous êtes ici mon délégué militaire, le général Leclerc vient d’avoir à mon égard un geste discourtois, je vous prie de le ramener à la raison. Pendant plus d’une semaine, il a eu toute latitude de s’entretenir avec Ho Chi Minh, c’est bien mon tour maintenant. Je ne veux pas courir un « Munich indochinois », il ne faut plus aller de concessions en concessions. Si j’accorde Paris, je crains que Ho ne demande encore plus. Je suis favorable au départ d’une délégation pour Paris, mais Ho doit rester à Hanoi. » (Salan 1, 1970, p. 353)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’issue de cette journée sera rédigée une « proposition » adressée aux deux gouvernements. Elle prévoit : un envoi d’un groupe de 10 parlementaires vietnamiens à Paris dans la première quinzaine d’avril pour y « porter à l’Assemblée constituante française le salut fraternel de l’Assemblée nationale de la République du Vietnam ». On convient de l’ouverture d’une conférence préparatoire à Dalat en vue de celle de Paris avec désignation de 12 membres par délégation (voir 3 avril pour la constitution de la délégation française). Le but de cette conférence préparatoire est de conclure un accord définitif qui sera signé à Paris (D’Argenlieu, 1985, p. 238). Une contre-proposition vietnamienne tentera d’éluder les termes allant dans le sens des Français. D’Argenlieu l’estimera donc inacceptable en l’état (D’Argenlieu, 1985, p. 238).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faisant un bilan de cette rencontre, Louis Raymond observe : « Les deux hommes [D’Argenlieu et HCM], après une matinée de conversations, convinrent de l&#039;envoi d&#039;une délégation parlementaire vietnamienne à Paris, de l&#039;organisation d&#039;une conférence préliminaire à Dalat, suivie d&#039;une conférence finale entre les deux pays à Paris au cours de l&#039;été. Les bases d&#039;un dialogue pacifique sont toutefois posées. La question du respect des accords fut, de part et d&#039;autre, sujette à bien des échauffourées. De nombreux incidents contribuèrent à amener les deux camps à s&#039;accuser respectivement de leur violation et l&#039;on s&#039;achemina vers les deux conférences prévues [Dalat puis Fontainebleau] dans un climat où la violence sourdait. » (Raymond, 2013, p. 72)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 mars 46 : Premiers accords militaires Leclerc-HCM qui seront complétés le 3 avril (Valluy 1, 1967, p. 34).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Longues discussions entre Salan et Giap. Ce dernier est « inquiet » et semble désappointé par la teneur des discussions de la baie d’Along entre HCM et D’Argenlieu (Salan 1, 1970, p. 342).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, HCM adresse un télégramme de remerciement à D’Argenlieu suite à l’entrevue en baie d’Along. Il sera transmis le 26 au Comité interministériel pour l’Indochine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny, un moment hésitant et découragé après la remise en cause de la signature des accords du 6 mars, entend finalement garder son titre de commissaire au Tonkin et en Annam (voir 14 mars) (D’Argenlieu, 1985, p. 236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à une invitation de D’Argenlieu, visite de Lou Han, accompagné de hauts-gradés chinois, et d’une délégation anglaise et américaine pour assister à bord de l’&#039;&#039;Émile Bertin&#039;&#039; à une démonstration de tirs. Visiblement, ce navire qui a reçu depuis peu le président vietnamien, doit aussi montrer aux Chinois la puissance de l’armée française…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 mars 46 : Très brève réunion franco-vietnamienne à Hanoi, rue Le-Loï. Salan présente un plan de répartition des 15 000 Français des forces de relève prévues par l’accord du 6 mars dans les principaux centres au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Il estime qu’il y a urgence à                     « décongestionner Haiphong où le chaudron bout. » Giap estime quant à lui que « ce projet met en cause la souveraineté du Vietnam » et que « la délégation vietnamienne en présentera un autre… » La réunion se clôt au bout de 10 minutes, sans la moindre amorce de dialogue (Fonde, 1971, p. 179).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Création du Conseil consultatif de Cochinchine. Allant dans le même sens que Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) et Moutet (ministre de la France d’Outre-mer), ce Conseil désigne le docteur &#039;&#039;&#039;Nguyen Van Trinh&#039;&#039;&#039;, leader du Parti démocrate, président du Comité consultatif, comme chef du &#039;&#039;&#039;« Gouvernement provisoire de la République de Cochinchine »&#039;&#039;&#039; voulu par D’Argenlieu. &#039;&#039;&#039;Cette désignation est contraire aux accords du 6 mars qui prévoyaient un référendum pour fixer le sort de la province&#039;&#039;&#039;. Même si ce gouvernement n’est que « provisoire », le sens de l’accord n’est donc pas respecté et ne fait que conforter le fait que les Français ne considèrent pas la Cochinchine comme faisant partie de la « République du Vietnam » comme le laissait pourtant entendre la convention préliminaire du 6 (Francini 1, 1988, p. 299).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un membre du Conseil restreint de Cochinchine, Tran Van Phat, est assassiné ce même jour par des hommes sous les ordres de Nguyen Binh) (De Folin, 1993, p. 159). Binh a décidé de reprendre l’initiative en prenant pour cible ceux qui prônent le séparatisme cochinchinois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Débarquement à Tourane (Da Nang) des troupes du 23&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. en vue de la relève des troupes chinoises dans la région Tourane-Hué. Contrairement à ce qui s’était passé à Haïphong, le débarquement a lieu cette fois sans le moindre heurt (Devillers, 2010, p. 89).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 mars 46 : Rapport de Leclerc envoyé à Paris pour la période du 20 octobre 1945 au 25 mars 1946. Il est destiné au gouvernement. Le général estime que « les autorités et le Gouvernement [sont] insuffisamment informés » des opérations qui ont eu lieu depuis cinq mois au Tonkin. Il précise les craintes de son auteur : « S’il est probable que la Chine reculerait devant un conflit armé avec la France, ses unités irrégulières donneraient tout leur appui aux forces révolutionnaires annamites, à travers des frontières dont on connaît la perméabilité. &#039;&#039;&#039;C’est donc, si l’on tente de réinstaurer la souveraineté française au Tonkin par la force des armes, un conflit de grande envergure qu’il faut être prêt à affronter&#039;&#039;&#039; » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1970, p. 78). &#039;&#039;&#039;Le même rapport précise par ailleurs : « […] Je l’affirme catégoriquement, la reconquête du Tonkin, même en partie, est impossible.&#039;&#039;&#039; Ce n’est pas avec une petite division, et en 1946, qu’on conquiert un pays surexcité, armé et grand comme les deux tiers de la France. En outre, le problème n’aurait pas tardé à prendre une ampleur internationale. C’est pourquoi on ne soulignera jamais assez l’importance des accords qui ont été conclus. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 222) Leclerc revient sur ce qu’on a nommé « l’incident d’Haïphong », estimant qu’il n’était pas un incident « mais bien un combat contre le Général chinois prévenu, en excellente liaison avec nous, et ayant parfaitement compris. » Il déplore par ailleurs la mauvaise volonté des Chinois dont il souhaite un départ qui ne se produit toujours pas malgré le retour des Français (Férier, 1993, pp. 17-18).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc répond également aux critiques venues de Paris au sujet des accords du 6 mars. Les avantages obtenus sont supérieurs à ceux qui auraient pu être gagnés par les armes. Reste à les exploiter, tâche purement politique qui revient à D’Argenlieu. Leclerc écrit à ce propos :        « Maintenant que nous occupons solidement, bien qu’imparfaitement la Cochinchine, le Cambodge et le Sud-Annam, une grande partie du Laos, et quelques bases au Tonkin, il est permis d’affirmer que nous avons gagné la première manche. Reste la deuxième, avant tout à base de politique et de négociation. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 74 ; extraits &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, pp. 155-157)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour une raison obscure, les Français s’emparent à Hanoi du bâtiment de la direction des Finances de la R.D.V.N., ce qui provoque de nouvelles tensions. Valluy donnera l’ordre de le restituer en le dotant cependant d’une garde mixte (Devillers, 1988, p. 175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 mars 46 : Nouvelle réunion franco-vietnamienne après celle du 26 qui n’avait duré que 10 minutes. Le climat est toujours aussi tendu. Giap dénonce les « empiètements » français à Hanoi qu’il assimile à des provocations d’attitudes (patrouilles braquant leurs fusils en passant devant palais du Gouvernement, locations de bâtiments faites sans autorisation, réoccupation sans préavis de locaux administratifs libérés par les Chinois). Pour Giap, la population vietnamienne est excédée par ces provocations d’où son appel à la grève pour le lendemain. Salan revient sur la question du « chaudron » de Haïphong. En vain (Fonde, 1971, p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Salan rencontre Lou Han et signe à 11 h 50 l’accord concernant l’évacuation des troupes chinoises&#039;&#039;&#039;. Selon lui, « […] nous sommes d’accord sur les traductions après vérification des textes français et chinois. Ils sont très complets, tout est prévu jusqu’au moindre détail, ceci pour éviter les discussions toujours possibles avec les subordonnés chinois. »  (Salan 1, 1970, pp. 354-355)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan rencontre pour un dîner le ministre des Affaires étrangères Nguyen Tuong Tam qu’il juge comme n’étant « pas à la hauteur » et « dépassé par son groupe » (Salan 1, 1970, p. 354).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 mars 46 : À Hanoi, grève générale avec boycott des Français. Selon Fonde, les autorités vietnamiennes encadrent le mouvement. Les troupes françaises de la citadelle sont consignées (Fonde, 1971, pp. 180-181).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan voit Giap et Nguyen Tuong Kahn (ministre des Affaires étrangères). Il « proteste devant leur mauvaise foi » portant sur l’attitude des troupes françaises face aux grévistes vietnamiens. Salan les amène devant Valluy qui commande les troupes incriminées (9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.)  et les défend. Pour montrer ses bonnes intentions, le commandant de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. a même contredit les ordres de D’Argenlieu qui voulait faire occuper par ses troupes le palais Pugnier afin d’en faire la résidence du haut-commissaire (Salan 1, 1970, p. 354).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce même jour, les Forces françaises de Savannakhet (Laos), qui avaient été désignées pour relever les troupes chinoises à Hué, sont sérieusement accrochées par des Vietnamiens alors qu&#039;elles passent la frontière franco-laotienne, celles-ci faisant mine d&#039;ignorer les accords. Dans la ville, la population vietnamienne badigeonne sur les murs : « Le Nam Bo au Vietnam » et  « Ouverture immédiate des négociations à Paris ». (Raymond, 2013, p. 72)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À Saigon, les assassinats politiques menés par Nguyen Binh se poursuivent, dont celui du docteur Tran Van Phat, membre du Comité du Nam Bo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Instructions signées de Bidault (Affaires étrangères) en vue de la première conférence de Dalat : « […] Le but est d’obtenir du gouvernement provisoire du Vietnam (quelle que doit la définition géographique qui sera donnée à cette dénomination dans la Fédération indochinoise et dans l’Union française […] » Les instructions du ministres évoquent d’entrée les futurs points de blocage de la conférence qui s’avèrera être un échec : statut de la Cochinchine ; absence de liberté diplomatique ; imposer l’inclusion du Vietnam dans une Fédération comprenant le Laos et le Cambodge qui n’ont pas le même degré d’exigence du point de vue de leur autonomie (DDF, 2003, tome 1, document n° 232, pp. 520-524).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité interministériel pour l’Indochine est informé des propositions françaises en vue de la première conférence de Dalat (voir 3 avril) : « régler les questions relatives à la participation à l’Union française sous forme d’un nouveau pacte se substituant aux traités antérieurs » (diplomatie, protection des Français et étrangers, sécurité, bases militaires et navales, avantages économiques). D’Argenlieu n’a eu aucun retour des Vietnamiens sur la proposition française issue de l’entrevue de la baie d’Along (mission « &#039;&#039;good will&#039;&#039; »). Il mandate Sainteny pour activer la chose (D’Argenlieu, 1985, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un arrêté paraît au J.O. et fixe les membres de la délégation française chargée de négocier à Paris avec celle du Vietnam dans le cadre de la convention préliminaire du 6 mars. D’Argenlieu, membre de droit de la délégation, choisit entre autres Sainteny, Pignon (conseiller politique de l’amiral), Messmer (futur secrétaire du Cominindo) et Salan (D’Argenlieu, 1985, pp. 247-248).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une directive de l’état-major de la Défense nationale (section coloniale) fixe la future organisation militaire en Indochine. Elle indique le nombre et l’emplacement des bases côtières, terrestres et aériennes réservées à la France (Bodinier, 1987, pp. 231-232).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après sa récente rencontre en baie d’Along avec HCM, D’Argenlieu envoie un long télégramme à Paris pour en rendre compte. Le document n’est pas exempt de quelques coups de griffe. Le président vietnamien va tenter d’éluder certaines dispositions de la convention du 6 mars : « Le premier engagement qu’il veut éliminer est celui qui le lie à la Fédération indochinoise […] Sa méthode tactique est de ne plus vouloir négocier en Indochine, mais aller au plus tôt dans ce but à Paris. Il espère en y arrivant […] être l’objet de la curiosité et de l’attention générale, soulever l’intérêt des partis et arriver à faire pression sur le Gouvernement lui-même […] » D’Argenlieu demande l’agrément du gouvernement pour l’envoi de la délégation « &#039;&#039;good will&#039;&#039; » et la conférence préparatoire de Dalat dont il souligne le caractère limité. Il obtiendra une réponse le 3 avril (Devillers, 1988, pp. 174-175).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit des instructions très nettes du ministère des Affaires étrangères (voir ci-dessus) : il faut obtenir du gouvernement vietnamien son assentiment pour que le Vietnam, « quelle que soit la définition géographique qui en sera donnée », accepte son intégration à la Fédération indochinoise et à l’Union française. Le pays ne peut obtenir une liberté diplomatique qui serait contraire à l’idée même de Fédération. Selon l’amiral, « la demande d’admission à l’O.N.U., incompatible avec l’idée d’une Fédération indochinoise, doit être fermement écartée. » (Devillers, 1988, p. 182)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 mars 46 : Décret n° 40 du 29 mars paru au J.O. de la R.D.V.N. et publié sous le titre « Mesures exceptionnelles » : il autorise l’arrestation et l’envoi en « camps spéciaux » toute personne qui, par parole ou action, s’oppose au régime en place (voir 29 octobre). La dictature communiste s’installe progressivement mais sûrement (De Folin, 1993, p. 169).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Valluy (commandant la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.) produit une note « contre le concept d’un « « coup de force » centré sur Hanoi émanant « sûrement des Annamites » et « probablement des Chinois ». Cette étude prélude en partie de ce qui se passera dans la ville en décembre et qui va être mûrement réfléchi par l’état-major français (Valluy 2, 1967, p. 203 ; Bodinier, 1987, pp. 233-236).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc fait un point sur la situation en Indochine en adressant un courrier à son futur successeur, le général Valluy (Bodinier, 1987, pp. 236-238).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de Michelet (Défense) à la lettre de D’Argenlieu du 18 mars : le gouvernement lui accorde sa pleine confiance et l’encourage à demeurer en place (D’Argenlieu, 1985, p. 215).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu informe, après coup, le Conseil fédéral de la constitution d’un « Gouvernement provisoire de la République de Cochinchine ». (Turpin, 2005, p. 245)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 mars 46 : Troisième conférence d’état-major franco-vietnamienne. Celle-ci dure plus longtemps que les précédentes puisqu’elle atteint les 4 heures. Selon Fonde, Giap lâche très peu de concessions, toutes assorties de « limitations, interdictions et contrôles, qu’un Freud les imputeraient, sans doute, à un complexe obsessionnel. » Un acquis pour les Français cependant, un bataillon de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. et le reliquat de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. vont relever à la citadelle d’Hanoi 1 700 soldats rapatriables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A minuit, Lou Han cède officiellement ses responsabilités et celles de ses troupes à Valluy. Giap ne l’entend pas vraiment de cette oreille, quels que soient les accords conclus entre les Français et les Chinois : « Le maintien de l’ordre appartient à la police vietnamienne. » (Fonde, 1971, pp. 182-183). En réalité, l’évacuation complète des troupes chinoises d’Indochine traînera jusqu’au 18 septembre.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=F%C3%A9vrier_1946&amp;diff=5325</id>
		<title>Février 1946</title>
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		<updated>2026-09-06T06:50:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Février 46 : Débarquement de la 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (général Nyo).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début février, Leclerc considère que « la pacification de la Cochinchine est entièrement achevée ». C’est une illusion que dénoncera Valluy dans ses écrits : « Sur le vu des lieux occupés sur la carte, on imagine que le pays quadrillé est soumis : l’illusion se renouvellera chaque fois que des succès militaires  incontestables  et la conquête des objectifs désignés viendront sanctionner des rencontres de quelque âpreté avec l’adversaire. En fait notre présence ne se manifeste que sur les grands axes ; encore sont-ils minés et farcis de « snippers ». » (Valluy 1, 1967, p. 29)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; février 46 : Dans son discours à l’occasion du Têt, D’Argenlieu déclare : « Nous souhaitons que, sans atermoiement, les Annamites se pussent administrer et gouverner eux-mêmes. D’un mot, nous souhaitons qu’ils deviennent maîtres chez eux, sous réserve toutefois d’un ordre public ménageant, sans distinction de race et de classe, le respect et la sécurité des personnes et des biens. Ajoutons fermement que, pour réaliser cet idéal avec équité, en assurer la stabilité, les pays annamites ont encore besoin pour un temps, et à leur avantage, d’un concours et d’une expérience. La France les leur offre en toute amitié. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 127)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 février 46 : Visite d’HCM aux blessés français de l’hôpital de Lanessan. Il fait savoir à ses interlocuteurs que les Vietnamiens veulent vivre libres et que si les Français entendent débarquer au Tonkin, il ne pourra s’y opposer mais que, dans ce cas, le sang coulera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Salan quitte Chunking&#039;&#039;&#039; avec de maigres résultats issus de palabres qui durent depuis janvier : engagement chinois à assurer la sécurité dans les grandes villes, évacuation du Laos mais avec retard, autorisation pour les troupes françaises à rentrer au sud du Laos, accord de principe sur des relèves mais sans aucun calendrier précis. Rien ne se débloquera avant le 28 février. Salan note dans ses mémoires : « Après un séjour d’un mois passé au contact des généraux chinois mon sentiment sur eux n’est pas empreint de beaucoup d’aménité… mis à part ceux qui sont aux côtés de Tchang, les autres ont l’esprit tellement tordu qu’on peut craindre toutes les sottises… »  (Salan 1, 1970, pp. 280-281). Les premiers éléments français qui se trouvaient en Chine arrivent à Phong To au Tonkin (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le VM émet sa propre monnaie dans les provinces du Centre situées au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle où n’opèrent pas les armées étrangères. A partir du 16 novembre, cette monnaie est mise en circulation dans toutes les zones contrôlées par le VM mais ce n’est qu’à partir du 22 mai 1948 que la piastre sera remplacée par cette monnaie nationale dans les zones qu’il contrôle (Giap 1, 2003, p. 222).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 février 46 : Le général Valluy remet au Comité interministériel pour l’Indochine (voir 26 janvier) une note de D’Argenlieu sur les futures conditions de réinstallation au Tonkin. Le débarquement des troupes françaises aura lieu en mars à Haïphong (voir 6 mars) si les négociations de Chunking aboutissent avec les Chinois et celles d’Hanoi avec les Vietnamiens (De Folin, 1993, p. 137). Ce qui, pour l’instant, est loin d’être gagné…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 février 46 : &#039;&#039;&#039;Signature d’une ordonnance de D’Argenlieu visant à instituer un Conseil consultatif de Cochinchine&#039;&#039;&#039; (D’Argenlieu, 1985, p. 133). Cédile (commissaire de la République pour le Sud) est chargé de son installation. C’est un Conseil consultatif mixte de 80 membres, sorte d’assemblée constituante provisoire capable de représenter les aspirations de la population cochinchinoise en attendant des élections locales. 12 membres sont désignés par le haut-commissaire : 4 sont français et 8 vietnamiens dont 7 de nationalité française… Deux de ses membres seront rapidement assassinés (voir 12 février). La principale personnalité de ce Comité est Nguyen Van Thinh, grand propriétaire foncier du Sud qui était déjà un interlocuteur privilégié des Français sous Decoux. L’autre personnalité est le général Nguyen Van Xuan, citoyen français, polytechnicien qui manie mal la langue vietnamienne. Le rôle du Comité est d’aider Cédile à préparer une consultation électorale, à élaborer une constitution locale et à donner un avis sur les questions qui lui seraient soumises. Sa réalisation s’avère particulièrement difficile à mettre en place au vu du contexte général : pacification en cours, terreur, règlements de compte entre les différentes factions, émeutes à Saigon (Francini 1, 1988, p. 247 ; De Folin, 1993, p. 115). C’est autour de ce noyau bien peu représentatif de la population cochinchinoise que D’Argenlieu fondera le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet une bien  artificielle République de Cochinchine avec les encouragements de Marius Moutet mais au grand dam des futurs négociateurs de Fontainebleau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 février 46 : Ramadier et Moutet (France d’Outre-Mer) se rendent à l’Élysée pour évoquer avec Auriol ce qu’ils nomment un peu rapidement la démission de D’Argenlieu évoquée succinctement par l’amiral dans une lettre adressée à Auriol. Mais la formulation de ce courrier est demeurée vague : si D’Argenlieu n’obtient pas les soutiens attendus « après les attaques dont il est l’objet et les bruits qui circulent sur son remplacement, il ne restera plus […] à l’amiral d’Argenlieu […] qu’à donner sa démission au président de la République ». Auriol évoquant son contenu avec ses interlocuteurs considère : « Ce n’est pas une lettre de démission, dis-je à mes visiteurs, c’est une mise en demeure et une menace […] » (Auriol 1, 6 février 1946, p. 46)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Note du conseiller diplomatique Clarac (basé à Hanoi) à D’Argenlieu. Il a sondé les « personnalités chinoises proches de Lou Han ». Lin Chi Han (chargé par Tchang Kaï Check de suivre la question annamite) l’a assuré que les incidents dont a souffert la colonie française ne se reproduiront plus car des mesures ont été prises. D’Argenlieu observe que les intentions du pouvoir central chinois sont bien meilleures que celles des exécutants. Lou Han est considéré comme un « Yunnanais opulent et cupide ». Quant au pouvoir central chinois, il veut voir disparaître le communiste HCM et son gouvernement (D’Argenlieu, 1985, p. 140).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon précise dans un compte rendu : « La seule question qui se pose, mais capitale, est celle de la sincérité de l’attitude chinoise » et donc celle de Tchang Kaï Check concernant le Tonkin (D’Argenlieu, 1985, p. 140). Les Chinois ont autorisé les Français à revenir au Laos mais non au Tonkin ni en Annam.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un communiqué de Leclerc annonce que « la pacification de la Cochinchine et du Sud-Annam est achevée. » Du moins, sur les cartes d’état-major… car la « pacification » n’est que temporaire : une fois les faibles effectifs de l’armée française partis, le VM se réinstalle rapidement dans les campagnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la lecture du rapport de Pignon en date du 28 janvier, D’Argenlieu estime qu’il faut aboutir avec les Chinois à un accord diplomatique et, avec le VM, au moins à un accord politique préliminaire. Il rejette toutefois à nouveau l’idée d’un gouvernement formé de « nationalistes annamites sinisants à fond et nous détestant. » Il déclare : « Ma mission est de régler cette affaire entre Annamites et Français. » Et ce d’autant plus que le VM se fait, selon Sainteny et Pignon, de plus en plus conciliant avec les Français (voir 2 février) (Devillers, 1988, p. 129).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 février 46 : &#039;&#039;&#039;Première rencontre Salan-HCM&#039;&#039;&#039; à la demande du président du G.R.A. HCM est d’abord conciliant : « Je suis un fidèle ami de la France. C’était la fête du Têt et j’étais heureux, à cette occasion, de manifester ma sympathie pour votre pays [...] Du reste, croyez-moi, la majorité des Indochinois n’est pas antifrançaise. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 130).  Salan lui propose que les Français ramènent « ici l’ordre et le calme » mais essuie un refus : « Je ne puis faire cela sans être traître à mon pays. » On échange sur la puissance de l’armée française. HCM développe un argument qu’il reprendra souvent. Les Vietnamiens ont le temps pour eux : « Vous disposez de troupes nombreuses et bien armées, nous avons peu de gens en armes. Un Français tuera dix Annamites, dix Annamites tueront un Français, nous sommes nombreux… » &#039;&#039;&#039;HCM fait cependant une importante concession et se dit prêt à mettre de côté « le terme « indépendance »&#039;&#039;&#039;. Il précise toutefois : « Nous ne voulons pas vivre en esclaves. Peu importe le terme « indépendance », ce qui importe c’est le contenu. Nous voulons vivre libres. » Ce serait à l’occasion de cette rencontre qu’HCM prononce pour la première fois les mots « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; » en échange d’un maintien dans l’Union française et le Fédération indochinoise (Cadeau, 2019, p. 172). Il estime que la déclaration du 24 mars 1945 « est largement dépassée ». Seule l’annonce d’un prochain débarquement français au Tonkin qu’il découvre à demi-mots dans les propos de Salan l’émeut (Salan 1, 1970, p. 290). HCM déclare qu’il ne pourra pas arrêter le débarquement mais que le Vietnam résistera et qu’alors le « sang coulera ». Et d’ajouter : « On nous parle d’une France nouvelle. Que cette France montre son renouveau […] Peu importe le terme « indépendance », je n’y tiens pas. Ce qui importe, c’est le contenu. Nous voulons vivre libres […], être maîtres chez nous […] La France est le pays de la liberté. Qu’elle nous laisse donc cette liberté ! »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 164-165 ; compte-rendu de l’entretien &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 201-204)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu, sur le rapport que lui a fait Salan le 8 de son entrevue avec HCM, donne pouvoir à Sainteny de poursuivre les négociations (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Valluy, devant le Comité interministériel d’Indochine, indique les limites d’une solution purement militaire qui « se heurterait à la fois aux Chinois et aux Annamites ». Il faut aussi une solution politique car même si les Chinois n’interviennent pas aux côtés des Vietnamiens, il est à craindre « une longue et dure guérilla ». Il conclut : « Nous avons en Extrême-Orient une magnifique et fugitive opportunité. Ne la laissons pas s’évanouir. » (Ruscio, 1992, p. 59) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 février 46 : De retour de Chine, Salan met au courant Pignon et Sainteny du résultat de ses négociations. Il leur demande de leur côté de presser celles avec HCM (Devillers, 1988, p. 131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc dispose de 41 500 hommes du C.E.F.E.O., 6 000 sont en transfert  et 13 000 attendent toujours leur départ (Turpin, 2005, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 février 46 : Salan reçoit Caput (secrétaire de la section S.F.I.O. au Tonkin) qui a vu HCM la veille. Ce dernier est très préoccupé par l’annonce du prochain débarquement français (voir 8 février) et veut éviter tout affrontement avec « les troupes de la France nouvelle ». Caput estime légitimes les aspirations que défend HCM. Il demande à Salan d’intervenir auprès de D’Argenlieu puisqu’il part pour Saigon ce jour même (Devillers, 1988, p. 131).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’occasion de la commémoration de la révolte de Yen Bay, le V.N.Q.D.D. organise une grande manifestation qui obtient un vaste succès. Un coup de force est éminent. HCM plie encore une fois tactiquement en vue d’un possible accord avec les nationalistes prévu pour le 24 février.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général &#039;&#039;&#039;Nyo&#039;&#039;&#039; prend ses fonctions au poste de commandant des forces françaises en Cochinchine et Sud-Annam (Bodinier, 1987, pp. 126-127).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 février 46 : Rencontre Leclerc-Salan-D’Argenlieu. Leclerc informe l’amiral des résultats des discussions de Salan à Chunking et de sa rencontre avec HCM du 8. Selon Salan, « l’amiral pense qu’avec le gouvernement central chinois nous devons user de diplomatie, mais qu’avec Hô Chi Minh nous avons à lui faire admettre que la France doit revenir au Tonkin. » D’Argenlieu semble toujours aussi insensible au fait que l’immense majorité de la population vietnamienne soutienne les thèses du président vietnamien. Salan note : « Je suis déçu de trouver l’amiral dans de pareilles dispositions d’esprit, il ne veut pas comprendre « le danger vietminh », et ceci malgré nos conversations précédentes. » (Salan 1, 1970, pp. 291-292). C’est à nouveau un dialogue de sourds entre D’Argenlieu et ses subordonnés…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 février 46 : A la veille de son départ pour Paris, D’Argenlieu laisse à Leclerc un avant-projet de texte sous forme de mémorandum élaborant un plan d’entente entre la République française et le « gouvernement d’Hanoi ». Cette dernière expression a son importance car, pour l’amiral comme pour le gouvernement français, son autorité ne s’exerce qu’au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et absolument pas sur la Cochinchine (De Folin, 1993, p. 138). D’Argenlieu y qualifie HCM de « personnalité politique qualifiée et solide auprès de la masse des annamites et des dissidents du Viet-Minh. » Il précise : « Sans le facteur chinois, nulle place à l’hésitation, c’est avec elle qu’il faudrait traiter en vue d’aboutir à un agrément. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 196)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu remet à Sainteny un mémorandum politique lui fixant précisément les limites et les termes avec lesquels il peut négocier et conclure avec HCM (Devillers, 1988, pp. 132-134). Mais ce mémorandum est suivi d’un autre, « secret ». Dans le second apparaît le fait que la France ne reconnaît pas « au Gouvernement d’Hanoï des titres pour parler de l’Indochine entière », un principe qui inspirera la seconde conférence de Dalat (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; août) voulue par l’amiral. D’autre part, ce texte substitue pour la première fois au mot tabou « indépendance » celui de « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; » (D’Argenlieu, 1985, pp. 146-147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un arrêté de D’Argenlieu a désigné les 12 membres du &#039;&#039;&#039;Conseil consultatif de Cochinchine&#039;&#039;&#039; (voir 4 février) : 4 Français et 8 Vietnamiens (dont Nguyen Van Trinh et Tran Van Phat) mais 7 d’entre eux ont la nationalité française… Première séance de ce Conseil sous la présidence de Cédile (commissaire de la République pour le Sud) et en présence de l’amiral (D’Argenlieu, 1985, p. 145).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 février 46 : D’Argenlieu quitte Saigon jusqu’au 28 et se rend à Paris pour prendre contact avec le nouveau gouvernement et y rencontrer Marius Moutet. L’intérim est laissé à Leclerc mais D’Argenlieu entend poursuivre les négociations tant avec les Chinois qu’avec le G.R.A. depuis la capitale française. Dans les faits, Leclerc qui semble pressé d’en finir avec sa mission indochinoise, entend profiter de l’absence de l’amiral pour faire avancer les choses à sa manière. Or, selon Salan, D’Argenlieu veut quant à lui faire intervenir la diplomatie française plutôt que la voix de la négociation directe avec HCM (Salan 1, 1970, p. 292). Un avant-projet de texte d’accord entre HCM et la France s’élabore dans lequel le mot « indépendance » demeure tabou côté français (voir 14 février) (De Folin, 1993, p. 138). Pour négocier, D’Argenlieu s’est entouré de nombreux conseillers dont les opinions sont divergentes, allant d’un relatif libéralisme (Cédile) jusqu’à un profond conservatisme (Torel, un survivant de l’administration Decoux). On parle alors autour de l’amiral d’un « gouvernement des administrateurs » (Francini 1, 1988, p. 253).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 février 46 : Leclerc, débarrassé de la présence de l’amiral et assurant son intérim, adresse à Juin (chef d’état-major) un télégramme qui sera remis à D’Argenlieu à Paris le 18 : « […] Derniers renseignements Hanoi confirment Annamites de plus en plus prêts soit céder si reçoivent satisfaction mot indépendance soit rejeter dans guerre de type résistance française qui peut durer plusieurs années, empêcher toute réalisation politique et administrative de valeur et diminuer le prestige de la force française. J’estime que la conjoncture actuelle est la plus favorable pour faire une déclaration en ce sens […] Les Annamites acceptent sous le mot indépendance ce que nous proposons sous le mot autonomie. Cette indépendance serait à accorder à terme au sein de l’Union française et concernerait non seulement Annam, Tonkin mais Cochinchine, Laos, Cambodge. J’estime que si le nom est prononcé la plus grande partie du problème est résolue, les Annamites auront sauvé la face sans que notre prestige et notre influence en soient diminués […] Conclusion, j’estime que c’est maintenant, avant le débarquement au Tonkin, je répète avant le débarquement, le moment opportun pour déclaration gouvernementale précise et renfermant le mot indépendance. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, pp. 208-209) Or, c’est le mot que D’Argenlieu ne veut entendre. De plus, selon lui, la traduction des mots « indépendance » et « autonomie » employés ici par Leclerc pose problème : ils se traduisent du français au vietnamien par un seul et même mot qui a le même sens dans la langue vietnamienne : &#039;&#039;doc lap&#039;&#039; (Devillers, 1988, p. 134). La rupture, déjà bien entamée, se consomme encore plus entre l’amiral et le général (voir 24 mars). Elle aboutira à la relève de Leclerc que D’Argenlieu avait d’ailleurs anticipé en la demandant sans même en avoir informé le principal intéressé. C’est au cours d’une rencontre avec le général Juin à Calcutta (voir 14 avril) que Leclerc apprendra que D’Argenlieu a demandé, sans l’obtenir, son départ (De Folin, 1993, pp. 138-139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 février 46 : Salan informe Lou Han que le débarquement français aura lieu début mars (Devillers, 1988, p. 138).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rencontre Sainteny-HCM&#039;&#039;&#039;. Sainteny, dans une proposition écrite, lui présente l’intégration du Vietnam dans la Fédération indochinoise et l’Union française. HCM n’y est pas opposé. Comme l’avait affirmé le président vietnamien à Salan le 8, le mot « indépendance » qui demeure tabou pour D’Argenlieu n’apparaît pas dans l’ébauche de ce texte. Deuxième concession d’importance, HCM ne s’oppose désormais plus au fait que la Cochinchine puisse décider elle-même de son sort. Mais il va jouer subtilement sur les mots, en remplaçant dans le texte de l’avant-projet d’accord l’ancienne formulation française le « gouvernement français reconnaît au gouvernement d’Hanoi le principe d’un &#039;&#039;self-government&#039;&#039; » (voir 12 février) par un le « gouvernement français reconnaît au Vietnam le principe d’un &#039;&#039;self-government&#039;&#039; ». Or la formulation «  le Vietnam » met sur un pied d’égalité les trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039;, dont la Cochinchine, colonie que les Français ne veulent absolument pas perdre. Cette subtilité géographique pleine de ruse n’est pas immédiatement perçue par les Français. Sainteny estime cependant que les choses sont suffisamment avancées pour les présenter à Leclerc (qui assure l’intérim de D’Argenlieu) (voir 18 février) (Francini 1, 1988, p. 286 ; De Folin, 1993, p. 139). Le soir, à 21 heures, Sainteny rend compte de cet entretien à Salan (Salan1, 1970, p. 294). Cette négociation va entraîner de nombreux remous : au sein du Tong Bo (comité exécutif du VM), de la part du V.N.Q.D.D. qui s’en prend à « un gouvernement de traîtres » pour mieux réclamer la proclamation d’un gouvernement d’union qui serait dirigé par Bao Daï (Devillers, 1988, p. 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 février 46 : D’Argenlieu arrive à Paris avec un retard dû à une panne survenue en Lybie. Il est accueilli par le gouverneur De Langlade (secrétaire général du Comité interministériel d’Indochine), le directeur de l’Asie au ministère de la F.O.M., Philippe Baudet, l’amiral Barjot (sous-chef d’état-major à la Défense nationale), La Laurentie (direction politique au ministère de la F.O.M.), l’amiral Ortoli (cabinet du ministre de la Défense), Labrouquère et Messmer (membres du cabinet de Marius Moutet), Paul Mus. Il y vient pour défendre son projet de fédération indochinoise après le départ de De Gaulle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc adresse un télégramme à D’Argenlieu et au comité interministériel de l’Indochine (Cominindo) : « Sainteny arrive d’Hanoi et fait exposé ci-après. Il a vu le 16 Ho Chi Minh avec lequel il a eu un long et décisif entretien à la suite duquel Ho Chi Minh se déclare d’accord pour traiter suivant principales conventions suivantes : Primo : Gouvernement français reconnaît à Vietnam principe &#039;&#039;self-government&#039;&#039; […] » Le texte du télégramme énumère ensuite les conditions françaises : maintien dans l’Union française, maintien des relations économiques et culturelles entre la France et le Vietnam, renoncement au mot « indépendance » pour celui de « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; » proposé par Sainteny et accepté par HCM, intégration du Vietnam dans la Fédération, la Cochinchine qui « décidera elle-même [de] sa position future ». HCM demande une réponse gouvernementale rapide car il craint d’être débordé « soit par opposition intérieure soit par action chinoise. » Leclerc va dans le même sens en demandant une « proposition secrète du gouvernement français » immédiate car il estime l’occasion trop belle puisque les Vietnamien renoncent enfin au mot « indépendance » (Bodinier, 1987, pp. 209-211).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 février 46 : À peine arrivé à Paris, D’Argenlieu prend connaissance de deux télégrammes importants venus d’Indochine. Ils sont contradictoires.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui de Leclerc d’abord, en date du jeudi 14, remis à Juin ce jour même à 14 heures comporte le mot « indépendance », un mot que D’Argenlieu ne veut entendre et qui montre que la différence d’appréciation sur la situation en Indochine ne fait que s’amplifier entre Leclerc et l’amiral particulièrement furieux à la lecture du message du général : « Ma surprise est plus grande encore que celle de Juin. Voyons, j’ai quitté Saigon le 13 au matin, j’ai eu la veille plusieurs entretiens, seul à seul, avec Leclerc. Il sait que jusqu’à la fin, j’ai écarté l’usage du mot &#039;&#039;indépendance&#039;&#039; et nettement expliqué pourquoi, dans le mémorandum envoyé à Sainteny le même mercredi 13. Aucune objection de sa part. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; D’Argenlieu, 1985, p. 155)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second message est de Sainteny qui a eu un « décisif entretien » le 16 avec HCM. Ce dernier renonce « définitivement » au mot « indépendance » pour la formule : le       « gouvernement français reconnaît au Vietnam [le] principe d’un &#039;&#039;&#039;&#039;&#039;self-government&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; […] » (voir 13 février) (D’Argenlieu, 1985, p. 156-157). Tout en approuvant ce second message, D’Argenlieu demeure cependant perplexe et même sceptique face à ces avancées spectaculaires. Il a raison car HCM a fait preuve de subtilité sémantique en substituant le mot « Vietnam » à la première formulation pressentie « au gouvernement d’Hanoi » (voir 16 février). Un piège que personne n’a vu venir côté français. D’Argenlieu acceptera l’accord en l’état et ne reconnaitra que maladroitement sa bévue en écrivant en juillet dans le numéro 22 de la &#039;&#039;Revue indochinoise&#039;&#039; : « Vous savez qu’en traitant avec le gouvernement de Hanoi nous avons usé par courtoisie du nom qu’il s’était unilatéralement donné et qu’il portait au moment où s’échangèrent les signatures. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 213) Selon De Folin, Sainteny et Pignon ont accepté cette formulation ambiguë ou par négligence ou parce qu’ils y ont été contraints pour faire aboutir la négociation (De Folin, 1993, pp. 139-140). Quant à la notion de « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; », elle est issue de la terminologie adoptée par les Américains et les Britanniques qui ont respectivement et récemment « lâché » les Philippines et la Birmanie (Salan 1, 1970, pp. 196-197).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Leclerc à Salan : « 1° Date de l’affaire [le débarquement à Haïphong] – J’estime qu’il ne faut pas reculer et pas plus qu’avant, lier cette date à un accord chinois complet et en bonne et due forme, sinon nous pouvons attendre jusqu’au mois de juin et laisser échapper l’occasion. » (Salan 1, 1970, p. 296). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu est reçu « assez brièvement » par le président du Conseil Gouin qui lui déclare que « ne connaissant rien au problème indochinois, [il] en délègue la présidence à Moutet ». Au final, il se contente de poser pour une photo avec l’amiral (D’Argenlieu, 1985, p. 154).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 février 46 : Le conseil des ministres se déclare partisan de l’accord tel qu’annoncé par Sainteny (Turpin, 2005, p. 199).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu rencontre De Gaulle à Marly-le-Roi. Le Général a alors quitté ses fonctions depuis le 26 janvier. Ce dernier est toujours demeuré silencieux sur les négociations entre HCM et Sainteny (voir 10 octobre, fin octobre et fin décembre 1945). Il confie à D’Argenlieu qu’il aurait préféré que la France « eût attendu d’être solidement installée au Tonkin avant de conclure quoi que ce soit avec le Gouvernement d’Hanoi » mais continue à valider son action depuis son départ des affaires (D’Argenlieu, 1985, pp. 158-159). Le premier point est l’une des explications probables de son long silence au moment des négociations HCM-Sainteny, à la veille de son départ des affaires en janvier (De Folin, 1993, p. 137). Par la suite, le gouvernement Gouin reprochera à Leclerc et Salan d’avoir été impliqués dans l’accord annexe du 6 mars, un accord que De Gaulle jugeait lui aussi visiblement trop précoce mais sans jamais le dire tout à fait clairement ni à Sainteny ni à D’Argenlieu au moment où il aurait fallu le faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux accords Sainteny-HCM du 16 février, les nationalistes prochinois contre-attaquent et organisent une manifestation pour réclamer la remise du pouvoir à Bao Daï (Devillers, 1988, p. 143). Conscient de cette pression, HCM est à nouveau prêt à lâcher du lest (voir 23 et 24 février). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 février 46 : La direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères fait un point sur les laborieuses négociations franco-chinoises en cours en vue de la réunion du Cominindo du jour. Le consensus n’existe pas pour l’instant (DDF, 2003, tome 1, document n° 122, pp. 259-262). Il n’aboutira, mais partiellement, qu’après la réunion. D’où les futurs malentendus à venir (DDF, 2003, tome 1, document n° 126, pp. 266-267).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Réunion du Comité interministériel pour l’Indochine en présence de D’Argenlieu&#039;&#039;&#039; qui la considère comme « la raison d’être de [son] premier voyage à Paris » (D’Argenlieu, 1985, p. 154). Les ministres concernés – et non des seconds couteaux comme lors du précédent Comité - sont cette fois présents. Au sujet des négociations Sainteny-HCM en cours (voir 16 février), l’accord du Comité puis du gouvernement Gouin est transmis à Leclerc qui assure l’intérim de l’amiral : depuis la veille, la France est disposée à consentir et reconnaître un « &#039;&#039;self-government&#039;&#039; » pour le « Vietnam » en contrepartie de son maintien dans l’Union française et dans la Fédération indochinoise. Les négociations pourront démarrer de suite mais il demeure deux points d’achoppement : la représentation diplomatique du Vietnam à l’étranger que les Français ne veulent pas lâcher (D’Argenlieu, 1985, p. 160) et le fait de considérer le Vietnam comme une seule entité territoriale et politique, ce qui revient à mettre de côté le statut de la Cochinchine que les Français considèrent toujours comme leur colonie à part entière (D’Argenlieu, 1985, pp. 161-166 ; Francini 1, 1988, p. 286 ; De Folin, 1993, p. 139).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Comité interministériel donne également son accord pour l’exécution de l’opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039; qui prévoit le débarquement français au Tonkin alors que les négociations avec les Chinois en vue de leur relève ou avec le gouvernement vietnamien sont loin d’être abouties (Pedroncini, 1992, p. 394). Sainteny est toujours chargé de négocier avec les uns et les autres. Au soir, D’Argenlieu envoie un message à Leclerc : « Tous contacts pris ici et informations reçues de Chungking et Hanoi créent climat favorable. Accord sur programme H [opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039;]. Je dis H. Pouvez passer à exécution. Amiral D’Argenlieu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 190) Leclerc recevra ce message le 22 (Devillers, 1988, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement, D’Argenlieu répond à HCM par le biais de Sainteny et valide le texte que son subordonné lui a télégraphié le 18. Mais il précise à Sainteny deux points sur lesquels il demeurera intransigeant : la France représentera le Vietnam à l’étranger et elle ne considère nullement comme un fait acquis la prétention de Hanoi de parler au nom de la Cochinchine (Turpin, 2005, p. 199 ; instructions données à Sainteny &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 120, pp. 255-256). C’est donc sur une base peu explicite et bien ambigüe que s’amorce la convention préliminaire du 6 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 février 46 : L’ordre général n° 9 pour l’opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039; est finalisé (extraits &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 371-376).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Décret gouvernemental n° 45.273 instituant officiellement le Comité interministériel pour l’Indochine&#039;&#039;&#039; (Cominindo) déjà en place et opérant (Ruscio, 1985, p. 122, note 113). Le Comité qui se réunit ce jour approuve la marche des négociations avec HCM tout en émettant des réserves : « Si la France accepte de traiter officiellement avec le gouvernement d’Hanoï, elle ne prend pas pour autant arbitrairement position sur le principe du Vietnam, fondant les trois Ky annamites en une seule unité territoriale et politique. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 66)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu transmet à Sainteny un télégramme rédigé la veille. Il prend acte des décisions du 16 et demande à ce qu’HCM les transmettent par écrit afin de rendre la chose publique. D’Argenlieu revient cependant sur des points qui lui paraissent importants et qui n’ont pas été clairement évoqués le 16 : l’intégration du Vietnam dans la Fédération indochinoise « implique, en particulier, que la France représentera à l’étranger le Vietnam et sera chargée sur le territoire de celui-ci de la protection des intérêts français et étrangers. » ; la France ne reconnaît pas l’unité territoriale et politique des trois &#039;&#039;Ky&#039;&#039; avant la tenue d’éventuelles élections. Leclerc complète les propos de l’amiral  en transmettant ce message à Sainteny : il faut écarter pour l’instant des négociations sur la fusion Tonkin-Annam ; dès que l’accord sera « exécutoire » un ordre de cessez-le-feu doit être donné aux troupes du VM. Il sera suivi d’une réciprocité française (Bodinier, 1987, pp. 211-213).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu écrit à Bidault (Affaires étrangères) au sujet des accords du 6 mars. Le gouvernement de la République vietnamienne doit s’engager fermement à faire partie de la Fédération indochinoise et de l’Union Française car « sans fédération solidement construite, il n’y aura plus d’Indochine, encore moins d’Indochine française ». Si le gouvernement vietnamien fait pression pour la réunification des trois &#039;&#039;Kys&#039;&#039;, il faut savoir que celle-ci est loin de faire l’unanimité en Cochinchine. L’envoi des délégués ministériels pour négocier suppose qu’ils aient tous une « communauté de vue sur les points essentiels » sous peine de montrer des faiblesses dans la négociation. Ils doivent être placés sous l’autorité de D’Argenlieu et ne pas dépasser le nombre de 4 ou 5 (DDF, 2003, tome 1, document n° 211, pp. 476-478).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 février 46 : Leclerc reçoit le message de D’Argenlieu du 20 l’autorisant à engager le débarquement au Tonkin. Il en informe Sainteny : « Il vous reste donc à étudier avec le général Salan, Ho Chi Minh et &#039;&#039;in fine&#039;&#039; les Chinois, les mesures à prendre pour éviter tout incident. » HCM doit donner des ordres à ses troupes pour qu’il n’y ait aucune entrave sur le trajet entre Haïphong et Hanoi. Celles-ci doivent être regroupées. Un ordre de cessez-le-feu doit être donné (Devillers, 1988, p. 143). Mais rien de tout cela ne sera fait dans les temps comme ici prévu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, toujours pressé d’en finir avec sa mission en Indochine, écrit à Sainteny et joue les trouble-fête à l’égard des directives de D’Argenlieu : « […] Les réserves finales introduites dans la partie du télégramme qui vous est personnel, ne doivent pas, à mon avis, intervenir pour faire échouer les résultats de nos efforts. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 200). Sainteny doit donc mener une négociation visant un accord mais comportant des sons de cloche différents et dissonants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc envoie à Chunking un de ses proches collaborateurs, le colonel Repiton-Preneuf du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau, pour hâter un processus de négociations qui s’éternise (Devillers, 1988, p. 145)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu est reçu par Maurice Thorez, vice-président du Conseil communiste. Accueil cordial entre deux hommes qui politiquement parlant se détestent. D’Argenlieu lui dit que « la situation là-bas s’améliore ». Thorez lui aurait alors répondu : « Amiral, étant donné le parti auquel j’appartiens, je souhaite naturellement que tout se règle au mieux avec le Vietminh, mais enfin – &#039;&#039;d’un ton convaincu&#039;&#039; – nos couleurs avant tout ! Et donc s’il faut cogner, cognez et cognez dur. » (voir 25 avril) (D’Argenlieu, 1985, p. 168) La position se Thorez s’aligne en fait sur celle de l’U.R.S.S. : le sort de l’Indochine et celui du VM ne font guère partie de ses préoccupations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Moscou, &#039;&#039;&#039;George Kennan&#039;&#039;&#039;, chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Moscou, envoie au Département d’État un très long télégramme (8 000 mots…) qui fournira une grille de lecture à l’administration Truman pour comprendre l’attitude de plus en plus hostile de l’U.R.S.S. depuis 1945 à l’égard du monde occidental. Selon son auteur, les dirigeants soviétiques voient le monde divisé en deux camps hostiles et irréconciliables : le capitalisme et le socialisme. L’hostilité soviétique provient d’une peur névrotique de l’extérieur : les dirigeants communistes ont toujours besoin de s’inventer un « ennemi extérieur » pour justifier leur dictature intérieure. L’U.R.S.S. cherchera toujours à étendre son influence, il faut donc endiguer son influence (&#039;&#039;&#039;amorce de la doctrine du « &#039;&#039;containment&#039;&#039; »&#039;&#039;&#039;). Kennan développera sa pensée dans un article anonyme publié le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet 1947 (voir cette date).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 février 46 : HCM, dans l’un de ses rares et très brefs moments de faiblesse, vient offrir au « citoyen Vinh Thuy » (Bao Daï) de prendre la présidence du gouvernement et de lui réserver le rôle de conseiller suprême. Le leader du VM renoncera le soir même à ce bref moment de découragement occasionné par la complexité de la situation qu’il doit gérer depuis des mois (Devillers, 1988, p. 143).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par un traité, la France abandonne ses concessions en Chine et le tronçon chinois de la voie ferrée entre le Tonkin et le Yunnan. Elle promet une amélioration du statut des Chinois en Indochine, la création d’une zone franche à Saïgon et au Tonkin ainsi que le passage en franchise des marchandises entrant ou quittant la Chine. Elle s’engage aussi à la défrayer de ses frais d’occupation (!) en échange d’une vague promesse de retrait des troupes d’occupation en mars qui traînera en fait jusqu’au 18 septembre (Cesari, 2013, p. 38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 février 46 : Face à la menace nationaliste prochinoise, HCM obtempère encore. Il s’engage à former un gouvernement « d’union et de résistance » comportant 10 ministères : 4 pour le VM placés aux postes-clés (dont la Défense et l’Intérieur), 4 pour les nationalistes (V.N.Q.D.D., D.M.H.) et 2 attribués à des « neutres » (De Folin, 1993, p. 122). Pour les postes plus importants qui seront attribués le 24 aux « neutres », HCM trouvera un subterfuge politique pour les mettre progressivement dans les mains du seul VM (voir 2 mars).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 février 46 : Ayant assuré ses arrières en traitant un accord gouvernemental avec les nationalistes prochinois, HCM se sent plus assuré pour reprendre ce qu’il avait concédé le 16 aux Français. Un communiqué du G.R.A. reparle d’« indépendance et coopération ». Les exigences vietnamiennes iront crescendo sur ce point précis (voir 27 février) (Turpin, 2005, p. 200). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lettre de Leclerc à Salan. Elle fixe une date butoir à l’accord avec les Chinois en vue du débarquement à Haïphong : « 27 soir ou le 28 matin ». Selon Salan, la position du général « Lou Han n’est pas aussi brillante qu’elle peut le sembler ». Le général chinois Lu Quoc Chang, commandant la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division (16 000 hommes), que les Français devaient relever au Laos refuse d’obéir aux ordres de Chunking car il attend la fin de la récolte de l’opium pour déplacer ses troupes. Leclerc, hors de lui, ne voit donc pas pourquoi les Français devraient attendre un très hypothétique accord de l’état-major chinois qui ne sera pas forcément respecté sur place. Avec son habituel allant décisionnel, il fixe alors le déroulé du débarquement : « […] nous arriverons par fractions et débarqueront lentement par chalands ». Il précise par ailleurs : « Ce n’est pas une relève que nous voulons mais un &#039;&#039;retour&#039;&#039; des troupes françaises au Tonkin, ce qui n’est nullement la même chose. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, pp. 302-303)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 février 46 : HCM publie un communiqué suite à sa dernière rencontre avec Sainteny. La position vietnamienne a subi un revirement puisqu’il s’agit désormais d’« indépendance et coopération ». De son côté, Sainteny fait savoir « que la France consentait à reconnaître le droit du Vietnam à avoir un gouvernement, un parlement, une armée et des finances propres au sein de l’Union française. » Il fait également savoir que l’on a échangé sur la question de la représentation du Vietnam à l’étranger. Il est nécessaire « de créer une atmosphère de détente et de concorde » avant d’entamer les négociations. Pour ce faire, il doit y avoir « un armistice sur tous les fronts. » (Devillers, 1988, p. 144).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 février 46 : D’Argenlieu est sur le retour vers Saigon. Il indique : « Le génésuper [Leclerc] me quitte. » (D’Argenlieu, 1985, p. 173). Toutefois les deux hommes s’entretiendront du « programme H », terme codé servant à désigner le futur débarquement des troupes françaises au Tonkin (D’Argenlieu, 1985, p. 173). Leclerc en fixe la date ce jour même : ce sera le 6 mars (Pedroncini, 1992, p. 394). Seules trois dates dont celle du 6 sont envisageables pour assurer aux bateaux un coefficient de marée suffisant. Après, il sera trop tard et le débarquement devra être ajourné &#039;&#039;sine die&#039;&#039;. Or la saison des pluies approche (Francini 1, 1988, pp. 287-288).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc demande à Sainteny d’accélérer les négociations avec HCM qui butent toujours sur la question de la Cochinchine. Le leader vietnamien se sait plus fort à l’égard des Français depuis l’entente conclue avec les nationalistes prochinois. &#039;&#039;&#039;Sa position au départ conciliante sur cette question (voir 16 février) se raidit : il demande que le Nam Bo devienne, sans référendum, une possession du Vietnam&#039;&#039;&#039; (Bodinier, 1987, p. 216). Il marchande également son accord sur la relève des Chinois par les forces françaises en demandant de fixer lui-même leurs effectifs (qui figureront dans l’accord annexe du 6 mars) et leurs lieux de cantonnement. De retour de Paris vers l’Indochine, D’Argenlieu est mis au courant de cette situation lors d’une escale au Caire (Salan 1, 1970, p. 305 ; D’Argenlieu, 1985, p. 180). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Francini observe : « Une fois encore, Ho Chi Minh doit donc négocier un passage périlleux entre plusieurs écueils. Une fois encore, il y parvient. » Sainteny se doit désormais d’ouvrir les négociations aux nationalistes prochinois car le gouvernement provisoire doit être élargi à leur présence (voir 24 février). Le représentant de la France est toutefois souvent excédé par l’attitude versatile et les tergiversations de son principal interlocuteur (Francini 1, 1988, p. 286 ; D’Argenlieu, 1985, p. 174 et p. 180).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parallèlement aux négociations avec les Français, HCM continue à jouer une carte internationale. Un câblogramme est envoyé par un diplomate américain en poste à Hanoi au département d’État au sujet de « deux lettres adressées [par HCM] au président des U.S.A. » Le même message précise que des lettres identiques avaient été envoyées aux chefs de gouvernement chinois, russe et britannique. Pour la partie américaine, HCM demande à ce que les U.S.A. agissent en conformité avec la charte des Nations Unies, soutiennent l’indépendance de l’Annam en s’inspirant du modèle philippin, sans quoi les Annamites « lutteront jusqu’à ce que les Nations Unies interviennent pour hâter l’indépendance de l’Annam. » Or Leclerc avait demandé à Sainteny d’écarter temporairement cette question dans son additif au télégramme de D’Argenlieu du 21. Ho demande également aux grandes nations d’intervenir pour faire cesser la guerre en Indochine, d’apporter leur médiation et de porter l’affaire devant l’O.N.U. Selon les sources américaines, il exprime une aspiration de son peuple à une « indépendance pleine et entière » et envisage une lutte « contre le rétablissement de l’impérialisme français » (Bodard, 1971, doss. Pentagone, pp. 57-58).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’état-major de Leclerc adresse à Salan un télégramme évoquant les délicates questions qui se poseront suite au débarquement français. Elles touchent aux relations entre l’armée française, les Chinois et les troupes du VM. En conclusion, il est écrit : « On ne saurait trop insister sur les mesures à prendre pour flatter les Asiatiques qu’ils soient Chinois ou du Vietminh. » (Bodinier, 1987, pp. 213-216)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny envoie un télégramme à D’Argenlieu lui rendant compte de la situation : « Au court entretien de ce jour Hô s’est montré encore plus intransigeant qu’au cours conversations précédentes. Il semble que cette tactique consiste à discuter point par point jusqu’au dernier pouce. » Les discussions achoppent notamment sur la question de l’unité du Vietnam (Cadeau, 2019, p. 172). Il avertit également Salan de cet état de fait : « Ho s’est encore montré encore une fois plus intransigeant qu’au cours des conversations précédentes. Tous les prétextes sont bons pour gagner du temps […] Ce soir, il refuse nettement notre retour à Hanoï. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 62)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon de parachutistes SAS qui sera suivie par celle du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; bataillon en juin. Elle marque le début des troupes aéroportées en Indochine. Ces unités auront vocation à intervenir essentiellement au Laos et au Cambodge contre des bandes inféodées au VM (Cadeau, 2019, p. 234).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​28 février 46 : &#039;&#039;&#039;Accord franco-chinois de Chungking&#039;&#039;&#039;. À son sujet, Raymond note : « Le général Salan fut envoyé à Chungking (Chine) pour discuter avec les représentants du Kuomintang afin d&#039;aboutir à une reconnaissance de la souveraineté française sur l&#039;Indochine. L&#039;accord fut trouvé le 28 février 1946, et signé, côté français, par Jacques Meyrier (ambassadeur à Chungking, capitale de la Chine nationaliste) et le général Salan (délégué militaire du haut-commissaire). Il prévoyait des conditions extrêmement avantageuses pour la Chine : la France renonce à ses droits d&#039;extraterritorialité en Chine et doit restituer ses concessions ; la partie chinoise du chemin de fer du Yunnan passe sous propriété chinoise ; une zone franche chinoise doit être créée à Haïphong où les Chinois d&#039;Indochine doivent y être traités comme les Français. Seule, la souveraineté française est reconnue. » (Raymond, 2013, p. 68) Lou Han, bien que se trouvant à Chunking, ne participe pas à la signature de l’accord. Il est par contre présent au même moment au 6&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; congrès du Guomintang où l’aile droite, en accord avec les généraux chinois déjà sur place, demande la prolongation de l’occupation du Tonkin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Signé après des semaines de négociations par un Tchang Kaï Chek qui a besoin de troupes pour contrer Mao, l&#039;accord prévoit le départ entre le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; et le 15 mars des troupes chinoises stationnées en Indochine, un statut spécial pour les Chinois résidant en Indochine française et la disparition des concessions françaises en Chine (Shanghai, Hankou, Tsientsin, Canton). Le gouvernement vietnamien n’a pas été consulté sur les termes  de cet accord. Pour les Français comme pour les Vietnamiens, le prix à payer est donc lourd pour obtenir le départ de troupes qui, normalement, n’étaient là que pour désarmer les Japonais. Selon ce qui a été prévu, le départ définitif des Chinois devrait être terminé le 31 mars. La réalité sera tout autre (voir 18 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au raidissement de la position d’HCM (voir 27 février),  en prévision du débarquement français, Giap a donné des instructions à son armée : des obstacles sont préparés et des destructions sont faites dans la région d’Haïphong. Tout ce que les Français ne voulaient justement pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un conseil fédéral se tient à Saigon auquel participent D’Argenlieu et Leclerc. Un point général sur la situation est fait après le retour de l’amiral. Cédile (commissaire de la République en Cochinchine) doit aider « le conseil consultatif [de Cochinchine] à se fortifier ». On n’y évoque pas le « plan H » (le débarquement français, voir 27 février) qui, selon l’amiral, doit rester « secret et ne doit pas être évoqué, même au Conseil. » (D’Argenlieu, 1985, pp. 176-178)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin février 46 : Les effectifs de militaires français présents en Indochine s’élèvent à 55 855 hommes, 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. comprise (Pedroncini, 1992, p. 395).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Janvier_1946&amp;diff=5324</id>
		<title>Janvier 1946</title>
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		<updated>2026-09-06T06:40:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Début 46 : Le Laos, stabilisé, est divisé en trois zones d’influence, celle du VM et du Lao Issara à l’Est, celle des Français (qui ont réussi à se maintenir malgré de faibles effectifs) et celle des Chinois au Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un entretien accordé à Alain Ruscio, René Lhermite, rédacteur de politique internationale à &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039;, lui confie : « En 1945, et même début 1946, nous étions très mal informés. Nous avons appris la révolution d’août par quelques informations fragmentaires de presse. Elles étaient très insuffisantes pour nous permettre de nous faire une opinion précise de ce qui se passait en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1985, p. 70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Janvier 46 : De Gaulle, toujours peu au fait des réalités indochinoises, déclare à Paul Mus venu depuis le 28 décembre en France lui remettre une lettre de D’Argenlieu : « Nous rentrons en Indochine parce que nous sommes les plus forts. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Journoud, 2011, p. 39)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En vue du débarquement français au Tonkin, Leclerc est à la recherche d’une situation la plus stable possible au niveau du gouvernement vietnamien qui connaît de graves difficultés sous la pression des Chinois et des partis qui leur sont inféodés. Ce qu’il redoute le plus c’est que ce gouvernement « prenne la brousse » à l’arrivée des Français tout en appelant le peuple à la résistance armée à outrance. Tout doit être fait pour ne pas en arriver là car une reconquête militaire du Tonkin, même partielle, est jugée par lui pour l’instant impossible. Il est donc indispensable de trouver à Hanoi, le jour du débarquement, un gouvernement vietnamien responsable, « si imparfait soit-il ». D’où la nécessité de négocier avec HCM mais le plus prudemment possible, sans trop s’engager (voir 14 janvier) (Pedroncini, 1992, p. 163).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un sondage assure que 58 % des Français demeurent persuadés que l’Indochine restera française (Valette, 1994, pp. 6-7).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 46 : Entrée en fonction, avant même les élections, d’un « Gouvernement provisoire d’union nationale » vietnamien qui mêle le VM et les nationalistes prochinois (voir 24-25 décembre 1945). Le VM a dû céder sous la pression des Chinois en y intégrant des membres du D.M.H. et du V.N.Q.D.D. (voir 6 janvier) (Pedroncini, 1992, p. 394 ; Turpin, 2005, p. 189, note 90).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le retrait progressif des Britanniques, ce sont les Français qui doivent désormais assurer la charge du maintien de l’ordre au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Turpin, 2005, p. 156) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; - 31 janvier 46 : Les Français sont victimes de 145 crimes, délits ou voies de fait, dont 6 assassinats perpétrés ou par les occupants chinois ou par les Vietnamiens. 20 000 personnes d’origine française résident au Tonkin qu’il faut protéger (De Folin, 1993, p. 122 ; détails des victimes &#039;&#039;in&#039;&#039; Sainteny, 1967, p. 141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 janvier 46 : Un mémorandum chinois demande aux Français la relève de la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise au Laos pour qu’elle puisse se rendre combattre en Mandchourie contre les communistes (Gras, 1979, p. 86). Mais cette demande est isolée. Le processus sera lent et n’aboutira qu’en septembre, les « seigneurs de la guerre » chinois ayant beaucoup de mal à lâcher la « poule aux œufs d’or » indochinoise et son opium.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Au Cambodge, signature du modus vivendi franco-khmer. Il marque la fin du protectorat&#039;&#039;&#039; : Les Français accordent une autonomie administrative, mais avec la présence d’un Commissaire de la République, de conseillers français au niveau ministériel et provincial et un contrôle de la France sur la Défense et les Affaires étrangères. Le Cambodge est toutefois tenu aux obligations des États membres de l’Union Française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 janvier 46 : D’Argenlieu apprend la mort accidentelle du prince Vinh San qu’il pressentait (comme De Gaulle) pour se substituer à HCM (voir 28 décembre 1945). Il note : « « Le fait nouveau » s’évanouissait en fumée tel un rêve ! » (D’Argenlieu, 1985, p. 113). Lors d’un dîner à Neuilly, De Gaulle a confié à son beau-fils De Boissieu : « La France n’a pas de chance en ce moment […] Cette mort du prince nous prive d’une carte maîtresse en Indochine. » (Turpin, 2005, p. 194 ; cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 335) Désormais, pour De Gaulle comme pour D’Argenlieu, il ne reste qu’une voie étroite et raide, celle d’HCM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 - 6 janvier 46 : Salan se rend à Kunming où se trouvent les forces françaises basées en Chine et constitue le centre où sont regroupés et hébergés tous les ressortissants français évacués d’Indochine. Il est accueilli par Jacques Meyrier, ambassadeur de France en Chine nationaliste à Chungking. Salan prévoit son départ pour la capitale chinoise le 7, jour où il doit rencontrer Tchang Kaï Check. Il rencontre les troupes françaises et évoque avec elles leur retour au Tonkin (en pays thaï, plus favorable aux Français) sous l’appellation d’opération &#039;&#039;Béarn&#039;&#039;. Ce retour est délicat car il risque de se heurter à une double opposition, celle du VM et du V.N.Q.D.D. Il s’agit d’éviter « toute réaction désagréable des populations », d’obtenir « l’appui des chefs autochtones » et de « permettre le ravitaillement des colonnes » en bénéficiant de leur appui. Sainteny est « en plein accord » avec ce projet (Salan 1, 1970, p. 258-259).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 janvier 46 : &#039;&#039;&#039;Les élections ont lieu dans les territoires contrôlés par le G.R.A. et confirment largement la victoire du VM.&#039;&#039;&#039; Elles ont été repoussées à deux reprises, les 8 septembre et 23 décembre 1945, sous la pression des Chinois et des partis vietnamiens qui les soutenaient. Mais certaines localités ont voté dès le 23 décembre 1945. Le Vietminh revendique une victoire avec des pourcentages éblouissants : HCM, réélu président, a obtenu à Hanoï 98,4 % des voix, Giap 97 % à Nghe. Bao Daï est élu député du Vietminh avec 90 % des voix de la circonscription de Thanh Hoa, preuve vivante que le Vietminh a su présenter « des personnalités neutres, insoupçonnables, rassurantes et dignes ». Ainsi en est-il également pour l’évêque Le Huu Tu qui devient conseiller du gouvernement (Giap 1, 2003, p. 23).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ces élections ont été aussi doublement truquées. Seuls, ou pratiquement seuls figuraient sur les listes des candidats du seul Vietminh. Quant aux candidats prochinois, ils ont été cooptés arbitrairement d’office, obtenant comme prévu par les accords du 22 décembre 1945 70 sièges. HCM est donc contraint d’accepter des nationalistes soutenus par les Chinois dans son gouvernement. Il s’efforce toutefois d’en réduire la portée en gardant l’essentiel du pouvoir par le biais des ministères clés (voir 23 décembre 1945). Selon Giap, un cinquième des sièges ont été attribués aux représentants des partis prochinois « sans passer par les élections parce qu’ils avaient très peu de chances d’être élus au suffrage universel. » (Giap 1, 2003, p. 23). Tout avait été organisé par le VM pour qu’ils soient d’illustres inconnus… Sur 329 sièges, 250 reviennent de fait au VM. Peu dupes de la manœuvre, les nationalistes prochinois maintiennent en janvier la pression de la rue, accusant les « vainqueurs » des élections de manipulation électorale. Quant aux députés « élus », ils ne seront convoqués que 6 semaines après les résultats… &#039;&#039;&#039;Le VM tient officiellement le Nord mais sa position demeure délicate : le pays est exsangue, sa maîtrise politique est imparfaite et il n’a pas les moyens matériels de s’engager dans une guerre à l’issue incertaine. Il doit donc composer avec les uns et les autres, ce qu’a parfaitement compris HCM.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les violences à Hanoï se poursuivent contre les Français : 145 crimes et délits (dont 6 assassinats), 12 tentatives d’empoisonnement et des dizaines d’agressions perpétrées par les Vietnamiens ou les Chinois. Les 30 000 Français regroupés depuis le 9 mars 1945 à Hanoï (pour les deux tiers) ou dans les grandes villes du Nord ont le sentiment d’être abandonnés.     4 500 militaires français sont toujours retenus prisonniers dans la citadelle de la capitale du Tonkin. Sainteny dont les services sont entassés dans une villa de fonction y est plus surveillée que protégé par les troupes vietminh. Seul espoir pour lui, un retour rapide des troupes françaises (Francini 1, 1988, pp. 272-276).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM accorde une interview au journaliste français P.M. Dessinges, envoyé spécial du quotidien parisien &#039;&#039;Résistance&#039;&#039; mais surtout membre de l’état-major de Leclerc. Il y déclare : « Nous n’avons aucune haine contre la France et le peuple français. Nous les admirons beaucoup et nous ne désirons pas rompre les liens qui unissent si fort nos peuples. Nous demandons que la France fasse le premier pas sincère et concret. Nous le souhaitons d’autant plus, quand nous voyons d’autres nations chercher à s’immiscer dans des affaires qui nous regardent en propre. Il ne faut pas que nos deux peuples laissent à ces pays l’occasion de nous faire la morale. Nous voulons, nous devons nous arranger entre nous. Mais sachez-le bien, nous sommes décidés à lutter jusqu’au bout si la lutte nous est imposée. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 janvier 46 : Au Cambodge, après s’être débarrassé de Son Ngoc Tranh (premier ministre nationaliste mis en place par les Japonais, voir 15 octobre 1945), ce dernier est remplacé par le prince Monireth, ancien officier du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. et oncle de Sihanouk. &#039;&#039;&#039;Il signe avec la France un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039;&#039;&#039;&#039; qui, par un système rendant exutoire tous les actes royaux par un « vu pour attache », rappelle le système du protectorat. Après un intermède assuré par le lieutenant-colonel Huard, le général Alessandri, devenu fin octobre 1945 commissaire de la République à Phnom Penh, sera également nommé conseiller du roi (De Folin, 1993, p. 129). Par ce texte provisoire, le gouvernement khmer récupère des compétences dans les domaines secondaires de la santé, de l’agriculture, de l’enseignement et des beaux-arts. Dans les faits, au grand dam de Sihanouk (voir 28 septembre 1945), cette situation qui n’aurait dû être que transitoire va s’éterniser du fait de la mauvaise volonté des Français quant aux aspirations d’indépendance du pays. Selon Burchett, « les discussions sur les traités étaient constamment ajournées. » (Burchett, 1970, p. 23) Le jeune roi Sihanouk et le peuple cambodgien vivront donc de plus en plus mal cet état de dépendance institué par un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; qui leur est imposé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan se présente à l’aérodrome de Kunming pour se rendre à Chunking (voir 5-6 janvier) mais y est bloqué pour une question de ravitaillement en essence liée à la corruption ambiante. Il doit finalement prendre un avion américain. Arrivé à Chunking, il se rend directement à l’ambassade de France (Salan 1, 1970, pp. 260-261).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 janvier 46 : Salan arrive à Chungking et y demeurera jusqu’au 2 février. Il a compulsé des documents émanant d’Alessandri et D’Argenlieu, produits en août, septembre et octobre 1945. Ils portent sur les négociations avec les Chinois en vue d’un éventuel retour des Français en Indochine. Les militaires chinois, contrairement à leurs diplomates (voir 17 avril 1945), n’y sont pas favorables (voir 3 novembre 1945) et préconisent un maintien de leur occupation pour des raisons purement mercantiles (mise en coupe réglée du pays et surtout récolte de l’opium).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, un mémorandum du 4 janvier émanant du 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau de l’armée chinoise « ouvre la porte du Laos » avec le retrait annoncé de la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise prévu pour le 31 janvier, date à laquelle les Français se substitueraient aux Chinois. Salan rencontre l’ambassadeur de France en Chine Meyrier qui lui prédit « des moments pénibles et désagréables » mais précise que « nous devons aboutir ». Il rencontre ensuite le général Tseng Kai Min de la commission militaire chinoise pour discuter du calendrier de retrait et de ses modalités, ainsi que du réarmement des troupes françaises à Hanoi. Sur ces deux points, il n’obtient aucune réponse claire (Salan 1, 1970, pp. 261-263). Les Chinois sont exigeants. C’est ce qu’observe le colonel Crépin qui accompagne Salan à Chunking : « Je pus m’apercevoir très vite qu’aucun accord d’état-major pour le retour des troupes au Tonkin ne pourrait être conclu tant que le traité d’amitié franco-chinois ne serait pas signé [voir 28 février] et que celui-ci ne le serait que si nous consentions des sacrifices financiers importants et l’abandon à la Chine du chemin de fer du Yunnan situé sur son territoire. » Meyrier et son premier secrétaire d’ambassade Daridan sont en charge de cet épineux dossier que le Quai d’Orsay laisse traîner (Pedroncini, 1992, p. 168).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Télégramme de Chauvel (direction Asie-Océanie du ministère des Affaires étrangères) faisant état de l’approbation par De Gaulle et du Comité d’Indochine « de l’accord économique et d’établissement relatif à l’Indochine » avec les Chinois. Le général demande en contrepartie un retrait des troupes chinoises, tout particulièrement au Laos (DDF, 2003, tome 1, document n° 18, pp. 37-38).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 janvier 46 : Assassinat du directeur de la Banque d’Indochine à Hanoi (Baylin). Il aurait refusé d’échanger les billets de 500 piastres émis par les Chinois et aurait refusé de donner 11 millions de piastres au VM comme il l’avait fait antérieurement (Salan 1, 1970, p. 265). Selon Devillers, les assassins se révèleront être en fait des « commerçants frustrés » (Devillers, 1988, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des émeutes violentes à l’égard des Français menées par des Vietnamiens et des Chinois se poursuivent jusqu’au 12 (Gras, 1979, pp. 86-87). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Signature à Chunking d’un accord entre Français et Chinois permettant le retour au Tonkin des unités militaires rescapées du coup de force japonais du 9 mars 1945&#039;&#039;&#039; (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 janvier 46 : Première séance de l’Assemblée générale de l’O.N.U.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 - 12 janvier 46 : Émeutes de la faim à Hanoi suite à la récolte catastrophique provoquée par des inondations dues à des ruptures de digues. Elles sont menées par des Chinois et des Vietnamiens. &#039;&#039;&#039;Cette disette durera tout janvier et février&#039;&#039;&#039; et s’étendra jusqu’à la prochaine récolte. Selon Salan, « […]  des enfants meurent de faim et les familles les déposent sur les trottoirs. » Sainteny « fait des efforts pour amener du riz de Cochinchine et y réussit en partie. » (Salan 1, 1970, p. 286) La police chinoise ne semble ni capable ni surtout désireuse de réprimer les mouvements. Les protestations de Saigon n’y feront rien et se heurteront toujours à un refus de réarmer les troupes françaises de la citadelle d’Hanoi. Selon Sainteny, ce sont des agents de la police municipale qui protègent les Français, « invitant la foule à se disperser et à laisser les Français en paix. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devillers, 1988, p. 120).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 janvier 46 : Pignon observe que le ton de la presse vietnamienne est beaucoup moins agressif à l’égard de la France. Le journal du VM &#039;&#039;Cuu Quoc&#039;&#039; distingue « les bons Français de France » des « mauvais Français de Cochinchine » (Devillers, 1988, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 janvier 46 : Le gouvernement provisoire vietnamien entreprend des opérations dans l’arrière-pays du delta du Tonkin. Les coups de main, assassinats et bagarres sanglantes reprennent à Hanoï, Vietri, Phu To, Vinh Yen entre le VM et les nationalistes prochinois.  Les Chinois protègent ces derniers mais le VM parviendra à reprendre progressivement le contrôle de l’ordre. Toutefois l’action gouvernementale est contestée. Du fait de problèmes financiers liés aux récents cadeaux fiscaux, 751 fonctionnaires ont dû être licenciés. La présence des Chinois est toujours synonyme d’un ramassage de butin de guerre et les populations sont sans cesse arbitrairement ponctionnées sans que le gouvernement puisse réagir contre ces multiples exactions (Fall, 1960, p. 48).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 janvier 46 : Leclerc qui recherche d’un compromis prudent avec le VM en vue du retour des Français au Tonkin, écrit à D’Argenlieu. Il évoque la possibilité « sinon de négociations, au moins de contacts personnels » avec HCM et « des personnages évolués du Vietminh, en général de culture française. » Comme Ho « ne représente plus le Vietminh seul, mais l’ensemble des partis du gouvernement d’union […] des conversations avec lui sont plus normales que par le passé […]. L’intérêt de telles conversations serait d’abord de prévenir à notre arrivée d’une guerre sainte. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 163)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Fait plus rare, il écrit également directement à De Gaulle en précisant qu’en vue du prochain débarquement, « il s’avère chaque jour d’avantage que le fond du problème est chinois. » Il envisage les deux possibilités : « sans l’accord des Chinois » et « avec l’accord des Chinois ». La deuxième éventualité ayant naturellement sa préférence. Mais la situation demeure forcément complexe et le temps presse. Pour influencer les Américains, il demande la médiation de Juin « et de ses relations personnelles avec le général Marshall. » Selon lui, « la présence du général Juin permettrait de coordonner l’action militaire et l’action politique […] » (Bodinier, 1987, pp. 200-201)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 janvier 46 : Valluy quitte Saigon pour Paris. Il est chargé par D’Argenlieu et Leclerc d’aller souligner l’urgence de trouver un accord avec la Chine et le gouvernement vietnamien. Mais le commandant de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. arrive au plus mauvais moment puisque De Gaulle est en train de quitter le pouvoir. Il va donc lui falloir initier un nouveau gouvernement aux complexités de la situation indochinoise et surtout obtenir une décision car le temps presse (Pedroncini, 1992, pp. 163-164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc avertit le gouvernement français de la gravité de la situation au Tonkin du fait de la complicité des Chinois et de leur mauvaise volonté à laisser revenir les Français. Il demande une intervention diplomatique auprès des autorités chinoises (Salan 1, 1970, pp. 268-269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;L’amiral Mountbatten propose d’abandonner toute responsabilité britannique en Indochine. Son gouvernement approuve.&#039;&#039;&#039; Le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; est plus réticent, pour ne pas froisser Washington. Les Américains craignent que la France ne réclame un rôle égal à celui du Royaume-Uni, de l’U.R.S.S., de la Chine et des U.S.A. après la capitulation du Japon. Ils sont clairement opposés depuis juillet et décembre 1943 à un retour des Français en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée de Max André à Saïgon (chargé de mission auprès de Georges Bidault, le ministre des Affaires étrangères). Il est l’un des dirigeants du M.R.P., a vécu en Indochine avant la SGM comme un ancien directeur de la Banque franco-chinoise. Il est accueilli par D’Argenlieu et Pignon est chargé de lui faciliter son déplacement à Hanoï où il rencontrera à deux reprises HCM (voir 16 et 21 janvier). Il dirigera par la suite la première conférence de Dalat (voir 19 avril – 11 mai) puis celle de Fontainebleau (voir 6 juillet – 10 septembre) (Devillers, 1988, p. 123 ; Valette, 1994, p. 56).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bidault (Affaires étrangères) fait parvenir aux représentants diplomatiques de la France à Moscou, Londres Washington et La Haye un nouveau rapport pour la période du 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; au 15 janvier. Il semble plus objectif que le précédent (voir 10 décembre 1945). La situation en Cochinchine est stabilisée : « Les populations accueillent de plus en plus favorablement – et ouvertement – le rétablissement du contrôle français. » La région de Saïgon-Cholon est « entièrement redevenue à la vie normale ». Il n’en est pas de même en Annam où les troupes françaises « se heurtent à une assez vive résistance des forces révolutionnaires ». Le Cambodge demeure « fidèle ». La situation au Tonkin demeure « marquée par l’incohérence » : lutte entre les partis révolutionnaires ; « incohérence économique » ; attitude désopilante des forces chinoises d’occupation qui reçoivent des ordres contradictoires entre ce qui vient de Chungking et du commandement local de Lou Han. C’est cette politique « opportuniste » des Chinois qui explique la recrudescence d’agressions contre les Français (voir 9 janvier). Au Laos, l’attitude des Chinois demeure agressive et les relations avec Imfeld (commissaire de la République) sont mauvaises. Les futures discussions au sujet de l’évacuation des troupes chinoises vont s’avérer être particulièrement compliquées à mener (DDF, 2003, tome 1, document n° 59, pp. 133-134).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-janvier 46 : Dans une note adressée à D’Argenlieu, Sainteny observe que les relations franco-annamites dépendent de la bonne volonté des Chinois et ne peut être réalisée que « par leur intermédiaire ». Selon lui, « la Chine est prête à être le courtier d’un accord dans lequel elle serait largement bénéficiaire. » Pour éviter cela, il faudrait une puissante intervention armée que la France ne peut pour l’instant mener et qui entraînerait une alliance entre la Chine et le VM. Seule l’option diplomatique est donc envisageable pour autoriser un retour de la France au Tonkin. Cette solution donnerait en plus des atouts économiques aux Français car « le Tonkin est et restera l’indispensable lien de la Chine du Sud-Ouest avec le monde. » (Devillers, 1988, pp. 121-123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 janvier 46 : Salan rencontre le général chinois Koung et évoque la libération des Français de la caserne Rivière à Haïphong. Sur le retour des Français au Tonkin, le général chinois donne « pour le moment » une réponse négative la justifiant par de pseudo-raisons de sécurité. Ces propos sont confirmés par différentes notes reçues par Salan. La politique chinoise demeure bienveillante à l’égard des seuls nationalistes vietnamiens prochinois. Selon Salan, les Français se font gruger, sans doute moins par Tchang Kaï Check lui-même, que par ses subordonnés sur lesquels il n’a qu’une emprise modérée (Salan 1, 1970, pp. 270-271 et p. 276). Toutefois un accord est signé, les troupes françaises toujours basées en Chine et commandées par le lieutenant-colonel Quichilini pourront se rendre au Tonkin via le Laos, sans toutefois pouvoir y stationner (voir 22 janvier) (Gras, 1979, p. 87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Max André (M.R.P., voir 15 janvier) a été chargé par Michelet (Armées) et Bidault (Affaires étrangères) de rencontrer HCM. Il dîne avec Sainteny avant cette première rencontre pour un entretien de fond. Ce dernier est froid et les points de divergence sont réels mais les deux hommes se reverront le 21. Il rapportera à D’Argenlieu les exigences de son interlocuteur : « un gouvernement vietnamien maître chez lui, et pareillement une administration, une économie, un système financier, une armée, une diplomatie enfin indépendante. » (Devillers, 1988, p. 124)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 janvier 46 : Salan et l’ambassadeur Meyrier sont reçus par Tchang Kaï Check lors d’une cérémonie très solennelle. Meyrier lui remet alors ses lettres de créance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 janvier 46 : Longue conversation entre Salan, l’ambassadeur Meyrier et Daridan (son conseiller) : il faut gagner du temps et ne pas laisser entendre clairement aux Chinois que les Français entendent revenir rapidement au Tonkin. Salan a un espoir : le départ des Japonais laisse la place aux communistes indochinois, ce que les nationalistes prochinois ne pourront tolérer longtemps (Salan 1, 1970, p. 275). Salan n’hésite pas durant son séjour à utiliser l’argument anticommuniste qui risque cependant de demeurer sans grand résultat (Salan 1, 1970, p. 277). Manière de s’opposer au retour des Français, il observe que les Américains demeurent les soutiens actifs des Chinois et qu’ils ont même récemment largué des armes au VM.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 janvier 46 : &#039;&#039;&#039;Démission de De Gaulle.&#039;&#039;&#039; Ce dernier, en quittant ses fonctions, ne précise pas sa pensée quant au futur statut de l’Indochine et ne la communique pas à D’Argenlieu comme l’ont montré ses récents silences, au moment où il abandonnait les affaires. La mort récente du prince Vinh San semble l’avoir totalement désorienté (voir 5 janvier). Selon Jacques Foccart, un de ses proches, « il s’est dit que le pays ne le laisserait pas partir, qu’il reviendrait rapidement. Autrement dit, en partant, il a cru – il n’a jamais dit – qu’on le rappellerait rapidement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 190, note 94) De Gaulle entame, en fait, ce que l’on nommera sa longue « traversée du désert ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Formation du gouvernement Félix Gouin&#039;&#039;&#039; (issu des élections du 21 octobre 1945 qui mettent en place le tripartisme). Le chef du gouvernement est socialiste. Le gouvernement est quant à lui tripartite : 6 ministres du Mouvement républicain populaire (M.R.P.), 8 communistes, 9 membres de la S.F.I.O.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement : Armées : Edmond Michelet ; Affaires étrangères : Georges Bidault     (M.R.P.) ; Colonies : Marius Moutet (S.F.I.O.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est donc &#039;&#039;&#039;Marius Moutet&#039;&#039;&#039; (ancien ministre des Colonies du Front populaire, voir sa notice biographique ) qui prend la tête du ministère de la France d’Outre-mer (Francini 1, 1988, p. 284). Privé du soutien de De Gaulle, D’Argenlieu aura toujours le plus grand mal à avoir confiance en Moutet. Selon Raymond, « les négociations opéraient donc dans un flou politique et sémantique, qui allait laisser la place à bien des équivoques. » (Raymond, 2013, p. 70)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu reçoit un vague télégramme de De Gaulle lui recommandant « de poursuivre sa mission » mais aucune réponse aux propositions précises que celui-ci lui a adressées fin décembre 1945. D’Argenlieu se trouve de plus en plus désemparé face au silence gaullien (De Folin, 1993, pp. 136-137).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 janvier 46 : Max André (M.R.P., voir 15 et 16 janvier) rencontre une seconde fois HCM. Ce dernier « insiste pour obtenir une déclaration solennelle de la France, favorable bien sûr à l’indépendance du Vietnam. Sans cela toute négociation le déconsidèrerait aux yeux des de la masse annamite […] » (Devillers, 1988, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu ordonne de réunir les unités nécessaires à la reconquête du Tonkin (Valette, 1994, p. 59).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 janvier 46 : Départ des premières troupes françaises stationnées en Chine pour l’Indochine (vers le Laos et la région de Dien Bien Phu). Leclerc suit la manœuvre (Salan 1, 1970, pp. 278-279). L’accueil au Laos est chaleureux, mais elles doivent à nouveau se heurter sur place aux Chinois qui leur barrent la route (Gras, 1979, p. 87).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 janvier 46 : Selon Devillers, un rapport de Pignon observe que le G.R.A. « a amorcé depuis fin décembre une évolution nettement favorable aux Français. Cette évolution pourrait être interprétée comme une manifestation du désir de renouer des pourparlers interrompus […] » Il observe que la propagande du VM une subtile « classification […] entre colonialistes et impérialistes d’une part et résidents français d’autre part. C’est contre les premiers que le Vietnam doit poursuivre la lutte à outrance […] » (Devillers, 1988, pp. 115-116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Télégramme de Tchang Kaï Check autorisant les troupes françaises stationnées au Yunnan à entrer au Laos&#039;&#039;&#039; (Salan 1, 1970, p. 282). Les Français ne pourront pas pour autant regagner le Tonkin, y compris le pays thaï. Cette opération doit théoriquement être terminée le 31 mais, dans les faits, ne le sera pas (voir 29 janvier) (Cadeau, 2019, p. 164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Félix Gouin, est élu « président du Gouvernement provisoire de la République ». Il présentera un gouvernement tripartite à partir du 28 (Devillers, 1988, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre, Leclerc demande à Salan de quitter la Chine et regagner Hanoi  pour donner une nouvelle impulsion aux conversations avec HCM qui sont au point mort (Devillers, 1988, p. 126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 janvier 46 : Opération &#039;&#039;Gaur&#039;&#039; menée par deux colonnes motorisées parties de Bien Hoa et de Ban Me Thuot. Elle vise à occuper le Sud-Annam et libérer Nha Trang (atteint le 30) au moyen de 2 colonnes motorisées (colonnes Massu et Guffet). &#039;&#039;&#039;Libération de&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;Dalat&#039;&#039;&#039;. Les routes sont relativement rapidement libérées mais leurs environs sont rapidement réoccupés par le VM qui demeure la plupart du temps insaisissable, sauf quand il se manifeste ici et là, ponctuellement. On « boucle » puis on « ratisse », souvent en vain… Leclerc n’est pas dupe, parlant lui-même pour évoquer ces opérations de « tours de prestidigitateur » (Cadeau, 2019, pp. 157-158). Pour autant, faute de mieux, selon un témoin de l’époque, « la colonne blindée ira partout. Un homme isolé ne fera pas cent mètres. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 102)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Bidault à l’ambassadeur de France à Londres au sujet de la zone d’occupation britannique au sud de l’Indochine. Les choses vont d’autant mieux que les Britanniques (qui n’entendent pas s’éterniser en Indochine…) cèdent volontiers la place aux Français (DDF, 2003, tome 1, document n° 65, pp. 140-141).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 janvier 46 : Réunion du Comité interministériel pour l’Indochine (Cominindo) à Paris (voir 3 février) sous la direction provisoire de De Langlade (qui avait demandé à De Gaulle de quitter cette fonction le 15 avril). Les futurs ministres n’y participent pas et ne sont représentés que par des « délégués ». Valluy représente D’Argenlieu. On y évoque deux questions principales : la relève des troupes chinoises et le projet de débarquement au Tonkin prévu pour fin-février. Valluy expose l’urgence de ce débarquement au vu de la situation des civils au Tonkin et l’approche de la mousson (future opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039;). Le débarquement doit toutefois avoir l’aval des Chinois et le général Juin doit être envoyé à Chunking car il entretient de bonnes relations avec le général américain Marshall qui y est. On prévoit de dédommager les Chinois en leur cédant le secteur du chemin de fer du Yunnan (D’Argenlieu, 1985, p. 138 ; C.R. de cette réunion &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 71, pp. 151-153). On doit également obtenir l’aval des Vietnamiens. Cependant, du fait du récent départ de De Gaulle des affaires, rien ne peut être engagé sans l’aval d’un nouveau gouvernement. Pour la future opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039;, Valluy estime : « Il ne faut pas nous dissimuler que cette opération est difficile. Nous sommes dans la nécessité de l’entamer et de la conduire très vite. » Il précise qu’elle doit être présentée comme « une action militaire pure » pour ne heurter politiquement ni les Chinois ni les Vietnamiens. Elle doit donc être  « obligatoirement couverte » par l’aval de ces deux parties afin que l’opération n’apparaisse pas comme « un coup de tonnerre ». Ce qui est sûr, c’est que « le temps presse », même si les Français sont en plein changement de gouvernement avec l’arrivée prochaine d’une nouvelle équipe (Devillers, 1988, pp. 125-126).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre entre Pignon, Clarac (conseillers politique et diplomatique de D’Argenlieu) et le général Chao Pei Chang (chef de l’administration militaire) qui présente les vues du gouvernement central chinois. Les Chinois ne veulent pas d’un gouvernement communiste au Vietnam. Pensant que les Français seront plus efficaces que leurs nationalistes prochinois pour liquider le VM, le général propose de mettre en place un gouvernement dirigé par le V.N.Q.D.D. qui devra conclure un &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; avec les Français comparable à celui signé avec le Cambodge. Pignon rend compte à D’Argenlieu qui, méfiant et fidèle à la pensée gaulliste, refusera le 6 février : le contentieux entre la France et le VM doit être réglé sans intermédiaires, il faut « conclure une convention au moins préliminaire avec le gouvernement d’Hanoi ». (Pedroncini, 1992, p. 164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le futur ministre de la France d’Outre-Mer (et non plus des Colonies), le socialiste Marius Moutet, assure D’Argenlieu de sa confiance (Devillers, 1988, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Message de Bidault à Meyrier (ambassadeur de France en Chine). Le ministre des Affaires étrangère évoque la réoccupation militaire du Tonkin. Mais D’Argenlieu craint un manque de coopération des autorités chinoises du fait du piétinement des discussions à Chungking. Pour Bidault, deux causes principales expliquent la mauvaise volonté des Chinois : l’acceptation française du traité économique et d’installation proposé par eux et l’absence de contact entre D’Argenlieu et Leclerc avec les autorités chinoises marquant une certaine condescendance qui « a pu blesser leur amour-propre » en ne considérant pas la Chine « en très grande Puissance ». D’où l’idée d’une « &#039;&#039;good will mission&#039;&#039; » (DDF, 2003, tome 1, document n° 68, pp. 146-147).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 janvier 46 : Le socialiste &#039;&#039;&#039;Félix Gouin devient « président du Gouvernement provisoire de la République »&#039;&#039;&#039; (jusqu’au 24 juin 1946). La S.F.I.O. occupe une position charnière et refuse de gouverner seule avec le P.C.F. De Gaulle s’est arrangé pour que les postes-clés ne tombent pas dans les mains des communistes (Armées, Affaires étrangères, Intérieur). C’est donc la constitution d’&#039;&#039;&#039;un gouvernement tripartite (et hétéroclite) : S.F.I.O., M.R.P., P.C.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gouvernement : Armées : Edmond Michelet (M.R.P.) Affaires étrangères : Georges Bidault (M.R.P.) ; le ministère des Colonies devient le ministère de la France d’Outre-mer : Marius Moutet, socialiste qui succède à Jacques Soustelle, en est le premier titulaire et le demeurera jusqu’en 1947 (Bodin, 2004, p. 124).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moutet déclarera en mars au sujet de cette période : « Lorsque j’ai pris possession de mes fonctions à la fin du mois de janvier 1946, nous étions encore en période de bataille […] les directives que le [gouvernement] a données tout de suite furent celles-ci : l’action à poursuivre devait être avant tout politique ; nous ne pouvions nous considérer en territoire ennemi […] Les directives du gouvernement rejoignirent celles du haut-commissaire de la République, l’amiral D’Argenlieu, et du commandant en chef, le général Leclerc. » (extrait du J.O., Assemblée nationale, débats du 23 mars 1946 cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, pp. 56-57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Évacuation de l’Indochine par les Britanniques au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039;. &#039;&#039;&#039;Le général Gracey quitte le sud du Vietnam&#039;&#039;&#039; après avoir désarmé 54 000 Japonais. Durant son séjour, sa 20&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division indienne a déploré 40 tués et 110 blessés (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Cochinchine, les Français conçoivent des opérations de ratissage rendues difficiles par la configuration du terrain (présence d’eau et de marais dans le Delta) : le rebelle y est dans son élément et bénéficie de la complicité d’une importante partie des habitants. Les paysans du jour deviennent les combattants de la nuit. Les Français construisent des fortins et arment des partisans. L’ordre ancien se remet progressivement en place mais dans une atmosphère de guérilla.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un rapport de Pignon résumant ses entretiens avec les Chinois précise : « A l’heure actuelle, 28 janvier, il semble que le Gouvernement chinois […] nous propose […] la constitution d’un gouvernement acceptable par eux et par nous, c’est-à-dire sinon anticommuniste, du moins sans communistes. Ce gouvernement devra aux yeux des Chinois présenter des garanties suffisantes de libéralisme. Ils lui imposeraient alors de traiter avec nous et faciliterait la relève de leurs troupes par les nôtres. » Le futur gouvernement sera donc prochinois, ce qui n’est pas pour déplaire aux Français qui sont cependant mis devant un fait accompli. Ils savent aussi que leur futur projet de débarquement dépend de son approbation ou non par les  Chinois (Devillers, 1988, p. 128).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 janvier 46 : Suite aux accords franco-chinois, un premier détachement, le bataillon Lepage, franchit la frontière vietnamo-chinoise en suivant l’itinéraire Phong To-Laichau. Il doit atteindre Dien Bien Phu le 18 février et par la suite progresser vers Luang Prabang qui doit être sa zone de stationnement. Deux autres bataillons doivent suivre par le Laos et s’installer au Tonkin sur le plateau de Tran Hinh (au nord de Xieng Khouang) et dans la région située à l’ouest de Dien Bien Phu. Ces troupes auraient dû théoriquement relever la 93&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division chinoise au 31 mais les choses vont traîner sous des prétextes fallacieux (pour garantir la récolte de l’opium du printemps), ce que révèlera un rapport français en date du 12 février. Les Chinois laisseront traîner les choses jusqu’en mai (Bodinier, 1987, p. 207 ; Cadeau, 2019, p. 164-165).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; signé le 7 avec le Cambodge, D’Argenlieu exulte de sa prouesse dans un télégramme adressé au Comité d’action pour l’Indochine : « D’ores et déjà on peut tirer de ce &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; provisoire [mais voué à durer…] que la France est fermement décidée à tenir ses promesses. C’est bien au Cambodge autonome qui naît au sein de la grande famille française, Cambodge qui, servant d’exemple aux voisins de la fédération, tiendra désormais une place bien à lui dans une vie politique et économique pacifique, Cambodge qui n’aura désormais rien à envier à des pays comme la Birmanie et les Philippines dont le statut n’est pas encore réglé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 159 ; télégramme cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2003, tome 1, document n° 74, pp. 160-162) La France fait donc mieux que les Britanniques et les Américains… Reste à convaincre les Vietnamiens que la solution cambodgienne leur convient, ce qui est loin d’être  acquis…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle rencontre à Hanoi entre Pignon, Clarac et les généraux chinois Tchao Pei Tchang et Lin Chi Han, ce dernier étant le délégué de Tchang Kaï Check chargé de suivre les affaires annamites. Selon le rapport de Pignon, les Chinois font savoir qu’ils souhaitent « la constitution d’un gouvernement acceptable par eux et par nous, c&#039;est-à-dire, sinon anticommuniste, du moins sans communistes [...] Il serait sans doute imprudent de hâter à la désagrégation du Viet-Minh avec qui nous ne devons pas perdre contact. » Il est alors question d’« un tiers parti acceptable aux Chinois et acceptable au Viet-Minh, sur qui nous pourrons avoir  quelque action. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 195) Pas un mot n’est prononcé sur le rôle futur de la France au Tonkin… En riposte, D’Argenlieu refuse que les Chinois s’immiscent dans les relations entre la France et le VM. Il est hors de question d’éliminer HCM au profit d’un membre du V.N.Q.D.D.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 - 30 janvier 46 : D’Argenlieu se rend à Phnom Penh pour bien marquer et célébrer la signature du &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; (voir 7 janvier).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​30 janvier 46 : la ville de Nha Trang est atteinte par le groupement Massu dans le cadre de l’opération &#039;&#039;Gaur&#039;&#039; (voir 20 – 25 janvier). Il a fallu 6 jours pour parcourir les 215 km de trajet après le franchissement de « 466 mètres de coupure ». La seconde colonne (colonne Guffet) mettra encore quelques jours pour rejoindre (Cadeau, 2019, pp. 158-159).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mise en place en Indochine d’une commission d’épuration dirigée par l’inspecteur général des Colonies Cazaux. Des comités d’enquête étudient les cas et les transmettent ou non à des commissions d’épuration territoriales nommées par les différents commissaires de la République. Peu de cas sont retenus. S’ils le sont, D’Argenlieu les examine et les transmet à la commission interministérielle dirigée par Cazaux. Leur existence est cependant mal perçue par les Français d’Indochine qui, eux, avaient subi l’occupation japonaise et voyaient arriver d’un mauvais œil ces « Français 1945 »  (Turpin, 2005, pp. 130-131). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin janvier 46 : 28 000 militaires venus de France ont été débarqués en Indochine (Pedroncini, 1992, p. 394).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=D%C3%A9cembre_1945&amp;diff=5323</id>
		<title>Décembre 1945</title>
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		<updated>2026-09-06T06:31:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Décembre 45 : Début de l’élaboration militaire de la reconquête du N-V, la future opération &#039;&#039;Bentre&#039;&#039; (voir 6 mars 1946) (Pedroncini, 1992, p. 393). Elle aboutira à l’ordre général du 21 février 1946 (extraits &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, pp. 371-376).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre 45 : Reprise de Ban Me Thuot (capitale des hauts plateaux du Sud) par les Français mais la ville sera à nouveau attaquée le 20.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pénétration française dans le pays Moï (Haut-Tonkin, frontière chinoise).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Première réunion discrète (face aux Chinois et aux extrémistes du VM) à l’initiative de Hoang Minh Giam (vice-ministre des Affaires étrangères vietnamien, secrétaire du G.R.A.) en présence de HCM, Giap, Sainteny, Pignon et Caput (secrétaire de la section S.F.I.O. au Tonkin) autour de la question de l’acceptation par la France de l’indépendance proclamée le 2 septembre. Selon D’Argenlieu, HCM apparaît « plus rigide » que jamais autour de cette question cruciale (D’Argenlieu, 1985, p. 87). Toutefois, il se doit aussi d’être conciliant et d’éviter la rupture avec les Français car son gouvernement est menacé tant par les Chinois que par les partis nationalistes qui les soutiennent. HCM se dit même prêt à rencontrer D’Argenlieu (D’Argenlieu, 1985, p. 108). Ces négociations dureront jusqu’au 9 (voir 7 décembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 décembre 45 : Au Nord, Giap (ministre de l’Intérieur du G.R.A.) et Tram Huy Lieu (ministre de la Propagande) sont enlevés par l’opposition prochinoise mais rapidement relâchés (Devillers, 1988, p. 110).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM ajourne la formation d’un nouveau gouvernement incluant les nationalistes (Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 décembre 45 : Pour Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères) : « Sauf imprévu, nous pouvons espérer avoir repris en main l’Indochine au début du printemps. » Cet optimisme est en partie dû au fait que D’Argenlieu minimise la force et l’influence du VM dans  les rapports qu’il transmet à Paris (voir 18 novembre) (De Folin, 1993, p. 115).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nouvelle réunion franco-vietnamienne (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; décembre) autour de la notion d’« indépendance » avec un « projet » français et un « contre-projet vietnamien » qui, pour ce dernier, gomme les notions de « Fédération indochinoise » et d’ « Union française ». Selon la formulation de D’Argenlieu, la France « serait disposée à reconnaître une certaine indépendance de fait, non à la consentir globalement comme un tout. » (D’Argenlieu, 1985, p. 99) Les négociations n’aboutiront donc ni au Tonkin ni en Annam comme celles qui ont été menées par la France au Cambodge, au Laos (voir 13 mars et 8 avril) et prochainement en Cochinchine. D’Argenlieu souhaite d’ailleurs temporiser en attendant le résultat des élections au Tonkin qui doivent avoir lieu le 23 décembre (mais qui seront finalement repoussées au 6 janvier 1946) (D’Argenlieu, 1985, p. 103).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 décembre 45 : Publication du premier numéro du bimensuel &#039;&#039;Caravelle&#039;&#039; destiné à informer et distraire les troupes du C.E.F.E.O. Revue militaire orientée dans le sens d’un retour de la France en Indochine, Philippe Devillers (critique dans ses observations, voir 26 novembre) et Jean Lacouture en sont les principaux rédacteurs (Devillers, 2010, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 décembre 45 : Dans le cadre des négociations franco-vietnamiennes amorcées le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;, Pignon (conseiller de Sainteny) remet un projet à Hoang Minh Giam (secrétaire général du G.R.A., vice-ministre des Affaires étrangères vietnamien). Le Français se disent prêts à « conférer au peuple annamite toute l’indépendance compatible avec son maintien d’une part dans la Fédération indochinoise d’autre part dans l’Union française. » De son côté, le G.R.A. dit que « les solutions recherchées doivent d’une part accorder satisfaction aux légitimes aspirations du peuple vietnamien à l’indépendance nationale, d’autre part reconnaître les droits et intérêts légitimes de la France. » Giam estime que l’essentiel est d’ouvrir les négociations et de le faire savoir. De belles paroles, mais guère d’accord en perspectives car pour D’Argenlieu « […] la pierre d’achoppement reste le « oui » ou le « non » de la France quant à l’indépendance. Elle serait disposée à reconnaître une certaine indépendance de fait, non à la consentir globalement comme un tout. » (D’Argenlieu, 1985, p. 99 ; Pedroncini, 1992, p. 159 ; Turpin, 2005, pp. 185-186)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une note adressée à Bidault (Affaires étrangères), le général Perchkoff (ambassadeur de France ne Chine) revient sur les difficultés culturelles à traiter avec les Chinois : « […] Il était évident, depuis le début, que le passage des troupes chinoises serait une calamité ; il était inévitable et nous n’avions rien d’autre à faire que de consentir aux sacrifices qu’impose le passage d’une tornade. Le Département m’a d’ailleurs […] fait remarquer l’inutilité de porter cette question devant les trois signataires de Postdam. La mentalité du peuple chinois ne la rend sensible qu’aux réalités et à la force et l’idée que donnent de ce pays les quelques diplomates chinois élevés en Occident qui représentent leur pays dans les conférences internationales ne correspond pas au véritable état des choses […] » (DDF, 2000, tome 2, document n° 352, pp. 852-855).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pechkoff rend visite à Tchang Kaï Check qui réitère ses intentions de faire évacuer l’Indochine par ses troupes (sur lesquelles il a en réalité très peu d’emprise). Il est même question d’une « évacuation véritable et complète » qui doit être décidée d’un commun accord avec les Français en vue d’une relève. Le généralissime est toutefois beaucoup plus vague sur la question des délais (DDF, 2000, tome 2, document n° 359, pp. 866-867).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 décembre 45 : Rupture de l’accord en le gouvernement provisoire et les partis prochinois qui avait été scellé le 18 novembre (Fall, 1960, p. 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc dispose désormais sur place de 19 200 hommes du C.E.F.E.O. Seuls 2 700 ont été transportés par des navires français. Le gros de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy est arrivé grâce aux Anglais mais ne dispose toujours pas de son matériel. 6 700 hommes sont actuellement en cours de transfert et 6 400 doivent encore embarquer à Marseille. Le reliquat du C.E.F.E.O. à transporter s’élève au total à 27 000 hommes (Turpin, 2005, p. 123).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 décembre 45 : Hoang Minh Giam (vice-ministre des Affaires étrangères vietnamien, secrétaire du G.R.A.) déclare le VM menacé par les prochinois et se dit obligé de suspendre la négociation en cours avec les Français. Il déclare toujours être prêt à parvenir à un accord pourvu que soit maintenu le principe de l’indépendance. Pignon rend compte à D’Argenlieu  des problèmes actuels du VM : « […] Doit-on souhaiter l’effondrement du Vietminh sous la poussée chinoise, et l’émiettement des partis politiques ? La question ne me paraît pas comporter une réponse assurée. » Mais, selon lui, HCM demeure le seul leader politique ayant un assise populaire et « aucun autre chef de parti n’en est capable. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce même jour, D’Argenlieu reçoit une dépêche de l’ambassadeur en Chine Pechkoff lui annonçant que Tchang Kaï Check vient de déclarer que la Chine évacuerait sous peu l’Indochine. L’amiral en tire la conclusion que le problème chinois sera bientôt réglé et qu’il ne faut donc pas prendre d’engagement vis-à-vis du VM (Pedroncini, 1992, p. 159 ; Devillers, 1988, pp. 110-112). Les Chinois, à leur habitude, bluffent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Manifestation de nationalistes devant la banque d’Indochine. Le directeur français est assassiné. Les nationalistes prochinois accuseront le VM de cet acte dont les motivations demeurent toutefois troubles (De Folin, 1993, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 décembre 45 : À Hanoi, près de la Citadelle, on peut lire sur des tracts et affiches en chinois : « La Chine ne tolèrera pas des outrages à ses sujets. Français, gare aux représailles si vous ne cessez pas vos atrocités contre les Chinois du Sud ! Œil pour œil, poing pour poing. Le sang chinois qui a coulé en Cochinchine sera vengé. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, p. 267). Ces affiches seront enlevées le 11 au soir. Elles feraient référence à des évènements qui ont récemment eu lieu à Cholon (Salan 1, 1970, p. 269).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une réponse adressée à Leclerc (voir 30 octobre), Salan estime qu’une opération sur le Tonkin est envisageable mais nécessite des effectifs « au moins de l’ordre de 50 000 hommes ». Il préconise d’axer l’effort sur le triangle Haïphong-Hanoi-Nam Dinh à condition d’y aller « au galop, avec audace » tout en reconnaissant des difficultés prévisibles (Ruscio, 1985, p. 97 ; Ruscio, 1992, pp. 58-59). L’objectif des 50 000 hommes est alors totalement inatteignable. C’est ce que rappellera Leclerc à De Gaulle dans un rapport adressé le 27 mars 1946.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc écrit au général Juin (chef d’État-Major) et préconise la future opération au Tonkin : « En Cochinchine, la situation progresse régulièrement mais les progrès d’approvisionnement, de retour à la vie normale sont lents : cette lenteur, cette hésitation des Annamites persistera jusqu’à ce que nous soyons à Hanoi, et immobilisera longtemps des effectifs importants. Les problèmes ne peuvent être résolus politiquement avant que nous réoccupions le delta du Tonkin. Quand nous y serons au contraire, tenant d’une part la Cochinchine, d’autre part le delta du Tonkin, le pas essentiel sera franchi. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 183)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bidault (Affaires étrangères) fait parvenir aux représentants diplomatiques de la France à Moscou, Londres et La Haye un rapport particulièrement optimiste (pour ne pas dire euphorique…) sur la situation en Indochine : reconquêtes territoriales au Sud avec des pertes minimes (« 27 tués et 32 blessés » au 12 novembre), sécurité de la navigation sur le Mékong depuis début novembre, liaison avec le Cambodge, influence du VM « en décroissance ». Il n’y a qu’au Tonkin que la « situation est inquiétante par suite des réquisitions de riz opérées par les troupes chinoises, les inondations des rizières et l’afflux de billets dépréciés dont les Chinois inondent le pays. » Mais ceux-ci ont amorcé leur retrait… (DDF, 2000, tome 2, document n° 362, pp. 869-871).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 - 11 décembre 45 : 70 agressions de Français à Hanoi. Émeutes le 11.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 décembre 45 : Devillers qui s’est rendu à Cholon signale que le quartier Chinois de Saigon est toujours « en cours de nettoyage. Les troupes françaises et indiennes se sont, la dernière quinzaine, frayé un passage par les ruelles adjacentes de la grande voie centrale où auparavant seules les jeeps blindées se risquaient sous une grêle de balles. » (Devillers, 2010, p. 62)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 décembre 45 : Espérant régler les problèmes de commandement, D’Argenlieu produit des instructions pour définir le rôle du commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient (Leclerc, désigné sous le vocable de « Génésuper ») (Bodinier, 1987, pp. 42-44).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Départ du général américain Douglas Gallagher (voir 20 septembre) lâché par l’administration Truman.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 décembre 45 : Le général Salan (commandant du Nord et des troupes de Chine) est invité à déjeuner chez le général chinois Lou Han, responsable des troupes yunnanaises au Tonkin. Il lui annonce que le retour des Français au Tonkin va être anticipé. Lou Han lui répond : « Je puis vous assurer que lorsque Tchoung King [Chunking] m’en donnera l’ordre, j’exécuterai au mieux et je vous accueillerai en amis. » (cité in Salan 1, 1970, p. 245) Les délais et les faits contrediront totalement ces habituelles belles paroles (voir 8 janvier 1946).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le prince Vinh San, ex-empereur d’Annam intronisé par les Français en 1907, exilé depuis 1916 à la Réunion s’était engagé durant la SGM dans les forces de la France Libre où il a acquis le grade de chef de bataillon le 25 septembre après l’aide qu’il avait apportée au moment du débarquement à la Réunion. Il rencontre De Gaulle. Ignorant tout de la situation explosive au Vietnam et n’ayant pas opéré lui-même, selon les mots de Journoud, une « nécessaire décolonisation mentale », le Général l’apprécie et le pressent comme une solution politique de gouvernance au Vietnam dans le rôle de potentiel repreneur du trône impérial (Journoud, 2011, p. 27-35). Vinh San lance alors un appel de Paris (D’Argenlieu, 1985, pp. 436-437). Des échanges entre de Gaulle et un membre de son état-major et futur gendre, De Boissieu, révèlent l’état d’esprit du Général lorsqu’il reçoit Vinh San : « Mais oui, tout cela se terminera un jour par l’indépendance, mais ce qu’il faut c’est trouver une solution pour une période intermédiaire. » Selon De Boissieu, le prince n’est pas un naïf. Il lui a confié : « Ils [les gens du ministère l’Outre-mer] ne veulent pas entendre parler ni d’indépendance, ni d’esprit national. Ils nient l’existence d’une nation, d’une patrie vietnamienne ; c’est inquiétant. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 333) Selon Pierre Brocheux, « s’il était devenu un interlocuteur du gouvernement français, le prince Vinh San aurait été exigeant et peu porté aux concessions ; il n’avait pas le tempérament de fantoche. On peut l’imaginer aisément lorsque l’on sait que la réunion des trois Ky […] était à ses yeux une condition &#039;&#039;sine qua non&#039;&#039; pour nouer tout dialogue franco-vietnamien […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 335) Le prince demandait également la suppression du statut de colonie de la Cochinchine (Turpin, 2005, p. 193).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 décembre 45 : Troisième opération de &#039;&#039;&#039;dégagement de Saigon&#039;&#039;&#039;. Prise de &#039;&#039;&#039;Duc Hoa&#039;&#039;&#039; et de la sucrerie Hiep Hoa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-décembre 45 : Suivant les instructions de Leclerc pressé de réoccuper le Tonkin (voir 29 octobre), Salan informe le général Lou Han (commandant les forces d’occupation chinoises) : « Nous sommes à même de diminuer les délais prévus pour notre rentrée au Tonkin, et d’y prendre nos responsabilités à l’égard de nos alliés. Aussi je pense que le commandement chinois peut, dès maintenant, se préparer à nous voir arriver […] » (Salan 1, 1970, p. 224)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 décembre 45 : Après l’échec des négociations franco-vietnamiennes du 9, D’Argenlieu reçoit Pignon. Il lui réitère le sens de sa mission : « […] le rétablissement de la souveraineté sous les espèces d’une Fédération rajeunie ; disons renouvelée, de cinq pays membres, chacun adhérant de son plein gré à l’Union française ». Puis il questionne : « Un self-government ? Oui, mais dans les bornes qu’imposent concrètement Fédération et Union. » Pour l’instant, d’Argenlieu a une priorité, il entend négocier avec la Chine le retrait de ses troupes espérant ainsi affaiblir le VM. De plus, il espère que les élections à venir du 23 décembre (mais qui seront reportées au 6 janvier 1946) lui permettent de jauger la force des uns et des autres (D’Argenlieu, 1985, p. 101 ; Pedroncini, 1992, p. 160 ; Devillers, 1988, pp. 112-113).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 décembre 45 : Salan (commandant du Nord et des troupes de Chine) se rend à Saigon pour y rencontrer Leclerc et faire un point sur la situation dans le Nord autour de ce qu’il nomme    « un triptyque : Le Japonais – Le Chinois – Le Vietminh ». Le problème japonais est en voie de résolution. Le problème chinois est plus ardu : Salan déplore le comportement du commandement de l’armée chinoise, « son esprit retors, ses manières d’une habilité tortueuse, son goût du lucre, sa sensibilité à la flatterie. » Il sait qu’il lui faudra donc négocier habilement à Chunking. Le troisième volet du « triptyque » est encore plus problématique : « Le propagande constante [du VM] est de plus en plus insinueuse [sic], elle pénètre dans toutes les couches de la population ; elle séduit. » (Salan 1, 1970, pp. 249-250).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rapport de D’Argenlieu à De Gaulle au sujet des tensions provoquées par l’occupation chinoise (D’Argenlieu, 1985, pp. 433-434).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 décembre 45 : Sous la poussée des partis nationalistes prochinois qui estiment n’avoir pas eu un temps suffisant pour faire campagne, HCM repousse une nouvelle fois (voir 8 septembre) les élections en les fixant cette fois au 6 janvier 1946. A cette époque, le VM qui a largement eu le temps depuis 6 mois d’infiltrer la police et l’armée pour contrôler tous les moyens d’expression, sait déjà que les chances de réussite des partis prochinois sont quasi nulles (Fall, 1960, p. 45).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu dénonce dans un télégramme au Cominindo « le caractère fallacieux et truqué des élections prévues par le Viet-Minh », sachant qu’il les considère cependant comme un baromètre lui permettant de mesurer et de jouer sur l’opposition entre le G.R.A. et les partis prochinois (voir 6 janvier 1946) (Turpin, 2005, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 décembre 45 : Leclerc et Salan sont reçus par D’Argenlieu. Ils lui exposent la situation au Tonkin et les succès du VM qui ne cessent pas d’inquiéter l’amiral outre-mesure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan se voit confier la mission de « se rendre à Tchungking [Chunking] pour y conduire les conversations d’état-major relatives au retrait des forces chinoises et leur relève par les forces françaises ». Il sera accompagné du colonel Crépin de l’état-major de Leclerc (voir 20 décembre) (Cadeau, 2019, p. 163).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu du contexte explosif, le VM décide de reporter là où c’est encore possible les élections visant à former une assemblée constituante du 23 décembre au 6 janvier 1946 (Devillers, 1988, pp. 113-114).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 décembre 45 : Pignon regagne Hanoi. Il rencontre HCM et lui fait part des propositions françaises : une rencontre avec D’Argenlieu qui aurait lieu vers le 23-25 décembre à bord du &#039;&#039;Richelieu&#039;&#039; croisant au large d’Haïphong (car tous les gestes et surtout les paroles des uns et des autres sont épiés par les Chinois et les nationalistes). HCM accepte mais ce projet sera contrarié et même annulé par l’opposition nationaliste prochinoise et les Chinois eux-mêmes (voir 24 décembre) (Devillers, 1988, p. 113 ; Turpin, 2005, p. 187).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Salan reçoit des ordres de D’Argenlieu pour aller négocier le retrait des troupes chinoises à Chunking. Leclerc demande à Salan d’obtenir un blanc-seing pour le retour de la France au Tonkin pour la fin février-début mars 1946. Des instructions sont données à Salan lui demandant de ne pas préciser le volume des forces françaises à venir et surtout de définir en commun le plan approximatif et le rythme de l’évacuation des troupes chinoises. Cette exigence doit cependant tenir compte des problèmes que poseraient une évacuation prématurée pour éviter la création d’un « vide » qui serait favorable au VM (Cadeau, 2019, pp. 163-164).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tentative d’attentat contre le maire vietminh d’Hanoï, Tran Duy Hung.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parution dans &#039;&#039;Paris-Presse&#039;&#039; d’un article décrivant des atrocités « commises par des militaires français sur la personne d’Annamites du Vietminh » (D’Argenlieu, 1985, p. 91). C’est le départ d’une campagne de presse française pour dénoncer les exactions et le climat de violence qui règne en Indochine (voir 21 et 22 décembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une note générale du Secrétariat général du Quai d’Orsay mentionne les critiques « très vives » de la presse américaine envers son gouvernement du fait de l’aide en matériels militaires apportée aux Français en Indochine. Le département d’État souhaiterait une déclaration française portant sur ses intentions dans la péninsule (DDF, 2000, tome 2, document n° 396, pp. 946-9448).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 - 23 décembre 45 : Arrivée à Hanoi d’une délégation soviétique qui est accueillie à l’aéroport par les Chinois, les Britanniques et les Vietnamiens. Elle n’aura ensuite de contact qu’avec le G.R.A. Sa présence échappe dans l’immédiat aux Français. Les Soviétiques auraient mis en garde les Vietnamiens de ne pas tomber dans l’orbite d’un Kuomintang pro-américain. Ils ne peuvent guère apporter d’aide au VM et lui conseille de demeurer dans l’orbite de la France dont l’évolution politique risque de virer à gauche après un éventuel départ de De Gaulle. Ses conseils seront suivis (voir 30 décembre) (Devillers, 1988, pp. 114-115).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 décembre 45 : Combats entre militants vietminh et nationalistes prochinois autour du petit lac d’Hanoï. Les Chinois interviennent (Francini 1, 1988, p. 271).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; se fait l’écho de l’un des premiers témoignages sur l’usage de la torture en Indochine. Le journaliste René Dussart a assisté à de telles scènes au S-V. Il en reparlera ultérieurement (voir 9 août 1946) (Ruscio, 1985, p. 368).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 décembre 45 : Un troisième accord est signé entre le VM, le D.M.H. et le V.N.Q.D.D. Il prévoit que les partis prochinois ne chercheront pas à saboter les élections, moyennant quoi 3 portefeuilles ministériels sans grande portée (dont la Santé et l’Économie) leur seront réservés dans le futur gouvernement. Le poste de vice-président et de ministre des Affaires étrangères sera réservé à Nguyen Hai Than, chef du D.M.H. (70 ans, peu de personnalité et ne pratiquant guère aisément la langue vietnamienne). L’accord précise également que, sans participer aux élections, 70 sièges de la future assemblée nationale seront automatiquement réservés aux membres des partis prochinois : 50 au V.N.Q.D.D. et 20 au D.M.H. sur un total de 350 sièges (Fall, 1960, pp. 45-46 ; De Folin, 1993, p. 121 ; Francini 1, 1988, p. 271 ; Ruscio, 1992, p. 45 ; Goscha, De Tréglodé, 2004, p. 184).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nguyen Hai Than est invité par le G.Q.G. chinois à s’entendre avec HCM (Devillers, 1988, p. 114).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le général de brigade Salan est nommé délégué militaire pour l’Indochine du Nord&#039;&#039;&#039; (Bodinier, 1987, p. 130).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après &#039;&#039;L’Humanité&#039;&#039; (voir 21 décembre), la presse issue de la Résistance française pointe à son tour de graves dysfonctionnements en Indochine. Un article intitulé « La tache de sang » paraît dans &#039;&#039;Franc-Tireur&#039;&#039;. Un membre du Corps expéditionnaire compare l’action des troupes françaises en Indochine à Oradour. Selon Soustelle (ministre des Colonies) : « L’effet sur l’opinion est désastreux. » Alain Ruscio évoque à la même époque un éditorial de Georges Altman paru dans &#039;&#039;Combat&#039;&#039; qui dénonce « les représailles sauvages que les défenseurs d’un certain ordre colonial exerce envers les hommes du Vietminh ». Selon D’Argenlieu, l’effet est aussi désastreux, et ce, d’autant plus, que « les journaux anglo-saxons les reprennent. » (D’Argenlieu, 1985, p. 91 ; Ruscio, 1992, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 décembre 45 : Début des élections législatives pour nommer les députés de la future assemblée constituante de la R.D.V.N. Théoriquement, le VM a reporté depuis le 19 ces élections prévues au 6 janvier 1946 mais elles ne le seront pas partout, vu le délai trop court. Le processus électoral démarre donc dès ce jour dans certaines régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Sihanouk a accepté d’instaurer une monarchie constitutionnelle moderne. Une commission franco-khmère est formée et se réunit pour la première fois en vue de rédiger un texte de constitution (Cambacérès, 2013, p. 54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc écrit à Sainteny : « Nous commençons vraiment à récolter les fruits des opérations commencées il y a à peine deux mois, et sans matériel. Je crois que cela peut être d’un gros poids pour la suite. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 167, note 75)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 – 24 décembre 45 : Les discussions aboutissent à un accord entre HCM, Nguyen Hai Than (D.M.H.) et Vu Hong Khanh (V.N.Q.D.D.). On décide de former un « Gouvernement provisoire d’union nationale » avec répartition des ministères. Le VM n’y dispose que de 4 sièges sur les 10 qui le composent. Il garde cependant les plus importants : Intérieur, Propagande, Défense nationale. HCM en serait le président et Nguyen Hai Than (D.M.H.) le vice-président. Nguyen Tuong Tam (V.N.Q.D.D.) obtiendrait les Affaires étrangères. Ce gouvernement provisoire entrerait en fonction dès le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 1946 et nommerait des commissions pour étudier les clauses d’un traité avec la Chine. Le gouvernement définitif ne serait constitué qu’après les élections de l’assemblée constituante dans laquelle 70 sièges seraient réservés d’office à l’opposition nationaliste (Devillers, 1988, p. 114).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 décembre 45 : Le projet de D’Argenlieu de rencontrer prochainement HCM à bord du cuirassier &#039;&#039;Richelieu&#039;&#039; avorte. Les Chinois, prévenus par mégarde par Sainteny, s’y opposent (D’Argenlieu, 1985, pp. 106-107). Ce qui vaudra à Sainteny, le 29, une remontrance de l’amiral : « Je dois une fois de plus vous signaler les effets fâcheux de votre propension à faire cavalier seul qui risque entraîner des retards dans une affaire importante. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 187, note 87)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM, affaibli, était pourtant demandeur de cette rencontre mais ses demandes et souhaits – un accord entre la France et le VM – font aussi reculer les Français car ils pourraient contrarier les Chinois en vue des futurs accords de Chonqing visant au départ de leurs troupes du Tonkin. Sainteny n’est pas favorable à ce projet de rencontre, contre l’avis HCM. C’est d’ailleurs Sainteny qui a prévenu « le commandement résidentiel chinois », sans en référer à D’Argenlieu. Une fois l’affaire éventée côté chinois, le projet demeure mort-né (Francini 1, 1988, p. 281 ; D’Argenlieu, 1985, pp. 105-107 et 148).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sous la pression des Chinois, un accord est enfin trouvé entre le VM et les partis nationalistes sinophiles en vue de la constitution d’un gouvernement nationaliste dirigé par HCM. C’est ce gouvernement, et non la France, qui devra désormais signer des accords avec la Chine (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la publication d’un éditorial intitulé « Pourquoi ? » dans le bimensuel &#039;&#039;Caravelle&#039;&#039;, Philippe Devillers et Jean Lacouture sont reçus par Leclerc qui a apprécié l’article portant sur la question de l’engagement des troupes du C.E.F.E.O. en Indochine. Devillers rapporte les propos de Leclerc prononcés au mess des officiers le soir même, déclarant : « Souhaitons, Messieurs, que l’an prochain à pareille époque, nous ne soyons plus ici. » (Devillers, 2010, p. 67).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France commence à pratiquer le « jaunissement » de ses troupes, c’est-à-dire le recrutement de populations locales hostiles au Vietminh. Une note de service du général Leclerc à cette date observe que le recrutement de volontaires locaux renforce le sentiment de confiance des habitants, facilitant ainsi l’obtention de renseignements. De Plus, l’enrôlement fait barrage à la propagande ennemie et montre la force de la France (Bodin, 1996, p. 112). C’est aussi un moyen pour l’armée française d’avoir un fonctionnement à moindre coût, tant au niveau des pertes que du point de organisationnel (au vu du faible effectif des troupes métropolitaines) et financier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 décembre 45 : Un rapport de la D.G.E.R. fait mention de la venue récente (voir 20 - 23 décembre) d’une délégation russe à Hanoi et ignorée des services français jusqu’alors. Malgré son isolement diplomatique et ses problèmes du moment, le VM ne peut guère compter dans l’immédiat sur l’aide des Soviétiques. Il doit donc négocier avec la France et assouplir sa position (voir 30 décembre) (Pedroncini, 1992, p. 161).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 décembre 45 : &#039;&#039;&#039;Le prince Vinh San&#039;&#039;&#039; (voir 14 décembre)  &#039;&#039;&#039;décède dans un accident aérien&#039;&#039;&#039; près de Banghi (République centrafricaine) (D’Argenlieu, 1985, pp. 437-438). Avec lui, De Gaulle et l’amiral perdent un espoir de solution pour le Vietnam dans un contexte de plus en plus complexe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Dévaluation du franc par rapport à la piastre.&#039;&#039;&#039; &#039;&#039;&#039;Cette dernière prend un cours officiel de 17 francs, là où avant elle n’en valait que 10.&#039;&#039;&#039; Cette transformation du cours va entraîner une spéculation financière, mener à beaucoup de dérives et faire s’enrichir ultérieurement beaucoup de monde, en encourageant la corruption entre Hong Kong et Saigon : Bao Daï, le VM voire des membres de l’administration coloniale elle-même en bénéficieront (Messmer, 1992, pp. 189-190).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 - 27 décembre 45 et 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier 46 : Marius Moutet (actuel président de la Commission des Territoires d’Outre-Mer et futur ministre de la F.O.M. dans le cabinet Gouin, voir 28 janvier 1946) consacre une série de trois articles à la situation en Indochine dans le journal socialiste &#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039;. Il y évoque une situation qu’il estime « grave » et qui oppose « deux civilisations ». Il entend appliquer à cette situation « des remèdes et des réformes strictement démocratiques ». A ceux qui entendent appliquer « la solution de force », il estime, en bon socialiste, que « la situation en Indochine réclame loyauté, ingéniosité politique et patience » quitte à s’en prendre aux « « coloniaux » trop attachés au système d’hier […] si l’on veut que la colonisation française continue son œuvre en l’améliorant. » Il n’hésite pas à dénoncer ce qui n’a été jusqu’alors qu’« une colonisation d’essence capitaliste et impérialiste ». Mais sans aller jusque sur les terres des communistes, il affirme également : « Notre propos, notre thèse, notre résolution est de demeurer en Asie […] mais non contre la volonté des Indochinois […] » (&#039;&#039;Le Populaire&#039;&#039; du 26 décembre 1945) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 décembre 45 : D’Argenlieu produit une note secrète adressée à De Gaulle et à certains membres du gouvernement français (Soustelle, Bidault, Michelet) sur le problème des relations entre la France et les représentants annamites du Nord. Il ne fait pas mention de l’accord qui a eu lieu entre le VM et les partis prochinois le 23 décembre. C’est le commandant Paul Mus (conseiller politique de Leclerc) qui est chargé de la remettre en mains propres à Paris au Général. D’Argenlieu mentionne le réchauffement des relations entre le VM et la France : « Le G.R.A. avec son chef Ho Chi Minh ne souhaite pas une rupture avec le Gouvernement de la République. » Toutefois, pour le VM « le terme « indépendance » a un sens très clair […] à savoir qu’il signifie « être maître chez soi » […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Devilllers, 1988, pp. 116-119 ; Turpin, 2005, p. 187 ; note citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 414, pp. 975-979) L’amiral évoque l’idée « d’une personnalité annamite capable […] de se substituer au chef du Vietminh largement démonétisé […] ». Il n’évoque pour l’instant pas de nom (D’Argenlieu, 1985, p. 110) mais pressent le prince Vinh San (ex-empereur Duy Tan) qui avait rencontré De Gaulle le 14 décembre. Or celui-ci est décédé accidentellement le 26 décembre, ce que l’amiral ne sait pas au moment où il écrit car la nouvelle sera connue à Saigon que le 5 janvier 1946 (D’Argenlieu, 1985, pp. 436-438). De Gaulle étant entré dans une période de mutisme, D’Argenlieu n’obtiendra aucune réponse de Paris, pas plus qu’il n’avait eu d’instructions claires auparavant sur la question cruciale des relations entre la France et le VM (voir 10 octobre, fin octobre 1945, 20 janvier 1946).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le journal &#039;&#039;Les Nouvelles du Matin&#039;&#039;, malgré une situation très tendue, D’Argenlieu déclare : « La France a gagné la partie en Indochine. » (Ruscio, 1992, p. 57)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dissolution de la Direction générale des Études et Recherches (D.G.E.R.) et création du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (S.D.E.C.E.).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 décembre 45 : Leclerc dispose de 26 700 hommes du C.E.F.E.O. 4 000 sont en cours d’acheminement. 29 000 attendent toujours le départ faute de moyens de transport (Turpin, 2005, p. 123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 décembre 45 : Le VM, aux prises avec ses difficultés du moment dues aux partis prochinois et à son isolement diplomatique (voir 25 décembre), se voit contraint de négocier avec les Français (voir 6 janvier 1946). Hanoi publie un communiqué à cette fin : « Le Gouvernement de la République démocratique du Vietnam serait heureux de conférer avec les représentants de la France, mais comme le président l’a proclamé, si le gouvernement français veut s’entendre avec nous, il doit reconnaître comme acquise l’indépendance du Vietnam. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​31 décembre 45 : 27 907 soldats français ont été acheminés en Indochine : 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (2 250 hommes), 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (au complet, 19 300 hommes), 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. (incomplète, 17 090 hommes) et un reliquat d’éléments organiques de corps d’armée. Début 1946, Leclerc dispose d’un effectif théorique de 50 000 hommes avec les troupes qui sont restées sur place (Bodin, 1996, p. 15).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin décembre 45 : Leclerc et Gracey ont réussi à se rendre maîtres des villes dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres autour de Saïgon (Cesari, 1995, p. 38).&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<title>Octobre 1945</title>
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		<updated>2026-09-06T06:23:48Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Les troupes de Leclerc mettent fin au blocus de Saigon et reprennent le delta du Mékong&#039;&#039;&#039; au cours de combats qui vont durer deux mois (carte n° 4 &#039;&#039;in&#039;&#039; Teulières, 1979, p. 34). Les Français peuvent reconquérir le Sud mais sont incapables, faute d’effectifs, de vraiment tenir dans le temps ce qu’ils ont repris. Leclerc obtient du renfort avec le débarquement d’éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Massu). Mais, plutôt que frapper fort alors que les forces du VM sont concentrées autour de Saigon, la constitution de colonnes mobiles françaises visant à la reconquête du Sud les disperse et favorise la constitution d’une guérilla endémique (Devillers, 2010, p. 43-44). Dans chaque village reconquis, faute de pouvoir y laisser des troupes, Leclerc doit se contenter de placarder des affiches de propagande pour gagner les cœurs : « Annamites, chassant les terroristes et les pillards, les troupes françaises sont arrivées dans votre localité. Comprenez et dites autour de vous qu’elles ne viennent pas en ennemies. Elles vous aideront à rétablir l’ordre et la paix chez vous. Elles protégeront les familles et les biens et permettront  la reprise dans l’ordre et a sécurité […] La France vient reprendre et améliorer autour de vous l’ordre et la sécurité […] La France va reprendre et améliorer, auprès de vous, l’œuvre commencée il y a 80 ans. » Un ton menaçant n’est toutefois pas absent de certains messages contre « une poignée de malfaiteurs […] Pas de vengeance contre les gens sincères, pas de pitié pour les criminels. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Ruscio, 1992, p. 54)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny s’entretient avec Ho Chi Minh mais ces pourparlers buttent sur deux points : la question de l’unité du Vietnam et celle de son indépendance. Le retour armé des Français est loin de faire l’unanimité. Il est alors critiqué par la gauche française, les Soviétiques et les Américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’octobre 1945 à février 1946, HCM écrit huit lettres à Truman ou à son secrétaire d’État demandant une intervention des États-Unis et des Nations-Unies contre l’intervention française. Il ne reçoit aucune réponse à ses demandes (&#039;&#039;Le dossier du Pentagone&#039;&#039;, 1971, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Une famine commence à sévir sérieusement dans les campagnes du Nord, conjuguée à l’arrivée des troupes chinoises.&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM condamne lui-même la violence des comités populaires du P.C.I. en province (Guillemot, 2018, p. 121).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre 45 : A Chandernagor, Sainteny est reçu pour la deuxième fois par D’Argenlieu. Il lui expose la situation au Tonkin et, déçu par un manque de considération et une totale absence de reconnaissance pour ce qu’il a entrepris, exprime son désir de rentrer en France avec l’arrivée d’Alessandri qui vient d’être nommé au poste de commissaire de la République au Tonkin (Devillers, 1988, p. 96). Pour autant, rien ne change.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gracey joue le médiateur et parvient à négocier une trêve entre Cédile et le Comité du Nam Bo. Elle sera effective le 3 mais ne durera que 10 jours (Francini 1, 1988, p. 244 ; De Folin, 1993, p. 108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Le major Patti, définitivement discrédité&#039;&#039;&#039; (voir 9 septembre)&#039;&#039;&#039;, quitte le Vietnam&#039;&#039;&#039;. Selon Sainteny, les Américains regretteront, mais trop tardivement, de n’avoir pas délégué au Tonkin en août et septembre 1945 un personnage d’une autre envergure que celle de Patti (Sainteny, 1967, p. 92). Le gouvernement français a, par ailleurs, exprimé son mécontentement par le biais de l’ambassadeur de France à Washington auprès du secrétaire d’État par intérim afin « que des instructions très fermes soient envoyées à certains représentants isolés des services américains actuellement en Indochine pour qu’ils évitent de prendre parti à tout le moins contre nous. » (Turpin, 2005, p. 175)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est entendu. Dans une lettre adressée à Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères), le sous-secrétaire d’État Dean Acheson informe son homologue français que &#039;&#039;&#039;les U.S.A. acceptent et soutiennent le principe de la souveraineté française en Indochine&#039;&#039;&#039; : « Les États-Unis n’ont aucune ment l’intention de s’opposer au rétablissement de l’administration française en Indochine et aucune déclaration du gouvernement n’a mis en question, même implicitement, la souveraineté française en Indochine par la force, et la volonté des États-Unis de voir l’administration française rétablie suppose que les prétentions françaises ont le soutien de la population d’Indochine, mis en évidence par les futurs événements. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 31)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amiral Decoux est rapatrié en France (voir 7 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; – 3 octobre 45 : En visite à Hanoi, le ministre chinois de la Guerre, le général Ho Yin Chin, décide, compte tenu de la manière dont les Français se sont emparés de Saigon le 23 septembre, de n’autoriser jusqu’à nouvel ordre ni le retour des troupes françaises ni le réarmement des ex-prisonniers de la citadelle (Devillers, 1988, p. 102).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 octobre 45 : Une trêve est conclue à Saigon avec le Comité du Nam Bo. Elle sera prolongée tant bien que mal jusqu’au 11 octobre. Les diverses interventions de Cédile demeureront souvent infructueuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite à la réception d’un télégramme de Leclerc (voir 23 septembre), De Gaulle tranche définitivement la question d’une déclaration allant plus loin que celle du 24 mars, contrairement à ce qu’attendent les Américains et les Britanniques : « Il est exclu que le gouvernement français fasse actuellement une nouvelle déclaration concernant l’Indochine. Celle de mars [voir 24 mars] se suffit à elle-même. Le fait d’édicter une nouvelle circulaire dans les circonstances présentes aurait toutes les apparences d’une reculade compliquerait d’avantage la situation en Indochine et à l’extérieur. » Il écrit par ailleurs : « Je répète qu’il me paraissait nécessaire que le général Leclerc aille s’installer à Saigon sans délai. Il est essentiel et urgent que l’autorité française soit sur place. » (Bodinier, 1987, p. 194)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Pechkhoff (ambassadeur de France en Chine) évoque la préoccupation qu’inspire au gouvernement français « l’attitude des autorités chinoises en Indochine » (Turpin, 2005, p. 174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2 – 10 octobre 45 : Trêve à Saigon sur l’initiative des Britanniques. Elle sera rompue le 10 suite à une embuscade les affectant (voir 11 octobre) (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
3 octobre 45 : Arrivée à Saigon à bord du &#039;&#039;Triomphant&#039;&#039; et du &#039;&#039;Richelieu&#039;&#039; d’un convoi transportant le reliquat du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. (issu du C.L.I.) et un bataillon S.A.S. (commando du capitaine de corvette Pontarchier), soit environ 1 000 hommes (Pedroncini, 1992, p. 95).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc, en partance pour Saigon, rejoint d’Argenlieu à Chandernagor. Ce dernier lui relate sa rencontre avec Sainteny (voir 25 septembre) et lui demande son avis sur son maintien. L’amiral qui a rencontré Sainteny le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; estime qu’« il est quelqu’un. » (D’Argenlieu, 1985, p. 61) Sans pour autant trancher dans l’immédiat la lancinante question de sa représentativité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny remet D&#039;Argenlieu une longue note de synthèse rédigée à Chandernagor le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt;. Malgré la poussée du Dong Minh Hoï prochinois, le VM est le « seul parti annamite digne d’intérêt » qui bénéficie d’un intérêt populaire ; la violence ne peut être mise au compte de ses dirigeants mais d’une « tourbe » nationaliste manipulée par les Japonais ; pour reprendre pied en Indochine, la France n’a que deux options, ou le faire seule ou avec « un allié » ; la première solution suppose qu’elle « y revienne forte, les armes à la main » mais dans ce cas   « l’Indochine sera reconquise physiquement, matériellement, mais définitivement perdue moralement » ;  la seconde solution est préférable « à savoir réintégration de la France avec une aide alliée ». Sainteny pense que la France peut jouer la carte de la « haine millénaire » entre Vietnamiens et Chinois. Il mesure assurément mal combien le mot « indépendance » n’est pas un mot comme les autres pour les Vietnamiens et fait preuve d’une certaine naïveté lorsqu’il écrit qu’ils « deviendront vite nos meilleurs alliés. » Il appelle donc le destinataire de cette note à la pondération : les moyens d’actions militaires ne doivent pas aller au-delà du strict nécessaire (Pedroncini, 1992, pp. 155-156).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première et brève rencontre a lieu entre Sainteny et Leclerc qui s’apprécient d’entrée (Sainteny, 1967, p. 71). Les deux hommes discutent et c’est sans doute suite à cet entretien que Leclerc commence à mieux cerner l’imbrication du politique et du militaire, à mieux percevoir toute la complexité de la situation au Nord qu’il va devoir gérer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny deviendra au lendemain de cette rencontre, le 4, responsable d’un vaste territoire comprenant le Tonkin, l’Annam jusqu’au 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle et le Nord-Laos. Selon Raymond, « les ressortissants français portaient beaucoup d&#039;espoir en son arrivée : « [ils] vivaient alors dans la situation d&#039;apatrides, désarmés, pourchassés [...] » et attendaient la délivrance. Sainteny organise à l&#039;automne l&#039;évacuation des malades et des enfants vers Saigon. Il tente de son mieux d&#039;aider les autres à survivre dans un climat qui leur est hostile. Cette hostilité est durable. En janvier 1946, on ne comptera pas moins de 145 crimes ou voies de faits qui seront commis contre des Français, dont 6 assassinats (Raymond, 2013, p. 69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les amiraux Decoux et Béranger quittent l’Indochine pour Paris (via Calcutta) sur demande expresse de D’Argenlieu (voir 17 août) (D’Argenlieu, 1985, p. 63 et pp. 424-425).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrevue entre Cédile, le colonel Repiton-Préneuf (représentant Leclerc, 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; Bureau), Pham Van Bach (Comité du Nam Bo) et le D&amp;lt;sup&amp;gt;r&amp;lt;/sup&amp;gt; Tach. Les discussions sont bloquées par la demande française de libération des 100 otages disparus de la cité Héraud qui, dans les faits, ont été massacrés (Gras, 1979, p. 52).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Remise de la lettre du 16 septembre de De Gaulle à D’Argenlieu par l’intermédiaire de Leclerc. De Gaulle lui demande de rejoindre Saigon dès le débarquement du détachement Massu (2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B.) accompli. Dans cette même lettre, De Gaulle confie à D’Argenlieu : « Je n’ai aucune confiance dans les Anglais : ils prennent et garde une attitude hypocrite [...] Ne prenez et ne laissez prendre à l’égard du Vietminh aucun engagement quelconque. Vous pourrez accepter certains contacts à condition qu’ils soient directs et ne comportent aucun intermédiaire, ni anglais, ni chinois, ni américain. Quand du côté allié on vous proposera des « bons offices », refusez catégoriquement. Nous ne traitons pas avec nos sujets par le truchement de l’étranger. » Au moment de la rédaction de cette lettre, De Gaulle pense à tort que les Anglais ne prêteront pas les moyens de transport des troupes françaises et que les Français devront compter sur leurs propres moyens, ce qui prendra du temps. (D’Argenlieu, 1985, pp. 63-64)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De Plus en plus isolé, La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) demande une audience à De Gaulle en des termes qui soulignent son opposition à la politique menée jusque-là en Indochine : « Depuis près d’un an, bien que je sois chargé de la diriger, il m’a été impossible de connaître la politique coloniale du Gouvernement. Nos déclarations ne sont suivies d’aucune tentative utile. S’il y a encore quelque chose à faire en Indochine, notamment par un accord avec le gouvernement annamite, le Haut-Commissaire tarde à le faire […] Nos seuls gestes remarquables sont des coups de fusil ; l’apparence de notre fureur répressive se repère partout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 165) La Laurentie aura réponse à sa lettre le 16 par le biais de Gaston Palewski, chef de cabinet de De Gaulle. Le Général le recevra… dès qu’il le pourra…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, le chef du gouvernement nationaliste et pro-japonais Son Ngoc Thanh (voir 9 août et 8 septembre) organise un semblant de référendum sur la question de l’indépendance, le retour des Français et le maintien au pouvoir de son gouvernement. La réponse est « oui » à 100 % ... Voyant qu’il n’était plus possible de traiter avec lui, l’émissaire français au Cambodge (le commandant Gallois) décide de l’éliminer (voir 15 octobre) (Gras, 1979, p. 55).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
4 octobre 45 : Leclerc quitte Chandernagor, fait escale à Rangoon avant de faire son entrée à Saigon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après accord de Leclerc (voir 3 octobre), &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu nomme (enfin…) officiellement Sainteny au poste de commissaire de la République pour le Tonkin et le Nord-Annam&#039;&#039;&#039; (en remplacement de Messmer qui est retenu par le VM) et lui demande de rejoindre Hanoi « sans tarder » (D’Argenlieu, 1985, p. 62). Sainteny obtient donc enfin et bien tardivement une accréditation officielle. Mais ce n’est qu’un titre car il n’a pas la moindre autorité et doit se contenter de résider à Hanoi dans la maison du directeur de l’Instruction publique puis dans un appartement de la Banque d’Indochine. Lui et son équipe se retrouvent confrontés à un État vietnamien déjà constitué. Il est assisté de Léon Pignon (ex-conseiller politique d’Alessandri), du général Salan, de François Missoffe et du lieutenant Sauvagnac pour former une « Mission française ». Ils reprennent d’anciens administrateurs et reconstituent une modeste administration dont le rôle est essentiellement humanitaire : prendre en charge femmes et enfants voulant quitter le Nord, pourvoir au ravitaillement en vivres des Français demeurés sur place et intervenir auprès des autorités vietminh et chinoises (De Folin, 1993, p. 116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le général Wedemeyer (conseiller de Tchang Kaï Check chapeautant l’état-major de l’O.S.S. en Chine) envoie à Washington des instructions pressantes pour que soit retiré tout le personnel américain d’Indochine au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Ce qui sera accompli le 20.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu adresse un message aux Français d’Indochine. Son ton, empreint de relents d’épuration à la française, est aussi virulent que maladroit : « Depuis cinq ans, jusqu’en mars dernier, le plus grand nombre d’entre vous, exécutant docilement les ordres des chefs mal inspirés sont restés sur place sans que change le rythme de leur existence. Qu’aviez-vous fait pour hâter la victoire ? Parlons nettement : rien ou presque rien […] » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 166)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
5 octobre 45 : Leclerc est à Saigon avec un état-major restreint. L’essentiel étant demeuré à Kandy car il sait qu’il sera un temps coupé du monde, faute de moyens de transmission appropriés. Il entend être maître à bord et confie à Salan : « L’amiral vient-il ? Je n’y tiens pas tout de suite, qu’il me laisse travailler, c’est pour le moment, avant tout, une affaire de militaires. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Salan 1, 1970, pp. 173-174).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré un orage torrentiel, Leclerc va rencontrer la foule qui l’attend devant le palais Norodom. Jusqu’à l’arrivée de D’Argenlieu, il est haut-commissaire par intérim et doit donc gérer les troubles civils. Il ne dispose que d’un faible contingent, ses 1 000 hommes et les       1 400 ex-prisonniers du 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., renforcés de deux compagnies venues en septembre avec les Britanniques (voir 19 octobre). Ces troupes ont été récemment engagées et sont physiquement affaiblies. Les premiers combats ont lieu autour de Saigon (toujours privé d’eau et d’électricité) en collaboration avec les Anglais. Leclerc déclare à son conseiller politique, Paul Mus : « Il faudrait 500 000 hommes pour y arriver, et même alors ce ne serait pas faisable. » En France, on ne l’écoute pas (Halberstam, 1974, p. 104). Toutefois le rapport de force entre les Anglo-Français et les troupes du VM est en train de s’inverser : des éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (Massu) sont attendus sous peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Début des opérations militaires de reconquête en Indochine du Sud puis vers le Cambodge&#039;&#039;&#039; où des troupes seront parachutées par Leclerc sur Phnom Penh (voir 15 octobre) (Burchett, 1970, p. 24).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réponse de D’Argenlieu à la lettre de De Gaulle datée du 16 septembre transmise par Leclerc qui lui avait enjoint de ne prendre aucun engagement à l’égard ni du VM ni des Alliés. Il lui confirme son départ pour Saigon. Il est « enchanté » de l’arrivée de Salan. Il est préoccupé par le ravitaillement du Nord par le Sud en riz (famine en perspective au Tonkin). Les populations françaises très éprouvées d’Hanoi, Saigon et la région d’Hué doivent tenir car « c’est leur présence, leur sécurité, leur entretien qui maintiennent de façon tangible nos droits imprescriptibles à intervenir partout et spécialement au Tonkin-Annam. Chinois et Américains surtout voudraient tant leur évacuation. Avec Leclerc, je la tiens pour inadmissible […] » D’Argenlieu trouve que « le général Alessandri et ses états-majors de Kunming et Hanoi [sont] très en dessous du train qu’il faut mener. » Il rassure De Gaulle sur ses relations avec Leclerc (D’Argenlieu, 1985, p. 65).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny se rend à Kunming pour liquider Mission 5 qui n’a plus lieu d’être du fait de sa nomination au poste de commissaire de la République au Tonkin (Sainteny, 1967, p. 81).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu produit des instructions : « L’épuration est une œuvre de justice dont l’accomplissement ne doit entraîner aucun désordre. Partant de ce principe, le personnel administratif qui s’est disqualifié par ses actes sera dirigé, à la première occasion, vers la métropole, où seront prises les sanctions à leur encontre. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 134) Il est vrai que les tentatives d’épuration en Indochine n’ont guère le vent en poupe parmi la population française. Ce qui n’empêche pas l’amiral de dénoncer l’attentisme de cette même population durant l’occupation japonaise (voir 4 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cédile, encore plus discrédité depuis sa mauvaise gestion l’affaire de la cité Héraud, se plaint dans un rapport de ce jour adressé à D’Argenlieu des oppositions auxquelles il doit faire face : « La politique que je suis, selon vos ordres, en plein accord avec les Anglais, rencontre dans tous les milieux une opposition générale. Je répète qu’il est indispensable  de renouveler aussi rapidement que possible  les fonctionnaires français et les militaires également ; certains doivent être éliminés rapidement. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 137, note 73) S’en prendre aux « fonctionnaires » et « militaires » est un moyen commode pour faire oublier son assez pitoyable retour en Indochine : fait prisonnier et humilié par les Japonais dès son arrivée, il a particulièrement mal géré les récents troubles et massacres des populations françaises à Saigon…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l’avoir déjà fait le 7 juin, Dean Acheson (secrétaire d’État) rappelle aux missions diplomatiques en Chine que les États-Unis ne contestent pas la souveraineté de la France en Indochine tout en ne croyant pas devoir y favoriser son retour (Cesari, 2013, p. 37).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
6 octobre 45 : Suite des entretiens entre Pignon, Alessandri et HCM (voir 28 septembre) (Sainteny, 1967, p. 162). Les discussions du moment entre les délégués du VM et les Français  aboutissent toutes à un échec car elles buttent, sans surprise, sur la notion d’indépendance. Un compte rendu de l’une de ces rencontres constate : « Aucun effort d’apaisement des ces derniers [les délégués du VM] qui estiment que questions d’ordre général doivent être traitées à Hanoi […] La conduite du général Leclerc consiste à discuter des arrangements locaux et à gagner du temps. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 162)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saïgon, Cédile rencontre trois chefs annamites en présence d’un officier britannique en vue d’apaiser les esprits. La rencontre n’aboutit à rien. L’un des représentants des annamites, Pham Nogoc Tach, estime que « sa seule proposition était la restauration de la souveraineté du gouvernement du Vietnam ». Il ajoute que le débarquement des troupes françaises sera considéré « comme un acte hostile, sur le résultat duquel le gouvernement du Vietnam refusait d’accepter quelque responsabilité. » (Valette, 1994, p. 45)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
7 octobre 45 : L’amiral Decoux arrive au Bourget et est directement transféré au Quai des Orfèvres puis assigné à résidence. A sa demande, il rencontrera De Gaulle le 14 (Turpin, 2005, p. 134).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
8 octobre 45 : De retour à Hanoi, Sainteny tente, avec l&#039;aide de Léon Pignon, de protéger les Français du Tonkin et d&#039;établir un dialogue avec HCM qu&#039;il considère comme le seul interlocuteur valable (Raymond, 2013, p. 69). A son retour de Kunming pour Hanoi, il doit faire face aux premières tracasseries administratives chinoises. Les Chinois cernent son avion durant sept heures sur le terrain de Giam Lam avant de l’autoriser à débarquer (Sainteny, 1967, p. 116).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, à Cantho, 15 000 Hoa Hao (300 000 adeptes) s’en prennent au VM. Des combats, massacres et représailles ont lieu dans les jours qui suivent. La secte entre en dissidence contre le VM sans pour autant se rallier franchement à la France (Gras, 1979, p. 57).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entrée de troupes britanniques à Phnom Penh sous le commandement du lieutenant-colonel E.D. Murray en sa qualité de &#039;&#039;suprem allied  commander&#039;&#039;. Il est chargé de désarmer les forces japonaises. Khim Thit, émissaire de Sihanouk, se rend à Saigon pour y rencontrer Leclerc. Il évoque avec lui la question de l’indépendance du Cambodge. Leclerc lui répond : « L’indépendance ? Mais s’il ne tenait qu’à moi, vous l’auriez toute suite ! » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le G.P.R.F. et les Britanniques procèdent à un échange de lettres concernant les négociations entamées depuis la deuxième quinzaine d’août au sujet de la gouvernance de l’Indochine au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. De Gaulle a validé les décisions le 29 septembre. Un mémorandum n° 1 traite des questions administratives et juridiques. Il stipule que « sur le territoire de l’Union indochinoise, la responsabilité administrative incombe uniquement aux autorités françaises qui exercent tous les pouvoirs, y compris ceux résultant  de l’état de siège. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 153-154) Un mémorandum n° 2 acte que la monnaie demeure la piastre. Un mémorandum n° 4 traite des questions portant sur le change et les exportations de capitaux. Les Britanniques se montent d’autant plus conciliants qu’ils n’entendent pas demeurer longtemps – l’Angleterre étant exsangue et la situation en Inde préoccupante - une force d’occupation en Indochine, même si les négociations ont traîné jusqu’alors.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Manifestation catholique à Vinh (région de l’Annam fortement évangélisée et siège d’un évêché) qui regroupe environ 30 000 fidèles. Ils manifestent à leur tour leur soutien à l’indépendance et au gouvernement (Gheddo, 1970, p. 50).    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Le &#039;&#039;Foreign Office&#039;&#039; signe un accord avec l’ambassadeur français reconnaissant l’administration civile française comme seule autorité au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle&#039;&#039;&#039; (Francini 1, 1988, p. 245). Le corps expéditionnaire français se substitue donc progressivement aux Britanniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gracey convoque à Saigon les chefs vietnamiens pour une tentative de conciliation suite à la trêve du 2. Les Vietnamiens disent ne pas vouloir entrer en conflit avec les Britanniques mais qu’il n’en sera pas de même avec les Français puisque les négociations ont échoué avec eux (Gras, 1979, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mountbatten se rend à Rangoon. Leclerc, Gracey et Cédille le rejoignent. Les relations entre Mountbatten et Leclerc continuent à s’améliorer mais aucune décision importante n’est prise au cours de cette entrevue. Rencontrant l’un des membres de son état-major resté à Kandy, Leclerc le met au courant des télégrammes en provenance de Paris qui n’apportent rien sur les moyens matériels demandés. Leclerc envoie un émissaire à Paris rencontrer De Gaulle lui remettre un message : « Il faudrait compléter les messages déjà publiés par une promesse assez générale d’indépendance, sans toutefois que le mot indépendance soit prononcé, mais une promesse allant nettement au-delà de la déclaration du 24 mars. » Or De Gaulle estime que cette déclaration suffit et qu’il n’ira pas plus loin. (Pedroncini, 1992, pp. 118-119). La proposition de Leclerc avait déjà été préalablement retoquée par D’Argenlieu (voir 26 septembre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En réponse à la note de D’Argenlieu sur le VM du 28 septembre, Pleven (ministre des Colonies) lui répond en accord avec les membres du Cominindo. Il tient à clarifier la position du gouvernement quant à d’éventuelles négociations avec le G.R.A. ; « Primo : Il n’est pas question de discuter avec les éléments troubles en particulier vis-à-vis de leurs compatriotes des campagnes. Secundo : Toutefois le parti Viet-Minh comprend des éléments honorables et sincères avec lesquels on peut procéder à des échanges de vue normaux. L’ouverture de négociations n’implique d’ailleurs pas que le Viet-Minh soit reconnu comme un mouvement représentatif à lui seul de l’opinion indochinoise. Tertio : Les autres fractions de cette opinion seront également consultées avant que soit déterminé le statut définitif de la fédération. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, pp. 164-165)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Début octobre 45 (après le 9 octobre) : Message d’un Leclerc, clairvoyant car présent sur place, à De Gaulle transmis par le biais du colonel Weil : « La situation en Indochine est grave, les aspirations du peuple annamite sont profondes et se manifestent avec vigueur. La France ne pourra pas faire l’effort qui permettrait de revenir au « statu quo ante » ; au surplus serait-ce possible dans le contexte général qui règne dans le Sud-Est asiatique ? Il faudrait compléter les messages publics par une promesse assez générale d’indépendance, sans toutefois que le mot indépendance soit prononcé, mais une promesse qui aille au-delà de la déclaration du 24 mars. » Selon le colonel Weil, « le général De Gaulle m’écoute sans m’interrompre ainsi qu’il a coutume de la faire lorsqu’on lui dit des choses qu’il n’approuve pas. Quand j’ai fini, il me répond simplement qu’une telle promesse est hors de question, qu’il ne veut plus qu’on lui parle de nouvelle déclaration sur l’Indochine. Celle du 24 mars 1945 suffit : il n’ira pas plus loin, tout autre déclaration affaiblirait nos postions. S’animant un peu, il ajoute : « Et puis, vous savez, s’il n’y avait que des gens comme Leclerc, on perdrait l’Indochine… » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Pedroncini, 1992, p. 119) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9 – 13 octobre 45 : D’Argenlieu se rend à Chunking où il rencontre les plus hautes autorités chinoises qui lui donnent des assurances en vue de l’apaisement des relations sino-françaises. De belles paroles qui seront suivi de peu d’effet car les Chinois vont exiger des compensations économiques et financières pour leur occupation militaire au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Devillers, 1988, p. 99).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 octobre 45 : Le Vietminh déclenche sa première attaque contre l’autorité britannique qui garde l’aéroport de Tan Son Nhut (Francini 1, 1988, p. 245).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Saigon, Cédile, complètement dépassé par les événements récents de septembre et revenant sur ce qui s’est passé reconnaît : « Nous sommes en présence de foules de bandits, surtout à base de caodaïstes et trotskystes, très fortement renforcées par des bagnard de Poulo Condor (Tous poussés par les Japonais [car libérés par eux]) […] Ils n’obéissent pas aux chefs Viet-Minh [...] Les dirigeants annamites, dans leur action antifrançaise, cherchaient à paralyser par tous les moyens  la vie des Français à Saigon : ils organisaient une grève générale et la préparaient. La vie quotidienne était faite de conflits perpétuels […] Nous assistons, impuissants, à des sabotages de tout ce qui était français, à un pillage de nos biens et nous perdions un peu plus la face tous les jours.  » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 160). Dans le même rapport, Cédile, en réclamant une réaction des troupes françaises, met également le doigt dans un engrenage belliqueux : « Je pouvais de moins en moins laisser bafouer la France : j’ai pensé qu’il n’était pas incompatible avec les directives que j’avais reçues de nous faire respecter. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 161)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, le 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle coupe le pays en deux. Les Anglais n’occupent pas le Sud mais les Chinois sont au Nord alors que les Japonais se sont retirés en passant par la Thaïlande. L’occupation chinoise n’a donc pas lieu d’être. Or les Chinois sont présents et encouragent même un mouvement procommuniste, le « Lao Issara », qui a constitué à Ventiane « un gouvernement populaire provisoire Lao ». Le premier ministre Petsarath, l’un des fils du roi mis en place par les Japonais, fait appel au Vietminh. Pour autant, le roi Sisavang Vong a réaffirmé la déclaration de protectorat aux Français. Ce jour, il destitue Petsarath qui forme alors un nouveau gouvernement avec le prince Souphanouvong, son demi-frère, futur chef du Lao Issara (voir 30 octobre). Apparaît dans le pays une « armée de libération » rapidement encadrée par le VM (De Folin, 1993, p. 130 ; Gras, 1979, pp. 83-84, Cesari, 1995, pp. 45-46).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paris donne le feu vert à D’Argenlieu pour ouvrir des discussions avec le VM sur toute l’Indochine. De Gaulle ne donne curieusement aucune directive à l’amiral  et aucune réunion n’est convoquée à Paris sur ces discussions jusqu’à son départ des affaires le 20 janvier 1946. Les problèmes sont pourtant graves au vu de la situation à laquelle les Français sont confrontés : brimades, intimidation, brutalités, assassinats, tentatives d’empoisonnement… De Gaulle semble s’en désintéresser (De Folin, 1993, p. 134 ; sur les brutalités, Salan 1, 1970, p. 200).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon le général Pechkoff, diplomate gaulliste qui dirige la Mission militaire française en Chine (M.M.F.) et ambassadeur de France à Chungking, Tchang Kaï Chek fait savoir qu’il aidera De Gaulle à restaurer la souveraineté de la France en Indochine. De Gaulle le croit sur parole (voir 8 décembre 1943). Dans les faits, l’attitude du dirigeant chinois est beaucoup plus ambiguë qu’il n’y paraît. Les Chinois ne font rien pour aider le retour des derniers soldats de la brigade Alessandri au Tonkin, trop heureux de l’occuper seuls (De Folin, 1993, p. 73 et pp. 117-118).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
10 – 13 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu quitte Chandernagor le 10 pour Chungking&#039;&#039;&#039; (capitale provisoire du gouvernement nationaliste chinois) &#039;&#039;&#039;où il doit prendre contact direct avec Tchang Kaï Chek.&#039;&#039;&#039; Dans un premier temps, il est reçu par le président du Comité exécutif, T.V. Soong (beau-frère du généralissime). Ce dernier, devant s’absenter, laisse la suite des discussions au ministre des Affaires étrangères qui s’était entretenu avec De Gaule à Paris et lui a assuré que la Chine n’avait aucune visée sur l’Indochine. Celui-ci le rassure en lui disant que l’on applique simplement les accords de Postdam (voir 17 juillet – 2 août).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutefois la litigieuse question de l’occupation du Laos par les Chinois demeure en suspens lors de l’entretien avec Tchang qui ajoute que les Chinois entendent conserver une neutralité absolue entre Français et Annamites, sans toutefois faire obstacle à la réinstallation de l’administration française. D’Argenlieu l’informe du départ de Decoux compromis avec les Japonais, ce qui agrée le Chinois. Toujours le 10 à 17 h 00, à l’occasion de la fête nationale à Chunking, réception diplomatique par Tchang Kaï Check en présence de Mao Tsé Toung puisque nationalistes et communistes ont combattu ensemble l’occupant japonais depuis 1937. Les États-Unis sont attachés à cette cohabitation entre les deux chefs ennemis (D’Argenlieu, 1985, pp. 66-69).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 11, D’Argenlieu et Pechkoff (ambassadeur de France en Chine) recontrent Wang Chi Chich mandaté par T.V. Soong. On aborde les discussions sur trois points : l’octroi d’un traitement privilégié aux ressortissants chinois d’Indochine ; l’indemnisation des pertes subies par le gouvernement et les particuliers chinois durant l’occupation japonaise ; règlement des relations économiques entre la Chine et l’Indochine. Au sujet de second point, les Français estiment que cette indemnisation relève strictement de l’agresseur japonais et qu’ils ne s’opposeront pas à ce que des discussions aient lieu à ce sujet entre Chinois et Japonais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 12 sont abordées des questions monétaires : les dérives financières de Lou Han qui a échangé en septembre des piastes contre de la monnaie chinoise n’ayant aucune valeur (C.R. du 15 de ces trois journées de rencontre par le général Pechkoff &#039;&#039;in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 248, pp. 613-615).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En marge de ces discussions, des allusions sont faites au retour de la France au Tonkin. Salan est chargé de négocier la relève des troupes chinoises. Il doit également négocier le retour des troupes françaises de Chine (De Folin, 1993, p. 135).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11 octobre 45 : Tran Van Giau (chef du Comité du Nam Bo) lance une attaque contre l’aéroport de Saigon gardé par les Anglais et sur les accès à la ville défendus par des troupes franco-anglaises. Un officier et 4 Gurkhas sont tués. Cédile pense qu’il est désormais impossible de négocier avec le VM débordé par ses extrémistes. Le général Gracey décide quant à lui d’avoir recours à la force (De Folin, 1993, p. 108 et 111).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Henri La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) en disgrâce auprès de De Gaulle depuis ses déclarations à la presse du 14 septembre écrit à son ministre de tutelle : « Tout me donne l’impression que le Gouvernement et le Haut-Commissaire jouent à cache-cache. D’un côté et de l’autre, il faudrait savoir ce que l’on veut, et le dire avec franchise. Pour ma part, je suis d’avis de traiter avec le nationalisme annamite ; le sursis relatif qui nous est donné par l’Amérique ne tardera pas à prendre fin. Si nous n’avons pas conclu au paravent, nous n’aurons plus aucun moyen de le faire par la suite. »  (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 152)  Sans démissionner dans l’immédiat mais en durable désaccord avec la politique gouvernementale, il demande à René Pleven de le remplacer à son poste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12 octobre 45 : Opérations de dégagement dans la banlieue nord de Saigon et du port par les Franco-britanniques afin de permettre le ravitaillement. Les Vietnamiens résistent peu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Rencontre de Tchang Kaï Chek et de D’Argenlieu à Chungking.&#039;&#039;&#039; Tchang « confirme que son gouvernement, loin d’avoir des vues intéressées sur le Tonkin, ne désire, ne veut qu’une chose : que s’améliorent les relations entre la Chine et la France. » Des projets d’accord sont en cours. Le généralissime n’est officiellement pas au courant « des malentendus d’Hanoi » occasionnés par le général Lou Han. Selon lui, tout va se régler à l’amiable, au Laos comme ailleurs… (D’Argenlieu, 1985, p. 70).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant, dans une conférence de presse, De Gaulle dénonce l’obstruction et l’attitude des Chinois face au retour des Français en Indochine : « Je ne puis pas dire que, jusqu’à aujourd’hui, le comportement du commandement chinois et des troupes chinoises dans le Nord de l’Indochine soit exactement conforme aux déclarations qui ont été faites par le Gouvernement de Tchong King [Chunking]. Nous espérons fermement qu’il va le devenir. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 174) De Gaulle fera également connaître à plusieurs reprises son mécontentement aux Américains (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; octobre), notamment par la voix du général Juin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sainteny rencontre une première fois Nguyen Haï Tan du D.M.H. prochinois. Il le reverra le 15 mais le considèrera comme « un personnage terne, ne jouissant d’aucune autorité et ne disposant d’aucun moyen. » Il essaie ensuite de rencontrer deux fois Bao Daï qui se dérobe. HCM lui apparaît donc être le seul interlocuteur crédible (Sainteny, 1967, p. 162). Sainteny le reverra le 15, sans que cette seconde rencontre aboutisse au moindre accord. Les nationalistes prochinois n’ont qu’une idée en tête : profiter de la présence chinoise pour confisquer le pouvoir au VM. Ils menacent HCM d’un coup de force. Ce dernier, affaibli pour l’instant, devra céder, du moins en façade, pour ne pas contrarier les Chinois (voir 23 octobre) (Devillers, 1988, p. 105).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, &#039;&#039;&#039;formation officielle du mouvement « Lao Issara »&#039;&#039;&#039; sous la direction du vice-roi et prince Pethsarath. Le départ des Japonais ayant créé un vide du pouvoir, ce mouvement entend s’opposer au retour des Français en destituant le 4 novembre le roi Sisavang Vong qui demeure favorable à un rétablissement du protectorat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13 octobre 45 : Leclerc écrit à De Gaulle son premier rapport sur la situation en Indochine. Cette lettre, remise par le colonel Fay, évoque son arrivée en Indochine : « Ce serait une erreur absolue de négocier d’une manière sérieuse avec les représentants du Vietnam, le Vietminh, avant d’avoir montré cette force. Je peux aujourd’hui vous l’affirmer, tout ce qui est jaune en profiterait, non pas pour exécuter les traités mais pour abuser d’avantage de cette marque de faiblesse ; j’en suis sûr et je le constate tous les jours. Au contraire, en montrant notre force et après l’avoir montrée, nous pourrons négocier, accorder tous les avantages que vous estimerez légitimes […] J’estime qu’il n’y a qu’un moyen et un seul, c’est le débarquement au Tonkin […] Les indigènes tonkinois résisteront, mais la question sera vite résolue. » (De Folin, 1993, p. 131 ; Pedroncini, 1992, p. 157 ; Turpin, 2005, p. 162). Il enrage à nouveau face à la lenteur des transports de troupes : « Ce ne sont pas des moyens supplémentaires que je vous demande mais toujours cette fameuse 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; division d’infanterie coloniale que je supplie sans succès depuis deux mois et demi de faire transporter. » (Pedroncini, 1992, p. 184 184 ; lettre citée &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; DDF, 2000, tome 2, document n° 247, pp. 611-612).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu repart de Chungking pour Chandernagor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
14 octobre 45 : De Gaulle reçoit, en secret mais longuement, l’amiral Decoux dans sa résidence de Neuilly. L’accueil est glacial. Le Général lui reproche son comportement après l’armistice de 1940, de ne pas avoir rejoint la Résistance en 1941, les « louanges au Maréchal » mais lui confie : « Je reconnais qu’en ce qui concerne vos rapports avec les Japonais, vous avez résisté par tous les moyens en votre pouvoir, aux entreprises de l’ennemi sur l’Indochine. » (Decoux, 1949, pp. 476-481)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, sous la poussée des Vietnamiens appuyés par les Chinois, &#039;&#039;&#039;le mouvement Lao Issara (Le Laos libre) forme un « gouvernement du Laos libre »&#039;&#039;&#039; dirigé par Tiao Khammao et le prince Pethsarath (voir 10 octobre). Le P.C.I. infiltrera rapidement le mouvement contrôlant les organes de sécurité, l’armée et la propagande. Le ministre des Affaires étrangères est le prince Souphanouvong (demi-frère de Pethsarath et Souvanna Phouma) (Devillers, 2010, p. 328 ; Deuve, 1995, p. 7). Le roi Sisavang Vong, fidèle aux Français, refuse de prendre le rôle de monarque constitutionnel que lui propose ce régime provisoire. Il sera déposé le 4 novembre avec l’aide des Chinois qui neutraliseront provisoirement les Français (Cesari, 1995, pp. 45-46)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
15 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Première rencontre entre Sainteny et HCM&#039;&#039;&#039;. Ce dernier est considéré par son interlocuteur comme « une personnalité de premier ordre » (Sainteny, 1970, p. 73) et ce, d’autant plus qu’il est relativement conciliant, si l’on excepte toutefois son rapport farouche à l’indépendance. Mais il demeure un interlocuteur à la fois modéré et déterminé : « Ho Chi Minh estime qu’il faut procéder par empiètements successifs. Il répugne à la violence et pense atteindre plus sûrement son but en négociant. Il n’hésitera pas à nous accorder des concessions qui, tout compte fait, seront dans son esprit moins onéreuses qu’un conflit sanglant. » (Sainteny, 1967, p. 166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM adresse un message aux Français d’Indochine : « La lutte que nous menons n’est pas dirigée contre la France ni contre les Français honnêtes, mais contre la domination cruelle en Indochine du colonialisme français […] Est-ce vous, cultivateurs, commerçants, industriels en Indochine qui en profitez ? Avant de vous répondre, je vous prie de vous mettre à notre place. Si des étrangers venaient vous imposer tout ce cortège de maux et de souffrances, que feriez-vous ? Je suis absolument sûr que vous lutteriez jusqu’à votre dernière goutte de sang contre cette domination […] » (cité &#039;&#039;in extenso in&#039;&#039; Devillers, 2010, pp. 425-427)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée à Saigon de &#039;&#039;La Gloire&#039;&#039; transportant les premiers éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. soit 330 hommes. Le débarquement du complément sera échelonné jusqu’au 30 : 440 hommes à bord du &#039;&#039;Suffren&#039;&#039;  le 19, 785 à bord de &#039;&#039;La Ville de Strasbourg&#039;&#039; le 21, 234 à bord du &#039;&#039;Béarn&#039;&#039; et le 30, 283 hommes à bord du &#039;&#039;Quercy&#039;&#039; (Bodin, 1996, p. 15). Certes des renforts arrivent mais toujours au compte-gouttes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Sihanouk a dû nommer à la tête du gouvernement le nationaliste &#039;&#039;&#039;Son Ngoc Tranh&#039;&#039;&#039; sous la pression des Japonais (voir 9 août, 8 septembre et 3 octobre). Il veut négocier avec la France l’indépendance du pays. Or Sihanouk a fait savoir à D’Argenlieu qu’il entendait négocier avec la France, sans se préoccuper de cette question d’indépendance du Vietnam qui n’a que peu d’écho dans son royaume. Ayant fait parvenir un commando à l’aéroport de Pochetong, Leclerc se charge d’écarter pacifiquement le premier ministre nationaliste en se rendant lui-même à Phnom Penh et l’embarque cependant &#039;&#039;manu militari&#039;&#039; dans son avion pour Saigon sans autre forme de procès. Sihanouk, absent, découvre la situation le soir même à son retour. Son Ngoc Thanh est envoyé à la prison de Saigon, jugé par une cour martiale et condamné à 20 ans de travaux forcés et à 20 ans d’interdiction de séjour en Indochine. Il est envoyé d’office en exil à Poitiers où sa peine est commuée en résidence surveillée. Son Ngoc Thanh sera remplacé par le prince Monireth, ancien officier du 5&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C. et oncle du roi favorable à la déclaration du 24 mars (Gras, 1979, p. 55 ; Chaffard, 1969, p. 70-71 ; Tong, 1972, p. 39). Le ministre de la Défense, Kim Tith, se rallie aux Français, tandis que le ministre de l&#039;Économie, Pach Choeun, prend le maquis. Leclerc nomme le lieutenant-colonel Huard au poste de commissaire de la République par intérim. Il sera reçu par le roi dès le 17 (Cambacérès, 2013, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuite de l’arrivée des premiers éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. du lieutenant-colonel Massu en Cochinchine (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mi-octobre 45 : Messmer et son compagnon Marmont, tous deux prisonniers du VM, parviennent à s’enfuir et cherchent à rejoindre Hanoi (Messmer, 1992, p. 160). Là, ils parviennent à fausser compagnie au VM et se constituent prisonniers auprès des troupes chinoises d’occupation. Ils seront confortablement détenus par elles jusqu’au 26.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
16 octobre 45 : Rencontre à Chandernagor entre D’Argenlieu et le général Salan en partance pour aller rejoindre Leclerc en Indochine (Salan 1, 1970, p. 167). D’Argenlieu lui propose trois fonctions dont celle d’adjoint à Leclerc (Salan 1, 1970, p. 169). Salan dit à l’amiral que sa présence à Saigon « est peu opportune ». Il lui est répondu : « J’ai reçu du général De Gaulle l’ordre de m’y rendre, j’exécute, il n’y a plus d’indécision dans mon esprit. Je partirai à la fin de la semaine prochaine. » (Salan 1, 1970, p. 171) Leclerc, comme Salan, n’est pas favorable à l’arrivée immédiate de l’amiral, estimant que « pour le moment, c’est une affaire de militaires. » (Salan 1, 1970, pp. 173-174) Et non de politiques…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Laurentie (directeur des Affaires politiques au ministère des Colonies) tente à nouveau par le biais du Commindo d’infléchir la politique de D’Argenlieu et Leclerc. Il revient sur le fait qu’il est important de considérer que le VM est devenu « la vedette devant le monde et que nous ne parviendrons pas à le déconsidérer. » Sans parler d’indépendance immédiate, il évoque une « indépendance à terme […] comportant la collaboration en matière militaire, culturelle et économique. » Fidèles à De Gaulle, le ministre des Colonies (Pleven) et le Cominindo rejettent cette sage proposition (Turpin, 2005, pp. 165-166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une lettre adressée à son directeur de Paris, Soulet, directeur de la banque franco-chinoise à Saigon, se plaint du comportement du personnel administratif et militaire venu de la métropole car ignorant tout de l’Indochine : « La Mission Française composée de fonctionnaires d’Afrique, nous considère assez volontiers comme des Français de seconde zone, ayant sur les colonies des idées périmées. Il n’y a à souhaiter que les nouveaux venus fassent mieux dans l’intérêt de la France et de l’Indochine, que ceux qui les ont précédés. » (citée &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 167, note 73).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17 octobre 45 : Au Cambodge, mise en place du gouvernement Monireth favorable aux Français. Il demeura en place jusqu’au 14 décembre 1946 (Jennar, 1995, p. 142).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM écrit à Truman pour demander l’admission du Vietnam à l’O.N.U. (Valette, 1994, p. 31). L&#039;administration Truman n&#039;étant pas celle de Roosevelt, cette demande demeurera lettre morte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
18 octobre 45 : D’Argenlieu adresse à De Gaulle un rapport sur la situation en Indochine. Il préconise un rapport de force et écrit : « Pourquoi ces troubles si profonds, graves et généralisés ? Nous le voyons clairement maintenant par interrogatoires, renseignements de toute sorte : c’est parce que la France a été et est encore considérée comme vaincue. Vaincue en 40 et vaincue en mars 45. Comment faire disparaître cette conviction, condition &#039;&#039;sine qua non&#039;&#039; pour notre rétablissement dans ce pays ? En montrant notre force. Ce serait donc une erreur absolue de négocier d’une manière sérieuse avec les représentants du Viet-Minh avant d’avoir montré cette force. » (cité in Isoart, 1982, p. 68)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un échange avec De Gaulle, Leclerc s’attaque à nouveau à la déclaration du 24 mars qui « entend faire du nouveau, en substituant à l’administration coloniale directe des gouvernements largement autonomes au sein de la Fédération indochinoise. » (Turpin, 2005, p. 140) De Gaulle lui répondra le 27.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De son côté, l’amiral applique plus que jamais la politique du « diviser pour régner » : « C’eut été grave erreur de prendre position en s’appuyant prématurément sur lui [le G.R.A.] Il faut garder  des contacts avec les hommes du G.R.A. comme avec d’autres mouvements. Il y a au Viet-Minh des hommes sincères et convaincus. Ils sont gagnés à la main par leurs bandits et spécialement les jeunes. Leur action prend  de plus en plus des allures totalitaires et c’est merveille de voir, une fois encore, au nom de l’indépendance et des principes démocratiques, enfanter un mouvement aux allures fascistes. La Charte de l’Atlantique et celle des Nations Unies n’ont pas comme dessein d’enfanter, nourrir et élever semblable progéniture. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 164)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19 octobre 45 : Arrivée de la suite d’éléments de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. (lieutenant-colonel Massu) transportés par le &#039;&#039;Suffren&#039;&#039; et le &#039;&#039;Ville de Strasbourg.&#039;&#039; Sainteny précise qu’il s’agit d’« un corps extrêmement léger, puisqu’il ne comportait que sept mille cinq cents hommes » (Sainteny, 1970, p. 75). D’Argenlieu les qualifie quant à lui de « modeste reliquat de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. » (D’Argenlieu, 1985, p. 72).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
20 octobre 45 : HCM donne une conférence de presse : « Nous sommes déterminés à lutter jusqu’à la dernière goutte de sang contre les colonialistes français qui tentent de rétablir leur souveraineté sur ce pays par la force. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 69)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur demande du général Wedemeyer (chapeautant l’état-major de l’O.S.S. en Chine, voir 4 octobre), retrait effectif des membres de l’O.S.S. au nord du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle. Elle fait suite l’éviction du major Archimedes Patti par sa hiérarchie. Ce dernier est de retour aux U.S.A. (Pedroncini, 1992, p. 63).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Embarquement à Marseille du gros de la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy transportée par des navires britanniques (Turpin, 2005, p. 123). C’est cette unité que Leclerc attend avec impatience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Leclerc, se souvenant de ce qui s’est passé à Saigon avec le 11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C., donne des instructions suivantes au lieutenant-colonel Huard (assurant l’intérim de commissaire de la République avant l’arrivée du général Alessandri) : « Triez donc soigneusement vos Français : anciens prisonniers de guerre, ne demandez à réarmer que ceux dont vous êtes sûrs au point de vue attitude et discipline. Refoulez-moi les autres à Saigon. » (Turpin, 2005, p. 167).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
21 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;Référendum en France qui approuve la création d’une Assemblée constituante.&#039;&#039;&#039; Deux questions ont été posées. La première porte sur la rédaction d’une nouvelle constitution (soutenue par De Gaulle) et est approuvée à 96 % des suffrages exprimés. La seconde porte sur les pouvoirs de cette assemblée. Redoutant une prépondérance des communistes au sein de celle-ci, De Gaulle a prévu un texte limitant strictement ses prérogatives : sa durée est restreinte à sept mois ; le projet constitutionnel qu&#039;elle a pour mission d&#039;élaborer sera soumis au référendum populaire (et sera rejeté le 5 mai 1946) ; elle ne peut renverser le gouvernement que par une motion de censure votée par la majorité absolue de ses membres. Cette deuxième question limitant les pouvoirs de l’assemblée constituante est approuvée à 66 % des suffrages exprimés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle à ce référendum, on procède à des élections afin d’élire une assemblée législative. Ces élections amorcent un accord de gouvernement basé sur le tripartisme : le P.C.F. a obtenu 26,2 % des voix, le M.R.P. 25,6 % et la S.F.I.O. 24,6 %. Une majorité de gauche émerge donc de ce scrutin puisque le total des députés communistes et socialistes occupent 302 sièges sur 586 mais il n’y aura pas accord de gouvernement entre les 2 vainqueurs (voir 29 janvier 1946) (Pedroncini, 1992, p. 321).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
22 octobre 45 : Leclerc a envoyé son conseiller Paul Mus à Chandernagor. Une note de Mus dont Leclerc partage le point de vue &#039;&#039;&#039;conseille à D’Argenlieu de différer son arrivée&#039;&#039;&#039; « quel que soit l’avis de Paris ». Ce qui a le don d’agacer l’amiral qui répond courtoisement au général en lui précisant qu’il arrivera… le 31. L’amiral demande à son subordonné de ne pas employer le mot « « reconquête » […] [car] ce serait à [son] avis une grave erreur politique […] de laisser s’accréditer cette idée ou ce rêve. » D’Argenlieu s’empresse d’aller rendre compte de ces différends à De Gaulle en y allant pas de main morte pour contrer son subordonné (D’Argenlieu, 1985, pp. 72-74).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Suite aux demandes répétées de Leclerc et des Britanniques en faveur d’un nouveau texte sur le statut de l’Indochine plus libéral que celui du 24 mars, De Gaulle réaffirme : « Il est exclu que le gouvernement français fasse actuellement une nouvelle déclaration concernant l’Indochine. Celle de mars se suffit à elle-même. Le fait d’en édicter une nouvelle dans les circonstances présentes aurait toutes les apparences d’une reculade qui compliquerait d’avantage la situation en Indochine. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Isoart, 1982, p. 64, note 202)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, une proclamation de Sihanouk indique : « Les obstacles [voir 15 octobre] qui s’opposaient depuis plusieurs mois à la reprise des relations traditionnelles d’amitié de notre Royaume avec la France ont aujourd’hui disparu. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Chaffard, 1969, p. 71).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
HCM écrit au secrétaire d’État américain Byrnes en se plaignant de « l’invasion » de la Cochinchine par les Français : « La nation vietnamienne toute entière s’est dressée comme un seul homme contre l’agression française. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Valette, 1994, p. 31)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
23 octobre 45 : Premier accord signé entre le Vietminh et le parti nationaliste Dong Minh Hoi et d’autres nationalistes soutenus par les Chinois. Face à la pression, HCM ne peut que transiger. Un second accord puis un troisième seront élaborés les 18 novembre et 23 décembre. Pour le VM, ces accords ont été signés sous la contrainte, du fait de la présence chinoise. Ce type d’accord ne parvient pas pour autant à endiguer une violente agitation nationaliste prochinoise, notamment à Hanoi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;Arrivée du général Salan à Saigon&#039;&#039;&#039; sur demande de Leclerc (Salan 1, 1970, p. 173). Il connaît l’Indochine où il a eu des fonctions de 1924 à 1937. Leclerc lui propose d’entrée le poste de &#039;&#039;&#039;commandant du Nord et des troupes de Chine&#039;&#039;&#039; en remplacement du général Alessandri (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre) qui est quant à lui nommé au Cambodge au poste de commissaire de la République (Salan 1, 1970, p. 174). Lors d’un entretien avec Salan, Leclerc résume la situation : « Certes nous sommes courts, j’ai seulement le détachement Massu de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B., j’attends la 9&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Valluy et la 1&amp;lt;sup&amp;gt;ère&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C.E.O. devenue 3&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.I.C. de Nyo. Je dispose des « gars » de Saigon que j’ai repris en main et qui sont utilisables [11&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; R.I.C.]. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 123)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, Norodom Sihanouk accepte de lire un texte préparé par le Résident supérieur français (le lieutenant-colonel Huard) dans lequel il déclare sa loyauté et celle du peuple cambodgien à la France et son appui aux plans français de création d&#039;une Fédération Indochinoise dans le cadre de l&#039;Union Française.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 octobre 45 : Le secrétaire d’État britannique à la Guerre souligne que l’intervention militaire britannique dans la région de Saigon doit être strictement limitée dans le temps et dans l’espace (Pedroncini, 1992, p. 53).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passant outre l’avis des Américains, les Britanniques autorisent le général Blaizot et sa mission faite de quelques hommes à s’installer à Kandy. Mais Blaizot arrive seul, sans le régiment commando dit « Corps léger d’intervention » (C.L.I.) qui a dû rester en Afrique du Nord faute d’un accord des &#039;&#039;Combined Chiefs of Staff&#039;&#039;  (état-major combiné anglo-américain) pour son transfert par bateaux (Pedroncini, 1992, p. 84). Ses moyens demeurent donc des plus limités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lancement de l’opération &#039;&#039;Moussac&#039;&#039; en vue de reconquérir le Sud : cavaliers et fantassins du groupement Massu se heurtent rapidement aux obstacles dressés par le VM. La progression est sans cesse ralentie par des coupures de ponts ou de routes. Le VM a mobilisé pour accomplir ces destructions la population civile au moyen de réquisitions. Il faut 3 jours pour parcourir les 70 km qui séparent Saigon de Mytho. Les Français découvrent qu’ils sont ici strictement tributaires des axes de communication autour desquels, du fait de la végétation et de la présence de l’eau, le VM tend des embuscades meurtrières (Cadeau, 2019, p. 155).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
24 - 25 octobre 45 : Les troupes britanniques atteignent Bien Hoa et Thu Dau Mot, zone dans laquelle ils vont pouvoir désarmer les 60 à 70 000 Japonais qui se trouvent au sud du 16&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; parallèle (Gras, 1979, pp. 53-54).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
25 octobre 45 : Poursuite du dégagement de la zone sud de Saigon (opération &#039;&#039;Moussac&#039;&#039;) au moyen de raids rapides opérés par des troupes purement françaises. Prise de Mytho (60 km de Saigon) par le groupement du lieutenant-colonel Massu et le commando Ponchardier qui opère par voie fluviale (Gras, 1979, pp. 58-59). Une conférence des dirigeants vietminh sudistes se tenait à Mytho en présence de Hoang Quoc (représentant HCM et du Comité central), Le Duan et des membres de récemment libérés de Poulo Condore qui échappent de justesse aux Français (Francini 1, 1988, p. 246).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rencontre Salan-Gracey en présence de Leclerc. Gracey déclare à Salan, qui va être nommé le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre commandant des troupes françaises de Chine et du Tonkin, « vous arrivez à point, mais vous aurez des ennuis avec les Chinois dans le Nord. » (Salan 1, 1970, p. 185).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu met en garde Leclerc et lui demande d’« éviter de compromettre l’avenir par des effusions de sang entre français et Annamites. » Ce qui lui avait conseillé Sainteny dans son rapport du 3 (Pedroncini, 1992, p. 157).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu annonce son arrivée à Leclerc pour le 31 par une lettre remise directement à Paul Mus à Chandernagor. Il lui confirme l’envoi de renforts. Il précise : « Par contre, je vous redis et avec une entière conviction qu’il ne me paraît pas opportun de parler de « reconquête ». Le mot n’est rien – c’est la chose qui importe. Ce serait à mon avis une grave erreur politique – sur le plan intérieur et extérieur – de laisser s’accréditer cette idée ou ce rêve. » Il s’efforce de modérer l’habituelle fougue du général qu’il sait grande : « Sachons modérer nos légitimes ardeurs pour éviter de compromettre le lendemain par des effusions de sang entre Français et Annamites, sans nécessité absolue. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Bodinier, 1987, p. 199)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
26 octobre 45 : Sainteny récupère Messmer et son compagnon Marmont qui ont été finalement libérés par les Chinois qui les détenaient jusqu’alors (Messmer, 1992, p. 166).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu écrit à De Gaulle. Il évoque le comportement de Leclerc. Il déplore d’entrée : « Faut-il ajouter que j’ai dû écarter les objections tenaces du général Leclerc à ma venue. Cette persévérance à vouloir rester seul est à la fin fatigante. Mais elle s’accompagne de sa part de mille initiatives hors de propos et, rien que pour mettre de l’ordre dans le commandement, il est devenu nécessaire que je sois là-bas […] Leclerc est déjà tout acquis au rêve d’une « reconquête ». C’est plus fort que lui. J’estime que ce rêve est à écarter. Nous ne sommes pas venus ici pour planter de nouveaux lauriers à la faveur de durs combats contre l’ennemi. Nous avons à rétablir l’ordre et la fermeté au sein de populations amies, partiellement détournées de nous par la double complicité des Japonais et des nationalistes extrémistes [...] » (D’Argenlieu, 1985, pp. 73-74) Il entend par sa future présence en Indochine modérer le bouillant général devenu trop indépendant à son goût (voir 25 octobre).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
27 octobre 45 : Réponse de De Gaulle au courrier de Leclerc du 13 octobre 1945 : « Mon cher ami, j’ai reçu votre lettre, apportée par le colonel Fay, et tiens à vous dire que votre conception est la bonne […] Nous n’avons rien à conclure avec les « locaux », tant que nous n’aurons pas la force. Jusque-là, nous pouvons, avec prudence et selon l’opportunité, prendre certains contacts, mais c’est tout. » (cité &#039;&#039;in&#039;&#039; Turpin, 2005, p. 163 et Ruscio, 1985, p. 97, note 3) De Gaulle est donc favorable à un retour en force en Indochine et surtout n’est prêt à négocier, comme Leclerc, qu’en position de force. D’Argenlieu, plus modéré, est alors plus ou moins en phase avec son subordonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
28 octobre 45 : Prise par les Français de Go Cong (sud de Saigon).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arrivée du matériel lourd de la 2&amp;lt;sup&amp;gt;e&amp;lt;/sup&amp;gt; D.B. embarqué à bord du &#039;&#039;Béarn&#039;&#039;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pignon (conseiller de Sainteny) adresse un rapport à D’Argenlieu qui est, pour l’instant, toujours à Chandernagor. Le VM « ne doit pas être traité à la légère. Il est le fait d’une minorité, certes, mais sa naissance, ses manifestations du début, lui ont acquis l’adhésion sentimentale des classes pauvres, à la campagne autant que dans les centres […] » &#039;&#039;&#039;Il dresse un tableau très sombre de la situation au Tonkin&#039;&#039;&#039; : désorganisation complète des voies de communication, inondation qui a submergé des milliers d’hectares de rizières, disette, services publics en plein marasme, fonctionnaires non payés, graves dissensions au sein du G.R.A. entre le VM et le D.M.H. Seules les classes aisées soutiennent discrètement les Français mais, sans exprimer ce soutien, car la terreur règne partout. Les Chinois dévalisent le pays. Le G.R.A. n’entend pas traiter avec les Français. Leur mot d’ordre du moment est particulièrement tranchant : « Qu’importe que deux millions de nos compatriotes meurent de faim cet hiver pourvu que triomphe la cause de l’indépendance. » (Devillers, 1988, pp. 105-108).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
29 octobre 45 : Prise par les Français de Vinh Long (sud-ouest de Saigon).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc confie à Salan (futur commandant du Nord et des troupes de Chine) la préparation du retour des troupes françaises au Tonkin. Une note du 2 septembre émanant du capitaine Blanchard (services de renseignements de Kunming) l’a assuré de la faiblesse de l’emprise réelle du VM en dehors de quelques villes du delta du Tonkin (Valette, 1994, p. 53, note 19). Sont concernées celles qui viendraient du Yunnan et celles qui arriveraient de Cochinchine après un débarquement. Il a pour mission d’éviter tout conflit avec les Chinois (voir 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre). Il rejoindra Hanoi le 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; novembre (Gras, 1979, p. 85).   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations avec l’occupant chinois sont toujours aussi difficiles malgré la récente rencontre entre D’Argenlieu et Tchang Kaï Check (voir 10 – 13 octobre). Note du Quai d’Orsay adressée à De Gaulle critiquant un « contre-projet chinois d’accord d’affaires civiles » transmis par Pechkoff (ambassadeur de France en Chine). Le document manque de clarté : il passe sous silence « les questions administratives et juridictionnelles » et délimite mal les « attributions respectives du commandement chinois et des administrations françaises ». Il élude totalement le rôle de Sainteny (commissaire de la République au Tonkin). Les prétentions au sujet des avantages à accorder aux Chinois résidant au Tonkin sont jugées exorbitantes (DDF, 2000, tome 2, document n° 279, pp. 681-682).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
30 octobre 45 : Prise par les Français de Can Tho (à l’entrée de la presqu’île de Camau).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leclerc transmet à Salan un premier plan de débarquement pour le Tonkin (voir 10 décembre) (Ruscio, 1985, p. 97). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Laos, la fusion de deux mouvements, celui du prince Souphannouvong (pro-vietminh) et celui du vice-roi Petsarah (nationaliste réclamant l’indépendance contre la volonté du roi) donne naissance au &#039;&#039;&#039;Lao Issara&#039;&#039;&#039;, avec la bénédiction des Chinois. Une convention militaire est signée avec le VM (Gras, 1979, pp. 83-84). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
31 octobre 45 : &#039;&#039;&#039;D’Argenlieu prend ses fonctions à Saigon&#039;&#039;&#039;. Leclerc avait envoyé Paul Mus (son conseiller politique) à Chandernagor afin de l’y retenir, avant la fin des opérations de pacification en Cochinchine et au Cambodge (voir 22 octobre). Celui-ci n’a pas obtempéré (voir 16 octobre). Les relations entre les deux hommes demeurent et demeureront toujours très délicates, Leclerc supportant difficilement d’être le simple subordonné de l’amiral. Francini évoque « une antinomie fondamentale de tempérament » même si « […] Leclerc et D’Argenlieu partagent la même idée de la France tutélaire et protectrice, seule capable de guider des peuples, jugés encore incapables d’exercer leurs propres responsabilités, vers les lendemains prometteurs de progrès économiques et d’indépendance. » (Francini 1, 1988, pp. 248-249) Ce qui est peut-être l’essentiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D’Argenlieu va procéder assez rapidement à une épuration à la Française, brutale, humiliante affectant l’armée, l’administration voire certains colons. Ce faisant, il crée des tensions dans la société indochinoise qu’il connaît mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
​Fin octobre 45 : Début des négociations entre HCM, Sainteny et Pignon dans le plus grand secret, sans procès-verbaux. Les Américains sont pourtant mis au courant, probablement par le VM. D’Argenlieu est informé de leur contenu et s’instaure en arbitre. Paris est tenu à l’écart ou se tient volontairement à l’écart de ces négociations (voir 10 octobre 1945). Elles vont, selon Sainteny, durer « sept mois entrecoupés de toutes les alternatives possibles d’espoir et de découragement. » (De Folin, 1993, p. 136).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Sud, les effectifs des troupes britanniques s’élèvent désormais à 22 190 hommes. Ceux des Français à seulement 4 475 (Pedroncini, 1992, p. 393).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au Cambodge, après un échange de lettres évoquant une situation complexe, une délégation menée par le prince Monireth, nouveau chef du gouvernement, est reçue par D’Argenlieu. Celui-ci décide de faire étudier un statut provisoire de transition qui est confié au nouveau commissaire de la République, le général Alessandri. Ce statut aboutira au &#039;&#039;modus vivendi&#039;&#039; du 7 janvier 1946.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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		<id>https://memoiresindochine.fr/index.php?title=Archives_en_ligne&amp;diff=5321</id>
		<title>Archives en ligne</title>
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		<updated>2026-09-06T06:19:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Jean.françois : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;France&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1945&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français, 1940-1954. 1945, Documents diplomatiques français, 1945. Tome I, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [sous la dir. de Georges-Henri Soutou], 1998 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327018c&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIX-XLI&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1945, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [sous la dir. de Georges-Henri Soutou] ; [réd. par Michèle Galdemar, Sylvie Lefèvre, Sylvain Wagnon-Charpy], 2000 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270903&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XLI-XLII &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1946&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1946, Tome I, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [réd. par Michèle Galdemar, Sylvie Lefèvre, Sylvain Wagnon-Charpy] ; [sous la dir. de Georges-Henri Soutou], 2003 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327019r&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIII-XXXV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1946, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission de publication des documents diplomatiques français ; [rédigé par Michèle Galdemar... [et al.]] ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2004 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327020p&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIII-XXXIV &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1947&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1947, Tome 1, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatique, 2007 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327091g&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIV-XXXV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1947, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères et européennes, Commission des archives diplomatique ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2009 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270212&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXVII-XXXVIII &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;1948&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. Tome I, 1948. 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères et européennes, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou] ; [avec la collaboration de Michèle Galdemar,... Etienne Santiard,... Sylvain Wagnon-Charpy,...], 2011 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327022f&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXVII-XXXIX&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1948, Tome II, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2013 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327094m&lt;br /&gt;
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Indochine : table méthodique pp. XL-XLI &lt;br /&gt;
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&#039;&#039;&#039;1949&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
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Documents diplomatiques français. 1949. Tome I, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-30 juin / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2014 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270246&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique pp. XXXIII-XXXIV&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Documents diplomatiques français. 1949, Tome II, 1er juillet-31 décembre / Ministère des affaires étrangères, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2014 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53270937&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Indochine : table méthodique p. XXVI &lt;br /&gt;
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&#039;&#039;&#039;1950&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
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Documents diplomatiques français. 1950, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-31 décembre / Ministère des affaires étrangères et du développement international, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2015 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327092v&lt;br /&gt;
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Le tome 2 de l’année 1950 n’est pour l’instant pas disponible sur le site de la B.N.F. &lt;br /&gt;
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&#039;&#039;&#039;1951&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
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Documents diplomatiques français. 1951, 1&amp;lt;sup&amp;gt;er&amp;lt;/sup&amp;gt; janvier-31 décembre / Ministère des affaires étrangères et du développement international, Commission des archives diplomatiques ; [sous la direction de Georges-Henri Soutou], 2017 :  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5327023t&lt;br /&gt;
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Le tome 2 de l’année 1951 n’est pour l’instant pas disponible sur le site de la B.N.F.&lt;br /&gt;
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&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;États-Unis&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Foreign relations of United States, 1969-1976, vol. XLII, Vietnam : the Kissinger Le Duc Tho negociations, august 1969 december 1973 :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1969-76v42/d69 (noté FRUS, vol…, p…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pentagon Papers : https://www.archives.gov/research/pentagon-papers (noté P.P., part …, vol …, p. …)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
National Security archives : https://nsarchive.gwu.edu/&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#039;&#039;&#039;&amp;lt;span class=&amp;quot;col-red&amp;quot;&amp;gt;Cambodge&amp;lt;/span&amp;gt;&#039;&#039;&#039;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Archives des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens : https://archive.eccc.gov.kh/fr&lt;br /&gt;
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[[Catégorie:Bibliographie]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Jean.françois</name></author>
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